Ranavalona


Ranavalona

Ranavalona Ire

Ranavalona Ire, (v. 1788 - 15 août 1861), reine malgache issue des hautes terres de l'Île (en Imerina), fut d'abord désignée du nom de Mavo (ou Ramavo) et ensuite Rabodonandrianampoinimerina (ce qui signifie la petite fille ingénue d'Andrianampoinimerina), par référence à son oncle, le roi Andrianampoinimerina. Elle devient reine de Madagascar après la mort de son mari, Radama Ier. On la désignait également par le titre de Ranavalo-Manjaka Ire (« Ranavalona régnante »).

Histoire

Rabodonandrianampoinimerina est née entre 1788 et 1790 d'une cousine du roi Andrianampoinimerina et fut ensuite adoptée par Ralesoka, sœur aînée de ce dernier. C'est à ce titre qu'elle est devenue la détentrice de la légitimité royale qu'elle se devait de transmettre par sa descendance. Andrianampoinimerina en fit donc l'épouse principale de son fils et successeur immédiat, Radama Ier. Malheureusement, au moment de la disparition prématurée de celui-ci en 1828, le couple ne disposait pas encore d'héritier. Afin de surmonter la crise de succession qui en a résulté, les fidèles d'Andrianampoinimerina décidèrent de mettre Rabodonandrianampoinimerina elle-même sur le trône. Pour éviter ensuite la guerre civile, les autres prétendants se virent systématiquement éliminés ou durent s'exiler à l'étranger.

Elle poursuit, avec moins de succès que ses prédécesseurs, l’expansion territoriale de son royaume et mène de nombreuses expéditions pour pacifier les territoires conquis, tel le Ménabe méridional, le Boina et les régions du nord-est de l’île. Fervente nationaliste, elle combat l’influence étrangère, notamment celle des missionnaires chrétiens dont les fidèles sont martyrisés. La puissance de certaines castes s’accroît, comme celle des andriana de la famille royale et celle des chefs militaires hova.

Dans un premier temps, Ranavalona chercha à poursuivre l'œuvre de modernisation du royaume commencée par son prédécesseur. Très vite cependant, elle dut faire face à l'hostilité des Français qui, en 1829, entreprirent par l'intermédiaire de l'Amiral Gourbeyre d'attaquer divers points de la côte orientale de l'île. Cette agression inopinée aiguisa la méfiance de la reine contre les ambitions européennes. Et d'autant plus que l'œuvre d'évangélisation des missionnaires britanniques, installés au cœur du royaume depuis 1820 commençait à porter ses fruits. Redoutant par-dessus tout la perte de l'indépendance pour son pays, elle dénonce le traité anglo-malgache de 1820 et demanda donc aux Britanniques de renoncer à la propagation religieuse pour se contenter des travaux d'éducation auxquels elle tenait beaucoup. Mais ces derniers refusèrent et, en 1835, la reine les fit expulser de l'île, se contentant de recourir à la contribution de techniciens indépendants, tel notamment que l'aventurier Jean Laborde, pour l'aider à poursuivre les travaux de modernisation. Celui-ci accomplit sans l’aide d’aucun technicien une œuvre considérable, en dotant Madagascar d’une industrie métallurgique et chimique et en introduisant un grand nombre de nouveautés techniques. Pour contrebalancer l’influence européenne, les dirigeants malgaches envisagent des contacts entre le port de Majunga et Zanzibar.

Par la suite, pour essayer d'éradiquer le christianisme dans lequel elle distinguait avant tout le moyen d'infiltration au service des ambitions coloniales européennes, elle pourchassa les autochtones convertis, considérés comme des traîtres à la patrie (mpivarotra tanindrazana littéralement « vendeurs de la terre ancestrale »). Comme elle l'a déclaré elle-même dans un discours en 1849: Miala amiko ka mba ialako, mahafoy ahy ka mba foiko! (Ils (les chrétiens) m'ont reniée [en tant que symbole vivant de leur patrie], aussi je les renie; ils ont renoncé à moi, je renonce à eux!).

Sous Ranavalona Ire, le royaume Merina continua donc à se moderniser tant bien que mal, tout en poursuivant la consolidation de son statut en tant que Royaume de Madagascar. Des nouvelles régions côtières furent soumises, afin notamment d'empêcher les Français de s'y établir. En 1845, ses troupes durent même repousser des attaques conjointes des marines françaises et britanniques, ce qui l'obligea à fermer davantage encore l'île au commerce européen durant une dizaine d'années. Malheureusement, ces campagnes ne manquèrent d'affecter lourdement les maigres ressources du royaume, que ce soit du point de vue financier ou en hommes. Entre autres conséquences, il en a résulté un développement du commerce interne des esclaves (et clandestinement, également externe par l'intermédiaire des trafiquants swahilis et arabes!). Ceci entraîna un afflux considérable de déportés étrangers jusqu'au cœur du pays merina, à l'origine ensuite du développement de la communauté des Mainty.

A bien des égards, Ranavalona Ire sut donc se montrer la digne continuatrice de l'œuvre d'Andrianampoinimerina et de Radama. Du point de vue national, elle apparaît comme une grande souveraine, symbole même du patriotisme et de la fierté nationale (on a aussi retenu d'elle cette phrase, en réponse aux prétentions méprisantes des missionnaires chrétiens: ny fomban-drazako tsy mba mahamenatra ahy na mampatahotra ahy! (je ne ressens ni honte ni crainte au sujet des coutumes de mes ancêtres!). On comprend dès lors pourquoi dans l'historiographie coloniale, on la présente à tort, c'est selon, comme un symbole d'obscurantisme et de cruauté, en voulant plus particulièrement aux Européens et aux Chrétiens.

La reine Ranavalona fait préparer un dictionnaire anglais-malgache. L’école de langue compte 40 élèves qui joueront un rôle diplomatique de premier plan dans la seconde moitié du siècle.

Ranavalona Ire était la mère de Radama II, qui lui succéda à sa mort en 1861.

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