Québec Clérical

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Québec Clérical

Québec

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la province canadienne. Pour l'article sur la capitale, voir QuĂ©bec (ville). Pour les autres significations, voir QuĂ©bec (homonymie).
Québec
Drapeau duQuébec
Armoiries duQuébec
Drapeau Armoiries
Devise : Je me souviens
Québec (localisation).PNG
Pays Canada Canada
Capitale Flag of Quebec City.svg Québec
46° 48â€Č 33″ N 71° 12â€Č 49″ W / 46.809053, -71.213534
Plus grande ville Flag of Montreal.svg Montréal
Langue officielle Français
Lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne
Premier ministre Jean Charest (PLQ)
Superficie 1 542 056[1] km2 (2e)
 - Terre 1 365 128 km2
 - Eau 176 928 km2 (11,5 %)
Population (2008)
 - Totale 7 750 504[2] hab. (2e)
 - DensitĂ© 4 96 hab./km2 (5e)
Admission dans la Confédération
 - Date 1er juillet 1867
 - Rang 1e
Représentation au Parlement
 - SiĂšges Ă  la chambre des communes 75
 - SiĂšges au sĂ©nat 24
Abréviation postale QC, PQ
Préfixe de code postal G - H - J
Gentilé Québécois, Québécoise
Fuseau horaire UTC -5 et -4[3]
Domaines Internet .qc.ca
.gouv.qc.ca[4]
Autres provinces et territoires du Canada
Une vue d'hiver du Québec et du Saint-Laurent

Le QuĂ©bec (API : /kebɛk/) est une nation[5],[6] et province[7] Ă  l’est du Canada. Il « forme Ă  l'intĂ©rieur de l'ensemble fĂ©dĂ©ral canadien une sociĂ©tĂ© distincte par la langue, la culture, les institutions et (...) possĂšde tous les attributs d'une communautĂ© nationale distincte Â»[8].

Le QuĂ©bec est bordĂ© au nord par la baie d'Ungava et le dĂ©troit d'Hudson, Ă  l’ouest par la baie d'Hudson, la baie James et l’Ontario, au sud par les États amĂ©ricains du Maine, du New Hampshire, du Vermont et de New York, et Ă  l’est par le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et le golfe du Saint-Laurent. Il est entiĂšrement traversĂ© par la voie maritime du Saint-Laurent qui le relie aux Grands Lacs et Ă  l’ocĂ©an Atlantique. Sa capitale est QuĂ©bec et sa mĂ©tropole, MontrĂ©al.

Le QuĂ©bec comptait une population de prĂšs de 7 750 000 habitants en 2008[2], composĂ©e de divers groupes linguistiques et socio-culturels, dont onze nations autochtones. Sa langue officielle est le français (quĂ©bĂ©cois, de facto). En 2006, elle s'Ă©tablit comme langue maternelle de 79,6 % de la population, premiĂšre fois sous la barre des 80 %[9].

Fort de son identité propre, le Québec est la principale société d'Amérique française. Soucieux de son patrimoine culturel, il noue des liens historiques consubstantiels à l'Acadie.

La politique québécoise est ponctuée par la place que devrait occuper le Québec dans la Confédération canadienne; un mouvement souverainiste défend le projet de sa sécession depuis 1960, à l'inverse de l'idéologie fédéraliste au Québec. Le nationalisme québécois se retrouve à différents niveaux dans les partis politiques de l'Assemblée nationale du Québec.

Le QuĂ©bec est un État de droit avec un systĂšme bijuridique. Alors que les branches du droit quĂ©bĂ©cois privilĂ©gient les principes fondamentaux de la common law, les pratiques sociales inhĂ©rentes Ă  la culture quĂ©bĂ©coise codifient ses lois constituantes selon les principes du droit romano-germanique, dont le Code civil du QuĂ©bec est le fondement au QuĂ©bec[10].

L’aĂ©rospatiale, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, le gĂ©nie-conseil, la mĂ©tallurgie, les technologies de l’information et l’industrie culturelle sont parmi les secteurs clĂ©s de l’économie post-industrielle diversifiĂ©e du QuĂ©bec moderne. Étant donnĂ© leur trĂšs grande disponibilitĂ©, les ressources naturelles (notamment la forĂȘt et l'hydroĂ©lectricitĂ©) demeurent un important facteur de crĂ©ation de richesse.

Sommaire

Étymologie du nom « QuĂ©bec Â»

Article dĂ©taillĂ© : Histoire du nom « QuĂ©bec Â».

Le nom « QuĂ©bec Â», d'origine algonquine, Ă©tait employĂ© par certains AmĂ©rindiens, soit les Algonquins, les Cris et les Micmacs[11]. Sa signification Ă©tait « lĂ  oĂč le fleuve se rĂ©trĂ©cit Â» et servait Ă  dĂ©signer le rĂ©trĂ©cissement du Saint-Laurent prĂšs de l’actuelle ville de QuĂ©bec. En 1632, Samuel de Champlain dĂ©crivit ainsi l’endroit :

« [...] un dĂ©troit dans le fleuve, comme le disent les Indiens [...][11],[12]. Â»

Au fil du temps, le nom connĂ»t plusieurs orthographes : Qvebecq[13], Quebeck, KĂ©bec[14], Quebec[15] et Kebbek[12].

Géographie du Québec

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie du QuĂ©bec.
Carte topographique du Québec aprÚs les réorganisations municipales québécoises de 2006.

Dans sa gĂ©ographie, le QuĂ©bec est divisĂ© en 13 provinces naturelles[16] dont les caractĂ©ristiques supposent des Ă©lĂ©ments de formation propres Ă  chacune : climat, dĂ©pĂŽts de surface, faune, gĂ©ologie, hydrographie, relief, vĂ©gĂ©tation, etc. L'Ă©tude de ses composantes est principalement dĂ©lĂ©guĂ©e aux organismes publics sous la responsabilitĂ© du ministĂšre du DĂ©veloppement durable, de l'Environnement et des Parcs du QuĂ©bec ainsi que du ministĂšre des Ressources naturelles et de la Faune du QuĂ©bec.

FrontiĂšres

Le QuĂ©bec occupe une position dominante dans l’est du continent nord-amĂ©ricain. D’une superficie de 1 667 441 km2[1], le QuĂ©bec pourrait contenir prĂšs de trois fois la France mĂ©tropolitaine[17],[18], cinq fois l’Allemagne et le Japon[18], ou encore quarante fois la Suisse[19].

Du sud au nord, le QuĂ©bec s’étend sur un peu plus de 17 degrĂ©s de latitude, et de l’est Ă  l’ouest, sur plus de 22 degrĂ©s de longitude. Il s'Ă©tend en outre sur deux fuseaux horaires : essentiellement l'heure de l'Est, normale et avancĂ©e, puis l'heure de l'Atlantique (heure des Maritimes), normale et avancĂ©e pour les Îles-de-la-Madeleine et le territoire de la rĂ©serve de Listuguj et constante, pour les autres parties couvertes du territoire quĂ©bĂ©cois[20].

Il partage une frontiĂšre terrestre avec quatre États du nord-est des États-Unis – l’État de New York, le Vermont, le New Hampshire et le Maine ainsi qu'avec trois provinces canadiennes – Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario. Cependant, un conflit frontalier subsiste relativement Ă  la propriĂ©tĂ© du Labrador[21]. Une frontiĂšre maritime existe de mĂȘme avec le territoire du Nunavut, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse.[22]

Hydrographie

Vu de l’espace, le QuĂ©bec se dĂ©marque par l’abondance de ses cours d’eau. En effet, le QuĂ©bec dispose d’une des plus importantes rĂ©serves d’eau douce du monde[23], qui occupe 12 % de sa superficie totale[24]. Il possĂšde sur son territoire 3 % de l’eau douce renouvelable du globe, alors qu’il ne reprĂ©sente qu’un dixiĂšme de 1 % de la population[25]. Plus d'un demi-million de lacs[23] – dont 30 d’une superficie supĂ©rieure Ă  250 km2 – et 4 500 riviĂšres[23] dĂ©versent leurs torrents dans l’Atlantique, par le golfe du Saint-Laurent, et dans l’ocĂ©an Arctique, par les baies James, d’Hudson et d’Ungava.

Les chutes Ă  Michel sur la riviĂšre Ashuapmushuan.

Alors que le fleuve Saint-Laurent s'Ă©tend des frontiĂšres de l'Ontario et de l'État de New York jusqu'Ă  la ville de Trois-RiviĂšres, le golfe du Saint-Laurent s'Ă©tend Ă  l'est de la pointe des monts dans le village de Baie-TrinitĂ© jusqu'Ă  Blanc-Sablon. DivisĂ© en trois sections, l'estuaire du Saint-Laurent couvre le plan d'eau entre le fleuve et le golfe. Ainsi, alors que l'estuaire fluvial s'Ă©tend de Trois-RiviĂšres Ă  Saint-François-de-l'Île-d'OrlĂ©ans, le moyen estuaire et Saguenay, suivi de l'estuaire maritime, est dĂ©limitĂ© Ă  la hauteur du village de Tadoussac.

Paysage maritime du Bas-Saint-Laurent, dans le parc national du Bic.

Nombre de riviÚres affluentes témoignent de l'exploration des terres et du développement du Québec au travers les siÚcles, dont Ashuapmushuan, ChaudiÚre, Gatineau, Manicouagan, Outaouais, Richelieu, Rupert, Saguenay, Saint-François, Saint-Maurice, etc.

Les plus grandes étendues d'eau intérieures sont des réservoirs contribuant à la production d'énergie hydroélectrique, créés au cours des années 1970 et 1980, dans la réalisation du projet de la Baie-James. Alors que les réservoirs Caniaspicau et Robert-Bourassa ont les deux plus grandes superficies, le lac Mistassini est le plus grand lac naturel du Québec. D'autres étendues comprennent les réservoirs Baskatong, Cabonga, Gouin, Manicouagan, Opinaca, Outardes-Quatre et Pipmuacan ainsi que les lacs Albanel, Bienville, Champlain, Eau Claire (à l'), Kaackawakamak, Memphrémagog, Naococane, Nichicun, Saint-Jean et Saint-Pierre.

Relief

SituĂ© dans les monts Torngat Ă  l'extrĂȘme nord-est de la pĂ©ninsule du Labrador, le mont d'Iberville est le point culminant du QuĂ©bec Ă  1 652 mĂštres (5 420 pieds).

Le plateau Laurentien couvre la presque totalité du Québec.

Alors que le pourtour des baies James, Hudson et Ungava est constituĂ© de basses terres, la pĂ©ninsule d'Ungava est notamment composĂ©e des monts D'Youville, des monts Puvirnituq et du cratĂšre des Pingualuit. Alors que de l'Outaouais au Grand Nord culminent des monts de basse et moyenne altitude, les montagnes Ă  hautes altitudes dessinent le QuĂ©bec Ă  partir de la Capitale-Nationale jusqu'Ă  l'extrĂȘme Est, sur toute sa longitude.

La chaßne de montagnes des Laurentides s'étend de l'Outaouais à la CÎte-Nord. Elle est composée de massifs tels que les Grands Jardins, à cheval entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Capitale-Nationale, les monts Groulx et les collines de Mécatina sur la CÎte-Nord, etc. Le graben du Saguenay-Lac-Saint-Jean creuse, quant à lui, le paysage montagneux le long de la riviÚre Saguenay et du lac Saint-Jean.

La chaßne de montagnes des Appalaches couvre essentiellement le sud-est du Québec. Alors qu'elle est composée des monts Sutton et des monts Stoke en Estrie, elle est formée des collines de Bécancour en ChaudiÚre-Appalaches. De leur cÎté, les monts Notre-Dame en constituent la continuité dans la région du Bas-Saint-Laurent alors que les monts Chic-Choc forment, pour leur part, un massif à son extrémité, dans la région de la Gaspésie et des ßles de la Madeleine.


Les basses-terres du Saint-Laurent, limitĂ©es au nord par les montagnes Laurentides et au sud par les Appalaches, couvrent principalement les rĂ©gions du Centre-du-QuĂ©bec, de Laval, de la MontĂ©rĂ©gie et de MontrĂ©al ainsi que le sud des rĂ©gions de la Capitale-Nationale, de LanaudiĂšre, des Laurentides et de la Mauricie. Anciennement couvertes par les eaux du lac Champlain, de la plaine surgissent les collines montĂ©rĂ©giennes et les collines d'Oka. Les basses terres s'Ă©tendent, de mĂȘme, jusqu'Ă  l'Ăźle d'Anticosti et aux Ăźles de la Madeleine, le long du littoral des rĂ©gions du Bas-Saint-Laurent et de la CĂŽte-Nord, ainsi que sur celui de la pĂ©ninsule de la GaspĂ©sie, dans la baie des Chaleurs.

Climat

Quatre saisons trĂšs contrastĂ©es se succĂšdent au QuĂ©bec, dont un printemps doux et bref ainsi qu'un automne frais et colorĂ©. Les saisons les plus marquĂ©es restent l’étĂ© et l’hiver. Les Ă©tĂ©s sont chauds et souvent trĂšs humides. La pĂ©riode chaude dure environ deux mois et est tĂ©moin de nombreux festivals et fĂȘtes Ă  travers le QuĂ©bec. Les hivers sont froids, assez longs (neige au sol gĂ©nĂ©ralement de novembre Ă  avril), trĂšs neigeux et humides, eux aussi. Les tempĂ©ratures varient Ă©normĂ©ment, pouvant dĂ©passer les 35 Â°C en Ă©tĂ©[26] et descendre rarement sous la barre des -40 Â°C en hiver[27]. Ces donnĂ©es sont pour le sud du QuĂ©bec, dans la vallĂ©e du Saint-Laurent, oĂč la quasi-totalitĂ© de la population se concentre. Au nord de la ville de QuĂ©bec, Ă  l'exception du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le climat devient de plus en plus rude avec un sol infertile, ce qui empĂȘche notamment l'agriculture.

Faune

La Fondation de la faune du Québec et le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ)[28] sont les principaux organismes publics travaillant avec les agents de conservation de la faune au Québec.

Harfang des neiges : emblĂšme aviaire du QuĂ©bec

La faune terrestre de grande taille est principalement composĂ©e du Caribou des bois, du Cerf de Virginie (chevreuil), de l'Orignal, de l'Ours noir et de l'Ours polaire. Les animaux de taille moyenne comprennent le Couguar, le Coyote, le Loup de l'Est, le Lynx roux (chat sauvage), le Renard polaire, le Renard roux, etc. Les petits animaux comprennent le Castor Canadien, la Couleuvre, l'Écureuil gris, le LiĂšvre d'AmĂ©rique, la Marmotte commune (siffleux), la Mouffette, le Raton laveur, le Tamia rayĂ© (suisse), etc.

Une baleine plongeant dans l'estuaire Ă  la Manicouagan.

La biodiversitĂ© de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent[29] est formĂ©e d'une faune aquatique de mammifĂšres, dont la plupart remonte l'estuaire et le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent jusqu'Ă  l'Ăźle d'OrlĂ©ans, tels la Baleine Ă  bosse, la Baleine bleue, la Baleine noire de l'Atlantique Nord, le BĂ©luga, le Cachalot macrocĂ©phale, le Dauphin, l'Épaulard, le Petit Rorqual, le Phoque du Groenland (loup-marin) et le Rorqual commun. D'autres animaux marins comprennent des crustacĂ©s comme le Crabe des neiges, la Crevette et le Homard. Les eaux intĂ©rieures sont composĂ©es de poissons tels l'Achigan, le Brochet d'AmĂ©rique, le Crapet-soleil, le DorĂ© jaune, l'Esturgeon noir d'AmĂ©rique, le MaskinongĂ©, la Morue de l'Atlantique, l'Omble chevalier, l'Omble de fontaine (truite mouchetĂ©e), la Ouananiche, la Perchaude, le Poulamon atlantique (petit poisson des chenaux), le Saumon de l'Atlantique, la Truite arc-en-ciel, etc[30].

La faune aviaire comprend des oiseaux de proie tels l'Aigle royal, le Faucon pÚlerin, le Harfang des neiges, le Hibou des marais, le Hibou moyen-duc, etc. Les oiseaux maritimes et semi-aquatiques sont la Bernache du Canada (outarde), le Cormoran à aigrettes, le Fou de Bassan, le Goéland argenté, le Grand Héron, la Grue du Canada, le Macareux moine, le Plongeon huard, etc. Les autres oiseaux sont le Grand Corbeau, la Corneille d'Amérique, le Geai bleu, etc.

ParallĂšlement Ă  la faune sauvage (le gibier), certains animaux d'Ă©levage portent le titre de « race patrimoniale du QuĂ©bec Â», Ă  savoir le Cheval Canadien, la Poule Chantecler et la Vache Canadienne[31]. De mĂȘme, en plus des aliments certifiĂ©s « biologique Â», l'agneau de Charlevoix est le premier produit du terroir quĂ©bĂ©cois dont l'indication gĂ©ographique est protĂ©gĂ©e[32]. La production animale comprend, en outre, les races porcines Landrace, Yorkshire et Duroc[33] ainsi que de nombreuses races ovines[34], etc.

Végétation

Bouleau jaune : emblĂšme arborescent du QuĂ©bec.

Le climat et les conditions du sol quĂ©bĂ©cois crĂ©ent diffĂ©rentes zones tempĂ©rĂ©es. Sur le pourtour de la baie d'Ungava et du dĂ©troit d'Hudson se trouve la toundra dont la flore se rĂ©sume Ă  une vĂ©gĂ©tation basse. Plus au sud, le climat devient propice Ă  la croissance d’une forĂȘt dense sur une grande partie du territoire, la forĂȘt borĂ©ale limitĂ©e au nord par la taĂŻga. On estime que la forĂȘt quĂ©bĂ©coise s’étend sur 750 300 km2[35]. Dans la chaĂźne de montagnes des Laurentides, de l'Abitibi Ă  la CĂŽte-Nord, cette forĂȘt est composĂ©e essentiellement de conifĂšres comme le Sapin baumier, le Pin gris, l’Épinette blanche, l'Épinette noire, le MĂ©lĂšze laricin, etc. En se rapprochant du fleuve vers le sud, s’ajoutent graduellement le Bouleau jaune et d’autres feuillus. La vallĂ©e du Saint-Laurent possĂšde une forĂȘt mixte, la forĂȘt laurentienne, composĂ©e de conifĂšres tels le Pin blanc d'AmĂ©rique et le Thuya d'Occident (cĂšdre) ainsi que de feuillus et d’essences comme l'Érable Ă  sucre, l'Érable rouge, le FrĂȘne blanc, l'HĂȘtre d'AmĂ©rique, le Noyer cendrĂ©, l'Orme d'AmĂ©rique, le Tilleul d'AmĂ©rique, le Caryer cordiforme et le ChĂȘne rouge d'AmĂ©rique. D'autres arbres dont l'aire de rĂ©partition recouvre plus de la moitiĂ© du territoire quĂ©bĂ©cois comprennent le Bouleau Ă  papier, le Peuplier baumier, le Peuplier faux-tremble, le Sorbier dĂ©coratif, etc[36]. La forĂȘt reprĂ©sente un secteur d'activitĂ© Ă©conomique trĂšs important au QuĂ©bec.

DĂ©mographie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie du QuĂ©bec.

Alors que la densitĂ© de la population du QuĂ©bec est d'environ 4,9 habitants par kilomĂštre carrĂ©, 80 % de sa population est principalement rĂ©partie au sud, prĂšs des rives du fleuve Saint-Laurent. Ainsi, en 2006, environ 1 873 971 personnes Ă©taient comptabilisĂ©es dans les 498 km2 de l’üle de MontrĂ©al (pour une densitĂ© de 3 761,6 hab./km2). En revanche, seulement 40 637 QuĂ©bĂ©cois habitaient la rĂ©gion du Nord-du-QuĂ©bec, laquelle compte pour 43 % du territoire[37]. Pour leur part, les minoritĂ©s visibles forment prĂšs de 9% de la population[38], concentrĂ©e principalement dans la ville de MontrĂ©al. Le territoire du QuĂ©bec est par ailleurs constituĂ© de terres publiques, officiellement nommĂ©es les terres du domaine de l'État, qui composent environ 92 % de sa superficie totale, Ă  l'inverse des terres privĂ©es sur lesquelles vit la grande majoritĂ© de la population.

Préhistoire et protohistoire du Québec

Les autochtones

Un peuple de langue algonquienne vers 1590.
Article dĂ©taillĂ© : Autochtones du QuĂ©bec.

Les premiers occupants humains – ceux qui, dans la terminologie officielle datant de la fin du XXe siĂšcle, sont nommĂ©s AmĂ©rindiens ou PremiĂšres nations – se seraient Ă©tablis dans ce qu’on appelle aujourd’hui le QuĂ©bec il y a 10 000 ou 11 000 ans, au terme d’un long pĂ©riple qui a accompagnĂ© la fin de la derniĂšre pĂ©riode glaciaire[39].

Ces nomades, partis de l’Asie il y a 20 000 ans, auraient, selon l’hypothĂšse encore acceptĂ©e en ce dĂ©but de XXIe siĂšcle, traversĂ© l'isthme de la BĂ©ringie, aujourd'hui le dĂ©troit de BĂ©ring, pour ensuite traverser l’AmĂ©rique du Nord et s’établir dans diffĂ©rentes rĂ©gions du continent amĂ©ricain[39].

De cette colonisation progressive, des groupes ethnoculturels distincts ont Ă©mergĂ© pour donner naissance, sur le territoire quĂ©bĂ©cois, Ă  trois grandes familles linguistiques (les Iroquoiens, les Algonquiens et les Inuits-alĂ©outes). Celles-ci y regroupent 11 nations autochtones, les dix nations amĂ©rindiennes et la nation des Inuits, en plus des MĂ©tis – reconnues officiellement par le gouvernement du QuĂ©bec[40]. Les dix nations amĂ©rindiennes incluent les AbĂ©naquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Hurons-Wendat, les MalĂ©cites (ou Etchemins), les Micmacs, les Mohawks (ou Agniers, membres de la confĂ©dĂ©ration iroquoise), les Montagnais et les Naskapis. D'autres nations ont, par ailleurs, autrefois existĂ© sur le territoire quĂ©bĂ©cois, tels les Laurentiens (ou Iroquoiens du Saint-Laurent).

Il existe plusieurs familles autochtones, mais il faut distinguer les nations dites « nomades Â», prĂ©cisĂ©ment les Algonquiens (ex.: les Algonquins, les Cris et les Innus) de celles plus « sĂ©dentaires Â», prĂ©cisĂ©ment les Iroquoiens (ex.: les Iroquois et les Hurons-Wendat). Ces derniĂšres ont une tradition d’organisation sociale plus importante. Les nations dites « nomades Â», quant Ă  elles, suivent la migration des troupeaux d’animaux qui leur servent de proie, comme le bison, l’orignal ou le phoque[41].

Traditionnellement, les Algonquiens et les Inuits vivent en petits groupes de chasse et de pĂȘche, alors que les Iroquoiens ont optĂ© pour une organisation matriarcale basĂ©e sur la « cabane longue Â», ou longue maison (une traduction littĂ©rale de l’expression « longhouse Â»), qui regroupe plusieurs familles sous l’autoritĂ© d’une doyenne[42].

Avant l’arrivĂ©e des premiers EuropĂ©ens, les nations autochtones du QuĂ©bec, comme celles du reste de l’AmĂ©rique du Nord, ne forment pas un front monolithique. MĂȘme lorsque plusieurs nations sont alliĂ©es, comme c’est le cas des Cinq-Nations (communĂ©ment, les Iroquois - une alliance de peuples iroquoiens), la fin des hostilitĂ©s avec un des membres de la confĂ©dĂ©ration n’interrompt pas nĂ©cessairement le conflit avec les autres membres qui auraient pu ĂȘtre partie prenante au conflit[43].

Les explorations européennes

Giovanni da Verrazano est le premier Ă  utiliser l'expression « Nouvelle-France Â».

L’historiographie contemporaine rapporte que le premier contact entre les nations autochtones et des explorateurs venus d’Europe remonte au Xe siĂšcle. Il est maintenant admis que les Vikings furent les premiers Ă  entrer en contact avec les AmĂ©rindiens et les Inuits, sur l'Ăźle de Terre-Neuve, au Labrador, sur l’Île de Baffin et au Groenland. Cependant, les Ă©tablissements scandinaves furent finalement abandonnĂ©s[44].

Par la suite, les Bretons et les Normands viendront pĂȘcher sur les Grands Bancs de morue, au large de Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent, et dĂšs le XVe siĂšcle, avant mĂȘme la dĂ©couverte de l'AmĂ©rique par Christophe Colomb, les Basques s'aventureront dans des voyages similaires Ă  la recherche de poissons.

Il fallut la chute de Constantinople, le 29 mai 1453, pour pousser les monarchies europĂ©ennes Ă  considĂ©rer des solutions de rechange pouvant faciliter la poursuite du commerce des Ă©pices avec l’Orient. La recherche de la route des Indes a autant motivĂ© les Portugais et les Espagnols, au sud, que les Anglais et les Français, au nord.

Contrairement aux autres puissances de l’époque, la France tarde Ă  entreprendre un programme d’exploration, d’autant plus que les guerres d’Italie, au dĂ©but du XVIe siĂšcle, accaparent l’attention du souverain. FinancĂ© par des banquiers italiens de Lyon, et avec la permission de François Ier, Giovanni da Verrazano entreprend, en 1524, la quĂȘte d’un passage vers l’ouest entre la Floride et Terre-Neuve. Il ne trouvera pas le passage dĂ©sirĂ©, mais sa reconnaissance de la cĂŽte est des États-Unis lui permettra de rapporter des cartes d’une terre alors inconnue. Il sera ainsi le premier Ă©missaire français Ă  dĂ©couvrir l'AmĂ©rique et Ă  utiliser l'expression « Nouvelle-France Â» (Nova Francia, en latin). Il fondera le poste de Nouvelle-AngoulĂȘme, qui deviendra plus tard la ville de New York.

Histoire du Québec

Article dĂ©taillĂ© : Histoire du QuĂ©bec.

La Nouvelle-France (1534-1763)

Articles dĂ©taillĂ©s : Nouvelle-France et Acadie.
Portrait de Jacques Cartier par Théophile Hamel, vers 1844.

ConsidĂ©rĂ© comme le premier explorateur europĂ©en en terre quĂ©bĂ©coise et, de ce fait, dans les Indes occidentales françaises, Jacques Cartier partĂźt de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 61 hommes sur deux navires. La mĂȘme annĂ©e, il planta une croix Ă  GaspĂ©. Puis, lors d’un second pĂ©riple en 1535, il navigua sur le fleuve Saint-Laurent Ă  bord de la Grande Hermine, complĂ©tĂ©e de la Petite Hermine et de l'Émerillon. Il s’aventura jusqu’au village d’Hochelaga (aujourd’hui MontrĂ©al). L’équipage passa l’hiver Ă  StadaconĂ© (aujourd’hui QuĂ©bec) : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n’obtienne des Iroquoiens du Saint-Laurent une recette Ă  base de feuilles de thuya (appelĂ© cĂšdre au QuĂ©bec) contre cette maladie.

En 1540, le Royaume de France, dĂ©cidĂ© Ă  Ă©tablir une colonie, donna le commandement d’un nouveau voyage, l'expĂ©dition Cartier-Roberval, Ă  Jean-François de La Rocque de Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile, qui coĂ»ta la vie Ă  plus de 50 individus. Ayant d’autres prĂ©occupations, en particulier les guerres europĂ©ennes, la France cessa, durant le demi-siĂšcle suivant, de s’intĂ©resser Ă  la Nouvelle-France. Cependant, certains auteurs-historiens considĂšrent 1534 Ă  1603 comme une pĂ©riode de vaines tentatives, soit jusqu'Ă  l'arrivĂ©e de Samuel de Champlain, trois ans aprĂšs l'Ă©tablissement du premier comptoir commercial Ă  Tadoussac[45],[46].

Le premier comptoir commercial permanent en Nouvelle-France, par le fait mĂȘme, dans sa colonie du QuĂ©bec alors nommĂ©e « Canada Â», remonte Ă  1600. De fait, cette annĂ©e correspond Ă  la fondation de Tadoussac par Pierre de Chauvin, Sieur de Tonnetuit.

En 1603, les premiers colons français, menĂ©s par Samuel de Champlain, s’alliĂšrent aux tribus amĂ©rindiennes des Hurons-Wendats et des Algonquins contre les Iroquois. À cette Ă©poque, on comptait environ 30 000 Wendats et 15 000 Iroquois, mais une sĂ©rie d’épidĂ©mies abaissa la population des Wendats Ă  12 000, tandis que celle des Iroquois demeura inchangĂ©e.

Le 3 juillet 1608, avec le soutien du roi Henri IV, Samuel de Champlain fonda la ville de Québec aprÚs une mission accordée par Pierre Dugua de Mons, premier colonisateur de la Nouvelle-France, en Acadie. Il en fit le premier établissement français permanent en Amérique, dont le territoire fut jusque là utilisé comme comptoir de traite. Il y fit construire l'Habitation de Québec en l'emplacement de la place Royale[47].

DÚs le début de la colonisation, le mercantilisme est le courant économique privilégié des commerçants. Supportées par le commerce de la fourrure et les coureurs des bois, les relations commerciales extérieures de la Nouvelle-France s'établissent dans un triangle entre la métropole française et les Antilles françaises.

En 1627, la crĂ©ation, par le cardinal de Richelieu, de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cent-AssociĂ©s) permit Ă  cent actionnaires de dĂ©velopper la colonie. L’annĂ©e suivante, cette compagnie lançait sa premiĂšre expĂ©dition. Celle-ci, qui comptait 400 personnes, ne parvint jamais Ă  destination, tombant entre les mains des Britanniques.

Carte géographique de la Nouvelle-France, dessinée par Samuel de Champlain en 1612.

De 1629 Ă  1632, suite Ă  la capitulation de QuĂ©bec face aux frĂšres Kirke, les Anglais occupĂšrent le territoire de l’Acadie et de ce qui, aujourd’hui, constitue le QuĂ©bec. Samuel de Champlain fut fait prisonnier et il s’ensuivit la faillite de la Compagnie des Cent-AssociĂ©s. À la suite du traitĂ© de Saint-Germain-en-Laye, en 1632, le Royaume de France reprit toutefois possession de la colonie. Deux ans plus tard, la ville de Trois-RiviĂšres Ă©tait fondĂ©e.

En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies Ă©taient les principales causes de mortalitĂ© dans la colonie. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (future MontrĂ©al). À l’époque, il ne s’agissait que d’un fort servant de protection contre les attaques des Iroquois (la premiĂšre grande guerre iroquoise dura de 1642 Ă  1667).

De 1627 Ă  1663, la population passa de 100 habitants Ă  quelque 2 500. En 35 ans, environ 1 250 immigrants français vinrent se joindre Ă  la colonie. Pour ce qui est de la natalitĂ©, elle doubla le contingent.

Durant cette pĂ©riode, les immigrants vinrent de l’Île-de-France et des provinces du nord-ouest, du centre-ouest et du sud-ouest de la France (la Normandie, l’Aunis, le comtĂ© du Perche, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l’Anjou et la Bretagne). Les rĂ©gions du Midi et des Alpes françaises, quant Ă  elles, ne participĂšrent que trĂšs peu.

En 1663, le secrĂ©taire d'État Ă  la Marine, Jean-Baptiste Colbert, et le roi Louis XIV, mirent en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Ainsi, le territoire devait ĂȘtre administrĂ© comme une province française, c’est-Ă -dire par un gouverneur.

Deux ans plus tard, le rĂ©giment de Carignan-SaliĂšres (rĂ©giment d’élite) arriva dans la colonie. Ce rĂ©giment, envoyĂ© par le roi de France, devait vaincre les Iroquois.

En 1666, l’intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon, organisa un premier recensement, dĂ©nombrant 3 215 habitants. GrĂące aux politiques d’encouragement des naissances de Talon, ainsi qu’à l’envoi, par Louis XIV, d'environ 770 jeunes filles Ă  marier entre 1663 et 1673[48] (les fameuses Filles du Roi), la population de la colonie passa, en 1672, Ă  6 700 habitants.

Le gouverneur Frontenac rĂ©pondant Ă  l'ultimatum de William Phips, gouverneur du Massachusetts, Ă  la bataille de QuĂ©bec de 1690, par sa cĂ©lĂšbre phrase : « La seule rĂ©ponse que je ferai Ă  votre gĂ©nĂ©ral viendra de la bouche de mes canons et du feu de mes mousquets Â», selon Charles William Jefferys.

En 1684, encouragĂ©s par les Britanniques, les Iroquois dirigĂšrent une seconde sĂ©rie d’attaques contre les Ă©tablissements français. Puis, en 1686, les Français s’emparĂšrent de trois forts anglais de la baie d’Hudson. Peu de temps aprĂšs, soit en 1690, ils menĂšrent, sous la gouvernance de Frontenac, une sĂ©rie de raids contre des postes de la Nouvelle-Angleterre. Du mĂȘme coup, ils chassĂšrent les Anglais de l’Acadie et de Terre-Neuve.

En 1697, la France et l’Angleterre signĂšrent le traitĂ© de Ryswick, mettant fin Ă  la premiĂšre guerre intercoloniale. Puis, Ă  l’aube des annĂ©es 1700, Français et Iroquois s’entendirent pour faire la paix. En 1711 un tentative de dĂ©barquement anglais est un Ă©chec total. Enfin, avec la signature des traitĂ©s d’Utrecht (1713), la France cĂ©da Ă  la Grande-Bretagne l’Acadie (actuelle Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d’Hudson.

La guerre de Sept Ans (1756–1763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant dĂ©cisif en AmĂ©rique du Nord. En effet, les colonies britanniques s’unirent pour en finir avec la Nouvelle-France.

DĂšs 1755, les Britanniques dĂ©portĂšrent plus de 7 000 Acadiens, soit la plupart des Français Ă©tablis en Nouvelle-Écosse[49]. Craignant leur intervention dans le conflit, le lieutenant-gouverneur de cette province, Charles Lawrence, privilĂ©gia en effet cette mesure. De tous les exilĂ©s, bon nombre furent transportĂ©s plus au sud, vers la cĂŽte amĂ©ricaine.

Le décÚs de Louis-Joseph de Montcalm, lieutenant-général des armées en Nouvelle-France, à la bataille des Plaines d'Abraham en 1759.

En 1756, Louis-Joseph de Montcalm, gĂ©nĂ©ral français, arriva en Nouvelle-France avec 3 000 hommes. Trois ans plus tard, James Wolfe, son homologue britannique, jetait l’ancre prĂšs de QuĂ©bec.

Wolfe et son armĂ©e assiĂ©gĂšrent QuĂ©bec pendant dix semaines. Puis, au terme d’une cĂ©lĂšbre bataille, prĂšs de la ville (bataille des Plaines d’Abraham), les Français durent capituler. Quant Ă  Wolfe et Montcalm, ils furent mortellement blessĂ©s durant le combat.

Le printemps suivant, le gĂ©nĂ©ral LĂ©vis, fort d’une nouvelle armĂ©e en provenance de MontrĂ©al, poussa les Britanniques Ă  se retrancher, assiĂ©gĂ©s, dans QuĂ©bec[50]. Toutefois, cette victoire ne fut pas dĂ©cisive : les Britanniques bĂ©nĂ©ficiĂšrent eux aussi de renforts, puis s’emparĂšrent de MontrĂ©al et de Trois-RiviĂšres, prenant pour de bon possession de la Nouvelle-France.

Le régime britannique

Province de Québec (1763-1791)

Article dĂ©taillĂ© : Province de QuĂ©bec (1763-1791).
James Murray, premier gouverneur civil de la Province de Québec (1763-1791).

La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamĂ©e par le traitĂ© de Paris en 1763 qui mit fin Ă  la guerre de Sept Ans. Celle-ci avait vu la destruction de parties importantes du QuĂ©bec (QuĂ©bec, CĂŽte-du-Sud, Bas-du-Fleuve) et surtout le drame du Grand DĂ©rangement. Un grand nombre d’Acadiens fuirent cette dĂ©portation, qui sĂ©para les familles Ă  jamais et provoqua une forte mortalitĂ©, en se rĂ©fugiant au QuĂ©bec. Il y aurait un million de QuĂ©bĂ©cois aujourd’hui qui auraient en partie des origines acadiennes.

Au TraitĂ© de Paris de 1763, la France sauvait les meubles en Europe, mais perdait son premier empire colonial, aux Indes et en AmĂ©rique. Suite Ă  ce traitĂ©, plusieurs colons français retournĂšrent en France, dont toute l’élite et la bourgeoisie canadienne-française, abandonnant les 60 000 habitants et causant une blessure qui perdure dans le QuĂ©bec moderne. Les habitants restants se tournĂšrent alors vers le clergĂ©, au lieu de prĂȘter allĂ©geance Ă  l’Angleterre.

Le roi Louis XV et ses conseillers tĂąchĂšrent de se consoler en conservant la Guadeloupe et les Ăźles Ă  sucre et en minimisant la perte du Canada, alors considĂ©rĂ© comme une colonie coĂ»teuse, un vaste territoire de glace sans grande importance pour le royaume de France. De plus, Louis XV considĂ©rait alors que la rivalitĂ© avec les Britanniques se dĂ©ciderait en Europe et que pour cette raison il ne fallait pas se disperser dans des guerres pĂ©riphĂ©riques. Seules les Ăźles de Saint-Pierre-et-Miquelon restĂšrent françaises (pour permettre aux Français de pĂȘcher en AmĂ©rique). Mais la France ne tarda pas Ă  vouloir prendre sa revanche en aidant les États-Unis dans la guerre d’IndĂ©pendance.

La Grande-Bretagne, alors souveraine, rĂ©digea une constitution (la Proclamation royale) pour la Nouvelle-France qui devint la « Province of Quebec Â» (le terme « province Â» venant du latin pro victis, alors signifiant « pour les vaincus de QuĂ©bec Â», en rĂ©fĂ©rence Ă  la capitale). Cette constitution prĂ©voyait l’assimilation Ă  plus ou moins long terme des Canadiens français. Les catholiques Ă©taient aussi dĂ©pourvus de droits que ceux d’Irlande : toutes les fonctions publiques Ă©taient rĂ©servĂ©es Ă  la trĂšs petite minoritĂ© de protestants. L’ArmĂ©e britannique se partageait un grand nombre de seigneuries, tandis que le fonctionnement des Ă©coles quĂ©bĂ©coises Ă©tait compromis, notamment par la fermeture Ă  l’Église catholique. Ainsi, pendant 200 ans, les Canadiens français furent privĂ©s de contact avec la France, et brimĂ©s dans leurs droits Ă  la langue et la religion.

La rébellion de Pontiac est un soulÚvement du peuple autochtone des Outaouais, de 1763 à 1766, contre les rÚgles imposées par le général britannique Jeffery Amherst.
Les patriotes francophones repoussant les Américains à la bataille de Québec de 1775.

Jusqu’en 1766, les Britanniques luttĂšrent contre des tribus amĂ©rindiennes (tels que les AbĂ©naquis) alliĂ©es Ă  la France qui se rĂ©voltĂšrent sous la direction du chef Pontiac. Pour Ă©viter que les troubles dans les colonies amĂ©ricaines ne se rĂ©pandent jusqu’au Canada, le gouvernement britannique dĂ©cida d’ĂȘtre plus ouvert face aux Canadiens (français) et rĂ©voqua la Proclamation royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rĂ©digea l’Acte de QuĂ©bec qui venait attĂ©nuer les vellĂ©itĂ©s d’assimilation exprimĂ©es 11 ans plus tĂŽt et Ă©tablissait les droits du peuple canadien dont la langue française, le droit civil et la religion catholique et qui agrandissait le territoire de la province (elle engloba les Grands Lacs et s’étendit mĂȘme jusqu’à Saint-Louis). Cette nouvelle constitution, rĂ©digĂ©e suite Ă  l’indĂ©pendance amĂ©ricaine, visait Ă  rĂ©duire le mouvement indĂ©pendantiste au Canada, afin de conserver une colonie en AmĂ©rique.

Les AmĂ©ricains (avec Ă  leur tĂȘte Montgomery et Arnold) dĂ©cidĂšrent de rallier les Canadiens par la force Ă  leur lutte pour l’indĂ©pendance. Ils commencĂšrent l’invasion de la province de QuĂ©bec en 1774 (toute la rĂ©gion de MontrĂ©al passa entre leurs mains), mais, l’annĂ©e suivante, ils Ă©chouĂšrent dans leur tentative de prendre la ville de QuĂ©bec. Des renforts britanniques arrivĂšrent en grand nombre et les AmĂ©ricains furent forcĂ©s de quitter la province. Les Canadiens français restĂšrent plutĂŽt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l’Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite Ă  l’indĂ©pendance amĂ©ricaine, des loyalistes amĂ©ricains s’installĂšrent au QuĂ©bec.

Bas-Canada (1791-1840)

Article dĂ©taillĂ© : Bas-Canada.
Les Patriotes affrontant les Britanniques lors de la Bataille de Saint-Eustache, en 1837.
Louis-Joseph Papineau, vers 1852, fut le chef de la rébellion des Patriotes en 1837-1838.
Drapeau des Patriotes.

Insatisfaits des nombreux droits accordĂ©s aux Canadiens (français), les Anglais demandĂšrent des rĂ©formes et on leur rĂ©pondit par l’Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la riviĂšre des Outaouais, crĂ©ant le Haut-Canada (l’Ontario d’aujourd’hui) et le Bas-Canada (le QuĂ©bec d’aujourd’hui). Le parlementarisme britannique fut adoptĂ©, mais les limites du systĂšme colonial furent trĂšs vite critiquĂ©es et contestĂ©es.

En 1834, des membres du Parti Patriote (tels les Papineau, ElzĂ©ar BĂ©dard et Augustin-Norbert Morin) rĂ©digĂšrent et prĂ©sentĂšrent, Ă  titre de programme politique et de revendications, 92 rĂ©solutions qui exprimaient une vĂ©ritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. Pour contrer ce pouvoir monarchique abusif envers les Canadiens français, Papineau et son Parti rĂ©clamaient un gouvernement responsable Ă©lu qui contrĂŽlerait les revenus et voterait les lois du Bas-Canada. En 1835, Lord Gosford arriva Ă  QuĂ©bec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l’AssemblĂ©e. Mais en 1837, ayant Ă©puisĂ© toutes les stratĂ©gies pacifiques et devant un refus catĂ©gorique de Londres de considĂ©rer les 92 rĂ©solutions, le Parti Patriote tourna en faveur d’une rĂ©bellion armĂ©e. Le Bas-Canada prit les armes, avec Ă  sa tĂȘte Louis-Joseph Papineau (dĂ©putĂ© nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se rĂ©volta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulĂšvements furent Ă©crasĂ©s par Londres.

Le Bas-Canada aprùs l’Acte constitutionnel de 1791 et les limites du Canada-Est aprùs l'Acte d'Union de 1840.


La dĂ©route des Patriotes marqua la fin de l’emprise des esprits libĂ©raux sur la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise, le clergĂ© reprenant dĂ©sormais les commandes et Ă©tendant son pouvoir. L’échec du soulĂšvement bas canadien ne permit pas au peuple d’échapper Ă  l’étau du sous-dĂ©veloppement : l’accĂšs aux nouvelles terres demeurait problĂ©matique pour les Canadiens (français), puisqu’elles Ă©taient monopolisĂ©es par le Family Compact tout comme le commerce avec la MĂ©tropole coloniale. C’est alors que commença le formidable mouvement d’émigration canadienne-française aux États-Unis qui marque le XIXe siĂšcle : environ 1 million de Canadiens français Ă©migrĂšrent vers les États-Unis pour refaire leur vie. On trouve aujourd’hui ainsi des Browns, White et Lavigne comme noms de famille d’origine française aux États-Unis.



Canada-Est (1840-1867)

Article dĂ©taillĂ© : Canada-Est.
Un village du Bas-Canada, tableau peint par Robert Frederick Mountain aux alentours de 1840.

Lord Durham fut envoyĂ© par Londres pour faire enquĂȘte. Dans son cĂ©lĂšbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu’il fallĂ»t procĂ©der Ă  l’assimilation intĂ©grale de la collectivitĂ© canadienne-française par une unification des deux Canada et l’adoption d’un gouvernement responsable. Son rapport mentionnait entre autres que les Canadiens français Ă©taient un peuple infĂ©rieur, sans histoire et sans culture. L’Acte d’Union de 1840 fut votĂ© Ă  Londres. Il donna au Haut-Canada le mĂȘme nombre de dĂ©putĂ©s qu’au Bas-Canada et fit de l’anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Le Haut-Canada anglophone et peu peuplĂ© devenait donc l’égal du Bas-Canada francophone fort peuplĂ©, ce qui satisfaisait les intentions des assimilationnistes britanniques. Lord Durham prĂ©voyait que les anglophones seraient bientĂŽt plus nombreux et qu’ils domineraient ainsi l’AssemblĂ©e. Graduellement, les anglophones adoptĂšrent le nom de « Canadians Â» (gentilĂ© que les habitants d’origine française se rĂ©servaient depuis le XVIIe siĂšcle). En rĂ©action, ceux-ci commencĂšrent donc Ă  s’appeler les « Canadiens français Â».

Les troubles politiques continuĂšrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des Ă©meutiers incendiĂšrent le parlement du Canada-Uni situĂ© Ă  MontrĂ©al depuis 1843. Le gouvernement avait votĂ© une loi pour rĂ©tablir les droits du français et dĂ©dommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrĂ©mistes britanniques. Le parlement migra alors entre QuĂ©bec et Toronto jusqu’en 1867.

Ce n’est qu’en 1849 que s’établit le gouvernement responsable par le parti rĂ©formiste. Les Canadiens (français) n’étant plus majoritaires, le parti rĂ©formiste fut alors dirigĂ© par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. GrĂące Ă  l’obtention du gouvernement responsable, un certain calme rĂ©gna sur la scĂšne politique canadienne. En 1864, les Ă©lites politiques entamĂšrent des discussions concernant une potentielle confĂ©dĂ©ration canadienne. Londres donna alors son appui au projet d’union fĂ©dĂ©rale et fit mĂȘme pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu’ils l’acceptent.

L'acte de l'Amérique du Nord britannique

George-Étienne Cartier, politicien du Canada-Est et pĂšre de la ConfĂ©dĂ©ration, est un prĂ©curseur du principe de la distribution des pouvoirs lĂ©gislatifs et de ce fait, de la dĂ©fense des droits des francophones du QuĂ©bec.

Suite Ă  un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libĂ©ral de George Brown, appuyĂ© par George-Étienne Cartier, l’Acte de l’AmĂ©rique du Nord britannique crĂ©a la confĂ©dĂ©ration canadienne qui fut proclamĂ©e le 1er juillet 1867 et Ă  laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle aboutira en une seconde division administrative qui forma les provinces de QuĂ©bec et de l’Ontario.

Cet Acte de l’AmĂ©rique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) dĂ©finit la rĂ©partition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fĂ©dĂ©ral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs de la confĂ©dĂ©ration canadienne Ă©taient dĂ©terminĂ©s Ă  crĂ©er un gouvernement central fort tout en attribuant d’importants pouvoirs aux assemblĂ©es lĂ©gislatives des provinces. Plus prĂ©cisĂ©ment, John A. MacDonald avait dĂ» renoncer Ă  ses vellĂ©itĂ©s d’État unitaire entre autres Ă  cause de la dĂ©termination de G.-É. Cartier Ă  restaurer un État quĂ©bĂ©cois, provincial certes, mais foyer national oĂč les Canadiens français Ă©taient assurĂ©s de conserver la majoritĂ© et ainsi une maĂźtrise de leur destin comme une forme de garantie contre l’assimilation. On attribua au parlement fĂ©dĂ©ral la responsabilitĂ© de la dĂ©fense et de la politique Ă©trangĂšre, du commerce, des transports, des communications et des terres rĂ©servĂ©es aux AmĂ©rindiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoirs rĂ©siduaires (la responsabilitĂ© de tous les secteurs qui n’ont pas Ă©tĂ© expressĂ©ment assignĂ©s aux assemblĂ©es lĂ©gislatives provinciales), le pouvoir de dĂ©saveu (qui lui permettait de dĂ©savouer des lois provinciales) ainsi qu’un pouvoir de taxation illimitĂ© (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impĂŽts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblĂ©es lĂ©gislatives provinciales reçurent compĂ©tence dans les domaines tels que l’éducation, les hĂŽpitaux, la propriĂ©tĂ©, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d’une nature locale Â». Dans deux secteurs, l’immigration et l’agriculture, la compĂ©tence fut partagĂ©e entre les deux paliers de gouvernement.

La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spĂ©cialement conçues pour prĂ©server et reconnaĂźtre le caractĂšre distinct du QuĂ©bec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du QuĂ©bec en ce qui a trait au droit privĂ© comparativement Ă  la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prĂ©voyait l’utilisation du français et de l’anglais au Parlement ainsi qu’au sein de la LĂ©gislature et des tribunaux du QuĂ©bec, et Ă©tablissait des Ă©coles sĂ©parĂ©es financĂ©es par les fonds publics pour les minoritĂ©s protestantes et catholiques du QuĂ©bec et du Canada.

De Chauveau Ă  Duplessis (1867-1959)

Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint premier ministre. DĂšs 1868, il crĂ©a le ministĂšre de l’Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministĂšre fut vite dĂ©noncĂ© par le clergĂ© qui rejetait ainsi l’école neutre, gratuite et obligatoire, qu’il crĂ»t une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instaurĂ© le premier dĂ©veloppement, anĂ©anti par les consĂ©quences de l’échec des RĂ©bellions. Boucherville abolit le ministĂšre en 1875 et le systĂšme de 1867 fut rĂ©tabli. En 1876, un candidat libĂ©ral de Charlevoix[51], qui fut dĂ©fait aux Ă©lections Ă  cause de la pression de l’Église sur les Ă©lecteurs, rĂ©ussit, Ă  l’aide d’une nouvelle loi fĂ©dĂ©rale, Ă  faire annuler l’élection. L’annĂ©e suivante, le Pape envoya son reprĂ©sentant pour forcer l’Église quĂ©bĂ©coise Ă  minimiser ses interventions dans le domaine Ă©lectoral. En effet, en 1887, les religieux reprĂ©sentaient 48 % des instituteurs des Ă©coles catholiques.

Henri Bourassa, fondateur du quotidien Le Devoir, reconnu pour avoir lutté pour l'affirmation nationale des Canadiens français.

AprĂšs l’échec politique des rĂ©formes du rĂ©publicain Mercier, qui allaient dans le sens du nationalisme Ă©conomique et de l’instruction publique, son beau-fils et autre premier ministre, Lomer Gouin, entreprit une sĂ©rie de rĂ©formes plus modestes, mais Ă©galement destinĂ©es Ă  rĂ©soudre les dĂ©fis du sous-dĂ©veloppement canadien-français. C’est ainsi qu’il imposa la fondation d’une sĂ©rie d’écoles professionnelles sous l’égide de l’État provincial, dont les HEC (1905) fut l’une des plus notables, instrument inestimable au service du nationalisme Ă©conomique au XXe siĂšcle.

En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa, fonda le journal « Le Devoir Â», qu’il consacra Ă  la dĂ©fense des Canadiens français. Bourassa s’opposa vigoureusement Ă  l’implication du Canada dans la DeuxiĂšme Guerre des Boers (1899). Puis, durant la PremiĂšre Guerre mondiale, il s’éleva contre le recours Ă  la conscription.

Dans l’ensemble, l’appui des Canadiens français Ă  cette guerre fut assez mitigĂ©. Alors que certains s’enrĂŽlaient dans l’armĂ©e canadienne, en autres dans le 22e bataillon (canadien-français), l’ancĂȘtre du Royal 22e RĂ©giment, d’autres luttaient contre la conscription ou le rĂšglement 17 adoptĂ© par l’Ontario, qui interdisait l’enseignement du français. Des 400 000 militaires canadiens envoyĂ©s outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat.

Une manifestation dans les rues de MontrĂ©al en 1917, lors de la crise de la conscription qui mĂšnera Ă  la motion FrancƓur de 1918, marquant le dĂ©sir du gouvernement de faire sĂ©cession du pacte confĂ©dĂ©ratif de 1867.

La gĂ©nĂ©ration Bourassa des nationalistes mit fin Ă  son aventure politique aprĂšs l’élection de 1911 qui, malgrĂ© son succĂšs Ă  renverser Laurier et Ă  faire Ă©lire un grand nombre de dĂ©putĂ©s, fut considĂ©rĂ©e un fiasco puisque la seule alternative Ă©tait un gouvernement conservateur encore plus impĂ©rialiste et anti-français, dirigĂ© par Borden, francophobe et orangiste reconnu. Cependant, elle pouvait mettre quelques rĂ©ussites Ă  l’actif de son militantisme politique, obtenu non pas Ă  Ottawa, mais lorsque les mĂȘmes, Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent Ă©lire Ă  QuĂ©bec. Lavergne rĂ©ussit Ă  faire passer une loi en faveur des droits du français dans l’espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au QuĂ©bec - Ă  cette Ă©poque, le train, le tĂ©lĂ©phone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du QuĂ©bec. Les nationalistes obtinrent Ă©galement du gouvernement Gouin une loi obligeant Ă  transformer sur place le bois et la pĂąte Ă  papier du QuĂ©bec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L’espoir Ă©tant que le QuĂ©bec exporterait dĂ©sormais davantage ses produits finis que sa main d’Ɠuvre aux États-Unis!

Le « successeur Â» de Bourassa en tant que dĂ©fenseur des droits de la nation canadienne-française fut l’historien et chanoine Lionel Groulx, considĂ©rĂ© par plusieurs comme le pĂšre spirituel des indĂ©pendantistes quĂ©bĂ©cois. Il n’est pourtant nullement le pĂšre de cette aspiration puisqu’elle remonte aux Patriotes (DĂ©claration d’indĂ©pendance de 1838), a Ă©tĂ© ravivĂ©e par le Parti national d’HonorĂ© Mercier au pouvoir de 1886 Ă  1893. Les prĂ©fĂ©rences de Groulx allaient Ă  l’action politique de LaFontaine et Ă  l’ultramontanisme de Tardivel, dont le roman Pour la Patrie (1895) projetait l’indĂ©pendance du QuĂ©bec en 1950.

En 1931, il a obtenu une grande crédibilité en participant à la PremiÚre Guerre mondiale et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).

Maurice Duplessis, premier ministre du Québec de 1936 à 1939 et lors de la Grande Noirceur (1944-1959).

En 1936, l’Union nationale, fondĂ©e en 1935, prit le pouvoir au QuĂ©bec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu’en 1939, oĂč le premier ministre Godbout gagna avec l'aide du premier ministre fĂ©dĂ©ral, Mackenzie King. Ce dernier dit Ă  la province de QuĂ©bec: « Votez pour Godbout et jamais le Canada n'adopteras la Conscription Â»[citation nĂ©cessaire] (Loi obligeant les hommes valides Ă  aller combattre Ă  la guerre mondiale en Europe). Mackenzie ne tint pas sa promesse et Maurice Duplessis reprĂźt le contrĂŽle du QuĂ©bec de 1944 Ă  1959 (annĂ©e de sa mort). Il se voulut autonomiste, protĂ©geant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le QuĂ©bec en retard sur le reste du Canada en matiĂšre d’éducation et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prĂ©pondĂ©rante dans les affaires sociales, Ă©conomiques et politiques du QuĂ©bec. En effet, l’Église catholique, en Ă©troite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nĂ©cessitĂ© de prĂ©servation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les rĂ©formes sociales et le syndicalisme. AprĂšs sa mort, le pouvoir de l’Église s’affaiblit rapidement sous le gouvernement libĂ©ral de Jean Lesage. Durant les annĂ©es 1960, le QuĂ©bec entra dans une grande phase de modernisation accĂ©lĂ©rĂ©e, grĂące notamment Ă  une sĂ©rie de rĂ©formes d’ordre Ă©conomique entreprises par le gouvernement Lesage. D’ailleurs, au cours de son premier mandat, il se dota de plusieurs personnes qui formĂšrent l’équipe du tonnerre, dont RenĂ© LĂ©vesque, Paul GĂ©rin-Lajoie et Georges-Émile Lapalme. Cette pĂ©riode est gĂ©nĂ©ralement qualifiĂ©e de RĂ©volution tranquille. Certaines personnes remettent toutefois en question les idĂ©es reçues sur l'Ă©poque duplessiste.

La modernisation de l'État (depuis 1959)

Le barrage Daniel-Johnson et la centrale Manic-5 sur la riviÚre Manicouagan, CÎte-Nord, inauguré en 1968.

Durant les cent jours oĂč Paul SauvĂ© fut Ă  la tĂȘte l'Union nationale et premier ministre du QuĂ©bec en 1959, il adopta le slogan « DĂ©sormais Â» afin d'affirmer la volontĂ© de changement au sein du gouvernement. La RĂ©volution tranquille fut lancĂ©e par l’élection du gouvernement Jean Lesage, dont le slogan en 1960 Ă©tait « Il est temps que ça change Â» et en 1962 : « MaĂźtres chez nous Â». En 1960, le gouvernement Lesage entama une trĂšs vaste et ambitieuse sĂ©rie de rĂ©formes, dans les domaines de la politique sociale, de l’éducation, de la santĂ©, du dĂ©veloppement Ă©conomique. RenĂ© LĂ©vesque convainquit Jean Lesage de rallier l'Ă©conomiste Eric Kierans qui permit le dĂ©veloppement financier du QuĂ©bec au service de la majoritĂ©, ainsi que la crĂ©ation de la Caisse de dĂ©pĂŽt et placement du QuĂ©bec. L’enjeu principal de la campagne de 1962 Ă©tait d'ailleurs la nationalisation de la production Ă©lectrique : celle-ci Ă©tait alors entre les mains d’un oligopole anglais dont Ă©taient exclus tous les non-White Anglo-Saxon Protestant (WASP), donc les Canadiens français. En dĂ©cidant de nationaliser le secteur dans Hydro-QuĂ©bec, lors d'une rencontre du Conseil des ministres au Lac-Ă -l'Ă©paule, l’initiative de RenĂ© LĂ©vesque permit un essor formidable de l’économie quĂ©bĂ©coise, mais aussi d’accession des QuĂ©bĂ©cois Ă  des carriĂšres qui leur Ă©taient jusque-lĂ  presque inaccessibles.

La modernisation et l’émancipation du QuĂ©bec ravivĂšrent l’idĂ©e de l’indĂ©pendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indĂ©pendantistes se firent plus nombreuses et une Maison QuĂ©bĂ©coise ouvrit ses portes Ă  Paris en 1961, faisant office de DĂ©lĂ©gation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans prĂ©cĂ©dent dans la seconde moitiĂ© des annĂ©es 1960; les revendications indĂ©pendantistes se faisant largement entendre et s’organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l’indĂ©pendance nationale qui lança le slogan : « le QuĂ©bec libre Â».

Mouvement souverainiste
Article dĂ©taillĂ© : Mouvement souverainiste du QuĂ©bec.

Le mouvement souverainiste du QuĂ©bec vit le jour en 1960 avec sa premiĂšre organisation, le Rassemblement pour l'indĂ©pendance nationale, fondĂ© par Pierre Bourgault. Avec la fondation de ce parti, la scĂšne politique quĂ©bĂ©coise prend un tout autre tournant. Alors que les Anglais envahissaient le Canada (ancienne colonie de la Nouvelle-France) depuis la proclamation royale de 1763, le mouvement souverainiste est la continuitĂ© des politiques canadiennes-françaises sur la dĂ©fense des droits francophones, reflĂ©tĂ©es par nombre de manifestations nationalistes et patriotiques, dont la bataille de ChĂąteauguay, la motion FrancƓur de 1917, la FĂȘte de Dollard, etc.

Nombreuses furent les tentatives d'assimilation culturelle et linguistique envers les francophones du Saint-Laurent, dont l'Acte d'Union de 1840. Les tactiques employées par le syndicat financier de la rue Saint-Jacques de Montréal, sur l'économie québécoise, incita d'ailleurs la création d'entreprises pour la défense et le développement des droits humains, dont le Mouvement coopératif des caisses populaires Desjardins en 1900. La Révolution tranquille déclencha le démantÚlement de ce monopole financier[52], dont la direction et les services étaient alors accessibles uniquement aux individus de race white anglo-saxon protestant (WASP), acculant ainsi les Canadiens-français dans les régions rurales sous-développées. Le Canada anglais s'est ainsi distinguée entiÚrement de son héritage britannique par l'usurpation des caractéristiques culturelles francophones, telles l'identité en 1867 ainsi que l'hymne national en 1980 (à l'origine un chant patriotique composé pour la Saint-Jean-Baptiste). Face à cette ruse, le patriotisme francophone se tourna, ainsi, vers une identité visiblement encore intacte et rappelant le patrimoine national de la Nouvelle-France.

La statue de René Lévesque, sur la place de l'Assemblée-nationale.

Divers groupes souverainistes, passĂ©s et actuels, ont grandement influencĂ© le mouvement, tels le Front de libĂ©ration du QuĂ©bec (FLQ) et le Parti quĂ©bĂ©cois (PQ), pour ne nommer que ceux-lĂ . Dans la quĂȘte du mĂȘme but, les dĂ©bats et scissions ont ainsi fait apparaĂźtre divers clans opposĂ©s, entre radicaux et dĂ©mocrates. Lors de son allocution Ă  la foule en 1967, l'ancien prĂ©sident de la rĂ©publique française, Charles de Gaulle, a soulevĂ© les ardeurs souverainistes avec sa maintenant cĂ©lĂšbre phrase « Vive le QuĂ©bec libre ! Â».

À la crise d'Octobre de 1970, l'imposition de la loi martiale fut dĂ©crĂ©tĂ©e par le gouvernement fĂ©dĂ©ral, alors que des arrestations arbitraires furent entamĂ©es par l'armĂ©e canadienne, envers tout souverainiste confondu. Divers autres scandales Ă©clatĂšrent par la suite, relativement Ă  l'intĂ©gritĂ© de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), dont l'introduction nocturne par effraction dans les bureaux du Parti quĂ©bĂ©cois, en 1972, pour y voler la liste des membres. Un premier gouvernement souverainiste fut Ă©lu en 1976 et un premier rĂ©fĂ©rendum populaire pour la souverainetĂ© du QuĂ©bec fut tenu en 1980. Par suite de la nuit des Longs Couteaux de 1981, le QuĂ©bec rejeta dĂ©finitivement la nouvelle constitution canadienne de 1982, menant ainsi depuis lors, Ă  des dĂ©bats juridiques perpĂ©tuels sur son applicabilitĂ© au QuĂ©bec. AprĂšs l'Ă©chec constitutionnel de l'accord du lac Meech en 1987, les recommandations du rapport Allaire et de la Commission BĂ©langer-Campeau, en 1991, Ă©tablirent des bases de nĂ©gociations constitutionnelles. Par suite de l'Ă©chec de l'accord de Charlottetown en 1992, le mouvement souverainiste connĂ»t un deuxiĂšme Ă©chec rĂ©fĂ©rendaire en 1995, avec le rejet de la souverainetĂ© par une mince majoritĂ© de 50.6 % de la population quĂ©bĂ©coise. Par suite de ce rĂ©fĂ©rendum, le gouvernement fĂ©dĂ©ral entra dans une sĂ©rie de controverses judiciaires pour contrecarrer le mouvement souverainiste, dont le Renvoi relatif Ă  la sĂ©cession du QuĂ©bec et la Loi sur la clartĂ© rĂ©fĂ©rendaire de 2000. De mĂȘme, par suite du dĂ©tournement de fonds publics, au scandale des commandites de 1996 Ă  2003, le mouvement souverainiste atteignit un sommet avec l'appui de 54% de la population quĂ©bĂ©coise en 2005, alors que 76% estimaient avoir Ă©tĂ© trahis par le gouvernement fĂ©dĂ©ral[53],[54]. La validitĂ© des rĂ©sultats est par ailleurs remise en question depuis 2006, depuis l'enquĂȘte sur Option Canada, un organisme semi-clandestin du gouvernement fĂ©dĂ©ral, qui fut accusĂ© de pratiques illĂ©gales lors du rĂ©fĂ©rendum de 1995, Ă  savoir notamment, des dĂ©rogations Ă  la Loi Ă©lectorale du QuĂ©bec ainsi qu'Ă  la Loi sur l'immigration et la citoyennetĂ© de son propre gouvernement constituant.

Politique québécoise

Article dĂ©taillĂ© : Politique du QuĂ©bec.

SystĂšme politique

Le logo officiel du gouvernement du Québec.

Le systÚme politique du Québec est à la fois une démocratie et monarchie constitutionnelle à régime parlementaire, fondé sur le systÚme de Westminster[7]. Ainsi, par la monarchie constitutionnelle, la présence du lieutenant-gouverneur du Québec est assurée au sein des pouvoirs exécutif et législatif. Son rÎle se résume cependant en la conservation du protocole relatif à la tradition parlementaire québécoise, dans un esprit d'impartialité suivant la démocratie[55].

Depuis l'abolition du Conseil lĂ©gislatif du QuĂ©bec en 1968, le Parlement du QuĂ©bec est fondĂ© sur un systĂšme unicamĂ©ral, au sein duquel l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec dĂ©tient l'ensemble des compĂ©tences dĂ©volues au pouvoir lĂ©gislatif du QuĂ©bec[56]. L’AssemblĂ©e nationale est constituĂ©e de 125 dĂ©putĂ©s Ă©lus au suffrage universel, selon le principe d'un vote par circonscription et par le biais d’un scrutin uninominal majoritaire Ă  un tour. Chaque Ă©lection gĂ©nĂ©rale quĂ©bĂ©coise est tenue dans un dĂ©lai maximal de cinq annĂ©es depuis la derniĂšre[57].

Le pouvoir exĂ©cutif est quant Ă  lui incarnĂ© par le gouvernement du QuĂ©bec, dont la direction est assumĂ©e par le Conseil des ministres du QuĂ©bec, lui-mĂȘme prĂ©sidĂ© par le premier ministre du QuĂ©bec[58]. Suivant le principe dĂ©mocratique, l'usage enjoint au Conseil d'ĂȘtre composĂ© de dĂ©putĂ©s membres du groupe parlementaire formant la majoritĂ© relative de l'AssemblĂ©e nationale, avec Ă  sa tĂȘte le chef de ce groupe.

Institutions politiques

Le logo officiel de l'Assemblée nationale du Québec.

Dans l'accomplissement de ses travaux, l'Assemblée nationale du Québec est assistée de la BibliothÚque de l'Assemblée nationale et composée d'onze commissions parlementaires permanentes, au sein desquelles certains députés se regroupent dans un cadre de concertation afin de pourvoir, notamment, à l'étude approfondie des projets de loi et crédits budgétaires ainsi qu'au contrÎle de la responsabilité ministérielle[59],[60]. Certains organismes publics relÚvent directement de son autorité, à savoir le Commissaire au lobbyisme du Québec[61], le Directeur général des élections du Québec[62], le Protecteur du citoyen[63] et le Vérificateur général du Québec[64].

Dans son rĂŽle de gestionnaire d'État, le Conseil des ministres du QuĂ©bec est assistĂ© du Conseil du trĂ©sor du QuĂ©bec, afin de pourvoir Ă  la coordination des ministĂšres du QuĂ©bec et de leurs organismes, ainsi qu'Ă  la gestion intĂ©grale de l'administration et fonction publique[65],[66]. De mĂȘme, le ministĂšre des Services gouvernementaux a pour mission d'assurer la gouvernance intĂ©grĂ©e des ressources ainsi que les relations des institutions politiques avec les citoyens quĂ©bĂ©cois[67]. Par ailleurs, les sous-ministres constituent les plus hauts fonctionnaires de l'administration publique et, dans l'exercice de leurs fonctions, possĂšdent l'autoritĂ© du ministre dans leur ministĂšre respectif.

Dans les dossiers politiques d'ordre gĂ©nĂ©ral, le Bureau du premier ministre du QuĂ©bec[68] a la responsabilitĂ© du ministĂšre du Conseil exĂ©cutif du QuĂ©bec, dont le rĂŽle est de soutenir le Conseil des ministres et l'ensemble des ministĂšres du QuĂ©bec, notamment par l'intermĂ©diaire de ses organes constituants, les secrĂ©tariats[69]. Du fait de leur importance relative, certains secrĂ©tariats sont prĂ©sidĂ©s par un ministre siĂ©geant au Conseil des ministres du QuĂ©bec : le SecrĂ©tariat Ă  la jeunesse, le SecrĂ©tariat aux affaires autochtones, le SecrĂ©tariat aux affaires intergouvernementales canadiennes ainsi que le SecrĂ©tariat Ă  la rĂ©forme des institutions dĂ©mocratiques et Ă  l'accĂšs Ă  l'information[70].

Les commissions scolaires forment un ensemble d'organisations assurant aux localités la gestion directe de leurs écoles, par l'élection de commissaires et le maintien de comités de parents[71].

Dynamique politique

Article dĂ©taillĂ© : Partis politiques quĂ©bĂ©cois.
La politisation manifeste de la FĂȘte nationale du QuĂ©bec rĂ©sulte de l'expression publique des sentiments nationalistes et patriotes Ă  l'Ă©gard du QuĂ©bec.

La dynamique politique du QuĂ©bec, d'une part, intĂšgre les idĂ©ologies de l'axe politique gauche-droite et d'autre part, illustre sur leur axe respectif les degrĂ©s de nationalisme quĂ©bĂ©cois et d'aspirations pour la souverainetĂ© du QuĂ©bec. Les partis politiques siĂ©geant Ă  l'AssemblĂ©e nationale sont, dans l'ordre dĂ©croissant de leur reprĂ©sentation : Parti libĂ©ral du QuĂ©bec (PLQ), Parti QuĂ©bĂ©cois (PQ), Action dĂ©mocratique du QuĂ©bec (ADQ) et QuĂ©bec Solidaire (QS).

Conformément aux préceptes de l'état de droit applicable au Québec, elle se fonde par ailleurs selon les principes de la démocratie représentative, en droit législatif, et de la démocratie directe, en common law. Dans les circonstances, le travail conjoint des représentants élus tend à fournir conseils et recommandations aux citoyens, pour qui les préceptes de la common law acquiescent à leur indépendance face au pouvoir politique (ex.: la ratification différée de la Loi constitutionnelle de 1982 et la question de son applicabilité au Québec, malgré le parti politique au pouvoir).

À dĂ©faut de reprĂ©sentation adĂ©quate entre deux Ă©lections, la souverainetĂ© appartient continuellement aux citoyens, pour qui le droit de veto s'applique, individuellement, Ă  toute dĂ©cision d'un organe public. Alors manifestĂ©e par des dĂ©bats, sondages, grĂšves et toute autre initiative populaire, la volontĂ© d'une partie prenante est exprimĂ©e par consensus.

Par essence, le processus décisionnel politique est fondé, entiÚrement, sur un systÚme citoyen de concertation et de négociation. Par le principe fondamental de la liberté de choix, les accords, conventions et ententes de principe se révÚlent ainsi une nécessité juridique.

Politique nationale

Surplombant le crucifix du Salon bleu, le Débat sur les langues de Charles Huot représente la Chambre d'assemblée du Bas-Canada au 21 janvier 1793, dans le palais épiscopal de Québec.

La politique nationale du QuĂ©bec recouvre l'intĂ©gralitĂ© des domaines relatifs Ă  la nation quĂ©bĂ©coise. Plus particuliĂšrement, elle Ă©tablit les valeurs et fondements sur lesquels la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise fonde sa cohĂ©sion et sa spĂ©cificitĂ©. La constitution quĂ©bĂ©coise est ainsi enchĂąssĂ©e dans une sĂ©rie de traditions sociales et culturelles, dĂ©finies par un ensemble de jugements judiciaires et documents lĂ©gislatifs, dont la Loi sur l'AssemblĂ©e nationale[72], la Loi sur l'exĂ©cutif[73] et la Loi Ă©lectorale du QuĂ©bec[74]. D'autres exemples notables comprennent :

De plus, elle s'appuie sur un ensemble d'Ă©noncĂ©s clarifiant et renforcissant les pratiques sociales dĂ©jĂ  Ă©tablies. Par exemple, dans son communiquĂ© du 8 fĂ©vrier 2007[78] crĂ©ant la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliĂ©es aux diffĂ©rences culturelles (Commission Bouchard-Taylor), le premier ministre du QuĂ©bec Jean Charest rĂ©affirme les trois valeurs fondamentales de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise, qui « ne peuvent faire l’objet d’aucun accommodement (...) [ni] ĂȘtre subordonnĂ©es Ă  aucun autre principe Â»[42] :

  • L’égalitĂ© entre les hommes et les femmes;
  • La primautĂ© du français;
  • La sĂ©paration entre l’État et la religion.

En outre, le QuĂ©bec se dĂ©finit comme un État de droit[79], libre et dĂ©mocratique.

Alors qu'il est reconnu pour avoir défendu l'affirmation nationale et l'autonomie du Québec, Honoré Mercier fut premier ministre du Québec de 1887 à 1891.

L'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec a d'ailleurs adoptĂ©, le 30 octobre 2003, une rĂ©solution[80] rĂ©affirmant que le peuple quĂ©bĂ©cois forme une nation, ainsi qu'une motion[81], le 22 mai 2008, citant :

« Que l'AssemblĂ©e nationale rĂ©itĂšre sa volontĂ© de promouvoir la langue, l'histoire, la culture et les valeurs de la nation quĂ©bĂ©coise, favorise l'intĂ©gration de chacun Ă  notre nation dans un esprit d'ouverture et de rĂ©ciprocitĂ© et tĂ©moigne de son attachement Ă  notre patrimoine religieux et historique reprĂ©sentĂ© par le crucifix de notre Salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions. Â»
Le gouvernement de Lomer Gouin, premier ministre libĂ©ral de 1905 Ă  1920, fut l'initiateur de la motion FrancƓur sur la sĂ©cession du QuĂ©bec, en 1918.

Politique internationale

La politique internationale du QuĂ©bec fonde sa cohĂ©rence sur la doctrine GĂ©rin-Lajoie[82], formulĂ©e en 1965. Alors que le ministĂšre des Relations internationales du QuĂ©bec en coordonne les principes directeurs, les dĂ©lĂ©gations gĂ©nĂ©rales du QuĂ©bec en sont les principaux interlocuteurs dans plusieurs villes du monde. Dans les dossiers relevant des compĂ©tences lĂ©gislatives du QuĂ©bec, le fondement de la diplomatie quĂ©bĂ©coise affirme ainsi que seuls les corps politiques du QuĂ©bec possĂšdent le pouvoir d'y nĂ©gocier entiĂšrement, avec les chefs d'État, gouvernements, ambassades et consulats Ă©trangers, et d'y conclure, indĂ©pendamment de toute influence externe, des accords, ententes, programmes et traitĂ©s. Par consĂ©quent, des organisations internationales en ces matiĂšres, dont celle de la Francophonie, seuls ces corps politiques sont habilitĂ©s Ă  y siĂ©ger.

Politique environnementale

Depuis 2006, le QuĂ©bec s’est dotĂ© d’un plan vert dans le but d’atteindre les objectifs du protocole de Kyƍto relativement aux changements climatiques[83]. Le ministĂšre du DĂ©veloppement durable, de l'Environnement et des Parcs du QuĂ©bec est le principal responsable de l'application de la politique environnementale. Pour sa part, la SociĂ©tĂ© des Ă©tablissements de plein air du QuĂ©bec (SEPAQ) est le principal organisme responsable de la gestion des parcs nationaux, rĂ©serves fauniques, etc[84]. De son cĂŽtĂ©, le ministĂšre des Ressources naturelles et de la Faune du QuĂ©bec joue, dans ses domaines, un rĂŽle conjoint dans la politique environnementale. Alors que l’hydroĂ©lectricitĂ©, renouvelable et peu polluante, constitue la principale source d'Ă©nergie pour le QuĂ©bec, l'Agence de l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique du QuĂ©bec fut instituĂ©e en 1997[85]. Elle coĂŻncide ainsi avec le dĂ©veloppement de l'Ă©nergie Ă©olienne au QuĂ©bec qui fut entamĂ©e aprĂšs la signature du protocole au dĂ©but des annĂ©es 1990.

Alors qu'il fut premier ministre du QuĂ©bec de 1920 Ă  1936, Louis-Alexandre Taschereau rĂ©ussit Ă  ralentir le phĂ©nomĂšne d'Ă©migration massive vers les États-Unis, mieux connu sous le nom de la Grande HĂ©morragie, en Ă©tant le premier Ă  considĂ©rer le potentiel hydraulique du Nouveau-QuĂ©bec, dans une pĂ©riode de Grande DĂ©pression et de Prohibition.

Politique agro-alimentaire et forestiĂšre

L'agriculture au Québec fait l'objet d'une rÚglementation sur le zonage agricole, depuis 1978[86]. En fait, devant l'expansion de l'urbanisation, des zones furent créées afin d'assurer la protection des terres fertiles qui composent environ 2% de la superficie totale du territoire québécois[87]. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) en est la principale garante[88]. La ville de Saint-Hyacinthe est la technopole agricole du Québec et Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agroenvironnementale. Elle comprend des institutions, telles la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, l'Institut de technologie agroalimentaire (ITA), le Centre d'insémination artificielle du Québec (CIAQ), un centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA), etc.

Les forĂȘts du QuĂ©bec sont, quant Ă  elles, essentiellement de propriĂ©tĂ© publique. Alors que leur gestion et dĂ©veloppement sont sous la juridiction du ministĂšre des Ressources naturelles et de la Faune du QuĂ©bec et le calcul des possibilitĂ©s annuelles de coupe sous celle du Bureau du forestier en chef[89], la SociĂ©tĂ© de protection des forĂȘts contre le feu (SOPFEU) travaille en partenariat public-privĂ© (PPP) avec le gouvernement. L'Union des producteurs agricoles du QuĂ©bec (UPA) assure, pour sa part, les intĂ©rĂȘts de ses membres, y compris les travailleurs de la foresterie, et travaillent conjointement avec le ministĂšre de l'Agriculture, des PĂȘcheries et de l'Alimentation du QuĂ©bec (MAPAQ) et le ministĂšre des Ressources naturelles et de la Faune du QuĂ©bec.

Politique de l'emploi et de l'immigration

Le ministĂšre de l'Emploi et de la SolidaritĂ© sociale du QuĂ©bec travaille Ă  assurer le dĂ©veloppement social, notamment de la main-d'Ɠuvre grĂące Ă  des organismes tels Emploi-QuĂ©bec et ses centres locaux d'emploi (CLE)[90]. Il est notamment responsable de la gestion du RĂ©gime quĂ©bĂ©cois d'assurance parentale (RQAP) ainsi que du soutien financier de dernier recours aux familles et personnes dĂ©munies.

Le gouvernement d'Adélard Godbout, premier ministre de 1939 à 1944, accorda le droit de votes aux femmes en 1940, rendit obligatoire les études jusqu'à l'ùge de 14 ans, instaura la gratuité scolaire au niveau primaire et affirma le droit à la syndicalisation des travailleurs.

Alors que la Commission des normes du travail du Québec assurent des conditions minimales pour tous les travailleurs[91], la Commission des relations du travail du Québec voit au respect des conventions collectives conclues entre syndicats d'employés et patronaux[92]. Alors que le ministÚre du Travail du Québec en est le responsable, celui-ci travaille en outre à l'amélioration de la qualité d'environnement en milieu de travail, conjointement avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), le Conseil des services essentiels du Québec, la Commission de l'équité salariale du Québec, la Régie du bùtiment du Québec, etc.

Le ministÚre de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec est entiÚrement responsable de la sélection des nouveaux arrivants au Québec ainsi que de leur intégration à la société québécoise[93]. De ce fait, les programmes québécois favorisent le français, comme langue commune de tous les Québécois, ainsi que les principes de pluralisme et d'interculturalisme. En l'occurrence, la politique québécoise en matiÚre d'immigration et d'intégration privilégie le respect envers cette société d'accueil qu'est le Québec, notamment en considération de ses propres valeurs et caractéristiques d'ordre culturelles, historiques et sociales[94],[95].

Politique des affaires sociales et de l'Ă©ducation

L'Ă©cole de rang, ici dans la rĂ©gion de Granby au dĂ©but du XXe siĂšcle, est un symbole de l'Ă©ducation scolaire d'antan, conjointement avec le cours classique prĂ©parant aux professions libĂ©rales et Ă  la prĂȘtrise catholique.

Le rĂ©seau quĂ©bĂ©cois de la santĂ© et des services sociaux est administrĂ© par le ministĂšre de la SantĂ© et des Services sociaux du QuĂ©bec. Il est composĂ© de 95 centres de santĂ© et de services sociaux (CSSS), nĂ©s de la fusion des centres locaux de services communautaires (CLSC), centres d'hĂ©bergement de soins de longue durĂ©e (CHSLD) et centres hospitaliers de soins gĂ©nĂ©raux et spĂ©cialisĂ©s (CHSGS). Ces centres sont au cƓur de 95 rĂ©seaux locaux de services (RLS), lesquels comprennent chacun des centres hospitaliers, organismes communautaires, centres de protection de l'enfance et de la jeunesse, centres de rĂ©adaptation, pharmacies communautaires, etc[96],[97]. De plus, ils sont rĂ©partis au sein de 18 agences de la santĂ© et des services sociaux (ASSS ou communĂ©ment, rĂ©gie rĂ©gionale) qui en assurent l'administration. Alors que la RĂ©gie de l'assurance-maladie du QuĂ©bec (RAMQ) travaille Ă  maintenir l'accessibilitĂ© des services pour tous les citoyens du QuĂ©bec[98], des fondations assurent les soins prĂ©hospitaliers et missions de sauvetage, telles Urgences-santĂ©, AirMĂ©dic et l'Ambulance Saint-Jean.

Alors que le SecrĂ©tariat Ă  la jeunesse du QuĂ©bec est un « observateur privilĂ©giĂ© du gouvernement Â»[99], les centres de la petite enfance (CPE) sont des institutions alliant la politique familiale Ă  l'Ă©ducation. Le ministĂšre de la Famille et des AĂźnĂ©s du QuĂ©bec en est le responsable dans sa mission de servir les citoyens dont il travaille Ă  assurer le bien-ĂȘtre.

De son cĂŽtĂ©, le systĂšme d'Ă©ducation quĂ©bĂ©cois est administrĂ© par le ministĂšre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du QuĂ©bec, conjointement avec le Conseil supĂ©rieur de l'Ă©ducation du QuĂ©bec[100]. Il est composĂ© d'un rĂ©seau de commissions scolaires[101] qui regroupent des Ă©coles publiques financĂ©es par l'État et des Ă©coles privĂ©es[102],[103]. Les Ă©tudes post-secondaires comprennent, outre l'UniversitĂ© du QuĂ©bec[104], des Ă©tablissements tels des centres de formation professionnelle, des collĂšges d'enseignement gĂ©nĂ©ral et professionnel (cĂ©gep)[105] et des universitĂ©s privĂ©es.

Droit québécois

Articles dĂ©taillĂ©s : Droit au QuĂ©bec et Lois refondues du QuĂ©bec.
Le palais de justice de la Cour d'appel du Québec à Montréal.

Droit positif

Le droit quĂ©bĂ©cois se rĂ©fĂšre Ă  tous principes lĂ©gaux du QuĂ©bec relevant de ses compĂ©tences lĂ©gislatives, droits et privilĂšges constitutionnels. Les fondements de la common law, dans le droit public (relations hiĂ©rarchiques avec l’État), et du droit romano-germanique, dans le droit privĂ© (relations Ă©galitaires entre tout individu ou entreprise), font du QuĂ©bec un État bijuridique[106],[107]. Le traitĂ© de droit anglais « Commentaries on the Laws of England Â»[108], du jurisconsulte britannique William Blackstone, est par ailleurs la principale analyse servant Ă  la comprĂ©hension des normes juridiques de la common law. Alors que le Code civil du Bas-Canada codifiait les principales lois civiles du QuĂ©bec jusqu’en 1994, le Code civil du QuĂ©bec en constitue une refonte complĂšte applicable depuis lors[109],[110].

Alors que l'expression common law est intraduisible en français[111], elle se rĂ©fĂšre historiquement et littĂ©ralement au « droit Ă©galitaire des gens et collectivitĂ©s du bas-peuple Â» par lequel chaque individu s'autogouverne de façon coutumiĂšre et par l'intermĂ©diaire de groupes individuels, indĂ©pendants les uns des autres, auxquels ils adhĂ©rent librement et dont les usages et pratiques sociales prĂ©valent sur l’autoritĂ© de la Couronne et de la noblesse anglaise. Elle constitue un systĂšme juridique Ă  part entiĂšre qui s'est dĂ©veloppĂ© depuis plus d'un millĂ©naire avec des principes dont l'origine remonte aux peuples germaniques, tels la procĂ©dure accusatoire devant les tribunaux, ainsi que des textes constitutionnels d'origine anglaise, tels la Grande Charte de la LibertĂ© (Magna Carta Libertatum[112]) de 1215 et les Dispositions d'Oxford (Provisions of Oxford[113]) de 1258; ceux-ci introduisant les principes de la sĂ©curitĂ© juridique (habeas corpus ad subjiciendum) et du contrĂŽle parlementaire, connus au sein du droit public quĂ©bĂ©cois. Dans le jargon juridique et populaire, ce droit Ă  l'autogouvernance est plus souvent traduit par l'expression « libertĂ© de choix Â», fondement du droit constitutionnel applicable au QuĂ©bec, duquel toutes les branches du droit prennent leur source.

Branche du droit public

L'hĂŽtel du Parlement oĂč siĂšge l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec, fondement dans l'organisation du systĂšme public quĂ©bĂ©cois.

Dans la philosophie juridique de la common law appliquĂ©e au QuĂ©bec, le rĂŽle fondamental de toutes instances publiques (ex. : AssemblĂ©e nationale, gouvernement, conseils municipaux, corps policiers, commissions scolaires, etc.) se limite Ă  conseiller les citoyens. Ainsi, leurs recommandations, faites en droit lĂ©gislatif, sont des complĂ©ments au droit de chaque individu de s'autogouverner, indĂ©pendamment d’une hiĂ©rarchie Ă©tatique et de tout autre individu dans la sociĂ©tĂ©, dans les secteurs de rĂšglementation des matiĂšres de droit public (ex. : fiscalitĂ©, systĂšmes de santĂ© et d’éducation, conduite automobile, etc.). Ce droit individuel a prĂ©sĂ©ance sur l’autoritĂ© de toutes instances publiques seulement dans les secteurs de rĂšglementation oĂč une modification relative Ă  ceux-ci ont un effet direct sur cet individu. Les instances publiques doivent alors adopter et appliquer des dĂ©cisions conformĂ©ment Ă  la volontĂ© de l'individu concernĂ© directement[114].

Dans la mĂȘme optique, ils doivent adopter et appliquer des dĂ©cisions selon la volontĂ©, expresse ou tacite (par des grĂšves, des pĂ©titions, des sondages, etc.), d’une majoritĂ© confondue lorsque plus d’un individu est concernĂ© directement et que ceux-ci forment un groupe distinct (gĂ©ographique, Ă©conomique, social, culturel, politique, etc.)[115]. À l'instar du droit de chaque individu, tout groupe distinct a le droit de s'autogouverner individuellement et indĂ©pendamment des autres groupes. Cependant, un groupe d'individus formant une organisation privĂ©e (ex.: entreprise) est vu comme un seul et unique individu Ă  l'intĂ©rieur d'un groupe distinct. Lorsque, par usage, de nouvelles pratiques sociales sont dĂ©veloppĂ©es et gĂ©nĂ©ralement reconnues par la jurisprudence dans un groupe distinct, celles-ci sont uniformĂ©ment appliquĂ©es par les tribunaux du QuĂ©bec Ă  ce groupe, nonobstant la lĂ©gislation ou rĂšglementation en vigueur, et peuvent donc Ă©ventuellement obliger les instances publiques Ă  revoir inconditionnellement leurs dĂ©cisions, conformĂ©ment Ă  la volontĂ© de ce groupe[116]. Selon la taille de chacun des groupes existants et le secteur de rĂšglementation, le changement de mentalitĂ©, le mouvement naturel des gens et l'influence mĂ©diatique, entre autres, entraĂźnent une rapiditĂ© de changement variable dans les groupes, les usages et les pratiques sociales.

Le systĂšme juridique de la common law appliquĂ© Ă  la branche du droit public tend donc Ă  protĂ©ger l’indĂ©pendance de chaque individu et groupe distinct, ainsi qu'Ă  fournir aux citoyens une mĂ©thode de surveillance continue, entre deux Ă©lections et envers toutes instances publiques.

De leur cÎté, les tribunaux possÚdent un certain pouvoir discrétionnaire défini par un corpus de normes procédurales, nommé equity[117] et constitué dÚs le XIIIe siÚcle, parallÚles à la common law et consolidées dans des précédents distincts de ceux statuant sur les usages et pratiques sociales en vigueur. Une plus grande flexibilité de la common law est alors créée dans le processus de rétablissement de la justice. Par les pratiques sociales en vigueur, le Code de procédure pénale et le Code de procédure civile en reflÚtent les principaux attributs au sein du droit jurisprudentiel du Québec.

Par conséquent, dans la philosphie juridique de la common law appliquée au Québec, les pratiques socialement acceptées requiÚrent généralement la promptitude de sanction et codification, par les organismes publics, des usages, pratiques sociales et procédures, par suite de leurs modifications. Cette pratique, caractéristique du droit public québécois, se veut ainsi un moyen de les rendre explicites, selon les principes du droit romano-germanique exprimés dans le Code civil du Québec, afin d'en améliorer la compréhension dans le contexte québécois et d'en faire une évaluation juste et équitable pour tous, par référence sociale à l'application de toutes lois écrites en droit public.

Branche du droit privé

La tour de la Bourse de MontrĂ©al et de l'AutoritĂ© des marchĂ©s financiers : les transferts de propriĂ©tĂ© des valeurs mobiliĂšres sont rĂ©gis par le systĂšme privĂ© quĂ©bĂ©cois.

Tout comme en droit public, les traditions romano-germaniques sont reflĂ©tĂ©es Ă  plusieurs Ă©gards dans les matiĂšres de droit privĂ© (ex. : propriĂ©tĂ©, contrats, services financiers, opĂ©rations de commerce, conditions de travail, etc.), notamment par le maintien d'un Code civil du QuĂ©bec, codifiant les principales lois rĂ©gissant les relations privĂ©es entre individus. Le patrimoine socio-culturel quĂ©bĂ©cois privilĂ©gie alors des notions telles la profession de notaire - inexistante ailleurs en AmĂ©rique du Nord - la hiĂ©rarchie des normes juridiques et l'approche judiciaire basĂ©e sur la seule interprĂ©tation des codes et lois. Alors que les usages du droit public enjoignent des pratiques sociales Ă  valeur impĂ©rative, les lois du droit privĂ© constituent un ensemble de normes facultatives ou supplĂ©tives de volontĂ©, dans l'exercice des droits civils, grĂące aux principes de la common law.

Dans tous les cas, les principes fondamentaux de la common law sont ainsi, comme en droit public, applicables à la branche du droit privé. Par le droit à l'autogouvernance, chaque individu possÚde alors la souveraineté, dans la gestion de sa vie privée et familiale, ainsi que dans ses relations avec ses concitoyens (définies par usages ou contrats, écrits ou verbaux, exprÚs ou tacites). Cependant, le Québec possÚde un privilÚge constitutionnel lui donnant compétence exclusive en la matiÚre, grùce à l'interaction des dispositions relatives au droit civil et à la propriété, sous la Loi constitutionnelle de 1867[118]. Par ce privilÚge, le patrimoine socio-culturel du Québec offre un soutien socio-politique à chaque individu, en permettant une référence législative dans les matiÚres de droit privé considérées relever de l'ordre public (ex.: droit des assurances, de la consommation, de la famille, des syndicats et des valeurs mobiliÚres). Ainsi, ce processus permet de rationaliser les pratiques sociales en matiÚre de responsabilité civile et professionnelle, selon un modÚle uniforme compatible à la culture générale de la société. Alors que dans les juridictions de common law autres que celle du Québec, les conventions populaires tendent à suivre plus précisément l'exactitude de la tradition britannique; le droit privé étant généralement libre de tout soutien politique et référence législative.

Par les usages citoyens agrĂ©ant le soutien lĂ©gislatif en droit privĂ©, ce privilĂšge tend donc Ă  protĂ©ger les relations Ă©galitaires du QuĂ©bec en Ă©quilibrant les rapports de force entre tous individus, organisations et entreprises privĂ©es, par la rĂ©fĂ©rence instinctive d'un individu au soutien socio-politique et au respect de toutes lois Ă©crites en ces matiĂšres[119]. Au premier abord, contrairement Ă  toute autre juridiction de common law, la jurisprudence acquiesce toutefois Ă  la thĂ©orie oĂč toutes lois Ă©crites en droit privĂ© sont applicables Ă  tous en tout temps, du fait qu'une majoritĂ© d'individu, rĂ©partie uniformĂ©ment dans toutes les rĂ©gions et localitĂ©s du QuĂ©bec, accepterait de s'y conformer, crĂ©ant ainsi une probabilitĂ© quasi parfaite pour tout individu d'entrer en relation avec une telle personne.

D'autre part, les relations contractuelles de toutes instances publiques avec des individus, organisations et entreprises privĂ©es, relĂšvent de la branche du droit privĂ©, sur une base Ă©galitaire (ex.: les partenariats publics-privĂ©s et les dispositions de biens publics, tels les terres du domaine de l'État).

SystĂšme judiciaire

Article dĂ©taillĂ© : SystĂšme judiciaire du QuĂ©bec.

L’administration du systĂšme de justice et le maintien de la primautĂ© du droit au QuĂ©bec sont assurĂ©s par le ministĂšre de la Justice du QuĂ©bec. Ce dernier rĂ©pond Ă  sa mission en assurant, notamment, l'accessibilitĂ© des services de la justice Ă  la majoritĂ© de la population, par le maintien de districts judiciaires[120].

Application de la loi

Deux auto-patrouilles de la Sûreté du Québec, de marque Ford Crown Victoria.

Le procureur gĂ©nĂ©ral, avec ses substituts les procureurs aux poursuites pĂ©nales et criminelles, est mandataire de l'État et responsable d’ester en justice en son nom dans les matiĂšres de droit public, en vertu du Code de procĂ©dure pĂ©nale et du Code criminel.

De son cĂŽtĂ©, le ministĂšre de la SĂ©curitĂ© publique du QuĂ©bec a, entre autres, le rĂŽle d’administrer l’intervention policiĂšre et les services correctionnels, notamment par l’intermĂ©diaire de la SĂ»retĂ© du QuĂ©bec (SQ) et des corps policiers municipaux, afin de soutenir le procureur gĂ©nĂ©ral dans l’exĂ©cution de ses tĂąches.

Dans les matiĂšres de droit privĂ©, l’exĂ©cution des brefs ou ordres de la Cour, le suivi des actes de procĂ©dure, les transactions de saisies et la gestion de la trĂ©sorerie des ventes judiciaires sont pour leur part assignĂ©s aux shĂ©rifs (un par district judiciaire), lesquels peuvent s'adjoindre des substituts, les huissiers de justice. Les shĂ©rifs peuvent aussi ĂȘtre affectĂ©s aux affaires pĂ©nales, Ă  l'assignation et la surveillance des jurĂ©s.

Tribunaux

Les tribunaux judiciaires du QuĂ©bec sont organisĂ©s en une pyramide dont le sommet est comblĂ© par la Cour d'appel du QuĂ©bec. Étant une cour supĂ©rieure, elle entend toutes causes dont les jugements de premiĂšre instance sont pourvus en appel. De mĂȘme, elle possĂšde le pouvoir traditionnel de conseiller le gouvernement, en Ă©tant la gardienne du droit civil (dit, romano-germanique) et en assurant donc, l'application intĂ©grale de la lĂ©gislation dans un systĂšme de common law (bijuridisme)[121].

La Cour supĂ©rieure du QuĂ©bec possĂšde, quant Ă  elle, le pouvoir inhĂ©rent de statuer sur toutes causes autres que celles dont les compĂ©tences sont assignĂ©es exclusivement aux cours infĂ©rieures de premiĂšre instance. Elle possĂšde donc, dans la juridiction de premiĂšre instance, le pouvoir rĂ©siduaire Ă  l'instar de la Cour d’appel. Dans cette compĂ©tence, la Cour supĂ©rieure du QuĂ©bec possĂšde le pouvoir traditionnel de surveillance sur la lĂ©gitimitĂ© des jugements des autres cours.

La Cour du QuĂ©bec, les cours municipales, le Tribunal des droits de la personne et le Tribunal des professions, tous des tribunaux de premiĂšre instance, sont de leur cĂŽtĂ© des cours infĂ©rieures, c'est-Ă -dire dont les compĂ©tences sont limitĂ©es aux pouvoirs qui leur sont expressĂ©ment dĂ©volus par l'autoritĂ© les ayant crĂ©Ă©es. De plus, la Cour du QuĂ©bec est constituĂ©e de trois chambres : la Chambre de la jeunesse, la Chambre criminelle et pĂ©nale ainsi que la Chambre civile. Cette derniĂšre comprend en plus la Division des petites crĂ©ances (communĂ©ment appelĂ©e, la Cour des petites crĂ©ances).

Gouvernance territoriale du Québec

Le manoir Richelieu dans la ville de La Malbaie, Charlevoix.

La gouvernance territoriale du QuĂ©bec est essentiellement fondĂ©e sur les principes juridiques de l'Ă©tat de droit, lesquels assurent le libre choix des gens et collectivitĂ©s, dans leurs compĂ©tences propres. Alors que les gouvernements des États de droit civiliste prĂ©existent aux citoyens, en crĂ©ant eux-mĂȘmes leurs subdivisions territoriales, ce sont les citoyens d'un mĂȘme territoire qui, au QuĂ©bec, prĂ©existent Ă  la crĂ©ation de leurs gouvernements territoriaux, selon leur sentiment premier d'appartenance en rapport Ă  un domaine lĂ©gislatif spĂ©cifique.

Alors que l'Union des municipalitĂ©s du QuĂ©bec travaille aux intĂ©rĂȘts de ses membres, le ministĂšre des Affaires municipales, des RĂ©gions et de l'Occupation du territoire du QuĂ©bec (MAMROT) veille au bon fonctionnement de la gouvernance administrative municipale et rĂ©gionale. En parallĂšle, certaines compĂ©tences lĂ©gislatives dessinent des territoires de gouvernance uniques autres que ceux gĂ©nĂ©ralement associĂ©s aux municipalitĂ©s et rĂ©gions administratives (ex.: centres de santĂ© et de services sociaux, circonscriptions Ă©lectorales, commissions scolaires, districts judiciaires, etc.). Une quantitĂ© incommensurable de territoires demeurent, par ailleurs, vaguement dĂ©finis, du fait de leur compĂ©tence respective, alors prĂ©cisĂ©s au cas par cas par le droit jurisprudentiel.

D'ordre gĂ©nĂ©ral, le pouvoir de l'État du QuĂ©bec, en matiĂšre de gouvernance territoriale, se limite au financement, Ă  l'imposition fiscale gĂ©nĂ©rale et Ă  l'uniformisation des normes; toutes compĂ©tences lĂ©gislatives Ă©tant autrement et fondamentalement inhĂ©rentes Ă  un territoire autre que celui de l'État. Par souci de la libertĂ© de choix, le consensus de tous les gouvernements territoriaux respectifs est alors nĂ©cessaire pour donner force lĂ©gale Ă  un projet de loi national, dans le territoire concernĂ©.

Palier local et supralocal

Les rĂ©sidents quĂ©bĂ©cois d'un mĂȘme territoire d'appartenance se constituent, eux-mĂȘmes et par usage, d'abord en municipalitĂ© locale, une personne morale de droit public dont le gouvernement est gĂ©nĂ©ralement le seul Ă©lu au suffrage universel, avec celui du QuĂ©bec. Suivant leurs rĂ©alitĂ©s civiques, certaines collectivitĂ©s locales sont de mĂȘme constituĂ©es en arrondissements ou agglomĂ©rations, dont les gouvernements furent crĂ©Ă©s au sein du palier local lors des rĂ©organisations municipales quĂ©bĂ©coises de 2002.

Le cap au Trou, aux Ăźles de la Madeleine, dans l'agglomĂ©ration et municipalitĂ© du mĂȘme nom.

Alors que certaines municipalitĂ©s et agglomĂ©rations sont organisĂ©es en palier unique, la majoritĂ© le sont en double palier, formant ainsi des organisations supralocales, les municipalitĂ©s rĂ©gionales de comtĂ© (MRC). À l'instar des anciens comtĂ©s remplacĂ©s au dĂ©but des annĂ©es 1980, ces gouvernements supralocaux assurent les services requis aux municipalitĂ©s locales qui se sont constituĂ©es, naturellement avec l'usage, en rĂ©gions d'appartenance quotidienne. L'Administration rĂ©gionale crie (ARC), l'Administration rĂ©gionale Kativik (ARK), la JamĂ©sie et la Basse-CĂŽte-Nord sont pour leur part des territoires Ă©quivalents (TE) aux MRC, de par des diffĂ©rences propres Ă  chacune.

Pour leur part, les municipalitĂ©s locales du Grand MontrĂ©al et du Grand QuĂ©bec sont constituĂ©es en rĂ©gions possĂ©dant leurs propres rĂ©alitĂ©s quotidiennes, relativement Ă  l'emploi et au mouvement quotidien de la main-d'Ɠuvre. Par consĂ©quent, lors des rĂ©organisations municipales de 2002, en complĂ©mentaritĂ© avec leur propre organisation prĂ©existante en palier unique ou double, un gouvernement supralocal supplĂ©mentaire leur fut crĂ©Ă© afin de pourvoir Ă  ce phĂ©nomĂšne : la CommunautĂ© mĂ©tropolitaine de MontrĂ©al et la CommunautĂ© mĂ©tropolitaine de QuĂ©bec.

Contrairement aux municipalités locales qui sont indépendantes les unes des autres, les territoires non organisés (TNO) obtiennent leurs services du deuxiÚme palier de gouvernement constitué par les municipalités avoisinantes. De l'usage manifeste et régulier qui en est fait par leurs résidents, ces derniÚres possÚdent un droit acquis sur la propriété de ces terres ainsi que sur la gestion et exploitation de leurs ressources.

Organisation régionale

Les rĂ©gions administratives du QuĂ©bec sont au nombre de dix-sept[122]. À leur tĂȘte se trouve habituellement une ConfĂ©rence rĂ©gionale des Ă©lus (CRÉ), un organisme du gouvernement quĂ©bĂ©cois. Ces instances servent Ă  organiser l’administration publique quĂ©bĂ©coise et Ă  crĂ©er des unitĂ©s de division pour les diffĂ©rents services du gouvernement du QuĂ©bec. Les CRÉ agissent alors en tant qu'interlocuteurs privilĂ©giĂ©s pour leur rĂ©gion respective auprĂšs du Conseil des ministres du QuĂ©bec.

En parallĂšle, les gouvernements rĂ©gionaux sont constituĂ©s des instances municipales, alors rĂ©unies en tables de concertation dans les domaines de compĂ©tence propres Ă  leur rĂ©gion. Ainsi, Ă  l'instar des paliers local et supralocal, les rĂ©gions sont formĂ©es des rĂ©sidents et municipalitĂ©s d'une mĂȘme rĂ©gion d'appartenance. Leur regroupement avec les autres rĂ©gions constitue ultimement l'État du QuĂ©bec.

La ville de Gatineau, dans la région administrative de l'Outaouais.
Numéros des régions administratives
no RĂ©gion administrative Population
(2006)
Superficie
(kmÂČ)
Densité
(hab./kmÂČ)
Plus grande ville
01 Bas-Saint-Laurent 0201692 201 692 022185 22 185 0009.1 9,1 Rimouski
02 Saguenay–Lac-Saint-Jean 0274095 274 095 095893 95 893 0002.9 2,9 Saguenay
03 Capitale-Nationale 0671468 671 468 018639 18 639 0036.0 36,0 QuĂ©bec
04 Mauricie 0260461 260 461 035452 35 452 0007.3 7,3 Trois-RiviĂšres
05 Estrie 0302161 302 161 010195 10 195 0029.6 29,6 Sherbrooke
06 MontrĂ©al 1873971 1 873 971 000498 498 3761.6 3761,6 MontrĂ©al
07 Outaouais 0347214 347 214 030504 30 504 0011.4 11,4 Gatineau
08 Abitibi-TĂ©miscamingue 0144835 144 835 057340 57 340 0002.5 2,5 Rouyn-Noranda
09 CĂŽte-Nord 0095948 95 948 236700 236 700 0000.4 0,4 Sept-Îles
10 Nord-du-QuĂ©bec 0040637 40 637 718229 718 229 0000.1 0,1 Chibougamau
11 GaspĂ©sie–Îles-de-la-Madeleine 0095872 95 872 020272 20 272 0004.7 4,7 GaspĂ©
12 ChaudiĂšre-Appalaches 0397777 397 777 015071 15 071 0026.4 26,4 LĂ©vis
13 Laval 0376845 376 845 000246 246 1532 1532,0 Laval
14 LanaudiĂšre 0434872 434 872 012313 12 313 0035.3 35,3 Terrebonne
15 Laurentides 0518621 518 621 020560 20 560 0025.2 25,2 Saint-JĂ©rĂŽme
16 MontĂ©rĂ©gie 1386963 1 386 963 011111 11 111 0124.8 124,8 Longueuil
17 Centre-du-QuĂ©bec 0228099 228 099 006921 6921 0033 33,0 Drummondville

Source: Institut de la Statistique du Québec

Contrairement aux autres rĂ©gions qui ne forment chacune qu'une seule rĂ©gion en elle-mĂȘme, la MontĂ©rĂ©gie regroupe trois territoires de gouvernance, pour des considĂ©rations d'ordre Ă©conomique, d'appartenance, etc. Ainsi, ceux-ci possĂšdent chacun leur propre ConfĂ©rence rĂ©gionale des Ă©lus (CRÉ) et constituent, dans les usages, trois rĂ©gions distinctes : Longueuil (ou Rive-Sud de MontrĂ©al), MontĂ©rĂ©gie-Est (ou l'est de la MontĂ©rĂ©gie) et VallĂ©e-du-Haut-Saint-Laurent (ou SuroĂźt).

De mĂȘme, les rĂ©gions de la JamĂ©sie (ou Baie-James), de l'Eeyou Istchee (ou Grand Conseil des Cris) et du Nunavik (ou Nouveau-QuĂ©bec) se distinguent l'une de l'autre dans le Nord-du-QuĂ©bec.

Les 17 rĂ©gions administratives sont parfois diffĂ©rentes des 21 rĂ©gions touristiques du QuĂ©bec. Ainsi, les rĂ©gions de la Capitale-Nationale, de la CĂŽte-Nord et du Nord-du-QuĂ©bec sont respectivement divisĂ©es, eu Ă©gard au tourisme, en QuĂ©bec et Charlevoix, Duplessis et Manicouagan, et Baie-James et Nunavik. De mĂȘme, la rĂ©gion administrative de l’Estrie est nommĂ©e Cantons de l’Est. Cependant, cette derniĂšre expression se rĂ©fĂšre, en outre, Ă  une rĂ©gion historique qui regroupe certaines municipalitĂ©s limitrophes du Centre-du-QuĂ©bec, de ChaudiĂšre-Appalaches et de la MontĂ©rĂ©gie.

Cantons, comtés et paroisses

Montréal vu du mont Royal, tableau peint en 1853-54 par Edwin Whitefield (1816-1892), avec la basilique Notre-Dame et le marché Bonsecours dans la seigneurie de Ville-Marie, ainsi que l'ßle Sainte-HélÚne et le mont Saint-Hilaire, à l'horizon.

Lorsque le rĂ©gime seigneurial de la Nouvelle-France fut remplacĂ© dĂ©finitivement en 1854, le cadastre du QuĂ©bec intĂ©gra le systĂšme de division des terres en cantons, initialement de 10 milles X 10 milles[123]. D'une part, l'ancien rĂ©gime dessine la vallĂ©e du Saint-Laurent, dont le fleuve est la principale voie de communication, en y disposant des rangs parallĂšles divisĂ©s en seigneuries rectangulaires. Celles-ci Ă©taient alors concĂ©dĂ©es Ă  un seigneur selon un mode de tenure en franc-alleu (en pleine propriĂ©tĂ©) et pouvant ensuite ĂȘtre tenus en fiefs et censives par leurs habitants (dĂ©pendances moyennant corvĂ©es et redevances).

Dans le systĂšme cantonal du QuĂ©bec, les centres de population sont Ă©tablis Ă  la jonction de quatre cantons, desquels le peuplement est ensuite diffusĂ© en leur intĂ©rieur par des sous-divisions (concessions de 100 chaĂźnes de longueur par cĂŽtĂ©). Leurs limites sont alors formĂ©es de rangs (routes) et montĂ©es, habituellement et respectivement parallĂšles et perpendiculaires Ă  un plan d'eau. Chaque lot foncier est ensuite distribuĂ© selon un mode de tenure en franc et commun soccage (en pleine propriĂ©tĂ©, sans rendement inhĂ©rent au titre). Dans les centres urbains, ces rangs et montĂ©es ont souvent Ă©tĂ© substituĂ©es par les artĂšres principales, alors que dans les municipalitĂ©s oĂč le dĂ©veloppement fut limitĂ©, l'angle du canton (ou de la concession) est observable de par l'intersection formĂ©e par les rues principales au centre du village.

Les seigneuries favorisaient alors la mise en commun des biens ainsi que le peuplement des rives du Saint-Laurent (porte d'entrée des colons), donc la protection de la colonie. D'autre part, le systÚme cantonal assure, depuis son entrée en vigueur, une diffusion rapide et organisée des bases de population à l'intérieur des terres, ainsi que la création de biens-fonds en franche tenure au maximum d'invididus possible.

La gestion du systÚme cantonal était sous la responsabilité du ministÚre de la Colonisation, jusque dans les années 1970, aprÚs quoi ses compétences furent attribuées à d'autres ministÚres.

MontrĂ©al vu du mont Royal, en 2006 : dans le dĂ©veloppement cantonal de la ville, le Vieux-MontrĂ©al (ancienne seigneurie de Ville-Marie) devint le siĂšge du comtĂ© d'Île-de-MontrĂ©al, situĂ© Ă  l'intersection des deux cantons riverains (Est et Ouest) formĂ©s par la rue Notre-Dame, parallĂšle au fleuve, et le boulevard Saint-Laurent (dit, la Main) comme frontiĂšre mitoyenne.

« Depuis 1966, aucune proclamation n'a Ă©tĂ© Ă©mise Ă  l'effet d'Ă©riger de nouveaux cantons mĂȘme s'il existe toujours de vastes Ă©tendues du QuĂ©bec qui n'ont Ă©tĂ© partagĂ©es ni en seigneuries ni en cantons. Aujourd'hui, il ne s'agit plus tellement d'ouvrir de nouvelles rĂ©gions Ă  la colonisation que de rĂ©pondre Ă  des besoins trĂšs spĂ©cifiques de gestionnaires de l'État Â»[124].

Avant la crĂ©ation des municipalitĂ©s rĂ©gionales de comtĂ© (MRC) et des rĂ©gions administratives, dans les annĂ©es 1980, les paroisses catholiques formaient les divisions ultimes du territoire, telles que dĂ©finies par l'Ă©vĂȘque de QuĂ©bec. Dans ce systĂšme, la gouvernance territoriale Ă©tait assurĂ©e par les comtĂ©s. Ceux-ci constituaient des organisations offrant tous les services locaux aux citoyens des paroisses qu'ils regroupaient, tels les assemblĂ©es politiques de citoyens, le conseil de comtĂ©, la gare, le marchĂ©, les services de polices, les tribunaux, etc. Ces comtĂ©s formaient en outre les circonscriptions Ă©lectorales pour l'Ă©lection des dĂ©putĂ©s Ă  l'AssemblĂ©e nationale. RepĂ©rables par leur position dans le cadastre actuel, leur siĂšge, situĂ© Ă  la jonction de quatre cantons, Ă©tait entourĂ© des paroisses telles qu'enregistrĂ©es aux registres du diocĂšse de QuĂ©bec.

Terres réservées

Le village nordique de Kangiqsualujjuaq, Nord-du-Québec, de l'administration régionale Kativik.

D'autre part, des terres rĂ©servĂ©es (rĂ©serves indiennes) sont maintenues pour le bon usage des peuples autochtones. Chacune des rĂ©serves constitue une entitĂ© politique sĂ©parĂ©e, oĂč les droits autochtones y sont circonscrits par une rĂšglementation fĂ©dĂ©rale, depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle.

Par suite de la révolution tranquille, le gouvernement du Québec entreprit des négociations avec les nations crie, inuite et naskapie, qui résultÚrent, en 1975, en la création des administrations régionales crie et Kativik. Celles-ci élargissent l'usage des droits autochtones au-delà des réserves indiennes, une initiative unique en Amérique du Nord, et sur plus du deux tiers du territoire. Des catégories de terres furent ainsi créées afin de permettre aux Cris, Inuits, Naskapis et Québécois d'y vivre en complémentarité et d'y jouir des ressources dans le respect de chacun des groupes.

Depuis quelques annĂ©es, des nĂ©gociations similaires existent avec la nation montagnaise, afin de rĂ©tablir une complĂ©mentaritĂ© entre droits ancestraux et droits acquis, telle qu'elle existait en Nouvelle-France depuis la Grande Paix de 1701, sur les terres ancestrales du Nitassinan et de l'Innu Assi. À leur terme, celles-ci auront l'effet de rĂ©gler, dĂ©finitivement, les revendications territoriales au QuĂ©bec.

Terres du domaine de l'État

Le tableau Lever du soleil sur le Saguenay de Lucius O'Brien, 1880, représentant l'escarpement du cap Trinité dans le parc national du Saguenay.

Les terres du domaine de l'État constituent une vaste Ă©tendue de terres publiques couvrant environ 92% du territoire quĂ©bĂ©cois. Elles sont Ă  l'origine de la Nouvelle-France, grĂące aux coureurs des bois et explorateurs qui s'y aventuraient Ă  maintes reprises. Elles forment ainsi la part du territoire parallĂšle aux seigneuries du QuĂ©bec et aux terres divisĂ©es en cantons.

Elles peuvent comprendre des aires protégées divisées en une vingtaine de désignations, telles des parcs nationaux, refuges fauniques, réserves de biodiversité, réserves fauniques, pourvoiries, zones d'exploitation contrÎlée (ZEC), etc.

Chaque annĂ©e, le gouvernement du QuĂ©bec procĂšde par tirage au sort pour l'attribution de lots et terrains de villĂ©giature sur les terres du domaine de l'État[125].

Des groupes de population peuvent y vivre de façon permanente ou saisonniĂšre et y exercer diverses activitĂ©s, mais sont assujettis aux dispositions de l'État quĂ©bĂ©cois rĂšglementant les terres publiques et aires protĂ©gĂ©es.

Autochtones

Article dĂ©taillĂ© : Autochtones du QuĂ©bec.
Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Samuel de Champlain, à bord du Don de Dieu, lors de son arrivée à Québec en 1608, selon George Agnew Reid en 1909.

Les Autochtones habitent ce qui est aujourd'hui le QuĂ©bec depuis plusieurs millĂ©naires. Chacun des peuples a une structure sociale, un territoire et une culture qui lui est unique. En 2003, la population amĂ©rindienne et inuite du QuĂ©bec comptait 159 905 personnes[126]. Cependant, comme la loi n’a reconnu que les enfants de pĂšre autochtone jusque dans les annĂ©es 1980, il est possible que leur nombre soit plus Ă©levĂ©, sans compter les MĂ©tis.

Tous les peuples dont les territoires sont principalement situĂ©s au sud du 55e parallĂšle sont collectivement appelĂ©s « AmĂ©rindiens Â», « Indiens Â», « PremiĂšres nations Â» ou, de façon obsolĂšte, « Peaux rouges Â». Les dix nations amĂ©rindiennes du QuĂ©bec se rattachent Ă  deux groupes linguistiques. La famille algonquienne comprend huit nations, Ă  savoir les AbĂ©naquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les MalĂ©cites, les Micmacs, les Montagnais et les Naskapis. Ces deux derniers peuples formaient jusqu'en 1978 une seule et mĂȘme nation : les Innus. La famille iroquoienne est composĂ©e des Hurons-Wendat et des Mohawks. Cependant, seuls ces derniers composent la confĂ©dĂ©ration iroquoise (Haudenosaunee) avec cinq autres nations autochtones de l'État de New York et de l'Ontario. La onziĂšme nation autochtone du QuĂ©bec, les Inuits (de façon obsolĂšte, les Esquimaux), appartient quant Ă  elle Ă  la famille inuit-alĂ©oute. Les Inuits vivent principalement au Nouveau-QuĂ©bec (Nunavik) et composent la majoritĂ© de la population vivant au nord du 55e parallĂšle.

L'Assemblée des PremiÚres Nations du Québec et du Labrador (APNQL)[127], le Grand Conseil des Cris et la Société Makivik[128] sont les institutions représentant, dans leurs compétences propres, les peuples autochtones du Québec.

Relations avec les Québécois

Un inukshuk inuit sur la place de l'Assemblée-Nationale à Québec.

Bien qu’ils reprĂ©sentent aujourd’hui, officiellement, seulement 2,2 % de la population quĂ©bĂ©coise, les Autochtones ont beaucoup apportĂ©s Ă  la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise grĂące au dĂ©veloppement de relations avec les colons, notamment avec les coureurs des bois, les marchands, les cartographes, les pĂšres JĂ©suites, etc. En plus de contribuer Ă  la toponymie quĂ©bĂ©coise, des exemples d'apports considĂ©rables rĂ©sident dans leurs connaissances relativement plus avancĂ©es dans les domaines suivants : la mĂ©decine holistique, le fonctionnement de la biologie humaine, les remĂšdes soignant le scorbut Ă  l'arrivĂ©e des colons (faits de gomme blanche Ă  base de plantes indigĂšnes : sapin, cĂšdre blanc ou anneda, selon les thĂ©ories), les vĂȘtements d'hiver (tannage de la fourrure), l'architecture des habitations (isolation contre le froid), les moyens de transport sur neige (raquette Ă  neige et traĂźneau Ă  chiens) et sur l'eau (canots d'Ă©corce et kayaks), l'acĂ©riculture, les sports (crosse et pĂȘche blanche), les techniques de chasse Ă  l'orignal et au caribou, le trappage et la traite des fourrures, le territoire et ses composantes, les bassins versants et leurs cours d'eau, les ressources naturelles, etc[129].

Lors de l'arrivée des Européens en Amérique au XVIe siÚcle, les peuples de langues algonquiennes et les Iroquoiens du Saint-Laurent se firent alliés des colons français dans un but de commerce. La premiÚre relation se fit à l'arrivée de Jacques Cartier lorsqu'il mit pied à Gaspé et rencontra Donnacona, chef du village de Stadaconé (aujourd'hui, la ville de Québec), en 1534. L'invention de la légende du Royaume de Saguenay, par ce dernier lors de son voyage en France, incita par ailleurs le roi à financer de nouveaux voyages vers le Nouveau Monde.

DĂšs 1603, Samuel de Champlain conclut un traitĂ© avec les Montagnais et leur chef Anadabidjou, Ă  Pointe Saint-Mathieu (sur la rive opposĂ©e de l'embouchure de la riviĂšre Saguenay, en face de Tadoussac). En Ă©change d'un appui militaire contre les attaques iroquoises, les colons obtiennent l'autorisation de s'Ă©tablir sur les terres autochtones. Les MalĂ©cites et Micmacs se joignent Ă  l'alliance quelques jours plus tard. « PlutĂŽt que par la conquĂȘte et par la force, c'est en favorisant des alliances commerciales et militaires, en concluant de nombreux traitĂ©s de paix et d'amitiĂ© que les relations entre les deux peuples se sont solidifiĂ©es Â»[130]. Cela constituait « un facteur dĂ©cisif dans le maintien d'une entreprise coloniale française en AmĂ©rique malgrĂ© un dĂ©savantage numĂ©rique Ă©norme vis-Ă -vis la colonisation britannique Â»[131].

Bien que les guerres intermittentes entre nations autochtones commencĂšrent avant l'arrivĂ©e des EuropĂ©ens, les relations de la Nouvelle-France avec les Hurons et nations algonquiennes opposĂšrent de fait les Iroquois, permettant ainsi l'alliance stratĂ©gique des Anglais avec ceux-ci. En 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France, Hector de CalliĂšres, conclut la Grande paix de MontrĂ©al qui mit fin aux guerres entre peuples autochtones et par laquelle la confĂ©dĂ©ration iroquoise adopta une attitude de non agression, envers les colons français et les autres nations autochtones. Elle fut par ailleurs commĂ©morĂ©e lors de son tricentenaire, en 2001, Ă  l'occasion de la signature de la Paix des Braves entre le gouvernement du QuĂ©bec et le Grand Conseil des Cris, par suite de la Convention de la Baie-James et du Nord quĂ©bĂ©cois de 1975[132],[133]. Les bouleversements de la conquĂȘte britannique de 1760 amena une dynamique oĂč toutes les nations autochtones s'Ă©levĂšrent contre les conquĂ©rants anglais. Lors de la guerre d'indĂ©pendance amĂ©ricaine, les Iroquois du QuĂ©bec s'alliĂšrent les AmĂ©ricains contre les Anglais, mais furent envahis et pillĂ©s par ceux-ci aprĂšs leur victoire. Depuis la rĂ©volution tranquille, le gouvernement du QuĂ©bec est en mesure de dĂ©velopper les relations d'avant-conquĂȘte et de concentrer des efforts, indĂ©pendamment du gouvernement fĂ©dĂ©ral, pour prĂ©server la culture et dĂ©fendre les droits ancestraux des AmĂ©rindiens, via le SecrĂ©tariat aux affaires autochtones crĂ©Ă© en 1978.

Droit des peuples autochtones

Nemiscau : village du Nord-du-QuĂ©bec oĂč siĂšge le Grand Conseil des Cris.

Lors de la Proclamation royale de 1763, un droit incontestable est confirmĂ© aux autochtones sur leurs terres. Cependant, par suite de cette mĂȘme proclamation, aprĂšs les traitĂ©s de paix et d'amitiĂ© concluent en Nouvelle-France, la Couronne anglaise instituera les traitĂ©s territoriaux, par lesquels les autoritĂ©s britanniques procĂšderont Ă  l'extinction totale des titres fonciers des nations autochtones. « En visualisant la carte des traitĂ©s territoriaux ratifiĂ©s Ă  la fin du XIXe siĂšcle et au dĂ©but du XXe siĂšcle, nous constatons que rien de tel n'a Ă©tĂ© conclu sur le territoire du QuĂ©bec Â»[134].

EntiÚrement sous tutelle fédérale, les droits autochtones sont énoncés par la Loi sur les Indiens, maintenue en vigueur depuis la fin du XIXe siÚcle par un Parlement fédéral à majorité anglaise. Celle-ci les circonscrits d'ailleurs à l'intérieur des réserves indiennes créées à cet effet.

L'administration de la rĂ©gion du Nouveau-QuĂ©bec (Nunavik) est confĂ©rĂ©e de fait aux Inuits par la Convention de la Baie-James et du Nord quĂ©bĂ©cois, signĂ©e avec le gouvernement du QuĂ©bec en 1975. Celles-ci Ă©tend les droits autochtones sur les terres qui se trouvent au-delĂ  des rĂ©serves indiennes, sur plus du deux tiers du territoire quĂ©bĂ©cois. La nation crie possĂšde une autonomie similaire Ă  celle des Inuits en vertu de la mĂȘme convention et de la crĂ©ation de l'administration rĂ©gionale crie. En 1978, lors de la signature de la Convention du Nord-Est quĂ©bĂ©cois, les Innus de Kawawachikamach ont crĂ©Ă©s une scission au sein de leur peuple en formant un groupe distinct, les Naskapis, et se sont joints Ă  l'administration rĂ©gionale Kativik du Nouveau-QuĂ©bec. Ils se sont ainsi dĂ©tachĂ©s de leur assujettissement Ă  la Loi sur les Indiens du Parlement fĂ©dĂ©ral. Des pourparlers sont, de mĂȘme, en cours depuis quelques annĂ©es avec les Montagnais de la CĂŽte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour la crĂ©ation d'une autonomie similaire Ă  celle des Cris, Inuits et Naskapis, par la formation de deux territoires distincts, l'Innu Assi et le Nitassinan, jouissant de pouvoirs et privilĂšges diffĂ©rents. Les sept autres nations demeurent assujetties Ă  la loi fĂ©dĂ©rale, n'ayant convenu d'aucune entente avec le gouvernement du QuĂ©bec et n'ayant d'ailleurs fait l'objet d'aucune revendication territoriale de leur part.

La réserve innue-montagnaise de Betsiamites, CÎte-Nord.

Jusqu'Ă  rĂ©cemment, la Loi sur les Indiens du Parlement fĂ©dĂ©ral abordait dans le sens de l'Ă©mancipation des autochtones. Cependant, la nationalitĂ© et citoyennetĂ© canadienne Ă©tait attribuĂ©e aux autochtones, aprĂšs la renonciation de leur identitĂ© nationale, dans un processus d'assimilation. « Les premiĂšres lois relatives Ă  ces populations accordaient un trĂšs grand pouvoir au gouvernement [fĂ©dĂ©ral] de contrĂŽler les Indiens vivant dans les rĂ©serves Â»[135]. Sous cette tutelle fĂ©dĂ©rale, le but ultime de la Loi Ă©tait l'affranchissement des Indiens, Ă  savoir la perte du statut par Ă©mancipation, notamment par l'obtention de diplĂŽmes universitaires. Une loi de 1933 accorde d'ailleurs au gouverneur en conseil le pouvoir d'Ă©manciper un Indien sans son consentement, en vigueur jusqu'en 1951. D'ailleurs, par suite d'une dĂ©cision du ComitĂ© des droits de l'Homme des Nations Unies, le Parlement fĂ©dĂ©ral a dĂ» mettre fin, en 1985, Ă  une discrimination et exclusion envers les femmes autochtones.

En droit constitutionnel canadien, les expressions « temps immĂ©moriaux Â» et « droits ancestraux Â» se rĂ©fĂšrent Ă  l'histoire des nations autochtones avant l'arrivĂ©e des explorateurs europĂ©ens en AmĂ©rique. Plus prĂ©cisĂ©ment, une loi de l'Angleterre de 1276, rapatriĂ©e par la common law en 1867, en fixa implicitement le dĂ©but au 3 septembre 1189, date du couronnement du roi Richard 1er (dit, CƓur de lion).

Langue

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie linguistique du QuĂ©bec.

Sur le plan linguistique, le QuĂ©bec se distingue de ses voisins immĂ©diats principalement par le fait que le français y est la seule langue officielle[136]. Le français y est aussi la langue commune, comprise et parlĂ©e (au moins de façon minimale) par 94,6 % de la population[137].

Quelque 80 % des QuĂ©bĂ©cois ont pour langue maternelle le français[138], la langue officielle. L’anglais est la langue maternelle de prĂšs de 8 % de la population. MalgrĂ© leur dĂ©clin dĂ©mographique, 71 % des Anglo-QuĂ©bĂ©cois se considĂšrent bilingues, c’est-Ă -dire qu’ils ont une maĂźtrise suffisante du français pour soutenir une conversation[139]. Onze nations autochtones composent en outre le QuĂ©bec. Au total, 159 905 autochtones y vivent, soit 2,2 % de la population[140]. Quant aux allophones, autochtones et immigrants confondus, ils comptent pour prĂšs de 12 % de la population du QuĂ©bec[138]. La langue qu'ils utilisent le plus souvent Ă  la maison est le français pour 51 % d’entre eux, et pour 71 % des immigrants dont l'arrivĂ©e est plus rĂ©cente (depuis 1971)[141].

Les QuĂ©bĂ©cois dĂ©fendent la francophonie face Ă  la prĂ©pondĂ©rance de la langue anglaise. Dans cette optique, ils dĂ©fendent Ă©galement une « norme quĂ©bĂ©coise Â», dont le rĂ©gulateur est l’Office quĂ©bĂ©cois de la langue française. La Charte de la langue française, communĂ©ment appelĂ©e loi 101, stipule que le français est la langue officielle du QuĂ©bec. L’éducation primaire et secondaire y est obligatoirement française, sauf pour les enfants dont les parents ont Ă©tudiĂ© au Canada en anglais. La Charte rĂšglemente aussi l’affichage commercial qui doit ĂȘtre en français. Par ailleurs, la Charte tient compte de certaines obligations linguistiques anglophones, surtout de natures juridiques, assurĂ©es par l’Acte de l’AmĂ©rique du Nord Britannique (1867).

Français

Le français quĂ©bĂ©cois est la langue majoritaire et officielle du QuĂ©bec, une variante du français parlĂ©e sur l’ensemble du territoire. Alors que l'Office quĂ©bĂ©cois de la langue française travaille au dĂ©veloppement d'une politique linguistique, ses recommendations s'intĂšgrent au dĂ©bat sur la norme du français quĂ©bĂ©cois.

Les langues d’oĂŻl, parlĂ©es au nord de la France, qui influencĂšrent grandement le français quĂ©bĂ©cois.

Les colons français qui vinrent coloniser la Nouvelle-France provenaient en grande partie des rĂ©gions de l’Ouest et du Nord de la France. Ils parlaient gĂ©nĂ©ralement des langues rĂ©gionales de la famille des langues d’oĂŻl (Ă  diffĂ©rencier des langues d’oc, parlĂ©es au Sud). Ainsi, la nĂ©cessitĂ© de se comprendre entre eux amena les colons Ă  « unifier leurs patois Â» si bien que le français quĂ©bĂ©cois devint en quelque sorte un nouveau patois particuliĂšrement proche du normand, du picard, du poitevin et du saintongeais.

L'apport des diffĂ©rents dialectes amĂ©rindiens au lexique des colons de la Nouvelle-France, bien que fort restreint, doit Ă©galement ĂȘtre soulignĂ©: la gĂ©ographie, la tempĂ©rature, la faune et la flore du Nouveau Monde prĂ©sentaient de nombreuses particularitĂ©s que la France ne connaissait pas. Les EuropĂ©ens s'appropriĂšrent donc les termes amĂ©rindiens pour dĂ©signer ces rĂ©alitĂ©s, et plusieurs de ces mots subsistent dans le français quĂ©bĂ©cois encore aujourd'hui. Le nom QuĂ©bec provient d'ailleurs d'un dialecte algonquin, dans lequel le mot signifie, selon les diffĂ©rentes traductions, « lĂ  oĂč le fleuve se rĂ©trĂ©cit Â», « passage Ă©troit Â» ou « dĂ©troit Â».

Ce français quĂ©bĂ©cois Ă©volua ensuite sur les bases du français de la cour du roi de France de l’époque, du fait de l’arrivĂ©e des filles du Roy en Nouvelle-France, majoritairement orphelines et Ă©duquĂ©es dans des orphelinats et couvents qui inculquaient le français du roy.

La conquĂȘte britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français parlĂ© au QuĂ©bec et en AmĂ©rique du Nord. En coupant les liens avec la France, le français parlĂ© au QuĂ©bec se sĂ©para dĂ©finitivement du français parlĂ© en mĂ©tropole. Le français quĂ©bĂ©cois naissait vĂ©ritablement, conservant les particularitĂ©s des anciennes langues d'oĂŻl presque Ă©teintes en France d’une part, crĂ©ant de nouveaux mots d’autre part, influencĂ©s et menacĂ©s par la langue des nouveaux conquĂ©rants anglais.

Anglais

L’anglais est la langue maternelle de 572 085 QuĂ©bĂ©cois (7,9 % de la population). Ces derniers, appelĂ©s Anglo-QuĂ©bĂ©cois, constituent le deuxiĂšme groupe linguistique en importance au QuĂ©bec. Aussi, 50 060 personnes (0,7 % de la population) considĂšrent Ă  la fois le français et l’anglais comme leur langue maternelle[142],[143].

Des QuĂ©bĂ©cois anglophones notoires, de gauche Ă  droite, de haut en bas : James McGill, John Molson Sr, John Redpath, Sir John Abbott, Wilder Penfield, Oscar Peterson, Brian Mulroney et Arcade Fire
L'édifice McGreer de l'Université Bishop's à Lennoxville, en Estrie.

L’anglais fit son apparition sur le territoire quĂ©bĂ©cois Ă  partir de 1760, annĂ©e de la conquĂȘte britannique. C’est Ă  cette Ă©poque que les premiers marchands, majoritairement anglais et Ă©cossais, vinrent s’installer dans les villes de QuĂ©bec et de MontrĂ©al. DĂšs 1784, les Loyalistes de l'Empire-Uni firent augmenter considĂ©rablement le nombre d’anglophones sur le territoire quĂ©bĂ©cois, par suite de leur expulsion Ă  la guerre d'indĂ©pendance des États-Unis. Ces Loyalistes, Ă©vitant la campagne francophone et catholique, s’établirent principalement dans des rĂ©gions alors peu dĂ©veloppĂ©es, constituant ainsi les Cantons de l’Est et l’Outaouais. L'influence de l'anglais et les tentatives rĂ©pĂ©tĂ©es d'assimilation linguistique eurent cependant un impact considĂ©rable sur la culture de langue française au QuĂ©bec.

Aujourd'hui, les Anglo-QuĂ©bĂ©cois rĂ©sident principalement dans l’ouest de l’üle de MontrĂ©al (West Island) et en Outaouais. Plusieurs sont d’ascendance britannique et celtique, provenant d’Irlande et de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galles). Les municipalitĂ©s quĂ©bĂ©coises d'appellation anglaise sont d'ailleurs des lieux oĂč une forte proportion d'anglophones Ă©taient prĂ©sents en 1977, annĂ©e d'adoption de la Charte de la langue française. Depuis lors, plusieurs de ces municipalitĂ©s sont redevenues majoritairement francophones.

Dans le milieu urbain quĂ©bĂ©cois du XIXe siĂšcle, la troisiĂšme langue europĂ©enne la plus parlĂ©e aprĂšs le français et l’anglais Ă©tait le gaĂ©lique. Bien que de nombreux immigrants irlandais et Ă©cossais (immigrĂ©s au XVIIIe et au XIXe siĂšcle) passĂšrent du gaĂ©lique au français, sans apprendre l’anglais, plusieurs d’entre eux optĂšrent pour celle-ci (en particulier les Écossais). Aujourd’hui, le gaĂ©lique Ă©cossais n’est parlĂ© que par une faible proportion des rĂ©sidents de la ville de Compton, en Estrie. Une autre population de langue gaĂ©lique se trouve aux Îles de la Madeleine, sur l’üle d’EntrĂ©e.

Par sa proximitĂ© avec la langue française et la culture quĂ©bĂ©coise, l'anglais quĂ©bĂ©cois a dĂ©veloppĂ© ses propres particularitĂ©s linguistiques. Ainsi, son lexique s'apparente parfois aux lemmes francophones. Par exemple, le nom de l'autoroute Jean-Lesage (autoroute 20) se traduit parfois par l'expression « Autoroute Jean-Lesage Â» (ou, Autoroute 20), au lieu de « Jean Lesage Freeway Â» (ou, Highway 20). De mĂȘme, les usages quĂ©bĂ©cois relativement Ă  la langue anglaise privilĂ©gient parfois les normes langagiĂšres du nord-est amĂ©ricain aux normes canadiennes. Ainsi, les uns Ă©criront « center Â» au lieu de « centre Â» ainsi que « check Â» au lieu de « cheque Â», et diront « railroad Â» au lieu de « railway Â». L'accent et la prononciation ont aussi leurs caractĂ©ristiques. Ainsi, « syrup Â» sera prononcĂ© « sirʉp' Â» au lieu de « sir'əp Â».

Langues allophones

Selon le recensement de 2006, le QuĂ©bec comprend 886 280 allophones, soit 11,9 % de la population[144]. Ces allophones ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais, mais qui souvent parlent ou comprennent au moins une de ces deux langues, toutes deux langues officielles du Canada.

Le gouvernement du QuĂ©bec a nĂ©gociĂ© auprĂšs du gouvernement fĂ©dĂ©ral pour pouvoir choisir lui-mĂȘme ses immigrants dans le but de favoriser l’immigration francophone. Jusqu’aux annĂ©es 1960, les immigrants provenaient surtout de pays europĂ©ens (notamment des Italiens, des Juifs d’Europe centrale, puis des Grecs). À partir des annĂ©es 1960-1970, l’immigration s’est toutefois diversifiĂ©e, entre autres avec l’arrivĂ©e importante d’HaĂŻtiens, de Latino-AmĂ©ricains, de Vietnamiens, etc. Les immigrants actuels proviennent surtout de France, de Chine, de Belgique, d’Europe de l’Est, et de diffĂ©rents pays en dĂ©veloppement, spĂ©cialement les pays d’Afrique du Nord francophone, mais aussi d’AmĂ©rique latine[142].

Langues autochtones

Panneau de signalisation routiĂšre multilingue : cri, anglais et français, Ă  Mistissini.

D'autre part, le taux 11,9 % de la population allophone inclus 159 905 Autochtones[145], soit 2,2 % de la population du QuĂ©bec et plus de 18 % de la population allophone confondue.

Trois familles de langues autochtones existent au QuĂ©bec. Celles-ci regroupent les langues communes Ă  tous les membres d'une mĂȘme nation. Ces langues, Ă  l'origine de plusieurs dĂ©nominations quĂ©bĂ©coises, sont parfois sous-divisĂ©es en diffĂ©rents dialectes dans les communautĂ©s. Elles comprennent :

Dans la famille des langues algonquiennes :
l'abénaqui (parlé par les Abénakis du Centre-du-Québec);
l'algonquin (parlé par les Algonquins de l'Outaouais);
l'atikamekw (parlé par les Attikameks de la Mauricie);
le cri (parlé par les Cris du Nord-du-Québec);
l'innu-aimun (parlé par les Innus-Montagnais de la CÎte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi que par les Innus-Naskapis de la CÎte-Nord);
le malécite-passamaquoddy (parlé par les Malécites du Bas-Saint-Laurent);
le micmac (parlĂ© par les Micmacs de la GaspĂ©sie et des Îles-de-la-Madeleine),
Dans la famille des langues inuit-alĂ©outes :
le nunavimmiutitut (dialecte inuktitut parlé par les Inuits du Nord-du-Québec),
Dans la famille des langues iroquoiennes :
le mohawk, aussi connu sous le nom « agnier Â» (parlĂ© par les Iroquois-Mohawks de la MontĂ©rĂ©gie et des Laurentides);
le wendat (parlé par les Hurons-Wendat de la Capitale-Nationale).

Culture

Le QuĂ©bec est la principale sociĂ©tĂ© d’expression française en AmĂ©rique du Nord, et la seule ayant une majoritĂ© de citoyens communiquant en français. Le QuĂ©bec nourrit un attachement profond Ă  sa culture. Symbole mĂȘme de son identitĂ© nationale, la culture quĂ©bĂ©coise jumelle des racines françaises Ă  un hĂ©ritage autochtone, tout en Ă©tant quelque peu influencĂ©e par son passĂ© sous le rĂ©gime britannique.

Propulsés par la Prohibition au début des années 1920, les cabarets montréalais ont transformé radicalement la scÚne artistique et grandement influencé l'industrie actuelle du spectacle québécois. Conjointement avec les divers centre-villes du Québec, le quartier Latin de Montréal et le Vieux-Québec sont deux hauts lieux de rencontre pour les artistes du Québec. La vie de cafés et de terrasses y témoignent l'héritage latin de la culture québécoise avec pour attrait principal le théùtre Saint-Denis et le théùtre Capitole au milieu d'un style architectural historique.

L'Union des artistes (UDA) et la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ) sont les syndicats qui représentent les artistes professionnels québécois. Depuis 1987, la législation québécoise prévoit des dispositions à l'effet de définir le statut professionnel d'un artiste[146],[147].

Le Conseil des arts et des lettres du QuĂ©bec, fondĂ© en 1992, est un organisme du ministĂšre de la Culture, des Communications et de la Condition fĂ©minine du QuĂ©bec qui soutient la crĂ©ation, l'expĂ©rimentation, la production et le rayonnement Ă  l'Ă©tranger pour l'ensemble des domaines culturels quĂ©bĂ©cois[148]. Pour sa part, la SociĂ©tĂ© de dĂ©veloppement des entreprises culturelles (SODEC), fondĂ© en 1994, agit Ă  titre de promoteur et de bailleur de fonds pour les personnalitĂ©s Ɠuvrant dans l'industrie culturelle[149].

Les Prix du Québec sont décernés par le gouvernement et constituent la plus haute distinction honorifique pour les personnalités s'étant démarquées dans leur domaine culturel respectif[150].

La musique et la danse

L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) fut créée en 1978 afin de promouvoir l'industrie de la musique au Québec.

FĂ©lix Leclerc

La chanson quĂ©bĂ©coise est trĂšs variĂ©e. De toutes les compositions du rĂ©pertoire musical du QuĂ©bec, la chanson Gens du pays est de loin adorĂ©e par nombre de QuĂ©bĂ©cois pour ĂȘtre l'hymne national du QuĂ©bec. Depuis La Bolduc dans les annĂ©es 1920-1930 jusqu’aux artistes de la relĂšve, elle a su apporter de grands auteurs-compositeurs-interprĂštes, chanteurs de variĂ©tĂ©s et chanteurs de charme (crooners) : Alys Robi, FĂ©lix Leclerc, Willie Lamothe, Pierre Lalonde, MichĂšle Richard, Patrick Norman, RenĂ©e Martel, Jean-Pierre Ferland, Raymond LĂ©vesque, Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Claude LĂ©veillĂ©e, Michel Rivard, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Jean Leloup, Daniel BĂ©langer, Pierre Lapointe, Vincent ValliĂšres, ainsi que plusieurs groupes : Les Baronnets, CĂ©sar et les Romains, Beau Dommage, Harmonium, Offenbach, Corbeau, Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Les Colocs, KaĂŻn, Alfa Rococo, Malajube, etc.

Elle a aussi des auteurs de renom : StĂ©phane Venne, Luc Plamondon et Pierre LĂ©tourneau, ainsi que des compositeurs : AndrĂ© Mathieu, AndrĂ© Gagnon, François Dompierre et Paul Baillargeon.

Céline Dion en concert au Centre Bell de Montréal, dans sa lignée de prestations incluant son spectacle spécial sur les plaines d'Abraham, à l'occasion du 400e anniversaire de Québec.

Elle a ses interprĂštes et groupes reconnus internationalement : Ginette Reno, Diane Dufresne, RenĂ©e Claude, Nicole Martin, Fabienne Thibeault, Bruno Pelletier, Luc De LarochelliĂšre, CĂ©line Dion, Garou, Isabelle Boulay, Simple Plan, Leonard Cohen, Corey Hart, Arcade Fire, April Wine, Sam Roberts, Bran Van 3000, Rufus Wainwright, entre autres. Ceux-ci ont fait ou font carriĂšre en France, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis, au Liban, en Afrique francophone, etc.

Certains interprĂštes sont Ă©galement considĂ©rĂ©s comme quĂ©bĂ©cois, bien qu’originaires d’ailleurs. Leur carriĂšre se dĂ©roule au QuĂ©bec, s’y est dĂ©roulĂ©e ou y a dĂ©marrĂ©. Ils sont souvent dĂ©jĂ  francophones, ou ont adoptĂ© (sauf exceptions) le français dans leurs chansons (mais, en plus du français, chantent parfois aussi en d’autres langues : anglais, italien, espagnol, arabe, etc.) On peut citer entre autres Nanette Workman (New York - États-Unis), Zachary Richard (Lousiane - États-Unis), Corneille (Rwanda), le rappeur K-Maro (Liban), Lara Fabian (Belgique), Luck Mervil (HaĂŻti). Ces artistes participent Ă  l’image internationale d’un QuĂ©bec ouvert sur le monde et sont l’exemple d’une culture capable d’inclure des origines multiples : on parle souvent d’un « rĂȘve quĂ©bĂ©cois Â» pour de nombreux francophones du monde entier, comme il existe parfois un « rĂȘve amĂ©ricain Â» chez les Anglo-saxons.

L’Orchestre symphonique de QuĂ©bec (OSQ) et l’Orchestre symphonique de MontrĂ©al (OSM) sont respectivement associĂ©s Ă  l’OpĂ©ra de QuĂ©bec et l’OpĂ©ra de MontrĂ©al dont les prestations sont prĂ©sentĂ©es au Grand ThĂ©Ăątre de QuĂ©bec et Ă  la Place-des-Arts.

Une scÚne musicale du Festival international de jazz de Montréal, sur la rue Sainte-Catherine, vue de l'esplanade de la Place-des-Arts dans le quartier des spectacles.

Divers évÚnements musicaux sont animés à travers le Québec, tels les festivals de musique country, le Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda, le Festival en chanson de Petite-Vallée, le Festival international de jazz de Montréal, le Festival international de la chanson de Granby, le Festival international des Rythmes du monde du Saguenay, le Festival western de Saint-Tite, les FrancoFolies de Montréal, le Mondial des cultures de Drummondville, les Nuits blanches de l'Anse de Roche, Woodstock en Beauce, etc. Alors que d'autres festivals enjoignent la musique aux spectacles pyrotechniques, tels les Grand Feux Loto-Québec aux chutes Montmorency, à Québec, l'International des Feux Loto-Québec au parc d'attractions La Ronde, à Montréal, et les Grands Feux du Casino dans le parc du Lac-Leamy, à Gatineau.

Des danses traditionnelles telles que les gigues, quadrilles, reels et danses en ligne, la danse quĂ©bĂ©coise a su se dĂ©velopper dans les fĂȘtes populaires depuis les dĂ©buts de la colonisation. La musique traditionnelle intĂšgre par ailleurs divers instruments, tels l'harmonica (musique-Ă -bouche ou ruine-babine), le violon, les cuillĂšres, la guimbarde, etc. La promotion de la musique et de la danse traditionnelle quĂ©bĂ©coise est depuis longtemps assurĂ©e par des stations de radio et Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es aux airs festifs, telles la SoirĂ©e canadienne et Belle et Bum, ainsi que par des groupes actuels, tels La Bottine souriante, La VolĂ©e d'Castors, Les Charbonniers de l'enfer, Mes AĂŻeux, BelzĂ©buth, etc. De plus, de nos jours, les Ballets jazz de MontrĂ©al, les Grands Ballets et La La La Human Steps sont des troupes professionnelles de danse contemporaine qui perpĂ©tuent l'hĂ©ritage des ancĂȘtres du QuĂ©bec.

Le cinéma, la télévision et la radio

La CinĂ©mathĂšque quĂ©bĂ©coise a pour mandat la promotion du patrimoine cinĂ©matographique et tĂ©lĂ©visuel du QuĂ©bec. De mĂȘme, l'Office national du film du Canada (ONF), sociĂ©tĂ© d'État fĂ©dĂ©rale, pourvoit Ă  cette mĂȘme mission au QuĂ©bec.

Claude Jutra, lors du tournage du film Kamouraska, en 1972.

De la mĂȘme maniĂšre, l'Association des producteurs de films et de tĂ©lĂ©vision du QuĂ©bec (APFTQ) promouvoit « la production indĂ©pendante en cinĂ©ma et tĂ©lĂ©vision Â»[151]. Alors que l'Association des rĂ©alisateurs et rĂ©alisatrices du QuĂ©bec (ARRQ) reprĂ©sente les professionnels de la rĂ©alisation cinĂ©matographique et tĂ©lĂ©visuel, l'Association des radiodiffuseurs communautaires du QuĂ©bec (ARCQ) reprĂ©sente les radios indĂ©pendantes.

En plus du quartier des spectacles, à Montréal, plusieurs salles de cinémas à travers le Québec veillent à la diffusion du cinéma québécois.

Avec ses installations cinématographiques, telles la Cité du cinéma et les studios Mel's, la ville de Montréal accueille les tournages de diverses productions.

Les Rendez-vous du cinĂ©ma quĂ©bĂ©cois sont un festival entourant la cĂ©rĂ©monie de la SoirĂ©e des Jutra qui rĂ©compense les Ɠuvres et personnalitĂ©s du cinĂ©ma quĂ©bĂ©cois. Le Festival de cinĂ©ma des 3 AmĂ©riques, Ă  QuĂ©bec, le Festival regard sur le court mĂ©trage au Saguenay, le Festival des films du monde et le Festival du nouveau cinĂ©ma, Ă  MontrĂ©al, sont d'autres Ă©vĂšnements annuels entourant l'industrie cinĂ©matographique au QuĂ©bec.

La sociĂ©tĂ© d'État TĂ©lĂ©-QuĂ©bec, la sociĂ©tĂ© d'État fĂ©dĂ©rale Radio-Canada, les chaĂźnes privĂ©es, gĂ©nĂ©ralistes et spĂ©cialisĂ©es, les rĂ©seaux radiophoniques ainsi que les stations indĂ©pendantes et communautaires diffusent les divers tĂ©lĂ©romans quĂ©bĂ©cois, Ă©missions d'informations nationales et rĂ©gionales, programmations interactives et parlĂ©es, etc.

Le Gala Artis et le gala des prix Gémeaux récompensent les personnalités de l'industrie télévisuelle et radiophonique du Québec.

La littérature et le théùtre

Article dĂ©taillĂ© : LittĂ©rature quĂ©bĂ©coise.
Émile Nelligan (1879-1941) fut un poĂšte quĂ©bĂ©cois, cĂ©lĂšbre pour son poĂšme Soir d'hiver pour lequel les mĂ©moires se souviennent du vers « Ah! comme la neige a neigĂ©! Â».

Depuis la Nouvelle-France, la littĂ©rature quĂ©bĂ©coise s'est tout d'abord dĂ©veloppĂ©e dans les rĂ©cits de voyages des explorateurs tels Jacques Cartier. Plusieurs lettres furent Ă©crites par les pĂšres JĂ©suites, tels les Écrits en Huronie de Jean de BrĂ©beuf, ainsi que par nombre de voyageurs, tels Baron de La Hontan et Nicolas Perrot, dĂ©crivant leurs relations avec les peuples autochtones.

Le premier Ă  Ă©crire l'histoire du QuĂ©bec, depuis sa dĂ©couverte, fut l'historien François-Xavier Garneau. Celui-ci s'inscrira dans le courant de la littĂ©rature patriotique (aussi connu sous le nom des « poĂštes du pays Â» et de la littĂ©rature identitaire) qui prendra naissance aprĂšs la rĂ©bellion des Patriotes de 1837-1838[152].

Illustration de la Chasse-galerie, par Henri Julien (1852-1908), au Musée national des beaux-arts du Québec.

Divers contes et récits sont racontés par la tradition orale, tels les légendes du Bonhomme sept-heures, de La Chasse-galerie, du Cheval noir des Trois-Pistoles, de la Complainte de Cadieux, de La Corriveau, du Diable qui danse à Saint-Ambroise, du Géant Beaupré, des monstres des lacs Pohénégamook et Memphrémagog, du Pont de Québec (alias, le pont du diable), du Rocher Percé, de Rose Latulipe, etc.[153]

Des poĂštes quĂ©bĂ©cois et auteurs Ă©minents marquĂšrent leur Ă©poque et demeurent aujourd'hui ancrĂ©s dans l'imaginaire collectif, tels Philippe Aubert de GaspĂ©, Octave CrĂ©mazie, HonorĂ© Beaugrand, Émile Nelligan, Lionel Groulx, Gabrielle Roy, Hubert Aquin, Michel Tremblay, Marie Laberge, etc.

Le roman du terroir est une tradition littĂ©raire quĂ©bĂ©coise[154] et comprend des Ɠuvres telles Les Anciens Canadiens, Maria Chapdelaine, Un homme et son pĂ©chĂ©, Le Survenant, etc. Des piĂšces de thĂ©Ăątre connaissent de mĂȘme leur succĂšs, telles Les Belles-SƓurs et Broue.

Parmi les troupes de thĂ©Ăątre se trouvent la Compagnie Jean-Duceppe, le ThĂ©Ăątre La Rubrique, le ThĂ©Ăątre Le Grenier, etc. En plus du rĂ©seau des centres culturels du QuĂ©bec[155], les salles de spectacles incluent le Monument-National et le thĂ©Ăątre du Rideau Vert Ă  MontrĂ©al, le thĂ©Ăątre du Trident Ă  QuĂ©bec, etc. L'École nationale de thĂ©Ăątre du Canada et le Conservatoire de musique et d'art dramatique du QuĂ©bec forment les futurs acteurs.

Le thĂ©Ăątre d'Ă©tĂ© est un vĂ©ritable symbole de la littĂ©rature quĂ©bĂ©coise[156],[157]. Alors prĂ©sentĂ© en saison estivale, il offre divers amusements, souvent des comĂ©dies musicales ou des drames humoristiques, parfois en plein-air, dans les rĂ©gions rurales et semi-rurales du QuĂ©bec, tel qu'au thĂ©Ăątre de la Dame de CƓur Ă  Upton, MontĂ©rĂ©gie, au thĂ©Ăątre des Grands ChĂȘnes Ă  Kingsey Falls, Centre-du-QuĂ©bec, au thĂ©Ăątre de la Marjolaine Ă  Eastman, Estrie, etc.

L'AcadĂ©mie quĂ©bĂ©coise du thĂ©Ăątre et l’Association quĂ©bĂ©coise des auteurs dramatiques (AQAD) sont les principaux organismes de promotion de la littĂ©rature et du thĂ©Ăątre quĂ©bĂ©cois. Alors que les prix littĂ©raires du QuĂ©bec, dont la mĂ©daille de l'AcadĂ©mie des lettres du QuĂ©bec, et la SoirĂ©e des Masques en rĂ©compensent les personnalitĂ©s.

Les beaux-arts

Article dĂ©taillĂ© : Beaux-arts quĂ©bĂ©cois.
Le monument à Madeleine de VerchÚres, érigé en bronze par Louis-Philippe Hébert, en 1913.

Les beaux-arts du QuĂ©bec sont souvent exposĂ©s au MusĂ©e national des beaux-arts du QuĂ©bec, au MusĂ©e d'art contemporain de MontrĂ©al, au MusĂ©e des beaux-arts de MontrĂ©al, au Salon des mĂ©tiers d'art du QuĂ©bec, dans les galeries et boutiques d'art, etc. Alors que plusieurs Ɠuvres ornent les espaces publics du QuĂ©bec, d'autres sont reconnues internationalement et exposĂ©es en plein-air dans des villes hors-QuĂ©bec, telles la statue QuĂ©bec libre! d'Armand Vaillancourt, dans le quartier des affaires de San Francisco depuis 1971.

Le manoir du domaine seigneurial Fraser, Ă  RiviĂšre-du-Loup, Bas-Saint-Laurent.

D'abord influencĂ©, depuis l'Ă©poque de la Nouvelle-France, par le culte religieux du catholicisme, avec des Ɠuvres notamment du FrĂšre Luc et plus rĂ©cemment d'Ozias Leduc, l'art du QuĂ©bec s'est dĂ©veloppĂ© autour des caractĂ©ristiques propres Ă  ses paysages et reprĂ©sentations culturelles, historiques, sociales et politiques[158].

Ainsi, le dĂ©veloppement des chefs-d'Ɠuvre quĂ©bĂ©cois en peinture, gravure et sculpture, fut grandement marquĂ© par la contribution d'artistes Ă©minents, tels Louis-Philippe HĂ©bert, Alfred Pellan, Alfred LalibertĂ©, Charles Daudelin, Marc-AurĂšle Fortin, Jean-Paul Riopelle, Paul-Émile Borduas, Françoise Sullivan, Arthur Villeneuve, Louise Carrier, Jean-Philippe Dallaire, etc.

Divers édifices témoignent du patrimoine architectural qui caractérise le Québec, tels l'hÎtel du Parlement, les édifices à vocation religieuse, les hÎtels de ville, les maisons de seigneuries, etc.

L'École des beaux-arts de MontrĂ©al veille Ă  la formation supĂ©rieure des artistes-peintres, graveurs et sculpteurs du QuĂ©bec.

L'humour et les Ă©missions jeunesse

Article dĂ©taillĂ© : Humour quĂ©bĂ©cois.

Plusieurs festivals d'humour furent créés au Québec, dont le festival Juste pour rire de Montréal, qui jouit d'une réputation internationale, ainsi que les festivals Grand Rire de Québec, Gatineau et Sherbrooke.

D'éminents artistes et groupes de l'humour sont connus, tels Rose Ouellette (dite, La Poune), Juliette Petrie, Roméo Pérusse, Gilles Latulippe, Marc Favreau (dit, Sol, le clown clochard), Michel Noël (dit, Capitaine Bonhomme), Jacques Desrosiers (dit, Patof, le clown), Ding et Dong, Les Grandes Gueules, Lise Dion, Jean-Michel Anctil, Martin Matte, Louis-José Houde, etc.

Les arts de la rue au festival Juste pour rire.

Plusieurs émissions ont leur popularité, telles Cré Basile, Le Zoo du Capitaine Bonhomme, Lundi des Ha! Ha!, Démons du midi, La Petite Vie, Les Bougon, Le Sketch Show, etc.

La Ligue nationale d'improvisation (LNI), créée en 1977, fait valoir nombre de comédiens et humoristes en joignant l'humour au théùtre d'improvisation.

L'École nationale de l'humour fut crĂ©Ă©e en 1988 afin de former les futurs humoristes du QuĂ©bec.

L'Association des professionnels de l'industrie de l'humour (APIH) est le principal organisme de promotion et de développement du secteur culturel de l'humour au Québec.

Le Gala Les Olivier, en l'honneur de l'ancien humoriste Olivier Guimond, récompense les personnalités de l'humour québécois.

De leur cÎté, les enfants ont aussi leurs comédies et dessins animés, tels La Boßte à Surprise, Bobino, Le Pirate Maboule, Fanfreluche, La Ribouldingue, Les 100 tours de Centour, Passe-Partout, Robin et Stella, Iniminimagimo, Vazimolo, Télé-Pirate, Bibi et GeneviÚve, Watatatow, Enfantforme, Caillou, Cornemuse, Macaroni tout garni, etc[159].

Les arts du cirque et de la rue

Le spectacle Dralion du Cirque du Soleil, présenté en 2004.

Plusieurs troupes de cirque furent crĂ©Ă©s dans les derniĂšres dĂ©cennies, dont la plus importante : le Cirque du Soleil. Parmi ces troupes se trouvent des cirques contemporains, ambulants et Ă  cheval, tels le Cirque Éloize, Cavalia, Kosmogonia, Saka, Cirque Akya, etc.

Présenté en plein-air, sous un chapiteau ou dans des salles de spectacles semblables à celles du Casino de Montréal, elles attirent de nombreuses foules autant au Québec qu'à l'étranger.

L'École nationale de cirque et l'École de cirque de QuĂ©bec furent crĂ©Ă©es afin de former les futurs artistes du cirque contemporain. De son cĂŽtĂ©, Tohu, la CitĂ© des Arts du Cirque fut fondĂ© en 2004 afin de diffuser les arts du cirque.

À la maniĂšre des troupes itinĂ©rantes de la Renaissance, les saltimbanques (amuseurs de rue), clowns et masques se promĂšnent, de ville en ville, afin de jouer leur comĂ©die. Bien qu'ils puissent apparaĂźtre de façon ponctuelle, en tout temps, ils sont particuliĂšrement visibles lors des Ă©vĂšnements culturels, tels au Bal de neige de Gatineau, au Carnaval de QuĂ©bec, au Festival des montgolfiĂšres de Gatineau, au Festival d'Ă©tĂ© international de QuĂ©bec, au Festival Juste pour rire de MontrĂ©al, aux FĂȘtes de la Nouvelle-France de QuĂ©bec, ainsi que dans les nombreuses foires agricoles et commerciales Ă  travers le QuĂ©bec, etc.

La mode et la décoration

Une ceinture fléchée, piÚce de la mode traditionnelle québécoise.

Des vĂȘtements traditionnels Ă  la haute couture, la mode quĂ©bĂ©coise s'est d'abord dĂ©veloppĂ©e autour des conditions de vie et du climat quĂ©bĂ©cois.

La mode québécoise se fait valoir grùce à des stylistes, tels Marie Saint-Pierre, Marie-Claude Guay, Philippe Dubuc, Léo Chevalier et John Warden, ainsi qu'à des boutiques et magasins, tels La Maison Simons, Ogilvy's, Holt Renfrew, les Ailes de la Mode, etc. Les grands couturiers de renom international qui font affaire au Québec sont, par ailleurs, principalement concentrés aux Cours Mont-Royal.

Alors que La Grande Braderie expose les principales Ɠuvres de la mode quĂ©bĂ©coise, le gala de la Griffe d'or en rĂ©compense les crĂ©ateurs.

De son cĂŽtĂ©, la dĂ©coration intĂ©rieure est assurĂ©e par des crĂ©ateurs de renom quĂ©bĂ©cois, tels Signature Maurice Tanguay, Germain LariviĂšre, De Lacroix Design, etc. Alors que d'autres crĂ©ateurs se spĂ©cialisent dans le prĂȘt-Ă -monter, tels les Industries Dorel, Mobilier DĂ©co Design, etc.

Le patrimoine et la culture d'antan

L'école et le couvent de la congrégation Notre-Dame-du-Bon-Conseil, au village fantÎme de Val-Jalbert, Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le Fonds du patrimoine culturel quĂ©bĂ©cois est un programme du gouvernement du QuĂ©bec visant la conservation et la mise en valeur du patrimoine quĂ©bĂ©cois, conjointement avec diverses lois[160]. Plusieurs organismes veillent Ă  cette mĂȘme mission, autant dans les traditions sociales et culturelles que dans les paysages et Ă©difices patrimoniaux, dont la Commission des biens culturels du QuĂ©bec, la Fondation quĂ©bĂ©coise du patrimoine, le Centre de conservation du QuĂ©bec, le Centre de valorisation du patrimoine vivant, le Conseil quĂ©bĂ©cois du patrimoine vivant, l'Association quĂ©bĂ©coise d'interprĂ©tation du patrimoine, etc.

Fortement marquĂ©e par la prĂ©sence de l'Église catholique, la mise en valeur de l'histoire religieuse du QuĂ©bec est assurĂ©e par des organismes tels le Conseil du patrimoine religieux du QuĂ©bec. Depuis 2007, le gouvernement favorise, avec les divers acteurs du milieu, la conclusion d'ententes sur l'utilisation des biens appartenant aux fabriques et corporations Ă©piscopales afin d'Ă©tablir des « partenariats dans le financement de la restauration et de la rĂ©novation du bĂąti religieux Â»[161].

Plusieurs sites, maisons et ouvrages historiques témoignent du patrimoine culturel québécois, tels le village québécois d'antan, le village historique de Val-Jalbert, le fort Chambly, la maison nationale des Patriotes, la pulperie de Chicoutimi, le canal de Lachine, le pont Victoria, etc.

Alors que les artĂ©facts en font de mĂȘme, divers musĂ©es racontent l'histoire culturelle du QuĂ©bec, tels le musĂ©e de la civilisation, le musĂ©e de l'AmĂ©rique française, le musĂ©e McCord, le musĂ©e d'archĂ©ologie et d'histoire de MontrĂ©al, Pointe-Ă -CalliĂšre, etc.

Diverses Ɠuvres littĂ©raires reproduisent la vie quotidienne d'autrefois, se fondant ainsi dans la tradition sociale et culturelle des tĂ©lĂ©romans quĂ©bĂ©cois Ă  l'ancienne[162], tels La Famille Plouffe, Les Belles Histoires des Pays-d'en-Haut, La Petite Patrie, Le Temps d'une paix, Entre chien et loup, Les Filles de Caleb, Blanche, Au nom du pĂšre et du fils, Marguerite Volant, Nos ÉtĂ©s, etc.

Le sport

Article dĂ©taillĂ© : Sport au QuĂ©bec.
Les Canadiens de Montréal face aux Bruins de Boston lors d'une mise au jeu en avril 2009, au Centre Bell.

Le hockey sur glace occupe une place privilĂ©giĂ©e dans la vie des QuĂ©bĂ©cois, en tant que sport national. Le Canadien de MontrĂ©al est un club professionnel faisant partie de la Ligue nationale de hockey (LNH). Ce club, qui fut fondĂ© en 1909, en fut l’un des principaux clubs fondateurs, en saison LNH 1917-1918. Cinq autres clubs du QuĂ©bec ont fait partie de ligues majeures de hockey, soit les Bulldogs de QuĂ©bec (Association nationale de hockey 1911-1917 et LNH 1919-1920)[163], les Nordiques de QuĂ©bec (AMH 1972-1979 et LNH 1979-1995), les Shamrocks de MontrĂ©al (ANH 1909-1910), les Wanderers de MontrĂ©al (ANH 1909-1917 et LNH 1917) et les Maroons de MontrĂ©al (LNH 1924-1938). Le Canadien profite d’une patinoire Ă  domicile, le Centre Bell, dont la capacitĂ© est la plus grande de la LNH avec 21 273 siĂšges[164]. Le club a participĂ© 34 fois Ă  une finale de la Coupe Stanley, et l'a remportĂ©e 24 fois[165], ce qui constitue un record de la Ligue.

De leur cĂŽtĂ©, les Nordiques de QuĂ©bec (jouant au ColisĂ©e de QuĂ©bec dont la capacitĂ© est de 15 399 siĂšges) sont un ancien club de la LNH. Cette Ă©quipe a marquĂ© l’histoire et la culture sportive du QuĂ©bec, et contribuĂ© Ă  la rivalitĂ© naturelle QuĂ©bec-MontrĂ©al (aussi nommĂ©e, guerre de clochers), avant de dĂ©mĂ©nager en 1995 au Colorado, États-Unis.

Depuis 1996, les Alouettes de MontrĂ©al Ă©voluent dans la ligue canadienne de football (LCF). Le club fut fondĂ© en 1946, mais aprĂšs plusieurs annĂ©es difficiles, l’équipe fut dissoute en 1987. En 1996, les Stallions de Baltimore furent dĂ©mĂ©nagĂ©s Ă  MontrĂ©al, au Stade Percival-Molson, et renommĂ©s « Alouettes Â».

Les Alouettes de Montréal lors du championnat de la Coupe Grey 2005.

Jusqu’en 2004, les Expos de MontrĂ©al Ă©voluaient au sein de la Ligue majeure de baseball. CrĂ©Ă©e en 1968, l’équipe avait Ă©lu domicile au stade olympique de MontrĂ©al (capacitĂ© de 43 739 places en mode baseball). FranchisĂ©e le 27 mai 1968, elle devait son nom Ă  l’Exposition universelle de MontrĂ©al (Terre des Hommes), qui avait eu lieu l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Au terme de la saison 2004, l’équipe fut dĂ©mĂ©nagĂ©e Ă  Washington.

Le Grand Prix automobile du Canada, une course de Formule 1, eut lieu au QuĂ©bec de 1978 Ă  2008, mais reviendra au calendrier dĂšs 2010. L’un des gagnants de ce Grand Prix fut un pilote d’origine quĂ©bĂ©coise, Gilles Villeneuve, qui mourut en 1982, aux suites d’un accident, au dernier tour de qualification pour le Grand Prix de Belgique, sans avoir pu emporter un titre de Champion du Monde. C'est son fils Jacques qui rĂ©alisera ce rĂȘve en 1997.

Une course de snocross.

L'Impact de MontrĂ©al est l'Ă©quipe de soccer la plus importante du QuĂ©bec. FondĂ©e en 1992, cette Ă©quipe remporta le titre de la premiĂšre division de la USL en 1994 et en 2004. Évoluant au Stade Saputo (13 034 siĂšges), l'Ă©quipe reprĂ©senta le Canada Ă  la ligue des champions de la CONCACAF en 2008 en surpassant le Toronto FC qui jouait pourtant dans une ligue de plus haut niveau.

Le QuĂ©bec offre une saison hivernale qui s’étend sur prĂšs de la moitiĂ© de l’annĂ©e, de novembre Ă  avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 Ă  15 mĂštres de neige par hiver selon les rĂ©gions). Les principaux centres de ski du QuĂ©bec sont situĂ©s en Estrie, dans les Laurentides, dans la Capitale-Nationale et en GaspĂ©sie.

La motoneige est une autre activitĂ© hivernale extrĂȘmement prisĂ©e des QuĂ©bĂ©cois. En dĂ©cembre 2006, la FĂ©dĂ©ration des clubs de motoneigistes du QuĂ©bec regroupait 84 611 adhĂ©rents. Ils empruntent 33 085 km de sentiers amĂ©nagĂ©s et patrouillĂ©s par la police et des bĂ©nĂ©voles provenant des 225 clubs locaux[166].

La gastronomie

Article dĂ©taillĂ© : Cuisine quĂ©bĂ©coise.

Les premiers colons, majoritairement paysans, prĂ©paraient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Une cuisine familiale, basĂ©e sur la tradition française[167], s’est dĂ©veloppĂ©e au fil des siĂšcles, intĂ©grant poisson, gibier, lĂ©gumes et fruits frais. La tourtiĂšre, le cipaille, les fĂšves au lard, la soupe aux pois, le rĂŽti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d’autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la pĂ©riode des FĂȘtes. Au printemps, ces plats peuvent ĂȘtre servis dans les cabanes Ă  sucre. Les recettes traditionnelles sont Ă©galement rĂ©interprĂ©tĂ©es au goĂ»t du jour par les chefs des grands restaurants quĂ©bĂ©cois, qui proposent Ă©galement une foule de produits fins du QuĂ©bec, comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corĂ©gone (un poisson des eaux de l’Abitibi), le cidre de glace et le vin de glace.

La marina et le port de pĂȘche de Cap-aux-Meules, Ăźles de la Madeleine.

Ces produits rĂ©gionaux confĂšrent Ă  la gastronomie quĂ©bĂ©coise une identitĂ© propre. En MontĂ©rĂ©gie, dont le territoire est recouvert Ă  30 % de vergers, on fabrique une grande variĂ©tĂ© de cidres qui cumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maĂźtrise l’art ancien de fumer le saumon, la truite, l’esturgeon et l’anguille. Aux Îles de la Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une prĂ©paration de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croĂ»te). Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, on prĂ©pare une tourtiĂšre du Lac et une soupe aux gourganes renommĂ©es. Reconnue pour son agneau, la rĂ©gion de Charlevoix produit des fromages d’excellente qualitĂ© et une tourtiĂšre typique faite d’éperlans rĂ©partis sur plusieurs couches successives de pĂąte plus fine. La GaspĂ©sie est reconnue, quant Ă  elle, pour son pĂątĂ© au saumon et ses boulettes de morue. Sur la CĂŽte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacĂ©s qui y sont pĂȘchĂ©s, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pĂ©toncle. On avait coutume Ă©galement d’y apprĂȘter les langues de morues et des produits locaux, comme les Ɠufs d’oiseaux marins.

La ville de Trois-RiviĂšres, au cƓur de la Mauricie, rĂ©gion cĂ©lĂšbre pour l'apprĂȘtage de la viande de bison et d'autruche.

En Mauricie, on apprĂȘte la viande de bison et d’autruche, animaux qui sont Ă©levĂ©s sur place. La ville de QuĂ©bec, comme MontrĂ©al, est reconnue internationalement pour sa fine cuisine. Au Nouveau-QuĂ©bec (Nunavik), dans la rĂ©gion du Nord-du-QuĂ©bec, les influences inuits offrent un Ă©ventail de mets Ă  base de poissons tels que l'Uujuk, ainsi que de viandes de gibier tels le Nikku et le Puanaasi. Les nations amĂ©rindiennes de toutes les rĂ©gions prĂ©parent quant Ă  elles un excellent pain banique.

En matiĂšre de restauration rapide, la guĂ©dille et la poutine sont des mets typiquement quĂ©bĂ©cois, gĂ©nĂ©ralement servi dans les cantines du coin (ou, stands Ă  patate frite). La poutine est un des mets les plus populaires au QuĂ©bec, elle est partie intĂ©grante de tous les restaurants dit restauration rapide. En effet, elle fĂ»t mĂȘme ajoutĂ© au menu des McDonald's du QuĂ©bec.

Le QuĂ©bec compte Ă©galement pour 80 % de la production mondiale de sirop d’érable[168],[169]. Issue de traditions amĂ©rindiennes adaptĂ©es et modifiĂ©es par les colons de la Nouvelle-France, l’acĂ©riculture consiste en un premier temps Ă  entailler les Ă©rables Ă  sucre au moment du dĂ©gel printanier. La sĂšve recueillie est ensuite rĂ©duite par Ă©vaporation jusqu’à l’obtention d’un dĂ©licieux sirop sucrĂ©[170], idĂ©al pour accompagner crĂȘpes, gaufres, pain perdu (dit pain dorĂ©), ainsi qu’une multitude de plats variĂ©s.

Avec la Route gourmande et la Route des vins, divers Ă©vĂšnements cĂ©lĂšbrent les produits du terroir quĂ©bĂ©cois, dont le Festival Canard en FĂȘte au Lac-Brome, le Festival de la Gastronomie de QuĂ©bec, le Festival de la gibelotte de Sorel-Tracy, le Festival du cochon de Sainte-PerpĂ©tue, la FĂȘte BiĂšres et Saveurs de Chambly, la FĂȘte des vendanges Magog-Orford, les FĂȘtes gourmandes de LanaudiĂšre, etc.

Religion

L’Église catholique a jouĂ© un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant dans le dĂ©veloppement culturel et politique de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise. NĂ©anmoins, les religions amĂ©rindiennes et inuits du QuĂ©bec prĂ©cĂ©dĂšrent le catholicisme en sol quĂ©bĂ©cois. Aujourd’hui, ces religions ont survĂ©cu et certaines manifestations persistent.

Mgr François de Montmorency-Laval, fondateur du sĂ©minaire et premier Ă©vĂȘque de QuĂ©bec.

Catholicisme

Article dĂ©taillĂ© : Église catholique du QuĂ©bec.

À l’époque de la Nouvelle-France, les premiers colons qui s’établirent Ă©taient tous catholiques. DĂšs le dĂ©but de la colonie, l’évangĂ©lisation des AmĂ©rindiens prĂ©cĂ©da la fondation des paroisses. En 1627, le cardinal de Richelieu fit dĂ©crĂ©ter une proclamation royale, suivant laquelle Louis XIII bannissait tous les non catholiques de la Nouvelle-France. Cet Ă©dit visait Ă  exclure les Juifs et les Huguenots de la colonisation. Le vicariat apostolique de la Nouvelle-France fut fondĂ© en 1658, suivi du diocĂšse de QuĂ©bec en 1674.

La puissance extraordinaire qu’avait autrefois l’Église catholique est reflĂ©tĂ©e dans tous les domaines culturels, de la langue jusqu’aux beaux-arts, en passant par le thĂ©Ăątre, la littĂ©rature et le cinĂ©ma. L’ñge d’or pour les ecclĂ©siastiques arrivera au milieu du XIXe siĂšcle (vers 1840), pĂ©riode pendant laquelle l’Église, devenue trĂšs hiĂ©rarchisĂ©e, concrĂ©tise son influence. Mais son influence s’essoufflera cent ans plus tard, aprĂšs les abus de la Grande Noirceur, au moment oĂč la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise sera traversĂ©e, et profondĂ©ment transformĂ©e, par la RĂ©volution tranquille (conscience nationale, etc.). CrĂ©Ă©e en 1966, l'AssemblĂ©e des Ă©vĂȘques catholiques du QuĂ©bec assure cependant, depuis cette pĂ©riode, la charge pastorale dans les diocĂšses.

Quatre-vingt-cinq pourcent (85 %) de la population quĂ©bĂ©coise affirme ĂȘtre d'obĂ©dience catholique[171] (semblable Ă  88 % en 1961[172]), faisant ainsi du QuĂ©bec l'un des grands États les plus fortement catholiques au monde, dans une proportion similaire aux cĂŽtĂ©s de la Colombie, de l'Italie, du Mexique et du Venezuela. La pratique traditionnelle est cependant suivie par 10 % de ces croyants[173]. Depuis la RĂ©volution tranquille, la libertĂ© individuelle d'interprĂ©tation biblique fait concurrence au dogme de l'infaillibilitĂ© pontificale. L'autoritĂ© du pape et la hiĂ©rarchie ecclĂ©siastique font alors figure de conseiller emblĂ©matique de la foi catholique quĂ©bĂ©coise. En l'occurrence, ce courant de pensĂ©e comparable aux vieux catholiques crĂ©e parfois une dichotomie avec le clergĂ© quĂ©bĂ©cois, dont les prĂ©ceptes suivent ce dogme de l'Église catholique romaine. Une analogie cohĂ©rente peut alors ĂȘtre Ă©tablie entre la vision du catholicisme quĂ©bĂ©cois et la logique du systĂšme juridique applicable en droit privĂ©. Alors soutenu par un code de valeurs et d'enseignement moral (dĂ©fini par les sept vertus catholiques, sept pĂ©chĂ©s capitaux, neuf dons du Saint Esprit et vingt mystĂšres contemplĂ©s du Saint Rosaire), le principe fondamental de la libertĂ© de choix lie l'autonomie Ă  la responsabilitĂ© individuelle. Au-delĂ  des simples dĂ©saccords, ce phĂ©nomĂšne provoque, Ă  l'occasion, des actions plus radicales chez certains membres de la population, telles des hausses de demandes d'apostasie lorsque les positions du Vatican sont proclamĂ©es ex cathedra[174],[175].

Protestantisme et autres religions

Article dĂ©taillĂ© : Protestantisme au QuĂ©bec.
Une Ă©glise anglicane Christ Church of Springbrook Ă  Frampton, ChaudiĂšre-Appalaches.

Pendant le rĂ©gime britannique, des anglophones protestants vinrent s’établir dans certaines rĂ©gions du QuĂ©bec. DĂšs 1777, la premiĂšre synagogue s’implanta sur le territoire de l’actuelle MontrĂ©al, mais c’est surtout Ă  partir du XIXe siĂšcle que des groupes relativement importants de Juifs vinrent joindre la communautĂ© montrĂ©alaise. En 1835, la Suissesse Henriette Feller fonda au QuĂ©bec la premiĂšre Ă©glise protestante francophone en AmĂ©rique. Elle Ă©tait alors assistĂ©e du rĂ©vĂ©rend Louis Moussy, un jeune pasteur suisse de 23 ans. Au XXe siĂšcle, des vagues successives d’immigrants venant d’Afrique, d'Asie, de GrĂšce, d'Irlande, d’Italie s’établirent Ă  MontrĂ©al, apportant leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains crĂ©Ăšrent des communautĂ©s religieuses et firent bĂątir des Ă©tablissements.

De nos jours, cette diversité religieuse et culturelle entraßne plusieurs réactions au sein de la société québécoise, nées principalement de la confrontation entre le modus vivendi de la majorité silencieuse et les réclamations des minorités citoyennes et immigrantes, religieuses ou de libre-pensée. En l'occurrence, des controverses notoires récentes incluent le débat sur les accommodements raisonnables, le débat autour de la priÚre des conseils municipaux, le débat sur les cours d'éthique et de culture religieuse, etc.

Lieux de culte

Le chƓur et l'abside de la Basilique Notre-Dame de MontrĂ©al, vus du vaisseau central de la nef.
La basilique Sainte-Anne-de-BeauprĂ©, dans le village du mĂȘme nom, en l'honneur de la Sainte patronne du QuĂ©bec.

La plus ancienne Ă©glise paroissiale de la plus vieille paroisse d'AmĂ©rique du Nord est la basilique-cathĂ©drale de QuĂ©bec, construite en 1647. D’abord nommĂ©e Ă©glise Notre-Dame-de-la-Paix, elle fut Ă©rigĂ©e tout prĂšs de l’endroit mĂȘme de la premiĂšre chapelle [176] construite par Samuel de Champlain. Elle obtint le statut de cathĂ©drale en 1674, lorsque Monseigneur de Laval devint ÉvĂȘque de QuĂ©bec, et son statut de basilique mineure en 1874. Cette cathĂ©drale est le siĂšge du primat catholique du Canada. Elle a Ă©tĂ© reconstruite Ă  deux reprises aprĂšs le siĂšge de QuĂ©bec de 1759 et l’incendie de 1922[177].

Le lieu de culte le plus frĂ©quentĂ© du QuĂ©bec est la basilique Sainte-Anne-de-BeauprĂ©, dans la municipalitĂ© du mĂȘme nom, prĂšs de QuĂ©bec. Cette basilique catholique accueille des millions de visiteurs chaque annĂ©e, et surtout pendant la neuvaine de Sainte-Anne, le 26 juillet. Elle est reconnue pour ses miracles (les milliers de bĂ©quilles Ă  l’entrĂ©e en faisant foi) et par le fait que la statue de Sainte-Anne a survĂ©cu Ă  deux incendies majeurs[178],[179]. Cette basilique a Ă©tĂ© construite en 1876, Sainte-Anne Ă©tant la Sainte patronne du QuĂ©bec[180].

L’oratoire Saint-Joseph, Ă  MontrĂ©al, est le seul lieu de culte au monde dĂ©diĂ© Ă  Saint-Joseph. SituĂ© sur le flanc du Mont Royal, on le connaĂźt pour ses 283 marches, que les pĂšlerins viennent chaque annĂ©e monter Ă  genoux[181], rĂ©citant une priĂšre sur chacune des marches. Tout comme dans la basilique Sainte-Anne, l’intĂ©rieur de la cathĂ©drale contient des centaines de bĂ©quilles, laissĂ©es en ex-voto pour chacune des guĂ©risons miraculeuses attribuĂ©es Ă  Saint-Joseph ou au frĂšre AndrĂ©, fondateur de l’oratoire. Les reliques du frĂšre AndrĂ© sont d’ailleurs conservĂ©es Ă  l’intĂ©rieur de l’édifice.

Nombre de pÚlerinages incluent des lieux tels l'Abbaye Saint-Benoßt-du-Lac, la Basilique Notre-Dame du Cap, la Basilique Notre-Dame de Montréal, la Basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, la Basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, la Basilique Saint-Patrick de Montréal, etc.

Économie quĂ©bĂ©coise

Une aluminerie de Rio Tinto Alcan Ă  Alma, Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Autrefois concentrĂ©e dans les mains du syndicat financier de la rue Saint-Jacques de MontrĂ©al[182], l’économie quĂ©bĂ©coise est, aujourd'hui, qualifiĂ©e de post-industrielle diversifiĂ©e. Elle repose entiĂšrement sur un systĂšme de capitalisme et d'Ă©conomie de marchĂ©. Au libĂ©ralisme Ă©conomique sont combinĂ©s divers leviers d'intervention Ă©conomique, soucieux des pratiques sociales et libertĂ©s de choix individuelles. La prospĂ©ritĂ© Ă©conomique du QuĂ©bec est assurĂ©e par la coordination de tous les ministĂšres du gouvernement quĂ©bĂ©cois, dans leurs compĂ©tences respectives, dont les principaux en la matiĂšre sont le ministĂšre du DĂ©veloppement Ă©conomique, de l'Innovation et de l'Exportation du QuĂ©bec, le ministĂšre des Finances du QuĂ©bec ainsi que le ministĂšre du Revenu du QuĂ©bec.

Bien que le QuĂ©bec possĂšde une quantitĂ© incommensurable de ressources naturelles, sa croissance repose surtout sur les nouvelles technologies. Soixante-dix pourcent de son produit intĂ©rieur brut (PIB) est gĂ©nĂ©rĂ© par le secteur des services, alors que son taux de chĂŽmage se situe aux alentours de 7 % (dĂ©cembre 2007), supĂ©rieur Ă  la moyenne canadienne de 6 %.

Le QuĂ©bec est dotĂ© de plusieurs institutions financiĂšres, telles le mouvement coopĂ©ratif des caisses Desjardins, la Banque Laurentienne, la Banque nationale du Canada, la sociĂ©tĂ© de capital de risque du Fonds de solidaritĂ© FTQ, le cabinet de services financiers de l'Industrielle Alliance, etc. À celles-ci s'ajoutent en outre des institutions gouvernementales, telles l'AutoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF), la Caisse de dĂ©pĂŽt et placement du QuĂ©bec, Investissement QuĂ©bec et la SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale de financement (SGF).

La ville de Saint-Georges, Chaudiùre-Appalaches, au cƓur de la Beauce, reconnue pour sa multitude de petites et moyennes entreprises (PME).

Parmi les entreprises québécoises possédant un marché considérable à la grandeur du Québec, le dénombrement inclut le réseau des pharmacies Jean Coutu et Pharmaprix, les distributeurs en alimentation du groupe Metro Inc., le distributeur en produits de rénovations et de quincaillerie Rona, les rÎtisseries Saint-Hubert, etc. D'autres entreprises ont, par ailleurs, développé une présence marquée au niveau de certaines économies locales et régionales, telles les Pétroles R.L. et Belzile, le centre de rénovation et quincailler Canac-Marquis Grenier, les restaurants Chez Ashton, les ameublements Gagnon-FrÚres, etc.

De plus, Ă©tant donnĂ© qu’il produit de l’énergie en grande quantitĂ© et Ă  un bas coĂ»t, le QuĂ©bec produit prĂšs de 10 % de l’aluminium sur la planĂšte, grĂące Ă  l'aluminerie Alcan (rachetĂ© par le groupe Britanno-Australien Rio Tinto en 2007) et Ă  son concurrent amĂ©ricain, Alcoa. RĂ©cemment, l’économie quĂ©bĂ©coise a dĂ» faire face Ă  plusieurs embĂ»ches : hausse fulgurante du dollar canadien, fĂ©roce concurrence Ă©trangĂšre (Asie), hausse du prix de l’énergie, crise dans le secteur forestier et, derniĂšrement, ralentissement de l’économie amĂ©ricaine. La croissance a Ă©tĂ© de 2,2 % en 2006, infĂ©rieure Ă  la moyenne canadienne de 3 %. Pour 2007, la croissance sera sous les 2 %. Cependant, une reprise est prĂ©dite pour 2008. Le PIB quĂ©bĂ©cois est de 230,6 milliards $US en paritĂ© de pouvoir d’achat (PPA), et celui par habitant est de 30 143 dollars amĂ©ricains (en PPA)[183], un montant qui se compare Ă  celui de la France[184] ou de l’Italie[185]. Cependant, l’écart entre le PIB/Habitant avec l'Ontario et la moyenne canadienne est d’environ de 15-20 %, la moyenne canadienne se situant Ă  35 875 $US (en PPA)[186]. De par sa taille, l’économie du QuĂ©bec se compare Ă  celle de la NorvĂšge[187].

Science et technologie

L'observatoire du Mont Mégantic, Estrie, dédié à l'astronomie.

La science et la technologie sont des facteurs dĂ©terminants dans le positionnement Ă©conomique du QuĂ©bec. Étant l’un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l’aĂ©rospatiale, les technologies de l’information, les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique, le QuĂ©bec joue un rĂŽle significatif dans la communautĂ© scientifique et technologique.

L’industrie aĂ©rospatiale demeure un fleuron de l'Ă©conomie quĂ©bĂ©coise avec la prĂ©sence de constructeurs tels Bombardier AĂ©ronautique, Bell Helicopter Textron Canada, CAE et Pratt & Whitney Canada, implantĂ©s notamment sur le territoire de la CommunautĂ© mĂ©tropolitaine de MontrĂ©al. D'autres organisations d'envergure Ɠuvrant dans l'industrie ont de mĂȘme Ă©lu domicile au QuĂ©bec, telles Air Canada, l'Agence spatiale canadienne (ASC) et l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Par ailleurs, la ville de MontrĂ©al est considĂ©rĂ©e ĂȘtre le deuxiĂšme centre aĂ©rospatial au monde, aprĂšs Seattle et devant Toulouse, faisant ainsi du QuĂ©bec le quatriĂšme joueur mondial sur ce marchĂ©.

D'autre part, la ville de MontrĂ©al se prĂ©vaut d'une industrie du jeu vidĂ©o en plein dĂ©veloppement. D’ailleurs, une revue britannique spĂ©cialisĂ©e en la matiĂšre (Develop, octobre 2006) affirme que la mĂ©tropole est l’endroit qui a connu le plus grand essor dans ce domaine au cours des 10 derniĂšres annĂ©es. On attribue ce phĂ©nomĂšne Ă  une culture du jeu vidĂ©o avant-gardiste, notamment grĂące Ă  Soft Image (fondĂ©e par Daniel Langlois en 1986) et Ă  l’arrivĂ©e d’Ubisoft, Ă  MontrĂ©al, en 1997. D'autres d’entreprises s'ajoutent Ă  ce secteur Ă©conomique, telles Electronic Arts et Eidos. L'industrie emploie prĂšs de 10 000 personnes et des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars sont prĂ©vus dans ce domaine au cours des prochaines annĂ©es.

Exportation et importation

La ville de Saint-Hyacinthe, Montérégie, est la plaque tournante des marchés nord-américains dans le secteur des biotechnologies agroalimentaires, vétérinaires et agroenvironnementales.

Plusieurs entreprises quĂ©bĂ©coises de renom Ɠuvrent sur le marchĂ© international : le producteur de pĂąte et papiers Abitibi-Consolidated, le producteur de lait Agropur, le constructeur des transports Bombardier, le cabinet d'avocats Cain Lamarre Casgrain Wells, la papetiĂšre Cascades, la compagnie des technologies de l'information Groupe CGI, le Cirque du Soleil, les dĂ©panneurs Couche-Tard, la Corporation de SĂ©curitĂ© Garda World, la firme mercatique Groupe Cossette Communication, la compagnie de mĂ©dias et tĂ©lĂ©communications Quebecor, la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton, la fromagerie Saputo et la boulangerie Vachon, le groupe d'ingĂ©nierie et de construction SNC-Lavalin, etc.

GrĂące Ă  l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et Ă  l’Accord de libre-Ă©change nord-amĂ©ricain (ALÉNA), le QuĂ©bec connaĂźt une augmentation de sa capacitĂ© Ă  concurrencer le marchĂ© international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisĂ©es. Par consĂ©quent, le QuĂ©bec a vu ses exportations s’accroĂźtre de maniĂšre importante. Ces Ă©changes internationaux contribuent Ă  la vigueur de l’économie quĂ©bĂ©coise, notamment en matiĂšre d’emploi. PrĂšs des deux tiers de ses exportations sont rĂ©alisĂ©es ailleurs qu’au Canada.

En 2003, les exportations quĂ©bĂ©coises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et Ă©taient destinĂ©es aux États-Unis d’AmĂ©rique (83,2 %), Ă  l’Europe (9,6 %), Ă  l’Asie (4,4 %) et Ă  l’AmĂ©rique latine (1,5 %). En 2003, le QuĂ©bec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l’Europe (29,3 %), de l’Asie (18,6 %), de l’AmĂ©rique latine (7,4 %) ainsi que de l’Afrique et du Moyen-Orient (6,0 %). La proximitĂ© gĂ©ographique du QuĂ©bec avec les États-Unis explique le fait qu’une partie non nĂ©gligeable de ses exportations soit destinĂ©e au territoire Ă©tats-unien.

Le tourisme

Le secteur historique de la ville de Québec, un des haut lieux touristiques du Québec, vu de la pointe Lévy à Lévis.
Article dĂ©taillĂ© : Tourisme au QuĂ©bec.

L’industrie touristique est un pilier Ă©conomique majeur au QuĂ©bec. Alors que le ministĂšre du Tourisme du QuĂ©bec en assure le dĂ©veloppement, l'Institut de tourisme et d'hĂŽtellerie du QuĂ©bec (ITHQ) Ɠuvre dans la formation supĂ©rieure des professionnels du domaine[188].

En 2005, l’industrie touristique procurait des emplois directs Ă  133 271 travailleurs[189]. Ces employĂ©s Ɠuvrent dans plus de 29 000 entreprises touristiques quĂ©bĂ©coises[190]. On estime qu’en 2005, le QuĂ©bec a accueilli 28,3 millions de touristes[191]. De ce nombre 75,7 % provenaient du QuĂ©bec, 13 % du Canada, 7,6 % des États-Unis et 3,7 % d’autres pays[191]. Annuellement, les touristes dĂ©pensent plus de 7,5 milliards de dollars dans les diffĂ©rentes sphĂšres de l’industrie touristique quĂ©bĂ©coise[191].

Eu Ă©gard au tourisme, le QuĂ©bec compte 21 rĂ©gions touristiques (diffĂ©rentes des rĂ©gions administratives pour certaines) administrĂ©es par un rĂ©seau autonome d'associations touristiques rĂ©gionales (ATR)[192]. Quelle que soit la saison, une panoplie d’activitĂ©s s’offre aux visiteurs sur les routes et circuits touristiques[193]. Quant aux attraits, les musĂ©es, casinos, lieux de culte et du patrimoine, parcs, rĂ©serves et jardins, sont particuliĂšrement courus des touristes. Enfin, le QuĂ©bec est le thĂ©Ăątre de nombreux Ă©vĂ©nements d’envergure internationale, qu’il s’agisse de compĂ©titions sportives (Grand Prix automobile du Canada, Coupe Rogers), de festivals (Festival International de Jazz de MontrĂ©al, Festival d’étĂ© international de QuĂ©bec) ou du cĂ©lĂšbre Carnaval de QuĂ©bec, plus important carnaval d’hiver au monde.

Les transports

Article dĂ©taillĂ© : Transport au QuĂ©bec.

Le dĂ©veloppement et la sĂ»retĂ© des transports au QuĂ©bec sont assurĂ©s par la contribution du ministĂšre des Transports du QuĂ©bec, notamment par le maintien de services d'informations sur les conditions routiĂšres (ex.: QuĂ©bec 511 - Info Transports)[194]. D'autres organismes d'informations, tels la Garde cĂŽtiĂšre canadienne et Nav Canada, assurent ce mĂȘme service dans la navigation maritime et aĂ©rienne. La Commission des transports du QuĂ©bec Ɠuvre pour sa part auprĂšs des transporteurs, notamment dans les domaines du transport de marchandises et du transport en commun au QuĂ©bec.

Le rĂ©seau routier quĂ©bĂ©cois est administrĂ© par la SociĂ©tĂ© de l'assurance automobile du QuĂ©bec (SAAQ) et comprend environ 185 000 km d’autoroutes, de routes nationales et rĂ©gionales, de rues et de chemins locaux. En outre, le QuĂ©bec compte prĂšs de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutĂšnement, ponceaux et autres constructions[195], tels le pont de QuĂ©bec, le pont Laviolette et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. En plus du transport par automobile, plusieurs compagnies de transport par autobus parcourent, chaque jour, des centaines de kilomĂštres Ă  travers le QuĂ©bec : OrlĂ©ans Express, Intercar, Limocar, Acadian Lines, etc.

Le traversier N.M. Camille-Marcoux, de la SociĂ©tĂ© des traversiers du QuĂ©bec, assurant les liaisons Baie-Comeau—Matane et Godbout—Matane.

Dans les eaux du Saint-Laurent se trouvent huit ports en eau profonde destinĂ©s au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transitĂ© par la portion quĂ©bĂ©coise de la Voie maritime du Saint-Laurent[196]. De plus, plusieurs traversiers, notamment de la SociĂ©tĂ© des traversiers du QuĂ©bec, permettent d'effectuer des trajets maritimes, principalement sur le fleuve Saint-Laurent. L'Institut maritime du QuĂ©bec, Ă  Rimouski, est le principal Ă©tablissement veillant Ă  la formation supĂ©rieure en navigation et construction maritime.

Quant au transport ferroviaire, le QuĂ©bec dispose de 6 678 km de voies ferrĂ©es[197] qui s’intĂšgrent au grand rĂ©seau nord-amĂ©ricain. Bien que principalement destinĂ© au transport des marchandises avec des compagnies privĂ©es telles le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP), le rĂ©seau ferroviaire quĂ©bĂ©cois joue, Ă  plus petite Ă©chelle, un rĂŽle dans le transport interurbain des passagers, par l'intermĂ©diaire de Via Rail Canada et d'Amtrak. Le transport ferroviaire rĂ©gional est essentiellement limitĂ© aux tours opĂ©rateurs, tels Orford Express en Estrie et Le p'tit train Ă  vapeur en Outaouais. La grande rĂ©gion de MontrĂ©al est cependant desservie par un rĂ©seau rĂ©gional de trains de banlieue, l'Agence mĂ©tropolitaine de transport (AMT). La formation supĂ©rieure en gĂ©nie ferroviaire est assurĂ©e par l'École Polytechnique de MontrĂ©al.

Deux types de rĂ©seaux aĂ©riens opĂšrent sur le territoire : le rĂ©seau supĂ©rieur et le rĂ©seau local. Le rĂ©seau supĂ©rieur comprend 43 aĂ©roports qui offrent des services rĂ©guliers sur une base quotidienne[196]. De plus, le gouvernement quĂ©bĂ©cois est propriĂ©taire d'aĂ©roports et hĂ©liports qui permettent l'accessibilitĂ© des services, notamment aux communautĂ©s de la Basse-CĂŽte-Nord et des rĂ©gions nordiques[198]. Alors que l'École nationale d'aĂ©rotechnique, Ă  l'aĂ©roport de Saint-Hubert, est spĂ©cialisĂ©e dans la construction et la maintenance d'aĂ©ronefs, le cĂ©gep de Chicoutimi est le seul Ă©tablissement public du QuĂ©bec offrant la formation supĂ©rieure en pilotage, en collaboration avec le Centre quĂ©bĂ©cois de formation aĂ©ronautique (CQFA) de Saint-HonorĂ©.

Divers autres rĂ©seaux de transport sillonnent le territoire quĂ©bĂ©cois, dont les sentiers pĂ©destres, les sentiers de motoneiges et les pistes cyclables; la route Verte Ă©tant la plus importante avec prĂšs de 4 000 kilomĂštres de longueur.

Les ressources naturelles

La ville miniĂšre de Fermont, CĂŽte-Nord, au commencement de la route du fer.

L’abondance de ses ressources naturelles confĂšre au QuĂ©bec une position avantageuse sur le plan mondial. Le QuĂ©bec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se dĂ©marque Ă©galement par l’exploitation de ses ressources forestiĂšres.

Le QuĂ©bec est remarquable par les richesses naturelles de son vaste territoire. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d’exploration et une quinzaine d’industries de premiĂšre transformation. Une trentaine de substances diverses y sont exploitĂ©es, dont les plus importantes sont l’or, le fer, le titane, l’amiante, le cuivre, le zinc et l’argent[199].

À peine 40 % du potentiel minĂ©ral du sous-sol quĂ©bĂ©cois est actuellement connu. En 2003, la valeur des expĂ©ditions minĂ©rales du QuĂ©bec a atteint 3,656 milliards de dollars[200]. L’immense majoritĂ© (90,5 %) des forĂȘts du QuĂ©bec sont de propriĂ©tĂ© publique. Les forĂȘts recouvrent plus de la moitiĂ© du territoire quĂ©bĂ©cois, soit 761 100 km2[201]. Le domaine forestier quĂ©bĂ©cois s’étend sur sept degrĂ©s de latitude.

Le bilan Ă©nergĂ©tique du QuĂ©bec a connu de grands bouleversements en 20 ans. L’électricitĂ© occupe maintenant au QuĂ©bec le premier rang parmi les formes d’énergie, suivie du pĂ©trole et du gaz naturel. Elle est presque entiĂšrement produite par Hydro-QuĂ©bec, une sociĂ©tĂ© d'État quĂ©bĂ©coise qui gĂšre 83 centrales rĂ©parties sur tout le territoire quĂ©bĂ©cois. En 2000, le QuĂ©bec Ă©tait le quatriĂšme producteur mondial d’hydroĂ©lectricitĂ©, derriĂšre les États-Unis, le BrĂ©sil et la Russie.

L'Ă©vacuateur de crues (surnommĂ©, l'escalier du gĂ©ant) de la centrale hydroĂ©lectrique Robert-Bourassa Ă  la Baie-James, Nord-du-QuĂ©bec, dont les 10 marches font chacune 10 mĂštres de haut sur 122 mĂštres de long[202].

Le QuĂ©bec demeure un importateur de pĂ©trole brut. Dans ce secteur, les activitĂ©s d’exploration ayant cours au QuĂ©bec demeurent limitĂ©es. Plus des trois cinquiĂšmes du pĂ©trole brut achetĂ© par le QuĂ©bec proviennent des gisements de la Mer du Nord (Royaume-Uni et NorvĂšge). Le reste est achetĂ© au Venezuela, en AlgĂ©rie, au Mexique et au Moyen-Orient.

Quant au gaz naturel, des activitĂ©s d’exploration se dĂ©roulent Ă©galement au QuĂ©bec. Aussi, des efforts visent la mise en valeur des structures gĂ©ologiques Ă  des fins de stockage de la ressource.

Le QuĂ©bec importe de l’Alberta la quasi-totalitĂ© du gaz qu’il consomme. Au cours des 30 derniĂšres annĂ©es, deux gisements ont Ă©tĂ© exploitĂ©s au QuĂ©bec, soit Ă  Pointe-du-Lac, prĂšs de Trois-RiviĂšres, et Ă  Saint-Flavien, au sud de QuĂ©bec. Depuis 1980, le QuĂ©bec a considĂ©rablement Ă©tendu son rĂ©seau gazier.

Symboles nationaux

Le drapeau

Article dĂ©taillĂ© : Drapeau du QuĂ©bec.
Le Fleurdelisé, drapeau national du Québec. Rapport 2:3

Le drapeau national, tel qu’on le connaĂźt aujourd’hui, est couramment surnommĂ© le fleurdelisĂ©[203]. Il fut instituĂ© par le gouvernement de Maurice Duplessis, le 21 janvier 1948. La composition hĂ©raldique du drapeau est « d’azur Ă  la croix d’argent cantonnĂ©e de quatre fleurs de lis du mĂȘme Â»[204]. L’argent est reprĂ©sentĂ© par la couleur blanche du tissu du drapeau. La croix blanche, quant Ă  elle, est le symbole d’une nation catholique et tire son origine du Moyen Âge. Pour sa part, le bleu azur est apparu vers l’an mil comme marque de l’autoritĂ© française. Enfin, pour ce qui est des fleurs de lis blanches (ou argentĂ©es), elles rappellent la fondation d’une France nouvelle en AmĂ©rique, ce symbole, lorsque dorĂ©, ayant vite Ă©tĂ© associĂ© Ă  la monarchie française.

Les armoiries

Article dĂ©taillĂ© : Armoiries du QuĂ©bec.

Les premiĂšres armoiries du QuĂ©bec lui furent accordĂ©es par mandat de la reine Victoria, le 26 mai 1868[204]. En 1939, le gouvernement quĂ©bĂ©cois adopte les armoiries actuelles de la province, suite Ă  une Ă©tude de l’hĂ©raldiste Maurice Brodeur[205]. Ce changement rĂ©pond au dĂ©sir de les rendre plus conformes aux rĂ©alitĂ©s historiques du QuĂ©bec. Le nouveau blason reprĂ©sente « TiercĂ© en fasce d’azur, Ă  trois fleurs de lis d’or ; de gueules, Ă  un lĂ©opard d’or armĂ© et lampassĂ© d’azur ; d’or, Ă  une branche d’érable Ă  sucre Ă  triple feuille de sinople, aux nervures du champ timbrĂ© de la couronne royale ; sous l’écu, un listel d’argent bordĂ© d’azur portant la devise Je me souviens du mĂȘme Â»[206]. Le chef de l’écu, d’azur Ă  trois fleurs de lis d’or, symbolise la naissance du Canada et son premier rĂ©gime politique (français). Au centre, les armoiries reprĂ©sentent le second rĂ©gime politique (britannique), avec le lĂ©opard associĂ© aux armoiries britanniques. La pointe de l’écu montre les feuilles d’érable Ă  sucre qui rappellent la terre canadienne. Elles sont l’emblĂšme particulier du QuĂ©bec, oĂč l’industrie du sucre d’érable reprĂ©sente environ 80 % de la production mondiale[168],[169]. La couronne hĂ©raldique de la Grande-Bretagne apparaĂźt au-dessus de l’écu. Selon les Acte de l’AmĂ©rique du Nord britannique, toujours en vigueur, le souverain britannique est le dĂ©fenseur des droits des Canadiens de langue française.

Les armoiries et la devise gravées dans la pierre au-dessus de la porte centrale de l'hÎtel du Parlement, dans la Capitale-Nationale.

La devise

Article dĂ©taillĂ© : Je me souviens.

La devise du QuĂ©bec, qui figure officiellement au bas des armoiries de la province depuis 1939[205], fut le fruit de l’imagination et de l’initiative du concepteur de l’HĂŽtel du Parlement du QuĂ©bec, EugĂšne-Étienne TachĂ©. En effet, TachĂ© avait prĂ©vu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l’HĂŽtel du Parlement et d’y inscrire une devise de son cru : Je me souviens. Il prĂ©para des plans Ă  cette fin et ils furent annexĂ©s au contrat de construction passĂ© en 1883 sous l’autoritĂ© d’un arrĂȘtĂ© du Conseil exĂ©cutif. C’est ainsi que la devise imaginĂ©e par TachĂ© a Ă©tĂ© ratifiĂ©e par le gouvernement quĂ©bĂ©cois. Plusieurs auteurs ont cherchĂ© le sens de cette devise, TachĂ© ne s’étant jamais exprimĂ© sur cette question. AndrĂ© Duval y voit la rĂ©ponse d’un sujet canadien-français Ă  la devise du marquis de Lorne, gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada, qui se trouve dans le vestibule de l’HĂŽtel du Parlement : « Ne obliviscaris Â» (Gardez-vous d’oublier). Conrad Laforte croit, pour sa part, que TachĂ© s’est inspirĂ© du Canadien errant d’Antoine GĂ©rin-Lajoie : « Va, dis Ă  mes amis, que je me souviens d’eux Â».

Ces interprĂ©tations rĂ©centes ne semblent pourtant pas correspondre Ă  celles qui circulaient au tournant du siĂšcle, chez des contemporains du concepteur de la devise. Étant donnĂ© l’époque Ă  laquelle elles furent suggĂ©rĂ©es, ces interprĂ©tations risquaient d’ĂȘtre plus justes. Ainsi, dans un discours de 1890, le juge JettĂ© Ă©voquait les sentiments des Canadiens lorsque le drapeau français rĂ©apparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens Â». D’aprĂšs Pierre-Georges Roy, la devise quĂ©bĂ©coise affirme « clairement le passĂ©, le prĂ©sent et le futur de la seule province française de la ConfĂ©dĂ©ration canadienne Â». Ernest Gagnon, ancien secrĂ©taire du dĂ©partement des Travaux publics ayant bien connu TachĂ©, Ă©crivit que cette devise rĂ©sumait admirablement « la raison d’ĂȘtre du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la ConfĂ©dĂ©ration Â»[207]. Selon lui, en concevant la dĂ©coration de l’HĂŽtel du Parlement, TachĂ© voulait rendre hommage aux hommes et aux femmes qui avaient marquĂ© l’histoire du QuĂ©bec.

Autres symboles

L'iris versicolore

En 1987, le harfang des neiges (Bubo scandiacus), rappelant la blancheur des hivers quĂ©bĂ©cois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un trĂšs vaste territoire, devint l’emblĂšme aviaire du QuĂ©bec[204],[208].

Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), communĂ©ment appelĂ© merisier, fut choisi comme arbre emblĂ©matique de la province, pour sa prĂ©sence dans les forĂȘts du QuĂ©bec et son usage Ă  la fois artisanal et commercial[204],[209].

En 1999, l’iris versicolore (Iris versicolor) fut choisi comme fleur-emblĂšme du QuĂ©bec, en remplacement du lys blanc, qui n’est pas indigĂšne au QuĂ©bec. Outre sa ressemblance au fleurdelisĂ© du drapeau quĂ©bĂ©cois, il symbolise, par l’harmonie de ses couleurs, la diversitĂ© de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise et, par son habitat, l’importance des milieux humides dans la province. De plus, sa floraison se produit vers le 24 juin, le jour de la FĂȘte nationale du QuĂ©bec[204],[210].

Enfin, en octobre 1998, un insecte-emblĂšme a Ă©tĂ© choisi par vote populaire lors d’un scrutin parrainĂ© par l’Insectarium de MontrĂ©al : le papillon amiral blanc (Limenitis arthemis)[211]. Cet insecte Ă©tait en compĂ©tition avec quatre candidats : la coccinelle maculĂ©e, la demoiselle bistrĂ©e, le bourdon fĂ©brile et la cicindĂšle Ă  six points. Le ministĂšre du DĂ©veloppement durable, de l'Environnement et des Parcs du QuĂ©bec soutient et finance actuellement des actions pour faire reconnaĂźtre officiellement le papillon amiral comme insecte emblĂ©matique.

FĂȘte nationale du QuĂ©bec

Article dĂ©taillĂ© : FĂȘte nationale du quĂ©bec.
Logo de la FĂȘte nationale du QuĂ©bec de 2009.

Le 24 juin est la date officielle de la FĂȘte nationale du QuĂ©bec[212], jour fĂ©riĂ© et chĂŽmĂ©[213],[214], marquĂ© par diverses manifestations officielles et populaires (dĂ©filĂ©s, concerts, etc.)[212].

Elle coïncide avec le jour de la Saint-Jean-Baptiste, historiquement associée aux descendants des colons de la Nouvelle-France, avec des activités comme le traditionnel feu de la Saint-Jean.

Cet ensemble de festivitĂ©s se veut un Ă©vĂ©nement officiellement apolitique. NĂ©anmoins, il est parfois l’occasion, pour les nationalistes quĂ©bĂ©cois, de manifester publiquement leur allĂ©geance politique et pour les fĂ©dĂ©ralistes, de dĂ©noncer publiquement cette affirmation, tendant ainsi vers le statu quo en leur faveur.

Journée nationale des Patriotes

Un tableau de Charles Alexander Smith peint en 1890 et représentant l'Assemblée des six-comtés tenue en octobre 1837 à Saint-Charles-sur-Richelieu.

La journée nationale des Patriotes est empreinte de commémorations et d'activités à caractÚre historique afin de souligner l'apport des Patriotes qui ont défendu le Bas-Canada lors des rébellions de 1837-1838. Depuis 2003, elle se veut un jour férié et chÎmé, le troisiÚme lundi du mois de mai de chaque année[215].

Avant 2003 et depuis le premier quart du XXe siĂšcle, connue officiellement sous le nom de FĂȘte de Dollard, cette mĂȘme journĂ©e soulignait les exploits d'Adam Dollard des Ormeaux, hĂ©ros de la Nouvelle-France Ă  la bataille de Long Sault. Depuis les dĂ©buts du XIXe siĂšcle, celui-ci devint alors un emblĂšme patriotique et fit l'objet d'un culte exceptionnel pour la bataille qu'il mena contre les Iroquois en 1660.

Ainsi, la fĂȘte de Dollard coĂŻncidait, depuis 1910, avec la fĂȘte de la Reine, fĂȘtĂ©e au Canada anglais, afin d'inciter les jeunes Ă  rĂ©sister aux valeurs du matĂ©rialisme et de l’amĂ©ricanisme en suivant l’exemple de Dollard[216].

Journée nationale du déménagement

ScÚne typique de déménagement survenant le 1er juillet.

La journĂ©e nationale du dĂ©mĂ©nagement est un phĂ©nomĂšne social quĂ©bĂ©cois, et non une vĂ©ritable fĂȘte, survenant le 1er juillet de chaque annĂ©e, oĂč susbsiste une coĂŻncidence dans l'Ă©chĂ©ance des baux. Ce jour coĂŻncide ainsi avec la FĂȘte du Canada.

L'historique de cette tradition quĂ©bĂ©coise remonte Ă  1974, oĂč certaines dispositions du Code civil du Bas-Canada furent modifiĂ©es par l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec, relativement aux locations rĂ©sidentielles. En fait, avant cette annĂ©e, le Code dĂ©signait le 1er mai comme jour du dĂ©mĂ©nagement pour tous les locataires. Cependant, depuis cette modification, les propriĂ©taires et locataires sont libres de choisir eux-mĂȘmes la date d'Ă©chĂ©ance de leur bail.

En plus de son cĂŽtĂ© socialement pratique, comparativement au jour du 1er mai, et bien que l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec Ă©tait alors Ă  majoritĂ© fĂ©dĂ©raliste, cette modification permĂźt au mouvement souverainiste de se manifester depuis lors en cette journĂ©e, en ce sens oĂč ce phĂ©nomĂšne populaire marque une indiffĂ©rence face aux festivitĂ©s du jour de la ConfĂ©dĂ©ration[217] et donc, une rĂ©ponse Ă  sa politisation manifeste, rĂ©sultant de l'affirmation publique des fĂ©dĂ©ralistes quĂ©bĂ©cois, par des messages mĂ©diatisĂ©s et sous-entendus aux nationalistes.

Vacances de la Construction

Les vacances de la construction constituent un congé pour la quasi-totalité des travailleurs de la construction, en saison estivale. Depuis 1971, la période ainsi couverte est, habituellement, formée des deux derniÚres semaines du mois de juillet[218]. L'Association de la construction du Québec (ACQ) et la Commission de la construction du Québec (CCQ) travaillent ainsi conjointement afin d'assurer le confort des travailleurs de la construction, en considération de la nature de leur tùches.

Devant l'ampleur de ce phĂ©nomĂšne, d'autres domaines ont accueilli favorablement cette mesure. Ainsi, cette tradition se veut un moyen d'assurer des vacances familiales, notamment aux travailleurs dont des membres de la famille Ɠuvrent dans le domaine de la construction. Ainsi, environ le quart de la main-d'Ɠuvre active quĂ©bĂ©coise prend aussi des vacances pendant cette mĂȘme pĂ©riode[219].

Snowbirds

Le centre commercial linéaire (strip) de la plage de Fort Lauderdale.

Les snowbirds constituent un phénomÚne social réunissant l'ensemble des Québécois qui passent des vacances d'hiver en Floride, depuis le début du XXe siÚcle, et manifestement depuis les années 1950. Ils sont particuliÚrement regroupés dans des villes de l'Est, telles Hallandale Beach, Pompano Beach, Hollywood, Fort Lauderdale, etc[220].

Bien que ce phénomÚne soit particuliÚrement marqué par plusieurs retraités qui y passent généralement six mois tout au plus, plusieurs familles et personnes de tout ùge font l'acquisition de propriété, afin d'y passer des vacances à divers moments de l'année. Les chalets, condominiums et motels sont d'ailleurs les modes d'habitation privilégiés. Alors que les autos et campeurs sont les modes de transports utilisés par nombre de personnes, d'autres préfÚrent effectuer le trajet en bateaux, via le systÚme d'écluses et voies d'eau cÎtiÚres rejoignant le fleuve Saint-Laurent, par la riviÚre Richelieu, le lac Champlain et le fleuve Hudson.

La culture des cabarets montréalais d'avant les années 1960 est particuliÚrement recréée, depuis le débuts des années 1970, dans des spectacles et divertissements présentés en soirée sur la Collins, à Sunny Isles Beach (communément, Miami Beach PQ)[221].

Plusieurs investisseurs quĂ©bĂ©cois ont par ailleurs dĂ©veloppĂ©s des relations avec les communautĂ©s prĂ©sentes, notamment dans la construction de condos, l'achat d'hĂŽtels et motels, etc. Certaines entreprises quĂ©bĂ©coises, telles des institutions financiĂšres et journaux, y ont de mĂȘme implantĂ© leurs activitĂ©s.

De façon similaire, un fort attrait est prĂ©sent pour les villes d'Ogunquit et Old Orchard, dans l'État du Maine, principalement lors des vacances estivales ou lors d'une virĂ©e impromptue.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Bibliographie

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  • Blais, Christian et al., QuĂ©bec : Quatre siĂšcles d'une capitale, QuĂ©bec, AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec, 2008, 692 pages, (ISBN 978-2-551-19804-7).
  • Dorion, Henri, Yves Laframboise et Pierre Lahoud (2007). Le QuĂ©bec 50 sites incontournables. MontrĂ©al, Éditions de l’Homme. 423 pages, (ISBN 2-7619-2368-2).
  • Hocq, Michel (coord) (1994). GĂ©ologie du QuĂ©bec. QuĂ©bec, Les publications du QuĂ©bec. 154 pages, (ISBN 2-551-13934-1).
  • LacoursiĂšre, Jacques, Jean Provencher et Denis Vaugeois (2000). Canada-QuĂ©bec 1534-2000. Sillery, Septentrion. 591 pages, (ISBN 2-89448-156-X).
  • Jacques LacoursiĂšre, Histoire du QuĂ©bec, Des origines Ă  nos jours, Édition Nouveau Monde, 2005, (ISBN 2-84736-113-8).
  • Linteau, Paul-AndrĂ© (1989). Histoire du QuĂ©bec contemporain - Volume 1; De la ConfĂ©dĂ©ration Ă  la crise (1867-1929), Histoire, coll. «BorĂ©al Compact» no 14, 758 pages, (ISBN 2-89052-297-8).
  • Linteau, Paul-AndrĂ© (1989). Histoire du QuĂ©bec contemporain - Volume 2; Le QuĂ©bec depuis 1930, Histoire, coll. «BorĂ©al Compact» no 15, 834 pages, (ISBN 2-89052-298-5).
  • QuĂ©bec. Institut de la statistique du QuĂ©bec (2007). Le QuĂ©bec chiffres en main, Ă©dition 2007[pdf]. 56 pages, (ISBN 2-550-49444-7).
  • Venne, Michel (dir.) (2006). L’annuaire du QuĂ©bec 2007. MontrĂ©al, Fides. 455 pages, (ISBN 2-7621-2746-7).

Notes et références

  1. ↑ a  et b  selon les donnĂ©es de l’Institut de la statistique du QuĂ©bec. Statistique Canada donne le chiffre de 1 542 056 km2, qui est infĂ©rieur de 8 % au chiffre du gouvernement du QuĂ©bec, en raison d’une mĂ©thode de calcul diffĂ©rente.
  2. ↑ a  et b  Banque de donnĂ©es des statistiques officielles sur le QuĂ©bec : Le bilan dĂ©mographique du QuĂ©bec, Institut de la statistique du QuĂ©bec, Ă©dition 2008. (population au 1er juillet 2008)
  3. ↑ UTC -4 : le territoire de Listuguj et Ă  l'est du mĂ©ridien du 63e degrĂ© de longitude Ouest, Ă  savoir les Ăźles de la Madeleine, la partie Ă  l'est de Havre-Saint-Pierre et la moitiĂ© est de l'Ăźle d'Anticosti (voir la Loi sur le Temps lĂ©gal)
  4. ↑ Domaine internet pour les ministùres et organismes d'État
  5. ↑ Voir la section dĂ©taillĂ©e sur la reconnaissance de la nation quĂ©bĂ©coise.
  6. ↑ Renvoi sur l’opposition du QuĂ©bec Ă  une rĂ©solution pour modifier la Constitution, (1982) 2 R.C.S. 793, Cour suprĂȘme du Canada, 6 dĂ©cembre 1982 :

    « On nous a mentionnĂ© un grand nombre de documents, de discours faits au cours des dĂ©bats parlementaires, de rapports de commissions royales, d’opinions d’historiens, d’experts en sciences politiques et de constitutionnalistes qui souscrivent d’une façon ou d’une autre au principe de la dualitĂ© pris au sens que lui donne l’appelant et il ne fait aucun doute qu’un bon nombre d’hommes d’Etat, de politiciens et d’experts canadiens appuient ce principe. Â», p. 814;


    « (...) l’expression «dualité» recouvre l’ensemble des rĂ©alitĂ©s qui font que le QuĂ©bec forme, depuis l’origine du pays et bien avant, une sociĂ©tĂ© distincte, ainsi que l’ensemble des garanties qui, en 1867, ont Ă©tĂ© reconnues au QuĂ©bec, en tant que province que la Commission de l’unitĂ© canadienne qualifiait de «chĂąteau fort du peuple canadien-français», de «phare de la prĂ©sence française en AmĂ©rique du Nord». Ces rĂ©alitĂ©s et ces garanties dĂ©passent largement les seuls secteurs linguistiques et culturels: c’est la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise toute entiĂšre qui s’est sentie protĂ©gĂ©e par l’Acte de l’AmĂ©rique britannique du Nord, protĂ©gĂ©e dans sa langue, certes, mais aussi dans ses valeurs, dans son droit, dans sa religion, dans son Ă©ducation, dans son territoire, dans ses richesses naturelles, dans son gouvernement, dans la souverainetĂ© de son assemblĂ©e lĂ©gislative sur tout ce qui Ă©tait, alors, d’intĂ©rĂȘt «local». Â», p.813.
  7. ↑ a  et b  Loi constitutionnelle de 1867
  8. ↑ Renvoi sur l’opposition du QuĂ©bec Ă  une rĂ©solution pour modifier la Constitution, (1982) 2 R.C.S. 793, Cour suprĂȘme du Canada, 6 dĂ©cembre 1982, p.814.
  9. ↑ Rapport sur l'Ă©volution de la situation linguistique au QuĂ©bec 2002-2007, Office quĂ©bĂ©cois de la langue française, dĂ©pĂŽt lĂ©gal 2008.
  10. ↑ Éditeur officiel du QuĂ©bec, Code civil du QuĂ©bec, derniĂšre mise Ă  jour le 15 fĂ©vrier 2008.
  11. ↑ a  et b  William B. Hamilton, The Macmillan book of Canadian place names, Macmillan of Canada, Toronto, 1978, p. 225, citĂ© dans Noms gĂ©ographiques canadiens, site web du ministĂšre des Ressources naturelles, gouvernement du Canada. Page consultĂ©e le 21 janvier 2009.
  12. ↑ a  et b  Guy Gaudreau, , McGill-Queen’s University Press, 1999, 178 p. (ISBN 0773517839) 
  13. ↑ Guillaume Levasseur, sur sa carte de l'ocĂ©an Atlantique, Dieppe, 1601.
  14. ↑ Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvelle-France, 1609.
  15. ↑ Samuel de Champlain, 1613
  16. ↑ Les provinces naturelles du QuĂ©bec
  17. ↑ Serge Courville, Le QuĂ©bec : GenĂšses et mutations du territoire, Les Presses de l’UniversitĂ© Laval, coll. « GĂ©ographie historique Â», QuĂ©bec, 2000 (ISBN 2-7637-7710-4), p. 9.
  18. ↑ a  et b  Chantal Éthier (textes), Martine Provost (textes) et Yves Marcoux (photographies), QuĂ©bec, terre de contrastes, Les Éditions de l’Homme, MontrĂ©al, 2004 (ISBN 2-7619-1877-0), p. 14.
  19. ↑ QuĂ©bec, Guide Gallimard, 2007
  20. ↑ Loi sur le Temps lĂ©gal (L.R.Q., c. T-5.1)
  21. ↑ Conflit frontalier QuĂ©bec-Labrador
  22. ↑ FrontiĂšres du QuĂ©bec
  23. ↑ a , b  et c  QuĂ©bec (2002).L’eau. La vie. L’avenir. Politique nationale de l’eau[pdf]. (ISBN 2-550-40074-7). page 5.
    Avec 990 kmÂł/an d’eau renouvelables, excluant les lacs et l’eau souterraine, le QuĂ©bec dispose de 3 % du total mondial de cette ressource.
  24. ↑ L’interatlas: Les ressources du QuĂ©bec et du Canada, Centre d’études en enseignement du Canada, Centre Ă©ducatif et culturel, MontrĂ©al, 1986 (ISBN 2-7617-0317-0), p. 39
  25. ↑ Marcel Boyer,Texte d’opinion : 11 idĂ©es pour changer le QuĂ©bec, Le Journal de MontrĂ©al, 12 janvier 2008.
  26. ↑ (fr)Service mĂ©tĂ©orologique du Canada, « TempĂ©rature estivale 2006 Â», 5 avril 2007, CRIACC
  27. ↑ (fr)Service mĂ©tĂ©orologique du Canada, « TempĂ©rature hivernale 2006-2007 Â», 28 mars 2007, CRIACC
  28. ↑ Le Centre de donnĂ©es sur le patrimoine naturel du QuĂ©bec (CDPNQ)
  29. ↑ La biodiversitĂ© du Saint-Laurent
  30. ↑ Poissons du QuĂ©bec
  31. ↑ Loi sur les races animales du patrimoine agricole du QuĂ©bec (L.R.Q., c. R-0.01)
  32. ↑ Conseil des appellations rĂ©servĂ©es et des termes valorisants
  33. ↑ FĂ©dĂ©ration des producteurs de porcs du QuĂ©bec
  34. ↑ FĂ©dĂ©ration des producteurs d'agneaux et moutons du QuĂ©bec
  35. ↑ QuĂ©bec. MinistĂšre des Ressources naturelles et de la Faune.Domaine forestier. Page consultĂ©e le 19 aoĂ»t 2007.
  36. ↑ L'Arboretum du QuĂ©bec
  37. ↑ QuĂ©bec. Institut de la statistique du QuĂ©bec (2007). et distribution de la population par rĂ©gion administrative, superficie et densitĂ©, QuĂ©bec, 1971-2006. Page consultĂ©e le 18 aoĂ»t 2007.
  38. ↑ MinoritĂ©s visibles du QuĂ©bec
  39. ↑ a  et b  Jacques LacoursiĂšre, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-QuĂ©bec 1534-2000 : synthĂšse historique. Sillery, Septentrion, 2000, p. 11.
  40. ↑ « Les AmĂ©rindiens et Inuits du QuĂ©bec 11 nations contemporaines Â»[pdf], QuĂ©bec, SecrĂ©tariat aux affaires autochtones, 2001.
  41. ↑ Ibid, p. 13-14.
  42. ↑ a  et b  Ibid.
  43. ↑ Ibid, p. 16.
  44. ↑ ibid, p. 19.
  45. ↑ TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France : les vaines tentatives 1524-1603, Fides, MontrĂ©al, 1963, 307 p.
  46. ↑ Le chantier archĂ©ologique Cartier-Roberval
  47. ↑ Site historique et archĂ©ologique de l'Habitation-Samuel-de-Champlain
  48. ↑ Canada-QuĂ©bec, de Jacques LacoursiĂšre, Jean Provencher, Denis Vaugeois
  49. ↑ Voir aussi DĂ©portation des Acadiens
  50. ↑ Voir aussi Bataille de Sainte-Foy
  51. ↑ Pierre-Alexis Tremblay, lors d’une Ă©lection partielle fĂ©dĂ©rale. Il perdit toutefois l’élection subsĂ©quente.
  52. ↑ La rĂ©volution tranquille, 50 ans aprĂšs, PremiĂšre ChaĂźne de la radio de Radio-Canada, le mercredi 9 septembre 2009, 13h00 (HAE).
  53. ↑ SouverainetĂ© : Un OUI Ă  54, Le Devoir, 27 avril 2005.
  54. ↑ Sondage LĂ©ger Marketing pour le compte du Globe and Mail et du journal Le Devoir, 27 avril 2005.
  55. ↑ « Renvoi : RĂ©solution pour modifier la Constitution, (1981) 1 R.C.S. 753 Â» : arrĂȘt de la Cour suprĂȘme statuant sur la caducitĂ© des pouvoirs du lieutenant-gouverneur.
  56. ↑ Loi sur l'AssemblĂ©e nationale (L.R.Q., c. A-23.1)
  57. ↑ Loi Ă©lectorale (L.R.Q., c. E-3.3)
  58. ↑ Loi sur l'exĂ©cutif (L.R.Q., c. E-18)
  59. ↑ Le RĂšglement de l'AssemblĂ©e nationale et autres rĂšgles de procĂ©dures
  60. ↑ La procĂ©dure parlementaire du QuĂ©bec
  61. ↑ Loi sur la Transparence et l'Éthique en matiùre de lobbyisme (L.R.Q., c. T-11.011)
  62. ↑ Loi Ă©lectorale (L.R.Q., c. E-3.3)
  63. ↑ Loi sur le Protecteur du citoyen (L.R.Q., c. P-32)
  64. ↑ Loi sur le VĂ©rificateur gĂ©nĂ©ral du QuĂ©bec (L.R.Q., c. V-5.01)
  65. ↑ Loi sur l'administration publique (L.R.Q., c. A-6.01)
  66. ↑ Loi sur la fonction publique (L.R.Q., c. F-3.1.1)
  67. ↑ Services QuĂ©bec
  68. ↑ Bureau du premier ministre du QuĂ©bec
  69. ↑ Loi sur le ministĂšre du Conseil exĂ©cutif
  70. ↑ MinistĂšre du Conseil exĂ©cutif du QuĂ©bec
  71. ↑ Loi sur les Ă©lections scolaires (L.R.Q., c. E-2.3)
  72. ↑ Loi sur l'AssemblĂ©e nationale (L.R.Q., c. A-23.1)
  73. ↑ Loi sur l'exĂ©cutif (L.R.Q., c. E-18)
  74. ↑ Loi Ă©lectorale (L.R.Q., c. E-3.3)
  75. ↑ [1] Page consultĂ©e le 6 novembre 2008
  76. ↑ [2] Page consultĂ©e le 6 novembre 2008
  77. ↑ [3] Page consultĂ©e le 6 novembre 2008
  78. ↑ Le premier ministre Ă©nonce sa vision et crĂ©e une commission spĂ©ciale d’étude (8 fĂ©vrier 2007)[4]. Page consultĂ©e le 6 novembre 2008
  79. ↑ [5] Page consultĂ©e le 7 novembre 2008
  80. ↑ RĂ©solution de l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec, 30 octobre 2003.
  81. ↑ ProcĂšs-verbal de l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec, no 87, 1re session, 38e lĂ©gislature, 22 mai 2008.
  82. ↑ PremiĂšre formulation de la doctrine GĂ©rin-Lajoie
  83. ↑ Le QuĂ©bec et le changement climatique: un dĂ©fi pour l’avenir
  84. ↑ Loi sur la SociĂ©tĂ© des Ă©tablissements de plein air du QuĂ©bec
  85. ↑ Loi sur l'Agence de l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique (L.R.Q., c. A-7.001)
  86. ↑ Loi sur la protection du territoire et des activitĂ©s agricoles (L.R.Q., c. P-41.1)
  87. ↑ Le zonage agricole
  88. ↑ Commission de protection du territoire agricole du QuĂ©bec
  89. ↑ Bureau du forestier en chef du QuĂ©bec
  90. ↑ Emploi-QuĂ©bec
  91. ↑ Loi sur les normes du travail (L.R.Q., c. N-1.1)
  92. ↑ Code du travail (L.R.Q., c. C-27)
  93. ↑ Accord Canada-QuĂ©bec relatif Ă  l'immigration et Ă  l'admission temporaire des aubains (Accord Gagnon-Tremblay—McDougall)
  94. ↑ RĂ©solution de l'AssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec sur la dĂ©fense des valeurs qubĂ©coises, mai 2008.
  95. ↑ Au QuĂ©bec pour bĂątir ensemble : ÉnoncĂ© de politique en matiĂšre d'immigration et d'intĂ©gration
  96. ↑ Loi sur les services de santĂ© et les services sociaux (L.R.Q., c. S-4.2)
  97. ↑ http://www.msss.gouv.qc.ca/reseau/rls/ Centres de santĂ© et de services sociaux - RĂ©seaux locaux de services
  98. ↑ Loi sur la RĂ©gie de l'assurance maladie du QuĂ©bec
  99. ↑ SecrĂ©tariat Ă  la jeunesse du QuĂ©bec
  100. ↑ Loi sur le Conseil supĂ©rieur de l'Ă©ducation (L.R.Q., c. C-60)
  101. ↑ FĂ©dĂ©ration des commissions scolaires du QuĂ©bec
  102. ↑ Loi sur l'instruction publique
  103. ↑ Loi sur l'enseignement privĂ©
  104. ↑ Loi sur l'UniversitĂ© du QuĂ©bec (L.R.Q., c. U-1)
  105. ↑ Loi sur les collĂšges d'enseignement gĂ©nĂ©ral et professionnel (L.R.Q., c. C-29)
  106. ↑ PrĂ©ambule de la loi constitutionnelle de 1867 : « (...) avec une constitution reposant sur les mĂȘmes principes que celle du Royaume-Uni Â».
  107. ↑ Loi constitutionnelle de 1867 : l'article 94 sur l'uniformitĂ© des lois relatives Ă  la propriĂ©tĂ©, aux droits civils et Ă  la procĂ©dure civile dans les provinces autres que le QuĂ©bec.
  108. ↑ Yale Law School : BLACKSTONE, William. Commentaries on the Laws of England, Oxford, Clarendon Press, 1765-1769.
  109. ↑ Code civil du QuĂ©bec, L.Q. 1991, c. 64
  110. ↑ Loi sur l'application de la rĂ©forme du Code civil, L.Q. 1992, c. 57
  111. ↑ Expression « common law Â»
  112. ↑ Base de donnĂ©es des lois statutaires du Royaume-Uni : Magna Carta (1297) (c.9)
  113. ↑ Archives de l'abbaye de Burton : Annales Monastici et les lettres patentes du roi Henry III
  114. ↑ Voir les lois d'intĂ©rĂȘt privĂ©
  115. ↑ Voir les lois d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral
  116. ↑ DĂ©cisions des tribunaux et organismes du QuĂ©bec
  117. ↑ Expression « equity Â»
  118. ↑ 1) Principes de la common law attribuĂ©s Ă  la constitution par le prĂ©ambule de la Loi constitutionnelle de 1867, 2) Attribution aux provinces de la compĂ©tence lĂ©gislative en droit civil et propriĂ©tĂ© (paragraphe 92.13), 3) PossibilitĂ© de retrait volontaire et dĂ©finitif sur la compĂ©tence lĂ©gislative en droit civil et propriĂ©tĂ© pour toutes les provinces autres que le QuĂ©bec (article 94), et 4) Pouvoir d'uniformitĂ© des lois civiles attribuĂ© au Parlement fĂ©dĂ©ral, pour toutes les provinces retirĂ©es (article 94)
  119. ↑ Les lois du droit privĂ© sont Ă©noncĂ©es de façon Ă  rĂ©pondre Ă  la protection d'une personne s'y rĂ©fĂ©rant (ex.: articles 6, 7 et 8), tout en Ă©tant conforme aux principes de la common law sur l'autogouvernance de chaque individu (ex.: article 9). Code civil du QuĂ©bec, article 6 : « Toute personne est tenue d'exercer ses droits civils selon les exigences de la bonne foi Â»; article 7 : « Aucun droit ne peut ĂȘtre exercĂ© en vue de nuire Ă  autrui ou d'une maniĂšre excessive et dĂ©raisonnable, allant ainsi Ă  l'encontre des exigences de la bonne foi Â»; article 8 : « On ne peut renoncer Ă  l'exercice des droits civils que dans la mesure oĂč le permet l'ordre public Â»; article 9 : « Dans l'exercice des droits civils, il peut ĂȘtre dĂ©rogĂ© aux rĂšgles du prĂ©sent code qui sont supplĂ©tives de volontĂ©; il ne peut, cependant, ĂȘtre dĂ©rogĂ© Ă  celles qui intĂ©ressent l'ordre public Â».
  120. ↑ Districts judiciaires du QuĂ©bec
  121. ↑ Tribunaux judiciaires du QuĂ©bec
  122. ↑ QuĂ©bec. Institut de la statistique du QuĂ©bec (2002). RĂ©gions administratives du QuĂ©bec, janvier 2001. Page consultĂ©e le 16 aoĂ»t 2007
  123. ↑ Cantons du QuĂ©bec
  124. ↑ RĂ©pertoire des cantons du QuĂ©bec 2004
  125. ↑ Ministùres des Ressources naturelles et Faune
  126. ↑ Institut de la statistique du QuĂ©bec (12 aoĂ»t 2003)[6][pdf]. Page consultĂ©e le 16 aoĂ»t 2007
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  128. ↑ SociĂ©tĂ© Makivik
  129. ↑ Émission d'affaires publiques : Les annĂ©es lumiĂšre, Ă©mission spĂ©ciale : La science en Nouvelle-France, prĂ©sentĂ©e en rediffusion sur la chaĂźne d'information PremiĂšre ChaĂźne de la radio de Radio-Canada, le dimanche 28 juin 2009, de 12h15 Ă  14h00 (HAE).
  130. ↑ Guide officiel de la SociĂ©tĂ© touristique des autochtones du QuĂ©bec (STAQ) : La Nouvelle-France, un vaste rĂ©seau d'alliances en AmĂ©rique du Nord.
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  134. ↑ Gudie officiel de la SociĂ©tĂ© touristique des autochtones du QuĂ©bec (STAQ) : Conclure des traitĂ©s ou la recherche de bonne entente.
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  139. ↑ Les Canadiens et le bilinguisme : Rapport final, Sondage CROP, dĂ©cembre 2006
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  147. ↑ Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, des mĂ©tiers d'art et de la littĂ©rature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (L.R.Q., S-32.01) (L.Q., c.69, 1988)
  148. ↑ Loi sur le Conseil des arts et de lettres du QuĂ©bec
  149. ↑ Loi sur la SociĂ©tĂ© de dĂ©veloppement des entreprises culturelles (L.R.Q., S-10.002) (L.Q., c.21, 1994)
  150. ↑ Les Prix du QuĂ©bec
  151. ↑ L'Association des producteurs de films et de tĂ©lĂ©vision du QuĂ©bec (APFTQ)
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  155. ↑ Centres culturels au QuĂ©bec
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  158. ↑ Une histoire de l'art du QuĂ©bec, La collection du MusĂ©e national des beaux-arts du QuĂ©bec, 2004, 268 pages.
  159. ↑ Les Ă©missions jeunesse du QuĂ©bec
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  175. ↑ Le Devoir : BenoĂźt XVI et le nĂ©gationniste, 6 fĂ©vrier 2009
  176. ↑ Nous ne connaissons pas encore l'emplacement prĂ©cis de cette chapelle sous laquelle Champlain fut inhumĂ© fin dĂ©cembre 1635 et qui fut dĂ©truite dans le grand incendie de 1640. - Voir : La chapelle et le tombeau de Champlain: Ă©tat de la question.
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  214. ↑ Loi sur la FĂȘte nationale
  215. ↑ Presse canadienne, FĂȘte des patriotes, FĂȘte de la Reine ou FĂȘte de Dollard ?, samedi 19 mai 2007.
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  220. ↑ http://www.lesoleildelafloride.com/288/Destination-Mois/destination_hollywood Hollywood « La QuĂ©bĂ©coise Â», Le Soleil de la Floride, 30 aoĂ»t 2007.
  221. ↑ Miami Beach PQ
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