Quatre elements

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Quatre elements

Quatre éléments

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Les quatres √©l√©ments. Gravure de l'ouvrage Daniel Stolz von Stolzenberg, Viridarium chymicum (1624) r√©pr√©sentant de gauche √† droite les quatres √©l√©ments : 'la terre, l'eau, l'air et le feu. Les sph√®res du bas indiquent leur repr√©sentation en alchimie.

Dans le cadre de la philosophie naturelle, la th√©orie des quatre √Čl√©ments est une fa√ßon traditionnelle de d√©crire et d'analyser le monde.

Sommaire

Histoire

√Ä l‚Äôorigine il s‚Äôagissait d‚Äôune hypoth√®se de certains philosophes grecs et notamment d'Emp√©docle d'Agrigente au Ve si√®cle av. J.-C., selon laquelle tous les mat√©riaux constituant le monde seraient compos√©s de quatre √Čl√©ments :

Chaque substance pr√©sente dans l‚Äôunivers serait constitu√©e d‚Äôun ou plusieurs de ces √Čl√©ments, en plus ou moins grande quantit√©. Ce qui expliquerait le caract√®re plus ou moins volatil, chaud, froid, humide, ou sec (= les quatre qualit√©s √©l√©mentales) de chaque mati√®re. La th√©orie repose sur des arguments philosophiques et sp√©culatifs.

Les philosophes pr√©socratiques ont imagin√© une essence premi√®re en toute chose. H√©raclite voyait dans le feu l'√©l√©ment premier √† l'origine de toute mati√®re, Anaxim√®ne lui envisageait l'air comme essence de toute chose alors que Thal√®s pr√©f√©rait l'eau. Enfin, Emp√©docle, au d√©but du Ve si√®cle avant notre √®re, admis que les quatre √©l√©ments r√©unis composaient l'univers. Pour D√©mocrite l'univers √©tait compos√© d'¬ę atomes ¬Ľ (en grec ¬ę a-tomos ¬Ľ, qui ne peut √™tre coup√©), c'est-√†-dire de particules microscopiques ins√©cables et √©ternelles, qui composeraient la mati√®re comme des briques forment un mur et qui auraient la forme g√©n√©rale de l'objet (rond, pointu, concave...).

C'est √† l‚Äô√©poque des croisades, au XIIe si√®cle en Terre Sainte, et de la reconquista en Espagne, que le savoir des Grecs et la th√©orie aristot√©licienne des √Čl√©ments a p√©n√©tr√© en Occident par l‚Äôinterm√©diaire des Arabes. Or, ces derniers ont essentiellement conserv√© dans leurs √©crits l'enseignement d'Aristote. Celui de D√©mocrite ne s'est pas transmis, et aujourd'hui encore, nous ne connaissons les textes de D√©mocrite que de mani√®re lacunaire, √† travers ce que certains auteurs, en particulier Aristote, nous en disent. Les scholastiques du Moyen √āge reprendront cette th√©orie √† leur compte et l‚Äôincluront dans leur vision chr√©tienne du monde.

Empédocle

Le texte fondateur se trouve chez Empédocle (vers -460):

"Connais premièrement la quadruple racine
De toutes choses : Zeus aux feux lumineux,
H√©ra m√®re de vie, et puis Aid√īn√©us,
Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s'abreuvent."[1]

Premi√®rement il y a le probl√®me de l'interpr√©tation. Zeus, dieu de la lumi√®re c√©leste, d√©signe le Feu ; H√©ra, √©pouse de Zeus, d√©signe l'Air ; Aid√īn√©us (Had√®s), dieu des enfers, d√©signe la Terre ; Nestis (Pers√©phone ?) d√©signe l'Eau. Cependant, pour Stob√©e, qui semble moins cr√©dible, H√©ra est la Terre, Aid√īn√©us est l'Air. Deuxi√®mement, Emp√©docle ajoute aux quatre √Čl√©ments, mat√©riels, deux Forces, spirituelles. Diog√®ne La√ęrce le dit √† propos d'Emp√©docle : "Ses th√©ories √©taient les suivantes : il y a quatre √©lements, le feu, l'eau, la terre et l'air. L'Amiti√© les rassemble et la Haine les s√©pare" (VIII, 76). Troisi√®mement, il y a le probl√®me de l'ordre. Emp√©docle dit Feu/Air/Terre/Eau. Plus logiquement, Aristote √©tablit la s√©rie : Feu, Air, Eau, Terre. Quatri√®mement, il y a le probl√®me de la compl√©tude. Combien d'El√©ments ? Le jeune Aristote et Philippe d'Oponte (l'auteur de l'√Čpinomis) ajouteront un cinqui√®me √Čl√©ment, qui est donc la quinte essence : l'√Čther.

Les Solides de Platon

Platon, dans le Tim√©e, pense que les quatre √Čl√©ments sont faits de particules cubiques (Terre), icosa√©driques (Eau), octa√©driques (Air), t√©tra√©driques (Feu) (Tim√©e, 56), et la sph√®re du monde (le Tout) est un dod√©ca√®dre (Tim√©e, 55e-56a). Les √Čl√©ments sont donc li√©s aux surfaces des solides, les quatre poly√®dres r√©guliers alors connus : t√©tra√®dre (pyramide) (Tim√©e, 56b), hexa√®dre r√©gulier (cube), octa√®dre, icosa√®dre ; le Tout est un dod√©ca√®dre (Ph√©don, 110b ; Tim√©e, 55c). Le Feu, l'Air et l'Eau sont faits de triangles √©quilat√©raux (24, 48, 129 triangles √©l√©mentaires scal√®nes), la Terre de carr√©s (24 triangles √©l√©mentaires isoc√®les), le Tout de pentagones (12 pentagones irr√©ductibles aux triangles). Dans son enseignement oral √©sot√©rique, Platon veut "√©tablir des correspondances" (prosph√©rein) entre dimensions (unit√© ou nombres ou lignes ins√©cables, lignes ou longueurs, surfaces ou plans, volumes ou solides), figures (lignes ins√©cables, lignes, triangle, pyramide) et nombres (1, 2, 3, 4 : les nombres de la D√©cade), mais aussi √Čl√©ments.[2] Ainsi, derri√®re l'analogie entre dimensions, figures, nombres, √Čl√©ments, s'√©tablissent les correspondances entre unit√©/lignes ins√©cables/un/Feu, entre longueurs/lignes/deux/Air, etc. "Ce qui est absolument indivisible, mais avec position, est un point ; ce qui est divisible selon une dimension est une ligne ; ce qui est divisible selon deux dimensions est une surface ; ce qui est absolument divisible en quantit√© et selon trois dimensions est un corps [un volume]" (Aristote, M√©taphysique, Delta, 6, 1016 b).

Symbolique et qualités élémentales

L’apport le plus décisif à la théorie des quatre éléments fut celui d'Aristote qui y ajouta la notion de Quatre qualités élémentales. L'interprétation symbolique des quatre éléments repose sur leur décomposition en quatre qualités élémentales, suivant deux axes d'analyse que sont le chaud et le froid d'une part (deux qualités actives) et le sec et l'humide d'autre part, (deux qualités passives). (voir ici)

  • Le chaud est d'une mani√®re g√©n√©rale un principe d'√©nergie, d'activit√© et d'impulsion. Par opposition, le froid est un principe de passivit√© et de r√©sistance.
  • Le sec est un processus d'analyse, de s√©paration, d'individualisation, de contraction et de repli sur le d√©tail ou sur soi. Il se d√©roule dans une atmosph√®re rigide et cassante, allant aux extr√™mes. Par opposition, l‚Äôhumide est un processus de synth√®se, de liaison et de collectivisation, d'ouverture sur la globalit√© et le collectif. Il est conduit dans une atmosph√®re de d√©tente et de souplesse.

La conjonction d'une qualité active et d'une qualité passive agissant sur une matière première indifférenciée génère l'un ou l'autre des éléments. Dans cette analyse, la terre hérite des qualités froides et sèches (ce sont les qualités de la cendre), le feu est sec et chaud, l'air est chaud et humide (qualités du souffle exhalé) et l'eau est froide et humide. (voir ici)

√Ä c√īt√© de ces quatre qualit√©s √©l√©mentales, il existe aussi des qualit√©s secondaires et d√©riv√©es, toujours oppos√©es deux √† deux, comme le subtil et l'√©pais (c'est-√†-dire la disposition sous forme de fragments de grande ou petite dimension), le lourd et le l√©ger, l'amer et le doux, le fluide et le visqueux...

D'autre part, cette g√©n√©ration des √©l√©ments par une interaction de qualit√©s √©l√©mentales implique une dynamique des √©l√©ments. La r√©alit√© n‚Äôest pas fig√©e : les √©l√©ments qui ont une qualit√© √©l√©mentale en commun peuvent se transformer l'un dans l'autre. Le feu peut donc se transformer par la modification d'une de ses deux qualit√©s soit en air, soit en terre ; la terre en feu ou en eau ; l'eau en terre ou en air ; et ce dernier en eau ou en feu. (voir ici)

Enfin, chaque √©l√©ment se subdivise en vari√©t√©s, selon les mesures de la participation et des m√©langes. On distingue par exemple trois sortes de feu : la flamme br√Ľlante, la lumi√®re et les r√©sidus incandescents de la flamme (braises).

Aristote met en correspondances les sens et les √©l√©ments.[3] La vue, la couleur est li√©e au feu, "l'interm√©diaire des sons est l'air", l'odorat s'exerce au moyen d'un m√©dium qui est l'air ou m√™me l'eau, 'rien ne produit une sensation de saveur sans humidit√©", le toucher est li√© √† la terre. Aristote donne toujours la suite √©ther, feu, air, eau, terre, et c'est l'ordre qui pr√©vaudra, l'√©ther (et non le feu) √©tant alors consid√©r√© comme la mati√®re des astres et l'√©l√©ment o√Ļ ils s√©journent.


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Applications à la cosmologie

L'univers est compos√© de quatre √©l√©ments, terre, eau, air et feu. Chacun d'entre eux poss√®de un lieu naturel, c'est-√†-dire un endroit o√Ļ il r√©side naturellement, sachant qu'il peut aussi se trouver parfois √©galement √† un endroit qui ne correspond pas sa place naturelle. Les lieux naturels o√Ļ l‚Äôon rencontre habituellement les √©l√©ments sont dispos√©s en sph√®res concentriques. Au centre de l'univers se trouve la sph√®re de la terre, puis viennent celles de l'eau, de l'air et enfin du feu. Entre l'air et le feu, on trouve les sph√®res des sept plan√®tes, soit, de la plus proche √† la plus √©loign√©e, la Lune, Mercure, V√©nus, le Soleil, Mars, Jupiter, et Saturne (un ordre qui ne correspond que d‚Äôassez loin avec la r√©alit√© astronomique, telle qu‚Äôon la conna√ģt actuellement); puis vient la sph√®re des √©toiles fixes. Au-del√† de la sph√®re du feu, se situe le primum mobile, le moteur de l'univers, pour les th√©ologiens du Moyen √āge et les scholastiques qui s‚Äôapproprieront la pens√©e d‚ÄôAristote, ce sera Dieu.

Répartition des éléments dans leur lieux naturels disposés en sphères concentriques

Lorsque les √©l√©ments ne sont pas dans leur lieu naturel, ils tendent √† le rejoindre. C'est ainsi que l'on peut expliquer les ph√©nom√®nes que les Anciens appellent m√©t√©orologiques (le sens de ce terme poss√®de une plus grande extension que dans son acception moderne) : la pluie est de l'eau de la sph√®re du ciel qui cherche √† redescendre vers son lieu naturel ; les com√®tes sont du feu de la sph√®re du ciel qui cherche √† remonter vers son lieu naturel ; les m√©t√©orites sont compos√©es de terre qui cherche √† redescendre vers son lieu naturel, etc.

Le cinqui√®me √Čl√©ment

Parfois, l'on ajoute √† ces quatre √Čl√©ments un cinqui√®me, au statut ambigu, l'Ether, dans lequel baignerait le cosmos. Dans ce cas, son lieu naturel se situe entre l'air et le feu, ou bien au-del√† du feu. Mais le plus souvent, cet √©l√©ment additionnel est rattach√© tant√īt √† l'air, tant√īt au feu.

Il existe √©galement dans la tradition indienne puis √©sot√©rique un cinqui√®me √Čl√©ment, parfois appel√© Akasha, qui signifie, en sanskrit, √©ther ou esprit.

L'√©ther repr√©sente √©galement ce cinqui√®me √Čl√©ment. On l'appelle aussi quintessence.

Application en biologie

De m√™me que l'univers est divis√© en quatre √©l√©ments, les √™tres vivants sont class√©s en quatre r√®gnes : min√©ral (les pierres sont consid√©r√©es comme faisant partie des √™tres vivants au Moyen √āge, sinon dans l‚ÄôAntiquit√©), v√©g√©tal, animal et humain. Les animaux sont eux-m√™mes r√©partis en quatre cat√©gories selon leur appartenance √† l'un ou l‚Äôautre des quatre √©l√©ments. Il existera dans la pens√©e religieuse du Moyen √āge l'id√©e que plus on monte vers le ciel, plus on se rapproche de Dieu, et que plus on descend, plus on se rapproche du diable et de l‚Äôenfer. On trouve au sommet de la pyramide le ph√©nix, un oiseau fabuleux li√© au feu, puis les oiseaux ordinaires, simples volatiles voyageant dans les airs, suivis des poissons nageant dans l‚Äôeau, pour terminer en bas de l'√©chelle par les quadrup√®des qui vivent sur l'√©l√©ment terre. √Ä l'int√©rieur d'une m√™me cat√©gorie animale, il existe √©galement une hi√©rarchisation des √™tres en fonction de l‚Äô√©l√©ment dont ils se rapprochent le plus : les oiseaux incapables de voler et marchant sur le sol comme la poule sont moins bien consid√©r√©s que le gibier d‚Äôeau comme le canard, proche de l'√©l√©ment aquatique, lui-m√™me moins noble que les oiseaux de plein ciel comme le passereau ou l‚Äô√©pervier.(Au Moyen √āge la fauconnerie, chasse noble par excellence √©tait r√©serv√©e √† la noblesse). De la m√™me mani√®re, les poissons de fond tel que le turbot sont inf√©rieurs aux poissons de surface et d‚Äôeau vive tel que le saumon. Les v√©g√©taux sont √©galement g√©n√©ralement associ√©s √† la terre, mais les √©pices au feu. Une telle r√©partition entre les divers √©l√©ments existe √©galement pour les min√©raux.

Application en médecine

Les m√©decins grecs comme Hippocrate (v. 460-v. 370 av. J.C.) et Claude Galien (131-201 ap. J.C.) ont int√©gr√© la th√©orie des √©l√©ments, qu'Hippocrate a compl√©t√©e par la th√©orie des humeurs, syst√©matis√©e par Galien. Il s‚Äôagissait de la reprise d‚Äôune vieille conception grecque qui √©tablissait une correspondance entre le microcosme et le macrocosme, le corps humain √©tant le reflet en miniature de l'univers. La physiologie humaine est command√©e par les √©l√©ments dans leur transposition sous une forme organique, qu‚Äôon appelle les quatre humeurs. Chaque humeur est domin√©e par un couple de qualit√©s : la bile jaune (colera en latin) est chaude et s√®che comme le feu, la bile noire (colera nigra) est froide et s√®che comme la terre, le flegme (flegma ou phlegma) est froid et humide comme l'eau, et le sang (sanguis), contenant un peu des autres humeurs, est chaud et humide comme l'air.

théorie des humeurs élaborée par Hippocrate d'après la théorie des quatre éléments d'Aristote

De m√™me que le chaos r√®gne dans l'univers lorsque les √©l√©ments sont en d√©s√©quilibre, le corps humain va tomber malade lorsque l'une ou l'autre des humeurs se trouve en exc√®s par rapport aux autres. La sant√© et la maladie d√©pendent donc de l'√©quilibre des humeurs et de leur quantit√©. Chez l'homme sain, la pr√©dominance d'une humeur se nomme complexion et d√©termine le temp√©rament. √Ä chaque humeur pr√©dominante correspond un temp√©rament : bilieux ou col√©rique pour la bile jaune, sanguin pour le sang, flegmatique pour le phlegme et m√©lancolique pour la bile noire. Si le d√©s√©quilibre s'aggrave, il entra√ģne des maladies (chaudes, froides, s√®ches ou humides), que l'on gu√©rit par l'administration d'un rem√®de qui r√©tablit l'√©quilibre des humeurs : une maladie froide et humide, par exemple, requiert un rem√®de chaud et sec (traitement par les contraires), ou encore un exc√®s de sang sera trait√© par la saign√©e, traitement dont on usera et abusera sans discernement jusqu‚Äôaux d√©but de l‚Äô√©poque moderne. Il existera aussi les tenant du traitement par les semblables dont on peut retrouver l‚Äôorigine peuvent dans la m√©decine √©gyptienne et dont l‚Äôinitiateur √† l‚Äô√©poque moderne sera Paracelse dont les th√©ories conduiront ult√©rieurement √† l‚Äôapparition de l‚Äôhom√©opathie.

Notre civilisation a √©t√© profond√©ment marqu√©e par la th√©orie hippocratique des humeurs. Il en reste de nombreux t√©moins dans le langage courant: : "√ätre de bonne, ou de mauvaise humeur". Lorsqu'on d√©finit une personne comme "s√®che" ou "chaleureuse", lorsqu'on se sent "m√©lancolique", ou que l'on r√©agit avec "flegme" on fait, sans le savoir, de la m√©decine hippocratique.

Application en diététique

La maladie r√©sultant du d√©s√©quilibre des humeurs peut s'√©viter au moyen d'un programme d'√©quilibre entre complexion individuelle et monde ext√©rieur. Cet √©quilibre passe avant tout par la di√©t√©tique, discipline annexe de la m√©decine √©labor√©e en particulier par Celse et Dioscoride au Ier si√®cle, et par Galien, en application de la th√©orie des humeurs d'Hippocrate. Pour les grecs de l‚ÄôAntiquit√© la digestion est une cuisson des aliments qui aboutit √† la formation des humeurs. La composition en quatre √©l√©ments et quatre qualit√©s s‚Äôapplique en effet aux aliments, comme √† toutes les autres mati√®res de l‚Äôunivers. Leur classification et leur r√©partition en ce qui correspond aux complexions et temp√©raments a √©t√© r√©alis√©e √† partir d'une observation de simple bon sens des caract√©ristiques des aliments : le poivre, la moutarde et les √©pices en g√©n√©ral br√Ľlent comme le feu (ils sont chauds et secs), la laitue et la p√™che et certains fruits et l√©gumes rafra√ģchissent comme l'eau (ils sont froids et humides). Accessoirement on classe aussi les aliments entre deux autres couples d‚Äôopposition le cuit et le cru, le doux et l‚Äôamer. Le Moyen √āge a √©galement hi√©rarchis√© les aliments de la m√™me mani√®re que les √™tres vivants, suivant qu‚Äôils sont proches de la terre, de l‚Äôeau ou du ciel. L'exemple des oiseaux et des poissons a √©t√© expos√© au paragraphe biologie; Il peut √™tre transpos√© aux plantes, une betterave, plus proche de la terre, comme ce qu‚Äôon appelait alors les racines (tubercules, navets, carottes‚Ķ) sera plus suspecte et moins bien consid√©r√©e que la cerise qui est suspendue dans les airs...

Les qualit√©s des aliments s‚Äô√©chelonnent en quatre degr√©s sur les deux axes principaux, celui du chaud et du froid et celui du sec et de l‚Äôhumide. Cette complication de la th√©orie par l‚Äôajout de degr√©s est l‚ÄôŇďuvre de Galien qui a donn√© son architecture finale √† la th√©orie des humeurs. Le miel, par exemple, est chaud au premier degr√© et sec au deuxi√®me degr√©. Ces qualit√©s influent sur la fa√ßon dont l'aliment se transforme dans le corps et sur la qualit√© et la consistance des humeurs qu'elles engendrent dans l‚Äôorganisme. La chaleur de la digestion les transforment en lymphe qui, elle-m√™me, se transforme en humeurs ou agit sur leur qualit√© et leur √©quilibre.

Classification des qualités des aliments en quatre degrés pour chacune d'entre elles d'après la théorie des humeurs d'Hippocrate revue par Galien

Pour rester en bonne santé, au fil des saisons il faut avoir une nourriture équilibrée. Pour cela, certains médecins recommandent à leurs patients de consommer des aliments qui correspondent à leur tempérament, mais d'autres médecins conseillent de manger des aliments qui sont contraires au tempérament.

Par exemple, le Tacuinum Sanitatis (texte arabe du 11e si√®cle √©crit par Ibn Butlan, traduit en latin au 13e si√®cle), le vin rouge cors√© (chaud et sec au 2e degr√©), comme la viande de li√®vre (chaude et s√®che au 2e degr√©) sont recommand√©s aux personnes √Ęg√©es, aux flegmatiques et aux m√©lancoliques, de nature froide. Par contre, le poisson frais (froid et humide au 3e degr√©), les prunes ou les poires (froides au 1e degr√© et humides au 2e degr√©) conviennent plut√īt aux col√©riques et aux sanguins, ainsi qu'aux jeunes, de temp√©rament chaud. La m√©decine hippocratique se m√©fie des fruits et des l√©gumes crus : il est recommand√© de cuire les aliments.
Il n‚Äôexiste plus actuellement en Occident de tradition de m√©decine hippocratique. Mais il existe encore aujourd‚Äôhui en Inde des praticiens de m√©decine Yun√Ęni qui se r√©clament de cet h√©ritage.

Article d√©taill√© : Yun√Ęni.

La diététique hippocratique a dominé la médecine en Occident pendant plus de 2000 ans. Connaissance empirique, elle a été rejetée avec l’avènement de la chimie médicale avec la découverte des vitamines, des glucides ou des lipides, puis du cholestérol. Mais cette doctrine médicale savante, est ensuite tombée dans le domaine populaire. Elle survit dans certaines pratiques culinaires (manger du melon avec du jambon cru, en début de repas, des poires au vin en dessert, boire un digestif en fin de repas) ou dans certains conseils diététiques de nos grands-mères (ne pas boire en mangeant). On trouve également une survivance des croyances hippocratiques chez certains théoriciens de l'alimentation saine et végétarienne.

Application en climatologie

Le cadre de vie, le lieu géographique et le climat sont également soumis au jeu des qualités. Les quatre points cardinaux correspondent aux éléments ainsi qu’aux complexions et aux tempéraments. Ainsi, l'Est est chaud et humide, le Sud chaud et sec, le Nord froid et sec, et l'Ouest froid et humide.

Ces consid√©rations sur les points cardinaux ont donc suscit√© la construction d‚Äôune th√©orie explicative de la g√©ographie et des climats. Le nord poss√®de en effet un climat froid, et l'eau y g√®le (le fait qu‚Äôelle soit solide lui √īte sa qualit√© humide et explique que le nord soit sec); les r√©gions ouest sont essentiellement constitu√©es des immensit√©s oc√©anes (donc humides), et les r√©gions sud sont constitu√©es en grande partie par le vaste d√©sert africain du Sahara (donc sec). Quant √† l'Est, c'est traditionnellement l√† que l'on situe le paradis terrestre, d'o√Ļ prennent leur source quatre fleuves (le Nil, le Tigre, l'Euphrate et le Gange), et o√Ļ r√®gne une douce chaleur (humide √† cause des fleuves). Notons au passage qu‚Äôil s‚Äôagit d‚Äôune vision du monde tr√®s centr√©e sur l‚ÄôEurope, du fait de son origine grecque √† laquelle s‚Äôest ajout√©e au Moyen √āge le r√©cit biblique du jardin d‚Äô√©den.

Les pr√©jug√©s issus de ces consid√©rations archa√Įques ont eu des cons√©quences sur la vision de l‚ÄôOccident sur les populations du monde, qu‚Äôon croyait soumises √† un temp√©rament particulier en fonction de la situation g√©ographique de leur habitat (toujours vue de l‚ÄôEurope comme √©tant le centre du monde). Les peuples m√©ridionaux ont donc une pr√©disposition particuli√®re √† la col√®re, les peuples septentrionaux √† la m√©lancolie, les peuples orientaux sont plut√īt sanguins et les occidentaux flegmatiques. √Ä cela s'ajoutent des incidences du climat sur la condition physique : le froid fortifie et la chaleur ramollit ; les m√©ridionaux sont donc paresseux et les septentrionaux travailleurs... Il est √† noter que les acquis de la biologie moderne sont en contradiction avec ces pr√©suppos√©s un peu h√Ętifs : Le froid, en abaissant la temp√©rature corporelle facilite l‚Äôendormissement, alors que l‚Äô√©l√©vation de la temp√©rature corporelle facilite l‚Äô√©veil. Rien de tel qu‚Äôune boisson chaude ou un bain chaud pour s‚Äô√©veiller le matin !

La structuration du temps

Calendrier de Pierre de Crescent.
Vers 1306 - Manuscrit du XVe si√®cle

La th√©orie des quatre √©l√©ments, s‚Äôapplique √©galement au domaine de la structuration du temps, dans la mesure o√Ļ chacune des quatre saisons correspond √† l‚Äôun des √©l√©ments classiques. Le printemps est chaud et humide comme l'air, l'√©t√© chaud et sec comme le feu, l'automne froid et sec comme la terre, l'hiver froid et humide comme l'eau.

Ainsi, l'hiver poss√®de la m√™me complexion (froid et humide) que le flegme (ou pituite), ce qui expliquerait les risques de rhumes survenant durant cette saison. Ces consid√©rations interviennent notamment en di√©t√©tique : il faut contrebalancer les qualit√©s dominantes de la saison par des aliments aux qualit√©s contraires afin de maintenir l'√©quilibre des humeurs dans le corps ; il √©tait donc formellement d√©conseill√© de manger, par exemple, un concombre cru (froid et humide) en hiver, ou d'abuser d'√©pices (chaudes et s√®ches) en √©t√©.

L'hiver, p√©riode o√Ļ le flegmatique froid et humide domine, il est pr√©f√©rable de consommer des viandes en sauce, cuisin√©es avec des √©pices qui r√©chauffent (bŇďuf et porc, gibier); au printemps, p√©riode o√Ļ le sanguin chaud et humide domine, il est conseill√© de passer peu √† peu du bouilli au r√īti (volailles, agneau, chevreau), et de commencer √† manger davantage de l√©gumes verts; l'√©t√©, p√©riode o√Ļ le col√©rique chaud et sec domine, c‚Äôest le moment de manger des viandes (agneau et volailles) et poissons grill√©s ou cuits au verjus, plus l√©gers, et de pr√©f√©rer des aliments froids et humides comme les melons, les prunes ou les cerises; l'automne, p√©riode o√Ļ le m√©lancolique (ou atrabilaire) sec et froid domine, il faut manger des aliments app√©tissants et acidul√©s pour chasser la m√©lancolie : chapons, pigeonneaux, cochons de lait et diminuer le vin et les fruits.

En outre, les complexions se modifient au cours des diff√©rents √āges de la vie. La vie humaine se d√©compose en quatre √Ęges de trois p√©riodes chacun, soit un total de douze p√©riodes (autant que de mois) ou encore en trois √Ęges (si l‚Äôon regroupe l‚Äôenfance et l‚Äôadolescence sous le terme d‚Äôun seul √Ęge : la jeunesse). L'enfant a la complexion du printemps (chaud et humide), l'adolescent celle de l'√©t√© (chaud et sec), l'homme m√Ľr celle de l'automne (froid et sec), et le vieillard celle de l'hiver (froid et humide). La femme, quant √† elle, serait plus froide et humide que l'homme.

Bien entendu, tout est li√©. On prendra garde, par exemple, √† ce que l'on mange par rapport √† son temp√©rament, √† la saison, √† son √Ęge, √† l'√©l√©ment associ√© √† l'animal ou au v√©g√©tal ing√©r√© ; En poussant ces th√©ories √† l‚Äôextr√™me les alchimistes et m√©decins, du Moyen √āge √©tabliront leurs prescriptions en fonction des signes et conjonctions astrologiques ; etc. Les meilleurs exemples des connexions entre toutes ces disciplines, reli√©es entre elles par les qualit√©s qu'elles ont en commun et les √©l√©ments qui les composent et les ordonnent, sont les sch√©mas et les calendriers √©tablis Moyen √āge.

Description holistique et analogie

L'homme zodiacal - Angleterre, c.1425-1550

Pour les philosophes grecs, cette théorie décrit la "nature élémentaire" du monde en général, dans toutes ses manifestations. Elle traite donc de la "nature" de la matière, comme la physique ou la chimie moderne, mais conduit également à une classification de la "nature" des plantes et des animaux, et une classification de la "nature" des caractères, maladies et sentiments élémentaires de l'homme.

L'id√©e qui sous-tend l'utilisation analogique des quatre √©l√©ments est que ces diff√©rentes manifestations objectives (mati√®re, plante, animal, maladie,...) sont structur√©es par une m√™me r√©alit√© sous-jacente, commune aux diff√©rentes manifestations ; et que le d√©s√©quilibre qui appara√ģt dans un plan de manifestation peut √™tre corrig√© par analogie, √† travers une action sp√©cifique sur un autre plan. C‚Äôest cette m√™me approche qui reste encore utilis√©e de nos jours dans de nombreux domaines de l‚Äôoccultisme.

Cette approche holistique a par la suite dominé la médecine, dont la clef d'analyse a pendant des siècles été d'analyser les déséquilibres élémentaires et de les corriger par des prescriptions fondées sur l'analogie des substances. Pour l'approche médicale:

  • Le Feu correspond √† un temp√©rament Bileux, √† l'appareil musculaire, √† toute l'activit√© volontaire. C'est un temp√©rament sec et actif.
  • L'Air correspond √† un temp√©rament Sanguin, √† l'appareil respiratoire et circulatoire, aux fonctions sexuelles. C'est un temp√©rament dilat√© et tonique.
  • L'Eau correspond √† un temp√©rament Lymphatique, √† l'appareil digestif, √† l'√©tat v√©g√©tatif et au sommeil. C'est un temp√©rament dilat√© mais passif.
  • La Terre correspond √† un temp√©rament Nerveux, au syst√®me nerveux et aux fonctions c√©r√©brales, √† toutes les fonctions de contr√īle. C'est un temp√©rament sec et statique.

Suivant les auteurs, cette correspondance peut se mêler de symbolisme astrologique plus ou moins prononcé, dont l'exemple type est "l'homme zodiacal", correspondance entre les signe et la "nature occulte" des membres.

Les éléments en physique et chimie

Symbolique alchimique

La base de l'alchimie est la th√©orie √©l√©mentaire d‚ÄôAristote revisit√©e par les savants arabo-musulmans du Moyen √āge, qui explique, au moyen des quatre √©l√©ments et des quatre qualit√©s, la composition de toute chose. Le but de l'alchimie est en effet de comprendre et de reproduire la composition des choses. Pour l‚Äôalchimie les quatre √©l√©ments ne repr√©sentent pas des composantes de la mati√®re, en effet l‚Äôunicit√© de la mati√®re est un des principes philosophiques de l‚Äôalchimie, mais plut√īt des √©tats de cette mati√®re unique se rapprochant plus du concept physique d‚Äô√©tat de la mati√®re[4]. Ces √©l√©ments ont dans l‚Äôalchimie un symbole associ√© : le Feu Alchemy fire symbol.svg, l‚ÄôEau Alchemy water symbol.svg, la Terre Alchemy earth symbol.svg, l‚ÄôAir Alchemy air symbol.svg.

Mais la th√©orie des quatre √©l√©ments montrant ses insuffisances, pour r√©pondre de l‚Äôinfinie diversit√© de la mati√®re, l'alchimie a introduit un cinqui√®me √©l√©ment, l'√©ther, ou quintessence. La grande originalit√© de l'alchimie est cependant d'avoir adjoint aux √©l√©ments et aux qualit√©s une nouvelle cat√©gorie : les principes. Ceux-ci, qui sont un apport de l'alchimie arabe (notamment par Avicenne, Geber, Averro√®s), sont au nombre de deux : le Mercure (passif, froid, mall√©able, volatil), qui est un principe f√©minin, et le Soufre (actif, chaud, dur), qui est un principe masculin. Au XVe si√®cle, un troisi√®me principe est ajout√©, et ce d√©finitivement √† partir de Paracelse (1493-1541) : le Sel (ce qui permet dans un corps d'unir le soufre et le mercure, et d'assurer la coh√©sion du r√©sultat), qui est un principe de vie.

La physique moderne

La physique du XIXe si√®cle, puis du XXe si√®cle, confirmera l‚Äôhypoth√®se atomiste, tout en faisant d√©couvrir au XXe si√®cle que des transmutations (fission nucl√©aire) existent bien dans la nature, ce qui √©tait consid√©r√© comme impossible au vu des connaissances jusqu‚Äôau XIXe si√®cle.

Bien que les th√©ories physiques d‚ÄôEmp√©docle, d‚ÄôAristote et des alchimistes aient √©t√© erron√©es, certains[5] se sont plu √† souligner que ces quatre √©l√©ments peuvent √™tre associ√©s aux quatre √©tats de la mati√®re les plus courants : solide (terre), liquide (eau), gazeux (air) et plasmatique (feu, bien que le feu ne soit pas un plasma).

Autres références aux éléments

Cinq éléments asiatiques

Dans les cultures asiatiques, on consid√®re en g√©n√©ral cinq √©l√©ments :

Les génies habitant les éléments

Michel Psellos, grand savant byzantin du XI¬į s., √©num√®re six cat√©gories de d√©mons dans un c√©l√®bre trait√© utilis√© par Ronsard : Trait√© par dialogue de l'√©nergie ou op√©ration des diables (trad. 1511). Il admet : esprits ign√©s, esprits a√©riens, esprits terrestres, esprits aquatiques, esprits souterrains, esprits t√©n√©breux.

Honorius d'Autun (Honorius Augustodunensis) (1075-1157), dans son Elucidarium (traduit en fran√ßais en 1954), admet comme esprits : anges, d√©mons, √Ęmes d√©sincarn√©es. Il soutient que "les anges ont un corps d'√©ther, les d√©mons d'air, les hommes de terre".

Paracelse compte sept races de cr√©atures sans √Ęme : les g√©nies √† forme humaine mais sans √Ęme ni esprit (inanimata) des √Čl√©ments, les g√©ants et les nains, les nains sur la terre. Il croit aux g√©nies des quatre √Čl√©ments. La Terre, par g√©n√©ration spontan√©e, produit des nains qui gardent les tr√©sors sous la montagne ; l'Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres ; l'Air, les elfes. Ensuite viennent les g√©ants et les nains issus de l'air, mais qui vivent sur la terre.

¬ę Le mot inanimatum d√©signe six familles d'hommes sans √Ęme... Ces hommes sans √Ęme sont d'abord ceux des quatre familles qui habitent les quatre √Čl√©ments : les nymphes, nymphae, filles de l'eau ; les fils de la terre, l√©mures, qui habitent sous les montagnes ; les esprits de l'air, gnomi ; les g√©nies du feu, vulcani. Les deux autres familles sont compos√©es d'hommes qui sont √©galement n√©s sans √Ęme ; mais qui, comme nous, respirent en dehors des √Čl√©ments. Ce sont d'une part les g√©ants et d'autre part les nains qui vivent dans l'ombre des for√™ts, umbragines... Il existe des √™tres qui demeurent naturellement au sein d'un m√™me √Čl√©ment. Ainsi le ph√©nix, qui se tient dans le feu comme la taupe dans la terre. Ne soyez pas incr√©dules, je le prouverai ! Quant aux g√©ants et aux nains de la for√™t, ils ont notre monde pour s√©jour. Tous ces √™tres sans √Ęme sont produits √† partir de semences qui proviennent du ciel et des √Čl√©ments, mais sans le limon de la terre... Ils viennent au monde comme les insectes form√©s dans la fange [par g√©n√©ration spontan√©e]. ¬Ľ

‚ÄĒ Paracelse, La grande astronomie (1537), trad., Dervy, 2000, p. 159-160.

Johann Wier est un spécialiste de sorcellerie, avec son De praestigiis daemonorum ac incantationibus (1563). Il range les démons selon leur nature élémentaire (de feu, d'eau, d'air, de terre, souterrains), selon leur habitat (démons des quatre points cardinaux, démons diurnes, nocturnes, sylvestres, montagnards, champêtres, domestiques).

L'abb√© Nicolas Pierre Henri de Montfaucon de Villars, dans un superbe roman, Le comte de Gabalis ou Entretiens sur les sciences occultes (1670), met en correspondance d√©mons et √Čl√©ments, et il simplifie Psellus, poursuit Paracelse. Les sylphes sont d'air, les ondins d'eau, les gnomes de terre, les salamandres de feu.

¬ę L'air est plein d'une innombrable multitude de peuples [les Sylphes] de figure humaine, un peu fiers en apparence, mais dociles en effet : grands amateurs des sciences, subtils, officieux aux sages, et ennemis des sots et des ignorants. Leurs femmes et leurs filles sont des beaut√©s m√Ęles, telles qu'on d√©peint les Amazones... Sachez que les mers et les fleuves sont habit√©s de m√™me que l'air ; les anciens Sages ont nomm√© Ondins ou Nymphes cette esp√®ce de peuple... La terre est remplie presque jusqu'au centre de Gnomes [nains], gens de petite stature, gardiens des tr√©sors, des mini√®res et des pierreries. ceux-ci sont ing√©nieux, amis de l'homme et faciles √† commander. Ils fournissent aux enfants des Sages tous l'argent qui leur est n√©cessaire et ne demandent gu√®re pour prix de leur service que la gloire d'√™tre command√©s. Les Gnomides leurs femmes sont petites, mais fort agr√©ables, et leur costume est fort curieux... Quant aux salamandres, habitants enflamm√©s de la r√©gion du feu, ils servent aux philosophes ¬Ľ

‚ÄĒ (p. 45-48).


Cr√©ature √Čl√©ment
selon Paracelse
√Čl√©ment
selon l'Abbé de Villars
Ondine Eau Eau
Gnome Terre Terre
Salamandre, Feu Feu
Phénix Feu
Elfe Air
Sylphe Air
Nymphe Eau

Tarot

Dans le Tarot divinatoire, les couleurs des lames basses sont directement associ√©es aux quatre √©l√©ments: les coupes repr√©sentent l'eau, l'√©p√©e (dague) repr√©sente l'air, le b√Ęton (baguette) repr√©sente le feu, et les deniers (pentacles) repr√©sentent la terre. Ces quatre √©l√©ments peuvent √™tre reconnus sur l'atout du bateleur (la baguette est dans sa main, le reste est sur la table). Cette correspondance d√©coule directement des instruments du magicien (dague, baguette, coupe et pentagramme) cens√©s ma√ģtriser les √©l√©ments correspondants en magie c√©r√©monielle.

Les correspondances modernes seraient terre = denier = carreau ; air = b√Ęton = tr√®fle ; eau = coupe = cŇďur ; feu = √©p√©e = pique.

Annexes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Emp√©docle, fragment B 6 : Les pr√©socratiques, Gallimard, coll. "Pl√©iade", p. 376).
  2. ‚ÜĎ Marie-Dominique Richard, L'enseignement oral de Platon, Cerf, 1986, p. 115, 211.
  3. ‚ÜĎ Aristote, De la sensation, 438 b ; De l'√Ęme, II, 7-11.
  4. ‚ÜĎ L‚ÄôALchimie, Que sais-je?, Serge Hutin
  5. ‚ÜĎ Pr√©face par Jean-Pierre Pharabod de L'√©tat de plasma: Le feu de l'univers, de Thierry Lehner.

Liens internes

Liens externes

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