Péninsule acadienne

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Péninsule acadienne
La Péninsule acadienne est située au nord-est du Nouveau-Brunswick

La Péninsule acadienne[note 1],[1],[2],[3],[4], anciennement le Bas-du-Comté, est une région culturelle et naturelle située à l’extrémité nord-est du Nouveau-Brunswick, au Canada. Elle est bordée au nord par la baie des Chaleurs et à l’est par le golfe du Saint-Laurent. La Péninsule acadienne est appelée ainsi car la plupart de ses habitants sont acadiens. Son territoire occupe l'est du comté de Gloucester et l'extrémité nord-est du comté de Northumberland.

Sommaire

Histoire

La r√©gion a √©t√© colonis√©e il y a dix mill√©naires par les Pal√©oam√©ricains, suivis des Micmacs il y a 3 000 ans. Visit√© par les Europ√©ens d√®s le XIIIe ou peut-√™tre m√™me par les Vikings au XIe si√®cle, la P√©ninsule est ¬ę d√©couverte ¬Ľ par Jacques Cartier en 1534 et fait partie de la colonie fran√ßaise d'Acadie √† partir de 1604. Le premier europ√©en √† y vivre de fa√ßon permanente est Gabriel Giraud, au d√©but du XVIIIe si√®cle. Des Acadiens fuyant le Grand D√©rangement se r√©fugient dans la P√©ninsule √† partir de 1757 mais sont √† nouveau d√©port√©s lors du raid de Roderick MacKenzie en 1761. Une √©conomie bas√©e sur la p√™che se d√©veloppe ensuite, contr√īl√©e par la minorit√© anglo-normande. La construction de la ligne Caraquet en 1887 change en profondeur le mode de vie. L'√©conomie est durement touch√©e par la Conf√©d√©ration canadienne puis par la Grande D√©pression. De nouveaux villages sont alors fond√©s dans l'arri√®re-pays pour permettre aux plus pauvres de survivre. Le mouvement coop√©ratif, la vie culturelle puis le tourisme se d√©veloppent durant le XXe si√®cle. Des ann√©es 1980 au d√©but des ann√©es 2000, la P√©ninsule acadienne souffre de plusieurs crises √©conomiques et de troubles sociaux. Plusieurs villes connaissent depuis une croissance √©conomique.

Origines

La terre des Micmacs.

Les Pal√©oam√©ricains sont arriv√©s dans l'est du Canada il y a dix mill√©naires. Ceux-ci vivaient principalement de p√™che, de chasse au phoques et d'autres mammif√®res marins. Ils peignaient beaucoup d'objets en ocre rouge et la pr√©sence de cette substance dans leur tombe laisse supposer qu'ils avaient des rites fun√©raires √©labor√©s. On ne sait pas avec pr√©cision o√Ļ les Pal√©oam√©ricains vivaient mais des campements ont √©t√© d√©couverts sur les rives de la rivi√®re Pokemouche, de la Grande Rivi√®re Tracadie, de la rivi√®re Tabusintac et √† Burnt Church.

Les Micmacs sont arriv√©s de l'ouest du Canada il y a environ 3 000 ans. Leur village le plus ancien est possiblement Red Bank, au bord du fleuve Miramichi. Dans la P√©ninsule, les Micmacs avaient des villages √† Miscou, Inkerman, Tracadie, Tabusintac et Burnt Church, en plus de campements le long des principales rivi√®res. Les Micmacs √©taient nomades et avaient un style de vie semblable aux Pal√©oam√©ricains, en plus de faire un peu de chasse. Ils avaient un r√©seau de commerces avec d'autres peuples pour se procurer des aliments comme le bl√© d'Inde car ils ne faisaient pas d'agriculture. Les Micmacs se d√©pla√ßaient d'un lieu √† l'autre en canot et avaient un important r√©seau de portages pour relier entre eux les diff√©rents cours d'eau.

Explorations européennes

Le site du village de Gabriel Giraud.

Plusieurs hypoth√®ses ont √©t√© √©labor√©es quant aux premiers explorateurs europ√©ens arriv√©s dans la P√©ninsule, que ce soit des chevaliers en qu√™te du Saint-Graal ou des moines irlandais. La th√©orie la plus plausible est que les Vikings, ayant fond√© L'Anse aux Meadows vers l'an mil, aient visit√© la r√©gion. Quoi qu'il en soit, des p√™cheurs europ√©ens ont fr√©quent√© la r√©gion d√®s le XIIIe si√®cle. La premi√®re exploration du fleuve Miramichi a probablement eu lieu vers 1520-1521 par le portugais Jo√£o √Ālvares Fagundes. L'explorateur fran√ßais Jacques Cartier explore la c√īte du golfe du Saint-Laurent en juillet 1534, accoste √† Miscou en 1534 puis explore la baie des Chaleurs. Il est accueilli par des Micmacs, avec qui il fait du troc. En 1604, apr√®s la fondation de l'Acadie par Pierre Dugua de Mons, Samuel de Champlain explore les c√ītes de la nouvelle colonie fran√ßaise, dont la P√©ninsule acadienne.

À partir de 1619, des postes de pêches et des missions catholiques sont établis à Miscou. Le premier européen à vivre de façon permanente dans la Péninsule acadienne est probablement le breton Gabriel Giraud, arrivé au début du XVIIIe siècle et qui fonde Caraquet vers 1731. Quatre familles de pêcheurs normands s'établissent de façon permanente à son village.

Nicolas Denys re√ßoit en 1653 le monopole des p√™ches sur la c√īte comprise entre le cap Canceaux et Gasp√©, y compris la P√©ninsule. Il devient gouverneur de ce territoire l'ann√©e suivante et s'√©tablit au Cap-Breton mais installe aussi des postes √† Miscou, Nipisiguit et Miramichi. Il retourne en France en 1670 apr√®s plusieurs faillites et laisse ses terres √† son fils Richard Denys de Fronsac. Richard s'√©tablit √† Nipisiguit puis sans doute vers la fin des ann√©es 1670 au Fort Sainte-Croix, √† Miramichi. Il √©pouse la Micmaque Anna Palarabego. Richard Denys fait venir des pr√™tres missionnaires et fait cultiver la terre. Deux-cent Fran√ßais habitent sur ses terres, un nombre consid√©rable dans l'Acadie √† l'√©poque. Afin d'assurer une pr√©sence continue aux missionnaires, il leur conc√®de une terre √† Miramichi en 1685. Denys de Fronsac vend sa demeure en 1686 et s'√©tablit vraisemblablement √† Chenabodiche, aujourd'hui appel√© Burnt Church, o√Ļ il construit un ch√Ęteau en pierres. Anne Palarabego meurt en 1689 et Denys de Fronsac d√©m√©nage √† Qu√©bec, o√Ļ il √©pouse Fran√ßoise Cailleteau, une Fran√ßaise. Leur fils Louis na√ģt en 1690 et Denys de Fronsac meurt un an plus tard. Les possessions de Miramichi sont probablement d√©truites en 1690 lors de l'exp√©dition militaire de William Phips vers Qu√©bec. David Basset, un Fran√ßais pass√© au service du Massachusetts a lui aussi apparemment ravag√© Miramichi en 1691. Le fort est compl√®tement d√©truit en 1698. Les enfants m√©tis de Richard Denys de Fronsac ne semblent pas avoir d'h√©ritage et ses terres sont g√©r√©es par sa nouvelle √©pouse en attendant la majorit√© de Louis Denys de Fronsac.

Déclin des Micmacs

Micmacs au XIXe siècle.

Les Micmacs subissent depuis le XVIe si√®cle les effets du contact avec les Europ√©ens, consid√©r√© g√©n√©ralement n√©faste. Nomades, les Micmacs deviennent s√©dentaires. En effet, Richard Denys les invite √† se fixer de fa√ßon permanente √† Chenabodiche (Burnt Church), car les R√©collets consid√®rent que leur s√©dentarisation facilitera la christianisation. Bien que la traite des fourrures permette aux Micmacs d'obtenir des objets utiles comme des marmites en cuivre, il deviennent de plus en plus d√©pendants des technologie europ√©enne et m√™me leur alimentation est transform√©e. Ils sont ainsi encourag√©s √† cultiver le ma√Įs. La premi√®re exp√©rience, dirig√© par l'abb√© Thury, a lieu √† Miramichi en 1685-1688. D√®s la premi√®re moiti√© du XVIIe si√®cle, les J√©suites remarquent les effets n√©fastes de l'alcool vendu par les marchands europ√©ens. √Ä l'instar des autres nations am√©rindiennes, les Micmacs souffrent grandement des maladies des Europ√©ens. De 10 000 habitants au XVIe si√®cle, la population passe √† environ 3000 personnes au XVIIe si√®cle avant de lentement cro√ģtre √† nouveau. Membres avec d'autres nations algonquiennes au sein de la Conf√©d√©ration Wabanaki, alli√©e des Fran√ßais, les Micmacs doivent affronter les Britanniques. Ils sont ainsi pr√©sents lors d'attaques contre la Nouvelle-Angleterre puis √† Saint-Jean en 1697. Lorsque les Britanniques gagnent le contr√īle de l'Acadie en 1713, ils lancent des attaquent contre les Micmacs, qui selon certains auteurs correspondent √† une v√©ritable politique de g√©nocide.

Les réserves de Burnt Church, de Pokemouche et de Tabusintac sont concédées aux Micmacs en 1802.

Arrivée des Acadiens

L'Acadie en 1754.

La r√©gion re√ßu sa premi√®re vague importante d'immigration √† partir de 1757, lorsque des r√©fugi√©s de la D√©portation s'√©tablirent √† Caraquet, √† Chipagan et √† N√©guac. Une guerre de course s'organise alors contre les Britanniques √† partir de Petite-Rochelle, ville fond√©e en 1758 par des r√©fugi√©s acadiens et normands en Gasp√©sie. En juillet 1760 a lieu la bataille de la Ristigouche, o√Ļ la France perd d√©finitivement le contr√īle de la baie des Chaleurs au profit du Royaume de Grande-Bretagne. Petite-Rochelle est d√©truite et ses habitants se r√©fugient ailleurs et la plupart des Fran√ßais se rendent puis retournent en France mais certains corsaires continuent de s√©vir. Le capitaine Saint-Simon, avec un √©quipage de 47 corsaires normands, doit se r√©fugier dans la baie Saint-Simon en octobre 1760 pour √©chapper √† une fr√©gate britannique. Saint-Simon retourne en France en 1761, alors que plusieurs membres d'√©quipages grossissent la population de Caraquet et de Chipagan et fondent Saint-Simon en 1762. √Ä l'√©t√© 1761, Pierre du Calvet effectue un recensement de la baie des Chaleurs au profit du gouverneur Murray. √Ä la suite de ce recensement et en repr√©sailles de la guerre de course, Roderick MacKenzie, guid√© par le chef de Pokemouche √Čtienne Echbock, organise un raid contre la population acadienne en octobre 1761. Apr√®s avoir captur√© la population de Nipisiguit, MacKenzie prend seulement 20 personnes de Caraquet, ayant conclu un arrangement avec le fils de Gabriel Giraud, Jean-Baptitste. Il capture ensuite la plupart des gens √† Chippagan mais doit abandonner une partie de ses prisonniers √† Miscou d√Ľ au manque de place sur les bateaux et les laisse sous la surveillance des Micmacs. MacKenzie se rend ensuite √† N√©guac mais ne trouve personne, la population s'√©tant cach√©e dans la for√™t. Les Acadiens ayant √©chapp√© √† ce raid se r√©fugient √† d'autres endroits de la baie des Chaleurs, comme √† Bonaventure ou √† Miscou.

Raymond Bourdages fonde un poste de pêche à Caraquet en 1762. Plusieurs pêcheurs normands s'établissent en ville. En 1763, la Grande-Bretagne obtient toute l'Acadie par la signature du traité de Paris. La proclamation royale de 1763 permet ensuite aux Acadiens de revenir s'établir dans leurs villages. Le jersiais Charles Robin s'associe à d'autres marchands en 1766 pour développer la pêche de la morue. En 1776, lors de la révolution américaine, des corsaires attaquent les possessions britanniques, dont les installations de Bourdages et de Robin. En 1779, John Allan soulève les Micmacs contre les Britanniques. Ils attaquent le port de Caraquet et participent en juillet à une bataille dans le fleuve Miramichi mais sont capturés par le Viper et emprisonnés à Québec. Un traité de paix est signé le 22 septembre entre le chef John Julien et Michael Francklin au nom des Micmacs de Pokemouche, de Miramichi et de la Ristigouche[5]. Charles Robin rétablit ses activités en 1783 et fonde un important poste de pêche à Caraquet. À cette époque, les familles vivent dans des maisons de toutes saisons plus loin dans les terres et plusieurs construisirent alors des cabanes de pêche au bord de la mer. Le village de Maisonnette serait nommé ainsi pour cette raison[6].

Des missionnaires catholiques visitent à nouveau les lieux à partir de 1768. La première chapelle est construite à Sainte-Anne-du-Bocage en 1791.

Après la Déportation, Memramcook devient le principal village de l'Acadie et ses habitants fondent plusieurs autres villages. C'est ainsi que Tracadie est fondé en 1785 par Michel Bastarache et Joseph Saunier. Les réfugiés du raid de Roderick MacKenzie fondent Lamèque en 1790. Les familles Duguay et Mallet, auxquelles se joignent les Robichaud, fondent quant à eux Shippagan en 1791. La vallée de la rivière Pokemouche est colonisée à partir de 1797 par Isidore Robichaud, qui s'établit à Inkerman. Pokemouche est fondé en 1812 par Gilbert Duke et John Tophem. La partie la plus au nord-ouest de la Péninsule était peu fréquentée, les hautes falaises en rendant l'accès difficile par la mer. Simon Landry, le petit-fils d'Alexis Landry, fonde Grande-Anse en 1808 puis la famille Thériault se déplace en 1819 et fonde l'Anse-Bleue[7]. Les Caps sont colonisés durant les années suivantes, par des immigrants britanniques et des Acadiens provenant de Grande-Anse.

Renaissance acadienne (1840-1880)

K.F. Burns.

La première église catholique est construite à Néguac en 1843.

Le lazaret de Tracadie est fondé en 1849 et on y soigne tous les lépreux de l'est du Canada jusqu'en 1965[8].

La confédération canadienne nuit grandement à l'économie des provinces Maritimes. Paquetville est fondé en 1866 comme village agricole. Burnsville est fondé en 1874 par Kennedy Francis Burns pour l'exploitation forestière. Saint-Isidore, au sud de Paquetville, est fondé en 1876 par le père Gagnon alors que Saint-Léolin, entre Paquetville et Grande-Anse, est fondé en 1878.

L'Acte de l'Amérique du Nord britannique prévoyait la construction du Chemin de fer Intercolonial de Montréal vers l'océan Atlantique. Malgré la proposition de l'ingénieur Sanford Fleming de construire le terminus à Pokesudie, le trajet est dévié vers Halifax lorsque les travaux débutent en 1868. La construction d'un chemin de fer plus modeste par la Caraquet Railway Company, basée à Bathurst et présidé par Kennedy F. Burns, débute en 1887. Burns fait dévier le trajet une première fois vers Burnsville pour bénéficier son usine, puis déplace le terminus de Pokesudie à Shippagan pour des raisons électorales.

La fusillade du 27 janvier.

En 1871, le gouvernement provincial adopte la Common School Act, qui am√©liore le financement des √©coles mais rend l'enseignement du fran√ßais plus difficile et met met fin √† l'enseignement religieux. Appuy√©s par les Irlandais de la province, quelques d√©put√©s et le clerg√©, les habitants protestent et demand√®rent un r√©seau d‚Äô√©coles catholiques. Cette crise causa la d√©faite de plusieurs d√©put√©s provinciaux et f√©d√©raux, affaiblit le gouvernement de John A. Macdonald et contribua √† sa chute. Les p√™cheurs de Caraquet √©taient alors tr√®s appauvris par la m√©thode de paiement des compagnies qui les payaient avec des jetons pouvant seulement √™tre √©chang√©s √† leur magasins. Les compagnies donnaient uniquement de quoi survivre au p√™cheur et pas assez pour s'√©manciper. Le m√©contentement caus√© par la loi, ajout√© √† la situation √©conomique des p√™cheurs, caus√®rent un soul√®vement d'un partie de la population. Cela d√©g√©n√®rera en l'affaire Louis Mailloux, des √©meutes de deux semaines √† Caraquet. La police intervint avec l‚Äôaide d‚Äôune milice et de l‚Äôarm√©e canadienne. Il y eut deux morts lors d'une fusillade le 27 janvier 1875 : John Gifford, un milicien venu de Newcastle, et Louis Mailloux.

Il n'y a toujours pas de m√©decins dans la P√©ninsule acadienne √† la fin du XIXe si√®cle. Pour cette raison, Stanislas-Joseph Doucet, devenu cur√© de Pokemouche en 1877, √©tudie l'hom√©opathie. Il soigne ainsi des gens √† 40 kilom√®tres √† la ronde, vend ses rem√®des par correspondance et re√ßoit le surnom d'¬ę homme aux miracles ¬Ľ. Son succ√®s lui apporte plus tard les critiques de m√©decins nouveaux venus[9].

√Čpoque contemporaine

Le Coll√®ge Sacr√©-CŇďur.

Le Coll√®ge Sacr√©-CŇďur est fond√© √† Caraquet en 1899. La Banque du Peuple ouvre la premi√®re succursale bancaire en Acadie en 1906 dans la m√™me ville. Le Coll√®ge Sacr√©-CŇďur est d√©truit dans un incendie en 1915. Il est finalement reconstruit √† Bathurst en 1921, en partie √† cause du mauvais service ferroviaire.

Le comt√© de Gloucester est durement touch√© par la Grande D√©pression. Le village agricole de Notre-Dame-des-√Črables est fond√© √† l'ouest de Paquetville en 1939 pour accueillir les familles pauvres. L'√©tablissement s'√©tend aux hameaux de Rocheville et de Val-Doucet dans les ann√©es 1950.

L'électricité fait son arrivée à Caraquet en 1939. L'exploitation de la tourbe commence en 1940.

La concurrence entre les compagnies de pêche nuit aux activités de la compagnie Robin, qui ferme son établissement de Caraquet en 1958[10].

La P√©ninsule acadienne est administr√©e √† partir de 1826 par la municipalit√© du comt√© de Gloucester, dont le chef-lieu est √† Bathurst, dans la r√©gion Chaleur. Shippagan est constitu√© en municipalit√© en 1948. √Ä la m√™me √©poque, la Chambre de Commerce de Caraquet joue un grand r√īle dans le d√©veloppement de la ville. Elle propose la constitution, qui est chose faite en 1961. D√©coulant du programme ¬ę Chances √©gales pour tous ¬Ľ de Louis Robichaud, les municipalit√©s de comt√© sont dissoutes en 1966 et de nombreux district de services locaux et municipalit√©s sont donc constitu√©s pour les remplacer. Tracadie devient graduellement le principal centre administratif et ce balancement du pouvoir local dans la P√©ninsule augmente le taux de participation aux √©lections.

La construction navale, dont d√©pend l'√©conomie du Nouveau-Brunswick dans les ann√©es 1960, d√©cline. Le gouvernement provincial tente alors de construire des filatures pour relancer l'√©conomie mais uniquement dans la r√©gion de Saint-Jean. Des personnalit√©s de la P√©ninsule parviennent √† convaincre le gouvernement d'en ouvrir certaines dans la r√©gion. C'est ainsi qu'il y aura la Sunshine Mills √† Tracadie, la Cirtex puis Medina Mills puis Wink √† Caraquet et Fils Fins Atlantique √† Pokemouche, qui fermeront toutes apr√®s avoir cr√©√© de nombreux emplois mais aussi engouffr√© plus de 120 millions de dollars de fonds publics[11]. Durant les ann√©es 1960, le Nouveau-Brunswick projette de construire une premi√®re centrale nucl√©aire et l'un des sites propos√©s est l'Anse-Bleue. Les habitants s'opposent √† la construction et elle est plut√īt install√©e √† Pointe Lepreau[12]. Notre-Dame-des-√Črables √©tant toujours sous-d√©velopp√© en 1960, un projet du gouvernement provincial cr√©e une bleueti√®re coop√©rative[13]. Deux autres projets importants des ann√©es 1960 sont la construction d'un port √† Pokesudie, projet annul√© qui deviendra finalement le port de Belledune, et une gigantesque aci√©rie dans le m√™me village, qui elle aussi ne sera pas construite.

Fondé en 1948, le couvent de Shippagan devient en 1960 le collège Jésus-Marie. Il est annexé au Collège de Bathurst en 1963 puis à l'Université de Moncton[14].

En 1970, le Lady Audette coule au large de Miscou, sans laisser de traces. Son jumeau, le Lady Doriane, coule un an plus tard au large des √éles de la Madeleine, tuant trois des membres d'√©quipage, les autres √©tant sauv√©s par l'Apollo III. Ces neuf morts consternent la population et le troisi√®me bateau de la s√©rie, le Marc Guylaine, est alors consid√©r√© comme dangereux. Il est achet√© par le gouvernement f√©d√©ral, renomm√© puis d√©plac√© sur la c√īte du Pacifique.

Le nombre de cours au Coll√®ge J√©sus-Marie de Shippagan augmente en 1972. En 1975, un rapport propose son √©largissement alors qu'un autre propose sa fermeture. Une manifestation est organis√©e √† Fredericton le 17 d√©cembre 1975 et le m√™me jour, l'Assembl√©e l√©gislative change la loi, qui r√©organise l'Universit√© en 1977, cr√©ant le Centre universitaire de Shippagan[14].

L'aéroport de Pokemouche ouvre ses portes en 1978[15].

Plusieurs crises secouent la pêche du crabe des neiges dans les années 1980 et un moratoire est imposé sur la pêche de la morue en 1992, nuisant à l'économie.

Le Centre universitaire de Shippagan connait une expansion majeure entre 1993 et 1995[14].

Un policier est blessé lors d'une émeute en 1996 au port de Shippagan. En décembre de la même années, le ministre de l'éducation annonce la fermeture de plusieurs écoles rurales. En mai 1997, les parents des villages en question manifestent pour sauver leur écoles de la fermeture mais la GRC, encore sous le choc de l'émeute de 1996, réprime violemment les manifestations, causant les émeutes de Saint-Sauveur et Saint-Simon. Après des années de manifestations, de procès et d'enquêtes, la GRC s'excuse publiquement.

En 1999, s'appuyant sur une d√©cision de la Cour supr√™me du Canada, les Micmacs de Burnt Church d√©cident de p√™cher le homard toute l'ann√©e, ce qui causera la perte de l'industrie selon les p√™cheurs non-am√©rindiens. Jusqu'en 2001, plusieurs casiers, bateaux et b√Ętiments micmacs et acadiens sont incendi√©s par les deux parties, alors que plusieurs affrontements ont lieu entre la GRC et les Micmacs. C'est la crise de Burnt Church.

Le CCNB-Péninsule acadienne est fondé à Shippagan en 2000.

Bateaux de pêche au crabe et usine incendiée à Shippagan.

Le 2 mai 2003, P√™ches et Oc√©ans Canada modifie les quotas de p√™che au crabe des neiges au d√©triment des p√™cheurs traditionnels. Le 3 mai, lors d'un mouvement de protestation national, une √©meute √©clate dans le port de Shippagan, o√Ļ 250 personnes incendient des bateaux, des agr√®s de p√™che et des b√Ętiments. La plus grande enqu√™te criminelle de l'histoire du Nouveau-Brunswick a lieu par la suite[16].

L'H√ītel-Dieu de Lam√®que et l'h√īpital de l'Enfant-J√©sus de Caraquet sont ferm√©s en 2004, alors que l'H√īpital R√©gional Chaleur voit son service augment√©. Cela cause une s√©rie de manifestations ainsi qu'une bataille judiciaire, la population affirmant que cela nuira √† la qualit√© des services en fran√ßais. Malgr√© une d√©faite en cour, les services sont peu √† peu r√©tablis jusqu'en 2008, o√Ļ les √©tablissements redeviennent des h√īpitaux et qu'un quatri√®me centre de sant√© communautaire est ouvert √† Saint-Isidore.

Géographie

Situation et limites

La P√©ninsule acadienne forme grossi√®rement un triangle √† l'extr√©mit√© nord-est de la province. Cette p√©ninsule comprend l'est du comt√© de Gloucester et l'extr√©mit√© nord-est du comt√© de Northumberland, soit le littoral entre Grande-Anse (47¬į48‚Ä≤47‚Ä≥N 65¬į10‚Ä≤57‚Ä≥O / 47.81306, -65.1825) au nord et le pont de Bartibog (47¬į5‚Ä≤52‚Ä≥N 65¬į21‚Ä≤6‚Ä≥O / 47.09778, -65.35167) au sud et s'√©tend √† l'ouest jusqu'√† Notre-Dame-des-√Črables (47¬į37‚Ä≤56‚Ä≥N 65¬į14‚Ä≤54‚Ä≥O / 47.63222, -65.24833). La r√©gion de N√©guac, au sud, n'est pas toujours incluse dans les limites pour des raisons administratives et √©conomiques[17]. Des secteurs √† l'ouest, soit les Caps et les villages d'Allardville et de Saint-Sauveur sont parfois inclus dans la P√©ninsule acadienne pour des raisons g√©ographiques mais sont par contre li√©es historiquement et √©conomiquement √† la r√©gion Chaleur. La P√©ninsule acadienne est limitrophe de la r√©gion Chaleur √† l'ouest ainsi que de la vall√©e de la rivi√®re Miramichi au sud.

La P√©ninsule acadienne compte trois villes principales: Caraquet, Shippagan et Tracadie-Sheila, formant un triangle avec Pokemouche (47¬į40‚Ä≤33‚Ä≥N 64¬į52‚Ä≤44‚Ä≥O / 47.67583, -64.87889) au centre.

Atlas de la Péninsule acadienne
Situation
Points culminants
Langues maternelles

Topographie

Contrairement √† une id√©e r√©pandue[18], la P√©ninsule acadienne poss√®de un relief vari√©. La c√īte nord, entre Grande-Anse et l'√ģle de Caraquet, a un aspect l√©g√®rement inclin√© et bas, termin√© par des falaises mesurant 30 m√®tres de haut[19] √† Grande-Anse, offrant une vue d√©gag√©e sur presque toute la baie, au pied desquelles se trouvent des plages. Au sud de ce secteur s'√©tend la vall√©e de la rivi√®re Caraquet, dont les marais et e terres basses s'√©tendent sur 5 kilom√®tres. La partie du littoral situ√©e entre l'√ģle de Caraquet et le pont de Bartibog est reli√©e par de longues dunes, plages, barachois et baies abrit√©es, interrompues seulement par les estuaires des rivi√®res. Toutefois, des falaises s'√©l√®vent √† l'est de l'√ģle de Lam√®que et au fond de la baie Saint-Simon, ces derni√®res ayant la particularit√© d'√™tre form√©es de tourbe. L'ouest de la r√©gion est plus accident√©, le point culminant est un plateau situ√© √† l'extr√©mit√© nord-ouest de la Paroisse d'Alnwick, haut d'environ 120 m√®tres. D'autres sommets notoires sont la butte √† Morrison (92 m) et la butte d'Or (90 m). Certaines rivi√®res poss√®des des gorges, comme la rivi√®re Pokemouche et la rivi√®re Tabusintac.

La P√©ninsule acadienne compte quelques √ģles, soit l'√ģle de Caraquet, la Dune, l'√ģle aux Foins, l'√ģle Fox Den, l'√ģle de Lam√®que, l'√ģle de Miscou, l'√ģle Munro, l'√ģle de Pokesudie, l'√ģlette de Pokesudie, l'√ģle du Portage, et l'√ģle au Sable. Les plages de Tabusintac et de N√©guac sont en fait des archipels form√©s de bancs de sable. L'√ģle de Miscou, l'√ģle Fox Den et l'√ģle de Lam√®que forment l'archipel de l'Acadie. Finalement, certaines rivi√®res poss√®dent des √ģles.

Les rivières sont généralement très larges, prennent leur source dans de vastes tourbières ou des lacs et coulent vers l'est. Certaines ont des rives abruptes mais la plupart forment des méandres et sont lents. Les principales rivières sont, du nord au sud, la rivière du Nord, la rivière Caraquet, la rivière Saint-Simon, la rivière Pokemouche, la Petite Rivière Tracadie, la Grande Rivière Tracadie, la rivière Tabusintac, la rivière Burnt Church et la rivière Bartibog.

Les lacs sont peu nombreux, petits et peu profonds[20] et sont pour la plupart situés dans les tourbières. Les plus importants sont le Grand Lac de Miscou et le lac du Goulet.

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Géologie

Pierre de Grande-Anse utilisée pour la construction de certains édifices.

Le sous-sol de la r√©gion est compos√© essentiellement de roches s√©dimentaires du groupe de Pictou datant du Pennsylvanien (entre 300 et 311 millions d'ann√©es). Dans l'ouest, le gr√®s a des couleurs vert olive, gris, chamois et rouge, le tout interstratifi√© d'argilite et de conglom√©rats[21]. Sur le littoral, le gr√®s gris est recouvert de gr√®s et de conglom√©rats rouge[22]. Des fossiles sont visibles √† plusieurs endroits. √Ä Pigeon Hill, ils sont partiellement remplac√©s et incrust√©s de malachite et de conn√©lite[22]. Le dyke de Caraquet, compos√© de diabase, se rend en ligne droite de l'√ģle de Caraquet jusqu'au ruisseau √† la Truite en passant en plein centre de Caraquet et de Paquetville. Il est expos√© √† l'√ģle et √† Caraquet et s'est form√© il y a de 178 millions d'ann√©es √† 200 millions d'ann√©es[23].

Du charbon en quantit√© variable et un peu de p√©trole se trouve dans le sous-sol. Une vaste carri√®re c√īti√®re existait autrefois √† Grande-Anse, dont ont utilisait les pierres pour faire des meules ou construire les √©glises de la r√©gion[22]. Du gr√®s gris chamois a aussi √©t√© exploit√© dans la r√©gion de Paquetville pour construire les √©glises[24].

Les roches pennsylvaniennes s'alt√®rent facilement pour former des sols acides et profonds[20]. Le sol est relativement fertile sur le littoral, en partie √† cause des conglom√©rats contenus dans le sous-sol[19], mais l'est tr√®s peu dans les hautes terres[20]. Il a g√©n√©ralement une bonne texture et peu rocailleux dans les hautes terres[20] alors que sa texture varie grandement sur le littoral[19]. Les d√©p√īts d'origine marine sont pr√©sents jusqu'√† environ 10 kilom√®tres de la mer[19]. Des sols d'origine organiques se sont form√©s dans des secteurs c√ītiers plats et mal drain√©s, comprennent de vastes tourbi√®res[19]. La haute vall√©e de la rivi√®re Pokemouche est le secteur le plus aride, d√Ľ √† la pr√©sence d'un important d√©p√īt d'origine glaciaire[20].

Climat

Le climat est sec au profit des Appalaches et des terres humides plus au sud, et frais d√Ľ √† la pr√©sence du golfe du Saint-Laurent[20]. Le climat est semblable dans toute la P√©ninsule sauf que le vent est deux fois plus fort sur le littoral et endommage les arbres[19]. Il existe une station m√©t√©orologique √† Bas-Caraquet et une autre √† Miscou.

Données météorologiques de Bas-Caraquet, de 1994 à 2006[25].
Mois Jan F√©v Mar Avr Mai Jui Jui Ao√Ľ Sep Oct Nov D√©c Ann√©e
Temp√©ratures minimales (¬įC) -12,6 -12,7 -7,2 -1,3 4,6 10,7 15,0 14,3 10,6 4,7 -0,6 -6,5 1,6
Temp√©ratures maximales (¬įC) -5,2 -3,9 0,6 5,8 13,0 19,4 22,0 21,5 17,5 10,7 4,7 -0,6 8,8
Temp√©ratures moyennes (¬įC) -8,9 -8,6 -3,3 2,5 9,3 15,8 19,4 18,8 14,7 8,3 2,3 -3,6 5,6
Pluviométrie[26] (mm) 31,4 49,3 64,6 63,2 85,5 61,3 71,8 66,8 73,2 95,6 93,9 74,6 900,5

Milieu naturel

La Péninsule est située dans l'écorégion des basses terres de l'est, qui s'étend sur un territoire plus grand compris entre Bathurst au nord et Sackville au sud. Plus précisément, la Péninsule acadienne regroupe la plus grande partie de l'écodistrict de Caraquet, qui comprend le littoral et s'enfonce dans les terres sur dix kilomètres en moyenne[22], et de l'écodistrict de Tabusintac, situé dans l'arrière-pays[27].

L'ouest de la r√©gion est occup√©e par une vaste for√™t qui recouvre une bonne partie de la province, entrecoup√©e seulement par les secteurs habit√©s d'Allardville et de Saint-Sauveur. D'autres for√™ts plus petites existent, dont les principales sont situ√©es au nord-ouest ainsi qu'au nord-est de Paquetville et au sud de Caraquet. La plupart des villes et villages sont en fait s√©par√©s par des for√™ts. L'est est plut√īt compos√© de tourbi√®res et de marais, dont les plus grands sont les Terres Noires, la plaine de Shippagan, la plaine de Lam√®que et la plaine de Miscou.

La biodiversité et les espèces rares de la région ont poussé à la création de la zone naturelle protégée de Tabusintac et de refuges d'oiseaux à la rivière du Nord ainsi qu'à Inkerman. Toute forme d'industrie et l'agriculture sont fortement réglementés à Miscou.

Flore

Sur le littoral, la longue histoire de colonisation et d'exploitation foresti√®re entra√ģne la pr√©dominance des feuillus, en particulier l'√©rable rouge, le peuplier faux-tremble et le bouleau gris[28]. Les creux des vall√©es et les secteurs ayant un sol √† texture grossi√®re sont peupl√©s d'√©pinette noire et de pin gris[28]. Les pentes sont peupl√©es d'√©rable rouge, accompagn√©s d'√©pinette rouge, de pin blanc d'Am√©rique, de sapin baumier et de pruche[28]. Dans les hautes terres, les sols acides et mal drain√©s ainsi que la fr√©quence des incendies expliquent la domination des conif√®res[29]. Le sapin baumier, l'√©pinette rouge, la pruche et l'√©pinette blanche, m√™l√©s de feuillus ont tendance √† occuper les pentes alors que le pin gris se trouve dans les vall√©es de la rivi√®re Tabusintac, de la Petite Rivi√®re Tracadie et de la Grande Rivi√®re Tracadie. Les peuplements de feuillus y sont rares et poussent seulement sur les versants et les cr√™tes les plus abruptes[29]. Ils sont g√©n√©ralement constitu√©s de peuplier faux-tremble, de bouleau √† papier et d'√©rable rouge. L'√©rable √† sucre pousse en bois√©s √©parses dans les environs de Paquetville, une √©rabli√®re compte des sp√©cimens √Ęg√©s de plus de 200 ans[29]. La pruche a aujourd'hui presque disparue des for√™ts[28]. Le thuya occidental et le m√©l√®ze laricin poussent g√©n√©ralement pr√®s des √©pinettes noires dans les secteurs mal drain√©s[28]. L'aster du Saint-Laurent et l'aster subul√© poussent partout. La seconde a une forme unique dans la r√©gion et √©tait autrefois consid√©r√©e comme une esp√®ce √† part enti√®re, l'aster de Bathurst. La Grande Rivi√®re Tracadie accueille plusieurs plantes inusit√©es, telles que la sanguinaire du Canada et la pyrole mineure. Un orme blanc de Shippagan daterait de plusieurs si√®cles[30].

Un herbier complet de la Péninsule acadienne est en cours de réalisation depuis 2006[31].

Faune

L'√ģle Miscou accueille de nombreuses esp√®ces d'oiseaux migrateurs, dont certains √©gar√©s. La plus rare est le pluvier siffleur. La ravine de Tabusintac est un site de reproduction important pour le pluvier siffleur, les sternes et d'autres oiseaux de rivages. L'estuaire de la rivi√®re Tabusintac, p√©n√©trant loin dans les terres, constitue quant √† lui un lieu privil√©gi√© pour le balbuzard p√™cheur, le grand H√©ron, le pygargue √† t√™te blanche et la sauvagine. La plus grande colonie de bihoreau gris des provinces maritimes se trouve pr√®s d'Inkerman, c√ītoyant aussi le grand h√©ron.

Les marais sal√©s du littoral abritent plusieurs esp√®ces de papillons, dont le cuivr√© des marais sal√©s, le petit satyre des bois, le porte-queue de l'Ouest et le satyre fauve des Maritimes, ce dernier √©tant menac√© d'extinction. Dans l'√©codistrict de Tabusintac, le boloria pourpr√© et le bleu verd√Ętre sont visibles √† l'extr√™me ouest. De nombreux argynnes cyb√®les sont visibles au bord de la Grande Rivi√®re Tracadie.

Le morse fr√©quentait la c√īte ouest de Miscou jusqu'au d√©but du XIXe si√®cle.

Culture

L'église Sainte-Cécile.

Architecture

Article connexe : Architecture acadienne.

Matériaux

Architecture domestique

Architecture religieuse

Structures et b√Ętiments publics

Le typique boulevard Saint-Pierre de Caraquet, longue allée bordée d'arbres.

Le village de la P√©ninsule acadienne est construits le long d'un chemin principal, √©tant donc un village-rue. Le centre est occup√© par une haute √©glise situ√©e g√©n√©ralement au coin de routes importantes pour √™tre visible de loin et parfois devant une place comme √† Caraquet. Les agglom√©rations portuaires sont aussi centr√©es sur le port alors que Grande-Anse s'organise plut√īt autour de l'ancienne gare. L'h√ītel de ville √©tant r√©cent, il est souvent situ√© √† l'√©cart du centre.

La Péninsule acadienne fait face à un problème d'étalement urbain[32].

Autres b√Ętiments

Gastronomie

Article d√©taill√© : Cuisine acadienne.

La cuisine acadienne utilise couramment des ingr√©dients comme le poisson, le porc et quelques l√©gumes dont les f√®ves s√©ch√©es, les patates (pommes de terre), le choux et le navet. Les plats √† base de c√©r√©ales comme le gruau, les cr√™pes et le pain sont tr√®s fr√©quents. Aux produits locaux s'ajoutent ceux provenant d'un commerce ancien avec les Antilles et le Br√©sil, tels que la m√©lasse, la cassonade, les raisins secs et le riz. Dans la r√©gion, les assaisonnement se r√©sument aux herbes sal√©es, aux oignons et √† la sarriette. Parmi les plats communs aux diff√©rentes r√©gions comme le p√Ęt√© de viande et le boudin, le plus populaire reste le fricot, une soupe dont il existe une vingtaine de vari√©t√©s dont au poulet, au poisson, au fruits de mer et au gibier. Un autre plat populaire est la soupe aux l√©gumes et √† l'orge, aussi appel√©e soupe du dimanche, soupe √† toutes sortes de choses, soupe √† la ferraille ou grosse soupe. Par contre, les mets faits de patates r√Ęp√©es, tels que le chior et la poutine r√Ęp√©e, sont inconnus. C'est l'une des seules r√©gions o√Ļ l'on consommait autrefois le castor, la marmotte, l'ours et le go√©land.

Religion

Sport

Langue

Le drapeau Micmac.

La plupart des municipalités et des DSL compte plus de 95% de francophones. L'anglais est présent surtout au sud de la Péninsule, limitrophe de la vallée du fleuve Miramichi, à majorité anglophone. Les communautés en question sont Tabusintac, Oak Point-Bartibog Bridge, Brantville et Barryville-New Jersey. De plus, 6% de la population de Saint-Léolin a l'anglais comme langue maternelle[33], et cette proportion monte au tiers à Miscou.

À Burnt Church, près de 41% de la population a le micmac comme langue maternelle et 55% a l'anglais. Cette population est fortement anglicisée car le micmac est utilisé couramment par près de 16% des gens, alors que 77% utilisent l'anglais[34].

Traditions, folklore et événements

Le folklore de la P√©ninsule acadienne est vari√©. Les plus vieilles l√©gendes sont d'origine micmaque, telle la Gougou, une ogresse vivant dans la plaine de Miscou. Le folklore local fait son apparition dans la litt√©rature d√®s les premi√®res explorations europ√©ennes, Samuel de Champlain mentionne la Gougou[35], alors que d'autres explorateurs parlent de la butte d'Or, situ√©e aux confins de la P√©ninsule et visible de la baie des Chaleurs[6]. D'autres l√©gendes d√©rivent de la pr√©sence de pirates et d'√©v√©nements historiques, tel que le Bateau fant√īme annon√ßant le mauvais temps. L'√ģle au tr√©sor de Miscou est nomm√©e ainsi d'apr√®s un tr√©sor ne pouvant √™tre captur√©e mais des l√©gendes semblables existent √† d'autres endroits comme Le Goulet. Certaines l√©gendes sont communes √† de nombreuses r√©gions francophones, telles que le Bonhomme sept-heures et le diable danseur.

La f√™te nationale de l'Acadie est c√©l√©br√©e dans de nombreuses communaut√©s le 15 ao√Ľt, donnant lieu √† des spectacles, des feux d'artifices et plusieurs traditions dont les deux principales dont le tintamarre et la b√©n√©diction des bateaux. De nombreux autres festival ont lieu, Caraquet en compte une dizaine. √Ä Saint-Simon, l'arriv√©e du Capitaine Saint-Simon est recr√©e √† chaque ann√©e durant le festival des Coques.

Tourisme

La Péninsule acadienne possède de nombreuses attractions touristiques. L'écoparc de Lamèque permet d'observer plusieurs des milieux naturels de la région, abrite de nombreuses espèces d'oiseaux et possède un arboretum comprenant une trentaine d'essences.

La r√©gion compte plusieurs mus√©es, soit le Mus√©e des Papes de Grande-Anse, le Mus√©e de la Bi√®re de Bertrand, l'√©co-mus√©e de l'hu√ģtre et le Mus√©e Acadien de Caraquet et le Mus√©e historique de Tracadie. L'h√ītel de ville de Paquetville poss√®de aussi une salle historique.

Administration

Municipalités

La Péninsule acadienne compte quatre villes, dix villages, trois réserves indiennes et cinquante cinq de services locaux (DSL). Les DSL et les réserves indiennes ne sont pas à proprement parler des municipalités. Les trois réserves sont sous la gestion de la première nation de Burnt Church, ou Eskɨnuopitijk. À noter que certaines municipalités regroupent plusieurs hameaux. Pour plus de détails, voir la liste des lieux-dits du comté de Gloucester et la liste des lieux-dits du comté de Northumberland.

Représentation et tendances politiques

Une péninsule, une ville

Depuis plusieurs ann√©es, il y a un projet de fusionner toutes les municipalit√©s et DSL de la P√©ninsule acadienne pour cr√©er une seule cit√©. Cette cit√© compterait alors 50 000 habitants et serait donc la 4e en importance dans la province. Elle comprendrait quatre arrondissements correspondant aux circonscriptions √©lectorales provinciales, soit Caraquet, Centre-P√©ninsule, Lam√®que-Shippagan-Miscou et Tracadie-Sheila. Toutes les villes et villages deviendraient des quartiers de ces arrondissements, et l'h√ītel de ville serait install√© √† Pokemouche. La cit√© serait nomm√©e Beausoleil, en l'honneur de Joseph Brossard dit Beausoleil. L'ancien premier ministre Bernard Lord s'est prononc√© en faveur de cette fusion en 1999. Le projet a refait surface en avril 2002, lorsqu'un groupe local de la SAANB a envoyer une demande officielle √† chaque conseil municipal ou consultatif des DSL. Le projet n'a pas port√© fruit, mais une enqu√™te r√©alis√©e quelques mois plus tard r√©v√©lait que la majorit√© des habitants de la r√©gion est en faveur de la fusion[36],[37].

√Čconomie

Secteur primaire

Agriculture

L'agriculture n'a jamais √©t√© tr√®s d√©velopp√©e dans la P√©ninsule acadienne. Le sol y g√©n√©ralement pauvre, acide dans les r√©gions mar√©cageuses de l'est et rocailleux √† l'ouest, seul Pokemouche √† l'un des meilleurs sols de la c√īte est de la province. L'agriculture mixte est tout de m√™me pratiqu√©e par endroits, domin√© par la culture de l'avoine et de fourrage dont le foin. Les patates (pomme de terre) sont cultiv√©es √† Caraquet et √† N√©guac. Plusieurs bleueti√®res existent dans l'ouest de la P√©ninsule (secteurs de Paquetville et de Saint-Isidore) ainsi que dans le secteur de Shippagan. L'ouest compte aussi des √©levages de bovins, des √©rabli√®res ainsi que des cultures d'orge. Les sapins de No√ęl, sont cultiv√©s dans l'ouest et √† N√©guac. Notre-Dame-des-√Črables compte ainsi le plus grand producteur de couronnes de l'avant au Canada[38].

Pêche

Lamèque et son port.

La P√©ninsule compte 17 ports[39], utilis√©s par les p√™cheurs et les plaisanciers. Le port de Caraquet et le port de Shippagan sont les deux principaux ports de la province. Celui de Shippagan compte un terrain pour entreposer les bateaux hors-saison ainsi qu'une station de la Garde c√īti√®re canadienne alors que celui de Bas-Caraquet compte un chantier naval.

Tourbe

Plus de vingt tourbières sont exploitées commercialement, pour la plupart dans la région de Shippagan.

Exploitation forestière

L'exploitation foresti√®re a commenc√© au d√©but du XIXe dans l'arri√®re-pays mais ne s'est jamais r√©ellement d√©velopp√©, d√Ľ au type d'arbre, au sol tourbeux et √† la fr√©quence des incendies.

Secteur secondaire

Le chantier naval de Bas-Caraquet √©tait dans les ann√©es 1970 le fleuron de l'industrie de la r√©novation maritime et de l'industrie locale. Une projet pr√©voit la mise √† neuf de ses installations d'ici 5 ans au co√Ľt de 10 millions de dollars[40].

Secteur tertiaire

La fédération des Caisses populaires acadiennes a son siège-social à Caraquet. La Caisse populaire de Shippagan a joint les rangs de la fédération en 2004.

Infrastructures et services

Santé

L'h√īpital de L'Enfant-J√©sus de Caraquet.

La P√©ninsule acadienne b√©n√©ficie de trois h√īpitaux, soit l'H√ītel-Dieu de Lam√®que, l'h√īpital de Tracadie-Sheila et l'h√īpital L'Enfant-J√©sus de Caraquet. Il y a aussi des centres de sant√© √† Miscou, N√©guac, Paquetville et Saint-Isidore et des postes d'ambulance Nouveau-Brunswick √† Caraquet, Shippagan, Tracadie et N√©guac. Plusieurs services sont par contre offerts √† l'H√īpital R√©gional Chaleur de Bathurst et √† l'√īpital r√©gional de Miramichi.

√Čducation

L'université de Moncton à Shippagan.

La P√©ninsule acadienne dispose d'√©coles √©l√©mentaires et secondaires francophones dans chaque village important. Plusieurs communaut√©s poss√®dent une biblioth√®que publique et tous les villages sont desservis par un bibliobus. La ville de Shippagan b√©n√©ficie du CCNB-P√©ninsule acadienne, qui poss√®de √©galement des centres d'apprentissage √† Lam√®que, Caraquet, Paquetville, Tracadie-Sheila et N√©guac. L'√Čcole des p√™ches du Nouveau-Brunswick, maintenant affili√©e au CCNB, se trouve √† Caraquet. Shippagan poss√®de aussi un campus de l'Universit√© de Moncton.

Transport

Le pont de Miscou.

Transport routier

La route 11 est le principal axe routier de la P√©ninsule et relie en fait Sh√©diac au sud au Qu√©bec, au nord. L'acc√®s routier est en fait d√©ficient compar√© aux autres r√©gions de la province. La route 11 est en cours de transformation en autoroute et une voie d'√©vitement contourne d√©j√† Tracadie-Sheila. Un nouveau tron√ßon dont la construction devrait commencer en 2012 reliera Pokemouche et Janeville en passant par Paquetville[41]. La r√©gion la plus difficilement accessible est celle de Shippagan, desservie par la seule route 113 √† partir de Pokemouche. L'√ģle de Miscou est reli√©e √† l'√ģle de Lam√®que par un pont depuis 1996, elle-m√™me reli√©e √† Shippagan depuis 1959. Un pont projet√© entre Bas-Caraquet et Shippagan r√©duirait fortement l'isolement de la r√©gion.

Il n'y a aucun transport en commun dans la Péninsule acadienne. Les villes disposent de services de taxi et de location de voiture, alors qu'un service de taxi basé à Bertrand permet de se rendre jusqu'à Montréal.

Tracadie-Sheila, et dans une moindre mesure d'autres municipalités, fait face à un sérieux problèmes d'embouteillages.

Transport aérien et ferroviaire

La Péninsule acadienne est dépourvue de chemin de fer depuis 1994. La reconstruction de la ligne Caraquet est projetée.

L'aéroport de Pokemouche accueille des petits avions, tandis que l'aéroport de Bathurst, non loin à l'ouest, offre un service de vols commerciaux réguliers.

Transport maritime et fluvial

Les cours d'eau de la Péninsule sont souvent larges mais ne sont plus utilisés pour le transport de marchandise. La Grande Rivière Tracadie compte deux petits canaux permettant le passage des bateaux de pêche alors qu'un bateau à aube circule sur la Petite Rivière Tracadie. Un projet d'un canal reliant la rivière Pokemouche à la baie Saint-Simon a existé au XIXe siècle[42]. Certains ports de pêche ont la capacité d'accueillir des marchandises mais sont rarement utilisés à cet effet.

Notes et références

Notes

  1. ‚ÜĎ L'Acadie nouvelle et plusieurs institutions locales utilisent l'orthographe P√©ninsule acadienne. Toutefois, certaines sources √©crivent plut√īt p√©ninsule Acadienne ou p√©ninsule acadienne.

Références

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  3. ‚ÜĎ Entreprise P√©ninsule - Notre r√©gion. Consult√© le 28 d√©cembre 2009.
  4. ‚ÜĎ Erreur dans la syntaxe du mod√®le ArticleM√©lanie Sivret, ¬ę Une nouvelle voix pour les manufacturiers de la P√©ninsule acadienne ¬Ľ, dans L'Acadie nouvelle [texte int√©gral (page consult√©e le 28 d√©cembre 2009)] .
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  40. ‚ÜĎ (fr) R√©al Fradette, ¬ę Bas-Caraquet voit grand en 2009 ¬Ľ, dans L'Acadie Nouvelle, 31 janvier 2009 [lire en ligne (page consult√©e le 23 f√©vrier 2009)].
  41. ‚ÜĎ (fr) R√©al Fradette, ¬ę P√©ninsule: d√©but des travaux pr√©paratoires de la nouvelle route 11 ¬Ľ, dans L'Acadie Nouvelle, 30 ao√Ľt 2008 [lire en ligne (page consult√©e le 17 d√©cembre 2008)].
  42. ‚ÜĎ (fr) Donald J. Savoie, Maurice Beaudin, La lutte pour le d√©veloppement : le cas du Nord-Est, PUQ, 1988, p. 24, (ISBN 2760504808).

Voir aussi

Bibliographie

  • Nicolas Landry, √Čl√©ments d‚Äôhistoire des P√™ches : La P√©ninsule acadienne du Nouveau-Brunswick (1890-1950), Septentrion, coll. ¬ę Cahiers des Am√©riques ¬Ľ, Sillery, 2005 (ISBN 2894484437)
  • Nicolas Landry, Les p√™ches dans la P√©ninsule acadienne: 1850-1900, Moncton, √Čditions d'Acadie, 1994 (ISBN 2-7600-0255-1)
  • Clarence Lebreton, Le Caraquet Flyer, Montr√©al: √Čditions du Fleuve, 1990, (ISBN 2-89372-038-2)
  • Clarence Lebreton, Le Coll√®ge de Caraquet, 1892-1916, Montr√©al: Les √Čditions du Fleuve, 1991
  • Donald J. Savoie, Maurice Beaudin, La lutte pour le d√©veloppement : le cas du Nord-Est, PUQ, 1988, p. 24, (ISBN 2760504808)
  • Jeannie Lavall√©e, Le Paradis de la p√™che c√īti√®re, √Čditions de la Francophonie, Moncton, 2002 (ISBN 2-923016-11-4)
  • Revue d'histoire de la Soci√©t√© historique Nicholas Denys, revue historique trimestrielle sur la p√©ninsule Acadienne, publi√©e √† Shippagan.

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Liens externes


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