Pyrenees

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Pyrenees

Pyrénées

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Pyrénées
Carte topographique des Pyrénées
Carte topographique des Pyrénées
GĂ©ographie
Altitude 3 404 m, Pic d'Aneto[1]
Massif
Longueur 430 km
Largeur pour altitude > 1 000m : max 150 km
Superficie 19 000 km2
Coordonnées
Administration
Pays France France
Espagne Espagne
Andorre Andorre
Régions françaises

Communautés espagnoles
Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon

Pays basque, Navarre, Aragon, Catalogne
'
GĂ©ologie
Âge Éocùne (~ 40 Ma)
Roches Métamorphiques, sédimentaires

Les PyrĂ©nĂ©es sont une chaĂźne montagneuse du sud-ouest de l'Europe. Elles s'Ă©tendent en longueur selon une direction est-ouest sur une distance approximative de 430 kilomĂštres depuis la mer MĂ©diterranĂ©e (Cap de Creus) jusqu'au golfe de Gascogne (Cap Higuer). Culminant Ă  3 404 mĂštres d'altitude au pic d'Aneto, les PyrĂ©nĂ©es forment une vĂ©ritable barriĂšre gĂ©ographique sĂ©parant la pĂ©ninsule ibĂ©rique au sud du reste de l'Europe continentale au nord. Elles constituent une frontiĂšre naturelle entre l'Espagne et la France et abritent aussi la principautĂ© d’Andorre.

La chaĂźne des PyrĂ©nĂ©es traverse trois rĂ©gions et six dĂ©partements français : d’est en ouest les rĂ©gions Languedoc-Roussillon (PyrĂ©nĂ©es-Orientales et Aude), Midi-PyrĂ©nĂ©es (AriĂšge, Haute-Garonne et Hautes-PyrĂ©nĂ©es) et Aquitaine (PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques). CĂŽtĂ© espagnol, elle traverse quatre communautĂ©s autonomes et sept provinces d'Espagne : d’est en ouest la Catalogne (GĂ©rone, Barcelone et LĂ©rida), l'Aragon (Huesca et Saragosse), la Navarre (communautĂ© composĂ©e d'une seule province du mĂȘme nom) et le Pays basque espagnol (Guipuscoa).

Sommaire

Étymologie

L'origine du nom « PyrĂ©nĂ©es Â» reste floue. Les nombreuses Ă©tymologies fantaisistes qui furent proposĂ©es au cours des siĂšcles[2] ne sont plus retenues aujourd'hui oĂč l'on estime que PyrĂ©nĂ©es est un toponyme savant empruntĂ© tardivement aux gĂ©ographes grecs[3],[4].

Le terme Î Ï…ÏÎ·ÎœÎ±áż–Î± (PyrēnaĂźa) apparaĂźt par exemple chez l'Ă©crivain Plutarque (vers 46 - 125 ap. J.-C.)[5]. Plus tard, le mot transitera par le latin Pyrenaeus et, dans les autres langues que le français, le -y- se transformera en -i- : espagnol los Pirineos / el Pirineo, occitan los PirenĂšus, catalan els Pirineus / el Pirineu, aragonais os PerinĂ©s ainsi que basque Pirinioak.

Dans la mythologie grecque, le terme « PyrĂ©nĂ©es Â» Ă©tait associĂ© au personnage lĂ©gendaire nommĂ© PyrĂšne (Î Ï…ÏÎźÎœÎ·), fille du roi Bebryx. Selon Silius Italicus, la jeune fille fut aimĂ©e d'HĂ©raclĂšs qui la dĂ©laissa. Elle donna naissance Ă  un serpent et alla enfouir sa honte dans les forĂȘts oĂč elle fut dĂ©vorĂ©e par les bĂȘtes sauvages. HĂ©raclĂšs lui construisit un tombeau[6]. Diodore de Sicile (vers 90 - 30 av. J.-C.) explique par contre le nom PyrĂ©nĂ©es Ă  partir du grec ancien Ï€áżŠÏ (pĆ·r, feu) Ă  cause d'un immense incendie qu'auraient provoquĂ© les bergers[7].

La chaßne des Pyrénées vue depuis la plaine de Tarbes

GĂ©ographie

Carte topographique des Pyrénées montrant le bassin de l'Èbre au sud, celui de l'Adour et de la Garonne au nord.
Les Pyrénées se jetant dans la mer au cap de Creus.
Piémont pyrénéen dans le Pays basque.
Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie des PyrĂ©nĂ©es.

En gĂ©ographie physique, les PyrĂ©nĂ©es forment une chaĂźne d'allure rectiligne, assez Ă©troite, d'une longueur totale de 430 kilomĂštres du cap de Creus cĂŽtĂ© MĂ©diterranĂ©e au Jaizkibel cĂŽtĂ© Atlantique. La dĂ©limitation occidentale peut paraĂźtre arbitraire puisque les PyrĂ©nĂ©es se fondent progressivement dans les montagnes basques qui Ă  leur tour rejoignent les Monts Cantabriques (soit un axe pyrĂ©nĂ©o-cantabrique atteignant 1 000 km de continuitĂ© montagneuse). La plus simple dĂ©finition gĂ©ographique des PyrĂ©nĂ©es tient Ă  leur caractĂšre « isthmique Â» : entre la MĂ©diterranĂ©e et le point le plus proche du Golfe de Gascogne. Au-delĂ  commence la chaĂźne (cordillera) basco-cantabrique.

Pour fixer une largeur limite approximative au massif, on peut dire que le piémont pyrénéen se dilue dans le bassin de l'Èbre versant espagnol, dans le bassin aquitain et la basse vallée de l'Aude versant français. La superficie du massif est alors estimée à environ 19 000 km2[8].

Les vallĂ©es pyrĂ©nĂ©ennes sont frĂ©quemment orientĂ©es nord-sud (Ă  l'exception des vallĂ©es catalanes, le plus souvent orientĂ©es ouest-est[9]) et ses hauts sommets s'Ă©grĂšnent sans grande discontinuitĂ©, ce qui explique que d'un bout Ă  l'autre de la chaĂźne il existe peu de points de passage praticables entre le versant septentrional et le versant mĂ©ridional. Ainsi la frontiĂšre franco-espagnole suit Ă  peu prĂšs la ligne des crĂȘtes, la principale exception Ă  cette rĂšgle Ă©tant formĂ©e par le val d'Aran qui dĂ©pend de l’Espagne mais se situe sur le versant septentrional du massif. Autre « anomalie Â», la chute de Cerdagne, situĂ©e sur le versant mĂ©ridional de la chaĂźne mais partagĂ©e entre la France et l’Espagne.

Pyrénées centrales vues depuis le Pic du Midi de Bigorre.
Reflet hivernal d'un lac pyrénéen.

D'ouest en est, on distingue traditionnellement trois aires de montagne[10] :


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Structure géologique

Le Pic du Midi d'Ossau fait partie d'une ancienne caldeira volcanique, formée avant puis remontée pendant l'orogénÚse des Pyrénées[11].
Canyon de Niscle sur le versant espagnol : on distingue la remontĂ©e des strates gĂ©ologiques puis le creusement d'un canyon et d'une vallĂ©e Ă©troite par un cours d'eau.
Glacier d'Ossoue (Massif du Vignemale) : un des derniers glaciers pyrĂ©nĂ©ens qui jadis Ă©taient responsables de l'Ă©rosion glaciaire des vallĂ©es.
Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ologie des PyrĂ©nĂ©es.

La chaĂźne est Ă  la fois jeune et ancienne selon l'Ă©chelle des temps gĂ©ologiques[12]: jeune car la surrection du relief s'est produite il y a 40 millions d'annĂ©es, en mĂȘme temps que les Alpes, durant l'Ăšre tertiaire ; ancienne car les roches et matĂ©riaux surĂ©levĂ©s ne se sont pas formĂ©s Ă  ce moment-lĂ  mais bien plus tĂŽt : ils prĂ©-existaient Ă  la chaĂźne, durant les Ăšres secondaire et primaire, voire avant[13].

Les sédiments de la genÚse des Pyrénées se déposÚrent dans des bassins littoraux au cours du Paléozoïque (Úre primaire) et du Mésozoïque (Úre secondaire). Les roches métamorphiques et magmatiques (granite et gneiss par exemple), qui s'étaient formées dans le manteau et la croûte terrestre, commencÚrent à affleurer il y a 260 millions d'années (Permien)[11].

Puis, au CrĂ©tacĂ© infĂ©rieur (150 - 100 Ma), sous l'effet d'une ouverture ocĂ©anique, le golfe de Gascogne s'ouvrit en Ă©ventail, serrant l'Espagne contre la France et prenant en Ă©tau de grandes couches de sĂ©diments d'une mer peu profonde prĂ©sente Ă  l'Ă©poque. La collision continentale fut progressive d'est en ouest : le serrage et le soulĂšvement de l'Ă©corce terrestre commencĂšrent par affecter la partie orientale pour s'Ă©tendre progressivement Ă  toute la chaĂźne, surrection et dĂ©formation culminant Ă  l'ÉocĂšne, au dĂ©but du CĂ©nozoĂŻque (Ăšre tertiaire).

Aussi, la zone axiale des PyrĂ©nĂ©es (qui forme une ellipse trĂšs allongĂ©e tout le long de la ligne des hautes altitudes, du pic d'Anie jusqu'au Roussillon) est constituĂ©e de roches bien plus anciennes que la formation des sommets elle-mĂȘme. La prĂ©pondĂ©rance dans cette zone de roches crustales (granites et gneiss) offrant peu de prise Ă  l'Ă©rosion est responsable de l’aspect massif et peu dĂ©coupĂ© de la chaĂźne.

Tout autour de la zone axiale, les sĂ©diments des formations jurassiques et crĂ©tacĂ©es se sont plissĂ©s en bandes concentriques. Ils sont plus Ă©talĂ©s sur le versant sud oĂč ils forment des Ă©tagements successifs de sierras et de hauts plateaux. Au nord, ils forment une bande relativement Ă©troite dans les PyrĂ©nĂ©es centrales, par exemple pour les Petites PyrĂ©nĂ©es, avant-mont s'Ă©tendant de l'Aude au confluent du Salat et de la Garonne et comprenant des chaĂźnons calcaires comme le Plantaurel ; ils s’élargissent Ă  l’ouest au-delĂ  du pic d'Anie oĂč les sommets de granite sont flanquĂ©s de couches calcaires et Ă  l’est, dans les CorbiĂšres, oĂč les soubassements schisteux et calcaires reparaissent, fortement plissĂ©s et ravinĂ©s.

Au plĂ©istocĂšne, l'Ă©rosion glaciaire façonna les cirques et vallĂ©es glaciaires en forme de U, frĂ©quents sur le versant nord, de mĂȘme qu'elle fut responsable de la crĂ©ation de plateaux fluvio-glaciaires au nord de la chaĂźne (comme le Lannemezan) par l'accumulation des alluvions de graviers et d'argiles transportĂ©es par les cours d’eau[14].


CuriositĂ©s gĂ©ologiques :


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Paysages

Cirque de Gavarnie avec la Grande Cascade en fond (422 m) donnant naissance au Gave de Pau
Besiberri en Catalogne : paysage typique avec petit lac et vallĂ©e suspendue

Parmi les caractĂ©ristiques distinctives des paysages pyrĂ©nĂ©ens[15], on peut citer :

  • l'absence de grands lacs, comparativement au massif des Alpes par exemple ;
  • la raretĂ© et l'altitude Ă©levĂ©e des cols (appelĂ©s ports).
  • le nombre important de torrents de montagnes (appelĂ©s gaves ou nestes), typique des PyrĂ©nĂ©es françaises, plus escarpĂ©es dans leur ensemble que les PyrĂ©nĂ©es espagnoles ; ils franchissent les Ă -pics en de spectaculaires cascades et hautes chutes d'eau, surpassĂ©es en Europe seulement par celles de Scandinavie et celle de Reichenbach dans les Alpes suisses[16].
  • la frĂ©quence des cas oĂč la partie supĂ©rieure d'une vallĂ©e se termine en un cirque (demi-cercle de falaises escarpĂ©es). Citons pour l'exemple le cirque de Gavarnie, le cirque de Troumouse, le cirque du Litor, le cirque du Marcadau, etc.

La plus haute chute d'eau (422 m) se trouve Ă  la source du gave de Pau au niveau du cirque de Gavarnie[16]. Ce dernier fait partie avec le massif du Mont-Perdu d’un massif montagneux transfrontalier plus vaste dĂ©signĂ© sous le nom de PyrĂ©nĂ©es-Mont Perdu, et inscrit depuis 1997 sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des paysages naturels et des paysages culturels [17],[18].

Les massifs et sommets

Massif du pic d'Aneto (3 404 mĂštres)

Le point culminant des PyrĂ©nĂ©es est le pic d'Aneto (3 404 mĂštres), situĂ© sur le versant espagnol. Les hauts sommets, situĂ©s au-dessus de 3 000 m, se situent principalement dans les PyrĂ©nĂ©es centrales, en rĂ©gion Midi-PyrĂ©nĂ©es, cĂŽtĂ© français, et dans la communautĂ© autonome d'Aragon cĂŽtĂ© espagnol : il existe en tout 129 sommets principaux et 83 secondaires se hissant au-dessus des 3 000 mĂštres et rĂ©partis en 11 zones. À noter que cette limite mythique des 3 000 m est nĂ©e courant XIXe siĂšcle suite Ă  la rĂ©volution française qui a institutionnalisĂ© le systĂšme mĂ©trique (avant on comptait en toise), engendrant un vĂ©ritable engouement pour l'ascension de tel sommets (voir PyrĂ©nĂ©isme).

Tous les massifs et sommets cĂ©lĂšbres n'atteignent pas 3 000 mĂštres : citons, par exemple, le massif des CorbiĂšres qui culmine Ă  1 230 m avec le pic de Bugarach, le pic du Midi de Bigorre (2 877 m) et le pic du Midi d'Ossau (2 885 m) bien visibles depuis la plaine, le pic d'Anie (2 504 m), le Grand Gabizos (2 692 m), le Montardo (2 833 m), La Rhune (905 m), sans oublier le Mont Valier (2 838 m) dans le Couserans, etc.

Lacs et cours d'eau

Le Pic de NĂ©ouvielle (3 091 m) et le Lac d'Aumar
Articles dĂ©taillĂ©s : Liste des lacs des PyrĂ©nĂ©es et CatĂ©gorie:Cours d'eau issu des PyrĂ©nĂ©es.

Le systĂšme hydrographique des PyrĂ©nĂ©es est composĂ© d'un trĂšs grand nombre de petits lacs et Ă©tangs (ibĂłn en aragonais) jalonnant de non moins nombreux gaves et autres cours d'eaux. Il n'y a pas de "grands lacs" dans les PyrĂ©nĂ©es (comme dans les Alpes) : les plus grands sont des retenues artificielles telles que la retenue de Yesa (Navarre) avec une superficie de 1900 ha. Toutefois le nombre de lacs et Ă©tangs est impressionnant, environ 2 500, ainsi que leur profondeur qui peut ĂȘtre supĂ©rieure Ă  100 mĂštres.

Les gaves creusant la roche commencent souvent par de longues riviĂšres souterraines comme celles de BĂ©tharram[rĂ©f. nĂ©cessaire] avant de jaillir sous forme de petits torrents tourbillonnants, pouvant donner place Ă  des gorges trĂšs Ă©troites et profondes comme les gorges de Galamus, ou des trouĂ©es impressionnantes comme celle de la grotte du Mas d'Azil. Par ailleurs, les importants cours d'eau ont donnĂ© leur nom aux dĂ©partements, provinces d'Espagne ou comarques qu'ils traversent : l'Aragon, l'AriĂšge, l'Aude, la Garonne, etc.

Vallées

La vallée d'Ordesa depuis le Sentier des Chasseurs (Pyrénées espagnoles)

Les vallĂ©es des PyrĂ©nĂ©es sont en gĂ©nĂ©ral Ă©troites, orientĂ©es nord-sud et particuliĂšrement encaissĂ©es du cĂŽtĂ© français Ă  proximitĂ© de la haute chaĂźne frontaliĂšre (jusqu'Ă  2000 mĂštres de dĂ©nivelĂ©e). La plupart des vallĂ©es ont subi l'Ă©rosion glaciaire comme en tĂ©moignent les dĂ©pĂŽts morainiques (remarquables en vallĂ©e de Campan) et certains fonds plats (vallĂ©e d'Aure vers St Lary Soulan, vallĂ©e de la Noguera Pallaresa vers Esterri d'Aneu, vallĂ©e du Rio Cinqueta vers Plan...). Si elles sont moins larges que celles des Alpes et dĂ©pourvues de lacs cela s'explique surtout par la plus faible superficie des PyrĂ©nĂ©es, qui n'a pas permis la formation de grandes "langues" glaciaires (les plus grands glaciers atteignaient cependant le piĂ©mont : Ossau, Gave de Pau, Garonne, AriĂšge). Dans les massifs calcaires, surtout versant espagnol, on observe de nombreux canyons (Kakouetta, Vellos, Anisclo...). Certains ont Ă©tĂ© jadis glacĂ©s, d'autres non, mais les glaciers n'y ont pas stationnĂ© suffisamment longtemps ou Ă©taient de faible taille et n'ont pas laissĂ© de trace significative. Il s'agit donc d'une Ă©rosion de type essentiellement fluviale[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Les canyons recĂšlent une trĂšs grande diversitĂ© floristique et faunistique.

Article connexe : CatĂ©gorie:VallĂ©e des PyrĂ©nĂ©es.

Climat et végétation

Principaux Ă©tages de la vĂ©gĂ©tation versant sud : absence de vĂ©gĂ©tation Ă  l'Ă©tage nival (cyan), prairies Ă  l'Ă©tage alpin, pins Ă  crochets puis hĂȘtraies Ă  l'Ă©tage subalpin, enfin rouvraies (chĂȘnes verts) et chĂȘnaies Ă  l'Ă©tage montagnard puis collinĂ©en.

Par leur latitude et leur orientation les PyrĂ©nĂ©es sĂ©parent deux grands ensembles climatiques et vĂ©gĂ©taux : ocĂ©anique Ă  l'ouest et au nord, continental et mĂ©diterranĂ©en au sud et Ă  l'est.

L'influence ocĂ©anique du nord-ouest, en provenance du Golfe de Gascogne tout proche, est intense au Pays basque (cumuls pluviomĂ©triques de 150 Ă  250 cm/an, hivers relativement doux et Ă©tĂ©s frais[19]: moyennes de +1° en janvier Ă  +13° en juillet vers 1 200 m d'altitude). Elle se prolonge sur les quatre cinquiĂšmes de la chaĂźne en versant nord (jusqu'au dĂ©partement de l'Aude), tandis qu'elle pĂ©nĂštre peu sur le versant sud (guĂšre plus loin que les montagnes de Navarre puis Ă  proximitĂ© immĂ©diate des crĂȘtes frontaliĂšres). En s'enfonçant dans les terres la pluviomĂ©trie se modĂšre tout en restant rĂ©guliĂšre (100 Ă  150 cm/an en moyenne montagne, localement 200 cm sur les plus hauts massifs des PyrĂ©nĂ©es Occidentales) et l'amplitude thermique augmente (Ă  1 200 m : 0° en janvier, +14° en juillet). Les pĂąturages verdoyants alternent avec des forĂȘts de chĂȘnes Ă  feuilles caduques en vallĂ©e et piĂ©mont, de hĂȘtres et sapins en moyenne montagne. La limite haute de la forĂȘt se situe entre 2000 et 2 500 m (pins Ă  crochets), laissant place aux landes subalpines (bruyĂšre, rhododendrons) puis, au-dessus de 2500 Ă  3 000 m, aux pierriers, nĂ©vĂ©s et petits glaciers.

Sur le versant Sud (Aragon, Catalogne occidentale, Andorre, Cerdagne) le rĂ©gime des prĂ©cipitations est essentiellement alimentĂ© par les perturbations de Sud Ă  Ouest d'origine atlantique, qui subissent une influence continentale lors de leur traversĂ©e de la pĂ©ninsule ibĂ©rique et se rĂ©activent au contact du relief pyrĂ©nĂ©en. Les prĂ©cipitations sont plus rares mais souvent plus intenses qu'en versant nord, ce qui explique que l'ensoleillement soit bien meilleur alors que les cumuls pluviomĂ©triques sont comparables (100 Ă  150 cm/an) si l'on excepte le piĂ©mont aride (environ 50 cm/an). L'air ocĂ©anique tempĂ©rĂ© Ă©tant repoussĂ© par la haute chaĂźne, les hivers sont relativement froids et les Ă©tĂ©s chauds (Ă  1 200 m : 0° en janvier, +15° en juillet)[20]. La moyenne montagne prĂ©sente une vĂ©gĂ©tation typiquement mĂ©diterranĂ©enne : garrigue pierreuse et buissonneuse, forĂȘts de chĂȘnes verts, pins noirs, pins sylvestres. Les plus hautes vallĂ©es accueillent de vertes prairies, des forĂȘts de hĂȘtres, sapins, pins sylvestres et Ă  crochets. L'Ă©tage altimontain ne serait guĂšre diffĂ©rent de celui du versant nord si la prĂ©dominance des terrains calcaires au sud n'Ă©tait une contrainte se superposant au climat et qui abaisse la limite du vĂ©gĂ©tal.

Enfin l'orient de la chaĂźne est proche du versant sud par sa vĂ©gĂ©tation mais diffĂšre par son rĂ©gime des prĂ©cipitations : la MĂ©diterranĂ©e gĂ©nĂšre des perturbations, rares mais parfois diluviennes sur les premiers versants montagneux rencontrĂ©s. La rĂ©gion transfrontaliĂšre situĂ©e entre le Canigou et la ville d'Olot est particuliĂšrement arrosĂ©e (100 Ă  150 cm/an) ainsi qu'en tĂ©moignent les nombreuses hĂȘtraies. L'ensoleillement est cependant important, avec de longues pĂ©riodes de beau temps et une sĂ©cheresse estivale attĂ©nuĂ©e sur les massifs par des orages.

Flore

Article dĂ©taillĂ© : Flore des PyrĂ©nĂ©es.

La flore des PyrĂ©nĂ©es comporte environ 4 500 espĂšces, dont quelques 160 espĂšces endĂ©miques[21] comme le saxifrage des PyrĂ©nĂ©es (Saxifraga longifolia), l'ancolie des PyrĂ©nĂ©es (Aquilegia pyrenaica), le chardon bleu des PyrĂ©nĂ©es (Eryngium bourgatii), etc.

Les principales essences d'arbre sont le pin Ă  crochets (Pinus uncinata) en altitude (Ă©tage subalpin) ; le hĂȘtre (Fagus sylvatica) et le sapin (Abies alba) en moyenne montagne (Ă©tage montagnard) ; puis le chĂȘne et le chĂątaignier sur les basses pentes (Ă©tage collinĂ©en).

L'agriculture est limitée dans les vallées aux céréales et aux arbres fruitiers.

L’influence mĂ©diterranĂ©enne fait que les PyrĂ©nĂ©es orientales, plus ensoleillĂ©es, ont une composition floristique diffĂ©rente du reste de la chaĂźne. L’orientation d’ouest en est de la chaĂźne a eu pour consĂ©quence qu’un grand nombre d’espĂšces qui Ă©taient prĂ©sentes au nord de cette rĂ©gion durant l’ùre tertiaire ont disparu en raison du froid pendant la derniĂšre grande glaciation (maximum glaciaire vers -20 000 ans) : elles ont en effet butĂ© en migrant vers des zones de basses latitudes plus clĂ©mentes contre la chaĂźne de montagnes, qu’elles n’ont pas pu franchir. Toutefois, quelques espĂšces ont pu subsister dans des vallĂ©es protĂ©gĂ©es des PyrĂ©nĂ©es, devenant endĂ©miques de la zone.

Faune

Article dĂ©taillĂ© : Faune des PyrĂ©nĂ©es.

La faune des PyrĂ©nĂ©es prĂ©sente Ă©galement quelques exemples saisissants d'endĂ©misme : le desman des PyrĂ©nĂ©es ou rat-taupe (Galemys pyrenaicus), mammifĂšre aquatique dont l'aire de rĂ©partition s'Ă©tend aux deux versants des PyrĂ©nĂ©es et aux massifs montagneux du nord-ouest de la PĂ©ninsule ibĂ©rique (seule une espĂšce voisine appartenant au mĂȘme genre est confinĂ©e aux fleuves du Caucase, en Russie mĂ©ridionale). L'euprocte des PyrĂ©nĂ©es (Euproctus asper), batracien urodĂšle proche de la salamandre, vivant dans les cours d'eau d'altitude, est Ă©galement caractĂ©ristique. Le bouquetin des PyrĂ©nĂ©es ou ibex (Capra pyrenaica ssp. pyrenaica) s'est Ă©teint dans les annĂ©es 1998-2001[22]. D'autres espĂšces comme le gypaĂšte barbu ou l'isard ont elles aussi Ă©tĂ© en voie d'extinction mais sont aujourd'hui protĂ©gĂ©es et commencent petit Ă  petit Ă  se repeupler. Quant Ă  l'ours brun indigĂšne des PyrĂ©nĂ©es (voir ours des PyrĂ©nĂ©es), il a Ă©tĂ© chassĂ© jusqu'Ă  sa quasi-extinction dans les annĂ©es 1990. Des tentatives de renforcement de l'espĂšce ont lieu depuis 1996 en relĂąchant des ours apportĂ©s de SlovĂ©nie[23].

Une des particularités de la faune pyrénéenne est la richesse et la diversité de sa vie souterraine, ayant donné lieu à l'installation en 1948 du Laboratoire Souterrain de Moulis. En particulier, toutes les espÚces cavernicoles du genre Aphaenops (coléoptÚres) sont endémiques de la chaßne pyrénéenne[24] (voir aussi René Jeannel).

Autres espĂšces :

Parcs nationaux et réserves naturelles

La faune et la flore de la partie centrale des PyrĂ©nĂ©es sont protĂ©gĂ©es par le parc national des PyrĂ©nĂ©es, versant français, et par deux parcs nationaux, le parc national d'AigĂŒestortes et lac Saint-Maurice en "Encantats" et le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu, versant espagnol. À cela, s'ajoute le parc naturel rĂ©gional des PyrĂ©nĂ©es catalanes et des rĂ©serves naturelles nationales comme celle du NĂ©ouvielle, de la vallĂ©e d'Ossau dans les PyrĂ©nĂ©es occidentales, ou les nombreuses rĂ©serves naturelles catalanes (Prats-de-Mollo, NohĂšdes, Py, Mantet, VallĂ©e d'Eyne, Jujols, Conat, La Massane). Il existe enfin des rĂ©serves naturelles rĂ©gionales en AriĂšge (Embeyre), dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales (Nyer) et dans les Hautes-PyrĂ©nĂ©es (Pibeste). Les nombreux sites naturels classĂ©s au titre de la loi sur la protection des paysages et les arrĂȘtĂ©s prĂ©fectoraux de protection de biotope, les rĂ©serves biologiques et les rĂ©serves de faune sauvage tĂ©moignent Ă©galement de l'intĂ©rĂȘt Ă©cologique du massif pyrĂ©nĂ©en.

Des Pyrénées et des Hommes

Période préhistorique

Crùne de l'Homme de Tautavel dans les Pyrénées orientales vers 450 000 ans avant le présent.
Article dĂ©taillĂ© : Histoire du peuplement pyrĂ©nĂ©en.

La plus ancienne prĂ©sence d'un membre de la lignĂ©e humaine (genre Homo) est attestĂ©e dans la rĂ©gion dĂšs -800 000 ans (PalĂ©olithique infĂ©rieur) avec Homo antecessor Ă  Atapuerca[25] (nord de l'Espagne), puis avec l'homme de Tautavel vers -450 000 ans[26],[27] (commune de Tautavel dans le dĂ©partement des PyrĂ©nĂ©es-Orientales).

Durant tout le PalĂ©olithique moyen, la zone des PyrĂ©nĂ©es sera occupĂ©e par l'Homme de NĂ©andertal (grottes de Gargas, du Noisetier ou d'Isturitz), avant que ce dernier ne soit remplacĂ© par l'Homme moderne au PalĂ©olithique supĂ©rieur. Les grottes de Gargas (pĂ©riode gravetienne) et de Niaux (pĂ©riode magdalĂ©nienne) tĂ©moignent Ă  travers l'art pariĂ©tal de la prĂ©sence et de la complexitĂ© des sociĂ©tĂ©s humaines de l'Ă©poque. Le radoucissement climatique vers -10 000 ans (HolocĂšne) met fin Ă  cette culture de « l'Ăąge du renne Â» dans la zone du piĂ©mont pyrĂ©nĂ©en : les grands troupeaux des steppes remontent vers le nord ; la couverture forestiĂšre s'Ă©tend, la technique de chasse Ă©volue alors en consĂ©quence vers l'Azilien (du nom de la commune du Mas-d'Azil en AriĂšge).

La nĂ©olithisation, ou passage d'une Ă©conomie de prĂ©dation (chasseurs-cueilleurs) Ă  une Ă©conomie de production (agriculture-Ă©levage), se fera lentement par diffusion Ă  partir de la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne (voir courant cardial) : la pĂ©nĂ©tration des nouvelles techniques se fait depuis la cĂŽte suivant les fleuves (Èbre, Aude). La cĂŽte atlantique connaĂźt aussi un courant de nĂ©olithisation plus tardif avec le mĂ©galithisme (attestation de nombreux harrespils et menhirs dans le dĂ©partement des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques).

Avec l'Âge du Bronze et l'Âge du Fer commence l'exploitation miniĂšre du massif, riche aussi en or et en argent. La Protohistoire voit le dĂ©veloppement des Gaztelu zahar.

PĂ©riode historique

La zone « rentre dans l'Histoire Â» avec les premiers comptoirs grecs cĂŽtĂ© mĂ©diterranĂ©en (EmpĂșries), puis les conquĂȘtes romaines de la Catalogne vers 210 av. J.-C. et de la Narbonnaise vers 118 avant J.C. Rome conquiert finalement toute la zone (conquĂȘte romaine de l'Hispanie progressivement, conquĂȘte de l'Aquitaine par Crassus en 56 av. J.-C.) et divise le territoire suivant 3 provinces romaines sous l'empire romain : Novempopulanie cĂŽtĂ© Aquitaine, Narbonnaise cĂŽtĂ© Languedoc, et Tarraconaise cĂŽtĂ© pĂ©ninsule ibĂ©rique.

Au Haut Moyen Âge, le territoire tombe sous la domination des Wisigoths au Ve siĂšcle puis des arabo-musulmans au VIIIe siĂšcle. Les Francs rĂ©cupĂšreront rapidement la zone au nord des PyrĂ©nĂ©es, et la Reconquista sur versant espagnol verra naĂźtre des royaumes Ă  partir des vallĂ©es pyrĂ©nĂ©ennes que seront le royaume de Navarre et le royaume d'Aragon.

Voir aussi :

Aux XIIe et XIIIe siĂšcles, l'Aude et l'AriĂšge furent des foyers importants de l'hĂ©rĂ©sie cathare. En 1209 dĂ©marre la Croisade des Albigeois ordonnĂ©e par le pape Innocent III pour la rĂ©primer. Elle fut l'occasion de nombreux siĂšges et affrontements auxquels participĂšrent les seigneurs des fiefs pyrĂ©nĂ©ens, comme le roi Pierre II d'Aragon, le comte Raymond-Roger de Foix ou le comte Bernard IV de Comminges. La prise du chĂąteau de MontsĂ©gur (AriĂšge) en 1244, oĂč plus de deux cents croyants furent condamnĂ©s au bĂ»cher, reste un des Ă©pisodes les plus connus de cette pĂ©riode. A l'issue de la croisade, le royaume de France Ă©tendra son l'influence jusqu'au pied des PyrĂ©nĂ©es[28].

La frontiĂšre franco-espagnole est le fruit d'une longue Ă©volution dans les relations entre la France et l'Espagne : un premier traitĂ©, le traitĂ© de Corbeil (1258) sous Saint-Louis Ă©tablit des zones d'influences entre le royaume de France et le royaume d'Aragon de chaque cĂŽtĂ© des PyrĂ©nĂ©es, exceptĂ© le Roussillon qui fait partie de la Catalogne. La partie nord de la Navarre, ou Basse-Navarre, est rattachĂ©e Ă  la France sous Henri IV tandis que le reste de la Navarre, ou Haute-Navarre, revient Ă  la couronne d'Espagne. Il faudra attendre 1659 et le traitĂ© des PyrĂ©nĂ©es[29] pour qu'une "frontiĂšre" sur papier soit fixĂ©e : le Roussillon ou Catalogne nord est rattachĂ© dĂ©finitivement Ă  la couronne de France, la frontiĂšre suit grosso-modo la ligne de partage des eaux, c'est-Ă -dire la ligne des plus hautes crĂȘtes, exceptĂ© quelques territoires comme l'enclave de Llivia (voir le traitĂ© de Llivia). Toutefois, cette dĂ©limitation n'Ă©tant pas marquĂ©e "physiquement" sur le terrain, aucune zone de droit n'est dĂ©finie et les communautĂ©s paysannes continuent de jouir par exemple de coutumes de pacages sur les terres du pays voisin de l'autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre. Il faudra attendre le traitĂ© de Bayonne en 1856 pour que soient rĂ©glĂ©s les litiges entre communautĂ©s frontaliĂšres, et qu'il soit dĂ©cidĂ© la pose de 602 bornes rĂ©guliĂšrement espacĂ©es dĂ©finissant ainsi la frontiĂšre actuelle.

L'Ă©volution historique rĂ©cente explique la prĂ©pondĂ©rance de la langue française au nord et espagnole au sud mĂȘme si elle ne sont pas originaires de la rĂ©gion. Parmi les langues locales qui se maintiennent existe le catalan (Catalogne - Roussillon - Andorre - frange orientale de l'Aragon), l'occitan (cĂŽtĂ© français et Val d'Aran), le basque (Biscaye - Guipuscoa - nord de la Navarre - sud-ouest des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques) et l'aragonais (nord de l'Aragon).

Mythologies pyrénéennes

Statue représentant une lamina aux pieds palmés à Arrasate (Communauté autonome basque).
Article dĂ©taillĂ© : Mythologie pyrĂ©nĂ©enne.

L'ensemble pyrĂ©nĂ©en a connu une occupation humaine ininterrompue. Si le caractĂšre montagnard a pu faciliter un relatif isolement des populations, comme un certain esprit d'indĂ©pendance vis-Ă -vis des pouvoirs centraux, il n'en demeure pas moins que les PyrĂ©nĂ©es sont aussi un axe de passage, dĂšs la PrĂ©histoire. On a quelques tĂ©moignages de cultes trĂšs anciens, de « dieux pyrĂ©nĂ©ens Â» pouvant se rattacher Ă  des traditions celtes et gauloises, et plus spĂ©cifiquement basques, dont on sait que la zone d'influence couvrait la majeure partie des PyrĂ©nĂ©es centrales et occidentales. Beaucoup de ces dieux ont Ă©tĂ© par la suite assimilĂ©s Ă  des dieux romains.

ConformĂ©ment Ă  la tradition, les cultes se sont succĂ©dĂ© sans discontinuer. Beaucoup d'Ă©glises ont, enchĂąssĂ©s dans leurs murs, des stĂšles et des autels « paĂŻens Â». Les mĂ©galithes ont fait l'objet de rituels jusqu'au XIXe siĂšcle, oĂč l'Église a procĂ©dĂ© Ă  des « christianisations Â» autoritaires. Par la suite, les dieux perdent peu Ă  peu leur statut pour cĂ©der la place Ă  des divinitĂ©s plus ou moins familiĂšres et inquiĂ©tantes, prĂ©sidant aux activitĂ©s agro-pastorales, protĂ©geant troupeaux et cultures et punissant les malfaiteurs. De lĂ , les sylvains comme Tantugou en haut Comminges, le Silvan aragonais, et une infinie variĂ©tĂ© d'hommes sauvages, souvent couverts de poils, comme le Basajaun basque, pour finir par des gĂ©ants faisant figure de croquemitaines, BĂ©cuts, Tartaro ou autres, avatars des cyclopes de l'AntiquitĂ©, d'abord effrayants, puis victimes de leur bĂȘtise dans des contes populaires. L'actualitĂ© des temps leur trouve toujours une nouvelle jeunesse : des hommes sauvages sont appelĂ©s Iretges (hĂ©rĂ©tiques) en souvenir d'un temps oĂč on pourchassait les dĂ©viants du christianisme, cathares ou autres. Les nains et lutins, comme les laminak du Pays basque, sont omniprĂ©sents.

Le christianisme apporte ses propres mythologies. De nombreuses lĂ©gendes (Mulat-Barbe, Millaris, le Berger de Mille ans moins un jour, etc.) liĂ©es Ă  l'apparition de la premiĂšre neige, symbole d'un monde nouveau, sont rapportĂ©es Ă  l'apparition du christianisme et Ă  la fin de peuples anciens, dĂ©tenteurs de savoirs perdus (les Jentils). Les saints protecteurs des activitĂ©s agro-pastorales prennent la place des divinitĂ©s. Les mĂ©galithes, objets de cultes souvent ininterrompus jusqu'au XIXe siĂšcle, sont christianisĂ©s autoritairement par l'Église. Enfin, les apparitions de la Vierge Marie, nombreuses avant la plus cĂ©lĂšbre, celle de Lourdes, sont quasiment une spĂ©cificitĂ© pyrĂ©nĂ©enne. Beaucoup de ces apparitions se sont produites dans ou Ă  proximitĂ© de grottes ayant connu un habitat prĂ©historique, et oĂč Ă©taient relatĂ©es des apparitions de damas blancas, dames blanches, c'est-Ă -dire des fĂ©es.

En dehors de quelques recueils isolés, d'abord sur le versant français, puis, de maniÚre plus poussée, sur le versant espagnol, il y a eu peu d'études globales de la mythologie pyrénéenne jusqu'à Olivier de Marliave[30].

Exploitation et Ă©conomie de la zone massif

Aramon Formigal, station de ski dans la province de Huesca
  • Le secteur primaire reste fort dans cette rĂ©gion peu propice Ă  une grande urbanisation : on note une grande activitĂ© pastorale en altitude, les estives couvrant 575 000 ha., soit prĂšs d'un tiers de la surface du massif. CĂŽtĂ© agriculture, le versant mĂ©diterranĂ©en est propice Ă  la culture de la vigne (massif des CorbiĂšres) ; les nombreux cours d'eau autorisent au niveau collinĂ©en et dans les plaines l'irrigation de vergers et de champs agricoles. On note aussi la prĂ©sence d'une filiĂšre bois.
  • Le secteur secondaire fut trĂšs dĂ©veloppĂ© durant le XXe siĂšcle, avec des Ă©volutions contrastĂ©es actuellement : l'industrie lourde tend Ă  reculer tandis que les activitĂ©s artisanales (avec plus de 334 activitĂ©s diffĂ©rentes) se maintiennent, voire progressent.
  • Le secteur tertiaire est au contraire en fort dĂ©veloppement dĂ» Ă  l'essor du tourisme et Ă  une forte immigration sur les cĂŽtes. Le tourisme occupe une partie importante dans l'Ă©conomie actuelle du massif : outre les stations de sports d'hiver, on note un nombre important de stations thermales et d'hĂŽtelleries. La haute montagne attire les randonneurs pour ses paysages et son aspect sauvage, tandis que le piĂ©mont est plus visitĂ© pour les lieux chargĂ©s d'histoire (chemins de Saint-Jacques de Compostelle, sentiers d'appellation cathare...)
Voir aussi :

En 1999, les statistiques concernant la rĂ©partition socio-professionnelle (cĂŽtĂ© français)[31] Ă©taient les suivantes :

  • Agriculteur - exploitant : 7 %
  • Artisan, commerçant : 9,5 %
  • Professions intermĂ©diaires : 19 %
  • EmployĂ© : 32 %
  • Ouvrier : 26,5 %
  • Cadres - professions intellectuelles : 6,5 %

Administration et aménagement du territoire

Carte administrative et des transports des Pyrénées.

L'administration du territoire est bien sĂ»r diffĂ©rente suivant les pays. En France, le territoire est dĂ©coupĂ© en rĂ©gions, dĂ©partements, arrondissements et cantons ; en Espagne, le dĂ©coupage se fait en communautĂ©s autonomes, provinces et comarques ; en Andorre, la division est effectuĂ©e en paroisses.

CĂŽtĂ© français, l'espace pyrĂ©nĂ©en est dĂ©fini et dĂ©limitĂ© administrativement d'aprĂšs la loi Montagne[32] du 9 janvier 1985 : le massif pyrĂ©nĂ©en est constituĂ© par « chaque zone de montagne et les zones qui lui sont immĂ©diatement contiguĂ«s et qui forment avec elle une mĂȘme entitĂ© gĂ©ographique, Ă©conomique et sociale Â» (Art.5L n°85-30). C'est une unitĂ© d'amĂ©nagement de l'espace et de programmation. L'amĂ©nagement du territoire y vise le regroupement Ă©conomique de communes avec la crĂ©ation d'intercommunalitĂ©s et de pays (voir l'article Pays des PyrĂ©nĂ©es), ainsi que le dĂ©senclavement de la zone massif avec la construction de voie rapides ou d'autoroutes sur chaque versant ou transnationales (voir l'article frontiĂšre franco-espagnole).

Le rĂ©seau routier comprend l'autoroute A64 (la PyrĂ©nĂ©enne) qui compte 90 km dans la zone massif, 500 km de routes nationales et 2 000 km de routes dĂ©partementales[33]. Les autoroutes A9 et AP-7 permettent de traverser les PyrĂ©nĂ©es orientales, l'A63 et l'AP-8 les PyrĂ©nĂ©es occidentales ; l'autoroute A66 permettra Ă  terme de relier Toulouse et Foix Ă  Barcelone en ligne directe en passant prĂšs d'Andorre.

Le rĂ©seau ferrĂ© quant Ă  lui comprend 350 km dont un pĂŽle d'Ă©change transfrontalier Ă  Enveitg (dĂ©partement des PyrĂ©nĂ©es-Orientales) avec l'Espagne et l'Andorre.

Du Pays basque Ă  l’AriĂšge, en passant par le BĂ©arn et la Bigorre, 35 Commissions Syndicales du massif PyrĂ©nĂ©en, des structures intercommunales crĂ©es par l’ordonnance royale du 18 juillet 1837, ont mission de gĂ©rer et dĂ©velopper le patrimoine naturel d’un territoire en montagne (forĂȘts, espaces montagnards, faune et flore). MĂȘmes si elles sont bien prĂ©sentes dans le code des CollectivitĂ©s Territoriales (art L 5222-1 et suivants du code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales), les Commissions Syndicales sont peu connues au niveau du public et des instances nationales.

Notes et références

  1. ↑ Source : Liste des 3000 pyrĂ©nĂ©ens par massif
  2. ↑ Pour Isidore de SĂ©ville (Étymologies, livre 14, ch. 8), PyrĂ©nĂ©es venait aussi du grec pyr (Ï€áżŠÏ, feu)... car ces montagnes Ă©taient souvent frappĂ©es par la foudre. Samuel Bochart (1674) qui tire toutes les Ă©tymologies de l'hĂ©breu, y voit dans Chanaan, livre 1, ch. 25, une racine purami qui signifierait selon lui branchu ou ombragĂ©. Konrad Mannert (Geographie der Griechen und Römer, Nuremberg, 1795-1825, 10 volumes) prĂ©tend que PyrĂ©nĂ©es dĂ©riverait du celtique byren qui signifierait montagne (cette opinion est souvent retenue au XIXĂšme siĂšcle oĂč l'on Ă©voque frĂ©quemment une racine celtique byrn, piren, etc. ; par exemple, Louis Charles Romey (Histoire d'Espagne depuis les premiers temps jusqu'Ă  nos jours, Tome II, 1858, Paris, p. 384) : « l'origine, certainement gauloise, des mots PyrĂ©nĂ©es et IbĂšre, dont l'un dĂ©rive de Bir, Pir, Biren, Piren, dans quelques dialectes, signifiant, en langue bretonne, flĂšche, pointe, hauteur ou sommet, pluriel Birennou, dont les Grecs ont pu faire Î Ï…ÏÎźÎœÎ· Â» ; Dralet, dans Description des PyrĂ©nĂ©es (1813) voit toujours une racine celtique, mais pyr ou pĂšr signifierait poire (et il estime que les montagnes pyrĂ©nĂ©ennes seraient en forme de poire). Peut-ĂȘtre Ă  cause des prĂ©cĂ©dentes Ă©tymologies car rien ne semble le justifier, ElisĂ©e Reclus soutient dans sa Nouvelle GĂ©ographie Universelle en 19 volumes (1876-1894) que « dans les vallĂ©es de l'AriĂšge, on appelait naguĂšre biren ou piren tous les pĂąturages d'altitude Â» et que cette appellation s'est Ă©tendue Ă  l'ensemble du systĂšme.
  3. ↑ Albert Dauzat, Gaston Deslandes, Charles Rostaing. Dictionnaire Ă©tymologique des noms de riviĂšres et de montagnes en France, Klincksieck, 1978, p.196.
  4. ↑ HĂ©rodote croit savoir que l'Istros (le Danube) « vient du pays des Celtes et de la ville de PyrĂ©nĂ© Â» (HĂ©rodote, L'EnquĂȘte, II, 33)
  5. ↑ Plutarque (vers 46 - 125 ap. J.-C.) : Vie de Sertorius, ch. 7.
  6. ↑ « C'est le nom de la vierge, fille de BĂ©bryce, qu'ont pris ces montagnes : l'hospitalitĂ© donnĂ©e Ă  Hercule fut l'occasion d'un crime. Alcide se rendait, pour l'accomplissement de ses travaux, dans les vastes campagnes du triple GĂ©rion. Sous l'empire du dieu du vin, il laissa dans le redoutable palais de BĂ©bryce la malheureuse PyrĂšne dĂ©shonorĂ©e ; et ce dieu, s'il est permis de le croire, oui, ce dieu fut ainsi la cause de la mort de cette infortunĂ©e. En effet, Ă  peine eut-elle donnĂ© le jour Ă  un serpent, que, frĂ©missant d'horreur Ă  l'idĂ©e d'un pĂšre irritĂ©, elle renonça soudain, dans son effroi, aux douceurs du toit paternel, et pleura, dans les antres solitaires, la nuit qu'elle avait accordĂ©e Ă  Hercule, racontant aux sombres forĂȘts les promesses qu'il lui avait faites. Elle dĂ©plorait aussi l'ingrat amour de son ravisseur, quand elle fut dĂ©chirĂ©e par les bĂȘtes fĂ©roces. En vain elle lui tendit les bras, et implora son secours pour prix de l'hospitalitĂ©. Hercule, cependant, Ă©tait revenu vainqueur; il aperçoit ses membres Ă©pars, il les baigne de ses pleurs, et, tout hors de lui, ne voit qu'en pĂąlissant le visage de celle qu'il avait aimĂ©e. Les cimes des montagnes, frappĂ©es des clameurs du hĂ©ros, en sont Ă©branlĂ©es. Dans l'excĂšs de sa douleur, il appelle en gĂ©missant sa chĂšre PyrĂšne : et tous les rochers, tous les repaires des bĂȘtes fauves retentissent du nom de PyrĂšne. Enfin il place ses membres dans un tombeau, et les arrose pour la derniĂšre fois de ses larmes. Ce tĂ©moignage d'amour a traversĂ© les Ăąges, et le nom d'une amante regrettĂ©e vit Ă  jamais dans ces montagnes. Â» Silius Italicus, Guerre Punique, tome III, trad. sous la direction de DĂ©sirĂ© Nisard (1878).
  7. ↑ « Autrefois elles Ă©taient en grande partie couvertes de bois Ă©pais et touffus ; mais elles furent, dit-on, incendiĂ©es par quelques pĂątres qui y avaient mis le feu. L'incendie ayant durĂ© continuellement pendant un grand nombre de jours, la superficie de la terre fut brĂ»lĂ©e, et c'est de lĂ  que l'on a donnĂ© Ă  ces montagnes le nom de PyrĂ©nĂ©es. La combustion du sol fit fondre des masses de minerai d'argent et produisit de nombreux ruisseaux d'argent pur. Â» Diodore de Sicile, BibliothĂšque historique, livre V, ch. XXXV, trad. Ferdinand Hoefer (1851)
  8. ↑ PrĂ©sentation du Massif des PyrĂ©nĂ©es sur http://www.datar-pyrenees.gouv.fr Commissariat Ă  l'amĂ©nagement des PyrĂ©nĂ©es (DATAR PyrĂ©nĂ©es)
  9. ↑ Ainsi dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, les principaux cours d'eau (l'Agly, le Tech et la TĂȘt) sont orientĂ©s ouest-est ; en Cerdagne, la SĂšgre s'Ă©coule longtemps d'est en ouest. Mais aussi en AriĂšge, le Lez coule du sud-ouest vers le nord-est, le Salat du sud-est vers le nord-ouest ; une grande portion de l'AriĂšge entre Ax-les-Thermes et Tarascon-sur-AriĂšge est orientĂ©e est-ouest ; dans les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, la Nive coule du sud-est vers le nord-ouest ; en Aragon, le Rio Aragon aprĂšs Jaca coule d'est en ouest, puis vers le sud-ouest.
  10. ↑ Ou parfois quatre : ainsi, le Larousse encyclopĂ©dique en couleurs (1979), article PyrĂ©nĂ©es, distingue les PyrĂ©nĂ©es centrales (du Pic d'Anie au Val d'Aran) des PyrĂ©nĂ©es ariĂ©geoises (du Val d'Aran au col du Puymorens), se fondant sur l'extension plus importante des vallĂ©es ariĂ©geoises donnant lieu Ă  une opposition entre versant ombrĂ© et versant ensoleillĂ© (ou soulane).
  11. ↑ a  et b  R. Mirouse, M. Clin, C. Lucas, F. Bixel, P. Roger, C. Majeste-Menjoulas, PyrĂ©nĂ©es: 500 millions d'annĂ©es, Parc National des PyrĂ©nĂ©es Occidentales, 1983 (ISBN 2715900244) 
  12. ↑ (fr) Didier Fert (Docteur en GĂ©ologie), « Histoire gĂ©ologique des PyrĂ©nĂ©es Â» sur http://www.ariege.com/. ConsultĂ© le 31 juillet 2008
  13. ↑ Note : il ne faut pas confondre l'Ăąge de formation des roches (par volcanisme, hautes pressions dans le manteau terrestre, sĂ©dimentation, etc) et l'Ăąge oĂč elles sont remontĂ©es Ă  la surface par le jeu de la tectonique des plaques.
  14. ↑ Grand Memento Encyclopedique Larousse en deux volumes, sous la direction de Paul AugĂ©, 1936.
  15. ↑ (en) « PyrĂ©nĂ©es Â», dans EncyclopĂŠdia Britannica, 1911 [dĂ©tail de l’édition] [lire en ligne]
  16. ↑ a  et b  Liste des 50 chutes les plus hautes du monde
  17. ↑ RĂ©fĂ©rence 773bis de la liste du Patrimoine mondial, site de l'UNESCO
  18. ↑ Protected Areas and World Heritage, site du Programme Environnement des Nations unies
  19. ↑ Jacques Kessler et AndrĂ© Chambraud, La mĂ©tĂ©o de la France; tous les climats localitĂ© par localitĂ©, Editions J.C. LattĂšs, 1986 (ISBN 2709604914).
    données pluviométriques et thermiques
     
  20. ↑ Situaciones atmosfericas en Espana, centro de publicaciones, Direccion General del Instituto Nacional de Meteorologia, Ministerio de Medio Ambiente, Madrid, 1993.
  21. ↑ Marcel Saule, La Grande Flore illustrĂ©e des PyrĂ©nĂ©es, Éditions Milan, (ISBN 2-74590-637-2).
  22. ↑ Union internationale pour la conservation de la nature, Liste rouge 2006 des espĂšces menacĂ©es, Capra pyrenaica ssp. pyrenaica
  23. ↑ [pdf] Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les PyrĂ©nĂ©es françaises 2006-2009
  24. ↑ « Le genre Aphaenops compte Ă  l'heure actuelle une quarantaine d'espĂšces troglobies, toutes endĂ©miques de la chaĂźne pyrĂ©nĂ©enne. L'essentiel des espĂšces est rĂ©parti sur le versant nord du massif et seules quelques unes sont localisĂ©es sur le versant espagnol. Â» Faille Amaud, Fresneda Javier, Deliot Philippe, Bourdeau Charles, Description du mĂąle d'Aphaenops catalonicus EscolĂ  & CanciĂł (Coleoptera, Trechinae), Bulletin de la SociĂ©tĂ© entomologique de France, 2006, vol. 111, no2, pp. 247-250. (lien)
  25. ↑ J. Cervera, J.L. Arsuaga, J. Trueba : Atapuerca. Un millĂłn de años de historia. PLOT Ediciones, S.A. Madrid, 1998.
  26. ↑ Lumley, H. de, Fournier, A., Park, Y.C., Yokoyama, Y. et Demouy, A. (1984) - « Stratigraphie du remplissage plĂ©istocĂšne moyen de la Caune de l'Arago Ă  Tautavel - Étude de huit carrotages effectuĂ©s de 1981 Ă  1983 Â», L'Anthropologie, t. 88, n° 1, pp. 5-18.
  27. ↑ Lebel, S. (1992) - « MobilitĂ© des hominidĂ©s et systĂšme technique d'exploitation des ressources au PalĂ©olithique ancien : la Caune de l'Arago (France) Â», Canadian Journal of Archaeology, vol. 16, pp. 48-69.
  28. ↑ Fernand Niel, Albigeois et Cathares, PUF, Collection "Que sais-je ?", 2007, 17Ăšme Ă©dition (ISBN 978-2-13-056494-2) 
  29. ↑ Voir le texte du traitĂ© des PyrĂ©nĂ©es
  30. ↑ Olivier de Marliave, Mythologie pyrĂ©nĂ©enne, Toulouse, Esper, 1987
  31. ↑ Source : INSEE 1999.
  32. ↑ Loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 Relative au dĂ©veloppement et Ă  la protection de la montagne.
  33. ↑ Source : IGN GEOFLA 1999

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