Président du Conseil européen

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Président du Conseil européen
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas ĂȘtre confondu avec PrĂ©sidence du Conseil de l'Union europĂ©enne.
Président du Conseil européen
Image illustrative de l'article Président du Conseil européen
Titulaire actuel
Herman Van Rompuy
depuis le 1 janvier 2010

CrĂ©ation 1er dĂ©cembre 2009
Mandant Conseil européen
Durée du mandat 2 ans et demi renouvelable une fois
Premier titulaire Herman Van Rompuy
Salaire ~ 25000 €
Site internet www.european-council.europa.eu/the-president.aspx?lang=fr

Le prĂ©sident du Conseil europĂ©en est la personne qui prĂ©side et conduit les travaux du Conseil europĂ©en, l'institution qui regroupe les chefs d'État ou chefs de gouvernement des vingt-sept pays membres de l'Union europĂ©enne. Le prĂ©sident a aussi un rĂŽle de reprĂ©sentation de l'Union europĂ©enne dans le monde.

L'article 15 du traité de Maastricht statue que le Conseil européen nomme son président pour un mandat de deux ans et demi, avec la possibilité qu'il soit renouvelé une fois. Sa nomination ainsi que son limogeage requiert une majorité qualifiée du Conseil.

De 1975 Ă  2009, le prĂ©sident du Conseil europĂ©en Ă©tait une fonction non officielle assumĂ©e par le chef d'État ou de gouvernement de l'État membre assumant la prĂ©sidence du Conseil de l'Union europĂ©enne.

Le premier, et actuel, titulaire permanent est le Belge Herman Van Rompuy. Il a Ă©tĂ© choisi le 19 novembre 2009, et sa nomination fut officialisĂ©e avec l'entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne le 1er dĂ©cembre 2009. Il devait initialement prendre ses fonctions le jour mĂȘme mais a souhaitĂ© que la prĂ©sidence suĂ©doise de 6 mois aille Ă  son terme. Il est donc entrĂ© rĂ©ellement en fonction le 1er janvier 2010. Son mandat se terminera le 31 mai 2012.

Sommaire

Histoire

Le premier Conseil europĂ©en, bien qu'informel, se tint en 1961 sous forme, donc, informelle. Il ne fut rendu formel qu'en 1974. Le systĂšme de prĂ©sidence a Ă©tĂ© mis en place en se basant sur la prĂ©sidence du Conseil de l'Union europĂ©enne. Ainsi, le prĂ©sident du Conseil europĂ©en revenait au chef d'État ou de Gouvernement de l'État membre qui dĂ©tenait la prĂ©sidence du Conseil de l'Union. La position du prĂ©sident a ensuite Ă©tĂ© peu Ă  peu dĂ©finie et tournait tous les six mois en mĂȘme temps Ă  la prĂ©sidence du Conseil de l'Union[1],[2],[3].

Poste permanent

La Constitution europĂ©enne, rĂ©digĂ© par la Convention europĂ©enne, dĂ©crivait le poste de « PrĂ©sident permanent du Conseil europĂ©en Â» qui remplacerait le systĂšme de prĂ©sident tournant[4]. Cependant, la Constitution fut rejetĂ© lors du processus de ratification mais les changements proposĂ©s, dont ceux concernant le poste de prĂ©sident, furent retenu par le traitĂ© de Lisbonne, ratifiĂ© le 13 dĂ©cembre 2007 et entrĂ© en vigueur le 1er dĂ©cembre 2009[5].

Parmi ces changements se trouvait le mode de nomination du prĂ©sident du Conseil europĂ©en. En effet, depuis le 1er dĂ©cembre 2009, celui-ci est Ă©lu Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e par les chefs d'État ou de gouvernement des États membres pour un mandat de deux ans et demi. Durant la durĂ©e de son mandat, il ne pourra exercer de fonctions nationales. Ce systĂšme a Ă©tĂ© adoptĂ© pour amĂ©liorer le systĂšme antĂ©rieur qui copiait la prĂ©sidence tournante du Conseil de l'Union europĂ©enne Ă©tablie par le traitĂ© sur l'Union europĂ©enne et le traitĂ© instituant la CommunautĂ© europĂ©enne. La prĂ©sidence tournante de 6 mois avait en effet Ă©tĂ© critiquĂ©e pour ne pas permettre la mise en place d'une politique cohĂ©rente Ă  long terme.

Deux conceptions se sont alors opposĂ©es quant Ă  l'importance rĂ©el que devait avoir le titulaire. La premiĂšre considĂšre que le prĂ©sident devrait s’en tenir Ă  son rĂŽle administratif comme le prĂ©cisent les traitĂ©s, incarnant ainsi le porte-drapeau qui siĂšgerait aux rĂ©unions et assurerait le fonctionnement harmonieux des institutions, organes et politiques. Une telle conception attirerait les anciens leaders nationaux semi-retraitĂ©s cherchant un apogĂ©e Ă  leurs carriĂšres et dĂ©lĂ©guant la majeure partie de leur travail Ă  la fonction publique au lieu d'exercer leurs pouvoir sur les institutions[6]. Cependant, il est aussi envisagĂ© que le PrĂ©sident soit plus actif au sein de l’Union et la reprĂ©senterait Ă  l’étranger. Ainsi, il deviendrait rapidement un « prĂ©sident de facto de l’Union europĂ©enne Â» et, contrairement Ă  la premiĂšre de ces conceptions, serait visible sur la scĂšne internationale comme interlocuteur de l’Union. Selon cette conception, les titulaires de cette fonction se devrait d’ĂȘtre des leaders plus charismatiques[4].

Le traité de Lisbonne ne définit pas le processus de nomination du Président du Conseil et plusieurs candidats officiels et non-officiels ont été proposés. Lors du dernier Conseil européen concernant le traité de Lisbonne, le 19 novembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy spécula sur les candidats en nommant Tony Blair, Felipe Gonzålez and Jean-Claude Juncker, et loua les trois comme candidats potentiels[7].

Toutefois, la prĂ©sidence du Conseil de l'Union europĂ©enne (dit « Conseil des ministres Â») continuera d'ĂȘtre exercĂ©e par un État membre Ă  tour de rĂŽle, reprĂ©sentĂ© par le ministre compĂ©tent, alors que les rĂ©unions du Conseil europĂ©en seront prĂ©sidĂ©es par son prĂ©sident.

Nomination du premier titulaire

Le premier prĂ©sident devait dĂ©finir le « rĂŽle du prĂ©sident Â» pour les futurs titulaires du poste[8] puisqu'il n'y a pas de moyen d'en dĂ©terminer l'Ă©volution.

MĂȘme si Jean-Pierre Jouyet rappelle que « ceux qui partent trop tĂŽt ne sont jamais Ă©lus[9] Â», de nombreux noms ont circulĂ© avant l'Ă©lection :

Le premier titulaire

Finalement, l'homme politique belge Herman Van Rompuy, alors Premier ministre de Belgique, a Ă©tĂ© Ă©lu lors d'un sommet europĂ©en extraordinaire du 19 novembre 2009, convoquĂ© suite au dĂ©pĂŽt Ă  Rome des instruments de ratification du traitĂ© de Lisbonne par la RĂ©publique tchĂšque, dernier des 27 États membres Ă  avoir achevĂ© la procĂ©dure de ratification du traitĂ©[13]. Il a indiquĂ© alors qu'il assumerait ses nouvelles fonctions Ă  partir du 1er janvier 2010. Bien que la date d'entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne ait Ă©tĂ© fixĂ©e au 1er dĂ©cembre 2009, il a en effet Ă©tĂ© prĂ©vu de laisser au premier ministre suĂ©dois, Fredrik Reinfeldt, qui assure la prĂ©sidence tournante du Conseil europĂ©en pour le second semestre 2009, le soin d'achever sa tĂąche.

Le premier ministre britannique, Gordon Brown, dĂ©clara que les 27 chefs d'État europĂ©ens avaient votĂ© unanimement le 19 novembre 2009. Gordon Brown salua son sens du consensus (« a consensus builder Â» - Gordon Brown[14]) ainsi que « sa capacitĂ© Ă  ramener la stabilitĂ© dans son pays et Ă  gĂ©rer une coalition de cinq partis Â»[15]. Lors d'une confĂ©rence de presse ayant eu lieu aprĂšs sa dĂ©signation, Van Rompuy dĂ©clara : « chaque pays doit sortir victorieux des nĂ©gociations. Une nĂ©gociation qui prend fin avec la dĂ©faite d'un des partis n'est pas une bonne nĂ©gociation. Je considĂ©rerais les intĂ©rĂȘts et les sensibilitĂ©s de chacun. MĂȘme si notre unitĂ© reste notre force, notre diversitĂ© reste notre richesse[16]. Â»

Le premier Conseil prĂ©sidĂ© par Van Rompuy fut une rĂ©union informelle qui se dĂ©roula dans la bibliothĂšque Solvay au Parc LĂ©opold au lieu des habituelles rĂ©unions se dĂ©roulant dans le bĂątiment Justus Lipsius. La rencontre fut une rĂ©ponse Ă  la crise Ă©conomique grecque ou il avança un plan de relance en sept points. Celui-ci a immĂ©diatement Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© au prĂ©sident de la Commission lequel, comme l'a dĂ©finit Van Rompuy, s'occupe du contenu du plan car il incarne la sphĂšre de la politique Ă©conomique. Le Conseil europĂ©en discute des moyens Ă  mettre en Ɠuvre et, en tant que guide, est responsable de l'Ă©chec ou de la rĂ©ussite du plan. En cela, il encourage la responsabilitĂ© collective des chefs d'États au sein du Conseil europĂ©en[17].

Van Rompuy a aussi rapidement proposĂ© que le Conseil europĂ©en se rĂ©unissent une fois par mois le transformant en une sorte de cabinet de gouvernement ; ce qui aiderait Ă  traiter le problĂšme de l'Ă©conomie grecque et les affaires Ă©trangĂšres. Cependant cette initiative semble ĂȘtre un Ă©chec qui rĂ©sulte du fait que certains chefs d'État, probablement ceux hors eurozone, n'assistaient pas aux rencontres. Cependant il n'a pas amĂ©liorĂ© les relations avec le Parlement. Van Rompuy a fait comprendre qu'il n'Ă©tait pas responsable devant les eurodĂ©putĂ©s et qu'il ne rĂ©pondrait pas aux questions parlementaires Ă©crites[17].

Présidents permanents successifs

Ordre Nom État d'origine Poste prĂ©cĂ©dent NommĂ© DĂ©but mandat Fin mandat
1. Herman Van Rompuy Drapeau de Belgique Belgique Premier ministre belge 19 novembre 2009[18] 1er janvier 2010 en cours

RĂŽle et pouvoir

Avant le traité de Lisbonne

La fonction du prĂ©sident du Conseil europĂ©en Ă©tait dĂ©tenu par le chefs d'État ou de gouvernement de l'État membre dĂ©tenant la prĂ©sidence du Conseil de l'Union europĂ©enne. Cette prĂ©sidence tournait tous les six mois ce qui signifiait qu'il y avait deux prĂ©sidents par an. La prĂ©sidence Ă©tablissait l'agenda des rencontres, une compĂ©tence qui fut peu utilisĂ© afin de mettre en avant les intĂ©rĂȘts nationaux. Le pays prĂ©sident Ă©tait autorisĂ© Ă  avoir des nĂ©gociateurs additionnels Ă  la table[2],[19],[20].

Le rĂŽle du prĂ©sident en fonction Ă©tait simplement d'incarner un primus inter pares parmi les autres chefs d'État et de Gouvernement. Étant principalement responsable de la prĂ©paration et de la prĂ©sidence de la rencontre du Conseil europĂ©en, le rĂŽle n'avait aucun pouvoir exĂ©cutif et n'Ă©tait en aucun Ă©quivalent Ă  celui d'un chef d'État. Cependant, le prĂ©sident en fonction reprĂ©sentait le Conseil europĂ©en Ă  l'extĂ©rieur et rapportait au Parlement europĂ©en, aprĂšs les rencontres, ainsi qu'au dĂ©but et Ă  la fin de la prĂ©sidence[19],[20].

AprÚs le traité de Lisbonne (2009)

Le rĂŽle du prĂ©sident est principalement administratif, c'est-Ă -dire qu'il coordonne les travaux du Conseil europĂ©en, organise et prĂ©side les rencontres et rapporte au Parlement europĂ©en aprĂšs chaque rĂ©union. Il devra aussi, « Ă  son niveau et en fonction des capacitĂ©s, assurer la reprĂ©sentation extĂ©rieure de l'Union sur les sujets concernant sa politique Ă©trangĂšre et de sĂ©curitĂ© commune, sans prĂ©judice des pouvoirs du Haut ReprĂ©sentant de l’Union pour les affaires Ă©trangĂšres et la politique de sĂ©curitĂ©[21] Â». Une relative superposition des fonctions du PrĂ©sident du Conseil europĂ©en, du PrĂ©sident de la Commission et du Haut ReprĂ©sentant–notamment en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre–laisse de l'incertitude quand Ă  l'influence que le PrĂ©sident du Conseil europĂ©en acquerra.

Deux prĂ©occupations principales entourent le poste de PrĂ©sident : la premiĂšre concerne le personnel et les ressources car si ces deux Ă©lĂ©ments sont insuffisants, il ne pourra pas accomplir sa tĂąche efficacement ; la seconde qui concerne l'absence de ministĂšres ce qui ferait du PrĂ©sident une sorte de « navette Â» entre les leaders europĂ©ens[22].

Avec la rĂ©organisation des principales fonctions de l'UE il y eut certaines critiques quant aux vagues responsabilitĂ©s de chacune des fonctions. L'ambassadeur ukrainien prĂšs l'Union europĂ©enne Andriy Veselovsky loua la structure et clarifia en ses propres termes : le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne se place comme le « gouvernement Â» de l'UE tandis que le nouveau prĂ©sident du Conseil europĂ©en est un « stratĂšge Â». Le Haut ReprĂ©sentant se spĂ©cialise dans les « relations bilatĂ©rales Â» tandis que le Commissaire europĂ©en Ă  l’Élargissement et Ă  la Politique europĂ©enne de voisinage s'occupe des matiĂšres techniques tel que les accords de libre-Ă©change avec l'Ukraine. Enfin, le prĂ©sident du Parlement europĂ©en articule les valeurs de l'UE[23].

Le président du Conseil européen a aussi étendu son influence sur la politique financiÚre au détriment de la présidence tournante du Conseil de l'Union qui a vu ses pouvoirs sur ce domaine diminuer plus que prévu[24]. Beaucoup des changements introduits par le traité de Lisbonne doivent se concrétiser dans la pratique des premiers titulaires. La présidence espagnole a, sans succÚs, tenté de concurrencer le poste proéminent du Président du Conseil européen durant la premiÚre présidence tournante de 2010[25], tandis que la présidence belge, seconde présidence de 2010, est marquée par un gouvernement intérimaire affaibli qui n'est pas susceptible de concurrencer Herman Van Rompuy. Le présidence belge a annoncé qu'elle serait en retrait[26] vis-à-vis du président et du Haut Représentant[27] dans l'espoir de donner un caractÚre communautaire tant au Conseil qu'aux affaires étrangÚres.

ÉlĂ©ments liĂ©s Ă  la fonction

Le Résidence Palace à Bruxelles en rénovation pour devenir le nouveau siÚge du Conseil européen.

Les nĂ©gociations officielles quant aux salaires et aux privilĂšges associĂ©s Ă  la prĂ©sidence permanente ont commencĂ© en avril 2008 avec la rĂ©daction du projet du budget de l'Union 2009. L'aboutissement de ses nĂ©gociations Ă©tablit que le PrĂ©sident devait bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes conditions que le prĂ©sident de la Commission, avec un salaire de base qui correspondrait Ă  138% du plus haut salaire de la fonction publique de l'Union : ce qui Ă©quivaudrait Ă  environ 25 000 € par mois (sans prendre en compte la famille)[28],[N 1],[29].

Le prĂ©sident dispose aussi d'une voiture avec chauffeur et environ une vingtaine de membre de personnel attribuĂ©s. Il dispose aussi d'une allocation logement plutĂŽt qu'une rĂ©sidence officielle qui Ă©tait considĂ©rĂ©e comme « trop symbolique Â». De mĂȘme, l'idĂ©e d'un jet privĂ©e fut rejetĂ©e sur le plan symbolique et, comme le fit remarquer un diplomate, car cela crĂ©erait une diffĂ©rence trop importante de privilĂšges entre les prĂ©sidents du Conseil europĂ©en et de la Commission ce qui alimenterait une rivalitĂ© entre les deux[30].

La possibilité qu'il y ait plus d'à-cÎtés pour le Président du Conseil que pour le Président de la Commission a incité le Parlement à menacer de rejeter le budget 2009. Ce dernier voyait un salaire important et les extras comme un signal symbolique que le poste deviendrait de plus puissant, augmentant l'intergouvernementalisme aux dépens du Parlement.

Certains membres du Conseil suggéraient que le personnel devrait s'élever jusqu'à 60 membres, le Commission des affaires constitutionnelles a indiqué qu'il pourrait laisser tomber le gentlemen's agreement selon lequel le Parlement et le Conseil n'interfÚrerait pas sur leurs budgets respectifs[31].

Mandat démocratique

Le manque de responsabilitĂ© des eurodĂ©putĂ©s et des parlementaires nationaux a aussi jetĂ© le doute quant Ă  savoir si les leaders nationaux feront office de cabinet derriĂšre le PrĂ©sident sur les questions majeures[22]. Sous le systĂšme de rotation des prĂ©sidences, le PrĂ©sident avaient simplement le mandat qu'il dĂ©tenait de son État membre d'origine, le nouveau prĂ©sident permanent est, au contraire, choisi par les membres du Conseil europĂ©en[32].

Certains, tel l'ancien ministre de l'Intérieur allemand Wolfgang SchÀuble[33], ont lancé un appel pour que des élections directe soient tenues pour élire le Président. Ceci renforcerait d'une part la fonction au sein du Conseil européen, permettant une meilleure direction, et d'autre part la légitimité démocratique dans l'UE. Cependant cela pourrait causer un conflit avec le mandat démocratique du Parlement ou un mandat potentiel de la Commission (cf. ci-dessous). Donner un tel mandat au Président du Conseil européen soulignerait le développement de la gouvernance de l'Union vers un régime présidentiel, plutÎt qu'un régime parlementaire[32].

Rapport avec la Commission

Il y a eu des dĂ©saccords et des inquiĂ©tudes quant Ă  la compĂ©tition qui pourrait exister entre le PrĂ©sident du Conseil europĂ©en Van Rompuy et le PrĂ©sident de Commission Barroso, en raison du caractĂšre vague de la langue utilisĂ©e dans le traitĂ©. Quelques clarifications placent Van Rompuy comme « stratĂšge Â» et Barroso comme « chef de gouvernement Â». En termes de planification Ă©conomique, Van Rompuy considĂšre que la Commission traite du contenu des plans Ă©conomiques et le Conseil europĂ©en traite des moyens et de l'exĂ©cution de ceux-ci. MalgrĂ© des petits-dĂ©jeuners hebdomadaires ensemble, il y a, dans une certaine mesure, de la rivalitĂ© entre les deux postes, y compris avec le Haut ReprĂ©sentant[23],[17],[34].

Bien que le prĂ©sident du Conseil europĂ©en ne puisse pas tenir de fonctions au niveau national, tel que celle de Premier ministre d'un État membre, il n'y a pas de telles contraintes quant aux fonctions europĂ©ennes. Par exemple, le prĂ©sident peut ĂȘtre un eurodĂ©putĂ© ou, de façon plus significative, le prĂ©sident de la Commission (qui siĂšge dĂ©jĂ  au Conseil europĂ©en). Cela permettrait au Conseil europĂ©en de nommer une personne dĂ©tenant concurremment les rĂŽles et pouvoirs du prĂ©sident du Conseil europĂ©en et de la Commission europĂ©enne, crĂ©ant ainsi une fonction prĂ©sidentielle unique pour l'Union dans son ensemble[4].

Depuis la crĂ©ation de la prĂ©sidence du Conseil europĂ©en, le PrĂ©sident Van Rompuy et le PrĂ©sident de Commission Barroso ont commencĂ© Ă  rivaliser car Van Rompuy a profitĂ© du transfert gĂ©nĂ©ral de pouvoir de la Commission vers le Conseil (bien que Barroso dĂ©tiennent toujours les pouvoirs rĂ©els). Lors des sommets internationaux, aucun accord n'existait quant Ă  savoir qui devrait reprĂ©senter l'UE, et par consĂ©quent ils ont consenti y assister ensemble. Cette situation compliquĂ©e a ravivĂ© quelques appels Ă  la fusion des postes, probablement Ă  la fin du mandat de Barroso en 2014 ou mĂȘme plus tĂŽt, Ă  la mi-2012, quand le mandat de Van Rompuy prendra fin. Cependant il est possible que quelques États membres s'opposent Ă  la crĂ©ation d'un poste si important[34],[17].

Si les deux postes venaient Ă  ne pas ĂȘtre fusionnĂ©, certains pensent que le systĂšme prĂ©sidentiel duel conduirait Ă  une « cohabitation Â» et Ă  des conflits internes entre les deux. Bien que cette situation soit comparable au modĂšle français de la CinquiĂšme RĂ©publique, ou il y a un prĂ©sident (le PrĂ©sident du Conseil europĂ©en) et un Premier ministre (le PrĂ©sident de la Commission), le PrĂ©sident du Conseil ne dĂ©tient pas de pouvoirs formels tel que la capacitĂ© de dĂ©signer ou de renvoyer le PrĂ©sident de la Commission, ou encore la possibilitĂ© de dissoudre le Parlement.

Ainsi, tandis que le Président du Conseil européen a le prestige, il manque de pouvoir alors que le Président de la Commission a le pouvoir mais manque du prestige du précédent[35]. Certains croient que les problÚmes s'accroitront si le Président du Conseil était renforcé par un mandat démocratique, comme mentionné ci-dessus[32].

Notes

  1. ↑ Le salaire de base du grade 16, au step 3 18 025,09 €. 138% de 18 025,09€ donne 24 874,62 € (Commission europĂ©enne (Table: officials, Article 66) 2009).

Sources

Références

Bibliographie

Articles

  • (fr) Auteur inconnu, « Pour Jouyet, le prĂ©sident de l'UE devra ĂȘtre de la zone euro Â», dans Reuters, 12 fĂ©vrier 2008 
  • (en) Auteur inconnu, « A Van Barroso? Â», dans EU Observer, 15 avril 2010 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 16 avril 2010)] 
  • (en) Auteur inconnu, « British Conservatives call for EU to return powers Â», dans EUobserver, 2 juin 2009 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 2 juin 2009)] 
  • (en) Auteur inconnu, « Belgian PM Van Rompuy is named as new EU president Â», dans Daily Telegraph, 19 novembre 2009 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 20 novembre 2009)] 
  • (en) Peter Sain Ley Berry, « The new EU president" standard bearer or shaker? Â», dans EUobserver, 16 novembre 2007 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 18 novembre 2007)] 
  • (fr) Henri de Bresson, « L'Union europĂ©enne Ă  la recherche de son « George Washington Â» Â», dans Le Monde, 22 fĂ©vrier 2008 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Henri Chu, « European Union settles on a Belgian and a Briton for top posts Â», dans The Los Angeles Times, 20 novembre 2009 [texte intĂ©gral] :

« Every country should emerge victorious from negotiations. A negotiation that ends with a defeated party is never a good negotiation. I will consider everyone's interests and sensitivities. Even if our unity remains our strength, our diversity remains our wealth. Â»

 

  • (fr) Pascal Delwit, « Â« La prĂ©sidence belge sera celle d’Herman Van Rompuy Â» Â», dans Euractiv.fr, 1er juillet 2010 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Andrew Duff, « Who is Herman Van Rompuy? Â», dans FT.com, 23 fĂ©vrier 2010 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Renata Goldirova, « First names floated for top new EU jobs Â», dans EU Observer, 22 octobre 2007 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 22 octobre 2007)] 
  • (en) Ciaran Farrell, « Poland backs Ahern for EU president Â», dans The Irish World, 13 mars 2008 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Peter van Grinsven, The European Council under Construction : EU top level decision making at the beginning of a new century, Netherlands Institution for international Relations (no 88), septembre 2003, pdf [lire en ligne (page consultĂ©e le 16 aoĂ»t 2007)], chap. 88 
  • (en) Simon Hix et GĂ©rard Roland, « Why the Franco-German Plan would institutionalise 'cohabitation' for Europe Â», dans Foreign Policy Centre, 2007 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 1er octobre 2007)] 
  • (fr) Jurek Kuczkiewicz, « Van Rompuy quitte la Belgique pour l’Europe Â», dans Lesoir.be, 20 novembre 2009 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Jo Leinen, « A President of Europe is not Utopian, it's practical politics Â», dans Europe's World, 2007 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 18 novembre 2007)] 
  • (en) Honor Mahony, « Member states consider perks and staff for new EU president Â», dans EU Observer, 14 avril 2008 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 15 avril 2008)] 
  • (en) Honor Mahony, « MEPs to use budget power over EU president perks Â», dans EU Observer, 22 avril 2008 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 22 avril 2008)] 
  • (en) Honor Mahony, « Unclear EU treaty provisions causing 'nervousness' Â», dans EU Observer, 28 novembre 2007 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 28 novembre 2007)] 
  • (en) Andrew Rettman, « Ukraine gives positive appraisal of new-model EU Â», dans EU Observer, 15 mars 2010 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Andrew Rettman, « Poland to showcase its EU credentials in Brussels extravaganza Â», dans EU Observer, 8 juin 2010 [texte intĂ©gral] 
  • Erreur dans la syntaxe du modĂšle Article(en) Andrew Rettman, « Spain ends invisible Presidency Â», dans EU Observer, [texte intĂ©gral] 
  • (fr) Delphine Rigaud, « Van Rompuy - Ashton, nouveau visage de l'Union EuropĂ©enne Â», dans durable.com, 2009 [texte intĂ©gral]  (Sources AFP et Lacroix)
  • (en) Christine Stark, Evolution of the European Council: The implications of a permanent seat, Belfast, 2-4 septembre 2002, pdf [lire en ligne (page consultĂ©e le 12 juillet 2007)] 
  • (fr) Olivier Truc, « Europe : le Danemark envisage de rentrer dans le rang Â», dans Le Monde, 29 fĂ©vrier 2008 [texte intĂ©gral] 
  • (en) Andrew Willis, « Belgian presidency sets parliament in its sight Â», dans EUobserver, 1er juillet 2010 [texte intĂ©gral] 

Divers

Compléments

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Articles connexes

  • PrĂ©sidents des institutions de l'Union europĂ©enne

Liens externes


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