Prostitution

ï»ż
Prostitution
Prostituée en 1890.
Prostituée en 1890.
 
Prostituée à Tijuana, au Mexique.
Prostituée à Tijuana, au Mexique.

La prostitution (du latin prostitutio) est une activitĂ© consistant Ă  Ă©changer des relations sexuelles contre une rĂ©munĂ©ration. Bien que pratiquĂ©e par les membres des deux sexes, elle est majoritairement exercĂ©e par les femmes et consommĂ©e par les hommes. Le statut lĂ©gal de la prostitution varie selon les pays et peut Ă©galement ĂȘtre classĂ© de l'illĂ©galitĂ© aux activitĂ©s lĂ©gales professionnelles. Les revenus annuels de l'industrie de la prostitution sont estimĂ©s Ă  plus de 100 milliards de dollars[1].

Sommaire

Histoire

L'entremetteuse, Dirck van Baburen, 1622.
Articles dĂ©taillĂ©s : Histoire de la prostitution et Prostitution sacrĂ©e.

La civilisation judĂ©o-chrĂ©tienne connait la condamnation prohibitionniste depuis les premiers temps du judaĂŻsme. Cette interdiction s'est imposĂ©e dans l'Empire romain en parallĂšle de l'adoption du christianisme. Les mesures abolitionnistes, malgrĂ© leur inefficacitĂ© patente, sont maintenues jusqu'au XIIe siĂšcle. À cette date, une relative pĂ©riode de tolĂ©rance commence, accompagnĂ©e d'une rĂ©glementation adaptĂ©e.

Au XVIe siĂšcle, suite aux ravages de la syphilis venue du Nouveau Monde qui touche toutes les couches de la sociĂ©tĂ©, l’opprobre sur la sexualitĂ© hors des liens du mariage rĂ©apparaĂźt fortement dans toute l'Europe. Le XIXe siĂšcle voit l’émergence d’une certaine tolĂ©rance Ă©tatique et d’un encadrement juridique et sanitaire. À la fin du XIXe siĂšcle, avec les combats de Josephine Butler, l'abolitionnisme moderne naĂźt en Grande-Bretagne victorienne.

La France, qui a été le pays d'origine du réglementarisme, change d'orientation en 1946 et adopte un régime abolitionniste.

Les lois et politiques actuelles

La loi

     Prostitution lĂ©gale et encadrĂ©e par des lois, maisons closes lĂ©gale et encadrĂ©e par des lois      Prostitution lĂ©gale et encadrĂ©e par des lois, mais les maisons closes sont illĂ©gales      Prostitution (Ă©change d'argent pour des relations sexuelles) lĂ©gale, mais pas rĂ©glementĂ©e, les activitĂ©s organisĂ©es (maisons closes ou proxĂ©nĂ©tisme) sont illĂ©gales      Prostitution illĂ©gale-les prostituĂ©es sont punies par la loi      Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostituĂ©es      Non renseignĂ©

Certaines juridictions interdisent l'acte de prostitution (l'Ă©change de services sexuels pour de l'argent) ; d'autres pays n'interdisent pas la prostitution, mais interdisent les activitĂ©s typiquement associĂ©es avec la prostitution (la sollicitation dans un lieu public, l'exploitation d'un bordel, le fait de fournir des locaux pour la pratique de la prostitution, le proxĂ©nĂ©tisme, etc), ce qui rend difficile de se livrer Ă  la prostitution sans enfreindre la loi ; tandis que dans un petit nombre de pays la prostitution est lĂ©gale et rĂ©glementĂ©e.

Dans les pays qui permettent la prostitution, on peut distinguer deux situations diffĂ©rentes : les pays oĂč la prostitution est lĂ©gale seulement parce qu'il n'y a pas une loi spĂ©cifique qui interdit l'acte (en gĂ©nĂ©ral ce sont des pays qui interdisent la prostitution organisĂ©e), et les pays oĂč la prostitution est lĂ©gale et rĂ©glementĂ©e : ici il y a une loi spĂ©cifique qui autorise explicitement la pratique si certaines conditions sont respectĂ©es (par exemple si la prostituĂ©e est enregistrĂ©e auprĂšs de l'organisme compĂ©tent, si elle subit des contrĂŽles de santĂ© rĂ©guliers, etc. ; en gĂ©nĂ©ral ce sont des pays qui permettent les maisons closes).

Les références associées à chaque pays pointent soit sur un article précisant l'existence de la prostitution dans le pays, soit sur des références légales.

En France, la prostitution est autorisĂ©e (Ă  l'exception des mineurs et des personnes vulnĂ©rables comme les femmes enceintes ou les handicapĂ©s), mais le racolage et le proxĂ©nĂ©tisme y sont interdits, y compris le racolage passif (depuis 2003[2]), le proxĂ©nĂ©tisme hĂŽtelier (« permettre rĂ©guliĂšrement Ă  une ou plusieurs personnes Ă  se livrer Ă  la prostitution dans tout Ă©tablissement ouvert au public ou utilisĂ© par le public Â») et le proxĂ©nĂ©tisme de soutien (notamment « l’aide, l’assistance, ou la protection de la prostitution d’autrui ; tirer profit de la prostitution d’autrui Â»). Cette derniĂšre interdiction est particuliĂšrement critiquĂ©e, car elle est susceptible d'incriminer indistinctement tout l'entourage d'une prostituĂ©e : compagne ou compagnon, enfants majeurs, amis, collĂšgues[3]. Les revenus des prostituĂ©es sont assujettis Ă  l'impĂŽt, ce qui fait parfois qualifier l'Ă©tat de « premier proxĂ©nĂšte de France Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Depuis la loi « Marthe Richard Â» de 1946, l'abolitionnisme ne lutte plus seulement pour l'abolition de la rĂ©glementation de la prostitution mais pour l'abolition de la prostitution dans son ensemble.

La politique

     Prostitution lĂ©gale et encadrĂ©e par des lois      Prostitution (Ă©change d'argent pour des relations sexuelles) lĂ©gale, mais les activitĂ©s organisĂ©es (maisons closes ou proxĂ©nĂ©tisme) sont illĂ©gales      Prostitution illĂ©gale      Non renseignĂ©

La prostitution intéresse les autorités sur le plan fiscal, moral et sanitaire.

On peut distinguer globalement trois conceptions de la prostitution, produisant trois approches politiques des États sur l'existence de la prostitution.

  • L’approche rĂ©glementariste voit la prostitution comme une activitĂ© professionnelle normale
    Il suffit de la réglementer et de la réguler comme toutes les autres, et de l'encadrer en protégeant les droits des travailleurs et en prévenant les abus des employeurs. Les prostitué(e)s sont considéré(e)s comme des travailleurs du sexe.
    La rĂ©glementation s'est souvent faite par le biais de lois et de registres de prostituĂ©es. Aujourd'hui, les rĂ©sultats les plus aboutis de la logique rĂ©glementariste se trouvent dans les lĂ©gislations des Pays-Bas[4] et de l'Allemagne. Dans ces deux pays toutes les entreprises de quinze employĂ©s et plus, y compris les bordels, doivent obligatoirement « avoir Ă  l'emploi Â» des apprentis sous peine de pĂ©nalitĂ©s financiĂšres. D'autres pays comme La Turquie, la Suisse, la Hongrie, la GrĂšce et l'Autriche, ont Ă©galement lĂ©galisĂ© la prostitution.
  • Pour les abolitionnistes, la prostitution est une forme d'exploitation et une atteinte Ă  la dignitĂ© humaine qui doit ĂȘtre abolie.
    Les personnes prostituĂ©es sont des victimes non-punissables et les proxĂ©nĂštes des criminels. Les clients peuvent ĂȘtre sanctionnĂ©s au titre de corrupteurs.
    En SuÚde, en NorvÚge[5] et en Islande[6] les clients sont punis par la loi mais pas les prostituées.
    Les pays abolitionnistes refusent toute réglementation, laquelle ne peut que cautionner l'existence de la prostitution.
  • L’approche prohibitionniste voit des criminels dans les personnes prostituĂ©es et les proxĂ©nĂštes.
    La police et la justice sanctionnent ces activitĂ©s. Les clients peuvent ĂȘtre sanctionnĂ©s.
    Des pays prohibitionnistes sont l'Égypte[7], le Maroc[7], Les Comores, la Tunisie, Belize[7], les États-Unis (sauf dans dix comtĂ©s du Nevada, oĂč elle est rĂ©glementĂ©e)[7] Arabie saoudite[8], Birmanie[7], CorĂ©e du Sud[7], Émirats arabes unis[7], Iran[9], Laos[7], Mongolie[7], NĂ©pal[7], Philippines[7], RĂ©publique populaire de Chine[10] Sri Lanka, ViĂȘt Nam[11] YĂ©men[12].

En Europe d'aujourd'hui, deux tendances s’opposent : l'abolitionnisme et le rĂ©glementarisme.

Comme les politiques des pays europĂ©ens vis-Ă -vis de la prostitution (qui ne sont pas forcĂ©ment conformes Ă  leur lĂ©gislation officielle) sont diffĂ©rentes et parfois opposĂ©es, elles peuvent parfois ĂȘtre contournĂ©es par les moyens modernes de communication et les possibilitĂ©s de tourisme sexuel. Par exemple la Belgique, qui a une lĂ©gislation quasiment identique Ă  celle de la France, permet de fait, contrairement Ă  la France, l'exploitation de maisons de tolĂ©rance sur une grande Ă©chelle (les maisons sont officiellement des bars et les prostituĂ©es des serveuses), et leur publicitĂ© dans des mĂ©dias de presse ou sur internet. Autre exemple, la publicitĂ© par internet pour des services dits d'escorte se fait Ă  partir de ces pays plus tolĂ©rants, Ă  destination de pays oĂč une telle publicitĂ© est prohibĂ©e.

Enjeux contemporains

La prostitution est considĂ©rĂ©e comme un problĂšme car elle est souvent aux mains de la criminalitĂ© organisĂ©e. Les prostituĂ©es peuvent ĂȘtre victimes d'une forme d'esclavage. Les prostituĂ©es sont Ă©galement concernĂ©es par les maladies sexuellement transmissibles et les convoitises que provoquent leurs revenus.

Certains usagers de drogues, le plus souvent l'hĂ©roĂŻne ou le crack, obtiennent leurs drogues principalement grĂące Ă  la prostitution. Ils reçoivent de l'argent pour le sexe, qui est ensuite utilisĂ© pour acheter les drogues. La majoritĂ© de ces prostituĂ©es toxicomanes prennent part Ă  la prostitution de rue, car elles ne disposent pas gĂ©nĂ©ralement des ressources nĂ©cessaires pour travailler de façon autonome dans un bordel ou pour ĂȘtre callgirls, et beaucoup de maisons closes ne veulent pas employer des personnes droguĂ©es.

Pour les riverains, la prostitution de rue est souvent trĂšs mal vĂ©cue car, en termes d'image, elle aurait pour consĂ©quence indirecte de dĂ©valoriser les propriĂ©tĂ©s du quartier.[rĂ©f. souhaitĂ©e] Les riverains se plaignent parfois de nuisances causĂ©es par les prostituĂ©es et se montrent favorables Ă  l'option du cantonnement de la prostitution dans des maisons closes ou des zones urbaines spĂ©cifiques, mais cette option relĂšve de la logique NIMBY (Not in my back yard - « pas dans ma cour Â») et a pour seul but, tout comme la rĂ©pression du racolage, de chasser la prostitution de l'espace public pour la relĂ©guer dans des lieux clandestins ou des zones isolĂ©es oĂč les prostituĂ©es seront encore plus vulnĂ©rables[13].

Économie

Selon Sabine Dusch[14], la prostitution engendrerait un chiffre d'affaires mondial de 60 milliards d'euros. En 1998, l'Organisation des Nations unies[15] estimait que, chaque année, quatre millions de personnes se prostitueraient, ce qui générerait entre 5 et 7 milliards de dollars US de profits aux groupes criminels.

Trafic d'ĂȘtres humains

Militante prostituée au Canada
Article dĂ©taillĂ© : Trafic d'ĂȘtres humains.

Certaines femmes sont forcĂ©es, par le trafic d'ĂȘtres humains, Ă  se prostituer. Dans le cadre spĂ©cifique de la prostitution forcĂ©e, des rĂ©seaux criminels peuvent utiliser des techniques de contrainte comme la confiscation de papiers d'identitĂ©, le chantage familial, la surveillance par des souteneurs. Il arrive que les prostituĂ©es soient l'objet de trafic et soient vendues. Elles peuvent Ă©galement ĂȘtre droguĂ©es de force afin d'ĂȘtre plus faciles Ă  surveiller.

Les destinations les plus communes pour les victimes de la traite des ĂȘtres humains sont la ThaĂŻlande, le Japon, IsraĂ«l, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie, la Turquie et les États-Unis, selon un rapport de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime[16]. Beaucoup de femmes, dans le cadre de cette activitĂ©, Ă©migrent vers des pays parfois trĂšs Ă©loignĂ©s[17]. Les principales sources de traite de personnes comprennent la ThaĂŻlande, la Chine, le NigĂ©ria, l'Albanie, la Bulgarie, la BiĂ©lorussie, la Moldavie et l'Ukraine[16].

Actuellement, le trafic d'ĂȘtres humains en Asie par le crime organisĂ©, dĂ©crit comme le plus grand esclavage sexuel de l'histoire[18], est largement composĂ© de femmes et d'enfants.

Prostitution des enfants

La prostitution des enfants est un problÚme grave dans de nombreux pays. Les enfants sont souvent contraints à la prostitution par les structures sociales et les agents individuels. La pauvreté, les problÚmes sociaux, la corruption et la criminalité contribuent à la prolifération de la prostitution des enfants.

En Inde, la police fĂ©dĂ©rale a annoncĂ© qu'environ 1,2 million d'enfants sont soupçonnĂ©s d'ĂȘtre impliquĂ©s dans la prostitution[19].

Le nombre exact d'enfants prostituĂ©s en ThaĂŻlande n'est pas connu, mais le Thailand's Health System Research Institute soutient que les enfants reprĂ©senteraient 40 % des prostituĂ©s thailandais[20]. Aux Philippines, il y a 60 000 Ă  100 000 enfants prostituĂ©s, selon l'UNICEF et des organisations non gouvernementales[21].

En Colombie, on estime qu'il y a 35 000 enfants prostituĂ©s, entre 5 000 et 10 000 d'entre eux dans les rues de BogotĂĄ[22],[23]. Certaines personnes voyagent vers des pays pauvres pour avoir des relations sexuelles avec des enfants.

En Suisse, la prostitution est toujours lĂ©gale pour les mineurs de 16 Ă  18 ans. Cependant, le parlement lĂ©gifĂšre actuellement suite Ă  des plainte de la cour europĂ©enne des droits de l'Homme et des États-Unis[24]. Les prostituĂ©s mineurs sont estimĂ©s ĂȘtre entre 1500 et 3000 sur le territoire helvĂ©tique.

Vocabulaire

Une prostituée urbaine s'adressant à un client potentiel à Turin, en Italie, 2005.

Autour de la prostitution s'est crĂ©Ă© un vocabulaire argotique pour dĂ©crire l'activitĂ© ou la personne l'exerçant. Le plus souvent, ces expressions ont pris un caractĂšre pĂ©joratif. On qualifie par exemple une prostituĂ©e - mais aussi une femme libertine - de « femme de mauvaise vie Â». Les prostituĂ©es peuvent Ă©galement ĂȘtre appelĂ©es "femmes de joie", dans un registre plus enjouĂ© et moins pĂ©joratif.

Faire le trottoir : mĂ©tonymie dĂ©crivant la façon dont la prostituĂ©e attend un client. En crĂ©ole d'Afrique de l'Ouest, une prostituĂ©e est une « trottoire Â» ou une « cul-boutique Â».

La prostitution est parfois appelĂ©e « le plus vieux mĂ©tier du monde Â», ce qu'interroge l'historienne Michelle Perrot. Dans l'Ancien Testament, voir Tamar (Bible) et Rahab. Dans le Nouveau, voir Marie-Madeleine.

Pour des anthropologues ce serait plutÎt le chamanisme, avec les guérisseurs, qui aurait droit à cette dénomination[25] tandis que pour d'autres ce serait le métier de sage-femme. D'ailleurs le terme métier eut un sens varié au cours du temps historique.

Seule entre toutes les citĂ©s, Sparte est rĂ©putĂ©e en GrĂšce pour n'abriter aucune pornĂȘ. Plutarque[26] l'explique par l'absence de mĂ©taux prĂ©cieux et de vĂ©ritable monnaie — Sparte utilise une monnaie de fer qui n'est reconnue nulle part ailleurs : aucun proxĂ©nĂšte ne trouverait d'intĂ©rĂȘt Ă  s'y installer. De fait, on ne trouve pas de trace de prostitution commune Ă  Sparte Ă  l'Ă©poque archaĂŻque ou classique. À cela, nous pouvons ajouter ce commentaire de Martine Costes-PĂ©plinski : « La premiĂšre trace de vie humaine retrouvĂ©e Ă  ce jour remonte Ă  6 millions d'annĂ©es, le premier outil date de 2,5 millions d'annĂ©es alors que la prostitution apparaĂźt, comme la guerre, seulement Ă  la fin du nĂ©olithique, soit 5000 avant JĂ©sus Christ au grand maximum. C'est dire si hommes et femmes ont partagĂ© mille autres occupations et prĂ©occupations avant de s'adonner Ă  celle-ci... Â» La fille Ă  soldat est une prostituĂ©e qui opĂšre autour des armĂ©es en campagne et des casernements. On parle aussi de bordel militaire de campagne.

Camionnettes dans lesquelles exercent des prostituées, à Lyon, France

L’abattage consiste Ă  se prostituer un grand nombre de fois par jour avec des prix trĂšs bas. Les maisons d'abattage furent le plus souvent frĂ©quentĂ©es par les clients peu fortunĂ©s : militaires (voir femmes de rĂ©confort), marins et migrants. Depuis quelques annĂ©es cette pratique fait un retour en force par le biais des "tours" : des escortes des pays de l'est s'installent pour une courte pĂ©riode dans un hĂŽtel d'une grosse ville europĂ©enne et reçoivent un grand nombre de clients par jour (souvent plus de 10)[rĂ©f. souhaitĂ©e]. En France, il faut dire que ce fut jusqu'Ă  plus de 50 clients pour certaines filles dans le quartier de la Goutte d'Or Ă  Paris, avant la loi dite “rattachement des familles”. Les passes Ă©taient alors pratiquĂ©es sans aucune hygiĂšne : ni savon, ni prĂ©servatif. De nos jours, la prostitution dans les camionnettes ou autocaravanes du bois de Vincennes, s'apparente Ă  l'abattage : quotidiennement, plus d'une trentaine de fellations pour telle ou telle fille aux heures de "sortie des bureaux"[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Dans certains cas, une maquerelle (ou mama-san s'il s'agit d'une asiatique) racole auprĂšs d'un van qui contient les filles. Quand un automobiliste s'arrĂȘte les prostituĂ©es sortent du van pour lui permettre de choisir[rĂ©f. souhaitĂ©e].

Une callgirl ou escort se prostitue sur un appel tĂ©lĂ©phonique. La prostituĂ©e peut recevoir le client Ă  domicile ou se dĂ©placer. Les numĂ©ros sont diffusĂ©s par petites annonces dans des journaux ou de plus en plus par Internet. La dame peut ĂȘtre indĂ©pendante ou exercer par le biais d'une agence. Certaines escort-girls dites "de luxe" peuvent, moyennant finance prendre l'avion et ainsi avoir une activitĂ© et une renommĂ©e planĂ©taire. On retrouve aussi des hommes dans cette activitĂ©, et, parfois, des actrices du cinĂ©ma pornographique.

La prostitution de rue, le tapin, consiste Ă  racoler les clients en marchant sur la voie publique, en prĂ©tendant faire de l'auto-stop, ou assise (chaise personnelle, escaliers d'entrĂ©e d'immeuble, etc.), mais gĂ©nĂ©ralement dans une tenue aguichante. La forme la plus voyante est limitĂ©e par la police Ă  certaines rues et certains horaires, dits du quartier chaud mais certaines prostituĂ©es Ă  l'allure discrĂšte opĂšrent dans les quartiers passants. Les premiers prix pour une "passe" se situent autour de 40 euros[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En 2004, dans l'ouest de l'Europe, des filles proposaient gĂ©nĂ©ralement des services dans la voiture Ă  30 et 50 euros pour dix minutes[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Dans certains pays cette prostitution a lieu le long des routes passantes et sur les aires d'autoroute.

La prostitution de vitrine est typique des pays froids oĂč la prostituĂ©e s'expose en tenue lĂ©gĂšre dans une vitrine. La nĂ©gociation se fait par gestes Ă  travers la vitre ou Ă  travers une fenĂȘtre prĂ©vue Ă  cet effet. C'est une forme de prostitution particuliĂšrement rĂ©pandue aux Pays-Bas et en Belgique. La maison close, aussi appelĂ©e club, boudoir, studio, cabaret ou sauna, permet aux filles de recevoir leurs clients. Ces maisons vont du bouge Ă  l'Ă©tablissement grand standing avec sabot de paiement par carte. Le client qui y rentre peut demander Ă  voir les filles pour en choisir une aprĂšs une revue de dĂ©tail.

La prostitution peut avoir lieu dans tout endroit frĂ©quentĂ© par de potentiel(le)s client(e)s. Cela peut ĂȘtre une discothĂšque comme une rave party. Le flirty-fishing est une forme de « prostitution missionnaire Â» mise au point dans la secte des Enfants de Dieu et pratiquĂ©e entre 1975 et 1987 : les jeunes et jolies fidĂšles usaient de leur charme pour fournir de nouveaux adeptes Ă  leur gourou, David Berg (dit MoĂŻse-David)[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Officiellement cette pratique n'a plus cours, la secte ayant Ă©tĂ© dissoute en 1978.

Dans les grandes villes françaises, certains salons de massage proposent implicitement des prestations qui s'apparentent Ă  de la prostitution puisqu'il y a monnayage de service Ă  caractĂšre sexuel. L'homme qui vient Ă  l'origine se faire masser peut ainsi se voir proposer, contre un pourboire donnĂ© gĂ©nĂ©ralement en espĂšces directement Ă  la masseuse dans l'intimitĂ© de la piĂšce de massage, une masturbation allant jusqu'Ă  l'Ă©jaculation (appelĂ©e aussi finition manuelle), une fellation ou une pĂ©nĂ©tration vaginale. Il est ainsi difficile de diffĂ©rencier les salons proposant des prestations de massage classique de ceux proposant des prestations Ă  caractĂšre sexuel, ce qui peut gĂȘner un client non averti. Certains de ces salons ont une façade avec boutique sur rue. D'autres sont plus discrets et doivent ĂȘtre recherchĂ©s par le biais de petites annonces ou sur Internet. Beaucoup changent rĂ©guliĂšrement d'enseigne commerciale[rĂ©f. nĂ©cessaire].

La prostitution Ă©tudiante existe aussi. En France, la pauvretĂ© des Ă©tudiants (200 000 en situation financiĂšre difficile) conduirait des jeunes femmes et, Ă  moins grande Ă©chelle, des jeunes gens Ă  financer leurs Ă©tudes en se prostituant.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Les moyens de rencontre utilisĂ©s pour des relations sans rĂ©munĂ©ration comme les agences matrimoniales et les forums de rencontres peuvent aussi ĂȘtre dĂ©tournĂ©s ; la vĂ©ritable nature de la relation est alors sous-entendue discrĂštement (par des adjectifs tels que « vĂ©nal Â» ou « gĂ©nĂ©reux Â»[27]).

Dans la culture populaire

Pretty Woman, est un film mettant en vedette Julia Roberts dans le rÎle d'une prostituée hollywoodienne. La Surprise, est un film réalisé par Richard Benjamin. La Complainte des filles de joie, de Georges Brassens reprend ce thÚme.

Bibliographie

Études

  • M. Sabatier, avocat, Histoire de la lĂ©gislation sur les femmes publiques et les lieux de dĂ©bauche, Kessinger Publishing (fĂ©vrier 2010) (ISBN 978-1160109352) .
  • Laure Adler,
    • La vie quotidienne dans les maisons closes, 1830-1930, Hachette, 1990
    • Les Maisons closes, 1830-1930, Hachette Pluriel, 2002
  • Alain Corbin, Les Filles de noce: MisĂšre sexuelle et prostitution au XIXe siĂšcle, Flammarion "Champs", 1999
  • Catherine Deschamps, Le Sexe et l'argent des trottoirs, Hachette LittĂ©ratures, 2006
  • Michel Dorais, Les Cow-boys de la nuit, travailleurs du sexe en AmĂ©rique du Nord, H&O
  • Corinne Gauthier-Hamon et Roger Teboul, Entre pĂšre et fils, la prostitution homosexuelle des garçons, PUF, 1988
  • Marie-Elisabeth Handman et Janine Mossuz-Lavau (dir.), La Prostitution Ă  Paris, La MartiniĂšre, 2005
  • Shirley Lacasse, Le travail des danseuses nues : au-delĂ  du stigmate, une relation de service marchand, 2004, Lire en ligne prĂ©sentation (www.iforum.umontreal.ca)
  • Philippe Mangeot, « La femme au masque Â» dans Sept images d'amour, Les Prairies Ordinaires, 2006 (sur la mobilisation des prostituĂ©es contre l'instauration, avec la Loi pour la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, du dĂ©lit de racolage passif Ă  l'automne 2002)
  • Lilian Mathieu :
    • Prostitution et sida, L'Harmattan, 2000
    • Mobilisations de prostituĂ©es, Belin, 2001
    • La Condition prostituĂ©e, Textuel, 2007.
  • Gail Pheterson, Le prisme de la prostitution, L'Harmattan, Coll.BibliothĂšque du fĂ©minisme, 2003, 216 p.
  • Georgina Vaz Cabral, La Traite des ĂȘtres humains ; RĂ©alitĂ©s de l'esclavage contemporain, Maspero, 2006
  • Jacques SolĂ©, L'Ăąge d'or de la prostitution : de 1870 Ă  nos jours, Omnibus, 1993 (ISBN 978-2-259-02706-9), Hachette LittĂ©rature, 1994 (ISBN 978-2-01-278709-4)
  • Paulette Songue, Prostitution en Afrique : l'exemple de YaoundĂ©, L'Harmattan, 2000
  • Christelle Taraud, La prostitution coloniale. AlgĂ©rie, Tunisie, Maroc (1830-1962), Paris, Payot & Rivages, Coll. HISTOIRE, 2003, 496 p. (ISBN 978-2-228-89705-1)
  • Catherine Antony "La prostitution clandestine", Cherche midi, (ISBN 978-2-86274-427-8)
  • Joanna Phoenix, Making sense of prostitution, New York, Macmillan press, 1999.
  • Abraham Flexner, La Prostitution en Europe, (Ă©d. et prĂ©f.) H. Minod ., Payot, 1919.
  • Brigitte Rochelandet, Histoire de la prostitution: Du Moyen Âge au XXe siĂšcle, Éditions CabĂ©dita, Coll. Archives vivantes, 2007, 156 p.

Documents

  • Gabrielle Houbre (Ă©d.), Le Livre des courtisanes : Archives secrĂštes de la police des mƓurs (1861-1876), Tallandier, 2006
  • Alexandre Parent-DuchĂątelet, La prostitution Ă  Paris au XIXe siĂšcle, Seuil « Points Histoire Â», 2008

TĂ©moignages

  • Claire Carthonnet, J'ai des choses Ă  vous dire : une prostituĂ©e tĂ©moigne, Robert Lafont.
  • Moi Christiane F., 13 ans, droguĂ©e prostituĂ©e, Mercure de France, 1981
  • Marthe Richard, Mon destin de femme, Laffont
  • Maitresse Nikita et Thierry Schaffauser, FiĂšres d'ĂȘtre putes, L'Altiplano 2007.
  • Mes chĂšres Ă©tudes, Laura D., Max Milo 2008.
  • MĂ©canique Ă©rotique, tĂ©moignage de Yolande 34 ans, prostituĂ©e. Grand Souffle Editions, 2007

EnquĂȘtes

  • Elsa Cayat et Antonio Fischetti, Le DĂ©sir et la putain ; Les Enjeux cachĂ©s de la sexualitĂ© masculine, Albin Michel, 2007
  • Jean-Luc Hennig, Les Garçons de passe ; EnquĂȘte sur la prostitution masculine, 1979
  • Le Livre noir de la prostitution, Albin Michel, 1999
  • Elisabeth Salvaresi, Travelo : enquĂȘte sur la prostitution travestie, Presses de la renaissance, 1982
  • Rithy Panh ; avec Louise Lorentz, Le Papier ne peut pas envelopper la braise, Grasset, 2007
  • [10]Prostitution : fragilitĂ© accrue au nom de la loi (rapport de MĂ©decins du Monde)
  • [11]De nouvelles zones de non-droit : les prostituĂ©es face Ă  l'arbitraire policier (Rapport de la Ligue des droits de l'homme, du Syndicat de la magistrature et du Syndicat des avocats de France)
  • Eva Clouet, La prostitution Ă©tudiante Ă  l'heure des nouvelles technologies de communications, Max Milo, France, 2007, 188p.,

Romans

  • Michel Houellebecq, Plateforme, roman sur la prostitution en ThaĂŻlande.
  • Nelly Arcan, Putain, 2001 : roman partiellement autobiographique
  • Germaine Azizi, Les Chambres closes, Stock
  • Alphonse Boudard :
    • La fermeture (1986); la fin des maisons closes.
    • Madame de Saint-Sulpice, Ă©d. Du Rocher : histoire d'une maison close de luxe.
    • Les trois mamans du petit Jesus, Ă©d. Grasset, 2000 : biographie d'un proxĂ©nĂšte.
  • Jeanne Cordelier, La DĂ©robade, PhĂ©bus, nvle Ă©dition 2007.
  • Josefine Mutzenbacher, Histoire d'une fille de Vienne racontĂ©e par elle-mĂȘme, Gallimard Folio
  • Un joli monde : romans de la prostitution, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2008

Filmographie

  • Prostitution au cinĂ©ma

Voir aussi

Notes et références

  1. ↑ (en) revenus annuels de la prostitution. 30 octobre 2010.
  2. ↑ [1] Les arguments d'un dĂ©putĂ© abolitionniste au sujet du racolage passif (janvier 2003)
  3. ↑ Étude des lĂ©gislations nationales en matiĂšre de prostitution, rĂ©alisĂ©e par Transcrime pour le parlement europĂ©en, aoĂ»t 2005, disponible sur le site du STRASS
  4. ↑ FAQ Prostitution, par l'ambassade des Pays-Bas à Paris
  5. ↑ [2]
  6. ↑ FrĂ©ttir / A new law makes purchase of sex illegal in Iceland 21.4.2009 JafnrĂ©ttisstofa
  7. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k site du gouvernement français : fiche par pays, le statut de la prostitution tant masculine que fĂ©minine se trouve dans la section complĂ©ments : diplomatie
  8. ↑ L'EncyclopĂ©die de L'Agora: Arabie Saoudite
  9. ↑ Iran Resist - Iran : Une nouvelle estimation du nombre des exĂ©cutions et 3 nouvelles pendaisons [en 2006 : + 87]
  10. ↑ [3]
  11. ↑ [4]
  12. ↑ PDM : TroisiĂšme rapport prĂ©sentĂ© par le YĂ©men au ComitĂ© des droits de l'homme (extraits)
  13. ↑ Lilian Mathieu, sociologue, CNRS, « Femmes rebelles : Se prostituer? Jamais par plaisir Â», dans ManiĂšre de voir, Avril-Mai 2003, p. 52 
  14. ↑ Dusch, Sabine (2002), « Le trafic d'ĂȘtres humains Â», Paris, Presses Universitaires de France
  15. ↑ Stalker, Peter (2000) « Workers Without Frontiers. The Impact of Globalization on International Migration Â», Organisation internationale du travail GenĂšve
  16. ↑ a et b BBC News 2007
  17. ↑ La traite prĂ©sentĂ©e par le sociologue abolitionniste Richard Poulin (2006)
  18. ↑ (en) Trafic des prostituĂ©es en Asie.. BBC News. ConsultĂ© le 30 octobre 2010.
  19. ↑ [5]
  20. ↑ [6]
  21. ↑ [7]
  22. ↑ [8]
  23. ↑ [9]
  24. ↑ http://www.24heures.ch/actu/suisse/prostitution-mineurs-rapport-americain-denonce-suisse-2011-06-28
  25. ↑ (en) Dr Robert L. Carneiro « Subsistence and Social Structure: An Ecological Study of the Kuikuru Indians Â» 1957
  26. ↑ Plutarque : Vie de Lycurgue, IX, 6
  27. ↑ Se reporter aux sections "plus de dix-huit ans" de sites de rencontres comme vivastreet.

Bibliographie

  • R. Radford, La prostitution fĂ©minine dans la Rome antique, Morrisville, Lulu, 2007. 168 p. ISBN 978-1-4303-1158-4.
  • Fondation Scelles, La Prostitution adulte en Europe, ÉrĂšs, Paris, 2002.
  • Wiesner-Hanks Merry E., Christianity and Sexuality in the Early Modern World, Routledge, London, 2000.
  • Rush F., Le Secret le mieux gardĂ© : l'exploitation sexuelle des enfants, DenoĂ«l-Gonthier, Paris 1980 (1983).
  • SolĂ© J., L'Amour en Occident Ă  l'Ă©poque moderne, Éditions Complexes, 1984 (Albin Michel, 1976).
  • Theodore Zeldin, Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome I, Ambition et Amour, Seuil, Points-Histoire, 1978.

Articles connexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Prostitution de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • prostitution — Prostitution 
   Thresor de la langue françoyse

  • prostitution — [ prɔstitysjɔ̃ ] n. f. ‱ XIIIe « impudicitĂ©, dĂ©bauche »; lat. prostitutio 1 ♩ (1611) Le fait de « livrer son corps aux plaisirs sexuels d autrui, pour de l argent » (Dalloz) et d en faire mĂ©tier; l exercice de ce mĂ©tier; le phĂ©nomĂšne social qu il 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • PROSTITUTION — (Heb. Ś–Ö°Ś Ś•ÖŒŚȘ, zenut), the practice of indiscriminate sexual intercourse for payment or for religious purposes. Prostitution was practiced by male and female prostitutes. The word zenut, applied to both common and sacred prostitution, is also… 
   Encyclopedia of Judaism

  • prostitution — pros·ti·tu·tion /ˌprĂ€s tə tĂŒ shən, tyĂŒ / n: the act or practice of engaging in sexual activity indiscriminately esp. for money; also: the crime of engaging in such activity Merriam Webster’s Dictionary of Law. Merriam Webster. 1996. prosti 
   Law dictionary

  • Prostitution — Pros ti*tu tion, n. [L. prostitutio: cf. F. prostitution.] 1. The act or practice of prostituting or offering the body to an indiscriminate intercourse with men; common lewdness of a woman. [1913 Webster] 2. The act of setting one s self to sale 
   The Collaborative International Dictionary of English

  • Prostitution — Sf erw. fach. (18. Jh.) Entlehnung. Entlehnt aus frz. prostitution, dieses aus l. prƍstitĆ«tio ( ƍnis) Preisgabe zu sexuellen Handlungen , zu l. prƍstituere fĂŒr sexuelle Handlungen öffentlich preisgeben , zu l. statuere hinstellen , zu l. sistere… 
   Etymologisches Wörterbuch der deutschen sprache

  • prostitution — Prostitution. s. f. v. Abandonnement Ă  l impudicitĂ©. En ce sens il ne se dit que des femmes & des filles qui vivent dans cet abandonnement. Elle a vescu dans une prostitution honteuse. On dit fig. La prostitution de la Justice. la prostitution… 
   Dictionnaire de l'AcadĂ©mie française

  • Prostitution — (v. lat.), 1) die öffentliche Hin od. Ausstellung; 2) die Preisgabe seiner Person zu niedrigem Zweck, bes. 3) die Selbsthingabe eines Frauenzimmers in gewerbsmĂ€ĂŸiger Unzucht. Die große Verbreitung, welche die P. in neuerer Zeit namentlich in den… 
   Pierer's Universal-Lexikon

  • Prostitution — (lat.), die von einem Weib öffentlich gewerbsmĂ€ĂŸig betriebene Preisgebung des eignen Körpers gegen Entgelt an jeden Beliebigen. Zwischen dieser Form des geschlechtlichen Verkehrs und dem in einer aus Liebe geschlossenen Ehe liegen sehr viele… 
   Meyers Großes Konversations-Lexikon

  • Prostitution — Prostitutiƍn (lat.), Preisgebung, bes. die gewerbsmĂ€ĂŸige Selbstpreisgebung eines Frauenzimmers (einer Prostituierten) zur Unzucht. Schon im Altertum erwĂ€hnt bei Juden, Babyloniern, Phöniziern, Persern (meist mit religiösem Kultus verbunden), bei… 
   Kleines Konversations-Lexikon

  • prostitution — (n.) 1550s, from L.L. prostitutionem, noun of action from pp. stem of prostituere (see PROSTITUTE (Cf. prostitute)) 
   Etymology dictionary


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.