Prise de Rome

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Prise de Rome

La prise de Rome, le 20 septembre 1870, provoque l'annexion de la ville au Royaume d'Italie, et le dĂ©cret mettant fin Ă  l'existence des États pontificaux et du pouvoir temporel des Papes, ce qui dĂ©clenchera la controverse dite de la « question romaine Â» (qui ne sera rĂ©glĂ© qu'avec la signature des Accords du Latran en 1929).
L'annĂ©e suivante, la capitale d'Italie est transfĂ©rĂ©e de Florence Ă  la « Ville Ă©ternelle Â» par la loi no 33 du 3 fĂ©vrier 1871.

Photo d'époque de la brÚche à proximité de la Porta Pia.

Sommaire

Prélude

La volontĂ© de faire de Rome la capitale du nouveau royaume d'Italie est dĂ©jĂ  exprimĂ©e par Cavour dans son discours devant le Parlement italien en 1860. Cavour, peu de temps aprĂšs, prend contact avec Diomede Pantaleoni (it), un patriote romain, qui a une bonne connaissance de l'Église, pour trouver une solution qui garantisse l'indĂ©pendance du pape. Le principe est celui « de la libertĂ© absolue de l'Église Â», la libertĂ© de conscience, en assurant aux catholiques l'indĂ©pendance du pape envers le pouvoir civil [1]. Initialement, l'impression est que ces nĂ©gociations ne dĂ©plaisent pas Ă  Pie IX et au cardinal Giacomo Antonelli, mais au cours des premiers mois de 1861, ils changent d'opinion et les nĂ©gociations prennent fin [1].

Peu aprĂšs, Cavour dĂ©clare, devant le Parlement, qu'il considĂšre « nĂ©cessaire Rome au sein de l'Italie», et que, tĂŽt ou tard, Rome sera la capitale, mais que cela nĂ©cessite le consentement de la France. Il espĂšre que toute l'Europe est convaincue de l'importance de la sĂ©paration entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, et il rĂ©affirme donc le principe d'une «Église libre dans un État libre» [1].

DĂ©jĂ  en avril, Cavour Ă©crit au prince NapolĂ©on pour convaincre l'Empereur de retirer de Rome la garnison française. Il reçoit du prince un projet de convention :

« Entre l'Italie et la France, sans l'intervention de la cour de Rome, serait stipulĂ© ce qui suit:

  1. La France, ayant mis le Saint PÚre à l'abri de toute intervention étrangÚre, retirerait de Rome ses troupes, au cours d'un espace de temps déterminé, de 15 jours ou au plus un mois.
  2. L'Italie prendrait l'engagement de ne pas assaillir et aussi d'empĂȘcher, de toutes les façons et de quiconque, toute agression contre le territoire restĂ© en possession du Saint PĂšre.
  3. Le gouvernement italien s'interdirait toute plainte contre l'organisation d'une armĂ©e pontificale, mĂȘme constituĂ©e de volontaires catholiques Ă©trangers, Ă  condition qu'elle ne dĂ©passe pas l'effectif de 10 000 soldats et qu'elle ne dĂ©gĂ©nĂ©ra pas un moyen d'attaque du royaume d'Italie.
  4. L'Italie se dĂ©clarerait prĂȘte Ă  nĂ©gocier directement avec le gouvernement romain pour prendre Ă  sa charge la part proportionnelle qui lui revenait des anciens États de l'Église. Â»

— in Cadorna, La liberazione [1].

Le comte Cavour espÚre que le Pape aurait cédé face la poussée unitaire et le soutien de la population romaine. La convention n'est pas conclue en raison de la mort de Cavour le 6 juin 1861.

Bettino Ricasoli, successeur de Cavour, cherche Ă  rouvrir les nĂ©gociations avec le cardinal Antonelli dĂšs le 10 septembre 1861, par une note dans laquelle il fait appel Ă  «l'esprit et au cƓur du Saint PĂšre, afin que, par son savoir et sa bontĂ©, il consente Ă  un accord qui, laissant intact les droits de la nation, pourvoirait efficacement Ă  la dignitĂ© et Ă  la grandeur de l'Église» [1]. Encore une fois Antonelli et Pie IX se montrent rĂ©ticents. L'ambassadeur français Ă  Rome Ă©crit Ă  son ministre que le cardinal lui a dit:

« Quant Ă  pactiser avec les spoliateurs, nous ne le ferons jamais[1]. Â»

À partir de ce moment, les activitĂ©s diplomatiques sont dans une impasse alors que la pression pour une action est forte de la part de Garibaldi et de Mazzini. Il y a une sĂ©rie de tentatives dont celle la plus connue se termine Ă  Aspromonte.

Caricature qui montre l'opposition entre la France et l'Italie.

Au dĂ©but de 1863, le gouvernement de Minghetti reprend les nĂ©gociations avec NapolĂ©on III, mais aprĂšs de tels Ă©vĂšnements, NapolĂ©on exige de plus grandes garanties. La convention de Septembre est signĂ©e qui prĂ©voit le retrait des troupes françaises en Ă©change d'un engagement de la part de l'Italie Ă  ne pas envahir les États pontificaux. À titre de garantie de la part des autoritĂ©s italiennes, la France demande le transfert de la capitale de Turin Ă  Florence. Les deux parties expriment toutefois un certain nombre de rĂ©serves; pour l'Italie, une totale libertĂ© d'action dans le cas oĂč un foyer rĂ©volutionnaire Ă©clate Ă  Rome, conditions acceptĂ©es par la France qui reconnait de cette façon les droits de l'Italie sur Rome [1].

En 1867 dans le cadre de la Campagne de l'Agro Romano pour la libĂ©ration de Rome, la bataille de Mentana a lieu qui oppose les Chemises rouges de Giuseppe Garibaldi aux troupes pontificales et françaises. Les troupes italiennes, en vertu de la convention, ne franchissent pas les frontiĂšres des États pontificaux alors que les troupes françaises, contrairement aux dispositions de l'accord, restent Ă  Rome et le ministre français EugĂšne Rouher dĂ©clare devant le parlement français

« que l'Italie peut faire sans Rome; nous dĂ©clarons qu'elle ne s'emparera jamais de cette ville. La France ne supportera jamais cette violence faite Ă  son honneur et au catholicisme[1]. Â»

En rĂ©ponse, le 9 dĂ©cembre, Giovanni Lanza, dans son discours d'investiture de la prĂ©sidence de la chambre des dĂ©putĂ©s, dĂ©clare que « nous sommes unanimes Ă  vouloir la rĂ©alisation de l'unitĂ© nationale, et Rome, tĂŽt ou tard, pour la nĂ©cessitĂ© des choses et pour la raison des temps, devra ĂȘtre la capitale de l'Italie[1]. Â»

Le 14 juillet 1870 le gouvernement de NapolĂ©on III dĂ©clare la guerre Ă  la Prusse.

L'occupation de Rome est une des causes qui empĂȘche l'alliance militaire entre la France et l'Italie. Le 24 novembre 1876, JĂ©rĂŽme NapolĂ©on Bonaparte II dans un discours Ă  AssemblĂ©e nationale dĂ©clare que la conservation du pouvoir temporel avait coĂ»tĂ© Ă  la France l'Alsace et la Lorraine [1]. La mĂȘme annĂ©e, le Pape organise Ă  Rome un concile ƓcumĂ©nique qui doit rĂ©soudre le problĂšme de l'infaillibilitĂ© pontificale. Cette position est un sujet de prĂ©occupation, de crainte que cela ne serve au Pape pour s'immiscer dans les affaires politiques italiennes[1].

Le 2 aoĂ»t, la France, afin de renouer des relations amicales avec l'Italie, prĂ©vient le gouvernement italien qu'elle est prĂȘte Ă  rĂ©tablir la Convention de 1864 et Ă  retirer les troupes de Rome.

Le 20 aoĂ»t, Ă  la Chambre des dĂ©putĂ©s italiens, certains membres, y compris Benedetto Cairoli et Giovanni Nicotera, demandent Ă  ce que la convention du 15 septembre soit dĂ©noncĂ©e et que l'on marche sur Rome [1]. La rĂ©ponse du gouvernement rappelle que la convention exclut les « cas particuliers Â» et que cette clause a permis Ă  NapolĂ©on III d'intervenir Ă  Mentana. Pendant ce temps, toutefois, les Français abandonnent Rome. Encore une fois la diplomatie italienne s'active afin de demander une solution Ă  la question romaine. L'impĂ©ratrice EugĂ©nie, qui occupe Ă  l'Ă©poque les fonctions de rĂ©gent, envoie le navire de guerre OrĂ©noque prendre position face de Civitavecchia. Mais les Ă©vĂšnements de la guerre franco-prussienne s'aggravent pour les Français, et NapolĂ©on III demande le soutien de l'Italie qui, compte tenu de l'Ă©tat des relations, le lui refuse.

Le 4 septembre 1870 le Second Empire tombe et la TroisiĂšme RĂ©publique est proclamĂ©e en France. Ce bouleversement ouvre de fait, Ă  l'Italie, la route de Rome.

La préparation diplomatique

Le 29 aoĂ»t 1870, le ministre des Affaires Ă©trangĂšres, le marquis Emilio Visconti-Venosta envoie au ministre du Roi Ă  Paris une lettre qui expose le point de vue du gouvernement italien Ă  prĂ©senter au gouvernement français.

Visconti-Venosta fait apparaitre que les conditions qui ont conduit Ă  la convention de septembre entre la France et l'Italie sont caduques.

« Florence, 29 aoĂ»t 1870.
Il Ministro degli Affari Esteri al Ministro del Re a Parigi
...Le but que le Gouvernement impĂ©rial poursuivait, celui de faciliter une conciliation entre le Saint-PĂšre, les Romains et l'Italie, dans un sens conforme aux vues exprimĂ©es par l'Empereur dans sa lettre Ă  M. de Thouvenel du 26 mai 1862, a Ă©tĂ© non seulement manquĂ©, mais mĂȘme complĂštement perdu par suite de circonstances sur lesquelles il serait inutile d'appuyer... Â»

Le mĂȘme jour, Visconti-Venosta transmet Ă  tous les reprĂ©sentants de Sa MajestĂ© Ă  l'Ă©tranger une circulaire qui expose aux puissances europĂ©ennes les garanties qui sont offertes au Pape pour protĂ©ger sa libertĂ©. Il souligne la nĂ©cessitĂ© urgente de rĂ©soudre le problĂšme qui, selon le gouvernement italien, ne peut ĂȘtre reportĂ©e. Le 7 septembre, il envoie une autre lettre dans laquelle les intentions du gouvernement sont de nouveau prĂ©cisĂ©es et les motivations renforcĂ©es [2]. Le 8 septembre, le ministre du roi, Ă  Munich, le GĂ©nois Giovanni Antonio Migliorati (it), rĂ©pond Ă  Visconti-Venosta exposant les rĂ©sultats de l'entrevue avec le comte de Bray, «Le ministre des Affaires Ă©trangĂšres m'a dit que les bases qui rapprocheraient l'Italie du Saint-SiĂšge 
 lui semblaient telles qu'elles seraient acceptĂ©es par Rome
 Â»[2].

Des opinions similaires arrivent de Berne de Luigi Melegari, de Vienne, de Karlsruhe, du gouvernement de Baden et de Londres. Le seul gouvernement qui tarde Ă  prendre position est celui de Bismarck qui est Ă  Paris avec Guillaume Ier afin d'ĂȘtre couronnĂ© empereur. Seul le 20 septembre, depuis Berlin, il exprime une position de stricte non-ingĂ©rence [2]. Jules Favre ministre du nouveau gouvernement français envoie, le 10 septembre, une indication qui affirme que le gouvernement français «ne peut approuver ni reconnaĂźtre le pouvoir temporel du Saint-SiĂšge»[2].

Le 20 aoĂ»t, le cardinal Antonelli, Ă  son tour, adresse une requĂȘte aux gouvernements Ă©trangers au cas oĂč ils s'opposeraient « aux violences du gouvernement sarde dont ils sont menacĂ©es». La plupart des gouvernements se limitent Ă  ne pas rĂ©pondre, d'autres expriment l'opinion que la chose ne les concerne pas [2].

Les préparatifs militaires

Le gouvernement procĂšde Ă  la mise en place d'un « corps d'observation de l'Italie centrale Â». Dans ce contexte, les classes 1842/45 sont appelĂ©es dans l'armĂ©e. Le 10 aoĂ»t le ministre de la guerre de Giuseppe Govone convoque le gĂ©nĂ©ral Raffaele Cadorna Ă  qui il donne le commandement du corps avec les dispositions suivantes[3]:

« 1. Maintenir inviolĂ©e la frontiĂšre des États pontificaux de toute tentative d'irruption de bandes armĂ©es qui chercheraient Ă  entrer;
2. Maintenir l'ordre et réprimer tous mouvements insurrectionnels qui se manifesteraient dans les provinces occupées par les divisions placées sous ses ordres;
3. Dans le cas de mouvements insurrectionnels dans les États pontificaux, empĂȘcher qu'ils s'Ă©tendent dans cette zone de la frontiĂšre. Â»

Les dispositions se terminent par:

« La prudence et l'Ă©nergie que vous avez dĂ©montrĂ©es en d'autres circonstances dans de non moins graves situations[4], donne une confiance certaine que l'objectif que le gouvernement se propose sera pleinement atteint. Â»

En plus de Cadorna, le gouvernement nomme aussi les commandants des trois divisions qui composent le corps en les personnes des gĂ©nĂ©raux Emilio Ferrero, Gustavo MazĂš de la Roche et Nino Bixio. Cadorna exprime immĂ©diatement ses doutes sur la prĂ©sence de Bixio, qui, selon lui, est trop impĂ©tueux et, par consĂ©quent, ne convient pas pour une mission qui « nĂ©cessite beaucoup de prudence Â». Govone, qui se retire quelques jours plus tard du gouvernement, accepte le point de vue de Cadorna et nomme, Ă  la place de Bixio, le gĂ©nĂ©ral Enrico Cosenz[3].

À la fin du mois d'aoĂ»t, les trois divisions sont portĂ©es Ă  cinq et le commandement de ces nouveaux dĂ©tachements est confiĂ© aux gĂ©nĂ©raux Angioletti Diego (it) et Bixio qui ne rencontre pas la sympathie du commandant du corps. Le corps se compose de plus de 50 000 hommes.

Le corps pontifical est composĂ© d'environ 15 000 soldats de diverses nationalitĂ©s. Environ 4 000 sont Français, principalement les Zouaves pontificaux et la lĂ©gion d'Antibes ou lĂ©gion Romaine forte de 1 200 hommes, et environ 1 000 sont Allemands. Il y a 400 volontaires pontificaux. Avec le dĂ©clenchement de la guerre franco-prussienne l'armĂ©e française a Ă©tĂ© rappelĂ©e. Le commandement est assurĂ© par le gĂ©nĂ©ral Hermann Kanzler, secondĂ© par les gĂ©nĂ©raux De Courten et Zappa[3].

Les faits

Le mur abattu à proximité de la Porta Pia

Le 8 septembre, quelques jours avant l'attaque, une lettre manuscrite du roi Victor-Emmanuel II est transmise au pape Pie IX par le comte Gustavo Ponza di San Martino (it), sĂ©nateur du royaume. Dans la lettre au Saint-PĂšre, Victor-Emmanuel, aprĂšs avoir expliquĂ© ses craintes des menaces du « parti de la rĂ©volution cosmopolite Â» explicite « l'inĂ©vitable nĂ©cessitĂ© pour assurer la sĂ©curitĂ© de l'Italie et du Saint-SiĂšge, que mes troupes, dĂ©jĂ  en place aux frontiĂšres, s'avancent pour occuper les positions indispensables pour la sĂ©curitĂ© de Votre SaintetĂ© et le maintien de l'ordre Â»[5]

Le 10 septembre, le comte de San Martino écrit de Rome au chef du gouvernement, Giovanni Lanza, et il décrit ses rencontres de la journée précédente avec le cardinal Antonelli et en particulier celle avec le pape. Il indique qu'il a remis la lettre au Saint-PÚre qui se montre profondément peiné bien que conscient de l'inévitable action de l'Italie sur Rome qu'il juge illégitime. Il protestera à la face du monde [6]

La rĂ©ponse du Pape rĂ©digĂ©e le 11 septembre est succincte; il indique que la lettre qu'il a reçue n'est pas digne d'un « fils affectueux qui se prĂ©tend professer la foi catholique Â». Il confirme qu'il ne peut adhĂ©rer au contenu de la lettre et s'en remet Ă  Dieu [6].

Le comte de San Martino rapporte verbalement les paroles de Pie IX : « Je ne suis pas un prophĂšte, ni fils de prophĂšte, mais en rĂ©alitĂ©, je vous dis que vous n'entrerez pas dans Rome [6] Â». AprĂšs trois jours d'attente inutile, au cours de laquelle la dĂ©claration de reddition est attendue en vain, le matin du 20 septembre vers 9 heures, l'artillerie de l'armĂ©e italienne, dirigĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Raffaele Cadorna ouvre une brĂšche d'une trentaine de mĂštres dans les murs de la ville, Ă  proximitĂ© de la Porta Pia, ce qui permet Ă  deux bataillons, un d'infanterie, l'autre de Bersaglieri, d'occuper la ville.

Pie IX condamne sévÚrement l'acte par lequel la Curie romaine se voit soustraire sa domination séculaire sur Rome. Il se retire au Vatican, se déclarant prisonnier jusqu'à sa mort.

L'action militaire

MalgrĂ© l'importance historique des faits (la rĂ©union de Rome Ă  l'Italie et la fin des États pontificaux), du point de vue militaire l'opĂ©ration n'est pas d'une importance remarquable. En effet, les troupes françaises qui Ă©taient garantes de l'intĂ©gralitĂ© des États Pontificaux, ayant rembarquĂ©es du 4 au 6 aoĂ»t, l'armĂ©e pontificale (composĂ©e d'un total d'environ 15 000 hommes, comprenant les gardes suisses, des Volontaires provenant principalement de France, de Belgique, d'Autriche, des Pays-Bas, d'Espagne, mais surtout les Zouaves Pontificaux et la lĂ©gion Romaine dite LĂ©gion d'Antibes, sous le commandement du gĂ©nĂ©ral Kanzler), est particuliĂšrement symbolique.

Sur les raisons pour lesquelles Pie IX n'exerce pas une plus grande rĂ©sistance, il existe plusieurs hypothĂšses : la plus accrĂ©ditĂ©e est celle de la volontĂ© du Vatican d'Ă©viter une riposte militaire violente. Il est connu que l'ancien secrĂ©taire d'État, le cardinal Giacomo Antonelli, a donnĂ© l'ordre au gĂ©nĂ©ral Kanzler de retirer ses troupes Ă  l'intĂ©rieur des murs et de se limiter Ă  un acte de rĂ©sistance symbolique.l Le gĂ©nĂ©ral italien Cadorna accorda au gĂ©nĂ©ral Kanzler une capitulation honorable, l'armĂ©e pontificale quitta Rome avec les honneurs de la guerre, avec drapeaux, armes et bagages. Les zouaves pontificaux et la LĂ©gion Romaine embarquĂšrent pour la France fin septembre.

Le comité gouvernemental

Le 25 septembre, Cadorna, qui dispose d'une «haute autoritĂ© confĂ©rĂ©e par le gouvernement, y compris de promouvoir la formation du gouvernement de la ville de Rome Â» dĂ©cide de reconnaĂźtre l'exĂ©cutif du gouvernement qui s'est crĂ©Ă© et est constituĂ© sous la prĂ©sidence de Michelangelo Caetani (it), duc de Sermoneta [7]. L'organisme prend le nom de « comitĂ© provisoire du gouvernement de Rome et sa province Â».

Outre Caetani, les membres de l'exécutif sont [7];

  • prince Francesco Pallavicini (it)
  • Emanuele Ruspoli (it), des princes Ruspoli
  • duc Francesco Sforza Cesarini (it)
  • prince Baldassarre Odescalchi
  • Ignazio Boncompagni Ludovisi (it), des princes de Piombino
  • avocat Biagio Placidi (it)
  • avocat Vincenzo Tancredi
  • avocat Raffaele Marchetti
  • Vincenzo Tittoni
  • Pietro Deangelis
  • Achille Mazzoleni
  • Felice Ferri
  • Augusto Castellani (it)
  • Alessandro Del Grande

Plébiscite d'annexion

Le Gouvernement du Royaume a dans les mĂ©morandums diffusĂ©s Ă  l'Ă©tranger « proclamĂ© le droit des Romains Ă  choisir le gouvernement qu'ils souhaitent [8]. Â» Tout comme cela a Ă©tĂ© fait pour les autres provinces d'Italie, un rĂ©fĂ©rendum est organisĂ© Ă  Rome pour rĂ©aliser l'unification de la ville au Royaume d'Italie.

La formule initialement proposée débute par «avec la certitude que le gouvernement italien assurera l'indépendance de l'autorité spirituelle du Pape ...»[8]. Cette proposition est jugée inutile et la question posée est:

« Nous voulons notre union avec le royaume d'Italie sous le rĂšgne du roi Victor-Emmanuel II et de ses successeurs Â»

Initialement le gouvernement à Florence avait exclu du vote la cité léonine mais les griefs de la population conduisent les autorités locales à l'inclure dans la consultation [8].

Le plĂ©biscite se dĂ©roule le 2 octobre 1870. Les rĂ©sultats voient l'Ă©crasante victoire du "oui", 40 785, face au "non" qui sont seulement 46. Le rĂ©sultat complet de la province de Rome est de 77 520 "oui" contre 857 "non" et pour tout le territoire annexĂ©, les rĂ©sultats sont de 133 681 "oui" contre 1 507 "non" [9],[8].

RĂ©percussions internationales

Les États europĂ©ens ne reconnaissent pas mais ils acceptent l'action italienne. DĂ©jĂ , le 21 septembre, le reprĂ©sentant du roi Ă  Munich Ă©crit que le comte Bray (en), ministre de BaviĂšre, prĂ©venu des Ă©vĂšnements, a exprimĂ© sa satisfaction que tout a Ă©tĂ© fait sans effusion de sang. Launay de Berlin rapporte le 22 septembre la position de neutralitĂ© du gouvernement de Otto von Bismarck.

Le 21 septembre de Tours l'ambassadeur en France, Costantino Nigra, envoie le message suivant :

« Ce matin, j'ai reçu le tĂ©lĂ©gramme dans lequel l'E. V. m'a fait l'honneur de m'annoncer que les troupes royales sont entrĂ©es hier dans Rome aprĂšs une lĂ©gĂšre rĂ©sistance des milices Ă©trangĂšres, oĂč le feu a cessĂ© sur ordre du Pape.
J'ai immédiatement signalé cette information à M. Crémieux, membre du gouvernement de la Défense nationale, et président de la délégation gouvernementale en place à Tours.
M. CrĂ©mieux m'a exprimĂ© ses plus sincĂšres fĂ©licitations pour le fait que je lui ai annoncĂ©. Â»

Carlo Cadorna, frĂšre aĂźnĂ© du gĂ©nĂ©ral, est ministre Ă  Londres, dans le courrier envoyĂ© le 22 septembre, il parlĂ© longuement de la conversation qu'il a eu avec la comte Granville, le ministre des affaires Ă©trangĂšres du cabinet Gladstone. Granville ne fait pas de commentaires et selon Cadorna « l'information qu'il lui avait donnĂ©e lui paraissait acceptable Â». Cette impression est confirmĂ©e dans un tĂ©lĂ©gramme envoyĂ© le 27, dans lequel l'ambassadeur exprime la satisfaction du ministre sur les modalitĂ©s selon lesquelles se sont dĂ©roulĂ©s les Ă©vĂšnements.

RĂ©actions du gouvernement pontifical

Le 8 novembre, le cardinal Antonelli diffuse aux reprĂ©sentants des États Ă©trangers une note qui attaque Visconti-Venosta. Le Pape se dĂ©clare «prisonnier de l'État italien Â» qui promulgue en mai 1871, la loi des Garanties, qui donne Ă  l'Église l'usufruit des biens qui appartiennent dĂ©sormais Ă  la citĂ© du Vatican, et confĂšre au pape une sĂ©rie de garanties sur son indĂ©pendance. Toutefois, ce compromis n'a jamais Ă©tĂ© acceptĂ© par les papes.

En 1874, Pie IX délivre le Non expedit, qui interdit aux catholiques de prendre part à la vie politique italienne. De plus le pape inflige l'excommunication à la Maison de Savoie, à Victor-Emmanuel II et à ses descendants et avec eux à tous ceux qui participent à la vie politique italienne. C'est seulement au cours de la période de Giolitti que l'interdiction est progressivement levée jusqu'au retour définitif des catholiques comme électeurs et comme élus dans la vie politique italienne. En 1919, avec la fondation du parti populaire italien de Luigi Sturzo, les catholiques sont présents officiellement dans le monde politique italien. La situation n'est finalement résolue qu'en 1929, avec les accords de Latran.

Hommages et commémorations

La colonne et la plaque commémorative du cinquantenaire du XX settembre 1870 au lieu de la brÚche

Le XX septembre est utilisĂ© comme nom de rue dans de nombreuses villes d'Italie, c'est parfois le nom de la rue qui conduit Ă  la cathĂ©drale afin de rappeler la victoire de l'État laĂŻc de 1870. Lors des commĂ©morations du cinquantenaire de la brĂšche de la porta Pia en 1920, un monument et une plaque ont Ă©tĂ© installĂ©s sur le lieu exact de la brĂšche.

Note

  1. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l R. Cadorna:LibĂ©ration, pp.1 SGG.
  2. ↑ a, b, c, d et e R. Cadorna: La liberazione, pp.33 e segg
  3. ↑ a, b et c R. Cadorna: La liberazione... pp.55 e segg.
  4. ↑ La rĂ©pression que Cadorna avait conduite en 1866 Ă  Palerme et en 1869 en Émilie.
  5. ↑ R. Cadorna: La liberazione.., pp. 36-38
  6. ↑ a, b et c R. Cadorna: La liberazione.., pp. 40-44
  7. ↑ a et b Cadorna pp. 229 e sgg.
  8. ↑ a, b, c et d Cadorna pp. 265 e sgg.
  9. ↑ The Encyclopédia Britannica, 1911, p. 60.

Bibliographie

  • Raffaele Cadorna, La liberazione di Roma nell'anno 1870, 3e ed. 1898, Turin
  • Indro Montanelli, L'Italia dei Notabili, RCS, 1999.
  • AbbĂ© Staub, la LĂ©gion Romaine dite LĂ©gion d'Antibes,C.Paillart imprimeur-Ă©diteur Ă  Abbeville (somme)

Voie aussi

Liens internes

Sources


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