Primo Levi

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Primo Levi
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Primo Levi
Activités écrivain
Naissance 31 juillet 1919
Turin Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
D√©c√®s 11 avril 1987
Turin Drapeau d'Italie Italie
Langue d'écriture italien
Genres roman, essai, autobiographie
Distinctions prix Strega (1978) pour La clé à molette
Ňíuvres principales

Primo Levi, né le 31 juillet 1919 à Turin et mort le 11 avril 1987 à Turin, est un écrivain italien ainsi que l'un des plus célèbres survivants de la Shoah.
Juif italien de naissance, chimiste de formation (il est docteur en chimie), de profession et de vocation, il devint √©crivain afin de t√©moigner, transmettre et expliciter son exp√©rience concentrationnaire dans le camp d'Auschwitz, o√Ļ il fut emprisonn√© √† Monowitz au cours de l'ann√©e 1944. Son livre le plus c√©l√®bre, Si c'est un homme (Se Questo √® un Uomo, publi√© aux √Čtats-Unis sous le titre de Survival in Auschwitz) a √©t√© d√©crit comme ¬ę l'une des Ňďuvres les plus importantes du vingti√®me si√®cle[1]. ¬Ľ
Auteur désormais reconnu, il diversifia sa production littéraire, écrivant des histoires courtes, poèmes et romans.

Sommaire

Biographie

Les jeunes années de Primo Levi

Primo Michele Levi na√ģt dans le quartier de la Crocetta √† Turin le 31 juillet 1919, 78 Corso Re Umberto, dans une famille juive de la moyenne bourgeoisie. De ses origines juives s√©pharades, il retient surtout les figures de ses anc√™tres dont les attitudes et paroles sont devenues proverbiales, et leur dialecte jud√©o-pi√©montais, qu'il qualifie de langue hybride, fortement comparable au yiddish par son √©volution. Conservant les traditions, comme les f√™tes juives, il leur arrive, assez fr√©quemment, d'enfreindre avec plus ou moins de remords les lois de la cacheroute.
Son p√®re Cesare, ing√©nieur et lecteur avide, travaille pour la firme Ganz, et passe beaucoup de temps en Hongrie o√Ļ la firme √©tait bas√©e. Sa m√®re, Ester "Rina" Luzzati a fait ses √©tudes √† l'Istituto Maria Letizia, est elle aussi friande de livres, parle couramment le fran√ßais et joue du piano[2]. Leur mariage avait √©t√© arrang√© par le p√®re de Rina[2], qui leur offrit la ¬ę maison familiale ¬Ľ, l'appartement de la distingu√©e Via Re Umberto maintes fois √©voqu√©e dans l'Ňďuvre de Primo Levi, o√Ļ il naquit, v√©cut la plus grande partie de sa vie, et mourut.

Sa sŇďur, Anna Maria, na√ģt en 1921. Ils furent proches toute leur vie.


En 1925, il entre √† l'√©cole primaire Felice Rignon √† Turin. De constitution d√©licate, il est mal dans sa peau, mais excellent sur le plan scolaire. Son √©tat de sant√© lui impose de longues p√©riodes d'absence, durant lesquelles son instruction se fait √† domicile par les bons soins d'Emilia Glauda puis Marisa Zini, la fille du philosophe Zino Zini[3]. Il passe ses √©t√©s avec sa m√®re dans les vall√©es au sud-ouest de Turin, o√Ļ Rina louait une ferme. Son p√®re, √©prouvant peu de go√Ľt pour la vie campagnarde, demeure √† Turin, o√Ļ il peut s'adonner librement √† ses infid√©lit√©s[4].

En septembre 1930, il entre au Gymnase Royal Massimo d'Azeglio, avec un an d'avance sur l'√Ęge requis[5]. √Čtant le plus jeune, le plus petit et le plus intelligent de sa classe, en plus d'√™tre le seul Juif, il est fr√©quemment brim√© par ses camarades[6]. Il suit √©galement, moins par conviction que par respect des traditions, une formation de deux ans au Talmud Torah de Turin pour chanter √† la synagogue lors de sa Bar Mitzva, qui a lieu en ao√Ľt 1932.
En 1933, il est inscrit, comme beaucoup de jeunes Italiens, dans le mouvement des Avanguardisti des jeunesses fascistes. Il parvient √† √©viter les exercices de maniement du fusil en rejoignant la division de ski, ce qui lui permet de passer chaque samedi de la saison d'hiver sur les pentes au-dessus de Turin[7]. Adolescent, Primo Levi souffre d'infections pulmonaires √† r√©p√©tition, qui ne l'emp√™chent pas de manifester du go√Ľt pour les activit√©s physiques, et de participer √† des comp√©titions d'athl√©tisme clandestinement men√©es avec des amis, dans un stade de sport abandonn√©.

En juillet 1934, √† l'√Ęge de 14 ans, il pr√©sente l'examen d'admission au liceo classico Massimo d'Azeglio et y est re√ßu en candidat libre. Ce lyc√©e fut connu pour avoir des professeurs anti-fascistes affirm√©s, parmi lesquels Norberto Bobbio et, pendant quelques mois, Cesare Pavese, qui deviendra plus tard l'un des romanciers les plus connus d'Italie[8]. Bien que n'√©tant plus le seul Juif de sa promotion, Primo Levi demeure la b√™te noire de ses condisciples[9]. En lisant Concerning the Nature of Things de William Henry Bragg, il se d√©couvre une vocation de chimiste[10], souhaitant par le biais de cette science d√©couvrir les secrets du monde. Levi est dipl√īm√© de l'√©cole en 1937, mais mis en cause pour avoir ignor√© une convocation de la Marine Royale Italienne la semaine pr√©c√©dant ses examens, et peut-√™tre pour des raisons d'ordre antis√©mite, il devra repasser son dipl√īme, √† la fin de l'√©t√© 1938.
En octobre de la même année, il s'inscrit à l'Université de Turin, pour étudier la chimie. Les quatre-vingts candidats durent passer un examen oral, ce qui réduisit leur nombre à vingt. Primo Levi est admis en février après avoir suivi le cursus de chimie à plein temps.

Bien que l'Italie soit un pays fasciste et que ce régime promulgue des lois antisémites, il n'y a pas de véritables discriminations envers les Juifs dans les années 1930. La communauté juive italienne est historiquement l'une des plus assimilées par son pays d'accueil, et les Italiens non-Juifs, sans particulièrement les apprécier ni farouchement les détester, ignorent ou contournent toute loi raciale, par esprit d'opposition aux Allemands qu'ils rendent, à tort, responsables de ces lois. Cependant, en 1938, le gouvernement fasciste déclare que les Juifs sont une impureté au sein du peuple italien, et promulgue en juillet de cette année des lois raciales, dont l'une a pour effet de restreindre, avant d'interdire totalement aux citoyens juifs, de s'inscrire dans les écoles publiques. Toutefois, les Juifs ayant déjà entamé leurs études sont autorisés à les poursuivre, ce qui est le cas de Primo Levi.

En 1939, Primo Levi commence √† pratiquer activement la randonn√©e en montagne[11], que lui apprend son ami Sandro Delmastro, futur h√©ros de la lutte partisane. Tous deux passent de nombreux weekends sur les montagnes au-dessus de Turin. L'exercice physique, le risque, la lutte contre les √©l√©ments lui fournissent une soupape de d√©compression par rapport √† toutes les frustrations qu'il rencontre dans la vie. S'ajoutent bient√īt √† celles-ci les bombardements de Turin, qui commencent quelques jours apr√®s que l'Italie a d√©clar√© la guerre √† la Grande-Bretagne et la France, et le cancer du c√īlon qui se d√©clare chez son p√®re et le cloue au lit.
Du fait de la mont√©e croissante du fascisme, et des lois antis√©mites, Primo Levi √©prouve de fortes difficult√©s √† trouver un superviseur pour sa th√®se de fin d'√©tudes, qui porte sur l'inversion de Walden, une √©tude sur l'asym√©trie de l'atome de carbone. Finalement chaperonn√© par le Docteur Nicolo Dallaporta, il obtient son dipl√īme en √©t√© 1941 avec la plus haute mention, ayant en outre soumis des √©tudes sur le rayonnement X et l'√©nergie √©lectrostatique. Cependant, son dipl√īme mentionne que le docteur Primo Levi est ¬ę de race juive, ¬Ľ et les lois raciales ne lui permettent pas de trouver un emploi appropri√©.

En décembre 1941 son ancien appariteur, Caselli, lui obtient un poste dans une mine d'amiante de San Vittore. Le projet dont il a la charge est d'analyser la teneur en nickel des résidus de la mine et d'en optimiser l'extraction, un défi qu'il accepte avec plaisir, bien qu'il se doute qu'en cas de succès, il contribuera à l'effort de guerre allemand, qui a besoin de nickel pour l'industrie de l'armement[12]. Pour cause de secret militaire, Primo Levi doit travailler sous un faux nom, avec de faux papiers. C'est au cours de son séjour à la mine qu'il rédige ses deux premières histoires courtes, qui seront réintégrées bien des années plus tard dans Le Système périodique.
En mars 1942, tandis qu'il travaille à la mine, son père Cesare Levi meurt.

En juin 1942, la situation ne pouvant évoluer davantage à Turin, Primo Levi quitte la mine et tente sa chance à Milan. Il est recruté par la firme suisse de A. Wander sur un projet d'extraction d'un composé anti-diabétique d'extraits végétaux, sur la recommandation d'une ancienne camarade de l'université de Turin, les lois raciales ne s'appliquant pas aux compagnies suisses. Il devient cependant rapidement évident que le projet, s'appuyant sur les élucubrations dépourvues de fondement d'un scientifique proche du IIIeReich, n'a aucune chance de réussir, mais qu'il n'est dans l'intérêt d'aucun employé que cela se sache[13].

Un an plus tard, √† Turin, Primo Levi se r√©unit fr√©quemment avec un cercle d'amis juifs turinois, √©crivant po√®me sur po√®me dans son d√©sŇďuvrement. La situation √©volue brutalement en septembre 1943 lorsque Mussolini est d√©mis de ses fonctions et que son rempla√ßant, le mar√©chal Pietro Badoglio, signe l'armistice avec les Alli√©s. Le dirigeant d√©chu, Benito Mussolini, est rapidement lib√©r√© par les Allemands et install√© √† la t√™te de la R√©publique de Sal√≤, un √©tat fantoche mais d'une extr√™me violence √©tabli dans l'Italie du Nord occup√©e par l'Allemagne. Les opposants au fascisme exhortent les Italiens √† la r√©volte active.
Primo Levi rentre √† Turin pour d√©couvrir que sa m√®re et sa sŇďur se sont r√©fugi√©es dans leur maison de campagne La Saccarello dans les collines hors de Turin. Ils embarquent tous pour Saint-Vincent dans la vall√©e d'Aoste o√Ļ ils peuvent se cacher mais, poursuivis par les autorit√©s, ils se r√©fugient √† Amay dans les Colle di Joux. Amay se trouve sur la route de la Suisse, et est emprunt√©e par les Alli√©s et les r√©fugi√©s qui fuient les Allemands. Les mouvements de la R√©sistance italienne deviennent de plus en plus actifs dans la zone occup√©e. Primo Levi et quelques camarades prennent le chemin des Alpes et rejoignent en octobre le mouvement partisan Giustizia e Libert√†, d'orientation lib√©rale.
Inexp√©riment√©, b√©n√©ficiant d'une publicit√© qu'il ne m√©rite pas, son petit d√©tachement est infiltr√© par un agent des forces fascistes. Celui-ci prend la t√™te d'une rafle de la milice fasciste le 13 d√©cembre 1943 √† Brusson, dans le Val d‚ÄôAoste. Primo Levi "pr√©f√®re d√©clarer sa condition de citoyen italien de race juive" (Si c'est un homme). Celui-ci est donc transf√©r√© dans le camp d'internement des Juifs de Fossoli, pr√®s de Mod√®ne, o√Ļ il demeure deux mois, puis il est d√©port√© en f√©vrier 1944 √† Auschwitz.

Auschwitz

La d√©portation de Primo Levi dans le camp d'extermination d'Auschwitz est l'√©v√©nement d√©terminant de sa vie, devenant le principal th√®me de son Ňďuvre, mais aussi l'aune √† laquelle il mesure les √©v√©nements ult√©rieurs de son existence.

Le 11 f√©vrier 1944, les 650 ¬ę pi√®ces ¬Ľ du camp de Fossoli sont transport√©es √† Auschwitz dans douze wagons √† bestiaux surcharg√©s. L'esp√©rance de vie d'un prisonnier ayant √©chapp√© √† la Selektion, qui d√©signe d'embl√©e les personnes destin√©es √† la chambre √† gaz, est de trois mois. De ces 650 Juifs italiens, seuls vingt reverront l'Italie.

Levi est assign√© au camp de Monowitz, un des camps auxiliaires d'Auschwitz dont la principale mission est de fournir la main d'Ňďuvre au chantier de construction d'une usine de caoutchouc appartenant √† IG Farben, la Buna. Soumise √† de nombreux bombardements, l'usine de la Buna n'entrera jamais en activit√©.

Levi attribue sa survie √† une ¬ę concat√©nation de circonstances ¬Ľ, dont la moindre n'est pas d'avoir √©t√© d√©port√© √† une p√©riode o√Ļ il avait √©t√© d√©cid√© de rallonger quelque peu la vie des prisonniers et d'arr√™ter les ex√©cutions arbitraires. Poss√©dant quelques notions d'allemand de par sa formation scientifique, il parvient - √† l'aide d'un prisonnier italien plus exp√©riment√© (qu'il paye en rations de pain) - √† les d√©velopper et √† s'orienter dans la vie du camp sans trop attirer l'attention des Prominente, les prisonniers privil√©gi√©s du syst√®me. √Ä partir de novembre 1944, sa formation professionnelle lui permet d'obtenir un poste relativement privil√©gi√© d'assistant dans le laboratoire de l'usine de production de caoutchouc de la Buna. Surtout, il re√ßoit pendant plusieurs mois, de Lorenzo Perrone, un civil italien, ma√ßon de son √©tat, une ration de soupe et de pain, lui permettant de survivre jusqu'√† l'√©vacuation du camp devant l'avanc√©e du front sovi√©tique. Lors de celle-ci, Primo Levi, atteint de scarlatine, est abandonn√© √† son sort dans l'infirmerie du camp au lieu de partir pour la marche de la mort, o√Ļ meurent la plupart de ses compagnons. Il parvient √† survivre en cr√©ant avec deux camarades de chambr√©e une organisation permettant de subvenir un minimum √† leurs besoins. Le 27 janvier 1945, alors qu'ils partent enterrer le premier mort de leur chambre, ils sont lib√©r√©s par l'Arm√©e rouge.

Primo Levi ne regagnera cependant pas Turin avant le 19 octobre de cette année, après avoir passé un certain temps dans un camp soviétique pour anciens prisonniers des camps, et au terme d'un long périple en compagnie d'anciens prisonniers de guerre italiens capturés sur le front russe. Il traverse en train la Pologne, la Russie, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche et l'Allemagne.

Après Auschwitz

1946-1960

Revenu √† Corso Re Umberto, o√Ļ personne ne l'attendait, Levi est m√©connaissable. V√™tu d'un vieil uniforme de l'Arm√©e rouge, la malnutrition a bouffi son visage, mang√© par une barbe hirsute. Si les mois suivants lui permettent de se reconstituer physiquement, de prendre contact avec des survivants et de chercher du travail √† Milan, il est traumatis√© par son exp√©rience concentrationnaire, au cours de laquelle ont p√©ri nombre de ses amis et une personne ch√®re √† son cŇďur. Il raconte des histoires d'Auschwitz aux passagers qu'il rencontre dans le train et √©crit des po√®mes, dont celui qui donnera son titre √† son premier livre. Lors de la f√™te du Nouvel An juif en 1946, il rencontre Lucia Morpurgo qui lui propose de lui apprendre √† danser. Primo Levi en tombe amoureux.

Le 21 janvier 1946, il commence √† travailler √† la DUCO, une compagnie de peintures et vernis, situ√©e en dehors de Turin. Les communications ferroviaires sont si rudimentaires qu'il passe la semaine dans le dortoir de l'usine, √©crivant ses souvenirs sans rel√Ęche. C'est l√† qu'il √©crit le premier jet de Si c'est un homme, sans avoir encore l'intention d'en faire un livre[14]. D'abord tragique, son √©criture sur le Lager devient, sous l'influence de ses sentiments pour Lucia, celle d'un scientifique, d√©laissant le t√©moignage √† la premi√®re personne pour l'analyse et la tentative de description avec lucidit√© et d√©tachement. Il √©crit sur tous les bouts de papier qui lui tombent sous la main, y compris les tickets de train. √Ä la fin de f√©vrier, il poss√®de dix pages sur les dix jours s√©parant le d√©part allemand de la lib√©ration du camp par l'Arm√©e rouge. Il √©crit ce qui sera son livre pendant les dix mois qui suivent.

Le 22 décembre 1946, le manuscrit est complété. Entre-temps, Lucia lui a retourné ses sentiments. Elle l'aide à l'éditer sous une forme plus fluide[15]. En janvier 1947, Primo Levi propose le manuscrit aux éditeurs, mais les blessures ne sont pas encore cicatrisées, et il n'a pas de passé littéraire lui garantissant une réputation d'auteur.
Un ami de sa sŇďur lui permet d'√™tre √©dit√© chez Franco Antonicelli[16], √©diteur amateur et anti-fasciste ardent.

En juin 1947, Primo Levi d√©missionne brutalement de DUCO pour diriger un bureau de consultation en chimie, dont les locaux sont situ√©s au dernier √©tage de la maison des parents de Salmoni. Ses exp√©riences professionnelles de cette √©poque donneront mati√®re √† des ouvrages ult√©rieurs. Il gagne sa vie en fabriquant et fournissant du chlorure d'√©tain pour des ateliers de miroiterie[17], livrant le compos√© instable en triporteur jusqu'au bout de la ville. De m√™me, les tentatives de fabriquer des rouges √† l√®vre √† partir d'excreta reptiliens et de l'√©mail color√© pour enduire les dents seront racont√©s dans des histoires courtes. Les manipulations de chimie dans le "laboratoire" emplissent l'appartement exig√ľe d'odeurs d√©sagr√©ables et d'√©manations corrosives.

En septembre 1947, Primo Levi √©pouse Lucia Morpurgo. Un mois plus tard, le 11 octobre, Si c'est un homme est tir√© √† 2500 exemplaires. En avril 1948, alors qu'il attend son premier enfant, Primo Levi d√©cide d'interrompre sa carri√®re de chimiste ind√©pendant et postule dans l'entreprise familiale de peintures et vernis de Federico Accatti, dont les produits sont commercialis√©s sous le nom de SIVA. En octobre 1948 na√ģt Lisa Levi.

Bien que sa vie se soit ind√©niablement am√©lior√©e, le pass√© subsiste et revient souvent √† lui, particuli√®rement lorsque l'un de ses amis d'Auschwitz a des ennuis ou meurt. Parmi ceux-ci, Lorenzo Perrone, le bienfaiteur de Primo Levi au Lager ; incapable de surmonter le pass√©, il sombre dans la mis√®re et l'alcoolisme. Il meurt suite √† la n√©gligence de lui-m√™me en 1952, malgr√© les nombreux efforts de Levi pour le tirer de sa d√©ch√©ance[16]. Autre sujet de d√©tresse, Auschwitz, au lieu d'entrer dans l'histoire, semble s'enfoncer dans un oubli voulu par ceux qui l'ont perp√©tr√© comme ceux qui l'ont subi, et sa dimension √©chappe au monde.

En 1950, ayant fait la preuve de son talent chez Accatti, il est promu directeur technique de SIVA[18]. En sa qualit√© de chimiste principal de SIVA, et de sa fonction de r√©soudre les difficult√©s techniques, il r√©alise de nombreux voyages en Allemagne ou il rencontre des homologues allemands du monde professionnel et scientifique. Il prend soin de porter des chemises √† manches courtes, laissant para√ģtre son matricule d'Auschwitz tatou√© sur son avant-bras. Il les am√®ne souvent sur le terrain de la d√©pravation des nazis, et du manque de repentir et de recherche de r√©demption manifest√© par la plupart des Allemands, y compris de nombreux agents de l'exploitation de la main-d'Ňďuvre esclave des camps.

Il milite également activement pour ne pas laisser le souvenir des camps s'éteindre, visite Buchenwald en 1954 lors du neuvième anniversaire de la libération des camps nazis, ainsi que les années suivantes, répétant inlassablement le récit de son vécu.
En juillet 1957 na√ģt son fils Renzo, probablement nomm√© d'apr√®s son sauveur, Lorenzo Perrone.

En d√©pit de critiques positives, dont celle d'Italo Calvino dans L'Unit√†, seules 1500 copies de Si c'est un homme s'√©coulent et Primo Levi est d√©j√† catalogu√© comme auteur unius libris. Il devra attendre 1958 pour qu'Einaudi l'√©dite dans une √©dition revue. En 1958 √©galement, John Stuart Woolf traduit, en collaboration √©troite avec Levi, Si c'est un homme en anglais. En 1959, Heinz Riedt en fait de m√™me en allemand, sous la surveillance serr√©e de l'auteur[19]. Cette traduction s'accompagne d'une pr√©face ; l'un des buts de Levi en √©crivant son livre ayant √©t√© de faire prendre conscience √† la nation allemande de l'ampleur des actes commis en son nom, et d'en accepter la responsabilit√© au moins √† titre partiel, elle rev√™t pour lui une importance particuli√®re. Quarante lecteurs allemands lui √©criront et seront accueillis avec sympathie, √† l'exception de Herr T.H. qui tente une justification teint√©e de r√©visionnisme. C'est √©galement cette version que lira le docteur M√ľller, l'un des civils que Levi avait le plus souvent rencontr√©s √† la Buna.

1961-1974

Levi commença à écrire La Trève, l'histoire de son retour mouvementé en Italie, en 1961 et le publia en 1963, presque seize ans après son premier livre. Le succès fut au rendez-vous, l'auteur se voyant décerner la même année le premier Prix Campiello. La réputation de Levi, auteur de Si c'est un homme mais aussi de nombreux articles à La Stampa, le journal de Turin, allait grandissant. C'est aussi à cette époque qu'il commença à varier ses sujets littéraires, évoquant notamment l'Italie d'avant-guerre, la résistance au fascisme et son métier de chimiste.

Il connut en 1963 son premier épisode dépressif majeur. Père de deux enfants, responsable d'un travail important, figure publique effectuant de nombreux voyages, il demeurait tourmenté par son passé. De plus, l'on ignorait à l'époque le lien entre stress, anxiété et dépression. Les traitements prescrits au cours des années furent d'efficacité variable, et non dépourvus d'effets secondaires.

En 1964, il collabore √† une √©mission radiophonique de la RAI bas√©e sur Si c'est un homme. En 1966, le livre est adapt√© au th√©√Ętre.
Il publie deux volumes de courts r√©cits de science-fiction, Storie naturali (Histoires naturelles, 1966) et Vizio di forma (Vice de forme, 1971), sous le nom de plume de Damiano Malabaila, o√Ļ il explore des questions √©thiques et philosophiques, imaginant l'impact sur la soci√©t√© d'inventions que beaucoup auraient jug√©es b√©n√©fiques, mais en lesquelles il voit des implications s√©rieuses. Certaines de ces histoires inspireront par la suite plusieurs sc√©narios de films de science-fiction, dont "Total Recall".

En 1974, il prend une semi-retraite de la SIVA afin de se consacrer à l'écriture et de se libérer de la responsabilité de l'usine[20].

1975-1987

En 1975 para√ģt une collection des po√®mes de Levi sous le titre de L'osteria di Brema. Il √©crit √©galement deux autres m√©moires fort bien accueillis, le Syst√®me p√©riodique, faisant r√©f√©rence avec une ironie propre √† l'auteur au tableau p√©riodique de Mendeleev, o√Ļ chaque √©l√©ment rec√®le un moment de la vie du chimiste juif turinois, et, en 1978, Lilith, o√Ļ il revient sur des personnages et moments d'Auschwitz qu'il n'a pas √©voqu√©s dans ses livres pr√©c√©dents. Le Syst√®me p√©riodique a √©t√© salu√© par le Royal Institute de Londres, le 19 octobre 2006, comme ¬ę le meilleur livre de science jamais √©crit[21]. ¬Ľ

En 1978, il √©crit le roman La chiave a stella (La Cl√© √† molette). Le livre prend la forme d'un dialogue entre un technicien turinois, qui est envoy√© en d√©placement dans le monde entier pour l'installation de machineries industrielles, dans le cadre des grands projets d'ing√©nierie, qui dans les ann√©es 1960 et 1970 voyaient les entreprises italiennes souvent protagonistes, et l'auteur, lors d'un s√©jour dans la ville Russe o√Ļ les deux se trouvaient pour des raisons professionnelles. Leurs souvenirs de travail y sont racont√©s. La philosophie de ce livre est que la fiert√© du travail bien fait est n√©cessaire √† une vie √©panouie. Primo Levi dut faire face aux critiques proches de la gauche, car dans son approche √©l√©giaque du travail comme moyen d'√©panouissement personnel, il avait n√©glig√© d'√©voquer les aspects plus sordides de l'exploitation de la classe ouvri√®re, ainsi que tout √©l√©ment de critique sociale[22]. N√©anmoins, le livre lui valut le prix Strega en 1979, et un succ√®s aupr√®s des lecteurs √† l'avenant.

En 1984, il écrit son autre roman, Se non ora, quando? (Maintenant ou jamais), s'inspirant d'une rencontre, brièvement mentionnée dans La Trève avec un groupe de sionistes qui avaient accroché leur wagon au train des rapatriés italiens. Maintenant ou jamais relate les tribulations d'un groupe de partisans juifs évoluant derrière les lignes allemandes durant la Seconde Guerre Mondiale, cherchant à lutter contre l'occupant et survivre. Lorsque l'idée de gagner la Palestine et de participer à la construction du foyer national juif devient clairement leur objectif, l'équipée gagne la Pologne puis l'Allemagne, avant que les survivants du groupe ne soient officiellement reçus dans un territoire aux mains des Alliés en tant que personnes déplacées. Ils parviennent à rejoindre l'Italie, pénultième étape sur le chemin vers la Palestine. Le roman est récompensé par les prix Campiello et Viareggio.

Primo Levi est alors au fa√ģte de sa c√©l√©brit√© en Italie. La Tr√®ve est incluse dans le programme scolaire italien. Si c'est un homme est √©galement suivi d'un carnet r√©sultant des discussions avec les √©tudiants. Il se lit √©galement √† l'√©tranger. En 1985, il se rend en Am√©rique pour un cycle de conf√©rences de 20 jours, qui l'√©prouve fortement.
En revanche, l'Union des r√©publiques socialistes sovi√©tiques boude ses livres, o√Ļ les soldats russes sont pr√©sent√©s trop humains par rapport au canon h√©ro√Įque des Soviets.
En Isra√ęl, o√Ļ la soci√©t√© isra√©lienne ne prend pleinement conscience de l'ampleur de la Shoah qu'avec le proc√®s d'Eichmann √† J√©rusalem et est longtemps ambivalente face √† ces Juifs dont on dit qu'ils se sont laiss√©s mener √† l'abattoir sans r√©sistance, ses livres ne seront traduits qu'apr√®s sa mort.

En 1985 para√ģt un recueil d'articles pr√©c√©demment publi√©s dans La Stampa, sous le titre L‚Äôaltrui mestiere (inclus en fran√ßais dans L'asym√©trie et la vie). S'y trouvent des fictions courtes, des r√©flexions sur des curieux ph√©nom√®nes naturels, ou des revues de livre. Parmi ces derni√®res, figure son analyse de l'autobiographie de Rudolf H√∂√ü[23], ins√©r√©e en introduction √† la publication de l'√©dition italienne. Il y d√©nonce la tentative faite par H√∂√ü pour se reconstruire un pass√© d'ex√©cutant servile, entr√© au NSDAP par enthousiasme, arriv√© √† Auschwitz par ignorance et tentant d'ob√©ir aux ordres avec ¬ę conscience ¬Ľ.

En 1986, il publie I sommersi e i salvati (Les naufrag√©s et les rescap√©s). √Čcrit ¬ę quarante ans apr√®s Auschwitz, ¬Ľ le livre revient sur son exp√©rience concentrationnaire, d'un point de vue analytique plut√īt que biographique, s'interrogeant sur la fid√©lit√© de la m√©moire, tentant de comprendre la ¬ę zone grise ¬Ľ dans laquelle se trouvait les prisonniers des camps collaborant au r√©gime, de la place de l'intellectuel √† Auschwitz. Comme dans ses autres livres, il n'√©met pas de jugement, pr√©sente les faits et pose les questions.
√Čgalement en 1986, il publie un autre recueil, Racconti e saggi (√©galement inclus dans L'asym√©trie et la vie).

En avril 1987, il travaille sur une autre s√©lection d'essais appel√©s Le Double Lien, qui prennent la forme d'une correspondance √©pistolaire avec ¬ę La Signorina[24] ¬Ľ. Ces essais portent sur des th√®mes tr√®s personnels. Cinq ou six chapitres du manuscrit existent. Carole Angier, qui a consacr√© une biographie √† Primo Levi, √©crit en avoir lu quelques-uns, mais la majorit√©, distribu√©e par Levi √† des amis proches, n'a pas √©t√© divulgu√©e au public, et certains pourraient m√™me avoir √©t√© d√©truits.

Décès

Primo Levi meurt le 11 avril 1987 suite à une chute qu'il fit dans l'escalier intérieur de son immeuble. La plupart de ses biographes (Angier, Thomson) abondent dans le sens du légiste, qui conclut que Levi s'est suicidé. Lui-même avait déclaré souffrir de dépression. Des facteurs de risque auraient pu être sa responsabilité envers sa mère et sa belle-mère, le fait de partager le même logement et son passé de déporté.

Cependant, un sociologue d'Oxford, Diego Gambetta, a établi douze ans plus tard un dossier détaillé[25] remettant en cause ce qu'il considère comme un lieu-commun n'étant étayé ni par des faits ni par des preuves indirectes. Levi n'a pas laissé de lettre d'adieux, et n'a jamais fait part d'idées noires. En outre, des documents et témoignages semblent indiquer qu'il avait des projets avant sa mort. Diego Gambetta penche donc pour une mort accidentelle.

La question de la mort de Primo Levi est importante. En effet, son Ňďuvre est commun√©ment interpr√©t√©e comme une puissante affirmation de la vie face √† des puissances violentes et guerri√®res organis√©es. Le fait qu'il soit mort volontairement ou par accident constitue donc un commentaire final sur la validit√© de son propre message, lucide, positif et humaniste. L'interpr√©tation d'Elie Wiesel, qui d√©fend la th√®se du suicide, a √©t√© accept√©e jusqu'√† ce jour, sans que l'on sache encore si elle est fond√©e sur des faits ou sur une intuition personnelle.

Th√®mes de son Ňďuvre

Le caractère d'Auschwitz

Primo Levi a écrit Si c'est un homme car survivre et témoigner sont pour lui inextricablement liés. Lisant de nombreux témoignages, assistant à de nombreuses réunions d'anciens déportés, se rendant dans plus de 130 écoles, il devient une figure symbolique, non seulement de la victime juive du fascisme italien, mais aussi et surtout de la lutte contre le fascisme.

Selon Levi, les agents de la Shoah ont, outre leur tentative d'annihilation totale d'un peuple ind√©pendant par une race dite "sup√©rieure", sciemment calcul√© que cette tentative tomberait dans le d√©ni ou l'oubli une fois la guerre termin√©e, alors qu'il s'agissait, et Primo Levi le r√©p√®te √† plusieurs reprises, d'un terrain exp√©rimental pour une entreprise hautement organis√©e et m√©canis√©e, qui a pouss√© la r√©cup√©ration des sous-produits jusqu'√† l'utilisation des cendres produites par la cr√©mation des corps pour construire des routes[26]. Le camp d'Auschwitz n'√©tait pas un acte isol√© mais un prototype qui aurait √©t√© appliqu√© √† l'Europe enti√®re si Hitler avait gagn√© la guerre. Il demeurerait de toute fa√ßon une caricature paroxystique mais fid√®le des r√®gles f√©roces du capitalisme moderne. Il lutte donc farouchement aupr√®s du public, et de la jeunesse surtout, contre toute tentative de banalisation ou de r√©visionnisme des camps, d√©criant le n√©gationnisme de Robert Faurisson, et rejetant toute proposition d'√©quivalence entre Goulag sovi√©tique et Lager nazi apr√®s la publication de l'Archipel du Goulag et autres Ňďuvres d'Alexandre Soljenitsyne √† la fin des ann√©es 1960. Bien qu'il s'agisse effectivement de ¬ę deux types d'enfer[27], ¬Ľ qu'on y soit soumis √† des conditions de travail inhumaines, en inad√©quation totale avec une pitance d√©risoire, Levi estime que leur nature est diff√©rente, personne n'√©tant cens√© sortir du Lager, alors que ce n'√©tait pas le cas du Goulag, et que la mortalit√© dans le goulag s'√©levait √† 30% au pire contre 90-98% dans les camps nazis[28]. De plus, le ¬ę crime ¬Ľ d'√™tre Juif ne pouvait √™tre effac√©, √©tant consid√©r√© comme affaire de ¬ę race, ¬Ľ c'est-√†-dire de naissance, plut√īt que de religion et, ¬ę cas unique parmi toutes les atrocit√©s de l'histoire de l'humanit√©, ¬Ľ touchait m√™me les enfants qui furent massacr√©s par milliers[27].

La judéité

Primo Levi, ainsi que la plupart des intellectuels juifs de Turin, connaissait la Bible, mais n'√©tait ni religieux ni croyant. Ce sont les lois raciales du fascisme qui lui font prendre conscience de l'importance que rev√™t sa jud√©it√©. C'est par l'√©vocation de celle-ci qu'il d√©bute le Syst√®me p√©riodique, retra√ßant un bref historique de ses folkloriques anc√™tres juifs pi√©montais, ainsi que l'anthologie personnelle La Recherche des racines contenant l'extrait du livre de Job, celui qui remet en question les actions d'un Dieu qu'il s'est peut-√™tre invent√©, un th√®me qui revient √©galement dans sa pr√©face au Chant du peuple juif assassin√© d'Ytshak Katznelson. Le Juif agnostique qu'il est ne sera tent√© de faire appel √† Dieu qu'une seule fois, lors d'une selektion. Puis, ¬ę r√©alisant la monstruosit√© de la chose, ¬Ľ il y renonce tout aussi vite, et fustige un de ses cod√©tenus qui remercie Dieu de ne pas avoir √©t√© ¬ę choisi. ¬Ľ

Comprendre

Style littéraire

Ňíuvres

Titre Années Type Traduction française Prix
Se questo è un uomo 1947 et 1958 Mémoires Si c'est un homme
La tregua 1963 Mémoires la Trêve Prix Campiello
Storie naturali (sous le pseudonyme de Damiano Malabaila) 1966 Histoires courtes Histoires naturelles Prix Bagutta
Vizio di forma (sous le pseudonyme de Damiano Malabaila) 1971 Histoires courtes Vice de forme
Il sistema periodico 1975 Histoires courtes Le Système périodique
L'osteria di Brema 1975 Poésie
Lilìt e altri racconti 1978 Histoires Lilith
La chiave a stella 1978 Roman La Clé à molette Prix Strega
La ricerca delle radici 1981 Anthologie personnelle La Recherche des racines
Se non ora, quando? 1984 Roman Maintenant ou jamais
Dialogo 1984 Entretiens Dialogue (avec le physicien Tullio Regge)
L'altrui mestiere 1985 Essais Compilé dans L'Asymétrie et la Vie
I sommersi e i salvati 1986 Essais Les Naufragés et les Rescapés
Racconti e Saggi 1986 Contes et réflexions Le Fabricant de miroirs (publié à titre posthume)[29]
L'Asimmetria e la vita 2002 Articles L'Asymétrie et la Vie

Notes et références de l'article

  1. ‚ÜĎ Socialist Review, January 1997.
  2. ‚ÜĎ a et b Angier, p. 50.
  3. ‚ÜĎ Angier, p. 44.
  4. ‚ÜĎ Angier, p. 62.
  5. ‚ÜĎ Thomson, p. 40.
  6. ‚ÜĎ Thomson, p. 42.
  7. ‚ÜĎ Thomson, p. 48.
  8. ‚ÜĎ . Pavese aurait √©t√© le professeur d'italien de Primo Levi. Ces all√©gations sont fortement r√©cus√©es par Thomson (2002).
  9. ‚ÜĎ Thomson, p. 55.
  10. ‚ÜĎ The Search for Roots, p. 31.
  11. ‚ÜĎ Thomson, p. 93.
  12. ‚ÜĎ Angier, p. 174.
  13. ‚ÜĎ Thomson, p. 119.
  14. ‚ÜĎ Thomson, p. 229.
  15. ‚ÜĎ Thomson, p. 241.
  16. ‚ÜĎ a et b Thomson, p. 246.
  17. ‚ÜĎ Thomson, p. 249.
  18. ‚ÜĎ Angier, p. 487
  19. ‚ÜĎ Thomson, p. 287.
  20. ‚ÜĎ Thomson, p. 366.
  21. ‚ÜĎ The Guardian, 21 October 2006
  22. ‚ÜĎ Thomson, p. 400.
  23. ‚ÜĎ Rudolf H√∂ss, Le commandant d'Auschwitz parle
  24. ‚ÜĎ Angier, p. 80.
  25. ‚ÜĎ Primo Levi's Last Moments
  26. ‚ÜĎ Les Naufrag√©s et les Rescap√©s, p. xxx.
  27. ‚ÜĎ a et b Primo Levi, appendice √† Si c'est un homme, p. 202.
  28. ‚ÜĎ Primo Levi ne donne pas de sources √† ces estimations, voir appendice √† Si c'est un homme, pp. 201-202, Juillard, 1987, ISBN 2-266-02250-4.
  29. ‚ÜĎ Levi avait voulu ce nom pour le recueil en fran√ßais : Le fabricant de miroirs, Livre de Poche, 1989

Voir aussi

Bibliographie

  • Primo L√©vi ou la trag√©die d'un optimiste  : biographie / Myriam Anissimov. - Paris : Latt√®s, 1996. - 698 p. : ill. ; 24 cm. (ISBN 2-7096-1296-8)
  • Primo Levi, Le devoir de m√©moire (entretien avec Anna Bravo et Fed√©rico Cereja), introduction et postface de F. Cereja, traduit de l'italien par Jo√ęl Gayraud, Editions Mille et une nuits, Paris, 1995.
  • Primo Levi, Ňíuvres, Collection Bouquins.

Articles connexes

Liens externes



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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Primo Levi de Wikipédia en français (auteurs)


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