Premiere secession de la plebe

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Premiere secession de la plebe

Première sécession de la plèbe

Article principal : S√©cessions de la pl√®be.

La première sécession de la plèbe (495 av. J.-C.) se solde par l’insurrection du Mont Sacré (494 av. J.-C.) suivie de la création des tribuns de la plèbe (493 av. J.-C.).

Sommaire

Premières années de la République

Au lendemain de la chute de la royaut√©, le S√©nat et surtout les deux seuls magistrats r√©cup√®rent le pouvoir supr√™me, et on passe d'un syst√®me monarchique √† un syst√®me oligarchique. Ce changement de gouvernement ne profite qu'√† une minorit√©, la nouvelle √©lite : le patriciat. Pendant les dix premi√®res ann√©es, les guerres se succ√®dent, et la premi√®re confrontation entre les deux ordres a lieu en 495 av. J.-C., autour du probl√®me des dettes : les cr√©anciers, appartenant surtout √† l'aristocratie s√©natoriale et donc au patriciat, ont droit d'encha√ģner, de vendre comme esclave ou encore de mettre √† mort les d√©biteurs. Or de nombreux pl√©b√©iens sont tr√®s endett√©s, et subissent donc la loi du patriciat.

La première révolte (495)

Une nouvelle guerre contre les Volsques est imminente. Une grande partie des pl√©b√©iens est endett√©e, et les lois romaines sont particuli√®rement f√©roces contre les d√©biteurs : ceux-ci sont quasiment les esclaves de leurs cr√©anciers, qui ont droit de vie et de mort sur eux. Or l'arm√©e romaine est compos√©e de citoyens, majoritairement pl√©b√©iens. Tite-Live r√©sume parfaitement la situation : ¬ę nous qui combattons au-dehors pour la libert√© et pour l'empire, nous ne trouvons au-dedans que captivit√© et oppression ; la libert√© du peuple romain est moins en danger durant la guerre que durant la paix, au milieu des ennemis que parmi des concitoyens[1] ¬Ľ.

Tous les d√©biteurs encha√ģn√©s se r√©unissent sur le Forum Romanum, bient√īt soutenus par leurs concitoyens. Le S√©nat se r√©unit, mais les avis sont partag√©s : un des consuls, Appius Claudius Sabinus Regillensis veut r√©primer cette r√©volte dans le sang tandis que son coll√®gue souhaite √™tre plus conciliant[1].

Alors que les d√©bats font rage √† Rome, les Volsques r√©unissent une grande arm√©e et marche sur Rome. La pl√®be refuse de se mobiliser pour faire face √† la menace, et le consul Publius Servilius Priscus Structus promet que le S√©nat s'occupera des probl√®mes de la pl√®be et proclame en attendant un √©dit emp√™chant ¬ę de retenir dans les fers ou en prison aucun citoyen romain, et de l'emp√™cher ainsi de se faire inscrire devant les consuls ; de saisir ou de vendre les biens d'un soldat tant qu'il serait √† l'arm√©e ; enfin, d'arr√™ter ses enfants ou ses petits-enfants[2] ¬Ľ.

Ainsi, la pl√®be s'enr√īle en masse pour √©chapper √† leurs cr√©anciers et le consul marche contre les Volsques[2], qu'il vainc[3], puis les Romains √©crasent les Sabins et les Aurunces, qui mena√ßaient Rome[4].

Nouveaux troubles (495 - 494)

Une fois les ennemis vaincus et l'armée démobilisée, la plèbe attend l'application des engagements du Sénat. Mais le consul Appius Claudius, qui était opposé à l'édit et ne souhaitait nullement faire la moindre concession envers le peuple, fait livrer aux créanciers leurs débiteurs, avec le soutien d'une grande partie des patriciens. Le peuple se tourne alors vers son collègue, Publius Servilius, qui tergiverse, pris entre sa promesse faite au peuple et l'opposition de son ordre[5].

Le peuple fait conna√ģtre son m√©contentement en d√©signant un simple centurion pour la d√©dicace du temple de Mercure en lieu et place d'un des deux consuls. Une nouvelle menace des Sabins fait empirer la situation, le peuple refusant de se mobiliser, et la situation reste ainsi tendue jusqu'√† la fin de l'ann√©e, o√Ļ les deux magistrats, ha√Įs par le peuple, sortent de charge[5].

Les nouveaux consuls Aulus Verginius Tricostus Caeliomontanus et Titus Veturius Geminus Cicurinus ont besoin d'enr√īler nombre de soldats pour continuer la guerre face aux Volsques et aux √ąques, qui marchent √† nouveau sur Rome. Le S√©nat ordonne aux deux consuls √©lus de prendre leur responsabilit√© et d'effectuer la mobilisation, mais le peuple refuse toujours d'√©couter l'autorit√© consulaire, et les deux magistrats sont conspu√©s par le S√©nat et les patriciens[6]. Ces derniers tentent de forcer les citoyens √† se mobiliser mais la foule en col√®re les maltraite[7].

L'ancien dictateur Titus Larcius Flavus propose d'interdire pendant ces guerres continuelles de saisir les biens d'un débiteur, soldat ou non, à l'instar de Publius Servilius, tandis qu'Appius Claudius qui ne veut rien entendre exige que l'autorité consulaire soit respectée, et qu'on nomme un dictateur dont la puissance est indiscutable pour mettre au pas le peuple[7]. Selon Tite-Live, le Sénat faillit le nommer à ce poste, mais c'est finalement Manius Valerius Volusus Maximus, populaire, qui est nommé dictateur, pour tenter de ramener la concorde à Rome, et de mobiliser les troupes[8].

Celui-ci promet d'interdire de saisir un d√©biteur tant qu'il est sous les armes, √† l'image de Publius Servilius Priscus Structus, consul l'ann√©e d'avant. Le peuple sait qu'on nomme le dictateur contre lui, mais il appartient √† une famille tr√®s populaire, les Valerii, dont le membre le plus illustre est Publius Valerius qui avait re√ßu le surnom de Publicola, ¬ę ami du peuple ¬Ľ[8].

Une fois l'arm√©e mobilis√©e, le dictateur m√®ne ses troupes contre la coalition ennemie[8]. Les Volsques, les √ąques et les Sabins sont vaincus par le dictateur et les consuls, la ville volsque de Velitrae est conquise et une colonie romaine y est implant√©e[9].

Une fois de retour à Rome, le dictateur souhaite améliorer le sort des débiteurs, mais le Sénat s'oppose à lui. En conséquences, il abdique de sa magistrature, sous les éloges de la population[9].

L'insurrection du Mont Sacré (494)

Les patriciens craignent que si l'arm√©e est licenci√©e, de nouveaux troubles √©clatent. Pr√©textant une nouvelle guerre contre les √ąques, le S√©nat et les consuls ne d√©mobilisent pas l'arm√©e. Les soldats, exasp√©r√©s, se retirent en armes sur le Mons Sacer[10] (traduction : ¬ę Mont de la Mal√©diction ¬Ľ, appel√© plus g√©n√©ralement ¬ę Mont Sacr√© ¬Ľ, c'est-√†-dire l'Aventin).

Devant cette s√©dition, les patriciens h√©sitent et ont peur que le reste du peuple les rejoigne. Le S√©nat se d√©cide alors √† envoyer une d√©l√©gation, men√©e par Agrippa Menenius Lanatus. Ayant le devoir de r√©aliser la concorde entre les deux ordres, il emploie le fameux apologue qui apaise les esprits : Les membres et l'estomac gr√Ęce auquel il tente de montrer que la cit√© ne pouvait exister sans la pl√®be, mais que, parall√®lement la pl√®be ne pouvait vivre sans la cit√©[10],[11], selon les termes suivants, d'apr√®s Aurelius Victor :

¬ę Un jour [...] les membres du corps humain, voyant que l'estomac restait oisif, s√©par√®rent leur cause de la sienne, et lui refus√®rent leur office. Mais cette conspiration les fit bient√īt tomber eux-m√™mes en langueur ; ils comprirent alors que l'estomac distribuait √† chacun d'eux la nourriture qu'il avait re√ßue, et rentr√®rent en gr√Ęce avec lui. Ainsi le s√©nat et le peuple, qui sont comme un seul corps, p√©rissent par la d√©sunion, et vivent pleins de force par la concorde[12] ¬Ľ.

Création des tribuns de la plèbe (493)

Articles d√©taill√©s : Lex Sacrata et Tribun de la pl√®be.

Une fois les esprits apais√©s, on consent √† la pl√®be qu'elle ait ses repr√©sentants, qui seraient inviolables, et qui les d√©fendraient contre les consuls : les tribuns de la pl√®be, magistrature interdite aux patriciens[13].

La réconciliation et le retour des soldats dans la Ville a lieu après les élections consulaires et l'entrée en charge de Postumius Cominius Auruncus et Spurius Cassius Vecellinus, tout deux pour la seconde fois. Ainsi, ils peuvent faire face aux ennemis de Rome, notamment les Volsques[13].

Sources

Notes

  1. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 23
  2. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 24
  3. ‚ÜĎ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 25
  4. ‚ÜĎ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 26
  5. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 27
  6. ‚ÜĎ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 28
  7. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 29
  8. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 30
  9. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 31
  10. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 32
  11. ‚ÜĎ Dion Cassius, Histoire romaine, Livre IV, Frag. 23
  12. ‚ÜĎ Aurelius Victor, Vies des hommes illustres, XVIII. Menenius Agrippa Lanatus
  13. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Tite-Live, Histoire romaine, Livre II, 33

Références

  • Portail de la Rome antique Portail de la Rome antique
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