Pont-levis

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Pont-levis

Un pont-levis est un type de pont mobile défensif qui se baisse et se lève pour ouvrir ou fermer le passage au-dessus d'un fossé encerclant un ouvrage fortifié.

Sommaire

Fonction

On associe traditionnellement le pont-levis aux ch√Ęteaux m√©di√©vaux, qui disposaient pratiquement tous d'un tel pont au-dessus de leurs douves ou foss√© sec. Le relevage du pont permettait alors de bloquer l'entr√©e en cas d'attaque. G√©n√©ralement, pour plus de s√©curit√©, un pont-levis de ch√Ęteau fort pr√©c√®de une herse.

Les entrées des fortifications du système Séré de Rivières sont aussi munies de pont-levis, de type divers.

Il existait plusieurs types de ponts-levis.

Les différents types de pont-levis

Pont-roulant

Le pont roulant n'est pas à proprement parler un pont-levis mais il en est toutefois l'un de ses prédécesseurs.
Le pont roulant est le successeur direct des antiques ponts mobiles. Le syst√®me restera en vigueur, plus particuli√®rement dans le midi de la France jusqu'√† la la fin du Moyen √āge.

Sur les autres projets Wikimedia :

Pont roulant du XIIe si√®cle d'apr√®s Violet le Duc

Liste de ponts roulants

Pont à effacement latéral
Pont à effacement longitudinal

Pont-levis à flèches et à chaines

Isolés ou tenant aux portes

Hormis quelques apparitions au XIIIe si√®cle, il faut attendre le XIVe si√®cle pour voir couramment employer ce proc√©d√©.

Pont-levis Pont-levis à flèches et à chaines

Au début du XIVe siècle, on établit à l'entrée des ponts jetés sur les fossés devant les portes des ponts-levis de bois tenant aux barrières, ou des ouvrages avancés de maçonnerie.
Vers le milieu du XIVe si√®cle, les ponts-levis furent appliqu√©s aux portes elles m√™mes. Malgr√© de s√©rieux inconv√©nients, grande hauteur de ses fl√®ches, visibles de tr√®s loin et donc vuln√©rables, et de profonde saign√©e pratiqu√©e sur la fa√ßade de la porte pour les recevoir, ils resteront en usage jusqu'√† la p√©riode moderne.

Pont-levis à flèche et à chaines à rampe escamotable

Ce type de pont-levis est une variante du pont-levis à flèches et à chaines.
On trouve ce type de pont-levis au ch√Ęteau de Pierrefonds. Ce type de pont-levis √©tait plus particuli√®rement utilis√© pour le ravitaillement et servait √† tirer les marchandises.

Pont-levis √† chaines sans fl√®che de la Porte de Sens √† Villeneuve sur Yonne. Le treuil de manŇďuvre est indiqu√© en T

Liste de ponts-levis à flèches et à chaines

Pont-levis à chaines sans flèche

Ce type de pont-levis est une variante du pont-levis à flèches et à chaines.
Les contrepoids sont suspendus en arri√®re des longrines du tablier, facilitant le rel√®vement de celui-ci au moment de la manŇďuvre du treuil.

Liste de ponts-levis à chaines sans flèche

Pont-levis sans flèche basculant en se relevant

Pont-levis sans flèche basculant en se relevant par l'avant. C'est l'arrière qui s'abaisse

Le plus simple et sans doute le meilleur procédé de pont mobile, car il évite les flèches ou les chaines que l'assiégeant peut détruire avec un canon.
Le tablier mobile √©galement appel√© vol√©e est en √©quilibre par un faux tablier ou cub√©e qui descend dans un encuvement lorsque la vol√©e se rel√®ve √† la mani√®re d'une balance. Ce syst√®me m√©di√©val trouva tous ses avantages en r√©action √† l'artillerie √† poudre et resta en usage sans changement jusqu'au d√©but du XVIIIe si√®cle. Cependant le syst√®me necessitait une fosse assez profonde, de 4 m√®tres minimum, o√Ļ l'humidit√© se r√©v√©lait n√©faste pour le faux tablier, mais cet encuvement √† un avantage, car ci l'assaillant r√©ussi √† d√©truire le pont, l'encuvement peut servir de deuxi√®me foss√©, ce qui ralenti encore plus l'assaillant.

Pont-levis sans flèche s'abaissant dans le fossé. C'est l'arrière qui se relève.

Ce pont sans flèche s'abaissait dans le fossé.
Ce procédé évitait l'encuvement mais laissait le tablier à l'extérieur.

Pont-levis sans flèche basculant en se relevant. C'est l'arrière qui s'abaisse.
Pont-levis sans flèche basculant en se relevant. C'est l'arrière qui se relève.

Liste de ponts-levis sans flèche basculant en se relevant

Pont levis à contrepoids constant

Pont-levis sans flèche à bascule en dessous

Dans ce système, la distance qui sépare le centre de gravité du contrepoids de l'axe de rotation est constante.
Le tablier se relève.
Ce syst√®me d√©j√† ancien est appel√© tape-cul en bascule en dessous en 1699[1]. En 1714, l'ing√©nieur militaire Milet aide le contrepoids, ou cub√©e, par l'addition d'une roue dent√©e, ce qui permet de raccourcir la longueur du faux tablier. Cet am√©nagement est am√©lior√© √† diff√©rentes √©poques; en 1797 par Filley et Dejean avec un cric, en 1819 par Emy avec un bras arri√®re. La meilleure solution fut pr√©sent√©e en 1860 par le g√©n√©ral Jules Tripier qui rempla√ßa le tablier arri√®re par deux longerons qui basculent s√©par√©ment par des rainures √©troites partiqu√©es de chaque c√īt√© du passage int√©rieur de l'entr√©e. Ce syst√®me adopt√© en 1866, sera mis largement en pratique dans les forts S√©r√© de Rivi√®res et restera m√™me en vigueur dans la ligne Maginot.

Pont-levis sans flèche à bascule au-dessus

Le tablier s'abaisse dans le fossé.
Les premiers modèles sont isolés des portes. Les ingénieurs Gallon en 1740, Buret en 1816 et Berguesse en 1819 en construisent. Un beau spécimen se trouve à Bayonne à la nouvelle porte d'Espagne, mais qui incomplet.

Pont-levis à flèche

Le tablier se relève.
Le pont-levis médiéval à flèche va être repris par les ingénieurs Milet en 1717, Filey en 1743, Delile en 1781 et Duvignau en en 1796.
Le premier remplace le contrepoids par la fermeture haute arrière d'une seconde porte et le dernier va répartir des boulets contrepoids sur l'arrière de la flèche. Ces défenses étaient appelées pont en zigzag.

Liste de ponts-levis Pont levis à contrepoids constant à flèche

Pont-levis à transmission rigide

Pont-levis dont les contrepoids sont constants et courbe directrice.
Système Richerand-d'Obenheim

Le premier exemple de ce syst√®me date de 1697 et il est compl√®tement mis au point en 1762 par l'ing√©nieur du roi Alexandre-Magnus d'Obenheim[2]. Il supprime le contrepoids de charpente et le remplace par des barres m√©talliques lest√©es de manchons de fonte. La conordination des mouvements se fait uniquement par des cha√ģnes passant sur des poulies. Une modification des bras m√©talliques fut apport√©e en 1831 par le capitaine du g√©nie Ronmy.

Système Bélidor

Pour remplacer le pont-levis √† fl√®che l'ing√©nieur B√©lidor met au point en 1728 un proc√©d√© √† sinuso√Įde souvent emply√© dans les fort √† partir de 1750. Le tablier se rel√®ve au moyen de deux contrepoids form√©s par des roues ind√©pendantes descendant le long d'un chemin saut-de-ski. Le capitaine Delile am√©liore le syst√®me en 1812 en pla√ßant les deux contrepoids sur le m√™me essieu. Mais la trajectoire basse de l'essieu √©tait tellement dangereuse pour les servants que le capitaine Dev√®ze apporta un dernier perfectionnement en 1843 en ajoutant deux galets roulant sur des rails horizontaux.

Pont-levis à porte contrepoids

La porte fait office de contrepoids.
Ce syst√®me comporte deux inconv√©nients :

  1. une tr√®s grande longueur de cha√ģne
  2. l'interdépendance des deux dispositifs (pont et porte).

Liste de ponts-levis à transmission rigide

Pont-levis à transmission flexible

Contrepoids variables et bras de levier constant
Système Poncelet

Ce syst√®me est con√ßu vers 1820 par le g√©n√©ral math√©maticien Jean Victor Poncelet. Le contrepoids des cha√ģnes agissant sur le tablier est form√© d'un chapelet de lourds maillons qui descend dans une fosse √† mesure que le tablier se rel√®ve. La manŇďuvre est facile dans un espace restreint. Ce proc√©d√©, avec ou sans variante, √©quipe tous les ouvrages construit ou modernis√© entre 1840 et 1875.

Système Gueze et Mangin

En am√©lioration du syst√®me Poncelet, les capitaines du g√©nie Gueze et Mangin propos√®rent en 1830 de remplacer les plaques de fonte formant contrepoids par deux s√©rie de cylindres gigognes semblables. Le syst√®me est appliqu√© en 1833 √† Grenoble, √† la porte de Secours de la Bastille puis √† celle de la citadelle du Rabot. Ce syst√®me r√©v√©la rapidement sa fragilit√© car les frottements des cylindres entra√ģnaient leur destruction. Ce syst√®me fut donc rapidement abandonn√©.

Système Lacoste

En 1831, le capitaine du génie Lacoste remplace les tyaux par des plaques carrées de section de plus en plus réduite guidées par des tiges verticales.

Système Deffeux

Pour am√©liorer le syst√®me Poncelet, le capitaine de g√©nie Deffeux (ou Desfeux) proposa, en 1837, de constituer le contrepoids avec des plaques de fontes circulaires s'emboitant les unes dans les autres et dispos√©es √† l'extr√©mit√© de la cha√ģne ext√©rieure.

Le donjon du fort de la Bastille à Grenoble
Contrepoids constants et bras de levier variables
Système Derché

Ce syst√®me est mis au point par le capitaine Derch√© vers 1810, am√©liore le levage par des cha√ģnes ext√©rieures gr√Ęce √† un dispositif allongeant ou raccourcissant le bras de levier par enroulement de la cha√ģne autour d'une spirale.

Système Devèze

En 1846 le colonel Dev√®ze alourdit la spirale √† l'aide d'un disque suppl√©mentaire pour qu'il joue un r√īle de contrepoids. Vers 1860, le fer est introduit pour les tabliers et les charpentes.

Liste de ponts-levis à transmission flexible

Pont mobile sans contrepoids

Système Ardagt et Pilter à double bascule

Plusieurs ouvrages Français ont été dotés, vers 1877, de ce système inventé en 1869 par le lieutenant anglais Adagt. Ce système fut introduit et installé en France, en particulier sur la place de Toul par l'entreprise Pilter. Pour relever le pont il suffit de débloquer l'arrière du tablier. Celui-ci muni de roulettes, descend dans le fond du fossé par son propre poids, guidé par deux rails courbés, relevant ainsi l'avant maintenu en permanence à la maçonnerie de l'ouvrage.

Système Azibert

Liste de ponts mobiles sans contrepoids

Pont mobile simple à bascule

Le tablier se rel√®ve √† l'aide d'une cha√ģne roulant sur des galets.

Liste de ponts mobiles simple à bascule

Pont roulant moderne

Le pont roulant est le successeur du plancher coulissant m√©di√©val. L'ing√©nieur L. Mauvais propose en 1867 un pont mobile √† la fois en bascule en dessous et roulant. Le principal d√©faut de ces derniers ponts mobiles √©taient qu'ils necessitaient la construction de locaux sp√©ciaux tant pour la manŇďuvres que pour pour la surveillance.
Après 1885 le pont dormant disparait et le fossé du pont mobile est un fossé diamant.

Liste de ponts roulants modernes

  • Arsenal de Metz
  • Batterie de Limeil - Ce pont roulant de 14 m√®tres de longueur totale et 3,80 m√®tres de large se d√©pla√ßait sur galets grace √† un mouvement d'engrenage.
  • L'entr√©e de paix de certain forts de la Ceinture de Lyon
  • L'entr√©e de guerre de certain forts de Verdun

Galerie

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Articles connexes

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Notes, sources et références

  1. ‚ÜĎ Pr√©cis de la fortication de guy le Hall√©
  2. ‚ÜĎ Alexandre-Magnus D'OBENHEIM ou DOBENHEIM (1752-1840)

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Pont-levis de Wikipédia en français (auteurs)

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