Pollution lumineuse

ÔĽŅ
Pollution lumineuse

L’expression pollution lumineuse (light pollution, ou photopollution pour les anglophones) désigne à la fois la présence nocturne anormale ou gênante de lumière et les conséquences de l'éclairage artificiel nocturne sur la faune, la flore, la fonge (le règne des champignons), les écosystèmes ainsi que les effets suspectés ou avérés sur la santé humaine.

Image satellitale composite montrant l'√©mission nocturne de lumi√®re vers l'espace, essentiellement concentr√©e dans l'h√©misph√®re Nord dans les pays les plus industrialis√©s; en Am√©rique d'une part, en Europe de l'Ouest et dans l'Est de la chine et au Japon. L'Inde - o√Ļ une politique d'√©clairage initi√©e par les anglais a √©t√© poursuivie apr√®s l'ind√©pendance - se d√©marque √©galement.
Il s'agit d'une superpositions de photographies prises de nuit et par temps clair ; les limites des continents sont produites par l'ajout en couleurs sombres, des photographies √©quivalentes diurnes.
Survol de la terre, du nord de l'Afrique au nord du Kazakhstan en passant par l'ouest du détroit de Gibraltar et l'Europe de l'Est.
Vidéo faite par l'équipage de l'Expedition 29 à partir de la Station spatiale internationale le 06 octobre 2011 (22:58:09-23:13:15 GMT). Seule la mer noire, qui se détache comme une tache sombre entourées de halos lumineux urbain, semble relativement épargnée par l'éclairage artificiel. Même dans les zones réputées relativement isolées ou désertiques, des taches de lumière sont visibles (forages pétroliers, gaziers, petites villes...)

Elle se distingue des nuisances lumineuses en ce qu'elle affecte également les écosystèmes (en tant que piège écologique) et les humains. Elle est souvent associée à la notion de gaspillage d'énergie, dans le cas d'un éclairage artificiel mal adapté, s'il constitue une dépense évitable d’énergie.

Comme celle de pollution du ciel nocturne qui la remplace parfois et qui désigne particulièrement la disparition des étoiles du ciel nocturne en milieu urbain, la notion de pollution lumineuse est récente. Apparue dans les années 1980, elle a évolué depuis.

La pollution lumineuse est souvent évaluée par l'échelle de Bortle.

Sommaire

Le phénomène

Histoire de la notion

L'attraction parfois fatale pour la flamme et la lumière de nombreux insectes nocturne est connue depuis longtemps, et ici utilisée par des entomologistes lors d'une expédition au Tibet en 1938 pour capturer et identifier des papillons de nuit et autres insectes nocturnes. Quand la source de lumière nocturne est permanente, elle devient un piège permanent pour ces espèces

Cette notion a originellement concern√© les effets de la lumi√®re artificielle sur l'environnement nocturne pris au sens large. On avait observ√© durant plusieurs si√®cles que les oiseaux tournoyaient, jusqu'√† s'y tuer autour des phares, et que les papillons √©taient attir√©s par les lumi√®res. Des constats plus scientifiques ont ensuite √©t√© faits au XIXe si√®cle par des naturalistes, ornithologues notamment qui notaient que l'√©clairage, de nuit, pouvait d√©sorienter les oiseaux migrateurs, avec des mortalit√©s cons√©quentes (Kumlien dans le Milwaukee dans les ann√©es 1880[1], Munro dans les ann√©es 1920[2], et Lewis[3] en 1930.

Cette notion a en France d'abord √©t√© port√©e par des astronomes nord-am√©ricains puis europ√©ens et par leurs organisations repr√©sentatives (Association fran√ßaise d'astronomie en France, CieloBuio en Italie, International Dark-Sky Association en Am√©rique du Nord), puis par d‚Äôautres acteurs confront√©s √† une d√©gradation rapide de l‚Äôenvironnement nocturne ; √©cologues, am√©nageurs, √©nerg√©ticiens, m√©decins, universitaires, juristes, √©clairagistes, agences impliqu√©es dans le champ du d√©veloppement durable se sont inscrits dans ce nouveau champ d'√©tude et de travail.

Elle int√®gre aussi des impacts de certains rayonnement modifi√©s, dont ceux des ultraviolets (pollution photochimique) sur la flore en particulier, et de la lumi√®re polaris√©e sur la faune capable de la percevoir. G√°bor Horv√°th et son √©quipe ont en 2009 propos√©[4] l'expression ¬ę Pollution par la lumi√®re polaris√©e ¬Ľ (ou ¬ę polarized light pollution ¬Ľ pour les anglophones) ou PLP pour la mieux d√©crire et comprendre, afin de pouvoir r√©soudre - lorsque cela est possible - les cons√©quences √©cologiques sp√©cifiques (directes ou diff√©r√©es dans l‚Äôespace et le temps) de la lumi√®re qui a √©t√© polaris√©e (√† la source, ou en interagissant avec des objets fabriqu√©s ou modifi√©s par l'homme)[4].

√Čl√©ments de d√©finition

Stricto sensu, l'expression ¬ę pollution lumineuse ¬Ľ d√©signe le ph√©nom√®ne d'alt√©rations fonctionnelles d'√©cosyst√®mes par immixtion de lumi√®re artificielle dans l'environnement nocturne, notamment quand cette lumi√®re a des impacts n√©gatifs significatifs sur certaines esp√®ces r√©put√©es √™tre des ¬ę esp√®ces-cl√© ¬Ľ (dont par exemple certains insectes nocturnes (papillons, col√©opt√®res), chiropt√®res[5], amphibiens...) et au-del√† sur l'int√©grit√© √©copaysag√®re. Longcore et Rich en 2004 incluent plusieurs sous-ph√©nom√®nes et nuisances associ√©s :

  • sur-illumination (puissance lumineuse excessive) ;
  • √©blouissement (trop forte intensit√©, contraste excessif) ;
  • luminescence du ciel nocturne (halos caus√©s par la lumi√®re perdue vers le ciel).

Pour Kobler (2002), c'est ¬ę le rayonnement lumineux (infrarouge, UV et visible) √©mis √† l‚Äôext√©rieur ou vers l‚Äôext√©rieur, et qui par sa direction, intensit√© ou qualit√©, peut avoir un effet nuisible ou incommodant sur l‚Äôhomme, sur le paysage ou les √©cosyst√®mes ¬Ľ[6].

Depuis peu s'ajoute la Pollution par la lumière polarisée, qui elle est diurne.

À échelle géobiologique, c'est un phénomène tout à fait récent (quelques décennies) alors que ses conséquences se font déjà sentir à l'échelle de temps de la vie des individus et de l'évolution des espèces. Pour cette raison, ses conséquences nécessitent encore des études spécifiques, mais une prise de conscience tardive du problème, la faiblesse du budget et de moyens humains alloués à son étude, font que son ampleur et son importance ne sont pas encore complètement cernés. Ses effets n'ont été que partiellement étudiés sur la flore et la fonge, et de manière plus approfondie, mais uniquement pour certains groupes d'espèces (essentiellement oiseaux, chauve-souris et insectes) pour la faune.

Mesure

SkyQualityMeterQM-L ; l'un des instruments de mesure de la qualit√© du ciel nocturne (luxm√®tre adapt√©) permettant de caler des mesures de luminance du ciel
Exemple d'√©chelle de Bortle ; Le noir correspond √† un ciel pur (voie lact√©e bien visible) Le blanc correspond √† un ciel urbain opaque et orang√©, o√Ļ l'on ne voit presque plus les √©toiles)
Autre présentation de l'échelle de Bortle, plus adaptée à une région très éclairée la nuit

Divers moyens de mesure de la luminosité nocturne existent, variant généralement selon la taille de la zone à mesurer.
Des mesures au sol sont facilement acquises au moyen d'un photom√®tre (g√©n√©ralement pos√© au sol et pr√©cis√©ment orient√© vers le z√©nith gr√Ęce √† un niveau √† bulle ; les mesures √©tant donn√©es en millilux (mlx) en cas de ciel noir ou en lux en ville √©clair√©e). Diff√©rentes mesures peuvent √™tre faites par ciel noir et sans lune et par brouillard ou ciel √† nuages bas pour la mesure des halos lumineux ou avant et apr√®s extinction nocturne de l'√©clairage (dans les communes qui coupent l'√©clairage une partie de la nuit).
D'autres protocoles sont propos√©s ou √† l'√©tude (par des ONG telles que l'ANPCEN et Darksky association)[Lesquels ?].

Modélisation et cartographie

Les principes optiques de la réfraction et diffusion de la lumière sur les matières existaient déjà. Développés puis améliorés pour le cinéma, les jeux vidéo et les logiciels graphiques ou de simulations, ils ont guidé les premiers modèles scientifiques d'étude de la pollution lumineuse, avec d'autres modèles mathématiques élaborés par des physiciens de la lumière et de l’atmosphère, avec des astronomes et des spécialistes de l'imagerie satellitale pour tracer des cartographies et faire des études prospectives (dont pour positionner les nouveaux observatoires astronomiques). Ces modèles donnent des résultats de plus en plus précis en comparaison avec les mesures de terrain ou les images satellitales.
Dans le cadre d'un projet de réserve internationale de ciel étoilé du pic du midi[7], l'observatoire astronomiques Midi-Pyrénées et des chercheurs développent une banque de données de mesures et d'images (au sol, aériennes ou spatiales), enrichie en permanence. Elle permet de recaler les modèles (dont THOTPRO) et peut contribuer à affiner les études d'impact.

Quelques cartographies grand-public ou destin√©es aux astronomes ont √©t√© publi√©es apr√®s les ann√©es 2000, dont par exemple ;

  • ¬ę Atlas mondial de la clart√© artificielle du ciel nocturne ¬Ľ [8], souvent renomm√© ¬ę Atlas mondial de la pollution lumineuse ¬Ľ.
  • une Carte de France de la pollution lumineuse construite d'apr√®s les r√©sultats d'un mod√®le simple, dit de Walker (d'apr√®s le nom de son auteur), qui estime l'intensit√© du halo d'apr√®s le nombre d'habitants des agglom√©rations et diverses cartes faites par Michel Bonavitacola (avec le mod√®le ¬ę THOT ¬Ľ, et notamment dans le cadre du Projet Licorness)
  • La carte AVEX de Fr√©d√©ric Tapissier[9].
  • Une carte de France et des zooms cartographiques pour les parcs naturels r√©gionaux[10], dont certains comme le Parc naturel r√©gional du Luberon ont exp√©riment√© des lampadaires solaires √† Leds et un √©clairage moins nuisant pour l'environnement.

Causes

Canons à lumière érigés en 2004 en mémoire des attentats du 11 septembre 2001. Des milliers d'oiseaux ont été attirés par le double faisceau et tournoyaient dans la lumière.

L'expression ¬ę pollution lumineuse ¬Ľ regroupe des ph√©nom√®nes diff√©rents aux cons√©quences tr√®s vari√©es, √©conomiques, humaines ou sur les esp√®ces vivantes. Pour la faune, il correspond aux perturbations endocriniennes ou comportementales, notamment li√©es aux ph√©nom√®nes de ¬ę phototaxie positive ¬Ľ (attraction irr√©sistible vers la lumi√®re), ou de ¬ę phototaxie n√©gative ¬Ľ (r√©pulsion)

Au XXe si√®cle, une augmentation conjointe de la production √©lectrique, de l'offre en mat√©riels d'√©clairage et d'une demande de s√©curit√© (de la part du public et des √©lus) sont souvent cit√©es comme principales causes d'une tendance √† l'augmentation de l'√©clairage urbain et p√©riurbain. Les politiques d'√©clairage public ont conduit √† une augmentation du halo lumineux et de la pollution lumineuse a √©t√© mesur√©e par satellite (√† +5 √† +10 % par an pour la fin des ann√©es 1990, avec 19 % de la surface plan√©taire concern√©e selon Cinzano[11]). Les enjeux commerciaux, √©lectoraux et d'image alimentent l'augmentation des √©clairages. Le recours √† des panneaux et enseignes lumineuses a augment√© la luminance de l'environnement nocturne (urbain et routier notamment).

L'abondance d'√©lectricit√© et son prix moins √©lev√© la nuit (notamment dans les pays recourant √† une production nucl√©aire) n'incitent pas aux √©conomies d'√©clairage, dans un contexte o√Ļ les lois encadrant l'√©clairage nocturne (quand elles existent) ne tiennent que peu en compte les pr√©occupations environnementales. Quand l'√©lectricit√© est ¬ę nucl√©aire ¬Ľ (en France par exemple), il est complexe de ralentir une centrale nucl√©aire pour la nuit, o√Ļ la consommation d'√©nergie est moindre : l'√©nergie √©tant de toute fa√ßon produite, elle est vendue √† moindre co√Ľt la nuit (ce qui encourage la consommation nocturne d'√©nergie √©lectrique... dont pour l'√©clairage urbain).

Au ph√©nom√®ne des publicit√©s lumineuses, n√©ons, magasins et √©difices publics (monuments, ch√Ęteaux, ponts, berges, √©glises, etc.) illumin√©s, parfois toute la nuit s'ajoutent les impacts des ¬ę canons √† lumi√®re ¬Ľ ou ¬ę skytracers ¬Ľ (souvent improprement nomm√©s lasers), ou des lasers qui balaient le ciel au-dessus des √©difices. Enfin l'√©clairage public des rues a longtemps √©t√© r√©alis√© avec des luminaires qui n'√©taient pas con√ßus pour limiter les √©missions vers le ciel (luminaires en forme de boules) ou de grande puissance (lampes √† vapeur de mercure haute pression, ballast tr√®s consommateurs d'√©nergie).

Sur-illumination

L'éclairage nocturne décoratif de la serre de Graz en Autriche. Cet éclairage est orienté vers le ciel et contribue à sa luminosité.

La sur-illumination fait référence aux usages inutiles ou pour partie inutiles d'éclairages.

Elle peut √™tre due √† divers facteurs mat√©riels ou humains ;

  • sources lumineuses inutilement surpuissante eu √©gard aux besoins r√©els d'√©clairage ;
  • mauvaise conception de locaux ou mauvais positionnement des luminaires ;
  • √©clairage ou illumination de locaux en dehors des moments o√Ļ cette illumination est n√©cessaire (souvent en l'absence d'une r√©gulation horaire appropri√©e de l'√©clairage, ou de d√©tecteurs de pr√©sence) ;
  • choix volontaire d'√©clairage nocturne uniquement d√©coratif des b√Ętiments publics.

√Čblouissement

L'éblouissement est une gêne visuelle due à une lumière trop intense ou parfois à un contraste trop intense entre des zones éclairées et sombres (on est alors ébloui en passant brutalement du sombre à l'éclairé). Il peut être simplement gênant, handicapant ou aveuglant selon l'intensité de la lumière. Il peut constituer un danger sur la route.

Luminescence nocturne du ciel

Le ciel nocturne de New York photographié en temps de pose rallongé. Ce ciel est connu pour être d'autant plus orangé que l'air est humide et pollué.

La luminescence nocturne du ciel est induite par la lumi√®re diffuse ou directe √©mise en direction du ciel par les √©clairages non directionnels, le plus souvent en milieu urbain. La couleur du ciel luminescent d√©pend de la "couleur des sources", mais aussi de la qualit√© de l'atmosph√®re locale. Par temps clair et en air pur, cette luminescence provient du ph√©nom√®ne de diffusion Rayleigh, qui tend √† donner au ciel nocturne une couleur l√©g√®rement jaun√Ętre.

Pour l'Ňďil humain, en raison de l'effet Purkinje, les lumi√®res bleues ou blanches contribuent plus significativement √† l'impression de luminescence du ciel que les lumi√®res jaunes.

Cette forme de pollution lumineuse peut être évaluée par l'échelle de Bortle de couleur du ciel.

Lumière intrusive

Dans le langage courant, l'expression ¬ę lumi√®re intrusive ¬Ľ d√©signe la lumi√®re non d√©sir√©e ou non sollicit√©e qui p√©n√®tre la nuit dans un logement, un jardin, un √©levage, une serre... √† partir de l‚Äôext√©rieur via des parois transparentes ou translucides (type v√©lux, v√©randa, briques de verre, etc.) ou via d'autres parties non vitr√©es ou non closes par des volets √©tanches √† la lumi√®re. Plus g√©n√©ralement, pour les √©clairagistes, c‚Äôest le flux lumineux qui traverserait une fen√™tre ou un mur imaginaire dessinant la limite d‚Äôune propri√©t√© ou d'un lieu de vie.

La lumi√®re intrusive est une nuisance lorsqu'elle emp√™che l'accomplissement des t√Ęches habituellement d√©volues au lieu, comme le sommeil aux chambres, ou l'observation des √©toiles dans un jardin, le sommeil pour les terrasses ext√©rieures dans certains pays chauds.
Au Royaume-Uni, depuis 2006, une loi prend en compte ce problème au motif qu'il peut perturber la santé des victimes (la définition OMS de la santé considérant à la fois la santé physique et mentale, qui peuvent toutes deux être altérées par le manque de bon sommeil).

C‚Äôest une des composantes de la pollution lumineuse d√®s que cette lumi√®re peut perturber le sommeil et la sant√© d'occupants susceptibles de dormir dans un lieu (chambre, dortoir, camping, h√īpital, EHPAD, maison de retraite, h√ītel, cellule de prison, etc.). On peut √©tendre le concept aux animaux domestiques qui subissent cet √©clairage (animaux de zoos ou d'√©levage). Occulter les fen√™tres ou ouvertures permet de se prot√©ger de cette lumi√®re, mais sans que l'horloge interne de l'organisme puisse alors s'accorder au rythme nycth√©m√©ral (rythme naturel des levers et couchers de soleil).

La notion de lumière intrusive traduit une préoccupation récente, liée à la généralisation de l’éclairage nocturne qui ne date que de quelques décennies. Elle n'est par exemple pas encore reprise par le dictionnaire du vocabulaire normalisé de l’environnement (AFNOR). La Commission internationale de l'éclairage a néanmoins émis une norme sur la lumière intrusive admissible à la limite de propriété. Cette norme est cependant méconnue et donc peu utilisée, et elle impose des calculs parfois complexes, notamment pour la détermination de l’origine des sources de lumière intrusive (éclairage commerce, enseignes lumineuses, rue, voisins, avec ou sans phénomènes de réflexion sur l’eau ou sur une paroi réfléchissante, etc.).

Sources de pollution lumineuse

Principales sources de pollution lumineuse : l'√©clairage de ville de nuit, en particulier les lampadaires omnidirectionnels (√©clairage jaune sodium √† droite de l'image), l'√©clairage d√©coratif des tr√®s grands √©difices, et le reflet de ces √©clairages sur l'eau (photographie prise √† Sydney en janvier 2007).

La pollution lumineuse a comme source physique :

  • la lumi√®re artificielle perdue ou r√©fl√©chie, √©mise par des sources fixes et permanentes telles que les luminaires des villes, des ports, des a√©roports, des parkings, routes, et autres voies de transport, des installations industrielles et commerciales, publicitaires, des locaux et bureaux √©clair√©s la nuit et dont les parois vitr√©es et fen√™tres ne sont pas occult√©es, par les phares des littoraux, etc.
  • des sources mobiles comme les phares de v√©hicules ; elles y contribuent √©galement pour une part encore difficile √† mesurer, mais qui ne devrait pas √™tre sous-estim√©e, √©tant donn√© l'importance du ph√©nom√®ne dit de Roadkill.
  • tr√®s localement, des canons √† lumi√®re et √©clairage lasers, qui peuvent aussi avoir des impacts sur certaines esp√®ces.

Par extension, l'expression ¬ę pollution lumineuse ¬Ľ a souvent √©t√© utilis√©e pour d√©signer le halo lumineux urbain qui en est un indice. Ce halo est produit par la lumi√®re ¬ę utile ¬Ľ ou plus souvent inutile ¬ę perdue ¬Ľ dispers√©e ou r√©fl√©chie par les mol√©cules de certains gaz et les particules en suspension dans l'atmosph√®re terrestre. Ainsi se forme un halo lumineux diffus qui - en augmentant la luminance g√©n√©rale du ciel ‚Äď masque la vision de la vo√Ľte c√©leste et donne une couleur orang√©e √† brun√Ętre au ciel nocturne.

Ce halo diffus visible √† des dizaines de kilom√®tres est un indice de probable pollution lumineuse √† grande √©chelle. Il est exacerb√© dans les cas suivant :

  • quand la basse atmosph√®re est humide (brume, bruine) ;
  • quand la basse atmosph√®re est pollu√©e par des particules (micro-gouttelettes d'eau provenant de chemin√©es ou d'√©vaporateurs et autres tours de refroidissement, particules √©mises avec les gaz d'√©chappement, poussi√®res, fum√©es et autres suies et particules fines..) ;
  • quand la lumi√®re est √©mise de mani√®re peu directionnelle (par exemple par un lampadaire-boule), ou volontairement dirig√©e vers le ciel ;
  • quand la lumi√®re est r√©verb√©r√©e par une surface r√©fl√©chissante (neige, glace, eau, miroir ou surfaces claires).

D'un point de vue chronologique, l'expression a, en fait, d'abord d√©sign√© la g√™ne occasionn√©e par les halos lumineux aux astronomes qui ont besoin d‚Äôun ciel pur et d‚Äôune bonne obscurit√© pour observer les astres. Ils doivent s‚Äô√©loigner de plus en plus des villes et des zones √©clair√©es pour pouvoir correctement observer le ciel. De nombreux observatoires astronomiques d‚Äôuniversit√©s situ√©s en ville ou dans leurs banlieues ont d√Ľ √™tre abandonn√©s en Europe et aux √Čtats-Unis, dont l‚Äôobservatoire royal de Greenwich.

Liens entre pollution atmosphérique et pollution lumineuse

Des liens existent entre ces deux formes de pollution ; Dans une atmosph√®re limpide, d√©pourvue d'a√©rosols, la lumi√®re se propage potentiellement sur des centaines de kilom√®tres sans √™tre diffus√©e. La pollution lumineuse paraitra alors moindre dans et autour des villes, mais elle sera active bien plus loin, dans une zone de covisibilit√© plus √©tendue. Inversement dans une atmosph√®re turbide, le halo sera plus dense dans et autour de la ville √©mettrice, mais la lumi√®re portera moins loin dans la zone de covisibilit√©. Autrement dit la turbidit√© de l'air produit une pollution lumineuse plus intense, mais plus locale, alors que dans un air pur, le halo sera moindre, mais per√ßu de plus loin[12]. la pollution lumineuse n'est donc pas caus√©e par les polluants particulaires ou gazeux ; ceux-ci ne modifient que sa localisation et sa perception.

Histoire des causes

L'√©clairage nocturne urbain est install√© √† Paris √† partir de la fin du XVIIe si√®cle. Cette peinture de Ludwik de Laveaux repr√©sente la place du Palais Garnier en 1892 o√Ļ sont visibles des √©clairages permanents √† bec de gaz.
Au XXe si√®cle, les zones industrielles et charbonni√®res (ici en Tch√©quie avec les Hauts-fourneaux des aci√©ries dans la zone mini√®re et industrielle de Vitkovice/Ostrava, travaillant √† feu continu) ont g√©n√©r√© un important besoin en √©clairage nocturne, pour des raisons de s√©curit√©, puis parfois d'image. Un des probl√®mes pos√© par ces √©clairages puissants et permanents est qu'ils attirent de nombreux animaux (oiseaux, insectes...) dans les zones les plus dangereuses et pollu√©es.

Au XVIIe si√®cle, l‚Äô√©clairage public appara√ģt avec la cr√©ation des ¬ę compagnies de lanterniers ¬Ľ pour √©clairer certaines rues de Paris, puis des capitales de provinces. En 1667, Louis XIV imposa l‚Äô√©clairage de toutes les rues de la capitale pour lutter contre les vols et les crimes.

Avec l‚Äôinvention du gaz de houille (dit gaz de ville) produit par les usines √† gaz, l‚Äô√©clairage s‚Äôest √©tendu et a d√©velopp√© ses premiers impacts √©cologiques, signal√©s par quelques chroniqueurs de l‚Äô√©poque (nuages de douzaines de papillons s'√©puisant √† tournoyer autour des becs de gaz et venant pondre par dizaines, voir par centaines sur certains f√Ľts des lanternes (au Cimeti√®re du P√®re-Lachaise par exemple).

C’est avec l’apparition et la diffusion rapide de l’ampoule électrique et du réseau électrique, que l’éclairage public s’est répandu dans le monde, produisant dès les années 1940 un début de halo lumineux déjà signalé par les astronomes comme étant une gêne pour leur travail.

Des phares maritimes de plus en plus puissants ont √©t√© construits sur les littoraux et sur certaines √ģles (par exemple, l'ile d'Ouessant en comporte cinq). D√®s le XVIIIe si√®cle on s'aper√ßoit que ces phares attirent les oiseaux, parfois par milliers. Ce ph√©nom√®ne a √©t√© peint en 1911 par Clarke dans un tableau intitul√© Le Phare, et le n√©erlandais Anthonie Stolk semble √™tre le premier √† l‚Äôavoir scientifiquement d√©crit en 1963[citation n√©cessaire]. Certains ornithologues ont proc√©d√©, dans les ann√©es 1960, au baguage des oiseaux qui tournoyaient autour des phares (en les attrapant avec des √©puisettes, par exemple pr√®s des phares d‚ÄôOuessant en France) avant qu‚Äôon ne s‚Äôaper√ßoive que l‚Äô√©clairage du f√Ľt du phare supprimait le probl√®me.

En Europe, pendant les deux Guerres mondiales, les halos lumineux ont été fortement réduits dans les zones occupées et dans les zones de combats, pour économiser l’électricité et surtout à cause des couvre-feux imposés par l’occupant ou les forces alliées.

Ainsi, pendant la Premi√®re Guerre mondiale, alors que les v√©hicules motoris√©s √©taient encore rares, les phares en position ¬ę code ¬Ľ √©taient autoris√©s la nuit, mais il fallait s‚Äôarr√™ter et couper l'√©clairage lors des alertes et en cas de passages d‚Äôavions. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les vitres devaient √™tre obtur√©es ou teint√©es de bleu, g√©n√©ralement au moyen d‚Äôune peinture appliqu√©e √† l‚Äôext√©rieur, et en zone occup√©e, m√™mes les phares des v√©los ‚Äď comme ceux des autos et camions ‚Äď devaient √™tre muni d‚Äôun cache ou d‚Äôune peinture bleue ne laissant visible qu‚Äôune fente produisant une fine raie de lumi√®re, moins visibles d'avion ou de loin.

Après les guerres, les périodes d’euphorie et de relance de la consommation se sont accompagnées d’incitations au développement de l’usage de l’électricité et de l’éclairage. De 1919 à 1939, les lampes à acétylène se sont développées dans les habitations, notamment pour éclairer le dimanche quand les moulins et certaines usines qui produisaient l'électricité s’arrêtaient. Les éclairages urbains extérieurs étaient alors alimentés par les nombreuses usines à gaz produisant du gaz à partir de charbon[13].

Dans les ann√©es 1970-1980, la lumi√®re perdue par les √©clairages commence √† √™tre qualifi√©e de ¬ę pollution lumineuse ¬Ľ ; elle inonde les villes et de plus en plus la campagne, att√©nuant la limpidit√© du ciel √©toil√©, jusqu'√† le masquer de la vision √† l'Ňďil nu. On parle alors de nuisance plut√īt que de pollution.

La notion de ¬ę pollution lumineuse ¬Ľ est n√©e (sous cette d√©nomination) √† la fin des ann√©es 1980.

  • Elle regroupait alors principalement des facteurs aujourd‚Äôhui group√©s sous l‚Äôexpression ¬ę nuisances lumineuses ¬Ľ, m√™lant les art√©facts qui g√™nent ou rendent impossible l‚Äôobservation astronomique de certaines parties du ciel √† partir des observatoires, √† des aspects complexes tels que les impacts potentiels, pressentis ou av√©r√©s de la lumi√®re intrusive sur la sant√© des enfants ou des adultes qui y sont expos√©s.
  • Dans les ann√©es 1990, les astronomes et physiciens de l‚Äôatmosph√®re ont commenc√© √† d√©velopper des instruments pour mesurer cette nouvelle forme de modification de l‚ÄôEnvironnement en g√©n√©ral et de l‚ÄôEnvironnement nocturne en particulier.
  • √Ä partir des ann√©es 1995, comme en t√©moignent les titres et contenus des colloques et symposiums qui traitent de ce probl√®me, les impacts √©cologiques prennent une importance croissante. Les chercheurs et les naturalistes commencent √† les mettre en √©vidence et √† les quantifier, alors que la r√©flexion concernant les impacts sur la sant√© se poursuit, difficilement en raison du manque de donn√©es √©pid√©miologiques propres √† cette question. Les chercheurs s‚Äôappuient aussi sur des donn√©es ou √©tudes relatives √† la vision, au syst√®me hormonal (cf. m√©latonine) et sur des √©tudes m√©dicales ou de recherche appliqu√©e (dont concernant par exemple les traitements contre le rachitisme par les U.V., les th√©rapies par exposition √† la lumi√®re resynchronisant l‚Äôhorloge interne ou soigner des patients d√©pressifs, etc.).
  • Quelques √©tudes sont en cours (sur le moyen ou long terme). Elles portent sur les liens entre s√©curit√©, criminalit√©, cambriolage et √©clairage, et mettent en √©vidence la complexit√© de la question, ou bousculent parfois quelques id√©es re√ßues (ex : en Belgique, 63,81% des cambriolages ont lieu en plein jour, et seulement 36,19% de nuit[14]). Ce chiffre est de 20 % en France selon d'autres sources[15].
  • D‚Äôautres disciplines, allant de la g√©ographie et de l‚Äôurbanisme √† l‚Äôergonomie se saisissent de la question depuis la fin des ann√©es 1990, y compris au travers de l‚Äô√©tude de la vie nocturne, urbaine notamment. La premi√®re[16] th√®se universitaire exclusivement consacr√©e √† la pollution lumineuse ne d√©marre en France qu'en 2006.

Les photos et films pris de la Station spatiale internationale, mais surtout l'imagerie a√©rienne et l'satellitaire commence √† permettre de quantifier et cartographier d‚Äôune mani√®re objective la pollution lumineuse, mais les images de haute pr√©cision ou de la face non √©clair√©e de la terre prises dans l‚Äôinfrarouge ou l‚Äôultraviolet restent propri√©t√© des militaires ou inaccessibles pour des raisons de co√Ľt.

Conséquences

La pollution lumineuse qu'il s'agisse d'un halo diffus (√† l'abord des villes) ou de points d'√©clairages puissants (phares, grands b√Ętiments), √©ventuellement dispos√©s en alignements ont diverses cons√©quences, en particulier sur la faune][qualit√© de l'air passant √† proximit√© des villes. Des cons√©quences indirectes sur la flore semblent probables, mais encore mal cern√©es.

Impacts sur la faune

Londres et la Tamise de nuit. L'éclairage de la ville de nuit est mis à profit par des braconniers pour le pêche à l'écrevisse et à l'anguille.
Lampadaire en lisi√®re d'une zone bois√©e d√©grad√© par des plombs de chasse. Les trous dans le verre, de 4 mm de diam√®tre environ, ont pi√©g√© des milliers de petits insectes attir√©s par la lumi√®re.

La plupart des animaux nocturnes ou partiellement nocturnes sont perturb√©s par l'√©clairage artificiel, au point de parfois disparaitre de leur habitat quand il est √©clair√©. La plupart des invert√©br√©s du sol (ou du bois-mort) fuient la lumi√®re. Pour les esp√®ces pr√©datrices, l'√©clairage peut affecter la disponibilit√© alimentaire, la distribution des proies, la comp√©tition inter-sp√©cifique. Pour les esp√®ces gr√©gaires, les colonies de reproduction, les g√ģtes d‚Äôhibernation, les reposoirs peuvent √™tre d√©laiss√©s ou abandonn√©s ; Pour les esp√®ces photophobes, l'√©clairage fragmente l'environnement nocturne[17].

Impacts sur les Oiseaux

Les espèces les plus visiblement touchées sont les oiseaux migrateurs dont les deux tiers migrent de nuit[18]. Leur sens de l'orientation est basé sur la vision, ainsi que sur la perception du champ magnétique terrestre[19],[20], et aussi la position des étoiles. Ce sens inné est perturbé par l'exposition à l'éclairage nocturne[21], notamment le long des littoraux et des grandes agglomérations. Les oiseaux peuvent heurter les immeubles éclairés et leurs superstructures. De plus, en période de migration, pour beaucoup d'espèces le pic d'activité migratrice est observé juste après le coucher du soleil, et jusque jusque 0h-1h du matin, suivi d'une diminution de cette activité au cours de la nuit puis d'une reprise au lever du soleil (pour les migrateurs diurnes cette fois).
L'impact de la lumi√®re en particulier en pleine mer ou sur les littoraux (phares) sur les oiseaux migrateurs est mal connu et encore peu document√©. On sait par exemple que la lumi√®re nocturne interf√®re avec leur syst√®me d'orientation[22],[23],[24],[25],[26],[27],[28], ou que le poussin du macareux, comme ceux de quelques autres oiseaux de mer (p√©trels, puffins) est attir√© par les lumi√®res proches de son nid. Or, si son premier vol, qui ne peut durer que quelques dizaines de secondes, ne l'am√®ne pas en mer o√Ļ il se nourrira, ses chances de survie sont tr√®s faibles. Les r√©cepteurs en cause dans le cerveau des oiseaux commencent √† √™tre identifi√©s[29].
La lumière blanche ou colorée (moindrement pour certaines couleurs et pour certaines espèces), certains flash lumineux perturbent les oiseaux[30]. Certaines lumières (rouge[31],[32], jaune, bleue, blanches) affectent plus certaines espèces[33],[34].


Selon l'ONG FLAP[35], le nombre d'oiseaux tu√©s chaque ann√©e aux √Čtats-Unis par an par collision avec des vitres ou √©l√©ments d'architecture sur l'ensemble de leur parcours migratoire pourrait atteindre les 100 millions. Le temps brumeux semble particuli√®rement propice √† ces ph√©nom√®nes, notamment dans les villes situ√©es sur les axes migratoires les plus importants (littoraux, vall√©es, cha√ģnes de lacs et de zones humides ou dans l'axe de certains cols de montagne).

Photographie de nuit de la ville de Toronto, o√Ļ est visible sa plus haute construction, la Tour CN (√† gauche sur l'image). L'√©clairage nocturne de cet √©difice particuli√®rement √©lev√© (553,33 m) attire les oiseaux passant par le couloir de migration aviaire o√Ļ est situ√© Toronto.

√Ä Toronto, le programme Fatal Light Awarness Program (FLAP) a d√©nombr√© pr√®s de 3 000 cadavres d'oiseaux (appartenant √† plus de 140 esp√®ces) retrouv√©s aux pieds de tours de Toronto en un an, notamment aux pieds de la Tour CN (553 m) √©clair√©e la nuit. D'autres animaux bless√©s ou emport√©s par leurs pr√©dateurs (chats, rats) ne peuvent pas √™tre inclus dans le d√©compte. Une extrapolation donne un chiffre de un √† dix millions d'oiseaux migrateurs tu√©s annuellement[36] par collision avec des immeubles √† Toronto.

Rebekah Creshkoff (de la société Audubon) a en l'an 2000 dénombré 690 oiseaux morts et 305 blessé appartenant à 68 espèces, aux pieds des tours jumelles du World Trade Center. Certains oiseaux ne meurent pas brutalement de collision, mais s’épuisent en tournant dans les zones éclairées avant de tomber au sol épuisés, ou de finalement percuter une vitre, surtout les nuits brumeuses ou de pluies fines, en période de migration.

L'étourneau sansonnet s'est récemment et très bien adaptée aux conurbations éclairées.
Son comportement a n√©anmoins √©t√© fortement modifi√© : cet oiseau diurne a tr√®s mauvaise vision nocturne est normalement calme et silencieux la nuit, m√™me en dortoirs rassemblant 300 000 individus et d√©rang√©s par un pr√©dateur (renard, chat, rapace nocturnes)... alors qu'en ville o√Ļ le halo lumineux leur permet de voir toute la nuit, ces m√™mes √©tourneaux sont beaucoup plus actifs et nerveux, se d√©pla√ßant √† n'importe quelle heure de la nuit, changeant de perchoir quand ils sont d√©rang√©s[37]. Ils fientent plus, chantent et crient et dorment moins, mais ils b√©n√©ficient de la bulle de chaleur urbaine, ce qui permet √† un nombre croissant d'√©tourneaux de devenir s√©dentaires en hiver, au lieu de migrer plus au sud (ou au nord dans l'h√©misph√®re sud), au d√©triment d'autres esp√®ces dont la niche √©cologique est maintenant occup√©e par l'√©tourneau qui devient invasif dans de nombreux pays.

Impacts sur les Mammifères

Les chiropt√®res sont souvent cit√©s comme exemple de mammif√®res d√©pendant de la qualit√© de l'environnement nocturne. Dans les b√Ętiments illumin√©s (quand ils restent occup√©s), les juv√©niles grandissent moins (moindre poids, et moindre taille de l'avant-bras)[38]. Il y a retard de parturition et/ou le taux de croissance est inf√©rieur dans les b√Ętiments illumin√©s[38].
Une seule esp√®ce semble s'√™tre localement adapt√©e √† l'√©clairage ; la pipistrelle, qui a localement appris √† chasser autour des lampadaires, mais au risque de faire r√©gresser ses proies (surpr√©dation alli√© au ph√©nom√®ne dit de "puits √©cologique"). Au contraire, d'autres esp√®ces (ex : grand rhinolophe dont les effectifs chutent depuis trente ans), ne chassent que dans une obscurit√© totale, de plus en plus rare, alors m√™me qu'une partie de ses proies (papillons nocturnes notamment) sont attir√©s par les lumi√®res.

Mais bien d'autres esp√®ces vivent la nuit ou surtout la nuit et pr√©f√®rent l'ombre √† la lumi√®re, certains fuyant la lumi√®re (parfois d'ailleurs utilis√©e dissuader des pr√©dateurs[39]. Micros-mammif√®res (ex : la souris des sables (Alabama Beach Mouse) qui vit sur les littoraux de plus en plus √©clair√©s) et lagomorphes s'alimentent le moins dans les zones les plus √©clair√©es[39],[40]. La luminosit√© d'une simple lampe √† p√©trole suffit √† significativement diminuer le comportement de recherche alimentaire de micromammif√®res[41]. Inversement, des comportements de surpr√©dation peuvent √™tre induits par l'√©clairage qui attire le plancton ou de nombreuses esp√®ces de poissons (Ex : Des Phoques veaux-marins (Phoca vitulina) se regroupent chaque printemps sous deux grands ponts, parall√®les, qui enjambent la Puntledge River Courtenay en Colombie-Britannique). Ils se positionnent dans le sens du courant, ventre en l'air, forment une barri√®re vivante et interceptent et mangent l√† des milliers de salmonid√©s juv√©niles (smolts) d√©valant de nuit vers la mer. Ils le font avec un taux de pr√©dation anormalement √©lev√©, assez pour affecter la dynamique des populations de plusieurs esp√®ces de salmonid√©s[42] (La Puntledge River √©tait historiquement l'une des zones les plus riches en saumon Chinook de Colombie britannique, mais en 1995, seuls 208 chinook ont √©t√© compt√©s en d√©valaison[43]). On a tent√© de perturber le comportement des phoques en posant l√† - en travers de la rivi√®re - une barri√®re m√©canique maintenue par des flotteurs de li√®ges. on a aussi test√© un dispositif d'effarouchement acoustique (¬ę pinger (halieutique) ¬Ľ). Le fait d'√©teindre les lumi√®res du pont a √©t√© plus efficace que de poser une barri√®re m√©canique pour limiter cette surpr√©dation, mais moins que le dispositif acoustique[42].

Impacts sur la vie aquatiques et semi-aquatique

De nombreux autres organismes aquatiques migrateurs ont des comportements (migration remont√©e/descente dans la colonne d'eau, repos, comportement de chasse, etc...) qui sont contr√īl√©s par la luminosit√© et/ou la dur√©e du jour. Des esp√®ces dites ¬ę diurnes ¬Ľ, comme chez des esp√®ces dites ¬ę nocturnes ¬Ľ sont pour la plupart sensibles aux rythmes saisonniers, et √† la dur√©e de la nuit, mais aussi aux cycles lunaires et √† la luminosit√© de la lune. Celle-ci peut par exemple inhiber ou au contraire exciter l'activit√© de certains animaux, y compris aquatiques. Par exemple, le rythme nycth√©m√©ral r√®gle une partie des migrations quotidiennes (d√©placement horizontaux et/ou verticaux) et l'activit√© de nombreuses esp√®ces planctoniques dont les daphnies et autres invert√©br√©s aquatiques et organismes zooplanctoniques et m√™me des poissons[44], or ces micro-mouvements jouent un r√īle tr√®s important pour le m√©lange des couches thermiques et salines des eaux[45],[46]. Les salmoniculteurs savent maitriser la p√©riode de smoltification des saumons, uniquement par contr√īle de la photop√©riode, en les exposant √† une lumi√®re artificielle (Ceci leur permet d'obtenir des smolts en automne au lieu du printemps, et de pouvoir les transf√©rer en √©levages marins plus t√īt[47].).

Les amphibiens migrent essentiellement de nuit et à la saison des amours, la reinette ou la grenouille américaine Rana clamitans melanota chantent moins quand elles sont éclairées[48]. Des grenouilles, des serpents ou des salamandres[49][50],[51], dont par exemple la salamandre terrestre Plethodon cinereus[52] testées se sont aussi montrées perturbées dans leur développement[53] et leurs activités[54], lorsqu'exposées à un éclairage artificiel de nuit. On a montré en 2008 que les larves des anoures se montrent également affectées [55] par l'éclairage artificiel, bien que des têtards de Rana clamitans mangent une quantité de nourriture identique en milieu éclairé ou dans l'obscurité (en laboratoire)[56].

Avec certains polluants perturbateurs endocriniens, la l'éclairage artificiel peut aussi agir comme modulateur endocrinien chez des escargots aquatiques[57] en altérant leurs capacités de croissance et de reproduction[58] ainsi que leur rythme d'activité[59].

Impacts sur les insectes

Un nombre important d‚Äôinsectes, attir√©s par la lumi√®re, sont directement tu√©s par les ampoules non prot√©g√©es, sont mang√©s par des pr√©dateurs (chauve-souris le plus souvent) qui les trouvent ainsi plus facilement, ou sont victimes de mortalit√© animale due aux v√©hicules (roadkill), qui engendre un d√©s√©quilibre de la cha√ģne alimentaire animale.

Impacts sur la qualité de l'air

La pollution lumineuse pourrait aussi localement limiter les capacité de l'air à se purifier pendant la nuit. Dans le ciel non pollué par des phénomènes lumineux artificiels, les radicaux nitrates agissent comme agent nettoyant (tout comme les radicaux hydroxyles le jour). Mais ceux-ci sont sensibles à la luminosité ce qui les empêchent de faire ce pour quoi ils sont conçus (l'énergie produite par les phénomènes lumineux artificiels les détruits). Si l'éclairage des villes était rouge les radicaux nitrates ne seraient pas détruis.

Impacts sur la flore

Des effets n√©fastes indirects (et peut-√™tre directs) sont d√©crits (ou soup√ßonn√©s) sur les algues et plantes qui peuvent moins se ¬ę reposer ¬Ľ la nuit, et effectuent une photosynth√®se d√©grad√©e, malgr√© un allongement de la dur√©e du feuillage. Les papillons de nuit, bien plus nombreux que les papillons de jour rendent de discrets mais importants services √©cosyst√©miques en pollinisant une partie importante de la flore. S'ils r√©gressent √† cause de l'√©clairage ext√©rieur, on peut supposer que la flore en est modifi√©e.
Les impacts sur le débourrage des bourgeons sont discrets, mais l’éclairage artificiel retarde fortement la chute des feuilles (de plusieurs mois parfois). Les plantes terrestres et au moins certaines espèces d'algues produisent aussi de la mélatonine[60],[61], mais ses fonctions ne sont pas encore complètement cernées.
L'éclairage artificiel pourrait causer une diminution de certaines récoltes (es adventices (mauvaises herbes) sont par exemple plus nombreuses lorsque les graines sont éclairées dans les 4 heures qui suivent leur mise à jour lors d'un labour).

√Čtude de cas : le pont de √ėresundsbron

Le pont de √ėresundsbron de jour. Ce pont a fait l'objet d'une √©tude sur l'effet de son √©clairage nocturne.

Le pont de √ėresundsbron reliant la Su√®de au Danemark √©tait au jour de son inauguration, le plus long pont d'Europe. L'impact de l'ouverture de ce pont sur l'avifaune a √©t√© √©valu√©.

L'√©clairage du pont, comportant un alignement de lampadaires, a √©t√© mis en service pour la premi√®re fois la nuit du 8 octobre 2000. Apr√®s la mise en service de l'√©clairage, les automobilistes ont constat√© que de nombreux oiseaux gisaient par terre ou se jetaient sur leurs voitures. Selon une association ornithologique su√©doise[r√©f. n√©cessaire], l'ornithologue appel√© pour constater les premiers d√©g√Ęts apr√®s la nuit du 8 octobre 2000 a pu ramasser et identifier 344 oiseaux migrateurs parmi les cadavres, la plupart (288) √©tant des grives en migration. Un nombre √©quivalent d'oiseaux, dont les cadavres ont √©t√© √©cras√©s par des v√©hicules, n'√©taient pas identifiables. On peut estimer qu‚Äôau moins autant √©taient tomb√©s dans la mer. Ce sont donc environ un millier d'oiseaux qui ont p√©ri en une seule nuit, attir√©s par les halos lumineux dans le brouillard. C‚Äôest autour des endroits les plus √©clair√©s, sur la partie la plus haute du pont, que le maximum de cadavres ont √©t√© trouv√©s. Ce risque avait √©t√© sous estim√© par l'√©tude d'impact[62].

L'inventaire des oiseaux ramass√©s morts et identifi√©s apr√®s la premi√®re nuit est le suivant :

Nom suédois Nom français Nom latin Nombre d'oiseaux morts
et identifiables
Taltrast Grive musicienne Turdus philomelos 288
Rödhake Rouge-gorge familier Erithacus rubecula 46
Sånglärka Alouette des champs Alauda arvensis 5
Bofink Pinson des arbres Fringilla coelebs 2
√Ąngspipl√§rka Pipit farlouse Anthus pratensis 1
Gärdsmyg Troglodyte mignon Troglodytes troglodytes 1
Sävsparv Bruant des roseaux Emberiza schoeniclus 1
Total des oiseaux (retrouvés) morts 344

Ces oiseaux, comme la plupart de leurs congénères migrent essentiellement de nuit. On estime qu'ils ont été attirés par le halo (amplifié par la brume et le reflet sur l'eau) ou par les lumières fortes, et qu'ils se sont soit assommés ou blessés sur les structures et superstructures puis sont tombés sur le pont ou en mer, soit assommés ou tués par collision avec des véhicules puis ont été écrasés sur la voie. Un certain nombre ont probablement poursuivi leur migration en étant blessés.

L'ornithologue su√©dois note que le ph√©nom√®ne se reproduira sauf changement dans l‚Äô√©clairage et sugg√®re qu'on diminue la lumi√®re les nuits o√Ļ existent des risques de pluie et/ou brouillard co√Įncidant avec les dates des grandes migrations.

Ce type de phénomène n'est pas isolé, il semble que des cadavres d'oiseaux aient également été retrouvés lors de l’ouverture de l’éclairage de l’autoroute A 16 entre la Belgique et Calais. Il n’y a cependant pas eu de comptage.

Sécurité et confort

La justification initiale de l'éclairage était la sécurité des passants, qui sans cela devaient s'en remettre à des porte-falots. Un éclairage trop puissant, ainsi que l'éclairage diffus du ciel, peuvent cependant avoir des conséquences adverses.

√Čclairage ponctuel

L'éclairage ponctuel est utilisé pour augmenter le sentiment de sécurité des passants. Ce sentiment de sécurité a cependant tendance à inciter les automobilistes à augmenter leur allure, ce qui peut avoir des effets adverses sur la sécurité. En outre, l'utilisation d'un éclairage ponctuel très intense peut éblouir et gêner la conduite automobile. Les éclairages mobiles (projecteurs pointés vers le ciel, etc.) ont d'autre part tendance à distraire les conducteurs et les aviateurs.

√Čclairage diffus

Quand la lumière s'immisce dans les habitations par les fenêtres non obturées par des volets, le halo lumineux urbain peut déranger les habitants, nuire au sommeil mais aussi perturber nos rythmes hormonaux et biologiques (liés à l'alternance veille/sommeil, jour/nuit)La fermeture des volets nous coupe également du rythme jour-nuit.

L'√©clairage diffus nocturne nuit √† la pratique de l'astronomie par les amateurs dans et autour des villes o√Ļ le ciel apparait opacifi√©, color√©, avec des √©toiles de moins en moins visibles √† l'Ňďil nu. L'√©clairage complique le travail des astronomes, dont pour l'imagerie √©lectronique du ciel.

L'√©clairage diffus du ciel n'a aucune utilit√© pour l'homme, mais √† un co√Ľt, √©valu√© √† 1,5 milliard de dollars/an pour les seuls √Čtats-Unis selon l'association International Dark-Sky.

Lutte contre la pollution lumineuse

Prévention

La pr√©vention de la pollution lumineuse consiste √† adapter la politique d'√©clairage aux n√©cessit√©s r√©elles. De telles politiques, mises en place dans des municipalit√©s, peuvent contribuer √† une √©conomie d'√©nergie √©lectrique et ainsi √† la rentabilisation des moyens mis en place pour la lutte contre la pollution lumineuse. Ainsi, la ville de Lille a ainsi fait 35 % d'√©conomies en un an, tout en √©clairant mieux, gr√Ęce √† des lampes et luminaires plus ¬ę √©co-performants ¬Ľ.

La r√©duction de la pollution lumineuse passe par diff√©rentes solutions d√©pendant de la source principale de pollution dans l'environnement consid√©r√©. Elle peut ainsi passer par :

Réduction de la lumière émise en direction du ciel

La r√©duction de la lumi√®re √©mise en direction du ciel peut √™tre r√©alis√©e par la r√©novation du mat√©riel d'illumination urbain, notamment, l'utilisation d'abat-jours diffusant la lumi√®re vers le bas. De nombreux √©clairages de fa√ßades et de panneaux comportent des √©clairage superflus dirig√©s vers le ciel, qu'il est possible de repenser ou de supprimer. Les optiques des luminaires peuvent √™tre choisis pour r√©duire la diffusion de la lumi√®re dans toutes les directions, notamment en pr√©f√©rant les verres plats plut√īt que courbes. L'angle d'incidence de la lumi√®re au sol doit √™tre si possible proche de la perpendiculaire, de 10¬į ou moins.

Sp√©cifiquement, les nuisances caus√©es aux astronomes peuvent √™tre r√©duites en s√©lectionnant pour l'√©clairage urbain des lampes √† vapeur de sodium √† basse pression, qui ont un spectre monochromatique, et dont les rayonnements peuvent donc √™tre facilement filtr√©s. Des √©clairages directifs, comme ceux √† diode √©lectroluminescente, r√©duisent les √©missions de lumi√®re dans toutes directions o√Ļ elles ne sont pas requises.

En France, la loi du 2 f√©vrier 1995 (J.O. du 3 f√©vrier 1995) a soumis √† autorisation l'utilisation des faisceaux d'√©clairage √† laser dirig√©s vers le ciel[63]. Une circulaire minist√©rielle du 26 mai 1997 pr√©cisait que ce texte entendait d'appliquer aux seuls √©clairages lasers, ¬ę compte tenu de la sp√©cificit√© technique et des effets physiologiques de ce proc√©d√© ¬Ľ, et non pas √† l'ensemble des √©clairages de m√™me puissance ou port√©e[64].

Réduction de la sur-illumination

La sur-illumination peut être réduite en posant des minuteries et des systèmes de détection de personnes, animaux et véhicules. L'illumination des édifices publics, des panneaux publicitaires peut être réduite en pleine nuit ou en dehors de la période touristique. L'éclairage peut être modulé en fonction des conditions météorologiques. Ainsi, un rond-point pourrait être éclairé à plus forte puissance en cas de mauvaise visibilité, mais avec une seule lampe basse par nuit claire.

Réduction des effets sur la faune

Les diff√©rents types de lumi√®res n'ont pas le m√™me effet sur la faune. Il est possible de choisir des couleurs d'√©clairage ayant un moindre effet sur les oiseaux. Lorsque la lumi√®re des bureaux ne peut √™tre √©teinte la nuit, des stores, ou des films sp√©ciaux peuvent aider l'oiseau √† comprendre qu'il y a un obstacle. Des films ¬ę anti-collision ¬Ľ[65] peuvent aussi √™tre efficaces le jour en limitant l'effet miroir ou l'invisibilit√© de la vitre. Il semble que l'√©clairage stroboscopique soit plus efficace pour la s√©curit√© (dans le brouillard notamment) et qu'il perturbe moins les oiseaux, mais il peut √™tre per√ßu comme plus fatiguant.

Réduction des éclairages

Rond-point équipé d'une signalisation au sol rétro-réfléchissante. Il s'agit d'un exemple de dispositif pouvant remplacer l'éclairage électrique de nuit. Il peut être complété par un éclairage asservi à un détecteur de présence, pour les piétons.

Dans un certain nombre de cas, il est possible de réduire les éclairages publics sans remettre en cause la sécurité des passants et des usagers des transports.

Ainsi, des dispositifs r√©tror√©fl√©chissants (catadioptres), c'est-√†-dire renvoyant vers l'√©metteur (mobile ou non) la lumi√®re re√ßue favorisent la visibilit√© sans rendre n√©cessaire l'utilisation de lumi√®res suppl√©mentaires. Ces syst√®mes sont adapt√©s aux besoins de signalisation d'objets (bordures de trottoirs, piquets, poteaux, pieds de panneaux, rambarde de s√©curit√©, pieds de ronds points, d'axes ou passages ou situations dangereuses, etc.), ils ne sont pas √©blouissants, discrets de jour, peu on√©reux et permettent de renvoyer la lumi√®re dans diverses couleurs. Dans les pays o√Ļ la neige est abondante, ils peuvent √™tre fix√©s en hauteur sur des piquets.

Des éclairages modulables en fonction des risques peuvent être utilisés, par exemple des points lumineux (par exemple conçus à l'aide de fibres optiques) de faible intensité guidant les voitures au lieu d’éclairer directement le sol.

Les bandes de métal, tissus ou plastique rétro-réfléchissant fixées sur les vêtements, chaussures et cartables améliorent aussi grandement la sécurité des enfants, des personnels affecté aux travaux publics ou à la surveillance des routes, voies ferrées, aéroports, canaux ou autres installations à risque. Au-delà des sujets à risque, ces dispositifs peuvent contribuer à protéger tous les objets et toutes les personnes exposés à des véhicules circulant de nuit et munis de phares. Des couleurs fluorescentes sont parfois utilisées (surtout utiles le jour).

La prise en compte des pr√©occupations environnementales fait l'objet de travaux de recherches. Un groupe d'ornithologues travaille sur ce th√®me √† Toronto. Aux √Čtats-Unis, un projet d'illumination de pont √† Los Angeles a ainsi √©t√© compl√®tement revu apr√®s √©valuation environnementale.

Application de la réduction des éclairages

On utilise le terme réserve de ciel étoilé, lorsque l'ensemble de ces mesures est appliqué de façon systématique sur un territoire.

Le parc naturel Natural Bridges National Monument aux √Čtats-Unis a √©t√© d√©sign√©, au milieu de l'ann√©e 2007, ¬ę premier parc du ciel noir au monde ¬Ľ, par l'association International Dark Sky, sur la base de sa visibilit√© de la voie lact√©e. En septembre 2007, la m√™me association a d√©clar√© le Parc national du Mont-M√©gantic, situ√© au Qu√©bec, comme √©tant la premi√®re r√©serve internationale de ciel √©toil√© en milieu habit√©.

Les mesures concrètes de restauration de l'environnement nocturne sont rares et ponctuelles, mais des colloques sur ce thème se font périodiquement depuis les années 1990. Sur la base d'études scientifiques, des modules de formations apparaissent dans quelques pays (écoles d'ingénieurs ou de techniciens, formation continue, etc.). Des lois et règlements sont mis en application dans quelques pays, comme cela a été le cas sur les iles Baléares.

L'efficacit√© des mesures prises peut √™tre √©valu√©e par la suite, notamment par des comptages d'oiseaux. Ainsi √† Chicago, les comptages faits de 2000 √† 2001 a montr√© que l‚Äôextinction des lumi√®res des immeubles la nuit r√©duisait la mortalit√© des oiseaux de 83 %.

Réglementation

La législation concernant l'éclairage varie fortement selon les pays et elle est parfois récente. Elle comprend toujours une composante sécurité pour l'éclairage embarqué des véhicules, l'éclairage ou la signalisation de sites dangereux (aéroports et objets élevés en particulier) ou l'éclairage routier, portuaire, etc. Une réglementation particulière est apparue concernant certaines lampes émettant des rayonnements potentiellement dangereux (rayons X, UV, infra-rouge)..

En Belgique, une proposition de d√©cret ¬ę visant √† lutter contre les pollutions lumineuses et √† favoriser les √©conomies d‚Äô√©nergie ¬Ľ [66] et divers travaux et exp√©riences (dont sur autoroutes) existent.

En France, avant 2009, une grande partie de l'√©clairage public n'√©tait pas pr√©cis√©ment cadr√© par la loi, mais par des ¬ę recommandations ¬Ľ techniques √©dict√©es par l'association fran√ßaise des √©clairagistes.
En 2009, suite au Grenelle de l'Environnement, le projet de loi Grenelle II[67] a confirm√© les principes √©nonc√©s par la loi cadre Grenelle I) via plusieurs projets d'articles qui sont (sous r√©serve de modification avant fin 2009) :

  • Article L. 583-1 [67]: Il cadrera les objectifs et le champ d‚Äôapplication de la loi Grenelle II, et pr√©cise que les installations, √©quipements, ouvrages concern√©s seront ensuite d√©finis par d√©cret en Conseil d'√Čtat selon de leurs caract√©ristiques (dont leurs √©missions lumineuses),
  • Article L. 583-2 [67]: il pr√©cisera que le ministre charg√© de l‚Äôenvironnement √©tablira ¬ę des sp√©cifications techniques applicables de plein droit imm√©diatement aux installations, activit√©s, ouvrages ou √©quipements nouveaux et apr√®s un d√©lai pour les existants, et pour en d√©finir les modalit√©s de contr√īle ¬Ľ ; Le ministre ¬ę pourra imposer des interdictions (temporaires ou permanentes) pour certains types d‚Äô√©clairage ou d‚Äô√©missions lumineuses sur tout ou partie du territoire ¬Ľ ; Des arr√™t√©s minist√©riels pourront attribuer au pr√©fet, ¬ę dans des conditions d√©finies par les arr√™t√©s minist√©riels, le pouvoir d‚Äôadapter les sp√©cifications techniques ou les interdictions pr√©vues aux circonstances locales ¬Ľ.
  • Article L. 583-3 [67]: il autorisera le maire √† contr√īler certains aspects de l'√©clairage (sauf pour les installations activit√©s ouvrages ou √©quipements communaux, et pour les installations ou ouvrages d√©j√† r√©gis par une police sp√©ciale d‚Äô√Čtat, dont le contr√īle est attribu√© √† l‚Äô√Čtat).
  • Article L. 583-4 [67]: il pr√©cise que seront exclus de ce chapitre de la loi certains √©clairages (d'installations class√©es, d'installations nucl√©aires de base, publicit√©s, enseignes et pr√©-enseignes).
  • Article L. 583-5 [67]: il pr√©cise les sanctions administratives pr√©vues pour le non-respect des prescriptions g√©n√©rales ou particuli√®res ;
    • mise en demeure de respecter les prescriptions, puis le cas √©ch√©ant
    • suspension de fonctionnement de l‚Äôinstallation.

L'√©t√© 2010, le minist√®re charg√© de l'environnement a mis en consultation publique jusqu'au 30 septembre 2010 le projet de d√©cret relatif √† la pr√©vention et √† la limitation des nuisances lumineuses (4 pages [PDF]) . le minist√®re a donn√© suite √† loi Grenelle I dont le 1er paragraphe de l‚Äôarticle 41  dispose que : ¬ę les √©missions de lumi√®re artificielle de nature √† pr√©senter des dangers ou √† causer un trouble excessif aux personnes, √† la faune, √† la flore ou aux √©cosyst√®mes, entra√ģnant un gaspillage √©nerg√©tique ou emp√™chant l'observation du ciel nocturne feront l'objet de mesures de pr√©vention, de suppression ou de limitation ¬Ľ, avec une Note explicative[68] et une note intitul√©e Nuisances lumineuses dat√©e du 19 janvier 2010 (Service : Pr√©vention des risques), qui a suivi un communiqu√© sur la ¬ę reconnaissance de la pollution lumineuse ¬Ľ [69], ainsi qu'un dossier pr√©cisant le sujet[70].

Un décret du 12 juillet 2011, détermine le champ d'application de la réglementation destinée à prévenir et limiter les nuisances lumineuses[71].

Dimension culturelle, éthique et philosophique

Dans de nombreuses civilisations, les √©toiles et les constellations ont jou√© un r√īle dans l'√©tablissement des calendriers, dans la navigation maritime avant l‚Äôinvention des sextants. Les astres guident encore les hommes sur terre, au travers des d√©serts et sur mer. La vision du ciel √©toil√© est pr√©sente dans de nombreuses mythologie et de nombreuses religions. Elle a √©t√© la cause chez d'anciennes civilisations d'alignements de menhirs, de configurations de sites pr√©historiques et historiques align√©es sur les astres des solstices. La po√©sie a √©galement puis√© une source d'inspiration dans le ciel √©toil√©. L'observation de ce ciel √©toil√© est cependant de nos jours tr√®s difficile pour 75 % de la population de la plan√®te vivant dans des zones suffisamment urbanis√©es pour √™tre concern√©es par la pollution lumineuse. La pollution lumineuse contribue √† d√©shabituer l'Homme du noir et par cons√©quent √† entretenir sa d√©pendance √† la lumi√®re artificielle. Ces aspects socio-psychologiques sont complexes et demandent pour y r√©pondre une approche pluridisciplinaire.

L'alternance du jour et de la nuit est d'autre part une donn√©e sur laquelle se sont appuy√©es la plupart des esp√®ces terrestres dans leur √©volution. Chez l'√™tre humain, plusieurs processus hormonaux en d√©pendent et sont localis√©s dans les parties les plus primitives du cerveau. Les adaptations physiologiques ne sont pas possibles chez la plupart des esp√®ces, dont peut-√™tre l'esp√®ce humaine, o√Ļ l'alternance du jour et de la nuit a probablement profond√©ment model√© le psychisme. Depuis les ann√©es 1970, divers acteurs s'interrogent ainsi sur les cons√©quences socio-psychologiques de la perte du contact de l‚Äôhomme avec l'environnement nocturne et l'observation du ciel profond et de la voie lact√©e. L‚ÄôONU a accord√© au ciel √©toil√© une valeur particuli√®re, comme patrimoine commun de l‚Äôhumanit√©.

Par ailleurs, les solutions techniques envisagées et localement testées pour limiter la pollution lumineuse convergent avec des enjeux de développement durable, en particulier d'économies d'électricité et d'émissions de gaz à effet de serre, ou de diminution de l'empreinte écologique.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ (en) H.F. Kumlien, Observations on bird migration in Milwaukee, 1888 
  2. ‚ÜĎ (en) J.A. Munro, ¬ę A premiminary report in the destruction of birds at lighthouse on the coast of British Columbia ¬Ľ, dans Canadian Field-Naturalist, no 38, 1924, p. 171-175 
  3. ‚ÜĎ (en) H.F. Lewis, Destruction of birds by lighthouse in the provinces of Ontario and Quebec, 1927, chap. 41, p. 55-58 
  4. ‚ÜĎ a et b G√°bor Horv√°th, Gy√∂rgy Kriska, P√©ter Malik et Bruce Robertson, Polarized light pollution: a new kind of ecological photopollution. Frontiers in Ecology and the Environment, novembre 2009, p. 317-325 
  5. ‚ÜĎ Boldogh et al. ¬ę The effects of the illumination of buildings on house-dwelling bats and its conservation consequences ¬Ľ in Acta Chiropterologica, Volume 9, Number 2, December 2007, pp. 527-534(8) Ed : Museum and Institute of Zoology, Acad√©mie polonaise des sciences Voir)
  6. ‚ÜĎ (de) R. Kobler, Die Lichtverschmutzung in der Schweiz. M√∂gliche Auswirkungen und praktische L√∂sungsans√§tze, Diplomarbeit, Institut f√ľr Umwelttechnik, Fachhochschule Basel, 2002 
  7. ‚ÜĎ [PDF]Pr√©sentation du projet de r√©serve internationale de ciel √©toil√© du Pic du midi,2009/04/02
  8. ‚ÜĎ Atlas mondial de la clart√© artificielle du ciel nocturne ; publi√© le 1er ao√Ľt 2001 par une √©quipe de chercheurs italiens et am√©ricains, dirig√©e par le professeur Pierantonio Cinzano.[PDF] Une traduction fran√ßaise en existe, faite par l‚ÄôANPCEN.
  9. ‚ÜĎ carte AVEX de Fr√©d√©ric Tapissier (France)
  10. ‚ÜĎ Michel Bonavitacola ; Parcs naturels et pollution lumineuse Bilan Licorness 2006, ANPCN, PDF, version compress√©e, 20 pages
  11. ‚ÜĎ vCINZANO P, FALCHI F., ELVIDGE C.D. (2001).- The world atlas of the artificial night sky brightness. Mon. Not. R. Astron; Soc. 328 : 689-707.
  12. ‚ÜĎ [PDF] Nicolas Bessolaz ; Vers un contr√īle efficace de la pollution lumineuse : l‚Äôoptimisation de l‚Äô√©clairage public √† partir d‚Äôune mod√©lisation pr√©cise de la pollution lumineuse, Licorness, 19 pages (voir notamment p8/19
  13. ‚ÜĎ source : livre la France √©lectrique
  14. ‚ÜĎ Active Security Company , [Statistiques sur les cambriolages en Belgique] (sur la base d'une analyse de base de 850 dossiers)
  15. ‚ÜĎ Minist√®re de l'Int√©rieur / Observatoire de la S√©curit√©., TF1 Enqu√™tes et r√©v√©lations, news-assurances.fr / Observatoire national de la d√©linquance (OND) Voir synth√®se par le Planetoscope
  16. ‚ÜĎ Th√®se de Samuel Chall√©at, intitul√©e "Sauver la Nuit", cit√©e en bibliographie de cet article
  17. ‚ÜĎ J.-Ph. Siblet, 2008 : Impact de la pollution lumineuse sur la biodiversit√©. Synth√®se bibliographique. Rapport MNHN-SPN / MEEDDAT n¬į8 : 28 pages.
  18. ‚ÜĎ Schweizerische Vogelwarte, Instructions pour l'observation de la migration nocturne par nuits de pleine lune, PDF, 3 pages consult√© 2011/02/18
  19. ‚ÜĎ Wiltschko, W., and R. Wiltschko. 1972. Magnetic compass of European robins. Science 176: 62-64.
  20. ‚ÜĎ Lednor, A. J. 1982. Magnetic navigation in pigeons: Possibilities and Programs. In: Avian Navigation. (eds. F. Papi and H. G. Wall
  21. ‚ÜĎ Wiltschko, R., T. Ritz, K. Stapput, P. Thalau, and W. Wiltschko. 2005. Two different types of light-dependent responses to magnetic fields in birds. Current Biology 15: 1518-1523.
  22. ‚ÜĎ M√∂ller, A., M. Gesson, C. Noll, J. B. Phillips, R. Wiltschko, and W. Wiltschko. 2001 ; Light-dependent magnetoreception in migratory birds: previous exposure to red light alters response of red light. In: Orientation and Navigation: Birds, Humans and other Animals, pp. 61-66. Oxford: Royal Institute of Navigation.
  23. ‚ÜĎ Wiltschko, W., R. Wiltschko, and U. Munro. 2000. Light-dependent magnetoreception in birds : the effect of intensity of 565-nm green light. Naturwissenschaften 87: 366- 369.
  24. ‚ÜĎ M√∂ller, A., S. Sagasser, W. Wiltschko and B. Schierwater. 2004. Retinal cryptochrome in a migratory passerine bird: a possible transducer for the avian magnetic compass. Naturwissenschaften 91: 585-588.
  25. ‚ÜĎ Mouritsen, H., U. Janssen-Bienhold, M. Liedvogel, G. Feenders, J. Stalleicken, P. Dirks, and R. Weiler. 2004. Cryptochromes and neuronal-activity markers colocalize in the retina of migratory birds during magnetic orientation. Proceedings of the National Academy of Sciences U.S.A. 101: 14294- 14299.
  26. ‚ÜĎ Palacios, A.G., and T. H. Goldsmith. 1993. Photocurrents in retinal rods of pigeons (Columba livia): kinetics and spectral sensitivity. Journal of Physiology (London) 471: 817-829.
  27. ‚ÜĎ Ritz, T., S. Adem, and K. Schulten. 2000. A model for photoreceptor-based magnetoreception in birds. Biophysical Journal 78: 707-718
  28. ‚ÜĎ Wiltschko, W., U. Munro, H. Ford, and R. Wiltschko. 2003. Magnetic orientation in birds: non-compass responses under monochromatic light of increased intensity. Proceedings of the Royal Society of London 270: 2133-2140.
  29. ‚ÜĎ Wiltschko, W., M. Gesson, K. Stapput, and R. Wiltschko. 2004a. Light-dependent magnetoreception in birds: interaction of at least two different receptors. Naturwissenschaften 91: 130-134.
  30. ‚ÜĎ Evans, W. R., Y. Akashi, N. S. Altman, and A. M. Manville II. 2007. Response of night-migrating songbirds in cloud to colored and flashing light. North American Birds 60:476-488. T√©l√©charger l'√©tude ([PDF], 13 pages, en anglais)
  31. ‚ÜĎ Wiltschko, W., U. Munro, H. Ford, and R. Wiltschko. 1993. Red light disrupts magnetic orientation of migratory birds. Nature 364: 525-527.
  32. ‚ÜĎ Wiltschko, W., A. M√∂ller, M. Gesson, C. Noll, and R. Wiltschko. 2004b. Light-dependent magnetoreception in birds: analysis of the behaviour under red light after pre-exposure to red light. Journal of Experimental Biology 207: 1193-1202.
  33. ‚ÜĎ Wiltschko, W., and R. Wiltschko. ; The effect of yellow and blue light on magnetic compass orientation in European robins, Erithacus rubecula. Journal of Comparative Physiology A 184: 295- 299, 1999
  34. ‚ÜĎ Wiltschko, W., and R. Wiltschko ; 2001. Light-dependent magnetoreception in birds: the behaviour of European robins, Erithacus rubecula, under monochromatic light of various wavelengths and intensities. Journal of Experimental Biology 204: 3295-3302.
  35. ‚ÜĎ (en)www.flap.org
  36. ‚ÜĎ Programme Fatal Light Awareness Program (Window Collisions)
  37. ‚ÜĎ Marc Th√©ry, du CNRS et Mus√©um national d'histoire naturelle, article ¬ę "L'√©clairage artificiel trouble les rythmes biologiques" ¬Ľ (Espace des sciences)
  38. ‚ÜĎ a et b Boldogh, S, Dobrosi D. & Samu P. (2007).- The effects of the illuminatings on house-dwelling bats and its conservation consequences. Acta Chiropterologica 9 : 527-534.
  39. ‚ÜĎ a et b BEIER P. (2006).- Effects of artificial night lighting on terrestrial mammals. Pp. 19-42 in Ecological consequences of artificial night lighting (C. RICH & T. LONGCORE, eds.). Island Press : Washington D.C., 458 pp
  40. ‚ÜĎ BIRD B.L., BRANCH L.C. & MILLER D.L. (2004).- Effects of coastal lighting on foraging behaviour of Beach mice. Conservation Biology 18 (5) : 1435-1439.
  41. ‚ÜĎ KOTTLER B.P. (1984).- Risk of predation and the structure of desert community. Ecology 65 : 689- 701.
  42. ‚ÜĎ a et b [PDF] YURK H. & TRITES A.W. (2000) ; Experimental attemps to reduce predation by Harbour seals on out-migrating juvenile salmonids. Trans. Am. Fish. Soc. 129 : 1360-1366.
  43. ‚ÜĎ Trites, A. W., C. W. Beggs, and B. Riddell. 1996. Status review of the Puntledge River summer chinook. Department of Fisheries and Oceans, Pacific Region, PSARC Document S96‚Äď16, Namaino.
  44. ‚ÜĎ Source Jean-marc Elouard et Chritian L√©v√™que, Rythme nycth√©m√©ral de d√©rive des insectes et des poissons dans les rivi√®res de c√īte d'Ivoire, Laboratoire d‚Äôhydrobiologie, ORSTOM, Bouak√© (C√īte d'Ivoire)
  45. ‚ÜĎ √©tudes conduite par Katija et Dabiri au California Institute of Technology de Pasadena, relat√©e par la revue Nature (Br√®ve NatureNews publi√©e on Line 2009/07/29, Nature doi:10.1038/news.2009.745) et Article Nature ; William K. Dewar ; Oceanography : A fishy mix ; Nature 460, 581-582 (2009/07/30) ; doi:10.1038/460581a ; online 2009/07/29 (payant)
  46. ‚ÜĎ Bibliographie
  47. ‚ÜĎ Andr√© faur√©, La salmoniculture marine ; cahiers Agricultures 1994 ; 3; 77-82, PDF, 6 pages
  48. ‚ÜĎ Voir par ex les √©tudes canadiens Baker et Richardson (Brock University) cit√©s par Sc. & Avenir (f√©vrier 2007).
  49. ‚ÜĎ SE Wisein, Influence of artificial illumination on the nocturnal behavior and physiology of salamanders in "Ecological consequences of artificial night lighting " de Catherine Rich et Travis Longcore
  50. ‚ÜĎ BW Buchanan , Observed and potential effects of artificial night lighting on anuran amphibians, in "Ecological consequences of artificial night lighting, 2006 Par Catherine Rich,Travis Longcore"
  51. ‚ÜĎ 2010. Wise, S. B. Buchanan, J. Cordova, P. Dawes, and A. Rohacek. Impacts of artificial night lighting on the behavior of nocturnal salamanders. Symposium: Artificial lights and nature: challenges for dusk-to-dawn conservation management at the 24th International Congress for Conservation Biology, Edmonton, Alberta, Canada. 2010.
  52. ‚ÜĎ Rohacek, A, S. Wise, and B. Buchanan. The Effects of Artificial Night Lighting on the Nocturnal Activity of the Terrestrial Red-backed Salamander, Plethodon cinereus. Poster presentation - 24th International Congress for Conservation Biology, Edmonton, Alberta, Canada.
  53. ‚ÜĎ Cf. √©tude conduite par Bryant Buchanan (Utica College, New York, √Čtats-Unis)
  54. ‚ÜĎ 2009. Wise, S., B. Buchanan, and P. Dawes. Light at night affects surface activity of red-backed salamanders. Joint Meeting of Ichthyologists and Herpetologists (ASIH, HL, SSAR). Portland, OR.
  55. ‚ÜĎ Buchanan, B. W., H. Savage, S. Wise, and K. Bingel. Artificial night lighting affects anuran larval growth and development. Joint Meeting of Ichthyologists and Herpetologists (ASIH, HL, SSAR). Montreal, Quebec.
  56. ‚ÜĎ K. M. Warkentin , Effects of Temperature and Illumination on Feeding Rates of Green Frog Tadpoles (Rana clamitans) Copeia Vol. 1992, No. 3 (Aug. 18, 1992), pp. 725-730 (6 pages) Ed: American Society of Ichthyologists and Herpetologists (R√©sum√©)
  57. ‚ÜĎ 2010. McCarthy, T., B. Buchanan, S. Wise, and T. Provost. Nocturnal light pollution and chemical contaminants alter reproductive patterns and hormone concentrations of hermaphroditic freshwater snails. Symposium: Reproduction and mating systems in hermaphroditic mollusks; World Congress of Malacology, Bangkok, Thailand
  58. ‚ÜĎ 2008. McCarthy, T., J. June, K. Vo, S. Wise, and B. Buchanan. Artificial night lighting alters behavioral, growth, and reproductive patterns of an aquatic hermaphrodite snail. International Society for Behavioral Ecology. Cornell Univeristy, Ithaca, NY.
  59. ‚ÜĎ 2008. Vo, K., T. McCarthy, S. Wise, and B. Buchanan. The effect of artificial night lighting and time of day on activity in the aquatic snail (Physa acuta). Northeast Natural History Conference X. New York Museum of Natural History. Albany, NY. (R√©sum√©, en fran√ßais)
  60. ‚ÜĎ (en) REITER Russel J.  ; DUN XIAN TAN  ; BURKHARDT Susanne  ; MANCHESTER Lucien C. ; Melatonin in plants, in Nutrition reviews ; 2001, Ed : International Life Sciences Institute ; vol. 59, no 9, p. 286-290 (47 ref.) ; ISSN:0029-6643 Fiche INIST CNRS.
  61. ‚ÜĎ (en) Caniato R, Filippini R, Piovan A, Puricelli L, Borsarini A, Cappelletti E  ; ¬ę Melatonin in plants ¬Ľ. (2003) ; Adv Exp Med Biol 527: 593‚Äď7. PMID 15206778.
  62. ‚ÜĎ [PDF] Voir chapitre consacr√© au risque de collision pour les oiseaux, page 41 de l'"tude d'impact initiale du pont de √ėresundsbron
  63. ‚ÜĎ Loi n¬į95-101 du 2 f√©vrier 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement sur legifrance.gouv.fr
  64. ‚ÜĎ Texte de la circulaire sur Astrosurf - Soci√©t√© Astronomique de Bourgogne
  65. ‚ÜĎ (exemple, en anglais)
  66. ‚ÜĎ Proposition de d√©cret sur la pollution lumineuse parti socialiste]
  67. ‚ÜĎ a, b, c, d, e et f Projet de loi, accompagn√© de l'expos√© des motifs, et de l'√©tude d'impact de la loi
  68. ‚ÜĎ [PDF]Note explicative du projet de r√©glementation relatif √† la pr√©vention des nuisances lumineuses.
  69. ‚ÜĎ Communiqu√© du 17.09.08 - Projet de loi Grenelle de l'environnement : Vers une reconnaissance de la pollution lumineuse, r√©union √† l'Observatoire de Paris-Site de Meudon - 23 septembre 2008
  70. ‚ÜĎ [PDF] Dossier de Presse sur la pollution lumineuse Minist√®re charg√© de l'√©cologie, 23.09.08)
  71. ‚ÜĎ D√©cret n¬į 2011-831 du 12 juillet 2011 relatif √† la pr√©vention et √† la limitation des nuisances lumineuses sur Legifrance.gouv.fr, 13 juillet 2011

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :


Bibliographie

Livres

  • William J. Sutherland, Ian Newton, Rhys Green, Bird ecology and conservation: a handbook of techniques, Oxford University Press, 2004, 320 pages. (ISBN 978-0198520856)

Presse généraliste

  • Louis Gilles Francoeur, La pollution lumineuse menace l‚ÄôAstrolab du Mont M√©gantic, Le Devoir, 12 juillet 2005, 858 mots, p. AL
  • Agence Science-Presse, En bref : la pollution lumineuse, Le Devoir, 8 mars 2003, p. B6.

Bibliographie scientifique

  • Th√®se de Samuel Chall√©at, intitul√©e "Sauver la Nuit" - Empreinte lumineuse, urbanisme et gouvernance des territoires ; volume principal et second tome contenant les annexes l√©gislatives et planches photographiques) ; t√©l√©chargement possible des deux tomes dans la rubrique "Mise en ligne des volumes de th√®se" (fichiers volumineux)
  • Marc Th√©ry du CNRS (responsable de l'√©quipe √Čvolution des syst√®mes sociaux de l'UMR 5176 au laboratoire d'√Čcologie g√©n√©rale du MNHN, √† Brunoy (Ile-de-France) qui a notamment pour le guide de l'Association fran√ßaise de l'√©clairage (AFE) ¬ę Les nuisances dues √† la lumi√®re ¬Ľ √©tudi√© environ 1 100 r√©f√©rences (articles de revues scientifiques, comptes-rendus de conf√©rences et rapports d'experts √©trangers relatifs aux impacts de la lumi√®re sur la faune ou les √©cosyst√®mes (Source : ¬ę Espace Science ¬Ľ )
  • Cochran, W. W., and R. R. Graber. 1958. Attraction of nocturnal migrants by lights on a television tower. Wilson Bulletin 70: 378- 380.
  • Emlen, S. T. 1967. Migratory orientation in the indigo bunting, Passerina cyanea. Part I: Evidence for use of celestial cues. Auk 84: 309-342.
  • Gauthreaux, S. A., Jr., and C. G. Belser. 2006. Effects of artificial night lighting on migrating birds. In: Ecological Consequences of Artificial Night Lighting. (eds. C. Rich and T. Longcore), p. 67-93. Covelo, California: Island Press. (Voir)
  • Kemper, C. 1996. A study of bird mortality at a west-central Wisconsin TV tower from 1957-1995. Passenger Pigeon 58: 219-235.
  • Herbert, A. D. 1970. Spatial disorientation in birds. Wilson Bulletin 82: 400-419.
  • Johnson, J. E. 2005. Marine radar study of nocturnal migrants near TV towers in Philadelphia, PA, USA. Report to the Meeting of the Research Subcommittee, Communications Tower Working Group. Patuxent Wildlife Refuge. April 21, 2005.
  • Kemper, C. 1964. A tower for TV, 30,000 dead birds. Audubon Magazine 66: 86-90.
  • Larkin, R. P., and B. A. Frase. 1988. Circular paths of birds flying near a broadcasting tower in cloud. Journal of Comparative Psychology 102: 90-93.
  • Larkin, R. P., W. R. Evans, and R. H. Diehl. 2002. Nocturnal flight calls of Dickcissels and Doppler radar echoes over south Texas in spring. Journal of Field Ornithology 73: 2-8.
  • Sauer, E. G. F. 1957. Die Sternenorientierung nachtlich-ziehender Grasm√ľcken, Sylvia atricapilla, borin and currca. Zeitschrift f√ľr Tierpsychologie 14: 20-70.
  • Taylor, W. K., and B. H. Anderson. 1973. Nocturnal migrants killed at a central Florida TV tower ; autumns 1969-1971. Wilson Bulletin 85: 42-51.
  • Verheijen, F. J. 1985. Photopollution : artificial light optic spatial control systems fail to cope with. Incidents, causations, remedies. Experimental Biology 44: 1-18.
  • Luc Chartrand, La (re)conqu√™te des √©toiles, Actualit√©, vol. 13, 2004, page 55.
  • Guy Chiasson, Mieux √©clairer les villes pas seulement une question de s√©curit√©, Revue municipale et des travaux publics, vol. 79, 2001, pages 6-7.

Articles connexes

Une galerie d'images d'illustrations complémentaires à cet article est disponible sur Wikimedia Commons, à la page Pollution lumineuse.

Liens externes

Organismes

√Čtudes de cas

Recherches


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Pollution lumineuse de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Pollution atmosph√©rique ‚ÄĒ Pollution de l air Pollution de l √®re industrielle La pollution de l air (ou pollution atmosph√©rique) est un type de pollution d√©fini par une alt√©ration de la puret√© de l air, par une ou plusieurs substances ou particules pr√©sentes √† des… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution de l‚Äôair ‚ÄĒ Pollution de l air Pollution de l √®re industrielle La pollution de l air (ou pollution atmosph√©rique) est un type de pollution d√©fini par une alt√©ration de la puret√© de l air, par une ou plusieurs substances ou particules pr√©sentes √† des… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution des eaux ‚ÄĒ Pollution de l eau   Pollution  v ¬∑  ¬∑ m  Pollution de l air ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution par la lumi√®re polaris√©e ‚ÄĒ Dans la nature, l eau et la vapeur d eau polarisent la lumi√®re solaire sous d autres plans que le plan vertical, naturel ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution ‚ÄĒ Les premi√®res grandes pollutions semblent avoir √©t√© induites par la ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Lumineuse ‚ÄĒ Lumi√®re Pour les articles homonymes, voir Lumi√®re (homonymie). D√©composition de la lumi√®re par un prisme La lumi√®re d√©signe les ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution automobile ‚ÄĒ Impact environnemental des transports routiers √Ä Shanghai, le smog est presque quotidien, la voiture en est une des causes ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution de l'air ‚ÄĒ Les √©missions de CO, de CO2, de soufre et de suies et particules li√©es √† la combustion du charbon ont probablement √©t√© la premi√®re source de pollution majeure de l‚Äôair d√®s le d√©but de l‚Äô√®re industrielle. La pollution de l‚Äôair (ou ¬ę pollution ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution de l'eau ‚ÄĒ Les d√©tritus de type d√©chets m√©nagers sont souvent indicateurs de pollutions (m√©taux lourds, microbes.. posant des probl√®mes de sant√© publique, notamment dans les r√©gions o√Ļ les eaux de surfaces sont utilis√©es pour la boisson, la lessive, la… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pollution marine ‚ÄĒ La pollution marine r√©sulte de tous les produits rejet√©s dans les mers et les oc√©ans en cons√©quence de l activit√© humaine. Cette pollution arrive dans le milieu marin par le vecteur des voies fluviales, des vents, de l air en basse altitude ou… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.