Politique de l'inde

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Politique de l'Inde

Inde

Armoiries de l'Inde
Cet article fait partie de la série sur la
politique de l'Inde,
sous-série sur la politique.

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L'organisation des institutions politique de l'Inde d√©coule en partie des institutions cr√©√©es par l'ancienne puissance coloniale britannique et de la tradition hindoue. L'Inde combine des archa√Įsmes, comme le syst√®me des castes, et les marques du progr√®s, comme en attestent ses performances √©conomiques ou scientifiques. L'√©volution de ces institutions politiques est marqu√©e par la forte pression d√©mographique, les tensions entre ses tendances centralisatrices et s√©paratistes, les tensions communautaires et les in√©galit√©s de revenus. Les contrastes particuli√®rement marqu√©s de l'Inde ont √©t√© r√©sum√©s, dans les ann√©es 1960 par cette formule de l'ambassadeur et √©conomiste am√©ricain John Kenneth Galbraith : ¬ę L'Inde est une anarchie qui fonctionne ¬Ľ[1].

Sommaire

L'organisation de l'Union indienne

Selon sa Constitution, l'Inde est ¬ę une r√©publique souveraine, socialiste, la√Įque, d√©mocratique. ¬Ľ Elle tire son mod√®le parlementaire du syst√®me parlementaire britannique. Comme les √Čtats-Unis, l'Inde conna√ģt une forme f√©d√©rale de gouvernement. Cependant, le gouvernement central y exerce un plus grand contr√īle sur les √Čtats f√©d√©r√©s. Le gouvernement exerce ses larges pr√©rogatives administratives au nom du pr√©sident, dont les fonctions sont en grande partie c√©r√©moniales. Le pr√©sident et le vice-pr√©sident sont √©lus au suffrage indirect pour une dur√©e de cinq ans par un coll√®ge √©lectoral sp√©cial. Leurs mandats sont d√©cal√©s, et le vice-pr√©sident ne devient pas automatiquement pr√©sident au d√©c√®s de celui-ci ou dans des circonstances o√Ļ il n'exerce plus le pouvoir.

Le gouvernemnt Graaak

Article d√©taill√© : Premiers ministres de l'Inde.

Le pr√©sident nomme le premier ministre d√©sign√© par le parti ou la coalition ayant la majorit√© parlementaire. Le pr√©sident nomme ensuite les ministres subalternes conform√©ment aux pr√©conisations du chef de gouvernement. La Constitution pr√©voit que le Premier ministre dispose d'outils de gouvernement autoritaire en cas de crises, comme le Presidential's rule (administration directe d'un √Čtat f√©d√©r√©) ou l'√©tat d'urgence (suppression des libert√©s d√©mocratiques).

L'actuel premier ministre Manmohan Singh accède au pouvoir le 22 mai 2004 après une élection générale qui porte au pouvoir le Parti du Congrès, contre toute attente. La présidente du parti, Sonia Gandhi, l'épouse de Rajiv Gandhi, renonce au poste de Premier ministre, suite à une campagne mettant en avant ses origines étrangères, italienne en l'occurrence.

Le parlement

Article d√©taill√© : Parlement de l'Inde.

Le parlement bicam√©ral de l'Inde comprend la Rajya Sabha (le Conseil des √Čtats) et la Lok Sabha (Chambre du peuple). Le gouvernement central est responsable devant la Lok Sabha. Les √©lections l√©gislatives des √Čtats et des territoires √©lisent 233 membres √† la Rajya Sabha, et 12 sont nomm√©s par le Pr√©sident comme experts en mati√®re de science ou d'arts. Les membres √©lus de la Rajya Sabha ont un mandat de six ans, et sont renouvel√©s par tiers tous les 2 ans.

La Lok Sabha se compose de 545 membres ; 543 sont directement √©lus (scrutin uninominal √† un tour) pour un mandat de cinq ans. Les deux derniers sont nomm√©s par le Pr√©sident au sein de la communaut√© britannico-indienne qui est sous-repr√©sent√©e.

L'√Čtat f√©d√©ral

L'Inde comporte 28 √©tats et 7 territoires. Dans chaque √Čtat, une assembl√©e (Vidhan Sabha) est √©lue tous les cinq ans, et elle √©lit √† son tour un chef de l'ex√©cutif (chief minister). Les comp√©tences des √Čtats sont assez larges, notamment en ce qui concerne la justice, la police, l'√©conomie ou l'√©ducation. Toutefois, l'Union a eu tendance √† √©largir les pouvoirs qui lui sont conf√©r√©s par la Constitution, au d√©triment des √Čtats.

Le gouvernement central exerce un plus grand contr√īle des territoires que des √Čtats, bien que quelques territoires aient obtenu une plus grande ma√ģtrise de leurs propres affaires. √Ä plusieurs occasions, le gouvernement national, a impos√©, par l'interm√©diaire d'un gouverneur (d√©sign√© par le Pr√©sident), une administration directe sur des √Čtats (Presidential's rule, pr√©vu par la constitution en cas de crise) valable six mois.

Les gouvernements locaux en Inde ont moins d'autonomie que leurs √©quivalents aux √Čtats-Unis. Quelques √Čtats essayent de revitaliser les conseils traditionnels de village, ou panchayats, ce qui vise √† favoriser la participation d√©mocratique populaire au niveau rural, o√Ļ la plus grande partie de la population vit toujours.

Le pouvoir judiciaire

Article d√©taill√© : Droit en Inde.

Le syst√®me juridique ind√©pendant de l'Inde a √©t√© mis en place par les Britanniques, sous le Raj britannique, et ses concepts et proc√©dures suivent grosso modo ceux des pays anglo-saxons, bien qu'il poss√®de de nombreuses particularit√©s (dont un tr√®s grand nombre de juridictions sp√©cialis√©es, appel√©es tribunals pour les distinguer des cours de justice, appel√©es courts [2]; on peut citer, par exemple, les tribunaux pour consommateurs, une douzaine de tribunaux sp√©cialis√©s en mati√®re de droit du travail, des tribunaux pour chaque imp√īt, taxe, moyen de transport, pour les loyers, la r√©forme agraire, les coop√©ratives, les √©lections, le cadastre, les mines, les brevets, les monopoles, les r√©fugi√©s, la presse, etc. [3]). Outre la common law, le droit hindou, musulman, chr√©tien, etc., s'applique encore en ce qui concerne le statut personnel (sauf √† Goa o√Ļ Code civil d'origine portugaise r√©gule uniform√©ment ces domaines).

La Cour supr√™me se compose d'un juge en chef et de 25 juges assistants, tous d√©sign√©s par le pr√©sident, conform√©ment aux pr√©conisations du Premier ministre. L'ind√©pendance de la Cour supr√™me est aujourd'hui acquis, celle-ci s'√©tant arrog√© un pouvoir de contr√īle de constitutionnalit√© des actes du Parlement, y compris des r√©formes constitutionnelles, au cours d'une longue lutte contre le Parlement, qui a dur√© des ann√©es 1950 √† la fin des ann√©es 1970.

Dans les années 1960, l'Inde a cessé d'employer des jurys populaires pour la plupart des procès, à cause de leur corruption et de leur inefficacité, laissant ce travail aux juges professionnels.

L'aide l√©gale, qui est devenue un principe directeur du gouvernement par la r√©vision constitutionnelle de 1976, a √©t√© organis√©e par la loi du 29 octobre 1994, en vigueur depuis 1997. Le Code de proc√©dure criminelle de 1973 rendait d√©j√† obligatoire l'assistance d'un avocat dans les affaires criminelles. La loi de 1994 permet non seueleent aux pauvres, mais aux femmes, enfants, ouvriers, √† la population tribale, hors-caste, invalides, malades mentaux, mendiants, personnes incarc√©r√©es, etc., d'obtenir l'aide l√©gale.

Celle-ci ayant conduit à une augmentation du nombre d'affaires portées devant les tribunaux, une chambre de conciliation, appelée chambre populaire, a été créée, correspondant à chaque tribunal déjà existant dans la hiérarchie.

En outre, une loi de 1996 (Arbitration and Conciliation Act) favorise le recours à la médiation et à l'arbitrage, afin d'encourager ce mode de résolution des conflits et de réduire l'encombrement des tribunaux. Ce dispositif diffère des chambres de conciliation.

Les partis politiques en Inde

Parti du Congrès (I)

Article d√©taill√© : Parti du Congr√®s.

Le Parti du Congrès (I) (ou Indian National Congress), fondé en 1885, participa à toutes les étapes qui ont mené à l'indépendance du pays, avec notamment la présidence de Jawaharlal Nehru dès 1929 et l'autorité charismatique du Mahatma Gandhi, en menant des campagnes de désobéissance civile et de boycott des produits britanniques (développé en concept d'autarcie économique, le swadeshi). Il a longtemps accueilli en son sein toutes les tendances politiques indiennes, y compris après l'indépendance. Sous les règnes de Nehru et de sa fille Indira Gandhi (qui forment, avec Rajiv Gandhi, la "dynastie" Nehru-Gandhi), le parti prit des orientations socialisantes (dirigisme économique, révolution verte, rapprochement avec l'URSS, etc.), mais depuis la fin des années 1980, ses orientations sont nettement plus social-libérales, quoiqu'actuellement allié avec deux partis communistes.

Manifestation du parti du Congrès à Delhi en 2005.

Le parti du Congrès fut au pouvoir de 1947 à 1977 (gouvernements de Jawaharlal Nehru mort au pouvoir en 1964, Lal Bahadur Shastri et Indira Gandhi), puis de 1980 à 1989 (Indira Gandhi et Rajiv Gandhi), et de 1991 à 1996 (Narasimha Rao). Il perdu les élections générales pour la première fois en 1977, après deux années d'état d'urgence décrété par Indira Gandhi. Il est aujourd'hui mené par Sonia Gandhi (veuve de Rajiv Gandhi). Depuis les élections générales de mai 2004, c'est le premier parti en nombre de sièges à la Lok Sabha (145 sièges sur 543) et mène la coalition actuellement au pouvoir, avec Manmohan Singh comme Premier ministre. Sonia Gandhi, qui est d'origine italienne, ayant été attaquée par les militants nationalistes du BJP en tant qu'étrangère a renoncé en 2004 à occuper cette fonction. Notons que sa belle-mère a été assassinée (par des activistes sikhs en 1984), ainsi que son mari (par des activistes tamouls en 1991).

Le parti du Congr√®s se glorifie d'√™tre un parti la√Įque et centriste, historiquement dominant en Inde. Cependant, ses r√©sultats dans des √©lections nationales ont montr√© son d√©clin durant la derni√®re d√©cennie. La popularit√© du parti a notamment √©t√© effrit√©e par plusieurs affaires de corruption (dont l'affaire Bofors impliquant Rajiv Gandhi) et les probl√®mes sociaux et culturels r√©sultant des r√©formes √©conomiques lib√©rales initi√©es par Manmohan Singh, alors ministre des finances, √† partir de 1991. En 2005, le Congr√®s dirige les √©tats d'Andhra Pradesh, de l'Assam, du Haryana, du Karnataka (avec le Janata Dal (S)), du Maharashtra (avec le Nationalist Congress Party), du Penjab, de l'Uttaranchal.

Le Parti du Congrès a souffert dans un premier temps de nombreuses scissions, résultant de luttes de factions nationales (le Congrés (O) dirigé contre Indira Gandhi et premier parti d'opposition en 1969) ou plus localisées (le Nationalist Congress Party de Sharad Pawar dans le Maharashtra ou le Trinamool Congress dans le Bengale occidental). En outre, depuis le début des années 1990, il a subi un transfert de sa réserve traditionnelle de voix (notamment les pauvres) vers des partis basés sur l'appartenance de caste, tels que le Bahujan Samaj Party ou le Samajwadi Party en Uttar Pradesh.

Bharatiya Janata Party (BJP)

Article d√©taill√© : Bharatiya Janata Party.

Le Bharatiya Janata Party ("parti du peuple indien") est un parti à orientation nationaliste hindoue. Il a été fondé en 1980, à la suite de l'éclatement de la coalition du Janata Party, dont son héritier direct, le Bharatiya Jana Sangh, faisait partie. Héritier d'une tradition nationaliste née avant l'indépendance et hostile au Mahatma Gandhi (assassiné par un membre du RSS, une organisation proche du BJP), son ascension politique l'a propulsé sur le devant de la scène à partir de la fin des années 1980, et surtout avec la destruction de la mosquée d'Ayodhya en 1992.

Depuis 2004, le pr√©sident du parti est Lal Krishna Advani (ancien ministre de l'Int√©rieur). Le BJP tire principalement sa force politique de la Hindi belt (r√©gions du Nord et de l'Ouest de l'Inde peupl√©es d'hindiphone). Le parti d√©tient le pouvoir dans les √Čtats suivants : Chhattisgarh, Gujerat, Jharkhand, Himachal Pradesh, Madhya Pradesh, Rajasthan. Consid√©r√© comme le parti des hautes castes, des milieux commer√ßants, et du Nord, le BJP a cependant fortement accru son √©lectorat dans les castes interm√©diaires et dans des √Čtats du Sud (Karnataka) au cours des derni√®res √©lections nationales et r√©gionales, en jouant sur les sentiments nationalistes religieux (hindutva) et √©conomique (swadeshi).

Affiche électorale du BJP en 2004.

Le BJP profite de l'appui du Vishwa Hindu Parishad (VHP), une organisation religieuse, et du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), une organisation militante, tous √©tant r√©unis dans le Sangh Parivar (la "grande famille" du nationalisme hindou, un r√©seau qui comporte √©galement nombre d'associations, syndicats, etc.). Le VHP et le RSS pr√©conisent de favoriser les hindous par rapport aux minorit√©s musulmane et chr√©tienne. Ils soutiennent √©galement la construction d'un temple d√©di√© au dieu hindou RńĀma sur l'emplacement de la mosqu√©e de Babur (ou Babri Masjid) √† Ayodhya (Uttar Pradesh). La mosqu√©e avait √©t√© ras√©e par des activistes hindous encadr√©s par le VHP et le RSS en d√©cembre 1992, provoquant des √©meutes communautaires ayant co√Ľt√© la vie √† des milliers d'individus dans tout le pays, et l'instauration de la Presidential's rule (administration directe par le pouvoir central) dans l'√Čtat d'Uttar Pradesh, alors dirig√© par le BJP.

Le BJP a dirigé l'Inde avec une coalition de partis régionaux (dont le Telugu Desam Party, l'Akali Dal, le Shiv Sena, le DMK et l'AIADMK), la National Democratic Alliance, entre 1998 et 2004, avec Atal Behari Vajpayee pour Premier ministre. Ce dernier a pu imposer une ligne modérée et a approfondi les réformes économiques libérales de ses prédécesseurs.
Cependant, cette p√©riode a √©t√© marqu√©e par les essais nucl√©aires √† la fronti√®re pakistanaise en 1998, et une escalade militaire dangereuse au Cachemire en mai-juin de la m√™me ann√©e, des violences antimusulmanes dans l'√Čtat du Gujarat (800 √† 2000 morts), en f√©vrier 2002.
Dans cet √Čtat, le chef du gouvernement local, Narendra Modi, soutenu par le RSS, a mis en place un "laboratoire" de l'Hindutva, encadrant la soci√©t√© selon ces pr√©ceptes nationalistes, notamment dans la r√©√©criture des programmes scolaires. Une commission d'enqu√™te nationale a mis en cause la responsabilit√© de son gouvernement dans le soutien aux pers√©cutions antimusulmanes de f√©vrier 2002. Vajpayee tenant de la ligne mod√©r√©e a tent√© sans succ√®s d'obtenir sa d√©mission.

Depuis les élections générales de mai 2004, le BJP est le premier parti d'opposition, avec 138 sièges sur 543 à la Lok Sabha.

Autres partis

  • Janata Dal

Ce parti national s'appuie sur les basses castes. Il a été à la tête d'une coalition au pouvoir en 1989-1991 et en 1996-1998, et a été considérablement affaibli par de nombreuses scissions.

Article d√©taill√© : Janata Dal.
  • Shiv Sena

Ce parti d'extrême-droite est implanté dans le Maharashtra. C'est un allié du BJP.

Article d√©taill√© : Shiv Sena.
  • Les partis communistes

Il y a deux partis communistes repr√©sent√©s √† la Lok Sabha : le Communist Party of India (CPI) et le Communist Party of India (Marxist) (CPM). Ce dernier est au pouvoir dans les √Čtats du Bengale occidental et du K√©rala, ses deux principaux bastions.

  • Parti d√©mocratique populaire, Jammu Kashmir

Ce parti local a gagné les élections en octobre 2002, renversant l'alliance pro-BJP qui détenait le pouvoir de longue date. Le PDP est allié avec le Parti du Congrès (I).

Principaux thèmes de la politique indienne

Les réformes économiques

Nehru avait opté pour des choix économiques socialistes, dans le cadre d'une économie de marché. Les années 1950 à 1970 virent le développement de l'industrie lourde et des réformes agraires, la révolution verte permettant une autosuffisance alimentaire. À partir des années 1980, l'Inde connut des difficultés économiques, telle qu'un déficit commercial important et de faibles réserves en devises. Une lourde bureaucratie et le régime de la Licence raj (un système dirigiste de régulations et d'autorisations, propice à des pratiques de corruption) étaient considérés comme de sérieux freins au développement économique. La fiscalité, en revanche, a toujours été faiblement développée ou fréquemment ignorée par les contribuables.

Le démantèlement de ce système commença au début des années 1990. Rajiv Gandhi, dans les années 1980, avait déjà initié de timides avancées vers l'ouverture au marché international. Mais les premières réformes significatives furent entreprises par le gouvernement de P. V. Narasimha Rao (parti du Congrès), à partir de 1991. Leur principal architecte fut le ministre des finances, l'économiste Manmohan Singh (actuel Premier ministre). Les principales mesures concernent la baisse des tarifs douaniers, l'ouverture aux investissements étrangers et la privatisation d'une large partie des entreprises publiques. Bien qu'ayant fait campagne sur la défense de l'autarcie économique du pays (swadeshi), le BJP a accentué ces réformes une fois au pouvoir, entre 1998 et 2004.

L'√©conomie indienne partiellement lib√©ralis√©e a b√©n√©fici√© de taux de croissance √©lev√©s (jusqu'√† plus de 8%). Pouvant compter sur une main d'Ňďuvre bon march√© et un niveau de formation universitaire tr√®s performant (notamment dans les sciences), l'Inde s'est sp√©cialis√© dans les technologies de pointe (informatique, chimie, pharmacie) et le march√© international des services (t√©l√©matique). La ville de Bangalore, dans le Karnataka, est consid√©r√©e comme la Silicon Valley indienne. Les investissements de la diaspora indienne contribuent beaucoup au d√©veloppement √©conomique. Cependant, il est toujours limit√© par la bureaucratie, le client√©lisme et la faiblesse des infrastructures.

Politiquement, si la croissance a pu profiter au secteur marchand et aux classes moyennes √©mergentes (entre 100 et 300 millions d'individus), elle a aussi provoqu√© le m√©contentement de ceux qui n'en ont pas profit√©, en particulier dans les campagnes et parmi les castes les moins √©lev√©es. L'apparition de produits et de modes de consommation occidentaux a rebut√© les nationalistes. Et la majorit√© de la population rest√©e pauvre ne per√ßoit pas l'√©ventualit√© d'un partage des fruits de la croissance. De plus, le d√©veloppement a surtout profit√© aux √Čtats du Sud (Tamil Nadu, Karnataka, Andhra Pradesh) ou de l'Ouest (Gujarat, Penjab, Maharashtra), et pas au Nord ou √† l'Est. Lors des √©lections g√©n√©rales de mai 2004, le BJP a commis une erreur psychologique en faisant campagne sur une "Inde qui brille" et a perdu le pouvoir, malgr√© de bons r√©sultats √©conomiques, et le parti du Congr√®s l'a emport√©, malgr√© un score m√©diocre. Ces ressentiments ont surtout b√©n√©fici√© aux partis de gauche comme le Communist party of India (Marxist), ou aux partis de basses castes, comme le Samajwadi Party ou le Bahujan Samaj Party. Certains partis r√©gionaux, comme le Telugu Desam Party en Andhra Pradesh, ont cependant prosp√©r√© √† partir des ann√©es 1990 en revendiquant un d√©veloppement √©conomique plus d√©centralis√© et lib√©ral.

L'ouverture √©conomique a parfois eu des r√©percussions n√©fastes (pollution par une usine Coca-Cola dans le K√©rala, expropriations pour la construction d'une centrale √©lectrique par Enron dans le Maharashtra, paysans endett√©s par l'achat de semences OGM Monsanto peu performantes dans l'Andhra Pradesh). Avec des personnalit√©s comme Vandana Shiva ou Arundhati Roy, le mouvement altermondialiste rencontre un certain √©cho en Inde, o√Ļ s'est d√©roul√© le forum social mondial, en janvier 2004 √† Bombay.

Article d√©taill√© : √Čconomie de l'Inde.

Les castes et le système des quotas

Article d√©taill√© : Les castes dans la politique indienne.

Officiellement, les castes n'existent pas en Inde, mais en r√©alit√©, elles sont un des √©l√©ments d√©terminant de la politique indienne. Les castes continuent d'√™tre le cadre de relations client√©listes et d'interdits traditionnels li√©s, entre autres, au m√©tier (les t√Ęches les plus d√©gradantes sont d√©volues aux intouchables) ou au mariage. Pour traiter le probl√®me de l'int√©gration sociale et politique des basses castes, l'administration indienne a invent√© les termes de Other backward classes ou OBC ("autres classes arri√©r√©es [dans un sens social et √©ducatif]" pour les basses castes), Scheduled castes ("castes r√©pertori√©es" pour les intouchables) et Scheduled tribes ("tribus r√©pertori√©es" pour les tribus aborig√®nes, hors castes).

Dans les années qui ont suivi l'indépendance, les basses castes et les intouchables (ou Dalits) faisaient partie de la clientèle du parti du Congrès, attaché en principe à la défense des plus pauvres. Bhimrao Ramji Ambedkar, le rédacteur de la constitution indienne, était lui-même un intouchable. Il représente aujourd'hui un symbole fort pour ceux qui souhaitent sortir du système des castes, et nombre de Dalits se sont comme lui convertis au bouddhisme dans ce but.

Pour am√©liorer la condition des basses castes et des intouchables, des syst√®mes de quotas ont √©t√© mis en place dans l'administration et les universit√©s (jusqu'√† pr√®s de 50% des postes), semblable au principe de l'affirmative action pratiqu√©e aux √Čtats-Unis. Si des mesures dans ce sens avaient √©t√© d√©j√† prises auparavant (avant m√™me l'ind√©pendance pour les intouchables), ce fut √† partir de 1990 que le syst√®me des quotas prit son essor, lorsque le gouvernement de V.P. Singh (Janata Dal) r√©serva (en se basant sur le rapport Mandal datant de 1980) 27% des emplois de la fonction publique aux membres des OBC (repr√©sentant 52% de la population). Ces dispositions provoqu√®rent de violentes manifestations de la part des membres de castes √©lev√©es, et alimenta l'ascension des nationalistes hindous (Bharatiya Janata Party), en particulier dans le Nord du pays. Actuellement, le Janata Dal (United) demande un syst√®me de quotas dans le secteur priv√© et les √©coles priv√©es.

Dans les ann√©es 1990, plusieurs partis ont prosp√©r√© en repr√©sentant les int√©r√™ts de castes. En dehors des nationalistes hindous (BJP, Shiv Sena), supports traditionnels des hautes castes, des partis de basses castes ont conquis des bastions √©lectoraux dans la vall√©e du Gange. Les plus importants sont le Samajwadi Party (scission du Janata Dal, au pouvoir dans l'√Čtat d'Uttar Pradesh, 36 si√®ges √† la Lok Sabha), le Bahujan Samaj Party (parti des intouchables, forte implantation en Uttar Pradesh, 19 si√®ges √† la Lok Sabha) et le Rashtriya Janata Dal (scission du Janata Dal, alli√© au parti du Congr√®s, au pouvoir au Bihar, 24 si√®ges √† la Lok Sabha).

Actuellement, les revendications des basses castes font √©voluer lentement mais s√Ľrement les aspects les plus archa√Įques de la soci√©t√© indienne, plus apte d√©sormais √† assimiler de tels changements. La politisation d'un tel enjeu constitue une caract√©ristique originale et primordiale de la d√©mocratie en Inde. Toutefois, parall√®lement aux carri√®res exemplaires (comme celle de K.R. Narayan, intouchable, Pr√©sident de 1997 √† 2002, ou de H.D. Deve Godwa, issu d'une basse caste, Premier ministre en 1996-1997), l'actualit√© indienne est r√©guli√®rement marqu√©e par des cas de s√©gr√©gation inter-castes dans les zones rurales, marqu√©es parfois (dans les cas o√Ļ les basses castes transgressent des interdits) par des viols collectifs, des mutilations √† l'acide ou des meurtres. De tels actes, qui concernent surtout le Nord de l'Inde, suscitent g√©n√©ralement des campagnes d'indignation dans la presse indienne.

Les difficult√©s des basses castes, √©tant aussi bien sociales qu'√©conomiques (propri√©t√© terrienne), ont donn√© naissance √† des mouvements de gu√©rilla d'inspiration mao√Įste √† la fin des ann√©es 1960, les Naxalites, orient√©s contre les autorit√©s gouvernementales et les grands propri√©taires, principalement dans les √Čtats du Bengale occidental, du Bihar, de l'Orissa et de l'Andhra Pradesh.

L'unité nationale et les tendances séparatistes

Le sous-continent indien a rarement (empire d'Asoka, sultanat de Delhi, empire Moghol) et toujours partiellement (le Sud dravidien en √©tant exclu) √©t√© unifi√© avant le Raj britannique. La Partition de l'Inde en 1947 est toujours dans les esprits, la soci√©t√© indienne se partage en sept religions principales (hindous, musulmans, chr√©tiens, sikhs, bouddhistes, ja√Įns, p√Ęrs√ģs) elles-m√™mes divis√©es en plusieurs variantes, en plusieurs centaines de langages et en une multitude de castes et sous-castes. En outre, plusieurs mouvements s√©paratistes, situ√©s √† la p√©riph√©rie de l'Inde, revendiquent l'ind√©pendance. L'unit√© de la nation a donc toujours √©t√© un enjeu pr√©occupant pour les √©lites politiques indiennes.

Les sikhs

Les sikhs, adeptes depuis le XVIe si√®cle d'une religion empruntant des caract√©ristiques √† l'islam et √† l'hindouisme, ont longtemps √©t√© pris en tenaille par ces deux grandes religions, ce qui les a pouss√©s √† devenir un peuple traditionnellement guerrier. √Ä partir des ann√©es 1970 des groupes s√©paratistes ont r√©clam√©, au Penjab (o√Ļ ils sont majoritaires), la cr√©ation d'un √Čtat ind√©pendant, le Khalistan. Des attentats ont √©t√© men√©s contre des hindous par quelques groupes radicaux dans les ann√©es 1980. En 1984, des militants extr√©mistes arm√©s se sont r√©fugi√©s dans le lieu saint du sikhisme, le temple d'or √† Amritsar. Au cours de l'op√©ration Blue Star, en mai 1984, l'arm√©e prend le temple d'assaut et tue le leader sikh Jarnail Singh Bhindranwale. En repr√©sailles, le premier ministre Indira Gandhi est assassin√©e en octobre 1984, et en r√©action, 2000 √† 3000 sikhs sont tu√©s par des foules en col√®re, en particulier √† Delhi. Aujourd'hui, apr√®s avoir √©t√© r√©prim√©s par l'arm√©e indienne et avoir exasp√©r√© une certaine communaut√© sikh prosp√®re (et bien repr√©sent√©e dans l'administration, le commerce et l'arm√©e), les groupes s√©paratistes se sont essouffl√©s.

Article d√©taill√© : S√©paratisme Sikh.

Les Tamouls

Dans l'√Čtat du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde, les Tamouls poss√®dent une culture bien distincte de l'aire indo-europ√©enne, v√©hicul√©e notamment par la langue tamoule (langue dravidienne), une pratique de la tendance shiva√Įste de l'hindouisme et un syst√®me de castes moins rigide. Cette identit√© culturelle forte a nourri un r√©gionalisme mod√©r√© mais r√©solu. Depuis 1967, l'√Čtat du Tamil Nadu a toujours √©t√© dirig√© par des partis r√©gionaux tamouls. Le Dravida Munnetra Kazhagam, qui a d√©velopp√© pr√©coc√©ment une politique de quotas pour les basses-castes, et un parti issu d'une scission, l'All India Ana Dravida Munnetra Kazhagam, se sont partag√©s le pouvoir. Adoptant une rh√©torique de revendication de l'identit√© dravidienne et de refus de l'h√©g√©monie du Nord, ils ont cependant renonc√© √† l'id√©e d'une ind√©pendance.
Mais, la guerre civile au Sri Lanka (entre le gouvernement et les Tigres tamouls ou LTTE luttant pour l'ind√©pendance de leur minorit√©), a des r√©percussions sporadiques sur le continent. De nombreux Tamouls du Sri Lanka sont r√©fugi√©s au Tamil Nadu, o√Ļ des combattants des LTTE avaient install√© des camps d'entra√ģnement d√©sormais interdits. En 1991, l'ancien Premier ministre Rajiv Gandhi fut tu√©, lors de la campagne √©lectorale nationale, dans un attentat kamikaze par une militante tamoule, en repr√©sailles de l'intervention de l'arm√©e indienne en 1987 au Sri Lanka (force d'interposition en principe, elle fut consid√©r√©e par les LTTE comme un soutien au gouvernement du Sri Lanka).

Le Nord-Est

Les √Čtats du Nord-Est de l'Inde sont, avec le Cachemire et les zones o√Ļ sont implant√©s les Naxalites (voir chapitre pr√©c√©dent), la r√©gion la plus instable de l'Inde. Ces tensions concernent, √† la fronti√®re avec le Bangladesh et la Birmanie, les √Čtats suivants : Assam, Tripura, Manipur, Mizoram et Nagaland (ces deux derniers faisant partie de l'Assam au lendemain de l'ind√©pendance). Les motifs de m√©contentement sont li√©s au d√©veloppement √©conomique, √† la demande d'autonomie de certains groupes ethniques (Bodos et Gurkhas en Assam), √† l'hostilit√© envers la pr√©sence forte d'immigr√©s bangladais (au Tripura et en Assam) ou √† l'h√©g√©monie des hindous vis-√†-vis de populations christianis√©es et/ou tribales, d'origines sino-tib√©taines (Mizoram, Manipur, Nagaland). Ces revendications sont port√©es par des mouvements √©tudiants ou des partis politiques locaux, tels que l'Asom Gana Parishad (Assam), le Mizo National Front (Mizoram) ou le Nagaland People's Front (Nagaland). Certains groupes radicaux ont form√© des gu√©rillas dans ces r√©gions de montagnes et de collines bois√©es, et provoquent de temps √† autre des attentats ou des affrontements communautaires meurtriers.

Le Cachemire

Le problème de Cachemire est certainement le plus grave et le plus présent, dans ce registre, dans la politique nationale. Il est directement lié à l'identité nationale, puisqu'il est né de la Partition de l'Inde, et est également une question de politique étrangère, avec le Pakistan. (Voir Politique de l'Inde#Le Pakistan et le Cachemire).

Les troubles communautaires

Les tensions entre communautés hindou et musulmane sont récurrents en Inde, surtout dans le nord et l'ouest du pays. Ces tensions, qui peuvent prendre l'ampleur d'immenses émeutes et pogroms sont alimentées par l'antagonisme entre l'Inde et le Pakistan et les calculs politiciens, voire des pratiques mafieuses. Dans l'histoire récente, les évènements les plus graves ont été la destruction de la mosquée d'Ayodhya en 1992 et les violences au Gujarat en 2002.

Article d√©taill√© : Conflits intercommunautaires en Inde.

Le développement rural

En l'an 2000, près des trois-quarts de la population indienne est encore rurale. Néanmoins, l'importance des villes s'accroit conformément à un exode rural de masse qui grossit les rangs des sans-abris et des habitants des bidonvilles, et transfère dans d'immenses mégalopoles des comportements socio-culturels issus des campagnes.

Les espaces ruraux demeurent l'√©l√©ment le plus pauvre de la nation indienne. La r√©volution verte, mise en place dans les ann√©es 1960-1970, a cependant contribu√© √† l'autosuffisance alimentaire du pays et √† l'√©radiction des famines. Toutefois, le b√©n√©fice de cette politique a √©t√© in√©gal suivant les r√©gions. Le Punjab, o√Ļ ont √©t√© particuli√®rement d√©velopp√©es les techniques agronome de pointe et qui est un v√©ritable grenier √† bl√© pour l'Inde, en a √©t√© le principal b√©n√©ficiaire. En revanche, dans certaines r√©gions, comme le Maharashtra ou l'Andhra Pradesh, les paysans sont fr√©quemment cribl√©s de dettes et sont la proie des usuriers. On assiste dans ces r√©gions du centre, par ailleurs fr√©quemment victimes de dures s√©cheresses, √† de v√©ritables ¬ę √©pid√©mies de suicides ¬Ľ dans les communaut√©s de paysans.

Les communautés rurales sont parfois capables de se mobiliser contre des politiques étatiques impliquant une confiscation de terres, comme dans le cas des barrages de la vallée de la Narmada (Maharashtra), ou contre des projets de multinationales, notamment l'usine de Coca-Cola dans le Kérala, accusée de dégrader les ressources hydrauliques.

Le statut des femmes

L'ensemble du sous-continent indien est un cas particulier dans le monde, de l'accession des femmes au pouvoir, puisque dans ses quatre principaux pays (Inde, Pakistan, Bangladesh, Sri Lanka), des femmes ont acc√©d√© √† la fonction de Premier ministre. Dans le cas de l'Inde, ce fut Indira Gandhi (1966-1977 et 1980-1984), souvent qualifi√©e, √† l'instar de Margaret Thatcher de "dame de fer". Quant √† Sonia Gandhi, pr√©sidente du parti du Congr√®s depuis 1998, les pressions de l'opposition, qui l'ont incit√©e √† ne pas accepter d'√™tre Premier ministre en 2004, visaient davantage son origine italienne que son statut de femme. Toutefois, il convient de relativiser : si ces femmes ont atteint ces hautes fonctions, c'est essentiellement gr√Ęce √† leurs liens familiaux, Indira et Sonia Gandhi √©tant la fille et la veuve de pr√©c√©dents Premier ministres.

Lors des conflits entre castes, les femmes sont souvent les premières à être victimes des punitions infligées par des membres de castes supérieures à des membres de castes inférieures. Les viols collectifs liés à des transgressions d'interdits sont ainsi encore pratiqués dans quelques régions rurales du nord de l'Inde.

Dans ces m√™mes r√©gions (Rajasthan et Uttar Pradesh notamment), les jeunes filles sont parfois mari√©es tr√®s t√īt, d√®s l'enfance. La presse locale relate des cas excessifs de jeunes mari√©s d'√† peine quelques mois. La quasi totalit√© des mariages, en Inde, sont des mariages arrang√©s entre les familles. Le traditionnel syst√®me de dot (don octroy√© √† la famille du mari√© par la famille de la mari√©e) perdure, surtout dans le nord, et conduit souvent √† des drames. Par exemple, il arrive que la famille du mari√© (au sein de laquelle vivent les jeunes couples) martyrise la mari√©e, si elle estime que le montant de la dot est insuffisant. Des cas d'infanticides de petites filles sont recens√©s, car il est plus avantageux, avec ce syst√®me, surtout chez les familles pauvres, d'avoir des gar√ßons. Dans certaines familles qui ont davantage de moyens, on a parfois recours √† l'echographie pour conna√ģtre le sexe du futur enfant et pratiquer √©ventuellement un avortement. Cons√©quence de ce rejet des filles, tous les √Čtats indiens (sauf le K√©rala, qui a une tradition de matriarcat) ont une population masculine nettement plus nombreuse que leur population f√©minine.

La l√©gendaire Phoolan Devi est un symbole de la condition des femmes. Mari√©e de force √† onze ans, viol√©e par des membres d'une caste sup√©rieure, elle devient, √† la fin des ann√©es 1970, dans l'Uttar Pradesh, la ¬ę Reine des bandits ¬Ľ et s'attaque aux propri√©taires terriens des castes sup√©rieures. Apr√®s avoir √©t√© emprisonn√©e, elle devient d√©put√© en 1997, avant d'√™tre assassin√©e en 2001.

Fragmentation et régionalisation

La domination du Parti du Congrès sur la politique indienne, dans les années 1950-1960, due notamment au prestige de la lutte indépendantiste et à la représentation en son sein de courants très variés, s'est progressivement effritée. Outre le BJP, les principaux bénéficiaires de l'érosion de son électorat sont des partis régionaux, des partis de caste et également les partis issus de scissions, qu'ont subi tant le parti du Congrès à partie de la fin des années 1960, que le Janata Dal à partir des années 1980.

Aujourd'hui, l'effritement de la politique est telle, avec plusieurs centaines de partis politiques, que ni le Parti du Congrès, ni le BJP, les deux premiers d'entre eux, ne sont en mesure d'obtenir des majorités parlementaires absolues. Ils sont obligés, tant au niveau national que régional de former des coalitions hétéroclites et instables, qui elles-mêmes n'obtiennent parfois que la majorité relative. Ainsi, lors de la législature 2004-2009, le gouvernement de coalition dirigé par Manmohan Singh, architecte des réformes économiques libérales des années 1990, dépend, pour obtenir la majorité à la Lok Sabha, du soutien sans participation des partis communistes, qui étaient hostiles à ces mêmes réformes.

Parall√®lement, divers partis r√©gionaux prennent de plus en plus de poids depuis les ann√©es 1980, en particulier dans le Sud, au point de devenir eux aussi indispensable lors des formations des coalitions gouvernementales. La sp√©cificit√© de leurs programmes repose la plupart du temps sur une plus grande autonomie de leur √Čtat ou une revendication identitaire. Il ne faut cependant pas n√©gliger le facteur opportuniste de politiciens en rupture avec leur parti d'origine ou d√©sireux de s'en dissocier pour ne pas subir le m√™me d√©clin √©lectoral. Ces partis ont form√© l'un des deux piliers (avec les partis de gauche comme le Janata Dal) de la fragile coalition National Front-Left Front, au pouvoir entre 1996 et 1998. Ils ont par la suite rejoint la coalition du Parti Congr√®s ou plus souvent celle du BJP, mais leurs all√©geances peuvent √™tre fluctuantes. Ces partis sont nombreux, les plus importants sont : AIADMK (Tamil Nadu), Akali Dal (Pendjab, pro-BJP), Asom Gana Parishad (Assam), Biju Janata Dal (Orissa, pro-BJP), Dravida Munnetra Kazhagam (Tamil Nadu, pro-Congr√®s), Jammu & Kashmir National Conference (Jammu-et-Cachemire), Nationalist Trinamool Congress (Bengale occidental, pro-BJP), Pattali Makkal Katchi (Tamil Nadu, pro-Congr√®s), Shiv Sena (Maharashtra, pro-BJP), Telangana Rashtra Samithi (Andhra Pradesh, pro-Congr√®s), Telugu Desam (Andhra Pradesh, pro-BJP).

Corruption et criminalisation

Corruption et criminalisation sont deux des principaux handicaps du fonctionnement de la démocratie indienne. Ils sont largement accentués par la fragmentation et de la régionalisation, et la corruption l'a été auparavant par l'importante bureaucratisation du système économique.

Dans certains √Čtats, comme l'Uttar Pradesh et surtout le Bihar, les parrains mafieux ont investit la sc√®ne politique locale. Plusieurs d√©put√©s se sont par ailleurs r√©v√©l√©s avoir des liens avec le crime organis√© au cours d'ouverture d'actions judiciaires. Il en est de m√™me √† Bombay, o√Ļ se cotoient les milieux de la politique (notamment le Shiv Sena), du crime organis√© et du cin√©ma. Cette situation touche en fait un grand nombre de partis politiques de tous horizons.

Le r√īle du crime organis√© est aussi un √©l√©ment √† prendre en compte lors des √©lections, en particulier dans le nord du pays, puisque des gangs (goondas) sont parfois r√©tribu√©s par des partis pour "bourrer" des urnes, menacer des candidats ou les √©lecteurs d'une circonscription acquise √† un adversaire. Lors des affrontements intercommunautaires de 1992-1993, les goondas √©taient, selon la presse indienne et britannique, parmi les plus actifs des √©meutiers (notamment √† Bombay pour expulser les habitants de bidonvilles et lib√©rer des terrains int√©ressants d'un point de vue foncier) et en premier lieu avec les militants du RSS lors de la destruction de la mosqu√©e d'Ayodhya qui mit le feu aux poudres.

Selon Transparency International en 2001, l'Inde est le vingt-et-uni√®me pays le plus corrompu du monde. La corruption en politique, qui se caract√©rise par du trafic d'influence, de l'abus de pouvoir et des pots-de-vins, a connu un regain dans les ann√©es 1980, notamment en raison de l'augmentation des co√Ľts des campagnes √©lectorales et de la comp√©tition de plus en plus importante entre les partis. Les partis au pouvoir, localement ou nationalement, ont ainsi tendance √† demander des contributions financi√®res aux entreprises, pour faciliter en √©change les lourdes d√©marches administratives.

Le Pakistan et le Cachemire

La Partition de l'ancien empire britannique des Indes lors de l'indépendance en 1947, a constitué un drame dont le traumatisme se fait encore ressentir en Inde (comme au Pakistan) de nos jours.

Le conflit indo-pakistanais

En 1906, la Ligue musulmane est fond√©e. Elle b√©n√©ficie de la bienveillance des Britanniques, qui esp√®rent ainsi diviser le mouvement ind√©pendantiste. Elle pr√īne la cr√©ation d'un √Čtat musulman s√©par√©, pour prot√©ger les droits de la communaut√© musulmane indienne. Bien que favorable √† l'ind√©pendance vis-√†-vis du pouvoir colonial, elle s'oppose donc au leadership du parti du Congr√®s.

En 1947, le leader de la Ligue musulmane, Ali Jinnah, n√©gocie avec le vice-roi britannique Louis Mountbatten et les dirigeants du Congr√®s, Gandhi et Nehru, la formation du Pakistan, nom qui signifie "pays des purs" et est √©galement l'acronyme des diff√©rentes provinces occidentales de l'√Čtat musulman : Punjab, Kashmir, Sindh et Baluchistan.

Au soir de l'ind√©pendance, deux √Čtats voient donc le jour : l'Union indienne, la√Įque, et le Pakistan, b√Ęti sur une base confessionelle et divis√© en deux parties √©loign√©es (Pakistan occidental et Pakistan oriental, futur Bangladesh). La division de l'Inde partage deux r√©gions linguistiquement homog√®nes, sur la seule base de crit√®res religieux : le Punjab et le Bengale.

À peine la Partition est-elle consommée, qu'elle donne lieu à de vastes mouvements d'exodes dans les jours qui suivent. Des millions de sikhs et d'hindous quittent le Pakistan pour l'Inde et des millions de musulmans prennent le chemin inverse. De nombreuses atrocités sont commises de part et d'autre, le nombre des victimes est compris entre 500 000 et 1 000 000 de tués. Plusieurs dirigeants sont issus de ces populations déracinées, comme le président pakistanais Pervez Musharraf ou le leader du BJP, l'Indien Lal Krishna Advani.

Le Cachemire devient tr√®s vite un enjeu de conflit entre l'Inde et le Pakistan. Au moment de l'ind√©pendance, le maharajah du Cachemire (le souverain hindou d'un protectorat du Raj britannique) doit choisir de rejoindre l'un des deux √Čtats, et penche pour l'Inde, bien que la majorit√© de la population cachemiri soit musulmane. L'arm√©e du Pakistan envahit le Cachemire en octobre 1947, d√©clenchant ainsi la Premi√®re Guerre indo-pakistanaise. √Ä l'issue de celle-ci, en d√©cembre 1948, le Cachemire est partag√© entre l'Inde (Jammu-et-Cachemire) et le Pakistan (Azad Kashmir ou Cachemire libre, et Territoires du Nord).

La paix entre les deux √Čtats n'est pas sign√©e, et la ligne de cessez-le-feu au Cachemire (Line of Control) reste une fronti√®re contest√©e. L'Inde remporte une deuxi√®me guerre contre le Pakistan en 1965 sans modifier le statu quo. En 1971, la Troisi√®me Guerre indo-pakistanaise, d√©clench√©e par le soutien aux rebelles ind√©pendantistes du Pakistan oriental, aboutit √† la cr√©ation du Bangladesh et √† la reconnaissance lors du trait√© de Simla en 1972 du r√®glement bilat√©ral de la question du Cachemire.

Le conflit au Cachemire

Dans le Jammu-et-Cachemire, la partie indienne du Cachemire, la tension entre les s√©paratistes musulmans et l'√Čtat indien, grandit dans les ann√©es 1980, et aboutit √† une situation de guerre civile. Le Pakistan r√©clame un scrutin d'autod√©termination dans la partie indienne du Cachemire et est soutenu par la Chine. Pour l'Inde, il s'agit d'un probl√®me int√©rieur, et New Delhi accuse l'ing√©rence pakistanaise. Les exactions de soldats indiens renforcent les ressentiments de la population musulmane envers le pouvoir central. Les dirigeants politiques cachemiris mod√©r√©s se font d√©passer des groupes plus radicaux qui revendiquent la s√©cession du Cachemire indien. Ceux-ci profitent de l'absence de perspectives de d√©veloppement et des √©checs successifs du gouvernement indien avec ses interlocuteurs locaux (dialogues rompus, d√©cridibilisation parmi la population des alli√©s de New Delhi).

√Ä partir de 1989, avec la fin de la guerre d'Afghanistan, qui lib√®re des combattants du djihad, le conflit au Cachemire se durcit. Les attentats terroristes se multiplient contre les institutions et l'arm√©e indiennes, la minorit√© hindoue du Jammu, et les "collaborateurs" musulmans. Ils sont le fait de groupes islamistes radicaux comme le Lashkar-e-Toiba ou le Jaish-e-Mohammed, dont les bases se situent au Pakistan. Le gouvernement indien accuse Islamabad d'apporter un soutien logistique et financier √† ces groupes qui souhaitent un rattachement au Pakistan. En 1993, une coalition de partis cachemiris (dont le Jammu and Kashmir Liberation Front), le Hurriyat, est fond√©e ; il revendique un Cachemire ind√©pendant des deux √Čtats.

La tension militaire entre l'Inde et le Pakistan est persistante au Cachemire. Des échanges d'artillerie ont lieu sporadiquement de part et d'autre de la Line of Control, ainsi que des combats dans la zone à souveraineté indéterminée du glacier de Siachen, à plus de 6000 mètres d'altitude. À cela s'ajoute désormais la menace nucléaire. L'Inde possède la bombe atomique depuis 1974. Elle dévoile officiellement son existence en mai 1998, à l'arrivée au pouvoir des nationalistes du BJP, en procédant à des essais à Pokharan, dans le Rajasthan, près de la frontière pakistanaise. Le Pakistan réplique instantanément en faisant de même.

Cette tension atteint le stade du conflit √† deux reprises. En mai-juillet 1999, la guerre de Kargil (du nom de la ville la plus proche des combats) oppose l'arm√©e indienne √† des combattants islamistes infiltr√©s, soutenus par le Pakistan qui leur a fourni des bases d'entra√ģnement. Le patriotisme indien est exacerb√© par cette √©pisode guerrier.
Le 1er octobre 2001, le parlement du Jammu-et-Cachemire est la cible d'une attaque terroriste, le 12 décembre, c'est au tour de la Lok Sabha, le parlement national (12 morts mais aucun député). Ces évènements, cumulés, début 2002, à des attentats contre l'armée et la population hindoue du Jammu-et-Cachemire (qui font suite à des violences antimusulmanes au Gujarat), créent un climat d'extrême tension qui aboutit à une crise en mai-juin 2002. Les duels d'artillerie indo-pakistanais succèdent aux déclarations des leaders des deux pays (le Pakistanais Pervez Musharraf et l'Indien Atal Behari Vajpayee) sur l'éventualité de l'utilisation des armes nucléaires. Les pressions de la communauté internationale et les craintes d'une escalade irreversible font finalement reculer les deux armées.

D√®s lors, les gouvernements indiens et pakistanais sont plus enclin au dialogue. Entam√© avec Vajpayee, ce processus conna√ģt une nouvelle impulsion lorsque le parti du Congr√®s gagne les √©lections en mai 2004. Si les attentats et la tension n'ont pas disparus, des progr√®s ont depuis √©t√© enregistr√©s √† la suite de plusieurs rencontre entre officiels des deux pays, comme la garantie du Pakistan de ne plus soutenir certains groupes terroristes, ou l'ouverture d'une ligne de bus entre les parties indienne et pakistanaise de Cachemire. Lors du s√©isme qui a ravag√© le Cachemire en 2005, l'Inde a mis en place une aide humanitaire pour la partie pakistanaise.

Le nucléaire

L'Inde possède l'arme nucléaire depuis 1974 et l'a officiellement révélé en 1998. Le Pakistan dispose également un tel armement, ce qui, compte tenu de la tension qui prévaut toujours entre les deux pays depuis 1947, constitue un facteur important de risque de guerre nucléaire. Pour les différents gouvernements indiens qui se sont succédé, la possession de l'arme nucléaire est un atout essentiel pour faire prévaloir son rang de puissance dans la communauté internationale.

En mai 1998, le gouvernement indien, dirigé par le BJP qui a tout récemment remporté les élections générales, procède à cinq essais d'explosion nucléaire à Pokharan, dans le Rajasthan, tout près de la frontière pakistanaise. Quelques jours plus tard, l'armée pakistanaise fait également exploser officiellement des bombes nucléaires.

La politique étrangère indienne

L'Inde, avec Nehru, a √©t√© un pays leader du mouvement des non-align√©s, pendant la guerre froide, notamment lors de la conf√©rence de Bandoung en 1955, avec Nasser, Zhou Enlai et Soekarno. Toutefois, la "troisi√®me voie" que Nehru appele de ses vŇďux , en refusant de rejoindre les √Čtats-Unis ou l'URSS, eut peu de succ√®s au niveau international √† partir des ann√©es 1960. Cependant, l'Inde devait affronter √† la fois le Pakistan pro-am√©ricain et la Chine communiste. Indira Gandhi resserre les liens, notamment √©conomiques, avec l'URSS, avec laquelle est sign√©, peu avant la Troisi√®me Guerre indo-pakistanaise, un trait√© d'assistance militaire.

L'Inde conna√ģt des relations difficiles avec ses voisins, et pas seulement avec le Pakistan. Les tensions avec la Chine ont des racines multis√©culaires. Les litiges frontaliers le long de l'Himalaya, l'un des enjeux de la Guerre sino-indienne de 1962, ne sont toujours pas r√©gl√©s. L'Inde a accord√© l'asile au Dala√Į-Lama, source de courroux pour P√©kin, tandis que le Pakistan demeure un alli√© des Chinois. En 1998, le ministre de la D√©fense George Fernandes d√©clare que la bombe nucl√©aire est utile pour se prot√©ger de la menace chinoise. Toutefois, les contacts entre dirigeants des deux pays en vue d'am√©liorer leurs liens commerciaux, ont adouci les relations entre les deux g√©ants asiatiques dans les ann√©es 2000.

Avec ses "petits voisins" (Bangladesh, Sri Lanka, Népal, Bhoutan, Maldives), l'Inde adopte volontiers une attitude dominatrice. D'ailleurs, l'un d'entre eux, le Sikkim, a été purement et simplement annexé en 1975. Cette domination est facilitée par le fait que leurs principales voies de communication vers l'extérieur passent par l'Inde. Les relations avec le Bangladesh sont tendues, principalement à cause de l'immigration bangladaise dans les régions frontalières comme l'Assam et de la gestion des ressources hydrauliques du bassin du Gange. Les conflits de l'eau sont également un problème récurrent avec le Pakistan, sur le bassin de l'Indus.

Au Sri Lanka, un corps exp√©ditionnaire militaire indien, l'IPKF, est intervenu, en 1987, dans la guerre civile entre gouvernement cinghalais et minorit√© tamoule. Les Tamouls sont par ailleurs majoritaires dans l'√Čtat indien du Tamil Nadu, et de nombreux camps d'entrainement du LTTE (rebelles tamouls) ont longtemps √©t√© maintenus sur le continent. Cette ing√©rence indienne, destin√©e √† s√©parer les deux forces combattantes, s'est sold√©e par un √©chec, l'arm√©e indienne s'est retir√©e du Sri Lanka en 1989, et Rajiv Gandhi, qui avait ordonn√© l'intervention, a √©t√© assassin√© par une militante tamoule en 1991.

En 1989, l'Inde fait subir au N√©pal un blocus √©conomique. Il s'ensuit des r√©voltes qui aboutissent √† des r√©formes d√©mocratiques dans ce pays, l'ann√©e suivante. L'assistance militaire de l'Inde √† l'arm√©e n√©palaise est cruciale pour le gouvernement de Katmandou, dans sa lutte contre la gu√©rilla mao√Įste. Par ailleurs, la pauvret√© end√©mique du voisin himalayen a fait des N√©palais l'une des principales communaut√©s d'immigr√©s dans les grandes villes indiennes.

Depuis la fin de la guerre froide, l'Inde d√©veloppe des relations de coop√©ration strat√©giques (technologie, armement, √©nerg√©tie), avec des pays tels que la Russie, l'Iran, Isra√ęl. Un rapprochement est notable avec les √Čtats-Unis, depuis que les relations de ces derniers avec le Pakistan sont devenus plus al√©atoires avec la guerre contre le terrorisme. Dans les ann√©es 2000, la Russie cherche √† int√©grer l'Inde dans une alliance triangulaire entre Moscou, P√©kin et New Delhi, notamment dans le cadre de l'Organisation de coop√©ration de Shanghai, dont l'Inde est un membre observateur.

L'Inde est aussi un compétiteur international dans le domaine spatial, et lance ses propres satellites, avec l'Indian Space Research Organisation.

Fiche synthétique

  • Nom du pays: R√©publique de l'Inde (forme conventionnelle longue) ou Inde (forme conventionnelle courte)

Les √Čtats de l'Union √©lisent une assembl√©e qui d√©signe un chief minister. Le pouvoir central peut exercer une administration directe (presidential's rule) par l'interm√©diare d'un gouverneur, valable six mois, en cas de crise.

  • Ind√©pendance: 15 ao√Ľt 1947
  • Jours f√©ri√©s: 26 janvier, anniversaire de la proclamation de la R√©publique (1950)
  • Constitution: 26 janvier 1950
  • Syst√®me l√©gal: bas√© sur le droit coutumier anglais
  • Pouvoir judiciaire: Cour supr√™me, juges nomm√©s par le pr√©sident restant jusqu'√† l'√Ęge de 65 ans
  • Pouvoir l√©gislatif: le Parlement bicam√©ral ou Sansad comprend le Conseil des √Čtats ou Rajya Sabha (250 si√®ges) et l'assembl√©e du peuple ou Lok Sabha (543 si√®ges) √©lue pour cinq ans
  • Chefs d'√©tat (√©lus par les deux chambres pour cinq ans):
    • Pr√©sidente Pratibha Patil (depuis le 25 juillet 2007)
    • Vice-pr√©sident Mohammad Hamid Ansari (depuis le 11 ao√Ľt 2007)
  • Chef du gouvernement (√©lu par la Lok Sabha): Premier ministre Manmohan Singh (depuis le 22 mai 2004)
  • Cabinet minist√©riel : Conseil de ministres d√©sign√© par le pr√©sident suivant les recommandations du Premier ministre


  • R√©sultat des √©lections g√©n√©rales de mai 2004

Voir article d√©taill√© √Člections g√©n√©rales en Inde, 2004

    • Pourcentages de voix par parti : Alliance du Congr√®s ou United Progressive Alliance (UPA): 40,6% ; Alliance du BJP ou National Democratic Alliance (NDA): 34,1% ; autres: 25,3%
    • Si√®ges par parti √† la Lok Sabha
      • Alliance du Congr√®s: 221 (parti du Congr√®s: 145 ; Rashtriya Janata Dal: 24 ; Dravida Munnetra Kazhagam: 16 ; Nationalist Congress Party: 9 ; Pattali Makkal Katchi: 6 ; Telangana Rashtra Samithi: 5 ; Jharkhand Mukti Morcha: 5 ; Lok Janshakti Party: 4 ; Marumalarchi Dravida Munnetra Kazhagam: 4 ; Kerala Congress: 1 ; Indian Union Muslim League: 1 ; Jammu & Kashmir People's Democratic Party: 1)
      • Alliance du BJP: 185 (Bharatiya Janata Party: 138 ; Shiv Sena: 12 ; Biju Janata Dal: 11 ; Shiromani Akali Dal: 8 ; Janata Dal (United): 8 ; Telugu Desam Party: 5 ; Nationalist Trinamool Congress: 2)
      • Autres: 137 (Communist Party of India (Marxist): 43 (soutient l'UPA) ; Samajwadi Party: 36 ; Bahujan Samaj Party: 19 ; Communist Party of India: 10 (soutient l'UPA) ; Janata Dal (Secular): 3 ; Revolutionnary Socialist Party: 3 ; All India Forward Bloc: 3 ; Jammu & Kashmir National Conference: 2 ; Asom Gana Parishad: 2)
  • Partis politiques et leaders :
    • All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam ou AIADMK (parti r√©gional du Tamil Nadu), Jayaram Jayalalitha
    • All India Forward Bloc ou AIFB (parti national de gauche), Debrabata Biswas
    • All India Majlis-e-Ittehadul Muslimeen ou AIMIM (parti r√©gional musulman), Asaduddin Owaisi
    • Asom Gana Parishad ou AGP (parti r√©gional de l'Assam), Brindabon Goswami
    • Bahujan Samaj Party ou BSP (parti des intouchables), Mayawati
    • Bharatiya Janata Party ou BJP (parti nationaliste hindou), Rajnath Singh
    • Biju Janata Dal ou BJD (parti r√©gional de l'Orissa), Naveen Patnaik
    • Communist Party of India ou CPI (parti national de gauche), Ardhendu Bhushan Bardhan
    • Communist Party of India (Marxist) ou CPI(M) (parti national de gauche), Prakash Karat
    • Communist Party of India (Marxist-Leninist) ou CPI(ML) (parti national de gauche), Dipankar Bhattacharya
    • Parti du Congr√®s (I) ou Indian National Congress ou INC (parti national du centre), Sonia Gandhi
    • Dravida Munnetra Kazagham ou DMK (parti r√©gional du Tamil Nadu), M. Karunanidhi
    • Indian Union Muslim League ou IUML (parti national musulman), G.M. Banatwalla
    • Jammu and Kashmir National Conference ou JKNC (parti r√©gional du Jammu et Cachemire), Omar Abdullah
    • Jammu and Kashmir People's Democratic Party ou JKPDP (parti r√©gional du Jammu et Cachemire), Mufti Mohammed Sayeed
    • Janata Dal (Secular) ou JD(S) (parti national de centre-gauche), H. D. Deve Gowda
    • Janata Dal (United) ou JD(U) (parti national de centre-gauche), George Fernandes
    • Jharkhand Mukti Morcha ou JMM (parti r√©gional du Jharkhand), Shibu Soren
    • Kerala Congress ou KC (parti r√©gional du Kerala), P.J. Joseph
    • Lok Janshakti Party ou LJSP (parti r√©gional du Bihar), Ram Vilas Paswan
    • Marumalarchi Dravida Munnetra Kazhagam ou MDMK (parti r√©gional du Tamil Nadu), Vaiko
    • Nationalist Congress Party ou NCP (parti national de centre-gauche), Sharad Pawar
    • Nationalist Trinamool Congress ou NTC (parti r√©gional du Bengale occidental), Mamata Bannerjee
    • Pattali Makkal Katchi ou PMK (parti r√©gional du Tamil Nadu), G.K. Mani
    • Rashtriya Janata Dal ou RJD (parti r√©gional du Bihar), Laloo Prasad Yadav
    • Revolutionary Socialist Party ou RSP (parti national de gauche), K. Pankajakshan
    • Samajwadi Party ou SP (parti de basses castes), Mulayam Singh Yadav
    • Shiromani Akali Dal ou SAD (parti r√©gional du Penjab), Simranjit Singh Mann
    • Shiv Sena ou SHS, (parti r√©gional nationaliste du Maharashtra), Uddhav Thackeray
    • Tamil Maanila Congress ou TMC (parti r√©gional du Tamil Nadu), G.K. Vasan
    • Telangana Rashtra Samithi ou TRS (parti r√©gional de l'Andhra Pradesh), K. Chandrashekar Rao
    • Telugu Desam Party ou TDP (parti r√©gional de l'Andhra Pradesh), Chandrababu Naidu

Notes et références

  1. ‚ÜĎ ¬ę India : Functioning anarchy ¬Ľ, par Mark Tully in CNN.com, 01/03/2001.
  2. ‚ÜĎ David Annoussamy, Le droit indien en marche, Soci√©t√© de l√©gislation compar√©e, 2001, p. 89
  3. ‚ÜĎ David Annoussamy, op. cit., p. 91

Bibliographie

  • Jackie Assayag, L'Inde, d√©sir de nation, Odile Jacob, 2001.
  • Jackie Assayag, La mondialisation vue d'ailleurs : l'Inde d√©sorient√©e, 2005.
  • Christophe Jaffrelot (dir.), L'Inde contemporaine. De 1950 √† nos jours, Fayard, 1997.
  • Christophe Jaffrelot, La d√©mocratie en Inde. Religion, caste et politique, Fayard, 1998.
  • Christophe Jaffrelot, Inde : la d√©mocratie par la caste. Histoire d'une mutation socio-politique 1885-2005, Fayard, 2005.
  • Sunil Khilnani, L'Id√©e de l'Inde, Fayard, 2005.
  • Jean-Luc Racine, Cachemire. Au p√©ril de la guerre, Autrement, 2002.
  • Max-Jean Zins, Inde, un destin d√©mocratique, La Documentation fran√ßaise, 1999.

Christian Bardot, L'Inde au miroir du monde. Démocratie, géopolitique et développement de 1947 à nos jours, Ellipses, 2007

Liens externes

Vidéos

  • Chindia : The next Decade Pete Engardio, Responsable Asie de Business Week, compare les progr√®s de l'Inde et de la Chine dans cette conf√©rence en ligne de mars 2006.


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