Pierre Victurnien Vergniaud

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Pierre Victurnien Vergniaud
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Pierre Victurnien Vergniaud (31 mai 1753 à Limoges - guillotiné 31 octobre 1793 à Paris) était un avocat, homme politique et révolutionnaire français.


Bien plus que l'organe oratoire du parti girondin, il fut l'un des plus grands orateurs de la R√©volution fran√ßaise, et au del√†, de son si√®cle. Si la post√©rit√© de son nom n'a pas connu la m√™me gloire que celle de Mirabeau ou Danton (les seuls capables d'improvisation aussi sublimes que lui), la d√©faite de la Gironde au 31 mai 1793, parachev√©e le 2 juin de cette m√™me ann√©e n'y est certainement pas √©trang√®re. Les historiens ayant pr√©f√©r√© s'attacher aux montagnards repr√©sent√©s par le trident Danton-Marat-Robespierre. Pour autant, Vergniaud ne doit pas √™tre r√©duit √† son √©loquence et √† l'oubli dans les manuels d'histoire. Par-del√† sa verve oratoire, il reste un des grands organes de la R√©volution qui ajouta l'acte √† la parole et qui est √† l'origine de certains grands faits de la R√©volution fran√ßaise. Pr√©sident √† plusieurs reprises de l'Assembl√©e l√©gislative et de la Convention nationale, c'est lui qui d√©clara la "patrie en danger" (discours du 3 juillet 1792) c'est √©galement lui qui pronon√ßa la suspension du roi au 10 ao√Ľt 1792 et le verdict qui condamnait Louis XVI √† la mort. Il fut pour beaucoup dans la chute du tr√īne, et la lev√©e en masse des citoyens pour la guerre. Il fut avec Georges Danton un des grands organes √©nergiques de la R√©volution, ce qui fera regretter √† Michelet que ces deux hommes ne se soient pas entendus[1].

Sommaire

Biographie

Le protégé de Turgot

Fils d'un maitre d'armes, il re√ßoit une √©ducation moyenne, mais une bonne instruction. Son p√®re ayant connu des revers de fortune, le jeune homme entre au s√©minaire qu'il quitte bient√īt, faute de vocation. Vite rep√©r√© par Turgot, alors intendant du Limousin qui lui procura une bourse au coll√®ge du Plessis √† Paris, Vergniaud est envoy√© par lui aux √©coles de Bordeaux. Il y termine brillamment ses √©tudes classiques avant de venir √† Bordeaux pour y faire son droit. Inscrit au barreau de la ville en 1780, secr√©taire de Dupaty pr√©sident du Parlement, il acquiert rapidement une certaine notori√©t√©. Surtout, la protection de Dupaty permet √† Vergniaud d'acqu√©rir la charge d'avocat au parlement de Bordeaux. Brillant mais dot√© d'un caract√®re indolent, paresseux, r√™veur, le jeune avocat n'accepte de travailler que lorsqu'il a besoin d'argent, refuse des causes le reste du temps. L'argent ne l'int√©resse pas, ne l'int√©ressera jamais, il ne cherche pas √† faire fortune. Administrateur de la Gironde en 1789, Vergniaud entre √† la soci√©t√© des amis de la Constitution.

Naissance de la vocation révolutionnaire (1789-1791)

En 1789, alors que la R√©volution √©clate √† Paris et partout ailleurs en France, Vergniaud a trente-six ans. Par le biais de la soci√©t√© des amis de la Constitution, il suit de pr√®s les grands √©v√©nements qui ont lieu √† Paris, il s'informe par les journaux, les gazettes qui font alors flor√®s. Cette p√©riode dont nous connaissons encore assez peu de Vergniaud fut celle o√Ļ il √©tait encore favorable √† la monarchie constitutionnelle mais la tentative de fuite du roi, le 20 juin 1791, la fusillade du Champ-de-Mars 17 juillet 1791 et l'impopularit√© naissante de l'Assembl√©e constituante, jug√©e trop mod√©r√©e par les publicistes et les sections parisiennes remod√®lent la pens√©e politique de Vergniaud (comme bien d'autres r√©volutionnaires √† l'automne 1791). Il se pr√©sente alors √† Bordeaux et se fait √©lire d√©put√© pour l'assembl√©e l√©gislative qui succ√®de √† l'assembl√©e constituante.

Une ascension fulgurante (octobre 1791-décembre 1791)

Vergniaud √©lu, il ne lui restait qu'√† rejoindre Paris. Une nouvelle carri√®re s'ouvrait √† lui et aux autres d√©put√©s bordelais qui le suivirent. Une nouvelle p√©riode allait √©galement s'ouvrir pour la France. Car ce petit groupe d'hommes qui entraient dans capitale totalement inconnus allait bient√īt renverser le tr√īne. Vergniaud semblait d√©j√† leur chef de file bien que son caract√®re n'all√Ęt nullement dans ce sens. Juriste √©loquent, philosophe profond√©ment empreint de justice et d'humanit√©, il avait une filiation √©vidente avec le si√®cle des Lumi√®res partageant avec Voltaire la lutte contre l'√Čglise et l'intol√©rance. Mais d√©j√† pouvait-on percevoir chez Vergniaud ces inconstances qui devaient le mener deux ans plus tard, lui et son parti, √† la guillotine. Un t√©moin de l'√©poque, Monsieur de Reinhart, un diplomate allemand, rencontra la voiture qui conduisait Vergniaud, Gensonn√©, Fonfr√®de et Guadet. Il trouva √† ses compagnons de voyage une infinie g√©n√©rosit√©, du g√©nie, mais √©galement une certaine inexp√©rience, une tendance √† √™tre beaux parleurs, domin√©s par les habitudes du barreau. L'anecdote nous est cont√©e par Michelet[2]. Certains historiens ont pu parler de Vergniaud comme d'un leader des girondins dans la mesure o√Ļ il symbolisait les forces et faiblesses, les grandeurs et les bassesses de ces amis. En revanche, Vergniaud n'avait pas, contrairement √† ses coll√®gues, l'esprit clanique et querelleur. Il √©tait plut√īt indolent, voire paresseux, ce qui explique, en plus de son g√©nie, sa propension √† improviser √† la tribune. Le 1er octobre 1791 s'ouvre la premi√®re session de l'assembl√©e l√©gislative. Vergniaud si√®ge √† son extr√™me gauche avec ses amis de Bordeaux, Ducos, Gensonn√© et Guadet. D√®s ses premi√®res sessions, cette nouvelle assembl√©e tergiverse : le 5 octobre 1791, sur demande de plusieurs d√©put√©s, l'Assembl√©e d√©cr√®te que le titre de Majest√© serait remplac√© par Roi des Fran√ßais et que le si√®ge destin√© au roi serait √† la m√™me hauteur que le si√®ge destin√© au pr√©sident de l'Assembl√©e[3]. Mais sous la pression royaliste et dans l'incertitude, l'assembl√©e annula son d√©cret le lendemain. M√™mes lenteurs constat√©es en ce qui concernait les d√©crets contre les √©migr√©s qui se r√©unissaient √† Coblence et mena√ßaient la France de guerre civile. Apr√®s son coll√®gue Brissot, Vergniaud fit alors son entr√©e sur la sc√®ne nationale, dans un discours tr√®s √©quilibr√©, fluide et empreint d'humanit√© (ce qui en accentuait la port√©e et le d√©fi lanc√© au roi), qui se terminait par une injonction noble et mordante √† Louis XVI :

Si le roi a le chagrin de ne pas trouver en ses fr√®res (sous entendu les √©migr√©s qui complotaient contre la France, au nom du roi) l'amour et l'ob√©issance, qu'ardent d√©fenseur de la libert√©, il s'adresse au cŇďur des Fran√ßais, il y trouvera de quoi se d√©dommager de ses pertes [4].

Ce discours fit un tel effet sur l'assembl√©e qu'elle acclama son orateur et le nomma d√®s le lendemain √† la pr√©sidence (30 octobre 1791) [5]! Vergniaud n'√©tait √† Paris que depuis un mois et voil√† qu'on le portait d√©j√† √† la pr√©sidence de l'assembl√©e l√©gislative. Au mois de novembre, Vergniaud, avec Isnard, Guadet et d'autres, multiplie ses attaques contre les √©migr√©s et les pr√™tres r√©fractaires (ceux qui avaient refus√© de pr√™ter serment √† la constitution civile du clerg√©). Au mois de d√©cembre, il r√©dige un projet d'adresse aux fran√ßais dans lequel il d√©nonce l'attitude des √©migr√©s et leur projet de guerre contre la France. Cet appel vibrant se terminait par cette emphase, proc√©d√© de style que Vergniaud, comme beaucoup d'autres orateurs de la R√©volution, utilisait tr√®s souvent :

Union et courage : la gloire vous attend. Jadis les rois ambitionnaient le titre de citoyens romains ; il d√©pend de vous de leur faire envier le titre de citoyen fran√ßais [6].

Ce projet d'adresse destin√© aux Fran√ßais montre, mais contredit √©galement le consensus qui s'est fond√© entre les historiens qui aiment √† ranger Vergniaud parmi les orateurs et ne jamais en faire un homme d'action. Or, √† la lumi√®re de ce texte, on remarque que Vergniaud, inspir√© par le projet d'adresse que Mirabeau avait √©crit aux fran√ßais en juillet 1789, cherche avant tout √† impliquer ses concitoyens, √† les faire entrer dans une phase active. Cela contredit √©galement l'historiographie qui s'acharne √† faire de Vergniaud un mod√©r√© : contrairement aux Feuillants et comme les Montagnards, Vergniaud consid√®re que la R√©volution n'est absolument pas achev√©e et qu'il faut la poursuivre. Il refuse de laisser les citoyens dans un √©tat de latence et cherche √† les impliquer. Le refus de la passivit√© est toute girondine en 1791, et c'est ce grand mouvement des id√©es qui va conduire √† la guerre, guerre utopique destin√©e √† lib√©rer tous les peuples et √† faire tomber tous les tr√īnes. Avant de s'attaquer √† Louis XVI, Vergniaud, Brissot et les girondins entendent r√©gler leur compte aux cours de l'Europe et r√©pondre enfin aux provocations des √©migr√©s r√©unis √† Coblence. Ce mouvement vers la guerre sera √©galement celui d'un schisme au sein des patriotes qui si√®gent encore √† l'extr√™me gauche : d'un c√īt√©, Vergniaud, Isnard, Fonfr√®de, Brissot et Roland souhaitent la guerre comme moyen de faire tomber les tr√īnes et de r√©duire √† n√©ant l'influence de Louis XVI, d'un autre c√īt√©, Robespierre, Desmoulins et Couthon qui pr√©f√®rent d√©jouer les complots internes et ne pas se lancer dans une guerre co√Ľteuse, qui peut d√©truire la France et n'entra√ģnera pas l'amour des autres peuples. Personne n'aime les missionnaires arm√©s dira Robespierre aux Jacobins.

L'apog√©e de la gloire (janvier 1792-ao√Ľt 1792)

La guerre universelle contre les rois (décembre 1791 - avril 1792)

La premi√®re phase des discussions sur la guerre est celle de l'interminable d√©bat sur les sanctions √† prendre contre les √©migr√©s. Dans un discours du 11 janvier 1792, Vergniaud appuie une motion de Brissot visant √† envoyer un ultimatum √† l'empereur L√©opold II. Discours o√Ļ se trouve sa fameuse formule [...] en m√©ritant le titre de bienfaiteurs de votre patrie, vous m√©riterez aussi celui de bienfaiteurs du genre humain. Toujours cette utopie, cet universalisme des droits de l'homme et cette insatiable besoin de justice. On retrouve cette dichotomie avocat/philosophe dans le style de Vergniaud. Toujours la recherche du bon mot, au service de la justice. Cette philosophie romaine de l'√©loquence qui doit permettre d'√©clairer le peuple est constamment la muse de Vergniaud. Avec ses amis, partisans de la guerre, ils incitent le peuple √† agir. La guerre, c'est aussi le moyen de profiter de toute l'√©nergie populaire. Cette √©tape est √©galement celle de la scission avec Robespierre, farouche opposant √† la guerre.

Le combat contre la cour (avril 1792 -ao√Ľt 1792)

Gr√Ęce √† l'influence de Dumouriez, des ministres brissotins (P√©tion, Clavi√®re, etc.), √©taient entr√©s au gouvernement en mars 1792. Suite √† leur r√©vocation, avant la journ√©e du 20 juin 1792, Vergniaud se serait entremis en juillet avec les conseillers de Louis XVI, pour faire assurer sa protection √† condition de rappeler les ministres d√©mocrates. Louis XVI refusa cette ouverture et fit appel √† des ministres qui, pensait-il, lui √©taient acquis.

Au mois de juillet, dans un de ses meilleurs discours, il dénonça la duplicité de la politique étrangère des Tuileries, qu'il rendait responsable de l'attitude des puissances ennemies.

Pr√©sident de l'Assembl√©e nationale l√©gislative (R√©volution fran√ßaise), le 10 ao√Ľt 1792, en remplacement de Merlet, il accueille le roi et sa famille venus chercher refuge aupr√®s des d√©put√©s.

Dans l'apr√®s-midi, en tant que directeur, il fit adopter par ses coll√®ges ces deux mesures historiques : Le peuple fran√ßais est invit√© √† former une Convention nationale, et Le chef du pouvoir ex√©cutif (Louis XVI) est provisoirement suspendu de ses fonctions (d√©cret de d√©ch√©ance), et il pronon√ßa la suspension de sa fonction.

De la l√©gislative √† la convention nationale (ao√Ľt 1792-novembre 1792)

Contre la commune de Paris (ao√Ľt-septembre 1792)

Cependant, √† partir de cette date, il d√©nonce la d√©magogie et les machinations tortueuses des Exag√©r√©s issus de la Commune du 10 ao√Ľt qui ont la force arm√©e pour eux, sous le commandement de Santerre puis de Hanriot. Il s'√©l√®ve contre le terrorisme que certains pr√©sentent comme une fatalit√© r√©volutionnaire et les dangers que la d√©magogie d√©velopp√©e dans les clubs populaires et les sections fait peser sur la repr√©sentation nationale.

Vergniaud s'√©l√®ve avec force avec Charles de Villette et Olympe de Gouges contre les Massacres de Septembre et demande que les responsables soient identifi√©s et jug√©s comme ils le m√©ritent. √Člu √† la Convention, il r√©clame une commission d'enqu√™te parlementaire susceptible de faire la lumi√®re sur les voies de faits et les spoliations de septembre o√Ļ des d√©put√©s sont impliqu√©s (notamment Marat, Santerre et Panis).

Une nouvelle force : Danton (septembre 1792)

Danton devient ministre de la Justice le 17 ao√Ľt 1792. Grand vainqueur du 10 ao√Ľt, membre de la Commune insurrectionnelle de Paris, substitut du procureur Manuel, Danton par son r√©seau et ses amiti√©s entre au pouvoir "Au son du tocsin". Vergniaud et la Gironde ayant h√©sit√© le 10 ao√Ľt, ils ont laiss√©, √† partir de ce moment, les r√™nes de la R√©volution √† La Commune de Paris. Si les girondins retrouvent leurs minist√®res avec Servan, Clavi√®re et Roland, l'influence de Danton √©crase vite ces hommes sans relief. Rapidement, c'est lui qui d√©cide tout, qui arrange la retraite des troupes fran√ßaises, traite via ses √©missaires avec les forces √©trang√®res (certains dirent que Danton avait achet√© le duc de Brunswick et que cela expliquerait la victoire de Valmy). √Ä ce moment-ci, Danton dirige la France : il tient les fils de la police, de la politique √©trang√®re, de l'arm√©e et son r√©seau immense lui permet de n√©gocier avec chaque parti. Enfin, sa popularit√© sans commune mesure dans Paris et au sein des sections lui assure un soutien total de la capitale. Il peut agir librement, sans avoir √† se retourner. Cette puissance est imm√©diatement vue d'un mauvais Ňďil par les girondins et surtout par Madame Roland : le Mirabeau de la canaille n'entre pas dans les sch√©mas ampoul√©s du v√©ritable chef de la Gironde, Manon Roland. Sa r√©publique √† elle ne doit souffrir aucune impuret√©, aucune vertu souill√©e (on note la ressemblance de la pens√©e rolandiste avec la pens√©e robespierriste). Danton pour Manon, est une hydre inf√Ęme, la honte de la R√©publique : corrompu, grossier, gouailleur, libertin, elle lui trouve tous les d√©fauts et lui fait les m√™mes griefs dont Robespierre se servira pour l'envoyer √† la guillotine. Elle ne trouve pas derri√®re cet aspect terrible du taureau de la R√©volution la force vive, l'√©nergie et l'intelligence r√©volutionnaire de Danton. De lui, elle ne voit que le turbot farci, mot terrible de Billaud-Varenne. Les Massacres de Septembre, ou la premi√®re Terreur dont on dit que Danton a laiss√© faire, voire pr√©m√©dit√© (la r√©alit√© historique est bien plus complexe) ach√®ve de convaincre Madame Roland de l'infamie de ce personnage, vu par elle comme un assassin, un anarchiste et un possible dictateur. D√®s lors, les girondins se rangent derri√®re elle et d√©veloppent un m√©pris √† son √©gard que la puret√© salie (et s√Ľrement la jalousie de lui c√©der la popularit√©) vont enflammer. Quel fut le sentiment de Vergniaud √† l'√©gard de Danton ? Difficile √† dire. Entre l√©gendes, fantasmes des historiens et vides laiss√©s par les archives, il n'est pas ais√© de tirer des conclusions. Toujours est-il que Vergniaud ne s'attaqua jamais √† Danton directement. Les historiens favorables √† Vergniaud et Danton[7] pensent m√™me que Vergniaud, sans son parti, aurait pu s'entendre avec Danton, ne c√©dant pas ainsi les r√™nes de la R√©volution √† Robespierre. Et pour s'en tenir aux faits, rien de tout cela n'est av√©r√©, mais encore une fois : Vergniaud qui s'attaqua tant de fois √† Robespierre, ne s'attaqua jamais √† Danton directement.

Deux anecdotes montrent tout de m√™me le rapport des deux grands r√©volutionnaires √† cette √©poque. La premi√®re, que l'on trouve chez Michelet [8] raconte que Danton aurait pris place avec sa femme dans la loge de Manon Roland, au th√©√Ętre, tentant ainsi, par l'entremise des femmes, et l'amiti√© qui serait n√©e de ce rapport de se rapprocher de Vergniaud. Mais Manon voyant la femme de Danton pr√©f√©ra se retirer au pr√©texte quelle aurait aper√ßu une femme de mauvaise figure. Elle r√™vait d'arriver entre Vergniaud et Dumouriez, entre la parole et l'√©p√©e et son id√©al ne souffrit pas Danton √† ses c√īt√©s. La deuxi√®me anecdote semble av√©r√©e : on la retrouve dans les M√©moires de Dumouriez[8], chez Marat et nombre d'historiens l'ont relay√©e. Une grande f√™te se serait tenue en l'honneur du retour du g√©n√©ral, f√™te dans laquelle se trouvaient p√™le-m√™le Vergniaud, Madame Roland, et Danton. Que s'est-il dit ? Nul ne le sait, mais Marat interrompit la petite f√™te et gla√ßa le sang des convives.

Enfin, Michelet[8] dont les √©crits historiques doivent √™tre lus en √©tant circonspect, parle d'une entrevue entre Vergniaud et Danton. Ce n'est pas impossible, mais aucun texte historique n'atteste cette pr√©tendue entrevue, et impossible de savoir ce qu'il s'y serait dit. En revanche, les archives nous montrent un Danton ayant beaucoup de respect pour Vergniaud et les girondins. L'on sait qu'√† maintes reprises, il se plaignait Je ne pourrai pas les sauver disait-il Ils n'ont pas de confiance On sait √©galement que Danton parla √† Vergniaud en lui demandant de cesser ses attaques s'il ne voulait pas mourir. Vergniaud n'en fit rien (avril-mai 1793)[8]. Par fid√©lit√© √† ses amis ou par conviction ? Les deux sont plausibles. Sachant qu'en septembre-octobre 1792, Vergniaud, contrairement √† tous ses amis entretient des rapports cordiaux avec l'homme de l'audace.

Rupture avec Danton et les montagnards (octobre-novembre 1792)

Procès et exécution du roi, Vergniaud régicide (novembre 1792-janvier 1793)

Lors du procès de Louis XVI le 31 décembre 1792, il tente en vain de persuader ses collèges de faire appel au peuple, alternative qui aurait laissé une chance au roi. Président de la Convention le 10 janvier 1793, c'est lui qui rédigea les trois questions qui devaient être posées aux députés le jour du verdict.

Malgré les intentions publiques qu'il avait manifesté avant le procès, il vota la mort sans sursis.

Montagnards et brissotins : un combat √† mort (21 janvier 1793-31 mai 1793)

Vergniaud et Robespierre

Derniers combats contre la Montagne (février 1793 - 31 mai 1793)

Il ne fut pas favorable à l'établissement, le 10 mars 1793, d'un Tribunal révolutionnaire. En revanche il participa à l'organisation de la Commission des Douze chargée de faire la lumière sur les débordements de la Commune. Le 10 avril 1793, Robespierre l'engloba dans l'accusation lancée contre les ministres girondins et Brissot d'avoir pactisé avec La Fayette et Dumouriez.

La chute (Coups d'√Čtat du 31 mai 1793 et du 2 juin 1793) et l'arrestation

Désigné par la fameuse section du "Bon Conseil" comme l'un des girondins à éliminer, il fut décrété d'accusation avec ses collèges, le 2 juin 1793.

Sous surveillance (juin-octobre 1793)

Contrairement à plusieurs Brissotins, il refusa de fuir avec ces mots Fuir c'est s'avouer coupable.

Il publia un texte extr√™mement important √† conna√ģtre sur l'ill√©galit√© de la mise en accusation par la Convention - sous la menace de la force arm√©e - des 31 d√©put√©s de la Gironde, en rendant responsable Bar√®re de Vieuzac qualifi√© d'imposteur et d'assassin.

Arrestation, procès et exécution, la fin d'un orateur de génie

Incarcéré à la Force puis au Luxembourg, il condamne l'insurrection fédéraliste fomentée par ses anciens amis. Il est guillotiné le 31 octobre 1793 avec les 21 autres députés girondins.

Legs de Vergniaud à la postérité

Sciences Po Bordeaux a créé en 2009, avec le soutien du Conseil général de la Gironde, une "Chaire Vergniaud" consacrée aux questions se rapportant à la décentralisation, au développement territorial durable et à l'analyse des politiques publiques territorialisées, en France et dans le reste du monde, dans une approche comparative. Chaque année, un spécialiste de ces questions bénéficie du statut de professeur invité à Sciences Po Bordeaux, pour traiter ces problèmes dans le cadre d'un "cours d'ouverture" ou par des conférences et des séminaires organisés à Sciences Po Bordeaux ainsi qu'au Conseil général de la Gironde. En 2009-2010, le professeur Jean Mercier, de l'Université Laval à Québec, a été le premier titulaire de la "Chaire Vergniaud".

La vie de l'homme

Controverses

Vergniaud et la cour

Vergniaud √©tait-il un mod√©r√© ?

Un √©tat compos√© de f√©d√©rations ?

L'homme d'√Čtat

Avocat, r√©volutionnaire, Vergniaud fut-il un homme d'√Čtat ? Les historiens (m√™me ceux qui lui sont tr√®s favorables) s'accordent pour dire que Vergniaud manqua, comme les brissotins de la vision que doit avoir un homme d'√Čtat[r√©f. n√©cessaire]. Les Girondins excellaient dans l'art d'attaquer, de d√©truire, mais lorsqu'il s'agissait de construire, ils vacillaient, achoppaient, remettaient √† d'autres le soin de faire la France. En partie responsables de la journ√©e du 20 juin 1792, du 10 ao√Ľt 1792, ils laiss√®rent ensuite le pouvoir √† la Commune et s'√©loign√®rent du peuple.

Idéologie de Vergniaud

Nous n'avons que peu de textes théoriques de Vergniaud à notre disposition. Ou de projets. Indolent, il laissa à Condorcet le soin de rédiger la Constitution de l'an I et à Roland le ministère. Aussi, seuls ses discours peuvent nous servir comme point d'appui dans une étude de l'idéologie de Vergniaud. Or, ces discours étaient souvent des improvisations. De plus, ils ont souvent été prononcés dans l'urgence de telle ou telle situation engendrée par la Révolution ou par des réponses à des attaques personnelles. Il faut donc s'en tenir exclusivement à ses discours. De là, il ressort que Vergniaud n'est pas plus original que Robespierre, Couthon ou Brissot. Il évolua avec le temps. D'abord favorable à une monarchie constitutionnelle, les urgences de la situation (et disons-le, l'amour de la popularité) radicalisèrent ses discours. Celui du 3 juillet 1792 était un coup terrible porté à la monarchie et ce n'est pas se tromper de dire que Vergniaud fait partie des responsables de la chute de cette royauté. (En sachant qu'auparavant, il avait écrit à Louis XVI pour lui proposer de le protéger s'il acceptait de rappeler les ministres girondins et leur laisser les pleins pouvoirs. Devant le refus de ce dernier, Vergniaud attaqua).
Une fois la R√©publique proclam√©e, ce n'est pas faire injure √† Vergniaud que d'√©crire qu'il fut l'un des plus ardents promoteurs d'une R√©publique bourgeoise par opposition √† Gracchus Babeuf par exemple. Comme Danton, Robespierre et Saint-Just, Vergniaud ne voulait pas s'attaquer √† la propri√©t√©. Il la consid√©rait comme un droit inali√©nable. La R√©publique selon Vergniaud semble assez proche de ce que fut la Troisi√®me R√©publique fran√ßaise. Une r√©publique de la "m√©ritocratie", qui laisse sa chance √† chacun. Vergniaud semblait placer la libert√© encore au-dessus de l'√©galit√©, ce qui explique en partie ses r√©ticences √† l'id√©e d'un Tribunal r√©volutionnaire et √† la censure croissante de la presse d√®s septembre 1792. Par ailleurs, il est int√©ressant de constater que notre R√©publique contemporaine n'est pas √©loign√©e de l'id√©ologie de Vergniaud. Et sans doute est-ce pour cela que les historiens marxistes ont d√©laiss√© les girondins : Vergniaud n'√©tait absolument pas communiste (encore que ce mot soit anachronique ici, on pourrait plut√īt dire que Vergniaud n'√©tait pas babouviste). Qu'est ce qui le s√©parait de la Montagne alors ? Id√©ologiquement, peut-√™tre rien. Ce sont les exigences de l'√©poque, les grandes convulsions de la R√©volution qui ont s√©par√© les hommes. Simplement trouve-t-on un schisme religieux avec Robespierre. Ce dernier comprit vite que la R√©volution ne pouvait se mettre le clerg√© √† dos, que l'homme avait besoin de nourritures c√©lestes. Qu'il avait besoin de religion. En 1794, il lutta farouchement contre l'ath√©isme et envoya toute la Commune de Paris √† la guillotine avec ce grief. Or, Vergniaud √©tait franchement ath√©e. Il refusa la derni√®re b√©n√©diction d'un pr√™tre la veille de sa mort et il lutta √©nergiquement contre les pr√™tres r√©fractaires √† la tribune de la l√©gislative et de la Convention. En cela, il √©tait plus montagnard que Robespierre. Ceci montre √©galement que les diff√©rences id√©ologiques sont plus t√©nues que celles qui s√©pareraient un Danton d'un La Fayette, un Robespierre d'un Barnave. √Čvidemment, Vergniaud luttait farouchement contre les id√©es h√©bertistes et maratistes, mais quelle autre id√©ologie proposaient ces hommes sinon de faire tomber des t√™tes ?

Il semblerait que Vergniaud f√Ľt donc partisan d'une R√©publique une et indivisible avec un pouvoir fort √† une seule assembl√©e tout en rehaussant quelque peu le pouvoir des d√©partements pour contrebalancer le pouvoir exorbitant de la Commune de Paris. Ce qui ressemble d'assez pr√®s √† la France que nous connaissons aujourd'hui. Toutefois, il faut se garder de conclusions h√Ętives, que ce soit dans un sens ou dans l'autre car Vergniaud a peu √©crit et l'imagination des historiens est parfois oblig√©e de combler les vides laiss√©s par le grand orateur.

Le politique

D√©put√©, pr√©sident de l'assembl√©e l√©gislative, de la Convention Nationale, membre de la Commission des Douze, √† la t√™te du parti le plus puissant de France, ami des ministres Servan, Clavi√®res ou Dumouriez, les apparences peuvent nous faire croire √† un Vergniaud fin politique, homme d'√Čtat qui faisait ou d√©faisait les gouvernements. Or il n'en fut rien. Comme nous l'avons d√©j√† dit, Vergniaud √©tait avant tout un homme de loi aux allures de philosophe, un orateur du genre humain, mais nullement un homme politique. S'agissait-il de d√©noncer les complots de la cour ? On l'entendait √† l'assembl√©e. S'agissait-il d'attaquer le roi ? On l'entendait. Mais d√®s que celui-ci tomba et qu'il fallut prendre les r√™nes de la R√©publique, Vergniaud ne proposa presque rien ou peu. Il ne parvenait pas √† adapter ses grandes id√©es en actions. Pourtant, il sut agir en 1792, attaquant le roi, pla√ßant les ministres. Son attaque contre le duc de Brunswick et son appel √† "la patrie en danger" sont aussi de grands actes vigoureux. Mais d√®s lors que l'ennemi num√©ro un, le roi, √©tait d√©chu, et que tout restait √† faire, Vergniaud ne perdit non de sa superbe mais de son action. Il pronon√ßait toujours de sublimes apostrophes mais celles-ci √©taient souvent sans but.

Vergniaud √©tait-il un brissotin ?

Article d√©taill√© : Gironde (R√©volution fran√ßaise).

Il s'agit d'abord de comprendre ce qu'√©tait ce parti. Entre les 200 membres de l'assembl√©e l√©gislative ou de la Convention nationale qui vot√®rent avec eux et les cercle d'une dizaine d'amis qui se rendaient chez Madame Roland (Vergniaud n'y allait pas), quelle √©tait la r√©alit√© de ce parti ? Il ne s'agit pas ici de faire une √©tude exhaustive sur les Girondins mais simplement de montrer qu'au del√† de l'ind√©pendance d'esprit de Vergniaud, le parti girondin √©tait tr√®s divis√©, ne pouvant jamais se pr√©senter en ordre de bataille. Aucune politique commune ne les animait, si ce ne fut dans les grands mois de 1792. Parfois, l'on voyait Isnard combattre Condorcet √† la tribune, et Vergniaud contredire ses amis. En r√©alit√©, il semblerait que ce fut l'amiti√© qui servit de lien diaphane aux Girondins. Ils n'avaient aucune ligne politique commune, mais des sentiments personnels. Leur seul convergence fut de s'attaquer √† la Montagne et ils devaient en p√©rir. Ce parti trop h√©t√©roclite prouva son manque d'homog√©n√©it√© en juin 1793 quand certains fuirent pour soulever les provinces contre la convention alors que d'autres restaient √† Paris comme Vergniaud. Les girondins post-thermidoriens qui r√©int√©gr√®rent la Convention nationale (souvent royalistes) montr√®rent √©galement la divergence d'opinion avec leurs illustres a√ģn√©s. On peut avancer que le parti girondin n'en fut jamais un. Seule l'amiti√© lia les Girondins de 1792 Vergniaud √©tait un ami personnel de Guadet, Gensonn√© et Ducos. Outre ce sentiment personnel, les m√™mes combats les animaient. Ils lutt√®rent ensemble contre les √©migr√©s, les pr√™tres r√©fractaires, les ministres et la cour. Mais lorsque la R√©publique fut proclam√©e, Vergniaud ne partagea pas compl√®tement l'esprit querelleur des brissotins qui dans leurs journaux et √† la tribune s'acharnaient contre les Montagnards. Il vota avec eux par amiti√©, les d√©fendit parce que le sort les liait √† lui, mais il ne fut nullement leur meneur. Les Girondins n'en avaient pas, ils n'avaient aucun mot d'ordre commun. Trop philosophes pour √™tre politiques, trop abstraits pour √™tre hommes d'√Čtat, ils partag√®rent tous ce manque de pragmatisme, et c'est cette unit√© dans le d√©sordre, ces grandes id√©es manquant de r√©alisme qui peuvent sans doute ranger Vergniaud comme √©tant un Brissotin.

Vergniaud et ses contemporains

Rapports avec le peuple

Vergniaud et Paris

Divorce avec la commune et les sans-culottes des sections

Vergniaud et les révolutionnaires

La jalousie de Robespierre[r√©f. n√©cessaire]

D√®s l'assembl√©e constituante, Robespierre avait exerc√© ses talents d'orateur √† la tribune. Ch√©tif, dot√© d'une voix faible et qui ne portait pas, il ennuyait souvent l'assembl√©e et ses auditeurs par des discours tr√®s longs, discours dans lesquels il se mettait souvent en sc√®ne comme martyr de la libert√©. Ces discours faisaient beaucoup d'effet sur les femmes et les membres des jacobins, mais les grands orateurs les go√Ľtaient peu. Durant la Constituante, Robespierre subit par ailleurs de nombreuses railleries de ses pairs. Aussi, s'il se rallia aux Girondins dans un premier temps pour combattre les ministres et la cour, le divorce d'avec leur faction raviva en lui la jalousie de ne pas poss√©der un talent oratoire tel que le poss√©daient les Barbaroux, Isnard, Fonfr√®de, Guadet, et bien s√Ľr Vergniaud. Cette rancune √©tait d'autant plus tenace que Robespierre mit longtemps √† accuser Vergniaud qu'il consid√©rait √† juste titre comme un √©minent r√©volutionnaire. Aussi, lors de l'un de ses nombreux r√©quisitoires contre la Gironde, il c√®de ce persiflage √† la tribune Oserai-je accuser des citoyens aussi patriotes que Monsieur Vergniaud ? . Il finit par c√©der √† la tentation du 31 mai 1793. Auparavant, comme nous l'avons √©voqu√©, il dicta un long r√©quisitoire et une attaque personnelle contre Vergniaud qu'il lut √† la tribune. Le lendemain, Vergniaud lui r√©pondit avec une aisance et une grandeur d'√Ęme qui lui offrirent la victoire. Paris et les sections avaient vaincus Vergniaud et les Girondins, mais jamais Robespierre, ni les autres Montagnards ne surent vaincre Vergniaud √† la tribune. Cette rancŇďur, nous la retrouvons durant l'automne et l'hiver 1792 mais √©galement dans les premiers mois de 1793. Elle explicite une fois encore que Vergniaud et les Girondins ne surent pas profiter de leur avantage, et refusant de s'adresser au peuple, dans les sections, aux Jacobins, ils devaient p√©rir par lui. Robespierre avait vaincu.

Incompréhensions avec Danton

Avec Mirabeau, les deux hommes furent les trois grands orateurs de la R√©volution fran√ßaise. Danton √©tait la voix du peuple, Mirabeau celui de la foudre et Vergniaud de l'√Ęme. Contrairement √† de nombreuses id√©es re√ßues, Vergniaud et Danton avaient de nombreux points en commun : tous deux paresseux, plut√īt √©picuriens, nullement jaloux, ils pouvaient se regarder comme deux grands organes de la R√©volution. Tous deux avocats, r√©publicains, anticl√©ricaux et compromis par la cour ou les intrigues, ils ne laissaient pas leurs discours orphelins de l'action comme pouvaient le faire certains girondins. Ils firent √©galement partie des grands promoteurs du 10 ao√Ľt qu'ils contribu√®rent tous deux √† d√©clencher. Leur politique et leur id√©ologie n'√©tait sans doute pas tr√®s √©loign√©e, mais les Massacres de Septembre allaient les diviser. Vergniaud r√™vait la jeune R√©publique pure, au-dessus de tout chaos et de toute anarchie. Il √©tait r√©solument contre ce que Marat appelait la "Hache vengeresse du peuple". √Ä ce titre, Vergniaud trahissait son affiliation plus qu'√©vidente aux Girondins et √† Roland qu'il ne portait pourtant pas dans son cŇďur. Pire : comme pour beaucoup de ses contemporains, Danton lui apparut comme un possible dictateur, au m√™me titre que Robespierre et Marat. Sans jamais s'attaquer directement √† lui, Vergniaud se rangea alors derri√®re le parti brissotin. Ils rapproch√®rent ainsi Danton de Robespierre et rang√®rent les Montagnards en ordre de bataille. Cette incompr√©hension avec Danton co√Ľta plus que tout autre √† Vergniaud, et nul doute que si lui et son parti ne s'√©taient pas attaqu√© √† l' "homme du 10 ao√Ľt", les Girondins n'eurent pas √©t√© vaincus.

Hors du cercle de Manon

Les contemporains de la R√©volution fran√ßaise le savaient : l'√©g√©rie, l'inspiratrice, la meneuse m√™me du parti que l'on qualifiait alors de Brissotin n'√©tait autre qu'une femme : Manon Roland. Les repas qu'elle donnait dans son salon attiraient tous les fervents patriotes. En 1791, on y trouve p√™le-m√™le Brissot, Buzot, Robespierre et P√©tion. Le mari de Madame Roland recevait les convives et Manon √©coutait ce qui se disait, inspirait ses coll√®gues. Ceux qui y venaient, et qui allaient former la t√™te du parti girondin √©taient directement inspir√©s par elle. Sa beaut√©, son charme, son intelligence lui conf√©raient une aura, sa puret√© et sa vertu la faisaient para√ģtre une idole. Buzot s'√©tait √©pris de la belle Manon et beaucoup en effet la louaient pour son courage et son honn√™tet√©. On pensait aux femmes de Sparte, pr√™tes √† donner leur vie pour la patrie. Jouissant de ce pouvoir sur les √Ęmes, Manon qui ne faisait que servir les invit√©s disposait en r√©alit√© d'un pouvoir absolu sur leur conscience. C'est dans son salon que se pr√©paraient les grandes lois, les d√©crets qui allaient √™tre discut√©s le lendemain √† l'assembl√©e l√©gislative. C'est ici que l'on portait les attaques au roi, que les Girondins r√©fl√©chissaient aux journ√©es populaires. Aussi, beaucoup s'y rendaient pour voir l'idole et l'√©couter, mais contrairement √† ce qu'√©crit Lamartine[8], Vergniaud go√Ľtait peu √† ses soir√©es. Il ne s'y rendait que tr√®s rarement, pr√©f√©rant rester avec Madame Candeille. Ceci montre encore que Vergniaud gardait une totale ind√©pendance vis-√†-vis des Girondins, totalement affid√©s au cercle Roland. Si Vergniaud a suivi les Girondins dans leur chute, c'est autant par amiti√© et par devoir que par conviction.

L'orateur, analyse et extraits de quelques-uns de ses plus beaux discours

Citations

  • A Marat, devant l'assembl√©e l√©gislative
    • Donnez lui un bon verre de sang pour le rafraichir [9].

Hommages

La rue Vergniaud dans le 13e arrondissement de Paris prend son nom en hommage en 1894.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Jules Michelet, Histoire de la R√©volution fran√ßaise, √Čditions √Čdito-service, Tome 4
  2. ‚ÜĎ Jules Michelet, Histoire de la R√©volution fran√ßaise, √Čditions √Čdito-service, Tome 3, page 50
  3. ‚ÜĎ Archives parlementaires, Tome XXXIV, P. Dupont, Paris, pp. 82-88.
  4. ‚ÜĎ Archives nationales, L'assembl√©e l√©gislative, Discours du 30 octobre 1791
  5. ‚ÜĎ Voir la Liste des pr√©sidents et vice-pr√©sidents de l'Assembl√©e l√©gislative
  6. ‚ÜĎ Les plus beaux discours de Vergniaud, r√©unis par F.Castre, √Čditions du Centaure, Paris, page 17
  7. ‚ÜĎ tels Aulard ou Michelet
  8. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Voir bibliographie
  9. ‚ÜĎ Philippe-Joseph-Benjamin Buchez,Prosper-Charles Roux, Hidtoire parlementaire le la r√©volution fran√ßaise ou Journal des assembl√©es nationales, History, 1837, pp. 457.

Annexes

Bibliographie

  • Georges Touchard-Lafosse, ¬ę Histoire parlementaire et vie intime de Vergniaud, chef des Girondins ¬Ľ (1847)
  • Fran√ßois-Alphonse Aulard, Les Grands orateurs de la R√©volution : Mirabeau, Vergniaud, Danton, Robespierre, Paris : F. Rieder, 1914, 304 p.
  • Bernard Lerat, Le Terrorisme r√©volutionnaire, 1789-1799, √©ditions France-Empire, 1989.
  • Jean-Denis Bredin, ¬ę Vergniaud ou le g√©nie de la parole ¬Ľ, in Fran√ßois Furet et Mona Ozouf (dir.), La Gironde et les Girondins, Paris, Payot, collection ¬ę Biblioth√®que historique Payot ¬Ľ, 1991 p. 367-387.
Précédé par Pierre Victurnien Vergniaud Suivi par
Jean-Baptiste Treilhard
Président de la Convention nationale
(10 - 24 janvier 1793)
Jean-Paul Rabaut Saint-√Čtienne

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