Pierre Louÿs


Pierre Louÿs
Pierre Louÿs
Portrait de Pierre Louÿspar Henry Bataille
Portrait de Pierre Louÿs
par Henry Bataille

Nom de naissance Pierre Louis
Activités Romancier, poète
Naissance 10 décembre 1870
Gand (Belgique)
Décès 6 juin 1925
Paris (France)
Langue d'écriture français

Pierre Félix Louis dit Pierre Louÿs, né à Gand (Belgique) le 10 décembre 1870 et mort à Paris le 6 juin 1925, est un poète et romancier français. Il est également connu sous les noms de plume de Pierre Chrysis, Peter Lewys et Chibrac[1].

Sommaire

Biographie

Pierre Louÿs fait ses études à l'école Alsacienne de Paris, où il se lie d'amitié avec son condisciple André Gide. Il rédige ses premiers textes durant son adolescence et tient un journal. Encore jeune homme, il commence à s'intéresser au mouvement littéraire du Parnasse, dont il fréquente les poètes emblématiques : Leconte de Lisle, José-Maria de Heredia (dont il épousera en 1899 la plus jeune fille, Louise et sera l'amant de la puînée, Marie, épouse d'Henri de Régnier). Il évolue aussi dans le milieu symboliste.

Il fonde en 1891 la revue littéraire La Conque, où sont publiées les œuvres d'auteurs parnassiens et symbolistes : des maîtres servant de modèles, comme Mallarmé, Moréas, Leconte de Lisle ou Verlaine, mais également de jeunes poètes encore inconnus comme Valéry, André Gide et Louÿs lui-même.

Son premier recueil de poésies, Astarté, paraît en 1891 à compte d'auteur, puis aux Art Indépendants Chrysis ou la cérémonie matinale en 1893, Poésies de Méléagre, traduction, en 1893, Lêda ou la louange des bienheureux ténèbres en 1893, La maison sur le Nil ou les apparences de la Vertu en 1894, Scènes de la vie des courtisanes de Lucien de Samosate, traduction, en 1894, et la même année Chansons de Bilitis qui reste son œuvre la plus connue, en plus d'être un exemple de mystification littéraire : en effet, Louÿs en fait passer ces poèmes pour une traduction d'une poétesse grecque contemporaine de Sappho. Ce recueil de courts poèmes en prose est marqué par les influences du Parnasse hellénisant et du symbolisme avec un profond goût de la sensualité, du bucolique (dans sa première partie) et de l'érotisme élégant. Les évocations naturelles et précieuses y côtoient ainsi des scènes érotiques. Ces poèmes inspirèrent certains musiciens, dont Claude Debussy qui en tira trois compositions, avec la collaboration amicale de Louÿs.

Son premier roman, Aphrodite (mœurs antiques), est publié en 1896 au Mercure de France. Dans un style associant raffinement extrême dans la volupté et décadentisme recherché[réf. souhaitée], le roman connaît un succès d'estime dans les milieux littéraires post-parnassiens ainsi qu'auprès du grand public, grâce à un article louangeur de François Coppée.

Portrait de Pierre Louÿs
par Félix Vallotton
paru dans Le Livre des masques
de Remy de Gourmont (1898)

Son roman suivant, La Femme et le Pantin (1898), inspiré des mémoires de Casanova, se passe à l'époque contemporaine. Ce roman, ajoutant le dramatique à la sensualité, va être reconnu comme le chef d'œuvre de Louÿs[réf. nécessaire] (d'autres pensent que ce sera Trois filles de leur mère), sans en représenter les passions décadentes mais plutôt une atmosphère complexe d'affects torturés[réf. souhaitée]. Du roman fut tiré un drame musical, Conchita (1911), par Zingarini et Vaucaire sur une musique de Riccardo Zandonai, puis plusieurs films, La Femme et le Pantin (The Devil is a Woman) de Josef von Sternberg avec Marlène Dietrich (1935), La Femme et le Pantin de Julien Duvivier avec Brigitte Bardot (1959), et Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel avec Fernando Rey et Carole Bouquet (1977).

Il écrit encore Les Aventures du roi Pausole (1901), mais, accablé de difficultés financières, Louÿs a beaucoup de mal à écrire (plus encore à publier) à partir du début du XXe siècle. Il donne alors essentiellement des recueils d'articles et de nouvelles, préalablement publiés dans les journaux. Ses nouvelles sont teintées de fantastique comme celles du recueil Sanguines, publié en 1903, qui fait apparaître Honoré de Balzac dialoguant avec un de ses personnages : Esther Gobseck.

Paradoxalement, c'est vers 1917 qu'il écrit ses plus beaux textes[réf. nécessaire], Isthi (publié sans nom d'auteur à quelques centaines d'exemplaires), Poëtique et surtout son chef-d'œuvre lyrique, le Pervigilium mortis, longtemps resté inédit. Ses Derniers vers - très amers - ne sont pas non plus publiés.

En 1919, il publie dans la revue littéraire Comoedia un article intitulé « Molière est un chef-d'œuvre de Corneille Â» , annonçant avoir mis au jour une supercherie littéraire, ce qui est à l'origine du débat de la paternité des œuvres de Molière.

Tout au long de sa vie, Pierre Louÿs a écrit un très grand nombre de curiosa, doublant, notamment et systématiquement, ses œuvres publiées d'une version érotique. Ses textes, souvent ironiques, reprennent sous une forme coquine des œuvres sérieuses comme les quatrains de Pybrac ou le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation. Il a également raconté ses difficiles relations avec les trois filles Heredia et leur mère dans Trois filles de leur mère, publié sous le manteau après son décès, puis officiellement dans le catalogue de Jean-Jacques Pauvert.

Pierre Louÿs est aussi un bibliophile, qui possédait une bibliothèque de plus de 20 000 volumes (dont des unica) et une connaissance très fine de la littérature ancienne[réf. souhaitée]. Passionné de bibliographie, il a publié plusieurs articles sur ces questions et a surtout fait des milliers de fiches qu'il a cédées à son ami Frédéric Lachèvre, auteur d'une Bibliographie des recueils collectifs de poésies publiés de 1597 à 1700 qui fait encore référence aujourd'hui. Frédéric Lachèvre a lui-même publié les lettres qu'il a reçues de Pierre Louÿs, après la mort de ce dernier sous le titre, Pierre Louÿs et l'histoire littéraire (Paris, 1925).

Pierre Louÿs est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Citation

Tombeau d’une jeune courtisane (Les Chansons de Bilitis)

« Ici gît le corps délicat de Lydé, petite colombe, la plus joyeuse de toutes les courtisanes, qui plus que toute autre aima les orgies, les cheveux flottants, les danses molles et les tuniques d’hyacinthe.
Plus que toute autre, elle aima les glottismes savoureux, les caresses sur la joue, les jeux que la lampe voit seule et l’amour qui brise les membres. Et maintenant, elle est une petite ombre.
Mais avant de la mettre au tombeau, on l’a merveilleusement coiffée et on l’a couchée dans les roses ; la pierre même qui la recouvre est tout imprégnée d’essences et de parfums.
Terre sacrée, nourrice de tout, accueille doucement la pauvre morte, endors-la dans tes bras, ô Mère ! et fais pousser autour de la stèle, non les orties et les ronces, mais les tendres violettes blanches. Â»

Œuvres

Correspondance inédite
Pierre Louÿs-José-Maria de Heredia
  • Son journal est publié après sa mort et complété en 2003 (Mon Journal (20 mai 1888-14 mars 1890), éd. Alban Cerisier, Les Cahiers de la NRF, 232 p.)
  • Pierre Louÿs est également l'auteur d'une correspondance exceptionnelle dont une partie a déjà été publiée (avec Claude Debussy, Paul Valéry et André Gide, son frère Georges Louis (Mille Lettres inédites de Pierre Louÿs à Georges Louis 1890-1917, éd. Jean-Paul Goujon, Fayard, 1320 p.) ou (Correspondance inédite, éd. Jean-Paul Goujon, Champion, 2006)
  • Une compilation du meilleur des recueils Sanguines et Archipel, selon l'auteur, est publiée sous le titre L'homme de pourpre (éd. Le Castor Astral)

Iconographie

Beaucoup d'artistes ont illustré les œuvres de Pierre Louÿs, y compris: Antoine Calbet, Louis Icart, Marcel Vertès, Rojan, Paul-Émile Bécat, Mariette Lydis, Milo Manara, Claire Wendling, Georges Pichard, Willy Pogany, Silvio Cadelo, Laure Albin-Guillot.

Bibliographie

  • Jean-Paul Goujon, Pierre Louÿs, Fayard, 880 p.
  • Jean-Paul Goujon, Dossier secret Pierre-Louÿs-Marie de Régnier, Christian Bourgois, 190 p.
  • Paul-Ursin Dumont, Pierre Louÿs, l'ermite du hameau, Libraidisque, Vendôme, 1985, 315 p.
  • R. Cardinne-Petit, Pierre Louys intime, Le solitaire du hameau, Jean-Renard, 1942, 180 p.

Liens externes

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Notes et références



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