Pierre Jean Jouve

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Pierre Jean Jouve
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Pierre Jean Jouve
Nom de naissance Pierre Charles Jean Jouve
Activités écrivain, poète, romancier, essayiste, traducteur
Naissance 11 octobre 1887
Arras, Drapeau de France France
D√©c√®s 8 janvier 1976
Paris, Drapeau de France France
Langue d'écriture français
Ňíuvres principales
Compléments

Pierre Jean Jouve (né à Arras le 11 octobre 1887, mort à Paris le 8 janvier 1976) est un écrivain, poète, romancier et critique français.

Sommaire

Biographie

Pierre Jean Jouve[1] a eu ¬ę plusieurs vies ¬Ľ. Avant 1914, il est un des √©crivains de l'unanimisme, ce mouvement cr√©√© par Jules Romains, puis un membre actif du mouvement pacifiste anim√© par Romain Rolland pendant la Premi√®re Guerre mondiale.

√Ä partir de 1921, une profonde rupture a lieu gr√Ęce √† sa seconde √©pouse, la psychanalyste Blanche Reverchon, traductrice de Freud (1923) et amie de Jacques Lacan. Elle fait de lui l'un des premiers √©crivains √† affronter la psychanalyse et √† montrer l'importance de l'inconscient dans la cr√©ation artistique ‚ÄĒ et cela d√®s le milieu des ann√©es 1920. On peut citer parmi les Ňďuvres de cette √©poque ses recueils de po√®mes : Les Noces (1925-1931), Sueur de Sang (1933-1935), Mati√®re c√©leste (1937), et ses romans : Le Monde d√©sert (1927), H√©cate (1928), Vagadu (1931), La Sc√®ne capitale (1935), et le plus connu Paulina 1880, paru en 1925 (adapt√© au cin√©ma en 1972 par Jean-Louis Bertucelli).

Il a été aussi, dès 1938 et pendant son exil en Suisse, un important acteur de la résistance intellectuelle contre le nazisme, avec ses poèmes apocalyptiques de Gloire et de La Vierge de Paris.

Jouve a √©t√© le compagnon de route de nombreux artistes, d'√©crivains (Romain Rolland, Stefan Zweig, Jo√ę Bousquet, Jean Paulhan, Henry Bauchau), ‚Ķ), de peintres (Andr√© Masson, Balthus, Joseph Sima, ‚Ķ), de philosophes (Jean Wahl, Jacques Lacan, ‚Ķ) et de musiciens (Michel Fano, ‚Ķ) : il a d'ailleurs beaucoup √©crit sur l'art et la musique.

Cet écrivain souvent perçu comme un marginal hautain, refusant les embrigadements des "mouvements" a su toucher beaucoup d'écrivains et d'artistes dont certains peuvent être considérés comme ses disciples, par exemple les poètes Pierre Emmanuel, Salah Stétié ou Yves Bonnefoy.

Pierre Jean Jouve, un panorama

Reniements

Pierre Jean Jouve a reni√© toute son Ňďuvre publi√©e avant 1925, ann√©e o√Ļ il fait d√©buter sa "vita nuova". On a donc peu comment√© sa vie ant√©rieure pour ne commenter que son Ňďuvre post√©rieure √† cette date, o√Ļ il publie les po√®mes de Myst√©rieuses Noces et le roman Paulina 1880 (quatre voix au prix Goncourt). C'est ce qu'il a fait lui-m√™me dans En Miroir, son "Journal sans date" de 1954 o√Ļ il ne d√©c√®le de sa vie que certaines grandes lignes soigneusement choisies. C'est aussi ce qui a √©t√© fait dans des ouvrages de r√©f√©rence, souvent √©crits par des amis du po√®te, comme Ren√© Micha[2] ou Robert Kopp[3]. Cependant la biographie de Daniel Leuwers[4] et les notes et commentaires de Jean Starobinski pour son √©dition de Ňíuvre[5], ont r√©v√©l√© des pans m√©connus de sa vie et l'importance de sa premi√®re Ňďuvre pour sa formation et son √©volution. La r√©cente biographie de B√©atrice Bonhomme[6] a apport√© un nouvel √©clairage sur la "crise" de Jouve entre 1921 et 1927. Cette crise a profond√©ment marqu√© sa vie et orient√© son √©criture. Pierre Jean Jouve est l'homme des ruptures, d'avec son p√®re (puis d'avec son fils) ; d'avec sa premi√®re √©pouse Andr√©e, grande militante de mouvements f√©ministes et pacifistes ; d'avec ses amis pacifistes (Romain Rolland, Georges Duhamel, Charles Vildrac, Frans Masereel) qui au moment de la rupture cr√©aient la revue Europe (1923), toujours vivante ; d'avec ses amis artistes (m√™me Joseph Sima en 1954) ; d‚Äôavec ses √©diteurs, Jean Paulhan et Gaston Gallimard (en 1945). Et donc d'avec sa premi√®re Ňďuvre. On peut aussi consid√©rer que la r√©√©dition de ses romans et de ses po√®mes, avec peu de modifications mais beaucoup de coupures, que Jouve a effectu√©e de 1959 √† 1968, est une nouvelle r√©√©criture de sa vie et de son Ňďuvre.

¬ę Plusieurs vies ¬Ľ

Pierre Jean Jouve a donc eu ¬ę plusieurs vies ¬Ľ. Jouve pourrait √™tre consid√©r√© comme un des √©crivains de l'unanimisme, ce mouvement cr√©√© par Jules Romains, ou de l'Abbaye de Cr√©teil (Groupe de l'Abbaye). Ou comme un membre actif du mouvement pacifiste anim√© par Romain Rolland pendant la Premi√®re Guerre mondiale. Gr√Ęce √† sa seconde √©pouse, la psychanalyste Blanche Reverchon, traductrice de Freud (1923) et amie de Jacques Lacan, il fut l'un des premiers √©crivains √† affronter la psychanalyse et √† montrer l'importance de l'inconscient dans la cr√©ation artistique, et cela d√®s le milieu des ann√©es 1920, avec ses po√®mes de Noces (1925-1931), de Sueur de Sang (1933-1935) et de Mati√®re c√©leste (1937), ou avec des romans, H√©cate (1928), Vagadu (1931) et La Sc√®ne capitale (1935). Il montra aussi l'enrichissement que la lecture des grands mystiques, Th√©r√®se d'Avila, Catherine de Sienne, Jean de la Croix, Fran√ßois d'Assise, peut apporter √† l'√©criture po√©tique. √Ä ces mystiques il associa √©troitement des po√®tes pr√©curseurs, H√∂lderlin, G√©rard de Nerval, Charles Baudelaire, St√©phane Mallarm√©.

Tombe de Pierre Jean Jouve au cimetière du Montparnasse

Ce fut aussi, d√®s 1938 et pendant son exil en Suisse, un important acteur de la r√©sistance intellectuelle contre le nazisme, avec ses po√®mes apocalyptiques de Gloire et de La Vierge de Paris. Parmi ses essais sur l'art et sur la musique, on notera pendant la guerre un important Don Juan de Mozart (1942, avec l'aide du musicien Fernand Drogoul) et ensuite un essai sur Wozzeck d'Alban Berg (√©crit avec le compositeur Michel Fano, 1953). Apr√®s guerre, son art rencontra ceux de Saint-John Perse et de Victor Segalen, et il √©migra vers la s√©r√©nit√© de sa ¬ę Chine int√©rieure ¬Ľ[7].

Artistes et écrivains

Jouve fut aussi le compagnon de route d'artistes, d'√©crivains, de philosophes. Les artistes : le peintre cubiste Albert Gleizes (qui illustra Artificiel) ; le graveur expressionniste belge Frans Masereel, avec qui il fit de nombreux livres avant 1925 ; le grand artiste surr√©aliste Andr√© Masson (qui illustra la 1re √©dition de Sueur de Sang, 1933) ; le peintre tch√®que Joseph Sima qui fit avec lui quelques uns des plus importants livres illustr√©s d'avant guerre (Beau Regard, 1927 et la 2e √©dition de Paradis perdu, 1938) ; l'√©diteur typographe Guy L√©vis Mano ("GLM") qui r√©alisa quelques uns de ses plus beaux livres ; et enfin le grand peintre Balthus, qu'il avait connu adolescent et sur qui il √©crivit des textes importants[8]. Il a accompagn√©, par des collaborations, des correspondances et des traductions, des √©crivains amis comme Pierre Klossowski (traduction de H√∂lderlin, 1930), Romain Rolland, Stefan Zweig, Albert B√©guin, Jean Paulhan[9], Jo√ę Bousquet[10], Bernard Groethuysen, Gabriel Bounoure[11], Jean Wahl (qui l'initia √† Kierkegaard), Eugenio Montale et Giuseppe Ungaretti (qu'il traduisit), Catherine Pozzi. Cet √©crivain souvent per√ßu comme un marginal hautain, refusant les embrigadements des "mouvements" a su toucher beaucoup d'√©crivains et d'artistes, dont certains peuvent √™tre consid√©r√©s comme ses disciples (mais Jouve n'avait absolument pas la tournure d'esprit d'un ma√ģtre d'√©cole), Pierre Emmanuel (qui lui rendit hommage dans Qui est cet homme, 1947), Yves Bonnefoy, Salah St√©ti√©, Henry Bauchau, Jules Roy, David Gascoyne, Fernand Ouellette, Heather Dohollau, G√©rard Engelbach.

Pierre Jean Jouve a cr√©√© de puissants ¬ę mythes ¬Ľ f√©minins qui ont une place originale parmi les figures de l‚Äôamour dans la litt√©rature : Paulina, Baladine du Monde d√©sert, Catherine Crachat (l'h√©ro√Įne d' H√©cate et de Vagadu), et tout particuli√®rement Lisb√© et H√©l√®ne (La Rencontre dans le carrefour, La Sc√®ne capitale, Mati√®re c√©leste), enfin Yanick, la chaste prostitu√©e (Diad√®me, En Miroir).

Les vies et les Ňďuvres de Pierre Jean Jouve[12]

De 1905 √† 1921 : La premi√®re vie de Pierre Jean Jouve : symbolisme, unanimisme, pacifisme[13]

Dans son autobiographie, En miroir, Jouve donne une image triste de son enfance, entre un p√®re tyranneau domestique, et une m√®re musicienne effac√©e. Une grave appendicite vers ses seize ans entra√ģne une longue d√©pression. Il obtient le baccalaur√©at en 1905 et commence simultan√©ment √† Lille des √©tudes scientifiques et juridiques.
En 1906, un ami belge, Pierre Castiaux, l'initie √† la litt√©rature symboliste : il d√©couvre Rimbaud, Mallarm√© et Remy de Gourmont dont Le Livre des masques lui fait d√©couvrir les po√®tes qui comptent depuis Baudelaire.
Avec des amis, Paul Castiaux, Th√©o Varlet et Edouard Charpentier, il cr√©e √† la fin de 1906 une revue, Les Bandeaux d'Or. Il y publie ses premiers po√®mes o√Ļ r√®gnent l'influence de Gourmont, Maeterlinck et Verhaeren. On y d√©c√®le des th√®mes qui se d√©ploieront plus tard, ainsi la recherche de l'expression de sa vie int√©rieure. Jouve est √† la recherche d'une nouvelle po√©tique qui lui permettra de dire ce qu'il voit en imagination, et gr√Ęce √† Paul Castiaux, il entre en relation avec les √©crivains et artistes de l'Abbaye de Cr√©teil[14] : Georges Duhamel, Charles Vildrac, Alexandre Mercereau, Albert Gleizes, Ren√© Arcos.
Une grave maladie nerveuse le conduit √† se faire soigner en Suisse en 1908. En 1909, il publie son premier recueil, Artificiel, illustr√© par Albert Gleizes. Il fait la connaissance du peintre cubiste, Henri Le Fauconnier qui fait son portrait. En 1954, dans En miroir, il racontera l'histoire de Lisb√© qu'il a rencontr√©e une premi√®re fois en 1909 et qui lui a inspir√© le personnage de Claire Dernault de son premier roman. Il fait aussi l'exp√©rience des "toxiques" et c'est un s√©jour de trois mois en Italie qui le gu√©rit de ses addictions. En 1910 il publie un deuxi√®me recueil po√©tique, de forme tr√®s n√©o-classique, Les Muses romaines et florentines o√Ļ il d√©crit les paysages vus dans son r√©cent voyage. Il √©pouse Andr√©e Charpentier, la sŇďur d'√Čdouard, qui est professeure et qui sera une active militante progressiste et f√©ministe. Le couple vit √† Poitiers. En 1911, il publie La Rencontre dans le carrefour o√Ļ il s'inspire de son histoire avec Lisb√© pour √©crire un roman d√©veloppant les th√©ories unanimistes de Jules Romains qui √©tait un proche de l'Abbaye de Cr√©teil. Cette influence perdure dans Les ordres qui changent, Les A√©roplanes (1911), Pr√©sences (1912). Jouve a une riche imagination po√©tique, mais il n'a pas encore trouv√© la voie litt√©raire et spirituelle qui lui convient. Il esp√®re la trouver en pratiquant un art social et il se rapproche de Jean-Richard Bloch qu'il a connu √† Poitiers, et dans cet esprit il publie une pi√®ce de th√©√Ętre, Les deux forces (1913).
La guerre √©clate et Jouve adopte une position pacifiste inspir√©e par Tolsto√Į. Il √©tait d√©j√† r√©form√©, aussi pour s'engager lui aussi, il devient infirmier b√©n√©vole √† l'h√īpital de Poitiers o√Ļ r√®gnent des maladies contagieuses. Jouve tombe gravement malade.
Jouve part se faire soigner en Suisse (fin 1915) et s'ins√®re dans le milieu pacifiste qui s'est constitu√© autour de Romain Rolland qui devient l'ami et le guide spirituel du po√®te. Gallimard publie son premier grand recueil de proses po√©tiques pacifiste, Vous √™tes des hommes (1915). Ses √©crits, Po√®me contre le grand crime‚Äď1916 et √Ä la R√©volution russe (1917), ses conf√©rences, ses nombreux articles pour la presse pacifiste, sa tentative de redevenir infirmier b√©n√©vole, montrent une activit√© militante incessante. Il rejette alors la po√©sie symboliste, trop ¬ę√©go√Įste ¬Ľ, qui l'a form√©.
Il √©crit ses propres ¬ę Vie des martyrs ¬Ľ et publie en 1918 H√ītel-Dieu, R√©cits d'H√īpital - 1915 qui s'appuie sur son exp√©rience d'infirmier soignant des militaires mourants. Le livre est illustr√© de bois grav√©s par Frans Masereel : le grand artiste expressionniste belge est un compagnon de route tr√®s actif des pacifistes fran√ßais. Les productions suivantes de Jouve montrent un triple mouvement : il √©crit un Romain Rolland vivant qui para√ģtra en 1920, et des po√®mes engag√©s publi√©s avec l'aide de Frans Masereel, Heures ‚Äď Livre de la nuit (aux √Čditions du Sablier, 1919), Heures ‚Äď Livre de la gr√Ęce (d√©di√© √† un grand ami des pacifistes, l'√©crivain autrichien Stefan Zweig, 1920), et enfin Toscanes (1921). D'une part, il veut y magnifier l'Ňďuvre et la pens√©e pacifistes de Romain Rolland, mais d'autre part on y voit aussi son fort d√©sir de sortir d'une influence qui ne convient qu'imparfaitement √† son temp√©rament, et enfin des po√®mes comme ceux de la section Enfance du Livre de la nuit nous montrent une inspiration venue de son exp√©rience existentielle propre. Celle-ci est bien loin de ses Ňďuvres militantes qui sont, humainement et politiquement, tr√®s estimables, mais litt√©rairement, leur ton emphatique ou compassionnel ne d√©passe pas celui des Ňďuvres de ses compagnons, √©crivains militants et g√©n√©reux. Jouve est pr√™t pour une nouvelle vie : c'est celle que va lui apporter la rencontre de la psychanalyste Blanche Reverchon.

De 1921 √† 1927 (la crise de) : Ruptures, la rencontre avec Blanche Reverchon, la psychanalyse, les mystiques et Baudelaire.

En 1921, d'abord √† Florence, puis √† Salzbourg chez Stefan Zweig, Pierre Jean Jouve rencontre Blanche Reverchon, alors psychiatre √† Gen√®ves o√Ļ elle fr√©quente les milieux f√©ministes et pacifistes. Leur ¬ę entente passionn√©e ¬Ľ conduira Jouve √† divorcer d'avec Andr√©e Charpentier-Jouve, √† d√©couvrir la psychanalyse freudienne (Blanche a rencontr√© Freud), √† lire les grands mystiques et √† relire les grands po√®tes symbolistes. Il ¬ę surveille ¬Ľ en 1923 la traduction que Blanche fait des Trois essais sur la th√©orie de la sexualit√©[15]. Ses po√®mes publi√©s en 1921-1922, d'abord Toscanes, puis surtout Voyage sentimental, se souviennent de son inspiration pass√©e (veine compassionnelle) et sont souvent explicitement autobiographiques. En 1923-1924, il dirige une collection de po√©sie chez Stock o√Ļ il publie des traductions (de Rudyard Kipling, de Rabindranath Tagore) et son dernier recueil ¬ę manqu√© ¬Ľ, Pri√®re.

  • √Ä partir de 1925, c'est une p√©riode d'intense cr√©ation (premiers grands po√®mes de Noces, parution de Paulina 1880 et du Monde d√©sert) mais aussi de profonde crise morale et psychologique d'o√Ļ il semble ne sortir qu'en 1927 ou 1928[16]. Quand il publie Noces en 1928, il pr√©cise dans une postface c√©l√®bre qu'il renie toute son Ňďuvre ant√©rieure √† 1925. Il a divorc√© (en 1925), il a rompu avec ses amis pacifistes (Romain Rolland, Frans Masereel, Georges Duhamel, Charles Vildrac), il interdit toute r√©√©dition de son ¬ę premier ouvrage ¬Ľ. Une ¬ę vita nuova ¬Ľ commence.

De 1925 √† 1937 : une cr√©ation litt√©raire tr√®s importante

La production litt√©raire de Jouve entre 1925 et 1937 est tr√®s importante. Cette p√©riode de f√©condit√© d√©bute en 1925 avec une plaquette de po√®mes, Myst√©rieuses Noces et un roman qui trouve rapidement un grand public, Paulina 1880. Jusqu'en 1937, ann√©e de la parution de Mati√®re c√©leste, Jouve publie en parall√®le des romans et des po√®mes. Comme l'a soulign√© un r√©cent Cahier Pierre Jean Jouve[17] la r√©f√©rence psychanalytique est au cŇďur de la modernit√© de l'√©crivain : dans ses grands textes, Jouve a su faire parler son inconscient dans les images et la musique de sa po√©sie et de sa prose, et parall√®lement il a su mettre en r√©sonance l'inconscient de son lecteur pour que celui-ci sente et comprenne ce qui pourrait passer pour indicible et difficile √† transmettre.

Les Romans, de Paulina 1880 à La Scène capitale

Paulina 1880 et Le Monde désert

On peut pr√©senter les romans de Jouve en trois diptyques. Le premier comprend Paulina 1880 (1925) et Le Monde d√©sert (1927). On peut r√©sumer sch√©matiquement Paulina 1880 comme une ¬ę chronique italienne ¬Ľ qui m√™le amour charnel et amour mystique, jouissance et pulsion de mort : la belle et passionn√©e Paulina conna√ģt successivement la d√©testation de sa famille, la fascination pour les images religieuses sanglantes, un amour charnel passionn√© et adult√®re pour le comte Michele, puis une grande exp√©rience mystique dans un couvent o√Ļ elle finit par faire scandale. Revenue √† la vie la√Įque, elle retrouve le comte Michele veuf, donc libre. Sa passion amoureuse refuse un mariage. Elle tue Michele pendant son sommeil et tente de se suicider. Son suicide √©choue. Paulina conna√ģt la prison. Puis elle d√©couvre la s√©r√©nit√© en menant pauvrement la vie d‚Äôune paysanne. Ce r√©sum√© ne donne pas le ton du livre : vif et passionn√©, ironique et tortur√©, m√™lant avec bonheur amour humain et amour divin. Paulina 1880 a √©t√© adapt√© au cin√©ma en 1972 par Jean-Louis Bertucelli et en op√©ra de chambre en 1983 par Claude Prey sous le titre Paulina ou la chambre bleue. Le souvenir de Paulina r√©appara√ģt dans Le Monde d√©sert de 1927 qui traite des difficiles relations entre la vie amoureuse et la cr√©ation artistique chez trois personnages : Jacques de Todi, homosexuel qui a peut-√™tre une vocation de peintre (son mod√®le, fils d‚Äôun pasteur genevois, s‚Äôest r√©ellement suicid√©), Luc Pascal, le po√®te maudit, et la myst√©rieuse Baladine qui aide les hommes qu‚Äôelle aime √† se r√©v√©ler, mais qui ne les prot√®ge pas de la mort physique ou symbolique. Le roman se lit √† deux niveaux : la vie visible de ses personnages se distingue de leur vie int√©rieure √† laquelle le romancier nous rend tr√®s sensible. Le Monde d√©sert a √©t√© adapt√© en t√©l√©film par Pierre Beuchot et Jean-Pierre Kremer en 1985.

Aventure de Catherine Crachat : H√©cate et Vagadu

Le second diptyque, Aventure de Catherine Crachat constitue une transition : Il d√©bute par H√©cate (1928) qui conte l‚Äôhistoire d‚Äôune star de cin√©ma, Catherine Crachat, qui cherche son destin entre diff√©rents hommes et diff√©rentes femmes. On retient surtout la figure de Pierre Indemini, math√©maticien, peintre et po√®te, et celle de la baronne Fanny Felicitas Hohenstein, la ¬ę femme fatale ¬Ľ. Comme H√©cate, la d√©esse lunaire √† laquelle elle est compar√©e, Catherine conduit √† la mort ceux et celles qu‚Äôelle aime. Le roman peut aussi √™tre lu comme une percutante chronique de la vie dans les milieux intellectuels, mondains, artistiques et f√©ministes des ann√©es 1920 en Europe. Le second volet de ce qui est devenu Aventure de Catherine Crachat (ce titre collectif est post√©rieur √† la guerre) est Vagadu (1931) : moins qu‚Äôun roman, c‚Äôest une extraordinaire succession de sc√®nes oniriques r√™v√©es par Catherine lors du transfert qu‚Äôelle vit avec son psychiatre, le "Docteur Leuven" (o√Ļ on peut reconna√ģtre Rudolph Loewenstein, le c√©l√®bre psychiatre de Blanche Reverchon et Jacques Lacan et ami de Marie Bonaparte) : ce roman exploite explicitement la "mati√®re psychanalytique" comme aucun roman ne l‚Äôavait fait auparavant. En 1990 H√©cate et Vagadu ont √©t√© adapt√©s au cin√©ma par Pierre Beuchot sous le titre Aventure de Catherine C, avec Fanny Ardant, Hanna Schygulla et Robin Renucci.

Histoires sanglantes et La Scène capitale

En fait Vagadu inaugure un nouveau type d‚Äô√©criture romanesque qu'on va retrouver dans le dernier diptyque : Jouve y exploite son savoir psychanalytique venu de son √©pouse Blanche Reverchon en le f√©condant avec sa propre inventivit√© venue de sa vie int√©rieure, spirituelle et onirique. On retrouve d'abord cette inspiration mettant en sc√®ne des personnages aux prises avec leurs n√©vroses et leurs pulsions dans les nouvelles des Histoires sanglantes de 1932. Le recueil d√©bute par une variation sur le th√®me de Wozzeck que Jouve avait connu √† travers la suite tir√©e de l‚Äôop√©ra d‚ÄôAlban Berg. On peut √©galement lire de la m√™me fa√ßon les deux longs r√©cits qui composent La Sc√®ne capitale de 1935 : La victime, r√©cit d√©di√© √† Balthus qui en fit un tableau, et Dans les ann√©es profondes. Ce court roman m√™le une riche mati√®re oniriques avec un r√©cit initiatique sur la qu√™te de la cr√©ation artistique √† travers un √©pisode amoureux qui associe √©troitement la d√©couverte de la vie sensuelle avec celle de la mort. De La Sc√®ne capitale, Jean Starobinski a pu √©crire : ¬ę Dans la prose d'imagination, en ce si√®cle, il est peu d‚ÄôŇďuvre qui √©gale ces deux r√©cits ¬Ľ[18]. Apr√®s la guerre, Jouve regroupera Histoires sanglantes et La Sc√®ne capitale en un seul volume, d'abord sous le titre Histoires sanglantes puis sous le titre La Sc√®ne capitale. Le r√©cit Dans les ann√©es profondes marque la fin officielle de l'Ňďuvre romanesque en prose de Pierre Jean Jouve.

Romans reniés

Le premier roman de Pierre Jean Jouve est en r√©alit√© La Rencontre dans le carrefour de 1911, mais Jouve l'a reni√© comme toute son Ňďuvre d'avant 1925. Ce roman fait cependant retour dans En miroir (1954) avec le personnage de Lisb√©. Ce roman √©tait admir√© par Paul √Čluard. Lisb√© est une des sources du personnage d'H√©l√®ne du r√©cit Dans le Ann√©es profondes. On peut aussi consid√©rer H√ītel-Dieu, r√©cits d'H√īpital en 1915 (1918, avec 25 bois grav√©s par Frans Masereel) comme un cycle de nouvelles inspir√©es √† Jouve par son exp√©rience d'infirmier volontaire en 1915 √† l'h√īpital de Poitiers o√Ļ il a vu mourir des soldats revenus du front, malades ou bless√©s. Compassion et pr√©cision des descriptions. Le conte Beau Regard de 1927, nouvelle variation sur des po√®mes de 1922 (Voyage sentimental) et illustr√© par son ami, l'artiste tch√®que Joseph Sima, a ensuite √©t√© reni√© : Jouve y mettait en sc√®ne trop explicitement son histoire d'amour avec Blanche Reverchon pendant son s√©jour √† Salzbourg chez Stefan Zweig pendant l'√©t√© de 1921.

Les Poèmes, de Mystérieuses noces à Matière céleste

Les po√®mes publi√©s par Jouve dans la p√©riode 1925-1937 ont pu √™tre consid√©r√©s comme un des plus hauts sommets de la po√©sie fran√ßaise du XXe si√®cle ‚ÄĒ comme en t√©moigne cette lettre de Ren√© Char :¬ę la po√©sie vous devra des sommets √©gaux √† ceux de H√∂lderlin et de Rimbaud ¬Ľ[19] ou cette d√©claration d'Yves Bonnefoy : ¬ę Pierre Jean Jouve est un des grands po√®tes de notre langue. ¬Ľ[20]. La publication de ces po√®mes est complexe, car ils sont souvent publi√©s en revues et de fa√ßon partielle, c'est-√†-dire en plaquettes ou en minces volumes, puis regroup√©s en volumes collectifs. Certains de ces recueils contiennent des textes th√©oriques historiquement tr√®s importants (la postface des Noces, l'Avant-propos de Sueur de Sang, la pr√©face de la seconde √©dition du Paradis perdu), tous r√©√©dit√©s en 1950 dans Commentaires. On peut distinguer deux p√©riodes.

Les Noces et Le Paradis perdu

De 1925 √† 1931, Jouve relit notamment Baudelaire; il d√©couvre aussi les mystiques (Th√©r√®se d'Avila, Jean de la Croix, Fran√ßois d'Assise, Catherine de Sienne), et il traduit les po√®mes de la folie de H√∂lderlin. L'influence de ces lectures traverse Les Noces et Le Paradis perdu qu'il faudrait lire en parall√®le aux romans Paulina 1880 et Le Monde d√©sert : Les Noces, 1925-1931. La publication de la plaquette Myst√©rieuses Noces en 1925 (chez Stock) a √©t√© suivie par Nouvelles Noces en 1926 (chez Gallimard). Le premier recueil Noces en 1928 (au Sans Pareil), reprend les deux plaquettes pr√©c√©dentes et annonce dans une importante Postface, sa rupture avec son Ňďuvre ant√©rieure √† 1925: " (...) surtout pour le principe de la po√©sie, le po√®te est oblig√© de renier son premier ouvrage. Paris, f√©vrier 1928." En 1930 para√ģt Symphonie √† Dieu avec une gravure de Joseph Sima. En 1931 Jouve regroupe toutes ces publications dans un volume collectif chez Gallimard, Les Noces. Les po√®mes de cet ensemble (voir article d√©taill√©) d√©veloppent plusieurs grands th√®mes. Celui de la conversion qui doit √™tre √† la fois po√©tique et spirituelle. Le th√®me de la rupture qui, simultan√©ment, lib√®re des prisons morales et mat√©rielles, mais qui entra√ģne des souffrances dues √† l'abandon d'une premi√®re vie. Le th√®me du sentiment de la faute √† cause de la pr√©sence de la culpabilit√© au sein du plaisir. Jouve y d√©veloppe petit √† petit une √©criture musicale qui englobe les apports des grands √©crivains mystiques et des grands po√®tes symbolistes, ses pr√©curseurs revendiqu√©s. Le Paradis perdu, 1929-1938. En parall√®le aux Noces, Jouve √©crit et publie Le Paradis perdu en 1929 (chez Grasset). Le po√®te souhaitait que ce livre soit illustr√© par des gravures de Joseph Sima, ce qui sera fait en 1938 seulement, chez GLM. Cette deuxi√®me √©dition est augment√©e d'une pr√©face-manifeste, La Faute.

Sueur de Sang et Matière céleste

De 1933 √† 1937, la po√©sie de Jouve prend une tournure particuli√®re du fait de son compagnonnage avec la psychanalyste Blanche Reverchon. Il approfondit ainsi sa connaissance de la pens√©e freudienne. Cette forme po√©tique est emplie de heurts et de rupture. Sueur de Sang, regroupant des po√®mes des ann√©es 1933-1935,avec l'avant-propos ¬ę Inconscient, Spiritualit√© et Catastrophe ¬Ľ a connu trois √©ditions successives, fortement augment√©es √† chaque fois (1933 et 1934 aux Cahiers libres, et 1935 chez Gallimard). Mati√®re c√©leste, 1936-1937. En 1936, Jouve publie deux plaquettes partielles chez GLM, H√©l√®ne et Urne (avec un dessin de Balthus) qui seront reprises et compl√©t√©es par trois autres sections (Nada, Mati√®re c√©leste et R√©citatif) dans Mati√®re c√©leste en 1937 chez Gallimard.

De 1963 √† 1967, Jouve r√©√©ditera toutes ses Ňďuvres po√©tiques (Mercure de France). Il les modifiera (coupures parfois importantes dans Les Noces, Sueur de sang et Mati√®re c√©leste). Ce sont ces versions qu'on trouve aujourd'hui en livres de poche (Po√©sie/Gallimard). Dans son √©dition de Ňíuvre en 1987 (Mercure de France), Jean Starobinski donne en notes les "textes retranch√©s".

De 1938 √† 1946 : L‚Äôannonce de la Catastrophe, la po√©sie r√©sistante apocalyptique contre le nazisme, Baudelaire, la Musique

D√®s le d√©but des ann√©es 1930, Pierre Jean Jouve a senti la mont√©e des p√©rils en Europe, sans doute parce qu'il connaissait bien l'Italie et Salzbourg : il √©tait l'ami d'Arturo Toscanini et de Bruno Walter, et il a vu l'arriv√©e des fascistes dans la cit√© de Dante et celle des nazis dans la cit√© de Mozart. Si la nouvelle √©dition du Paradis perdu avec des gravures de Joseph Sima est l'aboutissement d'un travail de 10 ans, sa nouvelle pr√©face La Faute reprend la th√©matique de l'Avant-Propos de Sueur de Sang : la pulsion de mort, que Jouve a d√©couverte chez les individus gr√Ęce √† sa lecture de Freud (importance du r√īle de son √©pouse Blanche Reverchon dans cette aventure), est √©largie √† la destin√©e tragiques des peuples. Cette th√©matique qui m√™le aventure existentielle et spirituelle avec une vision apocalyptique de l'histoire de l'Europe se retrouve dans le quatri√®me recueil de po√®mes, Kyrie (Gallimard, 1938). Les po√®mes introspectifs de la section "Kyrie" y voisinent avec les po√®mes visionnaires des "Quatre cavaliers". Ses prises de position politique se retrouvent aussi bien dans ses chroniques musicales ‚ÄĒ voir dans l'article Le dernier concert de la Paix (NRF, d√©cembre 1939) l'affrontement entre Arturo Toscanini et Wilhelm Furtwaengler accus√© de faire carri√®re en dirigeant Beethoven devant un "public sp√©cial" ‚ÄĒ que dans des po√®mes ouvertement anti-hitl√©riens : "L'Ode au Peuple" (chez GLM, mars 1939) sera int√©gr√©e dans le triptyque "A la France 1939", publi√©e par Jean Paulhan en ouverture de la N.R.F. du 1er f√©vrier 1940. En 1940, durant l'exode, Jouve fuit Paris. Il entend l'Appel du 18 Juin du G√©n√©ral De Gaulle, vit quelques mois dans le sud de la France (Dieulefit), puis c'est l'exil en Suisse o√Ļ il restera toute la guerre. Il y participera activement aux publications suisses (Cahiers du Rh√īne, "Le Cri de la France" de la LUF) qui d√©fendent la culture fran√ßaise r√©sistant √† l'oppression du r√©gime de Vichy et √† l'occupation allemande : son D√©fense et Illustration de 1943 "d√©fend et illustre" des artistes r√©volutionnaires fran√ßais, de Delacroix √† Courbet. Un recueil de po√®mes comme Gloire est engag√© sur un chemin spirituel et sur un terrain politique. Gloire (1940 et 1942) : les grands po√®mes de Gloire sont √† l'origine de la consid√©ration de Jouve par ses contemporains comme "t√©moin" et "proph√®te" annon√ßant la guerre. En 1947, Jean Paulhan et Dominique Aury ont √©crit : "Ses po√®mes Kyrie, R√©surrection des Morts et √Ä la France ont laiss√© pressentir la catastrophe". Ses sections, Tancr√®de, R√©surrection des Morts, La Chute du Ciel et Catacombes, ont √©t√© √©crites juste avant ou juste au d√©but de la Seconde Guerre mondiale. La Vierge de Paris de 1946 est une cath√©drale dont les chapelles (les sections) reprennent les pr√©c√©dents recueils publi√©s un peu avant la guerre, comme certaines parties de Gloire, puis pendant la guerre : Porche √† la Nuit des Saints (1941), Vers majeurs (1942) et La Vierge de Paris, plaquette de 1944 dont le volume de 1946 reprend le titre. Le recueil associe des po√®mes sur la r√©flexion mystique de Jouve (th√®me du "Nada"), sur ses relations avec les figures f√©minines et sur la pulsion de mort. Celle-ci est √† l'Ňďuvre dans le d√©sastre collectif qu'est la guerre engag√©e par le nazisme : "Ces po√®mes con√ßus et √©crits pendant le temps d'apocalypse, pour lib√©rer l'√Ęme, sont aussi des signes de la r√©sistance fran√ßaise √† un accablant ennemi" (pri√®re d'ins√©rer du volume de 1946). La guerre a aussi √©t√© pour Jouve le temps de l'√©criture de grands recueils de textes critiques : sur la litt√©rature, voir son Tombeau de Baudelaire, mais aussi sur la peinture et la musique, comme dans Le Don Juan de Mozart (1942). Le grand recueil D√©fense et Illustration montre l'√©tendue de ses champs de r√©flexion √©thiques et esth√©tiques (po√©sie, peinture, musique).

De 1946 √† 1965 : Art, musique et po√©sie int√©rieure

Ce recueil regroupe les principaux textes théoriques publiés par Jouve, en accompagnement de ses romans ou ses poèmes, ou en revues, et devenus souvent introuvables. Certains sont historiquement très importants, comme l'Avant-propos de Sueur de Sang (1933-1934) qui marque une théorisation de l'arrivée de la psychanalyse dans la plus haute poésie. D'autres textes, à propos de la musique en particulier, nous rappellent que Jouve a été un écrivain participant précocement à la Résistance intellectuelle contre le nazisme.

  • Ode (Minuit, 1950)
  • Langue (ed. de l'Arche, avec trois lithographies de Balthus, Andr√© Masson, Joseph Sima (1952); r√©√©d. Mercure de France, 1954)
  • Wozzeck ou le nouvel Op√©ra, avec Michel Fano (Plon, 1953)
  • En Miroir, (Mercure de France, 1954)

En Miroir est sous-titr√©e Journal sans date : Jouve y pr√©sente sa trajectoire artistique et spirituelle en la liant √† un petit nombre de faits biographiques soigneusement choisis. Jouve a choisi de rompre avec sa premi√®re Ňďuvre d'avant 1925, et il a souvent rompu avec ses proches : ce "journal sans date", √©crit dans une langue somptueuse et percutante, illustre donc ses choix tr√®s aigus.

  • Ren√© Micha, Pierre Jean Jouve : parution en 1956 du premier ouvrage de r√©f√©rence sur l'√©crivain dans la collection "Po√®tes d'aujourd'hui" des √©ditions Pierre Seghers.
  • Lyrique (Mercure de France, 1956)
  • M√©lodrame (Mercure de France, 1957)
  • Tombeau de Baudelaire (Le Seuil, 1958)

Ce volume intitul√© comme un petit livre de 1942, est en fait une nouvelle √©dition de D√©fense et Illustration. Il contient le Tombeau de Baudelaire, son essai sur le ma√ģtre que s'est choisi Jouve, dans une version enti√®rement r√©√©crite et trois textes sur des artistes aim√©s de Jouve : Delacroix, Meryon, Courbet.

  • Invention (Mercure de France, 1959)
  • Proses (Mercure de France, 1960)

A 73 ans, Jouve rel√®ve le d√©fi de succ√©der √† Baudelaire en publiant un recueil de po√®mes en prose dont certains sont proches des contes √† la fa√ßon de Poe. Il y revisite l'ensemble de ses th√©matiques (exergue : La voix, le sexe et la mort). Dans son style somptueusement imag√© et subtilement dissonant, il nous offre de nouveaux portraits de ses mythes f√©minins (Retour chez H√©l√®ne, Coffre de fer, La Capitaine, La douce visiteuse).

  • Moires (Mercure de France, 1962)
  • T√©n√®bre (Mercure de France, 1965)

De 1925 aux années 1960

  • Paulina 1880, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1925)
  • Myst√©rieuses Noces, Stock (1925)
  • Nouvelles Noces, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1926), avec un portrait par Joseph Sima
  • Le Monde d√©sert, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1927)
  • Beau Regard, avec des gravures de Joseph Sima, Paris, Au Sans Pareil (1927)
  • Noces, Paris, Au Sans Pareil, (1928), reprend "Myst√©rieuse Noces" et "Nouvelles Noces"
  • H√©cate, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1928)
  • Paradis perdu, Paris, Grasset, (1929)
  • Symphonie √† Dieu, avec un frontispice de Joseph Sima,Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1930)
  • Vagadu, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1931)
  • Ňíuvres po√©tiques, Les Noces, collectif, (reprend "Noces" et "Symphonie √† Dieu"), √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise(1931)
  • Histoires sanglantes, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1932)
  • Sueur de Sang, Paris, Cahiers libres, avec une gravure d'Andr√© Masson (1933) et l'avant propos "Inconscient, Spiritualit√© et Catastrophe"
  • Sueur de Sang, r√©√©dition tr√®s compl√©t√©e, Paris, Cahiers Libres (1934)
  • Ňíuvres po√©tiques, Sueur de Sang, nouvelle √©dition, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1935)
  • La Sc√®ne capitale, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1935)
  • H√©l√®ne, Paris, GLM (1936)
  • Urne, Paris, GLM, (1936) avec un dessin de Balthus
  • Ňíuvres po√©tiques, Mati√®re c√©leste, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1937), contient H√©l√®ne et Urne
  • Paradis perdu, r√©√©dition, Paris GLM, en (1938) avec la pr√©face "La Faute" et 12 gravures de Joseph Sima
  • Kyrie, plaquette avec des lettrines de Joseph Sima, GLM (1938)
  • Ňíuvres po√©tiques, Kyrie , recueil collectif, Paris, √Čditions de la Nouvelle Revue fran√ßaise (1938)
  • Ode au Peuple - 1939, Paris, GLM (1939)
  • R√©surrection des Morts, Paris, GLM (1939)
  • A la France - 1939, Po√®me, Nouvelle Revue Fran√ßaise, 1er f√©vrier (1940)
  • Gloire, Dijon, √Čdition hors commerce, (1940)
  • Porche √† la Nuit des Saints, Neuch√Ętel, Ides et Calendes (1941)
  • Le Don Juan de Mozart, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1942)
  • Vers majeurs, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1942)
  • Tombeau de Baudelaire, Neuch√Ętel, La Baconni√®re (1942)
  • Gloire, Alger, Collection "Fontaine" dirig√©e par Max-Pol Fouchet, Edmond Charlot √©diteur, (1942)
  • D√©fense et Illustration, Neuch√Ętel, Ides et Calendes (1943), comprend Tombeau de Baudelaire
  • Les T√©moins - Po√®mes choisis de 1930 √† 1942, Neuch√Ętel, Les Cahiers du Rh√īne, La Baconni√®re (1943)
  • Le Bois des Pauvres, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1943)
  • La Vierge de Paris, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1944)
  • Gloire 1940, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1944) (reprend "Gloire" et "Porche √† la Nuit des Saints")
  • Processionnal de la Force anglaise, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1944)
  • L'Homme du 18 Juin, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1945)
  • A une Soie, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1945)
  • La Louange, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1945)
  • La Vierge de Paris Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1946),reprend "Gloire 1940", "Vers majeurs" et "la Vierge de Paris". Repris sous une nouvelle couverture au Mercure de France, 1957.
  • D√©fense et Illustration, Alger, Edmond Charlot, nouvelle √©dition (1946)
  • Le Quartier de Meryon (1946)
  • Hymne, Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1947), reprend Louange
  • Aventure de Catherine Crachat, Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1947), r√©√©d. en un volume de "H√©cate" et "Vagadu"
  • Histoires sanglantes, Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1948), r√©√©d. en un volume des "Histoires sanglantes" et de "La Sc√®ne capitale")
  • G√©nie, GLM, Paris, 1948.
  • Diad√®me, Paris, √Čditions de Minuit (1949)
  • Commentaires, Neuch√Ętel, La Baconni√®re (1950)
  • Ode, Paris, √Čditions de Minuit (1950)
  • Langue, √Čditions de l'Arche, avec trois lithographies de Balthus, Andr√© Masson, Joseph Sima (1952); r√©√©dition Paris, Mercure de France (1954)
  • Wozzeck ou le nouvel Op√©ra, Librairie Plon (1953), avec Michel Fano
  • En Miroir, Paris, Mercure de France (1954)
  • Lyrique, Paris, Mercure de France (1956)
  • M√©lodrame, Paris, Mercure de France (1957)
  • Invention, Paris, Mercure de France (1959)
  • Proses, Paris, Mercure de France (1960)
  • Moires, Paris, Mercure de France (1962)
  • T√©n√®bre, Paris, Mercure de France (1965)

Traductions

À partir de 1958, réédition des romans et des recueils de poèmes

√Ä partir de 1958, Jouve r√©√©dite son Ňďuvre, principalement au Mercure de France : cette r√©√©dition est en fait une sorte de nouvelle √©criture, non pas par des modifications des textes (elles sont rares), mais par de nombreuses suppressions (de po√®mes, voire de sections enti√®res pour les livres de po√©sie ; de chapitres pour certains romans). Le cas le plus flagrant concerne ses po√©sies du temps de la guerre (La Vierge de Paris). On peut donc consid√©rer qu'il s'agit pour Jouve d'une nouvelle rupture et de la marque de son d√©sir de ma√ģtrise sur son Ňďuvre et sur l'image qu'il veut en donner. Ces coupes modifient souvent la signification des Ňďuvres √©crites trente ou quarante ans plus t√īt (p√©riode 1925-1937). L'√©dition de Ňíuvre par Jean Starobinski donne de nombreux textes retranch√©s.

Préfaces

  • Avant-propos √† La Colombe de Pierre Emmanuel, Fribourg, LUF, 1943, .

Jouve traducteur

Pierre Jean Jouve est l'auteur, avec Georges Pito√ęff, d'une des traductions de r√©f√©rence en fran√ßais de Rom√©o et Juliette de William Shakespeare et aussi des traductions suivantes:

  • Macbeth (Shakespeare)
  • Othello (Shakespeare)
  • Sonnets (Shakespeare)
  • Po√®mes de la Folie de H√∂lderlin
  • Les trois SŇďurs (Tchekhov)
  • Lulu (Wedekind)

Bibliographie : Ňíuvres de Pierre Jean Jouve

Avant 1925

  • Artificiel, Frontispice d'Albert Gleizes, imprim√© par L. Linard √† 7 exemplaires (1909)
  • Les Muses romaines et florentines, Paris, L√©on Vannier(1910)
  • Les Ordres qui changent, Paris, Eug√®ne Figui√®re (1911)
  • La Rencontre dans le carrefour, Paris, Eug√®ne Figui√®re (1911)
  • Les a√©roplanes, Paris, Eug√®ne Figui√®re (1911)
  • Pr√©sences, Paris, Georges Cr√®s (1912)
  • Les deux forces, pi√®ce de th√©√Ętre en quatre actes, Paris, Editions de l'Effort libre (1913)
  • Parler, Paris, Georges Cr√®s (1913)
  • Vous √™tes des Hommes, Paris, Editions de la Nouvelle Revue Fran√ßaise (1915)
  • Po√®me contre le grand crime, Gen√®ve, Editions de la Revue Demain (1916)
  • Danse des Morts, Gen√®ve, Edition des Tablettes (1917) et La Chaux-de-Fonds, Action sociale (1918)
  • A la R√©volution russe, collectif, Gen√®ve, Editions de la Revue Demain (1918)
  • H√ītel-Dieu, r√©cits d'H√īpital en 1915, avec 25 bois grav√©s par Frans Masereel, Gen√®ve, par les auteurs (1918), et Paris, Librairie Ollendorf, (1919).
  • Le d√©faitisme contre l'homme libre, La Chaux-de-Fonds, Action sociale (1918)
  • Heures, Livre de la Nuit, Gen√®ve, √Čditions du Sablier, (1919)
  • Heures, Livre de la Gr√Ęce, Gen√®ve, Librairie Kundig (1920)
  • Les Po√®tes contre la Guerre, collectif (Romain Rolland, Georges Duhamel, Charles Vildrac, bois grav√© de Frans Masereel, etc.), Gen√®ve, √Čditions du Sablier, (1920).
  • Romain Rolland vivant, 1914-1919, Paris, Librairie Ollendorf (1920)
  • Toscanes, Gen√®ve, Librairie Kundig (1921)
  • Tragiques suivi de Voyage sentimental, Paris, Stock, (1922)
  • Pri√®re, portrait grav√© par Frans Masereel, Paris, Stock (1924)

Traductions

  • Cygne de Rabindranath Tagore, traduction du Bengali par K√Ęlid√Ęs N√Ęg et Pierre Jean Jouve, portrait grav√© par Frans Masereel, coll. Po√©sie du temps, Librairie Stock, 1923.
  • Les sept mers de Rudyard Kipling, traduction de l'anglais par Maud Kendall et Daniel Ros√©, portrait grav√© par Joseph Sima, coll. Po√©sie du temps, Librairie Stock, 1924. "Daniel Ros√©" est le pseudonyme de Pierre Jean Jouve.
  • Tombeau de Baudelaire, Paris, Le Seuil (1958), nouvelle √©dition de D√©fense et Illustration, le texte du Tombeau de Baudelaire est enti√®rement r√©√©crit.
  • Paulina 1880, Mercure de France, (1959)
  • Le Monde d√©sert, Mercure de France, (1960)
  • Aventure de Catherine Crachat I, H√©cate, Mercure de France, (1961)
  • La Sc√®ne capitale, Mercure de France, (1961), comprend Histoires sanglantes et La Sc√®ne capitale.
  • Aventure de Catherine Crachat II, Vagadu, Mercure de France, (1963)
  • Po√©sie*, 1925-1938, I Les Noces, II Sueur de Sang, III Mati√®re c√©leste, IV Kyrie, Mercure de France, (1964)
  • Po√©sie**, 1939-1947, V La Vierge de Paris, VI Hymne, Mercure de France, (1965)
  • Le Paradis perdu, Grasset, (1966)
  • Po√©sie***, 1939-1947, VII Diad√®me, VIII Ode, IX Langue, Mercure de France, (1966)
  • Po√©sie****, 1939-1967, X M√©lodrame, XI Moires, Mercure de France, (1967)
  • Le Don Juan de Mozart, Plon (1968), avec un avant-dire de P. J. Jouve.

√Čditions posthumes

Pierre Jean Jouve avait interdit la r√©√©dition de ses Ňďuvres ant√©rieures √† 1925, et il avait donn√© √† la fin de sa vie de nouvelles versions de ses Ňďuvres d'apr√®s 1925 qui les modifiaient sensiblement. La lecture moderne des √©crivains recherche au contraire des informations tr√®s pr√©cises sur l'√©volution litt√©raire et intellectuelle des grands auteurs. L'√©dition des deux volumes de Ňíuvre par Jean Starobinski a permis d'acc√©der √† de nombreux textes retranch√©s. Il manque un troisi√®me volume (qui aurait d√Ľ para√ģtre) principalement consacr√© aux textes critiques : les r√©√©ditions par Christian Bourgois et Fata Morgana donnent acc√®s √† certains d'entre eux.

  • Ňíuvre I, Paris, Mercure de France, 1812 p., 1987. Texte √©tabli et pr√©sent√© par Jean Starobinski, avec une note de Yves Bonnefoy et pour les textes in√©dits la collaboration de Catherine Jouve et de Ren√© Micha.
  • Ňíuvres II, Paris, Mercure de France, 2224 p., 1987. Texte √©tabli et pr√©sent√© par Jean Starobinski, avec une note de Yves Bonnefoy et pour les textes in√©dits la collaboration de Catherine Jouve et de Ren√© Micha.
  • Paradis perdu, Pandora, 1978, Fata Morgana, 1985.
  • G√©nie, Fata Morgana, 1983.
  • Folie et g√©nie, introduction par Daniel Leuwers, Fata Morgana, 1983.
  • Sacrifices, Fata Morgana, 1986.
  • Apologie du po√®te, suivi de Six lectures, Fata Morgana/Le Temps qu'il fait, 1987.
  • Beau Regard, Fata Morgana, 1987, avec les illustrations de Joseph Sima.
  • Le Don Juan de Mozart, Christian Bourgois, 1993, 2004.
  • Wozzeck d'Alban Berg, avec Michel Fano, Christian Bourgois, 1999.
  • Lettres √† Jean Paulhan - 1925-1961, √Čdition √©tablie, pr√©fac√©e et annot√©e par Muriel Pic, Paris, √Čditions Claire Paulhan, 2006
  • Tombeau de Baudelaire, Fata Morgana, 2006.

Traductions

Livres de Pierre Jean Jouve publiés dans des collections de poche

Les lecteurs de Jouve ont acc√®s √† ses Ňďuvres les plus c√©l√®bres de la p√©riode 1925-1937 par des r√©√©ditions en collections de poche. Mais il faut savoir que les textes sont ceux des r√©√©ditions tardives au Mercure de France.

  • Paulina 1880, livre de poche, 1964; Folio, 1974.
  • Wozzeck d'Alban Berg, avec Michel Fano, 10/18, 1964.
  • Les Noces, suivi de Sueur de Sang, Pr√©face de Jean Starobinski, po√©sie/Gallimard, 1966.
  • Le Monde d√©sert, livre de poche, 1968; L'Imaginaire, Gallimard, 1992.
  • En miroir, 10/18, 1972.
  • H√©cate, suivi de Vagadu, collection L'Imaginaire, Gallimard, d√©cembre 2010. Cette √©dition se substitue √† :
    • Aventure de Catherine Crachat I, H√©cate, Folio, 1972.
    • Aventure de Catherine Crachat II, Vagadu, Folio, 1989.
  • La Sc√®ne capitale, L'Imaginaire, Gallimard, 1982.
  • Diad√®me, suivi de M√©lodrame, Po√©sie/Gallimard, 1970; nouvelle √©d. 2006.
  • Dans les Ann√©es profondes - Mati√®re c√©leste - Proses, Pr√©sentation de J√©r√īme Th√©lot, Po√©sie/Gallimard, 1995.

Traductions

  • Shakespeare, Rom√©o et Juliette, avec Georges Pito√ęff, GF-Flammarion, 1992.
  • Shakespeare, Macbeth, GF-Flammarion, 1993.
  • Shakespeare, Sonnets, Po√©sie/Gallimard, 1975.

Ňíuvres de Pierre Jean Jouve publi√©es dans d'autres langues

  • Die leere Welt, Aus dem Franz√∂sischen von Friedhelm Kemp, Stuttgart, Klett Cotta Verlag, 1982.
  • Hecate: The Adventure of Catherine Crachat: I, translated by Lydia Davis, Marlboro Press, 1997.
  • Il "Don Giovanni" di Mozart, Adelphi, 2001.
  • Loucura e g√™nio, Hiena Portugal, 1991.
  • Paulina 1880, Einaudi, 1997.
  • Poesie, antologia poetica, Mondadori, 2001.
  • Poes√≠a, selecci√≥n, traducci√≥n y pr√≥logo de Federico Gorbea, Buenos Aires, Fausto, 1974.
  • The Desert World, translated by Lydia Davis, Marlboro Press, 1996.
  • Vagadu: The Adventure of Catherine Crachat: II, translated by Lydia Davis, Marlboro Press, 1997.

Bibliographie : √Čtudes sur Pierre Jean Jouve

Pierre Jean Jouve n'est pas très connu du grand public, mais son importance a été reconnue par divers écrivains, poètes et critiques, de différentes générations. Afin de distinguer les approches, la bibliographie critique sur Jouve distingue les livres écrits par des "Témoins" (c'est-à-dire par des auteurs qui ont connu Jouve et qui ont souvent été ses amis) d'avec les livres écrits par des auteurs qui ne l'ont pas connu personnellement. Certains livres collectifs sont difficiles à classer, car s'y mêlent études distanciées et témoignages personnels.

Livres écrits par des témoins

Ouvrages Collectifs

  • Pierre Jean Jouve, Les Cahiers du Sud N¬į 182, Marseille, avril 1936, avec des articles de Joe Bousquet, Robert Guiette et Roger Bastide.
  • De la po√©sie comme exercice spirituel, Revue Fontaine N¬į 19-20, Alger, mars-avril 1942, r√©√©d. Paris, Le Cherche midi, 1978 avec une pr√©face de Max-Pol Fouchet.
  • Pierre Jean Jouve, La Nouvelle Revue fran√ßaise Paris, 1er mars 1968, avec des textes de Giuseppe Ungaretti, Jean Starobinski, Jean Cassou, Henry Amer, Ren√© Micha, Andr√© Marissel, Dominique Noguez.
  • Pierre Jean Jouve et l'Italie, une rencontre passionn√©e, par Wanda Rupolo, Roma 2007, Edizioni di Storia et Letteratura. Contient des entretiens et des t√©moignages : Mario Luzi, Andr√© Orsini, Nelo Risi, Dianella Selvatico Estense, Christiane Blot-Labarr√®re.

Etudes sur Jouve

  • Christiane Blot-Labarr√®re, Relation de la faute de l'√©ros et de la mort dans l'Ňďuvre romanesque de Pierre Jean Jouve, Aix-en-Provence, La Pens√©e universitaire, 1961.
  • B√©atrice Bonhomme, Jeux de la psychanalyse - initiation, images de la femme dans l'√©criture jouvienne, Paris, archives des lettres modernes, 1994.
  • Beno√ģt Conort, Pierre Jean Jouve - Mourir en po√©sie, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2002
  • Jean Decottignies, Pierre Jean Jouve romancier ou l'exp√©rience de l'ab√ģme, Paris, Jos√© Corti, 1994.
  • Adrien Le Bihan, Le G√©n√©ral et son double. De Gaulle √©crivain, Flammarion, 1996. Voir aussi : Pierre Jean Jouve et De Gaulle, Esprit, novembre 1990.
  • Alain Paire, Chronique des Cahiers du Sud 1914-1966, Paris, IMEC √©ditions, 1993.
  • Muriel Pic, Pierre Jean Jouve. Le d√©sir monstre, Paris, Le F√©lin, 2006.
  • Suzanne Sanzenbach, Les Romans de Pierre Jean Jouve, Vrin, Paris, 1972.
  • Pierre Silvain, Passage de la morte - Pierre Jean Jouve, L'Escampette √Čditions - Essai, 2007.
  • Elisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France.2., Paris, Seuil, 1986.
  • Franck Venaille, Jouve l'Homme grave, Paris, jeanmichelplace/po√©sie, 2004.
  • B√©atrice Bonhomme, Pierre Jean Jouve ou la qu√™te int√©rieure, Paris, Editions Aden, 2008.
  • Lauriane Sable, Pierre Jean Jouve, une po√©tique du secret, √Čtude de Paulina 1880, L'Harmattan, D√©cembre 2008.
  • Adrien Le Bihan, De Gaulle √©crivain, Fayard/Pluriel, 2010 (ISBN 9782818500699)
    un chapitre traite des rapports entre Charles de Gaulle et Pierre Jean Jouve
    .
Ouvrages collectifs
  • Bousquet Jouve Reverdy, Colloque Po√©sie-Cerisy, direction Charles Bachat, Daniel Leuwers, Etienne-Alain Hubert, revue Sud, Marseille, 1981.
  • S√©rie Pierre Jean Jouve La Revue des Lettres modernes, Paris-Caen, √©dit√©e de 1981 √† 1987 par Daniel Leuwers, et depuis 1987, par Christiane Blot-Labarr√®re. Jouve 3, Jouve et ses curiosit√©s esth√©tiques 1, 1998. Jouve 4, Jouve et ses curiosit√©s esth√©tiques 2, 1992. Jouve 5, Jouve et les jeux de l‚Äô√Čcriture1, 1994. Jouve 6, Jouve et les jeux de l‚Äô√Čcriture 2, 2001. Jouve 8, Modernit√© de Jouve, 2006.
  • Pierre Jean Jouve, revue nord' N¬į 16, Lille, d√©cembre 1990.
  • Jouve, revue l'Autre, Paris, 1992, dirig√© par Fran√ßois Xavier Jaujard avec la collaboration de Robert Bensimon.
  • Pierre Jean Jouve, sous la direction de Christiane Blot-Labarr√®re et B√©atrice Bonhomme, Actes du colloque international Pierre Jean Jouve, Universit√© de Nice, 24-26 novembre 1994, Arras, √Čditions Roman 20/50, 1996.
  • Jouve po√®te, romancier, critique, Colloque de la Fondation Hugot du Coll√®ge de France r√©uni par Yves Bonnefoy. Actes rassembl√©s par Odile Bombarde, Lachenal et Ritter, 1995.
  • L'Unanimisme et l'Abbaye, revue in'hui, Bruxelles-Paris, 1996, Le Cri et Jacques Darras.
  • Relecture de Pierre Jean Jouve, Nice, revue NU(e), coordonn√©e par B√©atrice Bonhomme, Herv√© Bosio, Giovanni Dotoli, Fran√ßois Lallier. (1) N¬į 28, 2003, avec un entretien avec Yves Bonnefoy. (2) N¬į 30, 2005, avec un entretien avec Salah St√©ti√©.
  • Pierre Jean Jouve, revue Europe N¬į 907-908, novembre 2004.
  • Pierre Jean Jouve et Henry Bauchau : les voix de l'alt√©rit√©, sous la direction de Myriam Watthee-Delmotte et Jacques Poirier, √Čditions Universitaires de Dijon, 2006.
  • Pierre Jean Jouve ‚Äď Voyage au bout de la psych√©, L'Atelier du Roman N¬į56, num√©ro con√ßu par Philippe Raymond-Thimonga et dirig√© par Lakis Proguidis, √©ditions Flammarion et Bor√©al, D√©cembre 2008.
  • Jouve, po√®te europ√©en, Cahiers Pierre Jean Jouve, N¬į 1, textes r√©unis par B√©atrice Bonhomme et Jean-Yves Masson, √Čditions Calliop√©es, 2009. Actes des Colloques "Jouve" de la Sorbonne (2006) et Saorge (2007).
  • Int√©grit√©s et transgressions de Pierre Jean Jouve, Cahiers Pierre Jean Jouve, N¬į 2, textes r√©unis par B√©atrice Bonhomme, √Čditions Calliop√©es, 2010. Actes du Colloque Relectures de Pierre Jean Jouve de Cerisy (ao√Ľt 2007).

Films et Documentaires

Jugements[21]

  • Jean Starobinski : ¬ę Il ne reste aujourd'hui qu'√† souligner ce fait trop m√©connu : le roman Vagadu (1931), les Histoires sanglantes, La Sc√®ne capitale furent, parall√®lement aux po√®mes de Sueur de sang (1935), les premi√®res Ňďuvres fran√ßaises √©crites √† partir de la psychanalyse - de la pens√©e freudienne √† la fois pleinement comprise et librement retravaill√©e ¬Ľ, Jean Starobinski, pr√©face √† La Sc√®ne capitale, Gallimard, 1982.
  • Jacques Lacan : ¬ę Ces yeux deux fois pos√©s avec une rigueur singuli√®re √ītent tout sens aux questions d'esth√®te qu'on pose sur votre dette √† la psychanalyse : vous avez sa clef tout simplement ¬Ľ, Jacques Lacan, lettre du 26 novembre 1962, catalogue de la vente du 5 mars 2007.
  • Andr√© Pieyre de Mandiargues : ¬ę Et j'√©tonnerai peut-√™tre quelques-uns en proclamant ici que le po√®te Jouve est, peut-√™tre avant Andr√© Malraux, le premier romancier ou conteur que je choisirais si l'on me demandait une liste de mes pr√©f√©rences parmi ceux dont l'Ňďuvre s'inscrit approximativement dans les vingt ans qui ont d√©par√©s les deux guerres ultimes (...) Avant [les romans de Malraux], pourtant, une Ňďuvre narrative, qui nous para√ģt aujourd'hui plus moderne et mieux accord√©e avec l'id√©e que nous nous faisons de la "litt√©rature", avait cr√Ľ dans l'obscurit√©, celle de Pierre Jean Jouve ¬Ľ, Andr√© Pieyre de Mandiargues, Troisi√®me Belv√©d√®re, chapitre "Le roman rayonnant", Gallimard, 1971.
  • Salah St√©ti√© : ¬ę J'ai fait mieux que rencontrer Pierre Jean Jouve: je l'ai accompagn√© de ma pr√©sence, plus ou moins effective, sur pr√®s de trente ans. ¬Ľ ¬ę Je connaissais l'Ňďuvre de Jouve et j'√©tais un passionn√© de cette grande musique qu'on trouve dans ses principaux recueils : Mati√®re C√©leste, Noces, Sueur de sang, etc. Je me r√©citais aussi comme un texte de po√©sie pure les premi√®res pages de Paulina 1880, √† savoir la description de la "chambre bleue"...¬Ľ ¬ę Jouve √©tait impressionnant d'acuit√© et de puret√©. On sentait avec force son appartenance au monde spirituel, sa participation int√©rieure √† tout ce qui donne √† la parole son poids de v√©rit√© et, aussi, sa puissante l√©g√®ret√© lyrique. ¬Ľ Salah St√©ti√©, entretien avec B√©atrice Bonhomme et Herv√© Bosio, revue NU(e) N¬į 3, 1996.
  • Charles de Gaulle : ¬ę Merci d'avoir √©t√© un interpr√®te de l'√Ęme fran√ßaise pendant ces derni√®res ann√©es ¬Ľ, t√©l√©gramme de Charles de Gaulle, 12 mai 1945, reproduit dans le Cahier de l'Herne, Pierre Jean Jouve, 1972.
  • Ga√©tan Picon : ¬ę Ces derni√®res ann√©es ont vu grandir, plus que tout autre, l'Ňďuvre de Pierre Jean Jouve. Sans doute est-ce d'abord la cons√©quence de sa relation √† l'√©v√©nement historique, auquel elle a su donner les figures du r√™ve le plus profond. D√®s le d√©but, la po√©sie de Jouve a √©t√© domin√©e par le pressentiment de la catastrophe : nostalgie du "paradis perdu", elle est plus encore proph√©tie d'un incommensurable malheur. Elle √©tait depuis toujours pr√©par√©e √† saisir dans l'histoire l'incarnation du combat √©ternel. Aussi un recueil comme La Vierge de Paris est-il l'un des plus beaux recueils de Jouve, et un po√®me comme La Chute du ciel offre l'alliance exemplaire de choses vues avec un r√©alisme saisissant (le passant "qui prend mesure de sa croix sur le trottoir") et des figures entr'aper√ßues de la lutte spirituelle ¬Ľ. Ga√©tan Picon, Panorama de la nouvelle litt√©rature fran√ßaise, nouvelle √©dition, Gallimard, 1976.

Hommages

Références

  1. ‚ÜĎ Le nom de Pierre Jean Jouve doit √™tre orthographi√© sans trait d'union entre les pr√©noms. "Pierre" est son premier pr√©nom, et son pr√©nom d'usage par ses proches. "Jean" est son troisi√®me pr√©nom (le deuxi√®me √©tant "Charles"). √Ä ses d√©buts, l'√©crivain signait "P. J. Jouve", puis il a sign√© avec son nom complet. Jouve a toujours √©t√© tr√®s attentif √† ce qu'on ne mette pas de trait d'union entre les deux pr√©noms, erreur assez fr√©quente.
  2. ‚ÜĎ Ren√© Micha, Pierre Jean Jouve, Seghers, 1956
  3. ‚ÜĎ Cahier de l'Herne Pierre Jean Jouve, dirig√© par Robert Kopp et Dominique de Roux, 1972
  4. ‚ÜĎ Daniel Leuwers, Jouve avant Jouve ou la naissance d'un po√®te, Klincksieck, 1984
  5. ‚ÜĎ Pierre Jean Jouve, Ňíuvre, tomes 1 et 2, √©dition de Jean Starobinski, Mercure de France, 1987
  6. ‚ÜĎ B√©atrice Bonhomme, Pierre Jean Jouve ou la qu√™te int√©rieure, √©ditions Aden, 2008
  7. ‚ÜĎ Voir : B√©atrice Bonhomme, Pierre Jean Jouve ‚ÄĒ La Qu√™te int√©rieure, √Čditions Aden, 2008, chapitre 7.
  8. ‚ÜĎ Voir le catalogue de l'exposition Balthus du centre Pompidou, 1983
  9. ‚ÜĎ Correspondance publi√©e en 2006 : Pierre Jean Jouve : Lettres √† Jean Paulhan, 1925-1961, √Čdition √©tablie, pr√©fac√©e et annot√©e par Muriel Pic, √Čditions Claire Paulhan, 2006.
  10. ‚ÜĎ Jo√ę Bousquet publia sur lui nombre d'essais actuellement r√©√©dit√©s : Lumi√®re, infranchissable pourriture, Fata Morgana, 1987
  11. ‚ÜĎ Correspondance entre Jouve et Bounoure, publi√©e en 1989 : Pierre Jean Jouve entre ab√ģme et sommets, Fata Morgana
  12. ‚ÜĎ Sur le site de la Soci√©t√© des Lecteurs de Pierre Jean Jouve, une nouvelle biographie
  13. ‚ÜĎ D'apr√®s : Jouve avant Jouve ou la naissance d'un po√®te de Daniel Leuwers, Klinsieck, 1984.
  14. ‚ÜĎ Sur cette p√©riode, quelques r√©f√©rences rassembl√©es dans un floril√®ge sur un site consacr√© √† Jouve: Site consacr√© √† Jouve: citations sur l'Abbaye de Cr√©teil
  15. ‚ÜĎ Sigmund Freud, Trois essais sur la th√©orie de la sexualit√©, traduction par B. Reverchon-Jouve, Gallimard, 1923, r√©√©dition coll. Id√©es, 1971
  16. ‚ÜĎ Voir sur cet √©pisode le chapitre ¬ę La Rencontre avec Blanche : "Le signe d'une entente passionnelle" ¬Ľ, in Pierre Jean Jouve ‚ÄĒ La Qu√™te int√©rieure de B√©atrice Bonhomme, √©ditions Aden, 2008
  17. ‚ÜĎ Cahier Pierre Jean Jouve, 8, Modernit√© de Pierre Jean Jouve, textes r√©unis et dirig√©s par Christianr Blot-Labarr√®re, la revue des lettres modernes, Minard, 2006
  18. ‚ÜĎ Pr√©face de Jean Starobinski √† La Sc√®ne capitale, L'Imaginaire, Gallimard, 1982.
  19. ‚ÜĎ Ren√© Char, Cahier de L'Herne, 1972, lettre reproduite en fac simil√© dans la revue L'Autre, 1992.
  20. ‚ÜĎ Yves Bonnefoi, Pierre Jean Jouve", Cahier de L'Herne, 1972 et Le Nuage rouge, Mercure de France, 1977
  21. ‚ÜĎ Voir aussi sur le Site de la Soci√©t√© des Lecteurs de Pierre Jean Jouve une anthologie de citations d'√©crivains sur Pierre Jean Jouve

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Pierre Jean Jouve de Wikipédia en français (auteurs)

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