Pie VII

ï»ż
Pie VII
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chiaramonti (homonymie).
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article homophone, voir Pissette.
Pie VII
Pape de l’Église catholique

Portrait du pape Pie VII, Jacques-Louis David, 1805, musée du Louvre (Paris)
Portrait du pape Pie VII, Jacques-Louis David, 1805, musée du Louvre (Paris)

Aquila rapax (L'aigle Rapace)

Armoiries pontificales de Pie VII

Nom de naissance Barnaba Chiaramonti
Naissance 14 août 1742
Cesena (Romagne), Italie
Élection au pontificat 14 mars 1800
Intronisation 21 mars 1800
Fin du pontificat 20 août 1823
Prédécesseur Pie VI
Successeur LĂ©on XII
Listes des papes : chronologie · alphabĂ©tique

Luigi Barnaba Chiaramonti (en religion Gregorio), nĂ© le 14 aoĂ»t 1742 Ă  Cesena (Romagne) et mort le 20 aoĂ»t 1823 Ă  Rome, Ă©tait un moine bĂ©nĂ©dictin, Ă©lu pape le 14 mars 1800. Il prit le nom de Pie VII (en latin Pius VII, en italien Pio VII).

Sommaire

Jeunesse

Abbaye bénédictine de Santa Maria del Monte
Abbaye bénédictine de Santa Maria del Monte

Avant-dernier enfant du comte Scipione Chiaramonti (1698-1750) et de Giovanna Coronata Ghini (1713-1777), fille du marquis Barnaba Eufrasio Ghini, femme profondément religieuse qui terminera sa vie au Carmel de Fano et que son fils prendra toute sa vie comme modÚle, particuliÚrement aux moments les plus douloureux de son pontificat, il appartient à une famille de vieille noblesse d'origine française, sans doute celle de Clermont-Tonnerre amie des Braschi (famille dont est issu Pie VI). Sa famille est noble, mais assez pauvre.

Comme ses frĂšres, il frĂ©quente d'abord le Colegio dei Nobili de Ravenne, mais Ă  sa demande, il entre Ă  l'Ăąge de 14 ans, le 2 octobre 1756, Ă  l'abbaye bĂ©nĂ©dictine de Santa-Maria del Monte, Ă  Cesena oĂč il est admis comme novice sous la direction de dom Gregorio Caldarera. Deux ans plus tard (20 aoĂ»t 1758), il prend l'habit sous le nom de dom Gregorio. Jusqu'en 1763, il Ă©tudie Ă  l'Abbazia di Santa Giustina de Padoue oĂč il est suspectĂ© de jansĂ©nisme par l'Inquisition vĂ©nitienne. Ses brillantes qualitĂ©s intellectuelles conduisent ses supĂ©rieurs Ă  l'envoyer ensuite au CollĂšge Pontifical Sant' Anselmo, Ă  Rome, annexĂ© Ă  la rĂ©sidence urbaine de l'abbaye Saint-Paul-hors-les-Murs, c'est-Ă -dire Ă  la basilique Sainte-Marie-du-Trastevere, qui Ă©tait rĂ©servĂ© aux Ă©tudiants les plus douĂ©s de la CongrĂ©gation bĂ©nĂ©dictine de Cassino.

Le 21 septembre 1765, il est ordonnĂ© prĂȘtre et peu aprĂšs, reçoit son doctorat de thĂ©ologie. Il enseigne, Ă  partir de 1766, Ă  l'abbaye San-Giovanni de Parme, duchĂ© ouvert aux idĂ©es nouvelles. Amoureux de la culture et soucieux de donner un enseignement moderne, proche des rĂ©alitĂ©s sociales et scientifiques de son temps, il souscrit Ă  l'EncyclopĂ©die de Diderot et se montre curieux des idĂ©es de Locke et Condillac, alors prĂ©cepteur du prince hĂ©ritier et dont il traduit l’Essai sur l'origine des connaissances humaines.

En 1772 lui est attribuĂ© le grade acadĂ©mique de « lecteur Â», par lequel sa congrĂ©gation l'habilite Ă  l'enseignement de la thĂ©ologie et du droit canonique.

Entre 1772 et 1781, il retourne au collÚge Sant' Anselmo, cette fois en tant que professeur de théologie et bibliothécaire. Il est ensuite nommé abbé titulaire du monastÚre dont il avait été oblat dans son enfance.

Le jeune moine Chiaramonti ressent le besoin d'un profond renouveau pour son Ordre, en particulier dans le domaine de la formation. Il souhaite, d'une part, le retour à l'inspiration originelle de la vie monastique et, de l'autre, une modernisation des programmes d'enseignement, de façon à conduire les jeunes moines à un contact plus direct avec les réalités concrÚtes et actuelles.

En 1773, il devient confesseur du Pape Pie VI qui le tient en haute estime et en 1782, ce dernier le nomme prieur de l'abbaye romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs oĂč il semble avoir Ă©tĂ© accueilli comme un intrus par les autres moines jaloux de sa promotion et qui, semble-t-il, tenteront mĂȘme de l'empoisonner. Dans son prĂ©cis historique sur Pie VII, Jean Cohen rapporte :

"On prétendit qu'ils tentÚrent d'empoisonner leur rival par une tasse de chocolat. Chiaramonti, l'ayant goûtée, ne put l'achever tant elle lui parut d'une saveur désagréable. Un frÚre lai, spécialement attaché à son service, la but, et saisi tout à coup des plus violentes douleurs, il ne survécut que 24 heures à ce fatal repas" [1]

Expérience pastorale

La façade de la cathédrale San Lorenzo de Tivoli.

On peut douter de l'authenticitĂ© de l'anecdote qui prĂ©cĂšde. Il est sĂ»r, en revanche, que la promotion de Chiaramonti Ă  Saint-Paul-Hors-Les Murs n'est pas accueillie avec ferveur par les autres religieux. Pie VI en est conscient et, pour le protĂ©ger tout en lui confiant malgrĂ© tout de hautes responsabilitĂ©s, il lui attribue l'Ă©vĂȘchĂ© de Tivoli, en la cathĂ©drale San Lorenzo le 16 dĂ©cembre 1782. Trois ans plus tard, alors qu'il n'a que 42 ans, il est crĂ©Ă© cardinal lors du consistoire du 14 fĂ©vrier 1785 et reçoit le chapeau de cardinal le 27 juin. Il devient Ă©vĂȘque-cardinal d'Imola et le restera curieusement jusqu'au 8 mars 1816 malgrĂ© son accession au TrĂŽne de Pierre en 1800.

En juin 1796, son diocĂšse est envahi par les troupes françaises d'Augereau. RappelĂ© Ă  Rome en 1797, il se range dans le camp des modĂ©rĂ©s et soutient, au grand dam des conservateurs, l'Ă©tablissement des nĂ©gociations menant au traitĂ© de Tolentino. Dans une lettre adressĂ©e aux habitants de son diocĂšse, il leur demande de se soumettre, « dans les circonstances actuelles de changement de gouvernement (
) Ă  l'autoritĂ© du victorieux gĂ©nĂ©ral en chef de l'armĂ©e française. Â» Dans son homĂ©lie de NoĂ«l 1797, il affirme mĂȘme :

« Oui ! mes chers frĂšres, soyez de bon chrĂ©tiens, et vous serez d'excellents dĂ©mocrates. La forme du gouvernement dĂ©mocratique adoptĂ©e chez nous n'est point en opposition avec les maximes que je viens de vous exposer. Elle ne rĂ©pugne pas Ă  l'Évangile. Elle exige, au contraire, ces vertus sublimes qui ne s'acquiĂšrent qu'Ă  l'Ă©cole de JĂ©sus-Christ. Si vous les pratiquez sĂ©rieusement, elles seront le gage de votre bonheur, de votre gloire et de la splendeur de notre RĂ©publique. La seule indĂ©pendance que donnait aux anciens la forme de gouvernement dont ils jouissaient les avait ornĂ©s d'une foule de vertus. RĂ©publicains et, de plus, chrĂ©tiens, quels modĂšles de saintetĂ© ne doivent pas ĂȘtre les citoyens d'Imola !» Â»

Il intercĂšde d'ailleurs personnellement auprĂšs du gĂ©nĂ©ral Augereau pour le convaincre d'Ă©pargner les habitants de Lugo qui ne s'Ă©taient guĂšre montrĂ©s sensibles Ă  ses conseils pacifiques. Cette politique modĂ©rĂ©e Ă©vitera bien des malheurs au diocĂšse d'Imola, mais n'empĂȘchera pas le reste de l'Église de continuer Ă  vivre des moments dramatiques.

À la nouvelle de l'assassinat du gĂ©nĂ©ral Duphot, le Directoire ordonne le 11 janvier 1798 l'occupation de Rome. Gaspard Monge part le 6 fĂ©vrier pour Rome. La RĂ©volution Ă©clate dans la ville le 15 fĂ©vrier. La "RĂ©publique romaine" est proclamĂ©e par le peuple rĂ©uni au Campo Vaccino (ancien forum).

Le pape Pie VI est contraint par la république française de renoncer à son pouvoir temporel et de se contenter de son pouvoir spirituel. On l'oblige à quitter Rome sous deux jours. Pie VI quitte le Quirinal dans la nuit du 19 au 20 février 1798. AprÚs le renvoi de Masséna, Gaspard Monge fait toutes les nominations (sauf les finances).

Réfugié à Sienne puis à la chartreuse de Florence (en juin 1798), Pie VI est en quelque sorte rattrapé par les troupes françaises et fait prisonnier. Il est successivement emmené à Bologne, Parme, Turin, puis Briançon, Grenoble et enfin Valence (France) .

Cathédrale d'Imola
Cathédrale d'Imola

Malgré les bouleversements que connaissait alors la France, le pape octogénaire reçoit de nombreuses et touchantes marques de respect, de compassion et de communion dans la foi de la part des petites gens, tout au long de sa route, entre Briançon et Valence. Le poÚte Paul Claudel le surnommera le pÚre commun des fidÚles.

Celui que l'on surnommait il Papa bello, imposant et séduisant, affable et cultivé, finit tristement son rÚgne, presque impotent.

C'est à Valence qu'il est incarcéré par la Révolution française, et qu'il meurt, épuisé, le 29 août 1799 à l'ùge de 82 ans.

Les États pontificaux, symbole du pouvoir temporel du pape, institution qui durait depuis plus de mille ans (donation de PĂ©pin) sont remplacĂ©s par la RĂ©publique romaine, sous la pression des rĂ©volutionnaires français avant d'ĂȘtre annexĂ©s par NapolĂ©on Ier dont le fils portera le titre de « roi de Rome Â».

Pontificat

Un pape qui ne voulait pas ĂȘtre pape. Le conclave.

Ile et MonastĂšre de San Giorgio. Venise
Île et Monastùre de San Giorgio. Venise

Dans cette situation oĂč Rome Ă©tait occupĂ©e par les troupes françaises et oĂč le pape ne disposait plus de son pouvoir temporel, les cardinaux se trouvaient dans une position trĂšs particuliĂšre. Ils furent obligĂ©s de tenir le conclave Ă  Venise et ce fut le dernier jusqu'Ă  nos jours Ă  se tenir hors de Rome. Ils rĂ©pondaient ainsi Ă  deux ordonnances de Pie VI (17 janvier 1797 et 13 novembre 1798) Ă  propos des mesures Ă  prendre en cas d’urgence. Craignant que la papautĂ© ne soit abolie, il y stipulait que le conclave devait ĂȘtre convoquĂ© par le doyen du CollĂšge des cardinaux et se tenir dans la ville qui comptait, au sein de sa population, le plus grand nombre de cardinaux.

C’est le monastĂšre bĂ©nĂ©dictin de San Giorgio (situĂ© sur l’üle de San Giorgio Maggiore) qui fut choisi. La ville de Venise, ainsi que d’autres villes du Nord de l’Italie, Ă©taient sous la domination de l'Empereur François Ier d’Autriche qui accepta de prendre Ă  sa charge les frais du conclave.

Chiaramonti faillit ne pas y participer : comme il avait dĂ©pensĂ© tous ses revenus Ă  soulager les pauvres de son diocĂšse, il n'avait pas de quoi payer le voyage et c'est l'un de ses amis qui dut lui prĂȘter mille Ă©cus.

Bien que le conclave ait dĂ©butĂ© le 30 novembre 1799 les cardinaux ne parvinrent pas Ă  se dĂ©terminer entre les trois candidats favoris jusqu’au mois de mars 1800. Trente-quatre cardinaux Ă©taient prĂ©sents depuis le dĂ©but (le nombre le plus faible entre 1513 et nos jours). Un trente-cinquiĂšme allait bientĂŽt se joindre Ă  eux : Franziskus von Paula Herzan von Harras qui Ă©tait aussi le reprĂ©sentant de l’empereur d’Autriche et qui allait par deux fois utiliser son droit de veto.

Ercole Consalvi avait Ă©tĂ© choisi Ă  l’unanimitĂ© comme secrĂ©taire du Conclave. Il allait devenir un personnage trĂšs influent pour l’élection du nouveau pape. Carlo Bellisomi Ă©tait le grand favori et bĂ©nĂ©ficiait de nombreux soutiens, mais les cardinaux autrichiens lui prĂ©fĂ©raient Mattei et utilisĂšrent leur droit de vĂ©to. Le conclave porta alors son dĂ©volu sur un troisiĂšme candidat possible : le cardinal Hyacinthe Sigismond Gerdil mais il fut lui aussi victime du vĂ©to de l’Autriche.

Alors que le Conclave entrait dans son troisiĂšme mois, le cardinal Maury, neutre depuis le dĂ©but, suggĂ©ra le nom de Chiaramonti qui fit savoir qu’il n’était absolument pas candidat (et qui fit Ă  nouveau appel Ă  son ami, cette fois pour pourvoir Ă  ses frais de nourriture et d'hĂ©bergement). C’est sur l’insistance d’Ercole Consalvi qu’il finit par accepter et qu’il fut Ă©lu le 14 mars 1800 aprĂšs 104 jours de conclave et 227 jours aprĂšs la mort de Pie VI (le plus long siĂšge vacant entre 1415 et nos jours). Il prit le nom de Pie VII en hommage Ă  son prĂ©dĂ©cesseur, surnommĂ© le « pape martyr Â». ImmĂ©diatement aprĂšs son retour Ă  Rome, il nomma Consalvi cardinal et pro-secrĂ©taire d'État (11 aoĂ»t 1800). Pendant 23 ans, malgrĂ© tous les revers, Consalvi restera fidĂšle Ă  celui qu’il avait fait Ă©lire et c’est Ă  lui que Pie VII rendra son dernier souffle le 20 aoĂ»t 1823.

L’Autriche prit acte de l’élection sans aucun enthousiasme (puisque son candidat n'avait finalement pas Ă©tĂ© Ă©lu) et refusa que le nouveau pape soit couronnĂ© dans la basilique Saint-Marc de Venise. En consĂ©quence, le pape dĂ©clina l'invitation de l'empereur François Ier et refusa de se rendre Ă  Vienne. Il sera couronnĂ© le 21 mars 1800 dans une petite chapelle attenante au monastĂšre de San Giorgio. Comme les trĂ©sors papaux Ă©taient restĂ©s Ă  Rome, ce furent des femmes nobles de Venise qui rĂ©alisĂšrent une tiare de papier-mĂąchĂ© qu’elles dĂ©corĂšrent avec leurs propres bijoux et qui servit pour le couronnement.

La restauration des États pontificaux

Signature du Concordat entre Pie VII et la France
Signature du Concordat entre Pie VII et la France

À la bataille de Marengo, le 14 juin 1800, la France arrache le Nord de l’Italie Ă  l’Autriche. Le nouveau pape se trouve donc soudain sous domination française. Ce n'est pas un inconnu pour NapolĂ©on qui avait qualifiĂ© son discours de NoĂ«l 1797 Ă  Imola de « jacobin Â». Bonaparte dĂ©cide de reconnaĂźtre le nouveau pape et de restaurer les États Pontificaux dans les limites du traitĂ© de Tolentino.

Le nouveau pape embarque donc pour Rome oĂč la population l’accueille chaleureusement le 3 juillet 1800. Craignant de nouvelles invasions, il dĂ©crĂšte que les États Pontificaux resteront neutres aussi bien vis-Ă -vis de l’Italie napolĂ©onienne dans le Nord que du Royaume de Naples dans le Sud.

En entrant Ă  Rome, Pie VII trouve sa capitale profondĂ©ment dĂ©stabilisĂ©e par les guerres rĂ©volutionnaires. Il demande donc au cardinal Consalvi, son secrĂ©taire d'État, de s'atteler Ă  leur restauration. Il s'entoure de prĂ©lats rĂ©formateurs et commence par amnistier les partisans des Français. Il forme quatre congrĂ©gations cardinalices pour examiner la rĂ©forme de l'État.

Leurs travaux sont synthĂ©tisĂ©s dans la bulle Post diuturnas du 30 octobre 1800 : les institutions de Pie VI sont remises en place mais rĂ©formĂ©es. Ainsi, des fonctionnaires laĂŻques font leur entrĂ©e dans l'administration pontificale, en particulier Ă  l'annone ou dans l'armĂ©e. Un bref Ă©tablit la libertĂ© du commerce pour les denrĂ©es alimentaires. Une rĂ©forme monĂ©taire tente, en 1801, de limiter l'inflation. Elle est suivie par une rĂ©forme fiscale, qui fond 32 impĂŽts et taxes en une taille personnelle et rĂ©elle, la dativa. Pie VII fait assĂ©cher les Marais Pontins pour rendre de nouvelles terres Ă  l'agriculture et fait Ă©tablir des filatures de laine et de coton pour y donner du travail aux indigents. Ces rĂ©formes se heurtent Ă  la rĂ©sistance du SacrĂ© CollĂšge et des Ă©vĂȘques. MalgrĂ© la crĂ©ation de la garde noble, la noblesse romaine reste insatisfaite. Lorsque Consalvi doit quitter son poste en 1806 (c'est lui-mĂȘme qui, persuadĂ© d'ĂȘtre devenu un obstacle aux nĂ©gociations avec la France, convaincra Pie VII de le destituer), sa politique hardie a Ă©tĂ© oubliĂ©e.

Le 15 juillet, la France reconnaĂźt officiellement le catholicisme comme la religion de la majoritĂ© de ses citoyens (mais non comme une religion d’État). Par le concordat de 1801, l’Église reçoit un statut de libertĂ© liĂ© Ă  la Constitution Gallicane du clergĂ©. Le Concordat reconnaĂźtra aussi les États de l’Église et restituera ce qui avait Ă©tĂ© confisquĂ© ou vendu pendant leur occupation. À cette occasion, en 1801, le souverain pontife, Ă  la demande du chef de l'État, dĂ©pose l'ensemble de l'Ă©piscopat français : Ă©vĂȘques Ă©lus en vertu de la Constitution civile du clergĂ© : c'est la fin des principes de l'Église gallicane, et la reconnaissance, implicite, de la primautĂ© de juridiction du pape. Certains Ă©vĂȘques et prĂȘtres rĂ©fractaires, d'esprit gallican, refusent de se soumettre et fondent la Petite Église. En 1803, la Restauration des États Pontificaux sera officialisĂ©e par le traitĂ© de LunĂ©ville.

Face à Napoléon

Chambre du pape pie VII Ă  Fontainebleau
Chambre du pape Pie VII Ă  Fontainebleau

Le pape ratifie le Concordat par une bulle du 14 aoĂ»t 1801, nomme cinq cardinaux français, Ă©crit aux titulaires des Ă©vĂȘchĂ©s français de se dĂ©mettre de leurs siĂšges, envoie comme lĂ©gat a latere le cardinal Giovanni Battista Caprara chargĂ© de rĂ©tablir le culte en France, et obtient, par ordre du premier consul, la restitution de BĂ©nĂ©vent et de Pontecorvo.

En acceptant de ratifier, le 15 aoĂ»t 1801, le Concordat conclu entre Rome et le gouvernement français, le pape Pie VII s’engage dans la voie d’une normalisation relative des relations entre le Saint-SiĂšge et la premiĂšre RĂ©publique française. NĂ©anmoins, la promulgation unilatĂ©rale des 77 Articles Organiques, le 18 avril 1802, tend Ă  faire de l’Église de France une Église nationale, aussi peu dĂ©pendante de Rome que possible, et soumise au pouvoir civil. Ces articles stipulent notamment que « les papes ne peuvent dĂ©poser les souverains ni dĂ©lier leurs sujets de leur obligation de fidĂ©litĂ©, que les dĂ©cisions des conciles ƓcumĂ©niques priment sur les dĂ©cisions pontificales, que le pape doit respecter les pratiques nationales, qu’il ne dispose enfin d’aucune infaillibilitĂ©. Â» Ainsi le gallicanisme est-il en partie restaurĂ© mais le Saint PĂšre ne peut accepter la subordination de l’Église de France Ă  l’État. Le ministre des Cultes doit donner son accord Ă  la publication des bulles et des conciles. La rĂ©union des synodes diocĂ©sains et la crĂ©ation de sĂ©minaires sont Ă©galement soumises Ă  son aval. Enfin le clergĂ© devient un corps de fonctionnaires, les prĂȘtres des desservants de leur paroisse salariĂ©s par l’État. C’est pour tenter d’obtenir l’abrogation des Articles Organiques qu’il accepte, contre l'avis de la Curie, de venir sacrer NapolĂ©on Bonaparte empereur des Français Ă  Notre-Dame de Paris le 2 dĂ©cembre 1804, mais il rentre Ă  Rome sans avoir obtenu gain de cause.

Les relations entre l’Église et le Premier Empire se dĂ©tĂ©riorent brutalement aprĂšs le refus du pape de prononcer le divorce entre JĂ©rĂŽme Bonaparte et Elizabeth Patterson en 1805. L’Empereur reprend sa politique expansionniste, prend le contrĂŽle d’Ancone, de Pontecorvo, de BĂ©nĂ©vent et de Naples aprĂšs la Bataille d’Austerlitz, faisant de son frĂšre Joseph Bonaparte le nouveau monarque de la rĂ©gion.

L'hostilitĂ© monte d'un cran entre les deux puissants souverains. L’Empereur veut inclure les États pontificaux dans son systĂšme continental dirigĂ© contre l’Angleterre : « Votre SaintetĂ© est souveraine de Rome, mais j’en suis l’Empereur; tous mes ennemis doivent ĂȘtre les siens Â», Ă©crit-il au pape le 13 fĂ©vrier 1806. Mais le Souverain Pontife refuse d’adhĂ©rer au Blocus Continental, considĂ©rant que sa charge de pasteur universel lui impose la neutralitĂ©. La rĂ©pression impĂ©riale ne se fait pas attendre et va crescendo : les États de l’Église sont bientĂŽt rĂ©duits au Patrimoine de Saint Pierre (1806-1808); Pie VII est forcĂ© de dĂ©mettre le cardinal Ercole Consalvi de ses fonctions de secrĂ©taire d’État, Rome est occupĂ©e militairement (2 fĂ©vrier 1808); les États pontificaux sont annexĂ©s Ă  l’Empire (17 mai 1809); Pie VII rĂ©pond, le 10 juin 1809, par une bulle d’excommunication Quum memoranda oĂč il fustige les « voleurs du patrimoine de Pierre, usurpateurs, fauteurs, conseillants, exĂ©cutants Â», ce qui lui attire de nouvelles rigueurs.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le gĂ©nĂ©ral Etienne Radet, aidĂ© d’un millier d’hommes, gendarmes, conscrits ou soldats de la garde civique de Rome, fait appliquer des Ă©chelles au palais du Quirinal, oĂč le pape se tenait enfermĂ©. Les fenĂȘtres et les portes intĂ©rieures ayant Ă©tĂ© forcĂ©es, il arrive, suivi de ses hommes jusqu’à la piĂšce qui prĂ©cĂšde immĂ©diatement la chambre Ă  coucher du pape. Celle-ci lui est ouverte par ordre de Sa SaintetĂ©, qui s’était levĂ©e au bruit et revĂȘtue Ă  la hĂąte de ses habits de ville.

Il soupait ; deux plats de poisson composaient tout le service. AprĂšs l’avoir Ă©coutĂ©, le pape ne lui rĂ©pond que par ces mots : « Monsieur, un souverain qui n’a besoin pour vivre que d’un Ă©cu par jour n’est pas un homme qu’on intimide aisĂ©ment. Â» Radet rĂ©itĂšre sa demande et le pape lui rĂ©torque ces mots restĂ©s cĂ©lĂšbres : « Non possiamo. Non dobbiamo. Non vogliamo Â» (Nous ne le pouvons pas. Nous ne le devons pas. Nous ne le voulons pas). Sur son refus formel de renoncer Ă  la souverainetĂ© temporelle des États de l’Église, le gĂ©nĂ©ral Radet l’enlĂšve du Quirinal avec le cardinal Bartolomeo Pacca, son secrĂ©taire d'État, le fait monter dans un carrosse escortĂ© par des gendarmes et le conduit prisonnier Ă  la chartreuse de Florence, puis Ă  Alexandrie et Ă  Grenoble. AmenĂ© ensuite Ă  Savone, le pape y sera gardĂ© comme un vĂ©ritable prisonnier d’État jusqu’en juin 1812. Son geĂŽlier, Antoine Brignole-Sale prĂ©fet de Montenotte, aristocrate gĂ©nois d'une grande famille Ă  laquelle le souverain pontife marquera beaucoup d'attention, s'acquitte de sa tĂąche en obtenant tant les Ă©loges de l'empereur que l'amitiĂ© du pape qui le surnomme alors "mon bon geĂŽlier". Pie VII lui rendra visite aprĂšs la fin de l'Ă©popĂ©e napolĂ©onienne dans sa somptueuse villa Brignole-Sale de Voltri[2]. Ne voulant pas devenir un simple haut fonctionnaire de l’État français, il refuse de toucher les 2 millions de revenus que lui assure le dĂ©cret par lequel Rome Ă©tait annexĂ©e Ă  l’Empire, proteste de nouveau contre la conduite de NapolĂ©on et refuse constamment de donner l’institution canonique aux Ă©vĂȘques nommĂ©s par l'Empereur. Avant de quitter le Quirinal, il avait ordonnĂ© de dĂ©truire son anneau du pĂȘcheur afin qu'aucun usurpateur ne pĂ»t s'en servir Ă  son insu. Ce sera l'unique occasion en 2000 ans oĂč l'anneau du PĂȘcheur sera dĂ©truit du vivant d'un pape encore rĂ©gnant.

Sur ces entrefaites, l’Empereur, ayant appelĂ© Ă  Paris treize cardinaux pour assister Ă  son mariage avec Marie-Louise d'Autriche et ayant Ă©prouvĂ© un refus, il signe l’ordre de leur exil et leur assigne des rĂ©sidences sĂ©parĂ©es. ProfondĂ©ment irritĂ© de ne rien obtenir du pape pour les affaires ecclĂ©siastiques, il se rĂ©sout Ă  se passer de lui en convoquant Ă  Paris un concile national (1811), interdit Ă  Pie VII de communiquer avec les Ă©vĂȘques de l’Empire, le menace d’une dĂ©position et lui envoie Ă  Savone, pour lui arracher une adhĂ©sion aux actes de ce concile, une dĂ©putation d’évĂȘques, qu’il reçoit avec une grande sĂ©vĂ©ritĂ© et qui ne peut rien obtenir de lui.

En 1812, avant de partir pour sa funeste campagne de Russie, NapolĂ©on fait transfĂ©rer secrĂštement Pie VII Ă  Fontainebleau. Le 12 juin 1812 le docteur Balthazard Claraz sauve la vie du pape Pie VII, alors que, malade et Ă©puisĂ©, il venait de recevoir l'extrĂȘme-onction Ă  l'hospice du col du Mont-Cenis lors de son transfert de Savone Ă  Fontainebleau.

Le 20 juin 1812, le pape Pie VII arrive au chĂąteau de Fontainebleau. Le docteur Claraz assistera le Saint-PĂšre pendant les deux premiers mois de sa captivitĂ©, en tant que mĂ©decin chirurgien. Le souverain pontife y restera enfermĂ© pendant les dix-neuf mois qu'y durera sa dĂ©portation. Du 20 juin 1812 au 23 janvier 1814, le Saint-PĂšre n'est jamais sorti de son appartement. Pendant ces longs mois, Pie VII appelle NapolĂ©on « mon cher fils Â», et il ajoute : « un fils un peu tĂȘtu, mais un fils quand mĂȘme Â», ce qui dĂ©concerte totalement l'Empereur.

Le pape Pie VII recevant l'extrĂȘme onction au Mont Cenis
Le pape Pie VII recevant l'extrĂȘme onction au Mont Cenis

Vaincu par l’opiniĂątretĂ© de l’Empereur et par l’obsession de certains cardinaux, le malheureux pontife consent Ă  signer, le 25 janvier 1813, un nouveau concordat, par lequel il abdique sa souverainetĂ© temporelle, une partie de son autoritĂ© spirituelle, et consent Ă  venir rĂ©sider en France (NapolĂ©on avait prĂ©vu d'installer la rĂ©sidence du pape dans l'Ăźle de la CitĂ©, Ă  Paris). Toutefois, Ă  l’instigation de Consalvi et de Pacca, il se rĂ©tracte peu de temps aprĂšs, le 24 mars 1813, et est de nouveau traitĂ© en prisonnier d’État. NapolĂ©on entreprend alors des contacts directs avec son prisonnier, alternant flatteries et menaces. Pour toute rĂ©ponse, le pontife, qui a cernĂ© son jeu, lui rĂ©pond « Commediante ! Tragediante Â» (« ComĂ©dien ! TragĂ©dien ! Â»).

Le 19 janvier 1814, NapolĂ©on, qui accumule les dĂ©faites militaires, est contraint de restituer ses États au pape. Le 23 janvier, Pie VII quitte Fontainebleau et les cardinaux sont dissĂ©minĂ©s dans diffĂ©rentes villes de France. AprĂšs un bref sĂ©jour Ă  Savone, puis Ă  Bologne, il rentre triomphalement Ă  Rome le 24 mai 1814 et s’empresse de rĂ©tablir son ami Ercole Consalvi dans les fonctions de secrĂ©taire d’État qu’il avait dĂ» abandonner en 1806 sous la pression de NapolĂ©on. Son retour au Vatican a lieu le 24 mai 1814. Cependant, il lui faudra encore une fois quitter la ville, pour se rĂ©fugier Ă  Viterbe puis Ă  GĂȘnes, lorsque Murat, roi de Naples, envahira les États pontificaux pendant la campagne des Cent-Jours. Pie VII retournera dĂ©finitivement dans son palais du Quirinal le 22 juin 1815.

Il sera le dernier Pape avant Jean-Paul II à fouler le sol français.

Les derniÚres années

Avec l'aide de son secrĂ©taire d'État, le pape renoue des relations diplomatiques avec tous les souverains d'Europe et enseigne personnellement le pardon. Comme l’écrit l’historien Marc Nadaux :

« DiffĂ©rents souverains rendent bientĂŽt visite au pape de Rome : l’empereur d’Autriche en 1819, le roi de Naples en 1821, le roi de Prusse en 1822. Ceci confĂšre Ă  Pie VII le statut d’interlocuteur auprĂšs des puissances europĂ©ennes de la restauration. Le souverain pontife dans sa grande mansuĂ©tude accorde mĂȘme l’hospitalitĂ© Ă  la famille Bonaparte, Ă  « Madame MĂšre Â», mĂšre de l’Empereur en exil, Ă  ses frĂšres Lucien et Louis ainsi qu’à son oncle, le cardinal Fesch. Il intervient d’ailleurs auprĂšs des autoritĂ©s anglaises afin que les conditions de captivitĂ© de NapolĂ©on soient plus clĂ©mentes. Pie VII lui envoie bientĂŽt un aumĂŽnier, l’abbĂ© Vignali. Â»

La derniĂšre phrase de sa lettre au gouvernement anglais dont il sollicite la clĂ©mence mĂ©rite d'ĂȘtre citĂ©e : "Il ne peut plus ĂȘtre un danger pour personne. Nous ne voudrions pas qu'il devienne une source de remords"

Le 6 octobre 1822, une bulle papale restaure 30 diocÚses en France. C'est aprÚs de longues tractations avec le gouvernement de Louis XVIII que Pie VII accepte de restaurer 30 des diocÚses supprimés lors de la Constitution civile du clergé pendant la Révolution française[3].

D'un point de vue politique, au cours des années 1815 à 1823, Pie VII restera fidÚle aux réformes libérales d'inspiration française qu'il avait lancées dans les années 1800 à 1809. Il abolit les privilÚges de la noblesse dans les cités pontificales, promulgue un nouveau code civil et pénal, réorganise l'éducation et assainit les finances.

ParallĂšlement, il conclut des concordats avec la France, la BaviĂšre et la Sardaigne (1817), la Prusse (1821), le Hanovre (1823).

Action théologique et doctrinale

Sainte AngĂšle MĂ©rici. Peintre anonyme du XVIIe siĂšcle
Sainte AngĂšle MĂ©rici. Peintre anonyme du XVIIe siĂšcle

TrĂšs occupĂ© par les questions politiques d'une Ă©poque agitĂ©e, Pie VII n'a pas opĂ©rĂ© de grandes rĂ©formes doctrinales et n'a pas eu un poids thĂ©ologique considĂ©rable dans l'Histoire de l'Église bien qu'il soit le premier Ă  ratifier une forme de sĂ©paration entre l'Église et l'État qui est sans doute la plus importante rupture, depuis Constantin, dans l'histoire du catholicisme.

Le 15 mai 1800, juste aprĂšs son Ă©lection, il Ă©crit l'encyclique Diu Satis qui en appelle Ă  un retour aux valeurs de l'Évangile.

Dans le domaine liturgique, il a accordé en 1801 une indulgence apostolique aux louanges en réparation des blasphÚmes, récitées par les catholiques lors de la bénédiction du Saint-Sacrement.

En 1814, la fĂȘte, le 15 septembre, de Notre-Dame des Douleurs a Ă©tĂ© transformĂ©e fĂȘte catholique universelle.

Dans son encyclique Ecclesiam a Jesu Christo, il condamne le 13 septembre 1821 la franc-maçonnerie ainsi que le mouvement du carbonarisme, une société secrÚte aux revendications libérales.

Pie VII a canonisĂ© deux saints : AngĂšle MĂ©rici (1807) Francis Caracciolo (1807) et bĂ©atifiĂ© Peregrino de Falerone (1821)

Il a rĂ©organisĂ© la CongrĂ©gation pour la Propagande de la Foi qui allait jouer aux XIXe et XXe siĂšcles un rĂŽle crucial dans l'effort missionnaire de l'Église.

En 1822, il ordonne au Saint Office d'accorder son imprimatur aux Ɠuvres de Canon Settele oĂč les thĂ©ories de Copernic sont prĂ©sentĂ©es comme un acquis de la physique et non plus comme une hypothĂšse.

Il a aussi crĂ©Ă© les premiers diocĂšses d'une nouvelle Nation : les États-Unis d'AmĂ©rique. Il crĂ©e en 1808 les diocĂšses de Boston, New York, Philadelphie et Bardstown. Il y a ajoutĂ© en 1821 les diocĂšses de Charleston et Richmond et en 1821 celui de Cincinnati.

Il sera le dernier pape Ă  avoir sa rĂ©sidence au palais du Quirinal. À partir de son successeur, LĂ©on XII jusqu'Ă  nos jours, les papes rĂ©sideront au Vatican.


Action culturelle et pédagogique

Le Colisée
Le Colisée

Homme trĂšs cultivĂ©, Pie VII s’est distinguĂ© par son souci permanent d’embellir Rome et de sauvegarder son passĂ©.

En 1802, il fait commencer les fouilles archĂ©ologiques du port d’Ostie qui ont mis au jour un ensemble de ruines remarquables : voie d'accĂšs bordĂ©e de tombeaux, rues, thermopolium, magasins, thermes, palestre, caserne des vigiles, thĂ©Ăątre, forum, basilique, curie, marchĂ©s, sanctuaires, temple capitolin. Il fait aussi entreprendre des fouilles sur le lac Trajan.

En 1807, il a fait entreprendre de grands travaux de soutĂšnement, de construction de murs de briques et d’arcs-boutants pour sauver le ColisĂ©e de la ruine.

Il fit amĂ©nager les abords de l’arc de Constantin, fit construire la fontaine de Monte-Cavallo, fit amĂ©nager la place du Peuple (Piazza del Popolo) et fit Ă©lever l’obĂ©lisque du mont Pincius.

Sous le rĂšgne de Pie VII, Rome devint le lieu de rendez-vous d’artistes majeurs dont il soutint la crĂ©ation artistique. Il faut citer le vĂ©nitien Canova, le Danois Bertel Thorvaldsen (belle ouverture d’esprit puisque il Ă©tait protestant), l’autrichien FĂŒhrich et les Allemands Overbeck, Pforr, Schadow et Cornelius.

Pie VII a ajouté de nombreux manuscrits et de nombreux volumes imprimés à la BibliothÚque Vaticane, a fait rouvrir les collÚges anglais, écossais et allemand et a fait ouvrir de nouvelles chaires au CollÚge romain.

Il a aussi fait construire de nouvelles salles au musĂ©e du Vatican et fait bĂątir la partie qu’on nomme Braccio Nuovo, inaugurĂ©e en 1822 et qui est aussi nommĂ©e musĂ©e Chiaramonti en l’honneur de son instigateur. Il contient des statues romaines et des copies de statues grecques originales; le sol est parsemĂ© de mosaĂŻques.

Pour l'anecdote, c'est aussi Pie VII qui fit adopter le drapeau jaune et blanc qui continue Ă  ĂȘtre celui du Vatican.

La restauration des jésuites

Le tombeau de saint Ignace.

En 1773, la Compagnie de JĂ©sus avait Ă©tĂ© supprimĂ©e par le pape ClĂ©ment XIV par le bref Dominus ac redemptor du 21 juillet 1773, exĂ©cutĂ© le 16 aoĂ»t. Il fut mis en Ɠuvre dans tous les pays catholiques, mais certains pays, essentiellement la Russie ou la Pologne sous domination russe, ne le mirent pas en Ɠuvre. Le 7 mars 1801, le pape Pie VII publia le bref Catholicae fidei, approuvant l'existence de la Compagnie de JĂ©sus en Russie et autorisant la Compagnie Ă  Ă©lire un supĂ©rieur gĂ©nĂ©ral pour la Russie. Ce fut la premiĂšre Ă©tape vers la Restauration.

L'ordre fut restauré le 7 août 1814 par Pie VII par la bulle Sollicitudo omnium ecclesiarum.

Le 7 aoĂ»t 1814, le pape Pie VII cĂ©lĂ©bra la messe dans l'Ă©glise du GesĂč Ă  Rome, qui est dĂ©diĂ©e Ă  saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de JĂ©sus, et qui renferme son tombeau. Par la suite il fit lire la bulle qui reconstituait l'ordre dans le monde entier[4]. En mĂȘme temps, il nomma Tadeusz Brzozowski « supĂ©rieur gĂ©nĂ©ral de la Compagnie de JĂ©sus Â».

Le combat contre l'esclavage

Esclavage au Brésil par Jean-Baptiste Debret (1768-1848).
Esclavage au Brésil par Jean-Baptiste Debret (1768-1848).

En 1814, le pape rentre Ă  Rome et, avec l'aide du cardinal Consalvi, il renoue des relations diplomatiques avec l'ensemble des nations europĂ©ennes. Il est mĂȘme invitĂ© au CongrĂšs de Vienne qui se tient en fĂ©vrier 1815. Il ne s'y rendra pas personnellement, mais il entretient une correspondance suivie avec les chefs d'État europĂ©ens. Une de ses prĂ©occupations est l'abolition de l'esclavage. Lui qui a vĂ©cu cinq annĂ©es de privation de libertĂ© et d'humiliations diverses est devenu particuliĂšrement sensible Ă  cette question.

Dans une lettre du 20 septembre 1814 au roi de France, il Ă©crit :

"Pour bien se situer dans le sens des obligations morales, la conscience religieuse nous y pousse; c'est elle en effet qui condamne et réprouve ce commerce ignoble par lequel les Noirs, non comme des hommes, mais simplement comme des choses vivantes, sont pris, achetés, vendus et pressurés jusqu'à la mort par des travaux trÚs durs pour une vie déjà misérable"

Dans la mĂȘme lettre, il interdit :

"à tous les ecclésiastiques ou laïques d'oser soutenir comme permis ce commerce des Noirs, sous quelque prétexte ou couleur que ce soit."

Il écrit des lettres semblables aux rois d'Espagne, du Portugal et du Brésil pendant de longues années.

En 1823, par exemple, il Ă©crit au roi du Portugal :

"Le pape regrette que ce commerce des noirs, qu'il croyait avoir cessĂ©, soit encore exercĂ© dans certaines rĂ©gions et mĂȘme de façon plus cruelle. Il implore et supplie le roi du Portugal qu'il mette en Ɠuvre toute son autoritĂ© et sa sagesse pour extirper cette honte impie et abominable"

Ses successeurs immédiats ne porteront guÚre ce message et il faudra attendre Grégoire XVI pour que cette condamnation ferme soit de nouveau prononcée.

Disparition du pape

Tombeau de Pie VII par Thorvaldsen. Chapelle Clémentine de la Basilique Saint-Pierre
Tombeau de Pie VII par Thorvaldsen. Chapelle Clémentine de la basilique Saint-Pierre

Affaibli par son grand Ăąge, Pie VII se dĂ©plaçait de plus en plus difficilement. Dans la nuit du 6 au 7 juillet, 14 ans jour pour jour aprĂšs son enlĂšvement par le gĂ©nĂ©ral Radet, le pape qui avait Ă©tĂ© laissĂ© seul malgrĂ© les recommandations de son ami Consalvi, voulut se lever de son fauteuil en s’appuyant sur son bureau, mais ses forces le trahirent et il tomba lourdement sur le sol de marbre, se fracturant le col du fĂ©mur de la jambe gauche. AussitĂŽt, Louis XVIII lui fit envoyer un lit mĂ©canique pour soulager sa souffrance. Mais le 19 aoĂ»t, son Ă©tat s’aggrava et il ne prononça plus que des mots en latin Ă  voix basse, signe qu’il Ă©tait constamment en priĂšres. Le 20 aoĂ»t Ă  cinq heures du matin, alors qu’il venait d’entrer dans sa 81e annĂ©e, Pie VII rendit son dernier souffle Ă  son fidĂšle Ercole Consalvi et son Ăąme Ă  Dieu aprĂšs un rĂšgne de 23 ans, cinq mois et six jours.

On procĂ©da immĂ©diatement Ă  l’embaumement du pape dont les entrailles furent portĂ©es Ă  l'Ă©glise Saint Vincent et Saint Anastase de TrĂ©vie, la paroisse du Quirinal oĂč reposent dans des urnes de marbre le coeur et les viscĂšres de 23 papes entre Sixte V et LĂ©on XIII, l'Anneau du pĂȘcheur fut brisĂ© (pour la seconde fois !) et le pape fut exposĂ© au palais du Quirinal, revĂȘtu de la soutane blanche et de la croix pectorale. Une foule immense et attristĂ©e recouvrit bientĂŽt la place de Monte-Cavallo pour lui rendre un dernier hommage. Le lendemain, 22 aoĂ»t, la dĂ©pouille du pape fut transportĂ©e au Vatican Ă  travers une foule tout aussi dense.

Les funĂ©railles du pape durĂšrent neuf jours comme c’est la coutume (d’oĂč l’expression Novendiali). Le neuviĂšme jour, on scella le cercueil de plomb oĂč Ă©tait enfermĂ© le pape en habits pontificaux avec une bourse contenant les monnaies et mĂ©dailles de son rĂšgne. Il fut placĂ© de façon transitoire dans la niche contenant les restes de son prĂ©dĂ©cesseur Pie VI.

Par testament, son fidĂšle Ercole Consalvi avait stipulĂ© que tous les cadeaux qu’il avait reçus de monarques Ă©trangers au cours de sa carriĂšre diplomatique devaient ĂȘtre vendus et que le produit de la vente devait servir Ă  terminer les façades de plusieurs Ă©glises de Rome, Ă  faire des prĂ©sents posthumes Ă  ses amis, Ă  offrir une prime Ă  ses domestiques, Ă  soulager les pauvres de la ville et Ă  faire Ă©riger dans la basilique Saint-Pierre un monument funĂ©raire Ă  son maĂźtre et ami Pie VII.

Il en fut fait selon sa volontĂ© et le danois Bertel Thorvaldsen construisit dans l’un des transepts gauches, Ă  l’angle du promenoir de Michel-Ange, dans la chapelle dite ClĂ©mentine, un monument reprĂ©sentant Pie VII, le visage grave, entourĂ© de deux figures allĂ©goriques : la Force et la Sagesse et des gĂ©nies de l’Histoire et du Temps. La dĂ©pouille de Pie VII y fut transfĂ©rĂ©e en 1825.

Pour l’anecdote, le monument funĂ©raire de Pie VII est la seule Ɠuvre d’art de la basilique Saint-Pierre Ă  avoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par un artiste non catholique (Thorvaldsen Ă©tait protestant)[5].

Le successeur de Pie VII sera le pape LĂ©on XII.

Le bilan d'une vie

Face Ă  l’histoire globale, Pie VII et son prĂ©dĂ©cesseur Pie VI (qui totalisent Ă  eux seuls 47 ans de rĂšgne) se trouvent Ă  la charniĂšre entre l’Ancien RĂ©gime et l’éclosion d’un monde nouveau, industriel, marquĂ© par les nationalismes, les aspirations Ă  la dĂ©mocratie et au pluralisme de pensĂ©e. C’est la fin de la lutte entre le pape et l’Empereur, initiĂ©e au Moyen Âge et c’est l’Empereur (le pouvoir civil) qui, malgrĂ© la rĂ©sistance dĂ©sespĂ©rĂ©e des pontifes du XIXe siĂšcle, va s’imposer. DĂšs 1870, Rome devient la capitale du tout nouveau Royaume d’Italie et, rĂ©fugiĂ© au Vatican, le pape s’y considĂšre comme un prisonnier. En 1929, les accords de Latran rĂ©duisent le pouvoir temporel du pape au minuscule État du Vatican et la plupart des États occidentaux, au XXe siĂšcle, officialiseront constitutionnellement la libertĂ© religieuse et la prĂ©Ă©minence du droit civil sur le droit religieux. L'Église devient une institution parmi d'autres et son enseignement devra lutter pour s'imposer parmi de nombreuses autres options philosophiques et religieuses qui structurent des sociĂ©tĂ©s urbaines Ă  tous niveaux mĂ©tissĂ©es et plurielles.

En ce sens, l’homme qui avait Ă©tĂ© couronnĂ© d’une tiare de carton n’a remportĂ© sur NapolĂ©on qu’une victoire Ă©phĂ©mĂšre et son combat nous semble aujourd’hui d’arriĂšre-garde.

Face Ă  l’histoire de l’Église catholique, Pie VII n’a pas laissĂ© non plus de traces majeures. Quoique trĂšs pieux, il n’a guĂšre entrepris de rĂ©formes doctrinales et ses Ă©crits thĂ©ologiques sont rares, voire inexistants.

C’est plutĂŽt par sa personne elle-mĂȘme que Pie VII a marquĂ© son temps et qu’il attire aujourd’hui encore l’attention tant ses qualitĂ©s paraissent exceptionnelles.

Par son pacifisme. Comme Ă©vĂȘque, il fera tout pour Ă©viter les rĂ©voltes contre l’envahisseur et toute la violence qui l’aurait accompagnĂ©e. Au gĂ©nĂ©ral Radet venu l’arrĂȘter, il demande si aucun sang n’a Ă©tĂ© versĂ©, puis, rassurĂ©, il le suit. À aucun moment de sa captivitĂ©, il n’incitera les catholiques Ă  une rĂ©sistance violente et ne se dĂ©partira jamais d'une absolue neutralitĂ© dans les conflits armĂ©s de son Ă©poque. Une fois rentrĂ© Ă  Rome en 1814, aidĂ© d’Ercole Consalvi, il dĂ©veloppera une intense activitĂ© diplomatique visant notamment Ă  encourager la coexistence pacifique entre les États europĂ©ens et les religions.

Par son humilitĂ©. Pie VII luttera longtemps, Ă  la fin du conclave, contre l’idĂ©e d’ĂȘtre choisi. Sa discrĂ©tion en matiĂšre doctrinale procĂšde sans doute de la mĂȘme modestie. Lors de sa captivitĂ© Ă  Fontainebleau, il insiste pour laver et repriser lui-mĂȘme sa soutane. Lors de ses nombreux transferts au cours de sa dĂ©portation, il revĂȘt la bure noire des bĂ©nĂ©dictins afin de passer inaperçu. Un soldat chargĂ© de le garder lors de sa captivitĂ© Ă  Savone Ă©crit de lui le 10 janvier 1810 :

« Moi, qui Ă©tais l’ennemi des prĂȘtres, il faut que je confesse la vĂ©ritĂ©, car j’y suis obligĂ©. [
] Depuis que le pape est relĂ©guĂ© ici, dans ce palais Ă©piscopal et gardĂ© Ă  vue non seulement par nous mais aussi, Ă  l’intĂ©rieur de la maison, je peux vous dire que ce saint homme est le modĂšle de l’humanitĂ©, de la modĂ©ration et de toutes les vertus sociales, qu’il se fait aimer de tous, qu’il adoucit les esprits les plus forts et fait devenir amis ceux-lĂ  mĂȘmes qui sont les ennemis les plus implacables. Le Pape passe presque tout son temps en priĂšre, souvent prostrĂ© et la face contre terre, et le temps qui lui reste, il s’occupe Ă  Ă©crire ou Ă  donner audience Â» [6]

Si l'on excepte sa consommation immodĂ©rĂ©e de tabac Ă  priser, on ne trouve Ă  son propos que des louanges dans la bouche mĂȘme de ses ennemis.

Par son intĂ©gritĂ©. Contrairement aux habitudes de nĂ©potisme de nombre de ses prĂ©dĂ©cesseurs, Pie VII veillera toujours Ă  ne favoriser en rien les membres de sa famille. À son frĂšre GrĂ©goire, il n'accorde qu'une pension de 150 Ă©cus par mois et Ă  son neveu orphelin, il n'accorde qu'une microscopique propriĂ©tĂ© Ă  CĂ©sĂšne.

Par sa dimension intellectuelle. L’humble Pie VII est en rĂ©alitĂ© un brillant intellectuel aux intĂ©rĂȘts trĂšs variĂ©s. Polyglotte (italien, français, anglais, latin), traducteur remarquable (des Ɠuvres de Condillac notamment) et excellente plume (de nombreuses lettres en tĂ©moignent), Pie VII a consacrĂ© de nombreuses annĂ©es de sa vie Ă  lire, Ă  Ă©tudier (il a Ă©tĂ© bibliothĂ©caire pendant neuf ans du collĂšge San Anselmo) et Ă  enseigner (Ă  l’abbaye de San Giovanni de Parme, au collĂšge San Anselmo et Ă  l’abbaye de Santa Maria del Monte). Sa bibliothĂšque privĂ©e (conservĂ©e Ă  la Biblioteca Malestiana de CĂ©sĂšne) est Ă©tonnante. Plus de 5000 ouvrages dont des Codex du Moyen Âge (59), des ouvrages d’histoire, d’archĂ©ologie, de numismatique, d’économie politique et de sciences. Comme l’écrit Jean Leflon qui a eu accĂšs Ă  cette bibliothĂšque, « c'est aussi un homme d'Ă©tude par goĂ»t, avec une prĂ©dilection marquĂ©e pour les sciences, comme en tĂ©moigne sa bibliothĂšque papale conservĂ©e Ă  la Malatestienne de CĂ©sĂšne oĂč abondent les ouvrages consacrĂ©s Ă  celles-ci. Nous savons qu'il souscrivit Ă  l'encyclopĂ©die raisonnĂ©e des Sciences et des Arts [...]. En thĂ©ologie, en philosophie, dom Gregorio recourt aux mĂ©thodes positives; il osa mĂȘme patronner la mĂ©thode de Condillac [...] Â»[7]

En fait, c’est Ă  tous les niveaux, mĂȘme personnel, que Pie VII est Ă  la charniĂšre de l’Histoire et toute sa personne est un paradoxe vivant. En examinant sa bibliothĂšque, l’on peut Ă  peine deviner qu’elle appartient Ă  un religieux d’autant que de nombreux livres y sont condamnĂ©s par l’Église. Et l’on peut moins encore imaginer que cet homme curieux et progressiste va devenir pendant 23 ans le chef d’une Église dont il dĂ©fendra becs et ongles l’enseignement, les traditions et le pouvoir princier.

Par son action politique. En rĂ©tablissant les jĂ©suites, Pie VII rĂ©habilite un Ordre intellectuel et progressiste. Il semble que sa signature du Concordat ne soit pas une façon de se plier Ă  NapolĂ©on, mais qu’elle correspondait Ă  ses convictions profondes. En combattant l’esclavage, il est en avance d’un siĂšcle sur son temps et ne se fait pas que des amis parmi les autres monarques europĂ©ens. En Ă©tablissant Ă  Rome la libertĂ© de commerce, en ouvrant la Curie Ă  des collaborateurs laĂŻques (1800-1806), en tissant des relations diplomatiques avec la Russie, l’Angleterre, les États-Unis, des pays non catholiques, en rĂ©organisant les Ă©coles dans les États Pontificaux et en y abolissant la fĂ©odalitĂ©, Pie VII est rĂ©solument un pape du progrĂšs inspirĂ© des LumiĂšres.

Par son action culturelle. Pendant toute sa vie monastique, dom Gregorio tentera de rĂ©nover l’idĂ©al monastique de son ordre et travaillera Ă  y moderniser l’enseignement. Une fois devenu pape, il travaillera Ă  mettre en valeur le passĂ© antique de Rome (fouilles archĂ©ologiques du port d’Ostie, travaux de restauration du ColisĂ©e) et d’embellir la ville (abords de l’arc de Constantin, fontaine de Monte-Cavallo, Piazza del Popolo, obĂ©lisque du Mont Pincius). Il crĂ©era un musĂ©e consacrĂ© Ă  l’AntiquitĂ©, crĂ©era ou fera rouvrir des Ă©coles et fera enrichir considĂ©rablement la BibliothĂšque vaticane. Il invitera aussi Ă  Rome de nombreux artistes sans distinction de provenance ou de religion (nombre d'entre eux sont protestants), ce qui tĂ©moigne, vu l’époque et sa fonction, d’une grande ouverture d’esprit.

Par son humanitĂ©. Totalement dĂ©nuĂ© d’ambition personnelle, ami fidĂšle (des cardinaux Pacca et Consalvi notamment), sobre (il avouait vivre d’un Ă©cu par jour), pieux, doux (jamais il n’élevait la voix), discret, modeste, gĂ©nĂ©reux (il dĂ©pense tous ses revenus d'Ă©vĂȘque Ă  soulager les pauvres de son diocĂšse), ferme au point de risquer sa vie pour dĂ©fendre ses convictions (sa rĂ©sistance Ă  NapolĂ©on est Ă  cet Ă©gard exemplaire), Pie VII brille aussi par sa grandeur d’ñme (il a recueilli Ă  Rome toute la famille Bonaparte et insistĂ© pour que la captivitĂ© de l'Empereur dĂ©chu soit adoucie). Sans doute vaut-il mieux de laisser la parole Ă  ce sujet Ă  NapolĂ©on Bonaparte, son principal adversaire qui, dans ses MĂ©moires de Sainte-HĂ©lĂšne, Ă©crit ces mots Ă©tonnants :

« C’est vĂ©ritablement un bon, doux et brave homme. C’est un agneau, un vĂ©ritable homme de bien, que j’estime, que j’aime beaucoup et qui, de son cĂŽtĂ©, me le rend un peu, j’en suis sĂ»r 
 Â»

Il semble que le souverain sans armes Ă©tait une incarnation si forte des vertus Ă©vangĂ©liques que mĂȘme l’Aigle Rapace se trouvait dĂ©sarmĂ© face Ă  lui.

Et que Pie VII est donc sans doute l’un des plus grands papes de l’Histoire, non Ă  cause de son action sur cette Histoire dont il ne parviendra que trĂšs temporairement Ă  inflĂ©chir le cours, mais simplement du fait des immenses qualitĂ©s de sa personne.

Voir aussi

Notes et références

  1. ↑ Jean Cohen, PrĂ©cis historique sur Pie VII, contenant divers dĂ©tails ignorĂ©s ou peu connus, tirĂ©s de mĂ©moires inĂ©dits sur la famille, le caractĂšre, la vie privĂ©e, l'Ă©lection et le gouvernement de ce pontife : le tout accompagnĂ© de notes et piĂšces justificatives, telles que lettres, bulles, et autres actes, Delaunay, 1823, page 15.
  2. ↑ Voir Famille Brignole sur wikipedia
  3. ↑ Une grande partie de ces informations provient de Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siĂšcle, 1866-1877
  4. ↑ August 1814 - Wiederherstellung der Gesellschaft Jesu.
  5. ↑ Arnaud de Montor, Histoire du pape Pie VII, 1844
  6. ↑ Voir : http://www.30giorni.it/fr/articolo.asp?id=18280
  7. ↑ J. Leflon, Un Pape romagnol : Pie VII, cit., p. 243. Del Condillac troviamo in Piana (11.91) una copia della traduzione italiana, con dedica del traduttore a Pio VII: E.B.Condillac, Saggio sopra l’origine delle umane cognizioni, tradotto dal francese con note e osservazioni critiche di Tommaso Vincenzo Falletti, Roma, Zempel, 1784.

Bibliographie

  • O. Fusi Pecci, La Vita del Papa Pio VI, Rome, 1965 ;
  • Y-M. Hilaire (s. dir.), Histoire de la papautĂ©, Seuil, coll. « Points Histoire Â», 2003 ;
  • P. Levillain (s.dir.), Dictionnaire historique de la papautĂ©, Fayard, 2003 ;
  • J. Tulard (s.dir.), Dictionnaire NapolĂ©on, Fayard, 1999.
  • Consalvi, Ercole, MĂ©moires du cardinal Consalvi secrĂ©taire d'État du pape Pie 7., avec une introduction et des notes / par J. Cretineau-Joly, Paris, Plon, 1864
  • J. Leflon, Pie VII. : Des abbayes bĂ©nĂ©dictines a la papautĂ©, Plon 1958
  • Bernardine Melchior-Bonnet, NapolĂ©on et le Pape, Paris : Le livre Contemporain, 1958 Serie : PrĂ©sence de l'histoire, collection dirigĂ©e per AndrĂ© Castelot
  • Martinengo, Domenico e Martinengo, Francesco, Pio VII in Savona : memorie storiche / per D. e F. Martinengo, Torino: Tipografia salesiana, 1888
  • Erasmo Pistolesi, Vita del Sommo Pontefice Pio VII. , Vol. IV, Perego Salvioni, 1830, Voll. I-II-III: Bourlie', 1824
  • Artaud de Montor, Alexis François, Storia di Pio VII ... Tradotta dall'abate Cesare Rovida., Milano, presso G. Resnati, 1838
  • Robin Anderson, Papa Pio VII (Barnaba Chiaramonti) : la vita, il regno e il conflitto con Napoleone nel periodo seguente alla Rivoluzione francese, 1742-1823, Roma, Benedectina Editrice, 2000
  • Ernesto Vercesi, Pio VII: Napoleone e la restaurazione, Torino, Societa editrice internazionale, 1933
  • Marino Mengozzi, I pontificati di Pio 6. e Pio 7. : atti del convegno, Cesena, 9 ottobre 1999 / a cura di Marino Mengozzi, Cesena : Stilgraf, stampa 2000
  • E.E.Y. Hales, Napoleon and the Pope the Story of Napoleon and Pius VII, London, Eyre & Spottiswoode, 1962
  • Centro Storico Benedettino Italiano: Pio 7. papa benedettino nel bicentenario della sua elezione : atti del Congresso storico internazionale, Cesena-Venezia, 15-19 settembre 2000 / a cura di Giovanni Spinelli, Cesena : Badia di Santa Maria del Monte, 2003
  • Jean Leflon, Monsieur Emery l'Église concordataire et impĂ©riale, Paris, Maison de la Bonne Presse, 1947
  • Pio 6. Braschi e Pio 7. Chiaramonti: due pontefici cesenati nel bicentenario della campagna d'Italia : atti del Convegno internazionale, maggio 1997 / [a cura di Andrea Emiliani, di Luigi Pepe e di Biagio Dradi Maraldi, con la collaborazione di Michela Scolaro], Bologna : CLUEB, [1998]
  • Centenario del ritorno di Pio 7. alla Sede romana e Festa di Maria ss. Auxilium christianorum, 24 maggio 1814-24 maggio 1914 : (Societa primaria romana per gl'interessi cattolici), Roma : Tip. Cuggiani, 1914
  • Jean Mpisi, Les papes et l'esclavage des Noirs: Le pardon de Jean-Paul II, Ă©ditions L'Harmattan, 2008
  • Louis François Bellaguet, MĂ©moires du cardinal Pacca sur la captivitĂ© du pape Pie VII, et le concordat de 1813, Paris, Ladvocat, 1833

Liens externes

Galerie de photos

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Précédé par Pie VII Suivi par
Pie VI
Emblem of the Papacy SE.svg
Liste des papes
LĂ©on XII



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Pie VII de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • PIE VII — PIE VII, GREGORIO BARNABA CHIARAMONTI (1740 1823) pape (1800 1823) BĂ©nĂ©dictin Ă  l’ñge de seize ans, abbĂ© du monastĂšre Saint Calliste Ă  Rome en 1775, Ă©vĂȘque de Tivoli en 1782, puis d’Imola en 1785, Gregorio Chiaramonti fut nommĂ© cardinal la mĂȘme… 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Portrait du pape Pie VII — Artiste Jacques Louis David AnnĂ©e 1805 Type Portrait Technique huile sur bois 
   WikipĂ©dia en Français

  • Portrait du pape pie vii — Jacques Louis David, 1805 huile sur bois 86 × 71 cm MusĂ©e du Louvre 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII — Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII: Sommaire 1 CrĂ©Ă©s le 11 aoĂ»t 1800 2 CrĂ©Ă© le 20 octobre 1800 3 CrĂ©Ă©s le 23 fĂ©vrier 1801 
   WikipĂ©dia en Français

  • Liste Des Cardinaux CrĂ©Ă©s Par Pie VII — Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII: Sommaire 1 CrĂ©Ă©s le 11 aoĂ»t 1800 2 CrĂ©Ă© le 20 octobre 1800 3 CrĂ©Ă©s le 23 fĂ©vrier 1801 
   WikipĂ©dia en Français

  • Liste des cardinaux crees par Pie VII — Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII: Sommaire 1 CrĂ©Ă©s le 11 aoĂ»t 1800 2 CrĂ©Ă© le 20 octobre 1800 3 CrĂ©Ă©s le 23 fĂ©vrier 1801 
   WikipĂ©dia en Français

  • Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII — Liste des 99 cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII : Sommaire 1 CrĂ©Ă©s le 11 aoĂ»t 1800 2 CrĂ©Ă© le 20 octobre 1800 3 CrĂ©Ă©s le 23 fĂ©vrier 1801 
   WikipĂ©dia en Français

  • Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par pie vii — Liste des cardinaux crĂ©Ă©s par Pie VII: Sommaire 1 CrĂ©Ă©s le 11 aoĂ»t 1800 2 CrĂ©Ă© le 20 octobre 1800 3 CrĂ©Ă©s le 23 fĂ©vrier 1801 
   WikipĂ©dia en Français

  • Pie VI — Pape de l’Église catholique Peregrinus apostolicus Nom de naissance Giannangelo, comte Braschi Naissance 
   WikipĂ©dia en Français

  • Pie VIII — Pape de l’Église catholique Vir religiosus Nom de naissance 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.