Philippe IV d'Espagne

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Philippe IV d'Espagne
Philippe IV
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Philippe IV d'Espagne

Titre
Roi d'Espagne et des Deux-Siciles
31 mars 1621 ‚Äď 17 septembre 1665
&&&&&&&&&&01624144 ans, 5 mois et 16 jours
Prédécesseur Philippe III
Successeur Charles II
Roi de Portugal et des Algarves
31 mars 1621 ‚Äď 1er d√©cembre 1640
&&&&&&&&&&&0718519 ans, 8 mois et 0 jour
Monarque Philippe III de Portugal
Prédécesseur Philippe II
Successeur Jean IV
Souverain des Pays-Bas
31 mars 1621 ‚Äď 17 septembre 1665
Prédécesseur Albert et Isabelle
Successeur Charles II
Prince de Portugal et des Asturies
1605 ‚Äď 1621
Prédécesseur Philippe d'Autriche
Successeur Balthazar Charles d'Autriche
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Nom de naissance Felipe de Austria y Austria
Date de naissance 8 avril 1605
Lieu de naissance Valladolid (Espagne)
Date de d√©c√®s 17 septembre 1665 (√† 60 ans)
Lieu de décès Madrid (Espagne)
Père Philippe III d'Espagne
Mère Marguerite d'Autriche-Styrie
Conjoint √Člisabeth de France (1615-1644)
Marie-Anne d'Autriche (1649-1665)
Enfants Balthazar Charles d'Autriche,
prince des Asturies
Marie-Thérèse d'Autriche,
Philippe Prosper d'Autriche,
Marguerite-Thérèse d'Autriche,
Charles II Red crown.png
prince des Asturies

Full Ornamented Royal Coat of Arms of Spain (1621-1668).svg
Monarques d'Espagne
Monarques de Portugal

Philippe IV (Valladolid, Castille-et-Le√≥n, 8 avril 1605 - Madrid, 17 septembre 1665), dit le Grand ou le ¬ę roi-Plan√®te ¬Ľ, roi des Espagnes et des Indes apr√®s la mort de son p√®re Philippe III d'Espagne, du 31 mars 1621 √† sa mort[1]. Il porta √©galement les titres de roi des Deux-Siciles, roi de Portugal[2], souverain des Pays-Bas[3].

Les toutes premières années du règne de Philippe IV virent le renforcement de la prééminence des Habsbourgs en Europe, mais les guerres constantes qu'il dut mener conduisirent au déclin de la monarchie espagnole. Cependant, si l'histoire l'a retenu comme un piètre homme politique, Philippe IV compte parmi les plus grands mécènes et les plus grands collectionneurs de son temps.

Sommaire

Jeunesse

Felipe Domingo Víctor de la Cruz nait à Valladolid, le 8 avril 1605. Il est le troisième enfant et le premier fils du roi Philippe III et de son épouse, l'archiduchesse Marguerite d'Autriche. Il est baptisé sept semaines plus tard, en l'église conventuelle de San Pablo à Valladolid, avec pour parrain un des favoris (validos) de son père, le duc de Lerme.

A l'approche de la mort de Philippe III se multipli√®rent les intrigues de palais, les courtisans se disputant les faveurs du futur roi, le prince des Asturies Philippe. La lutte se fit plus f√©roce entre le duc de Lerme, associ√© √† son gendre, le comte de Lemos, et √† son cousin, Fernando de Borja, gentilhomme de la Chambre du Prince, contre ses propres fils, le duc de Uceda et le comte de Salda√Īa. Ces derniers √©taient soutenus en particulier par le comte-duc de Olivares, √©galement gentilhomme de la Chambre du Prince. En 1618 intervint la disgr√Ęce du duc de Lerme, au profit du duc de Uceda.

Philippe III s'√©teignit le 31 mars 1621, √† la suite d'une fi√®vre contract√©e en 1619, au retour d'un voyage au Portugal, o√Ļ il avait fait reconnaitre le prince des Asturies comme h√©ritier de la couronne portugaise.

Politique intérieure

Portrait de Philippe IV en cuirasse, par Diego Vel√°zquez (1623).

Au lendemain de la mort de Philippe III, Olivares entreprit de constituer une faction proche du pouvoir royal en s'appuyant sur son oncle, Baltasar de Z√ļ√Īiga. Celui-ci fut nomm√© premier ministre par Philippe IV, en lieu et place du duc d'Uceda : la faction d'Olivares avait gagn√©. D√®s le 10 avril 1621, le roi accorda √† Olivares, suivant la formule consacr√©e (¬ę Conde de Olivares, cubr√≠os ¬Ľ), la dignit√© de Grand d'Espagne. Lorsque Baltasar de Z√ļ√Īiga mourut en 1622, il en fit son principal valido et ministre.

Le gouvernement du comte-duc de Olivares (1621-1643)

Une politique de réformes

Durant son gouvernement, le comte-duc lan√ßa plusieurs r√©formes afin de maintenir la puissance espagnole en Europe et dans le monde. Ces changements eurent quatre buts : la r√©forme de la vie publique, l'encouragement de l'√©conomie, l'am√©lioration des finances et la r√©organisation de l'arm√©e. Il s'effor√ßa d'unir les monarchies espagnoles en imposant les lois et coutumes castillanes aux autres parties de la p√©ninsule, en particulier dans les domaines de la fiscalit√©, de l'administration et du droit.

Afin d'Ňďuvrer √† l'am√©lioration de la vie publique, Olivares comptait tout d'abord s'attaquer au probl√®me de la corruption : il ordonna l'arrestation du duc de Uceda et du duc de Osuna, fit confisquer les biens du duc de Lerme et fit trainer en justice don Rodrigo Calder√≥n, qui fut condamn√© √† mort et ex√©cut√©. Par un d√©cret royal, il fit soumettre les personnes qui occupaient une charge publique √† un inventaire de leurs biens. Ce travail fut confi√© au ¬ę Conseil de R√©forme ¬Ľ (Junta de Reformaci√≥n), dont les fonctions furent peu √† peu √©tendues √† la surveillance de l'ensemble de la population, avec les projets les plus illusoires, comme l'abolition de la prostitution. Enfin, pour favoriser la reprise de la d√©mographie en Espagne, Olivares interdit l'√©migration, favorisant au contraire l'immigration et les familles nombreuses. Il s'occupa √©galement d'√©ducation et fit construire en 1629 √† Madrid le premier Coll√®ge royal (Colegio Real de Madrid), ainsi que d'autres institutions dans le reste du royaume, la plupart du temps dirig√©es par les j√©suites.

Dans les domaines financier et √©conomique, Olivares fut confront√© √† une grave crise √©conomique ainsi qu'√† une forte augmentation des d√©penses. Il eut recours √† la cr√©ation de nouveaux imp√īts, tout en cherchant √† les r√©partir de fa√ßon plus √©quitable. Mais ces nouveaut√©s furent largement critiqu√©es et combattues, par les armes au besoin. La noblesse refusa les projets d'imp√īt sur les rentes ou de taxe sur les produits de luxe. Afin d'am√©liorer le commerce et d'apporter de l'argent √† la monarchie, Olivares essaya de cr√©er une banque nationale, en constituant son capital par une contribution exceptionnelle sur les patrimoines sup√©rieurs √† 2000 ducats : la noblesse s'y opposa encore, et le projet √©choua. Olivares dut se r√©soudre √† vendre plus de charges publiques, √† manipuler les cours des monnaies et des m√©taux, √† emprunter aux banquiers juifs portugais, √† exiger de nouvelles contributions des Cortes ou encore suspendre provisoirement les paiements.

La crise de 1640

Enfin, dans le domaine militaire, Olivares tenta d'imposer l'union des royaumes de la péninsule. C'est dans ce but qu'il mit peu à peu sur pied le projet de l'Union des Armes de 1625, dans lequel chaque territoire devait participer à l'entretien d'une armée commune à hauteur du nombre de ses habitants. Mais la Castille, qui participait seule aux dépenses croissantes de la monarchie, commença à montrer des signes d'agitation à partir de la fin des années 1630. Olivares décida donc de mettre à contribution les autres royaumes de la péninsule.

Article d√©taill√© : Soul√®vement de la Catalogne.

En Catalogne, le conflit avait commenc√© d√®s 1626, avec le refus de la Catalogne de collaborer √† l'Union des Armes. La guerre contre la France accrut encore les tensions entre la G√©n√©ralit√© de Catalogne et le gouvernement central : les troupes espagnoles et italiennes, combattant contre les Fran√ßais dans le Roussillon, caus√®rent des d√©sordres et des destructions importantes. Le 7 juin 1640, jour de la f√™te du Corpus Christi, entr√®rent dans Barcelone entre 400 et 500 travailleurs agricoles (appel√©s ¬ę faucheurs ¬Ľ ou segadors en catalan), qui provoqu√®rent des √©meutes. Les tensions entre la monarchie espagnole et la G√©n√©ralit√© s'intensifi√®rent, jusqu'√† la rupture au mois de septembre : la G√©n√©ralit√© de Catalogn proclama la R√©publique catalane, puis, en janvier 1641, proclama Louis XIII, roi de France, comte de Barcelone et souverain de Catalogne[4]. Le 26 janvier, √† la bataille de Montjuic, une arm√©e franco-catalane d√©fendit Barcelone avec succ√®s contre l'arm√©e de Philippe IV, dirig√©e par le marquis de los V√©lez. Les troupes espagnoles √©taient chass√©es de Catalogne pour dix ans.

En Aragon, face √† l'augmentation des imp√īts, la noblesse locale r√©agit en proclamant un nouveau roi en la personne du duc de Hijar. Mais les troupes espagnoles √©touff√®rent la r√©volte et le duc de Hijar fut consign√© sur ses terres, sans pouvoir en sortir, m√™me pour participer aux Cortes d'Aragon.

Article d√©taill√© : Guerre de Restauration (Portugal).

Au Portugal, la noblesse se rebiffa contre les projets d'Olivares, voyant menac√©es la s√©paration politique et administrative de l'√Čtat portugais (garantie en 1580), l'autonomie financi√®re des territoires portugais et enfin les colonies portugaises d'Asie et d'Am√©rique, attaqu√©es par les Provinces Unies depuis la reprise de la guerre. En d√©cembre 1640, une conspiration nobiliaire proclama le duc de Bragance roi de Portugal sous le nom de Jean IV, qui l'accepta le 1er d√©cembre : c'√©tait le d√©but d'une guerre longue de 28 ans, appel√©e ¬ę guerre d'Acclamation ¬Ľ ou ¬ę de Restauration de l'Ind√©pendance ¬Ľ. Ayant obtenu l'appui de l'Angleterre et de la France et conclu la paix avec les Provinces-Unies, il repoussa l'arm√©e espagnole.

L'Andalousie, enfin, fut également agitée de troubles indépendantistes. En 1641, le marquis de Ayamonte et le duc de Medina Sidonia organisèrent une conspiration, s'appuyant sur le mécontentement général de la noblesse et de la population andalouses. Le but était de créer un nouvel Etat, dirigé par le duc. Cette révolte, quoique soutenue par le Portugal, fut promptement écrasée.

La chute de Olivares

Philippe IV, √† son retour du front de Catalogne o√Ļ il avait encore connu la d√©faite devant L√©rida en 1642, ordonna le 23 janvier 1643, √† Madrid, le bannissement d'Olivares. Les projets d'union furent en grande partie abandonn√©s, l'Espagne continuant √† √™tre dirig√©e comme un ensemble de royaumes distincts. L'autonomie de chaque territoire fut ainsi r√©affirm√©e et renforc√©e, s'appuyant sur le retour aux coutumes et lois de chaque territoire ou n√©oforalisme.

Le gouvernement personnel (1643-1665)

Philippe IV, par Vel√°zquez (1657).

Apr√®s la chute de son ministre, Philippe IV d√©cida de gouverner seul, avant de reprendre en 1643 pour valido le neveu de Olivares, Luis de Haro, qui eut une influence plus limit√©e cependant. Le roi b√©n√©ficia √©galement des conseils d'une mystique espagnole, Mar√≠a de √Āgreda, avec laquelle il eut une longue correspondance[5].

Une succession de soulèvements

En mai 1643 eut lieu la bataille de Rocroi qui vit la fin de la période de suprématie des tercios sur les champs de bataille européens.

Les positions de Philippe IV ayant connu leur creux en 1643, le roi se lan√ßa √† la reconqu√™te de la Catalogne. En 1644, il r√©cup√©ra Monz√≥n et L√©rida, o√Ļ il jura ob√©issance aux lois catalanes. En 1648, le trait√© de Westphalie permit de fermer plusieurs fronts ; seule la France restait en guerre contre l'Espagne. Connaissant le m√©contentement croissant de la population catalane contre l'occupation fran√ßaise, Philippe IV d√©cida d'attaquer et en 1651 une arm√©e dirig√©e par Juan Jos√© d'Autriche commen√ßa un si√®ge de Barcelone. L'arm√©e fran√ßaise se rendit en 1652 au roi lui-m√™me, mais garda le Roussillon, possession conserv√©e par la France au trait√© des Pyr√©n√©es de 1659. Philippe IV fut reconnu comme souverain et Juan Jos√© comme vice-roi en Catalogne. Le roi de son c√īt√© signa l'ob√©issance aux lois catalanes, et put porter son attention sur le Portugal.

Les Portugais, tr√®s unis autour de Jean IV, fournirent un √©norme effort, payant les lourds imp√īts de guerre - refus√©s en bien moindre quantit√© √† Olivar√®s peu auparavant. Le Portugal mit ainsi en place en peu de temps un formidable dispositif militaire reposant sur un ensemble de forteresses construites sur le mod√®le de Vauban et un syst√®me coordonn√© d'arm√©es capables de surveiller les fronti√®res[6] ou de r√©sister √† une invasion[7] et des milices r√©guli√®res confi√©es aux fidalgos de province. Ainsi, d√®s 1644, les forces portugaises lanc√®rent des incursions : Matias de Albuquerque conquit la ville de Montijo en Estr√©madure, puis, le 26 mai 1644, remporta la bataille de Montijo ; de son c√īt√© le comte de Cantanhede prit l'importante place-forte castillane de Valencia de Alc√°ntara. Philippe IV chercha √† r√©agir, mais l'arm√©e espagnole fut successivement battue aux batailles d'Elvas, le 14 janvier 1659, Ameixial, le 8 juin 1663, Castelo Rodrigo, le 7 juillet 1664, et Montes Claros, le 17 juin 1665 : le Portugal resta ind√©pendant[8]. Mais m√™me ayant perdu le Portugal, Philippe IV conserva son titre de ¬ę roi de toutes les Espagnes ¬Ľ (Rey de todas las Espa√Īas).

Le royaume de Naples fut également agité, par des émeutes frumentaires en 1647. Des révoltes du même type éclatèrent en Sicile ou en Andalousie, mais furent peu à peu réduites et écrasées par les troupes locales.

Une politique culturelle brillante

Les Ménines, par Vélasquez (1656).

Philippe IV compte sans aucun doute parmi les plus grands m√©c√®nes et les plus grands collectionneurs de son temps. Il fut, tr√®s jeune, sensible aux arts et √† leur protection. Il fit venir √† la Cour le jeune V√©lasquez, √† peine √Ęg√© de 20 ans, le soutint tout au long de sa carri√®re et l'anoblit, comme il prot√©gea la plupart des peintres espagnols de son √©poque. Il commanda des Ňďuvres importantes √† de nombreux artistes √©galement √©trangers, comme le Flamand Rubens, le Fran√ßais Nicolas Poussin, le Lorrain Claude Gell√©e ou encore l'Italien Massimo Stanzione.

Philippe IV fut √©galement un grand collectionneur, certainement le plus grand du XVIIe si√®cle. Il acheta de nombreux tableaux anciens, notamment √† la vente des biens du feu roi Charles Ier d'Angleterre, son beau-fr√®re, ou √† la succession de Rubens. Il accumula les tableaux de Rapha√ęl, Mantegna, D√ľrer, le Titien, le Tintoret, Giovanni Lanfranco, Aniello Falcone, Poussin, r√©unissant au total plus de 800 toiles : la collection actuelle du mus√©e du Prado lui doit beaucoup. A ce titre, on peut r√©ellement parler de ¬ę si√®cle d'or ¬Ľ de la culture espagnole pour le r√®gne de Philippe IV.

Le roi fut aussi un protecteur des √©crivains et prot√©gea Lope de Vega, Pedro Calder√≥n de la Barca et d'autres √©crivains. On lui attribue d'ailleurs la composition de plusieurs pi√®ces de th√©√Ętre.

Dans le domaine architectural, il entama la construction du palais du Buen Retiro, à Madrid.

Une politique extérieure chaotique

Philippe IV et les principaux souverains européens contemporains

(1) Grégoire XV

Article d√©taill√© : Guerre de Trente Ans.

La lutte avec les Provinces Unies (1621-1648)

Article d√©taill√© : Guerre de Quatre-Vingts Ans.

La tr√™ve de Douze ans s'√©tant achev√©e en 1621, les hostilit√©s entre l'Espagne et les Provinces Unies reprirent. En effet, tout au long de la tr√™ve, les pourparlers en vue d'une paix d√©finitive s'√©taient poursuivis, mais les points de divergence avaient persist√©[9]. Les Espagnols entreprirent une ultime campagne militaire pour faire tomber les provinces du nord : tout d'abord fut organis√© un blocus contre les int√©r√™ts hollandais dans les ports d'Europe contr√īl√©s par les Espagnols. Les op√©rations militaires reprirent √©galement : l'assaut espagnol sur la forteresse de Bergen-op-Zoom fut repouss√© en 1622, mais le stathouder Maurice de Nassau trouva la mort au cours du si√®ge de Br√©da, men√© par Ambrogio Spinola en 1624-1625.

Pourtant, apr√®s cette victoire, le vent tourna d√©finitivement en faveur de la r√©publique n√©erlandaise : Fr√©d√©ric-Henri, demi-fr√®re du stathouder Maurice, s'empara de la forteresse strat√©gique de Bois-le-Duc en 1629[10], puis en 1632 tomb√®rent les places de Venlo, Roermond et Maastricht au cours de la "Marche de la Meuse". Le cardinal-infant don Fernando, fr√®re du roi, apr√®s avoir vaincu en Allemagne, √† la bataille de N√∂rdlingen, les Protestants du Saint-Empire et les Su√©dois, fut charg√© des Pays-Bas[11] et envahit en 1635 le territoire hollandais, dans l'espoir d'en finir avec la guerre, mais son initiative fut paralys√©e par l'entr√©e en guerre de la France en 1635.

La r√©ponse des Hollandais se fit √©galement sur mer, les puissances europ√©ennes s'effor√ßant de d√©velopper leur commerce outre-mer, et gagna bient√īt les colonies elles-m√™mes : les combats firent rage dans les Indes orientales, √† Macao, Ceylan, Formose ou aux Philippines comme aux Indes occidentales, en particulier au Br√©sil et dans les Antilles. Le plus important de ces conflits fut la guerre batavo-portugaise : les Hollandais s'empar√®rent de Recife, au Br√©sil. En 1628 √©galement, le corsaire Piet Hein s'empara du tr√©sor de la flotte des Indes : dans la baie de Matanzas, sur la c√īte cubaine il met la main sur un butin valant plus de 11 millions de florins, qui servit √† financer l'arm√©e hollandaise pendant 8 mois. Surtout, la flotte espagnole fut compl√®tement d√©faite √† la bataille des Downs, en 1639, par le contre-amiral Maarten Tromp - cette bataille navale marqua la fin de la supr√©matie espagnole sur les mers.

Le 30 janvier 1648, le conflit prit fin avec la signature entre l'Espagne et les Provinces-Unies du trait√© de M√ľnster, qui n'√©tait que l'un des multiples accords aboutissant √† la paix de Westphalie qui conclut la guerre de Trente Ans. La r√©publique des Provinces-Unies fut reconnue comme un √Čtat ind√©pendant, son territoire comprenant tous les territoires conquis en 1648.

Les conflits avec l'Angleterre (1625-1628 et 1654-1660)

Du c√īt√© de l'Angleterre, l'accession au tr√īne de Charles Ier provoqua la reprise des hostilit√©s avec l'Espagne. Cependant, la flotte anglaise √©choua √† la bataille de Cadix en 1625, o√Ļ elle ne r√©ussit pas √† s'emparer de la ville. La destruction d'une grande partie de la flotte anglaise donna un r√©pit √† l'Espagne, alors que le Parlement aurait pr√©f√©r√© une attaque navale sur les colonies espagnoles, esp√©rant que la capture de la flotte espagnole aurait fourni un butin pour financer la guerre[12].

Dans les colonies des Indes occidentales, les tensions commerciales et √©conomiques augment√®rent, jusqu'√† l'√©clatement de la guerre anglo-espagnole, en 1654-1660, contre le Commonwealth de Cromwell. Les Espagnols furent d√©faits lors de la bataille navale de Cadix en 1656, puis de la bataille de Santa Cruz de T√©n√©rife en 1657, et surtout de la prise de la Jama√Įque en 1655 par l'amiral anglais Penn et le g√©n√©ral Venables. Des op√©rations eurent √©galement lieu sur terre, avec la participation des Anglais √† la bataille des Dunes, grande victoire fran√ßaise de 1658. La guerre fut officiellement close en septembre 1660, apr√®s la restauration de Charles II au pouvoir en mai de la m√™me ann√©e. L'Espagne ne reconnut d√©finitivement la perte de la Jama√Įque qu'en 1670.

La guerre avec la France (1635-1659)

C'est sous la conduite du cardinal Richelieu, ministre de Louis XIII, que reprit la politique anti-espagnole de la France. Il soutint tout d'abord, en leur donnant des armes et des moyens financiers, les Protestants du Saint-Empire en guerre contre les Habsbourgs, lors de la ¬ę guerre fourr√©e ¬Ľ. Puis, en 1635, la France d√©clara la guerre √† l'Espagne. Les Fran√ßais furent tout d'abord d√©faits, en 1635, √† la bataille de Corbie, menant l'arm√©e espagnole du cardinal-infant aux portes de Paris, qui dut cependant se retirer par manque de ressources. Dans le sud, l'arm√©e espagnole est arr√™t√©e √† Leucate en 1637.

Les Fran√ßais r√©agirent en envahissant le nord de l'Italie, dans la Valteline, coupant les routes de communication espagnoles entre l'Espagne et les Pays-Bas. En 1639, Louis XIII porta ses efforts sur la Catalogne qu'il envahit apr√®s avoir assi√©g√© √† trois reprises (1640, 1641 et 1642) et finalement prit la forteresse de Salses : il re√ßut de la G√©n√©ralit√© en 1640 le titre de ¬ę comte de Barcelone, de Roussillon et de Cerdagne ¬Ľ. Mais l'√©chec des tercios espagnols fut complet √† la bataille de Rocroi en 1643 o√Ļ, si la cavalerie put s'enfuir, l'infanterie fut massacr√©e ou captur√©e. A nouveau d√©fait, en particulier √† la bataille des Dunes en 1658, Philippe IV fut pouss√© √† la paix.

Le trait√© des Pyr√©n√©es, en 1659, mit fin √† 24 ans de guerre contre la France. Il fut n√©goci√© par le cardinal Mazarin et don Luis de Haro et sign√© le 7 novembre 1659 sur l'√ģle des Faisans, au milieu de la Bidassoa. Par ce trait√©, l'Espagne perdait, aux Pays-Bas, le comt√© d'Artois, ainsi que plusieurs places de Flandre, du Hainaut et du Luxembourg, ainsi que le Roussillon. Enfin, le trait√© pr√©voyait le mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne Marie-Th√©r√®se d'Autriche, fille a√ģn√©e du roi d'Espagne et ni√®ce de la reine-m√®re Anne d'Autriche. Le trait√© consacrait l'affaiblissement de la couronne d'Espagne et la pr√©pond√©rance de la France en Europe.

Mort et postérité

Statue de Philippe IV d'Espagne, sur un modèle du Bernin. Portique de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome

Aux débuts du mois de septembre 1665, le roi commença à se sentir mal, ses selles étant sanguinolentes - peut-être souffrait-il de la dysenterie. Il s'éteignit le 17 du même mois, après de grandes souffrances dues à la maladie. Il fut enterré dans la crypte royale de l'église de l'Escorial. En son honneur fut élevé par Carlo Rainaldi la même année un catafalque dans la basilique de Santa Maria Maggiore de Rome.

Le voyageur fran√ßais Antoine de Brunel laissa dans son Voyage d'Espagne[13] un portrait bien caricatural du souverain espagnol :

¬ę Ses actions et ses occupations sont toujours les m√™mes [...]. Ainsi, les semaines, les mois et les ann√©es et toutes les parties du jour n'apportent aucun changement au r√©gime de sa vie, ni ne lui font voir quoi que ce soit de nouveau [...]. Il est si grave, qu'il va et se conduit avec l'air d'une statue anim√©e. ¬Ľ

Bien loin de cette image officielle de souverain hiératique, Philippe IV fut un roi bien dynamique, passionné par la chasse, les taureaux et les femmes - il eut de nombreux enfants illégitimes. Il avait d'ailleurs une grande énergie, physique et mentale. Il eut également une grande réflexion politique, traduisant même des textes de Francesco Guicciardini sur la théorie politique. Quoique considéré comme responsable du déclin de l'Espagne, il est certain qu'il était bien difficile pour un monarque aux prétentions universalistes d'affronter les multiples révoltes et conflits.

Famille[14]

Ancêtres

L'ascendance de Philippe IV illustre la consanguinit√© de la branche espagnole de la maison de Habsbourg. Elle est une des causes de sa d√©ch√©ance, avec comme fin la d√©bilit√© de son fils -issu de son mariage avec sa ni√®ce- Charles II. Leur fille, qui mourut √† 21 ans, √©pousa son oncle l'empereur L√©opold Ier √† qui elle donna une fille laquelle √©pousa l'√©lecteur de Bavi√®re, lui donna trois fils dont 2 moururent au berceau et s'√©teignit √† l'√Ęge de 22 ans. Ce fils, "le plus fort en droit, le plus faible en puissance" (Saint-Simon), fut d√©sign√© par Charles II comme son h√©ritier mais mourut d√®s l'ann√©e suivante √Ęg√© de 8 ans. L'h√©ritier le plus proche √©tant un Bourbon (le futur Philippe V d'Espagne), ce fut la fin des Habsbourg d'Espagne.

Mariages et descendance

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Philippe IV √©pousa en 1615 √Člisabeth de France (1602-1644), a√ģn√©e des filles du roi Henri IV et de son √©pouse Marie de M√©dicis. Ils eurent huit enfants :

  • Marie-Marguerite ou Mar√≠a Margarita (14 ao√Ľt 1621) ;
  • Marguerite Marie Catherine ou Margarita Mar√≠a Catalina (25 novembre 1623 - 29 d√©cembre 1623) ;
  • Marie-Eug√©nie ou Mar√≠a Eugenia (21 novembre 1625 - 1627) ;
  • Isabelle Marie Th√©r√®se ou Isabel Mar√≠a Teresa (1627) ;
  • Baltasar Carlos d'Espagne, prince des Asturies (17 octobre 1629 - 9 octobre 1646) ;
  • Marie-Anne Antonia ou Mariana Antonia (17 janvier 1635 - 6 d√©cembre 1636) ;
  • Marie-Th√©r√®se ou Mar√≠a Teresa, √©pouse de Louis XIV roi de France et de Navarre (10 septembre 1638 ‚Äď 30 juillet 1683)
  • mort n√© ( 6 octobre 1644). Elisabeth mourut ce jour-l√† en couches, en mettant au monde son dernier enfant.

Il √©pousa en secondes noces en 1649 sa ni√®ce l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche (1635-1696), fille de l'empereur Ferdinand III et de son √©pouse l'infante Marie Anne d'Espagne (sŇďur pu√ģn√©e de Philippe IV). Ils eurent cinq enfants :

  • Marguerite-Th√©r√®se ou Margarita Teresa, √©pousa son oncle L√©opold Ier, souverain du Saint-Empire (12 juillet 1651 ‚Äď 12 mars 1673) ;
  • Marie Ambrosie de la Conception ou Mar√≠a Ambrosia de la Concepci√≥n (7 d√©cembre 1655 - 20 d√©cembre 1655) ;
  • Philippe Prosper ou Felipe Pr√≥spero, prince des Asturies (20 novembre 1657 - 1er novembre 1661) ;
  • Thomas Charles ou Tomas Carlos (1658‚Äď1659) ;
  • Charles ou Carlos, prince des Asturies, qui lui succ√©da sur le tr√≤ne d'Espagne (6 novembre 1661 ‚Äď 1er novembre 1700).

De ses amours ill√©gitimes avec la fille du baron de Chirel, il eut un fils :

  • Francisco Fernando (1626).

Avec l'actrice de th√©√Ętre Mara Calderon, il eut un enfant naturel :

  • Jean Joseph (1629 ‚Äď 1679), reconnu par le roi malgr√© une paternit√© douteuse.

Il eut enfin d'autres b√Ętards, dont :

  • Alfonso de Santo Tom√°s, √©v√™que de Malaga ;
  • Fernando Vald√©s, gouverneur de Novara ;
  • Alonso Antonio de San Mart√≠n, √©v√™que d'Oviedo ;
  • fr√®re Juan del Sacramento, pr√™cheur.

Dans la littérature et au cinéma

La vie de Philippe IV a inspir√© plusieurs Ňďuvres artistiques :

  • Le roi √©bahi. Chronique. Scherzo en roi majeur allegro ma non troppo (Cr√≥nica del rey pasmado), livre √©crit en 1989 par Gonzalo Torrente Ballester - Portrait ironique des derni√®res ann√©es du r√®gne de Philippe IV.
  • Le roi √©bahi, film r√©alis√© par Imanol Uribe en 1991 - Il fut nomm√© pour quatorze Goyas et en remporta huit.
  • Les aventures du Capitaine Alatriste, livres √©crits entre 1996 et 2006 par Arturo P√©rez-Reverte - Les aventures du c√©l√®bre soldat des tercios Alatriste ont pour arri√®re-plan le r√®gne de Philippe IV.
  • Capitaine Alatriste, film r√©alis√© en 2006 par Agust√≠n D√≠az Yanes - Cette adaptation a remport√© trois Goyas en 2007.

Bibliographie

  • DEVEZE, Michel, L' Espagne de Philippe IV, 1621-1665, in Regards sur l'histoire, vol. 12, √Čd. Soc. d'Ed. d'Ens. Sup., Paris, 1972.
  • (es) ELLIOT, John H., El conde-duque de Olivares, Barcelone: 2004. ISBN 84-8432-582-2.
  • (es) ALCALA ZAMORA, Jos√© (coord.), Felipe IV. El hombre y su reinado, Centro de Estudios Europa Hisp√°nica, Madrid, 2004. ISBN 84-934643-0-9.
  • (es) COLOMER, Jose Luis (dir.), Arte y diplomacia de la Monarqu√≠a Hisp√°nica en el siglo XVII, √©d. Fernando Villaverde, Madrid, 2003. ISBN 84-933403-0-8.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Son r√®gne, qui a dur√© 44 ans et 170 jours, a √©t√© le plus long des rois de la maison de Habsbourg, et le second de tous les rois d'Espagne - il n'est d√©pass√© que par celui de Philippe V, roi durant 46 ans, de 1700 √† 1746.
  2. ‚ÜĎ Sous le nom Philippe III de Portugal, de 1621 √† 1640.
  3. ‚ÜĎ Les titres qu'il portait officiellement √©taient pr√©cis√©ment ceux de duc de Brabant et de Luxembourg, marquis d'Anvers et de Namur, comte de Flandre, de Hainaut, de Louvain et d'Ostrevent).
  4. ‚ÜĎ Louis XIII de France fut proclam√© comte de Barcelone sous le nom de Louis Ier de Barcelone.
  5. ‚ÜĎ Les Cartas del Rey nuestro Se√Īor para Sor Maria de Jes√Ļs y sus Respuestas forment 614 lettres publi√©es ensuite en deux volumes. Marie d'Agreda, dans une lettre, en dit l'origine. ¬ę Le roi [...] passa en ce lieu et entra en notre couvent le 10 de juillet de 1643, et il me donna commandement de lui √©crire; je lui ob√©is ¬Ľ.
  6. ‚ÜĎ Ces arm√©es sont celles d'Alentejo, de Beira, et de Tr√°s-os-Montes, extr√™mement mobiles et capables d'agir de concert
  7. ‚ÜĎ L' Ordenan√ßa ou arm√©e territoriale, couvre tout le territoire portugais, avec tous ses hommes valides en armes mobilis√©s dans leurs municipalit√©s, recrut√©s par les sargento-mor (grand-sergent), entra√ģn√©s et conduits par les capit√£o-mor (grand-capitaine) de la noblesse locale. L' Ordenan√ßa est tr√®s avanc√©e pour son temps, et tr√®s efficace.
  8. ‚ÜĎ La mort du roi, en septembre 1665, met fin aux hostilit√©s : son successeur Charles II d'Espagne n'a que quatre ans, et son oncle, le b√Ętard Juan Jos√© d'Autriche, se r√©volte contre la r√©gente Marie-Anne d'Autriche. Ces circonstances facilitent la signature en f√©vrier 1668 du trait√© de Lisbonne, n√©goci√© entre les cours de Lisbonne et de Madrid par l'ambassadeur d'Angleterre, Lord Sandwich.
  9. ‚ÜĎ Tout d'abord, les n√©gociateurs espagnols exigeaient la libert√© de culte pour les catholiques des Provinces-Unies, mais refusaient de reconna√ģtre cette libert√© aux protestants dans les Pays-Bas espagnols. Ensuite, le conflit autour des routes de commerce vers les colonies (celles d'Extr√™me-Orient et d'Am√©rique notamment) ne fit que s'amplifier.
  10. ‚ÜĎ Cette ville, alors la plus importante du nord-Brabant, √©tait jug√©e imprenable, et la d√©sillusion des Espagnols fut profonde.
  11. ‚ÜĎ En 1633, √† la mort d'Isabelle d'Espagne, gouverneur des Pays-Bas, les Pays-Bas retourn√®rent sous administration espagnole.
  12. ‚ÜĎ Le conflit entre le roi anglais et son Parlement sur le sujet du financement de la guerre fut une des raisons qui mena √† la r√©volte contre Charles Ier.
  13. ‚ÜĎ Antoine de Brunel, Voyage d'Espagne: contenant entre plusieurs particularitez de ce royaume ...; avec une Relation de l'estat et gouvernement de cette monarchie et une relation particuli√®re de Madrid, publi√© √† Troyes en 1655.
  14. ‚ÜĎ G√©n√©alogie de Philippe IV d'Espagne sur le site wiki Rodovid [1]

Sources

Titres


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Philippe IV d'Espagne de Wikipédia en français (auteurs)

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