Peuple fang

Fangs

Fangs
Populations significatives par régions
Cameroun Cameroun
Guinée équatoriale Guinée équatoriale
Drapeau du Gabon Gabon
Population totale
[ datetot=
Langue(s)
Ntoumou, Okak, Mvai, Nzaman, Betsi, Meke
Religion(s)
Christianisme, islam, Byeri
Groupe(s) ethnique(s) relié(s)
Ntoumou, Okak, Mvai, Nzaman, Betsi, Meke, Ewondo, Eton, Bulu, Manguissa, Bene, Fong, etc
Masque fang du Gabon utilisé pour la cérémonie du ngil

Les Fangs, dont certains pensent que le réel ethnonyme est Ekang, forment un groupe ethnique négro-africain que l’on trouve aujourd’hui en Afrique centrale. Ils sont plus de 600 000 au Gabon, soit environ 40% de la population, et 600 000 en Guinée-Équatoriale[réf. nécessaire], soit 70% de la population. Il y a également des Fang au Cameroun, au Congo-Brazzaville, et à Sao Tomé-et-Principe. Au début du 21è siècle, l'on compte plus de 2.000.000 de fang répartis dans ces différents pays.

Les langues fangs se déclinent en plusieurs dialectes et créoles.

Quoique les statistiques officielles sur la population soient un sujet tabou au Gabon, l'ethnie fang est numériquement la plus importante de la cinquantaine qui compose le pays[1],[2]. Son aire géographique s'étend de la partie nord du Gabon (province du Woleu-Ntem) au centre (province du Moyen-Ogooué), en passant par le nord-est (province de l'Ogooué-Ivindo) et le Nord-ouest (province de l'Estuaire).

Sommaire

Origines

Beaucoup de versions sur l'origine du groupe Fang ont été élaborées ces dernières années. Deux hypothèses peuvent être relevées :

  • L'hypothèse historique relève un mouvement migratoire qui se serait poursuivi jusqu'au début du XXe siècle. Dès 1840, les traitants Mpongwè disséminés sur la côte gabonaise signalent leur présence dans l'arrière pays. Les fangs seraient parvenus dans le Moyen-Ogooué au début du XIXe siècle, et leur arrivée dans l'estuaire du Komo se situerait vers 1850. En 1885, ils sont connus des Allemands au Cameroun sous divers noms : Bulu Ewondo, etc. Toutes ces populations étaient en marche vers la côte à une vitesse moyenne estimée à 10 km par an. Cette hypothèse situe également l'origine des fangs à la Haute-Égypte.
  • L'hypothèse tirée de la mythologie traditionnelle Fang parle, quant à elle, d'une zone vers l'Est, dans une région élevée, où se trouvaient des lacs entourés d'une faune tout à fait différente de celle du Gabon. Cette hypothèse fait référence à un mythe appelé La marche des enfants d'Afiri-Kara, qui relate la marche périlleuse d'un peuple dans son avancée migratoire. Fuyant les guerres et les conflits avec les autres peuples, ce groupe va s'enfoncer progressivement dans la forêt en direction donc, si on l'assimile au groupe Fang producteur du mythe, de l'Afrique équatoriale.

Sous-groupes

Le groupe Fang est constitué d'un ensemble de sous-groupes qui se déploient dans les différents pays cités plus haut. La structure interne fang se présente de cette manière : au sommet de la pyramide se situe l’ethnie (fang) , ensuite celle-ci se divise en principaux sous-groupes (Mvaie, Mékê, Ntoumou, Betsi, Nzaman, Boulou, Okak, Eton, Ewondo, …), qui à leur tour se divisent en d’autres sous-groupes (ayong), en des tribus, (agonavèign, ebah, essabock, nkodjeign, efak, yendzok, Essakora, Essokè, Essibekang, Essissong ou essatoua, Essissis ou essabègne ou Meboum, Yengü, Yemedzime, Yenkwark, Essobam, Oyek, Nguè, Essametok, Essanang,Bekwe, Essambita, Essakonan, Yembivè, Omvang, Yengol, Yemesom), qui se scindent encore en clans (ndat bot exemple : nzomgnat...), en familles (au sens de famille élargie). Le clan est le noyau de cette structure.

En réalité, avant le découpage géographique de la région du bassin du Congo, les Fangs vivaient au sein de ce qu'il est permis d'appeler un territoire bien défini. Leur langue, leur religion traditionnelle (le biéri), l'organisation sociale qui leur est propre et leur histoire, en font une société qui a intéressé les anthropologues.

Les groupes Beti et Bulu sont très proches du groupe Fang. Il faut souligner que l'appellation Beti regroupe les différentes triubus: Fang, Okak, Mvai, Betsi, Ntoumou, Yewone ou Yaoundé ou Ewondo, Bulu, Maka... Beti au singulier est Nti qui signifie l'homme, le vir, le seigneur, le citadin. Comme chez les Bantou où ntou signifie l'homme et bantou les hommes. Chez les fang, la désignation originelle de l'ensemble de ce groupe est beti, les hommes, les virs ou les seigneurs.

Culture

Il est difficile de cerner l'âme de ce peuple si on ne tient pas compte du Mvet, et du concept d’Ondzabogha. Le Mvet fut révélé à un homme durant la migration du nom Oyone Ada Ngone. Mais le Mvet tel qu'il est pratiqué de nos jours a été revélé à Ebang Ely Mintem. En effet, d'après le grand maître du Mvet Eyi Mone Ndong, il y avait deux grandes écoles, l'école du Ngwéza inventée par Ebang Ely Mintem (clan Oyeck) et l'école de Meye Me Nguini de Effandène Mve (clan essandone). L'école de Ebang Ely Mintem et de Menguire M'Edang (Essokè) dont le style majeur est Angonemane Ekome (cousine de Ebang et Grande Maîtresse du Mvet) s'est imposée. Cette migration est souvent qualifiée de Mbil ayong en langue fang, « la course », « la fuite » de la tribu). Le Mvet est d'abord une cosmogonie, puisqu'il explique la formation de l'univers à partir d'une explosion initiale ; il est ensuite un récit merveilleux d'aventures épiques de personnages imaginaires mais constants : les mortels aux prises avec les immortels pour tenter de leur ravir le secret de l'immortalité, sinon de rivaliser en bravoure, force, courage et intelligence, sagesse et prospérité. Par son contenu, le Mvett est donc une mythologie mais une mythologie, qui non seulement explique le cosmos mais règle aussi les rapports entre vivants, entre vivants et morts et entre l'homme et Dieu. Car les Fangs sont monothéistes : le créateur suprême est Eyoh ou « Le Nommant », c'est-à-dire « Celui qui en parlant crée ».

Ondzabogha signifie A bôk adzap, « Creuser l'adzap » ; adzap étant le nom d'un arbre particulièrement immense, ce mot résumerait la détermination du peuple fang à franchir les obstacles dressés sur sa route pour trouver sa « terre promise », « à la naissance des deux rivières Woleu et Ntem. »

Un Masque Ngil Fang betsi de la haute Mondah (environ de la ville de N'toum) (Bois, Kaolin) est vendu 5 904 176 €[3].

Personnalités issues de l'ethnie des Fangs

  • Léon Mba, premier président de la République gabonaise
  • Jean-Hilaire Aubame Homme politique et homme de lettres[4]
  • Bernard OBIANG Premier député maire(élu) d'OYEM 1958-1966.
  • Jean-Pierre Nzoghe-Nguema Homme politique et universitaire gabonais (1932 - 05 décembre 2008)
  • Jean Eyeghe Ndong premier ministre gabonais depuis le 20 janvier 2006
  • Tsira Ndong Ndoutoume écrivain gabonais(Auteur du Mvett tome1 et tome2).
  • Justine Mintsa, écrivaine gabonaise, chevalier de la Légion d’honneur française
  • Jean Marie Nguema Ndong ancien diplomate gabonais
  • Paul Mba Abessole vice premier ministre gabonais
  • Ntoutoume Emane maire de libreville ancien premier ministre
  • Marc Ona Essangui, lauréat 2009 du prix Goldman Environnement
  • Daniel Mengara, écrivain gabonais
  • Paul Biya Bi Mvondo, président de la République du Cameroun
  • Constantin Megne M'Ella, Ingénieur INSA-Lyon, Chef d'entreprise gabonais
  • Franck Essono Obiang, Etudiant UOB
  • Guy-Serge Essono Ndoh, magistrat gabonais
  • Docteur Charles Mezui Nkogo, dermatologue gabonais
  • Jean Ntsimi, camerounais, président de la commission de la CEMAC
  • Paulin Obiang Ndong, 3ème vice président du sénat gabonais
  • Frederirick fredmiss MBA MISSANG, philosophe, politologue et éducateur gabonais.
  • Lionel Armand Metoule Bibang, sociopolitologue gabonais ( Adzabilone/Oyem )
  • Mary Kingsley, exploratrice britannique du XIXe siècle
  • NDONG ALLOGO Rostand Guy, fonctionnaire au ministère de l'Economie du Gabon, major de l'Institut de l'Economie et des Finances, actuellement en formation à l'université Paris Dauphine et à l'Ecole Nationale d'Administration de Paris (promotion Robert BADINTER)

Articles connexes

Bibliographie

  • Jean-Marie Aubame, Les Beti du Gabon et d'ailleurs, Paris, L'Harmattan, 2002, 2 tomes.
  • Jacques Binet, « Activité économique et prestige chez les Fangs du Gabon », Revue Tiers-Monde, janvier-mars 1968, tome IX, n° 33, p. 25-42
  • Jacques Binet, Sociétés de danse chez les Fang du Gabon, Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, Paris, 1972, 162 p. (d’après une thèse de 3e cycle de l’Université de Dakar, 1968)
  • Jacques Binet, « Drogue et mystique : le Bwiti des Fangs », Diogène, n° 86, avril-mai 1974, p. 36-57
  • Pascal Boyer, Barricades mystérieuses et pièges à pensée : introduction à l'analyse des épopées fang, Sociétés africaines, 1988, vol. 8, 190 p. (ISBN 2-901161-31-6)
  • René Bureau, La religion d'Eboga. Essai sur le Bwiti-Fang, Université de Paris V, 1972 (thèse)
  • Xavier Cadet, Histore des Fang, Peuple gabonais, L'Harmattan, Paris, 2009.
  • Collectif, Fang, Éditions Dapper, 1999, 324 p. (ISBN 978-2906067363)
  • Anges F. Fatanga-Atoz, Les peuples du Gabon occidental : Ng'omyènè, Shekiani, Bakèlè, Benga, Ngubi, Gisire, Varama, Lumbu, Vili et Fang pendant la première periode coloniale (1839-1914), Tome I, Le cadre institutionnel, Éditions Raponda Walker, Libreville, 1999, 356 p. (ISBN 2-912776-17-1)
  • Paul Mba Abessole, Aux sources de la culture Fan, L’Harmattan, 2006, 104 p. (ISBN 978-2-296-02055-9)
  • Bonaventure Mve Ondo, Sagesse et initiation à travers les contes, mythes et légendes fang, L'Harmattan, 2007, 215 p. (ISBN 978-2-296-02870-8)
  • Honorine Ngou, Mariage et violence dans la société traditionnelle Fang au Gabon, L'Harmattan, 2007, 251 p. (ISBN 978-2-296-03379-5)
  • Paulin Nguema-Obam, Aspects de la religion fang : essai d'interprétation de la formule de bénédiction, A.C.C.T., Karthala, 1983, (ISBN 9782865370948)
  • Louis Perrois, Fang, 5 Continents, 2006, 160 p. (ISBN 978-8874392957)
  • Henri Trilles, Proverbes, légendes et contes Fang, Imprimerie Paul Attinger, Neuchâtel (Suisse), 1905, 247 p.
  • Henri Trilles, Mille lieues dans l'inconnu : en pleine forêt équatoriale chez les Fang anthropophages, Libraire de l'œuvre Saint-Charles, 1935, 136 p.

Discographie

  • Musiques cérémonielles (Fangs du Gabon), Fonti Musicali, 2006 (1re éd. 1996)
  • Xylophones Fang, Prophet, 2003 (1re éd. 2000)

Liens externes

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Notes et références

  1. Thomas Hofnung, « Imbroglio politique autour de feu Bongo », Libération. Consulté le 1.9.2009
  2. Université Laval, « Le Gabon », 8 juin 2009. Consulté le 1.9.2009
  3. Gazette Drouot juin 2006
  4. Les Beti du Gabon et d'ailleurs 2 tomes
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