Petrole

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Petrole

PĂ©trole

Un Ă©chantillon de 100 ml de pĂ©trole

Le pĂ©trole est une roche liquide carbonĂ©e, ou huile minĂ©rale. L'exploitation de cette Ă©nergie fossile est l’un des piliers de l’économie industrielle contemporaine, car le pĂ©trole fournit la quasi totalitĂ© des carburants liquides. On l'utilise beaucoup pour l'industrie plastique et toutes sortes de derivĂ©s.

Sommaire

GĂ©ologie

Formation

Le pĂ©trole est un produit de l'histoire gĂ©ologique d’une rĂ©gion [1], et particuliĂšrement de la succession de trois conditions :

  • l'accumulation de matiĂšre organique, vĂ©gĂ©tale essentiellement ;
  • sa maturation en hydrocarbures ;
  • son emprisonnement.

Ensuite, comme un gisement de pĂ©trole est entraĂźnĂ© dans la tectonique des plaques, l’histoire peut se poursuivre. Il peut ĂȘtre enfoui plus profondĂ©ment et se pyrolyser Ă  nouveau, donnant un gisement de gaz naturel - on parle alors de « gaz thermogĂ©nique secondaire Â», par opposition au « gaz thermogĂ©nique primaire Â» formĂ© directement par pyrolyse du kĂ©rogĂšne. Le gisement peut Ă©galement fuir, et le pĂ©trole migrer Ă  nouveau, vers la surface ou un autre piĂšge.

Il faut ainsi un concours de circonstances favorables pour que naisse un gisement de pĂ©trole (ou de gaz), ce qui explique d’une part que seule une infime partie de la matiĂšre organique formĂ©e au cours des Ăšres gĂ©ologiques ait Ă©tĂ© transformĂ©e en Ă©nergie fossile et, d’autre part, que ces prĂ©cieuses ressources soient rĂ©parties de maniĂšre trĂšs disparate dans le monde.

Accumulation de matiĂšre organique

En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, la biosphĂšre recycle la quasi-totalitĂ© des sous-produits et dĂ©bris. Cependant, une petite minoritĂ© de la matiĂšre « morte Â» sĂ©dimente, c’est-Ă -dire qu’elle s'accumule par gravitĂ© et est enfouie au sein de la matiĂšre minĂ©rale, et dĂšs lors coupĂ©e de la biosphĂšre. Ce phĂ©nomĂšne concerne des environnements particuliers, tels que les endroit confinĂ©s (milieux paraliques : lagunes, deltas
), surtout en milieu tropical et lors de pĂ©riodes de rĂ©chauffement climatique intense (comme le silurien, le jurassique et le crĂ©tacĂ©), oĂč le volume de dĂ©bris organiques excĂšde la capacitĂ© de « recyclage Â» de l’écosystĂšme local. C’est durant ces pĂ©riodes que ces sĂ©diments riches en matiĂšres organiques (surtout des lipides) s’accumulent.

Maturation de la matiĂšre organique

Au fur et Ă  mesure que des couches de sĂ©diments se dĂ©posent au-dessus de cette strate riche en matiĂšres organiques, la « roche-mĂšre Â» ou « roche-source Â», croĂźt en tempĂ©rature et en pression. Dans ces conditions, la matiĂšre organique se transforme en kĂ©rogĂšne, un « extrait sec Â» dissĂ©minĂ© dans la roche sous forme de petits grumeaux. Si la tempĂ©rature devient suffisante (le seuil est Ă  au moins 50 Â°C, gĂ©nĂ©ralement plus selon la nature de la roche et du kĂ©rogĂšne), et si le milieu est rĂ©ducteur, le kĂ©rogĂšne sera pyrolysĂ©, extrĂȘmement lentement.

Le kĂ©rogĂšne produit du pĂ©trole et/ou du gaz naturel, qui sont des matiĂšres plus riches en hydrogĂšne, selon sa composition et les conditions d’enfouissement. Si la pression devient suffisante ces fluides s’échappent, ce qu’on appelle la migration primaire. En gĂ©nĂ©ral, la roche source a plusieurs dizaines, voire centaines de millions d’annĂ©es quand cette migration se produit. Le kĂ©rogĂšne lui-mĂȘme reste en place, appauvri en hydrogĂšne.

Piégeage des hydrocarbures

Quant aux hydrocarbures expulsĂ©s, plus lĂ©gers que l’eau, ils s’échappent en rĂšgle gĂ©nĂ©rale jusqu’à la surface de la Terre oĂč ils sont oxydĂ©s, ou biodĂ©gradĂ©s (ce dernier cas donne des sables bitumineux), mais une minime quantitĂ© est piĂ©gĂ©e : elle se retrouve dans une zone permĂ©able (gĂ©nĂ©ralement du sable, des carbonates ou des dolomites) qu’on appelle la « roche-rĂ©servoir Â», et ne peut s’échapper Ă  cause d’une couche impermĂ©able (composĂ©e d’argile, de schiste et de gypse), la « roche piĂšge Â» formant une structure-piĂšge.

Il existe plusieurs types de piÚges. Les plus grands gisements sont en général logés dans des piÚges anticlinaux. On trouve aussi des piÚges sur faille ou mixtes anticlinal-faille, des piÚges formés par la traversée des couches par un dÎme salin, ou encore créés par un récif corallien fossilisé.

Théorie du pétrole abiotique

La thĂ©orie du pĂ©trole abiotique (aussi connue sous la dĂ©nomination anglaise de modern Russian-Ukrainian theory) fut essentiellement soutenue par les SoviĂ©tiques dans les annĂ©es 1950 et 1960. Son principal promoteur, Nikolai Kudryavtsev, postulait la formation de pĂ©trole dans le manteau terrestre Ă  partir d'oxyde de fer II (FeO), de carbonate de calcium (CaCO3) et d'eau. Il indiquait Ă©galement que cette rĂ©action devait thĂ©oriquement se produire si la pression est supĂ©rieure Ă  30 kbar (correspondant aux conditions qui rĂšgnent naturellement Ă  une profondeur supĂ©rieur Ă  100 km dans le manteau terrestre).

Rendue obsolĂšte au fur et Ă  mesure que la comprĂ©hension des phĂ©nomĂšnes gĂ©ologiques et thermodynamiques en jeu progressaient[2], la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique reste marginale au sein de la communautĂ© scientifique. En pratique, elle n'a jamais pu ĂȘtre utilisĂ©e avec succĂšs pour dĂ©couvrir de nouveaux gisements.

Classifications des pétroles

On distingue les pĂ©troles en fonction de leur origine et donc de leur composition chimique. Le mĂ©lange d’hydrocarbures issu de ce long processus comprend des chaĂźnes carbonĂ©es linĂ©aires plus ou moins longues, ainsi que des chaĂźnes carbonĂ©es cycliques naphtĂ©niques ou aromatiques.

Il est aussi possible de distinguer les diffĂ©rents types de pĂ©trole selon leur densitĂ©, leur fluiditĂ©, leur teneur en soufre et autres impuretĂ©s (vanadium, mercure et sels) et leurs proportions en diffĂ©rentes classes d’hydrocarbures. Le pĂ©trole est alors paraffinique, naphtĂ©nique ou aromatique.

On classe aussi les pétroles selon leur provenance (golfe Persique, mer du Nord, Venezuela, Nigeria), car le pétrole issu de gisements voisins a souvent des propriétés proches.

Il existe des centaines de bruts de par le monde ; certains servent d'Ă©talon pour Ă©tablir le prix du pĂ©trole d’une rĂ©gion donnĂ©e : les plus utilisĂ©s sont l'Arabian Light (brut de rĂ©fĂ©rence du Moyen-Orient), le Brent (brut de rĂ©fĂ©rence europĂ©en) et le West Texas Intermediate (WTI, brut de rĂ©fĂ©rence amĂ©ricain).

Selon sa provenance, le brut peut contenir du gaz dissout, de l’eau salĂ©e, du soufre et des produits sulfurĂ©s (thiols (mercaptans) surtout). Il a une composition trop riche pour ĂȘtre dĂ©crite en dĂ©tails. Il faut distinguer simplement trois catĂ©gories de brut :

  • Ă  prĂ©dominance paraffinique : les hydrocarbures linĂ©aires sont les plus abondants ; ces bruts sont les plus recherchĂ©s car ils donnent directement une grande proportion de produits lĂ©gers comme l'essence et le gazole ;
  • Ă  prĂ©dominance naphtĂ©nique : avec beaucoup d'hydrocarbures Ă  cycle saturĂ© ;
  • Ă  prĂ©dominance aromatique : les hydrocarbures prĂ©sentant un cycle carbonĂ© insaturĂ© sont plus abondants.

De plus, il existe des bruts aptes Ă  faire du bitume, ce sont des bruts trĂšs lourds de type Boscan, Tia Juana, Bachaquero ou Safaniyah. Les deux principaux critĂšres pour classer les centaines de bruts diffĂ©rents qui existent sont la densitĂ© et la teneur en soufre, depuis le plus lĂ©ger et le moins sulfureux (qui a la plus haute valeur commerciale) qui est du condensat, jusqu’au plus lourd et au plus sulfureux qui contient 90 % de bitume environ : c’est un brut d’Italie.

Histoire

DĂ©couvertes

Temple du feu de Surakhany, à proximité de Bakou.

Lors du processus de formation du pĂ©trole, celui-ci migre vers le haut. S'il ne rencontre pas de couche impermĂ©able dans sa migration, il atteint la surface du sol, oĂč il est gĂ©nĂ©ralement dĂ©truit car inflammable. Si une couche impermĂ©able l'arrĂȘte, il s'accumule en-dessous de celle-ci, constituant ainsi un gisement pĂ©trolifĂšre. Suite Ă  des mouvements de terrain ultĂ©rieurs, des failles peuvent se produire, et permettent Ă  de petites quantitĂ©s de pĂ©trole de fuir jusqu'Ă  la surface. Ainsi, les affleurements de rĂ©sidus pĂ©troliers naturels en surface trahissent souvent la prĂ©sence d'un gisement en sous-sol ; on en trouve dans de trĂšs nombreux pays, encore Ă  l'heure actuelle, y compris en France[3]. Le gaz se comporte d'une façon similaire ; il s'enflamme gĂ©nĂ©ralement en atteignant la surface, donnant lieu Ă  une flamme permanente. On en connaĂźt Ă©galement des exemples, parfois trĂšs anciens (Bakou) ou au contraire trĂšs rĂ©cents, comme Ă  Darvaza[4]. Lorsque le gisement souterrain se trouve sous la mer, le pĂ©trole parvenant au fond de la mer, un peu moins dense que l'eau, continuera son ascension jusqu'Ă  la surface ; il forme lĂ  les irisations trahissant sa prĂ©sence. L'Amiral VoĂŻnovitch le remarquera en Mer Caspienne en 1781. Le gaz au contraire forme des hydrates de gaz et reste sur le fond marin. Ainsi, pĂ©trole et gaz naturel ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sents dans la nature ; les premiĂšres recherches consistaient simplement Ă  demander aux habitants s'ils connaissaient de telles sources Ă  proximitĂ©.

Usages préindustriels

Feu grĂ©geois, peut-ĂȘtre composĂ© de pĂ©trole.

L’usage du pĂ©trole remonte Ă  l’AntiquitĂ©, mais l’approvisionnement Ă©tait limitĂ© aux affleurement naturels de pĂ©trole, et au pĂ©trole trouvĂ© en creusant des puits pour trouver de l’eau potable ou de la saumure. Les civilisations mĂ©sopotamiennes s’en servaient comme produit pharmaceutique, cosmĂ©tique, comme combustible pour les lampes Ă  huile et dĂšs 6000 av. JC pour le calfatage des bateaux.[5] Les Égyptiens employaient de l’asphalte pour la momification.

Au IXe siĂšcle, Al-Razi dĂ©crit la distillation du pĂ©trole au moyen d'un alambic, produisant du pĂ©trole lampant ; ce dernier a Ă©tĂ© utilisĂ© par les Byzantins, puis les VĂ©nitiens, et on peut supposer que le « feu grĂ©geois Â», qui incendiait les navires ennemis, en contenait. Les AmĂ©rindiens utilisaient du pĂ©trole pour calfater les embarcations et pour ses supposĂ©es vertus mĂ©dicinales. Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, il existait une utilisation ponctuelle du pĂ©trole, surtout aux États-Unis. Il Ă©tait vendu comme remĂšde « miracle Â», ou servait dans des lampes et comme lubrifiant.

En France, les premiers puits (qui exploitaient surtout des sables bitumineux) ont Ă©tĂ© creusĂ©s autour du village alsacien de Pechelbronn (Bas-Rhin), dont le nom veut prĂ©cisĂ©ment dire « puits de bitume Â», pour y exploiter cette ressource connue depuis le quinziĂšme siĂšcle[6]. Les premiers puits de pĂ©trole ont Ă©tĂ© forĂ©s dans la pĂ©riode 1745-1785 par Louis Pierre Ancillon de la SablonniĂšre, avec dix puits qui atteignent 10 Ă  27 m de profondeur, puis 35 en 1801, et 72 m en 1869 [7]. Citons Ă©galement Kutzenhausen dans la mĂȘme rĂ©gion[8]. L'exploitation, associĂ©e Ă  une raffinerie, perdura jusqu'aux annĂ©es 1970. On y crĂ©era la SociĂ©tĂ© des Huiles ANTAR[9],[10], qui sera abosrbĂ©e par ELF Aquitaine en 1970. Ne restent dans la rĂ©gion que quelques puits Ă  balancier, prĂšs de la frontiĂšre entre l'Allemagne et la France, sur le ban communal de Scheibenhard.

1855-1901 : la naissance d’une industrie

Les dĂ©buts de l’exploitation du pĂ©trole en Pennsylvanie.

En 1855, George Bissell et Jonathan Eveleth apprennent que le pĂ©trole qu'on trouve trĂšs facilement dans le Nord-Est des États-Unis (et qui Ă©tait utilisĂ© jusque lĂ  par les indiens et les premiers colons pour produire une lumiĂšre hasardeuse Ă  l'odeur Ă©pouvantable, et avant eux comme mĂ©dicament) pouvait, suite Ă  une distillation, se transformer en un lubrifiant et une source propre de lumiĂšre bien meilleur marchĂ© que l'huile de baleine ou le gaz naturel.

Les deux hommes créent alors la société Pennsylvania Rock Oil Company et demandent à Benjamin Silliman Jr., un professeur de chimie de l'université Yale, de leur confirmer la faisabilité de cette distillation à l'échelle industrielle. En 1856, aprÚs avoir vu des photos de derrick forant le sol à la recherche de sel, Bissell imagine de forer pour extraire le pétrole plutÎt que de passer par des mines comme il était d'usage à l'époque.

A la mĂȘme Ă©poque, l'industrie pĂ©troliĂšre naĂźt en Roumanie, avec la premiĂšre raffinerie en 1857 Ă  PloieƟti, qui alimente les 1000 lampes de l'Ă©clairage public de Bucarest.

La Pennsylvania Rock Oil Company devient en 1858 la Seneca Oil (suite Ă  un dĂ©saccord entre associĂ©s) et engage alors un retraitĂ© des chemins de fer nommĂ© Edwin Drake comme prospecteur (principalement parce qu'il bĂ©nĂ©ficie d'une gratuitĂ© de transports). Celui-ci, contrairement Ă  une idĂ©e rĂ©pandue (surtout aux États-Unis), n’est donc pas Ă  l'origine du forage du premier puits de pĂ©trole en 1859. Il Ă©tait simplement l'employĂ© de la premiĂšre sociĂ©tĂ© Ă  produire du pĂ©trole depuis un puits spĂ©cifiquement forĂ© dans ce but.

Drake fora donc son puits Ă  Titusville en Pennsylvanie, dans une rĂ©gion connue pour les affleurements de pĂ©trole, et produisit les premiers barils amĂ©ricains. Les États-Unis en produisirent 274 tonnes en 1859. L’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, le seul producteur Ă©tait la Roumanie avec 200 tonnes. DĂ©s 1862, les USA produisent 3 millions de barils (en 2007, la production quotidienne mondiale Ă©tait de 83 millions de barils/jour[11]).

Il s’ensuivit une « ruĂ©e vers l’or noir Â» dans diffĂ©rentes rĂ©gions du monde : Alberta, Californie, Transylvanie, Pologne et AzerbaĂŻdjan. Les puits de cette Ă©poque, creusĂ©s dans des rĂ©servoirs proches de la surface signalĂ©s par des affleurements, produisaient peu, de l’ordre d'un baril/jour. Le marchĂ© restait confinĂ© aux applications traditionnelles, pĂ©trole lampant en tĂȘte. Notons qu’en fournissant un carburant liquide beaucoup moins cher que l’huile de baleine employĂ©e jusque-lĂ , le pĂ©trole a probablement sauvĂ© cette espĂšce de l’extinction totale[12].

En 1885, le chimiste amĂ©ricain Benjamin Silliam Jr. (1816-1885), reprenant des travaux antĂ©rieurs, sĂ©pare un certain nombre de produits par distillation du pĂ©trole : goudrons, lubrifiants, naphta, solvants pour les peintures ainsi que l’essence qui, considĂ©rĂ©e Ă  l’époque comme produit mineur, Ă©tait utilisĂ©e comme dĂ©tachant. Le marchĂ© du pĂ©trole connaissait Ă  cette Ă©poque des fluctuations de prix Ă©normes, chaque nouveau gisement saturant le marchĂ© pour quelque temps. John Davison Rockefeller parvint Ă  Ă©tablir une situation de monopole sur le raffinage amĂ©ricain, qui sera brisĂ© par une loi antitrust.

1901-1945 : changement d’échelle

Production mondiale de pétrole depuis 1900
Quantité de pétrole disponible par habitant

ForĂ© en 1901, le premier puits du gisement de Spindletop au Texas inaugura une Ăšre nouvelle : creusĂ© dans un rĂ©servoir profond et non indiquĂ© par des affleurements, il produisit 80 kbbls/j. Vers la mĂȘme Ă©poque, le moteur Ă  explosion se gĂ©nĂ©ralise, crĂ©ant une nouvelle demande pour les carburants liquides. La production augmente de façon soutenue jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Les progrÚs des techniques d'explorations pétroliÚres, notamment par des dispositifs d'analyses électriques des sous-sols, expérimentés dans le nord de l'Alsace par les frÚres Schlumberger à partir de 1927, allait également révolutionner le secteur[13].

Des gisements de pĂ©trole de grande taille, comme East Texas ou Kirkouk, furent si prolifiques que l’inquiĂ©tude principale Ă©tait alors de savoir comment Ă©couler la production. Le pĂ©trole devint une source d’énergie majeure, au mĂȘme titre que le charbon. Pendant les deux guerres mondiales, l’approvisionnement en pĂ©trole des belligĂ©rants fut un enjeu majeur.

L’industrie pĂ©troliĂšre se dĂ©veloppa ensuite dans un nombre accru de pays, mais resta largement dominĂ©e par la production amĂ©ricaine qui, en 1945, reprĂ©sente encore 60 % du chiffre mondial de 7 Mbbls/j [14]. NĂ©anmoins, s’agissant des rĂ©serves, une part accrue se situe au Moyen-Orient. Par exemple, Burgan est dĂ©couvert en 1938.

1945-1973 : l’abondance

La forte croissance Ă©conomique qu’ont connue les pays dĂ©veloppĂ©s entre 1950 et le milieu de 1970 n’a pu se rĂ©aliser qu’au prix d’un trĂšs fort accroissement de la consommation d’énergie. En effet, cette consommation est passĂ©e de 1,7 milliard de TEP (tonne Ă©quivalent pĂ©trole) en 1950 Ă  5,2 milliards de TEP en 1970, soit un triplement en 20 ans. Au cours de cette pĂ©riode, le pĂ©trole bon marchĂ© dĂ©trĂŽna progressivement le charbon ; alimentant les centrales Ă©lectriques et l’industrie, suscitant une crise Ă©conomique de reconversion dans les bassins charbonniers. Dans le mĂȘme temps, il permit la rĂ©volution verte. La population mondiale augmenta de 60 % durant ces 28 annĂ©es, tandis que la production de pĂ©trole fut multipliĂ©e par sept.

Extraction de pétrole non loin de Lubbock au Texas

À cette Ă©poque, le pĂ©trole Ă©tait encore « facile Â» : les nouveaux gisements se trouvaient facilement, et peu de rĂ©gions productrices importantes Ă©taient en dĂ©clin. D’immenses gisements faciles Ă  exploiter Ă©taient capables d’offrir de la production supplĂ©mentaire. Du point de vue technico-Ă©conomique, comme consĂ©quence de ce fort accroissement de la consommation, on assista Ă  un dĂ©veloppement des moyens de transport (transport maritime et par olĂ©oduc) entrainant une diminution importante des coĂ»ts. La seule inquiĂ©tude restait le risque de saturation du marchĂ©. Les prix Ă©tant clairement orientĂ©s Ă  la baisse, les pays disposant des plus vastes rĂ©serves constituĂšrent en 1960, l’Organisation des Pays Exportateurs de PĂ©trole (OPEP), organisme chargĂ© de coordonner les intĂ©rĂȘts des pays membres et dont l’action, relativement limitĂ©e au dĂ©but, devint par la suite prĂ©pondĂ©rante.

En 1953, les États-Unis mirent en place des restrictions Ă  l’importation de pĂ©trole afin de stimuler la production nationale. La fermeture du canal de Suez de 1967 Ă  1975 entraĂźna une augmentation prodigieuse de la capacitĂ© unitaire des transports maritimes. C’est ainsi qu’on a construit dans les annĂ©es 1970 des supertankers de 550 000 tonnes.

Vers 1970, on commença Ă  se rendre compte qu’une croissance exponentielle de la production ne peut ĂȘtre maintenue indĂ©finiment[15], et certains pays producteurs se mirent Ă  raisonner sur le long terme, se disant qu’en limitant la production, ils pourraient la prolonger. Ils prirent conscience de leur pouvoir face aux pays consommateurs et aux compagnies pĂ©troliĂšres. Des nĂ©gociations importantes eurent lieu Ă  TĂ©hĂ©ran, puis Ă  Tripoli en 1971, oĂč les pays de l’OPEP obtinrent des compagnies une revalorisation substantielle de leurs revenus et des assurances de nouvelles augmentations. Le prix de l’Arabe lĂ©ger (Arabian Light), brut de rĂ©fĂ©rence, n’était que de 3,02 USD courant le baril.

Avec la nationalisation de L’Aramco (1971), l’OPEP donnait le coup d’envoi des revendications visant Ă  s’assurer une forte participation dans les sociĂ©tĂ©s pĂ©troliĂšres. Ces revendications ont Ă©tĂ© suivies d’effets par des accords de participation signĂ©s avec les pays du golfe persique. Par ailleurs, la production amĂ©ricaine atteint son pic en 1971. [16]

1973-1985 : les crises pĂ©troliĂšres

La Californie a - dÚs le 1er choc pétrolier - lancé un programme ambitieux d'efficacité énergétique qui lui a permis de presque stabiliser sa consommation moyenne par personne (Sa population ayant augmenté, la consommation totale a néanmoins augmenté, mais proportionnellement beaucoup moins que dans les autres états)[17].

En fĂ©vrier 1971, l’AlgĂ©rie annonça Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale la nationalisation des hydrocarbures, elle fut suivie par l’Irak en 1972, puis par la Libye en 1973, qui nationalisa Ă  son tour cinq compagnies anglo-amĂ©ricaines de pĂ©trole. En octobre 1973 Ă©clata la guerre du Kippour. Les pays arabes, dĂ©jĂ  mĂ©contents de la dĂ©valuation du dollar amĂ©ricain qui servait Ă  payer leur pĂ©trole (la convertibilitĂ© en or du dollar ayant Ă©tĂ© supprimĂ©e), dĂ©crĂ©tĂšrent un embargo pĂ©trolier. Le prix du pĂ©trole bondit de 3 Ă  13 USD. Une crise encore plus grave eut lieu en 1979, provoquĂ©e par la RĂ©volution iranienne. Le prix culmina Ă  40 dollars en 1981. La production mondiale passa de 66 Mbbls/j en 1979 Ă  56 en 1983, le niveau de 1979 ne fut retrouvĂ© qu’en 1993 - et il ne le fut jamais si l’on divise par la population.

Dans ce contexte, les pays non-membres de l’OPEP se lancĂšrent dans un dĂ©veloppement rapide de prospection et forage dans de nouvelles rĂ©gions, comme la baie de Campeche, la mer du Nord, la SibĂ©rie et l’Alaska. Les efforts en matiĂšre d’énergie nuclĂ©aire furent intensifiĂ©s, ainsi que les Ă©conomies d’énergie. L’utilisation du charbon et du gaz naturel pour l’électricitĂ© fut accrue. La croissance de l’économie mondiale marqua un coup d’arrĂȘt. Les rĂ©percussions politiques furent importantes. Les chocs pĂ©troliers eurent des impacts variĂ©s dans la vie quotidienne : rĂ©duction de la cylindrĂ©e des voitures, heure d’étĂ©, etc.

1986-2001 : le retour Ă  l’abondance ?

Une nouvelle pĂ©riode de prix relativement bas Ă  partir de 1986 est due Ă  la conjonction de plusieurs phĂ©nomĂšnes. D’une part, les pays du Golfe augmentent massivement leur production. Il s’agit en partie d’un plan convenu avec les États-Unis dans le but de « couler Â» l’économie soviĂ©tique, pour laquelle le pĂ©trole reprĂ©sente une source de devises importantes. Les pays du Golfe, contrairement Ă  l’URSS, ont des coĂ»ts de production bas, et peuvent donc supporter une baisse du prix du baril. Ce plan fonctionna, et est une cause trĂšs importante, quoique mĂ©connue, de l’effondrement soviĂ©tique. Cette chute se traduisit par la perte de plusieurs millions de barils par jour entre 1990 et 1995, mais fut compensĂ©e par une baisse de la demande des mĂȘmes pays.

D’autre part, le pĂ©trole des nouvelles rĂ©gions explorĂ©es en rĂ©ponse aux chocs pĂ©troliers est exploitĂ© intensivement, les rĂ©serve mondiales s’épuisant Ă  un rythme beaucoup plus rapide que celui des rĂ©gions « traditionnelles Â». La mer du Nord devint une rĂ©gion pĂ©trolifĂšre, mais avec son coĂ»t de production Ă©levĂ© et les prix bas du baril sur le marchĂ© mondial, elle ne gĂ©nĂ©ra pas les bĂ©nĂ©fices escomptĂ©s. Mais surtout, la croissance Ă©conomique restant faible dans la plupart des pays, la demande n’augmente pas beaucoup.

Les inquiĂ©tudes sur l’approvisionnement en pĂ©trole s’estompent. Les efforts en matiĂšre d’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique et d’énergies nouvelles sont relĂąchĂ©s. La catastrophe de Tchernobyl contribue aussi Ă  rĂ©duire les programmes nuclĂ©aires. Les investissements dans la filiĂšre pĂ©troliĂšre sont rĂ©duits Ă©galement, et les compagnies pĂ©troliĂšres occidentales affichent des bilans peu flatteurs. Le prix oscille entre 10 et 20 dollars jusqu’en 2001, sauf un pic au moment de la guerre du KoweĂŻt. Il passera mĂȘme sous les 10 dollars en 1998, sous le double effet d’une reprise de la production irakienne et d’une crise financiĂšre en Asie.

Depuis 2002 : bulle, puis effondrement des cours

À partir de 2002, le prix du pĂ©trole a connu une hausse rapide. Celle-ci a surpris tous les analystes, d’autant qu’elle s’est produite sans raison politique majeure, contrairement aux chocs des annĂ©es 1970. Si des paramĂštres momentanĂ©s (ouragans, rupture d’olĂ©oducs, incidents politiques, situation au Venezuela) sont intervenus, les raisons de fond sont principalement Ă©conomiques :

  • la spĂ©culation sur les matiĂšres premiĂšres en gĂ©nĂ©ral, et le baril en particulier ; les transactions sur les futures dĂ©passant ainsi celles sur le pĂ©trole physique
  • la hausse de la demande, en particulier de la Chine, dont la consommation a augmentĂ© de plus de 2 Mbbls/j en quatre ans, rĂ©sultat de l’accĂšs d’une fraction pourtant faible de sa population Ă  la sociĂ©tĂ© de consommation ;
  • l’épuisement rapide des rĂ©serve mondiales de certaines rĂ©gions, comme la mer du Nord, qui ont Ă©tĂ© exploitĂ©es trĂšs intensivement. Par exemple, la production britannique a diminuĂ© de 40 % entre 2000 et 2006, tandis que la production australienne a diminuĂ© de moitiĂ© ;
  • les investissements trop faibles de la dĂ©cennie 1990 (en raison du faible prix du pĂ©trole dans les annĂ©es 1990) sur l'ensemble de la chaĂźne pĂ©troliĂšre  : prospection, derricks, gisements, olĂ©oducs, pĂ©troliers, raffineries
  • la rĂ©pugnance des pays membres de l'OPEP Ă  augmenter leur production sur simple demande des pays consommateurs[18].

Ces facteurs de hausse des prix furent partiellement compensĂ©es, jusqu’en 2004, par un rebond spectaculaire de la production russe mais celle-ci augmente beaucoup moins depuis 2005. Le pĂ©trole non conventionnel fait l’objet d’investissements accrus, et la stratĂ©gie militaire des grandes puissances prend de plus en plus le pĂ©trole en compte.

Prix du baril de pétrole brut (premier contrat future sur le Nymex)

Les paramĂštres principaux pour l'estimation de la demande pĂ©troliĂšre Ă  moyen et long terme sont entre autres : la croissance (ou la rĂ©cession) Ă©conomique ; l'Ă©volution de la part du pĂ©trole dans le mix Ă©nergĂ©tique ; les changements dans l'efficacitĂ© de l'utilisation du pĂ©trole (intensitĂ© Ă©nergĂ©tique par unitĂ© de PIB) ; le prix du pĂ©trole ; les conditions climatiques.

D'autres Ă©lĂ©ments influent sur la demande Ă  court terme : le prix des Ă©nergies concurrentes (principalement gaz et charbon) ; la fiscalitĂ© sur les produits pĂ©troliers ; le taux de change du dollar ; le taux de charge des tankers ; la spĂ©culation ; le nombre de jours travaillĂ©s dans le mois ; les grĂšves dans les industries trĂšs consommatrices de pĂ©trole, etc.

La hausse du prix du pĂ©trole, quand elle provient d'une demande physique rĂ©elle, a des effets bĂ©nĂ©fiques. Elle gĂ©nĂšre les investissements nĂ©cessaires Ă  l'amĂ©lioration des capacitĂ©s de raffinerie et de l'augmentation de la production Ă  l'avenir. En pĂ©riode de bas prix du pĂ©trole telle que les annĂ©es 90, les investissements sont retardĂ©s ; les installations vieillissent, la prospection est reportĂ©e, l'efficacitĂ© de l'exploitation des gisements n'est pas amĂ©liorĂ©e (seulement 35% du pĂ©trole en place dans un gisement sont rĂ©cupĂ©rĂ©s actuellement). La hausse des prix soigne ainsi les maux de l'industrie pĂ©troliĂšre de ces 20 derniĂšres annĂ©es.[19]

Courant 2006, les prix se sont lĂ©gĂšrement tassĂ©s aux environs de 60 dollars. Ils repartent Ă  la hausse en 2007, atteignant des records historiques Ă  80 dollars (12 septembre) puis 90 (19 octobre) et enfin quasiment 100 (21 novembre)[20]. Le mercredi 2 janvier 2008, le baril atteint 100 dollars pour la premiĂšre fois de son histoire Ă  la bourse de New York, ce qui correspond Ă  son plus haut niveau en dollars constants depuis avril 1980, puis de nouveaux seuils furent dĂ©passĂ©s[21] : 110 dollars le 12 mars 2008, 120 le 5 mai, 130 le 21 mai, 140 le 26 juin. Le 11 juillet 2008, le prix atteint un pic de 147 dollars auquel succĂšde un net reflux (plus de 20 dollars), dĂ» d'une part Ă  des informations faisant Ă©tat d'une baisse prochaine des achats de la Chine qui aurait constituĂ© de vastes stocks Ă  l'approche des jeux olympiques [22], et d'autre part Ă  l'ajustement Ă  la baisse de la demande des consommateurs des États-Unis, qui diminuent de 4% leurs trajets automobiles[23]. Le 15 septembre, sous le coup de la crise profonde qui commence Ă  secouer l'Ă©conomie mondiale, le prix repasse sous les 100 dollars. Le 22 octobre, le baril descend sous les 65 dollars malgrĂ© la rĂ©union du cartel de l'OPEP qui retire des barils du marchĂ© et diminue la production[24].

Début 2009, le prix évolue entre 40 et 50 USD/bbl. Chakib Khelil, ministre algérien de l'énergie , envisage[25] que le cours puisse atteindre 60 USD/bbl en fin d'année 2009.

Économie : l’or noir

Les unitĂ©s couramment utilisĂ©es pour quantifier le volume de pĂ©trole sont les Mbbls ou Gbbls pour les rĂ©serve mondiales, les Mbbls/j pour la production, « bbls Â» signifiant « blue barrels Â», les prĂ©fixes « M Â» et « G Â» signifiant respectivement million et milliard (mĂ©ga et giga). Un baril reprĂ©sente exactement 42 gallons, soit 158,987 litres. Cette unitĂ©, bien qu’universellement utilisĂ©e pour le pĂ©trole, n’est pas une unitĂ© lĂ©gale, mĂȘme aux États-Unis. À titre d’exemple, le plus grand rĂ©servoir connu de pĂ©trole, Ghawar, contient environ 70 Gbbls extractibles et la production mondiale est de 81 Mbbls, c’est-Ă -dire 12,9 milliards de litres, par jour.

Pays producteurs

Voir aussi : RĂ©gions pĂ©troliĂšres (dĂ©tails et cartes par continent)

Les principaux pays producteurs sont (par ordre dĂ©croissant de production en 2007, avec quantitĂ©s en Mbbls/j incluant le brut, les liquides de gaz naturel et le pĂ©trole non conventionnel (voir l’article : Classification des hydrocarbures liquides), mais pas le gain de raffinage)[26] :

Régions productrices de pétrole dans le monde. En 2009, l'Angola et l'Equateur font partie de l'OPEP, l'Indonésie l'a quittée.

...

Les principaux pays exportateurs sont (par ordre dĂ©croissant d’exportation en 2006) :

La production mondiale est d’environ 80 Mbbls/j, dont 34 proviennent des pays membres de l’OPEP ; ce sont :

Certains importants pays producteurs de pĂ©trole, dont certains sont exportateurs nets, ne sont pas membres de l'OPEP. C'est le cas du Canada, du Soudan, du Mexique, du Royaume-Uni, de la NorvĂšge, des États-Unis, de la Russie et d'Oman.

Source : Statistiques du gouvernement des États-Unis

Voir aussi : PĂ©trole et gaz naturel en Arctique

Pays consommateurs

En 2007, les principaux pays consommateurs sont, en millions de tonnes/an (millions de barils/jour) [27]:

Quelques quantitĂ©s remarquables par groupes de pays :

  • Union europĂ©enne : 703,9 (14,86), ce qui est relativement peu pour l’importance Ă©conomique de cette zone.
  • Afrique : 138,2 (2,96), soit moins de 4,6% de la consommation mondiale.

Exploration et production du pétrole

plate-forme pĂ©troliĂšre : un des symboles de cette puissante industrie.

L’industrie pĂ©troliĂšre se subdivise schĂ©matiquement en « amont Â» (exploration, production) et en « aval Â» (raffinage, distribution).

L’exploration, c’est-Ă -dire la recherche de gisements, et la production sont souvent associĂ©es : les États accordent aux compagnies des concessions, pour lesquelles ces derniĂšres assument le coĂ»t de l’exploration, en Ă©change de quoi elles exploitent (pour une certaine durĂ©e) les gisements trouvĂ©s. Les mĂ©canismes financiers sont variĂ©s : prĂȘts Ă  long terme, participation au capital, financement via des emprunts faits auprĂšs de banques nationales, etc.

L’exploration commence par la connaissance gĂ©ologique de la rĂ©gion, puis passe par l’étude dĂ©taillĂ©e des structures gĂ©ologiques (principalement par imagerie sismique, mĂȘme si la magnĂ©tomĂ©trie et la gravitomĂ©trie peuvent ĂȘtre utilisĂ©es) et la rĂ©alisation de puits. On parle d’exploration « frontiĂšre Â» lorsque la rĂ©gion n’a pas encore de rĂ©serve mondiale prouvĂ©e, le risque est alors trĂšs Ă©levĂ© mais le prix d’entrĂ©e est faible, et le retour peut ĂȘtre important.

La production, ou plutĂŽt l’extraction du pĂ©trole, peut ĂȘtre une opĂ©ration complexe : pour maximiser la production finale, il faut gĂ©rer un rĂ©servoir composĂ© de diffĂ©rents liquides aux propriĂ©tĂ©s physico-chimiques trĂšs diffĂ©rentes (densitĂ©, fluiditĂ©, tempĂ©rature de combustion et toxicitĂ©, entre autres). Au cours de la vie d’un gisement, on ouvre de nouveaux puits pour accĂ©der aux poches restĂ©es inexploitĂ©es. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on injecte de l’eau et/ou du gaz dans le gisement, via des puits distincts de ceux qui extraient le pĂ©trole. Une mauvaise stratĂ©gie d’exploitation (mauvais emplacement des puits, injection inadaptĂ©e, production trop rapide) peut diminuer de façon irrĂ©versible la quantitĂ© de pĂ©trole extractible. Par exemple, l'interface entre la nappe de pĂ©trole et celle d’un liquide chargĂ© en soufre peut ĂȘtre brisĂ©e par simple brassage, polluant ainsi le pĂ©trole.

Au cours des derniĂšres dĂ©cennies, l’exploration et la production se font en proportion croissante en offshore : l’onshore, plus facile d’accĂšs, a Ă©tĂ© exploitĂ© le premier. La loi de Ricardo s’applique trĂšs bien au pĂ©trole, et, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le retour sur investissement tend Ă  diminuer : les gisements sont de plus en plus petits, dispersĂ©s, et difficiles Ă  exploiter. Il y a bien sĂ»r des exceptions, comme dans des pays oĂč l’exploration a longtemps Ă©tĂ© paralysĂ©e pour des raisons politiques.

Industrie aval

Les raffineries sont le centre nĂ©vralgique de l’industrie pĂ©troliĂšre.
Articles dĂ©taillĂ©s : Raffinage du pĂ©trole et pĂ©trochimie.

Le raffinage consistait simplement, Ă  l’origine, en la distillation du pĂ©trole, pour sĂ©parer les hydrocarbures plus ou moins lourds. La distillation sous pression atmosphĂ©rique s’est vue complĂ©tĂ©e d’une distillation sous vide, qui permet d’aller plus loin dans la sĂ©paration des diffĂ©rents hydrocarbures lourds. Au fil du temps, nombre de procĂ©dĂ©s ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s, dans le but de maximiser la production des coupes les plus profitables (essence et gazole, entre autres) et de diminuer celle de fioul lourd, ainsi que de rendre les carburants plus propres Ă  l’emploi (moins de soufre, de particules et de mĂ©taux lourds). Ces procĂ©dĂ©s, qui notamment comprennent le reformage, le dĂ©sasphaltage, la viscorĂ©duction, la dĂ©sulfuration, l’hydrocraquage, utilisent beaucoup d’énergie (sous forme de chaleur et d’hydrogĂšne).[28]

Ces procĂ©dĂ©s continuent Ă  se multiplier, les raffineurs devant satisfaire des exigences de plus en plus grandes sur la qualitĂ© des produits (du fait de l’évolution de la structure du marchĂ© et des normes environnementales) alors que la qualitĂ© des pĂ©troles bruts tend Ă  diminuer, les pĂ©troles plus lourds et plus riches en souffre reprĂ©sentant une part accrue de la production. Une autre Ă©volution importante est la valorisation amĂ©liorĂ©e des gaz (GPL) et des solides (cokes de pĂ©trole, asphalte) coproduits par le raffinage.

Les raffineries sont en gĂ©nĂ©ral des infrastructures considĂ©rables, traitant des dizaines, voire des centaines de milliers de barils/jour. En France, il existe treize raffineries, dont six (reprĂ©sentant 55 % de la capacitĂ©) sont contrĂŽlĂ©es par Total.[28]

On inclut aussi souvent dans l’industrie aval pĂ©troliĂšre, en plus de la production des carburants, la conversion de certains des produits en dĂ©rivĂ©s comme les matiĂšres plastiques.

Le transport du pĂ©trole, tant du brut que des produits raffinĂ©s, utilise principalement les pĂ©troliers et les olĂ©oducs pour les grandes distances et les volumes importants. Le transport par chemin de fer, par barge en eau douce et par camion est surtout utilisĂ© pour la distribution finale des produits. Le transport du pĂ©trole est Ă  lui seul un secteur Ă©conomique important : ainsi, les pĂ©troliers reprĂ©sentent environ 35% du tonnage de la marine marchande mondiale.[29]

Compagnies pétroliÚres

Les grandes compagnies pétroliÚres.
Voir ou crĂ©er l'article : Liste de compagnies pĂ©troliĂšres.

L’industrie pĂ©troliĂšre est un pilier de l’économie mondiale : sur les dix plus grandes sociĂ©tĂ©s privĂ©es de la planĂšte, cinq sont des compagnies pĂ©troliĂšres[30]. De plus, certaines compagnies nationales dĂ©passent largement la taille de ces majors privĂ©es. En effet, il existe plusieurs sortes de compagnies pĂ©troliĂšres :

  • Les grandes compagnies privĂ©es multinationales et verticalement intĂ©grĂ©es (c’est-Ă -dire concentrant tout ou partie des activitĂ©s d’exploration, production, raffinage, et distribution), dites « majors Â», telles que Exxon Mobil, Shell, BP, Total, Chevron.
  • Les raffineurs, qui ne dĂ©tiennent que l’aval (raffineries et Ă©ventuellement stations-service).
  • Les indĂ©pendants, qui ne font que chercher et produire du brut pour le vendre Ă  des raffineurs. Certaines sont des compagnies trĂšs importantes et agissant sur plusieurs continents, comme Anadarko, d’autres sont beaucoup plus petites, avec Ă  l’extrĂȘme des compagnies familiales ne gĂ©rant qu’un puits ou deux (au Texas notamment).
  • Les compagnies nationales, qui sont elles-mĂȘmes assez diverses. Pemex (Mexique) et Aramco (Arabie saoudite), par exemple, ont un monopole de la production dans leur pays, et se comportent comme un organe du gouvernement. D’autres, comme Sonatrach (AlgĂ©rie), Petronas (Malaysie), Petrobras (BrĂ©sil) ou Statoil (NorvĂšge) cherchent une expansion internationale, et se comportent presque comme des « majors Â» bien que leur capitaux soient (en tout ou partie) publics. En termes de production de pĂ©trole, Aramco Ă©quivaut Ă  quatre fois Exxon Mobil, premiĂšre compagnie privĂ©e par le chiffre d’affaires. Enfin, certains petits pays producteurs ont une compagnie nationale qui n’a en rĂ©alitĂ© guĂšre d’activitĂ© industrielle et a surtout pour rĂŽle de commercialiser la part de la production revenant Ă  l’État.

Consommation

Article dĂ©taillĂ© : Distribution du pĂ©trole.

Le pĂ©trole sert dans tous les domaines Ă©nergĂ©tiques, mais c’est dans les transports que sa domination est la plus nette. Seul le transport ferroviaire est en grande partie Ă©lectrifiĂ©, pour tous les autres moyens de transports, les alternatives sont marginales et coĂ»teuses, et ont un potentiel de croissance limitĂ©. En 2002, selon le FMI [31], 48 % des produits pĂ©troliers sont employĂ©s dans ce secteur, et cette part continue Ă  augmenter.

La situation est diffĂ©rente pour la production d’électricitĂ© Ă  partir du pĂ©trole, oĂč sa part a constamment diminuĂ© depuis plus de 30 ans, Ă©tant Ă  moins de 8 % en 2006. Le charbon, le gaz naturel, le nuclĂ©aire et les Ă©nergies renouvelables s’y sont largement substituĂ©s, sauf pour des cas particuliers (pays producteurs disposant de pĂ©trole bon marchĂ©, Ăźles et autres endroits difficiles d’accĂšs). De plus, le pĂ©trole utilisĂ© dans la production d’électricitĂ© est en majoritĂ© du fioul lourd, difficile Ă  employer dans d’autres domaines (exceptĂ© la marine) sans transformation profonde.

L’agriculture ne reprĂ©sente qu’une fraction modeste de la consommation de pĂ©trole, mais c’est peut-ĂȘtre ce secteur qui crĂ©e la dĂ©pendance la plus vitale : sans les pesticides et les machines agricoles, qui s’appuient sur le pĂ©trole (les engrais sont confectionnĂ©s Ă  partir de gaz naturel), il ne serait pas possible d’avoir les rendements agricoles actuels, ni de nourrir une population mondiale aussi nombreuse.

Plus la demande augmente, plus il y a d’investissements dans la recherche de pĂ©trole. La demande favorise les investissements et donc il y a plus de terres inexploitĂ©es oĂč l’on trouve du pĂ©trole.

Commerce du pétrole et des produits pétroliers

Article dĂ©taillĂ© : MarchĂ©s pĂ©troliers.

La valeur d’un pĂ©trole brut dĂ©pend de sa provenance et de ses caractĂ©ristiques physico-chimiques propres qui permettent, aprĂšs traitement, de gĂ©nĂ©rer une plus ou moins grande quantitĂ© de produits Ă  haute valeur marchande. Pour simplifier, on peut dire que plus le brut est lĂ©ger (c’est-Ă -dire apte Ă  fournir, aprĂšs traitement, une grande quantitĂ© de produits Ă  forte valeur marchande) et moins il contient de soufre, plus il vaut cher. Dans une moindre mesure, la distance entre l’endroit oĂč est vendu le pĂ©trole et les rĂ©gions importatrices intervient Ă©galement.

Les acteurs du marché cherchant à se protéger des fluctuations de cours, le NYMEX introduit en 1978 les contrats futures sur le fioul domestique (heating oil).

Impacts du pétrole

Le dĂ©veloppement de l’industrie pĂ©troliĂšre a fourni les carburants liquides qui ont permis la deuxiĂšme rĂ©volution industrielle et a donc considĂ©rablement changĂ© le cours de l’histoire. En ce sens, le pĂ©trole est vĂ©ritablement le successeur du charbon, qui avait rendu possible la premiĂšre rĂ©volution industrielle. Son utilisation est Ă©galement source de controverses, car ses utilisations conduisent l'homme Ă  dĂ©grader l'environnement, plus ou moins directement.

Économie

Le pĂ©trole Ă©tant le plus gros commerce de la planĂšte en valeur (et en volume), il modifie considĂ©rablement les flux de devises. Les grands pays producteurs disposent de recettes telles que leurs gouvernements ont souvent un excĂ©dent public Ă  placer, qui leur donne un poids financier important. Par exemple, vers 1998, la Russie avait une dette publique trĂšs importante et semblait proche de la cessation de paiements. Depuis, la hausse du prix de pĂ©trole et celle de sa production lui a permis d’engranger des recettes fiscales telles que la dette a Ă©tĂ© pratiquement remboursĂ©e et que le pays a la troisiĂšme rĂ©serve de devises au monde en 2006 [32].

Article dĂ©taillĂ© : PĂ©trodollar.

Les fluctuations du prix du pétrole ont un impact direct sur le budget des ménages, donc sur la consommation dans les pays développés. Elles influent aussi, en proportion variable, sur le prix de tous les biens et services, car tous sont produits en utilisant du pétrole, matiÚre premiÚre ou source d'énergie.

La dĂ©couverte de rĂ©serves de pĂ©trole dans un pays est souvent perçue comme un « miracle Â» pour son Ă©conomie. Toutefois, l’afflux de devises est parfois mal gĂ©rĂ© (voir Syndrome hollandais), il peut encourager la corruption et les ingĂ©rences Ă©trangĂšres. L’effet rĂ©el est donc souvent plus ambivalent, surtout pour les pays les plus pauvres.

Société

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©pendance au pĂ©trole.

Devenu indispensable Ă  la vie quotidienne dans la plupart des pays dĂ©veloppĂ©s, le pĂ©trole a un impact social important. On a vu des Ă©meutes parfois violentes dans certains pays suite Ă  des hausses de prix. En 2006, certains syndicats français demandent l’instauration d’un « chĂšque transport Â» pour aider les salariĂ©s qui se dĂ©placent beaucoup Ă  faire face au prix des carburants.

Dans les pays dĂ©veloppĂ©s, une hausse du prix du pĂ©trole se traduit par un accroissement du budget consacrĂ© Ă  la voiture, mais dans les pays les plus pauvres, elle signifie moins d’éclairage et moins d’aliments chauds, car le kĂ©rosĂšne est souvent la seule source d’énergie domestique disponible.

Outre que le pĂ©trole est utilisĂ© dans toutes les industries mĂ©canisĂ©es comme Ă©nergie de base, ses dĂ©rivĂ©s chimiques servent Ă  la fabrication de toutes sortes de produits, qu’ils soient hygiĂ©niques (shampooing), alimentaires, de protection, de contenant (matiĂšre plastique), tissus, etc. Ce faisant, le pĂ©trole est devenu indispensable et par consĂ©quent trĂšs sensible stratĂ©giquement.

Environnement

Nettoyage des cÎtes de la baie du Prince William, en Alaska, aprÚs le naufrage du pétrolier Exxon Valdez.
Articles dĂ©taillĂ©s : RĂ©chauffement climatique et Pollution.

L’impact environnemental le plus inquiĂ©tant du pĂ©trole est l’émission de dioxyde de carbone rĂ©sultant de sa combustion comme carburant. La combustion libĂšre dans l’atmosphĂšre d’autres polluants, comme le dioxyde de soufre (SO2), mais ceux-ci peuvent ĂȘtre maĂźtrisĂ©s, notamment par la dĂ©sulfuration des carburants, ou des suies. On estime cependant que si le pĂ©trole est plus polluant que le gaz naturel, il le serait nettement moins que le charbon et les sables bitumineux.

L’extraction pĂ©troliĂšre elle-mĂȘme n’est pas sans impact sur les Ă©cosystĂšmes locaux mĂȘme si, comme dans toute industrie, les risques peuvent ĂȘtre rĂ©duits par des pratiques vigilantes. NĂ©anmoins, certaines rĂ©gions fragiles sont fermĂ©es Ă  l’exploitation du pĂ©trole, en raison des craintes pour les Ă©cosystĂšmes et la biodiversitĂ©. Enfin, les fuites de pĂ©trole et de production peuvent ĂȘtre parfois dĂ©sastreuses, l’exemple le plus spectaculaire Ă©tant celui des marĂ©es noires. Les effets des dĂ©gazages ou mĂȘme ceux plus cachĂ©s comme l’abandon des huiles usagĂ©es ne sont pas Ă  nĂ©gliger.

Notons enfin que le pĂ©trole peut ĂȘtre cancĂ©rigĂšne sous certaines formes.

Sciences et techniques

Articles principaux : GĂ©ophysique, GravimĂ©trie et Sismique.

L’exploration et l'exploitation pĂ©troliĂšres ont exigĂ© le progrĂšs de nombreuses sciences et technologies pour leur dĂ©veloppement, et particuliĂšrement en gĂ©ophysique. La gravimĂ©trie, la sismique et le logging se sont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s pour l'exploration pĂ©troliĂšre dĂšs les annĂ©es 1920. La production a exigĂ© de la sidĂ©rurgie des matĂ©riaux rĂ©sistants aux gaz acides (gaz de Lacq), aux pressions et tempĂ©ratures. L'industrie pĂ©troliĂšre est un terrain d'essai exigeant pour de nombreuses technologies naissantes, qui se rĂ©vĂšleraient trop chĂšres dans d'autres domaines : diamant synthĂ©tique pour les trĂ©pans, positionnement dynamique des navires, etc.

GĂ©opolitique

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©opolitique du pĂ©trole.

Depuis le tout dĂ©but du XXe siĂšcle, le pĂ©trole est devenu une donnĂ©e essentielle de la gĂ©opolitique. La dĂ©pendance des pays dĂ©veloppĂ©s envers cette matiĂšre premiĂšre est telle, que sa convoitise a dĂ©clenchĂ©, ou influĂ© sur le cours de plusieurs guerres ; les guerres civiles sur fond de gisement pĂ©trolier ne se comptent plus. L’approvisionnement en pĂ©trole des belligĂ©rants a plusieurs fois influĂ© sur le sort des armes, comme lors des deux guerres mondiales.

Culture et symbolique

Le pĂ©trole est devenu un symbole de la richesse et de la chance, supplantant largement l’or qui avait longtemps tenu ce rĂŽle. La culture populaire en a tirĂ© des images stĂ©rĂ©otypĂ©es, qu’on retrouve par exemple dans la sĂ©rie Dallas, ou dans l’expression « rois du pĂ©trole Â». Les compagnies pĂ©troliĂšres privĂ©es sont elles emblĂ©matiques du systĂšme Ă©conomique capitaliste, ainsi les auteurs de romans ou de films en feront souvent usage pour tenir le rĂŽle du « mĂ©chant Â». À l'inverse, les compagnies pĂ©troliĂšres publiques de certains pays sont un emblĂšme d'indĂ©pendance nationale et de puissance Ă©conomique, on pourra en donner comme exemple la construction des tours Petronas.

Perspectives

Production

L'avenir de la production pétroliÚre mondiale dépendra d'un niveau technologique plus élevé et d'investissements plus importants, ainsi que de la prospection de territoires pour le moment inaccessibles. Ces points convergent pour aboutir à un pétrole plus cher.

Le taux de rĂ©cupĂ©ration du pĂ©trole sur un plan mondial est en 2008 de l'ordre de 35% ; ce taux, en augmentation lente, joue considĂ©rablement sur la production, et les techniques modernes de pĂ©trole visent Ă  jouer sur ce taux.

Certains territoires, comme l'Arctique, sont actuellement inaccessibles Ă  l'exploration/production pour toutes sortes de raisons : politiques, climatiques, zones enclavĂ©es, etc. Une augmentation Ă©ventuelle du cours du baril pourrait rendre rentable l'exploitation de ces rĂ©gions.

Le pĂ©trole offshore, popularisĂ© en Europe par la mise en exploitation des gisements de Mer du Nord dans les annĂ©es 1970, a Ă©tĂ© exploitĂ© par des profondeurs d'eau croissantes depuis cette Ă©poque ; en 2008 on atteint couramment 2000 m d'eau. Cette profondeur d'eau devra elle aussi augmenter pour permettre l'exploitation de gisements actuellement inaccessibles. Dans le mĂȘme domaine, certaines conformations gĂ©ologiques qui rendaient les instruments d'exploration classiques "aveugles", font l'objet de recherches fructueuses, ainsi que l'a dĂ©montrĂ© la dĂ©couverte du gisement gĂ©ant de Tupi[33] en 2006.

Réserves pétroliÚres mondiales conventionnelles estimées.
Évolution de la production pĂ©troliĂšre hors OPEP et ex-URSS estimĂ©e par le gouvernement des États-Unis (2004).

Une mĂ©thode prĂ©dictive a Ă©tĂ© mise au point par le gĂ©ologue Marion King Hubbert pour dĂ©terminer le moment oĂč la production d’un champ pĂ©trolifĂšre atteint son point culminant. En 1956, il avait ainsi annoncĂ© le pic pĂ©trolier des États-Unis d’AmĂ©rique en 1970[34].

Selon le modĂšle de Hubbert, la production d’une ressource non renouvelable, Ă  condition qu’elle ne soit pas trop perturbĂ©e par des Ă©vĂšnements externes, suit une courbe qui ressemble d’abord Ă  une croissance exponentielle, puis plafonne et diminue.

Cette hypothĂšse s’applique au pĂ©trole et une cinquantaine de pays ont dĂ©jĂ  passĂ© leur pic de production. NĂ©anmoins, il est trĂšs difficile d’estimer quand ce pic aura lieu au niveau mondial : vers 2010 pour les uns, dans plusieurs dĂ©cennies pour les autres.

Dans le premier groupe, un certain nombre de chercheurs en gĂ©ologie et d’anciens experts gĂ©ologues en prospection pĂ©troliĂšre des grandes compagnies productrices se sont regroupĂ©s en association, l’ASPO, pour dĂ©noncer la surĂ©valuation des stocks estimĂ©s des pays producteurs. Les raisons d’une telle surĂ©valuation sont multiples :

  • pour un pays producteur, il s’agirait d’attirer les investisseurs pour construire des infrastructures d’extraction et de transport coĂ»teuses ;
  • pour un pays consommateur, il s’agirait de forcer les pays producteurs Ă  maintenir un prix bas en agitant la menace d’aller se fournir ailleurs ;
  • pour les compagnies pĂ©troliĂšres, il s’agirait de rassurer leurs investisseurs sur leur valeur Ă  terme et de nĂ©gocier Ă  bas prix les achats de gisements (si les rĂ©serves mondiales sont Ă©levĂ©es, un nouveau gisement vaut moins cher car il est moins rare). Certains dirigeants de Shell, ayant surĂ©valuĂ© les stocks rĂ©cupĂ©rables de la compagnie, ont Ă©tĂ© remerciĂ©s en 2004, entraĂźnant Ă  l’époque une lourde chute des actions de la sociĂ©tĂ©.

La consĂ©quence principale de la surĂ©valuation des stocks est une prise de risque pour l’économie mondiale, qui repose majoritairement sur le pĂ©trole pour ses besoins en Ă©nergie et qui n’anticipe pas la pĂ©nurie prĂ©visible Ă  moyen ou court terme : une crise Ă  court terme pourrait dĂ©stabiliser Ă  la fois l’économie et la politique sur le globe. À la mi-2005, de nombreux experts de l’ASPO annonçaient un baril Ă  100 USD dans les deux annĂ©es Ă  venir. Ce seuil symbolique n'aura finalement Ă©tĂ© atteint « que Â» le 2 janvier 2008. Le baril a ensuite atteint un plus haut historique de 145$ le 3 juillet pour repasser sous les 100$ le 12 septembre, puis s'effondrer sous les 40$ en 2009.

Les dĂ©tracteurs de la thĂšse de Hubbert rappellent que plusieurs alertes se succĂšdent depuis les annĂ©es 1950 et que, depuis, il n’y a toujours pas eu de tel pic. Cela dit la question n’est pas de savoir si le pic aura lieu, mais simplement quand il aura lieu. Une fourchette de dates comprises entre 2020 et 2030 est de plus en plus largement admises, par les pays producteurs, les compagnies pĂ©troliĂšre et les instances internationales telles que l’AIE. La grave crise Ă©conomique amorcĂ©e en 2008 jouera bien entendu sur ces Ă©valuations.

Le rapide dĂ©veloppement industriel de la Chine rend le sujet encore plus pressant, en pesant sur la demande. Plusieurs pays producteurs ont rĂ©cemment connu des controverses internes sur l’importance de leurs rĂ©serves. [35]

Si Ă©valuer la date du pic de production est difficile, anticiper ses consĂ©quences sur l’économie mondiale l’est encore plus. Il existe en effet quelques solutions pour remplacer des quantitĂ©s variĂ©es de pĂ©trole, chacune ayant ses limites.

Alternatives

L'approvisionnement en pétrole pose aux pays importateurs de nombreux problÚmes, principalement politique (dépendance), financier (devises), environnemental (émissions de CO2). De nombreux pays (européens entre autres) ont donc engagé une politique de réduction de leur dépendance au pétrole depuis les chocs pétroliers de la décennie 1970. Le tableau ci-dessous montre un certain succÚs de cette politique, avec une décroissance de la consommation sur la période 1973-2008[36], malgré l'augmentation démographique et l'élévation du niveau de vie.

Consommation pétroliÚre, Europe-Eurasie, milliers de barils par jour
1973 1978 1983 1988 1993 1998 2003 2008

22.582

24.587

22.344

23.167

20.693

19.831

19.915

20.158

Les diffĂ©rentes pistes sont :

Citons pour mémoire la fusion nucléaire et l'exploitation des hydrates de méthanes, deux sources d'énergie aux réserves bien plus vastes, mais pour lesquelles nous ne diposons pas de technologie fonctionnelle.

Efficacité énergétique

Faire preuve d'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique[37],[38],[39] consiste Ă  produire les mĂȘmes biens et services avec moins d'Ă©nergie, et dans notre cas, de produits pĂ©troliers. C'est de loin la mĂ©thode la plus intĂ©ressante, puisqu'elle rĂ©pond correctement aux trois problĂšmes Ă©voquĂ©s ci-dessus. Les moyens de l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique ont en plus l'avantage d'ĂȘtre frĂ©quemment intuitifs et connus de tous :

  • utiliser des automobiles aux moteurs plus Ă©conomes
  • construire des habitations mieux isolĂ©es
  • favoriser les transports en commun et alternatifs
  • limiter les gaspillages, favoriser le recyclage

Ces mĂ©thodes font lentement des progrĂšs dans les pays dĂ©veloppĂ©s oĂč l'Ă©nergie est rendue artificiellement chĂšre (taxes, subventions aux mĂ©thodes vertueuses). Entre autres, l’isolation se prĂ©sente de plus en plus comme l'alternative du futur dans les pays tempĂ©rĂ©s (BedZED), mais peine Ă  pĂ©nĂ©trer le marchĂ©.

Charbon, gaz naturel, sables bitumineux

Articles principaux : Houille, Gaz naturel et Sables bitumineux.

Le charbon ne rĂ©pond pas aux critĂšres ; cependant, son prix plus faible en fait une rĂ©ponse Ă©vidente pour les pays gros consommateurs oĂč il est abondant (Etats-Unis, Chine, Inde). Il bĂ©nĂ©ficiera certainement d'un regain d'intĂ©rĂȘt dans les pays importateurs dĂšs qu'une solution de sĂ©questration du dioxyde de carbone sera disponible. Le tableau ci-dessous montre l'expansion considĂ©rable de la consommation de charbon[36] dans les annĂ©es rĂ©centes.

Consommation mondiale de charbon, MTep
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008

2405,2

2597,6

2766,2

2907,4

3042,3

3194,5

3303,7

Le gaz naturel est un peu une solution intermĂ©diaire : plus propre que le charbon, mais moins abondant, il exige des installations compliquĂ©es et coĂ»teuses (gazoducs, mĂ©thaniers, terminaux gaziers, sites de stockage), ainsi que des contrats Ă  trĂšs long terme ; son expansion est ralentie par ces difficultĂ©s.

Le procĂ©dĂ© Fischer-Tropsch permet depuis longtemps d'obtenir des hydrocarbures liquides (et en particulier de l'essence) Ă  partir du charbon ; modernisĂ©, son application s'Ă©tend au gaz naturel, et l'on parle maintenant de CtL (Coal to Liquids) et GTL (Gas to Liquids).

Les sables bitumineux sont un mĂ©lange naturel de bitume brut, de sable, d'argile minĂ©rale et d'eau. Le gisement le plus connu est celui de l'Alberta ; dĂ©jĂ  exploitĂ©, il fournit actuellement 1 Ă  2 millions de barils par jour, permettant ainsi au Canada d'ĂȘtre le deuxiĂšme fournisseur de pĂ©trole des Etats-Unis. Leur extraction pose de gros problĂšmes environnementaux ; ce gisement gĂ©ant Ă©quivaut Ă  la moitiĂ© des rĂ©serves de l'Arabie Saoudite.

Energie solaire

Article principal : Ă©nergie solaire.

Pour le chauffage, l'emploi du chauffe-eau solaire est généralisé dans de nombreux pays (Méditerranée[40], Asie du Sud-Est). Cette méthode commence à se répandre en Europe.

Biocarburants

Article principal : Biocarburants.

Les biocarburants se sont dĂ©veloppĂ©s rĂ©cemment en Europe et aux USA, mais ont suscitĂ© des inquiĂ©tudes. À part de rares exceptions telles que l'huile de Jatropha, ils entrent en compĂ©tition avec l’agriculture pour l’alimentation et avec les milieux naturels pour l’occupation des sols. Leur rendement Ă©nergĂ©tique est actuellement insuffisant[41]. De petites quantitĂ©s de biocarburants peuvent ĂȘtre produites Ă  partir de dĂ©chets de l’industrie agro-alimentaire, dans ce cas le bilan est bien meilleur. La production de biodiesel Ă  partir d’algues attire un intĂ©rĂȘt croissant : elle ne rĂ©clame ni eau douce, ni terres cultivables.[42]

Energie nucléaire

Article principal : Ă©nergie nuclĂ©aire.

L'Ă©nergie nuclĂ©aire rĂ©pond Ă  l'essentiel des critĂšres ; en revanche, elle pose des problĂšmes supplĂ©mentaires (sĂ©curitĂ© des populations environnantes, contrĂŽle des matĂ©riaux fissiles) qui empĂȘchent cette solution de se gĂ©nĂ©raliser.

Voir aussi

Articles connexes

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Voir « pĂ©trole Â» sur le Wiktionnaire.

Économie et gĂ©opolitique du pĂ©trole :

Physique-chimie :

ProblĂšmes environnementaux :

Autre :

Bibliographie

Liens externes

Histoire et géopolitique
Liens généralistes
Instituts - Compagnies pétroliÚres
Marées noires

Notes et références

  1. ↑ RĂ©fĂ©rence pour cette section : GĂ©ologie sĂ©dimentaire : bassins, environnements de dĂ©pĂŽts, formation du pĂ©trole, de Bernard Biju-Duval, Éditions Technip, 1999
  2. ↑ Glasby, GP, "Abiogenic origin of hydrocarbons: An historical overview", Resource Geology, Volume 56, 1:83-96, 2006.
  3. ↑ Source bitumineuse de La Poix. ConsultĂ© le 4 octobre 2009
  4. ↑ Au bord du cratĂšre de Darvaza. ConsultĂ© le 4 octobre 2009
  5. ↑ (en) Bitumen history
  6. ↑ Le bitume de Pechelmbronn
  7. ↑ Le musĂ©e du pĂ©trole, Pechelbronn
  8. ↑ http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/15/une-nouvelle-energie-renouvelable-prend-son-essor-en-alsace_1084117_3244.html Une nouvelle Ă©nergie renouvelable prend son essor en Alsace, Le Monde, 15 aout 2008
  9. ↑ Antar, un nom de lĂ©gende
  10. ↑ Pechelbronn aux Archives Nationales
  11. ↑ Statistiques de production de pĂ©trole en 2007
  12. ↑ On pourra consulter Ă  ce sujet l’article d’Ugo Bardi (ASPO) sur l’huile de baleine : [1]
  13. ↑ http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/15/une-nouvelle-energie-renouvelable-prend-son-essor-en-alsace_1084117_3244.html Une nouvelle Ă©nergie renouvelable prend son essor en Alsace, Le Monde, 15 aout 2008
  14. ↑ Selon les donnĂ©es historiques rassemblĂ©es par l’ASPO.
  15. ↑ voir le rapport du MIT pour le Club de Rome, Halte à la croissance ?
  16. ↑ Selon les donnĂ©es du BP Statistical Review of World Energy 2006, la production de 1972 est trĂšs lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  celle de 71, mais 71 est la date du pic habituellement donnĂ©e, l’explication vient sans doute de l’inclusion par BP des liquides de gaz naturel et du gain de raffinage.
  17. ↑ Les donnĂ©es brutes sont fournies par l'Energy Information Administration of the US Department of Energy
  18. ↑ Les Saoudiens prudents dans les investissements face à une demande incertaine
  19. ↑ Two Cheers for Expensive Oil, Leonardo Maugeri, Foreign Affairs, volume 85, mars-avril 2006. Voir en particulier le premier titre : the market at work.
  20. ↑ Jean-Michel Bezat, « Le brut Ă  100$ le baril : causes et consĂ©quences Â», dans Le Monde : dossiers&documents, n°370 (dĂ©cembre 2007), p. 1
  21. ↑ [Historique des cours http://finance.banks.com/intersearch?Account=banks&Page=Historical&Ticker=%24OIL]
  22. ↑ PĂ©trole : les cours continuent de cĂ©der du terrain, Par La Tribune 24 Juillet 08
  23. ↑ The law catches up to oil, Commentary: Prices can't outrun the long arm of supply and demand, Irwin Kellner, Ă©conomiste en chef Ă  marketwatch, 04/08/08
  24. ↑ L'Opep espĂšre enrayer la chute des prix du pĂ©trole, L'express, 24/10/08
  25. ↑ The Oil falls to near $50 as OPEC says prices too low, Chakib Khelil, ministre algĂ©rien de l'Ă©nergie, 26/04/09
  26. ↑ Valeurs basĂ©es sur celles de BP, corrigĂ©es au cas par cas pour supprimer le gain de raffinage (faible en dehors des États-Unis).
  27. ↑ BP Statistical Review of World Energy, juin 2008
  28. ↑ a  et b  SociĂ©tĂ© française de chimie [2]
  29. ↑ 241 000 tonnes sur un total de 672 000, chiffres de Lloyd’s Register
  30. ↑ Liste des 500 plus grosses compagnies mondiales 2006 Ă©tablie par Fortune
  31. ↑ FMI; World Économic Outlook, Globalization and External Imbalances, avril 2005
  32. ↑ Selon RosBusinessConsulting, les rĂ©serves d’or et de devises de la Russie au 4 aoĂ»t 2006 valent 266,9 milliards de dollars. Seuls le Japon et la Chine revendiquent davantage.
  33. ↑ BG Group: Tupi could hold more than 30 billion BOE, 08/02/2008
  34. ↑ Jean-Luc Wingert, La Vie aprĂšs le pĂ©trole, p. 49-51.
  35. ↑ Voir notamment l’affaire de l’évaluation des rĂ©serves koweĂŻties : un document diffusĂ© par Petroleum Intelligence Weekly en janvier 2006 et prĂ©sentĂ© comme une fuite de la compagnie nationale affiche des rĂ©serves infĂ©rieures de moitiĂ© aux chiffres officiels. Il n’y a pas eu de dĂ©menti officiel ferme.
  36. ↑ a  et b  BP World Energy Report 2009
  37. ↑ Agence de l'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique du QuĂ©bec
  38. ↑ [http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/developp/econo/f1e_eco.htm Les Ă©conomies d'Ă©nergie en France
  39. ↑ (en)L'efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique pour l'Union EuropĂ©enne
  40. ↑ Par exemple, en IsraĂ«l, selon WEC [3], 80% des maisons sont Ă©quipĂ©es de chauffe-eaux solaires dont la production thermique vaut 3% de la consommation d’énergie du pays
  41. ↑ le cas le plus documentĂ© est celui de l’éthanol de maĂŻs aux États-Unis, pour lequel des dizaines d’études ont Ă©tĂ© publiĂ©es, toutes indiquant que la production (engrais, machines agricoles
) consommait une part importante (supĂ©rieure Ă  100% dans certaines Ă©tudes) de l’énergie obtenue au final. L’une de ces Ă©tudes [4] qui conclut Ă  un gain de seulement 24%
  42. ↑ voir par exemple les projets de Greenfuel Technology [5]
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