Pesticide

ÔĽŅ
Pesticide
√Čpandage a√©rien de pesticides. Ce mode d'√©pandage est celui qui est le plus susceptible de polluer l'air. Il est peu utilis√© en Europe, mais fr√©quent aux √Čtats-Unis.

Un pesticide est une substance √©mise dans une culture pour lutter contre des organismes nuisibles. C'est un terme g√©n√©rique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides. Ils s'attaquent respectivement aux insectes ravageurs, aux champignons, aux ¬ę mauvaises herbes ¬Ľ et aux vers parasites.

Le terme pesticide est souvent abusivement confondu avec les substances ¬ę phytosanitaires ¬Ľ ou ¬ę phytopharmaceutiques ¬Ľ, mais il comprend aussi les produits zoosanitaires, les produits de traitements du bois, et de nombreux produits d'usage domestique : shampoing antipoux, boules antimites, poudres anti-fourmis, bombes antimouches, colliers antipuces, diffuseurs antimoustiques...

Dans une acception plus large, comme celle de la règlementation européenne[1] , ce peut être des régulateurs de la croissance, ou des substances qui répondent à des problèmes d'hygiène publique (par exemple les cafards dans les habitations), de santé publique (les insectes parasites poux, puces ou vecteurs de maladies telles que le paludisme et les bactéries pathogènes de l'eau détruites par la chloration), de santé vétérinaire, ou concernant les surfaces non-agricoles (routes, aéroports, voies ferrées, réseaux électriques...).

Sommaire

√Čtymologie

Le mot pesticide a √©t√© cr√©√© en anglais, sur le mod√®le des nombreux mots se terminant par le suffixe -cide (latin -cida, du verbe latin caedo, caedere, ¬ę tuer ¬Ľ), et sur la base du mot anglais pest (animal, insecte ou plante nuisible), lequel provient (comme le fran√ßais peste) du latin pestis qui d√©signait notamment un animal nuisible.

Historique

La lutte chimique existe depuis des mill√©naires : l'usage du soufre remonte √† la Gr√®ce antique (1000 ans avant J.-C.) et l'arsenic est recommand√© par Pline, naturaliste romain, en tant qu'insecticide. Des plantes connues pour leurs propri√©t√©s toxiques ont √©t√© utilis√©es comme pesticides (par exemple les aconits, au Moyen √āge, contre les rongeurs). Des trait√©s sur ces plantes ont √©t√© r√©dig√©s (Ex : trait√© des poisons de Ma√Įmonide en 1135). Les produits arsenicaux ou √† base de plomb (Ars√©niate de plomb) √©taient utilis√©s au XVIe si√®cle en Chine et en Europe.
Les propriétés insecticides du tabac étaient connus dès 1690. En Inde, les jardiniers utilisaient les racines de Derris et Lonchocarpus (roténone) comme insecticide. Leur usage s'est répandu en Europe vers 1900.

La chimie min√©rale s'est d√©velopp√©e au XIXe si√®cle, fournissant de nombreux pesticides min√©raux √† base de sels de cuivre. Les fongicides √† base de sulfate de cuivre se r√©pandent, en particulier la fameuse bouillie bordelaise (m√©lange de sulfate de cuivre et de chaux) pour lutter contre les invasions fongiques de la vigne et de la pomme de terre, non sans s√©quelles de pollution sur les sols (cuivre non d√©gradable). Des sels mercuriels sont employ√©s au d√©but du XXe si√®cle pour le traitement des semences.

Structure chimique d'un insecticide, le DDT
Formule structurelle de l'atrazine, herbicide de la famille des triazines
Les pesticides (ici l'atrazine aux √Čtats-Unis) font l'objet d'usage g√©ographiquement et temporellement cibl√©s, ce qui explique de fortes variations r√©gionales et saisonni√®res dans la pollution de l'eau et de l'air par ces produits
L'usage et la pr√©paration des pesticides fait l'objet de r√®glementation et pr√©cautions particuli√®res, en raison de leur toxicit√© et parfois de l'inflammabilit√© des solvants. Ici , utilisation de l'herbicide Lasso¬ģ de la firme Monsanto

L'ère des pesticides de synthèse débute vraiment dans les années 1930, profitant du développement de la chimie organique de synthèse et de la recherche sur les armes chimiques durant la Première Guerre mondiale.
En 1874, Zeidler synthétise le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane), dont Muller en 1939 établit les propriétés insecticides. Le DDT est commercialisé dès 1943 et ouvre la voie à la famille des organochlorés. Le DDT a dominé le marché des insecticides jusqu'aux début des années 1970.

En 1944, l'herbicide 2,4-D, copié sur une hormone de croissance des plantes et encore fortement employé de nos jours, est synthétisé.

La Seconde Guerre mondiale a généré, à travers les recherches engagées pour la mise au point de gaz de combat, la famille des organophosphoré qui, depuis 1945, a vu un développement considérable encore de mise aujourd'hui pour certains de ces produits, tel le malathion.

En 1950-1955 se d√©veloppe aux √Čtats-Unis les herbicides de la famille des ur√©es substitu√©es (linuron, diuron), suivis peu apr√®s par les herbicides du groupe ammonium quaternaire et triazines.

Les fongicides du type benzimidazole et pyrimides datent de 1966, suivi par les fongicides imidazoliques et triazoliques dits fongicides IBS (inhibiteurs de la synthèse des stérols) qui représentent actuellement le plus gros marché des fongicides.

Dans les ann√©es 1970-80 appara√ģt une nouvelle classe d'insecticides, les pyr√©thrino√Įdes qui dominent pour leur part le march√© des insecticides.

Auparavant, la recherche de matières actives se faisait au hasard en soumettant de nombreux produits à des tests biologiques. Lorsque un produit était retenu pour ces qualités biocides, on cherchait à en améliorer l'efficacité à travers la synthèse d'analogues. Cette procédure a permis de développer les techniques de synthèse qui sont de mise aujourd'hui.

D√©sormais, l'accent est mis sur la compr√©hension des modes d'action et la recherche de cibles nouvelles. Connaissant les cibles, on peut alors √©tablir des relations structure-activit√© pour aboutir √† l'obtention de mati√®res actives. Ceci est possible gr√Ęce au d√©veloppement de la recherche fondamentale dans les domaines de la biologie et de la chimie et aux nouveaux outils fournis par la chimie quantique, les math√©matiques et l'informatique qui permettent la mod√©lisation de ces futures mol√©cules.

Actuellement, on assiste à une consolidation du marché au niveau des familles les plus récemment découvertes avec la recherche de nouvelles propriétés. Dans le même temps, de nouvelles cibles physiologiques de l'animal ou du végétal sont explorées dans le but de développer des produits à modes d'action originaux, des produits issus de la biotechnologie ou des médiateurs chimiques.

Catégories de pesticides

Les cat√©gories de produits suivants, d√©sign√©s commercialement comme ¬ę produits phytosanitaires ¬Ľ, sont utilis√©es pour soigner ou pr√©venir les maladies des v√©g√©taux. Ce ne sont donc pas des pesticides au sens strict :

  • Les anti-russetings luttent contre la rugosit√© des pommes,
  • Les r√©pulsifs luttent contre le gibier et les oiseaux,
  • Les r√©gulateurs de croissance sont utilis√©s pour la pr√©vention de la croissance excessive d'une plante (lutte contre la verse chez le bl√©), les anti-germinants, les produits favorisant la r√©sistance des plantes, le bouturage, la mise en fruit.

Consommation

Depuis le 1er juillet 2010 la FAO a ouvert gratuitement à tous (sur simple enregistrement) sa base de données Pesticides dans l'outil FAOSTAT (la plus vaste base de données mondiale sur l’alimentation, l’agriculture et la faim) [2]

On distingue souvent les usage agricoles (ex 54% des ventes en 2000 en Wallonnie[3], qui en consomme moins que la Flandre) et non-agricoles (ex : environ 33% des ventes en 2000 en Wallonnie[3]) qui comprennent les produits utilis√©s par les jardiniers, les collectivit√©s et les gestionnaires de routes, chemins de fer, canaux, zones d'activit√©, a√©roports, etc. Dans le cas de la Wallonnie, en 2000, 13% des ventes en 2000 restaient ¬ę non-identifi√© avec une pr√©cision suffisante ¬Ľ[3], et pour certains produits, les enqu√™tes de terrain montrent que ¬ę les quantit√©s totales appliqu√©es sont sup√©rieures aux quantit√©s vendues (environ 20% des quantit√©s) et inversement pour d'autres produits[3] ¬Ľ.
Les tonnages tendent à diminuer, mais au moins en grande partie en partie parce que les produits sont beaucoup plus actifs à des doses moindres.

Agriculture

Les quantit√©s de pesticides utilis√©s dans le monde augmentent r√©guli√®rement depuis 60 ans. Elles semblent diminuer dans certains pays en Europe, mais √† dose ou poids √©gal, les mati√®res actives d'aujourd'hui, sont g√©n√©ralement beaucoup plus efficaces que celles des d√©cennies pr√©c√©dentes ; la France est, en 2008, le quatri√®me consommateur mondial de pesticides[4]. Loin derri√®re les √Čtats-Unis, et derri√®re le Japon et le Br√©sil.
Les molécules commercialisées évoluent, pour contourner les résistances (des insectes, champignons ou végétaux), pour remplacer des produits interdits en raison de leur toxicité, ou quand des molécules a priori intéressantes viennent en remplacer d'autres.

Les pesticides les plus utilisés (en termes de quantité) sont les désherbants.
La molécule active la plus vendue comme désherbant et la plus utilisée dans le monde est le glyphosate.

Au niveau mondial, ce sont les pays producteurs de riz (Japon, Cor√©e,..) qui consomment le plus de pesticides par hectare, 4 fois plus que la moyenne europ√©enne, elle-m√™me sup√©rieure √† celle des Etats-Unis. Parmi les pays europ√©ens, la France se classe au 4e rang, derri√®re notamment les Pays-Bas et autres pays chez lesquels les syst√®mes de production sont d‚Äôabord orient√©s vers l‚Äôhorticulture et le mara√ģchage [5]. .

Le Grenelle de l'environnement (2007) demandait de r√©duire de 50 % les quantit√©s de mati√®re active utilis√©es, si possible avant 2018. Une r√©duction de 30% des pesticides serait possible en France, avec des changements de pratiques importants, mais sans bouleverser les syst√®mes de production, selon une √©tude "Ecophyto R&D", command√©e par les ministres charg√©s de l'agriculture et de l'environnement √† une √©quipe coordonn√©e par l'INRA, suite au Grenelle de l'environnement[6]. D'autres √©tudes (Projet Endure) estiment [7] qu'avec des technologies novatrices on pourrait r√©duire, pour le ma√Įs, de 100% les produits de traitements de semences, jusqu'√† 85% les √©pandages d'insecticides et de 90 % ceux d'herbicides.

N√©anmoins, selon l'UIPP (Union des industries de la protection des plantes [8]), avec 63.700 t de mati√®re active vendue dans l'ann√©e, le march√© a chut√© de 19 % (en volume en 2009) [9]. Les fabricants invoquent les hausses de prix, une moindre pression parasitaire, de bonnes conditions climatiques (dont un printemps froid) ou la chute des revenus des agriculteurs exploitant de grandes cultures.

La loi Grenelle II pr√©voit que ¬ę le Gouvernement transmet chaque ann√©e au Parlement et rend public un rapport sur le suivi des usages agricoles et non agricoles des produits phytopharmaceutiques en France, ainsi que sur les avanc√©es de la recherche agronomique dans ce domaine ¬Ľ[10]. Ce rapport fera un point annuel sur la diffusion des alternatives aux pesticides aupr√®s des agriculteurs, sur la recherche appliqu√©e et la formation, mais aussi sur ¬ę la sant√© des agriculteurs et des salari√©s agricoles, et des r√©sultats du programme de surveillance √©pid√©miologique tels que d√©finis √† l‚Äôarticle 31 de la loi n¬į 2009-967 du 3 ao√Ľt 2009 de programmation relative √† la mise en oeuvre du Grenelle de l‚Äôenvironnement. Ce rapport √©value l‚Äôimpact sanitaire, environnemental, social et √©conomique de ces usages. Il pr√©cise la port√©e de chaque nouvelle norme relative aux produits phytopharmaceutiques adopt√©e en France au regard des r√®gles communautaires et des pratiques dans l‚ÄôUnion europ√©enne ¬Ľ. Des √©l√©ments d'√©valuation des impacts √©conomiques d'une r√©duction en France, vue par l'INRA, a √©t√© publi√©e en mai 2011[11].

Arme de guerre

L'agent orange (produit par la multinationale Monsanto) est le surnom donn√© au plus utilis√© des herbicides employ√©s par l'arm√©e des √Čtats-Unis lors de la guerre du Vi√™tnam, en particulier entre 1961 et 1971. Initialement, les effets pathog√®nes sur l'√™tre humain √©taient inconnus. Ce produit √©tait utilis√© exclusivement dans le but de d√©gager les abords des installations militaires et d'assurer une d√©forestation afin d'emp√™cher les combattants ennemis de se dissimuler.

Conception d'un pesticide

  • Un pesticide est compos√© d'un ensemble de mol√©cules comprenant :
    • une (ou plusieurs) mati√®re active √† laquelle est d√Ľ, en tout ou en partie, l'effet toxique.
    • un diluant qui est une mati√®re solide ou un liquide (solvant) incorpor√© √† une pr√©paration et destin√© √† en abaisser la concentration en mati√®re active. Ce sont le plus souvent des huiles v√©g√©tales dans le cas des liquides, de l'argile ou du talc dans le cas des solides. Dans ce dernier cas le diluant est d√©nomm√© charge.
    • des adjuvants qui sont des substances d√©pourvues d'activit√© biologique, mais susceptibles de modifier les qualit√©s du pesticide et d'en faciliter l'utilisation.

Il existe de par le monde près de 100 000 spécialités commerciales autorisées à la vente, composées à partir de 900 matières actives différentes. 15 à 20 nouvelles matières actives s'y rajoutent tous les ans.

Au moins 8 √† 10 ans sont n√©cessaires entre la d√©couverte d'une mati√®re active et sa mise sur le march√© : cette dur√©e inclue les tests d'efficacit√© et les √©tudes r√®glementaires de toxicit√© pour l'environnement et pour l'humain.

Les propri√©t√©s d'un pesticide d√©coulent pour l'essentiel de la structure de sa mati√®re active. Celle-ci pr√©sente 3 parties (ce d√©coupage est artificiel, aucune partie ne pouvant √™tre litt√©ralement s√©par√©e) :

  • une structure active, qui assure le pouvoir pesticide.
  • des fonctions chimiques assurant la plus ou moins grande solubilit√© dans l'eau.
  • une partie support pour les deux autres conditionnant la solubilit√© dans l'huile.

Cette notion de solubilité est importante car c'est l'affinité d'un pesticide pour l'eau ou les corps gras qui va conditionner sa pénétration dans l'organisme ciblé.

Les autres constituants : la formulation d'un pesticide

La formulation d'un pesticide vise à présenter la matière active sous une forme permettant son application en lui ajoutant des substances destinées à améliorer et faciliter son action. Ce sont les adjuvants. Ils comprennent des tensio-actifs, des adhésifs, des émulsionnants, des stabilisants, des antitranspirants, des colorants, des matières répulsives, des émétiques (vomitifs) et parfois des antidotes.

  • La formulation d'un pesticide doit r√©pondre √† 3 objectifs essentiels :
    • assurer une efficacit√© optimale √† la mati√®re active : la mati√®re active doit acc√©der dans les meilleures conditions √† sa cible biochimique, c'est-√†-dire y parvenir le plus rapidement possible avec le minimum de perte. On limite ainsi sa dispersion dans l'environnement (co√Ľt √©cologique) et le dosage √† l'hectare n√©cessaire (co√Ľt √©conomique). Dans ce but on am√©liore le contact avec l'organisme cible par l'adjonction d'agents mouillants (Les ¬ę mouillants ¬Ľ sont des adjuvants qui am√©liorent l'√©talement du pesticide sur la surface trait√©e. Ils diminuent l'angle de contact des gouttelettes avec le support v√©g√©tal (ou animal), avec deux cons√©quences : une meilleure adh√©sion et une plus grande surface de contact et d'action. Pour les produits syst√©miques, on cherche √† am√©liorer la vitesse et les √©quilibres de p√©n√©tration ainsi que le transport des produits dans la plante. La formulation peut √©galement am√©liorer l'efficacit√© biologique de la mol√©cule active par des effets de synergie, des additifs qui retardent sa d√©gradation, prolongeant ainsi sa dur√©e d'action. Inversement, d'autres additifs peuvent acc√©l√©rer son √©limination par les plantes √† prot√©ger ou dans le sol.
    • limiter les risques d'intoxication pour le manipulateur : en recherchant une toxicit√© minimale par contact et inhalation, en pr√©venant les ingestions accidentelles par l'adjonction de colorant, de r√©pulsif, d'antidote ou de vomitif (cas du Paraquat au Japon qui est de couleur bleu et pourvu d'un vomitif). Dans le cas des liquides, les solvants les moins toxiques sont retenus. La dilution de la mati√®re active est d'autant plus forte que cette derni√®re est hautement toxique.
    • rentabiliser la mati√®re active : le solvant employ√© par l'utilisateur est g√©n√©ralement peu co√Ľteux et facilement disponible. Divers additifs am√©liorent la conservation au stockage et/ou √©vitent la corrosion du mat√©riel d'√©pandage.

Un code international de 2 lettres majuscules, plac√©es √† la suite du nom commercial indique le type de formulation. Les principaux types de formulation sont les suivants :

  • Les pr√©sentations solides :
    • Les poudres mouillables (WP) : la mati√®re active est finement broy√©e (solide) ou fix√©e (liquide) sur un support adsorbant ou poreux (silice). Des agents tensio-actifs (dod√©cylbenz√®ne, lignosulfonate de Ca, Al ou Na) et des charges de dilution (kaolin, talc, craie, silicate d'aluminium et magn√©sium ou carbonate de Ca) sont ajout√©s ainsi que des agents antired√©positions, anti-statique ou anti-mousse. Des stabilisateurs (anti-oxyg√®ne et tampon pH) sont inclus pour les rendre compatibles avec d'autres pr√©parations. Ces poudres doivent √™tre dispers√©es dans l'eau au moment de l'emploi.
    • Les granul√©s √† disperser (WG) : granul√©s obtenus par l'agglom√©ration avec un peu d'eau de mati√®re active, de charge et d'agents liants et dispersants, suivi d'un s√©chage. Ces poudres doivent √™tre dispers√©es dans l'eau au moment de l'emploi.
    • Les micro-granul√©s (MG) : identiques aux WG mais d'une taille plus petite (0,1 √† 0,6 mm).
  • Les pr√©sentations liquides :
    • Les concentr√©s solubles (SL) : c'est une solution de mati√®re active √† diluer dans l'eau, additionn√©e d'agents tensio-actifs.
  • Les suspensions concentr√©es (SC) : les mati√®res actives solides, insolubles dans l'eau sont maintenues en suspension concentr√©e dans l'eau, en pr√©sence de mouillants, de dispersants, d'√©paississants (bentonite, silice) ou d'agent anti-red√©position, d'antigel (√©thyl√®ne glycol, ur√©e) d'antimoussants et parfois de bact√©ricides (m√©thanal ou formol). Ces pr√©parations sont dilu√©es dans l'eau au moment de l'emploi.
    • Les concentr√©es √©mulsionnables (EC) : les mati√®res actives sont mises en solution concentr√©e dans un solvant organique et additionn√©e d'√©mulsifiants charg√©s de stabiliser les √©mulsions obtenues au moment de l'emploi par dilution dans l'eau.
    • Les √©mulsions concentr√©es (EW) : la mati√®re active est dissoute dans un solvant organique. La solution additionn√© d'agents √©mulsifiants est dispers√©e dans une petite quantit√© d'eau. Cette pr√©sentation est moins toxique et moins inflammable que les concentr√©s √©mulsionnables.

Effets sur la qualité des produits

C'est une question débattue.
Les fabricants estiment que les pesticides améliorent la qualité des produits, notamment en réduisant le risque de développement de certaines bactéries ou champignons produisant des toxines.
Les d√©tracteurs des pesticides ou de leur utilisation syst√©matique arguent que :

  1. certains de ces pathogènes développent peu à peu des résistances aux pesticides, comme les bactéries le font face aux antibiotiques trop utilisés;
  2. les résidus de pesticides accumulés sur et dans les végétaux ou les produits animaux pourraient poser des problèmes pour la santé;
  3. les résidus de pesticides pourraient poser problème pour les animaux qui consomment les déchets de l'industrie agroalimentaire;
  4. les sols qui se dégradent sous l'action des pesticides finissent par produire des fruits et légumes de moindre qualité.

Selon une √©tude de l'Universit√© de Californie, publi√©e dans la revue Chemistry & Industry (26 mars 2007), des chercheurs ont compar√© les kiwis d'un m√™me verger produits au m√™me moment, les uns en agriculture bio, et les autres avec des pesticides. √Ä la r√©colte, les kiwis ¬ę bio ¬Ľ contenaient significativement plus de vita¬≠mine C, plus de min√©raux et plus de polyph√©nols (compos√©s organiques suppos√©s ¬ę bons pour la sant√© ¬Ľ, car r√©duisant la formation de radicaux libres). Les chercheurs estiment que les kiwis non trait√©s d√©veloppent mieux leurs m√©canismes de d√©fense ; √©tant plus stress√©s, ils fabriquent par exemple plus d'antioxydants.

De nombreuses autres études ne permettent pas de mettre en évidence une différence nutritionnelle significative des produits issus de l'agriculture biologique[12].

Effets sur l'environnement

La dispersion des pesticides dans les sols

Lors d'un traitement, plus de 90 % des quantit√©s utilis√©es de pesticides n'atteignent pas le ravageur vis√©. L'essentiel des produits phytosanitaires aboutissent dans les sols o√Ļ ils subissent des ph√©nom√®nes de dispersion. Les risques pour l'environnement sont d'autant plus grands que ces produits sont toxiques, utilis√©s sur des surfaces et √† des doses/fr√©quences √©lev√©es et qu'ils sont persistants et mobiles dans les sols.

Le sol comporte des éléments minéraux et organiques ainsi que des organismes vivants. Dans le sol, les pesticides sont soumis à l'action simultanée des phénomènes de transferts, d'immobilisation et de dégradation.

Les phénomènes de transfert

  • Les transferts √† la surface du sol ne concernent qu'une faible part des produits appliqu√©s (g√©n√©ralement moins de 5 %). Ils contribuent √† la pollution des eaux de surface lorsqu'ils sont entrain√©s, soit √† l'√©tat dissout ou retenu sur des particules de terre elles-m√™mes entrain√©es.

Les transferts dans le sol sont les plus importants. Ils y sont entrainés par l'eau de pluie et s'y déplacent selon la circulation de l'eau. Ces déplacements varient beaucoup selon le régime hydrique, la perméabilité des sols, la nature du produit. Par exemple, en sol limoneux, l'aldicarbe est une substance très mobile tandis que le lindane ne migre pas(la limite d'utilisation de l'aldicarbe a été fixée au 31/12/07,et sera interdite d'utilisation passé cette date, de même que le lindane qui a une interdiction depuis le 20/06/02 date de mise en vigueur)

Les phénomènes d'immobilisation

  • Ce ph√©nom√®ne est d√Ľ √† l'adsorption, qui r√©sulte de l'attraction des mol√©cules de mati√®re active en phase gazeuse ou en solution dans la phase liquide du sol par les surfaces des constituants min√©raux et organiques du sol. De nombreux facteurs influencent sur la capacit√© d'adsorption d'un sol, li√©s soit aux caract√©ristiques de la mol√©cule, soit √† celles du sol (composants min√©raux et organiques, pH, quantit√© d'eau). De m√™me, les ph√©nom√®nes de d√©sorption qui correspond √† la lib√©ration de la mol√©cule dans le sol (ph√©nom√®ne inverse de l'adsorption).

Les pesticides sont en majorit√© adsorb√©s rapidement par les mati√®res humiques du sol (collo√Įdes min√©raux et organiques). Une mol√©cule adsorb√©e n'est plus en solution dans la phase liquide ou gazeuse. N'√©tant plus disponible, ses effets biologiques sont supprim√©s ; elle n'est plus d√©grad√©e par les micro-organismes du sol ce qui augmente sa persistance. Elle n'est plus entrain√©e par l'eau, ce qui emp√™che la pollution de cette derni√®re. Sa d√©sorption lui rend toutes ses capacit√©s biotoxiques. Plus fortement retenu en g√©n√©ral dans les sols argileux ou riche en mati√®res organiques.

Les phénomènes de dégradation

  • Le sol est un √©cosyst√®me qui poss√®de une capacit√© de d√©toxification tr√®s √©lev√©e. Les processus de d√©gradation des mati√®res actives aboutissent finalement √† l'obtention de mol√©cules min√©rales telles que H2O, CO2, NH3

La d√©gradation est assur√©e principalement par les organismes biologiques de la microflore du sol (bact√©ries, actinomyc√®tes, champignons, algues, levures), celle-ci pouvant atteindre 1 t de mati√®re s√®che √† l'hectare. Son action s'exerce surtout dans les premiers centim√®tres du sol. Il existe √©galement des processus physiques ou chimiques de d√©gradation, tel que la photod√©composition. Ces actions contribuent √† diminuer la quantit√© de mati√®re active dans le sol et donc √† r√©duire les risques de pollution. La cin√©tique de d√©gradation d'une mol√©cule donn√©e est d√©termin√©e en estimant la persistance du produit. Pour cela, on d√©termine sa demie vie qui est la dur√©e √† l'issue de laquelle sa concentration initiale dans le sol a √©t√© r√©duite de moiti√©. Cette demie vie peut varier avec la temp√©rature, le type de sol, l'ensoleillement, etc : ainsi, celle du DDT est d'environ 30 mois en r√©gion temp√©r√©e et de 3 √† 9 mois sous climat tropical.
Le lindane, le DDT et l'endrine se dégradent en quelques semaines dans les sols inondés des rizières, au contraire de l'aldrine, de la dieldrine et du chlordane.

Les sols se comportent comme un filtre actif en assurant la dégradation des produits phytosanitaires, et sélectif, car ils sont capables de retenir certains de ces produits.

En exemple, nous citerons le cas de l'oxychlorure de cuivre qui s'accumule dans les sols et qui a entrain√© la st√©rilisation de 50 000 ha de certains sols de bananeraies au Costa Rica. NB : le cuivre est autoris√© en Europe en Agriculture Biologique (dose moyenne maxi de 6kg/hectare/an).

Impacts écotoxicologiques

Ils sont complexes, imm√©diats ou diff√©r√©s dans l'espace et dans le temps, et varient selon de nombreux facteurs, dont en particulier :

  • La toxicit√© et √©cotoxicit√© de la mati√®re active, des surfactants ou adjuvants associ√©s, de leurs produits de d√©gradation (parfois plus toxiques que la mol√©cule-m√®re) et/ou de leurs m√©tabolites ;
  • Une action synergique √©ventuelle avec d'autres polluants ou compos√©s de l'environnement ou de l'organisme touch√© ;
  • La dur√©e de demi-vie de la mati√®re active ou des m√©tabolites (si la mati√®re active est biod√©gradable ou d√©gradable) ;
  • Le temps d'exposition et la dose (exposition chronique √† faible dose, exposition √† des doses √©lev√©es durant un temps bref) ;
  • La sensibilit√© relative des organes, de l'organisme, de l'√©cosyst√®me expos√©, au moment de l'exposition et dans la dur√©e si le produit ou ses effets sont r√©manents ; A des doses ne montrant aucun effet aigu sur les adultes, des effets de perturbation endocrinienne peuvent nuire √† la reproduction d'esp√®ces agronomiquement importantes (vers de terre par exemple [13]) ;
  • L'√Ęge de l'organe ou l'organisme expos√© (l'embryon, le fŇďtus, les cellules en cours de multiplication sont g√©n√©ralement plus sensible aux toxiques).

Les pesticides peuvent √™tre responsables de pollutions diffuses et chroniques et/ou aig√ľes et accidentelles, lors de leur fabrication, transport, utilisation ou lors de l'√©limination de produits en fin de vie, d√©grad√©s, inutilis√© ou interdits.

Les pesticides, leurs produits de d√©gradation et leurs m√©tabolites peuvent contaminer tous les compartiments de l'Environnement [14]. Des contr√īles r√©guliers sont r√©alis√©s par des organismes ind√©pendants et sp√©cialis√©s :

  • Air (ext√©rieur, int√©rieur), comme l'a notamment montr√© une √©tude[15] faite sur 3 ans par l'Institut Pasteur de Lille, dans le nord de la France √† partir de 586 pr√©l√®vements faits sur 3 sites diff√©rents (3 gradients de population/urbanisation et d'intensit√© de l'agriculture).
  • Eaux (sal√©es, saum√Ętres, douces, de nappe, de surface). Les eaux m√©t√©oritiques (pluies [16], neige, gr√™le, brume, ros√©e sont √©galement concern√©es), En 1996, l'INRA de Rennes constatait une contamination de la pluie dans une r√©gion bretonne o√Ļ les agriculteurs n'utilisaient pas ou peu de pesticides (Toutes les analyses de simazine d√©passaient le seuil de 0,1ug/l [17]. Trois ans d'√©tudes par l'Institut Pasteur, l'Agence de l'eau et la R√©gion dans le Nord Pas-de-Calais, sur 5 points de mesures (littoraux, urbains dense, urbain moyen, et rural) ont confirm√© cette tendance. Les pluies de bord de mer, en 2000 √† Berck, pr√©sentaient d√©j√† des traces d'atrazine (venant probablement de Normandie, de Bretagne et d'Angleterre)[17]. D'autres analyses √† Lille, Rennes, Strasbourg ou Paris ont montr√© que les pluies y contiennent des pesticides, parfois bien au del√† des seuils qui seraient autoris√©s dans l'eau potable[17]. A Paris, les taux de pesticides dans l'eau de pluie, √©galent ceux mesur√©s √† 100 km de la capitale[17]. Ces produits se montrent souvent persistants. Par exemple, ) Hanovre (Allemagne), les taux de terbuthylazine et de son premier m√©tabolite atteignaient respectivement 0,4 et 0,5 ug/l (cinq fois la norme pour l'eau potable) alors que le produit √©tait interdit depuis cinq ans dans ce pays [17];
  • Sol. Certains pesticides peu d√©gradables sont fortement adsorb√©s sur les sols qu'ils peuvent polluer durablement (chlord√©cone, paraquat, cuivre, par exemple).

Certains pesticides r√©manents peuvent, longtemps apr√®s leur utilisation, persister et passer d'un compartiment √† l'autre ; soit passivement (d√©sorption, √©vaporation, √©rosion‚Ķ) soit activement via des processus biologiques (m√©tabolisation, bioturbation, bioconcentration, etc.). C'est le cas par exemple du DDT qu'on retrouve encore des d√©cennies apr√®s son interdiction dans certaines r√©gions, √©loign√©es de toute source de pollution directe.

On les trouve sous forme de ¬ę r√©sidus ¬Ľ (mol√©cule m√®re, produits et sous-produits de d√©gradation ou m√©tabolites) dans nos aliments et boissons. Des lois ou directives de l'Union europ√©enne imposent des seuils √† ne pas d√©passer, y compris dans l'eau potable.

Dans les aliments, ces limites sont les LMR (Limite maximale règlementaire, en mg de résidu par kg d'aliment), bien inférieures aux Doses Journalières Admissibles, elles-mêmes au moins 100 fois plus faibles que les Doses Sans Effet observées lors des études de toxicité.

Co√Ľt croissant de la pollution

Un rapport (2011) du CGDD[18] a calcul√© que les co√Ľts externes de gestion ¬ę des pesticides dilu√©es dans les flux annuels ruissel√©s dans les rivi√®res ou √©coul√©s des nappes √† la mer, soit environ 74 tonnes par an : respectivement environ 48 tonnes par les rivi√®res et 26 tonnes transf√©r√©es des nappes √† la mer ¬Ľ (calcul fait sur la base des concentrations moyennes du SEQ pour les eaux de surface). Le co√Ľt de traitement de ces apports annuels de pesticides aux eaux de surface et c√īti√®res se situerait dans une fourchette de 4,4 √† 14,8 mil¬≠liards‚ā¨. Au total, le co√Ľt annuel du traitement de ces flux annuels d‚Äôazote et de pesticides serait compris entre 54 et 91 mil¬≠liards‚ā¨. Ces co√Ľts n'incluent pas ceux des impacts sur la faune, la flore, la fonge, les √©cosyst√®mes, la ressources halieutique, mais seulement les couts de d√©pollution. Toujours selon le CGDD, si l'on voulait aussi d√©polluer les nappes, il faudrait encore ajouter une somme comprise entre 32 et 105 mil¬≠liards‚ā¨ (dont seulement 7 mil¬≠liards‚ā¨ pour le respect de la directive eaux souterraines). Au total, le co√Ľt de d√©pollution des eaux souterraines serait compris entre 522 et 847 mil¬≠liards‚ā¨ (hors co√Ľts d‚Äô√©nergie du pompage avant traitement)[18].
Ces co√Ľts sont aujourd'hui en grande partie assum√© par les m√©nages. Ceux des zones les plus pollu√©es qui pourraient voir ce co√Ľt atteindre 494 ‚ā¨/an (+ 140% par rapport √† une facture d'eau moyenne) ¬Ľ. Il faut de 800 euros/ha/an √† 2 400 euros/ha/an pour assainir l'eau des captages situ√©s en zone d'¬ę agriculture conventionnelle ¬Ľ .
Ceci confirme un rapport de la Cour des comptes publié en 2010, qui notait aussi que des pays comme la Bavière ou le Danemark avaient par des écotaxes et des actions préventives significativement réduit (- 30%) les consommations d'azote et de pesticides, les rapprochant plus rapidement de l'objectif de bon état écologique des masses d'eau à atteindre avant 2015 en Europe. Le mode curatif coute 2,5 fois plus au mètre cube traité que la prévention, et n'améliore nullement la qualité de la ressource ajoutait la Cour des comptes.

Effets sur la santé humaine

Les intoxications aig√ľes

Le délai qui sépare l'exposition au produit et l'apparition des troubles est relativement court, de quelques heures à quelques jours, permettant le plus souvent de relier les effets à la cause.

Les d√©riv√©s organochlor√©s induisent tout d'abord des troubles digestifs (vomissement, diarrh√©e) suivis par des troubles neurologiques (maux de t√™te, vertige) accompagn√©s d'une grande fatigue. √Ä ceux-ci succ√®dent des convulsions et parfois une perte de conscience. Si le sujet est trait√© √† temps, l'√©volution vers une gu√©rison sans s√©quelles survient g√©n√©ralement. L'intoxication aigu√ę avec ce type de produit est relativement rare, √† moins d'ingestion volontaire (suicide) ou accidentelle (absorption par m√©prise, d√©rive de nuage, jet de pulv√©risateur‚Ķ).

Les d√©riv√©s organophosphor√©s ainsi que les carbamates, en inhibant la cholinest√©rase, induisent une accumulation d'ac√©tylcholine dans l'organisme d√©bouchant sur une hyperactivit√© du syst√®me nerveux et √† une crise cholinergique. Les signes cliniques sont des troubles digestifs avec hypers√©cr√©tion salivaire, naus√©e, vomissement, crampes abdominales, diarrh√©e profuse. Il y a de plus des troubles respiratoires avec hypers√©cr√©tion bronchique, toux et essoufflement. Les troubles cardiaques sont une tachycardie avec hypertension puis hypotension. Les troubles neuromusculaires se traduisent par des contractions fr√©quentes et rapides de tous les muscles, des mouvements involontaires, des crampes puis une paralysie musculaire g√©n√©rale. La mort survient rapidement par asphyxie ou arr√™t cardiaque. Un antidote sp√©cifique existe pour cette cat√©gorie de produit : le sulfate d'atropine qui neutralise rapidement les effets toxiques.

Chez l'adulte, les produits rodenticides √† base d'anticoagulants n'entrainent g√©n√©ralement pas -√† moins d'absorption massive √† but suicidaire- de troubles de la coagulation, ni d'h√©morragie. Par contre, chez l'enfant, des h√©morragies graves peuvent survenir. Ils agissent en abaissant le taux de prothrombine dans le sang, n√©cessaire √† la formation du caillot sanguin, entrainant ainsi des h√©morragies internes. Les sympt√īmes apparaissent apr√®s quelques jours pour une dose √©lev√©e, apr√®s quelques semaines pour des prises r√©p√©t√©es: sang dans les urines, saignement de nez, h√©morragie gingivale, sang dans les selles, an√©mie, faiblesse. La mort peut survenir dans les 5 √† 7 jours qui suivent.

Selon la Mutualit√© sociale agricole (MSA) et le laboratoire GRECAN, de premi√®res √©tudes MSA ont conclu en France qu'environ 100 √† 200 intoxications aigu√ęs (irritations cutan√©es, troubles digestifs, maux de t√™tes) par an sont imput√©es aux pesticides pour les personnes en contact direct avec (agriculteurs et entourage).

Les intoxications chroniques

Atteintes dermatologiques : rougeurs, d√©mangeaisons avec possibilit√© d'ulc√©ration ou de fissuration, urticaire sont tr√®s fr√©quemment observ√©es, touchant plut√īt les parties d√©couvertes du corps (bras, visage). Nombre de produits provoquent des probl√®mes cutan√©s, dont les rot√©nones responsables de l√©sions s√©v√®res au niveau des r√©gions g√©nitales.

Atteintes neurologiques : les organochlor√©s font apparaitre une fatigabilit√© musculaire, une baisse de la sensibilit√© tactile. Les organophosphor√©s entrainent √† long terme des c√©phal√©es, de l'anxi√©t√©, de l'irritabilit√©, de la d√©pression et de l'insomnie, alli√©s parfois √† des troubles hallucinatoires. Certains provoquent une paralysie, comme les d√©riv√©s mercuriels ou arsenicaux.

Troubles du syst√®me h√©matopo√Į√©tique : les organochlor√©s peuvent provoquer une diminution du taux de globules rouges et de globules blancs, avec risque de leuc√©mie.

Atteintes du syst√®me cardiovasculaire : les organochlor√©s d√©veloppent des ph√©nom√®nes de palpitation et de perturbation du rythme cardiaque.

Atteintes du syst√®me respiratoire : ces atteintes sont souvent en relation avec les ph√©nom√®nes d'irritation engendr√©s par bon nombre de pesticides, favorisant ainsi les surinfections et √™tre √† l'origine de bronchites, rhinites et pharyngites.

Atteintes des fonctions sexuelles : un n√©maticide (DBCP) a provoqu√© chez les employ√©s de l'usine o√Ļ il est synth√©tis√© un nombre important de cas d'infertilit√©. D'autres substances semblent impliqu√©es dans la d√©l√©tion croissante de la spermatogen√®se, soit directement comme reprotoxiques soit √† faible doses ou via des cocktails de produits comme perturbateur endocrinien. Dans ce cas, l'embryon peut √™tre touch√©, m√™me par une exposition √† de faibles doses (anomalies g√©nitales, et peut-√™tre risque augment√© de certains cancers et de d√©l√©tion de la spermatogen√®se chez le futur adulte).

Risques fŇďtaux : des pesticides franchissent la barri√®re placentaire et ont une action t√©ratog√®ne sur l'embryon. C'est le cas du DDT, du malathion, des phtalimides (fongicide proche de la thalidomide). Il peut survenir des accouchements pr√©matur√©s ou des avortements, ainsi que des malformations de l'appareil g√©nital du gar√ßon. Il est conseill√© √† la femme enceinte d'√©viter tout contact avec des pesticides entre le 23e et le 40e jour de la grossesse, mais certains produits ont une longue dur√©e de demie-vie dans l'organisme (lindane, DDT par exemple).

Craintes de perturbations hormonales : Certains pesticides se comportent comme des ¬ę leurres hormonaux ¬Ľ. Chez 100 % des 308 femmes enceintes espagnoles, ayant ensuite donn√© naissance √† des enfants jug√©s en bonne sant√© entre 2000 et 2002, on a trouv√© au moins un type de pesticide dans le placenta (qui en contenait en moyenne 8, et jusqu‚Äô√† 15, parmi 17 pesticides recherch√©s, organochlor√©s, car √©tant aussi des perturbateurs endocriniens). Les pesticides les plus fr√©quents √©taient dans cette √©tude le 1,1-dichloro-2,2 bis (p-chloroph√©nyl)-√©thyl√®ne (DDE) √† 92,7 %, le lindane √† 74,8 % et l‚Äôendosulfan-diol √† 62,1 %[19] (Le lindane est interdit, mais tr√®s persistant).

Maladies neurod√©g√©n√©ratives : Une √©tude publi√©e en 2006 a conclu √† une augmentation des risques de maladie de Parkinson suite √† l'exposition √† certains pesticides, notamment... [7]. L'exposition aux pesticides augmenterait le risque de maladie de Parkinson de pr√®s de 70 % : 5 % des personnes expos√©es aux pesticides risqueraient de d√©velopper la maladie contre 3 % pour la population g√©n√©rale[20]. Cette maladie est d‚Äôailleurs plus fr√©quente en milieu rural qu‚Äôen milieu urbain. On ne dispose malgr√© tout d‚Äôaucune √©tude √©pid√©miologique incriminant un produit particulier dans la maladie de Parkinson. En France, cette maladie ne figure cependant dans aucun tableau de Maladie Professionnelle mais un cas r√©cent pourrait faire jurisprudence[21].

Cancers : Le GRECAN a mis en √©vidence un plus faible nombre de cancers chez les agriculteurs que dans la population g√©n√©rale, mais avec une occurrence plus √©lev√©e de certains cancers (prostate, testicules, cerveau (gliomes)...). Une √©tude commenc√©e en 2005 est en cours et concerne le suivi de 180 000 personnes affili√©es √† la Mutualit√© sociale agricole (MSA)[22]. Il existe dans le monde une trentaine d'√©tudes qui montrent toutes une √©l√©vation du risque de tumeurs c√©r√©brales. Selon l'INSERM il semble exister une relation entre cancer du testicule et exposition aux pesticides [23].
L'√©tude d'Isabelle Baldi : Une √©tude a conclu mi-2007 que le risque de tumeur c√©r√©brale est plus que doubl√© chez les agriculteurs tr√®s expos√©s aux pesticides (tous types de tumeurs confondues, le risque de gliomes √©tant m√™me tripl√©). Les habitants utilisant des pesticides sur leurs plantes d'int√©rieur ont √©galement un risque plus que doubl√© de d√©velopper une tumeur c√©r√©brale[24] L‚Äô√©tude ne permet pas de dire si un produit ou une famille de pesticide serait plus responsable que d‚Äôautres, mais l‚Äôauteur note que 80 % des pesticides utilis√©s par les vignerons sont des fongicides.
Une autre étude[25], portant sur la population masculine française, établit des liens statistiques entre les pesticides employés et les lymphomes développés, et montre que l'incidence des lymphomes est deux à trois fois plus élevée parmi les agriculteurs.
Au niveau moléculaire, une étude française[26] a démontré qu'il existait une relation entre l'exposition professionnelle aux pesticides et l'acquisition d'une anomalie chromosomique connue pour être l'une des étapes initiales de certains cancers.
Une √©tude de l'Observatoire R√©gional de Sant√© de Poitou Charente (septembre 2011) a montr√© une ¬ę surmortalit√© significative ¬Ľ des adultes par lymphomes (19 %) dans certains territoires agricoles. Un rapport[27] du R√©seau national de vigilance et de pr√©vention des pathologies professionnelles (rnv3p) a confirm√© un risque accru de tumeurs chez les personnes expos√©es aux pesticides en milieu agricole.

Pesticides retirés du marché et controverses

En dépit du processus long et complexe des homologations, certains produits antérieurement autorisés sont interdits en raison de leur dangerosité démontrée ultérieurement (pollution rémanente des eaux, apparition de résistance de souches, influence métabolique à long terme...).

En France, depuis plusieurs ann√©es, de nombreux produits jusqu'alors autoris√©s (donc consid√©r√©s comme efficaces et ne pr√©sentant pas de risque inacceptable) ont √©t√© interdits √† la mise sur le march√© et √† l'utilisation. Ces produits sont appel√©s ¬ę Produits Phytosanitaires Non Utilisables ¬Ľ (PPNU).

L'utilisation de pesticides retir√©s du march√© est interdite et soumise √† contr√īle. L'article L.253-17 du Code rural pr√©voit des peines qui peuvent aller jusqu'√† 30 000 euros d'amende et six mois d'emprisonnement.

Le cas de l'atrazine

Un exemple typique de changement de classification est celui de l'atrazine, utilis√© massivement en France et dans de nombreux autres pays comme un herbicide d'une grande efficacit√© pour le d√©sherbage du ma√Įs. L'atrazine (comme toute la famille des triazines) est √† pr√©sent reconnue comme √† l'origine de pollutions majeures des nappes souterraines et des eaux de surface qui sont pollu√©es √† 50 % en France (par rapport aux normes √©dict√©es pour les triazines). Par exemple, en Bretagne, comme dans le Sud-Ouest et l'√éle-de-France, il est courant de trouver, dans des pr√©l√®vements d'eau potable, des taux de triazine dix fois plus √©lev√©s que le seuil autoris√© de 0,1 microgramme par litre.
Jusqu'en 2002, la famille des triazines constituait les produits phytosanitaires les plus employ√© s en France, utilis√©s √† 80 % en termes de surface par les producteurs de ma√Įs conventionnel. Ils avaient √©t√© introduits en 1962 et √©taient caract√©ris√©s par une excellente efficacit√© et un faible co√Ľt. Prot√©g√© des UV solaires dans le sol, ils se sont av√©r√©s moins d√©gradables que ce qu'avait annonc√© le fabricant. 9 ans apr√®s son interdiction en Allemagne, l'atrazine √©tait encore le pesticide quantitativement le plus pr√©sent dans la pluie, et ses produits de d√©gradation (ex : d√©sisopropyl--atrazine, d√©s√©thyl-atrazine) sont encore tr√®s pr√©sentes alors que la mol√©cule-m√®re commence √† dispara√ģtre .

En raison de sa toxicité et de sa pollution rémanente dans les eaux (molécule peu biodégradable), l'atrazine a été bannie en Allemagne puis après quelques années en France en 2001, comme le reste de la famille des triazines (mise en application en juin 2003 pour la France) après des années d'utilisation (1962-2003).

Ce revirement pourrait √™tre li√© √† une prise de conscience progressive de la dangerosit√© de certains produits phytosanitaires, ou √©ventuellement aux deux condamnations de la France par la cour de Justice europ√©enne pour avoir manqu√© √† ses obligations en mati√®re de qualit√© de l'eau. De nombreux autres produits sont en discussion, tel l'ars√©nite de soude (produit canc√©rig√®ne tr√®s utilis√© en viticulture). Le programme europ√©en global de r√©forme √©cologique de l'agriculture pr√©voit d'interdire d'ici 2008 pr√®s de 400 produits jug√©s dangereux pour la sant√© de l'homme qui avaient √©t√© cependant agr√©√©s par la directive de 1991. [8] L'ars√©nite de soude est dor√©navant inutilisable en viticulture. Tous les r√©sidus (bidons vides ou partiellement vides)ont √©t√© r√©cup√©r√©s lors de collectes sp√©cifiques organis√©es par les autorit√©s comp√©tentes. Des contr√īles du Service R√©gional de la Protection des V√©g√©taux (SRPV) peuvent √™tre r√©alis√©s dans toutes les exploitations agricoles et des sanctions sont pr√©vues en cas de d√©tention de produits phytosanitaires interdits (=PPNU:Produits Phytosanitaires Non-Utilisables).

Le Gaucho

Un exemple de cas tr√®s d√©battu au d√©but du XXIe si√®cle est celui du Gaucho, accus√© par les apiculteurs d'√™tre √† l'origine de la diminution importante de certaines populations d'insectes (abeille). Voir l'article sur le Gaucho pour plus d'information.

Le DDT

Article d√©taill√© : DDT.

Bien qu'interdit depuis longtemps dans les pays occidentaux, on en trouve encore des traces dans les graisses des animaux, mais aussi dans notre nourriture.
L'OMS cependant estime que le DDT est irremplaçable dans la lutte contre les moustiques vecteurs du paludisme et continue à préconiser son utilisation, uniquement à l'intérieur des habitations. [9].

Pr√©vention et contr√īle

L'Europe a annonc√© en 2011 un renforcement de la prise en compte de la biodiversit√© dans ses politiques d'autorisation et contr√īle des pesticides ({{Citation[phyto- et zoosanitaires}}.)[28].
Elle a adopt√© en janvier 2009 un paquet l√©gislatif sur les pesticides, incluant une nouvelle l√©gislation durcissant les usages et autorisation en Europe, base d'une directive-cadre sur l'utilisation durable des pesticidesvisant √† mieux prot√©ger les consommateurs europ√©ens et l'environnement, interdire les pesticides toxiques et encourager le d√©veloppement d'une agriculture durable. En 2010, un nombre important et inhabituel de d√©rogations, voire des ¬ę arrangements officieux ¬Ľ semblent avoir cependant permis un usage significatif de pesticides normalement interdits par les nouvelles normes europ√©ennes [29].

Les agriculteurs effectuant les épandages sont les personnes les plus exposées à un impact sur leur santé. Lors des épandages, il leur est couramment recommandé de porter une combinaison et des gants adaptés à ce pesticide, ainsi qu'un masque de protection lors de la préparation.

Cependant, ces combinaisons sont peu port√©es, car elles pr√©sentent des inconv√©nients ergotoxicologiques : peu adapt√©es √† la diversit√© des t√Ęches de l'agriculteur, elles constituent une source d'inconfort, notamment thermique, favorisent la sudation et la r√©manence des impr√©gnations. Dans certains cas, m√™me, les porteurs d'une telle combinaison sont plus contamin√©s que ceux qui ne la portent pas[30]. Enfin, les combinaisons, et plus particuli√®rement le masque, exigent un entretien peu ais√©[31].

Leur usage peut nuire √† l'image de l'exploitation agricole : les habitants voisins peuvent se sentir menac√©s par les √©pandages, ou les consommateurs peuvent associer cette tenue √† une mauvaise qualit√© de la production. Ce risque social constitue un facteur suppl√©mentaire dissuadant souvent l'√©pandeur d'utiliser cette protection[31].

Dans les tracteurs, les cabines pressuris√©es climatis√©es et munies de filtres, bien que co√Ľteuses, fournissent un compl√©ment de protection. Elles pr√©sentent cependant elles aussi des d√©fauts d'utilisabilit√© et ne constituent pas une protection totale[31].

Pour pallier ces contraintes, des pratiques suppl√©mentaires sont mises en Ňďuvre : La limitation des dur√©es d'exposition est la premi√®re pr√©caution. Parfois, l'odeur alerte quand au danger d'exposition [31], bien que tous les pesticides n'aient pas d'odeur, et qu'une substance peut √™tre nocive bien en de√ß√† du seuil de perception. Les personnes sensibles, notamment les femmes enceintes, doivent √™tre mises √† l'√©cart des zones que l'on sait trait√©es. Depuis l'arr√™t√© du 12 septembre 2006 en France, des d√©lais de r√©-entr√©e dans les zones trait√©es sont fix√©s (6 √† 48h selon le pesticide) pour toute personne.

Concernant la protection des consommateurs et les contr√īles ;

  • En Europe, le programme Physan (Phyto-Sanitary Controls) regroupe :
- une base de donn√©e qui renforce d'autres bases. Elle regroupe les donn√©es issues de la mise en Ňďuvre de la l√©gislation relative aux contr√īles de l'UE sur les cultures, les produits v√©g√©taux, les semences et vari√©t√©s v√©g√©tales, ainsi que des pesticides.
- le Réseau européen des systèmes d'information sur la protection des végétaux (EUROPHYT [32]), qui fournit des renseignements sur la santé des plantes;
- PEST (I, II, III, IV et V) - Physan Pesticides, relatif aux notifications de r√©sidus de pesticides par la Commission europ√©enne et par les administrations comp√©tentes ou autoris√©es des √Čtats membres ;
- CAT (I et II) - Physan Catalogue, qui met à jour des catalogues de produits de semences commercialisés librement;
- FEED (I et II) - Physan Feedingstuff (Physan aliments composés), focalisé sur l'utilisation et la commercialisation d'additifs pour l'alimentation animale.

Les enfants sont particuli√®rement vuln√©rables. Selon l'EPA (2008 ), beaucoup de b√©b√©s ne d√©veloppent pas de capacit√© √† m√©taboliser (d√©grader) les pesticides qu'ils ont absorb√©s durant les 2 premi√®res ann√©es de leur vie, ce qui les expose particuli√®rement. L'EPA a interdit deux pesticides domestiques aux √Čtats-Unis (Diazinon et Chlorpyrifos), ce qui a conduit √† une rapide d√©croissance de ces produits et de l'exposition de ces produits √† New York, o√Ļ les enfants se montrent en meilleure sant√© depuis l'interdiction de ces produits [33]. De plus, par kg de poids corporel, comme pour la plupart des toxiques, les enfants en respirent et en absorbent plus (en moyenne) que les adultes.

Nouveaux produits pour les cultures mineures

Ces produits sp√©cifiques n'existaient pas, ou n'√©taient pas recherch√©s par les fabricants, faute de march√© rentable. En Europe, un nouveau r√®glement de 2009 (CE) [34] contient des dispositions visant √† accro√ģtre la disponibilit√© des produits phytopharmaceutiques pour les cultures d'importance mineure [35].

Dérogations pour usage de produits interdits

L'Europe autorise [36],[37] certains usages d√©rogatoires - √† certaines conditions et quand il n'y a pas d'alternatives - Il faut par exemple un ¬ędanger impr√©vu pour la sant√© humaine et l'environnement¬Ľ, ou la n√©cessit√© de r√©pondre √† des ¬ę attaques d'organismes nuisibles r√©glement√©s, √† l'encontre desquelles les √Čtats membres sont tenus de prendre des mesures d'urgence) des produits interdits ¬Ľ [35].
Pour l'Europe, ce sont les √Čtats-membres qui doivent veiller au respect des limites maximales de r√©sidus (LMR) fix√©es par le r√®glement (CE) n¬į 396/2005 [35]. La Commission reconna√ģt ¬ę la n√©cessit√© urgente d'√©tablir des lignes directrices plus harmonis√©es concernant le processus d'√©valuation et de d√©cision sur lequel reposent ces autorisations ¬Ľ. De plus, ¬ę il y a lieu d'am√©liorer le syst√®me de notification existant, en imposant aux √Čtats-membres de soumettre des informations compl√©mentaires √† la Commission en ce qui concerne les motifs d√©taill√©s de l'octroi de l'autorisation et les mesures d'att√©nuation des risques appliqu√©es ¬Ľ[35].
De nouvelles lignes directrices pourraient √™tre √©labor√©es mi 2011 ¬ę dans le cadre du r√®glement (CE) n¬į 1107/2009, qui abrogera la directive 91/414/CEE au 14 juin 2011 ¬Ľ[35]
Cependant, le nombre r√©el des d√©rogation ou leurs justifications ne sont pas publi√©s [38], et la commission ¬ę n'en est inform√©e qu'a posteriori ¬Ľ et selon un rapport [29] en 2011, produit par PAN-Europe (qui rassemble plus de 600 ONG), dat√© du 26 janvier 2011 par PAN-Europe, il y a eu une augmentation anormale et exponentielle (de plus de 500 %) du nombre de d√©rogations pour des pesticides non autoris√©s sur une p√©riode de quatre ans. Ainsi en 2010 les √Čtats membres ont demand√© 321 d√©rogations.

Des plantes pesticides ?

Article d√©taill√© : Compagnonnage (botanique).

De nombreuses plantes produisent naturellement des substances pour se prot√©ger : ainsi le tabac produit l'insecticide nicotine, et le chrysanth√®me de la pyr√©thrine. Cette logique a √©t√© pouss√©e plus loin par l'introduction de plantes g√©n√©tiquement modifi√©es qui produisent elles aussi, g√©n√©ralement tout au long de leur cycle de croissance, leurs propres mati√®res actives (ainsi le Bt, une prot√©ine insecticide produite √† l'origine par une bact√©rie, qui est produite dans la plante g√©n√©tiquement modifi√©e au niveau des racines, tiges, feuilles et pollen, mais pas dans la graine) ou des substances fongicides ou bact√©ricides. Cependant, la question se pose s'il faut classer ces organismes artificiellement cr√©√©s parmi les pesticides.

Résistances aux pesticides

Définition

La résistance aux pesticides est la résultante d'une sélection d'organismes tolérant des doses qui tuent la majorité des organismes normaux. Les individus résistants se multiplient en l'absence de compétition intraspécifique et ils deviennent en très peu de générations les individus majoritaires de la population.

La r√©sistance est d√©finie par l'OMS comme ¬ę l'apparition dans une population d'individus poss√©dant la facult√© de tol√©rer des doses de substances toxiques qui exerceraient un effet l√©tal sur la majorit√© des individus composant une population normale de la m√™me esp√®ce ¬Ľ.

Elle résulte de la sélection, par un pesticide, de mutants qui possèdent un équipement enzymatique ou physiologique leur permettant de survivre à des doses létales de ce pesticide.

Un pesticide se contente de sélectionner la résistance, mais ne la crée pas.

Résistance aux insecticides

Graphique présentant le nombre croissant d'adaptation à des pesticides chez les insectes les pathogènes de plantes (parasites et champignons) et les adventices [39]

Depuis le premier cas enregistr√© (r√©sistance du pou de San Jos√© aux polysulfures dans les vergers de l'Illinois en 1905) les cas de r√©sistance ont augment√© de mani√®re exponentielle : 5 cas en 1928, 137 en 1960, 474 en 1980. En 1986, 590 esp√®ces animales et v√©g√©tales pr√©sentaient une r√©sistance : 447 esp√®ces d'insectes ou d'acariens, une centaine de pathog√®nes des v√©g√©taux, 41 esp√®ces de mauvaises herbes ainsi que des n√©matodes et des rongeurs.

De nombreux cas de résistances aux insecticides sont certes anecdotiques, ne concernant qu'un lieu particulier. Par contre, d'autres se sont généralisées au monde entier, comme pour la mouche domestique Musca domestica résistante aux organochlorés ou le Tribolium (ver de la farine) résistant au lindane et au malathion. Le moustique Culex pipiens a développé des résistances élevées aux organophosphorés.

Toutes les familles d'insecticides peuvent induire des r√©sistances chez les insectes. Les pyr√©thrino√Įdes et analogues des hormones juv√©niles n'√©chappent nullement √† la r√®gle, avec 6 cas de r√©sistance aux pyr√©thrinoides en 1976, explosant √† 54 cas en 1984.

En revanche, au niveau taxonomique, les diff√©rents ordres d'insectes expriment des sensibilit√©s vari√©es. Les Dipt√®res pr√©sentent le plus grand nombre de cas de r√©sistance, suivi par les h√©mipt√®res (pucerons et punaises). Les Col√©opt√®res, L√©pidopt√®res et Acariens repr√©sentent chacun 15 % des cas de r√©sistance. Par contre, les Hym√©nopt√®res (abeilles, gu√™pes) semblent r√©fractaires au d√©veloppement de r√©sistance, sans doute pour des raisons g√©n√©tiques.

En 1984, on connaissait 17 esp√®ces d'insectes et d'acariens r√©sistants aux 5 principaux groupes de pesticides : Leptinotarsa decemlineata le doryphore de la pomme de terre, Myzus persicae le puceron du p√™cher, Plutella xylostella la teigne des crucif√®res, le ver de la capsule, des noctuelles Spodoptera et des esp√®ces d'Anoph√®les.

La r√©sistance est parfois recherch√©e : c'est le cas pour l'acarien pr√©dateur Phytoseiulus persimilis utilis√© contre les T√©tranyques des serres.

Les cultures les plus concernées par les phénomènes de résistance sont le coton et l'arboriculture fruitière. On peut citer le cas de la mouche blanche Bemisia tabaci (Aleurode) dans les cultures de coton de la plaine de Gézira au Soudan au début des années 1980 ou celui des cicadelles du riz en Extrême Orient et dans le Sud Est asiatique. En particulier, en Indonésie, la lutte chimique contre Nilaparvata lugens s'est avérée impossible au milieu des années 1980, obligeant le pays à se tourner vers un concept de protection intégrée des rizières en 1986.

Les facteurs de résistance

Les facteurs favorisant l'apparition d'une r√©sistance sont class√©s en 3 groupes :

  • Les facteurs g√©n√©tiques : fr√©quence, nombre et dominance des g√®nes de r√©sistance, expression et interaction de ces g√®nes, s√©lection ant√©rieure par d'autres mati√®res actives, degr√© d'int√©gration du g√®ne r√©sistant et de la valeur adaptative.
  • Les facteurs biologiques : temps de g√©n√©ration, descendance, monogamie ou polygamie, parth√©nog√©n√®se et certains facteurs comportementaux (mobilit√©, migration, polyphagie, zone refuge).
  • les facteurs op√©rationnels : structure chimique du produit et son rapport avec les produits ant√©rieurs, persistance des r√©sidus, dosage, seuil de s√©lection, stade s√©lectionn√©, mode d'application, s√©lectivit√© du produit, s√©lection alternative.

Les deux premiers types de facteurs sont inhérents à l'espèce et ne peuvent être -a priori- modifiés par l'homme, qui ne pourra intervenir qu'au niveau du troisième groupe.

Il est possible d'√©tablir une hi√©rarchisation des facteurs pr√©pond√©rants √† l'apparition des ph√©nom√®nes de r√©sistance. Les plus importants sont :

  • le nombre de g√©n√©ration annuelle : le risque d'apparition d'une r√©sistance est d'autant plus grand que la dur√©e du cycle de d√©veloppement est courte et le nombre de g√©n√©rations annuelles √©lev√©. L'apparition de la r√©sistance est donc li√©e au nombre de g√©n√©rations ayant subi une pression de s√©lection continue.
  • la mobilit√© des populations : l'afflux de migrants diminue fortement la fr√©quence de la r√©sistance parmi les survivants d'un traitement en diluant les g√®nes de r√©sistance dans la population.
  • la dominance des g√®nes de r√©sistance : la r√©sistance apparaitra plus rapidement, en interaction avec la dose appliqu√©e qui va influer sur l'expression de la dominance : pour une faible dose, les h√©t√©rozygotes sensibles sont d√©truits mais les h√©t√©rozygotes r√©sistants vont survivre, entrainant une dominance fonctionnelle du g√®ne r√©sistant.

Stratégie de limitation de la résistance

Rappelons que l'augmentation de dose appliqu√©e ne fait qu'accroitre la pression de s√©lection. De m√™me, la multiplication des traitements ne conduit qu'√† √©liminer les migrants sensibles susceptible de diluer les g√®nes de r√©sistance. Il faut donc jouer sur les facteurs op√©rationnels en cherchant √† limiter au maximum la pression de s√©lection. Dans ce but, il faut :

  • Choisir un insecticide suffisamment diff√©rent de ceux utilis√©s auparavant
  • Respecter la dose d'application
  • L'application doit √™tre localis√©e dans le temps et dans l'espace
  • Utiliser des produits synergiques
  • Diversifier les m√©thodes de lutte.

De nombreuses plantes ont été modifiées génétiquement pour être tolérantes à un désherbant total (le glyphosate). Elles contribuent donc à généraliser l'usage de ce désherbant, au risque d'étendre les résistances qui commencent à apparaitre chez certains végétaux.

Résidus

La teneur en r√©sidus de pesticides est r√®glement√©e au niveau europ√©en (r√®glement 396/2005 et ses annexes : r√®glement 178/2006, r√®glement 149/2008 et modifications). Ces r√®glements concernent √† la fois les denr√©es alimentaires (alimentation humaine) et les aliments pour animaux.

la Commission europ√©enne conduit un programme annuel de suivi des r√©sidus de pesticides dans les aliments, bas√© sur les r√©sultats d‚Äôanalyses de plus de 30 000 √©chantillons pr√©lev√©s dans toute l‚ÄôUnion europ√©enne.

Les r√©sultats sont disponibles sur le site de la DG Sanco (direction g√©n√©rale de la sant√© des consommateurs de la Commission europ√©enne) : http://www.efsa.europa.eu/fr/prapertopics/topic/pesticides.htm (cliquer sur : "Rapports annuels sur les r√©sidus de pesticides").

Pour l'ann√©e 2006, la pr√©sence de pesticides avait √©t√© d√©cel√©e dans 49,5 % des fruits, l√©gumes et c√©r√©ales plac√©s sur le march√© de l'UE, le plus haut niveau de contamination jamais enregistr√©, selon le rapport de la Commission de Bruxelles mais seulement 4,5 % d√©passent les limites r√®glementaires (rapport publi√© en 2008).

En 2008, plus de 70 000 √©chantillons alimentaires ont √©t√© analys√©s dans les 27 √©tats-membres de l'UE par les autorit√©s comp√©tentes pour y rechercher des r√©sidus de pesticides. 96.5% des √©chantillons respectent les LMR (3,5% les d√©passent). L'EFSA conclue que l'exposition √† long terme des consommateurs ne porte pas atteinte √† leur sant√©. La v√©rification de l'exposition √† court terme montre que pour 134 √©chantillons analys√©s (0,19%) la dose de r√©f√©rence aig√ľe (ARfD) pourrait avoir √©t√© d√©pass√©e si l'aliment concern√© √©tait consomm√© en quantit√© √©lev√©e. {http://www.enviro2b.com/2010/07/13/les-residus-de-pesticides-en-baisse-dans-les-fruits-et-legumes}

En France, pour 2008 les contr√īles de la DGCCRF (Direction de la Concurrence du Minist√®re des Finances) indiquent :

  • moins de 4 % des fruits et l√©gumes contr√īl√©s en France pr√©sentent des teneurs en pesticides sup√©rieures √† la Limite Maximale R√®glementaire autoris√©e
  • Les c√©r√©ales et les produits c√©r√©aliers pr√©sentent 2,6 % de non conformit√© sur 352 √©chantillons.
  • 1,5 % de non conformit√© sur les produits transform√©s
  • 0%, aucune non conformit√© sur les produits destin√©s √† l'alimentation infantile.

Ces résultats sont à insérer dans une réflexion critique sur les circuits économiques de la fabrication et la commercialisation des pesticides. Parmi d'autres, les auteurs des livres La peur est au-dessus de nos moyens (Plon, 2011), Printemps silencieux (Rachel Carson, 1962) et Pesticides. Les révélations sur un scandale français (2007). Un observatoire de l'alimentation a été créé une évaluation des pesticides dans l'alimentation a été faite par l'ANSES, publiée en 2011[40],

√Čtiquetage

Chaque produit est assorti à une homologation pour un ou plusieurs usages spécifiques qui doivent être spécifiés sur l'étiquette. La classe de danger doit également figurer sur l'étiquette, représentée par un logo international.

L'étiquetage ici en question est celui du récipient contenant le pesticide. Pour ce qui est des fruits et légumes à destination de l'alimentation humaine, à ce jour, aucune mention des pesticides utilisés pendant les phases de croissance et maturation n'est mise à disposition pour le consommateur final.

Surveillance

Les données commerciales (ventes, commandes) précises et géo-référencées seraient utiles aux épidémiologues et écoépidémiologues, à condition de pouvoir relier les quantités achetées à celles réellement appliquées par surface chez les producteurs, mais aussi chez les particuliers. Il est difficile de réunir ces données à cause de la dispersion des informations à recueillir.

Les pesticides en suspension dans l'air, ou transportés par l'eau et adsorbés sur les particules du sol sont difficiles à suivre. On sait pourtant mesurer une partie des molécules utilisées et des produits de dégradation.

Aussi, pour disposer de données et respecter la convention d'Aarhus sur l'accès à l'information environnementale, certains pays construisent-ils des structures de surveillance à long terme, dont la France avec un Observatoire français des pesticides Observatoire des résidus de pesticides (ORP) créé par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) qui a dès 2007 commencé à mettre en ligne une carte de France interactive donnant accès aux données disponibles sur la présence de résidus de pesticides dans l'air, l'eau, les sols et certaines denrées alimentaires. L'agence encourage les propriétaires de données sur les pesticides à contribuer volontairement à mettre à jour cet outil.

Denr√©es alimentaires : Les r√©sultats sont disponibles sur le site de la DG Sanco (direction g√©n√©rale de la sant√© des consommateurs de la Commission europ√©enne) : http://www.efsa.europa.eu/fr/prapertopics/topic/pesticides.htm (cliquer sur : "Rapports annuels sur les r√©sidus de pesticides").

Voir aussi

Notes

  1. ‚ÜĎ R√®glement (CE) n¬į 304/2003 du Parlement europ√©en et du Conseil du 28 janvier 2003 concernant les exportations et importations de produits chimiques dangereux [1]; ce sont des produits chimiques ¬ę fabriqu√©s ou naturels ne contenant pas d'organisme vivant ¬Ľ:
    • ¬ę Produits phytopharmaceutiques (directives europ√©ennes 91/414/CEE)[2] : les substances actives et les pr√©parations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont pr√©sent√©es sous la forme dans laquelle elles sont livr√©es √† l'utilisateur et qui sont destin√©es √† :
      • prot√©ger les v√©g√©taux ou les produits v√©g√©taux contre tous les organismes nuisibles ou √† pr√©venir leur action, pour autant que ces substances ou pr√©parations ne soient pas autrement d√©finies ci-apr√®s;
      • exercer une action sur les processus vitaux des v√©g√©taux, pour autant qu'il ne s'agisse pas de substances nutritives (par exemple, les r√©gulateurs de croissance);
      • assurer la conservation des produits v√©g√©taux, pour autant que ces substances ou produits ne fassent pas l'objet de dispositions particuli√®res du Conseil ou de la Commission concernant les agents conservateurs;
      • d√©truire les v√©g√©taux ind√©sirables ou d√©truire les parties de v√©g√©taux, freiner ou pr√©venir une croissance ind√©sirable des v√©g√©taux ¬Ľ
    • ¬ę produits biocides (directives europ√©ennes 98/8/CE)[3]: Les substances actives et les pr√©parations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont pr√©sent√©es sous la forme dans laquelle elles sont livr√©es √† l'utilisateur, qui sont destin√©es √† d√©truire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, √† en pr√©venir l'action ou √† les combattre de toute autre mani√®re, par une action chimique ou biologique. ¬Ľ
    • Les m√©dicaments v√©t√©rinaires et √† destination humaine (directives europ√©ennes 2001/82/CE[4] et 2001/83/CE[5])
  2. ‚ÜĎ Base de donn√©e statistiques mondiale sur les pesticides (Syst√®me Harmonis√© (SH) sous le code 3808) FAO, [FAOSTAT] (donn√©es sous droit d'auteur, pour usage personnel, ¬ę toutes les r√©f√©rences aux donn√©es de FAOSTAT devront mentionner l'URL appropri√© et la date d'acc√®s ¬Ľ.
  3. ‚ÜĎ a, b, c et d Audrey Pissard, Vincent Van Bol, Juan David Pi√Īeros Garcet, P√©ter Harcz & Luc PussemierCalcul d‚Äôindicateurs de risques li√©s √† l‚Äôutilisation de produits phytosanitaires. √Čtude pr√©liminaire : d√©termination du niveau d‚Äôutilisation de pesticides en R√©gion Wallonne. Rapport final Ao√Ľt 2005, CERVA/CODA/VAR, Centre d‚ÄôEtude et de Recherches V√©t√©rinaires et Agrochimiques, Tervuren ; √©tude financ√©e par la D.G.R.N.E. Wallonne pour la r√©alisation des rapports sur l'√©tat de l'environnement wallon
  4. ‚ÜĎ ¬ę rapport de l'Office Parlementaire d'√©valuation des choix scientifiques et technologiques, [lire en ligne]
  5. ‚ÜĎ ¬ę La r√©duction des usages de pesticides : le plan Ecophyto 2018, [lire en ligne]
  6. ‚ÜĎ rapport INRA "Ecophyto R&D" Consult√© 2010/02/01
  7. ‚ÜĎ Perspectives √† long terme pour r√©duire l'utilisation des pesticides dans le ma√Įs, 28 avril 2011, en anglais
  8. ‚ÜĎ site UIPP
  9. ‚ÜĎ conf√©rence de presse de l'UIPP (Union des industries de la protection des plantes ; producteurs de pesticides), 22 juin 2010
  10. ‚ÜĎ voir art 188 page 218 de la loi Grenelle II
  11. ‚ÜĎ Ecological Economics, In Press, Corrected Proof, Available online 26 May 2011 An economic analysis of the possibility of reducing pesticides in French field crops Original (R√©sum√©)
  12. ‚ÜĎ Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l‚Äôagriculture biologique, AFSSA - juil 2003
  13. ‚ÜĎ Bustos-Obregon, E. and R. I. Goicochea (2002). "Pesticide soil contamination mainly affects earthworm male reproductive parameters." Asian Journal of Andrology 4(3): 195-199.
  14. ‚ÜĎ ORP : Observatoire des r√©sidus de pesticides
  15. ‚ÜĎ √©tude sur les pesticides dans de l'air √©chantillonn√© de mars 2003 (ann√©e exceptionnellement s√®che et chaude) √† Mars 2005), la premi√®re √† inclure le glyphosate, produit qui √©tait ant√©rieurement non recherch√© car tr√®s difficile √† mesurer dans l'air (il le reste, car se fixant mal sur les filtres adsorbant disponibles)
  16. ‚ÜĎ BRIAND O.  ; SEUX R.  ; MILLET M.  ; CLEMENT M. ; Influence de la pluviom√©trie sur la contamination de l'atmosph√®re et des eaux de pluie par les pesticides ; Revue des sciences de l'eau ; 2002, vol. 15, no4, pp. 767-787 ; 21 pages ; Ed : Lavoisier] (ISSN:0992-7158) (Fiche Inist CNRS avec R√©sum√©)
  17. ‚ÜĎ a, b, c, d et e La qualit√© de l'eau et assainissement en France : Rapport de l'OPECST n¬į 2152 (2002-2003) de M. G√©rard MIQUEL, fait au nom de l'Office parlementaire d'√©valuation des choix scientifiques et techniques (PDF,2,2 Moctets), d√©pos√© le 18 mars 2003, Voir 5 - Les pesticides dans les eaux de pluie ; Audition du Dr Ren√© SEUX, Professeur √† l'√©cole nationale de sant√© publique, consult√© 2011/02/27
  18. ‚ÜĎ a et b Commissariat g√©n√©ral au d√©veloppement durable, [6], CGDD, Service de l‚Äô√©conomie, de l‚Äô√©valuation et de l‚Äôint√©gration du d√©veloppement durable ; Septembre 2011 ISSN:2102-4723
  19. ‚ÜĎ √Čtude Maternal-child exposure via the placenta to environmental chemical substances with hormonal activity conduite √† l‚ÄôUniversit√© de Grenade par Maria Jos√© Lopez
  20. ‚ÜĎ (en)bin/abstract/112660877/ABSTRACT Pesticide exposure and risk for Parkinson's disease, A Ascherio, H Chen, M Weisskopf, E O'Reilly, M McCullough, E Calle, M Schwarzschild, M Thun, Annals of Neurology, 2006;60;197-203
  21. ‚ÜĎ En France, le 12 mai 2006, pour la premi√®re fois, un tribunal des affaires de s√©curit√© sociale (TASS) (celui de Bourges, D√©partement du Cher) a reconnu comme maladie professionnelle la maladie de Parkinson dont souffrait un ancien salari√© agricole, M. V., 52 ans qui a d√©velopp√© les sympt√īmes de cette maladie √† 44 ans (en 1998) et qu'il a √©t√© prouv√© qu‚Äôil avait manipul√© de grandes quantit√©s de produits phytosanitaires au cours de sa vie professionnelle.
  22. ‚ÜĎ √Čtude Agrican
  23. ‚ÜĎ Expertise collective de l‚ÄôInserm, Cancer et environnement, octobre 2008
  24. ‚ÜĎ √©tude conduite par Isabelle Baldi (Institut de sant√© publique, d'√©pid√©miologie et de d√©veloppement, Bordeaux) dans le sud-ouest viticole fran√ßais, publi√©e mardi 5 juin 2007 en ligne, dans la revue britannique sp√©cialis√©e Occupational and Environmental Medicine, qui confirme de premiers r√©sultats de mars 2006. L'√©tude portait sur 221 adultes de Gironde ayant une tumeur c√©r√©brale et 442 t√©moins ¬ę sains ¬Ľ.
  25. ‚ÜĎ Occupational exposure to pesticides and lymphoid neoplasms among men: results of a French case-control study, A. Monnereau et al., 2009
  26. ‚ÜĎ J. Agopian et al., Agricultural pesticide exposure and the molecular connection to lymphomagenesis, 2009
  27. ‚ÜĎ Anses, R√©seau national de vigilance et de pr√©vention des pathologies professionnelles Rapport scientifique
  28. ‚ÜĎ Action 15 de la Nouvelle strat√©gie europ√©enne (2011) pour la biodiversit√© - Renforcer les r√©gimes phytosanitaires et zoosanitaires de l'UE 15
  29. ‚ÜĎ a et b Questions parlementaires 17 f√©vrier 2011 E-001436/2011 Question parlementaire europ√©enne avec demande de r√©ponse √©crite √† la Commission sur ¬ę Augmentation consid√©rable du nombre de d√©rogations pour l'utilisation non autoris√©e de pesticides en 2010 ¬Ľ (selon Article 117 du r√®glement) par Fr√©d√©rique Ries (ALDE) , Alojz Peterle (PPE) , Dan J√łrgensen (S&D) , Corinne Lepage (ALDE) et Mich√®le Rivasi (Verts/ALE)
  30. ‚ÜĎ [PDF] Garrigou et al., Apports de l'ergotoxicologie √† l‚Äô√©valuation de l‚Äôefficacit√© r√©elle des EPI devant prot√©ger du risque phytosanitaire : de l‚Äôanalyse de la contamination au processus collectif d‚Äôalerte, 2008 (R√©sum√©)
  31. ‚ÜĎ a, b, c et d Vertigo, Volume 9 Num√©ro 3, d√©cembre 2009, Le co√Ľt humain des pesticides : comment les viticulteurs et les techniciens viticoles fran√ßais font face au risque, Christian Nicourt et Jean Max Girault
  32. ‚ÜĎ Europhyt (pr√©sentation, en anglais), consult√© 2010/09/27
  33. ‚ÜĎ [Communiqu√© United Press International du 4 mars 2008, intitul√© ¬ę EPA report covers children's enviro-health ¬Ľ
  34. ‚ÜĎ R√®glement CE n¬į 1107/2009 du Parlement europ√©en et du Conseil concernant la mise sur le march√© des produits phytopharmaceutiques
  35. ‚ÜĎ a, b, c, d et e R√©ponse √©crite √† une question pos√©e en vertu de l'Article 117 du r√®glement, par Chris Davies (ALDE) sur l'usage de pesticides interdits (r√©ponse faire pa M. Dalli (au nom de la Commission) le 23.3.2011)
  36. ‚ÜĎ L'article 8.4 de la directive 91/414/CE concernant la mise sur le march√© de produits phytopharmaceutiques et l'article 53 du r√®glement (CE) no 1107/2009 concernant la mise sur le march√© des produits phytopharmaceutiques permettent √©galement de telles d√©rogations permettant l'usage provisoire (120 jours) de produits interdits
  37. ‚ÜĎ conform√©ment aux dispositions de l'article 8, paragraphe 4, de la directive 91/414/CEE
  38. ‚ÜĎ Questions parlementaires √† la Commission (11 f√©vrier 2011 E-001196/), portant sur l'utilisation de pesticides interdits et demandant r√©ponse √©crite en vertu de l'Article 117 du r√®glement, pos√©e par Chris Davies (ALDE) et r√©ponse de M. Dalli (au nom de la Commission) le 23.3.2011)
  39. ‚ÜĎ d'apr√®s donn√©es collect√©es par Holt, J. S. and H. M. Lebaron. 1990. in "Significance and distribution of herbicide resistance"
  40. ‚ÜĎ ANSES Avis et rapport relatifs √† l‚Äô√©tude de l‚Äôalimentation totale fran√ßaise 2 (EAT 2) - Tome 2 : R√©sidus de pesticides, additifs, acrylamide,hydrocarbures aromatiques polycycliques, 21/06/2011

Liens internes

Bibliographie

Filmographie

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Pesticide de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • pesticide ‚ÄĒ [ p…õstisid ] n. m. et adj. ‚ÄĘ v. 1960; mot angl., de pest ¬ę insecte, plante nuisible ¬Ľ et cide ‚ô¶ Anglic. Produit chimique employ√© contre les parasites animaux et v√©g√©taux des cultures. ‚áí d√©broussaillant, d√©sherbant, fongicide, herbicide,… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • pesticide ‚ÄĒ UK US /ňąpest…™sa…™d/ noun [C] ENVIRONMENT, PRODUCTION ‚Ėļ a chemical substance used to kill organisms that are not wanted, such as harmful insects or small animals: ¬ĽEnvironmentalists called for cuts in pesticide use. ‚Üí Compare AGROCHEMICAL(Cf.… ‚Ķ   Financial and business terms

  • pesticide ‚ÄĒ 1939, a hybrid coined from English PEST (Cf. pest) + Latinate CIDE (Cf. cide) ‚Ķ   Etymology dictionary

  • pesticide ‚ÄĒ ‚Ėļ NOUN ‚Ė™ a substance for destroying insects or other pests ‚Ķ   English terms dictionary

  • pesticide ‚ÄĒ [pes‚Ä≤t…ô sńędőĄ] n. [< PEST + CIDE] any chemical used for killing insects, weeds, etc. pesticidal adj ‚Ķ   English World dictionary

  • Pesticide ‚ÄĒ A cropduster spraying pesticide on a field Pesticides are substances or mixture of substances intended for preventing, destroying, repelling or mitigating any pest.[1] A pesticide may be a chemical unicycle, biological agent (such as a virus or… ‚Ķ   Wikipedia

  • pesticide ‚ÄĒ noun ADJECTIVE ‚Ė™ chemical, synthetic ‚Ė™ the threat to human health from chemical pesticides in our food ‚Ė™ organic ‚Ė™ agricultural ‚Ė™ dangerous ‚Ķ   Collocations dictionary

  • pesticide ‚ÄĒ 01. They use a lot of [pesticide] on their fruit trees, so I don t want to eat their apples. 02. You should wash your fruits and vegetables well before eating them to remove any [pesticides] that may still be on them. 03. The government is… ‚Ķ   Grammatical examples in English

  • pesticide ‚ÄĒ UK [ňąpest…™sa…™d] / US [ňąpest…™ňĆsa…™d] noun [countable/uncountable] Word forms pesticide : singular pesticide plural pesticides a chemical used for killing insects, especially those that damage crops ‚Ķ   English dictionary

  • pesticide ‚ÄĒ pesticidas statusas T sritis chemija apibrńóŇĺtis Cheminńó medŇĺiaga, naudojama Ňĺemńós Ňękyje augalŇ≥ apsaugai. atitikmenys: angl. pesticide rus. –Ņ–Ķ—Ā—ā–ł—Ü–ł–ī; —Ź–ī–ĺ—Ö–ł–ľ–ł–ļ–į—ā ‚Ķ   Chemijos terminŇ≥ aiŇ°kinamasis Ňĺodynas


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.