Perturbateur endocrinien

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Perturbateur endocrinien

La notion de perturbateur endocrinien (PE, aussi leurre hormonal, xĂ©no-ƓstrogĂšne, disrupteur endocrinien[1], etc.) est une notion apparue Ă  la fin du XXe siĂšcle pour dĂ©signer toute molĂ©cule ou agent chimique composĂ©, xĂ©nobiotique ayant des propriĂ©tĂ©s hormono-mimĂ©tiques.

Ces molécules agissent sur l'équilibre hormonal d'espÚces vivantes (animales ou végétales dans le cas des phytohormones).
Elles sont souvent susceptibles d'avoir des effets indésirables sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le développement, le comportement, la production, l'utilisation et le stockage de l'énergie, l'hémodynamique et la circulation sanguine, la fonction sexuelle et reproductrice.

Ces molĂ©cules agissent Ă  trĂšs faibles doses (du mĂȘme ordre de grandeur que les concentrations physiologiques des hormones) ; elles ne sont pas toxiques au sens habituel du terme (empoisonnement) mais peuvent perturber l'organisme de façon discrĂšte, parfois difficile Ă  reconnaĂźtre.
Elles peuvent avoir un impact la descendance (par exemple, le DistilbĂšne affecte la mĂšre et ses descendantes) ou sur des populations entiĂšres (par exemple escargots marins ou faune piscicole vivant dans des zones oĂč des perturbateurs endocriniens sont trĂšs prĂ©sents, dont les alligators de Californie ou grĂšbes exposĂ©s Ă  du DDT ne pouvant plus se reproduire, qui ont fait l'objet d'Ă©tudes dĂ©jĂ  anciennes). Il est probable que, tout comme les hormones qu'ils imitent, plusieurs perturbateurs endocriniens exercent leurs effets en agissant sur l'Ă©pigĂ©nome[2].

Sommaire

DĂ©finitions officielles

  • Pour l'Union europĂ©enne, un perturbateur endocrinien (PE) est un agent qui parait perturber (ou influencer sans contrĂŽle) le fonctionnement du systĂšme endocrinien et plus prĂ©cisĂ©ment « une substance ou un mĂ©lange exogĂšne altĂ©rant les fonctions du systĂšme endocrinien, et induisant donc des effets nocifs sur la santĂ© d’un organisme intact, de ses descendants ou sous-populations Â»
  • Le perturbateur endocrinien en tant qu'altĂ©ragĂšne biologique, physique ou chimique rĂ©pond Ă  la dĂ©finition normalisĂ©e du mot polluant retenue par l'AFNOR en France[3].

La rĂ©glementation REACH[4] permet d’identifier les perturbateurs endocriniens comme substances extrĂȘmement prĂ©occupantes, susceptibles de faire l’objet de mesures de gestion spĂ©cifiques[5].

Trois modes d'action différents

Ces molĂ©cules interfĂšrent avec le fonctionnement des glandes endocrines ou des organes cibles par :

  • Effet mimĂ©tique : imitation de l'action d'une hormone naturelle (comme une fausse clĂ© dans les « serrures biologiques Â» qui existent dans les organes et cellules) ;
  • Effet de blocage : blocage de l'action d'une hormone naturelle (en saturant les rĂ©cepteurs, par exemple) ;
  • Effet perturbant (interfĂ©rence) : perturbation (gĂȘne ou blocage de la production, du transport, ou du mĂ©tabolisme des hormones ou des rĂ©cepteurs, induite par une action hormonale anormale dans l'organisme qui interfĂšre avec les processus mĂ©taboliques ou de croissance et division cellulaire. Ces perturbations sont d'autant plus graves qu'elles se produisent tĂŽt (fƓtus, embryon, jeune enfant, car des effets irrĂ©versibles peuvent ĂȘtre induits, y compris des malformations gĂ©nitales).

DĂ©couverte

DĂšs les annĂ©es 1950, des Ă©tudes ont mis en Ă©vidence dans de nombreux pays industrialisĂ©s une diminution de la fertilitĂ© masculine — altĂ©rations morphologiques et baisse du nombre de spermatozoĂŻdes —, une augmentation de la frĂ©quence du cancer du testicule, de la prostate et du sein, ainsi qu'une pubertĂ© fĂ©minine de plus en plus prĂ©coce. Les Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques, puis des expĂ©riences de laboratoire, ont montrĂ© que l'exposition Ă  des molĂ©cules hormono-mimĂ©tiques Ă©tait au moins en partie responsable de ces phĂ©nomĂšnes.

L'hydrosphĂšre est le rĂ©ceptacle de nombreuses substances chimiques, dont des hormones naturelles et les mĂ©tabolites d'hormones naturelles ou de synthĂšse contenues dans les pilules anticonceptionnelles, ou utilisĂ©es pour des traitements mĂ©dicaux ou vĂ©tĂ©rinaires. Ces hormones s'avĂšrent prĂ©sentes en grande quantitĂ© dans les eaux usĂ©es qui arrivent aux stations d'Ă©puration, mais aussi, bien que moindrement pour nombre d'entre elles, dans les exutoires de station d'Ă©puration d'eaux rĂ©siduaires urbaines. Certains organismes aquatiques sont estimĂ©s ĂȘtre de bons rĂ©vĂ©lateurs (poissons affectĂ©s de troubles de la fertilitĂ© et d'anomalies de type intersexuation). Certaines espĂšces sont aussi des concentrateurs (moules, moule zĂ©brĂ©e) d'une pollution des milieux aquatiques par ces effluents.

Dans les annĂ©es 1960, aux États-Unis, la baisse de fertilitĂ© des visons constatĂ©e par les Ă©leveurs de la rĂ©gion des Grands Lacs fut attribuĂ©e aux polluants bio-accumulĂ©s par les poissons. En 1962, dans Silent Spring, Rachel Carson met en Ă©vidence la toxicitĂ© reproductive du DDT. En 1988, les phoques de la mer du Nord furent dĂ©cimĂ©s. En Grande-Bretagne, les poissons mĂąles vivant en aval d’une station d’épuration prĂ©sentaient des caractĂšres femelles. La dĂ©couverte de l'altĂ©ration du systĂšme reproducteur des alligators sauvages de Floride a relancĂ© les travaux de recherche sur ce thĂšme dans les annĂ©es 1990. L'expression « Endocrine disruptors Â» (traduite en français par « Perturbateurs endocriniens Â») est inventĂ©e en juillet 1991 au cours de la confĂ©rence de Wingspread rĂ©unissant 21 scientifiques de 15 disciplines diffĂ©rentes Ă  l'initiative de la spĂ©cialiste en santĂ© environnementale Theo Colborn (en)[6]. Les annĂ©es 1990 marquent en effet une prise de conscience de la prĂ©sence dans l'environnement de substances capables de perturber le systĂšme endocrinien. En Europe, le Danemark, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont Ă©tĂ© pilotes dans ce domaine de recherche. Les observations faites sur certaines populations animales soulĂšvent suffisamment de soupçons pour encourager la poursuite de la recherche dans le domaine.

Cinétique dans l'environnement

Les polluants organiques persistants (POP), tels le dichlorodiphĂ©nyltrichloroĂ©thane (DDT), les dioxines (PCDD) et les polychloro-biphĂ©nyles (PCB), labiles et s’accumulant le long des chaĂźnes trophiques, peuvent persister dans l’environnement plusieurs dĂ©cennies, circuler dans diffĂ©rents compartiments environnementaux — atmosphĂšre, biosphĂšre, hydrosphĂšre, lithosphĂšre — au-delĂ  des frontiĂšres : on a ainsi montrĂ© que les ours polaires pouvaient ĂȘtre contaminĂ©s par le DDT Ă©mis Ă  des milliers de kilomĂštres.

Chez l'homme, la contamination peut Ă©galement ĂȘtre alimentaire, naturelle avec les phyto-ƓstrogĂšnes de germe de blĂ©, soja, biĂšre/houblon, etc.), ou artificielle avec des produits migrants des emballages, des rĂ©sidus de pesticides, de dĂ©tergents ou de mĂ©dicaments, ou encore via l'ingestion d'animaux filtreurs contaminĂ©s tels que des coques[7]

Un perturbateur endocrinien avĂ©rĂ© pour l'homme est le diĂ©thylstilbestrol (DES), ƓstrogĂšne synthĂ©tique prescrit en France entre 1948 et 1977 aux femmes enceintes afin de prĂ©venir le risque d'avortement. Le 17-ß-estradiol — ƓstrogĂšne naturel prescrit lors du traitement des femmes mĂ©nopausĂ©es (THS) — ainsi que la 17-α-Ă©thynylestradiol qui est utilisĂ© dans les pilules contraceptives. Les diverses substances qui sont ingĂ©rĂ©es par l'homme en tant que mĂ©dicaments peuvent ĂȘtre retrouvĂ©es en aval des stations d'Ă©puration puisque les installations sont relativement inefficaces pour dĂ©truire ces types de composĂ©s. La quantitĂ© d'agents chimiques qui s'y retrouve est fonction des conditions mĂ©tĂ©orologiques (rayonnement ultraviolet, et tempĂ©rature)[8],[9] et l'activitĂ© microbienne[10], [11].

Le bisphĂ©nol A, polybromodiphĂ©nylĂ©thers (PBDE), et une variĂ©tĂ© de phtalates et d'autres perturbateurs endocriniens sont communĂ©ment trouvĂ©s Ă  faible dose dans de nombreux produits et dans l’environnement[12]. Certains auteurs estiment que les risques pour la santĂ© ne sont pas significatifs[13],[14] alors que d'autres estiment qu'il y a des preuves suffisantes pour dire que ces substances posent un risque pour la santĂ© humaine et la fertilitĂ© humaine[15],[16],[17],[18].

Le bisphĂ©nol A a notamment attirĂ© l’attention en tant que composant du plastique de nombreux biberons. En mars 2007, un recours collectif (class action lawsuit) a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© en Californie contre les fabricants et dĂ©taillants de biberons en plastique, mais qui a Ă©chouĂ© Ă  prĂ©venir les consommateurs que leurs produits contenaient du bisphĂ©nol A, qui selon certains pourrait altĂ©rer la santĂ© et le dĂ©veloppement des nourrissons et enfants[19].

Origine des différentes sources de contamination

Parmi les perturbateurs endocriniens, on trouve deux grandes classes qui sont d'origine soit naturelle, soit synthĂ©tique. Une partie des molĂ©cules antiandrogĂšnes utilisĂ©es Ă  des fins mĂ©dicales (dont vĂ©tĂ©rinaires) ou anticonceptionnelles sont encore prĂ©sentes dans les urines et ne sont pas filtrĂ©es par les stations d'Ă©puration. Ils posent des problĂšmes graves de fĂ©minisation des poissons mĂąles dans les fleuves anglais en aval des stations d'Ă©puration, ce qui prĂ©occupe les pĂȘcheurs et les Ă©cologues, mais aussi les professionnels de santĂ© publique qui craignent des effets similaires chez l'Homme.

On a d'abord pensĂ© que les stĂ©roĂŻdes ƓstrogĂšnes provenant principalement des urines humaines Ă©taient principalement responsables des syndromes de dysgĂ©nĂ©sie testiculaire observĂ©s chez les poissons. Une Ă©tude rĂ©cente[20] a cherchĂ© si ce syndrome Ă©tait dĂ» Ă  une ou plusieurs causes, et plus prĂ©cisĂ©ment si ces poissons n'Ă©taient pas exposĂ©s Ă  des cocktails de substances chimiques aux effets Ă  la fois ƓstrogĂ©niques et anti-androgĂšniques, et avec quels effets. Pour cela, les concentration et activitĂ© de produits (de type ƓstrogĂšnes et anti-androgĂšnes) ont Ă©tĂ© modĂ©lisĂ©s dans 51 cours d'eau du Royaume-Uni et comparĂ©s aux taux de poissons sauvages touchĂ©s par un syndrome de fĂ©minisation dans ces riviĂšres. Les analyses ont montĂ© qu'outre des ƓstrogĂšnes, les riviĂšres contiennent diverses substances anti-androgĂšne, trouvĂ©es dans presque tous les effluents de station d'Ă©puration. De plus, les rĂ©sultats de la modĂ©lisation confirment que les effets fĂ©minisants affectant les poissons sauvages pourraient ĂȘtre mieux modĂ©lisĂ©s et mieux prĂ©dits en prenant mieux en compte l'exposition Ă  la fois aux anti-androgĂšnes et aux ƓstrogĂšnes ou aux antiandrogĂšnes seuls. Les auteurs concluent au caractĂšre multi-causal de la fĂ©minisation des poissons sauvages au Royaume-Uni, impliquant Ă  la fois des produits stĂ©roĂŻdiens et des ƓstrogĂšnes ou xĂ©no-ƓstrogĂšnes et d'autres contaminants (encore inconnu) aux propriĂ©tĂ©s anti-androgĂšne. Cette Ă©tude a conclu que c'est bien un cocktail de divers produits chimiques prĂ©sents dans les eaux usĂ©es et diluĂ© dans les riviĂšres, qui inhibe la production de testostĂ©rone des poissons et leur capacitĂ© de bonne reproduction.

Types

On distingue souvent :

  • ComposĂ©s naturels :

ƒstrogĂšnes stĂ©roidĂŻens

Une forte diminution de la capture de poissons a par exemple Ă©tĂ© observĂ©e dans plusieurs riviĂšres du Plateau suisse, pourtant relativement Ă©loignĂ©es des grandes sources de pollution. Ceci est possiblement attribuables Ă  la pollution de l'eau par des xĂ©noestrogĂšnes. La dĂ©termination de l'activitĂ© ƓstrogĂšne moyenne dans l'eau d'une riviĂšre est encore difficile Ă  mesurer, mais d'importants progrĂšs ont Ă©tĂ© faits depuis la fin du XXĂšme siĂšcle.
Pour pouvoir calculer une activitĂ© ƓstrogĂšne totale (exprimĂ© en Ă©quivalents en 17_ß-estradiol, EEQ), il faut pouvoir dĂ©finir un facteur d'Ă©quivalence en 17_ß-estradiol (FFA) : EEQ_T \ = \ \sum C_i  *  FFA_i oĂč Ci est la concentration de l'espĂšce i. Le groupe de molĂ©cules qui contribue le plus Ă  augmenter cette valeur dans les effluents domestiques est le groupe des ƓstrogĂšnes stĂ©roĂŻdiens[21].GĂ©nĂ©ralement, le calcul est basĂ© sur l’Ɠstrone (FFA=0,4), le 17ÎČ-Ɠstradiol (FFA=1) et le 17α-Ă©thynylƓstradiol (FFA=1,2).

Bisphénol A

Article dĂ©taillĂ© : bisphĂ©nol A.

Du bisphĂ©nol A[22], connu pour avoir des propriĂ©tĂ©s ƓstrogĂ©niques, est trouvĂ© dans l'eau, dans certains polymĂšres (dont plastiques de biberons), emballages plastiques d’aliments, boĂźtes mĂ©talliques (type boĂźtes de conserve), et les garnitures en mĂ©tal de la nourriture en boĂźte.
Risque sanitaire : il est facteur de dĂ©lĂ©tion de la spermatogenĂšse et est soupçonnĂ© de jouer un rĂŽle dans certaines fausses couches, obĂ©sitĂ© et certains cancers[23],[24],[25],[26]

Agents ignifuges bromés

Article dĂ©taillĂ© : agent ignifuge bromĂ©.

Certains de ces agents (polybromodiphĂ©nylĂ©thers ou diphĂ©nylĂ©thers polybromĂ©s dits « PBDE Â») sont utilisĂ©s pour ignifuger des matĂ©riaux aussi divers que plastiques de tĂ©lĂ©viseurs, ordinateurs, composants Ă©lectroniques, matĂ©riel Ă©lectrique et d’éclairage, tapis, matĂ©riel de couchage, vĂȘtements, composants automobiles, coussins en mousse et autres textiles ignifugĂ©s.
Risque sanitaire : les PBDE ont une structure chimique trĂšs similaire aux polychlorobiphĂ©nyles (PCB), et ont les mĂȘmes effets neurotoxiques, ce pourquoi il pourraient perturber les systĂšmes hormonaux thyroĂŻdien et contribuer Ă  une variĂ©tĂ© de troubles neurologiques et de dĂ©ficit de dĂ©veloppement (dont neurologiques avec pour consĂ©quence de diminuer les facultĂ©s d'apprentissage et de cognition). Certaines populations pourraient ĂȘtre plus exposĂ©es, dont par exemple les pompiers et les personnels effectuant le tri des dĂ©chets Ă©lectroniques. Une Ă©tude faite en SuĂšde comparant les taux de PBDE chez diffĂ©rents types de travailleurs a montrĂ© que les recycleurs de matĂ©riel Ă©lectronique Ă©taient particuliĂšrement touchĂ©s[27].

L’usage de certains PBDE a Ă©tĂ© interdit dans l’UE en 2006.

Phtalates

Article dĂ©taillĂ© : phtalate.

Ces composĂ©s sont surtout utilisĂ©s comme plastifiants pour rendre les plastiques plus souples et plus flexibles. On trouve des phtalates dans de nombreux objets (jouets souples, revĂȘtements de sol, Ă©quipements mĂ©dicaux, cosmĂ©tiques, assainisseurs d'air, peintures, adhĂ©sifs, colles et encres).

Risques pour la santĂ© : ils sont suspectĂ©s de poser problĂšme, car ces produits sont connus pour perturber le systĂšme endocrinien des animaux (en laboratoire), et certaines Ă©tudes laissent penser qu’ils sont responsables de certaines malformations congĂ©nitales de l'appareil reproducteur masculin[28],[29].

Un phtalate, le Bis (2-Ă©thylhexyl) phtalate (DEHP) est prĂ©sent dans certains plastiques utilisĂ©s dans le domaine mĂ©dical (cathĂ©ters et sacs de sang). En 2002, la Food and Drug Administration a mis en garde contre l'exposition au DEHP des bĂ©bĂ©s de sexe masculin, sur la base des effets constatĂ©s sur les animaux de laboratoire. Selon la FDA : « L'exposition au DEHP a produit une sĂ©rie d'effets nĂ©fastes chez les animaux de laboratoire, mais les plus prĂ©occupants sont les effets sur le dĂ©veloppement du systĂšme reproductif mĂąle et de la production normale de spermatozoĂŻdes chez les jeunes animaux Â». La FDA ne dispose pas d’étude concernant l’homme, mais aucune Ă©tude ne permet d’exclure des effets similaires. Par prĂ©caution, l'exposition Ă  ce produit par des organismes en dĂ©veloppement doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e estime la FDA [30],[31].

Autres perturbateurs endocriniens soupçonnés

Ils sont trĂšs nombreux ; parmi les produits suspectĂ©s figurent :

Effets

Les modulateurs endocriniens peuvent perturber la maturation sexuelle, le dĂ©veloppement des organes reproducteurs — malformation des gonades ou rĂ©gression pĂ©nienne — ou la reproduction et entraĂźner des cancers hormono-dĂ©pendants. Ils peuvent Ă©galement perturber la fonction thyroĂŻdienne, altĂ©rer le systĂšme immunitaire ou engendrer des troubles du comportement.

De nombreuses Ă©tudes Ă©cotoxicologiques sur les organismes aquatiques, en particulier sur les mollusques et les poissons, ont montrĂ© que ces molĂ©cules pouvaient conduire jusqu'Ă  l'imposex, c'est-Ă -dire le changement de sexe de l'animal. Les poissons sont souvent trĂšs sensibles aux contaminants de ce type : dans certains estuaires[32] de Grande-Bretagne ou en aval de stations d’épuration d'eaux rĂ©siduaires, on peut rencontrer des populations de poissons hermaphrodites. Chez des flets mĂąles vivant en milieu contaminĂ© par des polluants hormono-mimĂ©tiques, des ovocytes apparaissent au milieu des spermatozoĂŻdes.

Depuis plusieurs annĂ©es, les chercheurs suspectent de nombreux composĂ©s chimiques d'ĂȘtre des perturbateurs endocriniens pour l'espĂšce humaine. Des mĂ©ta-analyses publiĂ©es dans les annĂ©es 1990 ont montrĂ© le dĂ©clin rĂ©gulier de la qualitĂ© du sperme chez l’homme depuis 50 ans, en particulier en AmĂ©rique du Nord et en Europe. L’incidence du cancer du testicule augmente depuis plusieurs dĂ©cennies dans un certain nombre de pays europĂ©ens. Il y aurait une corrĂ©lation entre la prĂ©sence de perturbateurs endocriniens et les malformations de l'appareil reproducteur, par exemple entre la prĂ©sence de pesticides et la cryptorchidie ou entre des composĂ©s de type bisphĂ©nol A ou dioxines et l’hypospadias. Chez la femme, on constate des anomalies de la fonction ovarienne, de la fertilitĂ©, de la fĂ©condation, de la gestation et de l’implantation utĂ©rine

Un avancement de l’ñge de la pubertĂ© est constatĂ© chez les filles, mais non chez les garçons. Ainsi environ 15 % des fillettes amĂ©ricaines entament leur pubertĂ© Ă  7 ans, selon une Ă©tude rĂ©alisĂ©e ayant portĂ© sur 1 239 enfants amĂ©ricains, publiĂ©e en 2010 dans la revue Pediatrics. Les seins des jeune fille blanche dans 10% des cas commencent Ă  se dĂ©velopper Ă  cet Ăąge et ce taux a doublĂ© depuis 1997[33]. Chez les jeunes filles noires ce sont 23 % des fillettes qui Ă  7 ans entament leur pubertĂ©. En 30 ans, la pĂ©riode de l'enfance a ainsi Ă©tĂ© abrĂ©gĂ©e d'un an et demi (alors que la maturitĂ© intellectuelle n'a pas suivi cette transformation des corps). Des perturbateurs endocriniens fĂ©minisants sont fortement suspectĂ©s et certains scientifiques parlent de problĂšmes d'Ă©cologie de la fĂ©minitĂ© (« The Ecology of Women Â»[34]).

Les doses auxquelles les effets se manifestent peuvent ĂȘtre faibles : une ingestion par le rat de 20 microgrammes de bisphĂ©nol-A, un composĂ© dont les Ă©thers servent Ă  protĂ©ger l'intĂ©rieur des boĂźtes de conserve, est suivie d'effets ƓstrogĂ©niques.

Les modulateurs endocriniens peuvent agir in utero : Ă  Seveso, il est apparu une prĂ©pondĂ©rance des naissances de filles parmi la population contaminĂ©es par la dioxine. Il a Ă©tĂ© montrĂ© que le DES Ă©tait responsable de cancers de l'appareil gĂ©nital et d'atteinte de la fertilitĂ© chez les hommes et les femmes exposĂ©s in utero. Le bisphĂ©nol-A et le diĂ©thylstilbestrol (DES) provoquent une hypertrophie de la prostate des souris exposĂ©es in utero.

La synergie rĂ©sultant des interactions entre xĂ©nobiotiques, micro-nutriments et mĂ©dicaments peut aggraver les effets : l'exposition simultanĂ©e de la femelle immature Ă  des faibles doses de flavonoĂŻdes et d’Ɠstradiol se traduit par un fort effet ƓstrogĂ©nique.

Comme pour tout produit chimique, l'effet dĂ©pend de la dose ; ainsi, si l'activitĂ© ƓstrogĂšnique du nonylphĂ©nol est un fait, le potentiel d'action est trĂšs faible en comparaison avec les ƓstrogĂšnes naturels : une Ă©tude de l'Ă©valuation de risques sur les mammifĂšres, prĂ©parĂ©e par la Commission europĂ©enne, a clairement indiquĂ© que les effets dommageables rĂ©sultant de la perturbation du systĂšme hormonal n'interviennent que pour des expositions nettement plus Ă©levĂ©es que la toxicitĂ© gĂ©nĂ©rale. Pour les mammifĂšres, le dĂ©clin de la population des phoques de la Baltique, exposĂ©s Ă  des composĂ©s organochlorĂ©s (PCD et DDE) pourrait au moins en partie ĂȘtre expliquĂ© par des perturbations des systĂšmes endocrinien et immunitaires. Chez les oiseaux contaminĂ©s par de faibles doses de DDT et/ou par des PCB, la coquille de l'Ɠuf est amincie, et des anomalies de l'appareil reproducteur et congĂ©nitales sont plus frĂ©quentes.

Études rĂ©centes

En Chine, une étude a montré une corrélation entre une sous-fertilité chez des hommes vivant à Hong Kong ayant consommé plus de quatre repas de poisson par semaine, qui ont aussi des taux de mercure plus élevés dans les cheveux (avec également des problÚmes de peau et des autismes plus fréquent chez les enfants qui ont les plus haut taux de mercure (mesuré dans le sang, les cheveux et l'urine)[35].
Dans la rĂ©serve amĂ©rindienne d'Aamjiwnaang, au cƓur de la « chemical valley Â» du Canada, on soupçonne des produits tels le mercure, les dioxines, l'HCB ou les PCB d'ĂȘtre Ă  l'origine de la modification du sex-ratio constatĂ© : une Ă©tude conduite par Constanze MacKenzie, de l'universitĂ© d'Ottawa, a montrĂ© que le ratio Ă  la naissance est passĂ© de un garçon pour une fille en 1984 Ă  un garçon pour deux filles en 1999. En outre, le taux de fausses couches est de 39 % contre 25 % habituellement et 23 % des enfants de moins de 16 ans souffrent d'ADHD (hyperactivitĂ© avec dĂ©ficit d'attention), au lieu de 4 % habituellement.

Entre les annĂ©es 1999 et 2001, une Ă©tude sur les effets d'un ƓstrogĂšne synthĂ©tique sur des populations aquatiques ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. L’expĂ©rience prend place sur un lac entier dans la rĂ©gion des lacs expĂ©rimentaux dans le nord-ouest de l'Ontario au Canada.

En 2000, 24 ans aprÚs l'accident d'une usine d'herbicides à Seveso (Italie), une étude a montré que les hommes exposés au nuage de dioxines ont eu deux fois plus de filles que de garçons.

En 2002, à Ufa (Russie), des chercheurs ont montré que les travailleurs d'une usine d'herbicides, contaminés par les dioxines, ont eu des filles dans les deux tiers des cas.

État de la recherche

ThÚme de recherche situé à la confluence de la biologie, de la chimie et de la médecine, l'étude des modulateurs endocriniens demeure en plein essor.

Des expĂ©rimentations sont en cours pour juger de l'effet des perturbateurs endocriniens sur l'homme — tels la diminution de la spermatogenĂšse ou l'augmentation de malformations gĂ©nitales — et de l'incidence de l'Ă©pigĂ©nĂ©tisme sur la sensibilitĂ© de certaines populations. Dans les annĂ©es 2000, la recherche a Ă©tĂ© Ă©largie aux effets sur le systĂšme endocrinien et, notamment, la production d'enzymes responsables de la diffĂ©renciation sexuelle.

L'expĂ©rimentation animale est employĂ©e afin de mettre au point des tests de toxicitĂ© dose-rĂ©ponse permettant de diffĂ©rencier l'effet perturbateur de l'effet hormono-mimĂ©tique chez l'homme. Par exemple, des souris sauvages, aux rĂ©actions normales, et des souris transgĂ©niques ArKo (Aromatase knock out) — qui prĂ©sentent une dĂ©ficience en ƓstrogĂšnes — sont utilisĂ©es pour mesurer les effets de molĂ©cules Ă  activitĂ© ƓstrogĂ©nique (fĂ©minisante) — tel le mĂ©thoxychlore, un insecticide organo-chlorĂ© — ou anti-androgĂ©nique (anti-masculinisante) — telle la vinclozoline, un fongicide. Les molĂ©cules qui prĂ©sentent un effet ƓstrogĂ©nique in vitro (test de E-screen) font l’objet d’études in vivo sur des rats femelles immatures ou ayant subi une ovariectomie.

Quelques Ă©tudes in situ sont faites ou en cours, notamment sur les poissons (par exemple chevaine ou Ă©pinoche Ă  trois Ă©pines[36]) chez laquelle la spiggin est un biomarqueur d'exposition aux androgĂšnes). La vitellogĂ©nine, qui indique une exposition Ă  des ƓstrogĂšnes mimĂ©tiques, est le biomarqueur le plus utilisĂ©. Certaines Ă©tudes s'intĂ©ressent aussi aux effets de la mĂ©tabolisation des polluants organiques, du stress oxydant et de la neurotoxicitĂ© de certains perturbateurs, ou Ă  d'Ă©ventuelles synergies. L’activitĂ© aromatase devrait aussi ĂȘtre mesurĂ©e en France vers 2008 (chez le chevaine, l’épinoche, etc.).

ParallÚlement aux études in situ, les mésocosmes et les microcosmes constituent des modÚles pertinents pour étudier l'effet de ces molécules dans l'environnement, notamment dans l'hydrosphÚre. Réalistes d'un point de vue écologique et contrÎlables, les mésocosmes permettent d'évaluer les effets à long terme sur la biocénose et le devenir des substances chimiques dans le biotope. En 2004, l'OCDE a organisé une campagne internationale d'intercomparaison des méthodes d'analyse de la vitellogenÚse chez le poisson-zÚbre (Brachydanio rerio).

Méthodes d'analyse et de détection

Une des premiĂšres approches est d'utiliser diffĂ©rents organismes vivants comme biodĂ©tecteurs. Les doses auxquelles les hormones et certains perturbateurs endocriniens peuvent agir sont tellement faibles que leur analyse pose un dĂ©fi. Certains systĂšmes de biodĂ©tection peuvent donner une rĂ©ponse Ă  des concentrations en stĂ©roĂŻdes de l’ordre 10 Ă  1 000 fois plus faible que les techniques permettant de doser les agents anabolisants (technique qui rĂ©pond bien Ă  des concentrations de l’ordre du nanogramme par millilitre). De plus, les faibles doses constituent souvent un mĂ©lange complexe et le biodĂ©tecteur rĂ©vĂšle toutes ces substances.

Comme exemple de biodĂ©tecteurs on peut faire appel Ă  des cellules humaines (MCF7) en culture ou d’autres espĂšces, les rats de laboratoire, des levures, les bactĂ©ries, le poisson zĂšbre. Chaque biodĂ©tecteur a ses particularitĂ©s et ses problĂšmes Ă©thiques. Par exemple, les cellules humaines MCF7 sont utilisĂ©es comme biodĂ©tecteur de composĂ©s ƓstrogĂšnes depuis presque 20 ans. Ces cellules sont dĂ©rivĂ©es d’un cancer du sein et elles ont gardĂ© plusieurs caractĂ©ristiques comme le fait d’ĂȘtre stimulĂ©es par la prĂ©sence d’ƓstrogĂšne. Les ƓstrogĂšnes, ou les substances qui les imitent, fonctionnent en activant une protĂ©ine rĂ©ceptrice de la cellule, qui rĂ©gule tout un jeu de gĂšnes, il suffit de compter les cellules au bout de quelques jours pour dĂ©terminer leur prĂ©sence.

Un autre test in vitro utilisĂ© est basĂ© sur une souche de levure possĂ©dant un gĂšne exprimant le rĂ©cepteur humain aux ƓstrogĂšnes, dit YES (yeast estrogen screen). Les levures ont la capacitĂ©, par une suite de rĂ©actions enzymatiques, de produire la ÎČ-galactosidase qui transforme la couleur jaune de dĂ©part du mĂ©lange en couleur rose qui absorbe Ă  540 nm en spectroscopie ultraviolet-visible[37].

Les taux plasmatiques en vitellogĂ©nine peuvent ĂȘtre mesurĂ©s chez certains types de poissons (truites saumonĂ©es). La vitellogĂ©nine est une protĂ©ine vitelline synthĂ©tisĂ©e par le poisson femelle mature. Elle est Ă©galement produite chez le poisson mĂąle exposĂ© Ă  un perturbateur endocrinien. Les poissons mĂąles exposĂ©s Ă  ces ƓstrogĂšnes produisent des protĂ©ines d'Ɠufs, ont des gonades plus petites et, dans les cas plus graves, produisent des Ɠufs. La rĂ©ponse biologique du poisson mĂąle qui est le taux plasmatique en vitellogĂ©nine est nettement accrue sur les sites Ă  forte activitĂ© ƓstrogĂšne. Pour permettre l’analyse du plasma contenant la vitellogĂ©nine on utilise un test ELISA (enzyme linked immunosorbent assay)[38]. En plus de la vitellogĂ©nine, il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© qu’il peut avoir bioaccumulation des perturbateurs dans le foie, la bile et le gras[39].

Les diverses analyses prennent le plus souvent place dans des riviĂšres puisqu’elles sont l’endroit Ă©tabli pour le rejet des eaux usĂ©es. Pour une riviĂšre, le dĂ©bit est fortement touchĂ© par les prĂ©cipitations. La rĂ©partition des produits chimiques est tributaire des conditions mĂ©tĂ©orologiques (UV et tempĂ©rature) et de l’activitĂ© microbienne. Il est donc difficile de dĂ©terminer une concentration constante Ă  laquelle les organismes vont faire face. Il est donc nĂ©cessaire d’obtenir un Ă©chantillonnage dans le temps. La premiĂšre mĂ©thode pour pallier cette difficultĂ© est l’utilisation de biocapteurs comme les poissons.

Plusieurs autres techniques d’extraction existent pour l’eau brute ou filtrĂ©e. L’eau peut ĂȘtre vectrice de perturbateurs endocriniens Ă  double titre : les molĂ©cules qui sont les plus solubles ou les plus concentrĂ©es peuvent ĂȘtre entraĂźnĂ©es sous forme dissoute. Pour ce qui est des molĂ©cules moins solubles ou rĂ©pandues depuis un certain temps dans l’environnement, elles peuvent ĂȘtre associĂ©es Ă  des particules de sol et des sĂ©diments en suspension dans l’eau. L’estimation de la contamination de l’eau doit apparaĂźtre dans sa globalitĂ©. Finalement l’évaluation de la contamination de l’eau peut ĂȘtre envisagĂ©e sous l’angle de la concentration de l’eau en perturbateur endocrinien ou en termes d’exposition. Pour pallier la concentration, un prĂ©leveur automatique ou instantanĂ© (dit actif) peut ĂȘtre utilisĂ© et pour dĂ©terminer l’exposition, aussi l’utilisation de capteurs passifs est possible.

L’extraction liquide-liquide au dichloromĂ©thane est la plus largement utilisĂ©e, puisque cette mĂ©thode possĂšde un bon rendement, un large spectre d’action et cette technique est aisĂ©e Ă  mettre en Ɠuvre. Elle utilise les caractĂ©ristiques physico-chimiques de la molĂ©cule de dichloromĂ©thane qui sont : polaire, non miscible Ă  l’eau et lipophile. Un autre technique fait intervenir des cartouches (SPE). Ces piĂšges fixent les molĂ©cules lorsque l’eau est passĂ©e au travers. Un mĂ©lange de solvants peut ainsi ĂȘtre employĂ© pour Ă©luer ces cartouches et recueillir les molĂ©cules recherchĂ©es. La solution obtenue est de plus faible volume et constitue une Ă©tape de prĂ©concentration. L’extraction est donc sĂ©lective Ă  des molĂ©cules spĂ©cifiques puisque tous les produits ne sont pas nĂ©cessairement retenus par la cartouche et Ă©luĂ©s par le solvant utilisĂ© comme Ă©luant. Ces capteurs sont souvent des instruments automatisĂ©s permettant la prise de donnĂ©es dans des intervalles de temps. NĂ©anmoins, ce type d’appareil est sujet Ă  des inconvĂ©nients majeurs comme l’utilisation de source d’énergie, le bris de piĂšce mĂ©canique, le dĂ©rĂšglement dĂ» aux conditions mĂ©tĂ©orologiques.

Une autre mĂ©thode utilise une technique rĂ©cente soit l’usage de capteur passif qui intĂšgre la contamination dans le temps. L’exposition plutĂŽt que le flux de contaminant est estimĂ©e. Les dispositifs se prĂ©sentent sous la forme de poche SPMD (pour semi-permeable membrane device) ou de capteurs POCIS (pour polar organic componds integrative samplers). Dans ces capteurs il y a une rĂ©sine d’une capacitĂ© d’absorption spĂ©cifique Ă  l’hydrophobicitĂ© de polluants organiques. Les SPMD sont utilisĂ©s pour les composĂ©s hydrophobes (PCB, organochlorĂ©s) alors que les POCIS sont pour les composĂ©s plus hydrophiles comme les rĂ©sidus pharmaceutiques. Les POCIS possĂ©dant une phase permettant la rĂ©tention de composĂ©s tels que les pesticides (Particule de Isolute ENV+ et Ambersorb1500 dispercĂ© sur S-X3 BioBeads) ont dĂ©montrĂ© une meilleure sĂ©lectivitĂ© pour les xĂ©no-ƓstrogĂšnes[40].

Pour rĂ©aliser les tests quantitatifs la GC-MS ou la LC/MS/MS peut ĂȘtre utilisĂ©e. Une des mĂ©thodes utilisĂ©es par le gouvernement du QuĂ©bec pour doser les perturbateurs endocriniens est la GC/MS. Les hormones et autres substances sont extraites avec l’aide de colonne Oasis HLB. L’extraction prend un volume de 1 litre et met 14 jours Ă  ĂȘtre rĂ©alisĂ©e, la colonne prĂ©concentre les analytes Ă  un volume de 500 mg. Par la suite, le diĂ©thyl Ă©ther est utilisĂ© pour laver cette phase, et conditionnĂ© avec le mĂ©thanol. On lave encore avec un mĂ©lange d’eau/mĂ©thanol dans des proportions de 60 :40 et une autre Ă©lution avec diĂ©thyl Ă©ther/eau 90 :10. Une purification sur gel de silice avec le mĂȘme solvant d’élution est la prochaine Ă©tape. Finalement, avant l’analyse par GC/MS une dĂ©viation au BSTFA est rĂ©alisĂ©e. Les caractĂ©ristiques de la colonne ainsi que les divers paramĂštres expĂ©rimentaux peuvent ĂȘtre observĂ©s dans le lien externe correspondant.

Moyens de lutte

La prĂ©vention des risques requiert une bonne connaissance des propriĂ©tĂ©s toxicologiques des molĂ©cules et la restriction ou l'interdiction de leur utilisation ; de nombreux programmes de recherche ont donc Ă©tĂ© mis en place, et la directive REACH devrait Ă©largir le champ de la connaissance dans ce domaine, mĂȘme si certains produits y Ă©chappent (dont les pesticides).

Divers Ă©tats prennent des mesures contraignantes. Par exemple, la commercialisation, la fabrication, l’importation et l’exportation des jouets et articles de puĂ©riculture contenant des phtalates ont Ă©tĂ© interdits en France en 1999. Le nonylphĂ©nol a Ă©tĂ© interdit en Allemagne en 2003. Quelques pesticides dont le chlordĂ©cone et l'atrazine (qui perturbait gravement le dĂ©veloppement des grenouilles) ont Ă©tĂ© interdits, pour ne citer que les plus mĂ©diatisĂ©s. L'usage du DDT a Ă©tĂ© mondialement interdit en 1973, mais alors qu'on le trouve encore dans l'environnement et les graisses de nombreux organismes, des pressions existent pour rĂ©autoriser son usage dans les pays pauvres.

Les eaux usĂ©es, contaminĂ©es par les diffĂ©rents perturbateurs endocriniens (par exemple xĂ©no-ƓstrogĂšnes ou mĂ©dicaments) sont traitĂ©es au travers des stations d’épurations (STEP). Dans ces traitements, les composĂ©s chimiques peuvent ĂȘtre dĂ©gradĂ©s entiĂšrement ou partiellement, crĂ©er des boues d’épuration par leur absorption sur des particules en suspension. DiffĂ©rents facteurs comme le type de traitement ou le temps de sĂ©jour peuvent influencer l’efficacitĂ© de l’élimination des polluants au travers des STEP. La problĂ©matique dĂ©coule de l’inefficacitĂ© des STEP Ă  retenir certaines substances, il s’en suit que ces derniĂšres se retrouvent dans les eaux traitĂ©es qui vont alors contaminer les eaux de surface. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le traitement additionnel des eaux usĂ©es Ă  l’ozone ou au charbon actif permet une meilleure Ă©limination des micropolluants. Malheureusement l’efficacitĂ© Ă©conomique des diffĂ©rentes options de mise Ă  niveau des stations d’épuration rencontre des obstacles au niveaux des divers niveaux de gouvernements.

Stratégies

Dans le monde

Plusieurs États ont des programmes nationaux sur ce thĂšme (Japon, USA, Suisse, France.). L'OCDE y travaille Ă©galement, avec la commission europĂ©enne, dont sur les mĂ©thodes d'essai et d'Ă©valuation des perturbateurs endocriniens ; d'abord pour la santĂ© humaine puis pour l'environnement. Diverses commissions internationales visant notamment la protection des ocĂ©ans (OSPAR, HELCOM, etc.) s'intĂ©ressent aussi Ă  ces questions.

la recherche porte gĂ©nĂ©ralement sur les thĂšmes suivant :

  • Le criblage, c'est-Ă -dire les mĂ©thodes analytiques (chimiques, tests biologiques, biomarqueurs d'effets) pour dĂ©terminer le taux de ces polluants dans un milieu ;
  • La mesure de la rĂ©partition et durĂ©e de vie dans l’environnement (eau, sol, air, sĂ©diments, aliments, etc.) et/ou dans les organismes vivants (monitoring, biomonitoring, etc.).
  • L’identification des dangers et l’évaluation des risques, la mesure du degrĂ© d'impact effectif (chez quelques espĂšces jugĂ©es reprĂ©sentatives ou faciles Ă  Ă©tudier) ;
  • La comprĂ©hension des mĂ©canismes d’action (et d'Ă©ventuels effets Ă©pigĂ©nĂ©tiques), mais aussi de dĂ©gradation naturelle de ces molĂ©cules, par des Ă©tudes Ă©cocinĂ©tiques et toxicologique des perturbateurs endocriniens ;
  • L'Ă©tude des voies mĂ©taboliques dans l’organisme et les Ă©tapes clef de la biodĂ©gradation ;

Des études de population ou écoépidémiologiques ont mis en évidence des effets à long terme. Elles ont permis de développer des modÚles animaux et de commencer à développer des modélisations des effets des perturbateurs endocriniens.


États-Unis : Par exemple, l’EPA (Agence de protection de l’environnement des États-Unis) s’est donnĂ©e comme objectif de tester des milliers de substances chimiques diffĂ©rentes au cours des prochaines annĂ©es pour en vĂ©rifier les effets endocriniens.

Canada : Des mesures d’alkylphĂ©nols polyĂ©thoxylĂ©s entrant dans la composition de pesticides ont Ă©tĂ© prĂ©levĂ©s dans plusieurs cours d’eau.

Suisse Au dĂ©but des annĂ©es 2000, le Conseil fĂ©dĂ©ral le Fonds national a lancĂ© un programme de recherche en Suisse (PNR 50 visant Ă  dĂ©velopper des stratĂ©gies pour Ă©valuer les risques et dangers de l’exposition du vivant aux perturbateurs endocriniens, pour 2001-2007 ; 17 projets subventionnĂ©s en 2001, et 7 autres en 2003, ayant abouti Ă  des conclusions et recommandations pour les autoritĂ©s et les industries, afin de limiter les effets nĂ©gatifs de ces substances et des futurs composĂ©s dĂ©veloppĂ©s.

France : Un « Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens Â» a Ă©tĂ© lancĂ© en 2005, en lien avec l’ANR et l’AFSSET, suite aux recommandations du ComitĂ© de la PrĂ©vention et de la PrĂ©caution (CPP) consĂ©cutive Ă  une saisine sur les perturbateurs endocriniens (conclusions publiĂ©es en dĂ©cembre 2003 ), ainsi qu’à l’annonce faite en juin 2004 par monsieur le ministre chargĂ© de l'Environnement S. Lepeltier. Un nouvel appel Ă  projet a Ă©tĂ© lancĂ© mi-2008 ciblant des « questions orphelines Â», dont celle des impacts sur fonction thyroĂŻdienne ou le systĂšme immunitaire.

Une cohorte « PELAGIE Â» vise un suivi de 3 500 couples mĂšres-enfants en Bretagne (Ă  partir de 2002)[41], intĂ©grĂ©e dans le rĂ©seau europĂ©en de cohortes mĂšres-enfants.

Union européenne

L'Union europĂ©enne a mis en place une « StratĂ©gie communautaire concernant les perturbateurs endocriniens Â» pour « aborder, d'urgence, le problĂšme des perturbateurs endocriniens nocifs Ă  la santĂ© et Ă  l'environnement Â»[42],[43],[44]. Cette stratĂ©gie prĂ©voit trois types de mesures : Ă  court, moyen et long terme.

À court terme, l'Union europĂ©enne veut faire Ă©valuer une liste prioritaire de molĂ©cules (« liste prioritaire PE Â») fortement suspectes d'effets hormonaux, en identifiant les manques de connaissances. L'UE veut utiliser les instruments lĂ©gislatifs existants, dont REACH (RĂšglement relatif Ă  l'Ă©valuation des risques) et la directive relative Ă  la classification des substances dangereuses, pour Ă©tablir des programmes de surveillance qui doivent estimer les doses et durĂ©es d'exposition aux substances perturbateurs endocriniens « prioritaires Â» et en Ă©tudier les effets. Il est aussi prĂ©vu d'identifier d'Ă©ventuels cas particuliers et les groupes vulnĂ©rables Ă  certaines substances (par exemple enfants, etc.) si ces substances ne sont pas dĂ©jĂ  rĂ©glementĂ©es, elles devront ĂȘtre inscrites sur la liste des perturbateurs endocriniens prioritaires ; Des rĂ©seaux d'Ă©change, d'information et de consultation des acteurs (niveau international, Commission, États membres, industrie, etc.) sont Ă©galement prĂ©vus. L'UE veut une « pleine information Â» de la population, notamment sur les activitĂ©s entreprises, les mĂ©canismes, la liste prioritaire PE. L'UE finance diverses Ă©tudes dĂšs les annĂ©es 2000, y compris interrĂ©gionales via les crĂ©dits Interreg.
En 2000, 553 substances artificielles et 9 hormones de synthĂšse ou naturelles ont Ă©tĂ© inscrites dans la « liste prioritaire Â». Des actions prioritaires ont Ă©tĂ© listĂ©es pour Ă©valuer le rĂŽle de ces substances, et une confĂ©rence a Ă©tĂ© organisĂ©e par la Commission sur les perturbateurs endocriniens (18-20 juin 2001, en SuĂšde). Un appel Ă  propositions de recherche de mai 2001 a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'un budget de 20 millions d'euros. Le Livre blanc sur la stratĂ©gie pour la future politique dans le domaine des substances chimiques inclut les perturbateurs endocriniens et la future directive sur la sĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©rale des produits devrait permettre de prendre plus facilement des « mesures d'urgence au niveau communautaire Â». Une StratĂ©gie communautaire sur le mercure qui est aussi un perturbateur endocrinien a Ă©galement fait l'objet d'une communication[45],[46].

À moyen terme, l'UEl'Union europĂ©enne veut contribuer Ă  identifier et Ă©valuer les perturbateurs endocriniens, dĂ©velopper des produits de substitution et des tests capables d'identifier les PE, notamment via le cinquiĂšme programme-cadre de recherche et dĂ©veloppement et les initiatives privĂ©es.

À long terme, l'Union europĂ©enne veut adapter/modifier la lĂ©gislation pour prendre en compte les PE, notamment via le RĂšglement (CEE) n° 793/93 concernant l'Ă©valuation des risques et la directive 67/548/CEE concernant la classification des substances dangereuses. Le bon Ă©tat Ă©cologique prĂ©vu par la Directive cadre sur l'eau doit intĂ©grer les aspects PE.

France

Un Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE) sera animĂ© par l’AFSSET Ă  partir de 2009, avec un budget de 2 millions d'euros par an.

Notes et références

  1. ↑ Traduction littĂ©rale de l'anglais endocrine disruptor, Ă  Ă©viter en français
  2. ↑ John M. Greally. (2011). Endocrine Disruptors and the Epigenome. OECD Review.
  3. ↑ Dictionnaire du vocabulaire normalisĂ© de l'Environnement, AFNOR
  4. ↑ RĂšglement du 18 dĂ©cembre 2006
  5. ↑ DĂ©finitions reprise par l'appel Ă  projet français 2008 (Programme national de recherche «Perturbateurs endocriniens» (PNRPE)), page 1
  6. ↑ Wingspread – 20 ans !
  7. ↑ Ă©tude du CIMAR et de l'UAlg : « Alteracao hormonal nas ameijoas provocada por quimicos nas aguas pode afectar fertilidade humana Â» - CienciaHoje (avril 2008), brĂšve reprise par l'ambassade de France (Bulletin ADIT n° 54559)
  8. ↑ Bertilsson, S.;Widenfalk, A. Photochemical degradation of PAHs in freshwaters and their impact on bacterial growth - influence of water chemistry. Hydrobiologia 2002, 469,23-32.
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  10. ↑ Jurgens, M.D.; Holthaus, K. I. E.; Jonhson, A. C.; Smith, J. J. L.; Hetheridge, M.; Williams, R. J. The potential for estradiol and ethinylestradiol degradation in English rivers. Environ. Toxicol, Chem. 2002, 21, 480-488
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  12. ↑ National Report On Human Exposure to Environmental Chemicals (CDC, USA)
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  14. ↑ Evidence of effects of environmental chemicals on the endocrine system in children PMID 12837917
  15. ↑ Environment and health: 6. Endocrine disruption and potential human health implications[1]
  16. ↑ How strong is the evidence of a link between environmental chemicals and adverse effects on human reproductive health? « Little definite data links human reproductive disorders or cancers with exposure to environmental chemicals... Â» [2]
  17. ↑ Hypospadias and Endocrine Disruption: Is There a Connection?[3]
  18. ↑ Neurodevelopment and Endocrine Disruption[4]
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  22. ↑ Temporal Variability and Predictors of Urinary Bisphenol A Concentrations in Men and Women
  23. ↑ Babies, Bottles, and Bisphenol A: The Story of a Scientist Mother[6]
  24. ↑ Toxic Chemical Leaches from Popular Baby Bottles[7]
  25. ↑ Replace bisphenol A or a child's health?[8]
  26. ↑ California's Bogus Baby Bottle Scare [9]
  27. ↑ Article Seattlepi/sur les PDE
  28. ↑ Jane S Fisher, Environmental anti-androgens and male reproductive health: focus on phthalates and testicular dysgenesis syndrome, journal = REPRODUCTION, Vol 127, Chap 3, pages 305 à 315, 2004 Voir
  29. ↑ Swan, S.H. et al. 2005. An overview of this paper is given in the same volume: Julia R. Barrett, Phthalates and Baby Boys: Potential Disruption of Human Genital Development, Environ. Health Perspect. 2005 Aug; 113(8): A542.
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  31. ↑ rFDA Public Health Notification: PVC Devices Containing the Plasticizer DEHP[11]
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  35. ↑ L. Zhanga and M.H. Wong, a, « Environmental mercury contamination in China: Sources and impacts Â», Croucher Institute for Environmental Science and Department of Biology, Hong Kong Baptist University, Hong Kong, PR China, reçu le 23 mars 2006; mis en ligne par Environment International, Volume 33, Issue 1, January 2007, Pages 108 Ă  121 le 17 aout 2006.
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  41. ↑ C. CHEVRIER, L’étude PÉLAGIE (Perturbateurs Endocriniens : Étude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’InfertilitĂ© et l’Enfance
  42. ↑ StratĂ©gie communautaire concernant les perturbateurs endocriniens
  43. ↑ Communication de la Commission au Conseil et au Parlement europĂ©en, du 17 dĂ©cembre 1999, sur une stratĂ©gie communautaire concernant les perturbateurs endocriniens [COM(1999) 706 final - Non publiĂ© au Journal officiel]
  44. ↑ Communication de la Commission au Conseil et au Parlement europĂ©en, du 14 juin 2001, sur la mise en Ɠuvre de la stratĂ©gie communautaire concernant les perturbateurs endocriniens [COM(2001) 262 final - Non publiĂ© Ă  ce jour]
  45. ↑ StratĂ©gie communautaire sur le mercure
  46. ↑ Communication de la Commission, du 28 janvier 2005, « StratĂ©gie communautaire sur le mercure Â» (COM(2005) 20 - Journal officiel C 52 du 2 mars 2005)

Voir aussi

Bibliographie

Lors de son colloque annuel (10 juin 2009), la sociĂ©tĂ© internationale d’endocrinologie a rĂ©alertĂ© sur la question des perturbateurs endocriniens et de leurs effets sur la reproduction, mais aussi les cancers du sein et de la prostate, et pathologies cardiovasculaires, de la thyroĂŻde et l’obĂ©sitĂ©. Elle a appelĂ© Ă  rĂ©duire l’exposition de la population Ă  ces molĂ©cules, au nom du principe de prĂ©caution. Elle a publiĂ© une « dĂ©claration scientifique Â» dans la revue Endocrine Reviews (rĂ©fĂ©rence ci-dessous).

Articles connexes

Gonades

SystĂšme hormonal

Malformations, anomalies

Cancers

MĂ©decine, recherche

Divers

Liens externes



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