Perception

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Perception
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La perception est une faculté bio-physique ou le phénomène physio-psychologique et culturel qui relie l'action du vivant aux mondes et à l'environnement par l'intermédiaire des sens et des idéologies individuels ou collectifs. Chez l'espèce humaine, la perception est aussi liée aux mécanismes de cognition par l'abstraction inhérent à l'idée et aux notions apprises dans la pensée.

Le mot perception désigne donc, soit la capacité sensitive (l'instinct par exemple), soit le processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle ou sensible (en psychologie cognitive par exemple), soit la prise de conscience qui en résulte[1].

En psychologie exp√©rimentale, chez l'√™tre humain, on distingue des √©chelles de la perception consciente et la perception inconsciente, dite aussi implicite ou subliminale. Cette distinction a √©t√© √©tendue aux autres animaux dans la mesure o√Ļ celle-ci est reconnue ou, dans une autre mesure, peuvent √™tre entra√ģn√©s et conditionn√©s √† indiquer ou pas s'ils ont per√ßu ou non un stimulus.

La perception d'une situation fait appel à la fois aux sens, à l'esprit, aux idées, à l'instant et au temps.

Sommaire

Perception sensorielle

La perception sensorielle est la perception "imm√©diate" que nos sens nous livrent, comme des informations directes. Le terme de "sensation" est parfois utilis√© dans un sens plus large (recouvrant aussi les √©motions) ; on ne peut donc le retenir pour d√©nommer cette forme de perception. Chez l'humain, on distingue cinq sens d√©livrant cette information :

En psychologie cognitive, la perception est définie comme la réaction du sujet à une stimulation extérieure qui se manifeste par des phénomènes chimiques, neurologiques au niveau des organes des sens et au niveau du système nerveux central, ainsi que par divers mécanismes qui tendent à confondre cette réaction à son objet par des processus tels que la représentation de l'objet, la différenciation de cet objet par rapport à d'autres objets.

Mesure de la perception sensorielle

Les ph√©nom√®nes perceptifs ne poss√®dent pas d'√©chelle de mesure continue. Ce sont avant tout des ph√©nom√®nes temporels, c'est-√†-dire que leur mesure n'est pas constante pour tous les instants (t). Chez l'humain, l'ou√Įe et la vue sont les deux sens qui nous transmettent des informations les plus importantes sur le temps et sur l'espace ; mais l'in√©galit√© entre les rayonnements sonores et les rayonnements lumineux est pour beaucoup √† l'origine d'une flagrante in√©galit√© entre ces sens. Le seuil de perception d'un son par l'oreille est situ√© √† 10‚ąí16 W, quand le seuil de perception d'une source lumineuse ponctuelle (√† l'Ňďil nu) est situ√© √† 10‚ąí18 W. La vue est donc un sens r√©serv√© √† l'imm√©diat. L'ou√Įe, en v√©hiculant des indications d'un autre ordre, nous renseigne beaucoup plus sur ce qui est du domaine de l'√©motion, des sentiments : par exemple, outre qu'elle peut porter plus d'informations, la voix au t√©l√©phone nous en dit plus sur l'√©tat ¬ępsychologique¬Ľ de l'interlocuteur qu'une photo.

Mesure de la sensation

Les quantit√©s mesurables nous apprennent peu de choses sur les ph√©nom√®nes per√ßus, comme en attestent les illusions d'optique o√Ļ, par exemple, un m√™me objet peut nous appara√ģtre plus clair ou plus fonc√© suivant la luminance des objets qui l'entourent. La psychologie de la perception cherche donc √† √©tablir le lien qui existe entre l'objet physique et la perception qu'on en a.

Les th√©ories physicalistes du XIXe si√®cle ont tent√© de relier, de fa√ßon bilat√©rale et univoque, sensations et grandeurs physiques. Le pragmatisme de ces recherches cherchait √† exprimer des grandeurs affectives en fonction de donn√©es empiriques (degr√©s de hi√©rarchie des perceptions, comparaison de leur somme et de leur diff√©rence), des attributs sensibles en fonction de mesures physiques (d√©finissables a priori). L'approche psychophysique a, par la suite, entrepris de mesurer pr√©cis√©ment notre sensibilit√© √† diff√©rents param√®tres physiques (comme la couleur ou l'intensit√© sonore) afin de d√©terminer ce qui seraient les lois g√©n√©rales de la perception, comme la loi de Weber-Fechner. Selon une autre approche, les courants inspir√©s de la psychologie de la forme (Gestalt) ont cherch√© √† comprendre comment se structurait la perception autour de principes g√©n√©raux. Par exemple, selon le principe de cl√īture, une forme sera plus facilement per√ßue si elle est ferm√©e que si elle est ouverte ; on retrouve une illustration de ce principe dans le triangle de Kanizsa o√Ļ l'on per√ßoit spontan√©ment un triangle blanc alors que seuls trois disques noirs sont dessin√©s. Les illusions visuelles fournissent une explication potentielle aux illusions de jugements ou illusions cognitives. √Ä titre d'exemples, on peut citer les dessins bien connus de W.E. Hill (ma femme et ma belle-m√®re ainsi que le dessin de l'homme barbu). Les gestaltistes ont beaucoup travaill√© sur ces √©quilibres visuels : premier plan et arri√®re plan, zones claires et zones sombres, contours convexes et concaves. Une fois que l'exp√©rience a permis de comprendre la dualit√© de l'image, les limitations dans la perception ou dans le jugement peuvent √™tre facilement vaincues. Comme l'affirmait Goethe, nous ne voyons que ce que nous savons. Et, "la d√©couverte consiste √† voir ce que tout le monde a d√©j√† vu et √† penser ce que personne n'a encore pens√©".

On peut aussi mentionner les approches physiologiques qui cherchent à comprendre quels sont les mécanismes qui permettent la perception aussi bien au niveau des organes des sens que des neurones du système nerveux.

Perception visuelle

L'Ňíil ne fonctionne pas comme un capteur photographique d'appareil num√©rique, l'Ňďil comprend deux syst√®mes compl√®tement diff√©rents : Le syst√®me fov√©al donne la possibilit√© d'examiner des points d'environ 2 degr√©s d'angle 3 √† 4 fois par seconde. C'est un syst√®me tr√®s lent avec une excellente r√©solution un bon rendement des couleurs. Le syst√®me de la r√©tine p√©riph√©rique rend jusqu'√† 90 images comprim√©s par seconde - d'un angle d'environ 180 degr√©s, avec une pauvre r√©solution. Il sert √† comprimer l'impression globale de la situation. Ces deux syst√®mes relient le monde ext√©rieur avec sa repr√©sentation int√©rieure. La perception visuelle est donc un syst√®me d'identification. Il permet d'identifier p. ex. une personne par la comparaison de quelques points critiques et l'impression globale avec les images internes. Pour percevoir un objet, il faut en avoir vu des objets similaires.

La perception des visages fonctionne depuis la naissance. Mais la discrimination de plusieurs visages est une capacité qui s'apprend.

Perception auditive

La branche de la psychologie qui étudie la façon dont nous percevons les sons est la psychoacoustique.

Mécanisme de l'audition

La cha√ģne de l'audition est complexe. Ses m√©canismes sont d√©velopp√©s dans l'article Ou√Įe. Les sons transmis par l'air sont capt√©s et amplifi√©s par le pavillon qui les focalise vers le conduit auditif jusqu'au tympan, membrane qui entre alors en vibration. La cha√ģne des osselets transmet et amplifie ces vibrations (conduction m√©canique) et elles sont transmises √† l'oreille interne. Elles provoquent des ondes de pression correspondant aux ondes sonores. Ces ondes de pression permettent de communiquer les vibrations √† la partie la plus d√©licate et la plus interne de l'oreille humaine, la cochl√©e. Les ondes m√©caniques font bouger les cils de l‚Äôoreille interne, ce qui active la production d'influx nerveux charg√©s de transmettre l'information au nerf auditif, jusqu'au cortex auditif.

Perception olfactive

La perception olfactive est relativement d√©laiss√©e par beaucoup d'humains, et beaucoup plus utilis√©e par certains animaux. On l'utilise cependant souvent sans s'en rendre compte. Il participe, avec la perception gustative, √† la sensation du go√Ľt

M√©canisme de l'odorat : voir le Nez.

Perception tactile

La perception tactile est la perception par l'homme ou l'animal de sensations par le toucher transmise par l'intermédiaire de la peau, des muqueuses (langue) ou des dents (mécanorécepteurs du parodonte[2], [3], [4]). Elle inclut non seulement la perception tactile au sens étroit (reconnaissance de textures, d'élasticité, lecture en braille, etc. ) mais aussi la perception thermique (sensation de chaud ou le froid), et même des perceptions émotionnelles, telles la douleur ou la sensualité.

M√©canisme du toucher : voir toucher (sens), peau et nerfs.

Perception gustative

C'est la perception du go√Ľt.

M√©canisme du go√Ľt : voir aussi la langue (anatomie) et le palais (anatomie).

Perception temporelle

Si nous poss√©dons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un nez pour sentir, nous n'avons pas de r√©cepteurs sensoriels sp√©cifique d√©di√©s √† la perception du temps. Or nous sommes pourtant capables de percevoir l'√©coulement du temps. L'√©tude de la perception du temps se confronte donc √† un paradoxe qui renvoie √† la nature m√™me du temps o√Ļ se rencontrent les exp√©riences psychologiques, les r√©flexions philosophiques, notre compr√©hension du fonctionnement du cerveau et nos connaissances des cycles circadiens.

La perception temporelle a fait l'objet de nombreux travaux depuis les premi√®res √©tudes psychophysiques au XIXe si√®cle jusqu'aux explorations en imagerie c√©r√©brale. Les exp√©rimentateurs se sont attel√©s √† distinguer diff√©rents types de ph√©nom√®nes qui rel√®vent tous de la perception du temps :

  • la perception des dur√©es
  • la perception et la production de rythmes
  • la perception de l'ordre temporel et de la simultan√©it√©

La question reste posée de savoir si ces différents domaines de la perception temporelle procèdent des mêmes mécanismes ou non, en particulier d'autres distinctions ont été introduites sur la base de l'échelle de temps considérée. Ainsi selon le psychologue français Paul Fraisse, il convient de distinguer la perception (pour des durées relativement brèves jusqu'à quelques secondes), de l'estimation temporelle, qui, elle, désigne l'appréhension de durées longues (supérieures à plusieurs secondes jusqu'à des heures ou davantage).

Perception de l'espace

De m√™me que la dur√©e, les distances entre les objets peuvent faire l'objet d'une perception. Ainsi, il est possible de dire si tel objet est plus proche de nous que tel autre ou encore qu'un tel est plus grand qu'un autre. L'argument pour isoler une perception de l'espace √† c√īt√© des sens physiologiques (tels la vision ou l'audition) repose sur l'observation que l'information spatiale que l'on extrait de l'environnement semble √™tre supra-modale, c'est-√†-dire partag√©e entre les diff√©rentes modalit√©s sensorielles de localisation. Ainsi il est possible de dire si un son provient d'un objet visuel. Le lobe pari√©tal du cerveau joue un r√īle important dans la perception de l'espace.

Voir aussi : Localisation auditive

Perception et audiovisuel

La perception par l'Ňďil ou par l'oreille des ph√©nom√®nes qui nous entourent sont limit√©s par les r√©cepteurs mis en jeux. L'oreille humaine ne capte les signaux sonores que dans une gamme de 20 √† 20 000 hertz en moyenne. L'Ňďil, pour sa part, est limit√© aux longueurs d'ondes comprises entre 400 nm et 700 nm ; c'est la lumi√®re visible.

De plus, il semblerait que l'interpr√©tation par le cerveau des images transmises par l'Ňďil ne puisse √™tre consid√©r√©e comme copie conforme de la r√©alit√©, mais plut√īt comme des r√©f√©rences √† des images (ou √† des portions d'images) d√©j√† impr√©gn√©es dans la m√©moire de l'individu. Gr√Ęce √† cela, on reconna√ģt un petit morceau d'assiette cass√©e alors qu'un ordinateur, lui, en sera compl√®tement incapable.

Sans parler des phénomènes de persistances rétiniennes, on utilise en audiovisuel les carences de nos perceptions pour manipuler les sons et les images pour qu'elles deviennent plus petites en termes d'espace occupé sans pour autant qu'elles ne perdent leur qualité intrinsèques de transport d'informations. On parle alors de codage, de compression du média.

Les codec les plus évolués prennent en compte de manière très fine les imperfections de nos perceptions pour atteindre des compressions inconnues avant les travaux des scientifiques sur la perception de nos cinq sens et l'interprétation faite par notre cerveau des données reçues.

Loi de Weber-Fechner

Pierre Bouguer (1760), puis Ernst Weber (1831) ont cherch√© √† d√©terminer la plus petite variation physique perceptible d'un stimulus. La loi de Bouguer-Weber stipulait que le seuil diff√©rentiel (plus petite diff√©rence perceptible entre deux valeurs de stimuli) augmentait lin√©airement avec la valeur du stimulus √©talon. Le m√©decin Gustav Fechner (inventeur du terme psychophysique) a modifi√© cette loi, pour la rendre valide aux valeurs extr√™mes de stimuli : ¬ęla sensation varie comme le logarithme de l'excitation¬Ľ. Cette distanciation de la somme des causes et des transformations lin√©aires et affines procurant le r√©sultat, l'effet, n'a √©t√© rendue possible que lorsque Fechner eut introduit vers 1860 la notion de seuil de perception et pr√©cis√© certaines m√©thodes d'investigation et d'observation qui permettaient de les rep√©rer.

Intensif - extensif

Rappelons que l'on doit √† Bergson d'avoir d√©nonc√© dans son ¬ęEssai sur les donn√©es imm√©diates de la conscience¬Ľ ce qu'il appelle l' ¬ęillusion¬Ľ consistant √† confondre ¬ęl'intensif et l'extensif¬Ľ. Des valeurs intensives, terme un peu d√©suet aujourd'hui, sont des valeurs qui augmentent par degr√©s, mais que l'on ne peut ni rattacher √† un nombre, ni rattacher √† une √©tendue ; par opposition, l'extensif se rapporte, lui, √† une √©tendue. Pour Bergson, nous associons inconsciemment ce que nous ressentons √† la cause de notre impression ; nous ressentons une certaine quantit√©, d√©finie par le contraste, la nuance, et nous cherchons un peu abusivement √† la d√©finir par une grandeur en objectivant une donn√©e qui appartient en propre √† la conscience subjective. Or, ¬ęla sensation est un fait psychologique qui √©chappe √† toute mesure.¬Ľ Bergson ne nie pas la mesure des seuils diff√©rentiels de Weber qui juge de l'excitation, donc de la cause. Mais il critique l'amalgame de Fechner qui met la cause dans l'effet. Il pr√īne donc une radicalisation de la pens√©e qui mette plus en valeur les √©tats subjectifs. Il faut, nous apprend-il, r√©tablir la v√©rit√© des ¬ędonn√©es imm√©diates de la conscience¬Ľ. On le sait aujourd'hui, la pseudo-loi de Weber-Fechner reste tr√®s approximative : elle n'est √† peu pr√®s exacte que dans la zone des valeurs moyennes. Ces th√©ories physicalistes op√©raient en fait une appr√©ciation psychophysique trop radicale du lien qui unit le monde subjectif du per√ßu et une ou plusieurs grandeurs mesurables.

Perception au sens philosophique

Dans un environnement complexe, la perception d'une situation fait appel à une intelligence globale. La perception de ce qui est, correspond au sens philosophique, à accorder une faculté à la perception. La perception du réel se modifie à chaque instant. La perception d'une situation complexe peut être entravée par des biais cognitifs comme la pensée, l'ignorance et les croyances. Le phénomène qui peut entraver la perception juste d'une situation est particulier à la mémoire et à l'illusion. Ce peut être aussi d'autres formes de biais cognitifs (dissonances cognitives) ou des sophismes, de la part des personnes qui échangent leur point de vue sur une situation - ce qui correspond plus à des opinions qu'à une perception.

Pour se prémunir contre tous ces risques, s'il en est, il est important de croiser les sources d'information, et de croiser les interprétations de ces sources. Ainsi, les situations du monde réel qui apparaissent complexes demandent une attention pour qu'une qualification plus coordonnée des informations, dans laquelle interviennent différentes opinions offre une prise dans la réalité.

Chez les humains de diverses cultures, le partage des informations et leur qualification, dans une collectivité ou une entreprise, font appel à des méthodes et à des sciences cognitives.

Plusieurs philosophes se sont penchés sur le phénomène de la perception.

Baruch Spinoza, dans le trait√© de la r√©forme de l'entendement (1661-1677), distingue quatre modes de perception :

La perception par l'expérience est un processus empirique, qui fait aujourd'hui appel à des méthodes expérimentales sophistiquées.

Autant les deux premiers types de perception (perception par les sens et par l'exp√©rience) sont individuels, autant le raisonnement, et aussi l'intuition ont des implications collectives : c'est √† ce stade que l'intelligence (inter-ligere, en latin, signifie lier entre) de l'individu, face √† une situation, n√©cessite des communaut√©s que les perceptions des uns et des autres interagissent pour aboutir √† une vision structur√©e d'un ensemble √† un moment particulier. En gestion des connaissances, on parle de communaut√©s de pratique.

Pour donner un point de vue sur une situation globale, l'intuition peut nous amener à faire des généralisations de cas singuliers, c'est-à-dire procéder par induction. La généralisation peut être inappropriée, car les cas singuliers choisis ne sont pas nécessairement représentatifs, et même ils peuvent être choisis intentionnellement pour arriver à une conclusion prédéterminée, ce qui est une logique fallacieuse. À cette réserve près, l'induction est parfois un complément indispensable du raisonnement déductif pour percevoir une situation complexe.

Henri Bergson (données immédiates de la conscience) s'est inspiré de Spinoza sur la question de l'intuition.

Maurice Merleau-Ponty a √©galement √©tudi√© le ph√©nom√®ne de la perception. La perception a, selon lui, une dimension active en tant qu‚Äôouverture primordiale au monde v√©cu (au Lebenswelt) [5]. Contrairement √† la conception cart√©sienne de la pens√©e, Merleau-Ponty estime que le corps n'est pas qu'un objet potentiel d'√©tude pour la science. Il souligne qu‚Äôil y a une inh√©rence de la conscience et du corps dont l‚Äôanalyse de la perception doit tenir compte. Le primat de la perception signifie un primat de l‚Äôexp√©rience, dans la mesure o√Ļ la perception rev√™t une dimension active et constitutive[6].

Perception en anthropologie chamanique

Il est int√©ressant de reconna√ģtre actuellement les travaux de l'anthropologue Carlos Castaneda (et aussi de Jeremy Narby) qui, en partant d'une th√®se universitaire sur les plantes hallucinog√®nes dans le "milieu culturel" des indiens du Mexique, √©tablit, √† partir de 1961, un v√©ritable trait√© sur la perception. Au fur et √† mesure de son s√©jour parmi les indiens Yaquis de Sonora, C.Castaneda s'aper√ßut - par lui-m√™me- que l'esprit humain peut acqu√©rir une importante capacit√© de manŇďuvre dans son induction √† faire surgir des perceptions. Cette "capacit√© d'induire", il a appel√© cela : Intention inflexible. L'intention est donc cette facult√© de "Regrouper l'individu" pour qu'il s'immerge lui-m√™me, parfois corps et √Ęme, dans un autre univers de sensations, un univers autre que son "Monde de tous les jours".

Des tentatives similaires de "regroupement de l'individu" ont √©t√© fa√ģtes en Occident, √† partir des " caissons d'isolation sensorielle ". Le principe de l'immersion en caisson, consistait plut√īt en un √©lagage des points d'ancrage du monde de la vie quotidienne, qu'√† un v√©ritable regroupement de parties isol√©es ou bien oubli√©es de la vie de l'individu. Des s√©ances en caisson d'isolation sensorielle ont produit sur certains sujets une d√©connexion telle que les ph√©nom√®nes perceptifs obtenus ont √©t√© sid√©rants, suivant certains r√©cits.

Carlos Castaneda a initialis√© une sorte de physique de la perception, par ce que l'on peut nommer comme √©tant l' "anthropologie chamanique", puisqu'il a su d√©tacher des agr√©gats de connaissance, qui tous, ont men√© √† des r√©sultats d√©finis en mati√®re de modulation de la perception. Peut-on effectivement parler aujourd'hui d'initialiser une section "anthropologie chamanique", voire m√™me une "physique de la perception" ? Pourquoi pas... Car si l'on consid√®re l'existence des effets constat√©s et d√©crits th√©oriquement par le principe d 'incertitude de Heisenberg, effets largement finalis√©s et corrobor√©s par les exp√©riences d'Alain Aspect, l'on se rend compte que l'Observateur (celui qui "per√ßoit") agit √† un point inali√©nable sur son environnement, par l'interm√©diaire du simple fait...de percevoir.

Bibliographie

Carlos Castaneda : "L'herbe du Diable et la petite fum√©e" eds Le Soleil Noir; "Voir", "Le Voyage √† Ixtlan", "Histoires de Pouvoir", "le second anneau de Pouvoir", "le Don de l'Aigle"...aux eds Gallimard Jeremy Narby : "le serpent cosmique: l'ADN et les origines du savoir"



Bibliographie

  • Baruch Spinoza, Trait√© de la r√©forme de l'entendement humain, 1661-1677
  • Platon, Th√©√©t√®te
  • Aristote, De l'√Ęme,
  • Long et sedley, Les philosophes hell√©nistiques, Tome II, les Sto√Įciens,
  • Kant, Critique de la raison pure,
  • Bonnet C. (1986). Manuel pratique de psychophysique, Armand Collin.
  • Fechner G.T. (1860). Element der Psychophysik, Leipzig, Breitskopf and H√§rtel.
  • Hans-Werner Hunziker, Im Auge des Lesers, foveale und periphere Wahrnehmung: vom Buchstabieren zur Lesefreude. ISBN 978-3-7266-0068-6
  • J√©r√īme Dokic, Qu'est-ce que la perception ?, Vrin, coll. Chemins philosophiques, 2004

La perception dans la phénoménologie

  • Husserl, (1907) Chose et espace, PUF, coll. Epim√©th√©
  • Husserl, (1913) Id√©es directrices pour une ph√©nom√©nologie, Gallimard, TEL, trad. P. Ricoeur
  • Merleau-Ponty (1945). Ph√©nom√©nologie de la perception,
  • Merleau-Ponty, Le primat de la perception et ses cons√©quences philosophiques, √Čditions Verdier, 1996
  • Henry, G√©n√©alogie de la psychanalyse, PUF, coll. Epim√©th√©
  • Barbaras, La perception, essai sur le sensible, Vrin, 2009
  • Yannick Bressan, A la recherche du principe d'adh√©sion. Le th√©√Ętral comme tube √† essais des neurosciences cognitives, EUE, 2011.

Référence

  1. ‚ÜĎ D√©finition lexicale (centre nationale des ressources textuelles)
  2. ‚ÜĎ Pfaffmann C, Afferent impulses from the teeth due to pressure and noxious stimulation, J Physiol 97, 1939:207-219
  3. ‚ÜĎ H√§mmerle CHF, Wagner D, Br√§gger U, Lussi A, Karayiannis A, Joss A, Lang NP, Threshold of tactile sensitivity perceived with dental endosseous implants and natural teeth, Clin. Oral Impl. Research 6.2, 1995:83-90
  4. ‚ÜĎ Trulsson M, Francis ST, Bowtell R, McGlone F, Brain activations in response to vibrotactile tooth stimulation: a psychophysical and FMRI study, J. Neurophysiol. 2010 Oct;104(4):2257-65.
  5. ‚ÜĎ Maurice Merleau-Ponty, La structure du comportement, Paris, Presses Universitaires de France, collection ¬ę Quadrige ¬Ľ, 1990, pages 235-236 ; et Maurice Merleau-Ponty, Ph√©nom√©nologie de la perception, Paris, √Čditions Gallimard, collection ¬ęTel¬Ľ, 1976, pages II-III et p. 240, et p. 348 ; et Maurice Merleau-Ponty, Le primat de la perception et ses cons√©quences philosophiques, √Čditions Verdier, 1996, page 67.
  6. ‚ÜĎ Principalement dans Maurice Merleau-Ponty, Ph√©nom√©nologie de la perception, Paris, √Čditions Gallimard, collection ¬ęTel¬Ľ, 1976, aux chapitres IV, V et VI

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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