Arme Nucléaire

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Arme Nucléaire

Arme nucléaire

Explosion atomique de 14 kilotonnes lors de l'essai américain XX-27 CHARLIE sur le site d'essais du Nevada en 1951.

L'arme nucléaire est une arme de destruction massive qui utilise l'énergie dégagée soit par la fission de noyaux atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), soit par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogÚne dans le cas des bombes H).

Ses effets destructeurs, qui sont sans commune mesure avec ceux des « armes conventionnelles Â», sont non seulement dus au souffle et Ă  l'augmentation de la tempĂ©rature, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'Ă©nergie libĂ©rĂ©e par l'explosion s'exprime par son Ă©quivalent en TNT.

L'arme nuclĂ©aire a Ă©tĂ© utilisĂ©e opĂ©rationnellement deux fois durant la Seconde Guerre mondiale, par les États-Unis contre le Japon par les bombardements des villes d'Hiroshima et de Nagasaki, entraĂźnant plusieurs centaines de milliers de morts.

En raison de sa puissance, l'arme nuclĂ©aire n'est gĂ©nĂ©ralement pas considĂ©rĂ©e comme une arme conventionnelle, mais comme une arme de dissuasion (politique de dissuasion nuclĂ©aire), visant Ă  empĂȘcher toute attaque majeure, qui serait sanctionnĂ©e par l'utilisation de cette arme. Inversement, l'impact psychologique potentiel d'une arme nuclĂ©aire en fait une cible de choix pour des mouvements ou États terroristes. Depuis que plusieurs pays se sont dotĂ©s plus ou moins rapidement de l'arme nuclĂ©aire, des accords internationaux visent Ă  rĂ©duire l'arsenal nuclĂ©aire et Ă  limiter la prolifĂ©ration nuclĂ©aire.

Sommaire

Histoire

Arme de destruction massive
carte des ADM
Par type

Armes biologiques
Armes chimiques
Armes nucléaires
Armes radiologiques

Par pays
Albanie
Algérie
Bulgarie
Argentine Australie
Brésil Canada
Chine France
Allemagne Inde
Iran Irak
Israël Japon
Pays-Bas Corée du Nord
Pakistan Pologne
Russie Afrique du Sud
Syrie TaĂŻwan
Royaume-Uni États-Unis

Débuts de la recherche nucléaire

La littérature exploite le concept de bombe atomique à partir des années 1910 [1] et les physiciens commencent à envisager l'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique dans les années 1930.

L'arrivĂ©e au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne dĂ©clenche une fuite des cerveaux immĂ©diate dĂšs 1933, y compris des savants de confession juive qui contribuĂšrent ensuite de façon dĂ©cisive aux filiĂšres française et britannique ; la bombe allemande ne vit jamais le jour malgrĂ© les travaux de l'institut de chimie Kaiser-Wilhelm de Berlin pendant la guerre.

Les découvertes et travaux effectués au CollÚge de France par Frédéric et IrÚne Joliot-Curie, Hans Halban et Lew Kowarski en 1939 et 1940 sont significatifs. Des communications sont faites et des brevets pris à cette époque [2], dont un décrit le principe de la bombe atomique [3].

La commission MAUD britannique est lancée pendant la drÎle de guerre et récupÚre les résultats de la filiÚre française aprÚs la débùcle de la bataille de France en mai 1940.

Projet Manhattan

Article dĂ©taillĂ© : Projet Manhattan.
Carte des principaux sites du projet Manhattan

Mais c'est aux États-Unis que la bombe atomique sera mise au point et assemblĂ©e durant le projet Manhattan. Ce projet est mis sur pied suite Ă  une lettre signĂ©e par Albert Einstein (aux opinions pacifistes), adressĂ©e au PrĂ©sident des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Dans cette lettre, datĂ©e du 2 aoĂ»t 1939, Einstein ainsi que d'autres physiciens expliquent Ă  Roosevelt que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nuclĂ©aire et ses applications possibles dans le domaine militaire, comme la crĂ©ation d'une bombe atomique. Einstein explique que cette bombe est capable de libĂ©rer une Ă©nergie si colossale qu'elle pourrait dĂ©truire une ville entiĂšre.

Le 14 aoĂ»t 1940, le ComitĂ© consultatif pour l'uranium, un organisme fĂ©dĂ©ral crĂ©Ă© par Roosevelt, aprĂšs avoir pris connaissance de la lettre, demande dans un mĂ©morandum la crĂ©ation d'un projet de recherche sur le thĂšme de la fission nuclĂ©aire et sur ses applications militaires. Une somme de 100 000 dollars est dĂ©bloquĂ©e.

La premiÚre étape consiste en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que son atome peut se casser et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium.

Alors que jusque-là, le projet avait uniquement un but expérimental, avec pour objectif de valider la réalisation d'une bombe atomique, il est décidé en 1943, au vu des résultats, de passer au stade du développement. Le Projet Manhattan vient de voir le jour.

Des milliers de chercheurs, mis au secret, vont dĂ©velopper cette arme. Plusieurs laboratoires sont construits un peu partout aux États-Unis, comme dans le Tennessee, Ă  Washington et enfin le plus cĂ©lĂšbre, le LANL de Los Alamos au Nouveau-Mexique en mars 1943.

Le Laboratoire national de Los Alamos (LANL) est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, il sera entouré par une brillante équipe de physiciens, parmi lesquels quatre prix Nobel de physique (Niels Bohr, James Chadwick, Enrico Fermi et Isidor Isaac Rabi). Durant deux ans, ils vont surmonter un grand nombre de problÚmes techniques, aidés par un budget de deux milliards de dollars. Ils développent les deux filiÚres, uranium et plutonium en parallÚle. Au début de juillet 1945, s'ils disposent de bombes opérationnelles dans chacune des filiÚres, ils ont encore un doute sur la bombe au plutonium. Ils décident donc que le premier test portera sur cette technologie.

Le 16 juillet 1945, sur la base aĂ©rienne d'Alamogordo, la premiĂšre bombe atomique, Gadget, explose lors d'un test baptisĂ© Trinity. La petite histoire dit que Kenneth Bainbridge, le responsable des essais, glissa Ă  l'oreille de Robert Oppenheimer, qui avait dĂ©clamĂ© I am become Death, the Destroyer of Worlds (« Maintenant, je suis la Mort, le Destructeur des Mondes Â») aprĂšs l'explosion : Now we are all sons-of-bitches (« Ă€ partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes Â») [4].

Hiroshima et Nagasaki

Vue aérienne de Nagasaki, avant et aprÚs l'explosion.

Dans la matinĂ©e du 6 aoĂ»t de la mĂȘme annĂ©e, le prĂ©sident Harry Truman, qui a succĂ©dĂ© Ă  Franklin Roosevelt dĂ©cĂ©dĂ© le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima, avec pour objectif de faire capituler le Japon.

MĂȘme aujourd'hui, les raisons de cette dĂ©cision sont loin d'ĂȘtre parfaitement connues. Il faut en effet se rappeler que le projet Manhattan visait initialement l'Allemagne et non pas le Japon. L'explication officielle (celle, Ă  l'origine, de Truman) soutient que la capitulation du Japon fut ainsi rĂ©alisĂ©e en Ă©vitant de lourdes pertes amĂ©ricaines. Pour d'autres, c'est l'imminence de la dĂ©claration de guerre de l'URSS au Japon prĂ©vue lors des accords de Yalta trois mois aprĂšs la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 aoĂ»t 1945), qui est le facteur dĂ©terminant ; avec leur nouvelle puissance nuclĂ©aire, les États-Unis n'avaient plus besoin de composer avec un alliĂ© encombrant pour finir ce conflit et en partager les profits (zones d'influence, bases militaires, etc.). Ce fut le point de vue d'Eisenhower pendant la guerre et, au dĂ©but de la Guerre froide, du prix Nobel de physique Patrick Blackett.

Cette bombe fut surnommĂ©e par l'armĂ©e amĂ©ricaine Little Boy (« Petit Garçon Â»), du fait de sa petite taille, et Pikadon (« LumiĂšre et bruit Â») par les japonais. La bombe A Ă  l'uranium enrichi (de type revolver) dĂ©tona en expulsant une Ă©nergie Ă©quivalente Ă  environ 15 kt de TNT. Il est difficile de connaĂźtre avec prĂ©cision le nombre de personnes tuĂ©es par l'explosion. Le DĂ©partement de l'Ă©nergie amĂ©ricain (DOE) estime quant Ă  lui le nombre de personnes tuĂ©es instantanĂ©ment Ă  environ 70 000 et environ 200 000 personnes supplĂ©mentaires dans les cinq annĂ©es qui ont suivi [5].

Le 9 aoĂ»t, trois jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe sur la ville de Kokura (actuellement Kitakyushu). Celle-ci Ă©tant recouverte par des nuages, c'est Nagasaki qui est alors visĂ©e : lors d'une Ă©claircie, le bombardier confond les usines Mitsubishi sur les quais du port avec la cathĂ©drale chrĂ©tienne. La bombe larguĂ©e, cette fois-ci, est au Plutonium, a une puissance de 22 kt et est surnommĂ©e Fat Man (« Gros Bonhomme Â»). Tout comme pour Hiroshima, le nombre de dĂ©cĂšs est difficile Ă  dĂ©finir, le DOE estime qu'il y a eu environ 40 000 personnes tuĂ©es instantanĂ©ment et 60 000 autres blessĂ©es. En janvier 1946, il Ă©tait estimĂ© qu'environ 70 000 personnes Ă©taient dĂ©cĂ©dĂ©es des consĂ©quences de l'explosion et peut-ĂȘtre le double dans les cinq annĂ©es suivantes [6].

Les deux bombes ont explosé à environ 500 mÚtres d'altitude afin de maximiser leurs effets.

Le 15 aoĂ»t, le Japon accepte la capitulation sans conditions, l'Acte de la reddition du Japon est signĂ© le 2 septembre 1945, Ă  bord du cuirassĂ© « Missouri Â», ce qui met fin Ă  la Seconde Guerre mondiale (aprĂšs la dĂ©claration de guerre soviĂ©tique au Japon le 8 aoĂ»t 1945).

Début de la prolifération nucléaire

Article dĂ©taillĂ© : ProlifĂ©ration nuclĂ©aire.

La fin de la Seconde Guerre mondiale et la connaissance de la puissance destructrice de la bombe atomique ont poussĂ© plusieurs gouvernements Ă  vouloir acquĂ©rir, comme les États-Unis, l'arme nuclĂ©aire.

C'est ainsi que rapidement, l'Union soviĂ©tique, a conçu une bombe A Ă  l'institut panrusse de recherche scientifique en physique expĂ©rimentale, le RDS-1 et l'a testĂ©e le 29 aoĂ»t 1949. Elle est suivie le 3 octobre 1952 par le Royaume-Uni.

Le 1er novembre 1952, les États-Unis dĂ©clenchent l'explosion de la premiĂšre bombe H, une bombe cent fois plus puissante qu'une bombe A. Le premier essai soviĂ©tique de la bombe H a lieu le 12 aoĂ»t 1953 et le 15 mai 1957 pour le Royaume-Uni. Suivront alors les premiĂšres bombes A de la France en 1960 et la Chine en 1964.

Cette rapide prolifération nucléaire, avec les tentatives, parfois réussies, de nombreux pays comme l'Afrique du Sud ou Israël, a poussé les responsables politiques à limiter l'accession aux connaissances nécessaires pour réaliser une telle arme. C'est dans ce cadre que furent ratifiés des traités comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 1968.

Dissuasion nucléaire

Article dĂ©taillĂ© : Dissuasion nuclĂ©aire.

Avec le dĂ©but de la Guerre froide et l'accession rapide de l'Union soviĂ©tique Ă  la force nuclĂ©aire, les deux superpuissances sont entrĂ©es dans ce que l'on appelle « dissuasion nuclĂ©aire Â» ou Ă©quilibre de la terreur.

Cette notion consiste en la peur, dans les deux camps, de l'utilisation par l'autre de l'arme nuclĂ©aire. Si c'Ă©tait le cas, l'agressĂ© rĂ©pliquerait avec les mĂȘmes armes et, en raison de la puissance et des effets des armes nuclĂ©aires, chacun pourrait ĂȘtre totalement dĂ©truit ou au moins subir des dĂ©gĂąts trĂšs importants, si bien que les avantages d'ĂȘtre l'agresseur sont quasi nuls. La stabilitĂ© de cette configuration, oĂč deux adversaires se dissuadent ainsi mutuellement, dĂ©pend avant tout de la capacitĂ© de l'agressĂ© Ă  frapper nuclĂ©airement l'autre aprĂšs avoir subi une premiĂšre frappe atomique. C'est ce que l'on appelle la capacitĂ© de seconde frappe, Ă©lĂ©ment moteur de la course aux armements qui a opposĂ© les deux superpuissances durant la Guerre froide.

Du fait de leur exceptionnel pouvoir lĂ©tal en une seule frappe, les armes nuclĂ©aires apparaissent aujourd'hui avant tout ĂȘtre des armes de pression politique, mĂȘme si l'emploi limitĂ© d'arme nuclĂ©aire de faible puissance en milieu confinĂ© est parfois envisagĂ©, par exemple aux États-Unis avec les mini-nuke, pour dĂ©truire des cibles-clĂ©s enterrĂ©es Ă  grande profondeur. Cette primautĂ© accordĂ©e Ă  l'usage dissuasif de l'arme nuclĂ©aire n'est cependant pas universelle : celle-ci est apparue progressivement mais rapidement aux États-Unis, mais ne faisait pas partie du corpus doctrinal officiel de l'URSS. Toutefois la dissuasion mutuelle pesait sur les relations entre les deux pays, comme semblent en tĂ©moigner les rĂ©solutions « pacifiques Â» des crises qui ont ponctuĂ© la Guerre froide.

Réduction des arsenaux nucléaires

Malgré leurs accords de non-prolifération, le stock d'armement nucléaire des deux grands est resté trÚs important

Les accords Strategic Arms Limitation Talks (SALT), signĂ©s par les États-Unis et l'Union soviĂ©tique en 1972 et 1979, fixaient aux armes stratĂ©giques offensives des plafonds supĂ©rieurs aux niveaux que celles-ci avaient atteints : ils autorisaient donc leur dĂ©veloppement, mais limitĂ©.

Les accords Strategic Arms Reduction Treaty (START), en 1991 et 1993, imposaient, eux, une vĂ©ritable rĂ©duction des arsenaux de les États-Unis et la FĂ©dĂ©ration de Russie, de 13 000 ogives Ă  3 500 pour chacune des parties.

SignĂ© en 2002, le TraitĂ© de rĂ©duction des arsenaux nuclĂ©aires stratĂ©giques (SORT) entre ces deux pays prĂ©voient que leurs arsenaux soit limitĂ© entre 1 700 et 2 200 ogives en 2012.

Armes nucléaires et droit international humanitaire

Le droit international n'interdit pas spécifiquement et en toutes circonstances l'emploi des armes nucléaires. Pourtant, leur utilisation est contraire aux principes et rÚgles du droit international humanitaire qui interdit l'emploi d'armes causant des pertes inutiles ou des souffrances excessives. Pour cette raison, le 8 juillet 1996 les 14 juges de la Cour internationale de Justice ont conclu à l'unanimité que le droit international humanitaire s'appliquait et que l'emploi de ces armes était généralement contraire à ce droit.[7].

Pays disposant de l'arme nucléaire

Depuis 1945, annĂ©e oĂč la premiĂšre bombe explosa au Nouveau-Mexique aux États-Unis, plusieurs pays ont tentĂ© de maĂźtriser la conception d'une telle arme. Ils sont classĂ©s ci-dessous en fonction du nombre de tĂȘtes nuclĂ©aires dont ils disposent.

Les puissances nucléaires en 2006
     Puissance nuclĂ©aire majeure      Puissance nuclĂ©aire moyenne      Puissance nuclĂ©aire faible      Puissance nuclĂ©aire supposĂ©e

Pays détenteurs signataires du TNP

Cinq pays sont juridiquement reconnus comme « Ă‰tats dotĂ©s de l'arme nuclĂ©aire Â» par le TNP, voici leur arsenal en mars 2006 [8]:

  • la Russie : 16 000, dont 5 830 actives ;
  • les États-Unis : 9 962, dont 5 735 actives ;
  • la France : 348 tĂȘtes actives ; rĂ©duction Ă  moins de 300 en projet (dĂ©claration du prĂ©sident Nicolas Sarkozy du 21 mars 2008);
  • le Programme nuclĂ©aire du Royaume-Uni : plus de 200, dont un peu moins de 200 actives.
  • la RĂ©publique populaire de Chine : environ 200, dont environ 145 actives ;

Les politologues dĂ©signent ces cinq États par le terme de « club nuclĂ©aire Â», qui sont Ă©galement ceux qui sont membres permanents du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies.

La CorĂ©e du Nord est le seul pays qui a acquis l'arme nuclĂ©aire aprĂšs avoir ratifiĂ© le TNP (qu'elle avait toutefois dĂ©noncĂ© en 1993). Le nombre de tĂȘtes est estimĂ© Ă  moins d'une dizaine, dont quelques-unes seraient peut-ĂȘtre actives. La CorĂ©e du Nord a procĂ©dĂ© Ă  un essai nuclĂ©aire le 9 octobre 2006 et renonce Ă  son armement nuclĂ©aire suite Ă  l'accord de PĂ©kin du 13 fĂ©vrier 2007, mais finalement elle rĂ©alise un second essai le 25 mai 2009.

Pays détenteurs non-signataires du TNP

Trois pays, non-signataires du TNP, disposent de l'arme nuclĂ©aire :

  • l'Inde : 40 Ă  50 tĂȘtes, presque toutes actives[rĂ©f. nĂ©cessaire] ; a rĂ©alisĂ© le 18 mai 1974 son premier essai nuclĂ©aire, officiellement Ă  but pacifique. Le 11 mai 1998, elle rĂ©alise son premier essai militaire.
  • le Pakistan : 50 Ă  60, presque toutes actives[rĂ©f. nĂ©cessaire] ; a rĂ©alisĂ© quelques jours aprĂšs l'Inde, le 28 mai 1998, son premier essai nuclĂ©aire.
  • Programme nuclĂ©aire IsraĂ«l : dispose d'armes nuclĂ©aires. Une centaine seraient actives. Selon un ancien technicien de la Centrale nuclĂ©aire de Dimona, MordechaĂŻ Vanunu, IsraĂ«l disposerait de plus de 200 bombes atomiques. Cette dĂ©claration lui a valu une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans. Selon certaines sources, IsraĂ«l aurait procĂ©dĂ©, avec l'aide de l'Afrique du Sud, Ă  un essai sous-marin dans l'OcĂ©an Indien le 22 septembre 1979, connu sous le nom de l'Incident Vela, mais aucune certitude n'existe Ă  ce sujet. La position officielle israĂ©lienne a toujours Ă©tĂ© de ne pas confirmer ni infirmer les spĂ©culations relatives Ă  sa possession de l'arme atomique. Le 6 dĂ©cembre 2006, Robert Gates, secrĂ©taire d'État Ă  la dĂ©fense amĂ©ricain dĂ©clarait lors de son audition au SĂ©nat : « l'Iran est entourĂ© de pays dotĂ©s de l'arme nuclĂ©aire : le Pakistan Ă  l'est, IsraĂ«l Ă  l'ouest
 Â», une premiĂšre pour un haut fonctionnaire amĂ©ricain. Quelques jours plus tard, le 11 dĂ©cembre 2006 lors d'une interview de la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision allemande N24 Ă  propos des ambitions nuclĂ©aires iraniennes, Ehud Olmert dĂ©clarait : « Pourriez-vous dire que c'est la mĂȘme chose que pour l'AmĂ©rique, la France, IsraĂ«l et la Russie ? Â». Il a Ă©tĂ© obligĂ© de corriger la dĂ©claration de Robert Gates ainsi que son lapsus et a rappelĂ© la position d'IsraĂ«l sur le sujet : « IsraĂ«l ne sera pas le premier pays Ă  introduire l'arme nuclĂ©aire au Proche-Orient. C'Ă©tait notre position, c'est notre position, celĂ  restera notre position. Â» [9].

Pays possédant un programme d'acquisition nucléaire

Article dĂ©taillĂ© : ProlifĂ©ration nuclĂ©aire.
La recherche nucléaire en 2009
     Grandes puissances nuclĂ©aires      Autres puissances nuclĂ©aires dĂ©clarĂ©es officiellement      Ă‰tats suspectĂ©s de vouloir se doter de l'arme nuclĂ©aire ou l'ayant acquise      Ă‰tats suspectĂ©s de faire, ou ayant eu, des recherches sur l'arme nuclĂ©aire

Pays soupçonnés de développer un programme nucléaire militaire

  • L'Iran qui essaye depuis plusieurs annĂ©es de se procurer l'Ă©nergie atomique Ă  des fins, officiellement, civiles. Cependant plusieurs membres de la communautĂ© internationale pensent que ce programme peut ĂȘtre utilisĂ© pour dĂ©velopper l'arme nuclĂ©aire, notamment depuis la dĂ©couverte de l'installation de recherche de Natanz en aoĂ»t 2002, qui n'avait pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e Ă  l'AIEA. Une troĂŻka europĂ©enne (composĂ©e de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni) s'est formĂ©e et tente de pousser l'Iran Ă  accepter un contrĂŽle strict de son programme civil par les experts de l'AIEA. IsraĂ«l et les États-Unis pour leur part laissent planer le dĂ©clenchement de reprĂ©sailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait Ă  ĂȘtre confirmĂ©e. Au dĂ©but du mois de janvier 2006, l'Europe et les États-Unis se sont mis d'accord pour prĂ©senter l'affaire devant le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU.
  • L'AlgĂ©rie qui est soupçonnĂ©e de vouloir dĂ©velopper un programme nuclĂ©aire. Les AlgĂ©riens ont mis en marche un second rĂ©acteur nuclĂ©aire, qui est particuliĂšrement protĂ©gĂ©. Elle suscite des craintes chez les AmĂ©ricains Ă  cause de la taille de ce rĂ©acteur, et de la large dĂ©fense aĂ©rienne dont il bĂ©nĂ©ficie. Une enquĂȘte de la CIA avait conclu Ă  l'Ă©ventuelle utilisation militaire du rĂ©acteur nuclĂ©aire d'AĂŻn Oussara (160 km au sud d'Alger).
  • L'Arabie Saoudite est aussi soupçonnĂ©e de vouloir dĂ©velopper un programme nuclĂ©aire. L'Arabie-Saoudite et le Pakistan auraient signĂ© un accord secret sur « la coopĂ©ration nuclĂ©aire Â» qui fournirait aux Saoudiens la technologie du nuclĂ©aire en Ă©change de pĂ©trole bon marchĂ©.
  • La Syrie qui est soupçonnĂ©e par les États-Unis de vouloir dĂ©velopper un programme nuclĂ©aire.

Pays ayant démantelé leurs installations atomiques

  • La Suisse a prĂ©conisĂ© de se doter d'un armement nuclĂ©aire, a construit des installations pour l'enrichissement de l'uranium, puis a pris des contacts avec l'État-Major de l'armĂ©e française pour acquĂ©rir une arme nuclĂ©aire avant d'abandonner le projet au milieu des annĂ©es 1960 [10].
  • Durant les annĂ©es 1950 et 1960, la SuĂšde a dĂ©veloppĂ© un programme secret d'arme nuclĂ©aire, dans l'objectif de se protĂ©ger d'une Ă©ventuelle invasion de l'Union soviĂ©tique. Ce programme lui a permis de rĂ©aliser une bombe atomique, mais le programme a Ă©tĂ© abandonnĂ© en 1968, aprĂšs la ratification du TNP [11].
  • La Libye qui a officiellement abandonnĂ© son programme nuclĂ©aire en 2003. C'est le rĂ©sultat de neuf mois de tractations secrĂštes entre la Libye, les États-Unis et la Grande-Bretagne.
  • L'Irak a arrĂȘtĂ© son programme nuclĂ©aire aprĂšs la premiĂšre guerre du golfe. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont soupçonnĂ© pendant un temps que le programme puisse avoir Ă©tĂ© relancĂ©, mais depuis l'invasion de l'Irak en 2003, aucune preuve en ce sens n'a Ă©tĂ© trouvĂ©e.
  • Les nouveaux États issus de la dissolution de l'Union soviĂ©tique, tels l'Ukraine et le Kazakhstan ont rendu les ogives Ă  la Russie et dĂ©mantelĂ© les bases nuclĂ©aires sur leur sol.
  • Les installations françaises en AlgĂ©rie ont Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©es et le pays n'a hĂ©bergĂ© aucune arme nuclĂ©aire depuis son indĂ©pendance en 1962.
  • De mĂȘme, la base britannique d'essais nuclĂ©aires en Australie a Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©e.

Les différents types de bombes

On peut les classer de diffĂ©rentes façons :

Selon le principe de fonctionnement

Les armes Ă  fission ou « bombes A Â»

Article dĂ©taillĂ© : Bombe A.

Les bombes Ă  fission furent les premiĂšres Ă  ĂȘtre dĂ©veloppĂ©es et sont communĂ©ment appelĂ©es « bombes atomiques Â». A priori ces armes n'existent plus dans l'arsenal des nations technologiquement les plus avancĂ©es qui leur prĂ©fĂšrent les engins Ă  fusion plus puissant et/ou moins encombrant.

Elles se fondent sur le principe de la fission nucléaire et utilisent des éléments fissiles comme l'uranium 235 et le plutonium 239. Pour obtenir une explosion nucléaire, il est nécessaire de déclencher une réaction nucléaire en chaßne. Pour cela, il faut avoir une quantité suffisante de matiÚre fissile, c'est la masse critique. La masse critique d'une sphÚre de matériau pur (non modéré) en l'absence de réflecteur est d'environ 50 kilogrammes pour l'uranium 235 et de 10 kilogrammes pour le plutonium 239[12]. Cependant, la masse critique nécessaire diminue quand le matériau est entouré de réflecteurs neutroniques, ou quand sa densité est fortement augmentée (par une explosion conventionnelle).

Pour contrĂŽler le moment de l'explosion, la matiĂšre fissile est sĂ©parĂ©e en deux ou assemblĂ©e sous une forme de sphĂšre creuse. Ainsi la masse critique ne peut pas ĂȘtre atteinte spontanĂ©ment et il n'y a donc aucun risque de fission nuclĂ©aire intempestive. Le dĂ©tonateur est un explosif conventionnel qui va rassembler et/ou comprimer la matiĂšre fissile, augmenter sa densitĂ© et dĂ©clencher la rĂ©action en chaĂźne. Une fois cette masse critique rassemblĂ©e, la rĂ©action en chaĂźne est dĂ©clenchĂ©e. Dans certains cas, la rĂ©action en chaĂźne est Ă©galement «dopĂ©e» par une source de neutrons extĂ©rieure Ă  la matiĂšre fissile.

Alors, les noyaux de la matiĂšre fissile se scindent (fissionnent) et libĂšrent des neutrons. Ces derniers percutent d'autres noyaux de matiĂšre fissile, qui Ă  leur tour libĂšrent des neutrons et ainsi de suite. La rĂ©action en chaĂźne est dĂ©clenchĂ©e et la matiĂšre produit une Ă©nergie colossale par rapport Ă  ce que produiraient des rĂ©actions chimiques dans une mĂȘme quantitĂ© de matiĂšre.

Les armes Ă  fusion, bombes thermonuclĂ©aires ou « bombes H Â»

Article dĂ©taillĂ© : Bombe H.

CommunĂ©ment nommĂ©es « bombes Ă  hydrogĂšne Â» ou « bombes H Â», ces derniĂšres se fondent sur le principe de la fusion nuclĂ©aire qui consiste Ă  fusionner des isotopes dits fusibles. Les bombes H utilisent gĂ©nĂ©ralement des isotopes fusibles comme le deutĂ©rium et le tritium qui sont des isotopes de l'hydrogĂšne. Le deuterium s'extrait de l'eau de mer, sous forme D2O plus communĂ©ment appelĂ© eau lourde. Le tritium est fabriquĂ© Ă  partir du lithium.

Pour rĂ©aliser une fusion thermonuclĂ©aire, il faut chauffer les Ă©lĂ©ments fusibles de maniĂšre Ă  les porter Ă  trĂšs hautes tempĂ©ratures. Ces conditions sont obtenues par l'explosion d'une « amorce Â» constituĂ©e par une bombe Ă  fission au plutonium.

Les bombes H classiques sont divisĂ©es en deux Ă©tages :

  • le premier Ă©tage est constituĂ© d'une bombe A (sphĂšre creuse de plutonium)
  • le deuxiĂšme Ă©tage est constituĂ© des combustibles de fusion

La plus puissante explosion nucléaire de l'histoire fut le résultat du test de la Tsar Bomba soviétique de 57 Mt. La bombe à neutrons est une variante de bombe thermonucléaire.

Selon le type d'effet recherché

Engin à rayonnements renforcés ou "bombe à neutrons" ou "bombe N"

Article dĂ©taillĂ© : Bombe Ă  neutrons.

Il s'agit d'un engin Ă  fusion qui par ses particularitĂ© "gĂ©omĂ©trique" renforce l'Ă©mission de neutrons au moment de l'explosion. Les effets de souffle et le rayonnement thermique sont limitĂ©s (quoique Ă©quivalent Ă  environ 1 000 tonnes de TNT). En revanche, les radiations et notamment l'Ă©mission de neutrons sont grandement amplifiĂ©es, tuant les organismes vivants Ă  plusieurs centaine de mĂštres, mĂȘme derriĂšre un Ă©pais blindage.

En raison de ses propriĂ©tĂ©s, la bombe Ă  neutrons a Ă©tĂ© destinĂ©e Ă  l'origine Ă  stopper une avancĂ©e de chars d'assauts ennemis dans les zones densĂ©ment peuplĂ©es d'Europe, en tuant les hommes se trouvant Ă  l'intĂ©rieur des blindĂ©s, tout en gardant un rayon de destruction assez "raisonnable". Ses effets sur les Ă©quipements Ă©lectroniques lui permettraient Ă©galement d'ĂȘtre utilisĂ©e comme charge de missiles anti-missiles balistiques, les neutrons "cuisant" l'Ă©lectronique et la charge nuclĂ©aire du missile ennemie. À cet effet, l'armĂ©e amĂ©ricaine l'a dĂ©ployĂ© pendant une courte pĂ©riode avant la signature du TraitĂ© ABM, au sein de ses missiles anti-missiles Sprint, en 1975.

La bombe salée

Article dĂ©taillĂ© : Bombe salĂ©e.

La bombe salée est une bombe nucléaire produisant un radioisotope qui maximise les retombées radioactives.

La bombe sale ou bombe radiologique

Article dĂ©taillĂ© : Bombe radiologique.

La bombe radiologique est un type de bombe sale. Elle n'est pas une bombe nuclĂ©aire au sens propre du terme : aucune rĂ©action de fission ou de fusion n'est dĂ©clenchĂ©e. Elle se compose d'un explosif traditionnel pas nĂ©cessairement puissant, entourĂ© de matiĂšre radioactive. Son but n'est donc pas de produire une puissance colossale comme une bombe atomique traditionnelle, mais de polluer et de contaminer la zone oĂč elle a explosĂ©.

Mini-nukes

Article dĂ©taillĂ© : Mini-nuke.

Les mini-nukes (terme non officiel) sont des bombes thermonuclĂ©aires miniaturisĂ©es destinĂ©es Ă  la destruction des infrastructures trĂšs profondĂ©ment enterrĂ©s (usine souterraines, poste de commandement...etc). La prĂ©cision des vecteurs actuels dispensant de la nĂ©cessitĂ© d'une grande puissance pour atteindre ce but. Ce nouveau type d'engins, dont le dĂ©veloppement est discutĂ© aux États-Unis Ă  priori dans l'optique d'un conflit avec un État prolifĂ©rateur, suscite la crainte de remettre en cause le principe de la dissuasion en banalisant l'usage de l'arme nuclĂ©aire.

Selon son utilisation

Une tĂȘte nuclĂ©aire opĂ©rationnelle est associĂ©e Ă  un vecteur, chargĂ©e de l'amener sur la cible. C'est souvent le vecteur qui dĂ©termine le type d'utilisation possible de l'arme.

L'arme nucléaire stratégique

Engins en principe de grande puissance embarquĂ© sur un vecteur de longue portĂ©e (bombardier et missiles intercontinentaux) pouvant viser le cƓur de la nation ennemie. L'objectif peut ĂȘtre la destruction Ă©conomique et humaine de l'ennemi en ciblant les agglomĂ©rations, ou la neutralisation de ses moyens de reprĂ©sailles ("frappe contre force" visant les engins stratĂ©giques de l'ennemi). Instrument de la doctrine de dissuasion nuclĂ©aire ou de « non-emploi Â», destinĂ©e Ă  essayer de prĂ©venir un conflit.

L'arme nucléaire tactique ou de bataille

Davy Crockett, la plus petite arme nuclĂ©aire des États-Unis, le lanceur Ă©tant une sorte de gros bazooka

Arme nuclĂ©aire de puissance faible ou modĂ©rĂ©e conçue pour attaquer et dĂ©truire les armĂ©es ennemies et/ou leur arriĂšres. DĂ©s les annĂ©es 1950, les deux superpuissances dĂ©veloppĂšrent toute une gamme de tĂȘtes nuclĂ©aires Ă©quipant toute une grande variĂ©tĂ© de vecteurs: de la bombe larguĂ©e par chasseur-bombardier, au missile balistique de courte/moyenne portĂ©e, en passant pas le missile air-air, Ă  la torpille, les mines, les obus d'artillerie, jusqu'aux charges de dĂ©molition transportables Ă  dos d'homme. Initialement il s'agissait de bombe Ă  fission, par la suite Ă  fusion.

  • Un exemple: Les Missiles Pluton et HadĂšs
Articles dĂ©taillĂ©s : Missile Pluton et Missile HadĂšs.

À la fin de la Guerre froide, pour remplacer les Pluton, la France a dĂ©veloppĂ© un missile destinĂ© Ă  ĂȘtre mis en Ɠuvre par le rĂ©giment HadĂšs. Ce missile, Ă  courte portĂ©e et Ă  relativement faible charge (bombe Ă  neutrons), Ă©tait destinĂ© Ă  arrĂȘter une attaque terrestre surprise des forces du pacte de Varsovie avant qu'elles ne pĂ©nĂštrent le territoire national. La fin de la Guerre froide et ses conditions d'emploi (arme tactique) ont provoquĂ© son abandon.

Usage civil

Des utilisations civiles des armes nuclĂ©aires ont Ă©tĂ© envisagĂ©es (creusement de cavitĂ©s pour le stockage de gaz notamment), mais jamais mises en Ɠuvre.

Les effets d'une bombe atomique

Article dĂ©taillĂ© : Explosion atomique.
Brûlures d'une femme japonaise suite à une explosion nucléaire en 1945

Les aspects particuliers de la bombe comme sa puissance et sa matiÚre explosive la distinguent des explosifs traditionnels. Plusieurs effets la rendent bien plus dangereuse que les bombes développées jusqu'alors. On distingue généralement quatre grands effets (le souffle, la chaleur, l'impulsion électromagnétique et les radiations). Utilisées en grand nombre, les bombes atomiques peuvent également avoir un effet sur le climat global de la Terre.

Le souffle

La puissance de l'explosion est bien plus importante qu'avec un explosif traditionnel. Une onde de choc provoque un déplacement important et rapide de l'air environnant, exerçant ainsi une contrainte (pression) sur les objets alentours.

Le souffle de l'explosion détruit tous les bùtiments alentour et provoque des lésions et la surdité des personnes qui sont trop proches de l'explosion. Une fois l'onde de choc passée, de forts vents créés par l'effet de vide (dépression, contrainte opposée) dû à l'explosion, semblables à ceux d'un ouragan, finissent de démolir les bùtiments qui seraient encore debout.

Si l'explosion a lieu au niveau du sol ou mĂȘme est souterraine, des sĂ©ismes peuvent Ă©galement avoir lieu.

La chaleur

La chaleur de l'explosion est telle qu'elle dĂ©clenche des incendies et cause des brĂ»lures sur les personnes proches de l'explosion. Pour donner un ordre de grandeur, une bombe de dix mĂ©ga-tonnes provoque des brĂ»lures jusque dans un rayon de trente kilomĂštres et la tempĂ©rature en son centre atteint plusieurs millions de degrĂ©s. À cela peuvent s'ajouter des brĂ»lures aux yeux pour ceux qui regardent l'explosion.

L'impulsion électromagnétique (IEM)

Article dĂ©taillĂ© : Impulsion Ă©lectromagnĂ©tique.

Une explosion nucléaire provoque un déplacement d'électrons, qui crée un courant électrique. Ce courant est tel qu'il perturbe pendant un certain temps les alimentations électriques et détruit complÚtement la plupart des circuits électroniques. Cet effet est maximal dans le cas des explosions à trÚs haute altitude ou dans l'espace, plus limité lors d'explosions dans la basse atmosphÚre ou au niveau du sol.

Les radiations

L'irradiation due Ă  une arme nuclĂ©aire peut ĂȘtre de deux types :

  • Une irradiation immĂ©diate et directe, pour les personnes proches de l'explosion, qui peut ĂȘtre trĂšs intense (voir Syndrome d'irradiation aiguĂ«);
  • Une irradiation Ă  long terme, due aux Ă©lĂ©ments radioactifs de la bombe et des Ă©lĂ©ments contaminĂ©s, qui peuvent ĂȘtre transportĂ©s par les mouvements d'air sur de trĂšs grandes distances. Cette irradiation est plus importante en termes de nombre de personnes touchĂ©es.

Les effets à long terme sont à relativiser d'aprÚs les résultats du suivi médical des survivants de Hiroshima et Nagasaki: [13],[14]

  • Il existe bien une augmentation des taux de cancers, significative, mais moins importante que ceux liĂ©s Ă  d'autres causes comme le tabagisme (mĂȘme pour les sujets exposĂ©s aux plus fortes doses l'excĂšs de cancer ne semble pas dĂ©passer 4%).
  • Contrairement aux idĂ©es reçues: il n'a pas Ă©tĂ© observĂ© d'augmentation des malformations ou de troubles gĂ©nĂ©tiques chez les descendants de survivants irradiĂ©s.

Impact climatique

Article dĂ©taillĂ© : Hiver nuclĂ©aire.

Selon certains scĂ©narios, si une guerre nuclĂ©aire venait Ă  ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e avec l'emploi massif des bombes nuclĂ©aires, des impacts importants sur le climat de la Terre pourraient se faire ressentir. Les incendies en masse dĂ©clenchĂ©s par l'effet de chaleur, ainsi que le soulĂšvement de la poussiĂšre, pourraient provoquer la formation d'un gigantesque manteau de suie et de poussiĂšre dans la stratosphĂšre, qui occulterait les rayons du Soleil. Il s'ensuivrait, pendant quelques jours seulement ou plusieurs annĂ©es, ce que l'on appelle communĂ©ment un Hiver nuclĂ©aire.

Annexes

Sources et bibliographie

  • Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, Calmann-LĂ©vy, Paris, 1962 ;
  • Georges Ayache et Alain Demant, Armements et dĂ©sarmements depuis 1945, Complexe, Bruxelles, 1991 ;
  • Amiral Marcel Duvaille :
    • L'Arme nuclĂ©aire dans le monde : Ă©tat des lieux, DĂ©fense nationale, janvier 1998 (voir aussi janvier 1997),
    • Perspectives d'avenir de la dissuasion française, DĂ©fense nationale, dĂ©cembre 1996 ;
  • GĂ©nĂ©ral Pierre Marie Gallois, GĂ©opolitique. Les Voies de la puissance, FEDN-Plon, Paris, 1990 ;
  • Paul-Marie de la Gorce, La Guerre et l'Atome, Plon, Paris, 1985 ;
  • Éric de la Maisonneuve, La violence qui vient, ArlĂ©a, Paris, 1997 ;
  • GĂ©nĂ©ral Claude le Borgne, La guerre est morte, mais on ne le sait pas encore, Grasset, Paris 1987 ;
  • Livre blanc sur la DĂ©fense nationale, 1994 ;
  • GĂ©nĂ©ral Lucien Poirier :
    • La Crise des fondements, ISC/Economica, Paris, 1994,
    • StratĂ©gies nuclĂ©aires, Complexe, Bruxelles, 1988 ;
  • Jacques Soppelsa, GĂ©ographie des armements, Masson, Paris, 1980 ;
  • Bruno Tertrais, L'Arme nuclĂ©aire aprĂšs la guerre froide, Economica, 1994.

Notes et références

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