Pedro Navarro

ÔĽŅ
Pedro Navarro
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Navarro (homonymie).
Pedro Navarro
Tableau du musée militaire régional de Burgos
Tableau du musée militaire régional de Burgos

Naissance 1460
Garde
(Royaume de Navarre)
D√©c√®s 28 ao√Ľt 1528 (√† 68 ans)
Naples
Origine Navarre
Allégeance Royaume de Castille,
puis Royaume de France
Arme Infanterie et artillerie
Grade Général
Années de service 1499 - 1528
Conflits Guerres d'Italie
Colonisation espagnole de l'Afrique
Faits d'armes Prise de Naples, Oran, B√©ja√Įa et Tripoli
Batailles de Marignan et du Garigliano…
Distinctions Comté d'Oliveto
Autres fonctions Ingénieur militaire. Spécialiste des mines terrestres

Pedro Navarro (n√© √† Garde, Royaume de Navarre en 1460 - mort √† Naples, le 28 ao√Ľt 1528), comte d'Oliveto, est un marin et ing√©nieur militaire espagnol. Il est un des acteurs des conflits m√©diterran√©ens du d√©but de la Renaissance, tour √† tour pour son propre compte, pour celui du roi d'Espagne puis celui du roi de France. Il est r√©put√© pour avoir fortement contribu√© √† l'am√©lioration de la technique des mines terrestres.

On conna√ģt peu d'√©l√©ment de la jeunesse de Pedro Navarro. Il est reconnu qu'il est le fils d'un hidalgo espagnol du nom de Pedro del Roncal.

Sommaire

Mercenaire et pirate

Il travaille pour le compte de marchands g√©nois et s'enr√īle comme mercenaire dans les troupes florentines en guerre contre G√™nes pour des conflits territoriaux. Sous le commandement du g√©n√©ral Piero del Monte il participe √† l'assaut contre la forteresse de Sarzanello en 1487), √† Sarzana (La Spezia), √† l'occasion duquel il utilise pour la premi√®re fois la technique des mines terrestres. La technique consistait pour l'arm√©e assi√©geante √† creuser des tunnels jusqu'aux fondations des murailles, de les remplir de poudre et de faire s'√©crouler les murs gr√Ęce √† l'explosion. Il faut tout de m√™me noter que cette premi√®re tentative se solde par un √©chec.

Apr√®s la guerre, il part pour Naples et se lie avec un noble valencien, Antonio Centelles, marquis de Crotone et pirate. √Ä partir de Crotone, ils attaquent les vaisseaux et les ports de la c√īte grecque et du nord de l'Afrique. Les marchandises vol√©es et les esclaves sont ensuite vendus en Italie.

En 1495, lors de la premi√®re guerre d'Italie, les bellig√©rants enr√īlent des pirates et Centelles et Navarro se retrouvent aux c√īt√©s des Fran√ßais. Apr√®s la guerre, ils reprennent leurs activit√©s de pirates √† tel point que la r√©publique de Venise d√©cide d'en finir avec eux, en vain.

Peu de temps après, Centelles est capturé par les Ottomans et exécuté à Istanbul. Ses biens reviennent à sa veuve qui les met à la disposition de Navarro pour continuer son activité de pirate.

Officier et ingénieur militaire du Gran Capitán

Apr√®s gu√©rison des blessures caus√©es par un naufrage en 1499, il rejoint avec son navire les troupes de Gonzalve de Cordoue, dit le Gran Capit√°n, envoy√©es √† la conqu√™te de la C√©phalonie (1500). Paradoxalement, il y est sold√© par la r√©publique de Venise qui avait demand√© l'aide des Rois Catholiques pour la reprise de ses territoires envahis par les Ottomans. L'objectif en C√©phalonie est la prise de la forteresse de Saint-Georges, d√©fendue par des janissaires sous les ordres d'un capitaine albanais du nom de Gisdar: Pedro Navarro utilisa de nouveau ses mines pour abattre les murailles. Il conna√ģt un succ√®s mitig√© mais parvient √† ouvrir des br√®ches qui permettent l'assaut. Suivant les r√©cits, la prise de la forteresse prend entre 40 jours et plusieurs mois.

Royaume de Naples

Nommé capitaine, il continue sous les ordres du Gran Capitán durant la seconde campagne de Naples et participe à la modernisation de l'infanterie, élément-clé de la nouvelle armée de ce général.

En application des termes du traité de Grenade, les troupes espagnoles débarquent en juillet 1501 à Tropea pour prendre possession de la Calabre et de l'Apulie et éliminer les résistances locales. Navarro participe activement à ces opérations et, en février 1502, il met en déroute une escadre française qui tente d'approvisionner, en violation du traité, les assiégés de Tarente.

Une fois les hostilit√©s ouvertement d√©clench√©es apr√®s les violations du trait√©, Navarro est charg√© de repousser la premi√®re vague de l'arm√©e envoy√©e par Louis XII. Il repousse, avec 500 hommes seulement, trois assauts sur Canossa, en Apulie, en ao√Ľt 1502. Il n√©gocie finalement sa capitulation avec Robert Stuart d'Aubigny pour √©vacuer survivants mais √©choue dans son objectif de multiplier les pertes chez l'ennemi mais remplit sa mission de le retarder afin que le Gran Capit√°n organise la d√©fense de Barletta.

Le Castel Nuovo à (Naples)
Le Castel dell'Ovo à (Naples)

Il participe ensuite, comme capitaine de l'infanterie et de l'artillerie, à la défaite française de Cerignola le 28 avril 1503).

Lors de la prise du Castel Nuovo le 12 juin 1503, l'un des derniers r√©duits des Fran√ßais dans la capitale du Royaume, ses mines fonctionnent enfin √† son enti√®re satisfaction : sous la couverture de l'artillerie, les sapeurs peuvent travailler au pied de la muraille et placer des barils de poudre dans les excavations r√©alis√©es √† cet effet (dont l'une pr√©cis√©ment sous la poudri√®re des Fran√ßais) puis reboucher totalement les trous. Le Gran Capit√°n d√©ploie ensuite ses troupes pour simuler un assaut, provoquant un afflux de d√©fenseurs sur les murailles. L'explosion abat une partie de la muraille, qui entra√ģne ses occupants dans sa chute, et les troupes entrent dans la citadelle qui se rend.

Gonzalve de Cordoue dirige alors l'essentiel de ses troupes vers Gaeta pour expulser la totalit√© des Fran√ßais du royaume, et confie √† Navarro la prise de l'autre forteresse de la ville, le Castel dell'Ovo, mission qu'il remplit gr√Ęce √† la m√™me technique que pr√©c√©demment.

Apprenant l'entrée en Italie d'une nouvelle armée française, le Gran Capitán remet la prise de Gaeta à plus tard et se porte à sa rencontre sur la rive du Garigliano. Durant ce long affrontement, de mi-octobre à l'assaut final espagnol du 28 décembre 1503, Navarro est à la tête des unités d'infanterie et de sapeurs et incendie le pont pour couper la route aux Français. Il continue de participer activement aux opérations militaires jusqu'à la pleine pacification du royaume.

Par le trait√© de Lyon, en 1504, Louis XII reconna√ģt la souverainet√© de Ferdinand le catholique sur le royaume de Naples. Gonzalve de Cordoue est nomm√© vice-roi et distribue titres et propri√©t√©s √† ses officiers les plus m√©ritants. Navarro obtient la ville et le comt√© d'Oliveto.

Lorsque naissent les dissensions entre Ferdinand et le vice-roi, Navarro est envoyé en Espagne par ce dernier pour y tenter, sans succès, une réconciliation. En septembre 1506, le roi se déplace en personne à Naples, destitue Gonzalve de Cordoue et ses capitaines et leur retire leurs fiefs, à l'exception notable de Navarro. Ce dernier, nommé amiral de la flotte napolitaine, regagne l'Espagne avec le souverain et le Gran Capitán le 4 juin 1507.

Les campagnes d’Afrique

À partir de 1508, le roi charge Navarro de l'importante mission de combattre la piraterie barbaresque, devenue un sérieux problème pour le commerce maritime. Navarro est à la tête d'une flotte et capture des embarcations pirates ou corsaires.

Le 23 juillet, il arrive au Rocher de V√©lez de la Gomera, √† quelques milles de la ville c√īti√®re du m√™me nom. Les deux endroits sont d'importants repaires de pirates. Navarro range sa flotte √† port√©e de tir de l'√ģle et l'ensemble des occupants se r√©fugie dans la ville. Une fois le rocher pris, Navarro y fait installer l'artillerie et d√©truit toute la ville et son port. Consid√©rant le rocher comme un point strat√©gique, il le fait fortifier et y laisse une garnison de 32 hommes sous le commandement du gouverneur Juan de Villalobos.

Peu de temps après, il secourt le détachement portugais d'Asilah, en butte aux attaques du roi de Fez, et obtient le retrait de ce dernier après leur bombardement depuis les navires.

Oran

En Espagne, le cardinal Cisneros convainc le roi Ferdinand de l'opportunit√© de r√©aliser des incursions militaires en Afrique du Nord et offre m√™me de les financer sur ses propres deniers. Le souverain nomme Cisneros capitaine g√©n√©ral de l'exp√©dition et Navarro est charg√© des op√©rations sur le terrain. Navarro accepte de mauvaise gr√Ęce la nomination de Cisneros.

Les forces se regroupent à Carthagène: 90 embarcations (80 navires de transport et 10 galères) et 22 000 soldats. Les tensions entre le cardinal et Navarro apparaissent rapidement. La première dissension porte sur le butin obtenu de la capture de plusieurs embarcations pirates, avant le départ, que Navarro partage entre les participants à la bataille au lieu d'en destiner la moitié au financement de l'expédition comme cela avait été convenu.

La flotte appareille le 16 mai 1509 et arrive le jour suivant √† Mers el K√©bir, t√™te de pont (contr√īl√© par l'Espagne depuis 1505) d'o√Ļ le d√©part est donn√©, deux jours plus tard, pour la conqu√™te du premier objectif, Oran, ville c√īti√®re proche, de 10 000 habitants, bien fortifi√©e et arm√©e.

Cisneros exprime l'intention de marcher à la tête de l'armée mais Navarro le convainc de rester à Mers el Kébir et planifie une attaque par terre et par mer. Alors que la flotte bombarde les murailles, les troupes terrestres, que Navarro a divisées en 4 corps, affrontent l'ennemi à l'extérieur de la ville. L'artillerie et la cavalerie espagnoles obligent les défenseurs à se replier dans la ville. Le Siège est mis devant Oran et l'assaut démarre, avec des échelles, sous la couverture de l'artillerie et l'aide de mines. Les attaquants entrent aisément dans la ville et la mettent à sac.

Les Espagnols souffrent de pertes légères, environ 300 hommes, alors que le nombre de morts parmi les défenseurs est estimé à 4 000 à 5 000. Les assaillants font main basse sur un butin de 500 000 écus en numéraire, marchandises, esclaves et otages. Navarro prend la ville au nom du roi. La place passe donc aux mains de la couronne d'Espagne et n'est donc plus sous l'autorité de Cisneros, qui doit retourner en Espagne.

B√©ja√Įa et Tripoli

B√©ja√Įa.

Malgr√© les r√©criminations de Cisneros, le roi confirme Navarro √† la t√™te de l'exp√©dition africaine et le dote m√™me de renforts pour la poursuivre. Navarro prend ses quartiers d'hiver √† Formentera puis se dirige vers la riche cit√© de B√©ja√Įa.

Il y arrive le 5 janvier 1510 avec 5 000 hommes et attaque d√®s l'aube suivante. Le roitelet local, Abderrahmane, peut lui opposer 10 000 soldats, qu'il lance imm√©diatement sur les Espagnols en cours de d√©barquement, en m√™me temps qu'il les bombarde depuis la ville. L'assaut est n√©anmoins repouss√©, gr√Ęce notamment √† l'artillerie de marine. L'attaque espagnole commence imm√©diatement, avec des bombardements maritimes et terrestres. L'essentiel de la bataille se d√©roule dans la ville, qui se rend finalement au milieu de la journ√©e avec la fuite d'Abderrahmane et de sa suite, ainsi que la mort de nombreux habitants.

Navarro profite ensuite des dissensions entre Abderrahmane, qui est en r√©alit√© un usurpateur, et son neveu, le jeune roi Mouley Abdallah. Ce dernier le guide dans la montagne o√Ļ se sont r√©fugi√©s les fugitifs. Navarro les attaque de nuit avec 500 soldats. Abderhamane r√©ussit √† s'enfuir une nouvelle fois mais perd 300 de ses hommes. 600 de ses soldats sont faits prisonniers, ainsi que sa premi√®re √©pouse, sa fille et les dignitaires de la ville. Les tr√©sors qu'il abandonne dans sa fuite viennent grossir le butin des assaillants, qui n'ont √† d√©plorer qu'une seule perte dans l'exp√©dition de la montagne.

La renommée de Navarro et le récit de ses exploits militaires incitent les rois des cités-états d'Alger, de Tunis et de Tlemcen à prêter l'hommage au roi d'Espagne et à libérer tous leurs prisonniers chrétiens.

Une fois la r√©gion bien contr√īl√©e, Navarro regroupe la flotte pr√®s de l'√ģlot sicilien de Favignana et embarque avec 14 000 hommes en direction de Tripoli o√Ļ l'attend un nombre √©quivalent de d√©fenseurs, prot√©g√©s par des bastions et d'√©paisses murailles.

La bataille se déroule le 25 juillet dès le débarquement des troupes. Elle commence par un duel d'artillerie et les murailles sont prises d'assaut, avec succès. La suite de la bataille consistera en une lutte harassante maison par maison, qui se prolonge tard dans la nuit. La victoire espagnole se solde par 200 à 300 morts alors qu'environ 5 000 soldats périssent dans la défense de la ville, avec autant de prisonniers destinés à l'esclavage. Le butin est une fois de plus volumineux, dont une bonne partie provient des bateaux ancrés dans le port, parmi lesquels cinq navires de secours envoyés (tardivement) par le sultan turc, ainsi que des embarcations turques, albanaises, vénitiennes et génoises, arrivées pour décharger à Tripoli dans l'ignorance des évènements.

L’échec de Djerba et des Kerkennah

Dans la foul√©e de ces victoires, Navarro informe le roi de son ambition de continuer √† la t√™te de l'entreprise pour de nouvelles conqu√™tes. Sa condition de petite noblesse joue contre lui et il est remplac√© par Garc√≠a de Tol√®de, le jeune et inexp√©riment√© fils a√ģn√© du duc d'Albe Fadrique √Älvarez de Tol√®de, que le souverain nomme capitaine g√©n√©ral d'Afrique, bas√© √† Beja√Įa.

L'√ģle de Djerba (Tunisie)

D√©but ao√Ľt, sous le commandement de Garc√≠a de Tol√®de, une flotte de 15 grosses caraques, emmenant 7 000 hommes √† leur bord, se pr√©parent √† faire voile vers l'Afrique au d√©part de Malaga. Une √©pid√©mie de peste en Afrique du Nord retarde leur d√©part. Pendant ce temps, Navarro √©tudie la possibilit√© d'attaquer l'√ģle de Djerba, r√©put√© comme √©tant un repaire de barbaresques, face √† la c√īte ouest de Tunisie. Il organise depuis Tripoli une exp√©dition de reconnaissance avec 8 gal√®res et une fuste et tente, en vain, de convaincre les principaux chefs de l'√ģle de pr√™ter l'hommage √† son roi pour √©viter l'affrontement. Il d√©cide alors d'attendre l'arriv√©e des renforts pour lancer l'invasion.

Garc√≠a de Tol√®de finit par quitter Malaga, prend possession de Beja√Įa, y laisse 3 000 de ses hommes et rejoint Navarro √† Tripoli le 23 ao√Ľt 1510 pour pr√©parer l'exp√©dition. Le 29 ao√Ľt, 8 000 soldats d√©barquent sur l'√ģle et sont divis√©s en sept escadrons. Garc√≠a de Tol√®de d√©cide de marcher lui-m√™me √† la t√™te du premier escadron, en compagnie d'une centaine de jeunes nobles castillans.

L'objectif est d'attaquer une forteresse o√Ļ sont install√©s les pirates. La troupe s'y dirige et traverse une zone sableuse, sous une chaleur √©touffante. Les officiers, persuad√©s que la victoire serait rapide et facile, n'ont pas envisag√© d'apporter de l'eau et des vivres. Les soldats, qui tirent l'artillerie, sont victimes de la soif, de la chaleur et de la fatigue et beaucoup s'√©vanouissent. Apercevant de la v√©g√©tation, ils s'y dirigent et y d√©couvrent un puits. A cette nouvelle, les hommes se pr√©cipitent et rompent toute formation. Quelques centaines de barbaresques embusqu√©s en profitent pour attaquer √† pied et √† cheval et tuent tous ceux qui ne peuvent s'√©chapper. La moiti√© des Espagnols, environ 4 000 hommes, sont morts sur le sable, dont Garc√≠a de Tol√®de et plusieurs de ses compagnons. Le reste s'enfuit vers la c√īte.

À l'extérieur de la palmeraie, l'ennemi est beaucoup plus nombreux (jusqu'à 4 000 hommes) et Navarro, avec l'aide de Pedro de Luján, tente de réorganiser l'arrière-garde pour leur faire face amis la débandade est totale. Par chance pour les Espagnols, les cavaliers et fantassins ennemis ne les poursuivent pas, alors que les 3 000 survivants doivent attendre toute la nuit les canots pour embarquer.

Les √ģles Kerkennah au large de la Tunisie

Pour couronner le d√©sastre, une forte temp√™te fait couler plusieurs navires et disperse les voiliers. La caraque qui emm√®ne Navarro d√©rive vers les c√ītes de Turquie et manque de couler √† leur proximit√©. L'√©quipage est sauv√© gr√Ęce √† l'exp√©rience de marin de Navarro, qui r√©ussit √† incliner l'embarcation et rejoindre ainsi Tripoli. Une fois regroup√©s les trente voiliers et les 5 000 survivants de l'exp√©dition, les quartiers d'hiver sont pris √† Lampedusa.

Malgr√© ces revers et les rigueurs de l'hiver, Navarro a la force d'entreprendre une nouvelle incursion en terre musulmane. Ses objectifs sont les √ģles Kerkennah, riches en eau douce et p√Ęturages. Il pense pouvoir approvisionner l'arm√©e en eau et viande. Apr√®s plusieurs √©checs dus au mauvais temps, il finit par faire d√©barquer une troupe de 400 hommes sous le commandement du v√©nitien Girolamo Vianello. Les habitants, r√©fugi√©s √† l'autre bout de l'√ģle, surprennent la troupe gr√Ęce √† la trahison d'un sous-officier et √©gorgent tous les Espagnols. Navarro doit de nouveau battre en retraite et se r√©fugie √† Capri.

Retour en Italie

L'échec de Djerba apporte à Navarro de nombreuses inimitiés à la cour. Cependant, le roi persiste à l'employer, bien que de nouveau sous les ordres de plus noble que lui. Il doit amener sa flotte à Naples et se mettre à la disposition du vice-roi Raimond de Cardona, capitaine général des forces de la Sainte Ligue qui luttent contre l'armée d'Alphonse Ier, duc de Ferrare, et celle du roi de France Louis XII.

Bologne et Ravenne

Cardona et Navarro, ce dernier comme général de l'infanterie, quittent Naples le 2 novembre 1511 avec l'intention de déloger les Français de la ville de Bologne. La stratégie employée est la caractéristique de Pedro Navarro: l'artillerie pilonne la ville assiégée pendant que les sapeurs creusent des galeries pour faire exploser les murailles. L'atmosphère froide et humide empêche les mines de fonctionner. Gaston de Foix-Nemours, commandant en chef des armées françaises en Italie, renforce la défense de la ville avec 10 000 hommes supplémentaires et Cardona, estimant impossible la ville de Bologne, ordonne de lever le siège.

Un deuxi√®me affrontement entre Cardona et Foix-Nemours a lieu lors de la bataille de Ravenne, le 11 avril 1512. Le commandant fran√ßais fait r√©aliser √† ses troupes une manŇďuvre d'enveloppement qui lui permet de d√©clencher d'artillerie √† bout portant sur la cavalerie lourde espagnole, causant √©norm√©ment de dommages, et amenant son chef, Fabrizio Colonna, √† ordonner une charge d√©sesp√©r√©e contre la chevalerie ennemie. Les troupes de Colonna, appuy√©es par la cavalerie l√©g√®re du marquis de Pescara, sont lamin√©es par la cavalerie fran√ßaise, exp√©riment√©e et sup√©rieure en terrain plat. Cardona juge la bataille perdue et s'enfuit avec l'arri√®re-garde.

L'infanterie espagnole, en première ligne, maintient sa position et résiste aux assauts de l'infanterie ennemie, celui des lansquenets du roi de France, puis celui des troupes du duc de Ferrare. Foix-Nemours rassemble ses troupes et lance un nouvel assaut, qui ne peut être repoussé, et qui amène Navarro à ordonner la retraite. Foix-Nemours est tué lors d'une charge contre les hommes qui protègent la retraite de Navarro et celui, blessé, est fait prisonnier.

Cardona essaie de rejeter la responsabilit√© de la d√©route sur Navarro, qui n'a pas donn√© l'ordre d'attaquer d√®s le d√©but. Navarro est prisonnier du duc Louis II de Longueville, qui r√©clame une ran√ßon de 20 000 √©cus d'or et le tient enferm√© dans son ch√Ęteau de Loches. Ferdinand le catholique essaie en vain d'obtenir sa lib√©ration sans payer, d'abord par la force - il en est emp√™ch√© par la garde du ch√Ęteau - puis par la diplomatie, dans le cadre des tr√™ves sign√©es avec la France.

Au service du roi de France

Fran√ßois Ier, successeur de Louis XII, est conscient de la valeur militaire de Pedro Navarro, paie la ran√ßon et le convainc d‚Äôentrer √† son service, avec le grade de ‚Äė‚Äôg√©n√©ral‚Äô‚Äô. Navarro se laisse convaincre d‚Äôautant plus facilement que le roi d‚ÄôEspagne refuse de payer sa ran√ßon et qu'il est basco-navarrais et non castillan. Il signifie sa d√©cision √† Ferdinand le catholique et lui restitue son fief d‚ÄôOliveto[1].

Navarro commence par recruter vingt compagnies de Gascons, de Basques et de Navarrais pour une nouvelle incursion fran√ßaise en Italie. Gr√Ęce √† son aide, durant l‚Äô√©t√© 1515, une grande arm√©e de plus de 40 000 hommes passe les Alpes et se rend facilement ma√ģtre de Novara, de Vigevano et de Pavie, et se pr√©pare √† prendre le contr√īle du Milanais.

Lors de la bataille de Marignan, en septembre 1515, l‚Äôinfanterie fran√ßaise, sous ses ordres, s‚Äôimpose √† l‚Äôarm√©e suisse gr√Ęce √† ses formations d‚Äôarquebusiers et d‚Äôarbal√©triers. Le 4 octobre, malgr√© une blessure, il fait sauter les murailles du ch√Ęteau Sforza de Milan dans lequel r√©siste le duc Maximilien.

Apr√®s la bataille de la Bicoque, √† laquelle il participe au c√īt√© du mar√©chal Odet de Foix, il envisage d'amener des renforts √† G√™nes. La ville tombe aux mains des Espagnols et Navarro est fait prisonnier. Il est lib√©r√© en 1526 gr√Ęce au trait√© de Madrid.

De nouveau captur√© lorsque les Fran√ßais se retirent de Naples, il retourne au Castel Nuovo. Charles Quint donne l'ordre de le traiter en tra√ģtre et rebelle et de lui trancher la t√™te. Le gouverneur du ch√Ęteau d√©cide d'√©viter le d√©shonneur au vieux soldat et le fait √©touffer dans sa cellule.

Notes

  1. ‚ÜĎ Ferdinand le catholique le donnera plus tard √† Raimond de Cardona

Articles connexes

Sources

  • Article es:Pedro Navarro sur Wikip√©dia hispanophone.
  • Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus recul√©s jusqu'en 1789. Tome VII, 1856
  • Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus recul√©s jusqu'en 1789. Tome VIII, 1857

Bibliographie

  • (es) MAR BRAVA. Historias de corsarios, piratas y negreros espa√Īoles, Gerardo Gonz√°lez de Vega, 1999, ISBN 84-406-9374-5
  • (es) ARMADA ESPA√ĎOLA, desde la uni√≥n de los reinos de Castilla y Arag√≥n, Ces√°reo Fern√°ndez Duro, Mus√©o Naval de Madrid, 1972.
  • (es) EL GRAN CAPIT√ĀN. Las Campa√Īas del Duque de Terranova y Sant√°ngelo, Antonio L. Mart√≠n G√≥mez, 2000, ISBN 84-930713-1-5
  • (es) Historia del rey Don Fernando el Cat√≥lico. De las empresas, y ligas de Italia (PDF), Jer√≥nimo Zurita y Castro, 1580.



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Pedro Navarro de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Pedro Navarro ‚ÄĒ Saltar a navegaci√≥n, b√ļsqueda Pedro Navarro Retrato de Pedro Navarro (Museo Militar Regional de Burgos). General ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol

  • Pedro Navarro ‚ÄĒ Pedro Navarro, (Garde, Navarra, 1460 ‚Ć Castelnuovo, N√°poles, 28 de agosto de 1528). Conde de Oliveto. Marino, militar e ingeniero espa√Īol. Nacido Pedro Bereterra. Particip√≥ activamente en todas las campa√Īas de Italia y fue lugarteniente de… ‚Ķ   Enciclopedia Universal

  • Pedro Navarro ‚ÄĒ Portr√§t Pedro Navarros (Milit√§rmuseum Burgos) Pedro Navarro, Graf von Oliveto, (* 1460 in Garde im Roncal Tal in Navarra; ‚Ć 28. August 1528 in Castel Nuovo bei Neapel) war ein spanischer Milit√§rkommandant und Ingenieur ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Pedro Navarro, Count of Oliveto ‚ÄĒ Infobox Military Person name= Pedro Navarro caption= Portrait at the Regional Military Museum of Burgos born= c. 1460 died= September 1528 placeofbirth= Garde? (Navarre, Spain) placeofdeath= Naples nickname= allegiance=… ‚Ķ   Wikipedia

  • Navarro ‚ÄĒ may refer to: Navarro (Avil√©s), a parish in Avil√©s, Asturias, Spain Navarro, Buenos Aires Navarro, California Navarro, California, an alternate name for Wendling, California Navarro, Texas Navarro County, Texas Grenache or Navarro, a Spanish… ‚Ķ   Wikipedia

  • Navarro ‚ÄĒ hei√üen die Orte Navarro (Argentinien) Navarro (Kolumbien) Navarro (Spanien) in den Vereinigten Staaten: Navarro (Kalifornien) Navarro (Texas) Navarro Mills (Texas) Navarro County, Verwaltungseinheit in Texas sowie das Partido Navarro in der… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Pedro de Ayala ‚ÄĒ (* 1475 in Toledo; ‚Ć 31. Januar 1513 ebenda) war von 1497 bis 1500 und von 1501 bis 1502 Botschafter des katholischen K√∂nigspaars bei Heinrich VII. von England Inhaltsverzeichnis 1 Leben 2 Botschafter in London 3 ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Navarro (homonymie) ‚ÄĒ Cette page d‚Äôhomonymie r√©pertorie les diff√©rents sujets et articles partageant un m√™me nom. Navarro est un nom d origine hispanique signifiant navarran (originaire de Navarre). Il peut faire r√©f√©rence √† : Sommaire 1 Patronyme 2 ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Pedro Delgado ‚ÄĒ Saltar a navegaci√≥n, b√ļsqueda Perico Delgado Informaci√≥n personal Nombre completo Pedro Delgado Robledo Fecha de nacimiento 15 de abril de 1960 Pa√≠s Espa√Īa ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol

  • Pedro Oron√° ‚ÄĒ Saltar a navegaci√≥n, b√ļsqueda Pedro Oron√° Coronel Unidad Regimiento de Patricios, Regimiento de Dragones de la Patria Mandos Ej√©rcito de las Provincias Unidas del R√≠o de la Plata ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.