Pedophile

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Pedophile

PĂ©dophilie

La pédophilie désigne une préférence sexuelle d'un adulte envers les enfants prépubÚres ou en début de puberté[1]. Un pédophile est une personne éprouvant ce type de préférence.

Selon le critĂšre de l'OMS, les adolescents de 16 ou 17 ans sont aussi classĂ©s comme pĂ©dophiles, s’ils ont une prĂ©fĂ©rence sexuelle persistante ou prĂ©dominante vers les enfants prĂ©pubĂšres au moins cinq ans plus jeunes qu’eux[2].

En France, comme dans la plupart des sociétés modernes, ce type de préférence est considéré comme une perversion sexuelle (paraphilie) et les activités s'y rapportant sont condamnées par la loi. Les passages à l'acte de pédophiles, soit les relations sexuelles entre un adulte et un enfant au-dessous de la majorité sexuelle constituent, juridiquement, des atteintes sexuelles sur mineur ou des agressions sexuelles sur mineur.

Dans le langage courant, le terme pĂ©dophilie a une forte connotation pĂ©jorative : il est utilisĂ© par extension pour dĂ©signer l'abus sexuel sur mineurs au-dessous de la majoritĂ© sexuelle, la pornographie infantile et la consommation de celle-ci[3].

La pédophilie est classée comme trouble de la préférence sexuelle (maladie mentale) par la classification internationale des maladies (CIM)[4] et comme paraphilie par le manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM)[5].

Adulte pratiquant l'attouchement chez une mineure

Sommaire

DĂ©finitions

Étymologie

Le mot pĂ©dophilie est formĂ© sur les radicaux grecs paidos de παÎčς-παÎčÎŽÎżÏ‚, "enfant" et philia de φÎčλία, "amitiĂ©". Il est apparu en 1968[6] et dĂ©rive du nom commun « pĂ©dophile Â» (fin XIXe), qui lui-mĂȘme provient du nĂ©ologisme « pedophilia erotica Â» proposĂ© par le psychiatre autrichien Richard von Krafft-Ebing en 1886 dans son ouvrage Psychopathia Sexualis pour qualifier une attirance sexuelle envers les personnes impubĂšres ou en dĂ©but de pubertĂ© qui domine la sexualitĂ© d'un individu sa vie durant[7].

Dérive sémantique

Si le mot pĂ©dĂ©rastie existe depuis 2 500 ans, le mot pĂ©dophilie date des annĂ©es 1970.

Il a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par un courant socio-politique post-soixante-huitard, proche de « l'Ă©ducation alternative Â», et qui rĂ©flĂ©chissait sur la place de l'enfant dans la sociĂ©tĂ© et les relations adultes-enfants. On y trouvait des sociologues, des philosophes, des architectes, des Ă©crivains, des Ă©ducateurs, des enseignants, des mĂ©decins, [rĂ©f. nĂ©cessaire] qui avaient en commun une curiositĂ© pour les organisations sociales qui mettaient l'enfance au centre de leurs prĂ©occupations.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

MalgrĂ© une absence de tabous toute scientifique, ce courant intellectuel a voulu se dĂ©marquer de la pĂ©dĂ©rastie, et Ă©vacuer la dimension sexuelle des relations adultes-enfants. Il a donc inventĂ© le mot « pĂ©dophilie Â» qui, comme dit dans la dĂ©finition Ă©tymologique, vient du grec « paidos Â», « enfant Â» et « philein Â», « aimer Â».

Ce petit cercle intellectuel ne pouvait maintenir longtemps le sens sĂ©mantique du mot pĂ©dophilie dans sa stricte Ă©tymologie. DĂšs que la langue vernaculaire a adoptĂ© ce mot, elle en a fait l'Ă©quivalent de « pĂ©dĂ©rastie Â», rĂ©introduisant une dimension sexuelle que ses crĂ©ateurs voulaient justement exclure. L'usage a rapidement adoptĂ© ce sens nouveau, qui avait l'avantage de ne plus faire rĂ©fĂ©rence Ă  la pĂ©dĂ©rastie culturelle grecque, et qui faisait plus « moderne Â». [rĂ©f. nĂ©cessaire]

Ainsi dĂ©voyĂ© et dĂ©barrassĂ© du passĂ©, le mot a eu un certain succĂšs dans diverses publications savantes des annĂ©es 1980, notamment auprĂšs des psychiatres (qui voyaient ressurgir lĂ  la « pedophilia erotica Â» de la classification de Richard von Krafft-Ebing au XIXe siĂšcle), en particulier dans la communautĂ© scientifique quĂ©bĂ©coise, qui en a fait grand usage [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il permettait de parler des relations sexuelles adultes-enfants comme d'une perversitĂ© mĂ©dicale contemporaine, coupĂ©e de toute antĂ©rioritĂ© culturelle [rĂ©f. nĂ©cessaire].

RepassĂ© dans le langage courant par ces publications, les mĂ©dias s'emparaient du vocable dans les annĂ©es 1990, pour qualifier de neuf les affaires judiciaires de mƓurs entre adultes et enfants. À ce stade de diffusion publique incontrĂŽlable, bien peu savaient ce qu'il signifiait exactement. Les mĂ©dias utilisĂšrent largement la dĂ©clinaison « pĂ©dophile Â», pour qualifier les prĂ©venus concernĂ©s.

Vu la gravitĂ© des affaires judiciaires de ces derniĂšres annĂ©es (entre autres les cas Dutroux, Fourniret...), le mot « pĂ©dophile Â» a aujourd'hui pris le sens sĂ©mantique courant de « violeur d'enfants Â», voire d'assassin. Il est largement usitĂ© par les mĂ©dias, dont les titres font parfois des amalgames, certains « crimes pĂ©dophiles Â» contemporains ne concernant pas des mineurs. Quant Ă  la « pĂ©dophilie Â», la comprĂ©hension courante du mot aujourd'hui associe le champ des relations adultes-enfants, et celui de la contrainte sexuelle sur autrui, qu'il s'agisse de sollicitation, de viol ou de meurtre.

Par ailleurs, des dérives dans l'emploi du terme tendent à s'appliquer à ce qui relÚve en fait de la pédérastie dans des affaires judiciaires ou médiatiques concernant des adolescents pubÚres.

Loin de leur origine, le mot « pĂ©dophilie Â» - et sa dĂ©clinaison « pĂ©dophile Â» - sont aujourd'hui du registre du vocabulaire mĂ©diatico-judiciaire. Dans beaucoup de lĂ©gislations le terme « pĂ©dophilie Â» n'est pas utilisĂ© pour qualifier un crime ou un dĂ©lit. Par exemple, en droit français il ne figure dans aucun texte de loi. (La position de la justice vis-Ă -vis des diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s auxquelles peut se rĂ©fĂ©rer ce terme est prĂ©cisĂ©e plus bas.)

Les deux termes sont Ă©galement utilisĂ©s par des groupes de pression [rĂ©f. nĂ©cessaire] pour faire valoir leur point de vue dans un contexte Ă©motionnel trĂšs fort. Cet Ă©cho renforce soit le sens de contrainte sexuelle sur l'enfant et souligne les aspects nĂ©fastes de la pratique pĂ©dosexuelle sur l'enfant. D'autres groupes plus libĂ©raux [rĂ©f. nĂ©cessaire] voient au contraire un bienfait pour l'enfant et militent pour une reconnaissance de ce principe. Selon eux, le problĂšme est mal Ă©tudiĂ© et relĂšve de trop de prĂ©supposĂ©s moraux et sociaux discutables Ă  leur goĂ»t. La sĂ©rĂ©nitĂ© du dĂ©bat serait aveuglĂ©e par une lĂ©gislation aveugle et des comportements viscĂ©raux. [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Les milieux mĂ©dicaux considĂšrent que la pĂ©dophilie relĂšve de la maladie, de la dĂ©viance, de la perversitĂ©, en un mot de la psychiatrie, et peut-ĂȘtre du soin. Il s'agit de la thĂšse la plus reprise dans le discours psychiatrique sur le sujet[8].

D'autres y voient enfin une menace pour nos sociĂ©tĂ©s, et souhaitent s'en protĂ©ger activement, voire radicalement. Des associations diverses s'y emploient, par une prĂ©vention auprĂšs des enfants, voire du « dĂ©pistage Â», en faisant pression auprĂšs des lĂ©gislateurs pour intensifier « la lutte contre la pĂ©dophilie Â».

Psychiatrie et psychanalyse

Psychopathologie de la pédophilie

Viol sur mineure illustré par Martin Van Maele

La pĂ©dophilie rassemble en psychiatrie tout ce qui a trait aux relations sexuelles adultes-enfants. Elle peut ĂȘtre hĂ©tĂ©rosexuelle, homosexuelle, ou mixte. Elle concerne des hommes comme des femmes de tous Ăąges. Elle peut coexister avec une sexualitĂ© par ailleurs normale de l'adulte en cause, ou s'associer Ă  une impuissance, une anomalie anatomique. Elle peut s'exercer au sein des familles, souvent dans le cadre de relations incestueuses, ou dans le cadre d'une frĂ©quentation usuelle des enfants, comme l'Ă©cole, les mouvements de jeunes — ce que les psychiatres appellent des « structures facilitantes Â», mais aussi au hasard des rencontres.

Elle ne fait pas forcĂ©ment l'objet d'un passage Ă  l'acte, ou pas systĂ©matiquement. Le simple dĂ©sir de relations sexuelles avec un enfant, mĂȘme frustes, entre dans le cadre de la pĂ©dophilie. Elle peut aussi dĂ©passer le cadre de relations purement sexuelles, et s'associer Ă  des vexations, des atteintes Ă  la personne, voire des meurtres. Elle peut ĂȘtre un acte isolĂ©, ou une habitude.

En tous cas, elle se manifeste à la société par un désir ou un acte transgressif qui ne respecte pas la norme. L'adulte qui désire ou commet ce raptus social a en principe conscience de la gravité de son désir ou de son acte, du fossé creusé avec le reste de la société, du renvoi à sa marginalité, son isolement.

La conscience de cette transgression - potentielle ou réelle - est le plus souvent une culpabilité douloureuse, et entraßne chez l'adulte des mécanismes de résolution variés sur le mode névrotique.

Les névrosés

Dans le cas du pĂ©dophile nĂ©vrosĂ©, on peut distinguer :

L'abstinence volontaire

Le pĂ©dophile peut ne jamais passer Ă  l'acte, retenu par la conscience de l'interdit ou la peur de la rĂ©pression, se contenter d'images ou de fantasmes Ă©rotiques. S'installe alors progressivement une dĂ©pression, rĂ©solutive de la mauvaise conscience et de la tension psychologique que leur inspire leur sentiment de culpabilitĂ©. Ils peuvent alors demander spontanĂ©ment l'aide de la psychiatrie (rare) pour partager leur fardeau et s'en dĂ©barrasser, ou enfin trouver une rĂ©solution plus dĂ©finitive de leur contradiction intĂ©rieure dans le suicide ou le passage Ă  l'acte ;

Certains pĂ©dophiles peuvent fonder leurs fantasmes sur des images enfantines trĂšs diverses : cela peut aller de la simple photographie d'enfant classique Ă  la pornographie, en passant par des photographies familiales Ă  la plage parfois « naturiste Â», des photographies de catalogues pour vĂȘtements d'enfants, des reportages sur des peuplades oĂč les enfants vivent nus, ou encore des reprĂ©sentations artistiques parfois suggestives. Cette consommation d'images masturbatoires peut devenir une compulsion obsessionnelle et maladive.

Enfin, certains pédophiles peuvent chercher une sublimation de leurs désirs dans des dérivatifs sociaux, culturels, artistiques ou pédagogiques.

L'acte circonstanciel

Parfois le passage Ă  l'acte est circonstanciel, et l'adulte n'a nullement cherchĂ© Ă  rĂ©unir les conditions de ce passage Ă  l'acte. Il s'est simplement laissĂ© aller, sans avoir spĂ©cialement conscience de dĂ©sirs pĂ©dophiles, dĂ©rapant devant un enfant dont il pouvait interprĂ©ter l'attitude comme sĂ©ductrice et la relation une fois consommĂ©e (gĂ©nĂ©ralement de simples attouchements dans ces cas-lĂ ), l'adulte prend brutalement conscience de ce qu'il vient de commettre. Une tendance prĂ©alable Ă  la pĂ©dophilie est trĂšs probablement en cause ;

Certains adultes fourvoyés ainsi accidentellement et échaudés s'en tiendront là, et le silence retombera sur ce qui est probablement le cas le plus banal, le plus répandu et le plus discret de relations pédophiles, dont la publicité ne dépassera pas le cercle familial. Ces relations isolées ne sont pas systématiquement mises en évidence comme constitutives de traumatismes psychologiques graves pour l'enfant, elles sont souvent de découverte fortuite ultérieure.

L'acte justifié

L'acte commis, l'adulte peut aussi le nier Ă  sa conscience, souvent par des constructions mentales qui visent Ă  accrĂ©diter la thĂšse d'un dĂ©sir de l'enfant ou d'un consentement supposĂ©, visant Ă  requalifier l'acte comme normal et naturel (« je n'avais pas conscience de faire du mal Â»). Ainsi justifiĂ©, l'acte pĂ©dophile peut se reproduire sans aucune mauvaise conscience, voire avec l'idĂ©e (assez frĂ©quente) que cela « fait du bien Ă  l'enfant Â».

Les pervers

Il existe par ailleurs des structures de personnalitĂ©, notamment perverses (au sens psychiatrique), trĂšs diffĂ©rentes des cas ci-dessus. Il s'agit de sujets qui n'intĂšgrent pas les interdits sociaux ou qui les contestent. L'acte pĂ©dophile peut ĂȘtre un moyen de transgression sociale, volontaire et dĂ©libĂ©rĂ©e, il est revendiquĂ©.

Ces pĂ©dophiles ont souvent un discours parfaitement structurĂ©, voire prosĂ©lyte, pour justifier leur conduite, prĂ©sentĂ©e comme Ă©ducative et saine pour l'enfant. Le pervers pĂ©dophile recherche volontairement la relation sexuelle avec un ou des enfants, parfois de façon systĂ©matique en passant des uns aux autres au fil du temps ou en entretenant des relations avec plusieurs enfants en mĂȘme temps.

Les psychopathes

Enfin, en dehors des pĂ©dophiles prĂ©sentant une personnalitĂ© nĂ©vrotique, psychotique ou perverse, il existe aussi des pervers sadiques, capables d'atteintes physiques graves envers les personnes, voire de meurtre. Peu d'entre eux s'attaquent aux enfants, mĂȘme si les cas de ce genre provoquent une Ă©motion considĂ©rable, ils restent en rĂ©alitĂ© exceptionnels. Les psychiatres les considĂšrent d'abord comme des psychopathes, auteurs de crimes sexuels (Marc Dutroux), pas comme des pĂ©dophiles comparables aux prĂ©cĂ©dents, mĂȘme quand les enfants sont leurs victimes prĂ©fĂ©rentielles.

Remarques

L'acte nĂ©vrotique justifiĂ©, parfois rĂ©pĂ©titif, et l'acte pervers revendiquĂ© ou systĂ©matique, reprĂ©sentent la cohorte principale des cas judiciarisĂ©s. En gĂ©nĂ©ral, il y a plusieurs victimes successives, car l'absence de violences directes sur l'enfant fait longtemps ignorer la situation. De plus, il s'agit souvent de personnes qui organisent leur vie dans des « contextes facilitants Â» en frĂ©quentant les structures de jeunes, qu'elles soient scolaires, sportives, etc. Les psychiatres s'accordent Ă  reconnaĂźtre que de tels pĂ©dophiles usent rarement de violence mais plutĂŽt de sĂ©duction, et qu'en tous cas ils ne tuent pas. C'est sans doute lĂ  qu'on peut parler de « pĂ©domanie Â» (mot forgĂ© par les mouvements de lutte contre la pĂ©dophilie), c’est-Ă -dire de consommation compulsive d'enfants, au sens psychiatrique d'une manie.

On a rĂ©cemment Ă©voquĂ© comme Ă©tiologie de la pĂ©dophilie le fait que certains sujets ont pu ĂȘtre traumatisĂ©s dans leur enfance, en Ă©tant eux-mĂȘmes l'objet de raptus pĂ©dophiliques. Si cela est souvent Ă©voquĂ© devant les tribunaux comme circonstance attĂ©nuante de la responsabilitĂ©, le peu d'Ă©tudes actuellement disponibles, souvent controversĂ©es, ne permet pas de trancher avec certitude.

Le traitement psychiatrique de la pédophilie

La psychiatrie descriptive, dont Richard von Krafft-Ebing est le prĂ©curseur, n'apporte aucune rĂ©ponse Ă  la question. MĂȘme si le catalogue encyclopĂ©dique des perversions sexuelles, illustrĂ©es par des cas cliniques, s'est modifiĂ© depuis, la psychiatrie clinique descriptive n'explique pas la pĂ©dophilie, et ne prĂ©tend Ă  aucune thĂ©rapie. La Classification internationale des maladies de l'OMS dĂ©finit la pĂ©dophilie (code F65.4) comme une « prĂ©fĂ©rence sexuelle pour les enfants, gĂ©nĂ©ralement d'Ăąge prĂ©pubĂšre ou au dĂ©but de la pubertĂ© Â».

Restent la psychiatrie comportementale et la psychiatrie biologique. Elles proposent des solutions, mais beaucoup de psychiatres restent dubitatifs sur le fondement des mĂ©thodes et les rĂ©sultats. La psychiatrie comportementale propose le reconditionnement, auquel on reproche son cĂŽtĂ© « Orange mĂ©canique Â» violant la personne sans limite Ă©thique claire, et la psychiatrie biologique propose la castration chimique, difficile Ă  maĂźtriser mĂȘme avec l'accord de l'intĂ©ressĂ©. Rappelons que la castration chirurgicale, proposĂ©e Ă©galement, est illĂ©gale en France.

Dans les deux cas, il y a une sĂ©rieuse difficultĂ© pour garantir durablement la « guĂ©rison Â», et surtout prĂ©venir les rĂ©cidives. MalgrĂ© l'arsenal de mesures d'accompagnement thĂ©rapeutique que le droit a crĂ©Ă© rĂ©cemment, la pratique carcĂ©rale consiste souvent Ă  attendre 55-60 ans avant d'envisager des libĂ©rations conditionnelles, en se disant que la chute de la libido est la plus sĂ»re garantie.

Du reste, les experts-psychiatres spĂ©cialisĂ©s dans ces affaires, souvent contestĂ©s par leurs confrĂšres, qui leur reprochent leurs prises de positions sans nuances et dictĂ©es par l'institution judiciaire, partagent entre eux cette conviction : « pĂ©dophile un jour, pĂ©dophile toujours Â».

Le regard de la psychanalyse

Le psychanalyste Serge AndrĂ©, dans une confĂ©rence princeps sur la pĂ©dophilie faite Ă  Lausanne en 1999 (lire l'article) apporte un certain nombre d'Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse sur le sujet de la pĂ©dophilie, mais s'interroge longuement sur l'attitude de la sociĂ©tĂ© Ă  ce propos, en particulier sur les manifestations monstres qui se sont produites sous le nom de « marches blanches Â». On peut en rapprocher le fait, quand on tape « pĂ©dophilie Â» sur un moteur de recherche Internet, de rĂ©colter une Ă©crasante majoritĂ© de rĂ©ponses d'associations ou de particuliers qui tiennent des discours enflammĂ©s sur le sujet, pour une large minoritĂ© de rĂ©ponse dans le champ de la psychiatrie ou de la psychanalyse.

Ainsi, pour Serge AndrĂ©, comme pour les autres psychanalystes qui participent au dĂ©bat (et dont certains appartiennent Ă  l'institution carcĂ©rale), plus que la pĂ©dophilie en elle-mĂȘme c'est l'attitude ambiguĂ« de la sociĂ©tĂ© qui pose problĂšme[rĂ©f. nĂ©cessaire] - celle-ci se manifestant par diffĂ©rents phĂ©nomĂšnes d'idolĂątrie sociale envers les enfants : jeunisme, adulescence mais aussi publicitĂ©s Ă©quivoques, etc. Il leur semble que l'importance qu'a prise cette question[Comment ?] dans la sociĂ©tĂ© en fait un des Ă©lĂ©ments-clefs d'une reconstruction du pacte social contemporain.

Beaucoup de psychanalystes expriment des réticences, voire un refus de traiter des pédophiles, ce en quoi Serge André constitue un cas à part.

Au-delĂ  de ce recadrage — signifiant — du sujet, les psychanalystes s'accordent Ă  considĂ©rer les pĂ©dophiles comme des pervers essentiellement (au sens psychanalytique), ni nĂ©vrotiques, ni psychotiques, sans que cela soit pour autant pathologique. Il s'agit pour eux de structure de personnalitĂ©, et non de maladie. Ils n'excluent pas les actes pĂ©dophiles dans un cadre nĂ©vrotique ou psychotique, mais la personnalitĂ© perverse leur semble par essence coĂŻncider idĂ©alement avec l'analyse qu'ils font des conduites pĂ©dophiles. Ils parlent de « perversion pĂ©dophile Â», sans rien y voir de pĂ©joratif.

Si les psychanalystes trouvent comprĂ©hensible qu'on rĂ©prime l'abus sexuel et qu'on en enferme les auteurs, ils rechignent Ă  apporter leur concours Ă  l'institution judiciaire comme le font les psychiatres, car ils ne sont pas d'accord avec l'approche judiciaire, ni mĂȘme psychiatrique, de la question.

Ils ne contestent pas, du moins pour les rares qui acceptent de prendre en charge de tels patients, comme Serge AndrĂ© et ses collĂšgues, qu'ils puissent obtenir des rĂ©sultats « thĂ©rapeutiques Â» intĂ©ressants. Mais ils se refusent Ă  toute systĂ©matisation de « la pĂ©dophilie Â», qu'ils estiment illusoire, pour ne prendre en compte que l'auteur des faits (ou du dĂ©sir), personne unique, dont l'histoire personnelle reste Ă  dĂ©nouer, entre autres sur ce comportement qui fait problĂšme Ă  la sociĂ©tĂ©.

Il s'agit là de l'attitude du courant le plus récent de la psychanalyse, à savoir les lacaniens. Il est impossible de résumer ici l'ensemble des débats engendrés par cette conférence.

Il y est fait au passage rĂ©fĂ©rence Ă  la violence symbolique des contes pour enfants, pain bĂ©nit de la psychanalyse. Sans Ă©voquer ici la sexualitĂ© de Lewis Carroll (Alice au pays des merveilles), ou l'ouvrage de Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fĂ©es, on peut quand mĂȘme citer quelques figures de l'inconscient collectif qui ont Ă  voir avec le sujet : l'archĂ©type de l'Ogre, dont Gilles de Rais, le sadique pĂ©dophile, tend la main au Roi des aulnes, version Michel Tournier, sans oublier Le Joueur de flĂ»te de Hamelin des frĂšres Grimm.

La pédophilie et l'abus sexuel

Article dĂ©taillĂ© : Abus sexuel sur mineur.

Les théories de Sigmund Freud et certaines conclusions controversées[9] du rapport Kinsey indiquent que le désir de plaisir physique - assimilable à une forme de plaisir sexuel - existe chez l'enfant prépubÚre, l'ensemble de ces phénomÚnes étant désigné sous le nom de sexualité infantile. L'éveil à la sexualité peut survenir chez des mineurs de moins de quinze ans (ùge moyen de la majorité sexuelle). Aucun élément n'indique cependant qu'un enfant prépubÚre puisse de maniÚre courante avoir la maturité nécessaire pour désirer consciemment avoir une relation sexuelle, et encore moins la désirer avec un adulte, ou résister au désir éventuel de celui-ci. Certaines personnes coupables d'abus sexuels sur enfants prétendent parfois avoir répondu à un désir de l'enfant, ou bénéficié du consentement de ce dernier[10]

Les relations sexuelles entre un adulte et un enfant sont considérées comme représentant pour ce dernier un évÚnement traumatique, potentiellement porteur de lourdes séquelles psychologiques.

Fondements sociaux du concept en occident

Les principes moraux

Deux principes liĂ©s au sujet font consensus dans les dĂ©mocraties occidentales :

  • la rĂ©probation de la contrainte sur autrui (ou « atteintes Ă  la personne humaine Â») : que ce soit sur le plan du travail (condamnation de l'esclavage ou de l'exploitation), du mariage (consentement mutuel obligatoire), de la sexualitĂ© (condamnation de la contrainte, du viol), ou de la vie (condamnation de l'homicide) ;
  • le respect de la volontĂ© individuelle : il est matĂ©rialisĂ© par le droit de vote, le droit Ă  l'avortement, le droit Ă  une libre sexualitĂ©, le droit au choix du partenaire ;

Un autre principe est lui assez largement partagĂ© :

  • la protection de l'enfant comme volontĂ© positive affirmĂ©e : au-delĂ  de la dĂ©claration des droits de l'enfant, on citera particuliĂšrement l'obligation alimentaire et Ă©ducative, la condamnation de l'exploitation au travail, de la contrainte ou des atteintes physiques, morales ou sexuelles.

Le point de vue du droit

Dans l'Ă©tendue des choses qu'il traite en matiĂšre de droit des personnes, et pour Ă©clairer le sujet, le droit peut s'analyser en deux notions complĂ©mentaires :

  • ce qui est de l'ordre du sujet : reconnaissance du droit au libre arbitre, responsabilitĂ© de ses actes. Ceci s'applique aux adultes (parents en particulier), qui sont par ailleurs rĂ©dacteurs des rĂšgles et des lois qu'ils s'appliquent, par dĂ©lĂ©gation Ă  travers l'Ă©lection des dĂ©putĂ©s qui font la loi.
  • ce qui est de l'ordre de l'objet : dĂ©ni ou forte restriction du droit au libre arbitre, responsabilitĂ© absente ou limitĂ©e, existence d'une protection. Ceci s'applique aux choses, aux Ă©vĂšnements, aux animaux, et en matiĂšre de personnes aux enfants mineurs et aux incapables. Les objets du droit ne participent pas Ă  sa rĂ©daction, ils le subissent.

Cette analyse dichotomique appelle trois remarques :

  • Elle pose la question de la frontiĂšre entre sujet et objet. Elle se rĂ©sout par la dĂ©finition de la maturitĂ© juridique, appelĂ©e « majoritĂ© lĂ©gale Â», variable selon les pays, mais aussi selon les Ă©poques. Cette majoritĂ© peut ĂȘtre pleine (actuellement 18 ans en France) ou partielle, comme la majoritĂ© sexuelle (15 ans en France actuellement[11]). À noter qu'il existe une « minoritĂ© renforcĂ©e Â» en dessous de 13 ans, qui aggrave les peines pour atteintes sur mineurs. Les incapables font l'objet de tutelle ou de curatelle car jugĂ©s incapables de libre arbitre.
  • En matiĂšre de relations sexuelles elle fait de l'adulte un sujet, donc initiateur et responsable, et par opposition de l'enfant (mineur) un objet, une victime potentielle, donc protĂ©gĂ©. Selon le droit, le majeur seul a droit Ă  une libre sexualitĂ© entre adultes(En France, Ă©gale pour tous depuis 1982 et l'abolition des lois anti-homosexuelles). Le droit ne reconnaĂźt pas Ă  l'enfant mineur la capacitĂ© de consentement Ă  une relation sexuelle avec un adulte. Cette rigueur implique que dans une affaire de relations sexuelles adulte-enfant, l'enfant ne peut ĂȘtre entendu que comme une victime.
  • Le droit pĂ©nal condamne des actes, qu'ils soient dĂ©lictueux ou criminels : il ne condamne donc pas la pĂ©dophilie en soi, qui est un concept extĂ©rieur au droit, mais les atteintes rĂ©elles sur mineur, qu'elles soient directes (relations sexuelles) ou indirectes (photos de mineurs montrant des atteintes ou encore images pornographiques exposĂ©es Ă  des mineurs).

Le point de vue médical

La médecine contribue au débat en répondant à la question de la maturité biologique par rapport à la sexualité. Elle apporte la notion de puberté, laquelle recouvre l'ensemble des modifications du corps humain qui le rendent apte à la reproduction. Ces modifications sont de l'ordre de l'anatomie (développement des organes et des caractÚres sexuels), et de la physiologie (existence d'hormones induisant l'appétence pour les activités sexuelles, apparition des rÚgles). L'ùge d'apparition et de fin de la puberté est en fait trÚs variable selon les individus, mais il y a consensus pour dire qu'elle commence rarement avant 10 ans, et qu'elle est généralement achevée à 15 ans, avec un ùge médian vers 12-13 ans.

Le point de vue psychologique

Au-delĂ  de la simple maturitĂ© du corps envisagĂ©e par la mĂ©decine, se pose la question de la maturitĂ© psychologique de l'individu. C'est une notion assez vague, oĂč l'on peut distinguer deux aspects :

  • la maturitĂ© sociale, c'est-Ă -dire la capacitĂ© de faire des choix, d'affirmer et dĂ©fendre ses choix et son intĂ©gritĂ©, in fine en dehors du cercle familial et des proches connus. Elle peut exister tĂŽt, mais elle est accomplie quand l'adolescent commence Ă  sortir de la dĂ©pendance psychologique familiale, Ă  se poser en Ă©gal dans les relations d'altĂ©ritĂ©, souvent mĂȘme sans s'en rendre compte, avec la surprise de s'entendre rĂ©pondre pour les premiĂšres fois par l'apostrophe « Monsieur, Mademoiselle Â». Cet accomplissement se produit rarement avant 15 ans [rĂ©f. nĂ©cessaire], mais il y a des enfants Ă  la personnalitĂ© trĂšs affirmĂ©e dĂšs 10 ans, voire avant ;
  • la maturitĂ© sexuelle, ou en d'autres termes la capacitĂ© psychologique Ă  dĂ©sirer et affronter la ou les premiĂšres relations sexuelles.
  • Il n'y a aucun Ăąge qu'on puisse valablement fixer sur cette question, certains restent vierges au-delĂ  de 25 ans, d'autres franchissent le pas Ă  peine pubĂšres voire avant.

Rapprochements

Les approches explicitées ci-dessus forment l'essentiel des principes qui justifient la maniÚre dont nos sociétés perçoivent la pédophilie et sa pratique.

Certaines fournissent des critÚres trÚs clairs d'appréciation, et prennent le dessus, d'autres sont plus difficilement utilisables.

Elles reconnaissent les principes du droit Ă  la protection de l'enfant qui ne peut pas avoir de libre arbitre et de capacitĂ© de choix devant son manque de maturitĂ© sexuelle et qui doit donc ĂȘtre protĂ©gĂ© de certaines perversions. Le dĂ©veloppement de sa sexualitĂ© doit se faire dans un milieu Ă©quilibrĂ© et sĂ©curisĂ©.

En cas de relations sexuelles adulte-enfant, il est victime, a subi un dol, a droit Ă  rĂ©paration. L'adulte doit ĂȘtre puni, et mis hors d'Ă©tat de nuire.

Ce sentiment trÚs largement partagé fait de la pédophilie une transgression majeure et intolérable de la norme de nos sociétés, donc une déviation et plus généralement une perversion sexuelle.

La pédocriminalité et la loi

La relation sexuelle effective entre adulte et enfant, soit le passage Ă  l'acte d'un pĂ©dophile, est trĂšs fortement condamnĂ©e dans la plupart des lĂ©gislations du monde, et reconnue comme un grave dĂ©lit ou crime, une transgression majeure des droits fondamentaux de l'enfant sous le terme d'« abus sexuel sur mineur Â». Il en va de mĂȘme de la pornographie enfantine, aujourd'hui trĂšs largement condamnĂ©e y compris lorsqu'elle est d'imagination[12].

Si les abus sexuels sur mineurs sont longtemps restĂ©s mĂ©connus ou sous-estimĂ©s dans les sociĂ©tĂ©s modernes, c'est Ă  cause du silence qui les entourait. La nouveautĂ© tient au fait que, de nos jours, on Ă©coute les enfants parler des relations sexuelles qui peuvent leur ĂȘtre imposĂ©es par les adultes. Longtemps on crut que l'essentiel de ces rĂ©cits relevaient du fantasme. Ainsi en Ă©tait-il de Freud qui, dans le cas Bertha Pappenheim, crut discerner le fantasme quand elle lui parlait de son oncle attoucheur.

Dans la majorité des législations la simple attirance sexuelle ainsi que les fantasmes ne sont pas réprimés par la loi, car ils appartiennent au domaine de la pensée et du ressenti personnel.

En revanche, dans la plupart des lĂ©gislations du monde l'acte sexuel entre un adulte et un enfant est illĂ©gal et sĂ©vĂšrement rĂ©primĂ© vis Ă  vis de l'adulte, considĂ©rĂ© comme seul coupable et responsable. Contrairement aux lois sur l'agression sexuelle d'un adulte, l'absence de consentement de l'enfant n'est pas requis pour que l'infraction soit constituĂ©e : la relation sexuelle en elle-mĂȘme est illĂ©gale. La sĂ©paration entre ces deux formes de traitement de l'infraction sexuelle dans la loi est gĂ©nĂ©ralement fondĂ©e sur une limite d'Ăąge, appelĂ©e majoritĂ© sexuelle, qui diffĂšrent en fonction des pays et des orientations sexuelles (la relation homosexuelle est souvent autorisĂ©e plus tardivement que l'hĂ©tĂ©rosexuelle).

Il existe Ă©galement des lois rĂ©primant la simple incitation d'un enfant Ă  un acte sexuel. Par ailleurs, la production, consommation, Ă©change et simple dĂ©tention de matĂ©riel pornographique impliquant des enfants sont souvent interdites. Dans certains pays, cette derniĂšre loi s'applique Ă©galement pour des Ɠuvres d'imagination (dessins, images virtuelles, etc.) Par exemple, l'article 163.1 du code criminel canadien interdit « toute reprĂ©sentation photographique, filmĂ©e, vidĂ©o ou autre, rĂ©alisĂ©e ou non par des moyens mĂ©caniques ou Ă©lectroniques Â»[13]. D'autres lĂ©gislations sont plus floues ou sujettes Ă  interprĂ©tation sur ce point, comme l'article 227-23 du Code PĂ©nal français qui incrimine toute reprĂ©sentation d'un mineur lorsqu'elle possĂšde un caractĂšre pornographique[14]: stricto sensus celĂ  s'applique Ă©galement Ă  des images imaginaires, mais la jurisprudence reste floue. Voir l'article Lolicon pour plus de dĂ©tails. En France, les textes pĂ©dopornographiques ne sont par contre pas interdits[15].

Eut Ă©gard Ă  l'Ă©motion importante que causent les affaire d'abus sexuels sur enfants dans la plupart des sociĂ©tĂ©s, certaines lĂ©gislations adoptent des lois d'exception parfois extrĂȘmes pour rĂ©primer avec plus de force les infractions sexuelles concernant des mineurs.

La loi française

Article dĂ©taillĂ© : Abus sexuel sur mineur en France.

En droit français, le terme de pĂ©dophilie n'apparaĂźt pas dans les codes et rĂšglement du droit et de la justice : les termes utilisĂ©s pour dĂ©crire l'infraction de relations sexuelle entre un majeur et un mineur sont atteinte sexuelle pour une relation avec consentement de l'enfant, agression sexuelle ou viol lorsque le consentement n'est pas reconnu. Il existe Ă©galement des infractions de corruption de mineur pour l'incitation de mineur Ă  des actes sexuels. L'Ăąge limite du mineur qui caractĂ©rise l'infraction sexuelle (Ăąge de majoritĂ© sexuelle) est de 15 ans en gĂ©nĂ©ral, 18 ans si le majeur est une personne ayant autoritĂ© sur le mineur (professeur, parent...).

La production, diffusion et dĂ©tention d'images pornographiques impliquant des mineurs de moins de 18 ans est illĂ©gale en France. L'article de loi tel qu'il a Ă©tĂ© Ă©crit en mai 2002 ne parle pas seulement de photographie, mais de tout type d'image : dessin, peinture, images virtuelles, etc. La jurisprudence a depuis fixĂ© quelques exceptions, afin de protĂ©ger certains objets d'art ou historiques : peintures explicites datant de la GrĂšce antique, Ɠuvres d'art, etc. Toutefois la loi reste floue et sujette Ă  interprĂ©tation sur ce point, ce qui pourrait attirer des problĂšmes Ă  certaines professions comme l'Ă©dition ou la conservation de musĂ©es, et de faire Ă©voluer la jurisprudence.

Enfin, plusieurs lois d'exceptions existent pour les crimes ou dĂ©lits de nature sexuels concernant les enfants : possibilitĂ© de poursuivre en France un citoyen Français pour des crimes ou dĂ©lits sexuels sur mineurs commis Ă  l'Ă©tranger (par exemple dans le cadre du tourisme sexuel), levĂ©e du secret professionnel en cas de connaissance d'une infraction, inscription spĂ©cifique dans un fichier d'empreintes gĂ©nĂ©tiques sur condamnation ou simple mise en examen, prescription courant Ă  partir de la majoritĂ© de la victime, obligation de soins une fois la peine de prison purgĂ©e, dĂ©tention dans un centre socio-mĂ©dico-judiciaire une fois la peine purgĂ©e, pour une durĂ©e d'un an reconductible, si la probable dangerositĂ© du criminel est dĂ©crĂ©tĂ©e[16].

D'autres lois d'exception, souvent extrĂȘmes, sont rĂ©guliĂšrement proposĂ©es par des acteurs sociaux ou politiques au grĂ© de l'Ă©motion causĂ©e par l'actualitĂ© : annulation de toute prescription, inscription des crimes sexuels comme crimes contre l'humanitĂ©, rĂ©tablissement de la peine de mort, etc.

Tous les textes lĂ©gislatifs français peuvent ĂȘtre consultĂ©s sur ce site, plus particuliĂšrement dans la section Code pĂ©nal.

  • Viol : Articles 222-23 Ă  222-26 du Code pĂ©nal ;
  • Agressions sexuelles : Articles 222-27 Ă  222-31 du Code pĂ©nal ;
  • Atteintes sexuelles : Articles 227-25 Ă  227-27 du Code pĂ©nal ;
  • Corruption de mineurs : Article 227-22 du Code pĂ©nal ;
  • Exploitation Ă  caractĂšre pornographique de l'image d'un mineur : Article 227-23 du Code pĂ©nal ;
  • Article 227-24 du Code pĂ©nal ;
  • Article 321-1 du Code pĂ©nal.

Le viol est un crime, jugé en Cour d'Assises alors que les autres infractions citées sont des délits, jugés en tribunal correctionnel.

Prescription : La prescription pour viols, agressions sexuelles, atteintes sexuelles sur un mineur de moins de 15 ans par un ascendant ou par une personne ayant autoritĂ© est de 20 ans Ă  partir de la majoritĂ© de la victime. Articles 7 et 8 du Code de procĂ©dure pĂ©nale.

Par ailleurs, l'ùge légal à partir duquel le mariage est autorisé est de 18 ans pour filles et garçons depuis 2005 (il était de 15 ans pour les filles auparavant). La loi française n'établit aucune relation particuliÚre entre les dispositions concernant la majorité sexuelle et celles concernant le mariage.

La loi suisse

(à compléter...)

La lĂ©gislation a Ă©tĂ© nettement durcie par une loi d'avril 2002 intĂ©grĂ©e dans l'article 197 du code pĂ©nal. DĂ©sormais le tĂ©lĂ©chargement sur un disque dur et la copie de clichĂ©s illicites, sur divers supports peuvent ĂȘtre assimilĂ©s Ă  des cas de fabrication dĂ©jĂ  rĂ©primĂ©s sous l'ancien droit et s'ils sont obtenus depuis un site Ă©tranger, ils constituent Ă©galement un acte d'importation pouvant ĂȘtre sanctionnĂ©. En revanche, une simple consultation non conservĂ©e ne serait pas directement sanctionnĂ©e.

ArrĂȘt 6P.117/2004 et 6S.311/2004 du 11 octobre 2004

Réglementation européenne

  • DĂ©cision-cadre 2004/68/JAI du Conseil du 22 dĂ©cembre 2003 relative Ă  la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants et la pĂ©dopornographie : lire en pdf.

La pédophilie dans la société

Les médias et la pédophilie

Depuis la cĂ©lĂšbre affaire Dutroux, les mĂ©dias traitent de plus en plus souvent d'affaires dites de pĂ©dophilie, contrastant ainsi avec un certain dĂ©sintĂ©rĂȘt qui avait cours auparavant Ă  ce sujet.

Aujourd'hui les mĂ©dias sont souvent accusĂ©s de traiter ce thĂšme de façon trop Ă©motionnelle, imprĂ©cise et sans rĂ©el travail journalistique, surtout lors de certaines affaire trĂšs mĂ©diatiques - par exemple l'affaire ado 71 et l'affaire d'Outreau, oĂč ils ont Ă©tĂ© accusĂ©s d'enfreindre rĂ©guliĂšrement la prĂ©somption d'innocence et d'instaurer un climat hystĂ©rique peu propice Ă  une justice sereine et Ă©quitable. Lors de ces affaires plusieurs prĂ©venus se sont suicidĂ©s avant mĂȘme leur jugement (dont certains qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©s innocents par la suite). Les mĂ©dias ont Ă©tĂ© accusĂ©s par un certain nombre de personnes (dont la Ligue des Droits de l'Homme) d'avoir provoquĂ© ces actes extrĂȘmes par leur manque de prĂ©cautions et leurs accusations sans fondement.

Parmi les injustices que cet emballement médiatique et politique a provoqué, on note l'affaire Alain Hodique, époux de la directrice de l'école de Bucquoy est accusé en 2001 d'attouchement sur des élÚves de son épouse et incarcéré un an. En 2007, la cour de cassation l'innocente. Cette affaire a eu d'autant plus de répercussions que le ministre de l'Education d'alors, Jack Lang[17], avait repris à son compte les accusations d'une partie des villageois contre Alain Hodique.

Instrumentalisation de la pédophilie

La stigmatisation sociale de la pédophilie, et la gravité des peines encourues en justice, en font parfois un moteur de chantage ou d'instrumentalisation.

Depuis longtemps, les ballets roses[18] ou bleus, expression désignant des orgies au cours desquelles des adultes se livrent à des jeux sexuels avec des mineurs, filles (ballets roses) ou garçons (ballets bleus), ont formé la trame d'affaire réelles, comme l'affaire des ballets roses en France en 1959, ou fantasmées, telle que l'affaire des ballets roses en Belgique dans les années 1970.

On a constatĂ© des cas d'instrumentalisation judiciaire de la pĂ©dophilie par des parents en instance de divorce. De la mĂȘme, il est arrivĂ© que des enfants « rĂšglent leur comptes Â» Ă  un enseignant (comme dĂ©crit dans le livre Les Risques du mĂ©tier). Il arrive aussi que de jeunes dĂ©linquants, arrĂȘtĂ©s pour de petits dĂ©lits, accusent des adultes de pĂ©dophilie ou de recours Ă  la prostitution de mineurs, pour se transformer en victimes.

En France, l'affaire d'Outreau a défrayé la chronique pour des charges abandonnées au bout de plusieurs années de prison préventive . Sans oublier néanmoins que des enfants furent bien victimes et que leurs tortionnaires furent condamnés.

L'instrumentalisation peut aussi ĂȘtre politique : Daniel Cohn-Bendit, en Ă©voquant son passĂ© soixante-huitard dans un livre, a Ă©tĂ© accusĂ© de pĂ©dophilie des annĂ©es plus tard[19].

La pédophilie dans l'art

Illustration de La Grande Danse macabre des vifs, par Martin Van Maele

Certains artistes Ă©voquent la pĂ©dophilie dans leurs Ɠuvres, ce qui provoque souvent des scandales. Des Ă©crivains comme Gabriel Matzneff (Les Moins de seize ans) ou Tony Duvert (Prix MĂ©dicis en 1973 pour Paysage de fantaisie) ont rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© accusĂ©s de faire l'apologie de la pĂ©dophilie dans leurs Ɠuvres. Le Bon Sexe illustrĂ©, Ă©crit par ce dernier, se veut une critique fĂ©roce du carcan normatif de l'Ă©ducation sexuelle contemporaine. Plus rĂ©cemment, en septembre 2002, la sortie du roman Rose Bonbon de Nicolas Jones-Gorlin a provoquĂ© une polĂ©mique suite Ă  la plainte dĂ©posĂ©e par une association de protection de l'enfance. D'autres auteurs, qui ont provoquĂ© des scandales Ă  leur Ă©poque, ont Ă©tĂ© absouts par leur cĂ©lĂ©britĂ© ou leur dĂ©cĂšs : par exemple Vladimir Nabokov (Lolita), Roger Peyrefitte (Les AmitiĂ©s particuliĂšres), AndrĂ© Gide (L'Immoraliste) ou encore Henry de Montherlant (La Ville dont le prince est un enfant).

Sur le plan de l'image, certains artistes dĂ©peignent la figure de l'enfant sous un jour teintĂ© d'Ă©rotisme ou de sensualitĂ© : on peut citer en matiĂšre de photographie les travaux de Bernard Faucon, Sally Mann ou Mike Tedder. Beaucoup d'artistes ont Ă©lu l'enfant pour sujet principal ou occasionnel de leurs Ɠuvres, sans pour autant qu'il faille nĂ©cessairement parler d'art Ă  caractĂšre pĂ©dophile dĂšs que de la sensualitĂ© se dĂ©gage. L'intention de l'artiste et les circonstances de la crĂ©ation d'une Ɠuvre sont des donnĂ©es difficiles Ă  Ă©tablir. Une Ɠuvre d'art n'existe toutefois pas que par son auteur, et peut se transformer parfois de façon spectaculaire, entre autres par catharsis chez le pĂ©dophile amateur d'art.

En 2001, Emmanuelle Bercot écrit et réalise le film Clément dans lequel elle s'attribue le rÎle principal, celui de Marion, une trentenaire qui s'éprend d'amour pour un ami de son filleul de treize ans, Clément.

En 2006, Yann QueffĂ©lec publie Mineure (ISBN 2846281378), un roman dans lequel Sibylle, une jeune fille de treize ans, tente de sĂ©duire Michel, un homme de cinquante-cinq ans, mariĂ© et pĂšre de jumelles du mĂȘme Ăąge. Il ne veut pas cĂ©der, mais finira progressivement par succomber Ă  son charme.

Dispositions pour lutter contre l'abus sexuel

Depuis quelque annĂ©es l'abus sexuel sur mineur, qui peut ĂȘtre une consĂ©quence de la pĂ©dophilie, bĂ©nĂ©ficie d'une attention sociale intensive. De nombreuses associations se sont crĂ©Ă©es dans le but proclamĂ© de protĂ©ger les enfants et de lutter contre l'abus sexuel. L'expression lutte contre la pĂ©dophilie est souvent Ă©voquĂ©e, bien que la pĂ©dophilie soit une attirance sexuelle : l'action sociale peut lutter contre des actes d'abus sexuel, mais seule une approche mĂ©dicale ou psychologique peut Ă©ventuellement travailler Ă  la disparition ou l'Ă©volution d'attirances pĂ©dophiles chez un ĂȘtre humain.

Le sujet est traité plus en détail dans l'article abus sexuel sur mineur.

Le militantisme pédophile

Dans les annĂ©es 1970, certains mouvements de militantisme pro-pĂ©dophile ont vu le jour en Europe du Nord et aux États-Unis. D'abord trĂšs actifs, ils ont subi un certain nombre de revers dans diverses affaires judiciaires et mĂ©diatiques, au point de quasiment disparaĂźtre dans les annĂ©es 1990. À partir de la fin du XXe siĂšcle, l'avĂšnement d'Internet leur a donnĂ© une nouvelle force. Aux Pays-Bas existe un parti favorable Ă  la pĂ©dophilie, le PNVD[20], fondĂ© par Ad Van den Berg, et comptant Ă  ce jour trois membres connus : il demande l'abaissement de la majoritĂ© sexuelle Ă  12 ans, et, Ă  terme, son abolition « Ă  terme, cette limite d’ñge devra disparaĂźtre totalement Â»[21], ainsi que la lĂ©galisation de la pornographie enfantine dans un contexte bien prĂ©cis et encadrĂ©.

Voir aussi

Bibliographie

  • GĂ©rard Lopez, Les violences sexuelles sur les enfants, PUF, coll. « Que sais-je ? Â», septembre 1997. (ISBN 2130487408)
  • Anne Poiret, L'Ultime tabou : Femmes pĂ©dophiles, Femmes incestueuses, Patrick Robin Éditions, 2005. (ISBN 2352280001)
  • Francis Ancibure Marivi Galan-Ancibure, La pĂ©dophilie, comprendre pour rĂ©agir (Éditions Dunod, 2008)

Articles connexes

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Liens externes

Défense des mineurs et lutte contre la pédocriminalité

  • Site gouvernemental français de protection des mineurs et de lutte contre la pĂ©dophilie : informations lĂ©gislatives, dĂ©nonciations de sites, conseils, etc.
  • RĂ©pertoires de liens vers des sites luttant contre l'exploitation des mineurs, la pĂ©dophilie et la pĂ©do-criminalitĂ© virtuelle : antipedophil.fr et droitsenfants.com.
  • Action Innocence : ONG qui contribue Ă  prĂ©server la dignitĂ© et l’intĂ©gritĂ© des enfants sur Internet, traite particuliĂšrement les problĂšmes liĂ©s Ă  la pĂ©dophilie sur Internet

Débats et recherches autour de la pédophilie

  • La signification de la pĂ©dophilie, texte de Serge AndrĂ©, confĂ©rence de Lausanne en 1999, souvent citĂ© en rĂ©fĂ©rence.
  • Base de donnĂ©e IPCE : textes relatifs Ă  la pĂ©dophilie et ses effets, aux pĂ©dophiles, aux mouvements pĂ©dophiles etc. Site tenu par des pĂ©dophiles afin d'amĂ©liorer l'image des leurs ; les textes choisis sont donc sĂ©lectionnĂ©s en ce sens..

Notes et références

  1. ↑ (en) Classification internationale des maladies (CIM-10) de la OMS (ICD-10) (cliquez sur F65.4)
  2. ↑ (en)[pdf] The ICD-10 Classification of Mental and Behavioral Disorders – Diagnostic criteria for research (voir F65.4 - pages 166-167)
  3. ↑ Unesco.org - Internet et la pĂ©dophilie
  4. ↑ CIM-10; Chapitre V "Troubles mentaux et du comportement"; F60-F69, "Troubles de la personnalitĂ© et du comportement chez l'adulte";F-65, "Troubles de la prĂ©fĂ©rence sexuelle"; F65.4, "PĂ©dophilie"
  5. ↑ DSM IV, dernier DSM Ă  avoir Ă©tĂ© publiĂ© par l'American Psychiatric Association. Voir l'article de Caroline Paquin « Les enjeux concernant l’utilisation du DSM-IV dans les rĂ©clamations Ă  la Commission des lĂ©sions professionnelles pour lĂ©sion psychique en matiĂšre de harcĂšlement psychologique Â», UniversitĂ© du QuĂ©bec, MontrĂ©al, 2004
  6. ↑ Pour ce paragraphe, sauf prĂ©cision supplĂ©mentaire : Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, p. 2631, Le Robert, Paris, 2000.
  7. ↑ Richard von Krafft-Ebing, Psychopathia Sexualis, 1886.
  8. ↑ Rappelons que l'APA, dans son DSM IV, classe la pĂ©dophilie parmi les « paraphilies Â» dans la section « Troubles sexuels et troubles de l'identitĂ© sexuelle Â», tout comme le fut l'homosexualitĂ© jusqu'en 1973 (Kathryn F. Moon, « The History of Psychiatric Classification : From Ancient Egypt to Modern America Â», travail richement sourcĂ© pour l'UniversitĂ© de GĂ©orgie, printemps 2004.
  9. ↑ Conservative group attacks Kinsey data on children, Herald Times, 1995
  10. ↑ Collectif, Les Abus sexuels d'enfants: Interventions et reprĂ©sentations, Mardaga, 1995, p.134
  11. ↑ Pour les homosexuels depuis 1982, pour les hĂ©tĂ©rosexuels depuis 1945.
  12. ↑ Voir la section « La pĂ©dophilie et la loi Â» ci-dessous.
  13. ↑ L'article 163.1
  14. ↑ article 227-23 du Code pĂ©nal
  15. ↑ On trouve chez Sade (Les cent vingt jours de Sodome, etc.), LouĂżs (Manuel de civilitĂ© pour les petites filles Ă  l'usage des maisons d'Ă©ducation, Trois filles de leur mĂšre, etc.), Tony Duvert (Quand mourut Jonathan, etc.), etc. des descriptions explicites d'actes sexuels impliquant filles et garçons impubĂšres. La polĂ©mique s'Ă©tait levĂ©e en 2002 avec la parution de Rose bonbon de Nicolas Jones Gorlin, mais le livre n'avait pas Ă©tĂ© interdit. Des sites internet qui proposent au grand jour des rĂ©cits de ce genre qui n'appartiennent pas au domaine de la littĂ©rature consacrĂ©e (comme « histoires taboues Â») ne semblent pas non plus possible Ă  fermer.
  16. ↑ article sur la loi relative Ă  la rĂ©tention de suretĂ© : RĂ©tention de sĂ»retĂ© en France
  17. ↑ Jack Lang, dans une lettre adressĂ©e Ă  Alain Hodique, s'est excusĂ© de son attitude. Voir La cours de cassation innocente Alain Hodique
  18. ↑ L'expression vient de l'affaire dite des "ballets roses" de 1959
  19. ↑ article
  20. ↑ Jean-Pierre Stroobants, « Remous autour de la crĂ©ation d'un parti pro-pĂ©dophilie Â» dans Le Monde, 03/06/2006 lire en ligne
  21. ↑ Le Figaro
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Regardez d'autres dictionnaires:

  • pĂ©dophile — [ pedɔfil ] adj. et n. ‱ fin XIXe; de 1. pĂ©do et phile ♩ Didact. 1 ♩ Qui ressent une attirance sexuelle pour les enfants. 2 ♩ SpĂ©cialt PĂ©dĂ©raste (1o). ● pĂ©dophile adjectif et nom Qui manifeste de la pĂ©dophilie. pĂ©dophile 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • pedophile — 1951, derived noun from PEDOPHILIA (Cf. pedophilia) 
   Etymology dictionary

  • pedophile — [pedâ€Čə fÄ«l΄, pēâ€ČdəfÄ«l] n. a person having pedophilia 
   English World dictionary

  • pedophile — noun /ˈpiːdəfaÉȘl,ˈpɛdəfaÉȘl/ A person who is sexually attracted to children. Apart from his sexual behavior, the pedophile is typically law abiding. Syn: childlover See Also: pedophilia, paedophilia, pederast, paederast 
   Wiktionary

  • pedophile — noun Date: 1951 one affected with pedophilia 
   New Collegiate Dictionary

  • pedophile — /pee deuh fuyl /, n. Psychiatry. an adult who is sexually attracted to young children. Also, pedophiliac. [1950 55; PEDO 1 + PHILE, or directly < Gk paidĂłphilos loving children] * * * 
   Universalium

  • pedophile — pe·do·phile pēd ə .fÄ«l, ped or chiefly Brit pae·do·phile pēd n one affected with pedophilia called also pedophiliac 
   Medical dictionary

  • pedophile — (New American Roget s College Thesaurus) n. child molester, pederast. See impurity 
   English dictionary for students

  • pedophile — pe|do|phile [ˈpi:dəfaıl] n [Date: 1900 2000; : Greek; Origin: paidophilos loving children ] the American spelling of ↑paedophile 
   Dictionary of contemporary English


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