Paysage

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Paysage
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Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractĂšres, des formes d'un espace limitĂ©, d'un « pays Â». C'est une portion de l'espace terrestre, reprĂ©sentĂ©e ou observĂ©e Ă  l'horizontale comme Ă  la verticale par un observateur ; il implique donc un point de vue.

Le paysage est d'abord ce qu'on voit d'un point de vue, gĂ©ographique, dans un territoire, et parfois aussi d'un point de vue culturel et biogĂ©ographique. Ici : Village de Balcozna, Sierras de Los Pinos, Argentine
Le paysage peut ĂȘtre anthropisĂ© (image prĂ©cĂ©dente), ou comme ici dĂ©sert, alors apprĂ©ciĂ© pour son immensitĂ© et son caractĂšre sauvage (Wilderness)
Un paysage peut ĂȘtre agricole et donc anthropique et artificiel, mais dĂ©pourvu de prĂ©sence humaine physique. Les Formes et les couleurs le structurent, ainsi que les rĂ©fĂ©rences que nous connaissons ou y projetons

La notion de paysage a une dimension esthétique forte, voire picturale ou littéraire en tant que représentation, mais elle recouvre de nombreuses acceptions[1]. Le paysage est d'abord appréhendé visuellement, mais les parfums et ambiances sonores en modifient aussi la perception (on parle parfois de paysage sonore).

Par extension, comme le terme panorama, dans des expressions comme « paysage politique Â» ou « paysage mĂ©diatique Â», il peut dĂ©signer un ensemble contextuel, la vision des choses Ă  un temps donnĂ©, le paysage Ă©tant en constante Ă©volution.

Sommaire

Une notion riche, complexe et en Ă©volution

La notion actuelle de paysage semble assez rĂ©cente. Avant d'ĂȘtre l'objet de reprĂ©sentations artistiques ou d'Ă©tudes, le paysage Ă©tait un pays au sens originel du terme, c’est-Ă -dire une portion du territoire offrant des perspectives plus ou moins importantes avec une identitĂ© bien marquĂ©e[2], le cas Ă©chĂ©ant un lieu de vie et de travail pour les habitants locaux qui font partie de ce pays.

À la fin du XXe siĂšcle, deux approches complĂ©mentaires concernent le paysage ;

  • Il est d'une part considĂ©rĂ© comme un systĂšme (gĂ©osystĂšme ou gĂ©ocomplexe[3] notamment dĂ©crit et analysĂ© par la gĂ©ographie, l'histoire, la gĂ©ologie, l'Ă©cologie du paysage). Ce systĂšme est modelĂ© par des facteurs naturels abiotiques (physiques, chimiques) et biotiques (biologiques), ainsi que par des facteurs anthropiques, qu'on peut distinguer Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles, Ă©ventuellement hiĂ©rarchisĂ©es. Le paysage peut de ce point de vue prĂ©senter une Ă©copotentialitĂ© non exprimĂ©e (cachĂ©e dans la banque de graines du sol par exemple), mais qu'on pourrait rĂ©vĂ©ler.
  • Le paysage est d'autre part considĂ©rĂ© comme une perspective culturelle, avec ses grilles de lecture, ses filtres intellectuels ou sensuels de crĂ©ation et d'interprĂ©tation de l'espace, oĂč s'articulent plusieurs plans et oĂč l'on peut identifier des objets, chacun selon sa culture et ses rĂ©fĂ©rentiels.

Dans une approche utilitariste et/ou fonctionnelle, la notion de paysage oscille aussi entre deux pĂŽles[4] :

  • Le « paysage produit Â», considĂ©rĂ© comme la rĂ©sultante de l'action conjointe des sociĂ©tĂ©s humaines, du monde vivant (animal, vĂ©gĂ©tal, fongique, etc.) et du milieu abiotique. C'est cette conception qui prĂ©domine en Ă©cologie du paysage, Ă©cologie Ă©tudiant dans le temps et l'espace (unitĂ©s biogĂ©ographiques) la dynamique et l'agencement des taches du paysage aux Ă©chelles intermĂ©diaires entre le planĂ©taire (biosphĂšre) et le local, les communications, les barriĂšres, les fragmentations.
  • Le « paysage utilisĂ© Â» considĂ©rĂ© comme la perception culturelle et fonctionnelle que l'on a de son environnement Ă  perte de vue, Ă  l'exception des points d'intĂ©rĂȘts proches de l'observateur. On s'est rĂ©fĂ©rĂ© Ă©galement au paysage pour dĂ©signer sa reprĂ©sentation dans une Ɠuvre.

l'approche patrimoniale du paysage lui accorde des valeurs esthétique, historique, de mémoire, économique ou encore d'aménités. Ces valeurs varient selon les époques, sont jugées plus ou moins subjective et relative selon les acteurs[5] On a par exemple en France des sites classés.
Dans une approche fonctionnelle et de planification, les amĂ©nageurs du paysage ou les collectivitĂ©s y voient des fonctions de production (Ă©conomique et touristique), de rĂ©gulation (Ă©cologiques, pour l'eau, pour l'air, comme puits de carbone...) et sociales (amĂ©nitĂ©s). La premiĂšre des trois grandes propositions issues des assises europĂ©ennes du paysages 2011 Ă©tait de produire « Des indicateurs pour mesurer " le bĂ©nĂ©fice paysage ; avec nĂ©cessitĂ© d'Ă©valuer les effets des amĂ©nagements paysagers Ă  travers d'autres critĂšres qu'Ă©conomiques est revenue Ă  de nombreuses reprises au cours de ces 3 jours Â». Val'hor (l'interprofession de la filiĂšre française du paysage) et ses fĂ©dĂ©rations professionnelles ont dĂ©cidĂ© de crĂ©er un groupe de travail Ă©largi sur ce thĂšme, pour mieux mesurer les services environnementaux, Ă©conomiques, culturels, sociaux et santĂ© rendus par les vĂ©gĂ©taux, les jardins et le paysage}}, afin notamment de mieux informer les Ă©lus et pouvoirs publics sur ces questions[6].


Une anthropisation et une fragmentation accĂ©lĂ©rĂ©es des paysages ont Ă©tĂ© constatĂ©es au XXe siĂšcle. Dans le cadre d'un dĂ©veloppement se voulant plus soutenable, des approches plus holistiques et transdisciplinaires basĂ©es sur l'Ă©cologie du paysage visent une « rĂ©concilisation des sociĂ©tĂ©s humaines avec la nature Â»[7], aux Ă©chelles locales et globales, dont l'Ă©chelle paysagĂšre.

Dans tous les cas le paysage est plutĂŽt considĂ©rĂ© comme un bien commun, dans une certaine mesure appropriable par la propriĂ©tĂ© privĂ©e, et susceptible d'ĂȘtre protĂ©gĂ©, gĂ©rĂ© ou transformĂ©.

« Ce qui se voit Â»

Le paysage est avant tout une « vue Â»[8] : Ă  la fois vue d'un espace qui existe indĂ©pendamment de nous, comme par exemple la montagne et donc susceptible de pouvoir ĂȘtre Ă©tudiĂ© de façon objective : l’altitude, la tempĂ©rature, la structure interne mais aussi vue d’un espace que l’on perçoit[9], que l’on sent et cela, chacun de maniĂšre diffĂ©rente (« [
] il voit les mĂȘmes choses, mais avec d’autres yeux Â», N. Gogol, Tarass Boulba[10]). À partir du moment oĂč l’apprĂ©ciation esthĂ©tique rentre en compte, oĂč l’on charge l’espace « de significations et d’émotions[11] Â», l’étude paysagĂšre ne peut ĂȘtre que subjective.

Ce qui pourrait se voir, par média ou moyen technique interposé

Mars : Depuis les missions apollo et les images renvoyĂ©es par les sondes spatiales, l'idĂ©e de paysage extra-terrestres ne relĂšvent plus seulement de la science-fiction
DĂ©tail d'une gravure reprĂ©sentant le « Paysage sous-marin de l’Ile Crespo Â» [12], tirĂ©e du roman de Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les mers (Ă©dition illustrĂ©e, 16 novembre 1871, aprĂšs parution en feuilleton dans la revue Le Magasin d'Ă©ducation et de rĂ©crĂ©ation, du 20 mars 1869 au 20 juin 1870. Les scaphandres autonomes, tels qu'alors imaginĂ©s par Jules Verne et son illustrateur, d'aprĂšs l'inventions du docteur ThĂ©odore Guillaumet (1838) donnent accĂšs Ă  un nouveau type de paysage, sous-marin, que le cinĂ©ma et la tĂ©lĂ©vision, ou la photographie sous-marine nous feront ensuite partager.

L'exploration spatiale ou sous-marine offre de nouveaux espaces à voir, éventuellement par sondes ou véhicules automatisés interposés. Les auteurs d'anticipation ont approché ces nouveaux paysages, avant qu'ils ne soient visibles par le public.
Ainsi Jules Verne en 1871 dĂ©crivait il ses hĂ©ros, en scaphandre, en train d'arpenter des paysages sous-marins de l'Ile Crespo. Les films du Commandant Cousteau dans les annĂ©es 1960-1970, puis bien d'autres, et la dĂ©mocratisation de la plongĂ©e sous-marine et les approches d'Ă©cologie du paysage ont contribuĂ© Ă  l'idĂ©e que le paysage sous-marin existe. C'est par exemple le thĂšme d'un colloque organisĂ© par l'Agence des aires marines protĂ©gĂ©es qui doit Ă©voquer le projet d'un « Observatoires photographiques des paysages sous-marins Â» [13], dans le cadre de ses compĂ©tences d'animation scientifique et technique.

Une approche pluri-sensorielle

Le paysage visible construit Ă  travers des filtres est aussi « sensation interne Â», ce que Diderot appelait « rumeur des viscĂšres Â». En effet, tous les sens entrent dans la construction du paysage, qu’il s’agisse du toucher, de l’odorat, de l’ouĂŻe. Le paysage sonore a notamment Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© par le compositeur et musicologue canadien Raymond Murray Schafer. Pour lui, ce paysage est soumis Ă  la fois Ă  la discontinuitĂ© (il n’y pas de fond sonore vĂ©ritable) et Ă  la disjonction entre « l’entendu et l’identifiĂ© Â»[14] (difficultĂ© de reconnaĂźtre, de situer, la source d’un bruit Ă©mis). Alors qu’autrefois il Ă©tait bien supportĂ©, aujourd’hui le bruit suscite la plainte et est connotĂ© nĂ©gativement, rattachĂ© aux couches populaires, d’oĂč l’ascension des vertus de silence devenu paradoxalement moyen de distinction. L’étude paysagĂšre par le biais de l’odorat et du toucher est trĂšs intĂ©ressante mais beaucoup moins dĂ©veloppĂ©e.

Une analyse scientifique du paysage ?

La subjectivitĂ© au cƓur de l'approche du paysage semble remettre en cause l’idĂ©e d’une analyse scientifique du paysage, avant tout naturaliste, notamment dĂ©veloppĂ©e chez les gĂ©ographes russes (en Russie, tout s’explique par l’étendue et le climat[rĂ©f. nĂ©cessaire]). Cette non-scientificitĂ© du paysage, Alain Roger l’oppose Ă  l'environnement : « le paysage ne fait pas partie de l’environnement Â» (Court traitĂ© du paysage). En effet, « l’environnement Â» est un concept rĂ©cent, d’origine Ă©cologique, et justiciable d’un traitement scientifique ; il regroupe l’eau, la terre, l’air, la vĂ©gĂ©tation, les reliefs : « il est alors Ă©quivalent de ce que, mais bien Ă  tort, certains gĂ©ographes physiciens nomment paysage[15] Â» qui rĂ©duisent ce dernier a son socle naturel. Cependant, comme le rappelle Alain Corbin, un paysage s’inscrit, est « insĂ©rĂ© Â», dans un environnement.

La question de la temporalité

Le paysage est soumis Ă  des changements temporels et Ă  des cycles tant comme vision que comme production de l'espace [16].

La notion de paysage et son approche gĂ©ographique, Ă©conomique, sociale, esthĂ©tique ou Ă©cologique font nĂ©cessairement appel au temps auquel on se rĂ©fĂšre. Quelle que soit la dĂ©finition donnĂ©e du paysage, son observation et son Ă©tude confrontent impitoyablement deux ĂȘtres vivants, l'un observĂ© et l'autre observateur. Et comme tous ĂȘtres vivants, l'un et l'autre sont sujets aux variations sĂ©culaires, annuelles, saisonniĂšres ou journaliĂšres. L'observĂ© se prĂ©sente Ă  un moment "T", chargĂ© de son passĂ©, visible ou non, et dĂ©jĂ  riche de son devenir, prĂ©visible ou non. De mĂȘme, l'observateur se prĂ©sente Ă  un moment "T", chargĂ© de son passĂ©, de ses acquis culturels, sociaux, avec sa propre personnalitĂ©, le tout constituant un ĂȘtre Ă©galement en devenir. Saisir un paysage est donc un moment bref et non renouvelable Ă  court terme. En ce sens, ce que l'on saisit, le paysage, ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ© que comme une entitĂ© unique, personnelle et Ă©phĂ©mĂšre. Le paysage n'est que pour ce qu'il est au moment oĂč son observateur le voit. Dans l'absolu, on peut ainsi affirmer que, en dehors de cet instant "T" pour un observateur dĂ©fini, le paysage n'existe pas.

Approche picturale

Le paysage est une des grandes sources d'inspiration des peintres et graveurs, surtout depuis la période dite Romantique
Article dĂ©taillĂ© : Paysage dans l'art.
Article dĂ©taillĂ© : Land Art.

Historiquement, le paysage est d'abord une notion artistique, au sens de dĂ©cor disposant d'une valeur esthĂ©tique[17]. Le regard paysager s'est formĂ© dans le monde occidental au contact de l'art pictural et de ses Ă©volutions au dĂ©but de l'Ă©poque moderne[18], notamment Ă  la Renaissance. La naissance du paysage est liĂ© ainsi Ă  une « mĂ©diation par l'art Â», Ă  un processus d'« artialisation Â», notion empruntĂ©e Ă  Montaigne par Alain Roger[19], qui permet de passer du pays au paysage. L'intervention de l'artiste[20] et de son regard entraĂźne « une dualitĂ© pays-paysage qui rĂ©pond Ă  une dualitĂ© de type de dualitĂ© nuditĂ©-nu, la nature Ă©tant le corps dĂ©vĂȘtu qui ne devient esthĂ©tique que grĂące Ă  l'intervention de l'art Â»[17] : c'est ce processus qu'Alain Roger nomme « artialisation Â».

Approches géographiques

La géographie et la géomorphologie nomment les éléments formels du paysage pour le mieux décrire et expliquer
Principe de constitution des Cuestas

Histoire de la notion en géographie

À la charniĂšre des XIXe et XXe siĂšcles, la gĂ©ographie, notamment par l'intermĂ©diaire d'Alexandre de Humboldt et ÉlisĂ©e Reclus[21], reprend Ă  son compte le paysage, jusqu'alors territoire du peintre pour en faire un objet d'Ă©tude. Le gĂ©ographe Paul Vidal de la Blache, co-fondateur des Annales de gĂ©ographie et de la gĂ©ographie française dite classique, a largement contribuĂ© Ă  forger l'approche gĂ©ographique des paysages dans la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle. Le paysage est alors conçu dans une visĂ©e objective et gĂ©nĂ©alogique : il est le rĂ©sultat des actions des hommes s'adaptant Ă  leur environnement naturel au cours de l'histoire. Il devient un vaste ouvrage oĂč le gĂ©ographe peut distinguer les Ă©lĂ©ments naturels des Ă©lĂ©ments culturels, et leur intime mĂ©lange dans bien des rĂ©gions, se succĂ©dant au cours du temps. Cette approche, qui rĂ©duisait le paysage Ă  l'ensemble des objets qui le composent a longtemps dominĂ© la pensĂ©e gĂ©ographique française du paysage[22], mais elle Ă©vacuait la question de la subjectivitĂ©.

Dans les annĂ©es 1970-1980, les gĂ©ographes, sous la houlette de Georges Bertrand, ont commencĂ© Ă  considĂ©rer le paysage comme un objet hybride, faisant appel Ă  la fois aux sciences naturelles (gĂ©omorphologie, Ă©cologie vĂ©gĂ©tale, climatologie) et aux sciences sociales (territorialisation de l'espace, perception, phĂ©nomĂ©nologie, symboles politiques
). Georges Bertrand a ainsi crĂ©Ă© un concept ternaire d'Ă©tude : gĂ©osystĂšme - territoire - paysage, permettant d'Ă©tudier les dynamiques du paysage et son Ă©volution. Une telle conception permettait de rendre compte de l'Ă©volution d'un paysage, dĂ©pendant Ă  la fois des processus naturels et des amĂ©nagements humains, des perceptions et des idĂ©ologies. Dans son article « Paysage et gĂ©ographie physique globale Â» (in Revue de gĂ©ographie des PyrĂ©nĂ©es et du Sud-Ouest, 1968) Georges Bertrand, en se rĂ©fĂ©rant au paysage, synthĂ©tise cette idĂ©e en affirmant :

« C'est, sur une certaine portion de l'espace, le rĂ©sultat de la combinaison dynamique, donc instable, d'Ă©lĂ©ments physiques, biologiques et anthropiques qui, en rĂ©agissant dialectiquement les uns sur les autres, font du paysage un ensemble unique et indissociable en perpĂ©tuelle Ă©volution. Â»

Depuis une vingtaine d'annĂ©es, l'Ă©tude du paysage par les sciences humaines est particuliĂšrement vive en France. Dans cette perspective, « les formes paysagĂšres sont dĂ©sormais conçues comme des construits, analysĂ©s en tant qu'ils sont reprĂ©sentations des rapports des hommes aux lieux Â»[22]. Le gĂ©ographe Jean-Robert Pitte par exemple se place dans une posture rompant avec les principes de Vidal de la Blache : il insiste largement sur la place de la subjectivitĂ© et de l'Ă©volution des perceptions, Ă  travers nos modes de vie (voiture, avion, train) que les artistes viennent rĂ©vĂ©ler grĂące Ă  leurs Ɠuvres. L'historien Alain Corbin Ă©largit aussi la question de la perception paysagĂšre en ne la cantonnant pas qu'au visuel mais Ă  tous les sens. Il a ainsi parlĂ© de « paysage sonore Â» dans son ouvrage sur les cloches dans les campagnes françaises. La distinction entre une approche naturaliste du paysage et une approche culturaliste a Ă©tĂ© exprimĂ©e le plus fortement par le philosophe Alain Roger dans son essai « Paysage et environnement : pour une thĂ©orie de la dissociation Â»[23] qui en appelle Ă  distinguer les deux notions.

Une dĂ©finition lĂ©gale du paysage aujourd'hui largement partagĂ©e, Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne, est celle contenue dans la Convention europĂ©enne du paysage, signĂ©e sous les auspices du Conseil de l'Europe en 2000[24]. Selon cette dĂ©finition « Le paysage dĂ©finit une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractĂšre rĂ©sulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations Â».

Perception, et effets psychophysiologiques de la naturalité ou de l'anthropisation des paysages

Article dĂ©taillĂ© : NaturalitĂ© (environnement).

La notion de paysage et diversement perçue selon les contextes et les cultures[25]. On a montrĂ© que face Ă  diffĂ©rents types de paysage, ou en regardant diffĂ©rentes photographie de paysage, les personnes ont des rĂ©actions physiologiques diffĂ©rentes qu'on peut aujourd’hui mesurer au moyen de l'Ă©lectro-encĂ©phalographie (EEG), l'Ă©lectromyographie (EMG), la frĂ©quence cardiaque (HR), le suivi du regard, alors que les rĂ©actions psychologiques peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©es par diffĂ©rents tests, entretiens ou mesures d'attention[25]. En Ă©tudiant les rĂ©actions psychophysiologiques de personnes placĂ©es devant un Ă©cran avec diffĂ©rents paysages, on a ainsi montrĂ© que certains paysages ont un effet calmant et agrĂ©able (montagnes, eau et forĂȘts) pour tous, mais que le cerveau des amĂ©ricains ne rĂ©agissait pas avec la mĂȘme intensitĂ© ou pas aux mĂȘmes stimuli que celui des thaĂŻlandais[25].

En AmĂ©rique du Nord, les paysages, et particuliĂšrement ceux du Grand Ouest ou des forĂȘts borĂ©ales du Canada, dĂ©passent bien des canons europĂ©ens. La dĂ©couverte des grands espaces occidentaux des États-Unis, lors de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, a bouleversĂ© ses dĂ©couvreurs, dignes successeurs d' Alexandre de Humboldt. Ils se sont trouvĂ©s face Ă  des espaces sauvages, en regard d'une Europe quasi-entiĂšrement anthropisĂ©e, et d'Ă©chelles sans commune mesure avec ceux de l'Ancien Monde. De plus, ce fut l'occasion Ă  un nouveau mĂ©dium artistique de fournir sa vision du paysage : la photographie, alors que jusqu'Ă  prĂ©sent la peinture avait eu la charge de cette reprĂ©sentation. Les photographies d'Ansel Adams dans le massif de la Yosemite Valley en sont exemplaires. C'est Ă  cette occasion qu'est forgĂ© le concept de wilderness, difficile Ă  traduire (« sauvagetĂ© Â», « monde sauvage Â», « naturalitĂ© Â» ?), pour qualifier ces grands espaces vierges proposĂ©s comme des mondes Ă  prĂ©server de l'anthropisation.

MĂȘme dans les pays trĂšs anthropisĂ©s, la naturalitĂ© d'un paysage, sa richesse et son harmonie, et la prĂ©sence de l'arbre dans le paysage jouent aussi un rĂŽle important dans le sentiment de paix ou de bien-ĂȘtre qu'il procure[26]. Ainsi au Japon, au dĂ©but des annĂ©es 2000, une Ă©tude sur l'effet curatif de la vĂ©gĂ©tation existant dans le paysage a montrĂ© que 94% des interrogĂ©s Ă  qui l'on demande d'Ă©voquer un paysage bon pour leurs santĂ© et bien-ĂȘtre dĂ©crivent spontanĂ©ment un paysage trĂšs naturel, pour 1% prĂ©fĂ©rant un paysage artificiel. Des variations se dessinent cependant selon l'Ăąge.

La délicate étude des paysages anciens

Articles dĂ©taillĂ©s : ArchĂ©ogĂ©ographie et Histoire rurale.

Les dérives des études morpho-historiques

L’étude de paysage est dĂ©licate et controversĂ©e. Les tentatives de synthĂšse d’histoire rurale ou d’histoire du paysage de telle ou telle rĂ©gion, ayant l’ambition d’exploiter des sources Ă©crites et non Ă©crites, sont gĂ©nĂ©ralement soit des travaux rapprochant de maniĂšre superficielle des donnĂ©es archĂ©ologiques, morphologiques et textuelles pour produire un discours historique, soit des ouvrages de palĂ©ogĂ©ographie lacunaires et parfois anhistoriques[27].

La cause d’un tel Ă©chec est de vouloir rĂ©duire le rĂ©el Ă  une schĂ©matisation systĂ©matique dĂšs que celui-ci est perçu comme paysage aux formes complexes. Les historiens ont donc plus fait l’histoire d’un paysage irrĂ©el Ă  force d’ĂȘtre rĂ©duit Ă  des schĂ©matisations successives, que l’histoire la plus « rĂ©elle Â» possible de l’objet[27].

Or, le paysage n’est pas seulement une structure que l’on peut schĂ©matiser : il est un fonctionnement, une interaction dynamique permanente entre des Ă©lĂ©ments physiques et des Ă©lĂ©ments sociaux, et l’étude de la morphologie des paysages du passĂ© doit donc ĂȘtre une gĂ©ographie des espaces des sociĂ©tĂ©s du passĂ© rendant compte de leurs dynamiques de transformation[28].

Une réalité épistémologique complexe

Étudier un paysage considĂ©rĂ© comme fonctionnement, interaction dynamique, est rendue d’autant plus difficile qu’elle s’inscrit dans une situation Ă©pistĂ©mologique particuliĂšre :

  • d’une part, l’histoire a pris l’habitude de se priver d’espace, Ă  force de le rĂ©duire Ă  un stĂ©rĂ©otype, Ă  une idĂ©e d’espace[29] ;
  • d’autre part, la gĂ©ographie fut partagĂ©e entre gĂ©ographie physique et gĂ©ographie humaine ;
  • enfin, l’archĂ©ologie actuelle est profondĂ©ment marquĂ©e par les sciences du palĂ©oenvironnement, permettant l’accĂšs aux composantes vĂ©gĂ©tales et animales du paysage ancien, et par la gĂ©oarchĂ©ologie, traitant du sĂ©diment, de son Ă©volution et de sa relation avec les sociĂ©tĂ©s, de par l’amĂ©nagement du paysage et de l’agriculture.

Ainsi, une Ă©tude de paysage, qui pourrait ĂȘtre dite « archĂ©ologie des paysages Â», « morphologie dynamique des paysages Â» ou encore « palĂ©ogĂ©ographie Â», est donc au carrefour de plusieurs disciplines.

Les voies d’accùs à la connaissance du paysage ancien

ConnaĂźtre et comprendre le paysage implique de rapprocher des disciplines et points-de-vue diffĂ©rents pour notamment :

  • exploiter des textes, des atlas, des inscriptions, cartes, itinĂ©raires, toponymie, etc. ;
  • Prospecter (approche spatiale et matĂ©rielle), afin d'exploiter des sources archĂ©ologiques pour connaĂźtre l'histoire et les impacts des structures (agraires ou autres) et pour permettre une Ă©cologie rĂ©trospective, l'Ă©tude des palĂ©opaysages et une archĂ©omorphologie ;

Vers une nouvelle organisation des champs scientifiques

Pour une Ă©tude de paysage, il ne suffit pas d’articuler entre elles des disciplines autonomes (histoire, gĂ©ographie, etc.) possĂ©dant leur propre mĂ©thode et leur corpus documentaire. En effet, le paysage est Ă  la marge de disciplines qui ne s’articulent pas vraiment[30] :

L'Ă©tude de paysage appelle donc une nouvelle organisation des champs scientifiques permettant une approche systĂ©mique[31]. Ces questions ont Ă©tĂ© largement traitĂ©es par GĂ©rard Chouquer (directeur de la rĂ©daction des Études rurales)[32], François Favory ou encore Philippe Leveau.

Approche Ă©cologique

Les formes et éléments naturels du paysage renseignent sur son histoire et son fonctionnement écologique (bras-morts, alluvions et anciens méandres ici par exemple)

Écologie du paysage

Article dĂ©taillĂ© : Valeur Ă©cologique.

Le paysage naturel fait dĂ©sormais l'objet d'un discipline scientifique Ă  part entiĂšre, l'Ă©cologie du paysage, et peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un patrimoine commun Ă  prĂ©server.

En amĂ©nagement du territoire, la prise en compte des aspects paysagers d'un quelconque projet d'amĂ©nagement (rĂ©novation, remembrement agricole, autoroutes, etc.) est dĂ©sormais presque obligatoire. En effet le Plan local d’urbanisme des communes doit dĂ©sormais le prendre en compte, et des lois comme celle du 8 janvier 1993 (dite "loi Paysage") permet la protection du paysage en tant que tel. Ainsi la plupart des projets d'amĂ©nagement, comme les plans de gestion des espaces naturels, comportent au prĂ©alable une analyse paysagĂšre du milieu.

En application des principes de la Convention européenne du paysage, les pays de l'Union européenne sont tenus d'inventorier leurs paysages dans un souci d'aménagement, de gestion ou de préservation. En France, cet inventaire est réalisé sous la forme d'atlas de paysages, à l'échelle départementale ou régionale.

Politiques publiques du paysage

L’administration du paysage est encore rĂ©cente. La premiĂšre loi s’y rapportant date de 1906 et la stabilisation du service qui en a la charge s’est opĂ©rĂ©e en 1995 avec la crĂ©ation de la sous-direction des sites et paysages au sein de la direction de la nature et des paysages au ministĂšre de l'Ă©cologie et du dĂ©veloppement durable. Emmanuelle HeaulmĂ© (École d’architecture et de paysage, Bordeaux) distingue trois grands modĂšles de perception et d’action qui, au cours du XXe siĂšcle, ont ordonnĂ© la patrimonialisation des paysages :

  • le « paradigme du pittoresque Â» : le paysage s’impose comme objet patrimonial dans la mesure oĂč il se prĂȘte Ă  un rapprochement avec une Ɠuvre peinte (lois 1906 et 1930 sur les sites et monuments naturels)
  • le « paradigme de l’environnement Â» Ă  partir des annĂ©es 1950 : inscription et classement, dans les annĂ©es 1960 et 1970, de grands paysages naturels (ex. Landes et Gironde), et apparition d'une nouvelle politique qui s’attache, au-delĂ  de la simple protection, Ă  mettre en Ɠuvre une vĂ©ritable gestion des sites.
  • le « paradigme du paysage culturel Â» depuis les annĂ©es 1980 : attention portĂ©e au paysage en tant que forme sensible d’une interaction dynamique du naturel et du social.

Protection des paysages exceptionnels

Article dĂ©taillĂ© : paysage culturel.

L’État, en Occident, s’est donc peu Ă  peu dotĂ© de pouvoirs rĂ©glementaires importants, notamment en faveur des paysages exceptionnels dits patrimoniaux. La loi française de 1930 relative Ă  la protection des monuments naturels et des sites de caractĂšre artistique, historique, scientifique, lĂ©gendaire ou pittoresque permet le classement des paysages les plus exceptionnels au titre des sites. Le classement offre une protection renforcĂ©e en comparaison de l'inscription, en interdisant, sauf autorisation spĂ©ciale du ministre compĂ©tent, la rĂ©alisation de tous travaux tendant Ă  modifier l'aspect du site. Par ailleurs, les directives de protection et mise en valeur des paysages visent Ă  assurer de façon sĂ©lective la prĂ©servation et la mise en valeur des principaux Ă©lĂ©ments structurants d’un paysage. Il existe Ă©galement d'autres instruments de protection pour la sauvegarde des espaces naturels exceptionnels comme les rĂ©serves naturelles nationales, les parcs nationaux, les rĂ©serves biologiques, etc. Enfin on peut citer l'apparition de rĂšgles spĂ©cifiques dans certains espaces fragiles et/ou convoitĂ©s, comme la loi montagne et la loi littoral, ou la crĂ©ation d'un sanctuaire pour les mammifĂšres marins en MĂ©diterranĂ©e (« sanctuaire Pelagos Â», accord fait Ă  Rome le 25 novembre 1999).

À l'Ă©chelle internationale, le classement au patrimoine mondial de l'UNESCO reconnait des sites d'une valeur patrimoniale exceptionnelle universelle pour l'humanitĂ©. Ce classement a Ă©tĂ© introduit par la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel en 1972. En 2008, 33 sites sont classĂ©s au patrimoine mondial, culturel et naturel en France et 878 dans le monde. À noter, le classement du Val de Loire de Sully sur Loire Ă  Chalonnes sur plus de 85 000 ha en tant que paysage culturel exceptionnel.

Vers une politique des paysages du quotidien

En France, en 1971 a Ă©tĂ© crĂ©Ă© un ministĂšre chargĂ© de la protection de la nature et de l'environnement, et depuis 1995, le ministre chargĂ© de l’environnement et du dĂ©veloppement durable est, au sein du gouvernement, responsable de la politique des paysages, cadrĂ©e notamment par la loi paysage. Depuis 1989, le ministĂšre dĂ©cerne un prix du paysage chaque annĂ©e Ă  des paysagistes et des collectivitĂ©s pour leurs projets.

Il faut enfin rappeler que la plupart des instruments de protection paysages relÚve des collectivités locales. Les élus locaux jouent un rÎle central car ils se font les porte-parole des attentes de leurs administrés et ils justifient la pertinence locale des problÚmes paysagers avec une argumentation sociale.

On constate donc la progressive mise en place d’une vĂ©ritable politique des paysages, laquelle a pour objectif de « prĂ©server durablement la diversitĂ© des paysages français Â».

Article connexe : Conditions des paysans en France depuis 1945.

La mise en productions diverses et amĂ©nagements de la nature par les paysans est de premiĂšre influence sur les paysages. Parfois, une conscience aigĂŒe de ce pouvoir et un amour certain pour leur "pays" les transforment en paysagistes.

La gestion des jardins et des espace verts a donné lieu à une forme de spécialisation de l'architecture qui prend en compte les particularités de la mise en valeur, de la construction ou de la modification des paysages ou de portions de paysages.

On parle alors des activités de paysagistes, d'ingénieurs paysagistes ou d'architectes-paysagistes, selon les contextes.

Article dĂ©taillĂ© : Paysagiste.

Écoles d'architecture et de paysage

Typologies et cartographies (Atlas) et observatoires en France

Sous l'Ă©gide des ministĂšres concernĂ©s, du Museum d'Histoire naturelle et avec les DIREN (devenues DREAL) et les RĂ©gions et dĂ©partements (CAUE...), etc. la France a Ă©laborĂ© quelques outils d'observation et cartographie des paysages et unitĂ©s Ă©copaysagĂšres ;

Pour élaborer et mettre à jour les atlas de paysages (Atlas de paysages régionaux ou départementaux ou locaux), via les observatoires notamment, les acteurs peuvent s'appuyer aux échelles locales sur différents outils, en partie accessibles via le catalogue de données de l'IDCNP (Inventaire des dispositifs de collecte de la nature et des paysages [33]) et via la base de donnée CARMEN

Il existe toutefois des paysages que l'on nomme "urbains" et qui présente donc une scÚne de ville, de bùtiments...etc. La notion de paysage ne se résume pas seulement à un concepte géographique.

Notes et références

  1. ↑ Pour parcourir les nombreuses dĂ©finitions que recouvrent le terme, on consultera utilement les dĂ©finitions proposĂ©es en note de lecture par Madeleine Griselin, Serge Ormauxet Jean-Claude Wieber, UnitĂ© de recherche THĂ©MA, UniversitĂ© de Franche-ComtĂ©.
  2. ↑ Donadieu P. & PĂ©rigord M., ClĂ©s pour le paysage, Ophrys, 2005, p. 31.
  3. ↑ Ü. Mandera, Landscape Planning  ; Encyclopedia of Ecology ; Pages 2116-2126 doi:10.1016/B978-008045405-4.00062-8 ([1])
  4. ↑ On pourra consulter sur ce sujet l'article de Paul Arnould, «  Le paysage : de la production Ă  l'usage Â», GĂ©oconfluences, le 23 fĂ©vrier 2003
  5. ↑ Madeleine Griselin, Serge Ormauxet Jean-Claude Wieber, Utilisation des paysages UnitĂ© de recherche THĂ©MA, UniversitĂ© de Franche-ComtĂ©.
  6. ↑ Filet d'information, CG, Nature en ville : des Assises EuropĂ©ennes pour protĂ©ger les paysages d'Europe, consultĂ© 2011-11-22
  7. ↑ Z. Naveh, Interactions of landscapes and cultures ; Landscape and Urban Planning Volume 32, Issue 1, April 1995, Pages 43-54 doi:10.1016/0169-2046(94)00183-4 (RĂ©sumĂ©)
  8. ↑ Roger Brunet, Analyse des paysages et sĂ©miologie, 1974
  9. ↑ Roger Brunet, La thĂ©orie Du paysage en France, Champ vallon 1997.
  10. ↑ Nouvelles Russes : Traduction française publ. par L. Viardot, Parsi, 1845,p.  67
  11. ↑ Alain Corbin et Jean Lebrun, L’homme dans le paysage : entretien avec Jean Lebrun, Textuel, 201, p.  11
  12. ↑ « L’Ile Crespo Â» appartient au Capitaine Nemo. Jules Verne la situe par 32°40’ de latitude nord et 167°50’ de longitude ouest. C'est un « Ăźlot qui fut reconnu en 1801 par le capitaine Crespo, et que les anciennes cartes espagnoles nommaient Rocca de la Plata, c’est-Ă -dire « Roche d’Argent Â» Â» (Jules Verne, 1871)
  13. ↑ [2]
  14. ↑ Muray Schafer, « The Tuning of the World Â» (NY, 1978) in Le Paysage Sonore, Paris, Ă©d. Française, LattĂšs, 1979  ; Jean-François Augoyard, « La vue est-elle souveraine dans l’esthĂ©tique paysagĂšre ? Â», Le DĂ©bat, mai-aoĂ»t 1991, n°65, 9 p.
  15. ↑ Roger Brunet, Les mots de la gĂ©ographie, Dictionnaire critique
  16. ↑ Madeleine Griselin, Serge Ormauxet Jean-Claude Wieber, Statut temporel du paysage, UnitĂ© de recherche THĂ©MA, UniversitĂ© de Franche-ComtĂ©
  17. ↑ a et b Yvette Veyret, « Milieux, environnement et risques Â», in Annette Ciattoni et Yvette Veyret (dir), Les fondamentaux de la gĂ©ographie, Armand Colin, 2003, p. 55
  18. ↑ [3]
  19. ↑ Alain Roger Nus et paysages. Essai sur la fonction de l'art, 1978, Aubier.
  20. ↑ qu'il s'agisse, « in situ Â» du regard du paysagiste ou, « in visu Â», de celui du peintre
  21. ↑ Federico Ferretti « La vĂ©ritĂ© du regard : l'idĂ©e de paysage chez ÉlisĂ©e Reclus  Â», juin 2009, Projets de paysage
  22. ↑ a et b ThĂ©rĂšse Saint-Julien, « L'approche spatiale Â», in Annette Ciattoni et Yvette Veyret (dir), Les fondamentaux de la gĂ©ographie, Armand Colin, 2003, p. 11
  23. ↑ Alain Roger, « Paysage et environnement : pour une thĂ©orie de la dissociation Â» in Jean-Pierre Le Dantec, Jardins et paysages, Éd. Larousse, 1996.
  24. ↑ Elle a Ă©tĂ© adoptĂ©e en France par la loi no 2005-1272 du 13 octobre 2005, autorisant l'approbation de la convention europĂ©enne du paysage et publiĂ©e le 22 dĂ©cembre 2006 par le dĂ©cret no 2006-1643 du 20 dĂ©cembre 2006 portant publication de la convention europĂ©enne du paysage signĂ©e Ă  Florence le 20 octobre 2000.
  25. ↑ a, b et c C.-Y. Chang, 2004, Psychophysiological responses to different landscape settings and a comparison of cultural differences ; ISHS Acta Horticulturae 639: XXVI International Horticultural Congress: Expanding Roles for Horticulture in Improving Human Well-Being and Life Quality (RĂ©sumĂ©)
  26. ↑ F.A. Miyake, Y. Takaesu, H. Kweon (2004) ; Identifying the image of a healing landscape : A descriptive study.  ; ISHS Acta Horticulturae 639: XXVI International Horticultural Congress: Expanding Roles for Horticulture in Improving Human Well-Being and Life Quality. (RĂ©sumĂ©, en anglais)
  27. ↑ a et b GĂ©rard Chouquer, L'Ă©tude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Paris, Errance, 2000, p. 10.
  28. ↑ GĂ©rard Chouquer, L'Ă©tude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Paris, Errance, 2000, p. 99 ; 184.
  29. ↑ GĂ©rard Chouquer, L'Ă©tude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Paris, Errance, 2000, p. 99.
  30. ↑ GĂ©rard Chouquer, "La place de l'analyse des systĂšmes spatiaux dans l'Ă©tude des paysages du passĂ©", in GĂ©rard Chouquer (dir.), Les formes du paysage, t. 3, L'analyse des systĂšmes spatiaux, Paris, Errance, 1997, p. 17.
  31. ↑ GĂ©rard Chouquer, "La place de l'analyse des systĂšmes spatiaux dans l'Ă©tude des paysages du passĂ©", in CHOUQUER G. (dir.), Les formes du paysage, t. 3, L'analyse des systĂšmes spatiaux, Paris, Errance, 1997, p. 17-19.
  32. ↑ GĂ©rard Chouquer, L'Ă©tude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Paris, Errance, 2000, 208 p.
  33. ↑ Explications l'intĂ©gration des donnĂ©es paysages dans l’inventaire des dispositifs de collecte des donnĂ©es du systĂšme d’information sur la nature et les paysages, MinistĂšre en charge de l'Écologie, Mars 2009

Voir aussi

Bibliographie

  • GĂ©rard Chouquer (dir.), Les formes du paysage, t. 3, L'analyse des systĂšmes spatiaux, Paris, Errance, 1997.
  • GĂ©rard Chouquer, L'Ă©tude des paysages. Essais sur leurs formes et leur histoire, Paris, Errance, 2000, 208 p. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Pierre Donadieu et Michel PĂ©rigord, ClĂ©s pour le paysage, OPHRYS, 2005, 368 p. (ISBN 9782708010970)
  • Bernard Fischesser et Marie-France Dupuis-Tate, RiviĂšres et Paysages, Ed. La MartiniĂšre, 2006
  • Jean-Robert Pitte, Histoire du paysage français, Tallandier, 2003 (ISBN 2847340742)
  • Jean-Louis Tissier, « Paysage Â» ; Jacques LĂ©vy et Michel Lussault (dir.), Dictionnaire de la GĂ©ographie et de l'espace des sociĂ©tĂ©s, Éditions Belin, 2003. Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Damien Ziegler (prĂ©face de Patrick Brion), "La reprĂ©sentation du paysage au cinĂ©ma", Bazaar & Co, coll. « cinĂ©bazaar Â» (no 3), Paris, 5 mars 2010, 294 p. (ISBN : 978-2-917339-11-4)

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