Paul VI

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Paul VI
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Paul VI
Pape de l‚Äô√Čglise catholique

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In nomine Domini

Armoiries pontificales de Paul VI

Nom de naissance Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini
Naissance 26 septembre 1897
à Concesio, Flag of Italy (1861-1946).svg Italie
√Člection au pontificat 21 juin 1963 (65 ans)
Intronisation 30 juin 1963
Fin du pontificat 6 ao√Ľt 1978 (80 ans)
Drapeau du Vatican Vatican
Prédécesseur Jean XXIII
Successeur Jean-Paul Ier
Listes des papes : chronologie ¬∑ alphab√©tique

Paul VI (en latin Paulus VI, en italien Paolo VI) fut pape du 21 juin 1963 √† sa mort, le 6 ao√Ľt 1978. Il est n√© √† Concesio, pr√®s de Brescia en Italie, le 26 septembre 1897 sous le nom de Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini. Il est d√©c√©d√© le 6 ao√Ľt 1978 √† Castel Gandolfo en Italie.

Sommaire

Biographie

Origines

Les Montini ont une origine montagnarde[1].

Issu d'une famille catholique, Giovanni Battista Montini est le fils de Giorgio Montini, directeur du journal catholique Il cittadino di Brescia, plusieurs fois parlementaire, et de Giuditta Alghisi. Le couple s'est mari√© le 1er ao√Ľt 1895.,

Giuditta Alghisi est originaire de Verolavecchia, un village situé au sud de Brescia. Ayant perdu ses parents très jeune, elle est placée sous l'autorité d'un tuteur et envoyée dans un pensionnat religieux à Milan. Elle épouse Giorgio Montini quinze jours à peine après sa majorité. Elle meurt en mai 1943 quelques mois après son mari.

Après avoir achevé ses études de droit, Giorgio Montini prend la direction du journal catholique de la ville de Brescia, Il Cittadino di Brescia. Représentant dans sa province du Mouvement catholique (Movimento cattolico)[note 1], il fonde des cuisines économiques, un dortoir Saint-Vincent pour accueillir les deshérités, et un "Secrétariat du peuple" destiné à donner des conseils juridiques et administratifs aux paysans et aux ouvriers[2]. Il meurt en janvier 1943.

Jeunesse (1897-1920)

Brescia, o√Ļ Montini passa toute sa jeunesse

Enfance

Giovanni Battista Montini na√ģt le 26 septembre 1897 √† Concesio. Il est baptis√© √† l'√©glise de Pieve di Concesio le 30 septembre de la m√™me ann√©e[3].

Il a deux fr√®res : l'a√ģn√©, Lodovico, devint s√©nateur, et le pu√ģn√©, Francesco, m√©decin.

Comme le veut la coutume pour les familles bourgeoises de Brescia, il est confié à une nourrice. C'est Clorinda Zanotti, une mère de quatre enfants vivant à Sacca di Nave (près de Concesio), qui s'occupe de lui pendant quatorze mois.

Scolarité

En 1902, Giovanni Battista commence sa scolarité au collège Cesare Arici de Brescia, tenu par des jésuites. Il y fait la connaissance d'Andrea Trebeschi, avec qui il entame ses premières grandes actions pendant la Première Guerre mondiale. Il fréquente également en parallèle la congrégation Sante Maria della pace, inspirée par Philippe Néri.

De santé fragile[4], il est contraint de suspendre sa scolarité au bout de deux ans. Sa mère le fait alors étudier à la maison.

L'ann√©e suivante (en 1905), Montini reprend l'√©cole. Ses √©tudes, quoique d√©cousues, sont assez brillantes, si bien que ses camarades le surnomment ¬ę le b√Ľcheur ¬Ľ. Il doit suspendre √† nouveau ses √©tudes en 1910, toujours pour des raisons de sant√©. Ses parents d√©cident alors de le retirer d√©finitivement du coll√®ge et de lui faire donner des cours particuliers, afin qu'il puisse pr√©senter l'examen de fin d'√©tudes secondaires en candidat libre.

Dès le collège, il rejoint l'association Manzoni, du nom de l'auteur italien Alessandro Manzoni, qui rassemblait des élèves et des étudiants catholiques.

En 1913, il pr√©sente un examen d'√©tudes secondaires au lyc√©e d'√Čtat de Chiari puis passe sa maturit√† classica[note 2] en juin 1916. Il entre au s√©minaire √† la rentr√©e suivante.

Séminariste sans passer par le séminaire

Naissance de sa vocation

Montini n'ayant laiss√© aucun journal intime ni m√©moires, on ne peut d√©terminer avec exactitude comment nait sa vocation. Plusieurs √©pisodes de sa jeunesse concernant la religion l'ont n√©anmoins marqu√©, ce qui a pu d√©clencher chez lui les premi√®res interrogations :

  • 1903 : son p√®re lui annonce la mort du pape L√©on XIII. Paul VI avoue plus tard qu'il en ressentit une grande √©motion[5].
  • 1907 : la famille Montini se rend √† Rome et est re√ßue par le pape Pie X. La m√™me ann√©e, Battista fait sa premi√®re communion et re√ßoit quinze jours plus tard le sacrement de confirmation.
    Toujours la même année, les Montini déménagent au 17 via delle Grazie, à proximité de l'église Santa Maria delle Grazie. Ce sanctuaire marial est régulièrement fréquenté par la famille.
  • 1910 : √† Chiari s'installe une communaut√© b√©n√©dictine. Battista, contraint de rester chez lui pour √©tudier, assiste souvent aux complies et y fait quelques retraites spirituelles. Montini resta toujours en contact avec les moines de cette abbaye : recevant en 1973 au Vatican des abb√©s b√©n√©dictins, il leur dit que c'est √† Chiari qu'a germ√© sa vocation.
    Enfin, après avoir quelque temps songé à la vie religieuse, Montini entre au séminaire en septembre 1916.
D√©roulement du ¬ę s√©minaire ¬Ľ

C'est au s√©minaire Santangelo de Brescia que Battista entre d√®s septembre 1916. Pourtant, il ne suit pas la m√™me formation que ses confr√®res s√©minaristes : son √©tat de sant√© demeurant fragile, le sup√©rieur du s√©minaire et l'√©v√™que de Brescia acceptent d'embl√©e que le jeune homme ne soit pas soumis √† la vie d'internat. Assistant d'abord aux cours en habits civils, Montini ne peut rapidement plus venir au s√©minaire. S'ensuit alors une formation solitaire, √† la maison, o√Ļ quelques pr√™tres viennent l'assister.

Ces temps de solitude lui permettent de garder un lien fort avec la soci√©t√© qui l'entoure. Il prend tout d'abord la pr√©sidence de l'association Manzoni en 1917, gr√Ęce √† laquelle il lance une ¬ę biblioth√®que du soldat ¬Ľ destin√©e √† envoyer aux soldats du front de bons livres leur permettant de se distraire et d'entretenir leur foi. Il fonde en parall√®le la ¬ę Maison du soldat fran√ßais ¬Ľ, o√Ļ les soldats de France peuvent lire des livres et journaux.

En juin 1918, Montini s'attelle √† un autre grand projet : d√©fendre la libert√© de l'enseignement. Il lance avec des amis le magazine La Fionda dans laquelle il r√©clame notamment la cr√©ation d'une universit√© catholique.

Enfin, il prend position en faveur du PPI dont son p√®re est d√©put√© √† trois reprises. Ce parti pr√īne la libert√© de l'enseignement, la d√©fense de la famille et d'autres points plus administratifs.

Ces actions sociales entament n√©cessairement le temps de formation sacerdotale du jeune s√©minariste, dont les √©tudes sont par cons√©quent parcellaires et discontinues. Hormis les quelques cours particuliers que certains pr√™tres viennent lui dispenser, il √©tudie des compendiums et lit des ouvrages √©clectiques, religieux comme profanes. Ce sont des ¬ę lectures vari√©es et h√©t√©rog√®nes, vastes et d√©sordonn√©es[6] ¬Ľ.

Le 21 novembre 1919, Battista rev√™te enfin la soutane. Six mois plus tard, il est ordonn√© pr√™tre : entre les deux dates, il re√ßoit rapidement tous les ordres sacr√©s : la tonsure le 30 novembre, le sous-diaconat le 28 f√©vrier 1920 sont quelques-unes des √©tapes le conduisant √† l'ordination sacerdotale.

Prêtre (1920-1954)

Ordination

Jean-Baptiste Montini, le jour de son ordination sacerdotale.

Apr√®s une retraite spirituelle qu'il doit interrompre √† cause de la chaleur, Montini est ordonn√© pr√™tre le 29 mai 1920. Une d√©rogation avait d√Ľ lui √™tre accord√©e du fait de son √Ęge, le Code de droit canonique disposant alors que le candidat devait avoir vingt-quatre ans r√©volus.

Il c√©l√®bre sa premi√®re messe le lendemain dans le sanctuaire de Santa Maria delle Grazie, la nappe d'autel ayant √©t√© taill√©e dans la robe de sa m√®re. Les images d'ordination qu'il a fait imprimer portent une citation de Pie X : ¬ę Accordez, √ī mon Dieu, que tous les esprits s'unissent dans la V√©rit√© et tous les cŇďurs dans la Charit√© ¬Ľ.

√Čtudes romaines

Arrivée à Rome

L'état de santé de Don Montini ne lui permettant pas de lui voir confier la charge d'une paroisse, son évêque Mgr Gaggia décide de l'envoyer à Rome pour compléter ses études.

La Gr√©gorienne, une des universit√©s de Rome o√Ļ le p√®re Montini poursuit ses √©tudes.

Montini arrive √† Rome le 10 novembre 1920. Il y √©tudie dans deux universit√©s : √† la Gr√©gorienne (chez les j√©suites) et √† la Sapienza (Universit√© d'√Čtat, la√Įque). Cette double formation co√Įncide avec la ligne directrice qui orientera son pontificat : l'ouverture vers le monde la√Įc. Parall√®lement √† ses √©tudes, il continue de collaborer pour La Fionda et √©crit des nouvelles.

Il aide en outre son père à mener sa campagne électorale pour la XXVIe législature du royaume d'Italie. Le PPI n'y obtient que 107 sièges. Pour la première fois, 35 fascistes (dont Mussolini) y sont élus.

Admission à l'Académie des nobles ecclésiastiques

Le 27 octobre 1921, Montini est re√ßu au Vatican en compagnie de Longinotti[note 3] par Mgr Giuseppe Pizzardo, substitut √† la secr√©tairerie d'√Čtat. Recommand√© par Longinotti, Montini se voit proposer une inscription √† l'Acad√©mie des nobles eccl√©siastiques sise √† Rome. Cette institution de haut niveau avait √©t√© fond√©e en 1701 par Cl√©ment XI pour former les clercs destin√©s au service diplomatique du Saint-Si√®ge.

Entr√© en novembre √† l'Acad√©mie, Montini y √©tudie le latin, l'histoire eccl√©siastique, la diplomatie et le droit. Il publie un opuscule commentant l'ouvrage d'un de ses amis pr√™tres le P√®re Bevilacqua : La lumi√®re et les t√©n√®bres.

Quand Beno√ģt XV meurt le 23 janvier 1922, Montini va se recueillir devant la d√©pouille du Saint-P√®re expos√©e dans la basilique Saint-Pierre. Il assiste en outre au couronnement de Pie XI le 2 f√©vrier, toujours dans la basilique. Le nouveau pape re√ßoit les √©l√®ves de l'acad√©mie le 6 mars, dont Montini.

Après avoir voyagé en Allemagne et en Autriche durant l'été 1922[note 4], le jeune prêtre passe son doctorat en droit canon le 9 décembre suivant.

Attaché à la nonciature de Varsovie

En mai 1923, Montini apprend qu'il est affect√© √† la nonciature de Varsovie en tant qu'attach√© √† la nonciature. Sans attribution d√©termin√©e, il ne touche aucun traitement et vit de l'argent que ses parents lui envoient et des honoraires de messes. De la Pologne, il suit la politique italienne et d√©nonce dans ses lettres le rapprochement de certains membres du PPI avec le parti de Mussolini. Don Battista est admis √† revenir √† Rome en octobre 1923, gr√Ęce au nonce de Varsovie Mgr Lauri, et √† son p√®re qui fait valoir que la sant√© de son fils supporterait tr√®s mal l'hiver polonais.

Aum√īnier du Cercle romain de la FUCI

La FUCI (F√©d√©ration des universitaires catholiques italiens) est une branche de l'Action catholique italienne (ACI). Il s'agit d'une association compos√©e de diff√©rents cercles en liens √©troits avec la hi√©rarchie eccl√©siastique, chaque cercle √©tant spirituellement dirig√© par un aum√īnier.

Un an apr√®s son retour de Pologne, Montini est nomm√© fin novembre 1923 aum√īnier du Cercle romain de la FUCI par son protecteur et ami Mgr Pizzardo. Son travail est de remettre de l'ordre dans ce cercle en y √©purant ses activit√©s politiques agit√©es pour y remettre un sang neuf de vie culturelle et religieuse, dans le but indirect de renforcer les liens entre la FUCI et l'ACI.

Don Battista n'abandonne pas pour autant son combat politique et milite pour l'indépendance du PPI face au fascime pour les élections législatives de 1924. Toutefois, le parti est divisé et n'obtient plus qu'une quarantaine de fauteuils à l'assemblée.

Durant l'√©t√© 1924, Montini fait un s√©jour d'un mois en France : il prend des cours de fran√ßais √† l'Alliance fran√ßaise de Paris dispens√©s par Ren√© Doumic, et visite notamment le mus√©e du Louvre et la ville de Lisieux o√Ļ repose sainte Th√©r√®se.

Secr√©tairerie d'√Čtat

Alors qu'il n'a que vingt-sept ans, Montini re√ßoit une lettre de Mgr Pizzardo l'informant que le pape Pie XI l'autorise √† le faire entrer √† la secr√©tairerie d'√Čtat. Il commence sa fonction le 24 octobre 1924 en tant que pr√©pos√©, le poste le plus modeste.

Minutante

Apr√®s plusieurs mois d'apprentissage, on le nomme minutante le 9 avril 1925 √† la section des Affaires ordinaires. Il est charg√© de r√©diger, d'apr√®s les instructions re√ßues, les brouillons, instructions et circulaires envoy√©s par la section.

Montini continue en parall√®le son apostolat aupr√®s des jeunes, travaillant au Vatican le matin puis au Cercle romain de la FUCI l'apr√®s-midi. Son activit√© apostolique n'est pas de tout repos : il organise des conf√©rences, donne des le√ßons sur la morale chr√©tienne et pr√™che des retraites. Pourtant, un incident survient au printemps 1925 : don Battista organise une semaine d'√©tudes sociales pour les jeunes o√Ļ son fr√®re Lodovico, alors enseignant en sciences √©conomiques et sociales √† Milan, fait une intervention. Le quotidien du PPI vante l'engagement politique des Montini dans lequel est inclus le jeune pr√™tre. Le cardinal Pompilj se plaint aupr√®s de Mgr Pizzardo que le Cercle se "politise".

Cam√©rier secret et aum√īnier national de la FUCI

Mais les √©v√©nements internes √† la FUCI incitent le pape Pie XI √† nommer Montini aum√īnier national de la FUCI en vue de "d√©politiser" la f√©d√©ration, de la d√©solidariser du PPI et de contr√īler les mouvements √©tudiants.

Pour donner plus d'autorit√© √† l'aum√īnier, Pie XI le nomme cam√©rier secret, titre ne correspondant plus √† aucune fonction pr√©cise. Don Battista, que l'on appelle d√©sormais Mgr Montini de par sa fonction, donne une ligne plus culturelle et religieuse √† la f√©d√©ration.

La direction spirituelle de la FUCI n'est pas de tout repos, notamment √† cause des multiples incidents qui naissent entre les √©tudiants catholiques et les √©tudiants fascistes[note 5]. La tentative d'assassinat de Mussolini le 31 octobre 1926 envenime ces incidents.

Montini adopte alors une nouvelle strat√©gie pour √©vang√©liser le milieu √©tudiant sans risquer de heurts : le combat culturel, visant √† former de l'int√©rieur le milieu √©tudiant en donnant un nouvel √©lan √† la culture catholique. C'est ainsi que Mgr Montini fonde la maison d'√©dition Studium et cr√©e un bimensuel, Azione fucina. Tout en publiant des articles, il r√©dige aussi une importante √©tude sur la vie et l'enseignement du Christ d'apr√®s le Nouveau Testament. Ses √©crits t√©moignent de l'influence qu'a eu sur lui l'abb√© Maurice Zundel[note 6] et le philosophe Jacques Maritain[note 7].

La montée du fascisme inquiète Montini, qui émet la plus grande réserve au moment de la conclusion des Accords du Latran[7]. Peu de temps après, il exclut de la FUCI les étudiants refusant de partir du Groupement Universitaire Fasciste.

Primo Minutante et démission forcée de la FUCI

Un an pr√®s la signature des Accords du Latran, le Cardinal Pietro Gasparri abandonne sa charge de secr√©taire d'√Čtat, poste rapidement pourvu par le Cardinal Pacelli, futur Pie XII. Ce changement de poste est pr√©c√©d√© par un remaniement au sein de la congr√©gation, et Mgr Montini est nomm√© primo minutante en succession du Cardinal Domenico Tardini, nomm√© sous-secr√©taire.

Malgré son nouveau poste et l'accroissement de la charge de travail en découlant, Mgr Montini continue son apostolat auprès des étudiants de la FUCI.

N√©anmoins, le mouvement essuie bient√īt de grandes difficult√©s, et Montini se verra contraint d'en d√©missionner :

D'une part, la presse fasciste suspecte la FUCI et autres mouvements catholiques d'√™tres des ¬ę organisations concurrentes des corporations fascistes ¬Ľ, ce qui conduit Mussolini √† interdire aux adh√©rents du Parti national fasciste d'appartenir √† tout mouvement d'Action catholique[8]. Des accords sont sign√©s le 2 septembre 1931 entre le Saint-Si√®ge et le gouvernement, dans lesquels l'√Čglise fait de nombreuses concessions, ce que d√©nonce Montini.

D'autre part, Montini lui-m√™me doit faire face √† plusieurs accusations :

  • Le nouvel aum√īnier du cercle romain de la FUCI, Mgr Ronca, d√©nonce la circulaire envoy√©e par Montini (aum√īnier national) pour P√Ęques 1931, dans laquelle il critique notamment "l'inutile et mals√©ante multiplicit√© de cand√©labres, palmes, fleurs, etc." qui d√©core les autels des √©glises[9], ce qui choque plusieurs aum√īniers locaux du mouvement ;
  • Son ouvrage La Via di Cristo (La Voie du Christ) obtient difficilement le nihil obstat de l'√©v√™que de Brescia ;
  • Enfin, des rivalit√©s naissent entre la FUCI et les J√©suites, qui enseignent √† la Gr√©gorienne, l'enseignement des deux mouvements √©tant en "concurrence".

Le 12 mars 1933, un article anonyme d'Azione fucina annonce la d√©mission de Mgr Montini de sa charge d'aum√īnier national des associations universitaires catholiques. Beaucoup pensent qu'il s'agit l√† d'une d√©mission forc√©e[10].

Une fois d√©mis de ses fonctions, Mgr Montini consacre son temps, parall√®lement au l√©ger travail qu'il exerce √† la secr√©tairerie d'√Čtat, √† l'enseignement et √† l'√©criture. Il poursuit en effet son enseignement d'histoire de la diplomatie pontificale √† l'Universit√© du Latran et assure un cours d'introduction au dogme catholique dans la m√™me universit√©. Il publie en outre La Vie du Christ et une Introduction √† l'√©tude du Christ, et r√©alise une traduction de La Religion personnelle du p√®re de Grandmaison. L'√©t√© 1934 est pour lui l'occasion de voyager en France, en Grande-Bretagne et en Irlande. Il s'√©loigne de Rome pendant toute l'ann√©e 1935 pour des raisons de sant√©, et se repose pr√®s de sa r√©gion natale de Brescia. √Ä son retour, il retourne √† son travail √† la secr√©tairerie d'√Čtat, sans entrain et avec lassitude.

Substitut aux Affaires ordinaires
Fonctions du Substitut
Le Palais apostolique, nouveau lieu de résidence de Mgr Montini.

Lors du consistoire du 13 d√©cembre 1937, le Pape Pie XI cr√©e cardinal Mgr Pizzardo. Ce dernier est remplac√© aux Affaires extraordinaires par Mgr Tardini, lui-m√™me remplac√© √† sa charge de substitut aux Affaires ordinaires par Mgr Montini.

Cette promotion importante, faisant conna√ģtre Montini au-del√† du Vatican, s'accompagne d'autres promotions annexes : consulteur de la Congr√©gation consistoriale et consulteur de la Congr√©gation du Saint-Office. Montini quitte alors le Palais du Belv√©d√®re pour loger au Palais apostolique, sous les bureaux de la Secr√©tairerie d'√Čtat. En tant que substitut aux Affaires ordinaires, Montini devient un proche collaborateur du Pape et il a en charge les relations du Saint-Si√®ge avec les grands organismes de l'√Čglise ; il peut transmettre des recommandations et des directives de la part de l'autorit√© sup√©rieure, en plus d'un r√īle d'interm√©diaire o√Ļ il fait part notamment du point de vue du Saint-Si√®ge √† des personnalit√© venant le visiter. Sa journ√©e-type commence par une √©tude des dossiers, puis une r√©ception par le secr√©taire d'√Čtat Pacelli, avant la r√©ception de cardinaux, √©v√™ques ou diplomates lors des audiences qu'il accorde.

Seconde Guerre Mondiale

Cependant, la survenance de la Seconde Guerre mondiale bouscule cette organisation. Montini, qui a assisté à la signature du Concordat du 20 juillet 1933 entre le Saint-Siège (représenté par Pacelli, le futur Pape Pie XII) et le Troisième Reich[11], est en effet être un témoin privilégié de la guerre et de l'action du Saint-Siège face à celle-ci. Le nazisme, déjà condamné par Pie XI dans l'encyclique Mit brennender Sorge, continue d'inquiéter le Saint-Siège quand l'Allemagne annexe l'Autriche en mars 1938, lors de l'Anschluss.

Le 10 f√©vrier 1939, le pape Pie XI meurt ; son successeur, le cardinal Pacelli, est √©lu le 2 mars suivant et prend le nom de Pie XII. Pendant le temps du conclave, Montini veille √† l'organisation mat√©rielle des lieux o√Ļ se r√©unissent les cardinaux. Une fois √©lu, Pie XII nomme le cardinal Luigi Maglione secr√©taire d'√Čtat, mais garde les deux substituts. Montini et le pape se voient tous les jours avant la guerre et pendant celle-ci, multipliant les audiences et les productions de documents. En juillet et ao√Ľt 1939, le Dr Manfred Kirschberg, de Paris, demande √† Mgr Montini d'attribuer aux juifs d'Europe un territoire en Angola (territoire portugais) pour les pr√©server des pers√©cutions, mais le projet n'aboutit pas[12].

D√®s le d√©but de la guerre, Montini se voit confier la responsabilit√© du Bureau d'informations, organe de liaison entre les prisonniers de guerre ou intern√©s civils et leurs familles, notamment en donnant √† ces derni√®res des nouvelles des prisonniers par radio. En janvier 1940, Pie XII demande √† Montini de diffuser des messages via Radio Vatican pour d√©noncer le sort r√©serv√© par les nazis au clerg√© et aux civils polonais. Apr√®s l'entr√©e des Allemands dans Paris le 14 juin 1940, Montini adresse un message de soutien √† l'abb√© Martin, seul Fran√ßais de son service[13]. Outre les activit√©s prenantes du Bureau d'informations, le substitut accorde de nombreuses audiences aux diplomates en visite au Vatican, et participe √† la distribution de secours, par l'interm√©diaire de la Croix-Rouge, aux prisonniers et aux populations civiles.

Rapidement, Mgr Montini est au centre de deux incidents diplomatiques entre l'Italie fasciste et le Saint-Si√®ge. D'une part, fin avril 1941, il est accus√© par le ministre Galeazzo Ciano d'avoir diffus√© un tract antifasciste √† des √©tudiants romains, mais aucun tract n'est retrouv√© ; d'autre part, une note envoy√©e au Saint-Si√®ge l'accuse d'avoir organis√© une r√©union antifasciste dans les appartements du Vatican, avec des diplomates √©trangers : l'information est vite d√©mentie par le secr√©taire d'√Čtat.

En novembre 1941, le substitut pr√©side la nouvelle ¬ę Commission pour les secours ¬Ľ, charg√©e d'envoyer des aides financi√®res et des m√©dicaments aux prisonniers, alli√©s ou non. √Ä partir de 1942, le Saint-Si√®ge est inform√© du sort r√©serv√© aux Juifs d'Europe. Ceux de Slovaquie sont momentan√©ment pr√©serv√©s de la d√©portation gr√Ęce √† l'intervention de la Secr√©tairerie d'√Čtat[14] mais, tr√®s vite, on informe le Saint-Si√®ge des cons√©quences de ces interventions : le 24 juin 1942, le nonce apostolique √† Berlin Cesare Orsenigo informe Mgr Montini que les d√©marches tent√©es en faveur des Juifs ¬ę ne sont pas bien accueillies ; au contraire, elles finissent par indisposer les autorit√©s ¬Ľ[15]. √Ä partir de ce moment, le Saint-Si√®ge, et en particulier le pape Pie XII, r√©agissent discr√®tement face aux atrocit√©s nazies, de peur des repr√©sailles[16].

√Ä partir de septembre 1942, Montini se trouve au cŇďur d'un complot visant √† renverser Mussolini[17]. La princesse Marie-Jos√© de Belgique, belle-fille du roi Victor-Emmanuel III, est re√ßue en audience le 3 septembre 1942 par Mgr Montini. Elle explique au substitut que le peuple italien est pr√™t √† abandonner le r√©gime fasciste, que des hommes sont pr√™ts √† assurer la rel√®ve et qu'une paix s√©par√©e peut √™tre conclue avec les Alli√©s[18]. Montini, que sa fonction lui permet de rencontrer les diplomates alli√©s, fait donc part de ce projet aux Alli√©s, qui font preuve de bonnes dispositions. N√©anmoins, ils mettent en Ňďuvre leur propre strat√©gie : ils commencent par d√©barquer en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, se rapprochant ainsi de l'Italie. √Ä l'issue du bombardement de Rome par les Alli√©s le 19 juillet 1943, Montini accompagne Pie XII dans les rues de la ville afin de prier et de secourir les pauvres. L'approche des Alli√©s √©branla le gouvernement fasciste ; le 24 juillet 1943, le Grand Conseil du fascisme vote les pleins pouvoirs au roi Victor-Emmanuel III. Le 25 juillet au matin, l'un des membres du Conseil qui vota les pleins pouvoirs, Alberto De Stefani, demande √† Montini que le Saint-Si√®ge serve d'interm√©diaire entre les Alli√©s et le nouveau gouvernement √† venir[19]. Le lendemain, le roi demande au mar√©chal Badoglio de former un minist√®re et ce dernier fait arr√™ter Mussolini. Le 13 ao√Ľt 1943, un nouveau bombardement alli√© survient sur Rome : Montini accompagne √† nouveau le pape sur les lieux touch√©s afin de r√©conforter la population. Le lendemain, le gouvernement Badoglio proclame Rome ¬ę ville ouverte ¬Ľ.

Jusqu'√† la fin de la guerre, Montini est t√©moin des diff√©rents √©v√©nements qui touchent Rome, notamment l'occupation de la ville par les Allemands √† partir du 10 septembre 1943, puis sa lib√©ration par les forces alli√©es le 4 juin 1944. Cette guerre fut aussi pour lui le temps des √©preuves : ses parents meurent en 1943, et plusieurs de ses amis furent d√©port√©s dans des camps de concentration ; enfin, son ami Longinotti (qui l'avait fait entrer √† l'Acad√©mie des nobles eccl√©siastiques), meurt dans un accident de voiture en 1944.

Après la guerre

Le secr√©taire d'√Čtat Luigi Maglione meurt d'une crise cardiaque le 22 ao√Ľt 1944. Le pape Pie XII ne le remplace pas et la fonction de secr√©taire d'√Čtat sera vacante jusqu'√† l'√©lection de Jean XXIII.

Malgr√© cela, Mgr Montini aura un r√īle important dans les relations diplomatiques entre le Saint-Si√®ge et les √Čtats sortant de la guerre. Bien qu'il n'aie pas pris place dans le dialogue entre Pie XII et le gouvernement fran√ßais pour remplacer quelques √©v√™ques ¬ę collaborateurs ¬Ľ[20], il sert d'interm√©diaire entre le pape et Jacques Maritain, nouvel ambassadeur de France pr√®s le Saint-Si√®ge, au sujert de la responsabilit√© du peuple allemand. Pie XII avait en effet estim√© que le peuple allemand n'√©tait pas collectivement coupable de la Seconde Guerre mondiale, ce √† quoi le philosophe Jacques Maritain r√©pondait que le peuple allemand √©tait responsable comme peuple. L'ambassadeur fran√ßais insiste aussi aupr√®s de Montini pour que Pie XII renouvelle son soutien au peuple juif en faisant une d√©claration solennelle de compassion en faveur des victimes de la Shoah. Au sujet des pays d'Europe de l'Est soumis au r√©gime sovi√©tique, Mgr Montini adresse aux diplomates occidentaux plusieurs rapports sur la situation de ces pays. Il continue d'Ňďuvrer au sein du Bureau d'informations en faveur des prisonniers lib√©r√©s et des nouveaux prisonniers que l'√©puration a cr√©√©. De plus, il se charge de la cr√©ation d'un service d'assistance aux √©migr√©s √† la fin de l'ann√©e 1946, pour venir en aide aux populations italiennes, allemandes et polonaises contraintes de quitter leur territoire du fait des nouvelles fronti√®res dessin√©es.

Parall√®lement au devenir de l'Europe d'apr√®s-guerre, Mgr Montini a un r√īle d√©terminant dans l'√©volution politique de l'Italie, jusque dans les ann√©es 1950. Face √† la D√©mocratie chr√©tienne dirig√©e par Alcide De Gasperi, d'autres partis dits chr√©tiens apparaissent, notamment √† gauche. Montini refuse un tel pluralisme et D√©mocratie chr√©tienne se trouve seule √† la t√™te du gouvernement italien, les autres partis ne recevant pas le soutien de l'√Čglise. Lors de l'√©laboration de la Constitution de l'Italie faisant suite au r√©f√©rendum du 2 juin 1946, Montini insiste pour que les accords du Latran soient inscrits dans le texte constitutionnel. Lors de la signature du Trait√© de l'Atlantique Nord en 1949, il se prononce pour l'adh√©sion de l'Italie √† l'OTAN, exprimant ainsi sa propre volont√© et celle de Pie XII. Concernant les syndicats, il inspire la cr√©ation des Associations catholiques des travailleurs italiens (ACLI). Il promeut en m√™me temps la cr√©ation de syndicats ind√©pendants de l'√Čglise catholique.

Le bras droit de Pie XII

Le pape Pie XII n'ayant pas pris de secr√©taire d'√Čtat depuis la mort de Mgr Luigi Maglione, Mgr Montini devient donc le subalterne direct du Saint-P√®re aux affaires ordinaires. Partant, il r√©dige ou signe pour le pape un grand nombre de discours, messages ou allocutions √† des organisations, personnalit√©s ou p√®lerins de passage au Vatican. En outre, il aide le souverain pontife dans la r√©daction des encycliques et autres grands textes pontificaux. Par exemple, √† Fr√©d√©ric Joliot-Curie qui demande au pape d'intervenir pour inciter les pays √† r√©duire leur armement, Montini r√©pond que la v√©ritable paix a sa source ¬ę dans la doctrine enseign√©e par Notre-Seigneur J√©sus-Christ[21]. ¬Ľ Autre exemple : quand l'archev√™que orthodoxe d'Ath√®nes saint Paul en Gr√®ce, c'est encore Montini qui d√©cline l'invitation.

Pour autant, ces d√©cisions ne refl√®tent pas toujours la personnalit√© du substitut lui-m√™me. Ce dernier est r√©put√© pour √™tre ouvert d'esprit, et les th√©ologiens condamn√©s par le Saint Office ou en passe de l'√™tre viennent d'abord se r√©f√©rer √† Montini avant d'aller voir le pape. Un adage se forme ainsi dans les milieux eccl√©siastiques : ¬ę Pourquoi aller √† la montagne (Pie XII) quand on peut passer par Montini[22]? ¬Ľ Un exemple permet de mieux comprendre le r√īle d'interm√©diaire jou√© par le substitut : le P√®re Yves Congar et le P√®re F√©ret publient dans La Maison-Dieu un article critiquant la nouvelle traduction latine du psautier engag√©e par Pie XII. Recevant le P√®re Congar le 21 mai 1946, Montini dialogue avec lui sur ces critiques puis sur les th√®ses d'avant-guerre du p√®re relatives √† l'Ňďcum√©nisme, jug√©es suspectes par Rome[23]. Montini transmettra aux dicast√®res comp√©tents des dossiers, envoy√©s par le P√®re Congar, sur l'Ňďcum√©nisme. Montini apportera aussi son soutien au P√®re Henri de Lubac, th√©ologien controvers√© depuis son ouvrage Surnaturel. En 1948, il r√©ussit √† convaincre Pie XII de recevoir en audience Mgr Bruno de Solages, recteur de l'Institut catholique de Toulouse, suspect√© d'approuver les id√©es du P√®re Teilhard de Chardin. Le 1er septembre de la m√™me ann√©e, il √©pargne de l'Index le livre de Maxence Van der Meersch, La Petite Sainte Th√©r√®se. Puis, en mars 1949, il re√ßoit le fr√®re Roger Schutz et Max Thurian, responsables de la Communaut√© de Taiz√©, pour entamer avec eux un dialogue Ňďcum√©nique et pr√©parer leur audience prochaine avec le Pape.

En 1950, Pie XII charge Mgr Montini de la pr√©paration mat√©rielle de l'Ann√©e sainte : calendrier des p√®lerinages nationaux et des audiences publiques, et possibilit√©s d'h√©bergement notamment. Quelques jours avant l'ouverture de cette Ann√©e sainte, il anime une conf√©rence √† Rome devant les autorit√©s civiles et politiques de la capitale, visant √† pr√©senter ladite ann√©e. L'assistance admire le pr√©lat et d'aucuns y voient d√©j√† un futur pape[24].

1950 est aussi l'ann√©e de la publication de l'encyclique Humani Generis, dans laquelle le pape d√©nonce notamment ¬ę quelques opinions fausses qui menacent de ruiner les fondements de la doctrine catholique ¬Ľ[25]. Montini relativise la port√©e du texte en confiant √† son ami Jean Guitton que le pape ne d√©nonce pas des erreurs mais seulement des opinions pouvant aboutir √† des erreurs[26].

L'Assomption de la Vierge peint par Michel Sittow, vers 1500.

Autre grand fait majeur pour l'√Čglise en cette m√™me ann√©e : la proclamation du dogme de l'Assomption le 1er novembre. Les protestants s'insurgent contre cette proclamation car elle attribue un privil√®ge suppl√©mentaire √† la Vierge Marie qui n'est pas attest√© historiquement et, aussi, elle engage l'infaillibilit√© du pape, notion que les protestants refusent √©galement. Recevant Roger Schutz et Max Thurian au Vatican, Montini leur fait part de son souhait d'une ¬ę plus grande discipline et un texte qui pr√©cise la puret√© de la doctrine ¬Ľ[27].

Montini re√ßoit beaucoup de pr√©lats et de diplomates au Vatican. Parmi ceux-ci, dom H√©lder C√Ęmara avec qui il √©voque la cr√©ation d'une conf√©rence √©piscopale pour le Br√©sil. Enfin, le substitut effectue un voyage au Canada et aux √Čtats-Unis en 1951, o√Ļ il rencontre notamment Mgr Spellman, archev√™que de New York.

Pro-secr√©taire d'√Čtat
Refus présumé d'une promotion cardinalice

En novembre 1952, Mgr Montini et Mgr Tardini obtiennent le titre de pro-secr√©taires d'√Čtat, distinction purement honorifique. Lors du consistoire du 12 janvier suivant, Pie XII annonce aux nouveaux cardinaux qu'il les a nomm√©s pro-secr√©taires d'√Čtat car ils ont refus√© la barrette de cardinal[28].

Selon certains, Pie XII lui aurait ¬ę sugg√©r√© ¬Ľ de renoncer √† cette promotion, probablement parce qu'il ne voulait pas de lui comme successeur[29]. Quelques auteurs, dont Jean Guitton, l'ont en effet affirm√©. Le philosophe et ami de Montini dira plusieurs d√©cennies plus tard : ¬ę Il y a des choses que je sais et qui sont difficiles √† dire. Il est certain que ce fut dramatique. √Ä un certain moment, Pie XII a con√ßu pour Montini de la d√©fiance. Il a compris que c'√©tait son devoir d'emp√™cher Montini de devenir pape[30]. ¬Ľ Plusieurs prises de position politiques lui sont en effet reproch√©es au sein m√™me de la Secr√©tairerie d'√Čtat, comme par exemple l'unit√© des catholiques dans la D√©mocratie chr√©tienne ou encore l'hostilit√© √† la cr√©ation d'un syndicat catholique. De plus, il adopte des positions diff√©rentes du Saint-Si√®ge, quand il d√©fend sans ambig√ľit√© le livre Vraie et Fausse R√©forme de l'√Čglise d'Yves Congar[31] ou encore quand il dit √† Mgr Lefebvre que l'√Čglise ne doit pas condamner R√©armement moral[32], organisation pourtant critiqu√©e par le Saint-Office en 1955. Enfin, quand Alcide de Gasperi √©tait pr√©sident du Conseil, Montini l'encouragea discr√®tement, en contradiction avec les instructions de Pie XII, √† se rapprocher du Parti Socialiste Italien, dirig√© par Pietro Nenni, pour √©loigner ce dernier des communistes.

Malgr√© tout cela, Mgr Tardini, substitut aux Affaires extraordinaires, affirmera plus tard que Montini et lui ont refus√© la barrette rouge quand Pie XII la leur proposa en mai 1952[33]. Pourtant, ils l'accepteront tous les deux d√®s le premier consistoire de Jean XXIII le 15 d√©cembre 1958.

L'affaire des prêtres-ouvriers
Article d√©taill√© : Pr√™tre ouvrier.

L'ann√©e 1953 est aussi pour l'√Čglise l'occasion d'interdire progressivement l'apostolat des pr√™tres-ouvriers dans les usines, ceux-ci √©tant suspect√©s d'√™tre trop politis√©s et de se situer dans une mouvance marxiste[34]. En juillet, le cardinal Giuseppe Pizzardo (pr√©fet de la Congr√©gation des s√©minaires) interdit aux s√©minaristes d'effectuer des stages dans des usines ; en ao√Ľt, interdiction est faite aux ¬ę religieux-ouvriers ¬Ľ de fr√©quenter les usines ; en septembre enfin, le nonce √† Paris Mgr Roncalli (futur Jean XXIII) demande aux √©v√™ques fran√ßais d'interdire l'exp√©rience des pr√™tres-ouvriers en France. Dans toutes ces condamnations, Montini approuve le Saint-Si√®ge et justifie ses d√©cisions. N√©anmoins en 1965, devenu pape, il r√©tablira l'exp√©rience des pr√™tres-ouvriers.

Archevêque de Milan (1954-1963)

Une nomination mal ressentie

Le cardinal Schuster, archev√™que de Milan depuis le 26 juin 1929, meurt le 30 ao√Ľt 1954. Peu de temps apr√®s, Pie XII annonce √† Montini qu'il songe √† le nommer √† cette fonction.

Bien que le si√®ge archi√©piscopal de Milan f√Ľt consid√©r√© comme illustre[note 8], Montini ressent cette nomination comme une sanction[35]. Il souffre en effet qu'on l'√©loigne ainsi de Rome. Plusieurs raisons ont √©t√© avanc√©es pour tenter d'expliquer cette nomination : Pie XII ne voyait pas Montini devenir pape et souhaitait donc l'√©loigner du Vatican ; aussi, Montini serait entr√© en contact, √† l'insu du pape, avec les autorit√©s sovi√©tiques pour am√©liorer les relations entre l'URSS et le Vatican, ce qui aurait scandalis√© le Souverain Pontife quand il l'avait appris, et l'aurait donc incit√© √† √©loigner le pro-secr√©taire d'√Čtat[36].

Quoi qu'il en soit, le futur évêque se prépare à sa nouvelle charge, et reçoit dès le mois de novembre 1954 l'évêque auxiliaire et le vicaire général de l'Archidiocèse de Milan. Et le 6 novembre, Mgr Montini fait ses adieux aux membres du corps diplomatique du Saint-Siège.

Ordination épiscopale

La cons√©cration √©piscopale de Montini est c√©l√©br√©e le 12 d√©cembre 1954 en la Basilique Saint-Pierre. Pie XII, malade, ne peut proc√©der lui-m√™me au sacre. Le cardinal Eug√®ne Tisserant est donc le principal cons√©crateur du nouvel √©v√™que ; il est second√© par Mgr Giacinto Tredici et Mgr Domenico Bernareggi, co-cons√©crateurs. Le pape avait n√©anmoins enregistr√© un message qui fut diffus√© lors de la c√©r√©monie, dans lequel il adressait sa b√©n√©diction √† son ¬ę fid√®le collaborateur, devenu aujourd'hui son fr√®re dans l'ordre √©piscopal ¬Ľ[37].

Montini est amen√© √† choisir son blason[note 9] et sa devise √©piscopale In nomine Domini (¬ę Au nom du Seigneur ¬Ľ)[note 10].

Arrivée dans le diocèse

Mgr Montini part de Rome le 4 janvier 1955 pour son nouveau dioc√®se, apr√®s avoir dit la Messe √† l'autel saint Pie X dans la Basilique Saint-Pierre. Il prend le train jusqu'√† la ville de Lodi, o√Ļ il est re√ßu par l'√©v√™que du lieu et le vicaire g√©n√©ral de Milan. Puis, se rendant √† Milan en voiture, le nouvel archev√™que descend du v√©hicule et embrasse le sol de son nouveau dioc√®se.

Le 6 janvier suivant, jour de l'√Čpiphanie, Montini fait son entr√©e officielle √† Milan devant une foule nombreuse et les autorit√©s civiles et religieuses de la ville. Debout dans une voiture pr√©c√©dant une file de v√©hicules officiels, l'archev√™que b√©nit ses fid√®les √† travers les rues de la ville. Arriv√© au D√īme de Milan, il prononce un discours m√™lant esprit de tradition (¬ę Notre catholicisme doit √™tre int√®gre et fid√®le ¬Ľ) et esprit d'ouverture (il faut Ňďuvrer √† la ¬ę pacification de la tradition catholique italienne avec le bon humanisme de la vie moderne ¬Ľ).

Grands traits de l'épiscopat

T√Ęches de l'archev√™que

Le dioc√®se de Milan, le plus important d'Italie avec plus de trois millions d'habitants, est en proie √† la d√©christianisation et √† la lib√©ralisation des mŇďurs. Le nouvel √©v√™que va donc avoir la charge d'un dioc√®se difficile √† g√©rer, lui qui n'a jamais eu √† diriger de paroisse en tant que pr√™tre.

Mgr Montini se constitue progressivement un cercle restreint de clercs qui seront aussi ses conseillers, notamment le sup√©rieur du s√©minaire de Milan qu'il recevra tous les mercredis. Puis, tr√®s vite, le pr√©lat s'implique totalement dans la vie politique et sociale de son dioc√®se : visite de la Foire internationale de Milan en avril 1955[note 11], visite des h√īpitaux, des paroisses et des communaut√©s religieuses de son territoire.

L'archev√™que s'implique aussi dans la construction de nouvelles √©glises : √† son d√©part en 1963, il aura fait construire soixante-douze √©glises, plus une vingtaine en chantier. Il red√©finit les paroisses, incitant les pr√™tres √† y inclure des salles de spectacles et des √©quipements sportifs. Il cr√©e des mouvements pastoraux comme un bureau d'√©tudes promouvant de nouvelles m√©thodes de cat√©ch√®se et √©ditant des manuels de liturgie ; un ¬ę Office pastoral social ¬Ľ pour ins√©rer les immigrants dans les √©glises ; et enfin, un ¬ę Office d'assistance sociale ¬Ľ distribuant des secours aux n√©cessiteux.

L'intensit√© de ces activit√©s fragilisant davantage sa sant√©, l'archev√™que obtient la nomination de deux nouveaux √©v√™ques auxiliaires pour l'aider dans sa t√Ęche[note 12] : Mgr Sergio Pignedoli et Mgr Schiavini.

Il continue √† recevoir Roger Schutz, Max Thurian et des eccl√©siastiques anglicans, ainsi que des √©v√™ques avec qui il jouera un grand r√īle pendant le Concile, tels Mgr Maurice Roy (archev√™que de Qu√©bec) ou encore Mgr L√©on-Joseph Suenens (√©v√™que auxiliaire de Malines). Politiquement, il prend position contre l'ouverture √† gauche de la D√©mocratie chr√©tienne, dont le secr√©taire √©lu en 1959 √©tait Aldo Moro.

Selon son ami Jean Guitton, Montini √©tait triste et ¬ę souffrait le martyre ¬Ľ, √©loign√© de Rome et des affaires du Saint-Si√®ge o√Ļ il avait travaill√© pendant 30 ans.

La Mission de Milan (novembre 1957)

Peu apr√®s son installation, l'archev√™que √©met l'id√©e d'une grande mission dioc√©saine lors d'une r√©union avec des pr√™tres. Cette mission, limit√©e √† la seule ville de Milan, a pour but d'aller vers tous ceux qui sont √©loign√©s de l'√Čglise, les ¬ę √©gar√©s et les tourment√©s, les perdus et les solitaires ¬Ľ.

Le projet est annonc√© officiellement au d√©but de l'ann√©e 1956, le jour de l'√Čpiphanie[note 13]. Pendant plusieurs mois, de multiples r√©unions sont organis√©es et des livres de chants et de pri√®res pour la famille sont √©dit√©s.

La Mission se d√©roule durant vingt jours, du 5 au 24 novembre 1957. L'√©v√©nement est consid√©rable : deux cardinaux (Giuseppe Siri et Giacomo Lercaro), vingt-quatre archev√™ques et √©v√™ques, plus d'un millier de pr√™tres et religieux[38] sont mobilis√©s pour pr√™cher dans les lieux de la ville. √Čglises, places publiques, magasins, usines, h√īpitaux, √©coles et administrations profitent des pr√©dications toutes construites sur le th√®me ¬ę Dieu le P√®re ¬Ľ. Montini insiste pour que la Mission n'offense personne et s'ouvre √† tous les Milanais.

Les fruits de la Mission seront pourtant m√©diocres car, apr√®s une courte ferveur, la situation religieuse et morale de la ville iront en se d√©gradant. Montini d√©clarera plus tard dans un synode dioc√©sain : ¬ę L'impulsion de ferveur religieuse suscit√©e par la mission citadine de 1957 n'a pas eu les suites positives auxquelles nous nous attendions. La situation religieuse de la ville est alarmante. ¬Ľ

Centenaire des apparitions de Lourdes

Pour f√™ter les cent ans des apparitions mariales de Lourdes, le pr√©lat organise un p√®lerinage sur ce lieu avec 4 500 fid√®les de son dioc√®se, du 26 juin au 1er juillet 1958. Ils rendent gr√Ęces ensemble pour les fruits de la Mission de Milan. Mgr Montini fait deux retraites le mois d'ao√Ľt suivant, dans l'Abbaye d'Einsiedeln puis dans celle d'Engelberg en Suisse.

Cardinal

Mort de Pie XII et élection de Jean XXIII

Le pape Pie XII meurt le 9 octobre 1958 √† Castel Gandolfo, apr√®s trois jours d'agonie. Depuis son ordination √©piscopale, Montini ne l'avait vu qu'√† quelques audiences publiques mais jamais personnellement. En se recueillant devant la d√©pouille du pape le 10 octobre, le pr√©lat aurait murmur√© ¬ę Comme je lui voulais du bien. Et pourtant nous ne nous sommes pas compris ¬Ľ[39].

Bien que Montini ne soit pas cardinal, certains envisagent quand m√™me son √©lection au tr√īne de saint Pierre, ce qui est canoniquement possible mais ne s'√©tait pas produit depuis l'√©lection de Urbain VI en 1378. Certains cardinaux, dont Giuseppe Siri, s'y opposent n√©anmoins farouchement[40].

Le Conclave de 1958 s'ouvre donc le 26 octobre et, après deux jours et dix scrutins infructueux, le cardinal Roncalli est élu le 28 et prend le nom de Jean XXIII.

Le Consistoire du 15 décembre 1958

Peu de temps avant son couronnement du 4 novembre 1958, Jean XXIII √©crit √† Mgr Montini pour l'informer qu'il sera tr√®s bient√īt cr√©√© cardinal, avec notamment Mgr Domenico Tardini (nouveau secr√©taire d'√Čtat), pour r√©parer ce que l'archev√™que ressent encore comme une injustice de la part de Pie XII. L'annonce de la nomination de 23 nouveaux cardinaux devient officielle le 17 novembre suivant.

Mgr Montini est finalement nommé cardinal au titre de Santi Silvestro e Martino ai Monti lors du consistoire du 15 décembre 1958.

Début du Concile Vatican II

Article d√©taill√© : IIe concile Ňďcum√©nique du Vatican.
Préparation du Concile

Le 25 janvier 1959, Jean XXIII annonce officiellement son intention de proc√©der √† un concile Ňďcum√©nique, afin de prolonger les travaux du Concile Vatican I, interrompu en 1870. Le lendemain, Mgr Montini adresse un communiqu√© √† ses dioc√©sains en affirmant que ce concile est un ¬ę √©v√©nement historique de premi√®re grandeur [...] grand pour l'√Čglise enti√®re et pour l'humanit√© ¬Ľ.

Le 17 mai de la m√™me ann√©e est cr√©√©e une commission ant√©pr√©paratoire au concile, dirig√©e par le secr√©taire d'√Čtat Domenico Tardini, afin tout d'abord de recueillir les vŇďux des √©v√™ques du monde entier sur les sujets √† d√©battre au concile. Parmi toutes les r√©ponses recueillies, reviennent r√©guli√®rement une proclamation dogmatique de la m√©diation de la Vierge Marie, la condamnation du communisme et l'instauration de la langue vernaculaire dans la liturgie. Montini, interrog√© en tant qu'archev√™que de Milan, propose lui aussi l'instauration de la langue vernaculaire, mais ne souhaite aucune proclamation dogmatique ni aucune condamnation de doctrines dangereuses. Il propose en outre, pour pr√©parer le concile, des r√©unions contradictoires entre catholiques, protestants et orthodoxes.

Puis, le 5 juin 1960 sont cr√©√©es dix commissions pr√©paratoires charg√©es de r√©diger des sch√©mas, textes qui seront soumis au vote des √©v√™ques lors des sessions du concile. Parmi les dix commissions, il y a la commission th√©ologique, celle de la liturgie, celle des missions. Trois secr√©tariats y sont adjoints : secr√©tariat pour les questions concernant la presse, secr√©tariat technique et administratif, ainsi que secr√©tariat pour l'unit√© des chr√©tiens. Enfin, le pape pr√©side la commission centrale, charg√©e de superviser l'ensemble des organismes.

Chaque commission est pr√©sid√©e par un cardinal, compos√©e de plusieurs √©v√™ques, pr√™tres ou religieux comp√©tentes dans la mati√®re concern√©e, et corrobor√©e par des experts (¬ę consulteurs ¬Ľ) √† qui l'on pouvait faire appel pour divers conseils. Jusqu'en juin 1962, lesdites commissions tiennent des sessions puis soumettent leurs travaux √† l'approbation de la commission centrale. Mgr Montini ne fait partie d'aucune de ces commissions mais des proches, dont son th√©ologien priv√© don Carlo Colombo, en font partie et peuvent ainsi le tenir inform√© de l'√©volution des travaux. Le cardinal organise n√©anmoins plusieurs sessions d'√©tudes dans son propre dioc√®se, o√Ļ il montre un fervent optimisme, expliquant que ce concile, ¬ę √† la diff√©rence de beaucoup de ceux qui l'ont pr√©c√©d√©, se r√©unit en un moment paisible et fervent de la vie de l'√Čglise. ¬Ľ[41]

À la fin de l'année 1961, Jean XXIII nomme le cardinal Montini membre de la commission centrale. L'archevêque y prendra la parole une soixantaine de fois durant les cinq sessions se tenant jusqu'au concile, refusant la proclamation dogmatique de la médiation de la Vierge Marie, ou encore se prononçant pour l'abolition de la censure. De plus, il se prononce en faveur de la liberté religieuse définie comme un droit que l'homme a par sa nature même. Recevant quelques membres de la commission préparatoire de la liturgie, le cardinal prend position pour l'emploi de la langue vernaculaire (tout en conservant le latin pour le canon de la Messe)[42].

L'ouverture du concile est fix√©e au 11 octobre 1962, trop t√īt selon le Cardinal Montini[43] ; en effet, beaucoup de textes allaient √™tre propos√©s √† la discussion des √©v√™ques, et aucun plan d'ensemble n'√©tait pr√©vu.

Première session

Le concile Vatican II s'ouvre √† Rome le 11 octobre 1962 ; plus de 2 000 √©v√™ques et sup√©rieurs du monde entier, ainsi qu'une trentaine d'observateurs non catholiques, se rassemblent pour l'occasion dans la Basilique Saint-Pierre. Mgr Montini y est pr√©sent, et il a fait inviter son ami Jean Guitton parmi les observateurs.

Montini, que Jean XXIII a pris soin de loger dans une maison attenante √† la basilique, est rest√© tr√®s discret durant cette premi√®re session. Il ne prend en effet la parole qu'√† deux reprises (en latin, comme l'exige le r√®glement). Le 11 novembre d'une part, pour d√©fendre le sch√©ma sur la liturgie qui est propos√© au vote, en rassurant les √©v√™ques que les dispositions du texte inqui√®tent. D'autre part, il intervient dans les d√©bats le 5 d√©cembre : il y appuie la proposition du cardinal L√©on-Joseph Suenens qui, deux jours auparavant, avait √©mis le souhait que la deuxi√®me session ait pour th√®me l'√Čglise. Il demande en outre au pape le 20 novembre, en compagnie des cardinaux Albert Meyer et Paul-√Čmile L√©ger, de retirer le texte sur la R√©v√©lation car il estime que ce sch√©ma offre trop peu d'ouverture √† l'√©gard des non-catholiques.

De mani√®re g√©n√©rale, Mgr Montini d√©plore que le concile ne suive pas de plan pr√©cis. Dans une lettre adress√©e au cardinal Amleto Cicognani[44], il propose que le concile suive trois sessions : la premi√®re ayant pour but de d√©finir l'√Čglise, la deuxi√®me sur les fonctions de l'√Čglise (liturgie, morale et missions), et la troisi√®me sur les relations entre l'√Čglise et le monde (Ňďcum√©nisme, dialogue interreligieux et relation avec les √Čtats). Dans le journal catholique de Milan, l'archev√™que publie des Lettres du Concile dans lesquelles il r√©sume les travaux conciliaires. √Ä ce titre, il se plaint que les sch√©mas propos√©s manquent de coh√©rence et que les p√®res conciliaires prennent trop souvent la parole.

Les 5 et 6 d√©cembre, la voix de Montini est √©cout√©e : Jean XXIII proclame la cr√©ation d'une commission de coordination ayant pour but de relier les autres commissions entre elles ; elle est compos√©e de cinq cardinaux : L√©on-Joseph Suenens, Paul-√Čmile L√©ger, Giacomo Lercaro, Julius D√∂pfner et Montini. De plus, le pape r√©duit le nombre des sch√©mas de 70 √† 17.

Voyages

  • Voyage en Am√©rique (juin 1960) : Parmi ses voyages en tant qu'archev√™que de Milan, Mgr Montini accomplit un voyage de treize jours aux √Čtats-Unis et au Br√©sil en juin 1960. L'origine est une invitation lanc√©e par Juscelino Kubitschek, pr√©sident de la R√©publique du Br√©sil, adress√©e √† l'archev√™que pour visiter le pays (Montini ayant auparavant salu√© l'inauguration de la capitale Brasilia le 21 avril pr√©c√©dent). Il quitte Milan le 3 juin. Arriv√© aux √Čtats-Unis, il passe une journ√©e √† New York en compagnie du cardinal Francis Spellman puis visite l'Universit√© de Notre Dame (Indiana). Il re√ßoit dans cette derni√®re un doctorat honoris causa en m√™me temps que le pr√©sident Eisenhower, √† qui il offre une statuette de bronze repr√©sentant un ange brisant une cha√ģne. Ensuite, le cardinal visite Chicago et Boston o√Ļ il rencontre successivement le cardinal Albert Meyer et le cardinal Richard James Cushing. Puis, il se rend √† Philadelphie, Washington, DC puis New York √† nouveau. Le 11 juin, l'archev√™que atterrit √† Brasilia o√Ļ il est re√ßu comme un chef d'√Čtat. Il visite la capitale en compagnie du pr√©sident Kubitschek. Il parcourt ensuite les villes de Sao Paulo (o√Ļ il rencontre le cardinal Carlos Carmelo de Vasconcelos Motta) et de Rio de Janeiro. Il re√ßoit dans cette derni√®re un nouveau doctorat honoris causa et il rencontre Mgr H√©lder C√Ęmara qui lui fait visiter une favela de la ville.Montini rentre √† Milan le 16 juin.
  • Voyage en Irlande (printemps 1961) : Le cardinal Montini effectue un voyage priv√© en Irlande, o√Ļ il revoit son ami Antonio Riberi (qu'il nommera cardinal en 1967) et Amleto Cicognani (qui deviendra secr√©taire d'√Čtat en juillet suivant).
  • Voyage en Afrique (19 juillet au 10 ao√Ľt 1962) : Ayant lanc√© une mission en Rhod√©sie en 1961 et souhaitant revoir Mgr Hurley, archev√™que de Durban, le cardinal Montini se rend en Afrique, devenant ainsi le premier cardinal europ√©en √† visiter le continent noir[45]. En Rhod√©sie, Montini visite la mission italienne et donne le sacrement de confirmation √† des jeunes Africains. Puis, en Afrique du Sud, il b√©nit la premi√®re pierre d'une √©glise mais ne rencontre pas les autorit√©s politiques du pays (montrant ainsi son d√©saccord avec l'apartheid. Lors de l'√©tape suivante, au Nigeria, il visite les diff√©rents h√īpitaux, √©coles et missions de la r√©gion. Puis, au Ghana, il visite plusieurs sites et villes avant de rentrer √† Milan.

Pape (1963-1978)

Inauguration du Pontificat

Conclave
Article d√©taill√© : Conclave de 1963.

Jean XXIII meurt le 3 juin 1963. Dans l'√©loge fun√®bre qu'il prononce dans la cath√©drale de Milan le 7 juin suivant, Mgr Montini exprime son admiration face au pape disparu, attestant que ¬ę sa tombe ne peut renfermer son h√©ritage, ni la mort √©touffer son esprit ¬Ľ. Le 15 juin, la veille de partir au conclave, Montini √©crit au p√®re Bevilacqua qu'il faut maintenant √† l'√Čglise ¬ę un pape efficace et sage ¬Ľ, mais pr√©cise de suite ¬ę Non certes moi, comme l'habitude de d√©signer des papes pr√©fabriqu√©s peut l'insinuer ¬Ľ[46].

Montini part pour le conclave le 16 juin : il loge d'abord chez les sŇďurs de Marie-Enfant puis √† Castel Gandolfo. Le 18 juin, il c√©l√®bre la messe √† l'abbaye de Sainte-Priscille.

Paul VI en 1967.

Le conclave qui va élire le successeur de Jean XXIII s'ouvre dans l'après-midi du 19 juin 1963, dans la chapelle Sixtine. Avec 80 cardinaux présents, c'est à l'époque le conclave qui réunit le plus grand nombre d'électeurs de l'Histoire.

Le premier scrutin commence le lendemain, 20 juin. Pour être élu, le futur pape doit recevoir au moins 54 voix en sa faveur. Les favoris, papables, sont les cardinaux Montini, Lercaro et Siri.

√Člection

Vers midi, le cardinal Ottaviani annonce l'√©lection du nouveau pape √† la foule mass√©e place Saint-Pierre. Selon la formule rituelle, il prononce ces mots : ¬ę Annuntio vobis gaudium magnum ; habemus Papam ¬Ľ[47].

Quelques instants plus tard, le nouveau pape appara√ģt √† la loggia de la basilique Saint-Pierre : il y donne sa premi√®re b√©n√©diction Urbi et Orbi, mais ne prend pas la parole.

Installation du nouveau pape

Après son apparition place Saint-Pierre, le nouveau pape retourne parmi les cardinaux et partage un banquet avec eux, en prenant la même place que pendant le conclave[48].

Le lendemain, il prend possession des appartements pontificaux, aux deuxi√®me et troisi√®me √©tages du Palais du Vatican. Il y fera d'importants travaux dans les mois suivants pour son confort personnel : remplacement des meubles dor√©s par des meubles au design moderne, Ňďuvres d'art contemporain, r√©novation de la chapelle et terrasse sur le toit du palais pour sa promenade quotidienne avec acc√®s par un ascenseur, constituent quelques-uns des changements mat√©riels qu'il demandera. Le premier soir o√Ļ il loge dans les appartements pontificaux, il se plaint d'√™tre g√™n√© par le bruissement des fontaines de la place Saint-Pierre. Sous son pontificat, elles seront coup√©es tous les soirs √† partir de 23h00, avant d'√™tre rouvertes le matin.

Premier message au monde

Le 22 juin, lendemain de son √©lection, le pape s'adresse aux cardinaux r√©unis dans la chapelle Sixtine dans un message retransmis par Radio Vatican. Il affirme les principaux objectifs de son pontificat : reprendre le Concile Vatican II (¬ę La partie la plus importante de notre pontificat sera occup√©e par la continuation du deuxi√®me concile Ňďcum√©nique du Vatican, vers lequel sont tourn√©s les yeux de tous les hommes de bonne volont√©. ¬Ľ), Ňďuvrer √† la paix entre les peuples et √† l'unit√© des chr√©tiens.

Couronnement
La tiare de Paul VI

Le dimanche 30 juin 1963 a lieu le couronnement de Paul VI. Pour la premi√®re fois dans l'Histoire de la papaut√©, la c√©r√©monie se d√©roule √† l'ext√©rieur de la basilique Saint-Pierre, en raison de l'affluence pr√©vue[note 14]. Une centaine d'√Čtats est repr√©sent√©e par leur souverain ou chef d'√Čtat. Le pape arrive en sedia gestatoria. Au cours d'une longue c√©r√©monie, l'√©p√ģtre et l'√©vangile sont chant√©s en latin puis en grec (en signe d'unit√©), puis Paul VI fait une allocution au cours de laquelle il parle en neuf langues[r√©f. n√©cessaire]. Il y d√©clare notamment : ¬ę Nous d√©fendrons la Sainte √Čglise contre les erreurs de doctrine et de pratique qui tant √† l'int√©rieur qu'√† l'ext√©rieur de l'√Čglise menacent son int√©grit√© et cachent sa beaut√© ¬Ľ[49].

Apr√®s cette allocution, le cardinal Ottaviani, protodiacre, pose sur la t√™te du souverain pontife la tiare qui a √©t√© dessin√©e selon les indications du nouveau pape : simple et fusel√©e.

Les défis du Pontificat

Lors de son premier message au monde le 22 juin, lendemain de son √©lection, Paul VI pr√©voit de mener √† bien trois grands projets :

  1. reprendre le Concile Vatican II : Le pape Jean XXIII est mort quelques mois apr√®s l'ouverture du Concile Vatican II, alors qu'une seule session s'√©tait d√©roul√©e. La premi√®re t√Ęche du nouveau pape est donc de poursuivre puis clore ce concile, en d√©pit des √©v√™ques qui voulaient ne pas le poursuivre.
  2. Ňďuvrer √† la paix entre les peuples ;
  3. Ňďuvrer √† l'unit√© des chr√©tiens.

Les grands traits du Pontificat

Le Pape du Concile
Reprise annoncée du Concile

Le 27 juin 1963, le secr√©taire d'√Čtat Amleto Cicognani annonce que le concile reprendra le 29 septembre. Pour pr√©parer cette reprise, Paul VI r√©unit √† deux reprises la commission de coordination, les 3 juillet et le 31 ao√Ľt. Il approuve l'id√©e d'organiser les sessions selon un plan pr√©cis, confirme le cardinal Suenens en tant que l√©gat au sein du concile[note 15], et √©met le souhait d'unifier les tendances traditionnelles et progressistes. Lors du mois d'ao√Ľt 1963 qu'il passe √† Castel Gandolfo, le nouveau pape s'adonne aux derniers pr√©paratifs de la reprise du Concile : √©largissement du conseil de pr√©sidence √† douze membres (trois nouveaux membres nomm√©s : les cardinaux Albert Meyer, Giuseppe Siri et Stefan WyszyŇĄski) et nomination de quatre mod√©rateurs charg√©s de diriger les travaux des congr√©gations g√©n√©rales (les cardinaux Julius August D√∂pfner, Giacomo Lercaro, L√©on-Joseph Suenens et Gr√©goire-Pierre XV Agagianian).

Il pr√©cise ses intentions pour le IIe concile du Vatican dans un discours du 6 septembre : ¬ę Aujourd'hui, ce mot glorieux aggiornamento constitue tout un programme. Le concile Ňďcum√©nique, chacun le sait, l'a fait sien, polarisant en lui les objectifs de r√©forme et de renouveau. Il ne faut pas voir dans cet adjectif qui accompagne les manifestations les plus hautes et les plus caract√©ristiques de la vie eccl√©siale un fl√©chissement inconscient, mais nocif, vers le pragmatisme et l'activisme de notre temps, au d√©triment de la vie int√©rieure et de la contemplation, lesquelles doivent avoir la premi√®re place dans l'√©chelle de nos valeurs religieuses. ¬Ľ

Enfin, le 21 septembre, il s'adresse √† la Curie romaine et lui annonce deux projets de r√©forme : cr√©ation d'un conseil d'√©v√™ques du monde entier en qualit√© de membres dans les congr√©gations de la Curie romaine (futur motu proprio Pro comperto sane du 6 ao√Ľt 1967) et r√©forme g√©n√©rale de la Curie romaine (futur R√®glement g√©n√©ral de la Curie romaine du 22 f√©vrier 1968).

Suite et fin des sessions du Concile
Deuxième session (29 septembre au 4 décembre 1963)

La deuxi√®me session du Concile s'ouvre le 29 septembre 1963. Encore peu d'√©v√™ques des pays communistes sont pr√©sents √† cette session. En revanche, nombreux sont les observateurs non catholiques et la√Įcs. Parmi ces derniers, outre Jean Guitton d√©j√† pr√©sent lors de la premi√®re session, assistent d√©sormais douze autres la√Įcs du monde entier (dirigeants d'organisations catholiques internationales). Ces observateurs prennent part √† la r√©daction de certains textes. La presse est aussi plus largement inform√©e des d√©roulements de la session, une conf√©rence de presse √©tant organis√©e quotidiennement.

Dans le discours d'ouverture de cette deuxi√®me session, le pape r√©affirme la v√©rit√© de la foi catholique mais invite en m√™me temps √† reconna√ģtre les ¬ę richesses spirituelles ¬Ľ qu'ont gard√©es les ¬ę fr√®res s√©par√©s ¬Ľ ; il affirme aussi que l'√Čglise doit demander pardon pour les offenses qu'elle a commises dans le pass√©.

Plusieurs sch√©mas y sont discut√©s, modifi√©s et renvoy√©s devant les commissions comp√©tentes : le sch√©ma sur l'√Čglise, o√Ļ a √©t√© √Ęprement discut√©e la th√®se de la primaut√© du pape ou √† l'inverse celle de la coll√©gialit√© des √©v√™ques ; le sch√©ma sur la Vierge Marie, qui ne fut finalement qu'un chapitre √† l'int√©rieur du sch√©ma sur l'√Čglise, et o√Ļ la qualit√© de ¬ę Marie M√©diatrice de toutes gr√Ęces ¬Ľ ne fut pas adopt√©e. En outre, est discut√©e la question de la Coll√©gialit√© des √©v√™ques et les questions sur l'Ňďcum√©nisme commencent √† jaillir.

Lors de la cl√īture de cette session le 4 d√©cembre, Paul VI promulgue deux textes : le d√©cret Inter Mirifica sur les moyens de communication sociale, et la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie. Enfin, le pape annonce solennellement qu'il accomplira son premi√®re voyage √† l'√©tranger en janvier suivant : un p√®lerinage en Terre Sainte. Cette annonce remarquable entra√ģna une salve d'applaudissemements.

Article d√©taill√© : P√®lerinage de Paul VI en Terre sainte.
L'application difficile du Concile
Le Pape du dialogue

Le dialogue est un des grands traits du pontificat de Paul VI. Dans chaque dialogue, interreligieux, Ňďcum√©nique ou m√™me politique, il s'efforce de se faire accueillant en tous, d'√©couter et d'aller √† la rencontre de l'autre.

Dialogue interreligieux

Le dialogue avec les religions non catholiques, en particulier le juda√Įsme, se d√©veloppa pendant le pontificat de Paul VI, sous l'impulsion de la d√©claration Nostra √Ütate.

En dehors du monde chr√©tien, le pape rencontra en 1971 Kalou Rinpoch√© lors de son premier voyage en Occident. Le 30 septembre 1973, Paul VI re√ßut le 14e Dala√Į Lama, Tenzin Gyatso au Vatican[50]. En 1975, il rencontra le 16e Karmapa, Rangjung Rigpe Dorje. En 1974, il rencontra les Oul√©mas d'Arabie[r√©f. n√©cessaire].

Dialogue Ňďcum√©nique
Dialogue politique
Paul VI et John Kennedy (1963)

Paul VI resta fid√®le aux traditions italiennes qui fait du pape un acteur important de la vie politique et un leader, de fait, de D√©mocratie chr√©tienne. Au moment o√Ļ il lan√ßa l'Ostpolitik du Vatican par le biais de Mgr Casaroli pour am√©liorer le sort des catholiques vivant dans les pays communistes, Paul VI bloqua toutes les tentatives du PCI et de son chef Berlinguer pour acc√©der au pouvoir en s'alliant √† D√©mocratie chr√©tienne. En effet, Paul VI ne voulait pas donner l'impression de n√©gocier avec les Sovi√©tiques en position de faiblesse ou pour des raisons de politique int√©rieure. Le PCI ne s'y trompa pas et tenta d'amadouer le pape, sans succ√®s.

Dialogue avec les traditionalistes
Autres dialogues
  • P√®res du Concile favorables √† une meilleure reconnaissance de la Vierge Marie. Le 3 f√©vrier 1964, Mgr de Proan√ßa Sigaud remet au pape un document, sign√© par 510 √©v√™ques de 78 pays, demandant de faire droit √† une demande de Notre-Dame de F√°tima : consacrer le monde au CŇďur immacul√© de Marie pour la conversion de la Russie. Paul VI ne fit pas droit √† cette demande mais conc√©da d'accorder √† la Vierge Marie le titre de ¬ę M√®re de l'√Čglise ¬Ľ lors de la troisi√®me session du Concile.
L'accueil du renouveau charismatique

Paul VI encouragea le renouveau charismatique catholique, qu'il consid√©rait comme une chance pour l'√Čglise et pour le monde.

Il d√©clara lors de son discours au IIIe congr√®s international du renouveau charismatique catholique, le 19 mai 1975 : ¬ę Car Dieu s‚Äôest fait homme en J√©sus-Christ, dont l‚ÄôEglise est le Corps mystique, et c‚Äôest en elle que l‚ÄôEsprit du Christ fut communiqu√© au jour de la Pentec√īte, quand il descendit sur les Ap√ītres r√©unis dans ¬ęla chambre haute¬Ľ, ¬ęassidus √† la pri√®re¬Ľ, ¬ęautour de Marie, m√®re de J√©sus¬Ľ ¬Ľ

Le Pape pèlerin

Le 4 décembre 1963, à l'issue de la deuxième session du Concile Vatican II, Paul VI annonce qu'il se rendra en janvier suivant en Terre sainte, pour un pèlerinage sur les pas du Christ. C'est la première fois depuis Pie VII qu'un pape quitte l'Italie pour participer à un voyage durant son pontificat.

Quelques textes importants
La Profession de foi de Paul VI

Publi√©e sous forme de motu proprio le 30 juin 1968, √† l'issue d'une ¬ę ann√©e de la foi ¬Ľ, ce texte a √©t√© r√©dig√© principalement par Jacques Maritain et transmis √† Paul VI par le cardinal Journet[51]

L'encyclique Humanae Vitae

Décès

Tombeau de Paul VI

√āg√© de 80 ans et souffrant d'arthrose, Paul VI vit ses derniers jours presque toujours allong√©.

Il est victime d'une crise cardiaque en fin d'apr√®s-midi le 6 ao√Ľt 1978 dans sa r√©sidence d'√©t√© de Castel Gandolfo et meurt quatre heures plus tard, √† 21h00, le jour de la Transfiguration du Christ[52].

Il est inhum√© le 12 ao√Ľt 1978 et enterr√© selon ses souhaits dans les grottes du Vatican apr√®s une c√©r√©monie d'un extr√™me d√©pouillement[r√©f. n√©cessaire] qui a lieu sur le parvis de la basilique Saint-Pierre

Pastorale

Textes

Encycliques

  • Ecclesiam Suam (6 ao√Ľt 1964)
  • Mense Maio (29 avril 1965)
  • Mysterium Fidei (3 septembre 1965), sur la doctrine et le culte de la Sainte Eucharistie.
  • Christi Matri (15 septembre 1966)
  • Populorum Progressio (26 mars 1967), sur le d√©veloppement des peuples.
  • Sacerdotalis Caelibatus (24 juin 1967), sur le c√©libat sacerdotal.
  • Humanae Vitae (25 juillet 1968), sur le mariage et la r√©gulation des naissances. Les r√©actions √† cette encyclique furent tr√®s vives : l'encyclique apparaissait comme un acte d'autorit√© pontificale, allant √† l'encontre de ¬ę l'esprit du concile ¬Ľ. En fait, l'encyclique avait √©t√© pr√©par√©e depuis 1965, date √† laquelle Paul VI avait suspendu certains passages de la constitution Gaudium et spes. En outre, le pape souhaitait confirmer l'enseignement de Casti connubii de Pie XI, promulgu√©e le 31 d√©cembre 1930.

Exhortations apostoliques

  • Quarta Sessio (28 ao√Ľt 1965)
  • Postrema Sessio (4 novembre 1965)
  • Petrum et Paulum Apostolos (22 f√©vrier 1967)
  • Signum Magnum (13 mai 1967)
  • Recurrens mensis october (7 octobre 1969)
  • Quinque iam anni (8 d√©cembre 1970)
  • Evangelica Testificatio (29 juin 1971)
  • Marialis Cultus (2 f√©vrier 1974)
  • Nobis in Animo (25 mars 1974)
  • Paterna cum benevolentia (8 d√©cembre 1974)
  • Gaudete in Domino (9 mai 1975)
  • Evangelii Nuntiandi (8 d√©cembre 1975)

Voyages

Carte des voyages de Paul VI

Paul VI fut le premier pape depuis Pie VII à voyager hors d'Italie.

Au cours de son Pontificat, il prit part à onze voyages apostoliques, dont neuf hors d'Italie[53].

  • P√®lerinage en Terre sainte (du 4 au 6 janvier 1964).
    Article d√©taill√© : P√®lerinage de Paul VI en Terre sainte.
    ¬ę Nous avons d√©cid√©, apr√®s m√Ľre r√©flexion et non sans avoir beaucoup pri√©, de Nous faire p√®lerin sur la terre de J√©sus Notre Seigneur... Nous verrons ce sol b√©ni, d'o√Ļ partit Pierre et o√Ļ nul de ses successeurs ne revint ¬Ľ. C'est lors du discours de cl√īture de la deuxi√®me session conciliaire de Vatican II que Paul VI annon√ßa son intention de faire un premier voyage en Terre sainte. Jusqu'√† la derni√®re minute, le projet de p√®lerinage √©tait demeur√© secret.
    √Ä J√©rusalem, il est submerg√© par la foule et manque d'√™tre √©touff√© et pi√©tin√©. Il rencontre √† cette occasion le patriarche Ňďcum√©nique de Constantinople Ath√©nagoras Ier. Paul VI d√©clara notamment : "grande est notre √©motion, profonde est notre joie, en cette heure vraiment historique o√Ļ, apr√®s des si√®cles de silence et d'attente, l'Eglise catholique et le Patriarcat de Constantinople se retrouvent √† nouveau..." Apr√®s une d√©claration commune, ils s'√©chang√®rent des cadeaux (Ath√©nagoras remit √† Paul VI une ic√īne repr√©sentant deux ap√ītres, Pierre le ¬ę coryph√©e ¬Ľ et Andr√©, le premier √† suivre J√©sus-Christ).
  • P√®lerinage en Inde (du 2 au 5 d√©cembre 1964). Il se rendit √† Bombay en Inde. Apr√®s son voyage Ňďcum√©nique en Terre sainte, Paul VI effectue ici un voyage sur le th√®me de la pauvret√©. S'adressant au peuple de l'Inde, le pape s'adressait en fait au monde entier, en demandant : "Puissent les nations cesser la course aux armements et consacrer en revanche leurs ressources et leurs √©nergies √† l'assistance fraternelle aux pays en voie de d√©veloppement. Puisse chaque nation... consacrer, fut-ce une partie de leurs d√©penses militaires, √† un grand fonds mondial pour la solution des nombreux probl√®mes qui se posent pour tant de d√©sh√©rit√©s..."
  • Congr√®s eucharistique national d'Italie (1965)
  • Visite √† l'Organisation des Nations-Unies (du 3 au 4 octobre 1965). Il part aux √Čtats-Unis o√Ļ il prononce le 4 octobre 1965 un discours devant l'Assembl√©e g√©n√©rale de l'ONU √† New York. Apr√®s avoir rappel√© le propos de John Kennedy quatre ans plus t√īt, "l'Humanit√© devra mettre fin √† la guerre ou c'est la guerre qui mettra fin √† l'Humanit√©", il ajouta "...jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C'est la paix, la paix qui doit guider le destin des peuples et de toute l'Humanit√© !"
  • P√®lerinage √† F√°tima (le 13 mai 1967). Visite du pape au sanctuaire de Notre-Dame de F√°tima au Portugal, pour le cinquantenaire des apparitions. SŇďur Lucie, seul enfant encore vivant √† avoir vu les apparitions de la Vierge Marie, est pr√©sente au c√īt√© du pape qui lui donne la communion.
  • Visite en Turquie (juillet 1967). Paul VI devient le premier pape √† visiter la Turquie, o√Ļ il rencontre le 25 juillet 1967 le patriarche Ath√©nagoras Ier √† Istanbul, pour une nouvelle rencontre Ňďcum√©nique. (Ath√©nagoras Ier sera re√ßu par le pape √† Rome, trois mois plus tard, du 26 au 28 octobre 1967.)
  • P√®lerinage Apostolique √† Bogot√† (ao√Ľt 1968). Il est le premier pape √† aller en Am√©rique latine, en allant en Colombie c√©l√©brer des messes √† Bogot√° et Medell√≠n. Plus d'un million de personnes se massent le long du parcours qu'emprunte le cort√®ge de Paul VI, de l'a√©roport √† la place Bolivar. Il va r√©unir pendant son s√©jour tous les √©v√™ques d'Am√©rique latine √† une conf√©rence √©piscopale. Celle-ci va servir √† red√©finir l'engagement de l'√Čglise √† l'endroit des pauvres et √† donner naissance au concept de th√©ologie de la lib√©ration.
  • P√®lerinage en Ouganda (juillet 1969). Premier pape √† aller en Afrique, il va pr√™cher en Ouganda, pour honorer les martyrs de ce pays. Il voulut consacrer lui-m√™me le ma√ģtre-autel du sanctuaire de Namugongo, √©rig√© sur le lieu o√Ļ Charles Lwanga et ses compagnons subirent le martyre.
  • P√®lerinage en Asie Orientale, Oc√©anie et Australie (du 26 novembre au 5 d√©cembre 1970). Paul VI effectue une s√©rie de visites pastorales en Asie orientale et Oc√©anie. Les 26 et 27 novembre il commence par T√©h√©ran en Iran. Le 27 novembre il fait une halte √† Dacca au Pakistan (actuellement le Bangladesh), avant de s√©journer du 27 au 30 novembre √† Manille aux Philippines, o√Ļ il √©chappe √† un attentat perp√©tr√© par un d√©s√©quilibr√©. Le 30 novembre, il fait une halte √† Pago-Pago aux Samoa occidentales. Du 30 novembre au 3 d√©cembre, il est √† Sydney en Australie. Du 3 au 4 d√©cembre, il est √† Jakarta en Indon√©sie. Il fait une halte le 4 d√©cembre √† Hong Kong, avant d'aller √† Colombo au Sri Lanka les 4 et 5 d√©cembre.

Audiences

La premi√®re audience g√©n√©rale de Paul VI a lieu le 13 juillet 1963. Jusqu'√† sa mort, il tiendra une audience hebdomadaire tous les mercredis, sauf les jours de f√™te et ceux o√Ļ il y a un emp√™chement majeur (voyage, maladie, retraite de car√™me)[note 16]. Certaines de ces audiences ont lieu dans la Salle Paul VI, inaugur√©e en 1971 et pouvant accueillir jusqu'√† 12 000 personnes debout.

Rétrospective

Citation

  • ¬ę Si en effet l‚Äôindiction a √©t√© due √† Jean XXIII, ce fut √† lui, son successeur, de le mener √† bonne fin, d‚Äôune main experte, d√©licate et ferme. Il ne fut pas moins ardu, pour le pape Montini de guider l‚ÄôEglise dans la p√©riode post-conciliaire. Il ne s‚Äôest pas laiss√© conditionner par les incompr√©hensions et les critiques, m√™me s‚Äôil dut en supporter la souffrance et les attaques parfois violentes, mais il resta en toute circonstance un timonier ferme et prudent de la barque de Pierre. ¬Ľ (Beno√ģt XVI)

Succession apostolique

Succession apostolique
Bishopcoa.png
Cons√©crateur : Eug√®ne-Gabriel-Gervais-Laurent Tisserant
Premier co-cons√©crateur principal : Giacinto Tredici
Second co-cons√©crateur principal : Domenico Bernareggi
Date de la cons√©cration : 12 d√©cembre 1954
Consécrateur de
√Čv√™que Date de la cons√©cration
Domenico Enrici 1er novembre 1955
Ces√°rio Alexandre Minali 5 juin 1955
Aristide Pirovano 13 novembre 1955
Adolfo Luís Bossi 14 septembre 1958
Antonio Fustella (Fustello) 25 juin 1960
Giovanni Umberto Colombo 7 décembre 1960
Luigi Oldani 7 décembre 1961
Francesco Rossi 26 mai 1963
Paolino Limongi 20 octobre 1963
Joseph Khiamsun Nittayo 20 octobre 1963
Igino Eugenio Cardinale 20 octobre 1963
José García Villas 20 octobre 1963
Baptist Mudartha 20 octobre 1963
Arnold Ralph Cotey 20 octobre 1963
Didier Pérouse de Montclos 20 octobre 1963
Etienne-Marie-Félix Courtois 20 octobre 1963
François Hoenen 20 octobre 1963
Felicissimus Alphonse Raeymaeckers 20 octobre 1963
Franciscus Xaverius Eikichi Tanaka 20 octobre 1963
Clemens P. Chabukasansha 20 octobre 1963
Albert Reuben Edward Thomas 20 octobre 1963
Victorinus Youn Kong-hi 20 octobre 1963
Angelo Palmas 28 juin 1964
Johannes Gerardus Maria Willebrands 28 juin 1964
Giovanni Fallani 28 juin 1964
Ernesto Camagni 28 juin 1964
Pierre François Jean-Baptiste Salmon 28 juin 1964
Bernard Oguki-Atakpah 3 décembre 1964
Alberto Zambrano Palacios 3 décembre 1964
Bernard Charles Ratsimamotoana 3 décembre 1964
Lawrence Patrick Moran 3 décembre 1964
Marcel Evariste Van Rengen 3 décembre 1964
Leobard D'Souza 3 décembre 1964
Giacomo Violardo 19 mars 1966
Ferdinando Giuseppe Antonelli 19 mars 1966
Oscar Zanera 19 mars 1966
Dino Trabalzini 19 mars 1966
Loris Francesco Capovilla 16 juillet 1967
Ernesto Civardi 16 juillet 1967
Antonio Mauro 16 juillet 1967
Agostino Casaroli 16 juillet 1967
Amelio Poggi 16 juillet 1967
Raymond Philip Etteldorf 6 janvier 1969
Antonio Maria Travia 6 janvier 1969
Matthieu Kanyama 6 janvier 1969
Sab√°s Maga√Īa Garc√≠a 6 janvier 1969
Abel Costas Monta√Īo 6 janvier 1969
Eugène-Marie Ernoult 6 janvier 1969
Adhemar Esquivel Kohenque 6 janvier 1969
Thomas Benjamin Fulton 6 janvier 1969
Bernard Joseph McLaughlin 6 janvier 1969
André Bernard Michel Quélen 6 janvier 1969
Andrea Bernardo Schierhoff 6 janvier 1969
Paul Casimir Marcinkus 6 janvier 1969
Barnabas R. Halem 'Imana 1er ao√Ľt 1969
John Baptist Kakubi 1er ao√Ľt 1969
Albert Edward Baharagate 1er ao√Ľt 1969
Serapio Bwemi Magambo 1er ao√Ľt 1969
Emmanuel Milingo 1er ao√Ľt 1969
Andr√© Fernand Anguil√© 1er ao√Ľt 1969
Raphael S. Ndingi Mwana'a Nzeki 1er ao√Ľt 1969
Emile Njeru 1er ao√Ľt 1969
Anthony Saliu Sanusi 1er ao√Ľt 1969
William Mahony 1er ao√Ľt 1969
Constantin Guirma 1er ao√Ľt 1969
Jean-Marie-Joseph-Augustin Pasquier 1er ao√Ľt 1969
Louis Vangeke 3 décembre 1970
Saminini Arulappa 13 février 1972
Edoardo Pecoraio 13 février 1972
Dermot J. Ryan 13 février 1972
Edward Louis Heston 13 février 1972
Giuseppe Casoria 13 février 1972
Paul Augustin Mayer 13 février 1972
Annibale Bugnini 13 février 1972
Federico G. Limon 13 février 1972
Patelisio Punou-Ki-Hihifo Finau 13 février 1972
Efraím Basílio Krevey (Krevei) 13 février 1972
Hernando Velásquez Lotero 13 février 1972
Carlos José Ruiseco Vieira 13 février 1972
Antal Jakab 13 février 1972
Charles-Amarin Brand 13 février 1972
Joseph Powathil 13 février 1972
Joannes Baptist Matthijs Gijsen 13 février 1972
Desiderio Elso Collino 13 février 1972
Cesare Pagani 13 février 1972
Edward Thomas O'Meara 13 février 1972
Mario Pio Gaspari 29 juin 1973
Jean J√©r√īme Hamer 29 juin 1973
François-Marie Morvan 29 juin 1973
Tadeusz Józef Zawistowski 29 juin 1973
Appasinghe Paul Perera 29 juin 1973
Francis Anani Kofi Lodonu 29 juin 1973
Filippo Franceschi 29 juin 1973
Antonio Mazza 29 juin 1973
José Maria Maimone 29 juin 1973
Enrico Bartolucci Panaroni 29 juin 1973
Gabriel Montalvo Higuera 30 juin 1974
Angelo Acerbi 30 juin 1974
Nicola Rotunno 30 juin 1974
John Mackey 30 juin 1974
Dieudonné M'Sanda Tsinda-Hata 30 juin 1974
Andrzej Maria Deskur 30 juin 1974
Thomas Nantha 30 juin 1974

Notes et références

Notes
  1. ‚ÜĎ L'association avait pour but de d√©fendre les convictions catholiques par le biais de l'action sociale, selon le mode encourag√© par l'encyclique Rerum novarum. Il faut rappeler que l'Italie √©tait alors sous le coup d'un interdit : Pie IX, apr√®s la perte des √Čtats pontificaux, avait d√©fendu dans le d√©cret Non expedit (29 f√©vrier 1868) aux catholiques italiens d'√™tre √©lecteurs ou √©lus.
  2. ‚ÜĎ L'√©quivalent italien du baccalaur√©at fran√ßais.
  3. ‚ÜĎ Membre du gouvernement et ami de Giorgio Montini.
  4. ‚ÜĎ Il passe aussi √† Budapest avec son p√®re et des amis parlementaires.
  5. ‚ÜĎ Par exemple, √† l'occasion de la r√©ourveture de l'√©glise Saint-Yves de Rome, un journal (La Sapienza) est √©dit√©, on y trouve des critiques contre le gouvernement et, indirectement, contre le Pape lui-m√™me, jug√© inactif. Pie XI convoque Montini pour avoir le nom de l'auteur de l'article provocateur
  6. ‚ÜĎ Il pr√™che la retraite de Car√™me de 1972 au Vatican, sur le th√®me ¬ę Quel homme et quel Dieu ? ¬Ľ
  7. ‚ÜĎ Montini pr√©fa√ßa la version italienne de l'ouvrage Trois R√©formateurs lors de l'√Čpiphanie 1928.
  8. ‚ÜĎ Saint Ambroise, saint Charles Borrom√©e et Achille Ratti, futur Pie XI, furent archev√™ques de Milan.
  9. ‚ÜĎ Les armes de sa famille repr√©sentent trois fleurs de lys au-dessus de six monts superpos√©s.
  10. ‚ÜĎ Et non Cum ipso in monte (¬ę avec Lui √† la Montagne ¬Ľ), comme il avait souhait√© dans un premier temps.
  11. ‚ÜĎ Montini est ainsi le premier archev√™que √† visiter les stands de ladite foire ; il invitera peu de temps apr√®s les exposants √† une messe au Duomo. Ces visite et ces messes seront renouvel√©es tous les ans.
  12. ‚ÜĎ Mgr Domenico Bernareggi, l'un de ses cons√©crateurs, √©tait d√©j√† √† ce poste, ce qui augmente le nombre d'√©v√™ques auxiliaires √† trois.
  13. ‚ÜĎ Quelques jours avant, dans la nuit du 4 au 5 janvier, une bombe explosa sous les fen√™tres de l'archev√™ch√©, n'occasionnant que des d√©g√Ęts mat√©riels. Il s'agit d'un acte isol√© et non d'une contestation de la politique eccl√©siale du pr√©lat.
  14. ‚ÜĎ Jusqu'en date de 2009, les papes suivants ont tous √©t√© couronn√©s √† cet endroit.
  15. ‚ÜĎ C'est le repr√©sentant personnel du pape au concile, chose que Paul VI avait annonc√©e au cardinal d√®s le 23 juin 1963.
  16. ‚ÜĎ Cette tradition des audiences hebdomadaires existe encore au XXIe si√®cle.
Références
  1. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., page 13.
  2. ‚ÜĎ Yves Chiron, Paul VI, le Pape √©cartel√©, Perrin, 1993, p. 14-15.
  3. ‚ÜĎ Jour o√Ļ Th√©r√®se de Lisieux mourut. L'anecdote m√©rite d'√™tre soulign√©e car le futur pape aura une grande d√©votion pour la sainte (Yves Chiron, op. cit., page 16).
  4. ‚ÜĎ Sa croissance √©tait trop rapide et il avait des probl√®mes de cŇďur. Cf. Yves Chiron, op. cit., page 18
  5. ‚ÜĎ Cit√© par Yves Chiron, op. cit., page 21.
  6. ‚ÜĎ G. Romanato-F. Molinari, ¬ę Le Letture del giovani Montini ¬Ľ, in la Scuola cattolica, p. 43.
  7. ‚ÜĎ ¬ę La m√©fiance et la prudence ne doivent jamais cesser, voil√† la conclusion, et seuls les superficiels et les irresponsables peuvent √©prouver, d'une fa√ßon m√©prisable, une joie compl√®te ¬Ľ, √©crit-il √† ses parents une semaine apr√®s la signature des Accords. Cit√© par Yves Chiron, op. cit., page 62.
  8. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., page 68
  9. ‚ÜĎ "G.GN Montini, scritti fucini", Notiziario n¬į21, juin 1991, page 82.
  10. ‚ÜĎ "Il semble √©vident qu'un certain nombre de pr√©lats, de religieux, le jugeant suspect, demand√®rent qu'il soit d√©mis de ses fonctions." (Yves Chiron, op. cit., page 74).
  11. ‚ÜĎ Montini appara√ģt sur cette photo, debout au fond √† droite.
  12. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., page 91
  13. ‚ÜĎ ¬ę Cher et R√©v√©rend ami, le temps m'a manqu√© aujourd'hui pour vous voir et parler avec vous de la tr√®s dure √©preuve √† laquelle est soumis en ce moment votre grand pays. J'aurais voulu vous dire combien je vous suis proche, et combien je prie pour que le Seigneur change en b√©n√©dictions les am√®res souffrances de votre patrie, pour elle-m√™me, pour l'√Čglise, pour le monde. Je souhaite et j'esp√®re qu'il en sera ainsi, et je vous le dis de tout cŇďur, pour que vous sachiez aussi l'amiti√© de votre J.-B. Montini ¬Ľ (Cardinal Jacques Martin, extrait du ¬ę Journal ¬Ľ publi√© in l'Osservatore romano le 24 septembre 1991.)
  14. ‚ÜĎ ¬ę Actes et Documents du Saint-Si√®ge relatifs √† la Seconde Guerre mondiale ¬Ľ (ADSS), Libreria Editrice Vaticana, 1965-1981, tome 8, page 475.
  15. ‚ÜĎ Ibid, page 570.
  16. ‚ÜĎ P√®re Paolo Dezza, ¬ę Le silence de Pie XII ¬Ľ, La Documentation catholique, juillet 1964, col. 1033-1034.
  17. ‚ÜĎ Entretien accord√© par Marie-Jos√© de Belgique au journal La Rep√Ļblica le 7 septembre 1983
  18. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., page 103.
  19. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., page 105.
  20. ‚ÜĎ Pie XII nomma √† contre-cŇďur un nouveau nonce apostolique en France, Mgr Roncalli (futur Jean XXIII), le pr√©c√©dent (Mgr Valeri) ayant continu√© sa mission diplomatique √† Vichy ; cependant, Pie XII refusa de changer les √©v√™ques soup√ßonn√©s de collaboration, ayant juste accept√© la d√©mission de six d'entre eux. Cf. Yves Chiron, op. cit., pages 112 √† 114.
  21. ‚ÜĎ M.-D. Chenu, Un th√©ologien en libert√©, p. 162-163
  22. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., p. 129
  23. ‚ÜĎ Yves Congar, Journal d'un th√©ologien (1946-1956), √©d. Cerf, 2000, p. 155
  24. ‚ÜĎ ¬ę J'ai entendu plusieurs personnes dire entre elles, √† la sortie : "Nous avons entendu un futur pape." Souhaitons-le √† l'√Čglise. ¬Ľ (Rapport de Wladimir d'Ormesson √† Robert Schuman en date du 27 mai 1949, Archives historiques du Minist√®re des Relations ext√©rieures, Europe/Saint-Si√®ge, 540, f. 190.)
  25. ‚ÜĎ Texte de l'encyclique sur le site du Vatican. Consult√© le 3 ao√Ľt 2009.
  26. ‚ÜĎ ¬ę Le Saint-Si√®ge vise √† condamner non des erreurs proprement dites, mais des modes de pens√©e qui pourraient amener des erreurs, mais qui en eux-m√™mes demeurent respectables. ¬Ľ (Jean Guitton, Dialogues avec Paul VI, p. 27-28.
  27. ‚ÜĎ Max Thurian, Paul VI et les observateurs au concile, Edizioni Studium, Rome, 1989, P. 252.
  28. ‚ÜĎ ¬ę Notre intention avait √©t√© de faire entrer dans le Sacr√© Coll√®ge les deux pr√©lats distingu√©s pr√©pos√©s √† chacune des sections de la secr√©tairerie d'√Čtat, et leurs noms √©taient les deux premiers inscrits sur la liste des cardinaux √† d√©signer que Nous avions pr√©par√©e. Mais ces deux pr√©lats, par un insigne t√©moignage de vertu, Nous suppli√®rent si instamment de leur permettre de d√©cliner cette tr√®s haute charge, que Nous cr√Ľmes devoir acc√©der √† leurs pri√®res et √† leurs vŇďux r√©p√©t√©s. Ce faisant, Nous avons voulu cependant r√©compenser en quelque mani√®re leur vertu et Nous les avons promus, comme vous le savez, √† un poste d'honneur plus √©lev√©. ¬Ľ (discours de Pie XII aux cardinaux lors du consistoire du 12 janvier 1953).
  29. ‚ÜĎ J. d'Hospital, Trois papes au tournant de l'histoire, 1969
  30. ‚ÜĎ Entretien avec Yves Chiron le 11 mai 1991, Yves Chiron, op. cit., p. 142-143.
  31. ‚ÜĎ En 1952, le Saint-Office demande au P√®re Congar de soumettre tous ses √©crits futurs au ma√ģtre g√©n√©ral des Dominicains, ce que Montini consid√®re aupr√®s de Wladimir d'Ormesson comme une ¬ę erreur commise ¬Ľ (Yves Chiron, op. cit., P. 145).
  32. ‚ÜĎ Mgr Lefebvre, alors d√©l√©gu√© apostolique pour l'Afrique francophone, alla voir Montini pour qu'une condamnation officielle soit port√©e par le Saint-Office contre le mouvement. Montini lui r√©pondit ¬ę Il ne faut pas toujours condamner. L'√Čglise va appara√ģtre comme une mar√Ętre ¬Ľ (Conf√©rence de Mgr Lefebvre du 20 ao√Ľt 1976).
  33. ‚ÜĎ Cardinal Tardini, Pie XII, Fleurus, 1961, p. 138.
  34. ‚ÜĎ Montini affirmat : ¬ę Plusieurs de ces pr√™tres-ouvriers en sont venus √† m√©conna√ģtre chaque jour devantage l'esprit m√™me du christianisme pour se situer en propres termes sur le plan marxiste. ¬Ľ (Fran√ßois Leprieur, Quand Rome condamne. Dominicains et pr√™tres ouvriers, Plon/Cerf, 1969, p. 294.)
  35. ‚ÜĎ ¬ę C'√©tait pour lui un drame dans tous les sens du mot, et m√™me dans le sens affectif [...] ; √† ce moment-l√† je l'ai vu les larmes aux yeux. ¬Ľ (Giorgio Montini, ¬ę Mon oncle le pape ¬Ľ in La Documentation catholique du 17 janvier 1971).
  36. ‚ÜĎ Benny Lai, Les Secrets du Vatican, Hachette, 1983, p. 103-104.
  37. ‚ÜĎ Cit√© par Yves Chiron dans Paul VI, Le Pape √©cartel√©, Perrin, 1993, p 156.
  38. ‚ÜĎ Charles Journet, le P√®re Bevilacqua et don Primo Mazzolari, r√©cemment condamn√© par le Saint-Office, font aussi partie de la Mission.
  39. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., p. 169.
  40. ‚ÜĎ Benny Lai, op. cit., p. 59-60.
  41. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., p. 178.
  42. ‚ÜĎ P.-M. Gy, ¬ę Mgr Bugnini et la r√©forme liturgique de Vatican II ¬Ľ, in Revue des sciences philosophiques et th√©ologiques, avril 1985, p. 315.
  43. ‚ÜĎ Cardinal G. Colombo, Ricordando GB Montini, Istituto Paolo VI, Rome, 1989, p. 155
  44. ‚ÜĎ Publi√©e dans le p√©riodique Notiziario n¬į7, p. 11-14.
  45. ‚ÜĎ Yves Chiron, op. cit., p. 183
  46. ‚ÜĎ Lettre du 16 juin 1963 publi√©e dans Notiziario, n¬į3, mai 1981, p. 25.
  47. ‚ÜĎ Journal radiodiffus√© du 21 juin 1963 de France Inter (archive INA)
  48. ‚ÜĎ Les d√©tails concernant les premiers jours du pontificat sont principalement tir√©s du livre d'Yves Chiron, op. cit., p. 202-203.
  49. ‚ÜĎ Cit√© par Yves Chiron, op. cit., page 203.
  50. ‚ÜĎ Address of the Holy Father Paul Vi to His Holiness the Dalai Lama
  51. ‚ÜĎ Un article de Sandro Magister d√©crit la gen√®se de ce texte et son adoption par Paul VI.
  52. ‚ÜĎ Journal t√©l√©vis√© du 7 ao√Ľt 1978 qui relate la mort de Paul VI sur le site de l'INA
  53. ‚ÜĎ Liste des voyages sur le site du Vatican

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Yves Chiron, Paul VI, le pape √©cartel√©, Perrin, 1993 (ISBN 978-2-262-00952-6). √Čd. r√©vis√©e et compl√©t√©e, Via Romana, 2008 (ISBN 978-2-916727-29-5)
  • Jean Guitton :
    • Dialogues avec Paul VI, Fayard, 1967
    • Paul VI et l'Ann√©e sainte, Fayard, 1974
    • Paul VI secret, Descl√©e de Brouwer, 1979
  • Yves-Marie Hilaire (s.dir), Histoire de la papaut√©. 2000 ans de missions et de tribulations, Tallandier, 1993.
  • Philippe Levillain :
    • article ¬ę Paul VI ¬Ľ du Dictionnaire de la papaut√©, Fayard, 1994.
    • Paul VI et la modernit√© dans l'√Čglise, Actes du colloque de Rome (1983), √Čcole fran√ßaise de Rome, 1984
  • Mgr Yves Marchasson, Les Papes du XXe si√®cle, Descl√©e, 1990.


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