Arles

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Arles
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43° 40â€Č 36″ N 4° 37â€Č 40″ E / 43.676650, 4.627803

Arles
Au bord des quais, vue sur le centre historique d'Arles.
Au bord des quais, vue sur le centre historique d'Arles.
Armoiries
DĂ©tail
logo
Administration
Pays France
RĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur
DĂ©partement Bouches-du-RhĂŽne
(sous-préfecture)
Arrondissement Arles (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de deux cantons :
Arles-Est et Arles-Ouest
Code commune 13004
Code postal 13200
Maire
Mandat en cours
Hervé Schiavetti
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette
Site web www.ville-arles.fr
DĂ©mographie
Population 52 729 hab. (2008[1])
DensitĂ© 69 hab./kmÂČ
Aire urbaine 53 057 hab. (1999)
Gentilé Arlésiens
GĂ©ographie
CoordonnĂ©es 43° 40â€Č 36″ Nord
       4° 37â€Č 40″ Est
/ 43.676650, 4.627803
Altitudes mini. 0 m — maxi. 57 m
Superficie 758,93 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Arles est une commune française situĂ©e dans le dĂ©partement des Bouches-du-RhĂŽne et la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur. La ville est traversĂ©e par le RhĂŽne et se trouve entre NĂźmes (Ă  27 km Ă  l’ouest) et Marseille (Ă  80 km Ă  l’est).

Le nom d’Arles dĂ©rive d’Arelate, mot d’origine celte signifiant lieu situĂ© prĂšs de l’étang[2], par rĂ©fĂ©rence aux terrains marĂ©cageux qui entourent la citĂ©. Durant l'Ăąge du fer (VIIIe ‑ IIe siĂšcle avant J.-C.), Arles constitue l'un des principaux oppida de la Celtique mĂ©diterranĂ©enne[3]. Vers -50, Jules CĂ©sar appelle encore la citĂ© Arelate dans le Bellum Civile (I, 36, 4) : Naves longas Arelate numero XII facere instituit (« Il fit construire Ă  Arles douze vaisseaux de guerre Â»).

Cette ville, dont les habitants sont appelĂ©s ArlĂ©siens, a en effet plus de 2 500 ans. Des monuments remarquables ont Ă©tĂ© construits pendant l’AntiquitĂ© Ă  l’époque romaine, comme le thĂ©Ăątre antique, les arĂšnes, les alyscamps ou encore le cirque romain. En 2008, le plus vieux buste connu de Jules CĂ©sar a Ă©tĂ© dĂ©couvert dans le RhĂŽne. En raison de son important patrimoine, la citĂ© est classĂ©e ville d'Art et d'Histoire et ses monuments romains et romans sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'humanitĂ© depuis 1981.

Au XXIe siĂšcle, malgrĂ© plusieurs dĂ©ductions successives, la commune d’Arles prĂ©sente la particularitĂ© d'ĂȘtre la commune la plus Ă©tendue de France mĂ©tropolitaine avec ses quelque 72 000 hectares de superficie[4]. Ouverte au tourisme, elle accueille de nombreuses festivitĂ©s tout le long de l’annĂ©e : en dĂ©cembre, DrĂŽle de NoĂ«l, en avril, la FĂ©ria pascale ainsi qu’en septembre, la FĂȘte du riz.

La commune a obtenu deux fleurs au concours des villes et villages fleuris[5].

Sommaire

GĂ©ographie

Situation de la commune d'Arles dans le département des Bouches-du-RhÎne

La ville d’Arles se trouve dans le sud-est de la France. Les campagnes arlĂ©siennes sont trĂšs Ă©tendues et reprĂ©sentent la majeure partie du territoire communal. Elles sont organisĂ©es en quatre ensembles naturels bien distincts : au nord, la plaine du TrĂ©bon et les Alpilles, Ă  l’est, la Crau et au sud, la Camargue dont la commune d’Arles possĂšde la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxiĂšme plus vaste commune de France mĂ©tropolitaine, moitiĂ© moins Ă©tendue qu’Arles qui s'Ă©tend sur 745 kmÂČ).

Localisation

En France

Ville Avignon Montpellier Marseille Nice Lyon Toulouse Bordeaux Strasbourg Paris Nantes Lille
Distance 35 km 75 km 87 km 248 km 256 km 304 km 536 km 701 km 712 km 792 km 915 km

Source : itinĂ©raire le plus court

Communes limitrophes

Topographie

Vue gĂ©nĂ©rale d’Arles, prise des arĂšnes en direction du nord

La ville et ses territoires

Arles est le lieu oĂč commence le delta du RhĂŽne et qui constitue la porte de la Camargue. La ville initiale construite au VIe siĂšcle av. J.‑C. sur un rocher dominant la rive gauche du Grand RhĂŽne (coordonnĂ©es gĂ©ographiques : 43°40â€Č41″N 4°37â€Č46″E / 43.67806, 4.62944) s’est dĂ©veloppĂ©e ensuite Ă  l’ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au Sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au Nord (quartiers Montplaisir et du TrĂ©bon). La prĂ©sence de marais Ă  l’Est a limitĂ© son dĂ©veloppement dans cette direction. Durant l'Ăąge du fer (VIIIe ‑ IIe siĂšcle avant J.-C.), Arles constitue l'un des principaux oppida de la Celtique mĂ©diterranĂ©enne[3]. La ville d’Arles est fortement marquĂ©e par la prĂ©sence du RhĂŽne qui coupe la ville en deux et qui reste encore mĂȘme de nos jours, une menace lors des crues comme celle de 2003.

La commune d’Arles est, de trĂšs loin, la plus Ă©tendue de toutes les communes de France mĂ©tropolitaine. Avec sa superficie d'environ 759 kmÂČ, elle est grande comme, par exemple, trois fois Marseille (240 kmÂČ), quasiment sept fois Toulouse (110 kmÂČ) ou Paris (105 kmÂČ), dix fois Saint-Étienne (78 kmÂČ), quinze fois Lyon (48 kmÂČ) ou Bordeaux (50 kmÂČ), vingt-et-une fois Lille (35 kmÂČ)


Son territoire comprend trois espaces naturels remarquables : au nord les Alpilles, au sud la Camargue dont elle possĂšde la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxiĂšme plus vaste commune de France mĂ©tropolitaine moitiĂ© moins Ă©tendue qu’Arles) et Ă  l’est la Crau avec Saint-Martin-de-Crau qui faisait partie de la commune d’Arles jusqu’en 1925[6]. Outre la ville proprement dite situĂ©e au nord du territoire, la commune d’Arles inclut de nombreux bourgs et hameaux Ă©loignĂ©s, notamment Albaron, Gimeaux, Mas-Thibert, MoulĂšs, RaphĂšle-lĂšs-Arles, Saliers et Salin-de-Giraud.

La plaine du Trébon

Les Alpilles, la Tour des Opies (498 m) au fond

Les Alpilles

Les Alpilles arlĂ©siennes, qui correspondent au sud de ce petit massif, commencent Ă  partir du monastĂšre de Montmajour, bĂąti sur un Ăźlot surplombant une plaine marĂ©cageuse assĂ©chĂ©e Ă  plusieurs reprises sous les Romains, au Xe siĂšcle puis aux XVIe et XVIIe siĂšcles et enfin au XIXe siĂšcle. Elles longent du nord Ă  l’est, les villages de Fontvieille, avec le moulin de Daudet, du Paradou, de Maussane-les-Alpilles et de MouriĂšs. Il s’agit essentiellement d’une zone rocailleuse vallonnĂ©e avec un habitat clairsemĂ©, principalement orientĂ©e vers le tourisme et des productions agricoles comme les plantations d’oliviers.

La Crau

Paysage de la Crau Ă  Saint-Martin-de-Crau.
Limites approximatives de la Crau.

La Crau est une zone alluviale constituĂ©e par la Durance avant que celle-ci ne soit capturĂ©e par le RhĂŽne vers 70000 av. J.-C., situĂ©e Ă  l’est d’Arles et s’étend jusqu’à l’étang de Berre. La Crau arlĂ©sienne comprend les villages de Pont-de-Crau, RaphĂšle et MoulĂšs et jouxte Ă  l’est la commune de Saint-Martin-de-Crau. Elle s’étend sur environ 20 000 hectares de terres agricoles consacrĂ©s aux cultures maraĂźchĂšres et fruitiĂšres, Ă  la production de foin et Ă  l’élevage ovin.

La Camargue

Le vieux pont de Fourques sur le Petit-RhĂŽne
Champ de riz en Camargue
Le phare de Faraman sur le rivage de la Camargue arlésienne

La Camargue arlĂ©sienne, terre deltaĂŻque, dĂ©pend administrativement du canton d'Arles-Ouest de l'arrondissement d'Arles. Elle s'Ă©tend environ sur 40 000 hectares du nord au sud-est du delta du RhĂŽne et sur la rive gauche du Grand-RhĂŽne. Elle est limitĂ©e au nord et Ă  l'ouest par le Petit-RhĂŽne, au sud par la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, le VaccarĂšs, la MĂ©diterranĂ©e et la commune de Fos et Ă  l'ouest par le canton d'Arles-Est (la plaine de la Crau). Elle comprend les villages de Gimeaux, Saliers, Albaron, Le Paty, Gageron, Mas-Thibert, Le Sambuc et Salin-de-Giraud[7].

VĂ©ritable Ăźle, seuls cinq ponts et un bac la relient au Languedoc et au reste de la Provence : le pont de Saint-Gilles, les deux ponts de Fourques et les deux ponts d'Arles au nord, et le bac de Barcarin au sud. En raison des risques d'inondation, son habitat est clairsemĂ©, constituĂ© principalement de mas et de quelques villages pour la plupart trĂšs anciens bĂątis sur les sĂ©gonaux ou des buttes artificielles datant gĂ©nĂ©ralement de l'Ă©poque romaine. L'agglomĂ©ration la plus importante Salin-de-Giraud, la seule Ă  avoir une vocation industrielle, est rĂ©cente : elle n'a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e qu'en 1856 pour loger la population exploitant les salins. Pendant longtemps, de l'Ă©poque grecque au XVIIIe siĂšcle, les ArlĂ©siens y construisent des tours pour contrĂŽler le commerce et les navires remontant les bras du RhĂŽne[8].

La Camargue arlĂ©sienne est structurĂ©e du nord-ouest au sud-est en fonction de la nature des terrains et de leur salinitĂ©. On trouve ainsi des terres cĂ©rĂ©aliĂšres, maraichĂšres et d'Ă©levage, des riziĂšres, des zones marĂ©cageuses, des salins et les lagunes cotiĂšres. L'avenir Ă©conomique de cette rĂ©gion dĂ©pend de l'amĂ©nagement de la Camargue : la gestion des ressources, notamment de l'eau douce du RhĂŽne entre des acteurs aux intĂ©rĂȘts parfois opposĂ©s (producteurs de riz et exploitants des salins, par exemple), en sera un dĂ©fi majeur.

Hydrographie

Article dĂ©taillĂ© : RhĂŽne.

Le RhĂŽne traverse la ville d’Arles en y entrant par le nord-ouest et en sortant par le sud-ouest. Son rĂ©gime hydraulique est caractĂ©risĂ© par des maxima automnaux liĂ©s aux pluies mĂ©diterranĂ©ennes, et printaniers en raison de la fonte des glaces. L’hiver prĂ©sente souvent des dĂ©bits soutenus mais moins marquĂ©s et le rĂ©gime hydraulique minimum est estival.

DĂ©bit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Beaucaire (pĂ©riode 1920-2005)

En raison du bassin fluvial du RhÎne, il en résulte un régime hydrologique complexe, et une grande diversité dans la formation des crues et leur déroulement. On distingue les types de crue suivants[9]:

  • les crues ocĂ©aniques, dans lesquelles la SaĂŽne joue un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant,
  • les crues mĂ©diterranĂ©ennes extensives (janvier 1994), avec une forte contribution des affluents mĂ©diterranĂ©ens de rive gauche (Durance, notamment),
  • les crues cĂ©venoles (septembre 2002) avec un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant des affluents mĂ©diterranĂ©ens de rive droite (ArdĂšche, CĂšze, Gardon),
  • les crues gĂ©nĂ©ralisĂ©es (type mai 1856)
Le pont de Trinquetaille construit en 1875 et peint par van Gogh en 1888.

Le RhĂŽne est un voisin dangereux avec qui les arlĂ©siens ont su autrefois compter. Toutefois, depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle, l’expansion urbaine favorisĂ©e par un affaiblissement temporaire des crues s’est rĂ©alisĂ©e essentiellement sur des zones inondables, nĂ©cessitant dĂ©sormais une surveillance renforcĂ©e de ce puissant compagnon. En dĂ©cembre 2003, une importante inondation, de type centenaire, touche la commune avec des consĂ©quences Ă©conomiques pour de nombreuses entreprises dont la fermeture de l’usine Lustucru, marque de Panzani[10]. En effet, Ă  la suite d’une rupture de digues, prĂšs de 7000 habitants ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s et plus de 3800 logements et 353 entreprises inondĂ©s. C’est principalement le nord de la ville qui a Ă©tĂ© affectĂ©, notamment les quartiers du TrĂ©bon, Monplaisir et la zone industrielle nord[11].

Le tout premier pont d’Arles traversant le RhĂŽne Ă©tait probablement un pont de bateaux romain, remplacĂ© par le pont de Constantin au IVe siĂšcle. Du Moyen Âge jusqu’au XIXe siĂšcle, le RhĂŽne est traversĂ© alternativement par un bac ou un pont de bateaux. C’est finalement en 1875 que le premier pont moderne en dur est construit ; il s’agit du pont de Trinquetaille peint par van Gogh en 1888. DĂ©truit en aoĂ»t 1944 par les bombardements alliĂ©s, il est reconstruit au mĂȘme emplacement en 1951. Un second plus rĂ©cent est mis en place en 1969, pour l’autoroute[12].

GĂ©ologie

Histoire

L’histoire gĂ©ologique des territoires arlĂ©siens commence avec les formations sĂ©dimentaires dĂ©posĂ©es Ă  la fin du secondaire qui constituent l’ossature des Alpilles et de la Montagnette. À l’ùre tertiaire, l’ouverture de l’axe rhodanien fracture ces structures. Ce fossĂ© rhodanien permet plusieurs invasions marines et le dĂ©pĂŽt de sĂ©diments aux faciĂšs variĂ©s, tels les grĂšs jaunes riches en coquilles du quartier de l’Hauture. Entre 6 et 5 millions d’annĂ©es, les assĂšchements successifs de la MĂ©diterranĂ©e entraĂźnent une Ă©rosion considĂ©rable tout autour de la citĂ© puis le dĂ©pĂŽt de nouveaux sĂ©diments. Au quaternaire, l’émersion dĂ©finitive du golfe rhodanien laisse place aux dĂ©pĂŽts caillouteux fluviatiles, notamment ceux de la Crau apportĂ©s par la Durance qui s’écoulait jusqu’à 30.000 av. J.-C. dans le golfe de Fos avant sa capture par le RhĂŽne. La physionomie du delta avec la Camargue actuelle est trĂšs rĂ©cente. Initialement plus Ă  l’ouest, les bras du RhĂŽne se sont progressivement dĂ©placĂ©s vers l’est façonnant un littoral trĂšs mouvant[13].

Morphologie actuelle

Cette histoire explique les principales structures du territoire arlĂ©sien. Les contreforts des Alpilles au nord-est de la ville datent ainsi du secondaire, la butte sur laquelle est construite la citĂ© antique, du tertiaire, et le reste de son territoire, du quaternaire en distinguant la Crau au sud/sud-est formĂ©e par la Durance, et la plaine du TrĂ©bon au nord et la Camargue au sud-ouest, par le RhĂŽne. Parmi ces derniers territoires, ceux Ă  l’extrĂ©mitĂ© du delta sont trĂšs rĂ©cents, datant parfois de moins de deux siĂšcles.

Climat

Arles est soumis au climat méditerranéen avec une longue période estivale, chaude et sÚche, des hivers doux, un ensoleillement important et des précipitations irréguliÚres. Son climat comporte des particularités liées à la situation géographique de la ville au sud du couloir rhodanien entre Cévennes et Alpes du Sud. Ainsi les automnes, et dans une moindre mesure les périodes avril-début mai, sont arrosés avec des précipitations brÚves mais importantes et les hivers parfois rigoureux à cause du mistral, vent violent et froid qui donne aux paysages arlésiens leur luminosité exceptionnelle.

En hiver les tempĂ©ratures descendent frĂ©quemment sous zĂ©ro sur des pĂ©riodes pouvant dĂ©passer parfois plusieurs semaines. On peut rappeler les hivers 1929, 1944, 1956, 1963, 1986 avec des records autour de -15 Ă  -18 Â°C. En sens inverse, le 1er aoĂ»t 2001, Ă  la station Arles Tour de Valat, a Ă©tĂ© enregistrĂ©e une tempĂ©rature de 38,7 Â°C.

Les pluies mĂ©diterranĂ©ennes sont liĂ©es Ă  des dĂ©pressions qui se forment sur le golfe de GĂȘnes ou au large des BalĂ©ares. Des vents d’est Ă  sud-est chauds, chargĂ©s d’eau puisque traversant la MĂ©diterranĂ©e, rencontrent l’obstacle des CĂ©vennes, ou moins souvent, des Alpes, s’élĂšvent au contact de l’air froid d’altitude en cumulo-nimbus parfois Ă©normes et Ă©clatent en orages brutaux. La localisation des pluies varie selon l’implantation respective de l’anticyclone et de la dĂ©pression et leur intensitĂ© dĂ©pend du volume de nuages crĂ©Ă© par l’humiditĂ© des vents et bien sĂ»r des diffĂ©rences de tempĂ©ratures. Ces orages se produisent gĂ©nĂ©ralement en automne et peuvent provoquer des prĂ©cipitations de 200 mm par jour et parfois plus. De durĂ©e de quelques heures, ils sont en souvent violents, comme ces jeudis 4 et 11 septembre 2008 oĂč l’on a relevĂ© plus de 50 mm en moins d’une heure ! La pluviomĂ©trie mensuelle prĂ©sente Ă©galement une grande variabilitĂ©. Toutefois, la hauteur annuelle des prĂ©cipitations n’est que de 524 mm, une des plus faibles de France et le nombre de jours de pluie (+ 1 mm/jour) d’environ 60 jours par an. Mais cette moyenne cache une variabilitĂ© annuelle des pluies trĂšs importante : ainsi les chiffres vont de 344 mm en 1945 Ă  1 063 mm en 1960, soit des variations de plus de 200 %. Les statistiques rĂ©vĂšlent aussi que les pĂ©riodes sĂšches ou trĂšs sĂšches peuvent s’étendre sur deux ou trois ans, comme entre 1945 et 1947[14].
Au niveau des extrĂȘmes :

  • le 8 septembre 2005, 111 mm d’eau[15],
  • le 22 septembre 2003 Ă  la station Arles Trinquetaille, 265 mm (RRmax en 24h de 6hTU-6hTU).
Nuvola apps kweather.png RelevĂ©s Ă  Arles TempĂ©rature : Tour de Valat/Pluie : ArĂšnes
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 11 12 16 18 23 27 31 30 26 20 14 11 20
Températures minimales moyennes (°C) 3 4 6 8 12 16 19 19 15 12 7 4 10,5
Précipitations totales (mm) 56 33 23 49 36 31 27 34 66 70 58 41 524

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire d'Arles.

HĂ©raldique et devises

Blason Arles 13.svg Blasonnement
D’azur au lĂ©opard accroupi d’or, la queue remontant entre les jambes, la patte dextre Ă©levĂ©e tenant un labarum de Constantin du mĂȘme chargĂ© d’une inscription de sable CIV.AREL.

Signification

Le blason d’Arles comporte plusieurs rĂ©fĂ©rences historiques. Le passĂ© romain de la citĂ© est rappelĂ© par l’étendard tenu par le lion en souvenir de la fondation de la colonie en 46 av. J.-C. et par l’inscription CIVitas ARELatensis Ă©voquant l’époque de Constantin Ier qui fit d’Arles une des capitales de l’Empire. C’est le premier Ăąge d’or de la petite Rome des Gaules qui deviendra un grand centre religieux aux premiers temps de la ChrĂ©tientĂ©. De cette pĂ©riode, le blason de la ville a gardĂ© le monogramme du Christ (XP) au sommet de la banniĂšre portĂ©e par le lion. Enfin avant de perdre son autonomie en 1251, Arles s’était rapprochĂ© de Venise. Le lion d’Arles[note 1] aurait donc pour origine le fameux lion de saint Marc, emblĂšme de la SĂ©rĂ©nissime[16].

Caesar de Nostradamus[17] dans son Histoire et chronique de Provence[18], parle d’un sceau de cette ville figurant dans une ancienne charte. Ce sceau de plomb porte d’un cĂŽtĂ© la figure d’un lion contournĂ©, avec cette devise : NOBILIS IN PRIMIS DICI SOLET IRA LEONIS ; de l’autre cĂŽtĂ©, un chĂąteau Ă  trois tours, celle du milieu plus Ă©levĂ©e, avec cette autre devise : URBS ARELATENSIS EST HOSTIBUS HOSTIS ET ENSIS[19].
Il semble que la devise la plus connue : AB IRA LEONIS fut une devise de dĂ©fi ; la ville menaçait ses ennemis de la colĂšre du lion qui la personnifiait. Certains auteurs admettent que la devise : AB IRA LEONIS doit se complĂ©ter ainsi : DEFENDE NOS DOMINE ! (de la colĂšre du lion [c’est-Ă -dire de nos ennemis], dĂ©fendez-nous Seigneur !) Elle devient, dans ce cas, devise d’invocation; cette interprĂ©tation est toutefois minoritaire. On trouve Ă©galement ALMA LEONIS URI ARELATENSIS HOSTIBUS EST, NISI AB IRA LEONIS et SENATUS POPULUSQUE FLORENTINUS. Mais le texte AB IRA LEONIS, URBS ARELATENSIS EST HOSTIBUS HOSTIS ET ENSIS, plus complet, correspond Ă  la devise gĂ©nĂ©ralement admise de la ville. FrĂ©dĂ©ric Mistral la commente et en critique la prĂ©tention.

Antiquité

La province romaine de Narbonnaise créée en 118 av. J.-C.

Oppidum celto-ligure , le site d’Arles est frĂ©quentĂ© par des commerçants mĂ©diterranĂ©ens. Avec la fondation de Marseille (600 av. J.-C.), la ville s’organise Ă  la fin du Ve siĂšcle av. J.‑C. d’abord en emporion grec puis en colonie appelĂ©e ThĂ©linĂ©[20]. Lors de la poussĂ©e celte du dĂ©but du IVe siĂšcle av. J.‑C., la citĂ© revient sous domination autochtone et reprend le nom d'Arelate. Au cours du IIe siĂšcle av. J.‑C., les conflits qui opposent Marseille et la confĂ©dĂ©ration salyenne occasionnent Ă  la citĂ© d’importants dĂ©gĂąts. AprĂšs l’écrasement de la confĂ©dĂ©ration en 122 av. J.-C., les Romains s’installent en Provence. Arles se trouve probablement rattachĂ©e Ă  la Gaule narbonnaise fondĂ©e en 118 av. J.-C., bien que certains historiens incluent dĂšs cette Ă©poque la citĂ© arlĂ©sienne dans la zone d’influence de Marseille.

Carte de l’Europe en 476 avec la Provence wisigothique, aprùs la chute de l’Empire romain

Soutenant en 49 av. J.-C. Jules CĂ©sar contre Marseille, Arles en est rĂ©compensĂ©e et devient une colonie romaine dĂšs 46 av. J.-C.. Sa fortune initiale date de cette Ă©poque. Elle bĂ©nĂ©ficie pendant presque trois siĂšcles de plusieurs plans d’urbanisme successifs au cours desquels elle s’embellit de ses nombreux monuments et se protĂšge avec ses remparts. Le christianisme s’installe dans la citĂ© et son premier Ă©vĂȘque historiquement connu, Marcianus, est mentionnĂ© dĂšs 254 dans une lettre de saint Cyprien. AprĂšs les destructions des annĂ©es 250-270, que la tradition historique impute aux Alamans, le dĂ©veloppement urbain ne reprend qu’au dĂ©but du IVe siĂšcle, sous l’empereur Constantin, avec une nouvelle croissance politique et administrative, la citĂ© devenant alors une rĂ©sidence de l’empereur. Il y sĂ©journe Ă  plusieurs reprises et y organise le concile de 314. Probablement en 407, l’administration impĂ©riale dĂ©place la prĂ©fecture du prĂ©toire des Gaules situĂ©e jusqu’alors Ă  TrĂšves, Ă  Arles qui connaĂźt en consĂ©quence une vĂ©ritable renaissance politique puis ecclĂ©siastique un siĂšcle exactement aprĂšs Constantin Ier. Toutefois, ce nouveau rĂŽle n’exclut pas les menaces d’invasions des fĂ©dĂ©rĂ©s Wisigoths installĂ©s en Aquitaine depuis 418. Finalement, aprĂšs de nombreuses tentatives, Arles est prise par Euric et devient ville wisigothique en 476.

Haut Moyen Âge

Royaume de Théodoric le Grand, annexant la Provence

AprĂšs une situation confuse au dĂ©but du VIe siĂšcle, Arles passe sous protectorat ostrogoth en 508, puis devient ville franque en 536[21]. Elle subit la peste de Justinien dĂšs 543 ainsi que de nombreux siĂšges. Elle est investie Ă  plusieurs reprises notamment en 570, 574, 587 et la population se regroupe alors dans une enceinte rĂ©duite. On signale Ă©galement une crue dĂ©vastatrice en 580 et des famines, en particulier celle de 585. Le siĂšcle suivant, la citĂ© est administrĂ©e par les reprĂ©sentants des branches mĂ©rovingiennes, soit dans le cadre d’une Provence unifiĂ©e, soit de maniĂšre individualisĂ©e par un duc. On a longtemps cru (thĂšse de Pirenne aujourd'hui dĂ©passĂ©e) Ă  un arrĂȘt du commerce. DĂšs la fin du VIIe siĂšcle, le commerce entre l’Occident et l’Orient mĂ©diterranĂ©en est le fait de nĂ©gociants juifs, probablement des Radhanites, seuls liens entre l’Islam et la ChrĂ©tientĂ©, qui utilisent les ports francs d’Arles et de Marseille[22]. On sait aujourd'hui que le commerce continue aprĂšs les Sarrasins.

Vers le milieu des années 710, des troubles sont signalés[23], suivis à partir des années 720 par des raids sarrasins. AprÚs la révolte en 735-739 du duc Mauronte allié aux Maures, Arles et Avignon sont pillées et mises au pas avec rigueur par le pouvoir carolingien. Toutefois à la fin du siÚcle, la Renaissance carolingienne aurait été traduite dans la cité par le développement du commerce et la remise en culture du territoire.

Les voyages des Normands : celui de 859-860 en MĂ©diterranĂ©e

Mais dĂšs la mort de Charlemagne, l’histoire d’Arles s’inscrit dans le processus de dĂ©sagrĂ©gation de l’Empire carolingien. Au grĂ© des successions apparaĂźt un territoire autonome appelĂ© royaume de Provence. Des ducs turbulents dirigent alors successivement la rĂ©gion d’Arles pillĂ©e en 842 et 850 par les Sarrasins[24] puis en 859 par les Normands. Finalement le 15 octobre 879, Boson se fait sacrer roi de Provence et de Bourgogne. Ayant pris Vienne pour capitale, il doit alors affronter l'opposition de son frĂšre Richard le Justicier, installĂ© Ă  Autun. Boson manque de lĂ©gitimitĂ©. Son fils Louis, aveuglĂ© en 905 par son ennemi BĂ©renger d'Italie, prend pour rĂ©gent Hugues d'Arles.

Au dĂ©but du Xe siĂšcle, Hugues d'Arles s’installe dĂšs 911 Ă  Arles dont il fait la capitale du royaume dont il est rĂ©gent pour Louis l'Aveugle. Il s'en dĂ©sintĂ©resse aprĂšs 926, lorsqu'il devient roi d'Italie. La Provence a donc un roi aveugle et un rĂ©gent absent. La couronne de Louis, dĂ©cĂ©dĂ© en 928, est remise Ă  Raoul, roi de Francie occidentale (923-936). AprĂšs la mort d’Hugues en 948, on voit apparaĂźtre sous l’autoritĂ© distante de Conrad II, la Ire dynastie des comtes de Provence, avec le comte Guillaume Ier, qui en chassant les Sarrasins en 973, s’émancipe de la suzerainetĂ© du roi de Bourgogne. DĂšs 980, la paix revenue apporte les conditions d’un renouveau Ă©conomique et la renommĂ©e du comte, un Ă©phĂ©mĂšre rayonnement politique.

Moyen Âge classique

Arles rattaché au Saint-Empire romain germanique (figuré ici vers 1097)
Fra Angelico, saint Dominique de Guzmàn, fondateur de l’ordre des dominicains qui s’installent à Arles en 1231

DĂšs les premiĂšres annĂ©es du XIe siĂšcle, les comtes de Provence[25] ne sont plus en mesure de tenir les grands lignages en respect et en 1008, Ă  la mort de Roubaud[26] s’ouvre une pĂ©riode de troubles[27], aggravĂ©e par la puissance des grandes familles[28], la militarisation de la sociĂ©tĂ© arlĂ©sienne[29] et le rattachement, en 1032, au Saint-Empire romain germanique[30]. Autre facteur d’affaiblissement : la RĂ©forme grĂ©gorienne. Suivant la Paix de Dieu[31], elle conduit aprĂšs 1078 Ă  une vĂ©ritable crise politique[32], entre le comte affaibli[33] et l’archevĂȘque d’Arles Aicard[34] excommuniĂ© mais soutenu par la citĂ© et le comte de Toulouse Raymond IV, qui ne sera rĂ©glĂ©e qu’aprĂšs 1096[35]. Sur le plan Ă©conomique le mouvement de reprise amorcĂ© dĂšs la fin du Xe siĂšcle continue aprĂšs l’an 1000. Des terres sont remises en culture et la citĂ© se dĂ©veloppe Ă  l’extĂ©rieur des murs[36]. AprĂšs 1050[37], les dĂ©frichements[38] reprennent et la ville s’ouvre aux commerçants italiens[39].

Arles, le faubourg des Templiers encore mentionnĂ© sur une carte du dĂ©but du XXe siĂšcle (en haut et Ă  droite de l’image)

Le XIIe siĂšcle siĂšcle arlĂ©sien est occupĂ© par des pĂ©ripĂ©ties complexes oĂč s’affrontent GĂšnes et Pise et oĂč s’opposent les familles de Barcelone et de Toulouse soutenues par leurs alliĂ©s arlĂ©siens respectifs[40]. Dans ce contexte d’instabilitĂ© politique liĂ© en partie Ă  l’installation contestĂ©e en 1112[41] de la 2e dynastie des comtes de Provence qui sera une des causes des guerres Baussenques, Arles voit naĂźtre dĂšs 1131 un mouvement d’émancipation urbaine appelĂ© consulat[42]. PrĂ©occupation de l’empereur FrĂ©dĂ©ric Barberousse[43] qui s’y fait sacrer roi d’Arles en 1178, la ville en contrepartie perd vers 1180 son rĂŽle de capitale comtale au profit d’Aix jugĂ©e moins turbulente. En prolongement de la prospĂ©ritĂ© prĂ©cĂ©dente Arles bĂ©nĂ©ficie durant ce siĂšcle d’un dĂ©veloppement Ă©conomique avec notamment l’essor de ses activitĂ©s maritimes et le commerce du sel et du vermillon qui enrichit la caste des chevaliers urbains. Sur le plan juridique, de nouvelles techniques apparaissent[44] et au niveau religieux, la ville accueille dĂšs les annĂ©es 1140 les ordres militaires et s’embellit de nombreuses Ă©glises romanes.

Le mouvement d’émancipation urbaine se poursuit au XIIIe siĂšcle toujours favorisĂ© par l’empereur germanique et contrariĂ© par de nouveaux acteurs tels l’Église confrontĂ©e aux Albigeois, les princes franciliens et la royautĂ© française. Ainsi aprĂšs les conflits de 1203-1218 liĂ©s au contexte de la premiĂšre croisade des Albigeois, la citĂ© s’oriente en 1220 vers un type de gouvernement particulier, la podestarie qui encourage l’extension territoriale de la communautĂ©[45]. En 1235-1238 avec la confrĂ©rie des bailes puis en 1246-1250 lorsque la citĂ© alliĂ©e Ă  Avignon, Marseille et Barral des Baux fonde une ligue[46], Arles revendique une autonomie Ă  tendance anti-clĂ©ricale[47] avant de capituler en 1251[48] devant Charles d’Anjou[49]. Les CapĂ©tiens aprĂšs avoir mis en place une administration efficace et tatillonne[50], partent en Italie accompagnĂ©s de la noblesse arlĂ©sienne en 1265. Sur le plan politique, 1251 marque une rupture. La ville perd ses consuls remplacĂ©s par des fonctionnaires comtaux[51], ainsi que tous ses biens[52] et sa noblesse, autrefois fiĂšre, va dĂ©sormais rechercher les honneurs en Italie, centre du nouveau pouvoir comtal. Le XIIIe siĂšcle arlĂ©sien est Ă©galement celui des ordres mendiants qui s’installent en nombre dans la ville[53]. Enfin, sur le plan Ă©conomique la prospĂ©ritĂ© continue et Ă  la fin du siĂšcle Arles atteint son optimum dĂ©mographique du Moyen Âge avec environ 15.000 habitants.

Moyen Âge tardif

Carte de diffusion de la peste noire, 1347-1351

CommencĂ© en 1306 avec l’accueil des juifs chassĂ©s du Languedoc[54], le Moyen Âge tardif arlĂ©sien se termine par le pogrom de 1484[55] suivi de l’expulsion des juifs de la citĂ©[56], aprĂšs le rattachement de la ville au Royaume de France en 1483.

AprĂšs l’installation de la Ire dynastie Angevine en 1250, la citĂ© subit un reflux gĂ©nĂ©ral : d’abord politique au profit d’Aix, capitale du ComtĂ©, puis ecclĂ©siastique au profit d’Avignon[57] et enfin commercial au profit d’Avignon et de Marseille. Ce phĂ©nomĂšne se trouve amplifiĂ© Ă  compter des annĂ©es 1340-1350 par un effondrement dĂ©mographique liĂ© Ă  la trilogie cĂ©lĂšbre : guerres, pestes et disettes. Pour Arles, la disette est un accident, la peste un mal pĂ©riodique[58] et la guerre une menace permanente, venant du continent au XIVe siĂšcle [59] puis de la mer jusqu’à la fin des annĂ©es 1460[60]. Ainsi Arles est assiĂ©gĂ©e en 1368 par Duguesclin reprĂ©sentant les intĂ©rĂȘts du capĂ©tien Louis d’Anjou, prise en juillet 1384[61] par les Tuchins lors de la guerre de succession de la reine Jeanne et menacĂ©e Ă  plusieurs reprises au XVe siĂšcle par les galĂšres catalanes. Le 4 juin 1365, entre deux conflits, Charles IV roi de BohĂȘme, voulant restaurer le Royaume d’Arles, s’y fait couronner roi dans la cathĂ©drale Saint-Trophime.

Sur le plan dĂ©mographique, Ă  la suite de la peste de 1348 Arles va vivre un profond dĂ©clin avec un plus bas dĂ©mographique de 5.000 habitants Ă  la fin des annĂ©es 1430[62] avant que n’apparaisse une lente reprise dans la seconde moitiĂ© du XVe siĂšcle. Cette pĂ©riode difficile entraĂźne une solidaritĂ© communale plus grande, qui exclut toutefois les juifs[63], avec la multiplication des confrĂ©ries, sortes d’associations laĂŻques, charitables et funĂ©raires qui structurent au quotidien la vie des arlĂ©siens. Sur le plan politique, les guerres liĂ©es Ă  l’installation de la seconde dynastie Angevine, permettent Ă  la ville de retrouver en 1385[note 2] une partie de ses droits aliĂ©nĂ©s en 1251. Et paradoxalement dans ce contexte dĂ©primĂ©, le pays d’Arles fort demandeur en main d’Ɠuvre devient un centre d’immigration[64]. Ces flux migratoires seront Ă  l’origine de la reprise et du repeuplement des annĂ©es 1470. La crise dĂ©mographique de la fin du XIVe siĂšcle, transforme toutefois l’économie arlĂ©sienne avec une agriculture qui dĂ©cline au profit de l’élevage et du commerce des peaux et de la laine. AttirĂ©s par ce commerce, la prĂ©sence de la papautĂ© Ă  Avignon et les fermes fiscales, des nĂ©gociants italiens s’installent dans la citĂ© et certains y fondent de puissantes familles[65]. À la fin du Moyen Âge, la sociĂ©tĂ© arlĂ©sienne est devenue une sociĂ©tĂ© pastorale, avec une noblesse nombreuse et riche qui va dominer la ville jusqu’à la RĂ©volution.

Ancien RĂ©gime

Article dĂ©taillĂ© : Histoire d'Arles sous l'Ancien RĂ©gime.
Buste d’Adam de Craponne et bassin de distribution de son canal à Lamanon, Bouches-du-Rhîne

L’annexion d’Arles Ă  la France se fait sans difficultĂ© et en 1536 les ArlĂ©siens tĂ©moignent de leur attachement Ă  leur rĂ©cente patrie en arrĂȘtant la seconde invasion de la Provence de Charles Quint. La paix revenue, Arles s’enrichit grĂące Ă  son vaste terroir progressivement remis en culture. C’est de cette Ă©poque que datent les premiĂšres tentatives modernes de dessĂšchement des marais et d’irrigation avec notamment le canal de Craponne creusĂ© dans les annĂ©es 1550[note 3]. Cette pĂ©riode de prospĂ©ritĂ© se traduit par le dĂ©veloppement artistique de la citĂ©. Plusieurs monuments publics[note 4] et des hĂŽtels particuliers de style Renaissance sont alors Ă©difiĂ©s. Toutefois cette prospĂ©ritĂ© s’achĂšve au dĂ©but des annĂ©es 1560 avec les guerres de religion[note 5]. Ces troubles religieux et politiques, ponctuĂ©s par la visite royale de Charles IX et de sa mĂšre Catherine de MĂ©dicis en automne 1564 ne prendront fin qu’avec le couronnement d’Henri IV[note 6]. À cette guerre civile se rajoutent des calamitĂ©s naturelles, pestes[note 7] et inondations. AprĂšs toutes ces Ă©preuves la situation financiĂšre d’Arles est catastrophique et la citĂ© doit dĂšs lors se rĂ©soudre Ă  vendre une partie des biens communaux.

Arles, la place de la RĂ©publique avec l’hĂŽtel de ville et l’obĂ©lisque (Aiguille d'Arles)

La vente par la ville d’une partie de son immense territoire fait apparaĂźtre en Camargue de vastes domaines fonciers qui participent Ă  la reconquĂȘte agricole de ce terroir dĂ©sertĂ© depuis des dĂ©cennies. Vers 1625, des conditions climatiques favorables permettent un accroissement de la production et relancent l’idĂ©e de l’assĂšchement des marais[note 8]. En retour Ă  l’enrichissement des classes nobles et bourgeoises, les arts se dĂ©veloppent[note 9] et la ville se pare d’un grand nombre d’hĂŽtels particuliers. De mĂȘme, des modifications notables sont apportĂ©es aux Ă©tablissements religieux[66]. Dans ce renouveau architectural Ă©merge le nouvel hĂŽtel de ville[67] achevĂ© en 1675[68], puis Ă  compter de 1679, les consuls entreprennent une politique d’alignement qui modifie considĂ©rablement l’aspect du centre-ville. DĂ©chue de tout rĂŽle politique, Arles ne brille plus que par l’éclat de son archevĂȘchĂ©. L’élan pastoral impulsĂ© par le concile de Trente est relayĂ© dans la citĂ© par des archevĂȘques actifs. Il en rĂ©sulte une multiplication de congrĂ©gations religieuses tandis que la poussĂ©e dĂ©mographique incite Ă  une rĂ©novation des paroisses.

Au tournant du siĂšcle, Arles va renouer avec un Ă©pisode de tensions et de catastrophes avec les risques d’invasion des troupes du duc de Savoie[note 10], l’hiver 1709, les intempĂ©ries et les inondations des annĂ©es 1700 et 1710 et surtout la peste de 1721 qui emporte plus de 40 % de la population[69]. Toutefois, Ă  partir de 1725 l’agriculture bĂ©nĂ©ficie de conditions plus clĂ©mentes et la ville continue son embellissement architectural. La noblesse fait un accueil favorable aux modĂšles parisiens et les hĂŽtels de grandes familles arlĂ©siennes sont alors construits tels que ceux de Quiqueran de Beaujeu ou du Roure. Cet embellissement se retrouve Ă©galement dans la construction publique[note 11]. Cette richesse s’accompagne de quelques crises de subsistance comme celle du 2 janvier 1752 qui Ă©clate Ă  la suite d’une pĂ©nurie de blĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e par la spĂ©culation. Dans les derniĂšres annĂ©es de l’Ancien RĂ©gime, la ville se tourne vers l’industrie[note 12],[note 13]. L’activitĂ© portuaire liĂ©e pour l’essentiel au trafic de bois, pierres, charbon, fourrages et blĂ©s, assure Ă©galement la prospĂ©ritĂ© de la ville. En consĂ©quence la ville s’étend et des travaux communaux significatifs, pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but du XIVe siĂšcle, sont rĂ©alisĂ©s Ă  l’extĂ©rieur de l’enceinte mĂ©diĂ©vale avec notamment en 1775 le comblement des fossĂ©s de la Lice et en 1781, le transfert des cimetiĂšres urbains Ă  l’extĂ©rieur de la citĂ©.

RĂ©volution

Article dĂ©taillĂ© : Histoire d'Arles sous la RĂ©volution.

En 1788-1789, un rude hiver plonge dans une profonde misĂšre une population accablĂ©e par l’impĂŽt. Des Ă©meutes Ă©clatent, et aprĂšs avoir rĂ©cusĂ© leurs dĂ©putĂ©s aux États GĂ©nĂ©raux, les ArlĂ©siens se rendent maĂźtres de la municipalitĂ©. Le 4 aoĂ»t ils dĂ©posent leurs consuls et un nouveau conseil est formĂ©, composĂ© de reprĂ©sentants de la noblesse, du clergĂ©, de la bourgeoisie et de diverses corporations.
DĂšs les premiers mois de la RĂ©volution, Pierre-Antoine Antonelle, d’origine aristocratique et chef mythique des Monnaidiers (partisans de la RĂ©volution) devient le plus important protagoniste de la RĂ©volution française Ă  Arles. Élu le 15 fĂ©vrier 1790 maire de la ville, grĂące aux voix des artisans et des marins, et farouchement anti-clĂ©rical, il s’oppose dans la citĂ© Ă  l’archevĂȘque monseigneur du Lau et Ă  ses partisans, les Chiffonistes. Au cours de son mandat, le village de Fontvieille devient commune autonome par dĂ©duction du territoire arlĂ©sien.
Dans ce climat de violence quotidienne, les deux clans s’affrontent. Les Ă©lections de novembre 1791 donnent la victoire Ă  la Chiffone emmenĂ©e par le nouveau maire Pierre Antoine Loys. Les monnaidiers pourchassĂ©s quittent la ville pour se cacher en Camargue et les vainqueurs transforment la ville en camp retranchĂ© royaliste.
Le 21 mars 1792, Arles est dĂ©clarĂ©e en Ă©tat de rĂ©bellion contre la RĂ©publique. Une armĂ©e de Marseillais se met alors en route et entre le 27 mars dans une ville dĂ©sertĂ©e durant la nuit par les chiffonistes. En punition des sentiments lĂ©gitimistes de la citĂ©, la Convention nationale condamne la ville d’Arles Ă  raser ses remparts, ce qui ne sera rĂ©alisĂ© que partiellement.

AprĂšs la RĂ©volution

Au XIXe siĂšcle, Arles est marquĂ©e par les Ă©pidĂ©mies de cholĂ©ra[70]. La citĂ© subit Ă©galement de profondes mutations : elle redĂ©couvre son passĂ© historique et se transforme de gros bourg agricole et portuaire, en ville ouvriĂšre. Au dĂ©but de ce siĂšcle, vers 1824 le baron de Chartrouse, maire d’Arles entreprend de remettre en valeur la patrimoine bĂąti en dĂ©gageant les ArĂšnes, puis le thĂ©Ăątre antique. Port encore important[71] au dĂ©but du XIXe siĂšcle, Arles perd dĂšs 1848 son monopole de la navigation sur le Bas-RhĂŽne Ă  cause des chemins de fer (ligne PLM) et se vide ainsi de ses marins qui reprĂ©sentaient avec leurs familles prĂšs du tiers de la population. La ville trouve cependant un second souffle dans l’industrie. Les ateliers des chemins de fer qui recouvrent les Alyscamps attirent dĂšs 1848 une nouvelle population. Un peu plus tard, des ateliers de construction navale apparaissent Ă  Barriol. La population rurale, qui constituait encore 40% des habitants de la ville vers 1850, quitte la citĂ© vers les exploitations agricoles. En moins d’un demi-siĂšcle Arles devient une ville ouvriĂšre. En parallĂšle, dĂšs les annĂ©es 1830, la citĂ© se transforme en se dotant de nouveaux Ă©quipements[72]. La ville se dĂ©veloppe Ă©galement en pĂ©riphĂ©rie par extension de faubourgs et son territoire est mis en valeur. En 1856, des industriels bĂątissent Salin-de-Giraud au sud de la commune pour l’exploitation du sel puis en 1892, deux lignes de chemin de fer sont crĂ©Ă©es pour le dĂ©veloppement de la Camargue[73].

L’ancien HĂŽtel des Postes, Ă©difiĂ© en 1898.

Le dĂ©but du XXe siĂšcle, marquĂ© par les crises vinicoles et la guerre de 14-18, voit un retrait des cultures sur le territoire arlĂ©sien au bĂ©nĂ©fice de l’élevage. La ville qui cĂ©lĂšbre le poĂšte du fĂ©libre FrĂ©dĂ©ric Mistral et son Museon Arlaten, se dote de quelques grands hĂŽtels, notamment sur la place du Forum, qui prĂ©figurent l’orientation touristique de la citĂ©. Au sud de la ville le quartier Chabourlet, un nouveau quartier Ă  l’architecture inspirĂ©e du style Art floral, apparaĂźt. En 1944, les bombardements de la Seconde Guerre mondiale[74] dĂ©truisent plus d’un quart de son habitat, principalement dans les quartiers de Trinquetaille, de la Cavalerie et du TrĂ©bon, c’est-Ă -dire autour des ponts et de la gare ferroviaire. La reconstruction est dirigĂ©e par les architectes Pierre Vago et Jacques Van Migom. Au niveau agricole, la riziculture se dĂ©veloppe en Camargue dĂšs la fin des annĂ©es 1940. TrĂšs Ă©prouvĂ©e dans les annĂ©es 1980 par des suppressions d’emplois industriels, la ville s’oriente vers des activitĂ©s culturelles et acquiert une forte notoriĂ©tĂ© dans les domaines liĂ©s Ă  l’image. Les Rencontres internationales de la photographie, crĂ©Ă©es en 1970 deviennent une manifestation internationale et des maisons d’éditions, littĂ©raires et musicales, s’installent dans la citĂ© (voir partie Économie).

Ville et quartiers

Urbanisme

Plan gĂ©nĂ©ral de la ville d’Arles.

Tout en subissant de nombreux plans d’urbanisme, de l’antiquitĂ© Ă  l’époque contemporaine, le centre ville de la citĂ©, est fixĂ© gĂ©ographiquement dĂšs la fin du XIIe siĂšcle, tout en conservant une richesse patrimoniale qui en fait un des lieux touristiques les plus frĂ©quentĂ©s de Provence. Les quartiers pĂ©riphĂ©riques de la citĂ© plus rĂ©cents, hormis celui de Trinquetaille, reflĂštent les amĂ©nagements entrepris aux XIXe et XXe siĂšcles et les transformations sociales de la citĂ©.

Dans l’antiquitĂ©, la ville est un des principaux sites de la Celtique mĂ©diterranĂ©enne[75]. Elle a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©e dĂšs l’époque grecque, mais le premier plan d’urbanisme connu remonte au Ier siĂšcle av. J.‑C., sous l’empereur Auguste. Il structure encore de nos jours le centre ville. RemaniĂ©e plusieurs fois sous les flaviens, le Haut Empire Ă  l’époque des Antonins, l’empereur Constantin et les empereurs de l’AntiquitĂ© tardive, la citĂ© garde une incomparable trace de son riche passĂ© romain, puisqu’elle devint rĂ©sidence impĂ©riale. La ville se dote aussi dĂšs les IVe et Ve siĂšcles de lieux cultuels chrĂ©tiens qui se substituent aux temples romains. Au plus fort de son expansion, vers le premier quart du Ve siĂšcle la ville est probablement plus peuplĂ©e que de nos jours.

Le Haut Moyen Âge est une pĂ©riode d’insĂ©curitĂ© et d’épidĂ©mies. La citĂ© se rĂ©organise dans une enceinte rĂ©duite en exploitant comme carriĂšres les monuments de la ville et en transformant l’amphithĂ©Ăątre en place forte lotie. La fin du Xe siĂšcle marque le dĂ©but d’un renouveau Ă©conomique au cours duquel Arles va se dĂ©velopper hors de ses murailles; de nouveaux quartiers appelĂ©s bourgs se construisent ainsi Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la ville qui va Ă  la fin du XIIe siĂšcle les intĂ©grer dans de nouveaux remparts entourant une citĂ© agrandie, dont les limites sont encore visibles de nos jours au travers des vestiges de l’enceinte mĂ©diĂ©vale et des boulevards entourant la vieille ville. La fin du XIIe siĂšcle se caractĂ©rise Ă©galement par un embellissement urbain avec de nombreuses Ă©glises romanes. AprĂšs l’installation en 1251 de la premiĂšre dynastie Angevine en Provence, le dĂ©clin de la citĂ© et surtout la terrible peste de 1348 stoppent brutalement le dĂ©veloppement de la communautĂ©. Pendant plus de deux siĂšcles, la ville va vivre enfermĂ©e dans ses murs avec comme principales prĂ©occupations urbanistiques, l’amĂ©lioration du bĂąti religieux et l’entretien des remparts sollicitĂ©s jusqu’aux guerres de religion.

DĂšs le fin du XVe siĂšcle, la ville se transforme dans la qualitĂ© du bĂąti et le rĂ©amĂ©nagement du centre ville, avec les premiĂšres restructurations de la Renaissance[note 14], les hĂŽtels particuliers des XVIe et XVIIe siĂšcles de nobles et de bourgeois enrichis par l’exploitation de domaines agricoles en Camargue et en Crau, la rĂ©novation du bĂąti diocĂ©sain lors de la Contre-RĂ©forme et en 1675, l’édification de l’hĂŽtel de ville. À compter de 1679, une politique d’alignement est entreprise par les consuls. Cette politique d’alignement qui se poursuit jusqu’à la RĂ©volution, modifie considĂ©rablement l’aspect du centre-ville.

Les quais du RhĂŽne Ă©difiĂ©s aprĂšs l’inondation de 1856.

AprĂšs la RĂ©volution, la ville redĂ©couvre ses monuments qui sont progressivement dĂ©gagĂ©s. Elle s’agrandit au-delĂ  de son enceinte mĂ©diĂ©vale, s’industrialise et se dote de nombreux Ă©quipements publics lui permettant de se transformer de gros bourg agricole en une ville ouvriĂšre, puis touristique. Le XIXe siĂšcle voit ainsi la rĂ©alisation d’importants travaux d’amĂ©nagement urbain : dĂ©gagement et restauration des monuments romains[note 15] dĂšs les annĂ©es 1820-1830, construction d’édifices publics[note 16] et de nouveaux ponts sur le RhĂŽne, amĂ©nagement de lieux publics[76], rĂ©alisation des infrastructures ferroviaires de la ligne PLM vers 1845-1850, Ă©dification des quais aprĂšs les inondations catastrophiques de 1841 et 1856 et percement de voies nouvelles [note 17]. Au XXe siĂšcle, l’urbanisme arlĂ©sien se concentre sur l’amĂ©lioration de la voirie, le lotissement de nouveaux quartiers rĂ©sidentiels Ă  la pĂ©riphĂ©rie de la ville mĂ©diĂ©vale (TrĂ©bon, Montplaisir, Alyscamps, Barriol
) et les travaux de reconstruction Ă  la suite des bombardements de 1944[note 18]. Des infrastructures sont Ă©galement rĂ©alisĂ©es Ă  partir des annĂ©es 1970[note 19] afin d’amĂ©liorer la vie des arlĂ©siens et le transit automobile urbain et interurbain.

Situation actuelle et projets

Plan du centre de la ville d’Arles (2008).

Aujourd’hui, on distingue traditionnellement les quartiers de la vieille ville (CitĂ©, Hauture, MĂ©jan, Roquette et Cavalerie/Portagnel), c’est-Ă -dire ceux situĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de l’enceinte mĂ©diĂ©vale, des quartiers pĂ©riphĂ©riques pour la plupart d’un dĂ©veloppement plus rĂ©cent, rĂ©alisĂ© en deux vagues principales : fin du XIXe siĂšcle et annĂ©es 1960-1970. Ainsi sur le plan ci-contre, seuls les quartiers du centre-ville et celui de Trinquetaille sur la rive droite du RhĂŽne apparaissent.

À la date du 29 avril 2003, les projets dĂ©finis par la municipalitĂ© s’articulent autour d’une meilleure adaptation de la citĂ© aux voies de circulation automobiles, d’un dĂ©veloppement des activitĂ©s et des zones d’habitation, et d’une amĂ©lioration des Ă©quipements.

On peut citer ainsi :

  • la crĂ©ation d’une autoroute de contournement de la ville avec Ă  terme la possibilitĂ© de rĂ©amĂ©nager la RN113 en voie urbaine pour supprimer la coupure entre le centre-ville et les quartiers pĂ©riphĂ©riques.
  • les amĂ©nagements des entrĂ©es de la ville : dĂ©senclavement des quartiers et nouvelles activitĂ©s
  • l’amĂ©nagement des anciens ateliers de la SNCF en articulation avec la nouvelle ZAC des Minimes dans le quartier des Alyscamps (les anciens ateliers du chemin de fer adossĂ©s Ă  la nĂ©cropole antique des Alyscamps reprĂ©sentaient 13 hectares en cours de reconquĂȘte par la ville. Le premier acte de cette transformation, la rĂ©novation du bĂątiment principal, la chaudronnerie, en une halle d’environ 5 000 m2 a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en 2007 sous la direction des architectes Alain Moatti et Henri RiviĂšre) : Ă©quipements universitaires, habitat, hĂŽtel d’entreprises, espaces de loisirs et Ă©quipements culturels d’une part et crĂ©ation d’un nouveau quartier d’autre part
  • les nouveaux Ă©quipements (MĂ©diapĂŽle, nouveau collĂšge FrĂ©dĂ©ric-Mistral) et la rĂ©habilitation du parc social.

Les quartiers

Article dĂ©taillĂ© : Liste des quartiers d'Arles.

La ville est composée des neuf quartiers.

DĂ©mographie

Évolution historique

DĂšs l'an 310, Arles, ville impĂ©riale, compte plus de 10 000 habitants et un siĂšcle plus tard, devenue prĂ©fecture des Gaules, au moins 40 000 habitants. Ce chiffre ne sera plus dĂ©passĂ© jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 1960.

Population de la Ville d'Arles
310 420 1160 1200 1271 1319 1337 1438 1443 1459
12 000[note 20] 40 000[note 21] 8 000[note 22] 10 000 [note 23] 13 000[A 1] 13 000[77] 12 000 5 000[78] moins de 5 000[79] 5 500[80]
1462 1550 1571 1636 1700 1709 1719 1721 1794 1800
5 600[A 2] 10 000[A 3] 11 000[A 3],[81] 25 000[82] 27 000[83] 20 000[84] 23 000 14 000[note 24] 20 000 18 740
1806 1820 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866
20 151 20 150 20 236 20 048 20 460 23 101 23 208 24 816 25 543 26 367
1872 1816 1881 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
24 695 25 095 23 480 24 288 24 567 28 116 31 010 31 014 29 146 32 485
Estimations avant 1801 ; recensements Ă  partir de 1801[85],[86],[87]

Évolution rĂ©cente

Sources : INSEE et Cassini[88],[89]

AprĂšs la seconde guerre mondiale la croissance dĂ©mographique est relativement importante, en particulier dans les annĂ©es 1960 Ă  la suite du rapatriement des Français d’AlgĂ©rie. En revanche Ă  partir de 1975, contrairement Ă  la majoritĂ© des agglomĂ©rations voisines qui voient leur population croĂźtre, celle d’Arles reste pratiquement stable, reflĂ©tant ainsi la relative stagnation Ă©conomique de la citĂ©. Toutefois la croissance se manifeste Ă  nouveau aprĂšs 1999.

Évolution dĂ©mographique (Source : INSEE[90]) rĂ©cente
1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
35 017 37 443 41 932 45 774 50 059 50 500 52 058 50 426 51 970 52 197 52 729
Nombre retenu Ă  partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Structure de la population

Source : INSEE[91]

Les 50 500 ArlĂ©siens recensĂ©s en 1999 aiment leur rĂ©gion et ont du mal Ă  en partir : en dix ans (1990-1999), seul 20 % de la population a quittĂ© la commune contre une moyenne de 34 % au niveau national.

En 1999, 75 % des ArlĂ©siens vivent sur Ă  peine 10 % du territoire communal. L’occupation humaine de la plus grande commune de France est particuliĂšrement irrĂ©guliĂšre. La densitĂ© de population peut y dĂ©passer 10 000 habitants/kmÂČ, alors qu’elle atteint Ă  peine 10 habitants/kmÂČ en Camargue ou en Crau.

Le vieillissement gĂ©nĂ©ral de la population française se retrouve Ă  Arles. Entre 1990 et 1999, le pourcentage des moins de 20 ans a diminuĂ© tandis que celui des plus de 60 ans a progressĂ© jusqu’à reprĂ©senter 23 % de la population de la commune. Mais ces situations restent contrastĂ©es selon les quartiers : si Ă  Barriol, 40 % de la population a moins de 20 ans, ce chiffre n’est plus que de 16 % dans le centre-ville. En 1999, le recensement INSEE montre que la ville d’Arles est lĂ©gĂšrement plus fĂ©minisĂ©e et plus ĂągĂ©e que la moyenne nationale[92].

Économie

Article dĂ©taillĂ© : Économie d'Arles.

L’économie arlĂ©sienne, favorisĂ©e dĂšs l’AntiquitĂ© par la proximitĂ© du RhĂŽne puis par la ligne ferroviaire Paris-Lyon-Marseille (PLM) crĂ©Ă©e au milieu du XIXe siĂšcle, n’a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© dans les annĂ©es 1960 des grandes politiques d’amĂ©nagement comme Fos Ă  l’est et le littoral languedocien Ă  l’ouest. De plus, elle reste Ă  l’écart du nouveau tracĂ© TGV Paris-Marseille qui passe par Aix. Toutefois, situĂ©e au carrefour des axes rhodanien et mĂ©diterranĂ©en, la ville offre un potentiel trĂšs diversifiĂ© Ă  conforter.

Arles, troisiĂšme ville des Bouches-du-RhĂŽne, n’est avec 18 640 emplois[93] que le cinquiĂšme pĂŽle d’emploi du dĂ©partement. Les emplois arlĂ©siens sont en grande majoritĂ© des emplois de services qui reprĂ©sentent en effet plus de 75 % des emplois. L’agriculture intensive et l’industrie en difficultĂ© n’offrent de leur cĂŽtĂ© qu’un peu plus de 4 000 emplois salariĂ©s. Depuis 1999, l’emploi salariĂ© privĂ© progresse plus rapidement. Au dĂ©but 2007, il y a environ 2100 entreprises, dont environ 380 Ă©tablissements secondaires situĂ©s dans la commune d’Arles[94]. Sur ce nombre, moins de deux douzaines dĂ©passent les 50 salariĂ©s. Dans le cadre de son dĂ©veloppement, Arles a participĂ© en janvier 2004 Ă  la crĂ©ation de la CommunautĂ© d'agglomĂ©ration Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Cette communautĂ© peuplĂ©e de 75 939 habitants (recensement 1999) regroupe outre Arles, 4 autres communes : Boulbon, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Pierre-de-MĂ©zoargues et Tarascon.

Agriculture

Foin de Crau avec l’AOC

L’agriculture de la commune d’Arles constitue un support pour de nombreuses activitĂ©s industrielles. Elle bĂ©nĂ©ficie de conditions climatiques exceptionnelles (300 jours d’ensoleillement annuel) et d’un savoir-faire hĂ©ritĂ© d’une longue tradition.

Elle se caractĂ©rise par la traçabilitĂ© de sa production (ce qui lui permet d’ĂȘtre dĂšs aujourd’hui en phase avec les attentes des acteurs de la chaĂźne alimentaire soucieux de sĂ©curitĂ©), le choix de la productivitĂ© avec des cultures intensives en Camargue, au nord de la citĂ© entre Arles et Tarascon et en Crau du cĂŽtĂ© de Saint-Martin-de-Crau et le choix de la qualitĂ© par des AOC (foin de Crau, taureaux de Camargue) et une IGP (riz de Camargue). Elle s’organise principalement autour des productions suivantes : les fruits et lĂ©gumes, le riz et les cĂ©rĂ©ales, le foin de Crau, la viande (taureaux, ovins), la transformation et la conservation.

L’importance des cultures fruitiĂšres de la Crau arlĂ©sienne (environ 3 750 hectares de pĂȘchers et d’abricotiers[95]) et maraĂźchĂšres, la plupart sous serres, classe ce territoire parmi l’une des principales rĂ©gions europĂ©ennes exportatrices de primeurs[96]. Le foin de Crau, qui bĂ©nĂ©ficie d’une AOC[96], contribue Ă©galement Ă  la renommĂ©e du territoire d’Arles-Crau. 100,000 tonnes y sont produites annuellement sur environ 13 000 hectares de prairies. La Crau depuis toujours terre pastorale, Ă©lĂšve aujourd’hui plus de 100 000 moutons qui transhument chaque annĂ©e de la plaine vers les alpages. La race ovine la plus rĂ©pandue est le MĂ©rinos d'Arles. La renommĂ©e de l'agneau Crau-Alpilles tient Ă  son mode d'Ă©levage : en plein air, Ă  l'herbe et aux cĂ©rĂ©ales produites sur place[96].

En Camargue, des efforts sont faits pour labelliser et qualifier les productions. L’AOC Taureau de Camargue reconnaĂźt la qualitĂ© de la viande des taureaux Ă©levĂ©s dans le delta. MalgrĂ© les difficultĂ©s rĂ©centes, la filiĂšre riz (11 200 ha sur la commune d’Arles en 2003) se dĂ©veloppe grĂące Ă  une nouvelle usine rĂ©alisĂ©e par Sud CĂ©rĂ©ales en 2005.

Arles dans le cadre de la Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette propose également des productions agricoles complémentaires telles que celles associées aux olives (olives, huiles) ou à la vigne de la vallée des Baux.

La commune produit de l'huile d'olive de la vallĂ©e des Baux-de-Provence qui est protĂ©gĂ©e par une appellation d'origine contrĂŽlĂ©e (AOC) depuis un dĂ©cret pris par l'INAO, le 27 aoĂ»t 1997. Les variĂ©tĂ©s d'olives qui entrent dans son Ă©laboration sont la salonenque, la beruguette, la grossane et la verdale des Bouches-du-RhĂŽne[97]. Elle produit aussi des olives cassĂ©es et des des olives noires qui relĂšvent du mĂȘme dĂ©cret de l'INAO. Les variĂ©tĂ©s d'olives cassĂ©es proposĂ©es Ă  la commercialisation sont la salonenque et la beruguette. Pour les olives noires la seule variĂ©tĂ© acceptĂ©e est la grossane[98] ,[99].

Industrie

Les activitĂ©s industrielles d’Arles qui reprĂ©sentent environ 2 000 emplois salariĂ©s concernent principalement les secteurs de la chimie, des constructions mĂ©caniques, de la papeterie et des industries alimentaires.

Montagne de sel ou camelle Ă  Salin-de-Giraud en Camargue

Le village de Salin-de-Giraud et ses salins, avec Solvay[100] et le groupe Salins est le pĂŽle chimique d'Arles[101].

Services

Les services représentent la majorité des emplois.

Sous-prĂ©fecture, la ville offre plus de 2 600 emplois dans l’administration, et 4 300 dans l’éducation ou la santĂ©.

Presque 4 900 emplois sont liĂ©s aux services marchands : assurances, banques, activitĂ©s immobiliĂšres...

Le secteur de l'Ă©dition est assez Ă©toffĂ© : les maisons Harmonia Mundi (musique), Actes Sud, HonorĂ© Clair (livres) y sont installĂ©es.

En tant que ville touristique, elle bĂ©nĂ©ficie Ă©galement d’un Ă©quipement commercial important qui propose plus de 2 700 emplois. Toutefois, la Camargue arlĂ©sienne, Ă  l'inverse de la ville, ne participe pas encore Ă  cette Ă©conomie du tourisme. Contrairement Ă  la commune voisine des Saintes-Maries-de-la-Mer, ce territoire n'a pas encore des activitĂ©s touristiques trĂšs dĂ©veloppĂ©es, car il ne bĂ©nĂ©ficie ni d'un village littoral ni d'accĂšs trĂšs aisĂ©s Ă  la mer [102]. Pourtant, sa plage dite d'Arles Ă  proximitĂ© du phare de Faraman reçoit un tourisme populaire et le site de Beauduc, composĂ© de cabanes construites illĂ©galement [103], quelques rĂ©sidents Ă  l'annĂ©e et des estivants locaux. Cet isolement toutefois a Ă©tĂ© un argument essentiel lors de la crĂ©ation du parc naturel rĂ©gional de Camargue, qui attire avec les marais environnants les amateurs ornithologistes.

Arles est le siĂšge de la chambre de commerce et d'industrie du Pays d'Arles. Elle assure la gestion du port fluvial d’Arles ainsi que du Palais des CongrĂšs qui accueille aussi bien des congrĂšs, sĂ©minaires, conventions que des salons professionnels ou grand public. Elle gĂšre aussi plusieurs centres de formation dont l’IRA et Supinfocom situĂ©s Ă  Arles.

Ports d'Arles
A gauche, le port autonome et Ă  droite le port touristique. A gauche, le port autonome et Ă  droite le port touristique.
A gauche, le port autonome et Ă  droite le port touristique.


Emploi

Source : INSEE[91]

La population active ayant un emploi s'Ă©lĂšve Ă  17 057 dont 7 320 femmes, ce qui montre un emploi relativement fĂ©minisĂ©. Ces emplois situĂ©s Ă  78 % dans la commune correspondent essentiellement Ă  des emplois salariĂ©s (14 563). Globalement la population active ayant un emploi, et ce dans toutes les catĂ©gories, a diminuĂ© entre 1990 et 1999. La structure professionnelle de la commune est caractĂ©risĂ©e par une proportion d’ouvriers / employĂ©s, d’artisans / commerçants / chefs d’entreprise supĂ©rieure Ă  celle constatĂ©e au niveau national. Par contre, les cadres sont relativement moins nombreux Ă  Arles qu’ailleurs en France (10 % contre 13 %). Enfin, les agriculteurs restent bien reprĂ©sentĂ©s, surtout en comparaison du reste du dĂ©partement : 3 % contre 1 %. Le chĂŽmage y reste supĂ©rieur Ă  la moyenne nationale mĂȘme si dans la commune, ce chiffre a connu une baisse sensible pour atteindre 12 % fin 2003[104].

Transports et communications

Parking dans le centre ville d'Arles

Les ArlĂ©siens privilĂ©gient la voiture particuliĂšre (13 095), la marche Ă  pied (1 861) et les deux roues (981) ; dĂ©tail intĂ©ressant : un nombre important d'ArlĂ©siens (977) travaillent sur le lieu mĂȘme de leur rĂ©sidence[91].

Voies routiĂšres

Arles est reliée à Nßmes et à Marseille dans le sens ouest-est par l'autoroute A54 (E80) qui est entrecoupée entre Arles et Saint-Martin-de-Crau par la voie rapide N113. Au nord, la route nationale N570 permet d'accéder à Avignon et à l'autoroute A7.

Transports en commun

Depuis le 1er septembre 2011, le rĂ©seau Envia gĂ©rĂ© par Veolia Transport Arles (Veolia Transdev) remplace le rĂ©seau STAR (Keolis) qui fut crĂ©e en 1984, et les lignes interurbaines gĂ©rĂ©es par l'agglomĂ©ration. Le nouveau rĂ©seau se compose de 6 lignes pour Arles indicĂ©es de 1 Ă  3 pour les lignes «essentielles» et de 4 Ă  6 pour les lignes «locales», 3 lignes interurbaines «Agglo» vers Salins-de-Giraud, Saint-Martin-de-Crau et Tarascon (10, 20, 30), de trois navettes Ă  Arles, Tarascon et Saint-Martin-de-Crau appelĂ©es «Navia» (A, T, S) et d'un service de transport Ă  la demande, «Envia Ă  la demande».

Transports ferroviaires

Gare d'Arles
Article dĂ©taillĂ© : Gare d'Arles.

La gare d'Arles, située au nord de la ville dans le quartier du Trébon, a pour origine une intervention de l'écrivain-député Lamartine. Bùtie en 1848 lors de la création de la ligne Avignon - Marseille, elle a perdu la majorité de son trafic ferroviaire grandes lignes, depuis la création de la ligne à grande vitesse (LGV) Méditerranée.

Transports maritimes

Premier port en aval du RhĂŽne, le port fluvial d'Arles s'Ă©tend au nord de la ville sur 11 hectares et comprend 4 000 mÂČ d'entrepĂŽts clĂŽturĂ©s et gardĂ©s. Il dispose Ă©galement de 40 hectares pour l'accueil des entreprises du transport et de la logistique. Il peut accueillir des navires jusqu'Ă  3 000 tonnes, et assure plus de trente liaisons : pays de l'Est, Maghreb, Europe du Nord et du Sud, Proche-Orient. Sa conception, avec les voies ferrĂ©es Ă  bord de quai, permet la liaison eau-rail en acceptant le trafic ferroviaire du wagon isolĂ© au train complet[105].

Transports aériens

Arles ne possĂšde pas son propre aĂ©roport. Toutefois, compte tenu de sa situation gĂ©ographique particuliĂšrement favorable, la ville dispose de plusieurs accĂšs aux lignes aĂ©riennes. Elle n'est en effet situĂ©e qu'Ă  25 km de Garons (aĂ©roport de NĂźmes), 65 km de Marignane (aĂ©roport de Marseille), et 75 km de FrĂ©jorgues (aĂ©roport de Montpellier). De plus, l'accĂšs Ă  tous ces aĂ©roports est trĂšs pratique car ne nĂ©cessitant aucune traversĂ©e urbaine.

Administration

Maires d'Arles

Article connexe : Liste des maires d'Arles.

La charge de maire perpĂ©tuel dont Louis XIV Ă©tablit les offices dans toutes les villes du royaume est crĂ©Ă©e en 1693, puis supprimĂ©e en 1708, date Ă  laquelle rĂ©apparaissent les consuls. La fonction de maire est rĂ©tablie Ă  la RĂ©volution et depuis 1790, les maires sont Ă©lus. Parmi les curiositĂ©s de la vie politique locale, Pierre-Antoine d'Antonelle, le premier maire Ă©lu (1790-1791) de la citĂ©, prĂ©sente la particularitĂ© d'ĂȘtre Ă  la fois aristocrate et jacobin. Plus rĂ©cemment, la ville traditionnellement Ă  gauche Ă©lit en 1983 un maire de droite peu de temps aprĂšs le basculement Ă  gauche de la France. Et en 1995 un phĂ©nomĂšne similaire, cette fois-ci en sens inverse, se reproduit. Depuis 2001, la ville est reprĂ©sentĂ©e par un Ă©lu communiste et figure ainsi, en date de 2008, parmi les villes de plus de 50 000 habitants dirigĂ©es par le PCF. Le mandat du socialiste Charles Raymond Privat (1947-1971) qui a durĂ© 24 ans est le plus long de l'histoire d'Arles.

(Source : Travaux de Georges Baudet (2001) francegenweb.org[106])

Structures administratives

Arles est le chef-lieu de deux cantons, le canton d'Arles-Est et le canton d'Arles-Ouest, ainsi que le siĂšge d'un arrondissement des Bouches-du-RhĂŽne, l'arrondissement d'Arles, qui comprend 9 cantons et 36 communes[107] dont 4 de plus de 10 000 habitants pour une population totale de 180 948 habitants (recensement 1999).

Arles fait partie de la communautĂ© d'agglomĂ©ration Arles-Crau-Camargue-Montagnette depuis sa crĂ©ation en janvier 2004. Cette communautĂ© peuplĂ©e de 75 939 habitants (recensement 1999) regroupe outre Arles, 4 autres communes : Boulbon, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Pierre-de-MĂ©zoargues et Tarascon[108].

Budget communal

Source : Budget de 2004 sur le site de la mairie d'Arles[109]

Le budget communal de 2004 a Ă©tĂ© le premier calculĂ© en fonction de l'entrĂ©e en exercice de la communautĂ© d'agglomĂ©ration (Arles-Saint- Martin-de-Crau, Tarascon, Boulbon, Saint- Pierre-de-MĂ©zoargues)[110]. En 2004, le budget se prĂ©sentait ainsi :

Les recettes (taux de fiscalité locale)

Les dépenses

Budget de fonctionnement

  • 81 millions pour le fonctionnement des services municipaux dont 44 millions en dĂ©penses de personnels, avec comme principaux postes l’éducation-jeunesse-sports (15,3 millions) et la propretĂ©-espaces verts (11,3 millions).
  • 11 millions distribuĂ©s en subventions et participations diverses
  • 7 millions au titre des charges de santĂ© confiĂ©es par la municipalitĂ© au Centre communal d'action sociale.
  • 15 millions pour le service de la dette.

Budget Investissement

  • 18 millions au titre des opĂ©rations inscrites, dont 8 millions aux projets structurants (MĂ©diapĂŽle, rĂ©fection de l'amphithĂ©Ăątre et du thĂ©Ăątre antique, nouveau collĂšge Mistral
)
  • 1,4 million au plan sĂ©curitĂ© pluvial
  • 7,8 millions en projets de dĂ©veloppement et de proximitĂ©, dont Ă©coles et voirie.

Justice

En dĂ©cembre 2003, une crue du RhĂŽne a provoquĂ© une importante inondation dans la zone ou se trouve la maison centrale d'Arles. Les eaux sont montĂ©es jusqu'Ă  2 mĂštres, inondant le premier niveau des bĂątiments. Tous les dĂ©tenus ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s d'urgence. Les travaux de remises en Ă©tat et de rĂ©novations sont prĂ©vus pour 2009 pour une capacitĂ© de 160 dĂ©tenus.

Vie sociale

Éducation

En 2003-2004, 11 529 ArlĂ©siens Ă©taient scolarisĂ©s. Arles compte 31 Ă©tablissement scolaire maternelle et primaire, accueillant 5 000 enfants. La ville est dotĂ©e de quatre collĂšges publics (AmpĂšre, Mistral, Morel et Van Gogh) et d'un collĂšge privĂ© catholique (Saint-Charles), qui accueillent 2600 Ă©lĂšves. Sont Ă©galement prĂ©sents cinq lycĂ©es dont un gĂ©nĂ©ral (Montmajour), gĂ©nĂ©ral et technologique (Pasquet et Jeanne d’Arc) et deux lycĂ©es professionnels (Privat et Perdiguier), qui accueillent de 2 000 Ă©lĂšves dont la majoritĂ© dans le lycĂ©e Pasquet[111].

L’enseignement supĂ©rieur arlĂ©sien comprend de nombreux BTS, des formations universitaires (premier et second cycle en droit, conservation du patrimoine, activitĂ©s culturelles et traitement des images), et des Ă©coles spĂ©cialisĂ©es, dont la plus connue est l’École nationale supĂ©rieure de la photographie. En 2004, environ 1 000 Ă©tudiants suivent une formation supĂ©rieure dans la citĂ©[111].

Au niveau de la formation, les chiffres de 1999 reflĂštent une tendance observĂ©e depuis longtemps Ă  Arles et dans la rĂ©gion : 25 % des ArlĂ©siens sont sans diplĂŽme et seuls 13 % ont fait des Ă©tudes supĂ©rieures (contre respectivement 18 % et 16 % au niveau national)[91].

Santé

La ville d'Arles dispose d'un centre hospitalier et de deux cliniques. CommandĂ© par le ministĂšre de la santĂ© et conçu par les architectes Paul Nelson (1895-1979) avec A. Remondet, P. Devinoy et J.P. Sabatie, le centre hospitalier Joseph Imbert[112], nom d’un ancien maire de la ville d’Arles, est construit entre 1965 et 1974 sur une parcelle de vingt hectares Ă  environ deux kilomĂštres du centre historique dans le quartier de Fourchon. Il regroupe sur un mĂȘme site un hĂŽpital gĂ©nĂ©ral de 490 lits, un hĂŽpital psychiatrique, des services de consultations externes, et un pĂŽle important de « prĂ©vention Â» destinĂ© Ă  l’éducation de la santĂ© : mĂ©decine prĂ©ventive, information mĂ©dicale et planning familial. Depuis 1996, il est inscrit Ă  l'inventaire des monuments historiques (IIMH). La ville possĂšde Ă©galement la clinique Jeanne-d’Arc situĂ©e dans le quartier des Alyscamps au 7, rue Nicolas-Saboly et la clinique mĂ©dicale mutualiste Jean-Paoli (ƒuvre sociale de la mutuelle MCM) au 19, rue Pierre-Renaudel.

Sécurité

La ville dispose sur le boulevard des Lices d'un commissariat et d'une gendarmerie cĂŽte Ă  cĂŽte.

Sports

Football

La ville d'Arles compte un club de football nommé l'Athlétic Club Arles-Avignon évoluant pour la saison 2009-2010 en Ligue 2 et qui accédera pour la saison 2010-2011 en Ligue 1. Elle est la ville d'origine des footballeurs Djibril Cissé, Gaël Givet et de l'entraßneur Michel Estevan.

Rugby

Patrimoine et activités culturelles

Article dĂ©taillĂ© : Liste des monuments historiques d'Arles.

Arles est classée ville d'Art et d'Histoire.

Une douzaine de monuments sont inscrits sur la liste de 1840 dressĂ©e par Prosper MĂ©rimĂ©e. Une grande partie des monuments est protĂ©gĂ©e dĂšs la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle. Sur le territoire d’Arles il y a 44 monuments historiques classĂ©s et 48 monuments inscrits Ă  l’inventaire supplĂ©mentaire au 1er janvier 2006. La grande majoritĂ© de ces Ă©difices est situĂ©e dans le centre historique[113]. Les monuments romains et romans d'Arles sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1981, ainsi que 65 ha du centre ville[114].

Des campagnes de fouilles archĂ©ologiques sous-marines menĂ©es dans le RhĂŽne en 2007 ont conduit Ă  la dĂ©couverte de sculptures romaines majeures, notamment un buste de marbre rĂ©aliste de Jules CĂ©sar et un Neptune de 1,80 mĂštre du IIIe siĂšcle, tĂ©moignages inĂ©dits du riche passĂ© antique de la citĂ©[115].

Patrimoine public

Article dĂ©taillĂ© : Patrimoine public arlĂ©sien.

Le patrimoine public historique arlésien se compose essentiellement de monuments romains et médiévaux. Il est complété par quelques réalisations majeures de la Renaissance et de la période classique; il comprend également des édifices plus contemporains. La plupart sont classés ou inscrits comme monuments historiques et figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

Patrimoine religieux

Portail de l'Église Saint-Trophime (fin du 12e siùcle)
Église Notre-Dame-de-la-Major (12e siùcle)

Le patrimoine religieux arlĂ©sien comprend de nombreux Ă©difices et vestiges, de l'Ă©poque romaine jusqu'au XVIIIe siĂšcle, dont une grande partie sont classĂ©s aux monuments historiques (CMH) ou inscrits Ă  l'inventaire des monuments historiques (IIMH); quelques-uns figurent Ă©galement au patrimoine mondial de l'Unesco (PMU).

Principaux Ă©difices religieux arlĂ©siens :

Une liste plus complÚte des monuments religieux est accessible par la boßte déroulante ci-dessous.

Patrimoine privé

HĂŽtel Courtois de Langlade (18e siĂšcle).

Le patrimoine privé arlésien comprend essentiellement des hÎtels particuliers bùtis pour la plupart à la Renaissance ou à la période classique. Une grande partie de ces édifices est classée aux monuments historiques (CMH) ou inscrite à l'inventaire des monuments historiques (IIMH).

Principaux Ă©difices du patrimoine privĂ© arlĂ©sien :

  • HĂŽtel Laval Castellane, autrefois collĂšge des jĂ©suites, aujourd’hui musĂ©e Arlaten
  • HĂŽtel Courtois de Langlade, aujourd’hui siĂšge de la sous-prĂ©fecture d'Arles
  • HĂŽtel Quiqueran de Beaujeu, aujourd’hui École nationale supĂ©rieure de la photographie
  • Rotonde, initialement club de la noblesse arlĂ©sienne, transformĂ©e en temple protestant
  • HĂŽtel BarrĂȘme de Manville
  • Verrerie de Trinquetaille, un rare exemple d'architecture industrielle du XVIIIe siĂšcle.

Une liste plus complÚte des édifices composant le patrimoine privé arlésien est accessible par la liste déroulante ci-dessous.

Patrimoine culturel

Musée de l'Arles antique
Article dĂ©taillĂ© : Patrimoine culturel arlĂ©sien.

Le patrimoine culturel arlĂ©sien comprend plusieurs musĂ©es : le musĂ©e de l'Arles et de la Provence antiques qui contient de nombreux sarcophages, en particulier la deuxiĂšme collection de sarcophages palĂ©ochrĂ©tiens aprĂšs celle des musĂ©es du Vatican, le Museon Arlaten fondĂ© par FrĂ©dĂ©ric Mistral oĂč se trouvent des collections reprĂ©sentatives des arts, de l'ethnologie et de l'histoire du pays d'Arles, le musĂ©e RĂ©attu qui abrite pour l'essentiel une partie de l'Ɠuvre du peintre arlĂ©sien Jacques RĂ©attu, des dessins de Picasso et des Ɠuvres de photographes du monde entier et la Fondation Vincent van Gogh oĂč sont exposĂ©s des artistes contemporains rendant hommage Ă  van Gogh. À ces musĂ©es urbains, il convient de rajouter le musĂ©e de la Camargue, situĂ© Ă  un douzaine kilomĂštres de la ville, dont les collections retracent l'Ă©volution des activitĂ©s humaines du delta du RhĂŽne.

Autres patrimoines

Spécialités gastronomiques

Gardianne de taureau

Saucisson d'Arles, viande de taureau grillĂ©e, bƓuf gardianne, catigot d'anguilles, tomme d'Arles (fromage de brebis qui porte en fonction de son affinage les noms d'ArlĂ©sienne, Lou Gardian ou Lou Pastre), le fricot des barques, la broufade,

Élection des reines d'Arles

Nathalie Chay, 19e reine d'Arles
Article dĂ©taillĂ© : Liste des reines d'Arles.

Depuis 1930, la municipalité d'Arles organise l'élection d'une reine d'Arles. La reine d'Arles est la représentante officielle de la culture, de la langue et des traditions du pays d'Arles. Elle joue ainsi un rÎle dans la plupart des manifestations culturelles de la région. Elle assure aussi la réception d'hÎtes de prestige dans la ville d'Arles[116].

Activités culturelles et festives

Corrida Ă  Arles
Arlésiennes.

Un environnement favorable

Arles est un carrefour culturel ouvert aux cultures mĂ©diterranĂ©ennes dans tous les domaines de la crĂ©ation. La ville est le siĂšge de plusieurs maisons d’édition (Harmonia Mundi, Actes Sud, Picquier, Phonurgia Nova), de l’École nationale supĂ©rieure de la photographie (ENSP) et de l’UniversitĂ© d'Ă©tĂ© de la radio. Elle comprend deux thĂ©Ăątres, le thĂ©Ăątre municipal d’Arles et celui de la Calade, ainsi que deux cinĂ©mas, le FĂ©mina et le MĂ©jan[note 25].
Tout le long de l’annĂ©e, la ville est animĂ©e par les fĂȘtes traditionnelles (l’élection de la reine d’Arles, la feria de PĂąques et tous les autres Ă©vĂšnements taurins, le salon des santonniers), les rencontres photographiques et de nombreux festivals (festival de musique du monde des "Suds, Ă  Arles", festival de musique Actes Sud, festival du film Peplum, festival de photos de nu
). Arles dispose aussi d’un important marchĂ© qui se tient deux fois par semaine, le mercredi et samedi, le long des anciens remparts de la ville.

Agenda des principales manifestations

  • PĂąques : Feria pascale
  • 1er mai : FĂȘte des Gardians et tous les 3 ans Ă©lection de la Reine d’Arles
  • DĂ©but mai : Festival europĂ©en de la photo de nu
  • Mi-mai : Jazz in Arles
  • DĂ©but juillet : Les FĂȘtes d’Arles (pegoulado, fĂȘte du costume et cocarde d’or)
  • DĂ©but juillet : Les Rencontres d’Arles (Rencontres internationales de la photographie)
  • Mi-juillet : Les Suds Ă  Arles, (musiques du monde) et les escales du Cargo (concerts)
  • Fin juillet : UniversitĂ© d’étĂ© de la radio
  • Fin aoĂ»t : Arelate (journĂ©es romaines) et festival du film Peplum
  • Mi-septembre : Feria du riz, festival du cheval et Camargue gourmande
  • Fin septembre : FĂȘte des prĂ©mices du riz
  • Fin septembre : Salon des antiquitĂ©s et de la brocante
  • Fin octobre : Festival de la harpe
  • Fin novembre : Provence Prestige
  • Fin novembre-dĂ©but janvier : Salon international des santonniers
  • Fin dĂ©cembre : DrĂŽles de NoĂ«l

La ville est membre du l'Union des villes taurines françaises.

Jumelages

Personnalités arlésiennes

NĂ©es Ă  Arles

AntiquitĂ© et Moyen Âge

Renaissance et période classique

Époque contemporaine

Ayant vécu à Arles

  • Maximien, empereur romain entre 285 et 305 puis usurpateur en 310, se rĂ©fugie dans la citĂ© de 308 jusqu’en 310.
  • Jean-Marie du Lau, martyr (30 octobre 1738 - 2 septembre 1792), bĂ©atifiĂ© par le pape Pie XI le 17 octobre 1926.
  • Vincent Van Gogh, peintre (30 mars 1853 Ă  Groot-Zundert, Pays-Bas - 29 juillet 1890 Ă  Auvers-sur-Oise).
  • RenĂ© IchĂ©, sculpteur moderne (21 janvier 1897 - 23 dĂ©cembre 1954).
  • Yvan Audouard, journaliste et Ă©crivain
  • Guy Debord, Ă©crivain français,
  • Louis Thiers, homme d'affaire français, ancien administrateur du groupe Pernod-Ricard et crĂ©ateur de l'Union des Clubs Taurins Paul Ricard.

Bibliographie

  • Arles : histoire, territoires et culture, sous la direction gĂ©nĂ©rale de Jean-Maurice Rouquette. Imprimerie nationale, 2008.
  • Arles et sa rĂ©gion de Jean-Maurice Rouquette. GrĂŒnd, 1983
  • Arles antique de Marc Heijmans, Jean-Maurice Rouquette, Claude SintĂšs, 2006 - (ISBN 2-85822-895-7)
  • Arles durant l’antiquitĂ© tardive de Marc Heijmans, Paris, Collection de l’École française de Rome, 2004 - (ISBN 2-7283-0626-5)
  • Arles au Moyen Âge, de Louis Stouff, La Thune Marseille, 2000 - (ISBN 2-913847-03-X)
  • Crau, Alpilles, Camargue, histoire et archĂ©ologie du Groupe archĂ©ologique arlĂ©sien, 1997 - (ISBN 2-9508483-1-1)
  • MĂ©moires historiques et critiques sur l’ancienne RĂ©publique d’Arles d’Anibert, 1779-1781.
  • La RĂ©volution arlĂ©sienne, Ville d’Arles, 1989.
  • Espace et urbanisme d’Arles, des origines Ă  nos jours du Groupe ArchĂ©ologique ArlĂ©sien, 2000 - (ISBN 2-9508483-2-X)
  • Beauduc : l’utopie des gratte-plage : ethnographie d’une communautĂ© de cabaniers sur le littoral camarguais, de Laurence Nicolas, Marseille, Images en manƓuvres, 2008, (ISBN 978-2-84995-120-0)
  • Charles-Laurent Salch et Anne-Marie Durupt, Nouvel Atlas ChĂąteaux et fortifications des Bouches-du-RhĂŽne (13), Strasbourg, ChĂąteaux-forts d'Europe, 2008, 156 p. (ISBN 1253-6008).
    N°46/47/48, 2008 Arles, p. 12 à 19
     
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des chĂąteaux et fortifications de la France au Moyen Âge, Strasbourg, Ă©ditions Publitotal, 1978, reprint 1991 (ISBN 2-86535-070-3).
    Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. Pages 58 à 60 Arles
     
  • Arles, dĂ©cor et sculpture prĂ©face de Patrick de Carolis, photographies HervĂ© HĂŽte, Ă©ditions HonorĂ© Clair 2009.
Divers
  • Rencontres photographiques d’Arles : Depuis 1968, ce festival de photographie, crĂ©Ă© par le photographe Lucien Clergue et l’écrivain Michel Tournier, se tient chaque annĂ©e Ă  Arles au mois de juillet.
  • L’École nationale supĂ©rieure de la photographie est situĂ©e dans cette citĂ©.
  • La maison d’édition Actes Sud, une des grandes maisons d’édition française (elle a publiĂ© le prix Goncourt en 2004), est Ă©galement situĂ©e Ă  Arles, au lieu de Paris comme la plupart de ses consƓurs.
  • L’ArlĂ©sienne est le titre d’un conte du voisin nĂźmois Alphonse Daudet, devenu ensuite un drame en trois actes mis en musique par Georges Bizet.
  • On dit et entend parfois « en Arles Â» : Son influence s’étend en Arles et en Provence. Cet usage, commun Ă  Arles et Ă  Avignon, remonte sans doute au temps oĂč Arles n’était pas seulement une ville mais un royaume. Il s’explique aussi par la frĂ©quence de l’expression le pays d’Arles, souvent employĂ©e dans la rĂ©gion Ă  cause de l’étendue de la commune. Lorsqu’on ne parle que de la ville d’Arles elle-mĂȘme, la forme qui tend actuellement Ă  s'imposer est « Ă  Arles Â» mais cela n'empĂȘche nullement « en Arles Â» d'ĂȘtre un archaĂŻsme et un particularisme rĂ©gional non condamnĂ©s par l'AcadĂ©mie française elle-mĂȘme ; elle s'en exprime d'ailleurs sur son propre serveur :
On ne saurait condamner les tournures en Arles, en Avignon, bien attestĂ©es chez les meilleurs auteurs, et qui s’expliquent Ă  la fois comme archaĂŻsme (l’usage de en au lieu de Ă  devant les noms de villes, surtout commençant par une voyelle, Ă©tait beaucoup plus rĂ©pandu Ă  l’époque classique) et comme rĂ©gionalisme provençal. Il semble cependant que cet emploi de en soit en rĂ©gression. Rien ne justifie qu’on l’applique Ă  d’autres villes : on ne dira pas en Arras, en Amiens, etc. [117].
  • Conservation rĂ©gionale des monuments historiques (CRMH) et Directions rĂ©gionales des antiquitĂ©s historiques (DRAH), Suivez le guide - Monuments Historiques Provence Alpes CĂŽte d’Azur, Marseille, Direction rĂ©gionale des affaires culturelles et Conseil rĂ©gional de Provence – Alpes - CĂŽte d’Azur (Office RĂ©gional de la Culture), 1er trimestre 1986, 198 p.
    Guide prĂ©sentant l'histoire des monuments historiques ouverts au public en Provence – Alpes – CĂŽte - d'Azur (traduit en allemand et anglais). Arles : ThĂ©Ăątre, Thermes de Constantin, AmphithĂ©Ăątre, Cryptoportiques, MusĂ©e Lapidaire, Les Alyscamps, Eglise Saint-Trophime, Eglise Saint-Honorat, MusĂ©e Arlaten, HĂŽtel de ville, Ancien ArchevĂȘchĂ©, Abbaye de Montmajour, pp. 94 Ă  98
     

Voir aussi

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Liens externes

Notes et références

Notes
  1. ↑ En hĂ©raldique un lĂ©opard, car il a la tĂȘte de face.
  2. ↑ Essentiellement en 1385, lors du ralliement de la ville d’Arles au roi Louis II d’Anjou, aprĂšs les premiĂšres concessions octroyĂ©es par la reine Jeanne
  3. ↑ Il relie la Durance au Rhîne en aval d’Arles
  4. ↑ Cf. La Tour de l’Horloge couronnĂ©e de la fameuse statue de l'Homme de Bronze coulĂ©e en 1555, la porte de la Cavalerie en 1558

  5. ↑ Cf. Principalement entre 1561-1562 oĂč Arles est menacĂ©e Ă  ses portes (Saint-Gilles, Beaucaire, Les Baux) et entre 1588 -1594, annĂ©es au cours desquelles la ville suit le parti de la Ligue et la sociĂ©tĂ© arlĂ©sienne s’entre dĂ©chire dans une vĂ©ritable guerre civile.
  6. ↑ Le 27 fĂ©vrier 1594
  7. ↑ Cf. En particulier celle de 1579-1580)
  8. ↑ Une convention est ainsi passĂ©e le 16 juillet 1642, entre les consuls, une association et Jean Van Ens, ingĂ©nieur hollandais, pour le dessĂšchement des terres marĂ©cageuses. Toutefois diverses difficultĂ©s (conception insuffisante, conflits locaux, recrudescence des crues du RhĂŽne) ruinent le succĂšs initial de l’entreprise.
  9. ↑ La vie artistique et intellectuelle s’inspire de la Cour Ă  la suite du passage du roi Louis XIII en octobre 1622, puis plus tard en 1660 de celui du roi Soleil. C’est de cette Ă©poque que date, en 1666 la crĂ©ation de la premiĂšre acadĂ©mie royale de province Ă  l’imitation de l’AcadĂ©mie française.
  10. ↑ En 1706, puis en 1707 la ville entreprend la rĂ©fection des remparts (porte du MarchĂ©-neuf et façade du RhĂŽne) sous la direction de M. de Saxy gouverneur du Mont-Royal, contre une invasion possible des troupes du duc de Savoie.
  11. ↑ Cf. la Grande Boucherie (1724), la Grande Poissonnerie (1728) ou la maison consulaire (1731) sur la place du Forum
  12. ↑ Les fermiers gĂ©nĂ©raux des tabacs crĂ©ent une de leurs manufactures dans le quartier de la Roquette qui prospĂšre jusqu’à la RĂ©volution
  13. ↑ En 1781, le maĂźtre verrier J.F. Grignard de la Haye (1745-1793) s’installe Ă  Arles et s’associe avec Pierre Boulouvard, nĂ©gociant arlĂ©sien pour dĂ©velopper la verrerie de Trinquetaille spĂ©cialisĂ©e dans la production de verre noir.
  14. ↑ Agrandissement de la place en face de l’église Saint-Trophime, l’actuelle place de la RĂ©publique).
  15. ↑ ArĂšnes, thĂ©Ăątre antique
  16. ↑ Postes, Ă©coles, thĂ©Ăątre

  17. ↑ En particulier la rue Gambetta
  18. ↑ Notamment les quartiers de la Cavalerie, TrĂ©bon, Trinquetaille.
  19. ↑ En particulier l’hîpital Joseph-Imbert, le nouveau pont, la voie autoroutiùre

  20. ↑ Arles et rĂ©sidence impĂ©riale.
  21. ↑ Voire 80 000 habitants Arles, prĂ©fecture des Gaules.
  22. ↑ Entre 8 000 et 10 000 habitants.
  23. ↑ 10 000 à 12 000 habitants.
  24. ↑ DĂ» Ă  l'impact de la peste de 1720.
  25. ↑ Comme dans de nombreuses villes, le nombre de salles de cinĂ©ma s’est rĂ©duit Ă  Arles: on en a comptĂ© quatre Ă  la fin des annĂ©es 1970 (le FĂ©mina, l'OdĂ©on, le Capitole et le Studio)
Références
  1. ↑ Populations lĂ©gales 2008 de la commune : Arles sur le site de l'Insee
  2. ↑ Lieu situĂ© prĂšs (are) de l’étang (late) ; le radical *lat- est gĂ©nĂ©ralement rapprochĂ© du substantif fĂ©minin latis, sans doute celtique, qui dĂ©signe « un marais, un marĂ©cage Â». On trouve Ă©galement cette racine late dans d’autres toponymes attribuĂ©s Ă  des bourgs situĂ©s dans des zones de marais, notamment en Provence ou en Languedoc-Roussillon : Pierrelatte, Lattes

    . Sources : EncyclopĂ©die universalis, consultĂ©e le 4/05/2008; patrimoine.ville-arles, consultĂ© le 4/05/2008
  3. ↑ a et b rĂ©fĂ©rence,Dominique Garcia, La Celtique mĂ©diterranĂ©enne. Habitats et sociĂ©tĂ©s en Languedoc et en Provence. VIIIe-IIe siĂšcles av. J.-C., Ă©ditions Errance, Paris, 2004, (ISBN 2-87772-286-4)
  4. ↑ Plus grande superficie de France
  5. ↑ PalmarĂšs 2008 du 49e concours des villes et villages fleuris. ConsultĂ© le 23 septembre 2009.
  6. ↑ Entre steppe et oasis : Saint-Martin-de-Crau p. 16
  7. ↑ Par lettre en date du 15 fĂ©vrier 2007, le Ministre dĂ©lĂ©guĂ© aux CollectivitĂ©s territoriales Brice Hortefeux a autorisĂ© l'Ă©mancipation administrative de Salin-de-Giraud qui prendra ainsi son indĂ©pendance par rapport Ă  la ville d'Arles. DĂšs 2008, Salin-de-Giraud deviendra la 120e commune des Bouches-du-RhĂŽne, et se classera au 7e rang national des communes les plus Ă©tendues territorialement. Les habitants de Salin-de-Giraud avaient formulĂ© 6 demandes d'autonomie, en 1904, 1945, 1947, 1971, 1982 puis 2001
  8. ↑ La tour la plus rĂ©cente, dite la tour Saint-Louis, est visible dans la commune voisine de Port-Saint-Louis-du-RhĂŽne; elle date du dĂ©but du XVIIIe siĂšcle.
  9. ↑ Territoire RhĂŽne - Safege - Etude globale des crues du RhĂŽne - volet « hydrologie Â» - 2001
  10. ↑ (fr) Dalila Kerchouche, Inondations: triste bilan. ConsultĂ© le 20 juin 2009.
  11. ↑ (fr) Rive gauche-Rive droite. ConsultĂ© le 20 juin 2009.
  12. ↑ (fr) Arles et le Rhîne.
  13. ↑ Source : Jean-Maurice Rouquette (sous la direction de) - ARLES, histoire, territoires et cultures, pages 33-35, d’oĂč sont issues toutes ces informations.
  14. ↑ Source : Louis Stouff - Arles Ă  la fin du Moyen Âge, page 42
  15. ↑ Source : Sur le site mĂ©tĂ©o-paris
  16. ↑ Un autre fait en faveur de cette interprĂ©tation : la cĂ©lĂ©bration de la Saint-Marc Ă  Arles dĂšs le dĂ©but du XIIIe siĂšcle.
  17. ↑ Source : site gaso, la banque du blason.
  18. ↑ Source : Caesar de Nostradamus - Histoire et chronique de Provence, Lyon, 1614, in-folio, page 189.
  19. ↑ Source : Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et NoĂ«l Coulet - La Provence au Moyen Âge, pages 100,101 - ISBN 2-85399-617-4
  20. ↑ Avienus, Ora Maritima, v. 689-691 (ou 681-683) :
    Arelatus illic civitas attollitur,
    Theline vocata sub priore saeculo
    Graio incolente.
    (LĂ  s’élĂšve la citĂ© d’Arles, nommĂ©e ThĂ©linĂ© aux siĂšcles prĂ©cĂ©dents, lorsque le Grec l’habitait)
    La plupart des historiens interprĂštent ThĂ©linĂ© comme La NourriciĂšre; toutefois d’aprĂšs C.MĂŒller, on a Ă©galement considĂ©rĂ© que le nom de ThĂ©linĂ© transmis par Avienus serait grec et qu’il recouvrirait l’appellation locale du lieu ; il s’agirait plus prĂ©cisĂ©ment d’une version corrompue Telme, lieu marĂ©cageux.
  21. ↑ Source : P.A FĂ©vrier (sous la direction de) - La Provence des origines Ă  l’an mil, page 446.
  22. ↑ Source : Henri Pirenne - Mahomet et Charlemagne, pages 123-128 consultable ici mais largement dĂ©passĂ©e
  23. ↑ RĂ©volte du patrice Antenor de Provence contre PĂ©pin de Herstal, puis contre Charles Martel
    Source : P.A FĂ©vrier (sous la direction de) - La Provence des origines Ă  l’an mil, page 462.
  24. ↑ Source : Parc naturel du Luberon - Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, page 5.
  25. ↑ Source : Édouard Baratier (sous la direction de) - Histoire de la Provence, page 132 :
    Guillaume le LibĂ©rateur et Roubaud avaient exercĂ© l’autoritĂ© en commun et, pour leurs successeurs, la Provence forme un tout indivis.
    À la mort de Guillaume Ier, son fils et son frĂšre, les comtes Guillaume II et Roubaud de Provence se partagent indivis le comtĂ© de Provence.
  26. ↑ Source : Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et NoĂ«l Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 22 :
    En 1008, Ă  la mort de Roubaud, leur pouvoir n’est plus incarnĂ© que par AdĂ©laĂŻde d'Anjou, dont le fils Guilhem III (992-1019) est encore trop jeune pour exercer avec autoritĂ© la fonction comtale.
  27. ↑ Les deux branches de la famille comtale sont alors reprĂ©sentĂ©es par des filles ou des garçons en bas Ăąge ; et les conseils de rĂ©gence sont rapidement dĂ©passĂ©s par les Ă©vĂšnements. Le pouvoir comtal vacille notamment, entre 1018 et 1035, devant les rĂ©voltes des seigneurs de Fos.
    Source : Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et NoĂ«l Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 22.
  28. ↑ Notamment celles des Baux et des Vicomtes de Marseille.
  29. ↑ Les diffĂ©rentes factions de la noblesse tentent d’imposer leur loi en recourant au recrutement de guerriers professionnels (cf. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et NoĂ«l Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 27). Ainsi Ă  Arles, les couches aisĂ©es de la population se militarisent (miles) Ă  l’instar des Porcelet (cf. Martin Aurell - Actes de la famille des Porcelet d’Arles 972/1320, page XLVII) et le bĂąti de la ville se transforme avec la construction de nombreux bastions privĂ©s
  30. ↑ Des liens sont alors Ă©tablis directement entre l’Empire et la citĂ©, en dehors des relations avec le comte.
  31. ↑ En 1037 et 1041, les conciles tenus Ă  Arles prĂ©sidĂ©s par Raimbaud de Reillanne, archevĂȘque d’Arles, prĂ©cisent les rĂšgles de la Paix de Dieu
  32. ↑ L’historien arlĂ©sien Anibert voit dans cette crise le ferment des idĂ©es d’émancipation de la citĂ© qui se concrĂ©tiseront cinquante ans plus tard par le consulat.
    Source : Anibert - MĂ©moires historiques et critiques sur l’ancienne RĂ©publique d’Arles, page 62.
  33. ↑ il se place sous la suzerainetĂ© papale reniant ainsi ses liens de vassalitĂ© avec l’Empereur
  34. ↑ Il appartient à la puissante famille provençale des vicomtes de Marseille
  35. ↑ Ce n’est qu’aprĂšs 1096 que l’Église profitant de l’absence des dynasties locales parties en croisade, pourra mettre de l’ordre dans sa hiĂ©rarchie.
  36. ↑ Une charte de l’annĂ©e 1015 (cartulaire de Saint-Victor) signale la prĂ©sence de maisons Ă  l’extĂ©rieur des murs de la ville, non loin de la porte Saint-Étienne
  37. ↑ AprĂšs les tensions et les conflits des annĂ©es 1015-1040.
  38. ↑ Essentiellement sous la forme d’assĂšchements de marais, notamment autour de l’abbaye de Montmajour, comme par exemple ceux sur lesquels les moines et la ville d’Arles s’opposent avant de conclure un compromis en 1067 et en Crau oĂč en 1073, selon un document, les moines de Saint-Victor peuvent assĂ©cher les marais de VaquiĂšres.
    Source : Louis Stouff - Arles au Moyen Age, pages 49,50.
  39. ↑ Ils remplacent les marchands juifs (Radhanites) des siĂšcles prĂ©cĂ©dents Ă  l’époque oĂč GĂȘnes et Pise deviennent des puissances en MĂ©diterranĂ©e. Un acte authentique prĂ©cise :
    les Pisans, les GĂ©nois et les autres Lombards qui viennent Ă  Arles
  40. ↑ Principalement l’archevĂȘque ainsi que les Baux et les Porcelet
  41. ↑ Le 3 fĂ©vrier 1112 Ă  Saint-Victor de Marseille, le comte de Barcelone Raimond BĂ©renger Ă©pouse Douce la fille aĂźnĂ©e de Gerberge de Provence, comtesse de Provence : c’est le dĂ©but officiel de la deuxiĂšme dynastie des comtes de Provence. Par ce mariage, Ă  l’initiative supposĂ©e de l’Eglise, le comtĂ© de Provence passe grĂące Ă  une sĂ©rie de donations, de la comtesse Gerberge de Provence Ă  Raimond Berenger. L’Église profite de l’absence de la maison de Toulouse dont le comte est alors en croisade (le comte Bertrand meurt en Palestine en 1112) pour sĂ©curiser l’hĂ©ritage de la Provence dans des mains plus dociles en unissant l’hĂ©ritiĂšre de cette province aux comtes de Barcelone.
    Source : Édouard Baratier (sous la direction de) - Histoire de la Provence, page 135.
  42. ↑ Les ArlĂ©siens, soutenus par leur archevĂȘque d’Arles, Bernard GuĂ©rin (1129-1138), s’inspirent des villes italiennes Pise et GĂȘnes dont les marchands frĂ©quentent leur port, des mouvements en Languedoc et de leur voisine Avignon qui a instaurĂ© un consulat deux ans plus tĂŽt. D’aprĂšs Anibert, historien arlĂ©sien du XVIIIe siĂšcle, le consulat aurait Ă©tĂ© crĂ©Ă© en rĂ©ponse Ă  la montĂ©e des menaces de conflit entre la Maison des Baux et celle des comtes de Provence. Un historien moderne, Jean Pierre Poly prĂ©cise : « c’est la force et la puissance des chevaliers citadins qui donnent naissance aux premiĂšres communes provençales, avant le milieu du XIIe siĂšcle Â».
  43. ↑ Il est suzerain de la Provence
  44. ↑ Source : Édouard Baratier (Sous la direction de) - Histoire de la Provence, page 160
  45. ↑ Arles entre alors en conflit avec la ville de Marseille, qui elle aussi essaye d’agrandir son territoire.
  46. ↑ Les citĂ©s-Ă©tats profitent d’une vacance du nouveau comte de Provence Charles d’Anjou, parti en croisade (1247-1250)
  47. ↑ L’archevĂȘque d’Arles Jean Baussan, menacĂ©, doit s’exiler Ă  Salon.
  48. ↑ Le 30 avril 1251
  49. ↑ Le frĂšre du roi Louis IX. Il avait mis la main sur le comtĂ© de Provence par son mariage avec BĂ©atrice de Provence, comtesse de Provence et de Forcalquier en 1246.
  50. ↑ Principalement vis-Ă -vis des grandes communautĂ©s, telles Arles ou Marseille, de la noblesse et du clergĂ©
  51. ↑ Dont le principal est le viguier
  52. ↑ Elle conserve toutefois quelques privilĂšges qu’elle va dĂ©sormais dĂ©fendre Ăąprement.
  53. ↑ Par exemple, les trinitaires en 1200, les dominicains en 1231. La prĂ©sence de ces ordres doit s’examiner en perspective des troubles politico-religieux agitant la Provence et le comtĂ© de Toulouse. Le pape GrĂ©goire IX, se mĂ©fiant du manque d’efficacitĂ© pastorale des Ă©vĂȘques, confie ainsi l’Inquisition dĂšs sa crĂ©ation par la bulle Excommunicamus (1223) aux dominicains, deux ans aprĂšs la mort du fondateur de l’Ordre.
  54. ↑ Au dĂ©but du XIVe siĂšcle, la ville d’Arles accueille les juifs chassĂ©s du Languedoc. Le rabbin et philosophe juif averroĂŻste Joseph ibn Caspi (Yossef ibn Kaspi ou Yossef Kaspi) ben Abba Mari, (1279, L’ArgentiĂšre - 1340) Ă©galement connu sous son nom provençal de Sen Bonfos ou Don Bonafoux de l’ArgentiĂšre, s’installe ainsi en Provence d’abord Ă  Tarascon en 1306 puis Ă  Arles en 1317. D’aprĂšs Louis Stouff, la ville aurait alors compris environ 250 feux de confession juive, chiffre qui ne sera jamais plus Ă©galĂ© et qui restera le plus important dans l’histoire d’Arles
  55. ↑ Sac de la juiverie d’Arles le 7 juin 1484.
    Source : Louis Stouff - Arles au Moyen Age, page 221; les sources primaires indiquĂ©es sont les Archives dĂ©partementales des Bouches-du-RhĂŽne, 405E 312, f°21.
  56. ↑ Le 23 septembre 1493, un Ă©dit de Charles VIII ordonne l’expulsion des juifs d’Arles.
  57. ↑ Arles devient initialement une succursale de la papautĂ© qui s’installe en 1309 Ă  Avignon puis en 1475, la citĂ© voit se rĂ©duire son diocĂšse au profit d’Avignon
  58. ↑ À partir du dĂ©but de 1348 (peste noire) et ensuite de façon Ă©pisodique jusqu’à la fin du XVe siĂšcle. Depuis Marseille (novembre 1347), la peste noire gagne rapidement Arles (janvier 1348) puis Avignon (mars 1348), alors citĂ© papale et carrefour du monde chrĂ©tien, ce qui lui donne une formidable plateforme de diffusion. L’épidĂ©mie tue environ 40 % des ArlĂ©siens
  59. ↑ Ces guerres commencent en 1355 et se terminent en 1399 :
    • 1355 : le sĂ©nĂ©chal de Provence, Fouques d'Agout, fait le siĂšge du chĂąteau des Baux oĂč s’est rĂ©fugiĂ© Robert de Duras qui meurt en 1356 Ă  la bataille de Poitiers.
    • 1357-1358 : prĂ©sence des bandes de Routiers, conduites par Arnaud de Cervole dit l'ArchiprĂȘtre et appelĂ©es par les comtes des Baux. Ils franchissent le RhĂŽne le 13 juillet 1357 et ne repartent de Provence qu’en octobre 1358.
    • 1357-1358 : le 1er octobre, pour lutter contre les Routiers, le sĂ©nĂ©chal fait appel au comte d’Armagnac qui amĂšne entre Arles et Tarascon mille sergents. Leur intervention sera aussi terrible que celle des Routiers.
    • 1361 : les troupes d’Henri de Trastamare venant d’Espagne arrivent jusque sous les murs d’Arles.
    • 1368 : du 11 avril au 1er mai, la ville est assiĂ©gĂ©e sans succĂšs par des troupes conduites par Duguesclin, reprĂ©sentant les intĂ©rĂȘts et les ambitions de Louis d’Anjou en Provence.
    • 1382-1387 : guerre de l'Union d'Aix
    • 1384 : au printemps, le chef tuschin, Étienne Augier plus connu sous le nom de Ferragut, s’installe dans les Alpilles et fait rĂ©gner la terreur jusqu’au RhĂŽne.
    • 1384 : prise de la ville par les Tuschins avec des complicitĂ©s internes. Le viguier de la ville est tuĂ©. AprĂšs quelques heures de troubles, les habitants se rĂ©voltent contre les Tuschins et les chassent de la citĂ©. Le lendemain, une rĂ©pression sĂ©vĂšre est menĂ©e contre leurs partisans.
    • 1389 : Raimond Roger de Beaufort, dit Raymond de Turenne, fait rĂ©gner la terreur dans la Provence occidentale ; Arles est rançonnĂ©e deux fois, en 1392 et 1396. Finalement les arlĂ©siens se mobilisent et avec l’aide de Louis II et son frĂšre Charles de Tarente de retour de Naples en aoĂ»t 1399, pacifient dĂ©finitivement le comtĂ© entre 1398 et 1399.
  60. ↑ Le danger vient alors des Catalans.
  61. ↑ Jean-Pierre Papon, Jules FrĂ©dĂ©ric Paul Fauris de Saint-Vincens - Histoire gĂ©nĂ©rale de Provence, page 255 ici
  62. ↑ Source : Louis Stouff, Arles au Moyen Âge, page 110 :
    910 chefs de feux chrétiens payant le capage soit environ 5 000 habitants.
  63. ↑ Source : Louis Stouff : Arles au Moyen Âge, page 216
    Cette triple sĂ©paration (note : entre les chrĂ©tiens et les juifs de la ville d’Arles) politique, religieuse, gĂ©ographique est renforcĂ©e par une sĂ©rie d’interdits frĂ©quemment proclamĂ©s par les autoritĂ©s religieuses.
  64. ↑ Arles est demandeur en main-d’Ɠuvre pour les travaux agricoles et souhaite faire venir des artisans. La citĂ© accueille d’abord des populations de la Provence occidentale, puis du sillon rhodanien jusqu’à GenĂšve et enfin du Cantal et de la LozĂšre.
  65. ↑ Tels les Florentins Matteo Benini, Johan de Donino et au milieu du XVe siĂšcle, le gĂ©nois Jacques Grille.
    Source : Louis Stouff - Arles au Moyen Âge, pages 152,153.
  66. ↑ Cf. Capucins, Carmes
  67. ↑ Il est conçu par l’architecte arlĂ©sien Jacques Peytret aidĂ© de Jules Hardouin-Mansart
    Source : Site du patrimoine, consultĂ© le 12/05/2008
  68. ↑ Cette construction est complĂ©tĂ©e par l’érection face au nouveau monument de l’obĂ©lisque qui ornait autrefois le cirque romain.
    Source : Site du patrimoine, consultĂ© le 12/05/2008.
  69. ↑ La grande peste venue de Marseille provoque un dĂ©sastre dĂ©mographique : elle emporte environ 10.000 habitants sur 23.000.
    Source : Charles-Roux - Arles, page 130.
  70. ↑ La citĂ© subit 9 Ă©pidĂ©mies successives correspondant aux 2e,3e,4e et 5e pandĂ©mies de cette maladie
  71. ↑ Arles possĂšde 104 bateaux en 1804, ce chiffre passant Ă  152 en 1847. En 1837, le port de la citĂ© est au 13e rang national devant des villes maritimes comme Brest, Saint-Malo ou Cherbourg
  72. ↑ On voit s’élever les Haras, le canal d’Arles Ă  Bouc est creusĂ©, la promenade des Lices amĂ©nagĂ©e, les ArĂšnes et le ThĂ©Ăątre antique ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©s. Les crues des annĂ©es 1840 et surtout celle de 1856, entraĂźnent la construction de quais qui protĂšgent la ville du fleuve. L’urbanisme du Second Empire se traduit dans la citĂ© par le percement de nouvelles artĂšres (rue Gambetta
), l’amĂ©nagement de deux ponts sur le RhĂŽne, un pour le train en 1850 et l’autre en 1875, pour relier la ville Ă  Trinquetaille en remplacement du pont de bateaux, et la construction de nouveaux bĂątiments Ă  usage collectif : poste, Ă©coles, thĂ©Ăątre, magasins
  73. ↑ En particulier pour le transport du sel, de produits agricoles, de matĂ©riaux de construction et de voyageurs. Il y a deux lignes : la premiĂšre ligne assure la liaison avec Salin-de-Giraud et la seconde avec les Saintes-Maries-de-la-Mer
  74. ↑ Victime de cinq bombardements aĂ©riens en l’étĂ© 1944, la ville perd sa gare, ses deux ponts et 28 % de son habitat. DĂ©truites Ă©galement deux Ă©glises (Saint-Julien et Saint-Pierre-de-Trinquetaille), alors que l’amphithĂ©Ăątre, les remparts et Notre-Dame-de-la-Major sont gravement endommagĂ©s
  75. ↑ Source : Dominique Garcia - La Celtique mĂ©diterranĂ©enne. Habitats et sociĂ©tĂ©s en Languedoc et en Provence. VIIIe-IIe siĂšcles av. J.-C., Ă©ditions Errance, Paris, 2004, (ISBN 2-87772-286-4)
  76. ↑ Jardins, cours des Lices
  77. ↑ 2 194 feux (cf. Louis Stouff, Arles au Moyen Âge, page 110), soit environ 13 000 habitants
  78. ↑ 910 chefs de feux chrĂ©tiens payant le capage (cf. Louis Stouff, Arles au Moyen Âge, page 110), soit environ 5 000 habitants (impact de la peste noire de 1348).
  79. ↑ Correspondant au plus bas de la dĂ©mographie arlĂ©sienne, Ă  la suite des pestes de 1439 et 1442-1443.
  80. ↑ 1 087 chefs de feux chrĂ©tiens payant le capage (cf. Louis Stouff, Arles Ă  la fin du Moyen Âge, page 124), soit environ 5 500 habitants
  81. ↑ Histoire de la Provence, sous la direction d’Édouard Baratier, page 276
  82. ↑ Ibidem, page 276
  83. ↑ Ibidem, page 355
  84. ↑ Ibidem, page 316
  85. ↑ http://cassini.ehess.fr/ Population avant le recensement de 1962
  86. ↑ INSEE : Population depuis le recensement de 1962
  87. ↑ Sources relatives Ă  la dĂ©mographie arlĂ©sienne :
    • Moyen Âge : Louis Stouff - Arles au Moyen Âge
    • Ancien RĂ©gime : Édouard Baratier (sous la conduite de) - Histoire de la Provence
    • Depuis 1790 : Site Cassini
  88. ↑ Notice communale de la ville d’Arles, Index Cassini, de 1946 à 1999
  89. ↑ Arles - EnquĂȘtes annuelles de recensement de 2004 Ă  2006 par l’INSEE
  90. ↑ Arles sur le site de l'Insee
  91. ↑ a, b, c et d Sources : documents INSEE de 1999
  92. ↑ Respectivement 51,8 % de femmes contre 51,4 % et 8,8 % de plus de 75 ans / 14,6 % entre 60 et 74 ans contre 7,7 % de plus de 75 ans / 13,6 % entre 60 et 74 ans
  93. ↑ Chiffres 2004
  94. ↑ Source : entreprisedefrance.cci.fr
  95. ↑ (fr) Terroir Paca - Bouches-du-RhĂŽne. ConsultĂ© le 20 juin 2009.
  96. ↑ a, b et c Source : CommunautĂ© d’agglomĂ©ration Arles-Crau-Camargue-Montagnette, consultĂ© le 24 juillet 2008
  97. ↑ Huile d'olive de la vallĂ©e des Baux-de-Provence AOC
  98. ↑ Olives cassĂ©es de la vallĂ©e des Baux-de-Provence AOC
  99. ↑ Olives noires de la vallĂ©e des Baux-de-Provence AOC
  100. ↑ Le groupe Solvay est spĂ©cialisĂ© dans la production de carbonate de chaux et de principes actifs pharmaceutiques. Le groupe Salins extrait chaque annĂ©e presque un million de tonnes de sel destinĂ©s Ă  l'alimentation humaine, animale ou Ă  l'industrie chimique.
  101. ↑ La pĂ©rennitĂ© de cette industrie se pose compte tenu que les sociĂ©tĂ©s exploitant les salins, propriĂ©taires de milliers d'hectares, pourraient ĂȘtre tentĂ©es par une spĂ©culation immobiliĂšre
  102. ↑ Le remplacement du bac de Barcarin par un pont pourrait bientît changer cette situation
  103. ↑ La prĂ©fecture maritime a fait dĂ©truire une partie de ces constructions en 2005
  104. ↑ Les donnĂ©es INSEE de 2005 indiquent toutefois une remontĂ©e du chĂŽmage Ă  plus de 14 %
  105. ↑ Source : arles.cci.fr
  106. ↑ Source : francegenweb, consultĂ© le 1/05/2008
  107. ↑ Source : CCI Arles
  108. ↑ Source : site officiel
  109. ↑ Source : Le budget 2004 avec la communautĂ© d'agglomĂ©ration sur le site de la mairie d'Arles.
  110. ↑ Ainsi la taxe professionnelle d'Arles est perçue par la communautĂ© d'agglomĂ©ration (35,8 millions d'euros) qui en reverse la plus grande partie Ă  la commune (21,3 millions d'euros).
  111. ↑ a et b (fr) Arles, ville Ă©tudiante sur ville-arles.fr. ConsultĂ© le 20 juin 2009.
  112. ↑ Il remplace l'ancien hĂŽpital situĂ© dans le centre ville qui abrite dĂ©sormais la mĂ©diathĂšque de la ville.
    Pour des informations complĂ©mentaires sur le nouvel hĂŽpital, on peut consulter la fiche gouvernementale : Centre hospitalier Joseph Imbert.
  113. ↑ Source : patrimoine.ville-arles, consultĂ© le 1/05/2008
  114. ↑ Monuments romains et romans d'Arles sur whc.unesco.org, UNESCO. ConsultĂ© le 14 mars 2011.
  115. ↑ Le Monde, Ă©dition du 17 juin 2008, « Arles entend bien garder ses trĂ©sors pĂȘchĂ©s dans le RhĂŽne Â»
  116. ↑ « RĂŽle Â», site officiel des reines d'Arles.
  117. ↑ AcadĂ©mie française, question de langue
Livres

Livres ayant servi Ă  la rĂ©daction de l’article.

  1. ↑ p.94.
  2. ↑ p.124. - Entre 1462 et 1502, la croissance est trĂšs faible Ă  la suite de la terrible mortalitĂ© de 1483, liĂ©e Ă  la peste.
  3. ↑ a et b p.124.


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