Parti republicain (Etats-Unis)

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Parti republicain (Etats-Unis)

Parti rĂ©publicain (États-Unis)

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Republican Party
(fr) Parti républicain
L’élĂ©phant, logo du Parti rĂ©publicain 
Président Michael S. Steele
Fondation 28 fĂ©vrier 1854
SiĂšge 310 First Street SE

Washington, D.C. 2003

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Présidents
au SĂ©nat Mitch McConnell
Ă  la Chambre des reprĂ©sentants John Boehner
Idéologie Conservatisme

Conservatisme social
Libéralisme économique
Libertarianisme
NĂ©o-conservatisme

Affiliation internationale Union démocratique internationale
Couleurs* rouge (officieux)
Site Web gop.com
voir aussi

Constitution américaine
Politique des États-Unis
Gouvernement américain
Président américain
Partis politiques

Le Parti rĂ©publicain, aussi appelĂ© GOP (anglais : Grand Old Party), est l'un des deux grands partis politiques amĂ©ricains contemporains [1].

Il fut fondĂ© le 28 fĂ©vrier 1854 par des dissidents nordistes du Parti whig et du Parti dĂ©mocrate, hostiles au statu quo sur l’esclavage, aux revendications souverainistes des États fĂ©dĂ©rĂ©s et favorables au protectionnisme.

Supplantant le Parti whig moribond, il devint le principal parti politique du pays alternant au pouvoir avec le Parti démocrate.

Le prĂ©sident George W. Bush, a Ă©tĂ© le 19e et le dernier prĂ©sident des États-Unis d'AmĂ©rique issu de ses rangs.

Le Parti Républicain incarne généralement des tendances de droite et de centre-droite, bien qu'il existe plusieurs courants.

Sommaire

Quelques données

Depuis 1856, les candidats du Parti républicain ont remporté 23 des 39 élections présidentielles dont 7 des 11 derniÚres élections depuis 1968. Le parti compte dans ses rangs 18 des 28 derniers présidents américains.

Le Parti rĂ©publicain a dominĂ© le CongrĂšs des États-Unis de 1995 Ă  2007.

En 2005, si autant d'AmĂ©ricains se dĂ©claraient rĂ©publicains que dĂ©mocrates (39% chacun), ils Ă©taient, selon le recensement de 2004, 55 millions Ă  ĂȘtre enregistrĂ©s sur les listes Ă©lectorales comme rĂ©publicains contre 72 millions en tant que dĂ©mocrates et 42 millions en tant qu'indĂ©pendants [2].

En 2008, le pays compte 22 gouverneurs républicains alors que le parti domine la législature (les 2 chambres locales) de 13 états fédérés et en partage 13 autres avec le parti démocrate.

En 2008, les 11 plus grandes villes du pays dirigées par un maire républicain ou issu de ses rangs sont New York, San Diego, Dallas, Charlotte, Jacksonville, Miami, Oklahoma City, Tucson, Colorado Springs, Indianapolis, Topeka et Bismarck.

Idéologie

Affiche de la premiÚre campagne présidentielle du Parti républicain en 1856

Le Parti rĂ©publicain est un parti qui paraĂźt plus homogĂšne que le Parti dĂ©mocrate bien qu’il soit Ă©galement traversĂ© par de nombreux courants internes souvent contradictoires. On discerne ainsi deux grands courants, l'un conservateur et l'autre modĂ©rĂ©, tous deux divisĂ©s entre plusieurs factions qui ne sont pas exclusives les unes des autres dont notamment :

Depuis les annĂ©es 1980, on distingue un antagonisme assez prononcĂ©, bien que non exclusif, entre les rĂ©publicains de l’ouest, libertariens et individualistes, et ceux du Sud, chrĂ©tiens fondamentalistes, concentrĂ©es sur les valeurs morales et religieuses.

Le Parti rĂ©publicain est globalement considĂ©rĂ© comme un parti de centre-droit, socialement plus conservateur et Ă©conomiquement plus libertarien que son homologue dĂ©mocrate. Proche des milieux d’affaires, il compte trĂšs peu de supports chez les syndicats.

Le Parti rĂ©publicain considĂšre que c’est le seul CongrĂšs des États-Unis qui doit lĂ©gifĂ©rer au niveau national et que les juges, notamment ceux de la Cour suprĂȘme, n’ont pas Ă  interprĂ©ter la constitution pour crĂ©er parallĂšlement d’autres normes Ă  valeur lĂ©gislatives ou constitutionnelles (cas du droit Ă  l’avortement avec l’arrĂȘt Roe v. Wade). C’est ce que les rĂ©publicains appellent l’activisme judiciaire. Les rĂ©publicains centristes considĂšrent cependant que c’est le travail des juges d’interprĂ©ter la constitution et de protĂ©ger les droits des citoyens contre l’abus du pouvoir lĂ©gislatif ou du pouvoir exĂ©cutif.

Dessin humoristique de 1904 illustrant la victoire électorale de Theodore Roosevelt et des républicains dont le symbole est un éléphant

Les rĂ©publicains ont historiquement dĂ©fendu le dĂ©veloppement du pouvoir fĂ©dĂ©ral au dĂ©triment des pouvoirs des États. Mais ils ont ensuite optĂ© pour une redĂ©finition des compĂ©tences en choisissant de limiter le pouvoir de l’État fĂ©dĂ©ral au profit des diffĂ©rents États constituant les États-Unis. Les libertariens sont ainsi les plus hostiles au pouvoir fĂ©dĂ©ral.

Dans cette optique libertarienne, le Parti rĂ©publicain est hostile Ă  un systĂšme de sĂ©curitĂ© sociale universelle tel qu’il existe au Canada et en Europe. Il dĂ©fend le principe d’un systĂšme de santĂ© individuel secondĂ© par une sĂ©curitĂ© sociale gratuite pour les plus ĂągĂ©s et les plus dĂ©munis.

Le Parti rĂ©publicain dĂ©fend le principe d’une fiscalitĂ© modĂ©rĂ©e (baisse d’impĂŽts), d’une intervention rĂ©duite au minimum de l’État dans l’économie. Ainsi, le principe du moindre État se rĂ©sume dans la dĂ©claration du prĂ©sident Ronald Reagan dans son discours inaugural en 1981 quand il dĂ©clara que « dans les temps de crise, le gouvernement n’est pas la solution Ă  vos problĂšmes, le gouvernement est le problĂšme Â» [3]. Partisan du libĂ©ralisme Ă©conomique, le Parti rĂ©publicain prĂ©fĂšre le dĂ©veloppement des accords de libre-Ă©change bilatĂ©raux aux grands accords internationaux. D’ordinaire, il prĂ©conise la maitrise des dĂ©penses et le principe de l’équilibre budgĂ©taire, sans nĂ©cessairement s'y tenir.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Le Parti rĂ©publicain dĂ©fend l’individualisme contre le collectivisme et le communautarisme et ses membres sont majoritairement hostiles Ă  la politique de discrimination positive et aux quotas raciaux, globalement parce qu’ils refusent de faire de distinctions entre AmĂ©ricains [4]. Partisans de l’école libre et donc de laisser aux parents le droit de choisir l’école de leurs enfants, les rĂ©publicains sont favorables Ă  l’évaluation qualitative de l’enseignement et des rĂ©sultats scolaires dans les Ă©coles publiques. La branche conservatrice du parti soutient le principe de la priĂšre Ă  l’école dans les Ă©tablissements publics tout comme une partie de ce courant soutient la thĂ©orie du dessein intelligent, opposĂ© au darwinisme.

Au nom de la responsabilitĂ© individuelle, les rĂ©publicains sont aussi souvent des partisans de la libertĂ© de ports d’armes et de la rĂ©pression maximum en matiĂšre de criminalitĂ©. Ainsi, ils sont trĂšs largement favorables Ă  la peine de mort.

Dans une moindre mesure, les rĂ©publicains sont favorables Ă©galement Ă  la restriction du droit Ă  l’avortement.

Ils sont aussi trÚs majoritairement hostiles au mariage homosexuel mais plus divisés sur les unions civiles homosexuelles (les libertariens y sont plutÎt favorables).

Le parti est particuliĂšrement divisĂ© sur les recherches sur les cellules souches Ă  partir d’embryons humains, sur les problĂšmes liĂ©s Ă  l’environnement (protocole de Kyoto, forages en Alaska
) et sur la politique d’immigration Ă  tenir envers les Hispaniques.

Suite aux attentats du 11 septembre 2001, un courant jusque-lĂ  discret et trĂšs minoritaire a pris de l’ascendant sur le Parti rĂ©publicain. Le courant nĂ©o-conservateur a imposĂ© une politique Ă©trangĂšre unilatĂ©raliste et idĂ©aliste concrĂ©tisĂ©e par une hostilitĂ© renforcĂ©e au multilatĂ©ralisme et Ă  l’ONU, par la guerre en Afghanistan en 2001 puis surtout par la guerre en Irak Ă  partir de 2003, le but Ă©tant d’apporter la paix et la dĂ©mocratie au Moyen-Orient. Cette politique a Ă©tĂ© nĂ©anmoins remise en cause Ă©lectoralement Ă  la fin de l’annĂ©e 2006.

En 2006, la base sociale du Parti rĂ©publicain se compose majoritairement d’hommes d’affaires, d’entrepreneurs et des membres de professions libĂ©rales. On y trouve majoritairement des hommes, des blancs d’ascendance WASP [5],[6], des couples mariĂ©s avec enfants, des banlieusards, des habitants de zones rurales et des chrĂ©tiens (61% des pratiquants, 59% de protestants et 52% de catholiques en 2004 [7]). En 2004, le prĂ©sident Bush a obtenu aussi le vote de 41% des 20% AmĂ©ricains les plus pauvres, 55% des 20% les plus riches et 53% des 60% AmĂ©ricains des classes moyennes.

Seulement 23-25% des membres de la communauté homosexuelle votent pour les candidats du Parti républicain.

Histoire

La fondation du Parti républicain

Le Parti rĂ©publicain est fondĂ© en 1854 Ă  Pittsburgh pour s’opposer Ă  loi Kansas-Nebraska, autorisant la pratique de l’esclavage au Kansas. Les activistes rĂ©publicains y voyaient la preuve du pouvoir des propriĂ©taires d’esclaves, conspirant pour s’emparer du pouvoir fĂ©dĂ©ral et Ă©tendre l’esclavage Ă  tout le pays. Il s’agissait pour ses fondateurs de proclamer les vertus rĂ©publicaines comme l’opposition Ă  l’aristocratie et Ă  la corruption. Le programme du Parti rĂ©publicain proposait une vision progressiste et libĂ©rale d’une sociĂ©tĂ© industrielle et Ă©duquĂ©e, fondĂ©e sur la libertĂ© individuelle, la promotion sociale par l’effort et le mĂ©rite, une sociĂ©tĂ© oĂč la loi du marchĂ© l’emportait sur toutes les formes d’asservissement Ă©conomiques comme l’esclavage.

Les premiers partisans du Parti républicain sont alors les Whigs (libéraux) et les démocrates de Nouvelle-Angleterre et de la région des Grands Lacs comme les gouverneurs ou candidats au poste de gouverneurs comme Nathaniel P. Banks (Massachusetts), Hannibal Hamlin (Maine), Kinsley Bingham (Michigan), la majorité des membres du Parti du sol libre opposé à l'esclavage se ralliÚrent à ce nouveau parti.

C’est Ă  Ripon, le 20 mars 1854, qu’eut lieu la premiĂšre convention du Parti rĂ©publicain. Le 6 juillet, Ă  Jackson, les dĂ©lĂ©guĂ©s rĂ©publicains proclamĂšrent que le nouveau parti Ă©tait opposĂ© Ă  l’extension de l’esclavage dans les nouveaux territoires et commença Ă  sĂ©lectionner des candidats pour les Ă©lections au CongrĂšs. Le parti s’organisa rapidement dans tout le pays Ă  l’exception du Sud esclavagiste oĂč il ne comptait quasiment aucun partisan.

John FrĂ©mont, le premier candidat rĂ©publicain Ă  l’élection prĂ©sidentielle en 1856

Son moralisme et son puritanisme lui acquiĂšrent rapidement le soutien des Yankees de Nouvelle-Angleterre, de New York et du Mid-Ouest, et plus prĂ©cisĂ©ment des presbytĂ©riens, des mĂ©thodistes, des quakers et des luthĂ©riens d’origine scandinaves. A contrario, il Ă©choue Ă  emporter l’adhĂ©sion des catholiques, des Ă©piscopaliens et des luthĂ©riens d’origine germanique.

En 1856, son premier candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle est John FrĂ©mont sur un programme proposant « une terre libre, la libertĂ© du travail, la libertĂ© d’expression et des hommes libres Â». Fremont est battu avec 33 % des voix par le dĂ©mocrate James Buchanan (45 %), tandis que le vieux Parti whig s’effondre avec seulement 22% des voix pour son candidat, l’ancien prĂ©sident Millard Fillmore. NĂ©anmoins, le Parti rĂ©publicain remporte un incontestable succĂšs immĂ©diat puisqu’il s’impose en Nouvelle-Angleterre, Ă  New York et dans les États de la rĂ©gion des grands lacs. Fremont n’obtient cependant presque aucun suffrage dans le sud et Ă©choue face Ă  un candidat dĂ©mocrate soutenu par un parti rassemblĂ©, unissant les sĂ©grĂ©gationnistes du sud et les dĂ©mocrates « conciliants Â» du Nord.

L’élection d’Abraham Lincoln et la guerre de SĂ©cession

Affiche de la campagne rĂ©publicaine de 1860 (en français : « Abraham Lincoln pour prĂ©sident, Hannibal Hamlin pour vice-prĂ©sident Â»).

Article dĂ©taillĂ© : Origines de la guerre de SĂ©cession
Article dĂ©taillĂ© : Guerre de SĂ©cession
En 1860, le candidat du Parti rĂ©publicain est Abraham Lincoln de l’Illinois. Le contexte de l’élection prĂ©sidentielle est alors trĂšs diffĂ©rent de celui de 1856. L’unitĂ© dĂ©mocrate a implosĂ© et le parti prĂ©sente deux candidats. L’un est un sudiste sĂ©grĂ©gationniste, John Cabell Breckinridge, et l’autre un nordiste modĂ©rĂ©, Stephen A. Douglas. C’est la chance du candidat rĂ©publicain. Au soir des Ă©lections, Abraham Lincoln est en tĂȘte des candidats et par consĂ©quent est Ă©lu prĂ©sident avec 39% des voix alors que les dĂ©mocrates divisĂ©s totalisaient ensemble 48% des suffrages.

Abraham Lincoln, premier prĂ©sident des États-Unis Ă©manant du Parti rĂ©publicain.

L’arrivĂ©e au pouvoir d’un rĂ©publicain « yankee Â» (nordiste) soutenu par les abolitionnistes dĂ©clenche le processus qui mĂšne Ă  la guerre de SĂ©cession. Lincoln parvint brillamment Ă  rassembler les courants de son parti autour de lui et Ă  faire front pour dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© de l’Union. Il reçut Ă©galement dans un premier temps le soutien des dĂ©mocrates du nord, appelĂ©s alors dĂ©mocrates de guerre tandis que les rĂ©publicains-radicaux envisageaient dĂ©jĂ  de sanctionner durement les sudistes Ă  la fin de la guerre.

Quand Lincoln proclama que le but de guerre serait l’abolition de l’esclavage, une partie des dĂ©mocrates le lĂąchĂšrent pour devenir des « dĂ©mocrates de paix Â» alors que les partis rĂ©publicains de chaque État de l’Union se rangeaient Ă  la cause abolitionniste, Ă  l’exception des rĂ©publicains du Kentucky.

En 1862, alors que le pays est en pleine guerre civile, les rĂ©publicains alliĂ©s aux dĂ©mocrates de guerre remportĂšrent les Ă©lections de mi-mandat. Lincoln est Ă  son tour rĂ©Ă©lu en 1864 mais est assassinĂ© en avril 1865 par un partisan sudiste alors que la guerre vient de prendre fin avec la victoire des armĂ©es de l’Union.

La domination républicaine

AprĂšs la victoire des armĂ©es du Nord en 1865, les rĂ©publicains vont dominer la vie politique nationale jusqu’en 1932.

Ils imposent la reconstruction au Sud et privent briĂšvement de droit de vote les États sĂ©cessionnistes.

En 1864, le CongrĂšs passe sous la domination des rĂ©publicains-radicaux, rĂ©solus Ă  se venger lourdement contre les États confĂ©dĂ©rĂ©s pour avoir brisĂ© l’unitĂ© de l’Union et Ă  leur imposer de trĂšs dures sanctions Ă©conomiques.

Lincoln était méfiant envers les républicains-radicaux mais en choisissant Andrew Johnson comme vice-président, un sudiste-unioniste, il espérait freiner les appels à la vengeance.

Quand Johnson succĂšde Ă  Lincoln aprĂšs l’assassinat de ce dernier, il rompt ses liens avec les radicaux et constitue une alliance des rĂ©publicains et dĂ©mocrates modĂ©rĂ©s afin de restituer aux sudistes leurs droits politiques. Cependant, lors des Ă©lections de 1866, les Radicaux remportent de nouveau la majoritĂ© des siĂšges au CongrĂšs et imposent leur vision politique de la Reconstruction du Sud. Profitant de leur domination, ils tentent de destituer le prĂ©sident Johnson par la procĂ©dure d’impeachment mais Ă©chouent Ă  une voix prĂšs.

le président Ulysses Grant

En 1868, Johnson est contraint de renoncer Ă  solliciter un nouveau mandat et laisse la prĂ©sidence Ă  un rĂ©publicain-radical, le gĂ©nĂ©ral Ulysses S. Grant, chef victorieux de l’armĂ©e de l'Union. Les radicaux sont alors Ă  leur zĂ©nith politique, contrĂŽlant la Maison-Blanche, le CongrĂšs, le Parti rĂ©publicain et l’armĂ©e. Ils visent alors Ă  construire un bastion rĂ©publicain dans le sud des États-Unis, basĂ© sur le vote des anciens esclaves devenus des hommes libres, des scalawags (natifs du Sud collaborant avec le nouveau pouvoir), des soldats de l’Union cantonnĂ©s dans le Sud, et des Carpetbaggers (immigrĂ©s Ă©conomiques venant du Nord pour faire fortune dans le sud, voyageant avec un sac de voyage en toile Ă  tapis). Dans ce but, les rĂ©publicains du Sud s’organisent sous forme de ligues unionistes afin de mobiliser les Ă©lecteurs et de combattre les anciens sĂ©cessionnistes dont certains s’organisent sous la banniĂšre du Ku Klux Klan. Les premiers membres afro-amĂ©ricains du CongrĂšs des États-Unis ont Ă©tĂ© Ă©lus sous l'Ă©tiquette RĂ©publicaine en novembre 1868. Il a fallu attendre 1934 pour que le parti dĂ©mocrate ait ses premiers candidats noirs.

Le prĂ©sident Grant soutint activement la politique des radicaux dans le Sud et la mise en place du 14e amendement sur le droit de vote et les droits civiques des hommes libres. Le vote de ces nouveaux Ă©lecteurs (noirs, soldats de l’Union, Carpetbaggers) et la privation des droits civiques des anciens officiers et sous-officiers de l’armĂ©e confĂ©dĂ©rĂ©e et des partisans connus de la sĂ©cession permet la victoire de gouverneurs rĂ©publicains.

DĂšs 1872 cependant, le Parti rĂ©publicain connait des dissensions internes alors que Grant est facilement rĂ©Ă©lu prĂ©sident contre Horace Greeley, un rĂ©publicain dissident, soutenu par les libĂ©raux du Parti rĂ©publicain, menĂ©s par Carl Schurz, et les dĂ©mocrates. Le Parti rĂ©publicain, omnipotent qu’il est, est alors gangrenĂ© par la corruption alors qu’une opposition libĂ©rale interne s’active et demande la rĂ©conciliation avec les États du Sud, en commençant par mettre fin Ă  la vengeance politique, en rappelant les soldats yankees dans leurs foyers et en rendant leurs droits civiques aux anciens confĂ©dĂ©rĂ©s.

En 1873, le pays connaĂźt des problĂšmes Ă©conomiques ce qui permet au Parti dĂ©mocrate de rĂ©Ă©merger politiquement et de gagner la chambre des reprĂ©sentants, mettant fin Ă  la domination des radicaux. Dans le Sud, des coalitions anti-rĂ©publicaines (qui deviendront les Les « Dixiecrats Â») parviennent progressivement Ă  rĂ©cupĂ©rer le contrĂŽle des États, Ă  mettre en fuite les Carpetbaggers, parfois avec violence, tout en rĂ©glant leurs comptes aux scalawags et en « dissuadant Â», par la peur, les anciens esclaves de profiter de leurs droits civiques.

le président Rutherford B Hayes

En 1876, l’élection prĂ©sidentielle met un terme dĂ©finitif Ă  la politique de Reconstruction. L’élection ayant Ă©tĂ© marquĂ©e dans certains États du Sud par la fraude et les intimidations en faveur des rĂ©publicains, c’est une commission Ă©lectorale bi-partisane qui proclame finalement vainqueur le candidat rĂ©publicain Rutherford B Hayes, minoritaire en voix, aprĂšs que celui-ci eut promis de rapatrier au nord toutes les troupes fĂ©dĂ©rales et de rendre leur souverainetĂ© aux trois derniers États sudistes encore sous contrĂŽle fĂ©dĂ©ral. Ce faisant, dĂ©montrant l’échec de la politique des radicaux dans le Sud, Hayes donne aux dĂ©mocrates un contrĂŽle absolu sur cette rĂ©gion jusqu’en 1964, caractĂ©risĂ© Ă©galement par l’abandon politique des anciens esclaves et la quasi-disparition du Parti rĂ©publicain sur le territoire des anciens États confĂ©dĂ©rĂ©s.

En 1874, un dessin politique de Thomas Nast représentant le parti en éléphant fut repris pour symboliser le parti [8]

De 1877 Ă  1932, malgrĂ© son Ă©chec dans le Sud, le Parti rĂ©publicain reste le parti dominant de la vie politique amĂ©ricaine. Il bĂ©nĂ©ficie de l’assimilation populaire des dĂ©mocrates Ă  la rĂ©bellion (guerre de SĂ©cession), Ă  la minoritĂ© catholique (les Irlandais catholiques dominent alors le parti dĂ©mocrate et dirigent de nombreuses grandes villes) et aux dĂ©bits de boisson (les intĂ©rĂȘts des dĂ©biteurs de boissons alcoolisĂ©es sont rĂ©putĂ©s proches des dĂ©mocrates et non des puritains associĂ©s aux rĂ©publicains).

DivisĂ©e entre une aile progressiste et une aile conservatrice, la ligne politique gĂ©nĂ©rale du Parti rĂ©publicain est modĂ©rĂ©e tantĂŽt libĂ©rale tantĂŽt conservatrice, tantĂŽt isolationniste, tantĂŽt internationaliste. La croissance Ă©conomique est son credo. Il se fait le dĂ©fenseur de l’économie capitaliste, de l’industrialisation du pays et du dĂ©veloppement de ses moyens de transport.

En 1884, il perd la présidence pour la premiÚre fois en 24 ans. Son candidat, James G. Blaine, perçu comme corrompu est battu par le démocrate Grover Cleveland.

En 1890, bien que proches des grands conglomĂ©rats et des grandes industries, le Parti rĂ©publicain est l’initiateur des premiĂšres lois antitrust (Sherman Anti-Trust Act, Interstate Commerce Commission) afin de protĂ©ger les petits commerces et les agriculteurs.

Affiche de la campagne électorale républicaine de 1900 en faveur de William McKinley et Theodore Roosevelt

À partir de 1896 et de l’élection de William McKinley, les rĂ©publicains s’imposent pour de nombreuses annĂ©es Ă  la Maison Blanche et au CongrĂšs, en consolidant l’adhĂ©sion de la classe moyenne et des industriels. Le Parti rĂ©publicain est alors tout Ă  la fois progressiste, capitaliste et puritain. C’est le parti du business. Son emprise est aussi locale oĂč des candidats issus de ses rangs dirigent de nombreuses grandes villes du nord (DĂ©troit avec Hazen Pingree, New York avec Seth Low, Toledo avec Rule Jones
).

Au dĂ©but du XXe siĂšcle, le mouvement populiste, opposĂ© Ă  la politique Ă©conomique des RĂ©publicains jugĂ©es dĂ©favorables aux États de l’Ouest, est absorbĂ© par les dĂ©mocrates. Au contraire, le mouvement progressiste, puissant au dĂ©but du XXe siĂšcle, qui rĂ©clame une moralisation de la vie publique et une meilleure prise en compte des aspirations de la population, inspire certains leaders rĂ©publicains, comme le prĂ©sident Theodore Roosevelt. DĂšs son arrivĂ©e Ă  la prĂ©sidence en 1901, aprĂšs l’assassinat de McKinley, il s’oppose aux grandes entreprises, aux trusts et rĂ©clame un pouvoir fĂ©dĂ©ral fort, capable de rĂ©glementer l’activitĂ© Ă©conomique. Il proclame Ă©galement que la prospĂ©ritĂ© doit ĂȘtre partagĂ©e et doit concerner toutes les races et toutes les religions.

En 1908, les premiÚres élections des sénateurs au suffrage direct donnent une large majorité aux républicains (60 républicains contre 40 démocrates).

RĂ©sultats de l’élection prĂ©sidentielle de 1912 : en vert les États remportĂ©s par Theodore Roosevelt, en rouge les États emportĂ©s par William H. Taft et en bleu ceux remportĂ©s par le dĂ©mocrate Woodrow Wilson

En 1910, les rĂ©publicains perdent le contrĂŽle de la chambre des reprĂ©sentants tandis qu’ils se divisent entre progressistes rooseveltiens et conservateurs. En 1912, Roosevelt rompt avec les rĂ©publicains et se prĂ©sente comme candidat progressiste contre le prĂ©sident sortant, le rĂ©publicain William H. Taft. La division rĂ©publicaine amĂšne logiquement Ă  un Ă©parpillement des voix (35% pour Roosevelt, 23% pour Taft) et conduit le candidat dĂ©mocrate, Woodrow Wilson (41% des voix), Ă  la Maison-Blanche et les dĂ©mocrates Ă  devenir majoritaire au SĂ©nat.

Le Parti rĂ©publicain reprend la Maison Blanche et le CongrĂšs dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 1920 sur un programme Ă©conomiquement et politiquement isolationniste et anti-SDN. Warren G. Harding, Calvin Coolidge et Herbert Hoover, tous trois rĂ©publicains, se succĂšdent Ă  la Maison Blanche alors que les États-Unis connaissent une vague de prospĂ©ritĂ© Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent.

La chute de la maison républicaine

Le président Herbert Hoover

Le krach de 1929 plonge le pays dans la grande dĂ©pression et les politiques rĂ©publicaines non interventionnistes axĂ©es prioritairement sur l’équilibre budgĂ©taire paraissent inadaptĂ©es Ă  stopper la montĂ©e du chĂŽmage et Ă  freiner les faillites. En 1932, pour la premiĂšre fois depuis la guerre de SĂ©cession, les rĂ©publicains perdent le contrĂŽle de la majoritĂ© des grandes villes du pays. Ils vont ensuite perdre la Maison Blanche, le CongrĂšs, la majoritĂ© des postes de gouverneurs et le vote des noirs du Nord du pays. L’annĂ©e 1936 est la pire annĂ©e politique de l'histoire des rĂ©publicains. Lors de l’élection prĂ©sidentielle, le dĂ©mocrate Franklin D. Roosevelt est triomphalement rĂ©Ă©lu contre le rĂ©publicain Alf Landon. Seuls deux États, le Vermont et le Maine, restent alors fidĂšles au parti de Lincoln alors qu’au CongrĂšs, 17 sĂ©nateurs et 88 reprĂ©sentants rĂ©publicains rescapĂ©s font face Ă  un « rouleau compresseur Â» composĂ© de 79 sĂ©nateurs et 334 reprĂ©sentants dĂ©mocrates.

La droitisation du Parti républicain

Robert Taft, leader au SĂ©nat de la coalition conservatrice et co-auteur de la loi Taft-Hartley.

RĂ©duit Ă  un pĂŽle minoritaire, le Parti rĂ©publicain trĂšs divisĂ© doit se reconstruire. Il se replie d’abord principalement sur deux courants, l’un conservateur issu de l’ouest et du sud-est du pays et l’autre libĂ©ral issu de Nouvelle-Angleterre, tous deux emprunts d’un rĂ©sidu de la pensĂ©e progressiste, autrefois incarnĂ©e par Teddy Roosevelt. En 1936, Alf Landon, le gouverneur du Kansas, un rĂ©publicain favorable au New Deal, l’emporte sur le courant conservateur soutenu par Herbert Hoover et devient le candidat rĂ©publicain Ă  la prĂ©sidence. Il est cependant laminĂ© par Franklin Roosevelt. Le parti est alors de nouveau tiraillĂ© entre les isolationnistes, opposants au New Deal comme le sĂ©nateur Robert Taft de l’Ohio et les libĂ©raux du nord-est comme Thomas Dewey, le gouverneur de l’État de New York, plus favorable au New Deal. Ainsi, divisĂ©, le parti est par consĂ©quent incapable de faire front face aux dĂ©mocrates.

À partir de 1939, Robert Taft est la figure de proue des opposants Ă  Roosevelt. Au SĂ©nat, il fĂ©dĂšre autour de lui les conservateurs et les dĂ©mocrates du Sud sur des positions Ă©conomiques isolationnistes, non interventionnistes en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre et hostiles au New Deal.

AprĂšs 1941 et Pearl Harbor, les rĂ©publicains jouent le jeu de l’union nationale derriĂšre le gouvernement et au nom de la « real-politik Â», en 1945, le Parti rĂ©publicain accepte l’implication forcĂ©e des États-Unis dans les affaires du monde dans le contexte de Guerre froide bien qu’en 1947, les isolationnistes menĂ©s par Taft tentent encore de s’opposer Ă  l’adhĂ©sion du pays Ă  l’ONU et Ă  saper la fondation de l’OTAN. Et c’est de justesse qu’ils approuvent le plan Marshall, pourtant concoctĂ© par un rĂ©publicain.

Le Parti rĂ©publicain commence pourtant Ă  regagner la faveur de l’opinion comme le dĂ©montrent ses victoires au CongrĂšs en 1946 qui leur permet l'annĂ©e suivante de faire adopter, en dĂ©pit de l'hostilitĂ© du prĂ©sident Harry Truman, la loi Taft-Hartley dont l'objet est de diminuer les prĂ©rogatives des syndicats et de limiter le droit de grĂšve.

En 1948, Thomas Dewey Ă©choue cependant de justesse Ă  l’élection prĂ©sidentielle face Ă  Harry Truman, jugĂ© plus crĂ©dible pour dĂ©fendre l’AmĂ©rique face au communisme. En effet, Ă  cette Ă©poque, des rĂ©publicains isolationnistes comme Robert Taft s’inquiĂštent davantage de la bureaucratie et du niveau des dĂ©penses publiques que des consĂ©quences du rideau de fer tombĂ© sur l’Europe.

Billets pour l’inauguration de la prĂ©sidence de Dwight Eisenhower et de son vice-prĂ©sident Richard Nixon en 1953
Carte illustrant le raz de marĂ©e Ă©lectoral des rĂ©publicains lors de l’élection prĂ©sidentielle de 1984

En 1952, le gĂ©nĂ©ral Dwight Eisenhower, un internationaliste de la lignĂ©e politique de Dewey, partisan de l’alliance atlantique, l’emporte lors de primaires rĂ©publicaines prĂ©sidentielles sur Robert Taft. Eisenhower est Ă©lu prĂ©sident en novembre 1952, mettant fin Ă  20 annĂ©es de rĂšgne dĂ©mocrate sur la Maison Blanche alors que le pays est en plein maccarthisme. Eisenhower ne remet pas en cause le New Deal mais Ă©tend le systĂšme de sĂ©curitĂ© sociale, met en Ɠuvre un systĂšme autoroutier inter-État, poursuit la politique amĂ©ricaine de son prĂ©dĂ©cesseur face au communisme et fait respecter dans l’ancien Sud confĂ©dĂ©rĂ©, au besoin par l’armĂ©e, les arrĂȘts de la Cour SuprĂȘme en matiĂšre de dĂ©sĂ©grĂ©gation. Eisenhower est rĂ©Ă©lu facilement en 1956 mais l’échec de Richard Nixon en 1960 face au candidat dĂ©mocrate John F. Kennedy permet Ă  l’aile conservatrice du parti de prendre de l’ascendant sur l’aile modĂ©rĂ©e, hĂ©ritĂ©e de Dewey, en imposant ses candidats aux prĂ©sidentielles (Barry Goldwater en 1964, Ronald Reagan en 1980, George W. Bush en 2000).

A partir des annĂ©es 1960, les rĂ©publicains rĂ©cupĂšrent les thĂšmes conservateurs propres aux Blancs du Sud et de l'ouest, comme la mĂ©fiance vis-Ă -vis de l’État fĂ©dĂ©ral et la dĂ©fense des droits des États fĂ©dĂ©rĂ©s contre les empiĂ©tements du pouvoir central. Dans les annĂ©es 1970, le parti opĂšre une percĂ©e dans le Sud grĂące Ă  cette ligne conservatrice en accaparant le vote des Ă©lecteurs blancs qui dĂ©sertent avec leurs Ă©lus le Parti dĂ©mocrate dominĂ© alors par l'aile gauche du parti. En reprenant ainsi dans le sud des thĂšmes comme la gĂ©nĂ©ralisation de la priĂšre Ă  l’école, les droits des Ă©tats fĂ©dĂ©rĂ©s, l’interdiction de l’avortement ou la dĂ©fense des valeurs familiales, les rĂ©publicains parviennent dans les annĂ©es 1970 et 80, Ă  y faire Ă©lire des gouverneurs, pour la premiĂšre fois depuis la fin de la pĂ©riode de reconstruction (la GĂ©orgie se dote ainsi en 2001 de son premier gouverneur rĂ©publicain en 124 ans). En mĂȘme temps, le parti rompt totalement avec la tradition isolationniste symbolisĂ©e autrefois par Robert Taft et entreprend une politique Ă©trangĂšre active dont l’objet est l’endiguement du communisme par tous les moyens. Cette politique symbolisĂ©e par le secrĂ©taire d’État Henry Kissinger oblige nĂ©anmoins Ă  quelques choix inattendus comme la reconnaissance de la RĂ©publique populaire de Chine, le dĂ©but en 1972 des nĂ©gociations sur la limitation des armements stratĂ©giques avec l'URSS et le retrait des forces amĂ©ricaines du Vietnam.

Dans les annĂ©es 1980, la « rĂ©volution conservatrice Â» lancĂ©e par le PrĂ©sident Ronald Reagan finit d’ancrer nationalement le parti Ă  droite, malgrĂ© l’intermĂšde de 1989 Ă  1993 de la prĂ©sidence de George Bush, reprĂ©sentant de l’aile rĂ©formiste.

Les présidents Ronald Reagan et George H. W. Bush

En 1984, Ronald Reagan est triomphalement rĂ©Ă©lu, remportant 49 des 50 États du pays puis contribue Ă  faire Ă©lire en 1988 son vice-prĂ©sident, George H. W. Bush, Ă  la prĂ©sidence du pays. Cependant, en dĂ©pit de ces victoires prĂ©sidentielles, le Parti rĂ©publicain peine Ă  renverser la majoritĂ© dĂ©mocrate du CongrĂšs.

En 1992, le parti est de nouveau victime de ses divisions. Le courant conservateur, qui n’a pas digĂ©rĂ© les augmentations d’impĂŽts du prĂ©sident, prĂ©fĂšre alors soutenir un dissident, Ross Perot, privant George H. W. Bush d’une rĂ©Ă©lection annoncĂ©e. Les deux premiĂšres annĂ©es du mandat du dĂ©mocrate Bill Clinton Ă  la Maison Blanche, maladroitement gĂ©rĂ©es, permettent aux rĂ©publicains de se rassembler sur un programme conservateur intitulĂ© « contrat avec l’AmĂ©rique Â».

En 1994, pour la premiĂšre fois depuis 40 ans, le Parti rĂ©publicain remporte les deux chambres du CongrĂšs et redevient majoritaire. Il le restera jusqu’en 2007 (Ă  l’exception des annĂ©es 2001-2002 pour le SĂ©nat).

Depuis les annĂ©es 1980-90, le Parti rĂ©publicain remplace le Parti dĂ©mocrate dans ses anciennes zones d’influence, Ă  savoir le Sud, mais perd bon nombre d’électeurs en Nouvelle-Angleterre, dans les Grands Lacs et sur la cĂŽte Ouest. Si le parti se maintient encore localement dans ses anciennes places fortes grĂące Ă  des Ă©lus modĂ©rĂ©s, il est nationalement ancrĂ© au sud et Ă  l’ouest non cĂŽtier. En 2007, 20 des 26 sĂ©nateurs des États de l’ancienne ConfĂ©dĂ©ration sont rĂ©publicains. Il y a 30 ans, ils Ă©taient tous dĂ©mocrates.

Depuis 2001, les Républicains conservateurs sont de retour à la Maison Blanche avec le président George W. Bush, et le vice-président, Dick Cheney, réélus en 2004.

Le Parti républicain depuis les années 2000

Depuis la rĂ©volution conservatrice menĂ©e sous Ronald Reagan dans les annĂ©es 1980, le Parti rĂ©publicain est dominĂ© par sa branche conservatrice. Celle-ci s’est renforcĂ©e en 1994 avec la conquĂȘte du CongrĂšs menĂ© par Newt Gingrich et son « contrat pour l’AmĂ©rique Â» puis avec l’arrivĂ©e au pouvoir du texan conservateur George W. Bush, fils du 41e prĂ©sident des États-Unis.

Cette branche conservatrice s’appuie sur ses bastions Ă©lectoraux du Sud et de l’Ouest et repose sur un Ă©lectorat essentiellement blanc (Ă  dominante WASP), banlieusard et rural, patriote et Ă©vangĂ©liste. Cette posture conservatrice lui a aussi attirĂ©, dans une moindre mesure, un soutien non nĂ©gligeable de la communautĂ© hispanique et des catholiques, traditionnellement dĂ©mocrates.

Le sénateur John McCain, candidat républicain à l'élection présidentielle de 2008

La branche libérale du Parti républicain (représentée par Arnold Schwarzenegger, Arlen Specter, Olympia Snowe, Susan Collins, Gordon Smith, Jim Douglas, Rudolph Giuliani
) a été la victime de la droitisation du parti.

Ses places fortes du nord-est et de la Californie se sont effondrĂ©es d’abord lors des Ă©lections prĂ©sidentielles puis lors des Ă©lections locales et fĂ©dĂ©rales. Les Ă©lus rĂ©publicains qui ont rĂ©ussi Ă  s’y maintenir sont souvent en dissidence de la ligne officielle conservatrice du parti et de l’administration de George W. Bush.

Une petite branche centriste incarnĂ©e par John McCain ou George H. W. Bush subsiste pour tenter de rassembler l’aile gauche et l’aile droite du parti et d’incarner ainsi la tradition historique modĂ©rĂ©e du Parti rĂ©publicain. Ses reprĂ©sentants comme Rudolph Giuliani, John McCain et Mitt Romney furent les candidats favoris des sondages pour reprĂ©senter le camp rĂ©publicain lors de l'Ă©lection prĂ©sidentielle en 2008 au cĂŽtĂ© de l'ancien sĂ©nateur (conservateur) du Tennessee et acteur de cinĂ©ma, Fred Dalton Thompson.

Le 4 septembre 2008, lors de la réunion de la convention nationale républicaine à Saint-Paul (Minnesota), les délégués républicains confirmÚrent John McCain, qui s'était imposé lors des élections primaires, comme candidat à l'élection présidentielle de 2008 ainsi que Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska, comme candidate à la vice-présidence. Lors de l'élection du 4 novembre 2008, John McCain est finalement battu par le candidat démocrate, Barack Obama.

PrĂ©sidents rĂ©publicains des États-Unis

RĂ©sultats des Ă©lections prĂ©sidentielles depuis 1856 (les États remportĂ©s par les rĂ©publicains sont en rouge)
  1. Abraham Lincoln de 1861 Ă  1865
  2. Andrew Johnson[9] de 1865 Ă  1869
  3. Ulysses Grant de 1869 Ă  1877
  4. Rutherford B. Hayes de 1877 Ă  1881
  5. James Garfield en 1881
  6. Chester Arthur de 1881 Ă  1885
  7. Benjamin Harrison de 1889 Ă  1893
  8. William McKinley de 1897 Ă  1901
  9. Theodore Roosevelt de 1901 Ă  1909
  10. William H. Taft de 1909 Ă  1913
  11. Warren G. Harding de 1921 Ă  1923
  12. Calvin Coolidge de 1923 Ă  1929
  13. Herbert Hoover de 1929 Ă  1933
  14. Dwight Eisenhower de 1953 Ă  1961
  15. Richard Nixon de 1969 Ă  1974
  16. Gerald Ford de 1974 Ă  1977
  17. Ronald Reagan de 1981 Ă  1989
  18. George Bush de 1989 Ă  1993
  19. George W. Bush de 2001 Ă  2009

Vice-présidents républicains

Candidats à la présidence et vice-présidence

États dirigĂ©s par des gouverneurs rĂ©publicains

En 2009 comme en 2008 et en 2007, 22 États (sur 50) sont dirigĂ©s par un gouverneur rĂ©publicain :

Alabama, Alaska, Arizona, Californie, Caroline du Sud, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Floride, GĂ©orgie, Hawaii, Idaho,Indiana, Louisiane, Minnesota, Mississippi, Nebraska, Nevada, Rhode Island, Texas, Utah, Vermont.

En 2006, 28 États (sur 50) Ă©taient dirigĂ©s par les rĂ©publicains :

En rouge, les 28 États dirigĂ©s par un gouverneur rĂ©publicain en 2006

Alabama, Alaska, Arkansas, Californie, Caroline du Sud, Colorado, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud, Floride, GĂ©orgie, Hawaii, Idaho, Indiana, Kentucky, Massachusetts, Maryland,Minnesota, Mississippi, Missouri, Nebraska, Nevada, New York, Ohio, Rhode Island, Texas, Utah, Vermont.

Les parlements des États ont Ă©tĂ© dans leur majoritĂ© Ă  dominante lĂ©gĂšrement rĂ©publicaine durant la lĂ©gislature 2004-2006.

À partir de la lĂ©gislature 2007-2008, ils sont majoritairement dĂ©mocrates [1] et [2].

Résultats du Parti républicain aux législatives depuis 1992

Chambre des représentants (435 siÚges)

SĂ©nat (100 siĂšges)

43
53
55
55
50
51
55
49

Personnalités républicaines actuelles

Personnalités républicaines à Hollywood

L’industrie du cinĂ©ma amĂ©ricain est connue aux États-Unis pour ĂȘtre un bastion du « libĂ©ralisme Â» (progressisme) amĂ©ricain et du parti dĂ©mocrate. Certains s’amusent Ă  comparer la cĂ©rĂ©monie des Oscars avec une assemblĂ©e de gĂ©nĂ©reux donateurs au parti dĂ©mocrate.

Cependant, des stars se sont affichées comme républicaines ou ont soutenu des candidats républicains lors des élections présidentielles.

Par le passĂ©, le Parti rĂ©publicain pouvait toujours compter sur le soutien de John Wayne, Cecil B. DeMille, Gary Cooper, Glenn Ford, Jimmy Stewart, Cary Grant ou Sonny Bono. D’anciens dĂ©mocrates les avaient ralliĂ©s comme Ronald Reagan (sous Eisenhower), Frank Sinatra (sous Richard Nixon), Charlton Heston (sous Ronald Reagan) ou Lara Flynn Boyle (sous George W. Bush).

Plus rĂ©cemment, d’autres acteurs, cinĂ©astes ou producteurs du monde du spectacle ont affichĂ© leur appartenance au parti de Reagan ou soutenu les candidats rĂ©publicains lors d'Ă©lections prĂ©sidentielles. Parmi ceux-ci, on peut citer Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Clint Eastwood, Robert Duvall, James Wood, Dennis Hopper, Jon Voight, Tom Selleck, Kelsey Grammer, Gary Sinise, Marc Cherry, Jerry Bruckheimer, Rip Torn, Adam Sandler, Melissa Gilbert, Bruce Boxleitner, Dennis Miller, Tim Robbins, ou Heather Locklear [10].

Voir aussi

Notes et références

  1. ↑ Il ne doit pas ĂȘtre confondu avec le prĂ©cĂ©dent Parti dĂ©mocrate-rĂ©publicain de Thomas Jefferson
  2. ↑ Article de USA Today de 2004
  3. ↑ « In the present crisis, government is not the solution to our problem; government is the problem Â». - Ronald Reagan
  4. ↑ Condoleezza Rice tĂ©moignera avoir notamment optĂ© pour le Parti rĂ©publicain par le fait qu’elle n’y avait pas Ă©tĂ© accueillie comme la reprĂ©sentante d’une minoritĂ© ethnique mais comme une AmĂ©ricaine comme une autre
  5. ↑ 51% des blancs ont votĂ© pour un candidat rĂ©publicain en 2006 alors qu’en moyenne, seulement 15% des noirs ont votĂ© pour le GOP depuis 1980 (alors qu’ils Ă©taient 36% en 1968)
  6. ↑ En 2004, le prĂ©sident Bush a obtenu 44% des suffrages de la communautĂ© hispanique et 44% de la communautĂ© asiatique.
  7. ↑ 70% des Ă©vangĂ©listes en 2004
  8. ↑ (en) Thomas Nast and the G.O.P. Elephant (1874)
  9. ↑ a  et b  Andrew Johnson est Ă  l'origine un dĂ©mocrate. Mais il mit entre parenthĂšses son affiliation dĂ©mocrate pour figurer comme colistier d'Abraham Lincoln en 1864 sur la base d'un programme d'union nationale. Il ne parvint Ă  la prĂ©sidence qu'Ă  cause de l'assassinat de Lincoln en 1865. Il reprit son affiliation dĂ©mocrate en 1869, aprĂšs la fin de sa prĂ©sidence
  10. ↑ Hollywood's GOP Favors McCain, Giuliani

Liens externes


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