Pantheon de Paris

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Pantheon de Paris

Panthéon (Paris)

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Panthéon (Paris)

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Vue générale de l'édifice

Présentation
Période ou style néoclassique
Type tour à tour église et panthéon
Architecte Jacques-Germain Soufflot
Jean-Baptiste Rondelet
Date de construction 1758-1790
Dimensions 83 m
Classement monument historique
GĂ©ographie
Latitude
Longitude
48° 50â€Č 46.5″ Nord
       02° 20â€Č 46″ Est
/ 48.84625, 2.34611
 
Pays France
Commune Paris

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(Voir situation sur carte : Paris)
Panthéon (Paris)

  GĂ©olocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Panthéon (Paris)
Monument - Monuments par pays

Le PanthĂ©on est un monument de style nĂ©o-classique situĂ© Place du PanthĂ©on sur la montagne Sainte-GeneviĂšve, dans le 5e arrondissement de Paris, au cƓur du quartier latin. Il est entourĂ© notamment par l'Ă©glise Saint-Étienne-du-Mont, la bibliothĂšque Sainte-GeneviĂšve, l'universitĂ© de Paris I (PanthĂ©on-Sorbonne), l'universitĂ© de Paris II (PanthĂ©on-Assas), le lycĂ©e Louis-le-Grand, la mairie du 5e arrondissement et le lycĂ©e Henri-IV. La rue Soufflot lui dessine une perspective Ă  partir du jardin du Luxembourg.

Construit Ă  l'origine au XVIIIe siĂšcle comme une Ă©glise pour abriter la chĂąsse de sainte GeneviĂšve, ce monument a maintenant vocation Ă  honorer des personnages et rappeler des Ă©vĂ©nements ayant marquĂ© l'histoire de France.

Ses diffĂ©rentes destinations successives, sa dĂ©coration, les inscriptions et les symboles qui y figurent, permettent de parcourir la construction — lente et contrastĂ©e — de la nation française.

Ce monument est ouvert au public et géré par le Centre des monuments nationaux.

Sommaire

Histoire

Tout commence par une Ă©glise

DÎme du Panthéon
Intérieur du Panthéon

En 1744, se trouvant Ă  Metz et souffrant d’une grave maladie, Louis XV fait le vƓu, s’il survit, de crĂ©er une Ă©glise dĂ©diĂ©e Ă  sainte GeneviĂšve[1]. RĂ©tabli et de retour Ă  Paris, il charge le marquis de Marigny, directeur gĂ©nĂ©ral des bĂątiments, d'Ă©difier le monument en lieu et place de l’ancienne abbaye Sainte-GeneviĂšve, alors en ruines. En 1755, le marquis de Marigny confie la responsabilitĂ© des plans Ă  l’architecte Jacques-Germain Soufflot.

Les fondations sont creusĂ©es dĂšs 1758. Louis XV pose la premiĂšre pierre le 6 septembre 1764, devant une grandiose prĂ©figuration : le futur portail figure peint et reprĂ©sentĂ© grandeur nature, comme un dĂ©cor en toile tendu sur une charpente ; l'Ɠuvre est due Ă  Pierre-Antoine Demachy.

Cependant, des difficultĂ©s financiĂšres et la mort de Soufflot en 1780 retardent la construction de l'Ă©difice. Il n'est finalement achevĂ© qu'en 1790, par les associĂ©s de Soufflot : Jean-Baptiste Rondelet et Maximilien BrĂ©bion.

De l'église catholique au temple républicain

Entre 1791 et 1793, le bùtiment est profondément modifié par QuatremÚre de Quincy qui lui donne son apparence actuelle pour qu'il devienne un panthéon, c'est-à-dire un monument laïque consacré à la mémoire des grands hommes de la nation.

En effet, la RĂ©volution a Ă©clatĂ© entre temps et sur la proposition de Claude-Emmanuel de Pastoret, l’AssemblĂ©e nationale dĂ©cide, par un dĂ©cret du 4 avril 1791, d’utiliser l’édifice qui vient d'ĂȘtre achevĂ© et n'est pas encore consacrĂ© comme Ă©glise, afin qu'il serve de nĂ©cropole aux personnalitĂ©s exceptionnelles qui contribueront Ă  la grandeur de la France : « que le temple de la religion devienne le temple de la patrie, que la tombe d'un grand homme devienne l'autel de la libertĂ© Â». Il est nommĂ© « PanthĂ©on français Â» et est modifiĂ© en ce sens. Au fronton, est placĂ©e l’inscription suggĂ©rĂ©e par Pastoret : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante Â».

Les revirements historiques

Sous le Premier Empire, par le dĂ©cret du 20 fĂ©vrier 1806, le bĂątiment est Ă  la fois le lieu d’inhumation des grands hommes de la patrie et un lieu de culte. La crypte reçoit donc le cercueil de grands serviteurs de l'État, tandis que dans la partie supĂ©rieure se dĂ©roulent des cĂ©rĂ©monies religieuses notamment liĂ©es aux commĂ©morations impĂ©riales.

« Il [NapolĂ©on] a enfoncĂ© un clou sacrĂ© dans le mur du PanthĂ©on et il a accrochĂ© Ă  ce clou son coup d'État. Â»

— Victor Hugo, NapolĂ©on le Petit — Livre 2, chapitre VIII, 1852

De 1821 Ă  1830, le monument n’est plus un panthĂ©on ; Louis XVIII et Charles X le rĂ©tablissent exclusivement dans sa fonction d'Ă©glise (consacrĂ©e Ă  sainte GeneviĂšve). Cependant, les tombes n'en sont pas retirĂ©es : d'ailleurs, alors que ses courtisans demandent Ă  Louis XVIII s'il est bien convenable de laisser la dĂ©pouille de l'anticlĂ©rical Voltaire dans un lieu rendu Ă  sa fonction d'Ă©glise, le roi rĂ©pond « Laissez-le donc, il est bien assez puni d'avoir Ă  entendre la messe tous les jours Â».

À son tour, la monarchie de Juillet retire l'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve au culte catholique le 15 aoĂ»t 1830 et lui rend sa destination de panthĂ©on qui s’appelle alors « le Temple de la Gloire Â». David d'Angers refait le fronton et la cĂ©lĂšbre devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante Â» rĂ©apparaĂźt. Pourtant durant cette pĂ©riode, personne ne sera panthĂ©onisĂ©.

De 1848 Ă  1851, sous la DeuxiĂšme RĂ©publique, il sera « Temple de l'HumanitĂ© Â», sans succĂšs non plus pour d'Ă©ventuels nouveaux locataires.

Sous le Second Empire (1851-1870), l’édifice redevient une Ă©glise et l’inscription disparaĂźt Ă  nouveau.

Ce n'est que depuis 1885, date de l’inhumation de Victor Hugo au PanthĂ©on, que l'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve n’existe plus. DĂ©sormais le bĂątiment est bien le lieu de repos des grands hommes honorĂ©s par la RĂ©publique.

Architecture

Le PanthĂ©on est un bĂątiment long de 110 m et large de 84 m. La façade principale est dĂ©corĂ©e d’un portique aux colonnes corinthiennes, surmontĂ© d’un fronton triangulaire rĂ©alisĂ© par David d'Angers. Ce fronton reprĂ©sente la RĂ©publique (au centre) donnant la LibertĂ© et protĂ©geant Ă  sa gauche les Sciences - reprĂ©sentĂ©es par de nombreux grands savants (François-Xavier Bichat, Berthollet, Gaspard Monge, Laplace...), philosophes (Voltaire, Jean-Jacques Rousseau...), Ă©crivains (FĂ©nelon, Pierre Corneille...) et artistes (Jacques Louis David...) - et Ă  sa droite l'Histoire - reprĂ©sentĂ©e par les grands personnages de l'État (NapolĂ©on Bonaparte...) et Ă©tudiants de l'École Polytechnique. L'Ă©difice, en forme de croix grecque, est couronnĂ© par un dĂŽme haut de 83 mĂštres, coiffĂ© d’un lanterneau. L’intĂ©rieur est dĂ©corĂ© par des peintres acadĂ©miques comme Puvis de Chavannes, Antoine-Jean Gros ou Cabanel.

Vue panoramique de l'intérieur du Panthéon

Le projet architectural de Soufflot

Premier projet de Jacques-Germain Soufflot, 1756

Le projet architectural de Jacques-Germain Soufflot est une Ă©glise Ă  dĂŽme, en forme de croix grecque, c'est-Ă -dire avec quatre branches courtes, Ă©gales en longueur et en largeur. Pour le rĂ©aliser, il emprunte Ă  diffĂ©rents styles architecturaux, ce qui fera Ă©crire Ă  Maximilien BrĂ©bion : « Le principal objet de M. Soufflot, en bĂątissant son Ă©glise, a Ă©tĂ© de rĂ©unir, sous une des plus belles formes, la lĂ©gĂšretĂ© de la construction des Ă©difices gothiques avec la magnificence de l'architecture grecque. Â»[2]

Armatures dans la pierre

Soufflot a composĂ© son Ă©glise en puisant dans diffĂ©rents registres :

En raison de ce mĂ©lange des rĂ©fĂ©rences, l'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve sera considĂ©rĂ©e par Pierre Lavedan et Louis HautecƓur comme le premier Ă©difice Ă©clectique[3]. Il est cependant gĂ©nĂ©ralement classĂ© comme nĂ©o-classique, d'abord pour sa pĂ©riode de construction, et par le vocabulaire de l'architecture classique (colonnes, entablement, fronton, etc.) utilisĂ© dans une volontĂ© de retour Ă  la simplicitĂ© antique en rĂ©action au style baroque de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente (la façade ne comporte qu'un seul ordre comme les temples grecs, et non des ordres superposĂ©s comme Saint-Louis des Invalides, les colonnes du pĂ©ristyle d'entrĂ©e ont un entrecolonnement rĂ©gulier comme les temples antiques, alors que l'usage classique Ă©tait d'Ă©carter plus les colonnes centrales, le mĂȘme ordre corinthien sert Ă  l'intĂ©rieur et Ă  l'extĂ©rieur, etc.)[4]

D'un point de vue structurel, les quatre nefs servent à contrebuter les poussées latérales du dÎme. Cependant, le recours à l'armature de la pierre est nécessaire, compte tenu des poussées à contenir. Le portail contient une structure métallique invisible. Il s'agit véritablement de pierre armée et non pas simplement chaßnée comme il était souvent pratiqué à l'époque, la disposition des armatures étant déjà celle d'une poutre en béton armé.[5] Cependant cette technique de construction nécessite un entretien régulier, pour éviter que l'humidité n'entre dans la maçonnerie et ne fasse rouiller le fer des armatures qui risquent à leur tour de faire éclater la pierre.

DĂšs 1764, ce projet audacieux est l'objet de protestations de la part du clergĂ© catholique qui s'Ă©lĂšve contre la construction d'une Ă©glise dont le plan au sol ne serait pas celui d'une croix latine. Soufflot doit donc revoir son plan. Il allonge d'une travĂ©e le bras du chƓur (branche est), ce qui permet de crĂ©er une abside flanquĂ©e de deux tours abritant des chapelles au rez-de-chaussĂ©e et des clochers en Ă©lĂ©vation. À l'opposĂ©, il allonge Ă©galement le bras de la branche ouest en la dotant, Ă  la maniĂšre des temples grecs de l'AntiquitĂ©, d'une sorte de pronaos, c'est-Ă -dire d'un portique qui prĂ©cĂšde le sanctuaire.

La triple coupole

Coupe sur la triple coupole

Un Ă©lĂ©ment essentiel de la construction reste invisible aux yeux du visiteur. Alors que l'on pourrait penser qu'une seule coupole soutient le lanterneau et la croix Ă  son sommet, en rĂ©alitĂ©, trois coupoles sont emboĂźtĂ©es les unes dans les autres :

  • Le dĂŽme extĂ©rieur est en pierre recouverte de bandes de plomb, et non pas en charpente, comme il Ă©tait de tradition Ă  l'Ă©poque (comme Ă  Saint-Louis-des-Invalides). Sa mise en Ɠuvre constitue d'ailleurs une vĂ©ritable prouesse technique. AdhĂ©mar, dans son TraitĂ© de charpente[6], explique le choix d'une coupole en pierre par la stabilitĂ© nĂ©cessaire Ă  un grand Ă©difice d'ordinaire soumis par le vent Ă  des oscillations.
  • De l'intĂ©rieur, on peut voir une coupole Ă  caissons, ouverte au centre par un oculus (ouverture ronde). Cette coupole basse s'appuie sur la partie basse du tambour, au niveau de la colonnade extĂ©rieure, qui contrebute l'ensemble.
  • Entre ces deux coupoles, extĂ©rieure et intĂ©rieure, est construite une troisiĂšme coupole technique de forme parabolique (de la forme d'un demi-Ɠuf) qui soutient la lanterne de pierre, laquelle pĂšse plus de cinq tonnes. C'est sur la face intĂ©rieure de cette coupole qu'est peinte L'ApothĂ©ose de sainte GeneviĂšve d'Antoine Gros, que l'on peut admirer Ă  travers l'oculus de la coupole intĂ©rieure. Cette coupole intermĂ©diaire n'est pas constituĂ©e d'un manteau de pierre continu comme le dĂŽme extĂ©rieur : elle est ajourĂ©e par quatre arcs qui permettent de faire descendre les charges de la lanterne vers les piles. Les jours, quant Ă  eux, laissent passer la lumiĂšre prise par les fenĂȘtres en partie haute du tambour entre les deux coupoles infĂ©rieures pour nimber la peinture de l'apothĂ©ose.
Les trois coupoles

Cette mĂ©thode de circulation de la lumiĂšre peut ĂȘtre comparĂ©e avec celle qu'ont adoptĂ©e les prĂ©dĂ©cesseurs de Soufflot ; par exemple, le PanthĂ©on de Rome et son oculus central Ă  ciel ouvert, ou la coupole des Invalides de Paris de Hardouin-Mansart. Un dispositif Ă  trois coupoles a Ă©tĂ© utilisĂ© Ă  la cathĂ©drale Saint-Paul de Londres un peu auparavant, avec cependant un dĂŽme en charpente. Le systĂšme de construction peut ĂȘtre examinĂ© sur la maquette rĂ©alisĂ©e par Rondelet : elle se trouve exposĂ©e dans la chapelle annexe-nord du bĂątiment[7],[8]

La crypte

La crypte couvre toute la surface de l'Ă©difice. En effet, elle est constituĂ©e de quatre galeries, chacune sous chacun des bras de la nef. Cependant, elle n'est pas vĂ©ritablement enterrĂ©e comme une cave puisque des fenĂȘtres, en haut de chaque galerie, sont ouvertes sur l'extĂ©rieur.

On pénÚtre dans la crypte par une salle décorée de colonnes doriques (en référence au temple de Neptune à Paestum, que Soufflot avait visité pendant son voyage en Italie). En avançant, on découvre ensuite, au centre du bùtiment, la vaste salle voûtée de forme circulaire et la petite piÚce centrale, située juste au centre du dÎme.

On peut s'interroger sur les dimensions de la crypte qui paraßt incroyablement vaste. Les 73 hÎtes actuels ne sont pas à l'étroit puisque la capacité totale d'accueil est d'environ 300 places. Une des hypothÚses émises pour expliquer cela serait que Louis XV voulait en faire un mausolée pour les Bourbons.

Les Ă©tapes de la construction

Il s'agissait d'abord de trouver de l'argent pour rĂ©aliser ce projet. On majora le prix des trois loteries mensuelles, leur coĂ»t passant de 20 sols Ă  24, ce qui rapporta 400 000 livres.

Ensuite, il fallait trouver un terrain. On décida de le prendre sur la partie ouest du jardin de l'abbaye Sainte-GeneviÚve. Les travaux commencÚrent en 1758. L'argent récolté ne permit de réaliser que les fondations, car le terrain était miné par les galeries qu'avaient forées, seize siÚcles plus tÎt, les potiers gallo-romains pour extraire l'argile. On dénombra au moins sept puits de 25 mÚtres de profondeur, et une centaine d'autres, moins profonds.

Enfin le 6 septembre 1764 Louis XV vint poser la premiĂšre pierre. On avait Ă©difiĂ© pour l'occasion une reproduction du futur Ă©difice, un trompe-l'Ɠil grandeur nature, de toile et de charpente, reprĂ©sentant le futur portail de l'Ă©glise[9].

La construction avança malgrĂ© tout avec rĂ©gularitĂ© : en 1769, les murs Ă©taient Ă©levĂ©s et en 1776, les voĂ»tes terminĂ©es et dĂ©cintrĂ©es.

Mais le projet fut trĂšs contestĂ©. Bien que cette idĂ©e fĂźt Ă©cole[10], il fut attaquĂ© par de nombreux dĂ©tracteurs. L'audace du projet, mais aussi, il est vrai, des tassements dans les maçonneries dus Ă  une mauvaise exĂ©cution, alimentĂšrent libelles et mĂ©moires explicatifs. La polĂ©mique fut trĂšs vive et c'est dĂ©sespĂ©rĂ© que Soufflot mourut le 29 aoĂ»t 1780 avant que le projet ne fĂ»t terminĂ©. Les critiques principales tendaient Ă  Ă©tablir que les quatre groupes de trois colonnes destinĂ©es Ă  soutenir les trois coupoles, imaginĂ©es par l'architecte, manquaient de soliditĂ© et que l'Ă©difice allait s'Ă©crouler.

La plupart des pierres viennent des carriĂšres du Bassin parisien. Les parties infĂ©rieures, jusqu’à neuf pieds de hauteur, viennent des carriĂšres d'Arcueil et sont constituĂ©es de banc franc rĂ©putĂ© comme le cliquart pour sa finesse et sa duretĂ© du grain. De la carriĂšre de Conflans-Sainte-Honorine, au confluent de la Seine et de l'Oise, on a extrait deux beaux blocs dit de banc royal qui ont Ă©tĂ© employĂ©s pour les angles du fronton. Du banc supĂ©rieur au banc royal, on trouve des pierres d'une duretĂ© et d'une finesse un peu infĂ©rieure, dont on a extrait les blocs qui ont servi aux chapiteaux des colonnes corinthiennes[11].

L'achĂšvement de l'Ă©difice par Rondelet et BrĂ©bion : 1780-1790

La suite des travaux fut confiée à deux collaborateurs de Soufflot, les architectes Rondelet et Brébion aidés d'un parent de Soufflot, Soufflot dit le Romain.

Pour la structure, leur principal apport fut de substituer de massifs piliers aux colonnes imaginées par Soufflot pour soutenir le dÎme.

Ils assurÚrent également le suivi du chantier. On trouvera sur le site italien Vita e opere'[12] de nombreuses gravures sur la construction de l'église Sainte-GeneviÚve, plans de coupe du bùtiment, croquis de machines de chantier pour tester la solidité de la pierre et pour le renforcement de la pierre par des armatures de métal.

Le sculpteur Guillaume II Coustou réalisa le fronton.

Les modifications d'Antoine Chrysostome QuatremÚre de Quincy pour en faire un temple républicain

Le Panthéon en 1792

Le 4 avril 1791, l'AssemblĂ©e constituante transforme l'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve en « PanthĂ©on des grands hommes Â». Elle charge QuatremĂšre de Quincy d'adapter les lieux Ă  cette nouvelle fonction[13].

Les choix de l'architecte vont modifier l'idĂ©e initiale de Soufflot : il change l'apparence extĂ©rieure en supprimant le lanterneau et les clochers, devenus inutiles. IntĂ©rieurement, il obture 38 des 42 fenĂȘtres, modifiant ainsi profondĂ©ment la circulation de la lumiĂšre Ă  l'intĂ©rieur du bĂątiment. Alors que le projet initial Ă©tait de faire entrer le plus de lumiĂšre possible, l'obturation des ouvertures plonge maintenant la base du lieu dans une semi-pĂ©nombre. Elle accentue la lumiĂšre zĂ©nithale issue de l'oculus de la coupole Ă  caissons, comme c'est le cas pour l'austĂšre PanthĂ©on de Rome.

La suppression de ces fenĂȘtres perturbe la ventilation du bĂątiment ; elle accroĂźt en particulier le taux d'humiditĂ© et se trouve Ă  l'origine, au XXe siĂšcle, de fissures et d'Ă©rosion des structures mĂ©talliques.

Au milieu du bouillonnement des idées de la Révolution française, concernant le Panthéon, il faut retenir l'idée de Charles De Wailly, finalement non réalisée, qui aurait consisté à modifier l'édifice pour le mettre au goût de l'époque et lui donner le caractÚre de solidité qui semblait lui manquer.

La période napoléonienne

Durant cette pĂ©riode, la polĂ©mique sur la soliditĂ© de l'Ă©difice continue au point qu'un Ă©tayage intĂ©rieur est mis en place. NapolĂ©on s'intĂ©resse de prĂšs aux remĂšdes possibles pour le solidifier en proposant de mettre des piliers en fonte pour soutenir le dĂŽme. Il attribue une somme de 600 000 francs Ă  la rĂ©fection du bĂątiment et, sur les conseils de son architecte, M. Fontaine, il charge Rondelet de cette mise en application.[14]

Finalement la seule réalisation sera, à l'arriÚre de l'édifice, la construction d'un escalier monumental pour descendre dans la crypte.

Les éléments de décors

Groupe Le Vengeur commémorant la bataille du 13 prairial an II, par Ernest Dubois, 1908, marbre.
L'apothéose de sainte GeneviÚve par Antoine-Jean Gros, 1811, fresque, version définitive
L'apothéose de sainte GeneviÚve par Antoine-Jean Gros, projet initial, Musée Carnavalet.

Passées ces étapes de construction, le bùtiment ne subira plus de modification de structure.

Au grĂ© de l'histoire des XIXe et XXe siĂšcles, du Premier Empire au dĂ©but de la QuatriĂšme RĂ©publique, chaque pouvoir en place utilisera la destination de cet Ă©difice comme l'affirmation de sa conception de l'État, et en particulier de son rapport avec le pouvoir religieux.

L'Ă©tude et l'observation des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments des dĂ©cors intĂ©rieurs et extĂ©rieurs — tour Ă  tour chrĂ©tiens, patriotiques, rĂ©publicains, francs-maçons, philosophiques — rendent compte des Ăąpres dĂ©bats politiques de chaque pĂ©riode.

Ceux qui ont été retenus puis retirés, ceux qui ont été modifiés, ceux qui ont survécu, tout comme les projets refusés, l'ensemble de ces choix constitue une illustration de l'art officiel du moment.

La Révolution française

Les symboles religieux sont enlevés et le fronton est modifié pour accueillir un motif révolutionnaire. Des fragments du fronton primitif sont encore visibles dans le bras-sud de la crypte, en particulier un profil de Louis XVI.

Le nouveau motif, du sculpteur Jean Guillaume Moitte qui en achÚve l'exécution en 1793, représente la Patrie couronnant la Vertu, tandis que la Liberté saisit par leur criniÚre deux lions attachés à un char qui écrase le Despotisme, et qu'un génie terrasse la Superstition.

L'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante Â» y est apposĂ©e.

Au-dessus des portes latĂ©rales sont posĂ©s deux bas-reliefs : Ă  gauche, « L'Instruction publique Â», Ɠuvre de Lesueur ; Ă  droite, « Le DĂ©vouement patriotique Â», Ɠuvre de Chaudet.

Lors de la bataille du 13 prairial an II, le vaisseau Le Vengeur, faisant partie de l'escadre de Brest, sombre en livrant bataille contre une escadre britannique qui voulait empĂȘcher le passage de 160 navires en provenance d'AmĂ©rique, chargĂ©s de blĂ©, pour assurer le ravitaillement des Français. La lĂ©gende raconte que pendant le naufrage du bateau les marins criaient « Vive la Nation ! Vive la RĂ©publique Â». La Convention dĂ©crĂšte alors qu’une maquette du bateau serait suspendue Ă  la voĂ»te du PanthĂ©on et que les noms des membres de l’équipage seraient gravĂ©s sur les colonnes du monument. Le 9 thermidor empĂȘcha cette rĂ©alisation.

Plus tard, une statue commémorant l'événement sera placée le long d'un des piliers (date inconnue).

Saint-Just propose que les noms des victoires soient inscrits sur ses murs et que des livres y soient déposés, portant le nom de tous ceux qui ont concouru à la Révolution ou qui en seront morts ou en auront souffert. [15]

La période napoléonienne

Sur un pendentif, La Mort par Carvallo

Napoléon rend à l'édifice sa fonction d'église mais il installe dans la crypte des dignitaires de l'Empire.

En 1801, Somer y fait transporter l'orgue des Bénédictins britanniques.

DÚs 1806, l'architecte Rondelet est chargé de consolider les piliers du dÎme et en 1811 on commande à Antoine-Jean Gros une peinture représentant l'apothéose de sainte GeneviÚve. Dans cette peinture, l'Empereur occupait naturellement une place importante, tenant à la main le Code civil français. Les changements politiques de 1815 nécessitÚrent des transformations dans les personnages représentés. [En savoir plus...]

Sur les pendentifs, Carvallo peint, d'aprĂšs des dessins de GĂ©rard, des allĂ©gories relatives au premier Empire : la Gloire, la Mort, la Patrie, la Justice.

Un escalier monumental est construit pour descendre dans la crypte.

Les PremiĂšre et Seconde Restauration 1814-1830

Louis XVIII dĂ©cide de rendre le bĂątiment Ă  sa destination premiĂšre : le 3 janvier 1822, jour de la fĂȘte de la patronne de Paris, l'Ă©glise est inaugurĂ©e. Le fronton est modifiĂ© en consĂ©quence. Il reprĂ©sente maintenant une croix de pierre au milieu de rayons fulgurants ; la formule « Aux grands hommes la patrie reconnaissante Â» est remplacĂ©e par l'inscription « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud. XVIII restituit Â»

On aménage la chapelle, située sous l'ancien clocher nord, avec un décor de pilastres orange et une coupole en pierre, coupole à caissons ornés de roses finement sculptées.

La peinture d'Antoine Gros, remaniée, est visitée par le roi Charles X en 1824. Elle sera achevée à cette date ou en 1827 selon les auteurs.

  • La Restauration de Louis-Philippe 1830-1848
Fronton oĂč est inscrite la devise du PanthĂ©on, ornĂ© du bas-relief sculptĂ© par David d'Angers en 1837.

Louis-Philippe transforme à nouveau l'édifice en panthéon.

En 1837 on commande à Nanteuil trois bas-reliefs au centre du péristyle, pour remplacer ceux de l'époque révolutionnaire. Ainsi se trouve désormais au-dessus de la porte centrale L'Apothéose du héros mort pour la patrie, encadrée par Les Sciences et les Arts et La Magistrature.

Entre 1831 et 1837, David d'Angers réalise une sculpture pour le fronton La Patrie couronnant les hommes célÚbres[16]. Le plùtre de ce bas-relief est visible à la galerie David d'Angers à Angers. Il sera secondé dans ce travail par Hippolyte Maindron.

Le motif représente au centre La Patrie distribuant des couronnes aux grands hommes, entre la Liberté à droite qui donne les couronnes et l'Histoire à gauche qui inscrit sur ses tables les noms.

Grille Ă  palmettes

En 1837, le gouvernement tente de faire supprimer l’effigie de La Fayette, ce que David d'Angers refuse avec obstination, appuyĂ© en cela par la presse libĂ©rale. Aussi le fronton est-il dĂ©voilĂ© sans cĂ©rĂ©monie officielle.

L'inscription : « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante Â» est remise en place.

Enfin on décide d'entourer le monument d'une grille à palmettes. Son dessin, ainsi que celui des deux candélabres en bronze, sont dus à Louis-Pierre Baltard architecte et graveur. La réalisation en est confiée à l'architecte Destouches.

Baltard rétablit également le lanterneau du dÎme, supprimé à la Révolution.

La Seconde RĂ©publique 1848-1851

Projet de mosaĂŻque de Paul Chenavard : la PalingĂ©nĂ©sie sociale.

En 1848, Ledru-Rollin et le gouvernement provisoire passent commande au peintre Paul Chenavard de la dĂ©coration intĂ©rieure. Il mĂšne pendant trois ans des recherches passionnĂ©es. Il imagine de rĂ©aliser une histoire de l'humanitĂ© et de son Ă©volution morale, interprĂ©tĂ©e comme une suite de transformations devant aboutir Ă  une fin gĂ©nĂ©rale et providentielle. La partie gauche reprĂ©senterait l'Ăšre paĂŻenne ; le chƓur, avec une PrĂ©dication de l'Évangile, figurerait la fin des temps antiques et le dĂ©but des temps nouveaux. À droite, des fresques illustreraient les temps modernes. Enfin sur le pavage serait placĂ©e, au centre, une gigantesque synthĂšse de la « Philosophie de l'histoire Â», nouvelle École d'AthĂšnes du XIXe siĂšcle, entourĂ©e par l'« Enfer Â», le « Purgatoire Â», la « RĂ©surrection Â» et le « Paradis Â».[17]

Ce projet est arrĂȘtĂ© par le dĂ©cret de 1851 (voir la section Second Empire).

C'est durant l'année 1851 que l'attraction créée par les oscillations d'un pendule de 67 mÚtres de long accroché à la nef par Léon Foucault intrigue un grand nombre de visiteurs.

Le Second Empire 1851-1871

L'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve en 1867

Le 6 décembre 1851, le futur Napoléon III retransforme le Panthéon en basilique nationale, dédiée à sainte GeneviÚve. L'inauguration a lieu le 3 janvier 1852.

On entoure de planches les tombeaux de Rousseau et de Voltaire pour qu'ils ne soient plus visibles.[18]

La commande passĂ©e au peintre Paul Chenavard est arrĂȘtĂ©e. Son projet, prĂ©sentĂ© en 1855, avait Ă  nouveau suscitĂ© la polĂ©mique. Le prince-prĂ©sident, qui a rendu l'Ă©difice au culte catholique, ne pouvait pas trouver, dans ce syncrĂ©tisme encyclopĂ©dique, une affirmation suffisamment forte du rĂŽle de l'Église dans la constitution de l'État français.

(Les cartons préparatoires de Chenavard sont actuellement au Musée des Beaux-Arts de Lyon.)

Le mobilier religieux est alors remis en place et on enlĂšve l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante Â».

L'Ă©glise devient le siĂšge d'un chapitre de chanoines les «Chapelains de Sainte-GeneviĂšve». La nĂ©cessitĂ© de grandes orgues se fait sentir. En novembre 1852, le gĂ©nial facteur d'orgues Aristide CavaillĂ©-Coll propose le projet d'un nouvel orgue en l’église Sainte-GeneviĂšve. Le 17 dĂ©cembre suivant, le ministre de l'intĂ©rieur signe le marchĂ©, d'un montant de 20.000 francs. En 1853, CavaillĂ©-Coll rĂ©alise et installe le nouvel instrument, un huit pieds de deux claviers-pĂ©dalier et de 21 jeux, qui participe ainsi au service de la liturgie. ClĂ©ment Loret en est le titulaire.

L'État commande Ă  Hippolyte Maindron deux groupes de statues Ă  placer sous le pĂ©ristyle d'entrĂ©e : Attila et sainte GeneviĂšve (1857) et La conversion de Clovis par saint RĂ©mi (1865). Ces deux grands ensembles ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s aux rĂ©serves des musĂ©es lors de la derniĂšre restauration du monument, et ne se trouvent donc plus sur place aujourd'hui.[19] Ces Ɠuvres restent nĂ©anmoins visibles au MusĂ©e des Beaux-Arts d'Angers.

Les deux portes latĂ©rales sont posĂ©es : en bronze, dessinĂ©es par Constant-Dufeux, elles rappellent Ă  la fois le chiffre de sainte GeneviĂšve et l'inscription de la façade : Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante. Elles portent le millĂ©sime MDCCCL (1850).

  • La Commune de Paris 1871

François Jourde, communard, annonce Ă  la foule que le PanthĂ©on sera retirĂ© au culte religieux pour ĂȘtre affectĂ© au culte des grands hommes. Le 31 mars 1871, on hisse un drapeau rouge au sommet de l'Ă©difice.

Le 2 avril 1871 les petites branches de la croix qui surmonte l'Ă©difice sont sciĂ©es et un drapeau rouge est plantĂ© au sommet.

La TroisiĂšme RĂ©publique

GeneviÚve soutenue par sa pieuse sollicitude veille sur la ville endormie, par Pierre Puvis de Chavannes, 1898, Peinture sur toile marouflée.

L'architecte Louis-Victor Louvet procĂšde Ă  des restaurations et, en juillet 1873, il replace la croix au sommet du dĂŽme.

Cependant à l'occasion de l'enterrement de Victor Hugo en 1885, on décide de transformer de nouveau l'église Sainte-GeneviÚve en panthéon.

On enlĂšve le mobilier religieux et on remet l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante Â». L'orgue se fait entendre une derniĂšre fois dans ce lieu, car en 1891, par entente entre les dĂ©partements de la guerre et des travaux publics, l’orgue est affectĂ© Ă  l’église de l’hĂŽpital militaire du Val-de-GrĂące oĂč il est transfĂ©rĂ© la mĂȘme annĂ©e par le facteur Merklin.

Une commande est passĂ©e par le marquis de ChenneviĂšres, en 1874, pour la rĂ©alisation d'un grand cycle de peinture sur l'histoire de France. Ces huiles sur toile marouflĂ©e sont accrochĂ©es devant les fenĂȘtres obturĂ©es par QuatremĂšre de Quincy, rendant ainsi quasi-dĂ©finitivement impossible le retour au projet initial de Soufflot.

On peut remarquer :

- La suite décorative consacrée à sainte GeneviÚve, par Pierre Puvis de Chavannes

- La prédication de saint Denis, par Pierre-Victor Galland

- Le martyre de saint Denis, par LĂ©on Bonnat

- Sainte Geneviùve rend le calme aux Parisiens à l'approche d'Attila, par Jules-Élie Delaunay

- La vie de saint Louis, par Alexandre Cabanel

- L'histoire de Jeanne d'Arc, par Jules EugĂšne Lenepveu

- La mort de sainte GeneviĂšve, par Jean-Paul Laurens

- Le vƓu de Clovis Ă  la bataille de Tolbiac, Le baptĂȘme de Clovis, par Paul-Joseph Blanc

- L'idée de la Patrie, L'Abondance, La ChaumiÚre, La Peste, par Jules-Ferdinand Humbert

- Charlemagne couronné empereur protégeant les Arts, par Henri-Léopold Lévy

mosaĂŻque de l'abside, par Ernest HĂ©bert.

De 1875 Ă  1884, Ernest HĂ©bert rĂ©alise la mosaĂŻque de l'abside, reprĂ©sentant Le Christ montrant Ă  l'ange de la France les destinĂ©es de son peuple (ANGELVM GALLIÆ CVSTODEM CHRISTVS PATRIÆ FATA DOCET). À sa droite l'ange, debout, portant une Ă©pĂ©e puis, Ă  genoux, la Ville de Paris portant le Scilicet ; Ă  sa gauche, sainte GeneviĂšve debout et, Ă  genoux, Jeanne d'Arc tenant un drapeau. Cette reprĂ©sentation illustre les dĂ©bats qui pouvaient agiter les dĂ©buts de la TroisiĂšme rĂ©publique entre laĂŻcs et catholiques : sur les cinq personnages reprĂ©sentĂ©s, quatre ont une aurĂ©ole, dont celui reprĂ©sentant la Ville de Paris ; Jeanne d'Arc en revanche n'en porte pas. Elle ne sera canonisĂ©e par l'Ă©glise catholique qu'en 1920.

Mirabeau, par Jean-Antoine Injalbert, 1889, refait en 1924, marbre.

Une sculpture de Mirabeau est commandĂ©e Ă  Jean-Antoine Injalbert. Dans le mĂȘme temps, on commande Ă  Auguste Rodin un monument Ă  la gloire de Victor Hugo. Le projet avait Ă©tĂ© conçu par Édouard Lockroy, en hommage aux grands hommes de l'histoire de France. Il devait comporter cent sculptures qui auraient Ă©tĂ© placĂ©es dans le transept nord. L'idĂ©e Ă©tait de reconstituer la fiertĂ© nationale mise Ă  mal par la dĂ©faite rĂ©cente de 1870 face aux Prussiens. Or le comitĂ© chargĂ© de juger les Ɠuvres conclut que les propositions de Rodin ne s’harmonisent pas avec la statue de Mirabeau.
Le modÚle en plùtre de la statue de Lazare Hoche modelée en 1900 pour le monument érigé à Quiberon par Jules Dalou lui fait pendant.

Vers la gloire par Edouard Detaille, 1902, peintures sur toiles marouflées (détail du triptyque).
La Convention nationale, de François-Léon Sicard, 1920, pierre.

De 1902 Ă  1905, Édouard Detaille peint le triptyque Vers la gloire, qualifiĂ© d'hymne pictural Ă  la RĂ©publique.

En 1906 une copie du Penseur de Auguste Rodin est placée devant le Panthéon. Elle a été retirée par la suite.

En 1913, on place un autel républicain dans l'espace initialement prévu par Soufflot pour l'autel religieux dans la destination premiÚre de l'édifice. C'est François-Léon Sicard qui réalise cet ensemble, à la gloire de La Convention nationale en 1920.

AprÚs la PremiÚre Guerre mondiale, en 1927, est apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France au cours de la période 1914-1918.

Deux monuments sont installĂ©es dans le transept. Face Ă  celui de Paul Landowski au nord dĂ©diĂ© « Ă€ la mĂ©moire des artistes dont le nom s'est perdu Â» (1913) se trouve celui de Henri Bouchard en hommage « Aux hĂ©ros inconnus, aux martyrs ignorĂ©s morts pour la France Â» (1924).

Le Panthéon de Paris est classé monument historique en 1920.

La QuatriĂšme RĂ©publique

AprÚs la Seconde Guerre mondiale est apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France pendant la période 1939-1945.

De part et d'autre du Panthéon sont érigées en 1952 les nouvelles statues en pierre de Pierre Corneille et de Jean-Jacques Rousseau, en remplacement de deux statues envoyées à la fonte par l'occupant allemand pour récupération des métaux non ferreux pour l'industrie de l'armement en 1942.

La premiÚre statue de Rousseau avait été inaugurée en février 1889, en ouverture des célébrations du premier centenaire de la Révolution française.

La CinquiĂšme RĂ©publique

Cette pĂ©riode semble marquer une certaine stabilitĂ© ; aucun Ă©lĂ©ment architectural n'a plus Ă©tĂ© modifiĂ©, retirĂ© ou ajoutĂ© depuis 1958.

Pourtant un Ă©lĂ©ment de dĂ©coration symbolique est venu occuper le centre de la nef, jusqu’à ce jour restĂ©e vide et sans affectation : la reconstitution, en 1995, de l'expĂ©rience du pendule de Foucault. Depuis cette date, la boule de laiton partage l'univers en deux alors que tourne autour d'elle la dĂ©esse Ă©gyptienne Bastet, statue installĂ©e en 1996 pour la cĂ©rĂ©monie du transfert des cendres d'AndrĂ© Malraux.

L'époque contemporaine manifeste un souci évident de préservation et de conservation du monument, d'autant plus nécessaire que l'obturation des ouvertures imaginées par Soufflot modifie la ventilation du bùtiment et augmente le taux d'humidité, provoquant ainsi l'effritement des pierres et la corrosion de la structure métallique.

En 1984, l'architecte en chef des monuments historiques, Hervé Baptiste, est chargé de la restauration du bùtiment.

Le projet de loi de finances pour 2006 prévoit la poursuite de la rénovation de l'édifice.

Un autre Ă©vĂ©nement rend urgente la restauration : lors de la tempĂȘte du dimanche 26 dĂ©cembre 1999, la toiture du dĂŽme subit des dĂ©gĂąts importants. La couverture est fortement endommagĂ©e ; des plaques de plomb se sont envolĂ©es, provoquant des dĂ©gĂąts aux alentours. Le ministĂšre de la culture, Ă  l'Ă©poque, Ă©value les travaux Ă  5 millions de francs (MF) pour l'urgence, et Ă  40 MF pour la restauration dĂ©finitive du dĂŽme.

En 2007, plusieurs projets mineurs de rĂ©novation et d'amĂ©nagement de visite sont en cours de rĂ©alisations :

  • La mise en scĂšne de la crypte des Grands Hommes : Une nouvelle scĂ©nographie (mise en lumiĂšre, ambiance sonore, textes) donnera une plus grande lisibilitĂ© au lieu et aux tombeaux importants, notamment ceux de Rousseau, Voltaire, Hugo, Malraux...
  • La rĂ©alisation d'une maquette tactile qui servira de support pĂ©dagogique pour les ateliers pour enfants et les visites tactiles pour personnes dĂ©ficientes visuelles,
  • La restauration de la maquette du XVIIIe siĂšcle, classĂ©e « Monument historique au titre objet Â» en 1975.
  • les bas-reliefs des droits de l'homme par Guillaume Boichot, au-dessus de la porte du PanthĂ©on.

De 2005 Ă  2006, les membres d'une organisation, nommĂ©e Untergunther, qui occupent clandestinement le PanthĂ©on depuis plusieurs annĂ©es, restaurent secrĂštement Ă  leur frais, l'horloge Wagner, qui date de 1850, et qui ne fonctionne plus depuis 1965. Cette action leur vaudra d'ĂȘtre traduit en justice par le Centre des monuments nationaux ; ils seront finalement relaxĂ©s.[20] [21]

Le Temple républicain, lieu de mémoire collective

L'hommage de la Nation

Qui dĂ©cide d'une inhumation ?

Commençant avec la RĂ©volution française dans un bĂątiment neuf et encore non consacrĂ© comme Ă©glise, la « panthĂ©onisation Â» est une tradition reprise des Égyptiens et qu'ont suivie ensuite les Grecs puis les Romains. Le choix de donner Ă  un personnage l'hommage ultime de « grand homme Â» de la nation française, ainsi que la mise en scĂšne de la cĂ©rĂ©monie, varient suivant les pĂ©riodes de l'histoire de France.

En 1791, au moment de la création du concept de Panthéon français, c'est l'Assemblée constituante qui décide. La Convention en 1794 prendra le relais pour le choix de l'inhumation de Jean-Jacques Rousseau, mais aussi pour retirer Mirabeau en 1794 et plus tard Marat.

Pendant le Premier Empire, c'est bien sĂ»r NapolĂ©on Ier qui s'attribuera ce privilĂšge.

Sous la TroisiĂšme RĂ©publique, ce sont les dĂ©putĂ©s qui proposent et dĂ©cident. Certains transferts, comme celui d’Émile Zola en 1908, dĂ©clenchent de violentes polĂ©miques.

À l'heure actuelle, ce choix revient au prĂ©sident de la RĂ©publique. Il s'agit plus d'un Ă©tat de fait que d'un vĂ©ritable droit, aucun texte officiel ne rĂ©gissant ni les critĂšres ni la forme de la cĂ©rĂ©monie. On peut toutefois noter que plusieurs prĂ©sidents de la cinquiĂšme rĂ©publique (Charles de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac) ont voulu ponctuer leur Ă©poque par des panthĂ©onisations, symboliques de leur propre vision de l'Histoire de la France.

Les grands hommes inhumés au Panthéon

En 2007, on recense 76 personnalitĂ©s dont le gouvernement au pouvoir a dĂ©cidĂ© la « panthĂ©onisation Â».

Plusieurs d'entre eux, aprĂšs avoir Ă©tĂ© admis en ont ensuite Ă©tĂ© retirĂ©s. Il s'agit de :

Pour Descartes, Bara ou Viala, si la décision a été prise, le transfert n'a pas été exécuté.

De plus, le corps du général Beaurepaire n'ayant pas été retrouvé, la cérémonie n'a pas eu lieu.

Aujourd'hui la France honore donc 65 des siens par des tombes ou urnes funéraires, situées dans la partie inférieure du monument.

Il faut ajouter trois tombes placĂ©es ici pour des raisons particuliĂšres :

  • l’architecte Soufflot, inhumĂ© lĂ  en 1829 en tant que concepteur du bĂątiment,
  • Marc Schoelcher, le pĂšre de Victor, qui repose avec son fils pour respecter leur volontĂ© commune,
  • Sophie Berthelot, la femme du chimiste, pour la mĂȘme raison. Du reste, accablĂ© de douleur, Marcellin Berthelot est dĂ©cĂ©dĂ© une heure aprĂšs son Ă©pouse.

Date d'inhumation :

Tableau des panthéonisations par période historique et par date
Période historique Nombre d'entrées Détails
Révolution française 6


Premier Empire 43


PremiĂšre et Seconde Restauration 1


Monarchie de Juillet néant
DeuxiÚme République néant
Second Empire néant
Commune de Paris néant
TroisiĂšme RĂ©publique 11


État français nĂ©ant
QuatriĂšme RĂ©publique 5


CinquiĂšme RĂ©publique 10


On trouvera dans l'article Liste des personnes inhumées au Panthéon de Paris, un classement par caveau.

Les inscriptions

De part et d'autre du monument Ă  la Convention nationale on trouve :

- Sur le mur de la nef se trouvent quelques inscriptions concernant des personnages ayant marquĂ© l'histoire de France par leur combat et leurs idĂ©es :

  • Henri Bergson : Philosophe dont l'Ɠuvre et la vie ont honorĂ© la France et la pensĂ©e humaine
  • Antoine de Saint-ExupĂ©ry : PoĂšte, romancier, aviateur, disparu au cours d'une mission de reconnaissance le 31 juillet 1944
  • L'aviateur Georges Guynemer : À la mĂ©moire du capitaine Guynemer symbole des aspirations et des enthousiasmes de l'armĂ©e de la Nation.
  • GĂ©nĂ©ral Delestraint : À la mĂ©moire du genĂ©ral Delestraint, chef de l'armĂ©e secrĂšte, compagnon de la LibĂ©ration

- Dans l'escalier monumental qui mĂšne Ă  la crypte, on remarque une plaque gravĂ©e en mĂ©moire des soldats de la guerre de 1870 :À la mĂ©moire des gĂ©nĂ©raux D'Avrelles de Paladines, Chanzy et Faidherbe, des colonels Denfert-Rochereau et Teyssier ainsi que des officiers et des soldats des armĂ©es de terre et de mer qui en 1870-1871 ont sauvĂ© l'honneur de la France. La plaque est entourĂ© de deux Ă©cussons rappelant les batailles livrĂ©es : Patay, OrlĂ©ans, Belfort, Bapaume, Coulmiers, Bitche.

- Dans la crypte,

  • sont accrochĂ©es des plaques de bronze sur lesquelles on peut lire les noms des victimes de la rĂ©volution de 1830. Ces plaques ont Ă©tĂ© posĂ©es par Louis-Philippe lors d'un cĂ©rĂ©monie le 29 juillet 1831. Les noms des martyrs de la RĂ©volution de 1848 ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s par la suite.À la mĂ©moire des martyrs de la RĂ©volution tombĂ©s en 1830 et 1848 pour que vive la LibertĂ©.
  • deux inscriptions proches du caveau XXVI oĂč sont les cercueils de Jean JaurĂšs, FĂ©lix ÉbouĂ©, Marc Schoelcher et Victor Schoelcher :
    • À la mĂ©moire de Toussaint Louverture : Combattant de la libertĂ©, artisan de l'abolition de l'esclavage, hĂ©ros haĂŻtien mort dĂ©portĂ© au Fort-de-Joux en 1803.
    • À la mĂ©moire de Louis DelgrĂšs  : HĂ©ros de la lutte contre le rĂ©tablissement de l'esclavage Ă  la Guadeloupe, mort sans capituler avec trois cents combattants au Matouba en 1802, Pour que vive la libertĂ©.
  • Hommage aux «Justes de France». Sur la plaque on peut lire le texte suivant : Sous la chape de haine et de nuit tombĂ©e sur la France dans les annĂ©es d'occupation, des lumiĂšres, par milliers, refusĂšrent de s'Ă©teindre. NommĂ©s "Justes parmi les nations" ou restĂ©s anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvĂ© des juifs des persĂ©cutions antisĂ©mites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarnĂ© l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolĂ©rance et d'humanitĂ©.

[En savoir plus ...]

Les cérémonies à l'occasion de transferts de cendres

On peut consulter sur le site Monum, Centre des Monuments français, la prĂ©sentation des personnages admis au PanthĂ©on. À partir de la cĂ©rĂ©monie d'Émile Zola (1908), des documents audio-visuels au format flash sont proposĂ©s.

Révolution française

* Mirabeau, lundi 4 avril 1791

  • La cĂ©rĂ©monie Il meurt Ă  Paris, le 2 avril 1791. La nuit Ă  la lueur des flambeaux, son corps est portĂ© au PanthĂ©on, Ă  travers le vieux Paris, aux sons formidables et inconnus d'instruments de musique imaginĂ©s par François-Joseph Gossec. L'Ă©difice n'Ă©tant pas encore adaptĂ© Ă  sa nouvelle destination, le cercueil est en fait dĂ©posĂ© dans un caveau de l'ancienne Ă©glise abbatiale. Sa dĂ©pouille fut dĂ©posĂ©e Ă  l'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve, transformĂ©e en PanthĂ©on par QuatremĂšre de Quincy.


Mais, en novembre 1792, la dĂ©couverte de l'armoire de fer aux Tuileries livra la preuve des subsides qu'il avait touchĂ©s de la Cour
 Le 12 septembre 1794 (26 fructidor an II), son cercueil Ă©tait sorti du PanthĂ©on par une porte latĂ©rale, tandis que celui de Marat franchissait la porte d'honneur. Dans son discours, David souligna cette simultanĂ©itĂ© : « Que le vice, que l'imposture fuient du PanthĂ©on. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais Â». La dĂ©pouille de Mirabeau fut inhumĂ©e au cimetiĂšre de Clamart[25] de maniĂšre anonyme. MalgrĂ© des recherches menĂ©es en 1889, ses restes n'ont jamais Ă©tĂ© retrouvĂ©s.[26]


* Voltaire, lundi 11 juillet 1791

La décision des révolutionnaires français de transférer les restes de Voltaire au Panthéon marque pour eux l'affirmation d'une filiation avec le siÚcle des LumiÚres. Il s'agit sans doute d'une suggestion des Girondins, qui se réclamaient volontiers des idées du philosophe.
C'est en tout cas l'une des premiĂšres cĂ©rĂ©monies rĂ©volutionnaires. C'est aussi l'affirmation du PanthĂ©on comme temple laĂŻque ; il faut se souvenir qu'Ă  sa mort en 1778, Voltaire, franc-maçon et anticlĂ©rical, avait Ă©tĂ© enterrĂ© presque clandestinement, l'Ă©glise catholique lui ayant refusĂ© des obsĂšques religieuses. D'ailleurs, en toute logique, le clergĂ© ne participera pas Ă  la cĂ©rĂ©monie de panthĂ©onisation.

  • La cĂ©rĂ©monie
Cercueil de Voltaire pour sa panthéonisation

Ainsi, treize ans aprĂšs sa mort (30 mai 1778), la dĂ©pouille de Voltaire est transfĂ©rĂ©e au PanthĂ©on. La nuit prĂ©cĂ©dant le convoi funĂšbre, le cercueil est exposĂ© dans les ruines de la Bastille, prison oĂč avaient Ă©tĂ© dĂ©tenus Voltaire et d'autres ennemis de l'Ancien RĂ©gime, devenue depuis symbole de la RĂ©volution.
La cérémonie est mise en scÚne par l'architecte Cellerier, adepte d'un style gréco-romain.

Le convoi funĂšbre est conduit par un dĂ©tachement de cavaliers, suivi par les dĂ©lĂ©gations des Ă©coles, des clubs, des confrĂ©ries et des groupes d'acteurs de thĂ©Ăątre. Puis viennent des ouvriers ayant pris part Ă  la dĂ©molition de la Bastille, portant des boulets et des chaĂźnes trouvĂ©s dans la prison. Quatre hommes en costume de thĂ©Ăątre classique soutiennent une statue dorĂ©e de Voltaire. Des acteurs brandissent des banniĂšres avec les titres de ses principaux ouvrages. Ensuite vient un coffre dorĂ©, contenant une Ă©dition complĂšte de ses Ɠuvres, rĂ©cemment publiĂ©e, en 92 volumes. Une foule immense accompagne le cortĂšge.

Un orchestre complet prĂ©cĂšde le sarcophage tirĂ© par douze chevaux blancs. Les parois sont dĂ©corĂ©es de masques de thĂ©Ăątre, avec cette sentence : « Il combattit les athĂ©es et les fanatiques. Il inspira la tolĂ©rance, il rĂ©clama les droits de l'homme contre la servitude de la fĂ©odalitĂ©. PoĂšte, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit Ă  ĂȘtre libre. Â»

Les membres de l'AssemblĂ©e nationale, les magistrats et le Conseil municipal de Paris suivent le cercueil. Le convoi s'arrĂȘte Ă  l'OpĂ©ra, Ă  l'Ancienne et Ă  la Nouvelle ComĂ©die, et vers minuit atteint le PanthĂ©on.

Le musicien François-Joseph Gossec compose pour la cĂ©rĂ©monie un hymne pour chant et cuivres (ou pour trois voix, chƓur d'homme et orchestre d'harmonie) sur un poĂšme de Marie-Joseph ChĂ©nier.

La cĂ©rĂ©monie a coĂ»tĂ© 36 868 livres dont 602 pour le banquet offert aux gardes nationaux ayant formĂ© le cortĂšge.

Peinture de Pierre-Antoine Demachy


* Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, le jeudi 24 janvier 1793
À peine Louis XVI vient-il d'expirer, BarrĂšre demande :
- Que le corps de Lepeletier soit déposé au Panthéon, que la Convention entiÚre assiste à ses funérailles, et que tous les représentants s'y jurent une union fraternelle.
- Je demande aussi les honneurs du Panthéon pour Lepelletier, lit Robespierre, car ces honneurs seront pour la République plus que pour un individu.[27]

  • La cĂ©rĂ©monie

Marie-Joseph ChĂ©nier organise un spectacle Ă  l'antique pour celui qui vient d'ĂȘtre assassinĂ© par un valet du roi Louis XVI. C'est avec lui que dĂ©bute le culte des hĂ©ros rĂ©volutionnaires tombĂ©s pour l'exemple. Sur la banniĂšre du cortĂšge, en lettres d'or on peut lire les derniĂšres paroles attribuĂ©es Ă  Lepeletier Je meurs content de verser mon sang pour la patrie, j'espĂšre qu'il servira Ă  consolider la libertĂ© et l'Ă©galitĂ© et Ă  faire reconnaĂźtre les ennemis du peuple.


En 1795, il est retiré du Panthéon et son corps est récupéré par sa famille.


* Jean-Paul Marat, 21 septembre 1794
Son corps d'abord inhumé au couvent des Cordeliers est ensuite transféré au Panthéon.
Le peintre Jacques Louis David est chargé d'organiser de grandioses funérailles.
Tandis que le corps de Marat franchissait la porte d'honneur, celui de Mirabeau Ă©tait sorti par une porte latĂ©rale. Dans son discours, David souligne cette simultanĂ©itĂ© : « Que le vice, que l'imposture fuient du PanthĂ©on. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais Â».
L'Ă©loge suivant est prononcĂ© : « Comme JĂ©sus, Marat aima ardemment le peuple et n’aima que lui. Comme JĂ©sus, Marat dĂ©testa les rois, les nobles, les prĂȘtres, les riches, les fripons et comme JĂ©sus, il ne cessa de combattre ces pestes de la sociĂ©tĂ© Â».
En 1795, il est considĂ©rĂ© comme traĂźtre. Le 8 fĂ©vrier, son cercueil est retirĂ© du PanthĂ©on, tous les bustes le reprĂ©sentant sont brisĂ©s, ses restes jetĂ©s dans les Ă©gouts. Son tombeau est maintenant dans le cimetiĂšre de l'Ă©glise Saint-Étienne-du-Mont Ă  cĂŽtĂ© du PanthĂ©on.


* Jean-Jacques Rousseau, samedi 11 octobre 1794

Transfert des cendres de Rousseau
Tombeau de Rousseau

La Convention nationale prend un dĂ©cret le 14 avril 1794 ordonnant la translation des restes de Rousseau au PanthĂ©on. Robespierre, disciple fidĂšle du Genevois, se charge de prĂ©senter Ă  la Convention le dĂ©cret qui doit asseoir la RĂ©volution sur une base spirituelle et offrir au pays des cĂ©rĂ©monies civiques oĂč seront cĂ©lĂ©brĂ©s les dogmes de la morale nouvelle, pour remplacer les fĂȘtes chrĂ©tiennes dĂ©sormais interdites.

  • La cĂ©rĂ©monie

Les cĂ©rĂ©monies se dĂ©roulent les 18, 19 et 20 vendĂ©miaire an 3 (9, 10 et 11 octobre). Un grand cortĂšge gagne les Tuileries oĂč une Ăźle factice a Ă©tĂ© reproduite dans un grand bassin. Une veillĂ©e s'organise toute la nuit autour de l'urne funĂ©raire.

Voir la peinture d'Hubert Robert : CĂ©notaphe de J-J. Rousseau Ă©levĂ© au Jardin des Tuileries, en attendant la translation de ses cendres au PanthĂ©on - nuit du 10 au 11 octobre 1794 - MusĂ©e Carnavalet.

Le lendemain un grand cortÚge conduit les reliques de Rousseau au Panthéon sur des airs du Devin du village[28].







Premier Empire

Tombeau de Jean Lannes, maréchal d'Empire

* Claude-Louis Petiet, le mardi 27 mai 1806
DĂ©cĂ©dĂ© le 25 mai 1806 en son hĂŽtel, dans l'actuel 8 rue Monsieur Ă  Paris 7e, alors 6 rue de FrĂ©jus. NapolĂ©on lui fait faire des obsĂšques grandioses le 27 mai, auxquelles assistent le SĂ©nat en corps et les principaux dignitaires de l'Empire. AprĂšs la cĂ©rĂ©monie qui a lieu dans l'Église des Missions Ă©trangĂšres rue du Bac, le corps est transportĂ© au PanthĂ©on de Paris. Son Ă©loge funĂšbre est prononcĂ© par le mathĂ©maticien Monge, PrĂ©sident du SĂ©nat qui retrace longuement sa carriĂšre. L'ordonnancement de la cĂ©rĂ©monie est rĂ©glĂ© par Joseph-François Baudelaire chef des bureaux du sĂ©nateur ClĂ©ment de Ris prĂȘteur du SĂ©nat. J.F. Baudelaire est le pĂšre de l'Ă©crivain Charles Baudelaire.

* Pierre Jean Georges Cabanis, le samedi 14 mai 1808
Huit jours aprĂšs sa mort, son corps est transfĂ©rĂ© au PanthĂ©on oĂč son Ă©loge est prononcĂ© par Garat entourĂ© des dĂ©putations de l'Institut, du SĂ©nat et de l'École de mĂ©decine.

* Jean Lannes, vendredi 6 juillet 1810
Le 31 mai 1809, Lannes, maréchal d'Empire, meurt à la bataille d'Essling des suites de ses blessures. En 1810, son corps est transporté des Invalides au Panthéon de Paris.
Il fut inhumĂ© au PanthĂ©on en 1810 lors d'une cĂ©rĂ©monie grandiose Ă  l'occasion du premier anniversaire de sa mort, mais son cƓur fut dĂ©posĂ© dans la chapelle familiale du cimetiĂšre de Montmartre.
Constant, premier valet de l'Empereur, dans ses mémoires, raconte cette imposante cérémonie. On remarque dans ce texte la destination des différentes parties du bùtiment, à la fois église et panthéon.




TroisiĂšme RĂ©publique

* Victor Hugo, lundi 1er juin 1885
Le PanthĂ©on est au centre de ces funĂ©railles que la jeune RĂ©publique organise comme un Ă©vĂ©nement fondateur de la symbolique rĂ©publicaine. En effet, quand Victor Hugo meurt le 22 mai 1885, un comitĂ© est chargĂ© d'organiser les obsĂšques que le gouvernement dĂ©cide nationales. Ce comitĂ© comprend d’illustres noms, comme Renan, Charles Garnier, Auguste Vacquerie, ami proche du dĂ©funt, et Michelin, prĂ©sident du conseil municipal de Paris, alors dominĂ© par la gauche radicale. Il propose d’inhumer Hugo non pas au PĂšre-Lachaise, mais au PanthĂ©on. Depuis 1876, les rĂ©publicains rĂȘvaient d'en rĂ©tablir sa destination laĂŻque. Mais le projet votĂ© par la chambre, en 1881, avait Ă©tĂ© repoussĂ© par le SĂ©nat. Seule la cĂ©lĂ©britĂ© de l’auteur des MisĂ©rables l’imposera brutalement. Jules GrĂ©vy, prĂ©sident de la RĂ©publique, dĂ©cide alors de rendre au PanthĂ©on son statut de temple rĂ©publicain.

Le jeudi 28 mai 1885, l’église est fermĂ©e aux fidĂšles. Le lendemain, au petit matin, on enlĂšve les symboles religieux du fronton. MalgrĂ© les protestations des catholiques, la transformation sera cette fois irrĂ©versible.

  • La cĂ©rĂ©monie

Voir les détails de la cérémonie sur le site consacré à Victor Hugo[29].

Enterrement de Victor Hugo

Quand, deux ans avant sa mort, Hugo ajoute un codicille Ă  son testament : « Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je dĂ©sire ĂȘtre portĂ© au cimetiĂšre dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les Ă©glises, je demande une priĂšre Ă  toutes les Ăąmes. Je crois en Dieu Â», il ne peut sans doute pas imaginer Ă  quel point cette dĂ©claration dĂ©iste va s'harmoniser avec la philosophie laĂŻque et rĂ©publicaine du gouvernement. Un corbillard des pauvres, certes, mais exposĂ© sous l’Arc de triomphe, voilĂ© de noir, trĂŽnant au sommet d’un gigantesque catafalque construit par Charles Garnier, l’architecte de l’OpĂ©ra de Paris.

À cette occasion quinze discours sont prononcĂ©s[30]. Cela a inspirĂ© des vers Ă  Georges Fourest :

Ce gĂąteau de Savoie ayant Hugo pour fĂšve,
Le Panthéon classique est un morne tombeau.
Pour moi j'aimerais mieux — que le Diable m'enlùve —
Le gésier d'un vautour ou celui d'un corbeau.

Le cercueil de Victor Hugo est dans le caveau XXIV, rejoint par la suite par ceux d'Émile Zola en 1908 et d'Alexandre Dumas en 2002.


* Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne,

* Lazare Nicolas Marguerite Carnot,

* François-Séverin Marceau-Desgraviers, dit Marceau,

* Jean-Baptiste Baudin.

Ces quatre personnalitĂ©s furent inhumĂ©es Ă  l'occasion du centenaire de la RĂ©volution française, le 4 aoĂ»t 1889.


* Sadi Carnot, 29 juin 1894

Il fut assassiné par l'anarchiste Casério le 24 juin. Il est le seul président de la République inhumé au Panthéon.


* Marcellin Berthelot, lundi 25 mars 1907
Ce savant meurt le 18 mars 1907. Son cercueil sera conduit directement au PanthĂ©on ainsi que celui de son Ă©pouse, dĂ©cĂ©dĂ©e le mĂȘme jour qui avait manifestĂ© le souhait de ne pas ĂȘtre sĂ©parĂ©e de lui.

Sa participation active Ă  la laĂŻcisation de l'État, Ă  diffĂ©rents postes de responsabilitĂ©, n'est pas Ă©trangĂšre Ă  ce choix dans le contexte politique de l'Ă©poque.

C'est aussi un grand serviteur de la RĂ©publique que l'on honore. Pourtant Georges Clemenceau, chef du gouvernement Ă  cette date, aux cĂ©lĂšbres bons mots caustiques, propose comme Ă©pitaphe pour ce chimiste, inspecteur gĂ©nĂ©ral de l'instruction publique, sĂ©nateur, ministre de l'instruction publique puis des affaires Ă©trangĂšres, secrĂ©taire perpĂ©tuel de l'AcadĂ©mie des sciences, Ă©lu Ă  l'AcadĂ©mie française en 1900, grand-croix de la LĂ©gion d'honneur : « Ci-gĂźt Marcellin Berthelot. C'est la seule place qu'il n'ait jamais sollicitĂ©e. Â»


* Émile Zola, jeudi 4 juin 1908 : La revanche des dreyfusards

Dessin de D'ostoyia paru dans le journal satirique L'Assiette au beurre, 30 mai 1908.

La dĂ©cision de panthĂ©oniser Émile Zola se situe dans un climat politique troublĂ©, dans une France traumatisĂ©e et divisĂ©e par l'affaire Dreyfus. CommencĂ©e par le procĂšs et la condamnation de cet officier en 1894, elle ne prendra fin, sur le plan juridique, qu'en 1906 avec sa rĂ©habilitation au sein de l'armĂ©e française. Entre temps, il y a eu l'implication de Zola avec notamment son cĂ©lĂšbre article : « J'accuse Â», dans le journal L'Aurore, sa condamnation, puis sa mort suspecte en 1902.

De plus, cette pĂ©riode est certainement une des plus tendues entre l'État français et les reprĂ©sentants de l'Ă©glise catholique. Dans leurs journaux, ces derniers se sont situĂ©s ouvertement dans le camp anti-dreyfusard. Les gouvernements qui se succĂšdent en ce dĂ©but de siĂšcle manifestent une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de laĂŻcisation de la France : la promulgation de la loi de 1901 sur les associations (qui forçait les congrĂ©gations religieuses Ă  demander une autorisation pour pouvoir se former), celle du 7 juillet 1904, interdisant purement et simplement l’enseignement Ă  tous les congrĂ©ganistes, enfin celle du 11 dĂ©cembre 1905, avec le vote et la promulgation de la loi concernant la sĂ©paration dĂ©finitive des Églises et de l’État en sont le rĂ©sultat concret. Quelques jours avant la cĂ©rĂ©monie, Jean JaurĂšs, dans le journal La DĂ©pĂȘche du 30 avril 1908, Ă  propos de cette mise en chantier de la sĂ©paration de l'Ă©glise et de l'Ă©tat, Ă©crit : « La grande rĂ©forme de la SĂ©paration, la plus grande qui ait Ă©tĂ© tentĂ©e dans notre pays depuis la RĂ©volution française. Â» De plus, la France a rompu ses relations diplomatiques avec le Vatican, en 1904.

Dans ce contexte, faire entrer au PanthĂ©on, nouveau temple laĂŻque, un Ă©crivain naturaliste mais aussi engagĂ© dans la vie politique aux cĂŽtĂ©s de Jean JaurĂšs constitue une affirmation supplĂ©mentaire de cette distance qu'entend prendre la France avec la religion catholique. Cette dĂ©cision donne lieu Ă  de nombreuses critiques et polĂ©miques. L'Action française organise une manifestation pour s'opposer Ă  ce transfert[31]. Pendant le dĂ©bat parlementaire Maurice BarrĂšs s'Ă©crit : "Messieurs, on nous demande 35 000 francs pour porter Zola au PanthĂ©on. Je crois que nous n'aurons jamais une meilleure occasion de faire des Ă©conomies". Il faudra toute la persuasion de Jean JaurĂšs pour emporter la dĂ©cision de l'assemblĂ©e nationale.

  • La cĂ©rĂ©monie

Le fait le plus marquant est celui de l'attentat contre le chef d'escadron Dreyfus pendant la cĂ©rĂ©monie au PanthĂ©on. Le journaliste Gregori tire contre lui deux coups de feu qui le blessent au bras. Il est nĂ©anmoins acquittĂ© le 11 septembre de cette mĂȘme annĂ©e.
Le cercueil est placĂ© dans le caveau XXIV, oĂč se trouvait dĂ©jĂ  celui de Victor Hugo. En 2002 celui d'Alexandre Dumas viendra les rejoindre.

  • ÉvĂ©nements

Le PanthĂ©on a servi de cadre, le 13 janvier 1998, Ă  l'anniversaire du centenaire de la parution de l'article « J'accuse Â». Cette cĂ©rĂ©monie, prĂ©sidĂ©e par le ministre de la Justice, Élisabeth Guigou, a donnĂ© lieu Ă  deux discours prononcĂ©s par le Premier ministre, Lionel Jospin (discours consultable sur Wikisource) et par le premier prĂ©sident honoraire de la cour de cassation, Pierre Drai, sur le thĂšme du rĂŽle de la Cour de cassation dans le dĂ©nouement de l’affaire Dreyfus.


* LĂ©on Gambetta, jeudi 11 novembre 1920
On dĂ©pose le 11 novembre 1920, deuxiĂšme anniversaire de l'armistice de la PremiĂšre Guerre mondiale, le cƓur de Gambetta, qui reposait jusque lĂ  Ă  la maison des Jardies (maison de Gambetta, sur la colline de SĂšvres). Un discours est prononcĂ©, lors de la cĂ©rĂ©monie par le prĂ©sident de la RĂ©publique, Alexandre Millerand.
Au-dessus de l'urne on peut lire l'inscription : « 

Ici repose
le cƓur de LĂ©on Gambetta
solennellement transférée au Panthéon
le 11 novembre 1920
suivant la volonté nationale
Loi du 1er septembre 1920 Â»

Le mĂȘme jour, on transporte Ă  l'arc de triomphe les restes du Soldat inconnu.



* Jean JaurĂšs, dimanche 23 novembre 1924
La dĂ©cision du transfert de la dĂ©pouille de Jean JaurĂšs au PanthĂ©on est l'occasion pour le gouvernement du Cartel des Gauches qui vient d'ĂȘtre Ă©lu de se donner un ancrage symbolique tout en rendant hommage Ă  celui qui a tentĂ© d'empĂȘcher la guerre. Herriot, PainlevĂ©, Blum et Thomas, membres de ce gouvernement, avaient entamĂ© leur carriĂšre politique durant l'affaire Dreyfus, et ces dreyfusards avaient Ă©tĂ© fortement influencĂ©s par JaurĂšs. C'Ă©tait donc, par ce geste, cĂ©lĂ©brer leur victoire dans un contexte politique qui tournait en leur faveur.
C'est Édouard Herriot qui le premier suggĂšre cette cĂ©rĂ©monie. Le projet de loi, prĂ©sentĂ© le 9 juillet, est adoptĂ© par le SĂ©nat et la Chambre des DĂ©putĂ©s le 31 juillet 1924, jour du dixiĂšme anniversaire de l'assassinat de JaurĂšs, malgrĂ© l'opposition d'une partie de la droite, de l'Action française et des communistes. Le dĂ©putĂ© communiste Jean Renaud s'Ă©lĂšvera contre ce qu'il nommera « une confiscation de son corps par le Cartel aux dĂ©pens des travailleurs Â».
La cĂ©rĂ©monie, initialement fixĂ©e au 4 ou au 22 septembre, dates anniversaires respectivement des IIIe et Ier RĂ©publiques, puis au 11 novembre, est finalement dĂ©cidĂ©e pour le dimanche 23 novembre 1924, sans symbolique particuliĂšre dans le calendrier. Un dĂ©bat s'installe ensuite sur le style de la cĂ©rĂ©monie : LĂ©on Blum voulait une cĂ©rĂ©monie majestueuse, un certain nombre de socialistes enthousiastes penchaient pour une emphase particuliĂšre et un cĂŽtĂ© thĂ©Ăątral. Le cĂ©rĂ©monial est finalement confiĂ© Ă  Firmin GĂ©mier, homme de thĂ©Ăątre, qui s'en remet pour l'exĂ©cution Ă  Gustave Charpentier et Saint-Georges de Bouhelier, musiciens.
La veille de la cĂ©rĂ©monie le cercueil arrive d'Albi en train Ă  la gare d'Orsay, accompagnĂ© des mineurs de Carmaux dont JaurĂšs a Ă©tĂ© l'Ă©lu. Il est acheminĂ© jusqu'au Palais Bourbon, dans la salle Casimir Perrier, rebaptisĂ©e salle Mirabeau pour la circonstance. En plus de la famille et des proches, la veillĂ©e mortuaire rĂ©unit les officiels : Édouard Herriot et ses ministres, les dĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs du Cartel, les dĂ©lĂ©gations de la CGT et de la Ligue des droits de l'homme.

  • La cĂ©rĂ©monie

Le cortĂšge officiel, prĂ©cĂ©dĂ© des banniĂšres rouges des sections socialistes, est ouvert par des dĂ©lĂ©gations d'organisations partisanes mĂȘlĂ©es aux corps constituĂ©s. Les mineurs de Carmaux suivent ensuite. Le cercueil de JaurĂšs, juchĂ© au faĂźte d'un spectaculaire corbillard est acheminĂ© vers le PanthĂ©on par les boulevards Saint-Germain et Saint-Michel. Les journaux parlent d'une foule de 80 Ă  100 000 personnes. On pense que plus de 500 000 personnes vinrent assister au dĂ©filĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il manquait Ă  cette foule les communistes. C'est qu'ils ont voulu rendre hommage Ă  JaurĂšs en organisant une dĂ©lĂ©gation distincte. À la suite du premier cortĂšge, ils suivent le mĂȘme itinĂ©raire chantant L'Internationale ; portant des drapeaux rouges et des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Guerre Ă  la guerre par la rĂ©volution prolĂ©tarienne Â», « Instituons la dictature du prolĂ©tariat Â» ou « Aux ligues fascistes, opposons les centuries prolĂ©tariennes Â», ils scandent des slogans tels que « Vive les soviets ! Â» ou « Vive la dictature du prolĂ©tariat ! Â», et « Ă€ bas le parlement bourgeois ! Â». La prĂ©fecture de police dĂ©nombre 12 000 manifestants, L'HumanitĂ© 120 000[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Dans le journal L'HumanitĂ© du lendemain, Ă©voquant les journĂ©es hĂ©roĂŻques de mai 1871, Paul Vaillant-Couturier Ă©crit :

« En dĂ©filant devant le PanthĂ©on, saluez, avec le souvenir de JaurĂšs, l'un des plus sanglants combats de la Commune. La bourgeoisie de Versailles est toujours au pouvoir. Vous ne l'en chasserez que les armes Ă  la main. Â»


Un discours est prononcĂ© par Herriot dans la nef du PanthĂ©on en prĂ©sence de 2 000 personnes, suivi de la lecture d'une poĂšme de Victor Hugo et, pour finir, s'achevant sur un oratorio chantĂ© par un chƓur de 600 exĂ©cutants.

Afin de bien souligner qu'il n'y avait pas consensus national sur cet Ă©vĂ©nement, l'Action française organise le mĂȘme jour un hommage Ă  l'un des leurs, assassinĂ© par une militante anarchiste qui s'Ă©tait justifiĂ©e de son acte en disant qu'elle avait voulu venger JaurĂšs. AccompagnĂ©e de reprĂ©sentants du clergĂ©, une foule de dirigeants et de militants se presse au cimetiĂšre de Vaugirard pour entendre LĂ©on Daudet[32].





QuatriĂšme RĂ©publique


Mercredi 17 novembre 1948 :
* Paul Langevin
* Jean Perrin La cĂ©rĂ©monie a lieu le mĂȘme jour pour ces deux scientifiques.

  • Discours

Pour le retour du corps de Jean Perrin de New York, deux discours avaient Ă©tĂ© prononcĂ©s les 17 et 18 juin 1948, respectivement Ă  Brest par Jean Cabannes et Ă  la Sorbonne par Émile Borel, l'un et l'autre membres de l'AcadĂ©mie des sciences[33].


Vendredi 20 mai 1949
* Victor Schoelcher
* FĂ©lix ÉbouĂ©

Gaston Monnerville, président du Conseil de la République est à l'origine du transfert des cendres de Victor Schoelcher et de Félix Eboué au Panthéon.
La dĂ©pouille mortelle de FĂ©lix ÉbouĂ© est dĂ©barquĂ©e le 2 mai 1949 Ă  Marseille qui lui fait un Ă©mouvant accueil.

    • La cĂ©rĂ©monie[34]

AprĂšs une veillĂ©e funĂšbre Ă  l'Arc de Triomphe en prĂ©sence du prĂ©sident de la RĂ©publique, Vincent Auriol, et des plus hautes personnalitĂ©s de l'État, le cortĂšge, aux accents de la Marche funĂšbre de FrĂ©dĂ©ric Chopin, monte du palais du Luxembourg vers le PanthĂ©on entre une double haie de soldats. Les cendres de Victor Schoelcher et de FĂ©lix ÉbouĂ© prennent alors place dans la crypte auprĂšs de celles de Jean JaurĂšs[35].


* Louis Braille, dimanche 22 juin 1952

Le transfert a lieu à l'occasion du centenaire de sa mort. Le conseil municipal décide néanmoins de faire prélever ses mains qui seront placées dans une urne sur sa tombe à Coupvray (Seine et Marne).





CinquiĂšme RĂ©publique

* Jean Moulin, samedi 19 dĂ©cembre 1964

  • La cĂ©rĂ©monie[36]

À l'initiative du gĂ©nĂ©ral de Gaulle et du ministre des affaires culturelles, AndrĂ© Malraux, les cendres de Jean Moulin sont transfĂ©rĂ©es au PanthĂ©on en prĂ©sence de la famille du dĂ©funt et de nombreux anciens rĂ©sistants et personnalitĂ©s dont Georges Pompidou, Pierre Messmer, Jean Sainteny. On entendra, lors de la cĂ©rĂ©monie jouer Le chant des Partisans.

À cette occasion Malraux prononce, d'une voix de tragĂ©dien, un discours restĂ© cĂ©lĂšbre :

« ... Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortĂšge d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortĂšge d'ombres. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlĂ©, comme toi ; et mĂȘme, ce qui est peut-ĂȘtre plus atroce, en ayant parlĂ© ; avec tous les rayĂ©s et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trĂ©buchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombĂ© sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la derniĂšre femme morte Ă  RavensbrĂŒck pour avoir donnĂ© asile Ă  l'un des nĂŽtres. Entre, avec le peuple nĂ© de l'ombre et disparu avec elle - nos frĂšres dans l'ordre de la Nuit... CommĂ©morant l'anniversaire de la LibĂ©ration de Paris, je disais : « Ă‰coute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi...[37] Â»

.


* RenĂ© Cassin, lundi 5 octobre 1987

Le transfert des cendres de RenĂ© Cassin est la premiĂšre des quatre panthĂ©onisations Ă  avoir eu lieu sous la prĂ©sidence de François Mitterrand. Celui que l'on honore ce jour-lĂ  est un juriste, prix Nobel de la paix en 1968. On lui doit d’avoir fait adopter la DĂ©claration universelle des droits de l’Homme.

  • La cĂ©rĂ©monie[38]

Discours de François Mitterrand[39] :

« Il est des hommes illustres pour avoir incarnĂ© la douleur ou la gloire d'une Ă©poque. Il en est d'autres dont la grandeur est d'avoir su anticiper sur leur temps, en y semant les germes du futur. RenĂ© Cassin est de ceux lĂ . Â»

Il Ă©voquera ensuite le droit d'ingĂ©rence :

« Ce besoin d'assistance humanitaire traverse comme les images les frontiĂšres de l'idĂ©ologie, de la langue, de la censure et souvent des souverainetĂ©s Ă©tatiques. Parce qu'elle est celle de chaque homme, la souffrance relĂšve de l'universel. Le droit des victimes Ă  ĂȘtre secourues, dĂšs lors qu'elles appellent au secours, et secourues par des volontaires qui se veulent professionnellement neutres, dans ce qu'on a appelĂ©, il y a peu, le « devoir d'ingĂ©rence Â» humanitaire dans les situations d'extrĂȘme urgence, tout cela n'en doutons pas figurera un jour dans la DĂ©claration universelle des droits de l'Homme. Tant il est vrai qu'aucun État ne peut ĂȘtre tenu pour le propriĂ©taire des souffrances qu'il engendre ou qu'il abrite. Â»

* Jean Monnet, mercredi 9 novembre 1988
Discours de François Mitterrand :

« Â« Il y a trĂšs exactement cent ans, le 9 novembre 1888, Jean Monnet naissait Ă  Cognac, en Charente, et sa vie qui fut longue et fĂ©conde raconte comment un petit provincial de Saintonge devint le premier citoyen de l'Europe
 Â»[40] Â»

*L'abbé Grégoire

* Gaspard Monge

* Condorcet, mardi 12 dĂ©cembre 1989

  • La cĂ©rĂ©monie[41]

La cĂ©rĂ©monie de transfert de cendres de ces trois personnalitĂ©s a lieu Ă  l'occasion des fĂȘtes du bicentenaire de la RĂ©volution française, en prĂ©sence de François Mitterrand, prĂ©sident de la RĂ©publique française.

À l'origine, le discours devait ĂȘtre prononcĂ© par François Mitterrand ; il l'a Ă©tĂ© par Jack Lang.

Extraits du discours :

« RĂ©volutionnaires en votre temps vous l'Ă©tiez. RĂ©volutionnaires en notre temps vous le demeurez... Alors Salut et FraternitĂ©. Bienvenue chez vous dans le temple de la RĂ©publique, dans le Parlement fantĂŽme des hommes libres, Ă©gaux et fraternels. Â»

Lors du transfert des cendres de l'abbĂ© GrĂ©goire, Jacques Gaillot, Ă©vĂȘque, Ă©tait le seul reprĂ©sentant de l'Église catholique française. Il faut dire que les relations de l'abbĂ© GrĂ©goire avec la hiĂ©rarchie catholique ont toujours Ă©tĂ© difficiles en raison de son implication dans la vie civile. Le jour de sa mort, l'archevĂȘque de Paris – Monseigneur de Quelen – s'opposa Ă  ce qu'il reçût les derniers sacrements ; il exigeait de GrĂ©goire sa renonciation au serment de la Constitution civile du clergĂ©. Le vieil Ă©vĂȘque refusa tout net. L'abbĂ© Guillon, malgrĂ© les ordres de sa hiĂ©rarchie, accepta d'accĂ©der sans condition aux dĂ©sirs du mourant. L'autoritĂ© romaine ferma l'Ă©glise Ă  sa dĂ©pouille, mais rassemblĂ©es autour de La Fayette, deux mille personnes accompagnĂšrent le corps de l'Ă©vĂȘque gallican au cimetiĂšre Montparnasse.


* Marie et Pierre Curie, jeudi 20 avril 1995

  • La cĂ©rĂ©monie[42]

Extraits de l'article du journal L'HumanitĂ©[43] :

« Il est dix-huit heures. Les portes du PanthĂ©on, aux colonnes habillĂ©es d’un immense drap tricolore, s’ouvrent sur les cercueils de Pierre et Marie Curie. Instants Ă©mouvants et solennels. Dans le silence, les chƓurs de l’armĂ©e entonnent les premiĂšres mesures de La libertĂ© se lĂšve, final du Temple universel de Hector Berlioz. À petits pas, les gardes rĂ©publicains dĂ©posent les deux biĂšres au centre de l’imposante entrĂ©e. Pour la premiĂšre fois dans l’histoire, une femme est admise, pour ses propres mĂ©rites et aux cĂŽtĂ©s de son mari, dans le sanctuaire des grands hommes. Â»

Une minute de silence. Puis François Mitterrand, accompagnĂ© de Lech WaƂęsa, d’Édouard Balladur, d’Ève Curie, fille des deux chercheurs, ainsi que de leurs descendants, s’attardent autour de la vitrine oĂč sont exposĂ©s les prix Nobel et les carnets de notes du couple.

La cĂ©rĂ©monie s’achĂšve. Elle aura durĂ© un peu plus d’une heure. ExhumĂ©s du petit cimetiĂšre de Sceaux, les deux cercueils remontent d’abord lentement la rue Soufflot, portĂ©s par des Ă©tudiants de Paris-VI, futurs chercheurs scientifiques. Au rythme lent de la Suite en rĂ© majeur n° 3 de Bach, ils atteignent l’esplanade du PanthĂ©on. De part et d’autre, deux cents Ă©lĂšves du lycĂ©e Marie-Curie de Sceaux et du lycĂ©e des sciences et techniques de Versailles tiennent dans leurs bras les symboles des atomes : une rĂ©fĂ©rence Ă  l’universel langage de la science.

Le ciel est gris et la foule peu nombreuse. Pour l’essentiel, Ă©lĂšves et Ă©tudiants, venus de la France entiĂšre. L’hommage de la jeunesse au « couple, extĂ©nuĂ© mais heureux, qui a changĂ© la face du monde Â», comme le rappellera quelques instants plus tard Pierre-Gilles de Gennes dans son allocution. Au nom de la communautĂ© scientifique, le prix Nobel de physique 1993 souligne l’importance des travaux des Curie. Ceux de Pierre et Marie, d’abord, qui ont permis « la douloureuse naissance d’une science neuve : la physique nuclĂ©aire Â». Ceux de leurs descendants, ensuite, sur la radioactivitĂ© artificielle.
À sa suite, Lech WaƂęsa souligne les origines polonaises de Marie Curie, nĂ©e Ă  Varsovie en 1867.
Pour clore les discours, François Mitterrand salue longuement, « au nom de la Nation Â», la mĂ©moire du couple et son « dĂ©sintĂ©ressement Â», fondement, Ă  ses yeux « de toute Ă©thique scientifique Â».

Caroline Casadesus s’avance. Comme ultime point d’orgue Ă  cette Ă©mouvante cĂ©rĂ©monie, elle interprĂšte L’Adieu de Marie-Jeanne Serrero. Les cendres de Pierre et Marie Curie peuvent enfin reposer au PanthĂ©on


Prenant la parole avant le chef de l’État, Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1993, a rendu aux deux savants l’hommage de la communautĂ© scientifique. Dans une allocution, le physicien a d’abord saluĂ© « tout ce travail fait Ă  main nue dans un galetas, ce douloureux travail qui constituait la naissance d’une science neuve que d’autres appelleront la physique nuclĂ©aire Â». Il a restituĂ© l’importance des travaux de Pierre et Marie Curie dans le siĂšcle. « Les trente annĂ©es [qui suivent leurs dĂ©couvertes] verront une explosion de connaissances auxquelles contribueront leur fille IrĂšne et son mari FrĂ©dĂ©ric Joliot Â».

  • À noter : Par peur des radiations, le cercueil de Marie a Ă©tĂ© plombĂ©.

* AndrĂ© Malraux, samedi 23 novembre 1996

Malraux est le cinquiÚme écrivain à entrer au Panthéon[46]. La cérémonie a lieu vingt ans, jour pour jour, aprÚs sa mort.[47],[48]

  • Les discours

Jacques Chirac, nouvellement Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique, prend une place importante dans les hommages rendus Ă  l’homme de lettres et au gaulliste que fut Malraux.

  • Extrait d'une interview de Jacques Chirac : [49]
« Pourquoi Malraux au PanthĂ©on? Qui en a eu l'idĂ©e?
C'est Pierre Messmer qui me l'a proposĂ©, dans le cadre de la cĂ©lĂ©bration du 20e anniversaire de la mort d'AndrĂ© Malraux. Cette idĂ©e m'a paru immĂ©diatement Ă©vidente. Pour tout ce qu'a Ă©tĂ© AndrĂ© Malraux, le combattant de la libertĂ©, le passionnĂ© de justice, le dĂ©couvreur d'art, l'Ă©crivain, le compagnon plus que fidĂšle du GĂ©nĂ©ral, l'inventeur du ministĂšre de la Culture. Mais aussi, parce qu'il a fait rĂȘver plusieurs gĂ©nĂ©rations, Ă  force de panache. Pour lui-mĂȘme et pour la France. Â»
  • La cĂ©rĂ©monie

Trois cérémonies se déroulent successivement: la premiÚre aux Invalides, la deuxiÚme à l'Unesco et la derniÚre au Panthéon.

[50] Sur la place du PanthĂ©on :

« La cĂ©rĂ©monie, mise en scĂšne par le peintre et dĂ©corateur Jean-Paul Chambas, commencera vers 19 heures. Elle sera ouverte, rue Soufflot, par le dĂ©filĂ© d’une centaine de jeunes munis de lampes tempĂȘte, symboles des pistes clandestines d’atterrissage, Ă©voquant le Malraux combattant. Sur fond d’Ɠuvres musicales, notamment de Messiaen, un jeu de lumiĂšres et des projections illumineront le fronton du PanthĂ©on
 Â»

À l'intĂ©rieur : Le cercueil est placĂ© au milieu de la nef avec, Ă  ses cĂŽtĂ©s, une sculpture de Giacometti L’Homme qui marche.


* Alexandre Dumas, samedi 30 novembre 2002

La dĂ©cision du transfert des cendres est prise en mars 2002, par dĂ©cret prĂ©sidentiel, avec un commentaire de Jacques Chirac :

« Avec ce geste, la RĂ©publique donnera toute sa place Ă  l'un de ses enfants les plus turbulents et les plus talentueux, dont toute la vie fut au service de notre idĂ©al rĂ©publicain. Â»
  • La cĂ©rĂ©monie

Venant de Villers-CotterĂȘts oĂč Dumas Ă©tait inhumĂ©, le cortĂšge fait une premiĂšre halte dans son chĂąteau Le Monte-Cristo oĂč une veillĂ©e est effectuĂ©e, ensuite un autre arrĂȘt au SĂ©nat[52] et enfin, en soirĂ©e, accompagnĂ© par une escorte de mousquetaires portant le cercueil recouvert d'un drap bleu de France sur lequel est Ă©crit la cĂ©lĂšbre devise « Tous pour Un, Un pour Tous Â», le cortĂšge s'avance vers le PanthĂ©on oĂč l'attend le prĂ©sident de la RĂ©publique et diverses personnalitĂ©s.

Sur la petite scÚne d'un chariot, Le théùtre d'Alexandre, tiré par des mules et précédé par un régiment de tambours, de jeunes comédiens ont reconstitué des passages des piÚces de Dumas devant une centaine de gens de la rue en costumes d'époque.

Lorsqu'il atteint le parvis du PanthĂ©on, une Marianne mĂ©tisse montĂ©e sur un cheval blanc vient au devant du cercueil. La fameuse lettre de Victor Hugo Ă  Dumas-fils est alors lue :

« Le nom d'Alexandre Dumas est plus que français, il est europĂ©en ; il est plus qu'europĂ©en, il est universel. Â»

.

Alain Decaux, de l'Académie française, puis le président de la République, Jacques Chirac, prononcent un discours[53].

Puis le cercueil d'Alexandre Dumas est descendu dans le caveau XXIV oĂč se trouvent dĂ©jĂ  ceux de Victor Hugo et d'Émile Zola.

  • Les dĂ©tails de la cĂ©rĂ©monie peuvent ĂȘtre consultĂ©s sur le site internet consacrĂ© Ă  Alexandre Dumas Dumas au PanthĂ©on

Les tentatives de transfert

Plusieurs tentatives n'ont pas Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es ou ont Ă©chouĂ© (refus de la veuve ou de la famille, dispositions testamentaires contraires, oppositions diverses, pression ou manque d'intĂ©rĂȘt des milieux politiques).

  • RenĂ© Descartes (1596 - 1650) philosophe. Il est honorĂ© par la Convention nationale qui, en 1792, projetait de transfĂ©rer ses cendres au PanthĂ©on avec les honneurs dus aux grands hommes. Deux siĂšcles plus tard, ses restes sont toujours dans une chapelle abbatiale de l’église Saint-Germain-des-PrĂ©s, Ă  Paris. L’exĂ©cution du dĂ©cret de la Convention du 17 octobre 1793 n’a toujours pas Ă©tĂ© appliquĂ© et le dĂ©cret de fĂ©vrier 1795 fixant une pĂ©riode de dix ans aprĂšs sa mort pour qu'une personne soit prĂ©sentĂ©e comme "candidat" est donc largement Ă©coulĂ©e. Son crĂąne est actuellement dĂ©tenu par le MusĂ©e de l'Homme Ă  Paris.
  • Nicolas-Joseph Beaurepaire (1740-1792), gĂ©nĂ©ral s'Ă©tant suicidĂ© ou ayant Ă©tĂ© tuĂ© Ă  cause de son refus de la reddition de la ville de Verdun. Son corps ayant disparu, le transfert ne fut jamais exĂ©cutĂ©.
  • AprĂšs la PremiĂšre guerre mondiale (1914-1918), on forme le projet de faire en sorte que la nation tout entiĂšre puisse honorer ses morts. L'idĂ©e de le symboliser par un Soldat inconnu est dĂ©fendue par des Ă©crivains comme Binet-Valmer, maurassien, crĂ©ateur du mouvement la Ligue des chefs de section, qui en fait son cheval de bataille. Le gouvernement, plutĂŽt prĂ©occupĂ© de reconstruction, laisse traĂźner l'affaire et ne se rĂ©sout que le 2 novembre 1920 Ă  un projet de loi entĂ©rinĂ© rapidement par le SĂ©nat. Il est prĂ©vu initialement que le cercueil soit placĂ© au PanthĂ©on, le mĂȘme jour que le cƓur de Gambetta, le 11 novembre 1920. On confie Ă  un Poilu, Auguste Thin, en garnison Ă  Verdun,surnommĂ© "l'ambassadeur des morts", le soin de choisir entre huit cercueils, celui d'un soldat suffisamment reconnaissable Ă  ses habits pour ĂȘtre un soldat français, mais qui ne soit pas identifiable. Finalement sous la pression d'une certaine partie de l'opinion -qui voit d'un mauvais Ɠil que soit placĂ© cet emblĂšme dans le lieu oĂč repose, entre autres, Emile Zola- c'est sous l'Arc de triomphe que sera placĂ© le cercueil. Il faudra attendre 1924, pour que la mĂ©moire de la PremiĂšre Guerre mondiale soit prĂ©sente au PanthĂ©on avec le transfert des restes de Jean JaurĂšs. Puis c'est en 1927 que l'on placera sur les murs du bĂątiment le nom des 546 Ă©crivains morts pendant cette guerre.
  • En janvier 1945, les communistes demandent le transfert de l'Ă©crivain Romain Rolland au nom de son engagement contre le fascisme, mais la famille s'y oppose.
  • Alfred Dreyfus, Ă  l'occasion de la cĂ©rĂ©monie nationale du centenaire de sa rĂ©habilitation le 12 juillet 1906. Le projet est dĂ©fendu comme une seconde rĂ©habilitation par de nombreuses personnalitĂ©s parmi lesquelles figurent Jack Lang et l'ancien ministre Olivier Stirn, arriĂšre-petit-neveu d'Alfred Dreyfus, ainsi que le ministre de la Justice, Pascal ClĂ©ment[55]. Mais le 5 juillet 2006, Jacques Chirac annonce que le projet n'a pas Ă©tĂ© retenu[56]. À cette occasion, l'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter dĂ©clare :
    «  Dreyfus est une victime, certes d'un courage exceptionnel, mais une victime, et le propre du hĂ©ros c'est d'avoir le courage de choisir son destin [...]. Le hĂ©ros de l'affaire Dreyfus, c'est Zola et il est au PanthĂ©on. Â»

Ouvertures-DĂ©bats

Quel sera le prochain grand homme ?

Traditionnellement la décision de panthéonisation - la panthéonade selon le néologisme que Régis Debray a forgé par dérision - est prise par décret du président de la République, sur proposition du Premier ministre et sur rapport du ministre de la culture et de la communication.

Deux conditions doivent d'abord ĂȘtre rĂ©unies : Que l'impĂ©trant soit de nationalitĂ© française (ou naturalisĂ©) et qu'une partie de ses restes soient « disponibles Â».

Ensuite, les critĂšres sont plus dĂ©licats Ă  dĂ©finir : bien sĂ»r, il s'agit d'abord de rendre hommage Ă  un homme exceptionnel dont l'Ɠuvre et la vie ont marquĂ© l'Histoire et peuvent servir d'exemple. La panthĂ©onisation est aussi une occasion, pour le pouvoir en place, de mettre en valeur une pĂ©riode de l'Histoire et d'y graver son empreinte.

Des noms circulent dans l'opinion, en voici ci-dessous quelques exemples :

L'Institut Pierre MendĂšs France cherche Ă  sensibiliser l'opinion au transfert des cendres de l'homme d'État au PanthĂ©on. DĂšs 1982 et les funĂ©railles nationales du maĂźtre Ă  penser d'une partie de la gauche française, certains ont Ă©voquĂ© sa panthĂ©onisation. Mais la tradition impose un dĂ©lai de rĂ©flexion et de concertation. Ce n'est donc qu'en 1998 que la veuve de l'ancien penseur de la dĂ©colonisation, Marie-Claire MendĂšs France, a demandĂ© et obtenu un entretien avec Jacques Chirac. Sans rĂ©ponse du prĂ©sident de la RĂ©publique, qui consulte, l'Institut Pierre MendĂšs France a lancĂ© une pĂ©tition dans la presse : plusieurs milliers de signatures dont celles de 270 parlementaires de l'AssemblĂ©e et du SĂ©nat ont Ă©tĂ© rĂ©coltĂ©es par le vice-prĂ©sident honoraire du SĂ©nat, Michel Dreyfus-Schmidt.

Plusieurs associations par voie de pĂ©tition demandent l'entrĂ©e de l'abbĂ© de l'ÉpĂ©e au PanthĂ©on. S'il n'a pas mis au point, pour les sourds, l'Ă©quivalent de ce que Louis Braille a inventĂ© pour les aveugles, il est certain qu'il a exercĂ© une grande influence sur la structuration sĂ©mantique de cette langue gestuelle qu'est la langue des Sourds, en s'arrangeant pour qu'il y ait une Ă©quivalence forte entre les signifiĂ©s du français Ă©crit et les signifiĂ©s gestuels. De plus, il a conçu un vaste projet d'Ă©ducation de masse des sourds et ce projet a eu une influence internationale retentissante sur la pĂ©dagogie et la crĂ©ation d'un groupe socio-culturel tels que sont les Sourds ( avec un "S", marque d'identitĂ© revendiquĂ©e par les personnes sourdes utilisant la Langue des Signes) , Ă  tel point que l'abbĂ© de l'ÉpĂ©e est devenue l'icĂŽne universelle des Sourds, en France et hors de la France.

Le fait qu'il ait Ă©tĂ© prĂȘtre serait-il un frein ? Il est de fait que l'entrĂ©e de l'abbĂ© GrĂ©goire pour les cĂ©lĂ©brations du bicentenaire de la RĂ©volution française avait Ă©mu l'Église catholique de France. La panthĂ©onisation constitue en quelque sorte l'Ă©quivalent laĂŻque de la canonisation et donc fait concurrence.

Jacques Barzun Ă©crivait, il y a un demi-siĂšcle :

« S’il existe une volontĂ© rĂ©elle d’honorer la mĂ©moire de Berlioz autrement qu’en jouant sa musique, il se trouve Ă  Paris un vaste monument sur le fronton duquel on lit l’inscription Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. TransfĂ©rez au PanthĂ©on les restes de Berlioz pour qu’il y prenne place parmi ses pairs[57]. Â»

L’idĂ©e avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e en 1968 au prĂ©sident De Gaulle par AndrĂ© Malraux sur la suggestion du dĂ©putĂ© Jean Boyer (crĂ©ateur et prĂ©sident de l’actuel festival Berlioz Ă  La CĂŽte Saint-AndrĂ©), et le PrĂ©sident l’avait acceptĂ©e. Mais la dĂ©mission de De Gaulle en 1969 mit fin Ă  ce projet pour de nombreuses annĂ©es. En 2000 en prĂ©vision du bicentenaire en 2003 le projet fut relancĂ©, et le PrĂ©sident Chirac y donna son accord. Le vƓu de Jacques Barzun semblait donc en voie d’ĂȘtre rĂ©alisĂ© : les restes de Berlioz devaient ĂȘtre transfĂ©rĂ©s au PanthĂ©on le 21 juin 2003, et l’Orchestre de Paris allait jouer Ă  cette occasion La Symphonie funĂšbre et triomphale dans les rues de Paris. Mais ce projet a maintenant Ă©tĂ© ajournĂ© sine die. hberlioz.com

  • Le 18 mars 1998, les Amis de la Commune ont symboliquement fait entrer au PanthĂ©on toute une lignĂ©e de Communardes et Communards. Pourquoi Jules VallĂšs, Ă©crivain et Communard, n’y serait-il pas reçu maintenant ?
  • En 2006, lors de la dĂ©cision du chef de l'État de fĂȘter le 10 mai l'abolition de l'esclavage, Georges Sarre, le premier secrĂ©taire du MRC, rĂ©itĂšre sa demande de transfert de Toussaint Louverture au PanthĂ©on. Esclave noir, François Dominique Toussaint, dit Toussaint Louverture, fut un des chefs de la rĂ©volte des esclaves en 1791 Ă  HaĂŻti.[58]

Une pétition a été lancée en faveur de l'arrivée du poÚte, le 10 mai 2008, jour de commémoration de l'abolition de l'esclavage. [59]

Les femmes au Panthéon

Seules deux femmes y sĂ©journent ; la premiĂšre admise, par ordre chronologique, a Ă©tĂ© Sophie Berthelot, non Ă  titre personnel mais pour ne pas la sĂ©parer de son mari, le chimiste Marcellin Berthelot ; la seconde, Marie Curie, deux fois prix Nobel.

Femmes souvent citées pour une panthéonisation
  • Olympe de Gouges, fĂ©ministe avant que le mot n’existe, a Ă©tĂ© guillotinĂ©e le 3 novembre 1793. Elle avait rĂ©digĂ© en 1791 la DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne, avec cette phrase justement cĂ©lĂšbre :
    « La femme a le droit de monter sur l'Ă©chafaud ; elle doit avoir Ă©galement celui de monter Ă  la Tribune. Â»
    Plusieurs organisations fĂ©ministes demandent qu'elle soit inhumĂ©e au PanthĂ©on. AprĂšs une premiĂšre campagne en 1989, Ă  l’occasion du bicentenaire de la RĂ©volution, l’historienne Catherine Marand-Fouquet a lancĂ© une nouvelle action en ce sens.
  • George Sand « Son Ɠuvre mĂ©rite largement de continuer Ă  vivre, et le PanthĂ©on est la garantie d'une vie Ă©ternelle Â» estime Christiane Smeet-Sand, sa descendante. Loin des clichĂ©s d'Ă©crivain rĂ©gionaliste, voire « champĂȘtre Â», « Sand est le premier personnage fĂ©minin de son temps et de sa condition Ă  avoir revendiquĂ© sa libertĂ© de femme par son travail Â», juge M. Georges Buisson, administrateur de la Maison-musĂ©e de Nohant (Indre), rappelant que l'auteur de La Mare au Diable et La Petite Fadette est aussi la crĂ©atrice de deux journaux rĂ©publicains. Parmi les personnalitĂ©s favorables Ă  cette idĂ©es, aux cĂŽtĂ©s de sa prĂ©sidente d'honneur, Claudia Cardinale : on trouve Juliette Binoche, qui a incarnĂ© George Sand au cinĂ©ma, Élisabeth Badinter, BenoĂźte Groult, RĂ©gine Deforges, Lambert Wilson ou Jean-Claude Brialy. Un projet a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© en 1998 par Élisabeth Badinter et Simone Veil. Le 29 septembre 2003 Christiane Smeet-Sand a rencontrĂ© un conseiller de Jacques Chirac sur ce sujet et lui a remis une pĂ©tition.
  • Lucie Aubrac (1912-2007). Ses funĂ©railles ont donnĂ© lieu Ă  un hommage de la Nation, accompagnĂ© des honneurs militaires. Dans son message funĂšbre le prĂ©sident de la RĂ©publique, Jacques Chirac a rappelĂ© Ă  son propos
    « que certains ĂȘtres d'exception portent au plus haut les valeurs de l'humanitĂ©. Â»
    Incarnation du courage, figure emblĂ©matique de la rĂ©sistance Ă  toutes forme d'oppression. Elle fut de tous les combats : contre l'occupant allemand et l'idĂ©ologie nazie ; pour la vĂ©ritĂ©, la justice sociale, la reconnaissance des droits de la femme, sa lutte aux cĂŽtĂ©s des plus dĂ©munis et des opprimĂ©s.
  • Lili Boulanger est parfois citĂ©e aussi pour reprĂ©senter le monde des arts.
Actualités en faveur de l'inhumation de femmes au Panthéon
  • Du 7 au 17 mars 2002, une exposition sur la façade du PanthĂ©on a Ă©tĂ© l’occasion de rappeler combien certaines femmes Ă©minentes ont, par leur vie au service de la science, des arts, de la philosophie, de la politique ou par leur engagement, mĂ©ritĂ© de faire partie de notre PanthĂ©on laĂŻque et rĂ©publicain.

L'exposition, en cinq parties a abordĂ© les thĂšmes suivants :
♩ PrĂ©sentation de dĂ©couvreuses emblĂ©matiques : Hildegarde de Bingen, Sophie Germain, Grace Hopper, Marie Curie, Rita Levi-Montalcini
 et sous la forme d'une provocation, invitation Ă  la controverse, « elles crĂ©ent des enfants, mais pas des idĂ©es ! Â» illustrĂ©e par des documents anciens, des affiches et des clichĂ©s machistes.
♩ La deuxiĂšme partie pose la question « Le cerveau a-t-il un sexe ? Â», avec une approche tant neurobiologique que sociologique.
♩ La troisiĂšme partie aborde le sujet de la crĂ©ativitĂ©, Ă  tous les Ă©chelons, qu’il s’agisse d’inventions pratiques ou de dĂ©couvertes importantes. Le but n’est pas de se concentrer sur l’élite, mais d’offrir des exemples auxquels les jeunes peuvent s’identifier : on y prĂ©sente l’activitĂ© au quotidien de femmes travaillant Ă  des tĂąches de recherche et contribuant Ă  l’avancĂ©e des connaissances.
♩ La quatriĂšme partie dresse un bilan, tant sur le parcours des filles que sur la discrimination, et invite au dĂ©bat «Font-elles une science diffĂ©rente ? Â»
♩ La derniĂšre partie est rĂ©solument tournĂ©e vers l’actualitĂ© de la politique scientifique en Europe, les filiĂšres et les mĂ©tiers.

Écusson informatif
  • 21 octobre 2002 : Marie-Jo Zimmermann, dĂ©putĂ©e de la Moselle attire l’attention de la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  la paritĂ© et Ă  l’égalitĂ© professionnelle sur le fait que le Gouvernement s’est engagĂ© Ă  promouvoir une politique active en matiĂšre d’égalitĂ© des droits entre les hommes et les femmes. À propos de la prĂ©sence de femmes au PanthĂ©on, elle dira :
    « Ce dĂ©sĂ©quilibre flagrant (la proportion hommes-femmes au PanthĂ©on, NDLR) est d’autant moins acceptable que certaines femmes ont marquĂ© l’histoire du pays par leur forte personnalitĂ©. Plusieurs d’entre elles ont notamment des titres Ă©minents qui mĂ©riteraient au moins d’ĂȘtre examinĂ©s dans une logique d’entrĂ©e au PanthĂ©on. Il s’agit en prioritĂ© d’Olympe de Gouges qui fut l’une des premiĂšres fĂ©ministes. Participant Ă  la RĂ©volution et proposant l’émancipation des femmes par une DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), elle fut guillotinĂ©e en 1793. Dans la mĂȘme logique, on peut citer la mathĂ©maticienne Sophie Germain, Louise Michel, figure lĂ©gendaire du mouvement ouvrier et de la Commune de Paris et Simone Weil, grande philosophe de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle.[60] Â»
  • L'Ă©cusson informatif sur le PanthĂ©on plantĂ© sur le trottoir entourant le bĂątiment n'a pas Ă©tĂ© modifiĂ© depuis la panthĂ©onisation de Marie Curie malgrĂ© l'intervention du sĂ©nateur Yann Gaillard lors de la sĂ©ance au SĂ©nat du 10 octobre 2006[61].

Le Panthéon et l'Histoire

Depuis plus de 200 ans, le PanthĂ©on a Ă©tĂ© tĂ©moin, de nombreuses scĂšnes de l'histoire de France. Par sa situation dans le quartier Latin, il est aux premiĂšres loges dĂšs que quelques manifestants dĂ©cident de transformer un mĂ©contentement en rĂ©volution. On fait aussi appel Ă  son « esprit Â» pour commĂ©morer un Ă©vĂ©nement, ou quand on estime l'intĂ©gritĂ© de la France en danger.

Article dĂ©taillĂ© : Le PanthĂ©on de Paris en dates.

Le Panthéon et la science

Le pendule de Foucault est associé à l'histoire du Panthéon de Paris. Quand, en 1851, le physicien Léon Foucault cherche un bùtiment de grande hauteur pour démontrer la rotation de la Terre, le Panthéon, lieu civil, semble tout indiqué. 1902 marquera une autre étape, à la fois scientifique et politique d'une affirmation de l'esprit scientifique dégagé de toute influence religieuse. Depuis 1995, le pendule bat de nouveau dans la nef.

Par sa situation en hauteur dans Paris, le Panthéon servira de récepteur aux expériences sur la T.S.F. d'EugÚne Ducretet.

Article dĂ©taillĂ© : Le PanthĂ©on de Paris et la science.

Le Panthéon et l'art

Sa position dominante en haut de la colline Sainte-GeneviĂšve comme sa forme originale ont su, dĂšs sa construction, attirer l'Ɠil d'artistes confirmĂ©s comme Van Gogh, Marc Chagall ou celui des amateurs. Symbole rĂ©publicain, il sera mis en poĂšme par Victor Hugo, il est aussi le sujet de plusieurs livres.

Il est maintenant aussi lieu d'exposition oĂč des artistes contemporains comme GĂ©rard Garouste ou Ernesto Neto profitent du vaste espace de la nef pour y accrocher leurs Ɠuvres.

Article dĂ©taillĂ© : Le PanthĂ©on de Paris et l'art.

Anecdotes et légendes

Pourquoi une croix chrĂ©tienne surmonte-t-elle l'Ă©difice, dans une rĂ©publique laĂŻque ?

Le Panthéon vers 1830
Le dÎme du Panthéon en 2005
Façade du Panthéon
Le Panthéon de nuit

La croix actuelle qui surmonte le PanthĂ©on a une longue histoire :
En 1790, lors de l'achÚvement du dÎme par Jean-Baptiste Rondelet, architecte chargé de finir le monument aprÚs la disparition de Jacques-Germain Soufflot, une croix provisoire est placée au sommet du dÎme en attendant la statue de GeneviÚve qui doit surmonter l'édifice.

En 1791, l'AssemblĂ©e constituante dĂ©cide de transformer l'Ă©glise Sainte-GeneviĂšve en mausolĂ©e pour accueillir les cendres de Mirabeau. L’architecte QuatremĂšre de Quincy fait donc remplacer la croix par La RenommĂ©e, une statue de Claude Dejoux, de neuf mĂštres de hauteur, reprĂ©sentant une femme embouchant une trompette[13].

Le 20 fĂ©vrier 1806, NapolĂ©on rend l'Ă©difice Ă  sa destination premiĂšre, mais laisse la statue au sommet du dĂŽme.

Le 3 janvier 1822, l'Ă©glise est enfin inaugurĂ©e. On place au sommet une croix en bronze dorĂ©.

Le 26 aoĂ»t 1830, Louis-Philippe Ier retransforme le bĂątiment en panthĂ©on. On enlĂšve la croix et on la remplace par un drapeau.

Le 6 dĂ©cembre 1851, par un dĂ©cret du prince prĂ©sident Louis-NapolĂ©on Bonaparte, le PanthĂ©on est rendu au culte catholique et on replace une croix dorĂ©e sur le dĂŽme.

Le 2 avril 1871, les Communards scient les petites branches de la croix et placent au sommet un drapeau rouge.
« Les canons de la place du PanthĂ©on saluaient le drapeau qui venait remplacer la croix par laquelle le catholicisme impĂ©rial avait marquĂ© sa prise de possession de l’édifice.
La Commune reprenait au clergé ce que le clergé avait usurpé. Le drapeau était rouge. Nous ne sommes pas de ceux que le rouge effarouche.
Ce n’est pas une couleur nouvelle pour nous. Pendant tout l’exil, le drapeau rouge a Ă©tĂ© le drapeau de la RĂ©publique proscrite ; et nous trouvons tout simple que la RĂ©publique rentre en France avec son drapeau.[
]
Le drapeau tricolore, qui a Ă©tĂ© celui de la premiĂšre RĂ©publique, a eu, certes, ses jours glorieux ; mais l’empire l’a traĂźnĂ© dans la boue de Sedan, et ce n’est pas nous qui l’y ramasserons. Â»
(Auguste Vacquerie, Le Rappel, 29 mars 1871)

En juillet 1873, une croix en pierre est remise, haute de 4 mÚtres et pesant 1500 kg avec son socle et sa boule. Pour le transfert des cendres de Victor Hugo, la IIIe république redonne à l'édifice le statut de Panthéon mais elle n'a pas jugé nécessaire de supprimer la croix.

Anecdotes

  • Pour tracer les fuseaux verticaux contenant les caissons du dĂŽme, Rondelet s'est servi d'une mĂ©thode simple. Accrochant un fil Ă  plomb au sommet, il se servit de l'ombre portĂ©e directement sur la voĂ»te dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©e pour les matĂ©rialiser.
  • Petite histoire de la peinture ornant le dĂŽme de la coupole.

Cette peinture est commandĂ©e par NapolĂ©on au peintre Gros en 1811. Mais les revirements de l'Histoire en dĂ©cideront autrement. Voici ce que l'on peut lire dans la "Nouvelle biographie gĂ©nĂ©rale, des temps les plus reculĂ©s jusqu’à nos jours", parue en 1858 :
« NapolĂ©on le chargea (Gros, NDLR) d'exĂ©cuter sur la surface intĂ©rieure du dĂŽme du PanthĂ©on, dans des proportions de quatre mĂštres, Clovis, Charlemagne, saint Louis, et lui-mĂȘme, le fondateur de la nouvelle dynastie. Gros devait terminer le tout en deux ans, pour la somme de 36 000 francs, lorsque survint la funeste retraite de Russie, puis la campagne de France, enfin le retour des Bourbons : la coupole subit les consĂ©quences de ces Ă©vĂ©nements. Le 10 aoĂ»t 1814, le ministre de la maison du roi fit Ă©crire Ă  Gros de placer Louis XVIII Ă  la place de NapolĂ©on, et on porta Ă  50 000 francs, la somme de 36 000 francs primitivement allouĂ©e. Le 31 mars 1815, nouvelle lettre ministĂ©rielle enjoignant Ă  l'artiste de reprĂ©senter NapolĂ©on comme il l'avait commencĂ© ; le prix de 50 000 francs Ă©tait maintenu. Enfin le 16 mai de la mĂȘme annĂ©e, aprĂšs les Cent Jours, un troisiĂšme contre-ordre l'obligeait de placer de nouveau Louis XVIII Ă  la place de NapolĂ©on empereur. Â»

  • Dans les mĂ©moires du gĂ©nĂ©ral Soult on peut lire l'anecdote suivante :

« [Au bivouac] ... les soldats se dispersaient dans les environs pour aller dĂ©terrer des pommes de terre. Un champ Ă©tait bientĂŽt rĂ©coltĂ©, et le repas Ă©tait bientĂŽt prĂ©parĂ© au feu du bivouac. Le silence durait tant que durait cette importante occupation ; mais elle ne durait pas longtemps et les provisions Ă©taient Ă©puisĂ©es avant que la faim ne fĂ»t apaisĂ©e. L'inĂ©puisable gaietĂ© du soldat français revenait alors. Ne doutant de rien, parlant de tout, lançant des saillies originales et souvent mĂȘme instructives, tel est le soldat français. Un soir, on parlait politique et des nouvelles de Paris ; le propos Ă©tait tombĂ© sur les grands hommes qu'on avait fait entrer au PanthĂ©on ou qu'on en avait successivement fait sortir, suivant l’esprit du jour et l’influence du parti rĂ©gnant.
- Qui va-t-on mettre aujourd’hui, demanda quelqu'un ?
- Parbleu, répondit son voisin, une pomme de terre.
et tout le monde d’applaudir cette saillie, qui avait plus de portĂ©e que l'intention de son auteur n'avait probablement voulu lui donner. Â»

  • On cite cette phrase de Louis XVIII Ă  qui on proposait de retirer Voltaire du PanthĂ©on, rendu au culte catholique sous son rĂšgne : Laissez-le, il est bien assez puni d'avoir Ă  entendre la messe tous les jours.

LĂ©gendes

Les bùtiments donnent parfois lieu à la création de légendes, comme celle du fantÎme de l'Opéra.

  • Pour le PanthĂ©on, on raconte que, menacĂ© par l'humiditĂ© du sol, l'Ă©difice aurait Ă©tĂ© sauvĂ© par l'ingĂ©niositĂ© d'un architecte qui aurait eu l'idĂ©e de soulever le bĂątiment pour injecter dessous du plomb fondu. Sa mĂ©thode ? Il aurait pratiquĂ© Ă  intervalles rĂ©guliers des trous du diamĂštre d'une barre Ă  mine tout autour de la base de l'Ă©difice, bourrĂ© ces trous de sciure de bois et arrosĂ© copieusement le tout. Le bois mouillĂ© aurait alors, en gonflant, soulevĂ© le bĂątiment de quelques millimĂštres, suffisamment pour y couler du plomb en fusion. En sĂ©chant, la sciure aurait alors redĂ©posĂ© le PanthĂ©on en douceur sur sa base.

Annexes

Références

  1. ↑ Jean Favier, Paris, 2000 ans d'histoire, p. 492-496
  2. ↑ Maximilien BrĂ©bion, MĂ©moire Ă  monsieur le comte de la Billarderie Angiviller 1780, publiĂ© par Michael Petzel, Soufflots Sainte-GeneviĂšve und der französische Kirchenbau des 18. Jahrunderts, Berlin, 1961, p. 147.
  3. ↑ Michael Petzel, « Soufflot et l'ordonnance de Sainte-GeneviĂšve Â», in Soufflot et l'architecture des LumiĂšres (actes du colloque Soufflot et l'architecture des LumiĂšres), 1980, ed. École nationale supĂ©rieure des Beaux-Arts, Paris, p. 12 Ă  25, (ISBN 2-903639-00-0)
  4. ↑ Sur ce thĂšme on peut consulter le site : Le projet de Soufflot 1755-1780
  5. ↑ EncyclopĂ©dia Universalis, article : « Fer et fonte (Architecture) Â», 1970, volume 6, p. 1028, (ISBN 2-85229-281-5)
  6. ↑ J. AdhĂ©mar, TraitĂ© de charpente, deuxiĂšme Ă©dition, Carillan-GƓury et Dalmont Ă©diteurs-libraires, Paris, 1854
  7. ↑ On peut Ă©galement la visualiser sur le site internet de l'universitĂ© de Columbia, photos d'architecture au format QT Ă  l'adresse Maquette du PanthĂ©on ou sur celui-ci.
  8. ↑ Sur un autre panorama on peut voir Ă©galement les clochers que Soufflot avait mis Ă  l'origine et qui furent rasĂ©s par la suite.
  9. ↑ Une toile de Demachy au musĂ©e Carnavalet reprĂ©sente cette cĂ©rĂ©monie.
  10. ↑ le monument fut imitĂ© Ă  Copenhague, Potsdam, Saint-PĂ©tersbourg.
  11. ↑ L'art de bĂątir, Rondelet, citĂ© dans MinĂ©ralogie appliquĂ©e au Arts, Ă  l'agriculture ..., Cyprien Prosper Brard, tome 1 pages 11 Ă  15, Paris, 1821
  12. ↑ [1]
  13. ↑ a  et b  Rapport fait au Directoire sur les travaux du PanthĂ©on (1792)
  14. ↑ MĂ©moires anecdotiques sur l'intĂ©rieur du palais et sur quelques Ă©vĂ©nements de l'Empire depuis 1805 jusqu'en 1816 pour servir l'histoire de NapolĂ©on, Louis François Joseph Bausset-Roquefort, tome 4, page 124 et suivantes, 1829, A. Levavasseur Ă©diteur Ă  Paris
  15. ↑ Histoire parlementaire de la RĂ©volution française, P.J.B Buchez & P.C. Roux, Tome 35, Librairie Paulin 1887, page 312
  16. ↑ Sur ce sujet on pourra consulter le document de Wikisource Le fronton du PanthĂ©on, tome 11, Gustave Planche, Revue des deux mondes, 1837
  17. ↑ Sur Wikisource lire : Le PanthĂ©on, peintures murales, ThĂ©ophile Gautier, 1848
  18. ↑ Histoire des artistes vivants français et Ă©trangers, ThĂ©ophile Silvestre Loudolphe de Virmond, Paris 1856
  19. ↑ Extrait de l'article de Jean Vuillemin paru dans « Arts et MĂ©tiers Magazine Â», p. 40, Octobre 2001.
  20. ↑ http://www.ugwk.eu/
  21. ↑ L'histoire de cette restauration par Lazar Kunstmann "La culture en clandestins. L'UX http://web.mac.com/peint/UGWK/2009-02-25_Kunstmann.html
  22. ↑ Histoire parlementaire, tome IX, page 280
  23. ↑ AbbĂ© de Montgaillard, Histoire de France, tome II, page 302
  24. ↑ Éloge funĂšbre de Mirabeau, par M. CĂ©rutti dans la BibliothĂšque historique de la RĂ©volution. Mirabeau aĂźnĂ©, p. 288-9 British Museum
  25. ↑ Le cimetiĂšre de Clamart se trouvait Ă  l'angle des rues du Fer-Ă -Moulin et des FossĂ©s Saint-Marcel dans le 5e arrondissement de Paris
  26. ↑ Source : site internet de l'AssemblĂ©e nationale AssemblĂ©e nationale
  27. ↑ Histoire populaire de la RĂ©volution française, M; Cabet, tome III, page 330, Pagnerre Ă©diteur? Paris, 1840.
  28. ↑ Voyage Ă  Ermenonville ou lettre sur la translation de Jean-Jacques Rousseau au PanthĂ©on (1794)
  29. ↑ Deux millions de personnes assistent aux funĂ©railles
  30. ↑ Discours prononcĂ©s lors des funĂ©railles de Victor Hugo le 1er juin 1885
  31. ↑ Pour se faire une idĂ©e du climat rĂ©gnant Ă  cette Ă©poque, on pourra consulter par exemple le site : de l'assiette au beurre, journal satirique de l'Ă©poque.
  32. ↑ RĂ©fĂ©rences :
    • Le livre de Paul Nizan la Conspiration (1938) dont un chapitre est consacrĂ© aux funĂ©railles de JaurĂšs
    • On retrouvera les enjeux politiques et les dĂ©tails de la cĂ©rĂ©monie en consultant : Terrain revue ethnologique de l'Europe N° 15, octobre 1990 : « La panthĂ©onisation Â» de Jean JaurĂšs, rituels et politique sous la IIIe RĂ©publique par Avner Ben-Amo. Cet article est aussi consultable en ligne Ă  l'adresse http://terrain.revues.org/document2983.html
  33. ↑ Discours de Jean Cabannes, membre de l'AcadĂ©mie des sciences, 17 juin 1948 Discours d'Émile Borel, membre de l'AcadĂ©mie des sciences, 18 juin 1948
  34. ↑ Archive vidĂ©o sur le site de l'INA
  35. ↑ Site Internet du SĂ©nat, 1949, Victor Schoelcher : un sĂ©nateur philanthrope
  36. ↑ Archive vidĂ©o sur le site de l'INA
  37. ↑ Voir la vidĂ©o sur le site de I.N.A. Discours d'AndrĂ© Malraux Extraits audio du discours de Malraux sur le site de l'INA
  38. ↑ Archive vidĂ©o sur le site de l'INA
  39. ↑ Discours prononcĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique, pour le transfert des cendres de RenĂ© Cassin au PanthĂ©on, 1987
  40. ↑ Discours prononcĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique, pour le transfert des cendres de Jean Monnet au PanthĂ©on, 1988
  41. ↑ Archive vidĂ©o sur le site de l'INA
  42. ↑ Archive vidĂ©o sur le site de l'INA
  43. ↑ Ă©dition du 21 avril 1995
  44. ↑ Discours prononcĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique pour le transfert des cendres de Pierre et Marie Curie au PanthĂ©on, 1995
  45. ↑ L'HumanitĂ©, Ă©dition du 21 avril 1995 : Un couple qui a changĂ© la face du monde
  46. ↑ Pour en savoir plus sur la mise en scĂšne de la cĂ©rĂ©monie : le peintre et dĂ©corateur Jean-Paul Chambas. Consulter les dĂ©tails de la cĂ©rĂ©monie : lien externe L'HumanitĂ© À AndrĂ© Malraux, la patrie reconnaissante
  47. ↑ Extrait du journal Le Monde, Ă©dition datĂ©e du 24 novembre 1996 (Auteur : Olivier Biffaud)
  48. ↑ Archive INA journal A2 9 aoĂ»t 1996
  49. ↑ in Le Figaro, Ă©dition du 26 novembre 1996
  50. ↑ L'HumanitĂ© Ă©dition du 23 novembre 1996
  51. ↑ Discours prononcĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique lors du transfert des cendres d’AndrĂ© Malraux au PanthĂ©on, 1996
  52. ↑ Archive vidĂ©o sur le site de l'INA
  53. ↑ Pour en savoir plus sur la mise en scĂšne d'Ivan Morane La cĂ©rĂ©monie, Les discours : Discours d'Alain Decaux, de l'AcadĂ©mie française ; Discours de Jacques Chirac, PrĂ©sident de la RĂ©publique ; Dans la presse Article du journal L'HumanitĂ© Alexandre Dumas. Deux cents ans aprĂšs Auteur : Alain Nicolas, 30 novembre 2002.
  54. ↑ annexe au procĂšs-verbal de la sĂ©ance du 2 dĂ©cembre 1902, AN (CARAN) / F
  55. ↑ journal LibĂ©ration, Ă©dition du 6 juillet 2006, article d'Alain Auffray
  56. ↑ Le Monde, Ă©dition du 7 juillet 2006, page 3
  57. ↑ (Berlioz and the Romantic Century, tome 2, 1950, pages 325-326)
  58. ↑ Journal l'HumanitĂ© Ă©dition du 31 janvier 2006
  59. ↑ Le Nouvel Observateur 17 Avril 2008
  60. ↑ Lire le discours entier et la rĂ©ponse de Nicole Asseline, ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la paritĂ© et Ă  l’égalitĂ© professionnelle
  61. ↑ Compte rendu de la sĂ©ance du 10 octobre 2006 au SĂ©nat, question no 1085 : « Contenu informatif d'un panneau figurant sur le PanthĂ©on Ă  Paris Â»

Sources

Bibliographie

Place du pantheon.jpg
  • Le PanthĂ©on, Temple de la nation, Ă©ditions du Patrimoine, coll. « ItinĂ©raires du Patrimoine Â» (ISBN 2-85822-342-4).
  • Mona Ozouf, « Le PanthĂ©on Â», dans Les lieux de mĂ©moire, t. I : La RĂ©publique, Gallimard, Paris, 1984.
  • Jean-François Decraene, Petit dictionnaire des Grands Hommes du PanthĂ©on.
    Ce petit livre donne la liste complÚte des hÎtes prestigieux du monument, leur biographie, et à quelle période de la vie politique française ils ont été accueillis, donc choisis.
  • Le PanthĂ©on : Livre avec un CD Edition en braille, Pierre Wachenheim & HoĂ«lle Corvest, collection SensitinĂ©raires, Ă©diteur Patrimoine Eds Dun (ISBN 285822904X).
    L’ouvrage retrace l’étonnant destin d’un monument exceptionnel, Ă  partir de supports tactiles et auditifs pour les personnes dĂ©ficientes visuelles.
  • Denis Bocquet, PanthĂ©on ou Ă©glise Sainte-GeneviĂšve: les ambiguitĂ©s d'un monument (1830-1885), Paris Sorbonne, 1992[2]

Article connexe

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