Osirak

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Osirak
Carte de l'opération Opéra de bombardement d'Osirak.

Osirak est le nom d'un ancien r√©acteur nucl√©aire exp√©rimental de 70 MW (33¬į12‚Ä≤30‚Ä≥N 44¬į31‚Ä≤30‚Ä≥E / 33.20833, 44.525) qui √©tait en cours d'installation en Irak au sud-est de Bagdad, construit par la France et destin√© √† des recherches civiles sur le nucl√©aire. Il fut d√©truit, d'abord partiellement par un raid de l'arm√©e isra√©lienne le 7 juin 1981 (op√©ration Op√©ra) puis √† nouveau par l'arm√©e am√©ricaine en 1991, lors de la guerre du Golfe.

Sommaire

Accord franco-irakien

En 1975, Saddam Hussein se rend en week-end en Provence, o√Ļ il rencontre Jacques Chirac, alors Premier ministre de Giscard qui s'√©tait d√©j√† rendu √† Bagdad en septembre 1974[1]. Ce fut le seul voyage √† l'√©tranger du dictateur irakien[1]. Hussein rencontre √©galement Giscard √† Paris, et visite le centre de Cadarache avec Chirac[1].

Le 8 septembre 1975, le journal libanais El Oubsou El Arabi publie une d√©claration du vice-pr√©sident irakien Saddam Hussein : ¬ę L'accord avec la France est le premier pas concret vers la production de l'arme atomique arabe ¬Ľ. Le 18 novembre 1975, un accord de coop√©ration nucl√©aire franco-irakien est sign√© √† Bagdad[1]. Le texte pr√©cise qu'il s'agit d'une utilisation pacifique du nucl√©aire[2].

Le projet de s'√©quiper d'un r√©acteur de 1 500 MW est abandonn√©[1], et c'est un petit r√©acteur de recherche, Osirak, copie conforme du r√©acteur nucl√©aire de recherche fran√ßais Osiris install√© √† Saclay (puissance de 70 MW)[1]. Saint-Gobain, Bouygues et Framatome, partenaires du CEA, sont charg√©s du contrat[1]. La centrale doit comporter en fait deux r√©acteurs : Osirak (appel√© Tamuz 1 par les Irakiens) et un petit, Isis (Tamuz 2)[1].

Le 6 avril 1979, le Mossad, une agence de renseignement isra√©lienne, d√©truit avec des bombes √† charge creuse, lors d'une op√©ration commando √† l'int√©rieur de l'usine de Constructions navales et industrielles de la M√©diterran√©e (CNIM), √† La Seyne-sur-Mer (Var), la cuve en acier du r√©acteur d'Osirak[1]. La France r√©pare les d√©g√Ęts[1], mais dans la nuit du 13 au 14 juin 1980, le Mossad √©gorge dans un h√ītel parisien l'√©gyptien Yahya Al-Meshad, membre de la Commission atomique irakienne[1]. Des ing√©nieurs du CEA re√ßoivent par ailleurs des lettres de menace[1].

Le 30 septembre 1980, au d√©but de la guerre Iran-Irak, deux chasseurs-bombardiers F-4 Phantom iraniens attaquent avec des missiles le centre de recherches de Tuwaitha √† Bagdad mais sans toucher directement les deux r√©acteurs Osirak et Isis.

Finalement, le r√©acteur a √©t√© d√©truit lors d'un bombardement men√© par Isra√ęl qui craignait que l'Irak n'acc√®de √† l'arme nucl√©aire par 8 F-16 et 6 F-15 avec 16 bombes d'une tonne, le 7 juin 1981. C'est l'op√©ration Op√©ra √† laquelle participe le colonel et premier astronaute isra√©lien, Ilan Ramon, ainsi qu'Amos Yadlin (en), futur chef de l'Amam, les services de renseignements militaires. Un Fran√ßais est tu√© lors de ce raid de bombardement isra√©lien.

Conjectures, polémiques et ventes d'armes à l'Irak

La d√©cision de doter l'Irak de technologies nucl√©aires ayant √©t√© prise par le premier ministre fran√ßais de l'√©poque, Jacques Chirac, le r√©acteur est ironiquement surnomm√© √Ē Chirac par les Isra√©liens et une partie de la presse francophone. La centrale pouvait produire du plutonium[1], mais cela fut toujours d√©menti par le CEA[1]. En 1990, l'ancien ministre de la D√©fense et administrateur du CEA √† l'√©poque de la visite en France de Saddam Hussein, Andr√© Giraud, assura que ce contrat ne pouvait mener l'Irak √† acqu√©rir la bombe atomique[3]. Cela fut cependant contest√©[1], entre autres par un article dans les Temps modernes √©crit par Georges Amsel et d'autres physiciens, dans lequel ils affirmaient que si la France avait, comme pr√©vu, livr√© les six charges d'uranium enrichi √† 93% (80 kg) pr√©vues dans le contrat (seuls deux charges furent livr√©es, suite aux pressions am√©ricaines et isra√©liennes), ¬ę c'√©tait l√† de quoi offrir sur un plateau √† l'Irak de quoi faire cinq bombes atomiques ¬Ľ[4].

La France a finalement décliné la demande de reconstruction du réacteur en 1984 après avoir donné une aide technique initiale. En revanche, elle livra à l'Irak beaucoup d'armes lors de la guerre Iran-Irak (près de 900 missiles antinavires Exocet, plus de 130 Mirage F1, etc.), l'Irak recevant alors 1/3 des exportations d'armement françaises[1], pour 17 milliards de dollars entre 1980 et 1986[1].

Raids américains

En 1991, durant l'op√©ration ¬ę Temp√™te du d√©sert ¬Ľ, plusieurs raids massifs de F-117 et de F-111 d√©truisent le complexe qui √©tait l'un des plus fortifi√©s d'Irak.

Référence

  1. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Jean Guisnel, Histoire secr√®te de la Ve R√©publique, Editions La D√©couverte, coll. ¬ę Cahiers libres ¬Ľ, 2 novembre 2006, 752 p. (ISBN 978-2707149022), partie p. 242-255, ¬ę La France, premier prolif√©rateur nucl√©aire ¬Ľ 
  2. ‚ÜĎ http://www.doc.diplomatie.gouv.fr/BASIS/pacte/webext/bilat/DDD/19750139.pdf
  3. ‚ÜĎ Le Figaro, 13 septembre 1990, cit√© par J. Guisnel, art. cit.
  4. ‚ÜĎ Georges Amsel, Jean-Pierre Pharabod et Raymond Sen√©, ¬ę Osirak et la prolif√©ration des armes atomiques ¬Ľ, Les Temps modernes, septembre 1981, no 422, cit√© par J. Guisnel, art.cit.

Voir aussi

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