Oreille

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Oreille
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Oreilles d'un veau de race brahmane
Photo d'une oreille humaine.

L'oreille est l'organe qui sert √† capter le son et est donc le si√®ge du sens de l'ou√Įe, mais elle joue √©galement un r√īle important dans l'√©quilibre[1]. Le mot peut r√©f√©rer au syst√®me entier, l'appareil auditif qui effectue la collection et la compr√©hension des sons, ou bien √† la partie ext√©rieure seulement. Seuls les vert√©br√©s ont des oreilles, toutefois de nombreux invert√©br√©s sont capables de percevoir les sons en faisant appel √† d'autres sens.

Sommaire

L'organe de l'ouie en zoologie

La constitution de l'appareil auditif diff√®re grandement selon les animaux. On ne peut pas v√©ritablement parler d'¬ę oreille ¬Ľ chez de nombreuses esp√®ces, m√™me si elles per√ßoivent des sons ou des vibrations ext√©rieures[2].

Bulle et fente auditive de la grande sauterelle verte sur sa patte antérieure

Chez les invertébrés, quand on arrive à le localiser, l'appareil auditif consiste la plupart du temps en une simple cavité résistante, avec quelques concrétions calcaires, reliée à un nerf. Ils n'ont pas véritablement d'oreilles[2].

Les poissons sont dot√©s d'un appareil auditif cartilagineux situ√© dans la cavit√© cr√Ęnienne. Il est simplement compos√© d'un sac que surmontent deux ou trois canaux semi-cirulaires. Il n'y a pas d'oreille externe, ni de tympan car, dans l'eau, les sons sont per√ßus principalement √† travers les os du cr√Ęne[2].

Les amphibiens ou les reptiles ont un tympan apparent, au niveau de la peau, sans oreille externe.

Les oiseaux ont une oreille externe réduite au conduit auditif et n'ont pas ou peu de pavillon[2].

Animaux n'ayant pas de pavillon :

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L'oreille des mammifères

Article d√©taill√© : Oreille humaine.

La plupart des mammif√®res, dont l'√™tre humain, poss√®dent deux oreilles, une de chaque c√īt√© de la t√™te.

Certains animaux, par exemple les canidés ou les équidés, peuvent mouvoir les pavillons de leurs oreilles en direction de la source du son. Chez l'humain les muscles permettant ce type de mouvement se sont atrophiés et sont généralement inutilisables[3].
Les oreilles mobiles servent aussi de moyen de communication visuelle, leur position indiquant l'humeur de l'animal.

Les chauves-souris ont des oreilles tr√®s diff√©rentes des autres mammif√®res avec parfois un pavillon et souvent un tragus tr√®s d√©velopp√© (qui accentue la st√©r√©ophonie et l'√©cholocation); l'oreille interne est extr√™mement longue ce qui donne, √† cette famille, la possibilit√© d'entendre un spectre auditif tr√®s √©tendu notamment dans les fr√©quences aig√ľes inaudibles pour l'homme.

Avoir de grandes oreilles permet à des animaux comme l'éléphant de réguler leur température par fortes chaleurs.

Principaux composants

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Chez les mammifères, l'oreille reprend plus ou moins l'organisation de l'oreille humaine[2].

Anatomie compar√©e chez les primates : Humain (gauche) et Macaque berb√®re
Schéma de l'oreille humaine

L'oreille externe

Le pavillon et le tragus de l'oreille externe sont très développés chez certaines espèces de chauves-souris. Ici Megaderma spasma.
Le pavillon est plus ou moins développé chez les mammifères. Il est par exemple plus étiré chez le lapin que chez le chat.
Le pavillon peut être orientable comme chez les chevaux.
Les oreilles de l'éléphant lui servent en plus de régulateur thermique.

L'oreille externe comprend deux segments: le pavillon et le conduit auditif externe.

  • Le pavillon est une lame pliss√©e sur elle-m√™me en divers sens, ovalaire √† grosse extr√©mit√© sup√©rieure en ayant dans son ensemble la forme d'un pavillon de cornet acoustique. Le pavillon poss√®de un squelette fait de cartilage √©lastique lui permettant de reprendre sa position normale apr√®s une d√©formation. √Ä ce niveau il n'existe pas de tissu cellulaire sous-cutan√©. La partie inf√©rieure du pavillon est repr√©sent√©e par le lobe de l'oreille dont la partie centrale est adipeuse, peu innerv√©e et richement vascularis√©e.
  • Le conduit auditif externe a la forme d'une corne acoustique diminuant de diam√®tre √† mesure que l'on se rapproche vers le fond c'est-√†-dire le tympan. Ses deux-tiers externes ont un squelette cartilagineux alors que son tiers interne est creus√© dans l'os temporal. La partie externe est rev√™tue d'une peau dot√©e de nombreux pores et de glandes s√©bac√©s, ainsi que des glandes sudoripares apocrines (les glandes c√©rumineuses) qui fabriquent un liquide prot√©ique et glucolipidique, pigment√© et visqueux, le c√©rumen.

L'oreille moyenne

L'oreille moyenne comprend le tympan ainsi que les osselets (la ¬ę cha√ģne ossiculaire ¬Ľ), trois tr√®s petits os. Ils s'appellent respectivement de dehors en dedans : le marteau, l'enclume, et l'√©trier. Ces noms proviennent de leurs formes caract√©ristiques. Le marteau et l'enclume forment une articulation peu flexible appel√©e ¬ę bloc incudo-mal√©aire ¬Ľ.

Les sons sont le r√©sultat de vibrations de l'air dans le conduit auditif qui ont pour effet de faire vibrer le tympan. Ces vibrations seront ensuite transmises le long de la cha√ģne ossiculaire, puis √† l'oreille interne via la fen√™tre ovale.

La conception qui domine actuellement sur la propagation des vibrations dans l'oreille moyenne est celle de Khana et Tonndorf, √©labor√©e en 1972 : sch√©matiquement, les lignes des zones concentriques d'iso-amplitude de certaines fr√©quences sont parall√®les au manche du marteau, avec, pour la membrane du tympan, des zones de vibration plus amples que pour ce manche.

Puisque l'oreille moyenne est creuse, un environnement de haute pression (comme l'eau) poserait le risque de crever le tympan. Pallier ce risque est la fonction des trompes d'Eustache. Descendantes √©volutionnaires des ou√Įes respiratoires des poissons, ces trompes relient l'oreille moyenne aux fosses nasales afin d'assurer une √©quipression de part et d'autre du tympan.

L'oreille interne

L'oreille interne contient non seulement l'organe de l'ou√Įe, mais aussi le vestibule et les canaux semi-circulaires, organe de l'√©quilibre, responsable de la perception de la position angulaire de la t√™te et de son acc√©l√©ration. Les mouvements de l'√©trier sont transmis √† la cochl√©e via la fen√™tre ovale et le vestibule.

La cochlée est un organe creux rempli d'un liquide appelé endolymphe. Elle est tapissée de cellules ciliées - des cellules sensorielles non renouvelables coiffées de structures filamenteuses, les stéréocils. Ces cellules sont disposées le long d'une membrane (la membrane basilaire) qui vient partitionner la cochlée en deux chambres. L'ensemble des cellules ciliées et des membranes qui leur sont adjointes constitue l'organe de Corti.

La membrane basilaire et les cellules ciliées qu'elle porte sont mises en mouvement par les vibrations transmises au travers de l'oreille médiane. Le long de la cochlée, chaque cellule répond préférentiellement à une certaine fréquence, pour permettre au cerveau de différencier la hauteur des sons. Ainsi, les cellules ciliées les plus proches de la base de la cochlée (fenêtre ovale, au plus près de l'oreille médiane) répondent préférentiellement aux aigus. Celles situées en son apex (dernier tour de la cochlée) répondent au contraire aux basses fréquences.

Ce sont les cellules cili√©es qui font la transduction m√©cano√©lectrique : elles transforment un mouvement de leur cils en signal nerveux par le nerf auditif, qui va √™tre interpr√©t√© par le cerveau comme un son de la hauteur tonale correspondant au groupe de cellules excit√©es.

L'appareil vestibulaire postérieur se constitue de trois canaux semicirculaires, disposés orthogonalement dans les trois plans. Ils sont remplis de la même endolymphe que la cochlée. Lorsque l'oreille est soumise à un mouvement, l'inertie de ce liquide rend ce mouvement détectable par des cellules ciliées, tout à fait similaires à celles de la cochlée. La disposition des trois canaux en trois plans orthogonaux permet de détecter la position angulaire de la tête dans toutes les directions possibles.

Les oreilles dans la culture

Nomenclature

Par analogie avec la forme du pavillon de l'oreille, des noms vernaculaires reprennent ce terme un peu pour tout comme une oreille de lapin, une oreille de souris ou une oreille d'ours, pour des esp√®ces v√©g√©tales comme l'oreille cafre, l'oreille d'√©l√©phant, l'oreille de cochon, l'oreille d'√Ęne ou l'oreille v√©g√©tale, des plats cuisin√©s comme les oreilles d'√Ęnes, les oreilles d'Aman, les oreilles de crisse, pour des outils comme l'oreille de levage ou encore pour des toponymes comme l'Oreille de Denys et Oreille de Ga√Įa, etc.

On utilise les expressions ¬ę oreille en chou-fleur ¬Ľ ou ¬ę oreille en feuille de chou ¬Ľ pour d√©signer certaines d√©formations des oreilles humaines, tandis que l'expression ¬ę bouche √† oreille ¬Ľ d√©signe la communication verbale et la transmission orale et un trompe-oreilles est une phrase dont la consonance pr√™te √† confusion, etc. Voir aussi la liste d'idiotismes corporels fran√ßais.

Par m√©tonymie une ¬ę oreille d'or ¬Ľ est officier marinier charg√© du sonar.

Le peuple amérindien des Pend d'Oreilles doit son nom aux coquillages suspendus à leurs oreilles.

Le perce-oreille est un insecte qui doit son nom aux mythes qui colportent l'information erronée selon laquelle il pénètrerait dans le conduit auditif et l'endommagerait.

L'oreillette ou l'orecchiette viennent du mot oreille (petite oreille).

Coutumes

La boucle d'oreille est un ornement corporel, fixé le plus souvent sur le lobe de l'oreille externe.

Obliger un √©l√®ve turbulent √† porter un bonnet d'√Ęne, imitant les longues oreilles de l'√Ęne, √©tait une humiliation publique autrefois pratiqu√©e traditionnellement comme punition dans les √©coles.

Au cours d'une corrida, s'ils ont apprécié la prestation du matador, les spectateurs réclament au président que lui soient accordées une, voire deux oreilles, et même deux oreilles et la queue du taureau de combat.

Légendes et histoire

Le Roi Midas vit ses oreilles transform√©es par Apollon en oreilles d'√Ęne. Pour cacher sa disgr√Ęce, il se mit √† porter un bonnet conique qui dissimulait ses oreilles. Un esclave s'en rendit compte et, ne pouvant garder le silence, l'esclave creusa un trou sur le bord d‚Äôune rivi√®re pour se d√©livrer de son secret en le r√©v√©lant √† la terre seule. Mais, peu apr√®s, des roseaux pouss√®rent ; agit√©s par la brise, ils r√©p√©t√®rent la phrase : ¬ę Le roi Midas a des oreilles d‚Äô√Ęne. ¬Ľ

Le peintre Vincent Van Gogh est connu pour avoir eu le lobe de l'oreille gauche tranché par une lame par lui-même, au rasoir, au cours d'une crise de délire due à une affection mentale ou neurologique, ou peut-être au cours d'une violente dispute avec Gauguin[4].

Ňíuvres

Un homme avec une oreille sur le bras gauche
L'oreille greffée de l'artiste Stelarc

L'Oreille cassée est le sixième album de bande dessinée des aventures de Tintin.

Le logo de la radio-télévision belge RTBF.be a été inspiré par la forme simplifiée d'une oreille humaine de 1960 à 2005.

L'artiste Stelarc, connu pour ses performances d'Art corporel, fit greffer une oreille sur son bras.

Galerie

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Notes et références

  1. ‚ÜĎ Le syst√®me vestibulaire est situ√© dans l'oreille interne
  2. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Oreille (anatomie) sur l'encyclop√©die Imago Mundi, consult√© en mai 2010.
  3. ‚ÜĎ Anatomie et fonctionnement du syst√®me auditif, consult√© en mai 2010.
  4. ‚ÜĎ √Čric Bi√©try-Rivierre, R√©v√©lations sur l'oreille coup√©e de Van Gogh, 04/05/2009 sur Figaro.fr, consult√© le 14 juillet 2010

Voir aussi

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Bibliographie

  • Antoine Dug√®s. Trait√© de physiologie compar√©e de l'homme et des animaux, Volume 1. √Čditeur L. Castel, 1838. 636 pages. Lire le document num√©ris√©, chapitre V : de l'ou√Įe, page 163.

Articles connexes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Oreille de Wikipédia en français (auteurs)

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  • oreille ‚ÄĒ (o r√® ll , ll mouill√©es, et non o r√® ye) s. f. 1¬į¬†¬†¬†Appareil de l audition qui est divis√© en trois parties. 2¬į¬†¬†¬†Organe de l ou√Įe, plac√© de chaque c√īt√© de la t√™te. 3¬į¬†¬†¬†L ou√Įe, le sens qui per√ßoit les sons. 4¬į¬†¬†¬†Appr√©ciation des sons musicaux.… ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©

  • OREILLE ‚ÄĒ s. f. Organe de l ou√Įe, plac√© de chaque c√īt√© de la t√™te. Oreille droite. Oreille gauche. Les deux oreilles. Le tympan, le trou de l oreille. Se boucher les oreilles. Se mettre du coton dans les oreilles. Avoir mal aux oreilles. Les maux d oreille ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • OREILLE ‚ÄĒ n. f. Organe de l‚Äôou√Įe, plac√© de chaque c√īt√© de la t√™te. Oreille droite. Oreille gauche. Le tympan de l‚Äôoreille. Se boucher les oreilles. Avoir un bourdonnement, un tintement d‚Äôoreille. Les oreilles me cornent. En termes d‚ÄôAnatomie, Oreille… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • oreille ‚ÄĒ nf., ouie : eureulye nm. (Notre Dame Be.), irolye (Table.290b), orlyo (Albanais.001c, Albertville.021b), orly√® (001b,021a, Annecy.003b.TER., Samo√ęns) || ORLYE nf. (001a,003a, Chapelle St Mau., Cordon.083, Gets, Th√īnes.004, Villards Th√īnes),… ‚Ķ   Dictionnaire Fran√ßais-Savoyard

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