Ohrid

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Ohrid
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41¬į 07‚Ä≤ 18‚Ä≥ N 20¬į 49‚Ä≤ 10‚Ä≥ E / 41.1216200, 20.8194410

–ě—Ö—Ä–ł–ī
Ohrid
Drapeau de –ě—Ö—Ä–ł–īOhrid
Drapeau

La ville d'Ohrid sur le lac
La ville d'Ohrid sur le lac
Administration
Pays Drapeau de Mac√©doine Mac√©doine
Région Sud-Ouest
Municipalité Ohrid
Code postal 6000
Maire Alexandar Petreski
Géographie
Coordonn√©es 41¬į 07‚Ä≤ 18‚Ä≥ Nord
       20¬į 49‚Ä≤ 10‚Ä≥ Est
/ 41.1216200, 20.8194410
Altitude 695 m
Superficie 38 393 ha = 383,93 km2
Démographie
Population 42 003 hab. (2002)
Densit√© 109,4 hab./km2
Localisation
Macedonia location map.svg
City locator 14.svg
–ě—Ö—Ä–ł–ī
Ohrid
Internet
Site de la ville www.ohrid.gov.mk

Ohrid (en mac√©donien : –ě—Ö—Ä–ł–ī) est une ville du sud-ouest de la R√©publique de Mac√©doine, situ√©e en bordure du lac du m√™me nom. √Ä 700 m d'altitude, ce lac, dont une partie appartient √† l'Albanie voisine, est entour√© de montagnes, class√©es au sein du parc national de Galitchitsa. La municipalit√©, qui compte un peu plus de 40 000 habitants, est la capitale touristique du pays et poss√®de son propre a√©roport.

Le territoire de la ville est un des tout premiers sites europ√©ens occup√©s par l'hommme. Durant l'Antiquit√©, une grande cit√©, Lychnidos, √©merge, avec son th√©√Ętre antique et son acropole. Apr√®s les invasions slaves du d√©but du Moyen √āge, la ville devient au IXe si√®cle un grand centre religieux et culturel. Le Saint Cl√©ment d'Ohrid fonde alors son monast√®re et participe √† l'√©tablissement de l'alphabet cyrillique et de la culture bulgaro-mac√©donienne. Samuel Ier de Bulgarie fait m√™me d'Ohrid la capitale de son Empire un si√®cle plus tard.

Conquise par les Ottomans, Ohrid conna√ģt un certain d√©clin avant de devenir au XIXe si√®cle un foyer de d√©veloppement du nationalisme mac√©donien. Au XXe si√®cle, la ville redevient le si√®ge de l'√Čglise orthodoxe mac√©donienne autoc√©phale, qui avait √©t√© supprim√©e par les Turcs au XVIIIe si√®cle. Le d√©veloppement du tourisme ainsi que la prise de conscience pour ses richesses naturelles et historiques engagent en 1979 le classement de la ville au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Sommaire

Nom

En mac√©donien, et les autres langues slaves du sud, le nom de la ville est Ohrid (–ě—Ö—Ä–ł–ī). En albanais, la ville est connue comme Oh√ęr ou Ohri. Des noms historiques incluent Lychnidus en latin[1] ou Lychnidos (őõŌćŌáőĹőĻőīőŅŌā), Ochrida (őüŌáŌĀőĮőīőĪ, ő©ŌáŌĀőĮőīőĪ) et Achrida (őĎŌáŌĀőĮőīőĪ) en grec, les deux derniers √©tant toujours en usage.

Le nom de la ville est parfois orthographi√© Okhrid car la translitt√©ration du ¬ę —Ö ¬Ľ cyrillique russe est en effet ¬ę kh ¬Ľ. Mais les normes ISO du mac√©donien (et aussi du serbe et du bulgare) disposent —Ö ‚Üí h car le ¬ę —Ö ¬Ľ mac√©donien est plus doux que le son gutural russe.

Géographie

Généralités

La municipalité d'Ohrid est située dans le sud-ouest de la République de Macédoine, entre les lacs d'Ohrid et Prespa, les plus grands du pays. Elle est bordée au sud et à l'ouest par l'Albanie, qui possède un tiers du lac d'Ohrid et une partie plus restreinte du Prespa, au nord-ouest par la municipalité de Struga et à l'est par celle de Resen. Ohrid est également limitrophe de la municipalité de Demir Hisar sur quelques kilomètres, à son extrême nord-est.

Topographie

Le village de Trpeitsa et le lac d'Ohrid vus des monts Galitchitsa

La municipalité possède une forme allongée, orientée du nord au sud. La ville d'Ohrid se trouve au centre, sur le lac éponyme. Plusieurs villages sont également au bord du lac, d'autres sont dans les terres. Le sud de la municipalité, c'est-à-dire l'espace compris entre les deux lacs, forme le parc national de Galitchitsa, un des trois que compte la Macédoine. Le point le plus bas de la municipalité est le lac d'Ohrid, situé à 695 mètres d'altitude. Le lac Prespa est à 850 mètres et le mont Magaro, dans le parc, culmine à 2255 mètres[2]. Le relief accentué ainsi que la présence de lacs expliquent une faune et une flore exceptionnellement riches[3].

Géologie et hydrologie

Les monts Galitchitsa

Le sol est formé d'une roche calcaire, qui est percé par endroits de grottes et de crevasses. Les monts Galitchitsa sont parmi les montagnes les plus sèches du pays, car leur roche ne retient pas l'eau. En revanche, le calcaire permet à l'eau du lac Prespa de s'écouler sous le massif jusqu'au lac d'Ohrid, qui est ainsi constamment approvisionné, par des sources en profondeur ou sur ses rives, comme à Saint-Naum.

Les sources de Saint-Naum sont c√©l√®bres pour leur d√©bit ; 7,5 m√®tres cubes par seconde. Elles forment un petit bassin de 30 hectares et profond de 3,5 m√®tres au maximum[4]. Le lac d'Ohrid est le plus vieux lac d'Europe, il s'est form√© il y a environ 4 millions d'ann√©es, lorsqu'un mouvement sismique a cr√©√© un enfoncement vertical du sol. Il est √©galement assez profond, dans sa partie est, il descend jusqu'√† 288 m√®tres d'altitude[3].

Urbanisme

La ville d'Ohrid est caractérisée par un centre dense, du fait de son ancienneté. La périphérie est néanmoins plus aérée et faite d'immeubles modernes et de maisons individuelles espacées.

La municipalité compte 28 villages, localisés en majorité au bord du lac. Ils comptent tous moins de 1 000 habitants à l'année et vivent d'activités artisanales et du tourisme.

Transports

Ohrid poss√®de un a√©roport, le deuxi√®me de Mac√©doine ; il est baptis√© a√©roport Saint-Paul et il se trouve au nord de la ville, √† mi-chemin entre Ohrid et Struga. Il s'agit d'un petit a√©roport de tourisme, qui poss√®de des emplacements pour huit avions de commerce et cinq d'aviation g√©n√©rale. Il a une capacit√© de 60 000 passagers et accueille pr√®s de 10 000 avions par an. Des vols r√©guliers sont assur√©s toute l'ann√©e vers Zurich; en addition, il y existe des vols saisonniers √† Amsterdam et des vols charter saisonniers √† Tel Aviv-Jaffa.

La ville est également desservie par l'autoroute E65, qui relie Malmö, en Suède, à La Canée, en Grèce, et par l'autoroute E852, qui relie Tirana, capitale de l'Albanie, à Bucarest.

Histoire

Origine du nom

Appel√©e ¬ę Lychnidus ¬Ľ pendant l'Antiquit√©, la ville prend le nom d'Ohrid au VIe si√®cle ou au VIIe si√®cle, lors de l'arriv√©e des Slaves dans la r√©gion. Ce nom vient du mot slave hrid qui signifie ¬ę colline ¬Ľ[5]. La vieille ville est en effet construite sur un promontoire, coiff√© de la forteresse de Samuel, construite √† l'√©poque byzantine.

Le lac d'Ohrid ne prend son nom qu'au Xe si√®cle, auparavant, les √©crivains continuaient √† l'appeler ¬ę lac de Lychnidus ¬Ľ[5].

Ohrid a donné son nom spécifique à la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella), petit papillon ravageur de cet arbre.

Origines

La ville d'Ohrid est connue pour √™tre un des plus vieux √©tablissements humains d'Europe[3]. Des vestiges de maisons, tombes et c√©ramiques permettent d'√©tablir une pr√©sence au N√©olithique dans quelques villages autour de la ville d'Ohrid. Pr√®s de celui de Gorenci, situ√© √† 9 kilom√®tres du centre, des fouilles ont permis de mettre au jour des n√©cropoles de l'√āge du fer, de la p√©riode du Hallstatt. La r√©gion est alors habit√©e par un peuple, les Enh√©liens[6].

Lychnidus

√Ä partir du r√®gne de Philippe II en Mac√©doine, l'artisanat local suit de plus en plus l'art gr√©co-mac√©donien. Des fouilles ont permis de d√©couvrir une ancienne ville sur le territoire de la municipalit√© √† proximit√© de la n√©cropole Saint-√Črasme, elle poss√©dait une acropole et un th√©√Ętre[6].

Des sources √©crites romaines et byzantines permettent d'affirmer que la ville actuelle d'Ohrid se trouve sur l'antique Lychnidus, qui √©tait une √©tape importante sur la via Egnatia, voie terrestre qui relie les rives de l'Adriatique et celles de la mer √Čg√©e[7].

Apr√®s la conqu√™te romaine, Lychnidus devient la capitale de la Desar√©tie, mais reste dans l'aire d'influence hell√©nistique. Sous la R√©publique romaine, de nombreux monuments sont construits dans la ville et, pendant l'Antiquit√© tardive, elle est mentionn√©e comme centre √©piscopal. La premi√®re mention date du conclave de Serdica, qui s'est d√©roul√© en 343 ; Dionysus de Lychnidus, √©v√™que de la ville, est un des signataires[7].

Lychnidus dispara√ģt lors d'un tremblement de terre en 526, des sources historiques rappellent que plusieurs centaines d'habitants sont alors tu√©s. La ville n'est ensuite jamais plus mentionn√©e[7].

√Čpoques byzantine, bulgare et serbe

Saint-Cl√©ment d'Ohrid, ic√īne du XIIIe ou du XIVe si√®cle

√Ä partir du d√©but du VIe si√®cle, les Slaves traversent le Danube et d√©vastent les Balkans, qui font alors partie de l'Empire byzantin. La r√©gion d'Ohrid est colonis√©e par la tribu des Berzites au VIIe si√®cle[5]. Les Berzites s'allient √† d'autres tribus comme les Draguvites et la Sagudates sous la domination d'Hatczon. Les Berzites s'installent √©galement dans les r√©gions de V√©l√®s, Kavadarci, Prilep, Bitola et Debar, villes du sud-ouest de l'actuelle R√©publique de Mac√©doine. Les √©crivains byzantins appellent ce territoire la ¬ę Sclavinia ¬Ľ[5].

√Ä partir du VIIe si√®cle, une culture mac√©donienne slave √©merge, elle supplante la culture byzantine au Xe si√®cle. Le pouvoir de l'empereur se fait √©galement beaucoup plus faible √† cette √©poque[5].

En 886, saint Clément, un moine slave disciple des saints Cyrille et Méthode s'installe dans la ville. Il est suivi sept ans plus tard par Saint-Naum, autre élève de Cyrille et Méthode. Ils fondent chacun un monastère qui porte ensuite leur nom et y instruisent des centaines d'élèves.

En 969, un conflit oppose l'Empire byzantin √† la Rus' de Kiev. Les Bulgares, qui forment un empire ind√©pendant, luttent aux c√īt√©s des Ki√©viens. Au cours de la guerre, La mort de Pierre Ier de Bulgarie pendant la guerre entra√ģne la r√©volte des Mac√©doniens contre l'autorit√© byzantine[8]. Ohrid est le centre de la r√©bellion et, lorsque le prince Samuel r√©ussit √† constituer un √Čtat bulgare avec la Mac√©doine, il choisit la ville comme capitale. Cet √Čtat couvre, en plus de la Mac√©doine, le territoire des actuelles Bulgarie, Serbie, Gr√®ce, Albanie et Croatie. Thessalonique reste n√©anmoins sous contr√īle byzantin[8]. La ville d'Ohrid s'agrandit rapidement et se dote d'une forteresse, elle devient le si√®ge du Patriarcat de Mac√©doine, cr√©e par Samuel Ier[8].

Mur de la forteresse de Samuel

En 1015, cependant, l'empereur byzantin Basile II prend le contr√īle d'Ohrid, qui retombe aux mains du bulgare Ivan Vladislav, neveu de Samuel. Ce dernier est assassin√© en 1018 et en 1073, un √©crit pr√©sente Ohrid comme une ville en ruines. Ce serait Basile II, inqui√©t√© du risque de r√©bellion des Mac√©doniens, qui aurait fait d√©truire les lieux strat√©giques de la ville. L'empereur, qui supprime le patriarcat autoc√©phale, maintient n√©anmoins un archev√™ch√© √† Ohrid, qui lui permet de maintenir sa domination en Mac√©doine[8].

En 1081, l'empire byzantin déclara la guerre aux Normands, qui envahissaient les Balkans. Ils restent à Ohrid jusqu'en 1085. À partir de ce moment, l'insoumission des Macédoniens face aux Byzantins reprit de l'ampleur et le bogomilisme, mouvement chrétien considéré hérétique, s'implanta largement dans la région[8].

L'arriv√©e de la Quatri√®me croisade √† Constantinople en 1204 pr√©cipita l'empire byzantin dans la ruine. Il se divisa en divers √Čtats, comme l'Empire de Nic√©e ou le Despotat d'√Čpire et Ohrid se retrouva dans le Royaume de Thessalonique, un des √Čtats latins d'Orient mis en place par les Crois√©s. Peu de temps apr√®s, en 1219, le patriarche de Nic√©e cr√©a un archi√©piscopat serbe autoc√©phale, qui se posa comme le concurrent de celui d'Ohrid. Ce dernier perdit plusieurs √©parchies, qu'il ne r√©cup√©ra qu'en 1272[8].

La ville d'Ohrid fut ensuite conquise par le roi de Serbie Stefan UroŇ° IV DuŇ°an en 1334[8]. Ce souverain se fit par ailleurs couronner empereur des Serbes et des Grecs en 1346 √† Skopje.

√Čpoque ottomane

La cath√©drale Sainte-Sophie, transform√©e en mosqu√©e au XVIe si√®cle

√Ä la fin du XIVe si√®cle, les Serbes furent remplac√©s dans la r√©gion par les Turcs, conduits par le sultan Bayezid Ier. La date exacte du passage d'Ohrid aux Turcs ne peut √™tre pr√©cis√©ment d√©termin√©e ; une inscription dans une √©glise proche dit 1408, les √©crits turcs affirment 1395[9].

L'arriv√©e des Turcs et l'islamisation des habitants eut un impact important sur la ville, qui changea de visage. les premiers monuments turcs furent construits d√®s le d√©but du XVe si√®cle et le monast√®re Saint-Pantaleimon fut converti en mosqu√©e, tout comme la cath√©drale Sainte-Sophie au XVIe si√®cle[9].

D'apr√®s le recensement effectu√© par les Turcs en 1582, la municipalit√© d'Ohrid couvrait alors 88 villages et comptait 13 592 habitants, ce qui traduit une densit√© de population √©lev√©e. La majorit√© des habitants devaient √™tre Mac√©doniens slaves, ils devaient cohabiter avec des minorit√©s valaques et albanaises[9]. Le grand voyageur et √©crivain du XVIIe si√®cle Evliya √áelebi recensa √† Ohrid 17 lieux de culte musulman, sept √©coles primaires, 77 bains et trois cantines publiques. La ville devait compter en plus 150 magasins, trois tavernes, trois auberges et sept caf√©s[9].

Au XVIIIe si√®cle, de nombreux d√©saccords entre les √©v√™ques et les patriarches de la r√©gion eurent raison de l'archev√™ch√© d'Ohrid, qui fut rattach√© en 1767 √† celui de Constantinople.

Constantin Miladinov

√Ä partir de la premi√®re moiti√© du XIXe si√®cle, la ville d'Ohrid fut t√©moin du d√©veloppement rapide du nationalisme mac√©donien. Les fr√®res Miladinov, po√®tes et compilateurs de contes populaires, firent rapidement d'Ohrid un centre nationaliste. Ils furent suivis par d'autres intellectuels, comme Grigor Parlitchev ou Kuzman Chapkarev, qui y publi√®rent plusieurs ouvrages dans leur langue natale, le mac√©donien[10].

Au d√©part, l'influence grecque √©tait grande √† Ohrid, et les nationalistes s'appuy√®rent d'abord sur la langue et les traditions grecque. Pendant la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, cependant, des √©coles purement mac√©doniennes ouvrirent et la population se mit √† rejeter les propagandes grecques et bulgares[10].

Au même moment, les Balkans devenaient une des régions les plus convoitées d'Europe, les rébellions contre les Turcs étaient fréquentes en Bosnie-Herzégovine, en Bulgarie et en Macédoine, la Grèce avait obtenu son indépendance en 1821. En 1878, une guerre opposa une coalition formée par la Russie, la Serbie et le Monténégro à l'Empire ottoman, qui fut finalement vaincu. Des nationalistes d'Ohrid profitèrent du conflit pour former un groupe terroriste et attaquer l'occupant turc. Une fois la guerre achevée, les membres de ce groupe furent sévèrement punis et toute révolte écrasée[10].

En 1903, avec l'apparition de l'Organisme r√©volutionnaire pour l'Ind√©pendance de la Mac√©doine (ORIM), fond√© √† Thessalonique, la lutte pour l'ind√©pendance de fit plus dure et un gigantesque soul√®vement bouleversa le pays. L'insurrection d'Ilinden fut particuli√®rement violente dans la r√©gion d'Ohrid, o√Ļ 31 batailles eurent lieu, opposant 2091 rebelles √† 45898 soldats turcs. 118 mac√©doniens et 374 soldats moururent, sur les 75 villages insurg√©s, 32 furent incendi√©s et 10 furent partiellement br√Ľl√©s. 13 000 personnes se retrouv√®rent sans domicile[11].

Depuis 1913

La Mac√©doine, partag√©e entre plusieurs √Čtats en 1913 (en rouge, l'ancienne Mac√©doine serbe, aujourd'hui ind√©pendante)

En 1913, la Turquie dut finalement céder la Macédoine, qui fut partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Serbie. Ohrid devint théoriquement serbe, mais les Bulgares envahirent la Macédoine serbe et les combats entre les deux pays se poursuivirent pendant la Première Guerre mondiale[12].

Le conflit et le partage de la Mac√©doine furent d√©favorables pour Ohrid. En 1923, elle comptait encore 12 000 habitants; un an plus tard, il n'y en avait plus que 10 000. Le sectionnement de la r√©gion, qui √©tait √©conomiquement d√©velopp√©e, entre trois √Čtats diff√©rents, explique la fuite des Mac√©doniens d'Ohrid vers d'autres villes plus propices √† leurs activit√©s[12]. √Ä l'issue de la guerre, Ohrid demeura en Serbie, qui forma avec d'autres territoires c√©d√©s par l'Empire d'Autriche-Hongrie, le Royaume des Serbes, Croates et Slov√®nes, qui devint Royaume de Yougoslavie en 1929.

Les Communistes, présents à Ohrid depuis 1908, propagèrent largement leurs idées à partir de 1920, alors que la ville s'industrialisait. Le parti fut néanmoins interdit dès 1921 par le pouvoir yougoslave[13].

Les idées communistes n'étaient pourtant pas disparues et pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu'Ohrid était occupée par les Bulgares puis par les Allemands, des sympathisants socialistes s'attribuèrent du crédit auprès des habitants en luttant efficacement contre l'envahisseur. Ce sont les Résistants communistes de la 48e division de la Libération du peuple qui libèrent eux-mêmes la ville le 15 octobre 1944[14].

Apr√®s la Lib√©ration, Ohrid fait partie de la R√©publique socialiste de Mac√©doine, premi√®re reconnaissance officielle de l'existence du peuple mac√©donien slave. Dans le m√™me sens, des conseils tenus √† partir de 1943 permettent le r√©tablissement en 1967 d'une √Čglise orthodoxe mac√©donienne autoc√©phale, dont le si√®ge est √† Ohrid[15].

Pendant la seconde moiti√© du XXe si√®cle, la ville devient un grand centre touristique, gr√Ęce √† ses richesses culturelles et naturelles. La parc national de Galitchitsa est cr√©√© en 1958 et la r√©gion est class√©e au patrimoine mondial de l'Humanit√© en 1979. Lors du conflit de 2001 en Mac√©doine, la ville est le si√®ge des n√©gociations entre les chefs rebelles albanais et le gouvernement, qui aboutissent le 13 ao√Ľt 2001 √† la signature des accords d'Ohrid.

Héraldique

Le blason de la ville d'Ohrid représente un bateau naviguant sur le lac devant la forteresse de Samuel. Depuis que la ville est classée par l'UNESCO, l'or remplace l'argent et les armes sont placées dans l'emblème du Patrimoine mondial, un carré qui symbolise les constructions humaines, entouré d'un cercle qui évoque la nature[16].

Les armes traditionnelles d'Ohrid se blasonnent ainsi :
D'azur √† cinq fasces ond√©es d'argent en pointe, charg√©e d'un vaisseau de m√™me, le tout surmont√© par un ch√Ęteau ouvert √† cinq tours d'argent.

Démographie

Selon le dernier recensement, effectué en 2002, la municipalité d'Ohrid comptait alors 54 380 habitants. Depuis, elle a cependant fusionné avec une autre municipalité, celle de Kosel, qui était beaucoup plus petite et comptait en 2002 1 759 habitants. Ohrid, dans ses dimensions actuelles, comptait donc à la même date 55 749 habitants, ce qui en fait la septième municipalité la plus peuplée de Macédoine.

Le groupe ethnique le plus important est constitu√© par les Mac√©doniens slaves, qui repr√©sentent 85 % de la population. Ils sont suivis par les Albanais, 5,9 %, puis par les Turcs, 4 %. Les Roms, Serbes, Valaques, et les habitants n'appartenant √† aucun de ces groupes forment 4,2 % de la population.

√Čconomie

l'h√ītel Donco

En tant que capitale touristique de la R√©publique de Mac√©doine, Ohrid compte un nombre tr√®s important d'h√ītels et de restaurants. Les touristes sont attir√©s par les nombreux sites arch√©ologiques, les monast√®res, la vieille ville, les paysages uniques, la nature et le lac d'Ohrid.

La municipalit√© vit √©galement gr√Ęce √† la p√™che, le lac d'Ohrid est par ailleurs le refuge de poissons end√©miques tels la truite d'Ohrid, tr√®s estim√©e. Les for√™ts, nombreuses dans les montagnes, sont √©galement exploit√©es, bien que la pr√©sence du parc national pose des r√®gles d'abattage tr√®s strictes.

Malgr√© ces activit√©s, le niveau de vie moyen est plut√īt faible. En 2001, selon la Banque mondiale, le produit int√©rieur brut par habitant s'√©levait √† 1 678 $ dans la r√©gion d'Ohrid[3] alors que la R√©publique de Mac√©doine conna√ģt une moyenne de 8 400 $ en 2007[17]. Le produit int√©rieur brut de la r√©gion augmente cependant depuis plusieurs ann√©es[3].

Le tourisme a beaucoup souffert de l'isolement du pays et des probl√®mes √©conomiques qu'il a connu depuis son ind√©pendance, en 1992. Ainsi, les h√ītels d'Ohrid a vu reculer leur nombre de nuit√©es de 70 % entre 1991 et 2004[3].

Lieux et monuments

Vieille ville

Fouilles autour des églises de Plaochnik

La vieille ville est domin√©e par l'imposante forteresse de Samuel, qui est assise sur l'une des deux collines de la cit√©. Sa muraille, longue de trois kilom√®tres, √©tait autrefois ouverte par trois portes, dont seule la Porte Haute subsiste. Cette forteresse, mentionn√©e pour la premi√®re fois en 209, abritait de nombreuses constructions telles que des magasins et des citernes, qui lui conf√©raient un r√īle r√©sidentiel. Lors de l'arriv√©e des Turcs au XVe si√®cle, les habitants ont progressivement d√©laiss√© la forteresse et sont venus s'installer dans la plaine.

La trame urbaine de la ville basse, constitu√©e de rues et de ruelles √©troites et sinueuses, remontant au Moyen √āge, est bien pr√©serv√©e. Il reste de nombreuses maisons des XVIIe si√®cle, XVIIIe si√®cle et XIXe si√®cle. Toutes poss√®dent des fa√ßades blanches et sont dispos√©es de mani√®re √† m√©nager, pour chacune, la vue sur le lac ainsi que l'acc√®s √† la lumi√®re du soleil.

√Ä proximit√© de la Porte Haute se trouve le th√©√Ętre antique, construit par les Grecs et transform√© en ar√®ne par les Romains. Il a √©t√© d√©truit par un tremblement de terre au VIe si√®cle et des bas-reliefs ainsi que des pierres de construction ont √©t√© r√©employ√©s dans divers monuments post√©rieurs. Il accueille aujourd'hui divers spectacles.

Annonciation dans l'√©glise Saint-Cl√©ment (d√©but XIVe si√®cle)

Dans la partie ouest de la forteresse se trouve le monast√®re Saint-Pantaleimon et les √©glises de Plaochnik, construites √† l'emplacement du monast√®re de Saint-Cl√©ment. L'√©glise Saint-Cl√©ment, construite en 2002, renferme un atrium romain et divers autres vestiges du monast√®re primitif, ainsi que le tombeau du saint, plac√© en 916. Elle contient de grandes fresques r√©alis√©es en 1378[18]. L'√©glise Saint-Cl√©ment fut agrandie de nombreuses fois jusqu'au XVe si√®cle, lorsqu'elle a √©t√© convertie en mosqu√©e. Non loin se trouvent les ruines d'une une vaste basilique du Ve si√®cle, elle conserve d'immenses fresques illustrant notamment des paons s'abreuvant √† une source sacr√©e.

Sur un promontoire au-dessus du lac, √† l'extr√™me ouest de la vieille ville, est construite l'√©glise Saint-Jean de Kaneo, qui date du XIIIe si√®cle. Elle a cependant √©t√© d√©grad√©e du XVIIe si√®cle au XIXe si√®cle, lorsqu'elle √©tait laiss√©e √† l'abandon.

La cath√©drale Sainte-Sophie, situ√©e dans la partie basse de la ville, fut au Moyen √āge le si√®ge de l'archev√™ch√© d'Ohrid. Elle a √©t√© construite au XIe si√®cle √† l'emplacement d'une √©glise pal√©ochr√©tienne et des coupoles ont √©t√© ajout√©es au XIVe si√®cle. Les Turcs l'ont ensuite transform√©e en mosqu√©e puis en entrep√īt et elle fut finalement restaur√©e en 1912 puis dans les ann√©es 1950.

La maison Robev, qui abrite le musée national

L'√©glise Saint-Cl√©ment-Sainte-Vierge-Perivleptos a √©t√© construite sur l'une des deux collines de la vieille ville en 1295. Lorsque la cath√©drale fut transform√©e en mosqu√©e, c'est elle qui accueillit l'archev√™ch√©. En face de cette √©glise se trouve la galerie des Ic√īnes, qui conserve des Ňďuvres datant du XIe si√®cle au XIXe si√®cle. Non loin se trouve un mus√©e de manuscrits slaves et plusieurs petites √©glises m√©di√©vales toutes d√©cor√©es de fresques.

Le mus√©e national d'Ohrid, install√© dans la maison Robev, √©difice caract√©ristique du XIXe si√®cle, est un des plus vieux mus√©es du monde. Il a √©t√© fond√© en 1516 et rassemble un grand nombre d'objets trouv√©s lors de fouilles arch√©ologiques dans les environs. Le N√©olithique et la p√©riode romaine sont particuli√®rement pr√©sents.

Aux alentours

Le monastère Saint-Naum vu depuis le lac

En haut d'une falaise du lac d'Ohrid, pr√®s de la fronti√®re albanaise, se trouve le monast√®re Saint-Naum. Son √©glise, construite par le saint en 900, a √©t√© d√©truite pendant la p√©riode ottomane et remplac√©e par une construction du XVIe si√®cle, coiff√©e d'une coupole du XVIIIe si√®cle. Le monast√®re est entour√© par 45 sources, qui d√©versent dans le lac d'Ohrid l'eau du Prespa.

Dans les montagnes, se trouvent de nombreuses petites chapelles rupestres, d√©cor√©es de fresques. La plus c√©l√®bre est la chapelle Saint-√Črasme, construite pr√®s de la n√©cropole √©ponyme, dont les fresques datent du XIIIe si√®cle.

Le parc national de Galitchitsa est un cadre naturel exceptionnel par sa faune et sa flore.

Notes et références

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  3. ‚ÜĎ a, b, c, d, e et f (en)UNESCO - Report about the Lake Ohrid watershed region
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