Oceanie

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Carte de localisation de l'Océanie.
Superficie 9 008 458 km2 (6,1 %)
Population 32 000 000 hab.
DensitĂ© 4 hab./km2
Pays 14
DĂ©pendances 15
Principales langues Anglais, français
Fuseaux horaires UTC-11 (Samoa)
UTC+12 (Kiribati)
Plus grandes villes Sydney, Honolulu, Auckland
Portail Portail Océanie
Photographie satellite centrée sur l'Océanie.

L'Océanie est un continent regroupant des territoires situés dans l'océan Pacifique.

Incluant l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et d'autres ßles et archipels , l'Océanie est le plus petit des continents.

Sommaire

Origine du nom

L'origine du nom « OcĂ©anie Â» vient du mot « ocĂ©an Â» : c'est un toponyme inventĂ© en 1812 par le gĂ©ographe d'origine danoise Conrad Malte-Brun (1775-1826).

Généralités

L'OcĂ©anie est gĂ©nĂ©ralement dĂ©crite comme la rĂ©gion du monde qui se situe entre l'Asie du Sud-Est et l'AmĂ©rique du Sud. Bien qu'il existe des divergences sur sa gĂ©ographie, on regroupe gĂ©nĂ©ralement sous le terme « OcĂ©anie Â» :

Dans cette acception, l'Océanie va donc de l'ßle de CélÚbes à la Tasmanie, de la ville de Perth (à l'ouest) à l'ßle de Pùques (à l'est), et de Hawaï à la Nouvelle-Zélande.

L'OcĂ©anie est le plus petit groupement continental du globe : l'ensemble des terres Ă©mergĂ©es atteint 8 523 655 km2, dont 90 % pour la seule Australie, 5,4 % en Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e et 3,1 % en Nouvelle-ZĂ©lande, les autres nations ou territoires dispersĂ©s sur l'ocĂ©an Pacifique ne comptant que pour 1,5 % du total. L'OcĂ©anie est enfin le deuxiĂšme continent le moins peuplĂ© aprĂšs l'Antarctique avec 35 800 000 habitants en 2002. 60 % de la population vit en Australie, 16 % en Nouvelle-ZĂ©lande, et 12 % en Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e.

Un « espace gigogne Â»

Comme pour tout continent, les limites de l'OcĂ©anie sont arbitraires et difficiles Ă  dĂ©terminer. Ces difficultĂ©s sont amplifiĂ©es en partie par l'un des grands paradoxes ocĂ©aniens, Ă  savoir qu'il s'agit d'un continent avant tout maritime, sans vĂ©ritable masse continentale. Les difficultĂ©s Ă  dĂ©finir cet espace s'illustrent dans les diffĂ©rentes dĂ©signations qui ont pu lui ĂȘtre appliquĂ©es.

On parle ainsi de « Pacifique Sud Â»[1] ou des « Mers du Sud Â» alors mĂȘme qu’une partie de la MicronĂ©sie et l'archipel d'Hawaii sont situĂ©s dans l'hĂ©misphĂšre Nord.

De plus, ces dĂ©signations excluent parfois l'Australie (et la Tasmanie) et il est certain que rares sont les Australiens qui effectivement se dĂ©finissent en tant qu'OcĂ©aniens. On parle Ă  ce propos aussi de continent australien. Plus gĂ©nĂ©ralement la frontiĂšre entre Asie et OcĂ©anie reste fluide. L’üle de Nouvelle-GuinĂ©e est ainsi politiquement sĂ©parĂ©e entre Asie (la partie occidentale de l’üle, constituĂ©e des provinces indonĂ©siennes de Papouasie et de Papouasie occidentale (prĂ©cĂ©demment Irian Barat puis Irian Jaya), et OcĂ©anie (Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e), mĂȘme si les populations de ces deux entitĂ©s sont culturellement proches. Du reste jusqu'en 1962, les territoires aujourd'hui indonĂ©siens sous administration hollandaise, Ă©taient considĂ©rĂ©s comme faisant partie de l'ensemble ocĂ©anien. Jusqu'Ă  cette date, les Pays-Bas Ă©taient en effet Ă  ce titre membres de la Commission du Pacifique Sud ou CPS (rebaptisĂ©e en 1998 CommunautĂ© du Pacifique Sud).

Sur ce concept d'OcĂ©anie se superposent plusieurs rĂ©alitĂ©s (politiques, gĂ©ographiques, culturelles, historiques
) qui ne se recoupent pas systĂ©matiquement. C'est l'une des raisons pour laquelle les gĂ©ographes Antheaume et Bonnemaison ont dĂ©crit l'OcĂ©anie et plus gĂ©nĂ©ralement le bassin Pacifique comme un « espace gigogne Â»[2].

«  À travers l'Ă©vocation de traits significatifs de modernitĂ© et de tradition, des relations centre-pĂ©riphĂ©rie Ă  diverses Ă©chelles, l'aire du Pacifique apparait en fait comme un espace complexe Ă  structure « gigogne Â», comme l'ont fort bien exprimĂ© B. Anthaume et J. Bonnemaison, en 1988, dans leur Atlas du Pacifique : au plus large, le Bassin du Pacifique qui couvre 25 millions de kmÂČ; puis l'Asie-Pacifique incluant l'OcĂ©anie; enfin au cƓur du dispositif les Ăźles du Pacifique. Evidemment, cette nomenclature demande parfois Ă  ĂȘtre prĂ©cisĂ©e. Ainsi, la Nouvelle-ZĂ©lande est-elle la somme de deux grandes Ăźles, mais reste "extĂ©rieure" au Pacifique insulaire, tout en accueillant une communautĂ© polynĂ©sienne importante; La Papouasie-Nouvelle GuinĂ©e Ă©marge, comme l'Australie, Ă  la partie continentale de l'OcĂ©anie, mais peut-ĂȘtre incluse dans le Pacifique insulaire puisqu'elle participe, malgrĂ© sa masse, Ă  la problĂ©matique des Ăźles, au-delĂ  par le fait que ses ressortissants Ă©margent aux traditions mĂ©lanĂ©siennes."  Â»

— Â« Ă‰volution gĂ©opolitique et stratĂ©gique du Pacifique insulaire et de l'Australasie Ă  l'orĂ©e du XXIe siĂšcle Â» J.P Doumenge in Geostrategiques, avril 2001 - N° 4

Un espace cohérent entre continum et ruptures

En 1832, le navigateur français Jules Dumont d'Urville proposait un premier dĂ©coupage de l'OcĂ©anie en diffĂ©rentes rĂ©gions qu'il dĂ©finit selon des critĂšres qui pour lui avaient « l'avantage de rappeler la nature et le caractĂšre de leurs habitants Â»[3] :

  • la PolynĂ©sie habitĂ©e par des « peuples cuivrĂ©s parlant une langue commune et esclaves du Tapou Â»[3]
  • la MicronĂ©sie habitĂ©e par des « peuples cuivrĂ©s parlant des langues diverses et Ă©trangers au Tapou Â»[3]
  • la MĂ©lanĂ©sie habitĂ©e par des « peuples noirs Â»[3]
  • La « Malaisie Â» ou « OcĂ©anie Occidentale Â»[3]

Ce dĂ©coupage Ă©tait loin, dĂ©jĂ  Ă  l'Ă©poque, de faire l'unanimitĂ©. Ainsi D'Urville fut en conflit avec l'un de ses collĂšgues de la SociĂ©tĂ© de GĂ©ographie de Paris, Domeny de Rienzi, qui proposait pour sa part de distinguer l'Australie du reste de la MĂ©lanĂ©sie et de renommer PolynĂ©sie en « PlĂ©thonĂ©sie TabouĂ©e Â»[4]. En 1843, Charles Hector Jacquinot, commandant de la ZĂ©lĂ©e, l'un des navires de la seconde expĂ©dition de Dumont d'Urville exprima Ă©galement son dĂ©saccord : « Je pense qu'il eĂ»t Ă©tĂ© plus conforme Ă  la nature, aux rapports gĂ©ologiques des Ăźles ocĂ©aniennes, de comprendre dans la division polynĂ©sienne la MicronĂ©sie et la PolynĂ©sie proprement dite; sans en excepter les Ăźles Viti (Fidji), et de fixer les limites est de la Malaisie Ă  la cĂŽte ouest des Moluques en s'Ă©levant jusqu'Ă  la latitude de Formose; de comprendre ensuite sous la dĂ©nomination de MĂ©lanĂ©sie les deux centres gĂ©ologiques qui reçurent le nom de Nouvelle-Hollande et Nouvelle-GuinĂ©e, puis les Moluques, la Louisiade, les Ăźles Salomon, les HĂ©brides, la CalĂ©donie, y comprise la Nouvelle-ZĂ©lande et Van DiĂ©men qui, comme tous ces archipels, ne sont que des annexes de l'Australie. Je voudrais, en outre, que ces deux dĂ©nominations Malaisie et MĂ©lanĂ©sie fussent rĂ©unies sous l'appellation gĂ©nĂ©rale d'Australasie Â»[5]

Si aujourd'hui, ces dĂ©coupages qui Ă  l'Ă©poque reposaient essentiellement sur des stĂ©rĂ©otypes raciaux et Ă©thiques (peau noire versus peau cuivrĂ©e; cheveux « crĂ©pus Â» ou « laineux Â» versus cheveux « ondulĂ©s Â» ; « cannibale mĂ©lanĂ©sien Â» versus « bon sauvage polynĂ©sien Â»â€Š) sont difficilement acceptables, les expressions MĂ©lanĂ©sie, MicronĂ©sie et PolynĂ©sie continuent d'ĂȘtre usitĂ©es et conservent bien souvent dans le langage courant et aux yeux des populations concernĂ©es une certaine pertinence identitaire.

Dans les annĂ©es 1970, les linguistes puis gĂ©ographes, proposĂšrent de subdiviser dans leurs travaux scientifiques, l'OcĂ©anie proche et OcĂ©anie Ă©loignĂ©e. NĂ©anmoins lĂ  encore, ce nouveau dĂ©coupage, que cela soit dans le choix de ces deux appellations qui peuvent prĂȘter Ă  confusion ou dans la dĂ©limitation plus que vague de ces deux ensembles, est loin de faire l'unanimitĂ©.

Sans doute faut-il comprendre l'OcĂ©anie avant tout comme un continuum oĂč depuis des siĂšcles et bien avant le passage de premiers EuropĂ©ens, mĂ©tissages et brassages culturels et linguistiques Ă©taient communs. Continuum qui n'interdit pas nĂ©anmoins les ruptures, qu'elles soient linguistique entre langues austronĂ©siennes et non austronĂ©siennes; gĂ©ographique entre le monde insulaire et les ensembles plus consĂ©quents que reprĂ©sentent l'Australie, la Nouvelle-ZĂ©lande, l'Ăźle de Nouvelle-GuinĂ©e; historico-linguistique entre une OcĂ©anie anglophone et une OcĂ©anie francophone, voire hispanophone avec l'Ăźle de PĂąques, issues du dĂ©coupage colonial; Ă©conomique entre pays dĂ©veloppĂ©s et des pays en dĂ©veloppement; politique entre pays indĂ©pendants et territoires sous tutelle


Pays et territoires

La liste suivante et la carte qui s'y rapporte, regroupent de la maniĂšre la plus exhaustive possible, les diffĂ©rents pays et territoires composant cet espace (lorsque le territoire n'est pas indĂ©pendant, le pays dont il dĂ©pend est indiquĂ© entre parenthĂšses). Cette dĂ©pendance prend d'ailleurs des degrĂ©s trĂšs divers selon les territoires, allant d’un territoire ou province totalement intĂ©grĂ©, au statut intermĂ©diaire de territoire d’outre-mer ou de pays quasi-indĂ©pendant, jusqu’à l’indĂ©pendance de droit avec une libre association avec un autre par un traitĂ© bilatĂ©ral de coopĂ©ration renforcĂ©e).

Oceanie2.svg
États indĂ©pendants Pays ou territoires non indĂ©pendants, Ă  statut spĂ©cial ou largement autonomes

Outre la reprĂ©sentation cartographique traditionnelle des Ă©tats d'OcĂ©anie, figurant dans tous les Atlas « grand public Â», il en existe une autre, maritime, figurant sur les cartes marines et/ou gĂ©opolitiques.

Cette derniÚre, permet d'appréhender notamment l'étendue des eaux internationales et la forme réelle de ces états compte tenu de leurs eaux territoriales en 1988.

Cartographie habituelle de l'Océanie, et cartographie réelle, d'aprÚs l'Atlas des ßles et états du Pacifique sud de 1988[6]

Plus grandes agglomérations

Les plus grandes agglomĂ©rations d'OcĂ©anie se trouvent principalement en Australie, le pays le plus peuplĂ© du continent. Voici le classement :

  1. Sydney avec 4,4 millions d'habitants (Australie)
  2. Melbourne avec 3,5 millions d'habitants (Australie)
  3. Brisbane avec 1,8 million d'habitants (Australie)
  4. Perth avec 1,4 million d'habitants (Australie)
  5. Adélaïde 1,1 million d'habitants (Australie)
  6. Auckland avec 1,07 million d'habitants (Nouvelle-ZĂ©lande)
  7. Honolulu avec 900 000 habitants (Hawaii)
  8. Gold Coast avec 550 000 habitants (Australie)

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'OcĂ©anie.

Le peuplement de l'OcĂ©anie s'est fait Ă  travers deux grandes vagues migratoires. La premiĂšre s'est produite il y a 45 Ă  50 000 ans, voire davantage, et a amenĂ© des chasseurs-cueilleurs Ă  peupler l'Insulinde puis l'OcĂ©anie proche, c'est-Ă -dire la Nouvelle-GuinĂ©e, certaines Ăźles de la MĂ©lanĂ©sie et l'Australie. La seconde vague est plus rĂ©cente et dĂ©bute il y a environ 6 000 ans. Elle mĂšne des agriculteurs et navigateurs parlant des langues austronĂ©siennes Ă  peupler l'Insulinde, soit les Philippines, la Malaisie, et l'IndonĂ©sie.

C'est Ă  partir du tout dĂ©but du XVIe siĂšcle que les EuropĂ©ens font intrusion dans le monde ocĂ©anien. Ces premiers contacts sont lents car ils s'Ă©talent sur quatre siĂšcles, inĂ©galement rĂ©partis car ils sont plus intenses Ă  l'est qu'Ă  l'ouest de l'OcĂ©anie.

L'OcĂ©anie est ensuite confrontĂ©e Ă  la pĂ©riode coloniale, les Pays-Bas Ă©tant trĂšs prĂ©sents sur le continent. La dĂ©colonisation qui va suivre va ĂȘtre tardive et l'OcĂ©anie demeure le continent qui s'est dĂ©colonisĂ© le plus tard, celle-ci ayant dĂ©butĂ© en 1962 et continuant encore de nos jours.

Économie

Article dĂ©taillĂ© : Économie de l'OcĂ©anie.

Acteurs Ă©conomiques majeurs de la zone, l’Australie et la Nouvelle-ZĂ©lande font partie des pays dĂ©veloppĂ©s, souvent inclus dans la Triade. Ils sont exportateurs, entre autres, de matiĂšres premiĂšres et commercent avec l’Asie de l'Est et les pays d’AmĂ©rique. Les autres pays d'OcĂ©anie, qui dĂ©passent rarement une « taille critique Â» pour peser sur la scĂšne internationale, sont moins intĂ©grĂ©s Ă©conomiquement au reste du monde.

Langues

Article dĂ©taillĂ© : Langues ocĂ©aniennes.

Les langues d'OcĂ©anie se rĂ©partissent en deux groupes distincts :

Certains linguistes vont classer à part les langues parlées sur les cÎtes orientales de Nouvelle-Guinée, des autres langues du Pacifique insulaire.

Notes et références

  1. ↑ Par exemple, les Jeux du Pacifique sud et la CommunautĂ© du Pacifique Sud
  2. ↑ Antheaume B., Bonnemaison J., 1988, Atlas des Ăźles et Ă©tat du Pacifique Sud, GIP RECLUS/PUBLISUD, Montpellier
  3. ↑ a , b , c , d  et e  Jules Dumont d'Urville, Bulletin de la SociĂ©tĂ© de GĂ©ographie de Paris (Tome XVII, n°5, janvier 1832 disponible sur Gallica)
  4. ↑ Domeny de Rienzy, GrĂ©goire Louis "OcĂ©anie ou CinquiĂšme partie du monde : revue gĂ©ographique et ethnographique de la Malaisie, de la MicronĂ©sie, de la PolynĂ©sie et de la MĂ©lanĂ©sie
" Tome premier, F. Didot frĂšres, 1836, Paris
  5. ↑ Voyage au pole sud et dans l'OcĂ©anie sur les corvettes l'Astrolabe et la ZĂ©lĂ©e, Tome 1, p.258
  6. ↑ BenoĂźt Antheaume et JoĂ«l Bonnemaison, Atlas des Ăźles et Ă©tats du pacifique sud, Publisud, 1988

Voir aussi

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Lien externe

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