Occitan

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Occitan
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Occitan
Occitan, Lenga d'ĂČc
ParlĂ©e en Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Monaco Monaco[1]
RĂ©gion Midi de la France, Limousin, Auvergne, ouest du PiĂ©mont, Val d’Aran en Catalogne, Guardia Piemontese en Calabre
Nombre de locuteurs 0,79 Ă  12 millions[2] (dont plus sĂ»rement 6 Ă  7 millions de bilingues passifs ou actifs).
Typologie accentuelle, flexionnelle, SVO
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Catalogne Catalogne en Espagne
Codes de langue
ISO 639-1 oc
ISO 639-2 oci
ISO 639-3 oci
Linguasphere 51-AAA-f, 51-AAA-g
IETF oc
Échantillon
Article premier de la DĂ©claration des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

Languedocien, norme classique
Article un (1)

Totes los Ússers umans naisson liures e egals en dignitat e en dreches. Son dotats de rason e de consciéncia e se devon comportar los unes amb los autres dins un esperit de fraternitat.

L’occitan ou langue d’oc (en occitan : occitan Ltspkr.png, lenga d'ĂČc Ltspkr.png ou Ăłucitan, lengo d’o) est une langue romane[3] parlĂ©e dans le tiers sud de la France, les VallĂ©es occitanes et Guardia Piemontese (en Italie), le Val d’Aran (en Espagne) et Ă  Monaco[1]. L’Occitanie est l’aire linguistique et culturelle de l’occitan.

L’occitan prĂ©sente une grande variabilitĂ© (six dialectes, plusieurs normes littĂ©raires[4], plusieurs normes graphiques), une importante production culturelle et une littĂ©rature prestigieuse[5].

Un locuteur de cette langue parle un des dialectes d’oc car il n’existe pas de standard oral unifiĂ©. Les dialectes de l’occitan sont le languedocien, le limousin, le provençal, le gascon, l'auvergnat et le vivaro-alpin[6].

Le nombre de locuteurs de l'occitan est estimĂ© selon les sources de 789 000 Ă  12 000 000 de personnes. L'occitan est connu comme une langue littĂ©raire Ă©crite Ă  partir du XIIe siĂšcle, Ă©poque oĂč les troubadours vont commencer Ă  la rendre illustre dans toutes les cours d’Europe; en France et en Italie, elle fut aussi une langue administrative et juridique en concurrence avec le latin pendant tout le Moyen Âge. Cet usage se poursuivra parfois jusqu’à l’époque contemporaine, puis elle fut remplacĂ©e progressivement par le français ou l’italien. La disparition de l’écrit officiel (l’impact de l’ordonnance de Villers-CotterĂȘts fait dĂ©bat[7]) a prĂ©cĂ©dĂ© celle de l’usage oral, liĂ©e Ă  une politique de dĂ©valorisation et de rĂ©pression[8], qui met la langue en danger d’extinction[9].

Sommaire

Étymologie

Carte des langues d'Europe selon le marquis d’Argenson (1859).

Le terme « langue d’oc Â» et son Ă©quivalent latin lingua occitana apparaissent Ă  la fin du XIIIe siĂšcle[10]. De ce terme latin est issu le mot occitan qui s’est imposĂ© chez les romanistes dans la seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle[11].

« Langue d’oc Â», « occitan Â» et « provençal Â»[12] sont synonymes dans la linguistique romane. La totalitĂ© du mouvement culturel depuis le XIXe siĂšcle parle d'occitan et de langue d'oc. Ces deux termes sont synonymes et sont employĂ©s conjoints dans les textes administratifs rĂ©cents[13].

Origines de l’occitan

Suite Ă  la domination romaine, les populations locales adoptent un latin vernacularisĂ©. Ce processus prend plusieurs siĂšcles, il est fort complexe dans son dĂ©roulement. Cette langue Ă©volue en se superposant aux parlers autochtones qui finiront par ĂȘtre absorbĂ©s et assimilĂ©s. La chute de l'Empire romain, au Ve siĂšcle, et les invasions barbares aboutissent Ă  la transformation du latin en un certain nombre de parlers nouveaux dont l'occitan. La formation de la langue d'oc a Ă©tĂ© favorisĂ©e par certaines circonstances qui ont donnĂ© Ă  l’occitan son originalitĂ© :

  • la structure orographique. L’espace occitan se caractĂ©rise par son emplacement au sein de barriĂšres naturelles que sont la mer MĂ©diterranĂ©e et l’ocĂ©an Atlantique ainsi que les remparts naturels des montagnes : Massif central, PyrĂ©nĂ©es, Alpes[14].
  • la prĂ©sence de « marches sĂ©parantes Â» entre les populations: zones ultra-sĂšches[14], forĂȘts Ă©paisses sĂ©parant le Nord du Sud de la France sauf aux abords de l’ocĂ©an (la Brenne, la Sologne, le Bourbonnais, le Nivernais, la Bresse, le Jura central
), marais ou landes impropres Ă  l’agriculture et rebelles Ă  toutes colonisations Ă©trangĂšres (rĂ©gions entre Loire et Garonne, plateau dĂ©sertique aragonais).
  • la fixitĂ© des peuples prĂ©historiques et protohistoriques[14]
  • leur moindre celtisation[15] : populations celtes peu importantes mais la celtisation s’est implantĂ©e plus durablement que dans d’autres rĂ©gions.
  • une longue et profonde romanisation. Selon M. MĂŒller, « la bi-partition linguistique de la France commence avec la romanisation mĂȘme Â»[16]
  • un lexique original : bien que celui de l’occitan se situe Ă  mi-chemin entre le gallo-roman et l’ibĂ©ro-roman[17], il « possĂšde [
] quelque 550 mots hĂ©ritĂ©s du latin qui n’existent ni dans les parlers d’oĂŻl ni en francoprovençal Â»
  • une faible germanisation (contrairement au français ou au francoprovençal)[16] : « le lexique francique Â» et son influence phonĂ©tique « s’arrĂȘte [
] assez souvent Â» au sud de la ligne oc/oĂŻl[16]
  • l’Occitanie a toujours Ă©tĂ© un carrefour des langages, grĂące Ă  de nombreux Ă©changes commerciaux. Ceci se retrouve dans un vocabulaire d’origines trĂšs variĂ©es. Le rabbin espagnol Benjamin de TudĂšle dĂ©crit en 1173 l’Occitanie comme un lieu de commerce oĂč viennent « chrĂ©tiens et Sarrasins, oĂč affluent les arabes, les marchands lombards, les visiteurs de la Grande Rome, de toutes les parties de l’Égypte, de la terre d’IsraĂ«l, de la GrĂšce, de la Gaule, de l'Espagne, de l’Angleterre, de GĂȘnes et de Pise, et l’on en parle toutes les langues. Â»[18]

Locuteurs

Le nombre de ses locuteurs varie fortement en fonction de la mĂ©thodologie employĂ©e pour le calculer. En effet, l’évaluation qui en est faite varie:

  • D'aprĂšs les donnĂ©es fournies par Étienne Hammel, Philippe Martel[19] avance le chiffre de 583 000 personnes. Mais il reconnaĂźt lui-mĂȘme la faible probabilitĂ© du chiffre Ă©noncĂ©: "du point de vue quantitatif, il y a peu Ă  attendre d’une telle enquĂȘte ... Disons-le: nous ne savons pas combien il y a d’occitanophones dans ce pays".
  • Selon la DĂ©lĂ©gation gĂ©nĂ©rale Ă  la langue française et aux langues de France: 526 000 [20]. Ce chiffre estimĂ© dans un premier temps par l'INED a Ă©tĂ© rĂ©-estimĂ© Ă  789 000.
  • En 2009, elle serait toujours parlĂ©e par 2 millions de personnes selon SIL International[21].
  • Trois millions et demi en rassemblant les donnĂ©es issues de sondages, enquĂȘtes et recensements sur plusieurs rĂ©gions[22].
  • Un numĂ©ro de « Courrier International Â»[23] donnait 3 600 000 locuteurs uniquement en France, dont 2 millions parleraient auvergnat plus prĂ©cisĂ©ment. Toutefois, toujours en France, ce seraient environ sept millions de personnes qui comprendraient l’occitan sans pratiquer (bilinguisme passif).
  • Certains chercheurs lui donnent jusqu’à sept millions de locuteurs en France, en Italie et en Espagne (Quid France 2004).
  • Dix Ă  douze millions selon le linguiste Jean-Marie Klinkenberg[24].

Les diffĂ©rentes sources confondent souvent la pratique active et la connaissance passive, sans compter les diffĂ©rents contextes d'usages de la langue (diglossie). Par ailleurs, l'Ă©valuation du nombre d'occitanophones peut ĂȘtre restreinte localement ou ĂȘtre Ă©tendue Ă  plusieurs rĂ©gions du monde. En rĂ©alitĂ©, il n’existe aucune enquĂȘte indĂ©pendante, globale et approfondie sur laquelle s’appuyer. MalgrĂ© les diffĂ©rences statistiques, toutes s'accordent Ă  montrer que le français est aujourd'hui plus parlĂ© que l'occitan en Occitanie sous l'effet de la politique linguistique française. L'occitan, du statut de langue majoritaire encore en 1900 est passĂ©e Ă  celui de langue minoritaire. En 1864, lors de la derniĂšre enquĂȘte linguistique prĂ©cise et quantifiĂ©e sur les parlers en France : c’est en Occitanie que l’on connaissait la plus forte proportion de français ignorant la langue nationale. Sur 21 dĂ©partements, 40% de la population Ă©tait occitanophone unilingue, avec des rĂ©sultats montant Ă  9/10 Ăšme de la population dans certains dĂ©partements. Les situations intermĂ©diaires et de diglossie Ă©taient, en revanche, difficiles Ă  Ă©valuer[25].

Noms de l’occitan

À partir du XIIIe siĂšcle et jusqu'au dĂ©but du XXe siĂšcle[26], on rencontre frĂ©quemment le terme de provençal pour dĂ©signer l'occitan. Le terme, originaire d'Italie, fait rĂ©fĂ©rence Ă  la provincia romaine et on trouve encore parfois ce terme en anglais pour toute la langue d'oc (provençal).

Entrée oucitan dans le Trésor du Félibrige de Frédéric Mistral

L'appellation « provençal Â» prĂ©sente des ambiguĂŻtĂ©s car elle dĂ©signe Ă©galement le dialecte provençal, que par ailleurs certains considĂšrent comme une langue distincte[27]. D’autre part l’expression de « langue d’oc Â» fait penser d’emblĂ©e au dialecte languedocien (occitan central). Peut-ĂȘtre pour ces raisons le terme gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme le plus clair est « occitan Â». Certains Valenciens nomment occitan l’ensemble occitano-roman (catalan et occitan[28]).

L’occitan fut appelĂ© autrefois:

  • lenga romana ou romans[29] aux XIIIe et XIVe siĂšcles. Certains auteurs mĂ©diĂ©vaux ont employĂ© le terme de "lenga romana" afin d'accentuer le prestige de l'occitan, langue Ă©crite comme le latin. "Roman" a soulignĂ© la conscience claire de l'origine latine de l'occitan. Ce terme fut utilisĂ© au XIXe siĂšcle pour dĂ©signer l’ancien occitan.
  • limousin apparu entre 1190 et 1213[30]. UtilisĂ© surtout pendant le XIIIe siĂšcle parce que certains troubadours Ă©taient rĂ©putĂ©s ĂȘtre originaires du Limousin. Pendant le XVIIIe siĂšcle et le XIXe siĂšcle, le nom de llemosĂ­ a Ă©tĂ© utilisĂ© pour dĂ©signer l'occitan mĂ©diĂ©val qui est Ă  l'origine de la littĂ©rature catalane.
  • mondin ou raimondin.
  • gascon au XVIe siĂšcle, XVIIe siĂšcle et XVIIIe siĂšcle [31]. À cette Ă©poque, la Gascogne Ă©tait un centre important de la littĂ©rature occitane et les Gascons ont eu l'habitude de reprĂ©senter la "France du Sud" (l'Occitanie) aux yeux des Français du Nord.
  • catalan utilisĂ© parallĂšlement au terme de langue limousine.
  • provençal aux XIIIe et XIXe siĂšcles .
  • lingua occitana au XIVe siĂšcle et langue d’oc. L’expression « langue d’oc Â» fut crĂ©Ă©e vers 1290 puis fut diffusĂ©e par Dante. On trouve l’expression lingua occitana (langue occitane) peu aprĂšs dans certains textes administratifs en latin. Cependant, les termes « occitan Â» et « Occitanie Â» ne se sont gĂ©nĂ©ralisĂ©s que depuis le XIXe siĂšcle et davantage encore depuis la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle.
  • languedocien[32].
  • occitanique et occitanien.

Les Occitans eux-mĂȘmes disaient lo romans (roman), lo lemozi(n) (limousin) ou lo proensal (provençal) au XIIIe siĂšcle .

Les Occitans ont utilisĂ© et utilisent toujours d’autres formules pour dĂ©signer leur langue, comme « la lenga nĂČstra Â» (notre langue) « parlam a nĂČstra mĂČda Â» (nous parlons Ă  notre maniĂšre) ou encore en Gascogne « Que parli Â» (je parle).

Dans certaines rĂ©gions, les locuteurs les plus ĂągĂ©s utilisent le terme de patois (Larousse : parler local, rural et d’extension restreinte) pour dĂ©signer leur langue mais ce terme est Ă©galement rejetĂ© de nos jours pour ses connotations dĂ©prĂ©ciatives.

Ailleurs, dans les rĂ©gions Ă  forte identitĂ©, le nom de la province sert Ă  dĂ©signer la langue, parfois en discordance avec les variations de celle-ci[33]. On dit : « l’auvergnat, le rouergat, le limousin, le gascon, le bĂ©arnais, le provençal, le nissart, ... Â».

On peut trouver des appellations selon la variété locale de la langue (neugue), un terme géographique (aspois, médocain), ou encore une délimitation administrative (girondin).

Distribution géographique

Article dĂ©taillĂ© : Occitanie.

L'aire d’expansion gĂ©ographique de l'occitan couvre 33 dĂ©partements du sud de la France (39 en comptant les dĂ©partements minoritairement occitans), 14 vallĂ©es occitanes (dans les Alpes piĂ©montaises) et Guardia Piemontese en Italie, le Val d’Aran en Espagne.

RĂ©gions occitanes

GĂ©ographie supra-dialectale de l’occitan
Autre carte des dialectes occitans
  • Aquitaine : sauf la partie bascophone des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques Ă  l’ouest du dĂ©partement et une petite partie de la Gironde et du PĂ©rigord en zone d'oĂŻl.
  • Auvergne : le Forez et la Basse-Auvergne ont connu un recul de l’occitanophonie, Ă  la diffĂ©rence du Cantal, de la Haute-Loire et de la LozĂšre oĂč la langue est encore parlĂ©e par une partie de la population[34].
  • Calabre : La commune sud-italienne de Guardia Piemontese, situĂ© dans la province de Cosenza, est une enclave linguistique. Un dialecte occitan de type vivaro-alpin, qui se nomme le gardiol[35], est encore usitĂ© dans cette commune. 74,6 % de ses habitants dĂ©clarent le parler couramment[36]. Sa prĂ©sence est due Ă  la fondation de ce village par des Vaudois piĂ©montais[37] au XIIIe siĂšcle qui importĂšrent en ces lieux l’occitan[38]. Le village de San Sisto dei Valdesi, commune de San Vincenzo La Costa est un ancien village vaudois qui tente de rĂ©activer l’usage de l’occitan[39].
  • Catalogne: on parle une forme du gascon, l’aranais dans le Val d'Aran. L'occitan, dans sa forme aranaise, est une langue officielle de la rĂ©gion, au mĂȘme titre que le catalan.
  • rĂ©gion Centre : une zone en bordure sud de la rĂ©gion. Voir l'article le Croissant (lo Creissent en occitan).
  • Languedoc-Roussillon : Ă  l’exception de la majeure partie des PyrĂ©nĂ©es-Orientales, oĂč l’on parle catalan (seuls le FenouillĂšdes est occitan). La langue est trĂšs affaiblie dans la plaine mais se maintient dans les CĂ©vennes gardoises (autour d’AlĂšs) et en LozĂšre (avec le parler gĂ©vaudanais).
  • Ligurie : une zone en bordure ouest de la rĂ©gion.
  • Limousin : L’occitan est parlĂ© dans toute la rĂ©gion par les gens de plus de 40 ans, la langue trouve un nouveau souffle avec la formation de professeurs d’occitan[rĂ©f. nĂ©cessaire].
  • Poitou-Charentes : le recul de l’usage de l’occitan a Ă©tĂ© brutal juste aprĂšs la guerre de Cent Ans, particuliĂšrement dans le sud de la rĂ©gion (voir les dialectes du Nord-Ouest). Le tiers Est de la Charente dont la Charente limousine et cinq communes du dĂ©partement de la Vienne[40] sont toujours occitanophones.
  • Midi-PyrĂ©nĂ©es : la langue est trĂšs affaiblie dans la partie languedocienne, menacĂ©e dans la partie gasconne, mais beaucoup de jeunes Gascons la reprennent. Elle se maintient particuliĂšrement bien en Haute-Guyenne (c’est-Ă -dire l’Aveyron et la moitiĂ© nord du Lot).
  • Monaco : une forme d’occitan, italianisĂ©, a Ă©tĂ© parlĂ©e marginalement par les ouvriers nissophones venus travailler en PrincipautĂ©, Ă  cĂŽtĂ© du ligure monĂ©gasque[41]. L'Ă©ventuelle prĂ©sence de l'occitan avant cette Ă©poque est dĂ©battue. En 2006, la proportion de locuteurs du niçois, une variante de l'occitan, Ă©tait Ă©valuĂ©e Ă  15 %[1].
  • PiĂ©mont : rĂ©gion italienne dont seules les hautes vallĂ©es (Val de Suse
), dites vallĂ©es occitanes sont restĂ©es occitanophones (nord-occitan). Le versant italien du col de Tende parle provençal. Dans la plus grande partie de la rĂ©gion, on parle cependant italien, piĂ©montais ou lombard, des parlers gallo-italiques.
  • Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur : dans cette rĂ©gion on parle le provençal (rhodanien, le maritime, niçart) et le vivaro-alpin (classĂ© par certains dans le provençal). Cependant dans les hautes vallĂ©es de la Roya et de la BĂ©vĂ©ra on parle des dialectes ligures alpins. À noter aussi quelques isolats ligures (figoun) qui se trouvent dans le Var et dans les Alpes-Maritimes : Biot, Vallauris, Mons et Escragnolles. Le mentonasque a un statut intermĂ©diaire entre lÂŽoccitan et le ligure.
  • RhĂŽne-Alpes : le sud de la rĂ©gion est occitanophone : l'ArdĂšche (dans sa quasi-totalitĂ©), la plus grande partie de la DrĂŽme et le sud de l'IsĂšre. En revanche, le Lyonnais, le Forez et le DauphinĂ© septentrional qui Ă©taient des zones de parlers intermĂ©diaires entre l'occitan et le francoprovençal sont devenues francophones prĂ©cocement. L’occitan fut la langue de la noblesse lyonnaise lors de l’apogĂ©e de la culture des troubadours.

L’occitan dans le monde

Des communautĂ©s de langue occitane ont existĂ© ailleurs dans le monde. Leur prĂ©sence peut ĂȘtre liĂ©e au dĂ©part des protestants de France, Ă  la colonisation française, Ă  l'immigration vers le Nouveau monde ou mĂȘme aux croisades.

Il peut arriver que certaines personnes parlent encore aujourd’hui l’occitan ou plus sĂ»rement ont conservĂ© quelques mots mĂȘlĂ©s Ă  la langue locale[47].

Famille linguistique

L’occitan constitue avec le catalan le groupe occitano-roman des langues romanes occidentales : il fait la transition entre le gallo-roman et l'ibĂ©ro-roman, d’aprĂšs le linguiste Pierre Bec[48]. On le voit bien dans les Ă©quivalents occitans de essere (« ĂȘtre Â» en latin populaire) : esser (AriĂšge), Ăšstre ou Ăšsse (Allier, en provençal et encore une grande partie de toute la France du Sud-Est [10]), estar en castillan, en catalan et dans l'AriĂšge, le Gers, la Gironde, les Hautes-PyrĂ©nĂ©es, le Lot-et-Garonne et les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, Ăšster en Gascogne Ă©galement.

L’occitan et le catalan sont proches linguistiquement et permettent l’intercomprĂ©hension[49]. Certains romanistes (toutefois minoritaires) comme A. Sanfeld incluent ces deux langues sous la mĂȘme dĂ©nomination linguistique d’occitan. Le terme de langue limousine a Ă©tĂ© utilisĂ© par les Catalans pour dĂ©signer soit le catalan, la langue des troubadours, l'occitan ou l'ensemble des langues occitano-romanes.

Les liens entre l’occitan et le catalan

À un stade ancien, comme pour toutes les langues romanes, le catalan et la langue d'oc ne pouvaient pas ĂȘtre diffĂ©renciĂ©s. Le fait qu’on Ă©crive quasi exclusivement en latin durant le haut Moyen Âge rend trĂšs dĂ©licate toute catĂ©gorisation formelle. En tout cas, les premiers textes en langues vulgaires, bien que trĂšs semblables montrent dĂ©jĂ  quelques diffĂ©rences, lesquelles se sont accentuĂ©es Ă  la moitiĂ© du XIIe siĂšcle[50]. Le gascon a Ă©tĂ© souvent considĂ©rĂ© comme un dialecte occitan ; tandis que le catalan, plus proche du languedocien d’un point de vue linguistique que d’autres, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une langue diffĂ©rente. Les poĂštes catalans Ă©crivirent en occitan jusqu’au XIVe siĂšcle, Ă©poque oĂč le Valencien AusiĂ s March marque le dĂ©but du SiĂšcle d'Or de la langue catalane. Dans l’Ɠuvre du philologue du XIXe siĂšcle Friedrich Christian Diez le catalan est considĂ©rĂ© comme une part intĂ©grante de l’occitan (appelĂ© « provençal Â») ; cependant il en signale les diffĂ©rences. En 1934, des intellectuels catalans ont proclamĂ© solennellement que le catalan contemporain Ă©tait une langue distincte de l’occitan[51] dans le manifeste Desviacions en els conceptes de llengua i de pĂ tria[52] rejetant ainsi l'idĂ©e d'une nation panoccitane incluant les pays catalans. L’occitan et le catalan se distinguent par la maniĂšre d’écrire la langue (graphie). Les Occitans d’aujourd’hui ont majoritairement choisi d’utiliser une graphie qui essaye de rassembler des hĂ©ritages de la langue mĂ©diĂ©vale avec des ajouts contemporains importants. Les choix qui ont opĂ©rĂ© en Catalogne, ont conduit les locuteurs Ă  Ă©crire avec une graphie centrĂ©e Ă  la fois sur les maniĂšres de prononcer (pas de n final Ă  catalĂ  par exemple) mais aussi Ă  conserver des origines latines, par exemple en ajoutant le -r final qui est « caduc Â» dans certains dialectes.

La prononciation varie entre catalan et occitan, par exemple :

  • Le « o Â»/ « Ăł Â» se prononce toujours comme [u], sauf quand il a un accent grave « ĂȠ» : [ɔ] (pĂČnt -pont- : /pɔnt/, onze : /'unze/, antropologia : /antrupulu'dʒiɔ/)
  • Quand un mot termine avec -a, ou l’accent fermĂ©, « ĂĄ Â», celui-ci se prononce comme [o]/[ɔ] (plaça : /plĂĄsɔ/, sentiĂĄi -jo sentia- : /sentj'ɔj/) sauf quand il a l’accent grave « -Ă  Â» : [a].
  • L’occitan Ă©vite la prononciation de deux consonnes de suite, souvent en ne prononçant pas la premiĂšre et en renforçant la deuxiĂšme (abdiquer : abdicar. « cc Â» se prononce « ts Â» en languedocien, occitan se prononce « utsitĂ  Â»).
  • En occitan, la syllabe tonique des mots s’est rapprochĂ©e du français avec le temps, sous l’influence de ce dernier. La plupart des syllabes accentuĂ©es sur l’antĂ©pĂ©nultiĂšme en catalan changent en occitan (MÚsica (cat) muSIca (oc), PÀgina (cat) paGIna (oc), boTÀnica (cat) botaNIca (oc), inDÚstria (cat) indusTRIa (oc)...). Seuls le niçois et le vivaro-alpin des vallĂ©es Occitanes ont maintenu la prononciation originale, proche du catalan.

Pour les catalanophones, la graphie classique de l'occitan a l’avantage de ressembler assez Ă  la catalane. Cela est dĂ» pour une bonne part Ă  ce que dans les travaux d’actualisation et de fixation de cette graphie, conduits par LoĂ­s AlibĂšrt en 1937, on a suivi des critĂšres trĂšs semblables Ă  ceux suivis par Pompeu Fabra pour le catalan. Les deux graphies se sont basĂ©es sur la graphie mĂ©diĂ©vale, formĂ©e quand les deux langues Ă©taient plus proches de leurs origines communes et qu’en plus les contacts Ă©taient plus intenses (la poĂ©sie en Catalogne a Ă©tĂ© Ă©crite principalement en occitan mĂȘme au XIVe siĂšcle). MalgrĂ© tout, il y a quelques diffĂ©rences dont il faut tenir compte pour lire avec facilitĂ© les textes occitans :

  • On conserve le « n Â» final des mots, bien que dans la plupart des dialectes occitans, il ne se prononce pas (les exceptions sont le provençal, et le gascon, qui inclut l’aranais). Exemples : « occitan Â», « concepcion Â».
  • Le « h Â» ne s’écrit pas quand il ne se prononce pas (le « h Â» est mis en catalan) : i a un ĂČme (cat: hi ha un home). Le « h Â» se met en gascon pour indiquer qu’il se prononce aspirĂ©, lorsqu’il remplace habituellement le « f Â» des autres dialectes occitans et du catalan. Exemple : en gascon « hĂšsta Â», dans les autres dialectes « fĂšsta Â», en catalan « festa Â».
  • Les digrammes « lh Â», « nh Â» et « sh Â» correspondent en catalan Ă  « ll Â», « ny Â» et « ix Â». Les digrammes « lh Â» et « nh Â» ont aussi Ă©tĂ© adoptĂ©s depuis le Moyen Âge par les normes portugaises et de façon rĂ©cente dans la graphie romane de la langue vietnamienne.

L’aspect politique, culturel et religieux est important aussi. La Catalogne, contrairement Ă  l’Occitanie a bĂ©nĂ©ficiĂ© longtemps d’une moindre dĂ©pendance Ă©tatique alliĂ©e Ă  un fort dĂ©veloppement Ă©conomique. De plus, l’espace occitan est globalement dĂ©fini par son appartenance Ă  la France, le catalan est majoritairement dĂ©fini par son appartenance Ă  l’Espagne. Encore rĂ©cemment les langues continuent d’évoluer sĂ©parĂ©ment : le catalan est un ensemble de dialectes qui ont tendance Ă  s’hispaniser au contact du castillan ; l’occitan, lui, a tendance Ă  se galliciser au contact du français. Le poids important des langues espagnole et française dans le monde pĂšse lourdement sur les rapports de domination linguistique au sein de la France et de l’Espagne.

Il ne faut toutefois pas en conclure que l’occitan et le catalan soient trĂšs diffĂ©rents. Il existe une assez bonne intercomprĂ©hension entre catalanophones et occitanophones.

Comparatif occitan/catalan

Voici un texte dans sa version languedocienne (occitan méridional-ouest) et catalane majorquine (catalan des ßles Baléares) et catalane barcelonaise (catalan de Barcelone). La forme du catalan majorquin moderne est parfois précisée dans les remarques.

Français Languedocien Majorquin Barcelonais Remarques
Hachez les viandes à la machine (ou demandez au boucher de le faire) Passatz la carn a la maquina de capolar (o demandatz al boquiùr d’o far) Passau sa carn per sa màquina de capolar (o demanau en es carnisser que ho faça/faci) Passeu la carn per la màquina de picar (o demaneu al carnisser que ho faci)
Mélangez tous les ingrédients de la farce Barrejatz/mesclatz totes los ingredients del fars Mesclau tots es ingredients des farciment Barregeu tots els ingredients del farciment
Etendre le liĂšvre sur un bon morceau de gaze (on peut en acheter en pharmacie) Espanditz la lĂšbre sus un bon trĂČç de gasa (se pĂČt crompar en farmĂ cia) Esteneu sa llebre damunt un bon tros de gasa (se pot comprar a l'apotecaria) Esteneu la llebre damunt d'un bon tros de gasa (es pot comprar a la farmĂ cia) En languedocien « farmacia Â» est un nĂ©ologisme ; en catalan « damunt Â» = « sus Â»;
RĂ©partir la farce sur toute la longueur de l’animal, l’enrouler dans la gaze Repartitz lo fars sus tota la longor de l’animal, lo rotlar dins la gasa Repartiu es farciment dedins s'animal, enrotlau-lo dins sa gasa Repartiu el farciment dins l'animal, enrotlleu-lo dins la gasa
Ficeler sans trop serrer. Faire rĂŽtir les ingrĂ©dients au four E ficelatz pas trĂČp sarrat. Facetz rostir los ingredients pel forn Fermau-lo no massa fort. Feis rostir es ingredients dedins es forn. Lligueu-lo no gaire fort. Feu rostir els ingredients dins el forn.
  • L’ensemble gĂ©ographique occitano-roman reprĂ©sente environ 23 millions de personnes sur un espace de 259 000 km2. Les rĂ©gions ne sont pas Ă©gales face au pourcentage de locuteurs de la langue. La France ne compte plus dans certaines rĂ©gions qu’un quart de la population qui soit vraiment occitanophone (50 % de la population comprend la langue, sans pouvoir la parler couramment)[rĂ©f. insuffisante][53],[54]. À l’inverse, la communautĂ© autonome de Catalogne bat des records du nombre de locuteurs. Selon les enquĂȘtes rĂ©alisĂ©es par la CommunautĂ© de Catalogne en 1993, les habitants du Val d’Aran (dont 72 % sont originaires) parlent : aranais (gascon) Ă  64 % ; castillan (espagnol) Ă  28 % ; catalan Ă  8 %.

Caractérisation linguistique

Jules Ronjat a cherchĂ© Ă  caractĂ©riser l’occitan en s’appuyant sur 19 critĂšres principaux et parmi les plus gĂ©nĂ©ralisĂ©s. Onze critĂšres sont phonĂ©tiques, cinq morphologiques, un syntaxique, et deux lexicaux. On peut ainsi noter la moindre frĂ©quence des voyelles semi-fermĂ©es (en français standard : rose, jeĂ»ne). C’est une caractĂ©ristique des occitanophones grĂące Ă  laquelle on reconnaĂźt leur accent « mĂ©ridional Â» mĂȘme quand ils parlent en français. Il existe aussi la non-utilisation du pronom personnel sujet (exemple : canti/cante/chante/chanto je chante ; cantas/chantas tu chantes). On peut trouver encore d’autres traits discriminants. Sur les dix-neuf critĂšres principaux, il existe sept diffĂ©rences avec l’espagnol, huit avec l’italien, douze avec le francoprovençal et seize avec le français.

Codification

Standardisation

A l'Ă©poque des troubadours (entre le XIe siĂšcle et le XIIIe siĂšcle), l'occitan a vraisemblablement connu une norme littĂ©raire unifiĂ©e appelĂ©e koinĂš.

Par la suite, toutes les graphies de l'occitan (classique, mistralienne, bonnaudienne, de l'École du PĂŽ) ont Ă©tĂ© conçues d'abord en notant les parlers, sans fixer une variĂ©tĂ© standard de l'occitan. Cependant la norme mistralienne a entraĂźnĂ© depuis la fin du XIXe siĂšcle l'apparition de trois normes littĂ©raires rĂ©gionales: une en provençal gĂ©nĂ©ral, une en niçard et une en gascon (bĂ©arnais). On peut dire en outre que la norme provençale mistralienne est une langue standard (avis des partisans de la norme dite moderne) ou prĂ©figure une langue standard (avis des partisans de la norme classique).

La norme classique, Ă  partir du XXe siĂšcle, a poursuivi le dĂ©veloppement de ces trois formes littĂ©raires mais a favorisĂ© Ă©galement des formes rĂ©gionales supplĂ©mentaires en limousin et en languedocien. Depuis l'officialisation de l'occitan dans le Val d'Aran en 1990 puis dans toute la Catalogne en 2006, la norme classique favorise Ă©galement une variĂ©tĂ© codifiĂ©e de gascon aranais[55]. La norme classique a vocation Ă  Ă©crire l'ensemble des dialectes de la langue occitane. Cette norme se base sur la tradition mĂ©diĂ©vale des troubadours et lui ajoute un processus de codification des mots modernes.

L'occitan large

Outre ces expĂ©riences de normes littĂ©raires, du cĂŽtĂ© de la norme classique, la volontĂ© consciente de fixer une variĂ©tĂ© standard en occitan est apparue dans les annĂ©es 1970 avec les recherches des linguistes Pierre Bec, Robert Lafont, Roger Teulat, Jacme Taupiac, suivis dans les annĂ©es 1980 par Patrick Sauzet. La variĂ©tĂ© standard est appelĂ©e selon les auteurs occitan rĂ©fĂ©rentiel, occitan standard ou plus rĂ©cemment occitan large (occitan larg, P. Sauzet). Selon le consensus de la majoritĂ© des spĂ©cialistes qui travaillent sur ce projet, l'occitan large se compose :

  • d'une variĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale qui se base sur le dialecte languedocien, considĂ©rĂ© comme dialecte intermĂ©diaire, sans aucune notion de supĂ©rioritĂ©,
  • d'adaptations rĂ©gionales du standard, prenant en compte certains traits dialectaux typiques, tout en conservant une grande convergence et une conception unitaire. C'est une maniĂšre de fĂ©dĂ©rer dans l'occitan large les diffĂ©rentes normes littĂ©raires rĂ©gionales qui se sont dĂ©veloppĂ©es au cours du XIXe et du XXe siĂšcles.

Normes graphiques

Comparaison des deux graphies principales
Norme classique Norme mistralienne
MirĂšlha, Cant I (F. Mistral)
(transcription)

Cante una chata de Provença.

Dins leis amors de sa jovença,

A travĂšrs de la Crau, vĂšrs la mar, dins lei blats,

Umble [Umil] escolan dau grand OmĂšra [OmĂšr],

Ieu la vĂČle seguir. Coma Ăšra

Ren qu'una chata de la tĂšrra,

En fĂČra de la Crau se n'es gaire parlat.

MirĂšio, Cant I (F. Mistral)
(texte d'origine)

Cante uno chato de ProuvÚnço.

Dins lis amour de sa jouvÚnço,

A travĂšs de la Crau, vers la mar, dins li blad,

Umble escoulan dĂłu grand OumĂšro,

IĂ©u la vole segui. Coume Ăšro

RĂšn qu'uno chato de la terro,

En foro de la Crau se n'es gaire parla.

Comparaison entre les quatre principales normes en Occitan: extrait de la DĂ©claration universelle des droits de l'homme
norme classique norme mistralienne
(et normes dérivées)
norme bonnaudienne norme de l'EscĂČla dau PĂČ
Provençal
Totei lei personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotadas de rason e de consciéncia e li cau (/fau) agir entre elei amb un esperit de frairesa.
Provençal
Tóuti li persouno naisson liéuro e egalo en dignita e en dre. Soun doutado de rasoun e de counsciÚnci e li fau agi entre éli em' un esperit de freiresso.
Niçois Provençal
Toti li personas naisson lib(e)ri e egali en dignitat e en drech. Son dotadi de rason e de consciéncia e li cau agir entre eli emb un esprit de fratelança.
Niçois Provençal
Touti li persouna naisson lib(e)ri e egali en dignità e en drech. Soun doutadi de rasoun e de counsciÚncia e li cau agÏ entre eli em'un esprit de fratelança.
Auvergnat
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en dreit. Son dotadas de rason e de consciéncia e lor chau (/fau) agir entre elas amb un esperit de frairesa.
Auvergnat
(norme de l’Escolo Auvernhato)
Toutos las persounos naissou lieuros e egalos en dinhitat e en drÚit. Sou doutados de razou e de counsciéncio, mas lour chau agi entre guessos dinc un eime de frairesso.
Bas-Auvergnat
Ta la proussouna neisson lieura moé parira pà dïnessà mai dret. Son charjada de razou moé de cousiensà mai lhu fau arjß entremeß lha bei n'eime de freiressà.
Haut-Auvergnat
Touta la persouna naisson lieura e egala en dĂŻnetĂ t e en dreit. Soun doutada de razou e de cousiensĂ  e lour chau ajĂź entre ela am en esprĂź de freiressĂ .
Vivaro-alpin
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotaas de rason e de consciéncia e lor chal agir entre elas amb un esperit de fraternitat.
Vivaro-alpin
Toutes les persounes naisoun liures e egales en dignitĂ  e en drech. Soun douta de razoun e de counsiensio e lour chal agir entre eles amb (/bou) un esperit de freireso.
Gascon
Totas las personas que vaden libras e egaus en dignitat e en dreit. Que son dotadas d'arrason e de consciéncia e que las cau hÚr l'ua a l'auta dab esperit de fraternitat..

Gascon du nord
Totas las personas vasen libras e egalas en dignitat e en dre(i)t. Son dotadas de rason e de consciéncia/consciença e las i fau agir entre eras damb un esprit de fraternitat.

Gascon
(norme fébusienne)
Toutes las persounes que nachen libres e egaus en dinnitat e en dreyt. Que soun doutades de rasoĂ» e de counscienci e qu'ous cau ayi entre eres dap Ă» esperit de fraternitat.
Limousin
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotadas de rason e de consciéncia e lor chau (/fau) agir entre elas emb un esperit de frairesa.
Languedocien
Totas las personas naisson liuras e egalas en dignitat e en drech. Son dotadas de rason e de consciéncia e lor cal agir entre elas amb un esperit de frairesa.
Le mĂȘme texte dans les langues voisines et en anglais pour la comparaison.
Catalan
Tots els Ă©ssers humans neixen lliures i iguals en dignitat i en drets. SĂłn dotats de raĂł i de consciĂšncia, i han de comportar-se fraternalment els uns amb els altres[56].
Francoprovençal
TĂŽs los Ă©tres homans nĂȘssont libros et Ăšgals en dignitĂąt et en drĂȘts. Ils ant rĂȘson et conscience et dĂȘvont fĂąre los uns envĂšrs los ĂŽtros dedens un Ăšsprit de fraternitĂąt[56].
Français
Tous les ĂȘtres humains naissent libres et Ă©gaux en dignitĂ© et en droits. Ils sont douĂ©s de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternitĂ©[56].
Italien
Tutti gli esseri umani nascono liberi e uguali in dignitĂ  e in diritti. Sono dotati di ragione e di coscienza e devono comportarsi fraternalmente l'uno con l'altro (vers.alternative:agire con spirito di fratellanza[56].
Espagnol
Todos los seres humanos nacen libres e iguales en dignidad y derechos y, dotados como estĂĄn de razĂłn y conciencia, deben comportarse fraternalmente los unos con los otros[56].
Anglais
All human beings are born free and equal in dignity and rights. They are endowed with reason and conscience and should act towards one another in a spirit of brotherhood[57].


Comparaison entre les quatre normes existantes en occitan : graphĂšmes typiques
Norme classique Norme mistralienne Norme bonnaudienne Norme de l'École du Pî
-a final -o (-a, -e) -Ă  -o (-a)
ĂČ o o o
o, Ăł ou ou ou
uÚ, ue ue, iue eu (ue) ue (ö)
lh i/h (lh) lh lh
nh gn nh nh
s, ss
c(e), c(i), ç
s, ss
c(e), c(i), ç
s, ss s
z
s entre deux voyelles
z
s entre deux voyelles
z z
Ă  Ăš ĂČ
ĂĄ Ă© Ă­ Ăł Ăș
Ă  Ăš ĂČ ĂŹ Ăč
Ă© Ăłu
Ă  Ăš eĂč oĂč
Ă©
Ăą ĂȘ Ăź Ă»
Ă  Ăš ĂČ ĂŹ Ăč oĂč
Ă©
Toutes les consonnes finales muettes sont notées. Certaines consonnes finales muettes sont notées. Certaines consonnes finales muettes sont notées. Aucune consonne finale muette n'est notée.


Graphie bonnaudienne

Article dĂ©taillĂ© : norme bonnaudienne.

Graphie de l'EscĂČla dau PĂČ

Article dĂ©taillĂ© : norme de l'Ă©cole du PĂŽ.

Graphie fébusienne

Article dĂ©taillĂ© : norme fĂ©busienne.

Graphie mistralienne

Article dĂ©taillĂ© : norme mistralienne.

Graphie classique

Article dĂ©taillĂ© : norme classique de l'occitan.

La graphie classique de l'occitan a été mise au point au XIXe et au XXe siÚcle par Simon-Jude Honnorat[58], Joseph Roux[59], Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Louis Alibert[60] et Joseph Salvat[61]. Elle a été stabilisée et étendue à l'ensemble des dialectes occitans entre 1950[62] et 1969[63],[64],[65]. Elle a plus particuliÚrement été adaptée à l'aranais[66], au gardiol[67] et au vivaro-alpin parlé dans le Piémont[68].

Article connexe : alphabet occitan.
Prononciations de l'occitan classique
Article connexe : Prononciation de l'occitan.

Il n'y a pas une prononciation unique de l’occitan puisque par dĂ©finition la norme classique permet de lire les diffĂ©rents dialectes. Elle se fait selon des rĂšgles de lecture propres Ă  chaque dialecte et il existe donc de nombreuses exceptions. À partir de lettres de base, l’occitan utilise des symboles modificateurs qui changent la prononciation de certaines lettres ou simplement marquent une tonicitĂ© dans le langage comme : l’accent fermĂ© (ÂŽ), l’accent ouvert (`) et la diĂ©rĂšse (š) ou le point de sĂ©paration entre s et h ou n et h (s∙h ; n∙h) en Gascon.

  • RĂ©sumĂ© de la prononciation de l’occitan (languedocien) :
Voyelles
  • a:
    • -a-, a- et Ă  se prononcent [a]
    • -a et ĂĄ final se prononcent [ɔ], ou [a] (selon les dialectes) de mĂȘme que -as et -an: a atone. Il peut exceptionnellement se pronconcer [u] pour la terminaison du prĂ©sent de l'indicatif du premier groupe : cantan [kantun]
  • e:
    • e ou Ă© se prononcent [e]
    • Ăš se prononce [ɛ]
  • i ou Ă­ se prononcent [i] ou [j]
  • o
    • o ou Ăł se prononcent [u] ou [w]
    • ĂČ se prononce [ɔ]
  • u se prononce [u], [y] ou [É„] en position semi-vocalique, exceptĂ© quand il est aprĂšs une voyelle [w]. Ex : lo capeu [kapeu] : le chapeau (Provençal)
Consonnes
  • b: [b]/[ÎČ]
  • c: [k]. [s] devant « e Â» et « i Â». Quand il est double cc: [ts]
  • ch: [tʃ]
  • ç: [s]
  • d: [d]/[Ă°]
  • f: [f]
  • g: [g]/[ÉŁ] devant « a Â», « o Â», « u Â». [dʒ] devant « e Â» et « i Â». Quand il est final, il se prononce [k], dans certains mots [tʃ]. gu devant « e Â» et « i Â» se prononce [g]/[ÉŁ]
  • h: muet
  • j: [dʒ]
  • k: [k]
  • l: [l]. Un double ll, se prononce [ll]. (lo capel en dialecte languedocien : le chapeau)
  • lh: [ʎ], en final: [l]
  • m: [m], final [m] (en Gascon) ou [n] (en dialecte languedocien). En double mm, [mm]
  • n: [n]. Muet en final. [m] devant « p Â», « b Â» et « m Â». [Ƌ] devant c/qu et g/gu. [ɱ] devant « f Â». nd et nt [n]
  • nh: [ÉČ]. En position finale [n]
  • n∙h : [nh] : eth con∙hĂČrt (le confort)
  • p: [p]
  • qu: [k] devant « e Â» et « i Â»; [kw] autrement
  • qĂŒ: [kw]
  • r: [r] et [ÉŸ]. En position finale, il est muet dans la majoritĂ© de mots. rn et rm [ÉŸ]
  • s: [s]. [z] entre voyelles. ss donne [s]
  • sh : [ʃ]
  • s∙h : [sh] : l'es∙hlor (la fleur)
  • t: [t]. ts : [ts] ; tg/tj: [tʃ]. tl: [ll]. tn: [nn]. tm: [mm]. tz: [ts] th : [tt] (eth/lo capĂšth : le chapeau en Gascon) ou [s] (capvath)
  • v: [b]/[ÎČ]
  • w: [w], [b]/[ÎČ]
  • x: [ts], [s] devant une consonne
  • y: [i]/[j]
  • z: [z], [s] en position finale

Unité ou négation de la langue d'oc

Une langue diffĂ©rente du français ?

La dĂ©limitation des langues romanes[69], au XIXe et au XXe siĂšcle, a fait l'objet de dĂ©bats, essentiellement en France, sur l'appartenance ou non de l'espace d'oc au français. Alors que les premiĂšres grammaires des langues romanes[70] sĂ©parent nettement le provençal (au sens large de langue d'oc) du français, tout un courant autour de Gaston Paris s'attache Ă  prĂ©senter l'unitĂ© des dialectes gallo-romans (français, francoprovençal, occitan) en dĂ©veloppant la thĂ©orie du continuum des parlers romans (l'enquĂȘte de Charles de Tourtoulon et d'Octavien Bringuier, en 1876[71], est lancĂ©e par le FĂ©librige pour contredire cette thĂ©orie). Cette nĂ©gation de l'occitan, de son existence en tant que langue indĂ©pendante, se traduit par des appellations diverses :

  • premiĂšrement, l'insistance sur la dichotomie langue d'oc et langue d'oĂŻl : le français ancien aurait connu deux modalitĂ©s, qui auraient en quelque sorte fusionnĂ© dans le français moderne[72]
  • secondement, des appellations purement gĂ©ographiques : dialectes romans du Midi de la France, langue romane du Midi de la France, français du Midi[73], littĂ©rature mĂ©ridionale[74] ; ce dĂ©ni va se poursuivre jusque dans les publications rĂ©centes[75].

Une langue d'oc ou plusieurs ?

Alors que cette dichotomie a fait place, dans la plupart des ouvrages sur les langues romanes[76],[77],[78] à une reconnaissance assez large de l'occitan comme langue distincte du français, c'est l'unité de la langue qui a été remise en cause à partir de la fin des années 1960 par un certain nombre de mouvements régionalistes.

Louis Bayle, Ă©crivain et linguiste provençal[79], anime l'Astrado, association et maison d'Ă©dition provençale. AprĂšs avoir critiquĂ© l'adaptation de la graphie classique au provençal[80],[81], il multiplie les publications hostiles Ă  l'occitanisme[82],[83] et mĂȘme au FĂ©librige avec lequel il finira par rompre[84]. En 1975, l'Astrado publie, en collaboration avec Pierre Bonnaud[85] un document sous la signature de la CACEO (ConfĂ©dĂ©ration des associations culturelles et enseignants d'oc), qui remet en cause l'unitĂ© de la langue d'oc[86]. Cela se traduit, dĂ©but 1976, par une circulaire du ministĂšre de l'Ă©ducation (RenĂ© Haby) utilisant pour la premiĂšre fois le terme au pluriel « langues d'oc Â». L'Astrado publiera par la suite, en 1980, un ouvrage de Jean-Claude RiviĂšre[87], Langues et pays d'oc, qui dĂ©veloppe le concept de langues d'oc au pluriel[88].

DĂšs 1976[89], le Secteur de linguistique de l'Institut d'Ă©tudes occitanes a rejetĂ© l'ensemble de ces arguments en rappelant :

  • que l'IEO ne prĂ©conise aucune langue unifiĂ©e, mais s'appuie au contraire sur l'enseignement ;
  • que les partisans des « langues Â» au pluriel font la confusion entre la langue objet de description (et de prescription) linguistique et la langue comme moyen de communication.

Cette utilisation officielle de « langues d'oc Â» au pluriel (par ailleurs sans suite) soulĂšve des protestations d'autant qu'elle est assortie, en Provence, Ă  l'interdiction de toute graphie autre que mistralienne[90] (alors qu'au contraire, en Auvergne, les partisans de P. Bonnaud et de la graphie classique finissent par se « partager Â» le terrain[91]). À la suite du changement de majoritĂ© politique en France, en 1981, la pluralitĂ© des graphies est rĂ©tablie.

Les tensions s'apaisent un temps pour aboutir Ă  la crĂ©ation, fin 1991, du CAPES d'occitan-langue d'oc (il porte les deux noms, et le premier jury est composĂ© d'un panel d'occitanistes tel GĂ©rard Gouirand et de provençalistes comme Claude Mauron). Dans la mĂȘme pĂ©riode, Philippe Blanchet propose une nouvelle thĂ©orie sociolinguistique pour expliquer la sĂ©paration du provençal de l'occitan[92].

NĂ©anmoins, les partisans des « langues d'oc Â» au pluriel (l'Astrado a rejoint un Collectif Provence[93] plus large) reçoivent de nouveaux soutiens dans les annĂ©es 2000 avec d'une part l'Ă©mergence d'un Enstitut BiarnĂ©s e GascoĂ»n, en BĂ©arn[94], et d'autre part Aigo Vivo, en CĂ©vennes[95]. Les manifestations biannuelles pour l'occitan, organisĂ©es par l'Institut d'Ă©tudes occitanes, le FĂ©librige, la FELCO, la ConfĂ©dĂ©ration des calandretas et Oc-Bi (Carcassonne, 2005, BĂ©ziers, 2007, Carcassonne, 2009[96], 13 000 personnes selon la police) sont assorties de contre-manifestations « pour les langues d'oc Â». La derniĂšre en date, qui s'est dĂ©roulĂ©e le 3 octobre 2009 entre Beaucaire et Tarascon[97],[98], a regroupĂ© 500 personnes. En parallĂšle, plusieurs hommes politiques, dont Michel Vauzelle, Jean-Claude Gaudin ou Michel Charasse ont soutenu publiquement cette revendication[99].

Article connexe : SĂ©cessionnisme linguistique.

Langue littéraire unifiée

Entre le XIe siĂšcle et le XIIIe siĂšcle, il existe une langue littĂ©raire nommĂ©e par les troubadours du nom gĂ©nĂ©rique de « langue romane Â» ou « roman Â» pour la diffĂ©rencier du latin. Les auteurs modernes l’ont nommĂ©e koinĂ© (car la koinĂȘ grecque, qui Ă©tait une forme de grec relativement unifiĂ© sous la pĂ©riode hellĂ©nistique (300 av. J.-C. - 300 ap. J.-C.), mĂȘme si cette derniĂšre langue Ă©tait plus diverse rĂ©gionalement qu’on le croit trop souvent). À partir du XIXe siĂšcle l’hypothĂšse dominante lancĂ©e par Camille Chabanneau en 1876 fut que la « langue romane Â» utilisĂ©e par les troubadours avait pour base le dialecte limousin. La prĂ©sence de certains des premiers troubadours originaires du Limousin et de la Gascogne Ă  la cour de Guillaume X (1126-1137) fils du premier troubadour Guillaume IX, explique la diffusion de cette langue littĂ©raire au sein du duchĂ© d'Aquitaine. Le futur Languedoc et la Provence ne connurent les troubadours que par la suite dans la seconde moitiĂ© du XIIe siĂšcle. L’autre hypothĂšse avancĂ©e d'une origine poitevine s'appuie sur l'idĂ©e que le dialecte poitevin parlĂ© Ă  la cour de Guillaume IX de Poitiers faisait partie de la langue d’oc et que le prestige du duc aurait permis ensuite la diffusion de cette langue dans tout l’espace troubadouresque. La derniĂšre hypothĂšse apparue dans les annĂ©es 1950 considĂšre la langue littĂ©raire comme une langue classique forgĂ©e Ă  partir des textes trouvĂ©s dans l’occitan central, rĂ©gion oĂč ont Ă©tĂ© conservĂ©es les plus anciennes chartes en langues d’oc datant du XIe siĂšcle.

Pierre Bec, spĂ©cialiste des troubadours indiquait dĂšs 1967 qu’« Il est d’ailleurs difficile de juger de cette langue avec prĂ©cision puisque nous n’en connaissons qu’une pĂąle copie, celle que les scribes ont bien voulu nous transmettre dans les diffĂ©rents manuscrits. Si substrat dialectal il y a, c’est souvent celui du copiste qui se manifeste Ă  son insu. Et lĂ , bien souvent, rĂšgne l’arbitraire le plus absolu : Ă  un vers d’intervalle, tel ou tel mot se prĂ©sente, non seulement avec une autre graphie, mais avec un phonĂ©tisme appartenant Ă  un dialecte absolument diffĂ©rent. Et que dire encore si l’on compare, Ă  propos d’un mĂȘme texte, les diverses leçons lĂ©guĂ©es par les manuscrits ! Il est impossible de dire exactement dans quelle langue ont Ă©tĂ© Ă©crites les poĂ©sies des troubadours. Â»[100]

En dehors de la littĂ©rature des troubadours, on ne peut pas trouver d’élĂ©ments prouvant l’usage d’une norme linguistique unifiĂ©e dans les chartes et les autres documents du Languedoc, de Provence, d’Auvergne, de Catalogne, du Limousin ou de la Gascogne. Pour rĂ©sumer, les pratiques Ă©crites Ă©taient assez distinctes d’une rĂ©gion Ă  l’autre et les perceptions accrĂ©ditant l’idĂ©e d’une unification linguistique sur tout l’espace couvrant toutes ces rĂ©gions ne sont bien souvent que le rĂ©sultat d’une graphie relativement homogĂšne car issue de la graphie utilisĂ©e pour le latin.

La place du catalan et du gascon

Le gascon et le catalan posent un problÚme de classification au vu de certains traits ibéro-romans[101]. Dans son ouvrage Linguistique romane, le romaniste Martin-Dietrich Glessgen opte pour classer le gascon dans l'ensemble occitan. La place du catalan a longtemps fait débat, les mouvements de renaissance de la langue (Félibrige, occitanisme des années 1930) l'ayant longtemps inclus dans la langue d'oc[69].

Classification des parlers occitans

Variation dialectométrique de l'occitan selon Hans Goebl.

L'occitan forme un continuum linguistique. Cependant, pour des raisons de catégorisation linguistique, des dialectes ont été définis. Selon Ronjat[102], le gascon constitue le seul dialecte clairement différencié, les limites entre les autres dialectes restant floues. En dehors de la classification dialectale usuelle, il existe d'autres méthodes de classification scientifique des parlers occitans. Ainsi, un modÚle réaliste du continuum occitan est proposé par les méthodes dialectométriques, développées notamment par Hans Goebl[103].

Dialectes de l'occitan

Classification des dialectes occitans selon la synthĂšse de D. Sumien

L’occitan est gĂ©nĂ©ralement[104] classĂ© en six dialectes :

  • l’auvergnat
  • le gascon, considĂ©rĂ© parfois avec ses spĂ©cificitĂ©s comme une langue distincte se rapprochant de l'ibĂ©ro-roman Ă  l’instar du catalan
    • l’aranais est la variĂ©tĂ© de gascon pyrĂ©nĂ©en en usage dans le Val d’Aran (en Catalogne), oĂč elle a un statut de langue officielle.
    • le bĂ©arnais a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une langue distincte du gascon jusque aux annĂ©es 1930. Il s'agit en fait du gascon parlĂ© sur le territoire de la VicomtĂ© de BĂ©arn.
    • la langue sifflĂ©e pyrĂ©nĂ©enne Ă©tait utilisĂ©e Ă  Aas, dans la vallĂ©e d’Ossau (BĂ©arn). Elle se base sur la phonĂ©tique du gascon de cette rĂ©gion. Les langues sifflĂ©es sont rares dans le monde. Dans le cas des PyrĂ©nĂ©es, elle permettait une communication Ă  longue distance. Documents sur une langue sifflĂ©e pyrĂ©nĂ©enne
  • le languedocien
  • le limousin
  • le provençal
    • le chouadit ou judĂ©o-provençal est considĂ©rĂ© comme Ă©teint depuis 1977. Toutefois, les travaux de RenĂ© Moulinas, Les Juifs du Pape, montrent que les Juifs provençaux parlaient provençal comme leurs compatriotes chrĂ©tiens. Les Juifs du Comtat Venaissin (Vaucluse) parlent la langue d’oc dans la mĂȘme proportion que les autres Comtadins encore aujourd’hui. Le « judĂ©o-provençal Â» a Ă©tĂ© trĂšs Ă©tudiĂ© par l’ancien empereur Pierre II du BrĂ©sil, une fois que celui-ci fut dĂ©trĂŽnĂ©. Il parlait la langue d’oc (notamment dans sa variante provençale) et avait une bonne connaissance de l’hĂ©breu.
    • le niçois est gĂ©nĂ©ralement rattachĂ© au provençal, malgrĂ© son originalitĂ© phonĂ©tique[105]
  • le vivaro-alpin [106]

Le catalan est considéré par la plupart des auteurs comme une langue séparée mais d'autres incluent les parlers catalans dans l'occitan.

Classifications supradialectales

Classification supradialectale classique

La classification supradialectale classique[107] de l'occitan est la suivante :

Classification supradialectale de l'occitan selon P. Bec

Pierre Bec Ă©tablit une autre classification[108] selon les lignes suivantes :

Classification supradialectale de l'occitan selon D. Sumien

Domergue Sumien[110] propose un autre groupement :

  • Arverno-mĂ©diterranĂ©en (ArvernomediterranĂšu)
    • Nissardo-alpin (Niçardoaupenc)
    • Transoccitan
  • PrĂ©-ibĂ©rique (PreĂŻberic)
    • Occitan central
    • Aquitano-pyrĂ©nĂ©en (Aquitanopirenenc)

Anciens dialectes et zones interférentielles

Anciens dialectes du nord-ouest

Les anciens dialectes d’oc du nord-ouest : du Poitou, de la Saintonge, de l’Aunis ainsi que de l’Angoumois sont remplacĂ©s par des dialectes d’oĂŻl[34],[111]. Les parlers d’oĂŻl actuels de ces rĂ©gions conservent de nombreux traits d’origine occitane. Ainsi Liliane Jagueneau (linguiste, UniversitĂ© de Poitiers) dĂ©clare « Le lexique poitevin-saintongeais a un grand nombre de termes en commun avec l’occitan, et on peut dire que sur le plan lexical en particulier, le poitevin-saintongeais est le prolongement de l’occitan en domaine d’oĂŻl Â»[112]. Pierre Bonnaud (universitĂ© de Clermont-Ferrand) avait auparavant quant Ă  lui Ă©tabli une liste de 1200 vocables communs au poitevin-saintongeais et Ă  l'occitan et dĂ©clarĂ© « Dans ce domaine, il n’est pas exagĂ©rĂ© de dire que quelqu’un qui voudrait choisir ses mots avec soin en poitevin-saintongeais pourrait pratiquement parler un occitan en phonĂ©tique d’oĂŻl ! Â»[113]. Jacques Pignon (linguiste, universitĂ© de Poitiers) avait quant Ă  lui dĂšs 1960 Ă©tabli la prĂ©sence en poitevin de 9 traits phonĂ©tiques et de 7 formes grammaticales communs avec l'occitan[114]. Cette rĂ©gion avait apparemment un dialecte occitan spĂ©cifique, trĂšs proche du limousin. Il Ă©tait le dialecte d’expression poĂ©tique du troubadour Richard CƓur de Lion (Richard CĂČr de Leon), roi d’Angleterre et prince-duc d’Aquitaine. La capitale de l’Aquitaine Ă©tait Poitiers Ă  cette Ă©poque, c’est pourquoi de nombreux troubadours (occitanophones) Ă©taient originaire de cette rĂ©gion, par exemple JauffrĂ© de Pons et Rigaut de Barbezieux.

L’existence de parlers de type occitan, ou tout au moins de type intermĂ©diaires, est confirmĂ©e par de nombreux noms de lieux du sud de la Saintonge et du Poitou. Henri Malet a tracĂ© en 1940 la ligne de dĂ©marcation entre les toponymes en -ac, de caractĂšre occitan : Cognac, Jarnac ou Jonzac, et de l’autre les toponymes en -ay, -Ă© (ou -y) de type septentrional, provenant des noms de villas gallo-romaine en -acum : Beurlay, Plassay ou Tonnay-charente[115]. En 1960 Jacques Pignon (linguiste : UniversitĂ© de Poitiers) invalide en partie le tracĂ© d'Henri Malet, montrant la prĂ©sence de toponymes en -ac et en -ade (indiquant une ancienne prĂ©sence occitane) dans le nord-ouest de la Charente (RuffĂ©cois), le nord-est de la Charente-Maritime (rĂ©gion d'Aulnay), le sud des Deux-SĂšvres (rĂ©gion de Melle) et dans le sud et l’est de la Vienne (rĂ©gions de Civray, Montmorillon, Chauvigny et sud de la rĂ©gion de Poitiers)[116]. O. Herbert l’a dĂ©montrĂ© dans son travail de diplĂŽme « Les noms de lieux de la Vienne Ă  la limite des domaines français et provençal Â». Jacques Pignon estime que l’on a usĂ© d’un parler de type occitan dans le Sud-Est du Poitou jusqu’à la fin du XIIe siĂšcle, jusqu'Ă  une ligne approximative Rochefort-Est de Niort, Poitiers-Chauvigny. Ce serait l’influence de Poitiers qui a fait peu Ă  peu triompher les formes d’oĂŻl sans Ă©liminer totalement tous les traits occitans. Pierre Gauthier (linguiste : UniversitĂ© de Nantes) dĂ©montre par la suite la prĂ©sence de toponymes en -ac en sud VendĂ©e (Bas-Poitou), jusqu'Ă  Fontenay-le-Comte et Talmont[117], il en dĂ©duit en 2002 que l'ancienne zone occitane montait jusqu'Ă  « une ligne Poitiers, Niort, Fontenay-le-Comte Â» [118].

Dans le sud de la Saintonge, le clivage beaucoup plus brutal entre saintongeais et gascon fait penser plutĂŽt Ă  une cause accidentelle. L’abbĂ© Th. Lalanne trouve l’explication dans les dĂ©vastations de la guerre de Cent Ans. En effet, la rĂ©gion a Ă©tĂ© trĂšs Ă©troitement impliquĂ© dans des luttes qui avaient dĂ©jĂ  commencĂ© prĂšs de trois siĂšcles avant la guerre de Cent ans. En 1152, AliĂ©nor d’Aquitaine, divorçait d’avec Louis VII Roi de France qu’elle avait Ă©pousĂ© en 1137 pour se remarier deux ans plus tard avec Henri II PlantagenĂȘt, Comte d’Anjou, et futur Roi d’Angleterre. Les luttes qui s’ensuivirent trouvĂšrent provisoirement leur conclusion dans le rattachement du Poitou Ă  la couronne de France. C’est une Ă©tape importante dans l’histoire de la langue puisque le français devient alors la langue de la chancellerie.

Le Guide du pĂšlerin de Saint-Jacques de Compostelle, Ă©crit au XIIe siĂšcle, distingue bien le saintongeais[119]. Il faut comprendre dans ce contexte que le saintongeais Ă©tait alors de l'occitan (et non pas le saintongeais actuel), et qu'on le distinguait du français, en cheminant du nord au sud.

AprĂšs la mort de Louis IX, la guerre reprit de plus belle. Poitiers devient pendant un temps la capitale de la France sous Charles VII. La Saintonge devient un des champs de bataille en raison de sa proximitĂ© avec la Guyenne tenue par les Anglo-aquitains. Les guerres qui s’y sont dĂ©roulĂ©es furent particuliĂšrement meurtriĂšres. À ces ravages s’ajoutĂšrent ceux d’épidĂ©mies de pestes rĂ©pĂ©tĂ©es, dont la peste noire de 1349. AprĂšs la fin de la guerre marquĂ©e par la dĂ©faite des Anglo-aquitains Ă  Castillon (Gironde) en 1453, la population de la rĂ©gion Ă©tait dĂ©cimĂ©e Ă  90 %. Il fallut faire appel de maniĂšre massive Ă  des populations francophones (parlant la langue d’oĂŻl) venus de rĂ©gions plus au nord pour la repeupler. C’est ainsi que s’explique, semble-t-il, l’absence de tout parler intermĂ©diaire entre langue d’oĂŻl et langue d’oc en Saintonge.

Il s’avĂšre que dĂšs le dĂ©but du XIIIe siĂšcle certains documents de Saintonge (ex. Le coutumier d'OlĂ©ron[120]), et ceux d’Aunis (ex. « Le Terrier du Grand fief d'Aunis Â» [121]) et du Poitou (ex. : « Le vieux coutumier d Poitou Â»[122]) Ă©taient dĂ©jĂ  Ă©crits dans une langue d'oĂŻl, qui malgrĂ© la francisation Ă  l'Ă©crit, montrait dĂ©jĂ  les principaux traits du poitevin-saintongeais. Mais Ă  la mĂȘme Ă©poque des documents de la Saintonge centrale (ex. « Charte du Mas Verlaine prĂšs de Barbezieux Â»[123]), ou du sud-est du Poitou (ex. : « Les Coutumes de Charroux Â»[124]) Ă©taient dans une langue portant la marque de l'occitan.

Occitan cispyrénéen

  • L'occitan cispyrĂ©nĂ©en Ă©tait un dialecte parlĂ© au sud des PyrĂ©nĂ©es pendant le Moyen-Ăąge. Il Ă©tait proche du gascon.

Interférences ou transitions

  • Parlers de transition entre l’occitan et le français. À l’extrĂȘme nord, l’occitan de la zone du Croissant a reçu de fortes influences du français, mais les traits occitans y restent prĂ©pondĂ©rants : cela concerne le nord de la Marche et le sud du Bourbonnais.
  • Au nord-est, les zones intermĂ©diaires entre le franço-provençal et l’occitan ont Ă©tĂ© francisĂ©es : Lyonnais, le Forez et le DauphinĂ© septentrional. L’occitan fut la langue de la noblesse lyonnaise lors de l’apogĂ©e de la culture des troubadours.
  • Au sud-ouest, l’arrivĂ©e rĂ©cente de populations basques dans la communautĂ© de Bayonne, Biarritz, Anglet a modifiĂ© l’usage linguistique, sans toutefois faire disparaĂźtre la communautĂ© occitanophone.
  • Au sud-est, l’arrivĂ©e massive de populations liguriennes Ă  Monaco a rĂ©duit l’importance de la communautĂ© occitanophone, sans toutefois la faire disparaĂźtre[1].
  • À l’est, dans les VallĂ©es Occitanes du PiĂ©mont (Italie), l’usage de l’occitan vivaro-alpin a mieux rĂ©sistĂ© dans les hautes vallĂ©es. Les basses vallĂ©es connaissaient une coexistence entre l’occitan, traditionnel, et le piĂ©montais, arrivĂ© rĂ©cemment. En dehors de cette superposition rĂ©cente, la limite entre les vallĂ©es alpines et la plaine du PĂŽ coĂŻncide avec des frontiĂšres linguistiques traditionnelles dĂ©limitant l’occitan par rapport aux dialectes italiens.
  • À l’est, il existe des parlers de transition entre l’occitan et le ligure, le royasque est considĂ©rĂ© comme du ligure, le mentonasque, comme de l’occitan.

La langue et ses atouts

Lexique

Le dictionnaire d’occitan usuel comporte environ 50 000 Ă  60 000 mots, comme pour le français, mais on a aussi pu avancer des chiffres aussi Ă©levĂ©s que 450 000 mots[41], ce qui est donnĂ© comme comparable Ă  l’anglais[125].

Le magazine GĂ©o[41] affirme que la littĂ©rature anglo-amĂ©ricaine peut ĂȘtre traduite plus facilement en occitan qu’en français. En faisant toutefois exception des termes technologiques modernes, que toutes les langues vivantes ont intĂ©grĂ©s.

Le lexique est parfois trĂšs prolifique du fait de la diversitĂ© interne forte dans l'espace considĂ©rĂ©, en particulier dans la description de la nature et de la vie rurale. Il existe ainsi 128 synonymes pour signifier l’idĂ©e d’une terre cultivĂ©e, 62 pour marĂ©cages, 75 pour dĂ©signer un Ă©clair[41].

Cette richesse s’explique par le fait que l’occitan est composĂ© de multiples dialectes faisant partie intĂ©grante de la langue et dont chacun possĂšde son lexique propre. De plus l’occitan n’a pas connu d’épuration, contrairement au français qui a Ă©tĂ© amputĂ© de ses formes dialectales par l’AcadĂ©mie française aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles.

La langue ayant subi une Ă©clipse pendant la pĂ©riode d’industrialisation, la richesse du vocabulaire liĂ© Ă  la vie de cette Ă©poque est moins importante que celle des pĂ©riodes prĂ©cĂ©dentes. RĂ©cemment, un effort particulier a Ă©tĂ© fait pour dĂ©velopper le vocabulaire (souvent scientifique et technologique) propre aux langues modernes[126].

Apprentissage de langues Ă©trangĂšres

L’occitan prĂ©disposerait aussi, selon les sources du magazine GĂ©o, Ă  l’apprentissage des langues Ă©trangĂšres. En effet, l’oreille humaine a la capacitĂ© d’entendre 24 000 hertz. Cependant, l’usage de la langue maternelle filtre et « dĂ©forme Â» les sons Ă©trangers. Les personnes de langue maternelle française percevraient 5 000 hertz, tandis que les locuteurs maternels d'un dialecte occitan en percevraient 8 000 au minimum[41].

De plus, l’occitan est une langue romane centrale, ce qui facilite la comprĂ©hension des langues latines voisines : italien, espagnol, portugais
 L’occitan est la langue romane qui a le plus de points communs avec les autres langues de la mĂȘme famille. Ci-dessous, une comparaison du languedocien (dialecte central de la langue), du gascon et d’autres langues latines :

Tableau de comparaison de langues romanes

Latin Français Italien Espagnol Piémontais Occitan (languedocien) Occitan (gascon) Catalan Portugais Roumain Sarde Corse Francoprovençal Vénitien
clavis | accusatif clavem clef chiave llave/clave ciav clau clau clau chave cheie crae chjave/chjavi clĂą ciĂ ve
nox | accusatif noctem nuit notte noche neuit nuĂšch, nuĂšit, nuĂČch nueit, nĂšit, nĂšt, nuit nit noite noapte notte notte/notti nuet nĂČte
cantare chanter cantare cantar canté cantar (chantar) cantar cantar cantar cùnta cantare cantà chantar cantàr / cantàre
capra chÚvre capra cabra crava cabra, craba, chabra craba cabra cabra capră cabra capra cabra / chiévra cavara
lingua langue lingua lengua lenga lenga lenga, lengua, luenga, lenca llengua língua limbă limba lingua lenga léngoa
platea place piazza plaza piassa plaça plaça plaça praça piaƣă pratza, pratha piazza place piàsa / piassa
pons | accusatif pontem pont ponte puente pont pont, pĂČnt pont, pĂČnt pont ponte pod, punte ponte ponte/ponti pont pont / ponte
ecclesia église chiesa iglesia gesia (cesa) glÚisa, glÚia glÚisa església igreja biserică creia, cresia ghjesgia églésé ciéxa
hospitalis hĂŽpital ospedale hospital ospidal espital, espitau espitau hospital hospital spital ispidale spedale/uspidali hĂšpetĂąl ospedaÂŁe / ospedal
caseus | bas latin formaticum fromage formaggio queso formagg formatge, fromatge hromatge , hormatge formatge queijo caƟ casu casgiu tîma / fromñjo fromaio

Il ne faut pas oublier que l’anglais a aussi reçu un vocabulaire latin, angevino-normand (langue d’oĂŻl) et occitan. Il existe une certaine proximitĂ© de vocable entre l’occitan et l’anglais qui n’a jamais existĂ© ou a disparu en français : jump (anglais) / jumpar (occitan), record / recordar (mais existait en ancien français : recorder), etc.

L’amĂ©lioration des connaissances en français

La maĂźtrise de l’occitan, comme celle d’autres langues romanes, entraĂźne un accroissement de la facultĂ© de parler avec un langage variĂ© en français.

Le français, notamment, a empruntĂ© de nombreux mots d’origine occitane. Cependant, certains dictionnaires français sont mal renseignĂ©s au sujet de l’occitan. Ils peuvent se tromper d’origine ou de date d’apparition des termes. En fait, il ne faut pas oublier que l’occitan a servi de zone linguistique de transmission de termes venus du Sud de l’Europe ou du Maghreb. L’italien et le castillan, par exemple, ont fourni nombre de leurs mots au français en passant par l’occitan. Or, certains dictionnaires ne signalent que la langue-source en derniĂšre analyse et non la langue Ă  laquelle le mot a Ă©tĂ© empruntĂ©. Les dictionnaires plus rĂ©cents ou universitaires (Grand Robert, TrĂ©sor de la langue française) sont relativement Ă  l’abri de ces erreurs.

À l’heure actuelle, certains mots occitans permettent de comprendre des mots en français dans un registre populaire, familier, commun ou bien relevĂ© : abelha > abeille, balada > ballade. On peut aussi noter quelques autres mots de crĂ©ation occitane ou dont la forme occitane est Ă  l’origine des mots en français : cocagne, flageolet, gabarit, mascotte, soubresaut, etc.

Langue Ă©volutive

Tout comme dans les autres langues romanes, les emprunts au latin et au grec ancien permettent de crĂ©er de nouveaux mots trĂšs prĂ©cis, par exemple pour un usage technologique ou scientifique. De plus, l’AcadĂ©mie de la langue catalane Ă©tant trĂšs active, l’emprunt direct au catalan est facile et rapide Ă  rĂ©aliser, au dĂ©triment cependant d’une autonomie de la langue occitane face aux Ă©volutions de la sociĂ©tĂ©.

D’un autre cĂŽtĂ©, l’écoute des nĂ©ologismes d’occitanophones naturels permet aussi des Ă©volutions en utilisant les ressources propres de la langue. Par exemple, pour le mot « parachutiste Â», on peut dire : « un paracaigudista Â» (catalanisme) ou « un paracasudista Â» (italianisme). Tandis que certains occitanophones naturels disent : « un paracabussaire Â», du verbe « cabussar Â» qui veut dire : « plonger, tomber la tĂȘte la premiĂšre Â».

L'histoire de la langue occitane

RepĂšres chronologiques

  • Dans les annĂ©es 700 Ă  800 : PremiĂšres apparitions de mots occitans dans des Ă©crits en latin.
  • 1002 : Premier texte connu entiĂšrement en langue occitane.
  • XIe au XIIIe siĂšcle : ApogĂ©e de la poĂ©sie lyrique occitane.
  • 1229 et 1232 : Jaume I El Conqueridor (Jacques Ier), originaire de la seigneurie de Montpellier, conquiert les Ăźles de Majorque et Ibiza ainsi que Valence sur les Musulmans Almohades. Le catalan, non encore diffĂ©renciĂ© de l’occitan mĂ©diĂ©val, remplace la langue arabe comme langue officielle.
  • Du XIIe au XIVe siĂšcle, influence importante de la littĂ©rature occitane (koinĂȘ) et des troubadours sur le catalan.
  • 1240 : Apparition du terme provençal qui fait allusion au grand territoire romain appelĂ© Provincia Romana qui a couvert la Provence et le Languedoc[127].
  • 1271 : Premiers textes en latin indiquant le terme occitan: sous les formes occitanus et lingua occitana, simultanĂ©ment avec le territoire appelĂ© Occitania[128].
  • 1291 : Premiers textes indiquant le terme de langue d'oc[128].
  • 1303-1305 : Diffusion du terme de langue d'oc suite Ă  l'essai renommĂ© De vulgari eloquentia de Dante Alighieri.
  • 1323 : Fondation du Consistori del Gay Saber et des Jeux Floraux Ă  Toulouse
  • 1356 : Promulgation Ă  Toulouse des Leys d'Amors rĂ©digĂ©es par le toulousain Guilhem Molinier (traitĂ© de grammaire & de rhĂ©torique occitanes)
  • 1492 : Publication du Compendion de l’Abaco, du niçois FrancĂ©s Pellos, premier livre imprimĂ© en provençal. Il s’agit d’un traitĂ© d’arithmĂ©tique et de gĂ©omĂ©trie.
  • 1539 : Promulgation de l’édit de Villers-CotterĂȘts ; François Ier impose que la justice soit rendue et signifiĂ©e « en langage maternel français et non autrement Â».
  • 1562 : Obligation de l’usage Ă©crit de l’italien par les notaires du ComtĂ© de Nice
  • 1756 : Parution Ă  NĂźmes du Dictionnaire languedocien-français contenant un recueil des principales fautes que commettent, dans la diction & dans la prononciation françoiĆżes, les habitants des provinces mĂ©ridionales, connues autrefois Ćżous la dĂ©nomination gĂ©nĂ©rale de la Langue-d’Oc, ouvrage oĂč l’on donne avec l’explication de bien des termes de la langue romance, ou de l’ancien languedocien, celle de beaucoup de noms propres, autrefois noms communs de l’ancien langage de l'AbbĂ© de Sauvage (1710-1795).
  • 1790 : Circulaire de l’abbĂ© GrĂ©goire sur les patois de France.
  • 1791- 1794 : Lors de l’époque rĂ©volutionnaire française, premiĂšre vĂ©ritable politique linguistique visant Ă  imposer le français dans toute la nation française (et dans tous les esprits rĂ©volutionnaires).
  • 1802 : Traduction en occitan d’AnacrĂ©on par Louis Aubanel.
  • 1804 : Fabre d'Olivet (1765-1825), polygraphe cĂ©venol, publie Le Troubadour, poĂ©sies occitaniques du XIIIe siĂšcle (supercherie littĂ©raire : l’auteur, talentueux, de ces textes « traduits Â», n’est autre que Fabre d’Olivet).
  • 1819 : Publication du Parnasse occitanien et d'un Essai d'un glossaire occitanien, pour servir Ă  l'intelligence des poĂ©sies des troubadours, par Henri de Rochegude (1741-1834), ancien officier de marine et dĂ©putĂ© Ă  la Convention.
  • 1842 : Claude Fauriel (1172-1844) Histoire de la poĂ©sie provençale, cours fait Ă  la facultĂ© de lettres de Paris, 1847, La poĂ©sie provençale en Italie, 1842-1843,
  • 1842 : Histoire politique, religieuse et littĂ©raire du Midi de la France par Jean-Bernard Mary-Lafon.
  • 1840-1848 : Publication par fascicules du Dictionnaire provençal-français (en fait pan-occitan) du docteur Honnorat (1783-1852).
  • 1854 : Fondation du FĂ©librige par sept primadiers, parmi lesquels FrĂ©dĂ©ric Mistral, ThĂ©odore Aubanel et Joseph Roumanille.
  • 1859 : Publication de poĂ©sies patoises par Antoine Bigot Ă  NĂźmes (fables imitĂ©es de La Fontaine).
  • 1859 : Publication de MirĂšio (Mireille), poĂšme de FrĂ©dĂ©ric Mistral.
  • 1876 : Charles de Tourtoulon publie son Étude sur la limite gĂ©ographique de la langue d’oc et de la langue d’oĂŻl (avec une carte) (1876), avec Octavien Bringier
  • 1885 : Publication du Tresor dĂłu Felibrige, de FrĂ©dĂ©ric Mistral, dictionnaire provençal-français (en fait pan-occitan : le sous-titre indique expressĂ©ment que l’ouvrage « embrasse les divers dialectes de la langue d’oc moderne Â»).
  • 1919 : Fondation de l’EscĂČla occitana.
  • 1927 : Fondation du CollĂšge d'Occitanie par Estieu (1860-1939) et le PĂšre Salvat, Ă  l'Institut catholique de Toulouse
  • 1931 : La Catalogne retrouve un statut d’autonomie et soutient activement la langue occitane.
  • 1934 : Des intellectuels catalans proclament officiellement la sĂ©paration du catalan et de l’occitan.
  • 1935 : Publication de la Gramatica occitana (selon les parlers languedociens) de Louis Alibert.
  • 1941 : Le rĂ©gime de Vichy autorise l’enseignement des langues « dialectales Â», tels le breton ou l’occitan, dans les Ă©coles primaires. Les langues ethniques officielles dans d’autres pays ne sont pas autorisĂ©es : corse (dialectes italiens), alĂ©manique alsacien (dialecte allemand), franciques mosellan et alsacien (dialectes allemand), flamand.
  • 1943 : PremiĂšre chaire de languedocien Ă  Toulouse.
  • 1945 : Fondation de l’Institut d'Ă©tudes occitanes (IEO).
  • 1951 : La « loi Deixonne Â» autorise, Ă  titre facultatif, l’enseignement des langues rĂ©gionales (cette loi, aujourd’hui abrogĂ©e, a Ă©tĂ© remplacĂ©e par le Code de l'Ă©ducation).
  • 1959 : CrĂ©ation du Parti nationaliste occitan (PNO) par François Fontan.
  • 1972 : PremiĂšre universitĂ© occitane d’étĂ©.
  • 1975 : Loi Bas-Lauriol (France) : l’emploi de la langue française est obligatoire (au dĂ©triment de l’occitan notamment) pour les Ă©lĂ©ments relatifs aux biens et services : offre, prĂ©sentation, publicitĂ©, mode d’emploi ou d’utilisation, l’étendue et les conditions de garantie, ainsi que dans les factures et quittances. Les mĂȘmes rĂšgles s’appliquent Ă  toutes informations ou prĂ©sentations de programmes de radiodiffusion et de tĂ©lĂ©vision (cette loi est aujourd’hui abrogĂ©e).
  • 1979 : crĂ©ation de la premiĂšre Ă©cole Calandreta Ă  Pau.
  • 1990 : L’occitan aranais est officiel sur le territoire du Val d'Aran, en Catalogne[129].
  • 1992 : crĂ©ation du CAPES d’occitan-langue d’oc (concours de recrutement) et premiers paiements d’enseignants d’occitan (France).
  • 1992 : Modification de l’article 2 de la Constitution française : « La langue de la RĂ©publique est le français Â».
  • 1993 : Projet de loi Tasca adoptĂ© par le gouvernement. Il ne fut pas prĂ©sentĂ© au Parlement Ă  cause du changement de majoritĂ©. Toutefois la loi Toubon en a repris l’essentiel.
  • 1994 : Loi Toubon : la langue française est la seule langue en France (au dĂ©triment des autres) de l’enseignement, du travail, des Ă©changes et des services publics. Il est prĂ©cisĂ© que cette loi ne s’oppose pas Ă  l’usage des langues rĂ©gionales de France, mais cette disposition est floue et ne constitue pas une protection rĂ©elle.
  • 1999 : L’occitan fait partie des langues protĂ©gĂ©es par la loi sur les minoritĂ©s linguistiques en Italie.
  • 2004 : RĂ©duction drastique du nombre de nouveaux postes d’enseignants d’occitan en France.
  • 2005 : Publication d’une terminologie commune occitan/catalan sur des thĂšmes scientifiques ou technologiques.
  • 22 octobre 2005 : Manifestation de plus de 12 000 personnes Ă  Carcassonne pour la reconnaissance de la langue.
  • 2006 : L’occitan a le statut de langue co-officielle des Jeux Olympiques d’hiver de Turin (anglais, français, italien et occitan).
  • 18 juin 2006 : L’occitan devient une langue co-officielle avec le catalan sur tout le territoire de la Catalogne (Espagne)[130]
  • 17 mars 2007 : Manifestation de plus de 20 000 personnes Ă  BĂ©ziers pour la reconnaissance de la langue et la culture occitane.
  • 10 dĂ©cembre 2007 : le conseil gĂ©nĂ©ral du dĂ©partement des PyrĂ©nĂ©es-Orientales a approuvĂ© la "Charte en Faveur du catalan" qui concerne aussi l'occitan[131].
  • 20 dĂ©cembre 2007 : le Conseil RĂ©gional Midi-PyrĂ©nĂ©es adopte un SchĂ©ma RĂ©gional de DĂ©veloppement de l'Occitan.
  • 23 juillet 2008 : introduction de l'Article 75-1 dans la Constitution française: « Les langues rĂ©gionales appartiennent au patrimoine de la France. Â»
  • 9 juillet 2009 : le Conseil rĂ©gional de RhĂŽne-Alpes vote une dĂ©libĂ©ration ReconnaĂźtre, valoriser, promouvoir l'occitan et le francoprovençal, langues rĂ©gionales de RhĂŽne-Alpes [132]
  • 22 septembre 2010 : l'occitan obtient le statut de langue officielle en Catalogne[133].

L’apogĂ©e de la culture occitane

L’occitan fut la langue culturelle du sud de la France pendant toute la pĂ©riode mĂ©diĂ©vale, tout particuliĂšrement avec les troubadours (« celui qui trouve Â», de trobar, « trouver Â» en occitan). Les troubadours ont inventĂ© l’amour courtois en rĂ©pandant l’idĂ©e novatrice de fidĂ©litĂ© Ă  la dame plutĂŽt qu’au seigneur. Leurs valeurs et idĂ©ologie de la fin'amor, de la cortezia et de la conviviença se sont rapidement propagĂ©e dans toute l’Europe[134]. Ainsi, ils donnent le ton aux cours europĂ©ennes aprĂšs les temps tristes qui ont suivi les invasions barbares et crĂ©ent le style de vie raffinĂ© des cours seigneuriales. TĂ©moin le fait que la littĂ©rature en occitan fut plus fournie que les autres langues romanes au dĂ©but du Moyen Âge[135], mĂȘme si plusieurs langues ont connu une forme Ă©crite Ă  peu prĂšs Ă  la mĂȘme Ă©poque. L'alphabet portugais fĂ»t crĂ©Ă© sur la base de l'alphabet occitan. Il ne comprend que 23 lettres latines: le K, le W, le Y n'existent pas, sauf dans les mots d'origine Ă©trangĂšre. Les digrammes "nh" et "lh" sont utilisĂ©s[136].

  • Dante et l'occitan

Au Moyen Âge, Dante, avec son Ɠuvre De vulgari eloquentia[137] (1303-1305) a permis la diffusion du terme de « lingua d’oco Â» (Langue d'Òc). Il opposait l’appellation la langue d’oc (l'occitan) Ă  la langue d'oĂŻl (le français et ses dialectes) et Ă  la langue de si (l’italien, sa langue maternelle). Il se basait sur la particule servant Ă  l’affirmation : dans la premiĂšre, « oui Â» se disait ĂČc en ancien occitan et en ancien catalan, mais oĂŻl en ancien français, et sĂ­ dans les dialectes italiens. Les trois termes viennent du latin : hoc est (c'est ceci) pour le premier, illud est (c'est cela) pour le second et sic est (c'est ainsi) pour le troisiĂšme.

Un des passages les plus notables dans la littĂ©rature occidentale est le 26e chant en parallĂšle au Purgatoire de Dante, dans lequel le troubadour Arnaut Daniel rĂ©pond au narrateur en occitan : « Tan m’abellis vostre cortĂ©s deman, / qu’ieu no me puesc ni voill a vos cobrire. / Ieu sui Arnaut, que plor e vau cantan; / consiros vei la passada folor, / e vei jausen lo joi qu’esper, denan. / Ara vos prec, per aquella valor / que vos guida al som de l’escalina, / sovenha vos a temps de ma dolor Â».

La décadence de la langue

Sous la monarchie

Le dĂ©clin de l’occitan comme langue administrative et littĂ©raire dure de la fin du XVe au XIXe siĂšcle. L’occitan n’a cessĂ© de perdre son statut de langue savante. Au cours du XVIe siĂšcle, la graphie prĂ©cĂ©demment en usage tombe dans l’oubli (ce qu’a accentuĂ© l’ordonnance de Villers-CotterĂȘts qui impose l’usage administratif du français) . Pierre Bec (op. cit.) prĂ©cise qu’en 1500 encore la prononciation et la graphie correspondaient mais qu’en 1550 le divorce est consommĂ©. En 1562, le duc de Savoie donne l’ordre aux notaires du ComtĂ© de Nice de rĂ©diger dĂ©sormais leurs actes en italien. À partir de ce moment-lĂ , prolifĂšrent des graphies patoisantes prenant pour rĂ©fĂ©rence les langues officielles.

La langue du roi de France finira par s’imposer dans tout le pays dans l’oral (anciennes provinces occitanophones comme le Poitou, la Saintonge ou les Charentes, la Marche et la Basse-Auvergne, ainsi qu’une partie de RhĂŽne-Alpes). Elle s’imposera seulement dans les Ă©crits administratifs et juridiques ailleurs (rĂ©gions actuellement occitanophones).

Colbert en 1666:

« Pour accoutumer les peuples Ă  se plier au roi, Ă  nos mƓurs, et Ă  nos coutumes, il n’y a rien qui puisse plus y contribuer que de faire en sorte que les enfants apprennent la langue française, afin qu’elle leurs devienne aussi familiĂšre que les leurs, pour pouvoir pratiquement si non abroger l’usage de celles-ci, au moins avoir la prĂ©fĂ©rence dans l’opinion des habitants du pays[138]. Â»

Pendant la RĂ©volution

La RĂ©volution française confirmera cette tendance, car les jacobins, pour favoriser l’unitĂ© nationale, imposeront le français comme seule langue officielle, ce qui n’empĂȘchera pas la langue d’oc de rester la langue parlĂ©e, voire d’ĂȘtre utilisĂ©e par les rĂ©volutionnaires pour propager plus efficacement leurs thĂšses[139].

Citations de l’AbbĂ© GrĂ©goire en 1793 :

« L’unitĂ© de la RĂ©publique commande l’unitĂ© d’idiome et tous les Français doivent s’honorer de connaĂźtre une langue (Nota : le français) qui dĂ©sormais, sera par excellence celle des vertus du courage et de la libertĂ©[138]. Â»

« Il serait bien temps qu’on ne prĂȘchĂąt qu’en français, la langue de la raison. Nous ne voyons pas qu’il y ait le plus petit inconvĂ©nient Ă  dĂ©truire notre patois, notre patois est trop lourd, trop grossier. L’anĂ©antissement des patois importe Ă  l’expansion des LumiĂšres, Ă  la connaissance Ă©purĂ©e de la religion, Ă  l’exĂ©cution facile des lois, au bonheur national et Ă  la tranquillitĂ© politique[138]. Â»

« NĂ©anmoins la connaissance et l’usage exclusif de la langue française sont intimement liĂ©s au maintien de la libertĂ© Ă  la gloire de la RĂ©publique. La langue doit ĂȘtre une comme la RĂ©publique, d’ailleurs la plupart des patois ont une indigence de mots qui ne comporte que des traductions infidĂšles. Citoyens, qu’une saine Ă©mulation vous anime pour bannir de toutes les contrĂ©es de France ces jargons. Vous n’avez que des sentiments rĂ©publicains : la langue de la libertĂ© doit seule les exprimer : seule elle doit servir d’interprĂšte dans les relations sociales[138]. Â»

Actions de la presse

La langue, malgrĂ© quelques tentatives littĂ©raires au XVIe siĂšcle, ne survit plus que dans les usages populaires rarement Ă©crits et ce jusqu’au XIXe siĂšcle avec le renouveau du FĂ©librige. Les mĂ©dias occitans deviennent eux-mĂȘmes d’ardents adversaires de l’occitan :

« Ce malheureux baragouin (Nota : l’occitan) qu’il est temps de proscrire. Nous sommes Français, parlons français[138]. Â»

— un lecteur de L’Écho du Vaucluse, 1828

« Le patois porte la superstition et le sĂ©paratisme, les Français doivent parler la langue de la libertĂ©[138]. Â»

— La Gazette du Midi, 1833

« DĂ©truisez, si vous pouvez, les ignobles patois des Limousins, des PĂ©rigourdins et des Auvergnats, forcez les par tous les moyens possibles Ă  l’unitĂ© de la langue française comme Ă  l’uniformitĂ© des poids et mesures, nous vous approuverons de grand cƓur, vous rendrez service Ă  ses populations barbares et au reste de la France qui n’a jamais pu les comprendre[138]. Â»

— Le Messager, 24 septembre 1840

Sous la RĂ©publique : l'Ă©cole, l'administration et l'armĂ©e

L’occitan restera pour une grande majoritĂ© la seule langue parlĂ©e par la population jusqu’au dĂ©but du XXe siĂšcle. À cette Ă©poque, l’école (avant, pendant et aprĂšs la TroisiĂšme RĂ©publique) joue un grand rĂŽle dans la disparition de l’usage oral de la langue occitane. AprĂšs les Lois Jules Ferry, si l’école devient gratuite et obligatoire pour tous, elle continue de causer un recul important de l’occitan par le biais d’une politique de dĂ©nigrement et de culpabilisation des personnes parlant les autres langues que le français. La rĂ©pression de l’utilisation de la langue au sein de l’école est trĂšs importante et consiste principalement Ă  humilier les patoisants en leur donnant un signe distinctif. Le terme de patois est d’ailleurs contestable car pĂ©joratif[140]. Il a eu pour but de faire oublier que l’occitan est une vĂ©ritable langue et de faire croire que l’utilisation du patois Ă©tait obscurantiste[141] car supposĂ©e non universelle.

« Le patois est le pire ennemi de l’enseignement du français dans nos Ă©coles primaires. La tĂ©nacitĂ© avec laquelle dans certains pays, les enfants le parlent entre eux dĂšs qu’ils sont libres de faire le dĂ©sespoir de bien des maĂźtres qui cherchent par toutes sortes de moyens, Ă  combattre cette fĂącheuse habitude. Parmi les moyens il en est une que j’ai vu employer avec succĂšs dans une Ă©cole rurale de haute Provence
 Le matin, en entrant en classe, le maĂźtre remet au premier Ă©lĂšve de la division supĂ©rieure un sou marquĂ© d’une croix faite au couteau
 Ce sou s’appelle : le signe. Il s’agit pour le possesseur de ce signe (le « signeur Â» comme disent les Ă©lĂšves) de se dĂ©barrasser du sou en le donnant Ă  un autre Ă©lĂšve qu’il aura surpris prononçant un mot de patois. Je me suis pris Ă  rĂ©flĂ©chir au sujet de ce procĂ©dé  C’est que je trouve, Ă  cĂŽtĂ© de rĂ©els avantages, un inconvĂ©nient qui me semble assez grave. Sur dix enfants, je suppose qui ont Ă©tĂ© surpris Ă  parler patois dans la journĂ©e, seul le dernier est puni. N’y a-t-il pas lĂ  une injustice ? J’ai prĂ©fĂ©rĂ©, jusque-lĂ , punir tous ceux qui se laissent prendre [
][138]. Â»

— Correspondance gĂ©nĂ©rale de l’Inspection primaire, 1893

« Je considĂšre qu’un enseignement du dialecte local ne peut ĂȘtre donnĂ© qu’en proportion de l’utilitĂ© qu’il offre pour l’étude et pour la connaissance de la langue nationale[138]. Â»

— LĂ©on BĂ©rard, Ministre de l’Instruction publique, dĂ©cembre 1921

Mutations sociales et démographiques

Les changements sociaux du dĂ©but du XIXe siĂšcle et du XXe siĂšcle sont aussi Ă  l’origine de la dĂ©prĂ©ciation de la langue. Avec la rĂ©volution industrielle et l’urbanisation, ne parler que l’occitan constituait un handicap pour accĂ©der Ă  des postes importants. De nombreux parents ont alors choisi ou Ă©tĂ© contraints de ne parler que le français Ă  leurs enfants. Pourtant, pour eux-mĂȘmes, le français Ă©tait la langue de l’école[142] et de l’administration, mais ce n’était pas leur langue maternelle.

L'occitan n'a pas non plus été la langue d'acculturation des migrants sur le territoire occitan[143] qui ont contribué "à diminuer le potentiel des emplois de l'occitan[144]

Formes modernes d'anti-occitanisme

Les adversaires de l’occitan existent encore aujourd’hui, sous diverses formes, en voici quelques citations caricaturales :

« Avec 4000 francs je pourrais acheter une mitraillette et en finir avec l’occitan[138]. Â»

— Le principal adjoint d’un collĂšge de la banlieue toulousaine, annĂ©es 1990

« Le nissart est inutile parce que les Niçois parlent trĂšs bien le français. Â»

— Un maire des Alpes-Maritimes annĂ©es 1990[138]

« Notre vision des « langues Â» et des « cultures Â» rĂ©gionales, aseptisĂ©e, baigne dans la niaise brume des bons sentiments Ă©colo-folkloriques et se nourrit d’images d’un passĂ© revisité  Ce ne peut ĂȘtre un objectif national. En proposant aux jeunes gĂ©nĂ©rations un retour Ă  des langues qui n’ont survĂ©cu que dans les formes parlĂ©es, pour l’essentiel privĂ©es de l’indispensable passage Ă  la maturitĂ© que donne la forme Ă©crite, littĂ©raire, philosophique, croit-on sĂ©rieusement leur offrir un avenir de travail, d’insertion sociale, de pensĂ©e[138]? Â»

— DaniĂšle Sallenave, Partez, briseurs d’unitĂ© !, Le Monde, 3 juillet 1999

Les renaissances de la langue

PremiĂšre renaissance

Alors que la langue semble fortement attaquĂ©e, diffĂ©rents mouvements de dĂ©fense de la littĂ©rature occitane voient le jour dans la pĂ©riode 1650-1850, et prĂ©parent l’avĂšnement du FĂ©librige. La reconnaissance de la littĂ©rature occitane peut ĂȘtre attribuĂ©e, notamment, Ă  l’agenais Jacques BoĂ© (dit Jasmin) et au nimois Jean Reboul. Pierre Bec[3] distingue les mouvements suivants :

  • Le mouvement savant

AprĂšs l’oubli des troubadours, ceux-ci connaissent dans la deuxiĂšme moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle un renouveau d’intĂ©rĂȘt. Dans les cercles aristocratiques mĂ©ridionaux, on remet en cause la prĂ©tendue suprĂ©matie littĂ©raire du français. On assiste Ă  une recherche linguistique et littĂ©raire. On retrouve le goĂ»t romantique pour le Moyen Âge. Le folklore, les romans et les contes champĂȘtres prĂ©sentent de l’intĂ©rĂȘt. Les historiens travaillent sur la « croisade des Albigeois Â» et sur l’histoire du Midi.

  • Le mouvement ouvrier

« Apelavam ma lenga una lenga romana Â». Ce vers est la jonction de deux courants de l’occitan renaissant. L’un : la « langue Â» : son « patois Â» quotidien ; l’autre : la « lenga romana Â» est une marque d’érudition. Le patois est vu comme une langue d’un rang trĂšs haut. L’amour pour le peuple et ses misĂšres est chantĂ© par Victor GĂ©lu.

  • Le mouvement bourgeois et esthĂšte

A contrario des « savants Â» qui sont tournĂ©s vers le passĂ© dans un sens de recherches Ă©rudites et des « ouvriers Â» qui mettent en avant leurs dynamisme de prolĂ©taires, les poĂštes bourgeois (ou de petite noblesse) se situeront entre les deux. Le mouvement est plus amateur, mais avec une grande passion pour la langue.

  • La recherche scientifique sur la langue d'oc

Le Dr Honnorat comprit la nĂ©cessitĂ© de plus de rĂ©alisme linguistique. La langue avait perdu sa codification orthographique et morphologique. L’indiscipline dans la grammaire ou la graphie Ă©tait mĂȘme revendiquĂ©e dans le mouvement ouvrier. Honnorat publia son dictionnaire provençal-français dĂšs 1840. C’est un prĂ©curseur qui redonna Ă  l’occitan sa dignitĂ© et sa cohĂ©rence.

Seconde renaissance

Une premiĂšre tentative de retour Ă  une norme graphique a lieu au XIXe siĂšcle : elle est conçue par Joseph Roumanille et popularisĂ©e par FrĂ©dĂ©ric Mistral. La seconde renaissance littĂ©raire de la langue s’est faite au XIXe siĂšcle sous la conduite du FĂ©librige. À cette Ă©poque la langue est essentiellement utilisĂ©e par le peuple rural. Mistral et ses confrĂšres du FĂ©librige ont redonnĂ© du prestige Ă  la langue, en lui donnant une norme et des Ɠuvres littĂ©raires. Leur action a parfois Ă©tĂ© mĂȘlĂ©e d’une volontĂ© politique. Les fĂ©libres ont dit : « une nation qui n’a qu’une littĂ©rature, une nation qui dĂ©truit les langues pĂ©riphĂ©riques, c’est une nation indigne de son destin de nation Â». L’occitan, sous sa forme provençale et sa graphie avignonnaise, a Ă©tĂ© diffusĂ© bien plus loin que les frontiĂšres de l’occitanophonie. Encore aujourd’hui la littĂ©rature mistralienne est Ă©tudiĂ©e dans des pays comme le Japon ou en Scandinavie. Mistral est le seul auteur uniquement occitanophone Ă  avoir Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© pour son Ɠuvre au plus haut point, il a reçu le prix Nobel de littĂ©rature. La rĂ©forme linguistique mistralienne trouva son meilleur ouvrier dans Auguste FourĂšs de Castelnaudary (1848-1891) qui, dans ses divers recueils poĂ©tiques, l’acclimata en Languedoc. Plus tard, d’autres Ă©crivains du Languedoc ou du Limousin Joseph Roux (1834-1905), Antonin Perbosc (1861-1944), Prosper Estieu (1860-1939), tentent d’unifier la langue. Ils ont restaurĂ© la graphie classique et ont dĂ©barrassĂ© la langue de gallicismes. Le systĂšme Perbosc-Estieu devient la base de la graphie de l’occitan « moderne Â». Le lexicographe et grammairien Louis Alibert, soutenu par les catalans, publie, entre 1935 et 1937, Ă  Barcelone : la Gramatica occitana segĂłn los parlars lengadocians. Il perfectionne l’écrit pour Ă©tablir la graphie classique inspirĂ©e de la norme ancienne et adaptĂ©e Ă  la langue moderne.

« [
] Fraires de Biarn e de Gasconha, de LengadĂČc e de Provença, es vuei un mĂ ger eveniment que se complĂ­s dins lo miegjorn, onte d’una marina a l’autra, de la mar verda a la mar bluia, la lenga d’Òc reviscolada renosa son brancum sus dos cents lĂšgas de paĂ­s. E nos es una fiĂšra jĂČia de vĂšire reĂŒssida aquela adjuracion que vos fasiĂĄn, i a quaranta ans. Â»
    â€” FrĂ©dĂ©ric Mistral, discours prononcĂ© le 27 mai 1901 Ă  Pau, [145]

Traduction:

« [
] FrĂšres de BĂ©arn et de Gascogne, de Languedoc et de Provence, c'est aujourd'hui un Ă©vĂ©nement majeur qui s'accomplit dans le midi, oĂč, d'un littoral Ă  l'autre, de l'ocĂ©an Ă  la MĂ©diterranĂ©e, la langue d'Oc ravivĂ©e renoue ses ramifications sur deux cents lieues du pays. Et cela est pour nous une grande joie et une grande fiertĂ© de voir rĂ©ussie cette adjuration que nous vous faisions , il y a quarante ans... Â»

— FrĂ©dĂ©ric Mistral

Exemples de graphie occitane classique

Lecture et prononciation de la graphie dĂ©coulant de la norme classique de l'occitan :

  • « a Â» final atone : le plus souvent [o], [oe] mais [a] Ă  Nice, Orange, Pontacq et dans les Alpes (exemple : Niça)
  • « o Â» = [ou] français (exemple : lo solĂšu)
  • « ĂȠ» = [o] ouvert français, parfois [oua], [ouo] selon les rĂ©gions
  • « nh Â» = [gn] français (exemple : la montanha)
  • « lh Â» = [ill] français (exemple : la filha)

Époque contemporaine

MalgrĂ© une pĂ©riode de forte dĂ©valorisation de la langue (voir le chapitre sur la dĂ©cadence), de nouveaux auteurs voient le jour :

  • Max Rouquette (1908-2005) a jouĂ© un rĂŽle irremplaçable dans le maintien de la culture occitane et dans sa revivification profonde. Il a Ă©tĂ© traduit aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, puis plus tard il traduisit lui-mĂȘme ses Ɠuvres en français. La ComĂ©die-Française lui rend aujourd’hui hommage.
  • Bernard Manciet, (1923-2005), diplomate et entrepreneur gascon, est un des poĂštes paradoxaux les plus considĂ©rables.
  • Robert Lafont (1923-2009), universitaire (linguiste et historien de la littĂ©rature d’oc), poĂšte, dramaturge, romancier et essayiste.
  • Pierre Bec (1921), spĂ©cialiste de langue et littĂ©rature d’oc et Ă©crivain, a publiĂ© en 1997 Le SiĂšcle d’or de la poĂ©sie gasconne (1550-1650).
  • Max-Philippe DelavouĂ«t (1920-1990) est un poĂšte provençal.
  • Jean Boudou (1920-1975) est un romancier, un conteur et un poĂšte qui a Ă©crit toute son Ɠuvre en occitan. Son nom en occitan est Joan Bodon.
  • Marcelle Delpastre (1925-1998) est une grande poĂšte limousine, paysanne de profession, qui Ă©crivit une oeuvre trĂšs importante, en occitan et en français.

En 1931-39, l’autonomie acquise par la Catalogne, qui soutient l’occitanisme, redonna un coup de fouet au dynamisme occitan.

L’IEO (Institut d’Estudis Occitans) Ɠuvre depuis 1945 pour la dĂ©fense et la promotion de la langue occitane. Son action est responsable en grande partie de la sauvegarde et du dĂ©veloppement de l’occitan. Il intervient dans : - la recherche - les Ă©tudes, colloques et publications - la promotion de l’enseignement de l’occitan - la formation : stages, rencontres d’été  - les centres de vacances jeunesse - les arts plastiques : expositions - la musique - l’édition : l’IEO est le plus gros Ă©diteur de langue d’oc avec ses collections : prose, poĂ©sie, vulgarisation, livres pour les enfants
 De plus, les sections rĂ©gionales et dĂ©partementales de l’IEO, les Cercles occitans locaux participent Ă  l’animation et Ă  la vie culturelle du pays. Si on prend le cas du Cantal, on peut citer des auteurs comme FĂ©lix Daval, TerĂ©sa Canet, Daniel BrugĂšs ou Joan Fay qui ont publiĂ© de nombreux textes tant dans les revues que dans des livres personnels.

En 1951, la loi Deixonne autorise l’enseignement de l’occitan dans les Ă©tablissements scolaires en France. Cette loi sera complĂ©tĂ©e ensuite par la crĂ©ation d’un CAPES (Certificat d’aptitude pĂ©dagogique Ă  l’enseignement secondaire) d’occitan en 1991, bien que le nombre de postes proposĂ©s soit en dessous des besoins et de la demande.

Période récente

Statut actuel de l’occitan

22 octobre 2005 : Manifestation de plus de 12 000 personnes Ă  Carcassonne pour la reconnaissance de la langue.
  • France :
    • Le français est la seule langue officielle mais l'article 75-1 de la Constitution reconnait que « Les langues rĂ©gionales appartiennent au patrimoine de la France Â». Avant cela, l’État français avait modifiĂ© l’article 2 de la Constitution en 1992 pour affirmer que « La langue de la RĂ©publique est le français Â». Cet article est utilisĂ© (Conseil constitutionnel, Conseil d’État) pour favoriser le français au dĂ©triment des autres langues, contre les langues Ă©trangĂšres (notices commerciales en français, etc.) mais Ă©galement contre les langues minoritaires françaises (langues rĂ©gionales). Ainsi, la France a signĂ© mais n’a pas ratifiĂ© la Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires aprĂšs avis contraire du conseil constitutionnel. De nombreux politiciens français sont toujours opposĂ©s Ă  cette ratification car ils y voient une atteinte Ă  l’identitĂ© rĂ©publicaine française[146].
    • Seul l’emploi du français est permis dans les tribunaux, sauf cas de force majeure pour de rares sujets monolingue occitan, bientĂŽt disparus.
    • La mise en place du Code de l’éducation a aussi rĂ©duit les possibilitĂ©s offertes par la loi Deixonne, qui a Ă©tĂ© remplacĂ©e par cette loi: voir la politique des langues rĂ©gionales et minoritaires (lois sur les langues rĂ©gionales, enseignement
)[147].
    • Dans certaines communautĂ©s de l’Occitanie, on retrouve un affichage bilingue incluant la variante locale de la langue occitane.
    • En 2005, 78 000 Ă©lĂšves apprenaient l'occitan dans les Ă©coles publiques[148] ainsi que 2100 dans les Ă©coles associatives Calandreta.
    • Ces derniĂšres annĂ©es deux grandes manifestations unitaires pour la langue occitane ont rassemblĂ© 12 000 personnes environ Ă  Carcassonne en octobre 2005 et octobre 2009 et 20 000 personnes environ Ă  BĂ©ziers en mars 2007. Des gens de toutes tendances politiques et de tous dialectes occitans ont ensemble rĂ©clamĂ© Ă  ces deux occasions une plus grande reconnaissance des pouvoirs publics pour la langue occitane, une prĂ©sence amplifiĂ©e de la langue dans les mĂ©dias publics et un accĂšs facilitĂ© Ă  l’apprentissage de la langue Ă  l’école publique.

Comparaison d'aides publiques pour les langues régionales en France[149]

RĂ©gion Langue Population Budget[150] Ratio par habitant
Aquitaine Basque 260 000 800 000€ 3,07€
Aquitaine Occitan 2 910 000 800 000€ 0,27€
Bretagne Breton 3 139 000 7 000 000€ 2,23€
Languedoc-Roussillon Occitan 2 594 000 2 800 000€ 1,07€
Midi-PyrĂ©nĂ©es (2009) Occitan 2 833 000 1 100 000€ 0,38€
Midi-PyrĂ©nĂ©es (2010) Occitan 2 833 000 1 350 000€ 0,48€
  • Monaco :
    • Le français est la seule langue officielle. Le monĂ©gasque (dialecte ligure) bĂ©nĂ©ficie d’un certain soutien de l’État. Le niçois serait quant Ă  lui compris ou parlĂ© par 15 % de la population[1].
  • Espagne :
    • L’occitan a un statut co-officiel en Catalogne au mĂȘme titre que le catalan et l’espagnol. La forme employĂ©e est celle de l’occitan utilisĂ© dans le Val d’Aran. C’est la cinquiĂšme langue constitutionnelle de l’Espagne.
    • Dans le prĂ©-scolaire, environ 60 % des Ă©lĂšves reçoivent la majeure partie de l’enseignement en occitan. Dans le primaire et le premier cycle du secondaire, l’enseignement de l’aranais est obligatoire dans tous les Ă©tablissements et tous les Ă©lĂšves reçoivent une partie de l’enseignement en aranais. Les Ă©lĂšves ĂągĂ©s de 10 ans et plus suivent des cours d’aranais Ă  raison de deux heures par semaine et Ă©tudient certaines matiĂšres, dont les sciences sociales, en aranais. Dans le dernier cycle du secondaire et la formation technique, bien que les Ă©lĂšves suivent de maniĂšre obligatoire des cours d’aranais, l’introduction de cette langue comme moyen d’enseignement est moins avancĂ©e qu’aux Ă©chelons infĂ©rieurs. Il n’y a pas d’enseignement supĂ©rieur en occitan faute d’établissement de ce niveau en Val d’Aran.
  • Italie :
    • Le parlement italien a adoptĂ© en 1999 une loi destinĂ©e aux minoritĂ©s linguistiques du pays : loi du 15 dĂ©cembre 1999, n° 482, « Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche Â», en français : « Normes en matiĂšre de protection des minoritĂ©s linguistiques historiques Â»[151]. L’article 2 de la loi est explicite, car il Ă©numĂšre les minoritĂ©s touchĂ©es par la loi : y sont compris les Occitans et les Catalans. En vertu de l’article 6 de la Constitution et en harmonie avec les principes gĂ©nĂ©raux Ă©tablis par les organisations europĂ©ennes et internationales, la RĂ©publique protĂšge la langue et la culture des populations albanaise, catalane, autrichienne, grecque, slovĂšne et croate, et de celles qui parlent le français, le francoprovençal, le frioulan, le ladin, l’occitan et le sarde.
    • Sur le plan rĂ©gional, les autoritĂ©s du PiĂ©mont accordent un soutien financier limitĂ© aux associations occitanes de promotion et dĂ©fense de l’occitan.
  • Union europĂ©enne :
    • La langue occitane n’est pas reconnue comme langue officielle. En effet, les trois pays europĂ©ens concernĂ©s n’ont pas officialisĂ© leurs langues rĂ©gionales au niveau de l’Europe. Ces langues ne sont pas des langues officielles de travail et l’occitan a seulement un statut de langue rĂ©gionale et minoritaire.

Utilisation

80 % des habitants de la zone linguistique occitane interrogĂ©s (locuteurs ou pas de la langue) sont favorables Ă  l’enseignement de l’occitan. Cependant le nombre de postes offerts par l’administration est trĂšs en deçà des besoins exprimĂ©s[152].

Les deux tiers des sondĂ©s considĂšrent que la langue est plutĂŽt sur le dĂ©clin[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le dĂ©clin est aussi soulignĂ© par les institutions europĂ©ennes. Tout comme l’UNESCO qui classe les dialectes occitans comme Ă©tant "sĂ©rieusement en danger" de disparition, exceptĂ© pour le gascon et le vivaro-alpin qui sont classĂ©s uniquement "en danger"[153].

Ce dĂ©clin est peut-ĂȘtre l’explication au fait que seulement 5 % de la population occitanophone active de France (12 % en Aquitaine) ne transmette sa langue Ă  ses descendants. Ce taux de transmission est trĂšs faible, bien qu’il soit meilleur que pour d’autres langues rĂ©gionales de France (exemples : breton, francoprovençal
). Cependant, une jeune gĂ©nĂ©ration qui se rĂ©-occitanise est apparue. Cette gĂ©nĂ©ration est principalement d’origine rurale, ou issue de milieux cultivĂ©s ayant effectuĂ© des Ă©tudes supĂ©rieures. Le nombre d’élĂšves suivant un enseignement en occitan (hors catalan) est de 71 912 personnes pour l'annĂ©e scolaire 2000/2001 .

Certaines rĂ©gions (Languedoc-Roussillon, Midi-PyrĂ©nĂ©es, la Provence-Alpes-CĂŽte d’Azur et l'Aquitaine) ont dĂ©veloppĂ© une politique en faveur de la langue et de la culture d’oc. Cela consiste Ă  donner des aides pour l’enseignement, les mouvements culturels, les publications, Ă  soutenir les Ă©missions de tĂ©lĂ©vision en occitan (magazines, journaux d’informations sur la tĂ©lĂ©vision publique (France 3), web-tv) et Ă  favoriser l’emploi en public de l’occitan.

La rĂ©alitĂ© occitane est une part constitutive de la culture europĂ©enne. Elle est reconnue et Ă©tudiĂ©e comme telle dans les universitĂ©s Ă©trangĂšres : en Allemagne, aux États-Unis, en Scandinavie, au Japon mĂȘme
 L’occitan est Ă©tudiĂ© dans des universitĂ©s du monde entier dans le cadre des Ă©tudes des langues romanes. La langue et culture occitanes peuvent s’étudier Ă©galement un peu partout dans le monde, par exemple dans les universitĂ©s en[154] : Allemagne, Belgique, BrĂ©sil, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Pays-Bas, Roumanie et en Suisse.

En Catalogne espagnole, l’apprentissage de l’occitan est possible Ă  l’école (y compris hors de la zone occitanophone).

En France, elle a Ă©tĂ© longtemps refoulĂ©e par l’école, elle commence Ă  ĂȘtre reconnue dans l’enseignement officiel : cours d’occitan en options ou bilinguisme des Ă©coles calandretas. MĂȘme le gouvernement français, dans son rapport de 1998 sur les langues rĂ©gionales, reconnaĂźt aujourd’hui, que « l’occitan se caractĂ©rise par son extension gĂ©ographique, de loin la plus importante ramenĂ©e au territoire français, et par une production culturelle -en particulier littĂ©raire- au prestige certain, Ă  la fois trĂšs ancienne et vivace Â».

La principale difficultĂ© pour le dynamisme de la langue Occitane est le fait que bien souvent les Occitans eux-mĂȘmes ne sont pas conscients de la rĂ©alitĂ© occitane.

Développements récents

  • En fĂ©vrier 2004, le gouvernement a diminuĂ© le nombre de recrutement de professeurs enseignant l’occitan (diplĂŽmĂ©s du CAPES d’occitan). Cette diminution est la consĂ©quence d’une rĂ©duction budgĂ©taire. Le nombre de postes de CAPES d’occitan Ă©tait de dix-sept (plus un en Ă©cole privĂ©e) en 2002, treize en 2003 et de quatre postes pour 2004. Remy Pech, prĂ©sident de l’UniversitĂ© Toulouse le Mirail a dĂ©clarĂ© que c’est « en totale contradiction avec les objectifs de la dĂ©centralisation rĂ©publicaine annoncĂ©e par le gouvernement Â». Le Parti occitan considĂšre alors qu'il s'agit d'« une liquidation programmĂ©e de l’enseignement de l’occitan Â».
    • Alain Rainal de la FĂ©dĂ©ration des enseignants de langue et culture d’oc (FELCO) parle de liquidation de l’enseignement de l’occitan et donc de liquidation de la langue occitane. En effet, les postes de CAPES diminuent de 30% en moyenne; le CAPES d’occitan diminue, lui, de 71%. Selon lui, le gouvernement demande plus de solidaritĂ© aux plus pauvres, et demande moins aux plus riches. Il rajoute que les langues et cultures rĂ©gionales, c’est quelque chose de trĂšs important, un patrimoine inestimable. Donc cela mĂ©rite de ne pas ĂȘtre baissĂ©, mais au moins d’ĂȘtre laissĂ© au niveau d’avant. M. Rainal rajoute : que cette nouvelle est inquiĂ©tante pour l’enseignement de l’occitan bilingue ou trilingue. Les parents d’élĂšves savent qu’il y a une possibilitĂ© de valoriser professionnellement cette connaissance acquise. Le nombre de postes au concours se rĂ©duisant, il faudra passer un concours pour seulement quatre postes. Cela crĂ©e une grande difficultĂ© et n’accorde que peu de perspectives professionnelles[155].
  • mars 2004 : Occitan lenga e cultura olĂ­mpica
    • Les Jeux olympiques d'hiver 2006 de Turin se sont dĂ©roulĂ©s aussi dans des vallĂ©es occitanes du PiĂ©mont. La « Chambra d’Òc Â» ainsi que les institutions politiques de la province de Turin, les communautĂ©s de montagne (Val Pelis, Val Cluson, haute val Susa) et la commune de BardonĂšche avaient demandĂ© que l’occitan fasse partie des langues officielles des Jeux, demande qui n’a pas Ă©tĂ© suivie d’effet. Il y a eu de toute façon des manifestations publiques comme la prĂ©sentation du festival de Rodez par exemple[156].
  • mars 2004 : Journal TV en occitan
    • La BTV (Barcelona TelevisiĂł) diffuse chaque semaine un journal tĂ©lĂ©visĂ© en occitan appelĂ© « Inf’ĂČc Â». Ces Ă©missions de la tĂ©lĂ©vision catalane sont tantĂŽt en gascon, tantĂŽt en languedocien. La zone de diffusion couvre Barcelone, bien entendu, mais aussi GĂ©rone, Sant Cugat, MatarĂł.
  • juillet 2004 : Terminologie occitane et catalane commune
    • Les catalans et les occitans travaillent ensemble sur la terminologie. C’est ce qui a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en juillet lors d’une rĂ©union dans le Val d’Aran. Une convention a Ă©tĂ© passĂ©e entre l’Institut d’estudis catalans, l’Institut d’estudis occitans, le Conseil gĂ©nĂ©ral d’Aran et Termcat pour publier des lexiques en 2005. Quatre lexiques ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s dans les domaines des mathĂ©matiques, de la biologie, de l’écologie, de l’internet et de la tĂ©lĂ©phonie mobile. Termcat (organisme chargĂ© de travailler sur la terminologie du catalan) a proposĂ© de mettre son travail Ă  disposition. En effet, 90% du lexique catalan est directement applicable Ă  l’occitan. Ces lexiques, et ceux qui suivront, seront particuliĂšrement utiles aux enseignants : de l’école primaire jusqu’au lycĂ©e, et mĂȘme au-delĂ .
    • Le dictionnaire en ligne est disponible depuis novembre 2009. La terminologie du secteur de la sociĂ©tĂ© de l'information est en occitan, catalan, espagnol, français et anglais Termcat.
  • mars 2005 : Nouveau statut pour le Val d’Aran
    • Le Conseil gĂ©nĂ©ral d’Aran a demandĂ© un nouveau statut Ă  la rĂ©gion de Catalogne en Espagne. Ce statut lui permettrait d’avoir des compĂ©tences propres afin de nĂ©gocier des accords avec les rĂ©gions occitanes de France. De plus, le Conseil gĂ©nĂ©ral gĂ©rerait lui-mĂȘme les actions concernant la langue et la culture aranaises. Par ailleurs, une demande de co-officialitĂ© de l’occitan et du catalan dans toute la rĂ©gion a Ă©tĂ© formulĂ©e. Ceci aurait pour consĂ©quence de faire reconnaĂźtre l’occitan comme une des langues officielles de l’Espagne.
    • Le 30 septembre 2005, le parlement catalan a adoptĂ© Ă  la majoritĂ© absolue le projet de nouveau statut d’autonomie de la Catalogne. Le nouveau statut reconnait dans son article 9.5 l’officialitĂ© (dans toute la Catalogne) de « la langue occitane, dite aranĂšs dans le Val d’Aran Â». La reconnaissance de Val d’Aran dans le Statut aussi a Ă©tĂ© soutenu par les partis ERC et ICV-EUiA, alors que le PP Catalan Ă©tait partisan de reconnaĂźtre dans le Statut la singularitĂ© d’Aran, mais en aucun cas de se rĂ©fĂ©rer Ă  ce territoire comme une « rĂ©alitĂ© nationale occitane Â». Le projet a reçu l’aval de Madrid pour que ce statut devienne loi. Le parlement espagnol avait notamment supprimĂ© le terme « nation Â» de l’article premier pour qualifier la Catalogne. Certains politiciens espagnols considĂšrent que le projet de nouveau statut est un pas vers la division de l’État et qu’il n’est donc pas conforme Ă  la Constitution.
    • Le 18 juin 2006, le rĂ©fĂ©rendum concernant le nouveau statut pour la Catalogne est largement approuvĂ© par la population catalane : plus de 70 % de votes favorables. Trois partis avaient appelĂ© Ă  voter « oui Â» : le Parti socialiste catalan (PSC, Ă  la tĂȘte du gouvernement rĂ©gional), les communistes et les verts d’Iniciativa per Catalunya (ICV, membre de la coalition gouvernementale) et les dĂ©mocrates-chrĂ©tiens de Convergencia i Unio (CiU). Les rĂ©publicains indĂ©pendantistes catalans d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) avaient appelĂ© Ă  voter « non Â», de mĂȘme que le Parti populaire (PP, droite centralisatrice). Les premiers reprochent au nouveau statut de ne pas reconnaĂźtre la Catalogne comme « nation Â» et de ne pas donner totale autonomie Ă  la rĂ©gion sur les impĂŽts, sur les ports et les aĂ©roports. Les seconds estiment que le texte accorde trop d’autogestion, notamment fiscale, Ă  la Catalogne et qu’il est « anticonstitutionnel Â».
    • Le Statut donne l’officialitĂ© Ă  l’aranais et considĂšre le Val d’Aran « rĂ©alitĂ© occitane Â». L’article 11, du nouveau statut dit : « Le peuple aranais exerce l’autogouvernement selon ce Statut par le Conselh Generau d’Aran (institution supĂ©rieure politique de la Val d’Aran) et les autres institutions propres Â». Le second paragraphe annonce : « Les citoyens de Catalogne et ses institutions politiques reconnaissent Aran comme une rĂ©alitĂ© occitane fondĂ©e sur sa spĂ©cificitĂ© culturelle, historique, gĂ©ographique et linguistique, dĂ©fendue par les Aranais au fil des siĂšcles Â». « Ce Statut reconnaĂźt, dĂ©fend et respecte cette spĂ©cificitĂ© et reconnaĂźt aussi Aran comme une entitĂ© territoriale singuliĂšre dans la Catalogne, qui est l’objet d’une protection particuliĂšre par le moyen d’un rĂ©gime juridique spĂ©cial Â». D’autre part, dans l’article 6, se rĂ©fĂ©rant aux langues de Catalogne, figure dans le nouveau Statut que « la langue occitane, appelĂ©e aranĂšs en Aran, est la langue propre et officielle de ce territoire est aussi officielle en Catalogne, en accord avec ce qu’établit ce Statut et les lois de normalisation linguistique Â»[157].
  • 23 juin 2005 : le dĂ©partement des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques adopte Ă  l’unanimitĂ© le schĂ©ma d’amĂ©nagement linguistique « iniciativa Â» en faveur de la langue bĂ©arnaise/gasconne/occitane [158].
  • 16 dĂ©cembre 2007 : Inauguration Ă  Toulouse de l'Ostal d'OccitĂ nia, gĂ©rĂ©e par une fĂ©dĂ©ration de 40 associations (aujourd'hui 60) rĂ©unies sous le nom de ConvergĂ©ncia occitana. Action culturelle et citoyenne pour la promotion de la langue et la culture occitanes.
  • Juillet/aoĂ»t 2007 : un service pour l’occitan sera crĂ©Ă© en Catalogne
  • Mai 2008 : les langues rĂ©gionales entrent dans la Constitution française
    • À l’occasion d’un dĂ©bat sur la modernisation des institutions, un amendement Ă  l’article 1 de la Constitution française qui prĂ©cise que les langues rĂ©gionales font partie du patrimoine de la RĂ©publique est adoptĂ© par l’AssemblĂ©e nationale. Le SĂ©nat refuse cet amendement.
  • Mai 2008 : crĂ©ation de l’AcadĂ©mie de la langue occitane
    • L’AcadĂ©mie de la langue occitane est fondĂ©e par un acte solennel Ă  Vielha, dans le Val d’Aran, le 25 mai 2008. Cette acadĂ©mie devrait commencer ses travaux d’ici la fin de l’annĂ©e 2008[160],[161].
  • 21 juillet 2008 : Les langues rĂ©gionales dans la constitution française.
    • Suite Ă  la rĂ©union du congrĂšs Ă  Versailles, la constitution française est modifiĂ©e. L'article 75-1 reconnaĂźt les langues rĂ©gionales comme appartenant au patrimoine de la France.
  • 9 juillet 2009 : Reconnaissance de l'occitan dans la rĂ©gion RhĂŽne-Alpes
    • À la suite Ă  un dĂ©bat au conseil rĂ©gional de la rĂ©gion RhĂŽne-Alpes l'occitan est reconnu aux cĂŽtĂ©s du francoprovençal langue rĂ©gionale de cette rĂ©gion.
  • 22 septembre 2010 : L'occitan, langue officielle en Catalogne. L’occitan, sous sa forme aranaise, a Ă©tĂ© reconnu comme langue officielle par le parlement catalan, avec 117 voix pour et 17 contre. L’aranais doit dĂ©sormais ĂȘtre la langue utilisĂ©e de maniĂšre gĂ©nĂ©rale dans le Val d'Aran par les organismes publics, dans les Ă©tablissements et programmes scolaires, Ă  la tĂ©lĂ©vision et Ă  la radio[162]. Dans le reste de la Catalogne, les locuteurs d'occitan ont le droit d'utiliser l'aranais lorsqu'ils s'adressent par Ă©crit aux instances du Gouvernement catalan, et d'exiger que celles-ci leur rĂ©pondent en aranais. De mĂȘme, toutes les lois du Parlement catalan devront dorĂ©navant ĂȘtre aussi publiĂ©es en aranais. Les textes de lois en version occitane auront avec un caractĂšre officiel. Par ailleurs, le Gouvernement favorisera la mise en place dans la rĂ©gion, d'Ă©tudes philologiques de la langue occitane et de contenus sur la rĂ©alitĂ© linguistique du territoire du Val d'Aran [163].
  • Novembre-dĂ©cembre 2010 : lancement d'une enquĂȘte sociolinguistique en Midi-PyrĂ©nĂ©es sur le mĂȘme modĂšle qu'en Aquitaine. Celle-ci concerne l'usage, les compĂ©tences ainsi que les reprĂ©sentations en occitan dans la rĂ©gion Midi-PyrĂ©nĂ©es[164].

Bibliographie

  • Voir aussi la bibliographie de l'article Occitanie.
  • Pierre Bec, Manuel pratique d’occitan moderne, Picard, 1973 (2e Ă©dition 1983)
  • Pierre Bec, La Langue occitane (PUF, Que sais-je ? n° 1059, 128 pages), 1963 (5me Ă©dition 1986, 6e Ă©dition corrigĂ©e janvier 1995)
  • Werner Forner, « Le mentonnais entre toutes les chaises ? Â» (Regards comparatifs sur quelques mĂ©canismes morphologiques), UniversitĂ© de Siegen in Lexique français-mentonnais, S.H.A.M., p. 11 Ă  23.

Voir aussi

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Articles connexes

Articles historiques et politiques

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ a, b, c, d et e (en) Editorial Team, « Monaco: Language Situation Â», dans Encyclopedia of Language & Linguistics (Second Edition), 2006, p. 230 [lien DOI] :

    « A further 15% of the population of Monaco speaks the Niçard (Niçois) variety of Provençal, which greatly influences the French of the Monegasque region. In fact, the Niçard-speaking community comprises mainly individuals of over 50 years of age, but Provençal is increasingly gaining status as a literary language. Â»

     .
  2. ↑ DiffĂ©rentes Ă©valuations selon les sources: voir #Locuteurs
  3. ↑ a et b Pierre Bec, La langue occitane, Paris, PUF, collection Que sais-je ?, 6e Ă©dition, 1995.
  4. ↑ Aucune norme littĂ©raire n’est d'ailleurs parvenue Ă  s’imposer, le provençal rhodanien de FrĂ©dĂ©ric Mistral, le languedocien littĂ©raire de Louis Alibert, le bĂ©arnais de Simin Palay et Michel Camelat ont regroupĂ© des adeptes, mais un plus grand nombre de crĂ©ations utilise les diffĂ©rents dialectes et parlers
  5. ↑ Antonio Viscardi, Le letterature d’Oc e d’Oil, Florence/Milan, 1967, p. 6 et 7 : « Sono, nella nuova Europa, i trovatori i «primi» che abbiano avuto il senso dell’arte pura, dell’arte per l’arte; i primi, insomma, che siano «letterati» nel senso moderno della parola. [
] Per questo, appunto, conta il moto trobadorico: per il magistero artistico che i trovatori esercitano nei riguardi di tutta l’Europa romana e germanica. [
] da essi muove tutta la tradizione letteraria dell’Europa moderna. Â»
  6. ↑ Article occitan dans le Larousse : « La langue se divise en trois grandes aires dialectales : le nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), l’occitan moyen, qui est le plus proche de la langue mĂ©diĂ©vale (languedocien et provençal au sens restreint), et le gascon (Ă  l’ouest de la Garonne). Â»
  7. ↑ Voir notamment Sylvain Soleil, L’ordonnance de Villers-CotterĂȘts, cadre juridique de la politique linguistique des rois de France ? (en ligne) [PDF].
  8. ↑ Un bon rĂ©sumĂ© de la question chez HervĂ© Lieutard, La conversion des occitanophones Ă  l’usage du français [PDF].
  9. ↑ L’Atlas des langues en danger de l’Unesco (en ligne) classe les six dialectes de l’occitan en danger (gascon, vivaro-alpin) ou sĂ©rieusement en danger (auvergnat, languedocien, limousin, provençal).
  10. ↑ Testament de Lancelot d'Orgemont, 1286, voir à l'article Occitanie
  11. ↑ Joseph Anglade, Histoire sommaire de la littĂ©rature mĂ©ridionale au Moyen Âge, 1921
  12. ↑ A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, tome II (F-PR), page 2427 : « Occitan (langue d’oc) : [...) Ce terme de "provençal", qui eut cours jusqu’au milieu du XXĂšme siĂšcle parmi les romanistes Â».
  13. ↑ Rapport de Monsieur Bernard Poignant au premier ministre sur les langues et cultures rĂ©gionales[PDF]‱ « L’occitan. Cette appellation a Ă©tĂ© retenue dans la nomenclature Ă©tablie par la loi Deixonne. Les acadĂ©mies concernĂ©es par l’enseignement de l’occitan sont les suivantes : Nice, Grenoble, Aix-Marseille, Clermont-Ferrand, Montpellier, Toulouse, Limoges, Bordeaux et, pour une faible partie, Poitiers. Cette langue est Ă©galement parlĂ©e et enseignĂ©e en Espagne (au Val d’Aran oĂč elle bĂ©nĂ©ficie d’un statut officiel) et dans un certain nombre de vallĂ©es italiennes des Alpes. Parmi les langues rĂ©gionales, l’occitan se caractĂ©rise par son extension gĂ©ographique, de loin la plus importante ramenĂ©e au territoire français, et par une production culturelle - en particulier littĂ©raire - au prestige certain, Ă  la fois trĂšs ancienne et vivace. Â»
  14. ↑ a, b et c Walther von Wartburg, La fragmentation linguistique de la Romania (trad. de l'allemand par Jacques Alliùres et George Straka), 1967
  15. ↑ MĂȘme l’Aquitaine a reçu des Protoceltes de civilisation hallstatienne, mais les Celtes de la civilisation de la TĂšne se sont installĂ©s sur les marges de la zone occupĂ©e par les Aquitains (Agen, Bordeaux, rives nord de la Garonne).
    • « L’apport gaulois (
) n’a modifiĂ© le peuplement de notre pays que dans le nord, l’est, le centre, Celtica-Belgica. Â» (Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France)
  16. ↑ a, b et c Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, pages 20-21
  17. ↑ Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane, t. 2 ; on trouve donc de grandes similitudes avec le français ou le castillan
  18. ↑ GĂ©o, juillet 2004, n° 305 - Occitanie au cƓur du Grand Sud, page 73
  19. ↑ MARTEL Philippe, « Qui parle occitan ? Â», Langues et citĂ©, 10, Paris, DGLFLF, 12/2007. [1]
  20. ↑ RĂ©fĂ©rences 2009: les Langues de France
  21. ↑ 2 048 310) d'aprĂšs (en) Fiche langue dans Ethnologue.com
  22. ↑ Aquitaine Sondage du Conseil RĂ©gional d’Aquitaine rĂ©alisĂ© par MĂ©dia Pluriel MĂ©diterranĂ©e en 1997[2]

    Pratiques et représentations de la langue occitane en Aquitaine- Décembre 1997

    Aquitaine Bordeaux (Bx) Dpt 33 Gironde (avec Bx, hors zone saintongeaise) Dpt 24 Dordogne Dpt 40 Landes Dpt 47 Lot-et-Garonne Dpt 64 Pyrénées-Atlantiques (hors Pays Basque)
    Comprend l’occitan 11% 27% 54% 48% 42% 41%
    Parle occitan 3% 13% 34% 28% 25% 22%


    Auvergne (enquĂȘte IFOP menĂ©e en juin 2006) :

    Auvergne
    Comprend l’occitan 61%
    Parle occitan 42%

    Languedoc-Roussillon (sondage rĂ©alisĂ© en 1991 par MĂ©dia Pluriel MĂ©diterranĂ©e – Montpellier) [3] :

    • Une personne sur deux comprend l’occitan
    • Une personne sur quatre sait parler occitan
    Languedoc-Roussillon
    Comprend l’occitan 48%
    Parle occitan 28%


    Val d’Aran (Catalogne) recensement 1991 [4] :

    Val d'Aran
    Comprend l’occitan 92,3%
    Parle occitan 60,9%


  23. ↑ Dossier. Langues en pĂ©ril. nÂș 486, 24/02-01/03/2000
  24. ↑ Des langues romanes, Jean-Marie Klinkenberg, Duculot, 1994, 1999, page 228 : Le nombre de locuteurs de l’occitan est estimĂ© tantĂŽt Ă  10 tantĂŽt Ă  12 millions. Le comptage est certes malaisĂ©, (
) mais en tout cas aucun chiffre avancĂ© ne descend jamais plus bas que 6 millions.
  25. ↑ Philippe Vigier, « Diffusion d'une langue nationale et rĂ©sistance des patois en France au XIXe siĂšcle Â», dans Romantisme, PersĂ©e, vol. 9, no 25-26, 1979, p. 201-203 [texte intĂ©gral, lien DOI] 
  26. ↑ A. Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, tome II (F-PR), page 2427.
  27. ↑ Collectif Prouvùnço
  28. ↑ Welcome to the Frontpage - OC ValĂ©ncia
  29. ↑ En fait, l’appellation romans n’est nullement spĂ©cifique Ă  l’occitan et se retrouve dans les autres langues que l’on continue Ă  dire romanes. Au Moyen Âge, on trouve respectivement les mots romanz en français, romanç en catalan, et romance en castillan, dĂ©signant la langue vulgaire issue du latin, par opposition au latin (et Ă  l’arabe dans la pĂ©ninsule IbĂ©rique) (cf. le Dictionnaire d’ancien français de R. Grandsaignes d’Hauterive, Ă©ditions Larousse, et le Diccionari catalĂ -valenciĂ -balear d’Antoni Maria Alcover et Francesc de B. Moll).
  30. ↑ SCHLIEBEN-LANGE Brigitte (1991): "Okzitanisch: Grammatikographie und Lexikographie", Lexikon der Romanistichen Linguistik V, 2: 105-126 (p. 111) — CitĂ© dans: MULJAČIĆ Ćœarko (1997) “PerchĂ© i glottonimi linguaggio italiano, lingua italiana (e sim.) appaiono per indicare ‘oggetti’ reali e non soltanto auspicati molto piĂč tardi di altri termini analoghi che si riferiscono a varie lingue gallo e ibero-romanze?”, Cuadernos de filologĂ­a italiana 4: 253-264
  31. ↑ GARDY Philippe (2001) "Les noms de l'occitan / Nommer l'occitan", in: BOYER Henri, & GARDY Philippe (2001) (dir.) Dix siùcles d’usages et d’images de l’occitan: des troubadours à l’Internet, coll. Sociolinguistique, Paris: L’Harmattan, p. 43-60.
  32. ↑ La prĂ©face du Dictionnaire languedocien-françois de l'abbĂ© Sauvages indique ainsi : « la premiĂšre de ces dĂ©nominations, ou celle de la Langue d'Oc, fut appliquĂ©e depui le milieu du XIII. siecle jusqu'Ă  Charles VII ; c'est-Ă -dire, pendant environ 300 ans, aux Provinces mĂ©ridionales de la France dont nos rois avoient nouvellement acquises et au langage qu'on y parloit. Cette mĂȘme dĂ©nomination prise au dernier sens est au fond synonyme de celle de Languedocien. (...) D'oĂč il rĂ©sulte que non seulement le Provençal, mais gĂ©nĂ©ralement tous les idiomes gascons de nos Provinces mĂ©ridionales, sont du ressort de ce dictionnaire ; & qu'ils viendront, tout naturellement, se ranger sous le titre qu'il porte... Â» Ce dictionnaire est accessible en ligne : http://www.archive.org/details/dictionnairelan00sauvgoog
  33. ↑ Par exemple, le dialecte gascon s'Ă©tend au-delĂ  des limites traditionnelles de la Gascogne
  34. ↑ a et b La langue occitane, Pierre Bec, Que sais-je, p.77
  35. ↑ La GĂ rdia : un laboratoire calabrais pour l’occitan de demain
  36. ↑ P. Monteleone, Per una identità di Guardia Piemontese tra dati demografici, riscontri, memorie e territorio, Le ragioni di una civiltà, a c. di A. Formica, Commune di Guardia Piemontese (1999)
  37. ↑ En provenance de la commune de Bobbio Pellice, ils fuyaient les persĂ©cutions religieuses
  38. ↑ EUROPA - Éducation et formation - Langues rĂ©gionales et minoritaires - Étude EuromosaĂŻc
  39. ↑ Le projet « langue occitane Â» sur le site de la commune San Sisto dei Valdesi
  40. ↑ Pressac, Availles-Limouzine, Millac, Mouterre-sur-Blourde et Coulonges (cf. enquĂȘte de Tourtoulon et Bringuier)
  41. ↑ a, b, c, d et e GĂ©o (magazine France), juillet 2004, n° 305 - Occitanie au cƓur du Grand Sud, propos de Louis Combes (Cantalausa), page 79
  42. ↑ Jules Ronjat, Grammaire [h]istorique des parlers provençaux modernes, tome I, p. 23 : « D’autres parlers provençaux sont encore en usage chez quelques descendants des Vaudois chassĂ©s de la vallĂ©e du Cluson et rĂ©fugiĂ©s Ă  la fin du XVIIe siĂšcle dans le duchĂ© de WĂŒrttemberg. Â» Ronjat indique dans une note Ă  la mĂȘme page : « Leur langage ne s’est conservĂ© que dans trois villages, oĂč je l’ai trouvĂ© encore parlĂ© en 1909 par une centaine Ă  peine en tout de gens ĂągĂ©s : Bourcet ou Neu-Hengstett, prĂšs d’Alt-Hengstett, Ă  l’E. de Calw ; Pinache et Serres (noms fr.) formant une mĂȘme paroisse aux environs de DĂŒrrmenz prĂšs de la frontiĂšre badoise, dans le district de Maulbronn. Â» Le terme de provençal doit ici s’entendre au sens d’occitan, dans sa variĂ©tĂ© vivaro-alpine.
  43. ↑ Colonies gasconnes au Pays basque
  44. ↑ Histoire de Valdese en anglais
  45. ↑ prĂ©sentation et histoire de PigĂŒĂ©
  46. ↑ CroixOccitane
  47. ↑ RĂ©capitulatif de lieux d’implantation occitane et traces toponymiques occitanes
  48. ↑ BEC, P. Manuel pratique de philologie romane, Paris, Picard, 1970
  49. ↑ Voir par exemple Marc TROTTIER, Une Ă©tude historique comparative des langues poĂ©tiques de l'occitan et du catalan des origines au XXe siĂšcle.
  50. ↑ (ca)Els primers textos en català - Textos anteriors a les Homilies d'Organyà
  51. ↑ rĂ©fĂ©rence
  52. ↑ Manifest, maig del 1934
  53. ↑ Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, page 120
  54. ↑ Sondage rĂ©alisĂ© en Languedoc-Roussillon en 1991 : « 28 % dĂ©clarent la parler plus ou moins Â», « une personne sur deux (
) dĂ©clare comprendre l’occitan Â» (Pierre Bec, La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, page 120).
  55. ↑ Normes ortografiques der aranĂ©s
  56. ↑ a, b, c, d et e Universal Declaration of Human Rights (Article 1), Omniglot.com. ConsultĂ© le 2009-10-15
  57. ↑ Universal Declaration of Human Rights (Article 1), Omniglot.com. ConsultĂ© le 2009-10-15
  58. ↑ Dictionnaire Provencal-Français ou dictionnaire de la langue d’Oc ancienne et moderne, (Repos Ă©diteur, Digne, 1846-1847)
  59. ↑ Grammaire limousine et La lenga d'aur (dictionnaire manuscrit)
  60. ↑ Gramatica occitana segon los parlars lengadocians, 1935-37
  61. ↑ Gramatica occitana, 1943
  62. ↑ IEO, La rĂ©forme linguistique occitane et l'enseignement de la langue d'oc, 1950
  63. ↑ Robert Lafont, PhonĂ©tique et graphie du provençal, 1951
  64. ↑ IEO, L'application de la rĂ©forme linguistique occitane au gascon, IEO, Toulouse, 1952
  65. ↑ Pierre Bonnaud, Pour aider Ă  lire et Ă©crire le nord occitan, 1969
  66. ↑ NĂČrmes OrtogrĂ fiques der AranĂ©s 1982, 21999
  67. ↑ G. Creazzo, A. Formica, H.P.Kunert, ’O libre meu, manuale didattico per l'insegnamento della lingua occitana nella scuola, idea e progetto di A. Formica, Gnisci, Paola, 2001
  68. ↑ Normas ortogrĂ ficas, chausias morfolĂČgicas e vocabulari de l'Occitan alpin oriental. Cuneo [Coni]: Espaci Occitan - Regione Piemonte, 2008
  69. ↑ a et b Georg Kremnitz, « Sur la dĂ©limitation et l'individuation des langues. Avec des exemples pris principalement dans le domaine roman Â», IEC
  70. ↑ Friedrich Diez, Grammatik der romanischen Sprachen, Bonn 1836–38 & 1876–77;
  71. ↑ Charles de Tourtoulon, Octavien Bringier, Étude sur la limite gĂ©ographique de la langue d’oc et de la langue d’oĂŻl (avec une carte) (1876), Paris: Imprimerie Nationale [rĂ©Ă©d. 2004, Masseret-Meuzac: Institut d’Estudis Occitans de Lemosin/Lo Chamin de Sent Jaume]
  72. ↑ Un exemple rĂ©cent d'une telle croyance : Peter A. Machonis, Histoire de la langue : du latin Ă  l'ancien français, University Press of America, 1990, ISBN 0-8191-7874-8, dont le chapitre 11, dialectes de l'ancien français, nomme : langue d'oc, langue d'oĂŻl et franco-provençal
  73. ↑ Carte dans Meillet & Cohen, Les langues du Monde, 1924, sur Gallica
  74. ↑ Joseph Anglade, Histoire sommaire de la littĂ©rature mĂ©ridionale au Moyen Âge, 1921, mĂȘme si c'est dans cet ouvrage que cet universitaire toulousain propose de remplacer provençal par occitan
  75. ↑ Charles Rostaing, Les noms de lieux, Paris : PUF, 1980. Sa carte p. 75 inclut occitan et francoprovençal dans les limites du français
  76. ↑ Pierre Bec, Manuel pratique de linguistique romane
  77. ↑ Harris & Vincent, The Romance Languages
  78. ↑ Jean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes
  79. ↑ Parmi ses Ɠuvres les plus significatives, AiĂšr e deman, roman de science-fiction, L'Astrado, 1971 et sa Grammaire provençale, L'Astrado, 1967, plusieurs fois rĂ©Ă©ditĂ©e
  80. ↑ Louis Bayle, L'Ăłucitanisme, Toulon : Escolo de la Targo, 1964
  81. ↑ Louis Bayle, Dissertation sur l'orthographe provençale comparĂ©e Ă  la graphie occitane, L'Astrado, 1968
  82. ↑ Louis Bayle, Procùs de l'occitanisme, L'Astrado, 1975
  83. ↑ Louis Bayle, Huit entretiens sur l'occitanisme et les occitans, L'Astrado, 1979
  84. ↑ Louis Bayle, ConsidĂ©rations sur le FĂ©librige, L'Astrado, 1977
  85. ↑ Site du Cercle Terre d'Auvergne qui dĂ©veloppe la doctrine de Pierre Bonnaud
  86. ↑ Voir une critique de ce document dans R. Teulat, « Occitan o lengas d'ĂČc Â», QuasĂšrns de lingĂŒistica occitana 4, 1976, republiĂ© dans UĂši l'occitan, IEO, 1985, ISBN 2-85910-004-0.
  87. ↑ Universitaire spĂ©cialisĂ© dans l'occitan ancien, fortement politisĂ© - cf. Jean-Claude RiviĂšre, Subversion et langues rĂ©gionales, UNI, 1984
  88. ↑ L'ensemble des publications utilisant dĂ©veloppe en gĂ©nĂ©ral la mĂȘme argumentation :
    • il n'y aurait pas d'intercomprĂ©hension entre les diffĂ©rents dialectes d'oc
    • les occitanistes tenteraient d'imposer une langue et une graphie artificielle au dĂ©triment des langues « authentiques Â» et « historiques Â» de la Provence, de l'Auvergne...
    • les occitanistes constitueraient une menace pour l'identitĂ© rĂ©gionale, voire pour l'unitĂ© nationale (alors que les groupes dĂ©noncĂ©s, en gĂ©nĂ©ral le parti nationaliste occitan et des groupes aujourd'hui disparus, ont eu peu ou pas de rĂŽle dans la codification autour de la graphie classique)
    • l'occitan (la langue d'oc) n'existerait pas, puisque l'Occitanie n'a jamais existĂ© - il s'agirait de dĂ©monter les « mythes Â» du « credo occitaniste Â» - par exemple Jean Lafitte, Guilhem PĂ©pin, La « langue d'oc Â» ou les langues d'oc ? - IdĂ©es reçues, mythes et fantasmes face Ă  l'histoire, PyrĂ©Monde/Princi Negue, 2009
    • par consĂ©quent, les associations de dĂ©fense des « langues d'oc Â» rĂ©clament leur reconnaissance officielle comme langues indĂ©pendantes.
    À noter que ces associations ont su se constituer un rĂ©seau, tĂ©nu mais prĂ©sent, dans la sociolinguistique universitaire :
    • Philippe Blanchet (qui est l'un des animateurs actuels de l'Astrado) a prĂ©sentĂ© en 1992 une thĂšse sur le provençal (voir rĂ©fĂ©rence infra) oĂč il dĂ©veloppe une partie de cette argumentation et propose de mettre en avant un « droit des locuteurs Ă  nommer leur langue Â»
    • Pour justifier l'inclusion dans le provençal de l'essentiel du vivaro-alpin, Philippe Blanchet a rĂ©utilisĂ© rĂ©cemment le concept de langue polynomique Ă©laborĂ© pour la langue corse (voir par exemple le Site de la Consulta Provenzale : http://www.consultaprovenzale.org/content/fran-ais)
    • Jean Lafitte, qui prĂ©sente le bĂ©arnais et gascon comme une langue indĂ©pendante de la langue d'oc, a Ă©galement soutenu une thĂšse sous la direction de Ph. Blanchet
  89. ↑ CommuniquĂ© publiĂ© dans les QuasĂšrns de lingĂŒistica occitana, 1976
  90. ↑ RenĂ© Merle, Mistralisme et enseignement du provençal, 1976-1977 (en ligne) revient sur cet Ă©pisode
  91. ↑ Etienne Coudert Ă©voque les faits, Ă  l'occasion du dĂ©part Ă  la retraire de R. Teulat, dans Parlem! Vai-i qu'as paur 62
  92. ↑ Philippe Blanchet, Le provençal, essai de description sociolinguistique diffĂ©rentielle, Peeters, 1992, [5]
  93. ↑ Site du Collectif Provence
  94. ↑ Site de l'IBG
  95. ↑ PrĂ©sentation d'Aigo Vivo
  96. ↑ Des milliers de manifestants Ă  Carcassonne pour la dĂ©fense de l'occitan, dĂ©pĂȘche AFP sur Google ActualitĂ©s
  97. ↑ AFP
  98. ↑ On pouvait y lire une banderole « J'ai mon pays, Occitanie non merci Â». Manifestation pour la sauvegarde d'une pluralitĂ© des langues d'oc
  99. ↑ Michel Charasse soutient l'auvergnat
  100. ↑ Pierre Bec, La langue occitane, Paris, 1967, p. 70-71
  101. ↑ Pierre Bec (La langue occitane, Q. S. J. ? Presses universitaires de France, 1963 / rĂ©Ă©d. 1995) explique qu’« Il est difficile [
] de sĂ©parer le catalan de l’occitan si l’on n’accorde pas le mĂȘme sort au gascon [
] Â» (p. 50), mais il prĂ©cise aussitĂŽt que « Le problĂšme, en rĂ©alitĂ©, a Ă©tĂ© entachĂ© de considĂ©rations extra-scientifiques plus ou moins conscientes Â» (id. p. 50). La sĂ©paration du catalan s’explique selon lui pas des facteurs historiques que le gascon n’a pas connus : « le catalan a Ă©tĂ© pendant des siĂšcles l’expression externe d’un pouvoir politique et d’une hiĂ©rarchie ecclĂ©siastique conduisant peu Ă  peu Ă  la crĂ©ation d’un noyau culturel totalement indĂ©pendant du sud de la France, Ă  partir du XIIIe siĂšcle Â» (p. 50-51). En tout cas, dans cet ouvrage, Bec analyse le gascon dans le cadre de l’occitan
  102. ↑ Ronjat appelant le gascon: « aquitain Â» dans Grammaire historique des parlers provençaux modernes, tome IV, Montpellier, SociĂ©tĂ© d'Ă©tudes romanes, 1941
  103. ↑ Cartes dialectomĂ©triques de la France romane.
  104. ↑ Pierre Bec, La langue occitane et aussi la rĂ©cente synthĂšse sur le sujet de Domergue Sumien, "Classificacion dei dialectes occitans", Linguistica occitana, 7, 2009 en ligne
  105. ↑ LAFONT (Robùrt) - L'ortografia Occitana. Lo Prouvençau. Montpelhier, Centre d'Estudis Occitanas, 1972
  106. ↑ Anciennement appelĂ© provençal alpin, il fut souvent rattachĂ© au provençal. Cf. BEC (Pierre) - Manuel pratique d'occitan moderne. Paris, Picard, 1972
  107. ↑ Celle reprise notamment dans les encyclopĂ©dies Larousse et Encarta
  108. ↑ a, b et c BEC, Pierre, Manuel pratique d'occitan moderne
  109. ↑ Lire Nicolas Quint, Le Languedocien - Occitan central, Assimil, 196 pages. Le titre toutefois ne renvoie pas Ă  une classification « supradialectale Â».
  110. ↑ Domergue SUMIEN (2006), La standardisation pluricentrique de l'occitan: nouvel enjeu sociolinguistique, dĂ©veloppement du lexique et de la morphologie, coll. Publications de l'Association Internationale d'Études Occitanes, Turnhout: Brepols
  111. ↑ Carte montrant la desoccitanisation de la rĂ©gion entre Loire et Gironde
  112. ↑ Liliane Jagueneau, La langue, dans : Charente, Bonneton, 1992
  113. ↑ Pierre Bonnaud, Correspondances phonĂ©tiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l’occitan, dans : Aguiaine, numĂ©ro spĂ©cial, septembre 1972
  114. ↑ Jacques Pignon, L'Ă©volution phonĂ©tique des parlers du Poitou, 1960 (page 512).
  115. ↑ Henri Malet, 1940, Les noms de lieux en Charente et les anciennes limites de la langue d’oc (paru dans Bulletins et MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© ArchĂ©ologique de la Charente), 1940.
  116. ↑ Jacques Pignon, L'Evolution phonĂ©tique des parlers du Poitou, Editions d'Artray, 1960 (carte n°8).
  117. ↑ Pierre Gauthier, Noms de lieux du Poitou, Editions Bonneton, 1996
  118. ↑ Pierre Gauthier (professeur honoraire de l’UniversitĂ© de Nantes), Etude en introduction Ă  son Ă©dition du « Rolea Â» (recueil de textes anonymes en poitevin du XVIIĂšme siĂšcle), 2002
  119. ↑ Le Guide du pĂšlerin de Saint-Jacques de Compostelle : texte latin du XIIe siĂšcle, 5e Ă©dition, Jeanne Vielliard
  120. ↑ James H. Williston, Le Coutumier d'OlĂ©ron : Edition et traduction annotĂ©es, SociĂ©tĂ© des antiuaires de l'Ouest, 1992 : « Je me suis intĂ©ressĂ© au Coutumier au dĂ©part parce qu'on y trouve des formes, morphologiques surtout, qui correspondent au patois moderne de la rĂ©gion Â» (page 9).
  121. ↑ Le Terrier du Grand fief d'Aunis (1246), publiĂ© par A.Bardonnet, MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© des Antiquaires de l'Ouest, 1875.
  122. ↑ Le vieux coutumier du Poitou, prĂ©sentĂ© par RenĂ© Filhol, Editions Tardy, 1956.
  123. ↑ Jacques Duguet, « Une charte en langue occitane (1260) Â» dans : Anthologie Poitou-Anis-Saintone-Angoumois, SEFCO, 1984.
  124. ↑ Les Coutumes de Charroux, publiĂ©es pour la premiĂšre fois, traduites et annotĂ©es, par A.-. de la Fontenelle de VaudorĂ©, MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© des Antiquaires de l'Ouest, 1813.
  125. ↑ Le Webster’s Third New International Dictionary, Unabridged avec ses addenda de 1993, arrive Ă  environ 470 000 entrĂ©es, comme l’Oxford English Dictionary, 2e Ă©dition. Le site web du dictionnaire anglais Merriam-Webster estime qu’on arriverait Ă  un nombre variant entre 250 000 et 1 million de mots.
  126. ↑ voir par ex. UniversitĂ© de mĂ©decine Stanford en Californie: Folding@home en occitan
  127. ↑ SCHLIEBEN-LANGE Brigitte (1991): "Okzitanisch: Grammatikographie und Lexikographie", Lexikon der Romanistichen Linguistik V, 2: 105-126 (p. 111) — CitĂ© dans: MULJAČIĆ Ćœarko (1997) “PerchĂ© i glottonimi linguaggio italiano, lingua italiana (e sim.) appaiono per indicare ‘oggetti’ reali e non soltanto auspicati molto piĂč tardi di altri termini analoghi che si riferiscono a varie lingue gallo e ibero-romanze?”, Cuadernos de filologĂ­a italiana 4: 253-26.
  128. ↑ a et b LODGE R. A. (1993) French, from dialect to standard, London / New York: Routledge, p. 96 — CitĂ© dans: MULJAČIĆ Ćœarko (1997) “PerchĂ© i glottonimi linguaggio italiano, lingua italiana (e sim.) appaiono per indicare ‘oggetti’ reali e non soltanto auspicati molto piĂč tardi di altri termini analoghi che si riferiscono a varie lingue gallo e ibero-romanze?”, Cuadernos de filologĂ­a italiana 4: 253-264
  129. ↑ Loi du 13 juillet 1990. Version en ligne avec traduction française
  130. ↑ Statut d'autonomie de la Catalogne. Dispositions linguistiques (en ligne)
  131. ↑ Article 9 "...le conseil gĂ©nĂ©ral s'engage Ă  mettre en place toutes les mesures susceptibles de conforter l'usage et la diffusion de la langue occitane..."
  132. ↑ Texte de la dĂ©libĂ©ration En ligne
  133. ↑ #DĂ©veloppements rĂ©cents
  134. ↑ "la lyrique occitane a germĂ© et fructifiĂ© dans toute l'Europe, ... , qui ont chantĂ© Ă  sa suite les valeurs de fin'amors et de la cortezia" dans Auctor et auctoritas: invention et conformisme dans l'Ă©criture mĂ©diĂ©vale, Volume 59 de MĂ©moires et documents de l'École des chartes - L'École des Chartes. 59, Michel Zimmermann, Éditeur: Librairie Droz, 2001, p389, ISBN 2-900791-41-3, ISBN 978-2-900791-41-7
  135. ↑ "La littĂ©rature occitane occupait au Moyen Âge une place prĂ©Ă©minente dans la culture et l'art contemporains." dans "Hommage Ă  Pierre Nardin: philologie et littĂ©rature françaises, Volume 29 de Annales de la FacultĂ© des lettres et sciences humaines de Nice, FacultĂ© des lettres et sciences humaines de Nice, p91, Pierre Nardin, Editeur: Belles lettres, 1977"
  136. ↑ Inspection acadĂ©mique de l'Yonne / Portugal
  137. ↑ De Vulgari Eloquentia, I:VIII: oc, oïl, sí - Yspani, Franci et Latini
  138. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l PUJOL J-P., 2004. Sottisier Ă  propos des minoritĂ©s ethniques. Le petit florilĂšge chauvin, Éd. Lacour- Rediviva
  139. ↑ Quand le "patois" Ă©tait politiquement utile: l'usage propagandiste de l'imprimĂ© occitan Ă  Toulouse durant la pĂ©riode rĂ©volutionnaire, Sociolinguistique (Paris)- Collection sociolinguistique - Sociolinguistique Harmattan (Firm) - Collection Memoires Du Xxe Siecle, M. Carmen AlĂ©n Garabato, Editeur: L'Harmattan, 1999, ISBN 2-7384-8320-8, ISBN 978-2-7384-8320-1
  140. ↑ « langage corrompu et grossier, tel que celui du menu peuple Â», Dictionnaire de FuretiĂšre (1690), ou « langage corrompu tel qu’il se parle presque dans toutes les provinces [
] On ne parle la langue que dans la capitale
 Â», EncyclopĂ©die de Diderot et d’Alambert
  141. ↑ L'abbĂ© GrĂ©goire disait sous la RĂ©volution française : « Car je ne puis trop le rĂ©pĂ©ter, il est plus important qu'on le pense en politique, d'extirper cette diversitĂ© d'idiomes grossiers qui prolongent l'enfance de la raison et la vieillesse des prĂ©jugĂ©s. Â»
  142. ↑ L’école française et l’occitan. Le sourd et le bĂšgue par : Philippe Martel
  143. ↑ M. H. Offord, A reader in French sociolinguistics, pages 73 et suivantes
  144. ↑ livre à consulter ici
  145. ↑ Brochure "langue d'Oc et d'Aquitaine" publiĂ©e par le conseil gĂ©nĂ©ral d'Aquitaine
  146. ↑ Si je suis Ă©lu, je ne serai pas favorable Ă  la Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales. Je ne veux pas que demain un juge europĂ©en ayant une expĂ©rience historique du problĂšme des minoritĂ©s diffĂ©rente de la nĂŽtre, dĂ©cide qu’une langue rĂ©gionale doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme langue de la RĂ©publique au mĂȘme titre que le Français. Car au-delĂ  de la lettre des textes il y a la dynamique des interprĂ©tations et des jurisprudences qui peut aller trĂšs loin. J’ai la conviction qu’en France, terre de libertĂ©, aucune minoritĂ© n’est opprimĂ©e et qu’il n’est donc pas nĂ©cessaire de donner Ă  des juges europĂ©ens le droit de se prononcer sur un sujet qui est consubstantiel Ă  notre identitĂ© nationale et n’a absolument rien Ă  voir avec la construction de l’Europe. Source(s) : discours de Nicolas Sarkozy Ă  Besançon (13 mars 2007) [6]
  147. ↑ [7]
  148. ↑ [8], PILOTAGE ET COHÉRENCE DE LA CARTE DES LANGUES, sur le site de l'Éducation nationale
  149. ↑ DĂ©bat Ă©lections rĂ©gionales du 25 fĂ©vrier 2010 Ă  Pau: Quelle politique linguistique et culturelle pour l'Occitan ?
  150. ↑ DonnĂ©es ConvergĂšncia Occitana, Toulouse
  151. ↑ Loi du 15 dĂ©cembre 1999, no 482 en italien et en français
  152. ↑ El 80% de la poblaciĂł occitana desitja que sigui preservada i promoguda la identitat prĂČpia, per bĂ© que un notable percentatge d’aquestapoblaciĂł sigui d’origen forĂ  i malgrat que la polĂ­tica oficial, en qĂŒestions culturals i lingĂŒĂ­stiques, sigui contrĂ ria al seu reconeixement. Jaume Figueras, Expert en littĂ©rature occitane, publiĂ© par la gĂ©nĂ©ralitĂ© de Catalogne, OccitĂ nia i l'occitĂ  , 32 p.
  153. ↑ UNESCO Interactive Atlas of the World's Languages in Danger [9]
  154. ↑ http://recherche.univ-montp3.fr/mambo/slo/fr/enseignement.html UniversitĂ© de Montpellier
  155. ↑ Bilans concernant la langue occitane et les revendications du « Centre regionau dels ensenhaires d’occitan Â» (CREO)
  156. ↑ plus d’informations sur l’occitan dans la province de Turin
  157. ↑ Comparatif des statuts 1979-2006[PDF]
  158. ↑ SchĂ©ma d’amĂ©nagement linguistique « iniciativa Â»
  159. ↑ La Setmana n°624 du 9 au 15 aoĂ»t 2007, page 2
  160. ↑ Vistedit http://www.vistedit.com/?nav=083ad9294daaa8902bf8adee3a8627f9&prd=la_setmana&num=665
  161. ↑ Conselh Generau d’Aran http://www.conselharan.org/index.php?option=com_content&task=view&id=201&Itemid=1
  162. ↑ L’occitan, langue officielle en Catalogne
  163. ↑ L'aranais est dĂ©sormais officiel en Catalogne
  164. ↑ EnquĂȘte sociolinguistique en Midi PyrĂ©nĂ©es

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Occitan de Wikipédia en français (auteurs)

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   EncyclopĂ©die Universelle

  • occitan — OCCITÁN, Ă adj., s. m. f. (locuitor) din Occitania (sudul FranĆŁei). ♱ (s. n.) ansamblu de dialecte vorbite de occitani. ♱ (s. f.) vechea limbă provesală sau limba trubadurilor. (< fr. occitan) Trimis de raduborza, 15.09.2007. Sursa: MDN 
   Dicționar RomĂąn

  • Occitan — (n.) Old or modern Provençal; langue d Oc, 1940, also the northern variant of modern Provençal; from Fr. oc (see LANGUEDOC (Cf. Languedoc)) 
   Etymology dictionary

  • Occitan — Okzitanisch (occitan / lenga d ĂČc) Gesprochen in SĂŒdfrankreich, Randgebiete Spaniens und Italiens Linguistische Klassifikation Indogermanische Sprachen Italische Sprachen Romanische Sprachen Galloromanische Sprachen Okzitanisch 
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  • Occitan — noun Etymology: French, from Medieval Latin occitanus, from Old Occitan oc yes (contrasted with Old French oĂŻl yes) + Medieval Latin itanus (perhaps as in aquitanus of Aquitaine) Date: 1958 a Romance language spoken in southern France ‱ Occitan… 
   New Collegiate Dictionary

  • Occitan — [ ɒksÉȘt(ə)n] noun the medieval or modern language of Languedoc (southern France), including literary Provençal of the 12th–14th centuries. adjective relating to Occitan. Derivatives Occitanian noun & adjective Origin from Fr 
   English new terms dictionary

  • Occitan — /ok si tan /, n. Provençal (def. 3). * * * 
   Universalium

  • Occitan — noun /ˈɑksəˌtĂŠn/ A Romance language spoken in Occitania, a region of Europe that includes Southern France, Auvergne, Limousin, and some parts of Catalonia and Italy 
   Wiktionary

  • Occitan — See Langue d oc 
   Dictionary of Medieval Terms and Phrases

  • Occitan — n. Provencal, Romance language formerly spoken in southern France 
   English contemporary dictionary


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