Nouvelle ZĂ©lande

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Nouvelle ZĂ©lande

Nouvelle-ZĂ©lande

New Zealand (en)
Aotearoa (mi)
Nouvelle-ZĂ©lande (fr)
Drapeau de la Nouvelle-ZĂ©lande Armoiries de la Nouvelle-ZĂ©lande
(DĂ©tails) (DĂ©tails)
Devise nationale : aucune
carte
Langues officielles Anglais, maori, langue des signes néo-zélandaise[1]
Capitale Wellington
41°17â€ČS 174°27â€ČE / -41.283, 174.45
Plus grandes villes Auckland, Christchurch, Manukau.
Forme de l’État
 - Reine
- Gouverneur général
- Premier ministre
Monarchie parlementaire
Élisabeth II
Anand Satyanand
John Key
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 73e
268 680 kmÂČ
NĂ©gligeable
Population
 - Totale (2008)
 - DensitĂ©
Classé 120e
4 173 460 hab.
15 hab./kmÂČ
Indépendance
 - Statut de dominion
- Ratification du
Statut de Westminster
du Royaume-Uni
26 septembre 1907
25 novembre 1947


Gentilé Néo-Zélandais,
NĂ©o-ZĂ©landaises


IDH (2006) 0.936 (Augmentation) ( 20)
Monnaie Dollar néo-zélandais (NZD)
Fuseau horaire UTC +12 (été +11)
Hymne national God Defend New Zealand[2]
God Save the Queen[2]
Domaine internet .nz
Indicatif
téléphonique
+64


La Nouvelle-Zélande est un pays de l'Océanie, au Sud-Ouest de l'océan Pacifique, constitué de deux ßles principales (l'ßle du Nord et l'ßle du Sud), et de nombreuses ßles beaucoup plus petites, notamment l'ßle Stewart et les ßles Chatham.

SituĂ©e Ă  environ 2 000 km de l'Australie dont elle est sĂ©parĂ©e par la mer de Tasman, la Nouvelle-ZĂ©lande est trĂšs isolĂ©e gĂ©ographiquement. Cet isolement a permis le dĂ©veloppement d'une flore et d'une faune endĂ©miques trĂšs riches et variĂ©es, allant des kauri gĂ©ants aux insectes weta et en passant par les kaponga et le kiwi, ces deux derniers Ă©tant des symboles du pays.

La population est majoritairement d'origine européenne, tandis que les Maoris forment la minorité la plus nombreuse. Les peuples non-maoris d'origine polynésienne, ainsi que les Asiatiques, représentent également d'importantes minorités, particuliÚrement dans les régions urbaines.

L'histoire de ce pays est l'une des plus courtes du monde, car il s'agit d'un des derniers territoires dĂ©couverts par l'Homme : en effet les Maoris y sont arrivĂ©s entre 1050 et 1300[3], tandis que les EuropĂ©ens n'y dĂ©barquĂšrent qu'en 1642. Ancienne colonie britannique, dominion en 1907, puis complĂštement indĂ©pendante depuis 1947, elle maintient de forts liens avec le Royaume-Uni, ainsi qu'avec l'Australie (pays anglo-saxon le plus proche et partageant une partie de son histoire).

Le pouvoir politique est tenu par le Parlement démocratiquement élu, sous la direction du Premier ministre, le chef de gouvernement.

Sommaire

Étymologie

Si la façon dont les Maoris dĂ©signaient la Nouvelle-ZĂ©lande avant l'arrivĂ©e des EuropĂ©ens est inconnue, on sait qu'ils appelaient l'Ăźle du Nord Te Ika-a-Māui (« le poisson de Māui Â»), et l'Ăźle du Sud Te Wai Pounamu (« eaux de jade Â») ou Te Waka-a-Māui (« le waka de Māui Â»). Jusqu'au dĂ©but du XXe siĂšcle, l'Ăźle du Nord Ă©tait Ă©galement appelĂ©e Aotearoa, souvent traduite comme « pays du long nuage blanc Â». En usage maori actuel, ce nom fait rĂ©fĂ©rence Ă  tout le pays[4],[5].

Le premier nom europĂ©en de la Nouvelle-ZĂ©lande fut Staten Landt (en nĂ©erlandais Le Pays des États, d'aprĂšs les États gĂ©nĂ©raux des Provinces-Unies, responsables pour l'administration des Pays de la GĂ©nĂ©ralitĂ© dont dĂ©pendait le territoire), donnĂ© par l'explorateur nĂ©erlandais Abel Tasman, qui fut en 1642 le premier EuropĂ©en Ă  avoir vu ces Ăźles. Tasman prĂ©suma que ces terres faisaient partie d'un continent austral dĂ©couvert en 1615 au sud du continent sud-amĂ©ricain par Jacob Le Maire[6].

Le nom de Nouvelle-ZĂ©lande trouve ses origines chez les cartographes nĂ©erlandais de l'Ă©poque, qui baptisĂšrent les Ăźles Nova Zeelandia en honneur de la province nĂ©erlandaise de ZĂ©lande. L'origine du nom pour ces Ăźles lointaines n'est pas vraiment connue, mais il apparaĂźt pour la premiĂšre fois en 1645 et peut avoir Ă©tĂ© le choix du cartographe Johannes Blaeu[7]. L'explorateur anglais James Cook anglicisera le nom en New Zealand[6], d'oĂč vient la traduction française Nouvelle-ZĂ©lande. Le nom n'a aucun lien avec la rĂ©gion danoise de Seeland.

GĂ©ographie

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie de la Nouvelle-ZĂ©lande.

GĂ©ographie physique

Photo satellite du pays prise en décembre 2002

La Nouvelle-ZĂ©lande est composĂ©e de deux Ăźles principales, l'Ăźle du Nord et l'Ăźle du Sud, et de nombreuses autres plus petites, certaines d'entre-elles Ă©tant mĂȘme assez Ă©loignĂ©es, prĂšs du centre de l'hĂ©misphĂšre maritime. La superficie totale est de 268 680 kmÂČ en incluant les Ăźles Antipodes, les Ăźles Auckland, les Ăźles Bounty, les Ăźle Campbell, les Ăźles Chatham et les Ăźles Kermadec[8], soit un peu moins que l'Italie ou le Japon, et un peu plus que le Royaume-Uni. Le pays s'Ă©tend sur plus de 1 600 km sur son axe nord-nord-est et possĂšde 15 134 km de cĂŽte[8]. Parmi les autres Ăźles habitĂ©es, les plus importantes sont l'Ăźle Stewart (au sud de l'Ăźle du Sud), l'Ăźle Waiheke (dans le golfe de Hauraki), l'Ăźle Great Barrier (Ă  l'est dudit golfe), et les Ăźles Chatham (Ă  l'est de l'Ăźle du Sud).

L'Ăźle du Sud (South Island) est la plus grande ; elle est partagĂ©e dans toute sa longueur par les Alpes du Sud (Southern Alps), dont le point culminant est le mont Cook avec ses 3 754 mĂštres d'altitude. Le mont Cook mesurait 3 764 mĂštres, mais une avalanche a rabotĂ© son sommet de dix mĂštres le 14 dĂ©cembre 1991.[9] Elle possĂšde dix-huit sommets supĂ©rieurs Ă  3 000 mĂštres.

L'Ăźle du Nord (North Island) est quelque peu montagneuse, mais marquĂ©e par le volcanisme et une activitĂ© gĂ©othermique. Son point culminant, le mont Ruapehu (2 797 m), est d'ailleurs un volcan en activitĂ©. Les paysages tourmentĂ©s et Ă©tranges de la Nouvelle-ZĂ©lande lui ont valu l'intĂ©rĂȘt des studios de cinĂ©ma et de tĂ©lĂ©vision ; son industrie du tourisme a vu un intĂ©rĂȘt accru pour le pays aprĂšs la sortie des films du Seigneur des anneaux, rĂ©alisĂ©s par Peter Jackson, lui-mĂȘme nĂ©o-zĂ©landais.

La Nouvelle-ZĂ©lande possĂšde d'Ă©normes ressources marines : sa zone Ă©conomique exclusive est la septiĂšme plus grande du monde et recouvre quatre millions de kilomĂštres carrĂ©s, soit plus de quinze fois la taille de sa superficie terrestre[10]. Le pays est parsemĂ© de lacs, particuliĂšrement l'Ăźle du Sud, mais le plus grand est le lac Taupo, dans l'Ăźle du Nord, avec 616 kmÂČ. L'eau (y inclus les riviĂšres, fleuves, lacs et glaciers) recouvre 659 kmÂČ[8].

La Nouvelle-ZĂ©lande est isolĂ©e gĂ©ographiquement. Son plus proche voisin, l'Australie, est situĂ© Ă  2 000 km au nord-ouest. Les terres les plus proches sont le continent Antarctique au sud, et la Nouvelle-CalĂ©donie, les Ăźles Fidji et les Ăźles Tonga au nord. Elle fait partie d'un continent appelĂ© Zealandia, Ă  93 % submergĂ©. Zealandia fait presque la moitiĂ© de la taille de l'Australie et est remarquablement longue et Ă©troite. Il y a environ 25 millions d'annĂ©es, un changement dans les mouvements des plaques tectoniques ont commencĂ© Ă  Ă©tirer Zealandia avec force. Parmi les rĂ©gions submergĂ©es de Zealandia, on trouve le plateau Lord Howe, le plateau Challenger, le plateau de Campbell, la ride de Norfolk et le plateau de Chatham.

La Nouvelle-ZĂ©lande fait partie de la PolynĂ©sie et constitue l'angle sud-ouest du « triangle polynĂ©sien Â».

Administration territoriale et territoires externes

Article dĂ©taillĂ© : RĂ©gions de Nouvelle-ZĂ©lande.
RĂ©gions de Nouvelle-ZĂ©lande

Les premiers colons EuropĂ©ens divisĂšrent la Nouvelle-ZĂ©lande en provinces. Celles-ci furent abolies en 1876 pour que le gouvernement puisse ĂȘtre centralisĂ© pour des raisons Ă©conomiques. Ainsi, la Nouvelle-ZĂ©lande n'a pas de divisions administratives (provinces, États ou territoires), Ă  part son administration territoriale. L'esprit des provinces persiste toutefois, avec une rivalitĂ© marquĂ©e lors des Ă©vĂšnements sportifs et culturels. Depuis 1876 l'administration territoriale administre les rĂ©gions de Nouvelle-ZĂ©lande. En 1989 le gouvernement a complĂštement rĂ©organisĂ© l'administration territoriale, implĂ©mentant la structure actuelle Ă  deux niveaux de conseils rĂ©gionaux et autoritĂ©s territoriales. En 1991, le Resource Management Act 1991 remplace le Town and Country Planning Act comme lĂ©gislation principale pour l'administration territoriale[11].

Aujourd'hui la Nouvelle-Zélande a douze conseils régionaux pour l'administration de l'environnement et l'infrastructure et soixante-treize autorités territoriales qui s'occupent des routes, des eaux usées, de la construction et d'autres sujets locaux. Les autorités territoriales comprennent seize conseils communaux, cinquante-sept conseils de district et le conseil du comté des ßles Chatham. Quatre des conseils territoriaux (une ville et trois districts) et le conseil du comté des ßles Chatham font aussi office de conseils régionaux et sont donc appelés autorités unitaires. Les districts d'autorités unitaires ne sont pas des subdivisions des conseils de district régionaux, et certains sont répartis sur plusieurs conseils régionaux.

Les rĂ©gions sont : Northland, Auckland, Waikato, Bay of Plenty, Gisborne[12], Hawke's Bay, Taranaki, Manawatu-Wanganui, Wellington, Tasman[12], Marlborough[12], Nelson[12], West Coast, Canterbury, Otago, Southland, et les Ăźles Chatham[12].

En tant que nation importante du Pacifique sud, la Nouvelle-ZĂ©lande travaille souvent avec plusieurs autres nations insulaires du Pacifique et continue son association politique avec les Ăźles Cook, Niue et Tokelau. La Nouvelle-ZĂ©lande possĂšde Ă©galement la base antarctique Scott dans la dĂ©pendance de Ross. D'autres pays utilisent Christchurch et son aĂ©roport pour ravitailler et soutenir leurs bases antarctiques, lui valant le surnom de « porte de l'Antarctique Â» (« Gateway to Antarctica Â»).

Climat

La tempĂ©rature moyenne quotidienne Ă  Wellington — la capitale, au centre du pays — est de 5,9 Â°C en hiver et 20,2 Â°C en Ă©tĂ©[13]. Le climat de la Nouvelle-ZĂ©lande est globalement tempĂ©rĂ©, ocĂ©anique sur la majeure partie du pays ; les tempĂ©ratures oscillent entre 0 Â°C et 30 Â°C. Les maxima et minima historiques sont 42,4 Â°C Ă  Rangiora (Canterbury), et -21,6 Â°C Ă  Ophir (Otago), respectivement[14]. Les conditions climatiques varient beaucoup selon les rĂ©gions, de trĂšs humide dans la rĂ©gion de West Coast sur l'Ăźle du Sud Ă  semi-aride dans le bassin de Mackenzie de l'intĂ©rieur du Canterbury et subtropical humide au Northland[15]. Des principales villes du pays, Christchurch est la plus aride, ne recevant que 640 mm de prĂ©cipitation par an, tandis qu'Auckland, la plus humide, reçoit presque le double. Auckland, Wellington et Christchurch ont toutes une moyenne annuelle de 2 000 heures de soleil.

Biodiversité

Deux Metrosideros excelsa (Pƍhutukawa)

DĂ» Ă  son long isolement du reste du monde et Ă  sa biogĂ©ographie insulaire, la Nouvelle-ZĂ©lande abrite une faune et flore trĂšs particuliĂšre. Environ 80 % de la flore n'existe que dans le pays, dont plus de quarante genres endĂ©miques[16]. Des 70 000 espĂšces terrestres du pays, seulement environ 30 000 ont Ă©tĂ© dĂ©crites. Il y a 3 090 plantes, 5 800 champignons, 10 000 insectes, 2 600 arachnides, 61 reptiles [17] et 336 espĂšces d'oiseaux (dont 64 espĂšces endĂ©miques)[18].

L'insularitĂ© a protĂ©gĂ© cette faune et flore pendant des siĂšcles jusqu'Ă  l'arrivĂ©e des humains et des animaux qui voyageaient avec eux. Les Maori ont apportĂ© avec eux le chien polynĂ©sien (« kuri Â») et la souris polynĂ©sienne (« kiore Â»). La seconde vague d'immigration mit fin Ă  l'insularitĂ© de la Nouvelle-ZĂ©lande. La multiplication des Ă©changes entre l'Europe, l'Australie et la Nouvelle-ZĂ©lande a permis la propagation d'espĂšces nouvelles, dont certaines invasives. Aujourd'hui parmi les espĂšces introduites on trouve 33 mammifĂšres, 33 oiseaux, 1 lĂ©zard, trois grenouilles, 20 poissons d'eau douce, environ 1 000 invertĂ©brĂ©s et environ 6 000 plantes (dont 2 000 plantes fleurissant Ă  l'Ă©tat sauvage)[17].

Pour enrayer la perte de biodiversitĂ© en Nouvelle-ZĂ©lande, le Department of Conservation protĂšge environ 30 % du territoire[19]. Ce chiffre est considĂ©rable, mais il doit ĂȘtre relativisĂ© et ce pour deux raisons : tout d'abord, la Nouvelle-ZĂ©lande est peu peuplĂ©e et, d'autre part, la plupart de ces territoires se situent au sud, de sorte que le DoC Ă©vite ainsi les conflits d'usage avec les utilisateurs du territoire. Ces mesures associĂ©es Ă  des programmes de recherche trĂšs ambitieux commencent Ă  porter leurs fruits.

Flore

Avant l'arrivĂ©e des humains environ 80 % des terres Ă©taient recouvertes de forĂȘt. Les deux principaux types de forĂȘt qu'on rencontre aujourd'hui sont celles peuplĂ©es majoritairement de podocarpes et/ou de kauri gĂ©ants, et dans les rĂ©gions Ă  climat plus frais par les Nothofagus, genre d'arbres proche des hĂȘtres de l'hĂ©misphĂšre nord. Les autres types de vĂ©gĂ©tation sont celles des plaines et des rĂ©gions subalpines, ainsi que les arbustes entre les plaines et les forĂȘts. Les fougĂšres du pays sont Ă©galement trĂšs connues (une espĂšce, Cyathea dealbata, Ă©tant devenue symbole du pays ainsi que de son Ă©quipe nationale de rugby Ă  XV) de mĂȘme que les Ă©tonnantes mĂ©gaherbes des Ăźles sub-antarctiques du pays.

Faune

Weta femelle

Les forĂȘts furent autrefois habitĂ©es par diverses espĂšces de mĂ©gafaune, dont plusieurs oiseaux incapables de voler, comme le moa.

Aujourd'hui plusieurs autres oiseaux, dont le kiwi, le kakapo et le takahĂ©, sont en danger d'extinction. Il y a d'autres oiseaux notables : l'aigle gĂ©ant de Haast (Ă©teint), le nestor superbe (« kākā Â» en maori), le kereru et le kĂ©a. Les reptiles sont reprĂ©sentĂ©s par les scinques, les geckos, et les tuataras. Il y a Ă©galement quatre espĂšces de Leiopelma et une seule espĂšce d'araignĂ©e venimeuse, la katipo, rare et habitant les rĂ©gions cĂŽtiĂšres ; il n'y a aucune espĂšce de serpent en Nouvelle-ZĂ©lande.

Il y a beaucoup d'espĂšces endĂ©miques d'insectes, dont une, le weta, peut devenir aussi grande qu'une souris et reprĂ©sente l'espĂšce d'insecte la plus lourde du monde. Quant aux 29 espĂšces de poisson, 90 % sont endĂ©miques et la plupart sont petites et discrĂštes ; seulement trois peuvent peser plus de deux kilos : deux espĂšces d'anguille et le kokopu gĂ©ant (une autre grande espĂšce, le grayling, s'est Ă©teinte au dĂ©but du XXe siĂšcle)[20].

On a longtemps pensé que, à part trois espÚces de chauve-souris (dont une éteinte), il n'y avait jamais eu de mammifÚres terrestres dans le pays. Toutefois, en 2006, des scientifiques ont trouvé des os appartenant à un animal terrestre éteint depuis longtemps, de la taille d'une souris, dans la région d'Otago sur l'ßle du Sud[21].

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la Nouvelle-ZĂ©lande.

Chronologie jusqu'au Dominion

  • Ier millĂ©naire : les Maoris s'installent sur l'archipel nĂ©o-zĂ©landais.
  • 1642 : Abel Tasman, navigateur nĂ©erlandais, dĂ©couvre la cĂŽte occidentale en pensant Ă  un continent.
  • 1769-70 : le capitaine James Cook atteint la Nouvelle-ZĂ©lande et la cartographie.
  • 1839 : la Compagnie de Nouvelle-ZĂ©lande est crĂ©Ă©e.
  • 1840 : le traitĂ© de Waitangi est ratifiĂ©.
  • 1841 : un gouvernement britannique est mis en place.
  • 1843-48 : premiĂšre guerre entre Maoris et colons.
  • 1852 : Constitution
  • 1860-70 : deuxiĂšme guerre entre Maoris et colons.
  • 1870 : la Nouvelle-ZĂ©lande prospĂšre (pĂ©riode calme et dĂ©couverte de l'or)
  • 1889 : le suffrage universel masculin est instaurĂ©.
  • 1891-12 : les libĂ©raux mĂšnent une politique sociale avancĂ©e.
  • 1893 : le droit de vote fĂ©minin voit le jour.
  • 1907 : la Nouvelle-ZĂ©lande accĂšde au statut de dominion britannique.

Avant les Européens

La Nouvelle-ZĂ©lande est l'un des territoires les plus tardivement peuplĂ©s : les premiers colons sont des PolynĂ©siens de l'est (Ăźles de la SociĂ©tĂ©, Ăźles Cook, les Ăźles australes de PolynĂ©sie française[22]) qui arrivent probablement entre 1200 et 1300 aprĂšs J.-C., naviguant dans des waka avec l'aide des systĂšmes mĂ©tĂ©orologiques subtropicaux[23] ou des oiseaux migrateurs ou des baleines[24],[25], et Ă©tablissent la culture indigĂšne Maori[26]. C'est vers la mĂȘme Ă©poque que d'autres groupes de PolynĂ©siens s'installent aux Ăźles Kermadec et l'Ăźle Norfolk ; ce n'est que plusieurs siĂšcles plus tard[23] qu'ils coloniseront les Ăźles Chatham, y dĂ©veloppant leur propre culture Moriori[27],[28].

La date de l'arrivĂ©e des premiers Maori varie selon les sources, mais la plupart s'accordent sur le siĂšcle entre 1250 et 1350[29],[30]. L'historien nĂ©o-zĂ©landais Michael King suggĂšre le XIIIe siĂšcle[31], tandis qu'un autre historien nĂ©o-zĂ©landais, James Belich, suggĂšre le milieu du 11Ăšme[32].

Ils arrivent au nord de l'Ăźle du Nord[24] et rencontrent les forĂȘts tempĂ©rĂ©es et des espĂšces qu'ils n'avaient pas vu auparavant dans les Ăźles Ă  climat plus doux d'oĂč ils Ă©taient originaires (la moa, l'aigle de Haast, la weta...). Ils introduisent le chien et le rat polynĂ©sien (« kiore Â»), le taro, la variĂ©tĂ© de patate douce appelĂ©e kumara, le mĂ»rier Ă  papier et l'Ă©pinard hawaĂŻen[22].

Les iwi (tribus) se divisent en hapu (clans) qui peuvent se disputer ou se combattre, mais coopĂšrent en cas d'hostilitĂ© de la part d'un autre iwi Ă  l'encontre du leur. Les hapu, comportant jusqu'Ă  plusieurs centaines de personnes, sont eux-mĂȘmes divisĂ©s en whanau (parentĂšle)[33], aujourd'hui un concept culturel encore trĂšs respectĂ© des Maori et Ă  la base de la structure de leur sociĂ©tĂ©[34]. Les iwi et hapu pouvaient se modifier sous l'effet des conflits (particuliĂšrement sur les ressources exploitables), de l'Ă©largissement ou diminution du nombre de membres, des fusions...[35] Leurs noms pouvaient venir d'un illustre ancĂȘtre (femme ou homme), d'un Ă©vĂšnement marquant dans leur histoire, voire du nom des chefs des groupes ayant dĂ©cidĂ© de resserrer leurs liens et de fusionner[36].

Les premiers Européens

L'Ăźle d'Urville, refuge des premiers explorateurs

Les premiers explorateurs EuropĂ©ens qu'on sait avoir abordĂ© la terre nĂ©o-zĂ©landaise sont Abel Tasman, qui arrive de Batavie en 1642, et son Ă©quipage (dont Franz Jacobszoon Visscher, pilote-major, et Isaac Gilsemans, qui fera les premiers dessins de la Nouvelle-ZĂ©lande[37]), sur les navires Heemskerck et Zeehaen[38]. Plusieurs d'entre eux sont tuĂ©s par des Maori le 19 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e, dans ce qui est aujourd'hui la baie Golden, que Tasman appellera Moordenaers Bay (« Baie des Assassins Â»)[38]. Quelques jours aprĂšs leur mort, Tasman Ă©crira dans son journal que c'Ă©taient « de trĂšs belles terres Â»[39] ; ils auraient vu, entre autres rĂ©gions, les Alpes du Sud[37]. Ils s'arrĂȘtent Ă  l'Ăźle d'Urville, oĂč Tasman se doute de l'existence du dĂ©troit de Cook, mais dut renoncer Ă  explorer les environs en raison du mauvais temps[37].

Aucun autre EuropĂ©en ne visite la Nouvelle-ZĂ©lande jusqu'au voyage de 1768-1771 du capitaine James Cook Ă  bord de l'Endeavour. EnvoyĂ© par le gouvernement britannique, il arrive en 1769 et cartographie presque toute la cĂŽte en prenant soin de dĂ©crire en dĂ©tail les terres qu'il explore, que ce soit en Australie ou en Nouvelle-ZĂ©lande, pour une Ă©ventuelle colonisation[40]. Ces cartes trĂšs dĂ©taillĂ©es seront longtemps utilisĂ©es par les explorateurs[41]. Joseph Banks l'accompagnera et dessinera la faune et flore du pays avec Daniel Solander, botaniste, et plusieurs autres dessinateurs ; il ne retournera pas en Nouvelle-ZĂ©lande, mais conservera un grand intĂ©rĂȘt pour le pays jusqu'Ă  sa mort en 1820[42].

Cook retournera Ă  deux reprises, utilisant la Nouvelle-ZĂ©lande comme base pour ses explorations de la cĂŽte australienne une fois compris que la Nouvelle-ZĂ©lande ne faisait pas partie du continent Terra Australis Incognita[43]. Ayant l'esprit plus ouvert Ă  propos des autochtones des pays qu'il visita, que la plupart de ses concitoyens, essayant de communiquer avec eux, il les prĂ©sentera Ă  ses supĂ©rieurs comme « les possesseurs naturels et lĂ©gaux des terres qu'ils habitent Â»[44],[42].

Sur les traces de Cook, on trouve George Vancouver et William Broughton qui partent ensemble Ă  bord des navires Discovery et Chatham ; Vancouver dĂ©couvrira les Snares et Broughton les Ăźles Chatham en novembre 1791. En fĂ©vrier 1793, l'Italien Alessandro Malaspina, commandant d'une expĂ©dition espagnole de deux navires, explorera un peu la rĂ©gion, mais dressera peu de cartes. 1820 voit l'arrivĂ©e de Fabian von Bellingshausen, commandant deux navires russes, Mirny et Vostok, et qui s'arrĂȘtera Ă  Queen Charlotte Sound avant de continuer vers sa destination, l'Antarctique[41]. Les Français seront Ă©galement prĂ©sents dans la rĂ©gion, De Surville la mĂȘme annĂ©e que Cook (il rencontrera beaucoup de difficultĂ©s et accidents et tuera des Maori), Du Fresne (au dĂ©but en bons termes avec les Maori, mais la fin de l'expĂ©dition se soldera par un massacre d'EuropĂ©ens et de Maori), D'Entrecasteaux, Duperrey et D'Urville[45].

Il sera suivi par de nombreux navires de chasse Ă  la baleine, et au phoque, ainsi que de divers marchands. Ils Ă©changeaient des produits et des vivres europĂ©ens, particuliĂšrement des outils mĂ©talliques et des armes, contre du bois, des vivres, des artefacts et de l'eau des Maori. Parfois les EuropĂ©ens Ă©changĂšrent leurs produits contre des relations sexuelles[46]. Chez les Maori, l'agriculture et la guerre furent transformĂ©es par l'arrivĂ©e de la pomme de terre et du mousquet, les Guerres des mousquets qui en rĂ©sultĂšrent cessĂšrent quand ces armes furent plus Ă©quitablement rĂ©parties parmi les Maori. Les missionnaires chrĂ©tiens arrivent en Nouvelle-ZĂ©lande au dĂ©but du XIXe siĂšcle, convertissant progressivement la population maori, mal soutenue par leur foi face Ă  l'invasion de la civilisation occidentale et les maladies europĂ©ennes pour lesquelles ils n'avaient pas d'immunitĂ©[47].

Les iwi deviennent peu à peu plus importants que les hapu, car moins nombreuses et donc plus faciles à gérer pour les Européens, et partout en Nouvelle-Zélande, les Maori se déplacent, certains pour profiter du commerce avec les Européens et d'autres pour les éviter[48].

Le Traité de Waitangi

Signature du Traité de Waitangi

De 1788 Ă  1840, les Ăźles de Nouvelle-ZĂ©lande font officiellement partie de la Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie). Se rendant compte du caractĂšre dĂ©sordonnĂ© de la colonisation europĂ©enne en Nouvelle-ZĂ©lande et de l'intĂ©rĂȘt croissant de la France pour ce territoire, le gouvernement britannique envoie William Hobson proclamer la souverainetĂ© britannique et nĂ©gocier un traitĂ© avec les Maori. Le TraitĂ© de Waitangi est signĂ© dans la Bay of Islands le 6 fĂ©vrier 1840[49]. Ce traitĂ© est Ă©crit rapidement et dans la confusion ; on se dispute encore sur la traduction du document en maori. Le traitĂ© est vu comme l'acte fondateur de la Nouvelle-ZĂ©lande en tant que nation et comme la charte garantissant les droits des Maori.

En 1839 la population totale non-Maori Ă©tait de 2 000 personnes ; en 1852 elle Ă©tait de 28 000[50]. À partir de 1840, un nombre grandissant de colons europĂ©ens Ă©migrent en Nouvelle-ZĂ©lande, encouragĂ©s par les efforts de la New Zealand Company, qui fondera Wellington un peu avant la signature du TraitĂ© ; dans les deux annĂ©es qui suivent sont fondĂ©es Wanganui, Nelson, et New Plymouth. Otago sera fondĂ© en 1848 et Christchurch en 1850[49]. Dans les annĂ©es 1850 la plus grande partie de l'intĂ©rieur de l'Ăźle du Nord Ă©tait connue des EuropĂ©ens ; on attendra les annĂ©es 1860 et l'arrivĂ©e des orpailleurs pour connaĂźtre la gĂ©ographie de l'Ăźle du Sud[49]. Deux-tiers des immigrants viendront du sud de l'Angleterre ; peu de personnes d'autres nationalitĂ©s y Ă©migreront : 281 Allemands Ă  Nelson en 1843-44, 100 Français Ă  Akaroa en 1840, des Écossais (particuliĂšrement de Glasgow et Édimbourg) en Otago... Moins de 2 % viendront d'Irlande[51].

Au dĂ©but les Maori se lancent avec enthousiasme dans le commerce avec ceux qu'ils appelaient « Pakeha Â», et de nombreux iwi (tribus) deviennent riches. Mais les conflits se multiplient avec l'augmentation du nombre de colons, pour aboutir aux guerres nĂ©o-zĂ©landaises des annĂ©es 1860 et 1870, qui provoquent la perte de beaucoup de terres par les Maori. Le dĂ©tail et l'interprĂ©tation de la colonisation europĂ©enne et de l'acquisition des terres maori demeurent aujourd'hui controversĂ©s. Globalement, la population maori passera de 80 000 Ă  42 000 personnes entre les annĂ©es 1840 et 1891[48].

De l'autonomie à l'indépendance

TĆ«kaitote, la pa de Te Wherowhero, premier roi Maori (1857-1860).
Charrette Ă  bouvillons, Cheviot, circa 1880
Voitures, Newmarket, Auckland, circa 1950

En 1854, le premier Parlement de Nouvelle-ZĂ©lande, Ă©tabli par le Parlement britannique, Ă  travers la New Zealand Constitution Act de 1852, conduit le pays vers une autonomie partielle, et vers la fin du siĂšcle, elle sera entiĂšrement autonome. Cette pĂ©riode verra une explosion dĂ©mographique, puisqu'en 1870 la population non-Maori atteindra 250 000 alors qu'en 1853 elle Ă©tait de 30 000[52].

En 1893, elle est le premier pays Ă  donner le droit de vote aux femmes. La Nouvelle-ZĂ©lande devient un dominion indĂ©pendant en 1907 et le pays est entiĂšrement indĂ©pendant en 1947 lors de la ratification du Statut de Westminster de 1931 ; en pratique le Royaume-Uni avait cessĂ© depuis longtemps de jouer un quelconque rĂŽle dans la politique du pays. Plus elle devenait indĂ©pendante politiquement, plus elle le devenait aussi Ă©conomiquement : dans les annĂ©es 1890, la rĂ©frigĂ©ration dans le transport des produits commerciaux permet Ă  la Nouvelle-ZĂ©lande de baser toute son Ă©conomie sur l'exportation de la viande et de produits laitiers vers le Royaume-Uni.

La Nouvelle-ZĂ©lande est un membre enthousiaste de l'Empire colonial britannique, envoyant des hommes lutter dans la Seconde Guerre des Boers et la PremiĂšre et Seconde Guerre mondiale ; elle le soutient Ă©galement lors de la crise du canal de Suez. Le pays fait partie de l'Ă©conomie mondiale et souffre comme les autres pendant la Grande DĂ©pression des annĂ©es 1930. Cette dĂ©pression mĂšne Ă  l'Ă©lection du premier gouvernement travailliste, qui Ă©tablit un État-providence et une Ă©conomie protectionniste.

La Nouvelle-ZĂ©lande entre dans une pĂ©riode de prospĂ©ritĂ© grandissante aprĂšs la fin de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, certains problĂšmes sociaux se dĂ©veloppent en mĂȘme temps. Les Maori commencent Ă  migrer vers les villes et abandonnent peu Ă  peu leur mode de vie traditionnel : en 1936, 83 % habitaient en rĂ©gion rurale et 17 % en ville ; en 1986, les pourcentages Ă©taient presque inversĂ©s avec 80 % des Maori en ville[48]. Le recensement de 2001 rĂ©vĂšle que 20 % des Maori ne connaissent pas leur iwi d'origine, et beaucoup de ceux qui s'en souviennent ne connaissent pas leur hapu[48]. La jeunesse maori n'ayant connu que la ville, se sentait dĂ©tachĂ©e de leur culture et de leur famille, isolĂ©e dans la pauvretĂ© urbaine, et se rebella en crĂ©ant et rejoignant des gangs[53], mais aussi des groupes culturels, de soutien et d'Ă©ducation sur la culture maori pour accompagner tous ceux voulant reconnecter avec leurs origines[54]. On construira des marae urbains ouverts Ă  tous, Maori ou Pakeha[55].

Le mouvement de protestation maori se forme, critiquant l'eurocentrisme et cherchant une meilleure reconnaissance de la culture maori et du traitĂ© de Waitangi, qu'ils considĂ©raient trahi[54]. En 1975 est crĂ©Ă© le Tribunal de Waitangi, qui enquĂȘte sur les violations du traitĂ© dĂšs 1985. Comme dans les autres pays dĂ©veloppĂ©s, les mƓurs et le comportement politique changent pendant les annĂ©es 1970 ; le commerce avec le Royaume-Uni est fragilisĂ© par son adhĂ©sion Ă  la CommunautĂ© europĂ©enne. De grands changements Ă©conomiques et sociaux ont lieu dans les annĂ©es 1980 sous le quatriĂšme gouvernement travailliste, particuliĂšrement par la politique du ministre des finances, Roger Douglas.

Aujourd'hui, l'Ă©conomie de la Nouvelle-ZĂ©lande Ă©tant moins forte que celle de l'Australie et d'autres nations dĂ©veloppĂ©es[56], on voit une fuite des cerveaux de jeunes NĂ©o-ZĂ©landais vers l'Australie en particulier (35 300 de septembre 2006 Ă  septembre 2007[57]), mais aussi le Royaume-Uni et d'autres pays anglophones ; c'est Ă©galement le cas des Maori[58]. Dans la mĂȘme pĂ©riode, on a vu 13 579 Australiens migrer en Nouvelle-ZĂ©lande[57].

Politique

Article dĂ©taillĂ© : Politique de la Nouvelle-ZĂ©lande.

Gouvernement

La Nouvelle-ZĂ©lande est une dĂ©mocratie parlementaire indĂ©pendante et officiellement une monarchie constitutionnelle. Le monarque du Royaume-Uni, actuellement Élisabeth II, est le chef d'État en tant que monarque de Nouvelle-ZĂ©lande. En son absence, elle est reprĂ©sentĂ©e par un Gouverneur gĂ©nĂ©ral, poste occupĂ© actuellement par Anand Satyanand. La reine « rĂšgne mais ne gouverne pas Â»[59] ; elle n'a aucune influence politique, sa fonction Ă©tant surtout symbolique[60].

Il n'y a pas de constitution Ă©crite ; le Constitution Act 1986 est le principal document formel qui traite de la structure constitutionnelle du pays ; le premier Constitution Act date de 1852[61]. Le gouverneur gĂ©nĂ©ral a le pouvoir de nommer et de limoger le Premier ministre et de dissoudre le Parlement. Il est Ă©galement Ă  la tĂȘte du Conseil exĂ©cutif, un comitĂ© formel consistant en tous les ministres de la Couronne. Les membres du Conseil doivent ĂȘtre membres du Parlement, et la plus grande partie sont au cabinet. Le cabinet est l'organe exĂ©cutif le plus haut placĂ© ; il est dirigĂ© par le Premier ministre, qui est Ă©galement le leader parlementaire du parti ou de la coalition au pouvoir.

Le Parlement de Nouvelle-ZĂ©lande n'a qu'une chambre, la Chambre des reprĂ©sentants, qui rĂ©unit normalement 120 dĂ©putĂ©s[62]. L'ancienne chambre haute, le Conseil lĂ©gislatif, a Ă©tĂ© abolie en 1951. Les Ă©lections lĂ©gislatives se tiennent tous les trois ans sous une forme de scrutin proportionnel plurinominal appelĂ© reprĂ©sentation proportionnelle mixte, introduite en 1993 suite Ă  un rĂ©fĂ©rendum[62]. Les Ă©lections lĂ©gislatives de 2005 ont amenĂ© la crĂ©ation d'un siĂšge supplĂ©mentaire (overhang) au Parlement, occupĂ© par le Parti maori ; en effet, il a obtenu plus de siĂšges au scrutin par circonscription que son score au scrutin par liste lui en aurait donnĂ©s (cf. le systĂšme de calcul en reprĂ©sentation proportionnelle mixte).

John Key, Premier ministre

Le Premier ministre est actuellement, et pour la 3e fois - 1999-2005 - Helen Clark, membre du Parti travailliste de centre-gauche, réélue de justesse en septembre 2005 pour un 3e mandat. Les travaillistes forment une coalition formelle avec Jim Anderton, le seul parlementaire du Parti progressif. En plus des partis de cette coalition, New Zealand First et United Future se sont engagés à soutenir l'exécutif lors des votes de confiance et sur le budget, en échange de postes de ministres (hors cabinet) pour leurs leaders. Les Verts ont également pris cet engagement. Depuis le début de 2007, le Parti travailliste a également le vote proxy de Taito Phillip Field, ancien député travailliste devenu indépendant. Ces accords assurent au gouvernement une majorité de sept parlementaires lors des votes de confiance.

Le leader de l'opposition est John Key du Parti national (centre-droit). Le parti ACT et le Parti maori sont Ă©galement dans l'opposition. Les Verts, New Zealand First et United Future votent tous contre le gouvernement sur certains sujets.

Le Parlement Ă  Wellington

Le tribunal supĂ©rieur est la Cour SuprĂȘme de Nouvelle-ZĂ©lande, depuis le Supreme Court Act 2003, qui a aboli la possibilitĂ© d'appel au comitĂ© judiciaire du Conseil privĂ© de Londres[63]. La prĂ©sidente de la Cour suprĂȘme est la Dame Sian Elias. Le systĂšme judiciaire inclut Ă©galement la Haute Cour et la Cour d'appel ainsi que des cours infĂ©rieures.

C'est le seul pays au monde oĂč tous les postes de premier rang ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© occupĂ©s par des femmes: la reine ; l'ancien gouverneur gĂ©nĂ©ral, la dame Silvia Cartwright ; le Premier ministre Helen Clark ; le prĂ©sident de la Chambre des reprĂ©sentants Margaret Wilson, et le prĂ©sident de la Cour suprĂȘme, la dame Sian Elias, ont occupĂ© ces postes entre mars 2005 et aoĂ»t 2006[64]. La Nouvelle-ZĂ©lande est Ă©galement le premier pays Ă  avoir donnĂ© aux femmes le droit au vote, en 1893[62].

Ce que l'on nomme le « Royaume de Nouvelle-ZĂ©lande Â» (Realm of New Zealand) inclut les Ăźles Cook et Niue, autonomes, mais en association libre, Tokelau, et la dĂ©pendance de Ross (la revendication territoriale de la Nouvelle-ZĂ©lande en Antarctique).

Relations internationales et forces militaires

HMNZS Endeavour

La Nouvelle-ZĂ©lande est particuliĂšrement en pointe sur les sujets touchant Ă  l'Ă©cologie, les droits de l'Homme et le libre-Ă©change, particuliĂšrement en agriculture.

Elle est membre des organisations gĂ©opolitiques suivantes : l'APEC, East Asia Summit, le Commonwealth, l'OCDE, et les Nations unies. Elle a signĂ© de nombreux accords de libre-Ă©change, dont le plus important est le Closer Economic Relations avec l'Australie.

Pendant son premier siĂšcle d'existence, la Nouvelle-ZĂ©lande s'alignait sur le Royaume-Uni en politique Ă©trangĂšre. Elle dĂ©clare la guerre Ă  l'Allemagne le 3 septembre 1939 ; le Premier ministre de l'Ă©poque, Michael Savage, proclama « OĂč elle va, on va ; oĂč elle est, nous sommes. Â»[65]. Toutefois, la guerre finie, l'influence des États-Unis s'accroĂźt ; en mĂȘme temps la Nouvelle-ZĂ©lande commence Ă  ressentir plus clairement son identitĂ© nationale. Elle signe le traitĂ© de l'ANZUS (Australia, New Zealand, United States Security Treaty) en 1951 et envoie des troupes participer aux guerres de CorĂ©e et du ViĂȘt Nam. Le Royaume-Uni se replie de plus en plus sur l'Europe suite Ă  la crise du canal de Suez. La Nouvelle-ZĂ©lande se voit ainsi forcĂ©e de dĂ©velopper de nouveaux marchĂ©s aprĂšs que le Royaume-Uni a rejoint la CommunautĂ© europĂ©enne en 1973[66].

La Nouvelle-ZĂ©lande est traditionnellement proche des positions de l'Australie, dont la politique Ă©trangĂšre prenait une tendance historique similaire. De nombreuses Ăźles dans le Pacifique, dont les Samoa, ont Ă  leur tour suivi la direction de la Nouvelle-ZĂ©lande. L'influence amĂ©ricaine sur la Nouvelle-ZĂ©lande diminue aprĂšs l'Ă©chec de la guerre du ViĂȘt Nam. Les relations avec la France se sont dĂ©tĂ©riorĂ©es suite Ă  l'affaire du Rainbow Warrior et des essais nuclĂ©aires dans l'ocĂ©an Pacifique.

Le traitĂ© ANZUS prĂ©voyait une coopĂ©ration militaire complĂšte entre la Nouvelle-ZĂ©lande, l'Australie et les États-Unis, mais ce n'est plus le cas. En fĂ©vrier 1985, la Nouvelle-ZĂ©lande refusa de donner accĂšs Ă  ses ports aux navires nuclĂ©aires ou transportant des armes nuclĂ©aires. Le pays devient territoire dĂ©nuclĂ©arisĂ© en juin 1987, le premier État occidental Ă  le faire[67],[68],[69]. En 1986, les États-Unis annoncent la suspension de ses obligations dĂ©finies par le traitĂ© avec la Nouvelle-ZĂ©lande. Le New Zealand Nuclear Free Zone, Disarmament, and Arms Control Act 1987 interdit l'installation d'armes nuclĂ©aires sur le territoire ainsi que l'entrĂ©e dans les eaux territoriales nĂ©o-zĂ©landaises de navires nuclĂ©aires ou portant des armes nuclĂ©aires. Cette lĂ©gislation reste une source de controverse et forme la base du refus constant de la suspension du traitĂ© demandĂ©e par les États-Unis.

En plus des nombreuses guerres entre les iwi (tribus), et entre les colons britanniques et les iwi, la Nouvelle-ZĂ©lande a participĂ© Ă  la Seconde Guerre des Boers, les PremiĂšre et Seconde guerres mondiales, la guerre de CorĂ©e, le Malayan Emergency (et a envoyĂ© des troupes et des avions dans le conflit qui en dĂ©coula avec l'IndonĂ©sie), la guerre du ViĂȘt Nam, la guerre du Golfe, la guerre d'Afghanistan, et a envoyĂ© une unitĂ© d'ingĂ©nieurs militaires amĂ©liorer l'infrastructure irakienne pendant une annĂ©e lors de la guerre en Irak.

La New Zealand Defence Force comprend trois branches : la New Zealand Army, la Royal New Zealand Navy, et la Royal New Zealand Air Force. Le pays considĂšre que ses besoins en dĂ©fense nationale doivent ĂȘtre modestes ; il a dĂ©mantelĂ© ses capacitĂ©s de combat aĂ©rien en 2001. La Nouvelle-ZĂ©lande a envoyĂ© des troupes dans plusieurs missions de maintien de la paix rĂ©centes, tant rĂ©gionales qu'internationales : Ă  Chypre, en Somalie, en Bosnie-HerzĂ©govine, au SinaĂŻ, en Angola, au Cambodge, Ă  la frontiĂšre Iran-Irak, Ă  l'Ăźle Bougainville, au Timor oriental, et aux Ăźles Salomon[70].

DĂ©mographie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie de la Nouvelle-ZĂ©lande.
Évolution de la dĂ©mographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Portrait de famille datant de 1891

Lors du recensement de 2006, tenu le 7 mars, Statistics New Zealand a trouvĂ© 4 186 900 personnes habitant la Nouvelle-ZĂ©lande, dont 2 049 500 hommes et 2 137 400 femmes[71]. En dĂ©cembre 2007, la population du pays augmentait d'une personne toutes les 10 minutes et 23 secondes : une naissance toutes les 8 minutes et 49 secondes, un dĂ©cĂšs toutes les 19 minutes et 35 secondes, et un immigrant toutes les 29 minutes et 26 secondes[72].

Environ 78 % de la population dit s'ĂȘtre identifiĂ© avec des groupes ethniques europĂ©ens ; ils sont collectivement appelĂ©s Pakeha. Le terme se rĂ©fĂšre aux NĂ©o-ZĂ©landais d'origine europĂ©enne, quoique des Maori l'emploient Ă  propos de tous les non-Maori.

La plupart des NĂ©o-ZĂ©landais d'origine europĂ©enne a des ancĂȘtres britanniques ou irlandais, mais il y a eu une immigration importante des Pays-Bas, de la Dalmatie[73], de l'Italie et de l'Allemagne, ainsi qu'une immigration europĂ©enne indirecte par l'Australie, l'Afrique du Sud, et l'AmĂ©rique du Nord. Selon les prĂ©visions du recensement de 2001, en 2021 les enfants d'origine europĂ©enne compteront pour 63 % de la population mineure, comparĂ© avec 74 % en 2001[74].

Les Maori forment l'ethnie non-europĂ©enne la plus importante, soit 14,6 % de la population lors du recensement de 2006. Les personnes peuvent s'identifier avec plus d'un groupe ethnique sur les recensements nationaux ; 53 % des Maori s'identifiĂšrent comme uniquement d'origine maori[75].

Les personnes revendiquant des origines asiatiques forment 9,2 % de la population en 2006, une augmentation considĂ©rable depuis 2001, oĂč ils Ă©taient 6,6 %[76]. En outre, 6,9 % de la population dit avoir des origines polynĂ©siennes non-maori, mĂ©lanĂ©siennes ou micronĂ©siennes, une augmentation de 0,4 % depuis 2001[77].

Les politiques d'immigration de la Nouvelle-ZĂ©lande sont relativement souples et accueillantes ; le gouvernement s'est engagĂ© Ă  augmenter la population d'un pour cent par an. Vingt-trois pour cent de la population est nĂ©e Ă  l'Ă©tranger, soit 879 543 personnes lors du recensement de 2006[78]. En 2004-2005, le service d'immigration du pays comptait accueillir 45 000 personnes, soit 1,5 % de la population . En premiĂšre place des rĂ©gions dont sont originaires les immigrants on trouve, ex aequo, l'Irlande/le Royaume-Uni et l'Asie, tous les deux Ă  28,6 % des immigrants[78]. Des Asiatiques, les Chinois sont les plus nombreux[78].

Toujours selon le recensement de 2006, le Christianisme est la religion la plus rĂ©pandue en Nouvelle-ZĂ©lande, soit 55,6 % de la population[79] ; 34,7 % se dĂ©clarĂšrent sans religion. Les principales subdivisions chrĂ©tiennes sont l'anglicanisme, le catholicisme, le presbytĂ©rianisme et le mĂ©thodisme ; on trouve Ă©galement des personnes se reconnaissant dans les Ă©glises pentecĂŽtiste, baptiste, ou mormone. Le mouvement chrĂ©tien Ratana trouve des fidĂšles parmi les Maori. Parmi les religions non-chrĂ©tiennes les plus rĂ©pandues, on trouve l'hindouisme, le bouddhisme et l'islam[79].

La religion ne joue toutefois pas un rĂŽle important dans la politique : les partis ouvertement chrĂ©tiens (dont Christian Heritage et Destiny) Ă©tant peu populaires. Les opinions religieuses des dirigeants politiques, quoique gĂ©nĂ©ralement connues, sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant de nature privĂ©e.

Une observation souvent faite est que le nombre des Néo-Zélandais est surpassé par le nombre de moutons. Vrai depuis le début de la colonisation, l'écart entre la population humaine et ovine est néanmoins passé de 20 à 8 moutons par personne[80],[81].

Économie

Article dĂ©taillĂ© : Économie de la Nouvelle-ZĂ©lande.

La Nouvelle-ZĂ©lande est un pays industrialisĂ© avec un PIB de 106 milliards de dollars amĂ©ricains (en paritĂ© de pouvoir d'achat). Le niveau de vie est Ă©levĂ©, avec un PIB par personne de 24 943 USD en 2006 (la mĂȘme annĂ©e le PIB par personne des États-Unis Ă©tait de 44 190 USD et celui de l'Espagne 27 767) USD[82].

Structure de l'Ă©conomie

Le secteur tertiaire est le secteur le plus important de l'Ă©conomie nĂ©o-zĂ©landaise (68,8 % du PIB), suivi du secteur secondaire (26,9 %) et du secteur primaire (4,3 %)[8].

La Nouvelle-ZĂ©lande est un pays trĂšs dĂ©pendant de son commerce extĂ©rieur, particuliĂšrement dans le domaine de l'agriculture. Les exportations comptent pour environ 24 % de sa production[8], ce qui est relativement Ă©levĂ© (ce rapport est d'environ 50 % pour plusieurs petits pays europĂ©ens)[83]. Ceci la rend sensible aux cours internationaux des produits et l'expose aux rĂ©cessions Ă©conomiques. Ses principales exportations concernent l'agriculture, l'horticulture, la pĂȘche et l'industrie forestiĂšre, qui reprĂ©sentent Ă  elles seules environ la moitiĂ© des exportations. Elle exporte principalement Ă  l'Australie (20,5 %), aux États-Unis (13,1 %), au Japon (10,3 %), Ă  la Chine (5,4 %), et au Royaume-Uni (4,9 %)[8].

Le tourisme joue un rĂŽle important dans l'Ă©conomie nĂ©o-zĂ©landaise, soit 12,8 milliards de dollars au PIB du pays et presque 200 000 personnes Ă  temps plein, soit 9,9 % de la population active du pays[84]. Le ministĂšre du tourisme de la Nouvelle-ZĂ©lande prĂ©voit une augmentation de 4 % du nombre de touristes dans les six annĂ©es Ă  venir[85].

Revenus et bien-ĂȘtre

En 2006, le revenu mĂ©dian des mĂ©nages nĂ©o-zĂ©landais (corrigĂ© en paritĂ© de pouvoir d'achat) Ă©tait infĂ©rieur de 17 % Ă  celui des mĂ©nages amĂ©ricains[86]. Depuis 2000, ce revenu a nettement augmentĂ©., la Nouvelle-ZĂ©lande et l'Australie ayant largement Ă©chappĂ© Ă  la rĂ©cession Ă©conomique du dĂ©but des annĂ©es 2000 qui a affectĂ© la plupart des autres pays avancĂ©s. Cette croissance du revenu mĂ©dian, couplĂ©e avec sa dĂ©croissance aux États-Unis, a entraĂźnĂ© un rĂ©trĂ©cissement sensible de l'Ă©cart entre les deux pays.

Période Revenu par ménage
en PPA 2006 (en US$)
Nombre de personnes
par ménage
Croissance (%)
États-Unis 2000-2006 $ 48 201[87] 2,6[88] -2,0[89]
Nouvelle-ZĂ©lande 2000-2007 $ 39 937[90] 2,7[91] +24,2[92],[93]
Australie 2001-2006 $ 38 420[94] 2,6[95] +13,2[96],[97]
Billet de banque de NZ$ 5 et piĂšces de monnaie.

Malgré un PIB par habitant moins élevé que dans d'autres pays développés, les Néo-Zélandais sont plus satisfaits de leur vie . La Nouvelle-Zélande a été classée 20e sur l'indice de développement humain de 2006 et 15e sur l'indice de qualité de vie 2005 du magazine The Economist[98]. Le pays a également été classé premier en satisfaction de vie et cinquiÚme sur l'indice général de prospérité 2007 du Legatum Institute[99],[100]. Le sondage 2007 sur les meilleures villes du monde pour y vivre de Mercer classe Auckland en 5e position et Wellington en 12e[101].

Histoire économique récente

Les Néo-Zélandais ont historiquement profité d'un niveau de vie élevé basé sur les relations privilégiées avec le Royaume-Uni, et du marché commercial stable qui en découlait. L'économie néo-zélandaise était bùtie sur une gamme restreinte de produits primaires, dont la laine, la viande et les produits laitiers. La forte demande de ces produits permis de longues périodes de prospérité économique, notamment lors du boom de l'industrie lainiÚre de 1951.

Toutefois, l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne en 1973 met un terme à ses relations économiques étroites. Pendant les années 1970, d'autres facteurs, dont les chocs pétroliers, réduisent la vitalité de l'économie néo-zélandaise, qui était parvenue à dépasser le niveau de vie de l'Australie et de l'Europe occidentale[102]. Ces évÚnements aboutissent à une longue et grave crise économique, plaçant le niveau de vie des Néo-Zélandais au-dessous de ceux de l'Australie et de l'Europe occidentale, si bien qu'en 1982, la Nouvelle-Zélande avait le PIB par personne le moins élevé de tous les pays développés sondés par la Banque mondiale[103].

Depuis 1984, plusieurs gouvernements ont opĂ©rĂ© d'importantes rĂ©formes structurelles, transformant l'Ă©conomie protectionniste et rĂ©gulĂ©e en une Ă©conomie libĂ©ralisĂ©e et adoptant le libre-Ă©change. Ces changements sont connus sous le nom de « Rogernomics Â» et « Ruthanasia Â» d'aprĂšs les ministres de l'Ă©conomie de l'Ă©poque, Roger Douglas et Ruth Richardson. La rĂ©cession induite par le krach d'octobre 1987 couplĂ©e au choc des rĂ©formes entraĂźne une hausse du chĂŽmage dans le pays, qui atteint 10 % de la population active au dĂ©but des annĂ©es 1990. Les rĂ©formes rĂ©alisĂ©es permettent Ă  l'Ă©conomie de se remettre rapidement durant les annĂ©es 1990, avec une croissance du PIB par habitant plus Ă©levĂ©e que celle des autres pays de l'OCDE, et le taux de chĂŽmage devient le second plus faible des vingt-sept pays « riches Â» de l'OCDE (3,5 % en septembre 2007)[104],[105].

Les objectifs du gouvernement actuel en matiĂšre d'Ă©conomie sont de continuer Ă  faire des accords de libre-Ă©change et de crĂ©er une Ă©conomie du savoir. En 2004, il ouvre des pourparlers pour une zone de libre-Ă©change avec la Chine, devenant ainsi l'un des premiers pays Ă  ce faire. Les dĂ©fis Ă©conomiques actuels de la Nouvelle-ZĂ©lande sont un dĂ©ficit de balance courante de 8,2 % du PIB[106], le lent dĂ©veloppement des exportations non-alimentaires, et la croissance lente de la productivitĂ©. La Nouvelle-ZĂ©lande a subi des « fuites des cerveaux Â» depuis les annĂ©es 1970[107] oĂč les jeunes diplĂŽmĂ©s partaient, souvent de maniĂšre dĂ©finitive, travailler en Australie, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Le « style de vie kiwi Â» et la famille ou whanau sont des facteurs qui incitent certains au retour, tandis que des considĂ©rations Ă©conomiques, culturelles et de carriĂšre personnelle en poussent d'autres Ă  partir et ne pas revenir[108]. On constate Ă©galement une augmentation de jeunes diplĂŽmĂ©s Ă©trangers venant de pays en dĂ©veloppement et qui s'installent de maniĂšre permanente en Nouvelle-ZĂ©lande[109].

La situation économique de la Nouvelle-Zélande devrait évoluer considérablement dans les années à venir suite au traité que son gouvernement a signé avec la Chine sur le libre échange le 7 avril 2008. Cet accord est le plus important du genre signé entre la Chine et un pays du monde occidental.

Le traité libéralise et facilite les échanges de biens et services, il va permettre d'améliorer l'environnement des entreprises et favoriser la coopération entre les deux pays dans un large éventail de secteurs économiques.

Il a soulevĂ© nombre de polĂ©miques, critiquĂ© en particulier par le Green Party of Aotearoa New Zealand et le Parti maori[110],[111] sur le rĂ©sultat attendu (essor de l'Ă©conomie nĂ©o zĂ©landaise permettant au pays d'acquĂ©rir une nouvelle indĂ©pendance face aux États-Unis ou Ă  l'Australie).

Agriculture

Moutons Ă  Whitecliffs

L'agriculture a Ă©tĂ© et reste l'industrie d'exportation la plus importante de la Nouvelle-ZĂ©lande [112]. Dans l'annĂ©e allant de juin 2006 Ă  juin 2007, les produits laitiers comptaient pour environ 21 % du total des exportations, soit 7,5 milliards de dollars. La viande comptait 13,2 %, le bois 6,3 %, les fruits 3,5 % et la pĂȘche 3,3 %.

Environ un sixiĂšme des exportations nĂ©o-zĂ©landaises sont des produits provenant de vaches laitiĂšres : poudre de lait, fromage, beurre et mĂ©lange protidique. Il y a plus de 4 millions de vaches laitiĂšres, principalement dans l'Ăźle du Nord (particuliĂšrement dans les rĂ©gions de Waikato et Taranaki). La laine, autrefois l'exportation la plus importante dominant l'Ă©conomie, est moins importante depuis les annĂ©es 1960 et la baisse des prix ; aujourd'hui la moitiĂ© des exportations de viande, qui compte un dixiĂšme des exportations totales, sont de viande ovine. Les Ă©levages de mouton sont principalement situĂ©s dans la rĂ©gion de Canterbury[112]. Le bĂ©tail est rarement logĂ© Ă  l'intĂ©rieur d'Ă©difices, Ă©tant gĂ©nĂ©ralement laissĂ© dans les pĂąturages, oĂč on peut leur apporter du foin et d'autres denrĂ©es en complĂ©ment, particuliĂšrement en hiver. La pĂ©riode de croissance de l'herbe varie selon la saison, la rĂ©gion et le climat, mais est gĂ©nĂ©ralement de 8 Ă  12 mois. Le bĂ©tail est Ă©galement maintenu dans des enclos, avec clĂŽture Ă©lectrique, autour de la ferme. La naissance des agneaux et des veaux est planifiĂ©e pour se produire au printemps, profitant de la repousse de l'herbe.

Dans les annĂ©es 1970 on essaya de diversifier l'agriculture, menant Ă  l'Ă©tablissement d'Ă©levages de cerf, chĂšvre et porc ; dans les annĂ©es 1990 l'Ă©levage de chĂšvre et de porc dĂ©cline ; le cerf est Ă©levĂ© surtout dans le Canterbury et le Southland. L'Ă©levage de poule est important au niveau national. En 2000 il y eut 5 000 fermes d'apiculture produisant en tout 9 000 tonnes de miel[112].

En ce qui concerne les plantes utiles, le blĂ© et l'orge dominent le marchĂ© national ; ils sont cultivĂ©s surtout au Canterbury. Parmi les fruits les plus importants on trouve la pomme (particuliĂšrement dans Hawke's Bay, le kiwi (Bay of Plenty), le raisin et les avocats (Bay of Plenty et Northland). La viticulture devient de plus en plus importante, les rĂ©gions pionniĂšres Ă©tant Marlborough, Hawke's Bay et Gisborne. En 2001 il existait 382 vignobles, dont les exportations atteignirent $200 miliions[112].

Culture

Article dĂ©taillĂ© : Culture de la Nouvelle-ZĂ©lande.
Gravure maori

Une grande part de la culture contemporaine nĂ©o-zĂ©landaise a des racines britanniques, mais cette culture « kiwi Â» a Ă©galement vu des apports des cultures amĂ©ricaine, australienne et maori, avec d'autres cultures europĂ©ennes et asiatiques et polynĂ©siennes non-maori. De grandes fĂȘtes sont tenues chaque annĂ©e Ă  Auckland et Wellington pour fĂȘter Diwali et le Nouvel An chinois, ainsi que le plus grand festival polynĂ©sien du monde, Pasifika[113]. Les liens culturels entre la Nouvelle-ZĂ©lande et le Royaume-Uni et l'Irlande sont maintenus par une langue commune et une migration constante entre ces pays, particuliĂšrement en ce qui concerne les Ă©tudiants nĂ©o-zĂ©landais passant une annĂ©e Ă  l'Ă©tranger lors de leurs Ă©tudes universitaires. La musique et la cuisine de la Nouvelle-ZĂ©lande sont similaires Ă  celles du Royaume-Uni et des États-Unis, quoiqu'avec des dĂ©tails spĂ©cifiques du Pacifique. C'est Ă©galement le cas en gastronomie, oĂč le pays a toutefois plusieurs plats connus, dont la pavlova et le biscuit ANZAC, des desserts, et la soupe de kumara (une espĂšce de patate douce).

La culture maori a considĂ©rablement changĂ© depuis l'arrivĂ©e des EuropĂ©ens, en particulier depuis l'introduction du christianisme au dĂ©but du XIXe siĂšcle, qui changea profondĂ©ment jusqu'Ă  la vie de tous les jours. Toutefois, la perception que les Maori vivent aujourd'hui comme les Pakeha n'est que superficielle. La culture maori est en effet trĂšs diffĂ©rente, par exemple en ce qui concerne les marae et leur rĂŽle dans la vie communale et familiale. Comme autrefois, on fait des karakia (priĂšres) pour s'assurer du succĂšs d'un projet, mais aujourd'hui ce sont gĂ©nĂ©ralement des priĂšres chrĂ©tiennes. Les Maori considĂšrent encore leur allĂ©geance aux groupes tribaux comme une part essentielle de leur identitĂ© ; c'est ainsi que les liens de parentĂ© maori ressemblent Ă  ceux des autres cultures polynĂ©siennes.

Les arts, chants et danses traditionnels redeviennent populaires Ă  partir de la fin du XXe siĂšcle, particuliĂšrement le kapa haka (chant et danse), la gravure sur bois et le tissage. L'architecture maori connaĂźt Ă©galement une hausse de popularitĂ©. Les Maori maintiennent Ă©galement leurs liens avec la PolynĂ©sie, comme en atteste la popularitĂ© grandissante de waka ama (courses de waka), aujourd'hui un sport international impliquant des Ă©quipes de tout le Pacifique.

L'usage du « reo māori Â», autrefois limitĂ© Ă  des rĂ©gions isolĂ©es dans l'aprĂšs-guerre, voit une certaine renaissance, en partie grĂące aux Ă©coles d'immersion complĂšte en langue maori et la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision Māori Television.

L'industrie cinĂ©matographique a dĂ©butĂ© au cours des annĂ©es 1920, mais ce n'est qu'Ă  partir des annĂ©es 1970 qu'apparaĂźt un authentique cinĂ©ma nĂ©o-zĂ©landais[114]. Des films tels que Sleeping Dogs et Goodbye Pork Pie connaissent un immense succĂšs et lancĂšrent les carriĂšres de Sam Neill, Geoff Murphy et Roger Donaldson. Au dĂ©but des annĂ©es 1990, plusieurs films nĂ©o-zĂ©landais eurent une immense audience internationale et emportĂšrent plusieurs prix prestigieux : La Leçon de piano de Jane Campion (Oscar, Palme d'or), L'Âme des guerriers de Lee Tamahori, et CrĂ©atures cĂ©lestes de Peter Jackson. À la fin des annĂ©es 1990 et au dĂ©but annĂ©es 2000, Jackson mettra en scĂšne la trilogie du Seigneur des anneaux (Oscar du meilleur film et plusieurs autres) en Nouvelle-ZĂ©lande, son pays natal, utilisant des acteurs et une Ă©quipe presque entiĂšrement nĂ©o-zĂ©landais. Les lieux du tournage sont aujourd'hui trĂšs frĂ©quentĂ©s par les touristes. Beaucoup de productions non-nĂ©o-zĂ©landaises ont Ă©galement Ă©tĂ© filmĂ©es dans le pays, que ce soit pour Hollywood ou Bollywood.

Les mĂ©dias de Nouvelle-ZĂ©lande sont dominĂ©s par quelques entreprises, la plupart Ă©trangĂšres. Le Broadcasting Standards Authority et le New Zealand Press Council peuvent faire des enquĂȘtes suite Ă  des allĂ©gations de non-neutralitĂ© et d'inexactitude dans la presse et Ă  la tĂ©lĂ©vision. Ceci, combinĂ© aux dures lois contre la diffamation, font que les mĂ©dias nĂ©o-zĂ©landaises sont plutĂŽt modĂ©rĂ©s et impartiaux. La tĂ©lĂ©vision nĂ©o-zĂ©landaise est dominĂ©e par des Ă©missions amĂ©ricaines, avec des Ă©missions australiennes et nĂ©o-zĂ©landaises.

Parmi les symboles de la Nouvelle-ZĂ©lande (non-officiels, puisque le gouvernement n'en a pas dĂ©signĂ©), on trouve le koru (Cyathea dealbata, une fougĂšre utilisĂ©e pour le logo des All Blacks), le kiwi, un arbre appelĂ© « pƍhutukawa rouge Â» (Metrosideros excelsa), et le « kƍwhai jaune Â» (Sophora)[1].

Sport

Article dĂ©taillĂ© : Sport en Nouvelle-ZĂ©lande.
Les All Blacks faisant le haka
Kayak dans les Marlborough Sounds, Marlborough

Le sport joue un rÎle majeur dans la culture néo-zélandaise, particuliÚrement le rugby à XV. Parmi les autres sports trÚs populaires, on trouve le cricket, le netball, le rugby à XIII, le basket-ball et le Boulingrin, ainsi que le golf, le tennis, le cyclisme, le hockey sur gazon, le ski, le snowboard, le softball et plusieurs sports nautiques, dont le surf, le nautisme, le kayak, le surf lifesaving et l'aviron (sport)[115],[116] Elle est également reconnue pour son bon ratio médailles-population aux Jeux olympiques et du Commonwealth.

Le rugby Ă  XV est trĂšs Ă©troitement liĂ© Ă  l'identitĂ© nationale nĂ©o-zĂ©landaise[117],[116]. L'Ă©quipe de Nouvelle-ZĂ©lande de rugby Ă  XV, surnommĂ©e les « All Blacks Â», a les meilleures statistiques de victoires de toutes les Ă©quipes nationales. Elle a accueilli la premiĂšre Coupe du monde de rugby Ă  XV, qu'elle remporta, et accueillera la Coupe du monde de 2011. Le Ka mate, une danse guerriĂšre traditionnelle maori, est exĂ©cutĂ©e par les joueurs juste avant le dĂ©but de chaque match.

Le cricket est considĂ©rĂ© comme le principal sport estival de la Nouvelle-ZĂ©lande[118] et l'Ă©quipe de Nouvelle-ZĂ©lande de cricket (surnommĂ©e les « Black Caps Â»), est le plus souvent dans les quatre meilleures Ă©quipes du monde dans les deux formes du jeu, test cricket et One-day International. Elle accueillera, en association avec l'Australie, la Coupe du monde de cricket de 2015.

La Nouvelle-Zélande est également l'une des nations les plus performantes dans le domaine de la voile, particuliÚrement dans les courses autour du monde et de longue distance. Team New Zealand a gagné l'America's Cup en 1995 et 2000[119].

Le netball est le principal sport fĂ©minin : l'Ă©quipe nationale, les Silver Ferns, a Ă©tĂ© plusieurs fois championne du monde. En Ă©quitation, on connaĂźt surtout Mark Todd, dit le « Cavalier du SiĂšcle Â». Parmi les autres personnalitĂ©s du sport nĂ©o-zĂ©landais, on trouve Sir Richard Hadlee (cricket), Jonah Lomu (rugby Ă  XV), Sir Peter Blake (nautisme) et Michael Campbell (golf).

La Nouvelle-ZĂ©lande est considĂ©rĂ©e par certains comme une destination de sport extrĂȘme et tourisme d'aventure. Sa rĂ©putation en sport extrĂȘme vient de l'Ă©tablissement de la premiĂšre organisation de saut Ă  l'Ă©lastique du monde, sur le pont de Kawarau prĂšs de Queenstown dans l'Ăźle du Sud en 1986. Le zorbing est un sport extrĂȘme originaire du pays.

Classements internationaux

Classements politiques et Ă©conomiques
Freedom in the World 2007 : libre, classĂ©e n°1 en politique et libertĂ©s publiques[120]
LibertĂ© de la presse 2007 : 15e[121]
PIB par personne 2006 : 28e $ 26 200[8]
Indice de développement humain 2007/2008: 19e[122]
ÉgalitĂ© de revenus : 53e
AlphabĂ©tisation 2003 : 99,0 %[8]
ChĂŽmage 2006 : 42e plus bas (3,80 %)[8]
Global Peace Index : 2e (1,363)[123],[124]
Corruption 2007 : 1re nation la moins corrompue (9,4), ex-aequo avec le Danemark et la Finlande[125]
LibertĂ© Ă©conomique : 9e (1,84)
Classements santé
Taux de fĂ©conditĂ© 2007 : 140e plus fertile, Ă  1,79 enfants par femme[8]
Taux de natalitĂ© 2007 : 140e en nombre de naissances, Ă  13,61 pour chaque 1 000 personnes[8]
MortalitĂ© infantile 2007 : 192e, Ă  5,67 pour chaque 1 000 naissances[8]
Taux de mortalitĂ© 2007 : 115e plus Ă©levĂ©, Ă  7,54 pour chaque 1 000 personnes[8]
EspĂ©rance de vie 2007 : 13e plus long, Ă  78,96 ans (75,97 pour les hommes, 82,08 pour les femmes)[8]
Taux de suicide 1998 : 19,8 (31,2 hommes et 8,9 femmes) pour chaque 100 000 personnes[126]
Taux de VIH/Sida 2003 : 149e plus Ă©levĂ©, Ă  0,10 % (soit 1 400 personnes, avec moins de 200 morts par an)[8]
Autre
Émissions de dioxyde de carbone par habitant 2004 : 7,7 tonnes par personne[122]
Consommation d'Ă©lectricitĂ© 2005 : 48e plus Ă©levĂ©, Ă  38 550 000 000 kWh[8]
Utilisateurs d'internet 2006 : 3,2 millions[8]
Consommation de biĂšre : 16e plus Ă©levĂ©, Ă  77 litres par personne
Environmental Performance Index : 1re de 80 pays, Ă  88 %[127]
Global Prosperity Index : 5e[99],[100]
ÉgalitĂ© des sexes 2007/2008 : 11e de 93 pays[122]

Codes

La Nouvelle-ZĂ©lande a pour codes :

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu d’une traduction de l’article en anglais intitulĂ© « New Zealand Â».

  1. ↑ a  et b  (en) John Wilson ; Government and nation: Nationhood and identity ; Te Ara Encyclopedia of New Zealand
  2. ↑ a  et b  (en) New Zealand's National Anthems ; Ministry for Culture and Heritage
  3. ↑ La date exacte est sujette Ă  dĂ©bat voir Ă  ce sujet (en) When was New Zealand first settled?
  4. ↑ (en) Charles Andrew Sharp ; Naming of New Zealand: Maori Names ; 1966 Encyclopedia of New Zealand
  5. ↑ (en) James Oakley Wilson ; Aotearoa ; 1966 Encyclopedia of New Zealand.
  6. ↑ a  et b  (en) Charles Andrew Sharp ; Naming of New Zealand: European Names ; 1966 Encyclopedia of New Zealand.
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Voir aussi

Bibliographie

  • Statistics New Zealand. The New Zealand Official Yearbook, 1998. Wellington : GP Publications, 1998.
  • Rice, Geoffrey W, ED. The Oxford History of New Zealand. 2e Ă©d. Auckland : Oxford University Press, 1992.
  • Lextreyt, Michel. Nouvelle-ZĂ©lande : Aotearoa, le pays au long nuage blanc. Tahiti, Éditions Au vent des Ăźles, 2006. 221 p., (ISBN 2909790193)

Liens externes

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