Nouveau-Brunswick

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Nouveau-Brunswick
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Nouveau-Brunswick
New Brunswick

Drapeau
Blason

Drapeau et Armoiries

Devise : Spem reduxit
(Latin : ¬ę L'espoir revint ¬Ľ)

Carte de localisation
Pays Drapeau du Canada Canada
Capitale Fredericton
45¬į 57‚Ä≤ 27‚Ä≥ N 66¬į 38‚Ä≤ 40‚Ä≥ W / 45.957594, -66.64444
Plus grande ville Saint-Jean
Langues officielles Anglais, Français
Lieutenant-gouverneur Graydon Nicholas
Premier ministre David Alward (Progressiste-conservateur)
Superficie 73 908 km2 (8e)
Terre 71 450 km2
Eau 1 458 km2 (2,00 %)
Population Totale (2010) 752 800[1] hab. (8e)
Densit√© 10,28 hab./km2 (4e)
Admission dans la Confédération
Date 1er juillet 1867
Rang 1e
Représentation au Parlement fédéral
Sièges à la chambre des communes 10
Sièges au sénat 10
Abréviation postale NB
Préfixe de code postal E
Gentilé Néo-Brunswickois, Néo-Brunswickoise
Fuseau horaire UTC -4
Domaine Internet .nb.ca

Autres provinces et territoires du Canada

Le Nouveau-Brunswick (API : /nu.vo.b Ā…Ēn.zwik/), New Brunswick en anglais, est l‚Äôune des dix provinces canadiennes.

D‚Äôune superficie de 71 355 km2, la province est deux fois plus grande que la Belgique. Le Nouveau-Brunswick compte 729 997 habitants (2006)[2]. Pr√®s du tiers de la population est francophone alors qu'environ les deux tiers est anglophone. C‚Äôest d'ailleurs la seule province √† √™tre officiellement bilingue, c'est-√†-dire que les deux langues ont un statut √©gal[3].

La capitale du Nouveau-Brunswick est Fredericton, et les trois plus grandes villes sont Moncton, Fredericton et Saint-Jean. Edmundston est la plus grande ville unilingue francophone du Canada à l'extérieur du Québec[4],[5].

Le territoire du Nouveau-Brunswick est habit√© depuis au moins dix mille ans et la province fut officiellement cr√©√©e le 16 ao√Ľt 1784. Le Nouveau-Brunswick est l'une des quatre provinces fondatrices de la Conf√©d√©ration en 1867.

Sommaire

Toponymie

Le roi George III d'Angleterre.

Le Nouveau-Brunswick, New Brunswick en anglais, est nomm√© ainsi en l'honneur de George III (1738-1820), roi d'Angleterre de 1760 √† sa mort. Ce dernier descendait de la maison de Brunswick[6]. Le nom se prononce /nuvob Ā…Ēnzwik/.

Les Micmacs et les Mal√©cites n'avaient pas l'habitude de donner de noms aux vastes √©tendues de terre[7]. La colonie fran√ßaise d'Acadie, regroupant le territoire actuel des Provinces maritimes, est fond√©e en 1604. Il se peut que son nom provienne de celui de l'Arcadie, en Gr√®ce, que l'explorateur Giovanni da Verrazano a donn√© en 1524 √† la p√©ninsule de Delmarva, ou des mots micmacs cadie (¬ęterre fertile¬Ľ) ou algatig (¬ęlieu de campement¬Ľ) ou encore du mal√©cite-passamaquoddy quoddy (¬ęendroit fertile¬Ľ)[8]. La r√©gion correspondant au Nouveau-Brunswick √©tait appel√©e l'Acadie continentale ou l'Acadie occidentale.

William Alexander renomme ce territoire New Alexandria (Nouvelle-Alexandrie) en 1624 mais ce nom n'a pas surv√©cu[9]. La colonie est officiellement renomm√©e Nouvelle-√Čcosse en 1713, suite √† la conqu√™te britannique. La partie continentale re√ßoit le nom de Nouveau-Brunswick en 1784, lorsqu'elle est s√©par√©e de la Nouvelle-√Čcosse. New Ireland (Nouvelle-Irlande) a auparavant √©t√© propos√© en 1778 par le sous-secr√©taire d'√Čtat William Knox mais refus√© parce que ¬ęl'Irlande n'√©tait pas dans les bonnes gr√Ęces de la royaut√©¬Ľ[6]. Pittsylvania (Pittsylvanie) est l'un des autres noms propos√©s, en l'honneur de William Pitt (1759‚Äď1806), Premier ministre du Royaume-Uni de 1783 √† 1801 et de 1804 √† 1806[6].

La toponymie n√©o-brunswickoise respecte des r√®gles g√©n√©rales √† la francophonie mais dispose de nombreux g√©n√©riques (noms communs) uniques ou ayant un usage diff√©rent, dont aboiteau, barachois, bogan, buttereau, c√īte, mal baie, mocauque, padou, placer, platin, pointu et rigwash; la vari√©t√© est encore plus grande en anglais, avec des termes comme chockey, cove, guzzle, oxbow, pug hole, rips et stretch. La toponymie est le fruit de plusieurs mill√©naires d'histoire am√©rindienne, acadienne et britannique; son principal sp√©cialiste est Alan Rayburn[10]. La Commission de toponymie du Nouveau-Brunswick, fond√©e en 2009, √©tudie les demandes de cr√©ation et de modification des toponymes; certains de nature discriminatoires ont √©t√© chang√©s depuis lors tandis que des noms anglicis√©s ont √©t√© r√©tablis en fran√ßais[11].

Géographie

Article d√©taill√© : G√©ographie du Nouveau-Brunswick.
Le Nouveau-Brunswick.

Situation

Le Nouveau-Brunswick est situ√© √† l'est du Canada, √† la fois dans les provinces Maritimes et dans les provinces de l'Atlantique. La mer est en effet omnipr√©sente, aucun point du territoire n'√©tant √† plus de 180 kilom√®tres du littoral. Le Nouveau-Brunswick est bord√© au nord par la baie des Chaleurs, √† l'est par le golfe du Saint-Laurent et le d√©troit de Northumberland et au sud par la baie de Fundy. La province partage une fronti√®re avec l'√Čtat am√©ricain du Maine √† l'ouest, avec le Qu√©bec au nord-ouest et la Nouvelle-√Čcosse au sud-est, avec laquelle elle est reli√©e par l'isthme de Chignectou. Il y a √©galement une fronti√®re maritime avec l'√éle-du-Prince-√Čdouard, mais un pont les relie. Il y a seulement des douanes √† la fronti√®re am√©ricaine.

Elle est la plus grande des trois provinces maritimes canadiennes mais reste petite √† l'√©chelle du pays. D'une superficie de 71 355,12 km2 [12], la province est un peu plus √©tendue que la Sierra Leone, le 117e pays le plus √©tendu du monde, et la Belgique pourrait y entrer deux fois. La province s'√©tend sur plus de 300 km du nord au sud et de l'est √† l'ouest.

La province compte plusieurs √ģles, notamment Miscou, l'√ģle de Lam√®que, l'√ģle Red Deer, Campobello et Grand Manan. La souverainet√© sur la roche North et l'√ģle Machias Seal, situ√©es au sud-ouest, est disput√©e avec les √Čtats-Unis[13].

Relief

Le mont Carleton.

Le relief est domin√© par les Appalaches. Les principaux sommets sont situ√©s au nord-ouest et le point culminant, le mont Carleton, est haut de 820 m√®tres[14]. Le centre et l'est de la province compte des collines aux pentes douces alors que le sud compte des collines aux pentes abruptes, notamment les collines cal√©doniennes. L'extr√©mit√© sud-est, √† la fronti√®re avec la Nouvelle-√Čcosse, est occup√© par une plaine.

Hydrographie

Le fleuve Saint-Jean, près de Fredericton.

Aucun lieu n'est situ√© √† plus de 180 kilom√®tres de la mer. Le grand nombre de cours d'eau a d√©termin√© l'emplacement de la plupart des localit√©s, en plus de permettre un d√©veloppement pr√©coce de l'√©conomie. Il y a de nombreux lacs au sud, dont le principal est le Grand Lac, avec ses 30 km de long[14].

Le fleuve Saint-Jean est le principal cours d'eau, autant d'un point de vue g√©ographique que historique ou √©conomique. Long de 673 km, il prend sa source dans l'√Čtat am√©ricain du Maine et traverse ensuite la province du nord-ouest au sud, avant de se jeter dans la baie de Fundy √† Saint-Jean. Son bassin hydrographique mesure 55 400 km2, dont 34 400 km2 au Nouveau-Brunswick, et son d√©bit √† l'embouchure est de 1 100 m3/s. Le fleuve forme en fait la majeure partie de la fronti√®re avec le Maine. Au Nouveau-Brunswick, ses principaux affluents sont, d'amont en aval, la rivi√®re Madawaska, la rivi√®re Aroostook, la rivi√®re Tobique et la rivi√®re Kennebecasis[15]. Les cinq autres cours d'eau les plus importants sont la rivi√®re Ristigouche, la rivi√®re N√©pisiguit, la rivi√®re Miramichi, la rivi√®re Petitcodiac et le fleuve Sainte-Croix. Le fleuve St-Jean est le plus grand de la province.

Géologie

La majeure partie du territoire fut form√©e durant le pal√©ozo√Įque, en tant que portion d'une formation plus grande s'√©tendant du sud-est des √Čtats-Unis √† Terre-Neuve. les roches du nord et de l'ouest de la province ont √©t√© form√©e en grande partie par des d√©p√īts de s√©diments marins durant l'ordovicien. Ces roches ont ensuite subi des intrusions granitiques avant d'√™tre recouvertes de couches de lave. L'activit√© volcanique et les tremblements de terres ont atteint leur sommet il y a environ 350 millions d'ann√©es, durant l'orogen√®se acadienne. Les roches du centre et de l'est se sont surtout form√©es √† la fin du carbonif√®re, il y a environ 300 millions d'ann√©es, dans les rivi√®res, les mar√©cages et les lacs peu profonds[14].

Climat

Une route enneigée.

Le territoire b√©n√©ficie d'un climat continental adouci par la proximit√© de l'oc√©an Atlantique. Le Madawaska, au nord-ouest, a le climat le plus rigoureux, o√Ļ la temp√©rature est inf√©rieure √† la moyenne provinciale de plusieurs degr√©s et o√Ļ le tiers des pr√©cipitations tombent sous forme de neige. Les r√©gions c√īti√®res sont plus chaudes l'hiver et sensiblement plus fra√ģches l'√©t√© tandis qu‚Äôelles ne re√ßoivent que 15 √† 20 % de leurs pr√©cipitations sous forme de neige. Au nord-ouest, le nombre moyen de jours sans gel est de 100, alors qu'il est de 125 au bord de la baie de Fundy, au sud[14].

Milieux naturels et environnement

La for√™t recouvre pr√®s de 83 % du territoire. Les conif√®res les plus abondants sont le prusse (√©pinette) et le sapin, suivis du thuya occidental et du pin blanc d'Am√©rique, avec aussi du pin gris, du pin rouge, de la pruche et du m√©l√®ze. Les esp√®ces de feuillus les plus courantes sont, en ordre d√©croissant, l'√©rable rouge, l'√©rable √† sucre, le peuplier, le bouleau jaune, le bouleau blanc et le h√™tre d'Am√©rique. Il y a aussi du fr√™ne, de l'orme, de l'ostryer de Virginie et du ch√™ne rouge par endroits[14].

Les milieux naturels sont prot√©g√©s par un r√©seau de deux parcs nationaux, de cinq r√©serves nationales de faune, de trois refuges d'oiseaux migrateurs, d'une zone de protection marine, de 34 parcs provinciaux et de 61 zones naturelles prot√©g√©es. √Ä ceux-ci s'ajoutent 800 zones hivernales pour les chevreuils repr√©sentant 280 000 hectares et 400 000 hectares de zones tampons autour des cours d'eau, prot√©g√©es de l'exploitation foresti√®re. En fait, le tiers des terres de la Couronne sont sous une direction sp√©ciale[16].

Le grand nombre de barrages est de pont-jetées sont reconnus comme étant une menace environnementale. La rivière Petitcodiac, entravée par son pont-jetée depuis 1969, a été rouverte au libre cours de l'eau en 2010 et son écosystème se reformerait selon les premières observations. Celle de la rivière à l'Anguille (Eel) subira le même sort plus tard dans l'année.

Villes et urbanisme

Le centre-ville de Fredericton.

Histoire

Article d√©taill√© : Histoire du Nouveau-Brunswick.

Origines et explorations européennes

Plan de l'√ģle Sainte-Croix, par Samuel de Champlain.

Le territoire est habit√© depuis au moins dix mill√©naires, √† l'origine par les Pal√©oam√©ricains. Les Micmacs, les Mal√©cites et les Passamaquoddys leur ont succ√©d√© durant les mill√©naires, une partie de la pr√©histoire est en effet inconnue. Les Micmacs habitaient √† l'origine l'est et le nord du Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-√Čcosse, l'√éle-du-Prince-√Čdouard et la c√īte sud de la Gasp√©sie. Les Mal√©cites occupaient la vall√©e du fleuve Saint-Jean tandis que les Passamaquoddys r√©sidaient au bord de la rivi√®re Sainte-Croix[17].

Les Vikings ont vraisemblablement visit√© la r√©gion, au XIe si√®cle. Des p√™cheurs basques, bretons et normands visit√®rent la r√©gion √† partir du XIIIe si√®cle. Jacques Cartier mit pied √† Miscou et explora le littoral de la baie des Chaleurs, en 1534.[r√©f. souhait√©e] Les autochtones font du commerce avec les Europ√©ens, ce qui les rends d√©pendants de leur technologie tout en les exposants aux maladies[17].

Acadie (1604-1763)

Article d√©taill√© : Histoire de l'Acadie.
Situation du fort Beauséjour en 1754.

L'Acadie est fond√©e en 1604 par Samuel de Champlain et Pierre Dugua de Mons √† l'√ģle Sainte-Croix, dans le Maine actuel, tout pr√®s du Nouveau-Brunswick. La colonie est abandonn√©e l'ann√©e suivante en raison des conditions de vie difficiles, et d√©plac√©e √† Port-Royal dans l'actuelle Nouvelle-√Čcosse. Les Micmacs aident les Fran√ßais √† survivre et accueillent ceux restant dans la colonie apr√®s 1610[17].

Ces derniers explor√®rent le reste de la r√©gion durant les ann√©es suivantes. Le Fort Sainte-Marie, aussi appel√© La Tour, fut fond√© en 1631 par Charles de Saint-√Čtienne de La Tour au bord du fleuve Saint-Jean. C'est le premier √©tablissement permanent fran√ßais. Charles de Menou d'Aulnay attaqua le fort. Apr√®s un si√®ge de quatre jours, o√Ļ Fran√ßoise Marie Jacquelin d√©fendit avec bravoure le fort, il tomba aux mains de l'ennemi. D'Aulnay le fit br√Ľler et construisit le fort Saint-Jean, sur la rive oppos√©e du fleuve.

Le gouverneur Isaac de Razilly meurt en 1635, d√©clenchant une guerre civile entre Charles de Saint-√Čtienne de La Tour, Charles de Menou d'Aulnay et Nicolas Denys. √Ä la mort de D'Aulnay, en 1650, De La Tour reprend Saint-Jean et Denys reprend Miscou avant de fonder un poste √† Nipisiguit (Bathurst). Nicolas Denys prend sa retraite comme marchand et p√™cheur en 1668 et publie Description de l'Am√©rique Septentrionale trois ans plus tard. La vall√©e du fleuve Saint-Jean reste un territoire mal√©cite, d'o√Ļ sont lanc√©es les attaques fran√ßaises contre la Nouvelle-Angleterre durant les ann√©es 1690, ce qui contribue √† l'hostilit√© contre la pr√©sence fran√ßaise[17].

Des colons d'origine fran√ßaise, les Acadiens, s'√©tablirent durant le si√®cle suivant, principalement √† Beaubassin et ensuite aux Trois-Rivi√®res. La colonie d'Acadie ou Nouvelle-√Čcosse (Nova Scotia en anglais) changea plusieurs fois de mains au cours du XVIIIe si√®cle, mais elle fut c√©d√©e d√©finitivement aux Britanniques au Trait√©s d'Utrecht (1713). Cependant, pendant la premi√®re partie du XVIIIe si√®cle, il y eut peu de tentatives de colonisation de la part des Britanniques ou Anglo-Am√©ricains. Le sort √† r√©server √† la population acadienne fit l'objet de nombreux d√©bats, car l'Acadie ou Nouvelle-√Čcosse √©tait une zone de conflit presque permanent entre les deux empires, fran√ßais et britannique. √Ä partir de 1755, apr√®s la chute du fort Beaus√©jour, les Acadiens furent d√©port√©s. Les historiens d√©battent encore des causes exactes de la d√©portation[18]. En Acadie m√™me, une r√©sistance arm√©e s'organisa √† certains endroits, tandis que des villages furent compl√®tement ras√©s. Des centaines d'Acadiens fuirent vers les fleuves Saint-Jean et Miramichi. Poursuivis par les Britanniques, ils se r√©fugi√®rent encore plus loin en haut du Saint-Jean, ou sur le littoral de la baie des Chaleurs. La d√©portation dura jusqu'en 1763, et la plupart des communaut√©s furent touch√©es.

La plupart des Acadiens furent d√©port√©s dans les Treize Colonies nord-am√©ricaines, mais ceux envoy√©s en Virginie furent rejet√©s par cette colonie et furent envoy√©s en Grande-Bretagne. De l√†, ils gagn√®rent la France en 1763, √† la signature du trait√© de paix entre la France et l'Angleterre, mettant fin √† la Guerre de Sept Ans. D'autres Acadiens, d√©port√©s de Louisbourg et de l'√éle Saint-Jean (actuelle √éle-du-Prince-√Čdouard), furent d√©port√©s directement en France √† partir de 1758[19]. Environ la moiti√© des Acadiens d√©port√©s en France d√©cid√®rent en 1785 de repartir en Louisiane, o√Ļ ils rejoignirent plusieurs milliers de leurs compatriotes ayant d√©j√† exfiltr√© des Treize Colonies. Ils sont √† l'origine de la communaut√© cadienne, dont le nom d√©rive d'Acadiens. D'autres Acadiens r√©ussirent √† rentrer dans ce qui √©tait d√©sormais le Nouveau-Brunswick, d'autres s'install√®rent √† Saint-Pierre-et-Miquelon, seule colonie fran√ßaise restant en Am√©rique du Nord[20].

√Čpoque coloniale britannique (1763-1867)

Après la proclamation royale de 1764, certains Acadiens revinrent s'établir avec ceux ayant échappé aux raids.

Quelques colons anglophones s'établirent dans la région surtout à partir de 1755. Avant la Révolution américaine ils étaient majoritairement des colons venant de la Nouvelle-Angleterre, connus sous le nom de planters ou planteurs[21]. Des colons provenant de la colonie de Rhode-Island s'installèrent aux alentours de Sackville, au sud-est[22]. D'autres fermiers de Yorkshire en Angleterre s'ajoutèrent à ce petit groupe avant 1771.

En outre, des colons de la Pennsylvanie, sous l'influence d'un officier suisse dans l'emploi britannique, Georges Frédéric Wallet Desbarres, s'installèrent dans la région de Hopewell et Moncton (alors souvent écrit Monckton à cette époque)[23].

Pourtant il fallut attendre la R√©volution am√©ricaine avant de voir plus de communaut√©s anglophones se former. En effet, des milliers de loyalistes qui s'√©taient oppos√©s √† la r√©volution, d√©pouill√©s de leurs terres et la plupart de leurs biens par le gouvernement de la nouvelle r√©publique am√©ricaine, s'√©chapp√®rent apr√®s le Trait√© de Paris en 1783 et vinrent s'√©tablir en Nouvelle-√Čcosse. Ceux qui re√ßurent des allocations de terres dans la vall√©e du fleuve Saint-Jean ou le long des c√ītes de la baie de Fundy ou le d√©troit de Northumberland devinrent bient√īt m√©contents d'√™tre gouvern√©s d'aussi loin qu'Halifax. Alors le gouvernement britannique cr√©a la province du Nouveau-Brunswick en 1784. Parmi les communaut√©s colonis√©es par les loyalistes apr√®s 1783 sont Saint-Andrews, Saint-Jean et Sussex, ainsi que les petites communaut√©s de la vall√©e du fleuve Saint-Jean. Le premier gouverneur de la province de Nouveau-Brunswick, Thomas Carleton choisit comme capitale de la province le hameau de Ste-Anne, renomm√© Frederick's Town (ensuite Fredericton) apr√®s le troisi√®me fils de George III[24]. En tous, quelques 14,000 √† 15,000 r√©fugi√©s loyalistes, dont la plupart √©taient n√©s en Am√©rique sont r√©put√©s d'√™tre venus au Nouveau-Brunswick lors de cette migration[25].

Durant le XIXe si√®cle, l'√©conomie du Nouveau-Brunswick se d√©veloppa. On construisit plusieurs scieries, des chantiers navals et plus tard des chemins de fer.

Au cours de ce siècle, le peuple acadien commença à se doter d'institutions et de tenter de se donner plus de place dans la province.

Confédération canadienne (1867 à nos jours)

Délégués à la conférence de Charlottetown.

En 1867, le Nouveau-Brunswick fut l'une des quatre provinces fondatrices du Dominion du Canada. La conf√©rence de Charlottetown, en 1864, avait pour but √† l'origine de former une Union des Maritimes, soit le Nouveau-Brunswick, l'√éle-du-Prince-√Čdouard et la Nouvelle-√Čcosse. En raison de craintes face √† la Guerre civile am√©ricaine et aux raids f√©niens le long de la fronti√®re, certains propos√®rent d'√©largir la port√©e de l'union. Cet int√©r√™t provint de la Province du Canada et une requ√™te fut faite par les Canadiens aux gens des Maritimes de modifier les termes de la rencontre.

Plusieurs citoyens du Nouveau-Brunswick ne voulaient pas de cette confédération élargie, craignant que les besoins de la région soient négligés par ceux du reste du pays. Plusieurs politiciens impliqués, tels que Samuel Leonard Tilley, se retrouvèrent sans siège à l'élection suivante.

√Ä la suite de la Conf√©d√©ration, on se rendit compte que les opposants au projet avaient raison, les Maritimes √©prouvant alors des probl√®mes √©conomiques significatifs. De nouvelles politiques nationales et barri√®res commerciales vinrent d√©ranger les relations commerciales traditionnelles entre la r√©gion et le Royaume-Uni. La situation au Nouveau-Brunswick fut exacerb√©e par le Grand incendie de Saint-Jean en 1877 et par le d√©clin de l'industrie de la construction navale. Finalement, La r√©cession provoqu√©e par la Panique de 1893 fit baisser de fa√ßon significative les exportations. Plusieurs travailleurs exp√©riment√©s perdirent leur emploi et durent en chercher un nouveau dans les autres provinces √† l'ouest ou aux √Čtats-Unis. L'√©conomie reprit de l'expansion au d√©but du XXe si√®cle. L'industrie manufacturi√®re prit de l'importance avec la construction de plusieurs usines de textiles. √Čgalement, la construction de plusieurs nouvelles scieries un peu partout dans la province permit de construire de plus grandes usines de p√Ętes et papier. Le taux de ch√īmage demeura tout de m√™me √©lev√© et la Grande d√©pression exacerba la situation.

Entre 1871 et 1875, une crise majeure secoua le Nouveau-Brunswick. En effet, une loi prévoyant une transformation du système scolaire et en particulier l'abolition des cours d'enseignement religieux causa la colère de la population catholique, surtout acadienne et irlandaise.

Plusieurs régions autrefois sauvages furent colonisées pour permettre aux gens touchés d'échapper à la pauvreté. Deux familles acquirent une fortune considérable après la crise: les Irving et les McCain.

Les tensions linguistiques se firent moins fortes vers la fin des ann√©es 1990. Toutefois, √† la suite de la nouvelle majorit√© de la population francophone √† Bathurst, les probl√®mes refirent surface. √Ä la suite des pressions anglophones et francophones, le gouvernement provincial modifia la loi pour exiger que toutes les cit√©s et municipalit√©s ayant plus de 20 % de gens parlant l'une des deux langues officielles offrent des services dans cette langue.

Politique et administration

Article d√©taill√© : Politique du Nouveau-Brunswick.
L'édifice de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Constitution

Le Canada étant une fédération, la constitution canadienne consiste en l'ensemble des droits fondamentaux et des règles qui définissent les principes politiques, les institutions, les pouvoirs ainsi que les responsabilités du fédéral et des provinces. La constitution canadienne est composée principalement de la Loi constitutionnelle de 1867, de la Loi constitutionnelle de 1982 et de son annexe, comportant une trentaine de lois et décrets[26].

La constitution n√©o-brunswickoise est elle-m√™me compos√©e des dispositions de la constitution canadienne qui concernent les provinces canadiennes en g√©n√©ral et le Nouveau-Brunswick en particulier, des lois organiques provinciales relatives √† la r√©partition des pouvoirs de la province et des droits des personnes, la plupart des conventions constitutionnelles touchant les rapports entre la Couronne du Canada, l'Ex√©cutif et le Parlement, les r√®gles de common law sur la pr√©rogative royale exerc√©e par le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick ainsi que de la jurisprudence des tribunaux du Nouveau-Brunswick et du Canada[r√©f. n√©cessaire].

La constitution du Canada peut normalement être modifiée par un vote favorable du Sénat, de la Chambre des communes et d'au moins le deux tiers des législatures provinciales représentant au moins la moitié de la population canadienne, le tout avec l'accord du gouverneur général. Toutefois, une disposition de la constitution canadienne concernant uniquement le Nouveau-Brunswick peut être modifiée par un vote favorable de la Chambre des communes du Canada, de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick ainsi qu'avec l'accord du Sénat et du gouverneur général du Canada. De plus, l'Assemblée législative seule peut modifier la constitution du Nouveau-Brunswick. En fait, toutes les tentatives de modification depuis 1982 ont échoué et seulement dix amendements mineurs ont été adoptés, dont un seul touchant la province.

Par la constitution, le parlement du Canada obtient le pouvoir de légiférer sur un certains nombre de compétences exclusives, notamment la défense, les communications et la propriété intellectuelle. Les compétences exclusives du Nouveau-Brunswick incluent l'éducation et la santé. Certaines autres compétences sont partagées, notamment l'agriculture, les transports et l'immigration.

Système politique

Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Elle est formée de 55 députés en 2010[27], élus pour un mandat maximal de cinq ans[28] au suffrage universel au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans les différentes circonscriptions électorales. Le système parlementaire est monocaméral depuis l'abolition du Conseil législatif du Nouveau-Brunswick en 1892.

Le pouvoir ex√©cutif est d√©tenu par le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, dont le poste est occup√© par Graydon Nicholas depuis 2009. Nomm√© par le gouverneur g√©n√©ral du Canada sur recommandation du Premier ministre du Nouveau-Brunswick, il est le repr√©sentant de la reine au Nouveau-Brunswick. Son r√īle √©tant avant tout honorifique, le pouvoir ex√©cutif d√©tenu dans les faits par le Premier ministre du Nouveau-Brunswick, qui est le chef du parti ayant remport√© le plus de si√®ges √† l'Assembl√©e l√©gislative du Nouveau-Brunswick. Lors de l'√©lection du 27 septembre 2010, le Parti progressiste-conservateur a remport√© 42 des 55 si√®ges, rel√©guant les lib√©raux de Shawn Graham dans l'Opposition officielle. Le Premier ministre pr√©side le Conseil ex√©cutif du Nouveau-Brunswick, g√©n√©ralement form√© de d√©put√©s de l'Assembl√©e l√©gislative et g√©n√©ralement √† la t√™te d'un minist√®re.

Tendances politiques, partis et élections

Il y a deux partis politiques dominants au Nouveau-Brunswick, le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur. Le Nouveau Parti démocratique a déjà obtenu des sièges au parlement mais jamais la majorité. De temps à autre, d'autres partis comme le Confederation of Regions Party of Canada ont obtenu des sièges au Parlement, mais seulement lors de votes de protestation. Donc, le Nouveau-Brunswick est essentiellement dirigé tour à tour par les deux mêmes partis.

Les dynamiques de la politique au Nouveau-Brunswick sont différentes de celles des autres provinces du Canada. Le fait qu'il n'y ait pas de ville dominante dans la province veut dire que le gouvernement doit se préoccuper de sujets affectant toutes les régions de la province. De plus, la présence d'une large minorité francophone fait qu'un consensus politique est nécessaire, même quand il y a une majorité présente au gouvernement. De cette façon, la politique provinciale au Nouveau-Brunswick tend à s'aligner sur la situation de la scène fédérale plus concrètement que les autres provinces.

Au cours des cinquante dernières années, il y a eu une tendance dans la province à élire de jeunes chefs et à leur donner de longs mandats avec une forte majorité. Tous les chefs récents étaient bilingues. Cette combinaison d'attributs tend à rendre les premiers ministres du Nouveau-Brunswick importants sur la scène fédérale. L'ancien premier ministre, Bernard Lord (progressiste-conservateur), est considéré comme un chef potentiel du Parti conservateur du Canada si le premier ministre Stephen Harper se retirait de la politique. L'ancien premier ministre libéral Frank McKenna a été un candidat présumé à la succession de Paul Martin mais a décidé de ne pas tenter sa chance.

Finances publiques

Les principales sources de revenu du gouvernement provincial sont l'imp√īt sur le revenu des particuliers, l'imp√īt sur le revenu des entreprises, la taxe sur le carburant et la taxe fonci√®re. L'imp√īt sur le revenu provincial est fix√© √† un taux de 55,5 % de l'imp√īt f√©d√©ral de base[28]. En 1997, la taxe de vente provinciale et la taxe sur les produits et services (TPS) furent combin√©es pour former la taxe de vente harmonis√©e (TVH)[28], d'un taux de 13 % depuis 2008[29]. Les imp√īts et la TVH sont per√ßus par le gouvernement f√©d√©ral mais redistribu√©s √† la province. Le quart des revenus provinciaux proviennent en fait des paiements de p√©r√©quation, un programme destin√© √† permettre aux provinces plus pauvres d'offrir un niveau de services publics standard. Un autre 10 % des revenus provient de divers programmes f√©d√©raux d'infrastructures, de sant√© et d'√©ducation[28].

Les dépenses du budget provincial s'élèvent à près de 8 milliards de dollars canadiens en 2010-2011, avec un déficit de près de 750 millions de dollars[30]. Les principales dépenses concernent la santé et les services sociaux, l'éducation, les municipalités et le service de la dette.

Divisions administratives

Carte des comtés, des gouvernements locaux et des réserves indiennes.

Le Nouveau-Brunswick comprend 8 cités, 26 villes, 68 villages, 4 communautés rurales et 266 DSL. Finalement, il y a une vingtaine de réserves indiennes, regroupées au sein de Premières nations, chacune gouvernées par un conseil de bande présidé par un chef.

Chaque type de municipalité a un fonctionnement semblable, bien que les cités aient certaines obligations supplémentaires et que les villages n'ont pas à offrir autant de services publics que les autres municipalités. Une municipalité est gouvernée par un conseil municipal, présidé par un maire. Les DSL sont quant à eux gérés directement par le gouvernement et ne sont donc pas à proprement parler des municipalités mais leurs citoyens peuvent élire un comité consultatif de cinq membres dont un président. Nombreux sont les DSL ne possédant pas de comité consultatif et plusieurs initiatives sont en cours afin d'améliorer la participation de la population à la gouvernance locale. C'est ainsi qu'est née la Communauté rurale en 1993.

Les gouvernements locaux sont sous la responsabilité du ministère des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick. Plusieurs services publics de compétence municipale sont régis par des organismes régionaux, par exemple les commission de gestion des déchets solides et les commissions d'aménagement pour l'urbanisme.

Les gouvernements locaux coexistent avec un système de divisions administratives plus ancien. La subdivision de base en est le comté, qui sont au nombre de quinze. Chaque comté est subdivisé en paroisses, qui sont au nombre de 154. Les gouvernements locaux remplacent les anciennes municipalités de comtés, dissoutes en 1966. La population de chaque paroisse élisait des conseillers au conseil municipal, qui choisissaient à leur tour un préfet. Le conseil siégeait dans un palais de justice situé dans le chef-lieu. Les paroisses avaient certains pouvoirs, qu'ils perdirent graduellement en faveur des municipalités de comté. Certains chefs-lieux ont toujours une importance administrative alors que les comtés continuent d'être utilisés dans les différents découpages administratifs et pour le recensement. De plus, la plupart des paroisses civiles existent toujours en tant que districts de services locaux (DSL).

En 2008, le Rapport sur la gouvernance locale proposait de r√©former l'administration locale en modifiant la gestion ainsi que la fiscalit√© et en regroupant les actuelles municipalit√©s et DSL en 12 ¬ę districts de services r√©gionaux ¬Ľ, ensuite subdivis√©s en ¬ę entit√©s municipales ¬Ľ.

Politique fédérale

Le Nouveau-Brunswick compte traditionnellement un ministre au Cabinet et dix sénateurs au Sénat. Dix députés représentent actuellement la province à la Chambre des communes[28],[28].

Richard Bedford Bennett (1870-1947), a été le 11e premier ministre du Canada, Roméo LeBlanc (1927-2009) a été le 25e gouverneur général du Canada de 1995 à 1999. D'autres personnalités politiques importantes sont originaires de la province, dont W.A.C. Bennett (1900-1979), premier ministre de la Colombie-Britannique, Andrew Bonar Law (1858-1923), premier ministre du Royaume-Uni, et John Peters Humphrey (1905-1995), l'un des principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Droit

La Cour provinciale du Nouveau-Brunswick est la cour de première instance en matière d'infractions au Code criminel ou d'autres lois fédérales ou provinciales.

La Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick. Elle entend tous les litiges en droit de la famille, en plus d'être le tribunal de première instance dans les affaires pénales et civiles de grande envergure. Elle a finalement compétence dans les appels de poursuites sommaires.

La Cour des successions du Nouveau-Brunswick a compétence sur les testaments et les biens de personnes décédées. Elle est présidée par un juge de la Cour du Banc de la Reine, bien que distincte de cette dernière.

La Cour d'appel du Nouveau-Brunswick est le plus haut tribunal ainsi que la cour de dernier ressort, sauf lorsqu'il est possible d'interjeter appel à la Cour suprême du Canada. La Cour siège généralement à Fredericton. Elle compte cinq juges et un juge en chef, poste occupé par J. Ernest Drapeau depuis 2003.

√Čconomie

Panorama de Moncton, dominée par la Place de l'Assomption, siège d'Assomption Vie.

L'économie du Nouveau-Brunswick est dominée par l'exploitation forestière depuis le début du XIXe siècle[31]. Les services occupent désormais une place importante, plus précisément les secteurs financiers, de l'assurance et de la santé.

L'industrie lourde est centrée à Saint-Jean, l'économie de Fredericton est dominée par les services gouvernementaux, les universités et l'armée. Moncton est un centre commercial, de transport et de distribution, avec d'importantes infrastructures ferroviaires et aériennes.

La plupart des institutions financières sont des succursales d'entreprises ontariennes ou québécoises[31]. Les coopératives de crédit, les caisses populaires, dont la principale est la fédération des Caisses populaires acadiennes, basée à Caraquet, et Assomption Vie, de Moncton, sont quelques exceptions notoires.

Les néo-brunswickois s'étant le plus distingués dans le monde des affaires sont James Hamet Dunn (1874-1956), Max Aitken (1879-1964), Kenneth Colin Irving (1899-1992) ainsi que les frères Harrison McCain (1927-2004) et Wallace McCain (1930-2011).

Agriculture

Le Nouveau-Brunswick a connu plusieurs probl√®mes dans le domaine de l'agriculture, comme partout au Canada, ce qui a caus√© une baisse de la valeur de la production et l'abandon presque syst√©matique de l'agriculture de subsistance[31]. Alors que la production est rest√©e stable, le nombre de fermes est pass√© de pr√®s de 32 000 en 1941 √† 3 000 actuellement[31]. La superficie des terres agricoles a perdu les deux tiers des 350 000 hectares en 1941[31]. Le nombre d'emplois agricoles est pass√© de 26 834 en 1951 √† 6 000 de nos jours[31]. Toutefois, durant la m√™me p√©riode, la production est rest√©e stable et le nombre d'emplois dans la transformation et le transport des produits agricoles a augment√© √† 18 000[31].

Les produits laitiers et les patates (pommes de terres) repr√©sentent 45 % des revenus agricoles alors le bŇďuf, la volaille et le porc comptent pour 30 %, les grandes cultures de fruits et l√©gumes pour 7,5 %, les Ňďufs pour 6 % et les produits de l'√©rable pour 2 %[31].

Les patates, surtout de semences, repr√©sentent la principale exportation agricole de la province, qui fourni 20 % de la production canadienne[31]. Les patates sont surtout cultiv√©es dans la vall√©e du fleuve Saint-Jean, o√Ļ les comt√©s de Carleton et de Victoria en produisent 80 % et le comt√© de Madawaska, 15 %[31]. La production laiti√®re se concentre dans les comt√©s de Kings, de Westmorland et d'York.

Une douzaine d'offices regroupent les producteurs de lait, de dindon, d'Ňďufs, de porc, de cr√®me, de poulet, de pommes, de plantes d'am√©nagement ext√©rieur ainsi que certains produits forestiers[31].

Pêche

Le port de Caraquet.

La p√™che, en d√©clin jusqu'aux ann√©es 1960, connait ensuite un second souffle gr√Ęce √† la modernisation des navires et des m√©thodes. De plus, l'extension des limites de la zone de p√™che √† 370 km des c√ītes en 1977 profite √† l'industrie. Toutefois, l'industrie souffre actuellement d'une baisse des prises et des stocks de poisson[31].

L'industrie des p√™ches n√©o-brunswickoise repr√©sente 20 % de celle de la c√īte atlantique canadienne. La moiti√© de la production est export√©, principalement aux √Čtats-Unis, alors que le Japon repr√©sente un march√© de plus en plus important. En 1995, les prises avaient une valeur de 100 millions $ et l'industrie comptait 8 000 p√™cheurs travaillant sur environ 4 000 bateaux. L'industrie de la transformation cr√©e 10 000 emplois dans 130 usines. Les principales zones de p√™che sont le golfe du Saint-Laurent, le d√©troit de Northumberland et la baie de Fundy. Le homard repr√©sente la majeure partie de la valeur des produits transform√©s, suivi du crabe, du hareng et du p√©toncle. La salmoniculture du sud-ouest de la province est une industrie de 95 millions $. La truite, les hu√ģtres et les moules sont aussi cultiv√©es dans diff√©rentes r√©gions[31].

Le Nouveau-Brunswick compte de nombreux ports de p√™che, dont le plus lucratif et l'un des plus grands est le port de Shippagan, pouvant accueillir 90 bateaux[32]. Le seul chantier naval, celui de Bas-Caraquet, a d√©j√† √©t√© le principal chantier de r√©paration au Canada mais n√©cessite des investissements importants[33]. L'√Čcole des p√™ches du Nouveau-Brunswick, √† Caraquet, offre des cours coll√©giaux dans les diff√©rents domaines de l'industrie.

Les r√®gles en vigueur concernant les droits de p√™che sur la section de Nouveau-Brunswick ont relativement √©volu√© depuis la loi de 1988 qui est √† ce jour une des lois les plus connues dans le monde juridique canadien [r√©f. n√©cessaire].

Industrie forestière

L'usine de p√Ęte et papier J.D. Irving √† Saint-Jean.

L'industrie foresti√®re au Nouveau-Brunswick g√©n√®re des revenus de 2,1 milliards de dollars[34], soit 11 % du PIB provincial. Les produits forestiers repr√©sentent 40 % de la valeur des exportations de la province. L'industrie cr√©e environ 14 000 emplois directs et 13 000 emplois indirects[16]. Les emplois directs √† eux seuls repr√©sentent une masse salariale de 480 millions de dollars[16].

La province a une superficie de 7,2 millions d'hectares. 6,1 millions d'hectares sont couverts de for√™t et de ce nombre, 5,9 millions d'hectares repr√©sentent un potentiel √©conomique. Il y a deux types de terres √† bois au Nouveau-Brunswick: les terres de la Couronne et les terres priv√©es. Les terres de la couronne sont divis√©es en 10 zones (licences), qui sont lou√©es √† 6 grandes compagnies foresti√®res (licenci√©s) et environ 50 sous-licenci√©s[r√©f. souhait√©e].

Les terres de la couronne repr√©sentent 51 % des terres √† bois, les terres f√©d√©rales 2 %, les terres priv√©es des particuliers 29 % et les terres priv√©es des compagnies foresti√®res 18 %[r√©f. souhait√©e].

Moins de 2 % (60 000 hectares) des terres publiques sont coup√©es √† chaque ann√©e, et deux tiers repousseront naturellement[16].

Coupes annuelles et coupes permises, sur les terres de la couronne [r√©f. n√©cessaire] (2004-2005)
Type de bois Volume coupé (mètres cubes) Volume permis (mètres cubes)
Bois mou 3 290 000 3 494 000
Bois franc 1 530 000 1 870 000
Total 4 820 000 5 364 000

Industrie minière

L'industrie mini√®re est des plus d√©velopp√©e au Nouveau-Brunswick, sa valeur s'√©levant √† pr√®s de 1,5 milliard $ en 2006[35]. L'industrie emploie 4 200 personnes[31]. Il y a trois mines produisant du zinc, du plomb et du cuivre, une mine souterraine de potasse et de sel ainsi que 10 grandes carri√®res[35]. La mine Brunswick est la plus importante mine souterraine de zinc au monde[36]. La province produit moins de 2 % du cuivre canadien mais 25 % de l'argent, 30 % de l'antimoine, 31 % du zinc, 39 % du plomb et 91 % du bismuth[31]. Il y a 24 exploitants de tourbi√®res, situ√©es pour la plupart dans la p√©ninsule Acadienne et dans la r√©gion de Baie-Sainte-Anne[37]. Cette production repr√©sente 31 % du total canadien[31].

L'industrie minière a pourtant pris du temps à se développer. Les mines de charbon de Minto, exploitées depuis le XVIIe siècle, ont quand même contribué au développement de la région. L'un des premiers puits de pétrole commercial au monde a été foré à Memramcook en 1859. L'extraction du charbon a pratiquement cessé à partir des années 1960, à cause de l'adoption du développement de l'énergie hydroélectrique et du pétrole. Le premier et le deuxième choc pétrolier a relancé l'exploitation du charbon mais la découvertes des mines du nord-est de la province a rapidement dépassé cette production[31]. La mine de charbon fermera ses portes en 2010[38].

Le tiers du territoire est compos√© de roches du carbonif√®re, qui pourraient contenir du gaz naturel[39]. L'industrie s'est d√©velopp√©e r√©cemment, en particulier depuis la construction d'un gazoduc reliant la Nouvelle-√Čcosse aux √Čtats-Unis via le sud de la province[39].

√Čnergie

Article d√©taill√© : √Čnergie au Nouveau-Brunswick.
L'évacuateur de crues de la centrale hydroélectrique de Grand-Sault.

Le principal producteur et distributeur d'√©lectricit√© est √Čnergie NB. La p√©troli√®re Irving Oil est bas√©e √† Saint-Jean, o√Ļ elle exploite la plus importante raffinerie de p√©trole au pays.

Tourisme

Les rochers d'Hopewell.

Le tourisme est l'un des piliers de l'√©conomie provinciale. Le minist√®re du Tourisme et des Parcs en assure le d√©veloppement et la promotion. Les plages d'eau chaude, les paysages, les activit√©s de plein air et la culture acadienne sont parmi les principaux th√®mes des campagnes publicitaires. Les diff√©rents sites et activit√©s sont associ√©s √† cinq routes panoramiques, identifi√©es par un logo sur les panneaux routiers[40]. En 2007, le tourisme procurait des emplois directs √† l'√©quivalent de 23 000 travailleurs r√©partis dans 3440 entreprises. Cette industrie, dont les b√©n√©fices 791 millions de dollars, accapare 3,2 % du PIB[41]. 1,2 million de touristes visitaient annuellement la province en 1994[31].

Les parcs nationaux de Fundy et de Kouchibouguac et les 34 parcs provinciaux attirent à eux seuls 2,1 millions de visiteurs annuellement[31]. Les sites les plus recommandés sont le centre d'interprétation de la nature du Cap-Jourimain, le Pays de la Sagouine, le musée du Nouveau-Brunswick, le parc national de Kouchibouguac, le parc naturel Irving, le quartier historique de la Garnison, le sentier Fundy, les rochers d'Hopewell, le Village historique acadien et le village historique de Kings Landing[42].

Construction et fabrication

Pays dans lesquels McCain Foods possède des usines.

Environ 17 000 emplois d√©pendent de l'industrie de la construction. La valeur des travaux s'√©levait √† 845,2 millions $ en 1992. Le plus grand projet des ann√©es 1980 a √©t√© la construction de la centrale nucl√©aire de Point Lepreau[31].

Le secteur manufacturier regroupe 1 600 entreprises employant plus de 50 000 personnes. Cette industrie est surtout bas√©e sur la transformation des ressources naturelles locales, dont le tiers est li√© √† l'industrie foresti√®re. L'Industrie agroalimentaire, avec notamment McCain Foods √† Florenceville-Bristol et Grand-Sault, arrive en deuxi√®me. La Bathurst Mining & Smelting Company √† Bathurst et la raffinerie d'Irving Oil √† Saint-Jean ont aussi un poids important dans l'√©conomie[31].

Défense, sécurité et criminalité

La défense du territoire est assurée par les Forces canadiennes.

Transports

Article d√©taill√© : Transport au Nouveau-Brunswick.
Carte du routier du Nouveau-Brunswick.
Le pont de la Confédération.

La gestion du r√©seau de transport est la responsabilit√© du minist√®re des Transports du Nouveau-Brunswick. Transports Canada est responsable des transports transfrontaliers, tandis que la Gendarmerie royale du Canada, la Garde c√īti√®re canadienne et Nav Canada sont les principaux organismes de comp√©tence f√©d√©rale assurant la s√©curit√© sur les routes, en mer et dans les airs.

Transport routier

Le r√©seau routier a une longueur totale d'environ 22 585 kilom√®tres en 2009, la plupart asphalt√©[43]. La route transcanadienne traverse la province du nord-ouest au sud-est, desservant Edmundston, Fredericton et Moncton. Le r√©seau autoroutier relie toutes les r√©gions entre elles, sauf la P√©ninsule acadienne, o√Ļ une autoroute sera construite en 2012[44]. Il y a pr√®s de 2 700 structures[43]. Le pont de la Conf√©d√©ration, long de 12,9 km, permettant de relier le Nouveau-Brunswick √† l'√éle-du-Prince-√Čdouard[45].

La compagnie d'autobus interurbains Acadian Lines, filiale d'Orléans Express, dessert 36 localités[43].

Les villes de Moncton, Saint-Jean et Fredericton possèdent chacune un réseau de transport en commun par autobus. Bathurst avait instauré un service en 2005 avant de le retirer moins d'un an plus tard[46]. L'ouverture d'un réseau est proposée à Bouctouche[47].

Transport aérien

L'aéroport international du Grand Moncton, l'aéroport de Saint-Jean et l'aéroport international de Frédéricton offrent des liaisons directes vers plusieurs destinations canadiennes dont Halifax, Montréal, Toronto et Ottawa ainsi que vers Newark et Saint-Pierre-et-Miquelon. Les Antilles et Londres sont aussi desservis durant l'été. L'aéroport de Bathurst offre des liaisons intérieures régulières alors que ceux de Charlo, Saint-Léonard et Miramichi offrent un service restreint.

Transport ferroviaire

L'Océan.

La premi√®re voie ferr√©e, la ligne Saint-Jean‚ÄďPointe-du-Ch√™ne du chemin de fer European & North American, fut achev√©e en 1857. Le chemin de fer Intercolonial, inaugur√© en 1872, relia toutes les provinces canadiennes √† l'√©poque, une des conditions de la Conf√©d√©ration canadienne. Le r√©seau n√©o-brunswickois est d√©sormais r√©duit et relativement v√©tuste, servant surtout au transport des marchandises. Le plus ancien train de passagers de Via Rail Canada, L'Oc√©an, relie Montr√©al √† Halifax via neuf gares du nord et de l'est du Nouveau-Brunswick, six fois par semaine. Ce service est utilis√© par 130 000 passagers n√©o-brunswickois annuellement[43].

Il n'y a aucun réseau de tramway, de train de banlieue ou de métro. Moncton, Saint-Jean et Saint-Stephen ont toutefois déjà possédé des réseaux de tramway à traction électrique.

Transport maritime

Le paquebot Carnival Victory accosté à Saint-Jean.

Le premier port du Nouveau-Brunswick et le troisi√®me au pays est le port de Saint-Jean, o√Ļ 25 millions de tonnes de marchandises ont √©t√© manutentionn√©es en 2008. Par ordre d√©croissant d'importance viennent ensuite les ports de Belledune, de Bayside, de Dalhousie et de Miramichi[43]. Le port de Saint-Jean accueille aussi des navires de croisi√®re. La province compte √©galement des dizaines de ports de p√™che et de plaisance.

Le gouvernement op√®re douze traversiers et bacs gratuits dans le fleuve Saint-Jean ainsi qu'√† l'√ģle Deer. Coastal Transport Services dessert l'archipel de Grand Manan. Bay Feries op√®re le Princess of Acadia entre Saint-Jean et Digby, en Nouvelle-√Čcosse[43].

Société

Démographie

Article d√©taill√© : D√©mographie du Nouveau-Brunswick.

Un recensement est organis√© √† tous les cinq ans par Statistique Canada. Selon le dernier recensement de 2006, il y avait 729 997 n√©o-brunswickois, une l√©g√®re hausse de 0,1 % depuis 2001. Toujours selon le m√™me organisme, la population s'√©levait en fait √† 752 800 personne selon une estimation en 2010[1]. La densit√© de population s'√©levait √† 10,2 habitants/km¬≤, comparativement √† 3,5 habitants/km¬≤ au niveau national. L'√Ęge m√©dian √©tait de 41,5 ans, comparativement √† 39,5 ans pour le Canada, alors que 83,8 % de la population √©tait √Ęg√©e de plus de 15 ans, comparativement √† 82,3 % au pays[12].

Ethnies et origines

Lors du recensement, en 2006, les r√©pondants ont la possibilit√© d'inclure une ou plusieurs origines ; 30,3 % des habitants se d√©finissent simplement comme Canadiens[48].

Les Mal√©cites, les Micmacs et les Passamaquoddys sont les peuples √©tablis depuis le plus longtemps au Nouveau-Brunswick. Les Am√©rindiens dans l'ensemble comptent pour 4,2 % de la population[48]. Il y a aussi 0,7 % de M√©tis et 0,1 % d'Inuits[48]. La majeure partie vivent dans quinze r√©serves indiennes.

Les Acadiens repr√©sentent pr√®s de 30 % de la population. En fait, 3,5 % des habitants se d√©finissent comme tel et 26,5 % comme Fran√ßais mais dans les faits, la majorit√© se consid√®rent eux-m√™mes acadiens, la principale raison √©tant que l'option ¬ę acadien ¬Ľ ne figurait pas dans le recensement avant 1982. Leur nombre officiel ne cesse de cro√ģtre depuis cette √©poque[49]. √Ä noter qu'il y a effectivement quelques centaines de Fran√ßais au Nouveau-Brunswick[50]. Les Acadiens descendent en grande partie de familles, pour la plupart fran√ßaises, √©tablies dans l'ancienne colonie fran√ßaise d'Acadie d√®s sa fondation en 1604. √Ä ces familles s'ajoutent de nombreuses arriv√©es jusqu'√† ce jour. Les Acadiens r√©sident surtout au nord et √† l'est de la province, y compris √† Miramichi et Moncton. Il y a √©galement des Acadiens dans la plupart des autres localit√©s de la province, notamment √† Fredericton, Minto, Nackawic et Saint-Jean. Pr√®s de 300 000 Acadiens r√©sident dans les Provinces maritimes, d'o√Ļ le nom d'Acadie donn√© √† ses r√©gions francophones, nom qui s'applique aussi par extension aux autres communaut√©s acadiennes du monde[51].

La province comptait 68,6 % d'habitants d'origine britannique[52]. Plus pr√©cis√©ment, les Anglais repr√©sentent 25,5 % de la population, les Irlandais 20,9 %, les √Čcossais 19,9 % les Gallois 1,4 % et moins de 0,1 % pour les Corniques[48]. Ils sont commun√©ment appel√©s les Canadiens anglais ou simplement les Anglais, un nom qui peut aussi s'appliquer √† tout anglophone, peut importe son origine. Les Canadiens anglais sont surtout issus de familles √©tablies sur le territoire √† partir de la fin du XVIIIe si√®cle. Ils r√©sident surtout au sud de la province et dans la vall√©e du fleuve Saint-Jean jusqu'√† la hauteur de Grand-Sault, sans oublier d'importantes population dans le nord, √† Belledune, Dalhousie et Tide Head, et dans l'est, √† Miramichi et Rexton et au sud-est, √† Dorchester, Port Elgin et Sackville. Il y a finalement des minorit√©s dans la plupart des localit√©s de la province, notamment √† Bathurst et Campbellton, au nord. Les Canadiens anglais sont pr√©sents dans toutes les provinces canadiennes.

La province compte de nombreuses autres ethnies issues d'une immigration souvent plus r√©cente. En effet, les immigrants comptent pour 3,7 % de la population et les r√©sidents permanents pour 0,4 % tandis que 1,6 % des habitants n'ont pas leur citoyennet√© canadienne. De plus, 25,0 % des habitants sont des canadiens de deuxi√®me g√©n√©ration ou moins[53]. 1,9 % des habitants font partie d'une minorit√© visible. Le groupe le plus important sont les Noirs[54]. Les Allemands repr√©sentent ainsi la troisi√®me ethnie la plus importante, avec 4,7 % de la population. En ordre descendant, les N√©erlandais comptent pour 2,2 % de la population, les Am√©ricains 0,9 %, les Italiens 0,8 %, les Danois 0,5 %, les Polonais 0,4 %, les Chinois 0,4 %, les Libanais 0,4 %, les Norv√©giens 0,4 %, les Ukrainiens 0,3 %, les Indiens 0,3 %, les Su√©dois 0,3 %, les Espagnols 0,3 %, les Portugais 0,2 %, les Africains (sans plus de d√©tails) 0,2 %, les Magyars 0,2 %, les Juifs 0,2 %, les Russes 0,2 %, les Belges 0,2 %, ainsi que 0,1 % respectivement pour les Grecs, les Suisses, les Autrichiens et les Qu√©b√©cois[48].

Les d√©m√©nagements changent aussi la r√©partition de population car 9,8 % des gens r√©sidaient dans une autre municipalit√© en 2001 alors que 4,6 % sont originaires d'une autre province[55].

Langues

Langue maternelle au Nouveau-Brunswick.      Majorit√© anglophone, moins de 33 % de francophones      Majorit√© anglophone, plus de 33 % de francophones      Majorit√© francophone, moins de 33 % d'anglophones      Majorit√© francophone, plus de 33 % d'anglophones      Donn√©es non disponibles
Carte des langues officielles selon la municipalité. Bleu: français, rouge: anglais, orange: bilingue, beige: ne s'applique pas.

Tout comme pour le Canada, les deux langues officielles du Nouveau-Brunswick sont le fran√ßais et l'anglais; la province est en fait la seule √† √™tre officiellement bilingue[3]. Le bilinguisme est en effet garanti par les articles 16, 16.1, 17, 18, 19, 20, 21 et 23 de la Charte canadienne des droits et libert√©s au niveau f√©d√©ral. La Loi reconnaissant l'√©galit√© des deux communaut√©s linguistiques officielles au Nouveau-Brunswick et la Loi sur les langues officielles le prot√®gent au niveau provincial. En sommes, les l√©gislatures provinciales et f√©d√©rales ainsi que toutes les publications gouvernementales sont bilingues, les services publics sont bilingues, y compris les h√īpitaux et la police, les employ√©s du gouvernement provincial peuvent communiquer entre eux dans la langue de leur choix, les municipalit√©s comptant plus de 20 % d'habitants parlant une langue officielles de m√™me que toutes les cit√©s sont bilingues, tous les habitants peuvent suivre un proc√®s dans leur langue d'usage et l'acc√®s √† l'√©ducation en langue minoritaire est garanti si le nombre le permet[3]. Toutefois, nul n'est forc√© de parler une langue ou l'autre, sauf que certains emplois gouvernementaux exigent le bilinguisme[3]. Le commissaire aux langues officielles, dont le poste est occup√© par Michel Carrier depuis 2003[56], a le mandat d'enqu√™ter sur les plaintes li√©es aux langues officielles[57].

Environ 64,8 % de la population a l'anglais pour langue maternelle et 32,6 % le fran√ßais[58]. De plus, 0,7 % des habitants d√©clarent plus d'une langue maternelle ; 0,6 % sont ainsi √† la fois francophones et anglophones, alors que la plupart des autres ont appris l'anglais et une langue non officielle en premier, suivi de ceux ayant appris le fran√ßais et une langue non officielle et finalement ceux ayant les deux langues officielles et au moins une langue non officielle comme langues maternelles[58]. Au niveau de la connaissance des langues, 56,3 % des habitants sont unilingues anglophones, 10,2 % sont unilingues francophones, 33,4 % connaissent les deux langues officielles et 0,1 % ne connaissent ni l'anglais, ni le fran√ßais[59]. L'anglais est la langue usuelle - parl√©e √† la maison - de 68,7 % de la population, le fran√ßais de 29,4 %, les deux langues officielles de 0,6 %, l'anglais et une langue non officielle de 0,1 %, le fran√ßais et une langue non officielle de moins de 0,1 %, tout comme pour les gens parlant √† la fois le fran√ßais, l'anglais et au moins une langue non officielle ; 1,2 % des habitants utilisent quant √† eux une langue non officielle seule[59]. L'anglais est utilis√© par 72,9 % des travailleurs, le fran√ßais par 33,7 %, les deux langues officielles par 3,0 %, l'anglais et une langue non officielle par 0,1 %, le fran√ßais et une langue non officielle par moins de 0,1 % et une langue non officielle seule par 0,2 %[60].

Le français acadien est le principal dialecte du français. Le brayon, ou français de la vallée, est commun au nord-ouest de la province et au Maine[61]; il s'apparente fortement au français québécois mais est influencé par le français acadien[62]. Le chiac, parlé dans les environs de Moncton, est parfois décrit comme un dialecte du français fortement influencé par l'anglais, parfois comme une langue à part entière. L'anglais canadien, ou plus précisément l'anglais des Maritimes, est le principal dialecte d'anglais.

Panneau d'arrêt en langue micmacque, à Elsipogtog.

Le micmac est la troisi√®me langue maternelle la plus importante, avec 0,4 % des locuteurs, suivi des langues chinoises avec 0,3 %, l'allemand avec 0,3 %, le n√©erlandais avec 0,2 %, l'espagnol avec 0,2 %, l'arabe avec 0,1 % ainsi que le cor√©en et l'italien avec respectivement moins de 0,1 %. Le mal√©cite-passamaquoddy arrive en 11e position, avec 0,07 % des locuteurs, devant le persan[58].

La r√©partition des langues suit g√©n√©ralement la r√©partition des ethnies, la plupart des Canadiens anglais sont anglophones tandis que la plupart des Acadiens sont francophones. Ainsi, la r√©gion francophone occupe tout le nord et l'est, c'est-√†-dire en amont du fleuve Saint-Jean, dans la r√©gion de Saint-Quentin ainsi que sur les rives de la baie des Chaleurs et du golfe du Saint-Laurent. La r√©gion anglophone se situe dans le sud, le centre et l'ouest, en d'autres mots sur les rives de la baie de Fundy, en aval du fleuve Saint-Jean et dans la vall√©e de la rivi√®re Petitcodiac. Pour simplifier, on peut dire qu'une ligne diagonale allant du nord-ouest au sud-est s√©pare le Nouveau-Brunswick en deux ¬ę r√©gions linguistiques ¬Ľ. La situation se complique dans les principales villes. Bien qu'elle soit situ√©e en r√©gion majoritairement francophone, la population de Bathurst et de Campbellton est √† pr√®s de 50 % anglophone. Le Grand Moncton est situ√© √† la limite des deux r√©gions linguistiques. Moncton est √† 35 % francophone, Dieppe est √† 80 % francophone et Riverview est majoritairement anglophone. Il y a en plus des enclaves, comme par exemple la population anglophone de Miscou et celle de Cowans Creek, pr√®s de Tracadie-Sheila.

La signalisation routière est bilingue dans toute la province. Dieppe a adopté en 2009 le premier règlement obligeant l'affichage bilingue[63]. Des discussions sont aussi en cours dans d'autres villes comme Moncton et Tracadie-Sheila.

Religion

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, à Moncton.

Les catholiques romains repr√©sentent 53,6 % de la population en 2001. La majorit√© des catholiques sont acadiens, c'est-√†-dire que ceux-ci sont concentr√©s au nord et √† l'est de la province[52].

Les protestants repr√©sentent la majeure partie du reste de la population. En ordre d√©croissant des confessions, 11,2 % sont baptistes, 9,6 % sont membres de l'√Čglise unie du Canada, 8,1 % sont anglicans et 2,8 % sont pentec√ītistes. Les anglicans sont historiquement concentr√©s dans la basse vall√©e du fleuve Saint-Jean, les baptistes et les pentec√ītistes sont concentr√©s dans la ¬ę zone biblique ¬Ľ, autrement dit la r√©gion s'√©tendant du comt√© de Victoria, au nord-est, aux comt√© d'Albert et de Westmorland, au sud-est, tandis que les fid√®les de l'√©glise unie sont r√©partis dans toutes les r√©gions anglophones. Les autres confessions pr√©sentes sont surtout les presbyt√©riens, les wesleyens, les T√©moins de J√©hovah, les luth√©riens ou les membres de l'Arm√©e du salut[52].

Il y a de petites communaut√©s musulmanes et juives, notamment √† Moncton et Saint-Jean. Finalement, 8 % des habitants d√©clare √™tre ath√©es ou agnostiques[52].

Différences régionales, tensions et discrimination

La g√©ographie, l'√©conomie et la culture des diff√©rentes r√©gions ont une influence sur la soci√©t√© et la politique. La vall√©e du fleuve Saint-Jean, dont les habitants descendent surtout des Loyalistes et d'immigrants britanniques, a domin√© la province jusque dans les ann√©es 1960. Le Nord et l'Est de la province en sont s√©par√©s √† la fois par la for√™t et les montagnes ainsi que par la culture, car la langue fran√ßaise et la religion catholiques y sont dominantes; on y retrouve des villages de p√™cheurs ou d√©pendant de l'industrie foresti√®re. Plus pr√©cis√©ment, au nord-ouest, la population prend mod√®le sur le Qu√©bec, est consciente de ses liens avec les Acadiens du Maine l'identit√© brayonne est forte alors que dans les comt√©s de Victoria et de Carleton, la vie tourne autour de l'√©vang√©liques et de la culture des patates. Au Sud-Ouest, dans le comt√© de Charlotte, la soci√©t√© est marqu√©e par l'industrie de la p√™che et les liens avec les √Čtats-Unis. Au Sud-Est, les habitants des comt√© d'Albert et de Westmorland, majoritairement anglophones, sont conscients de leur position centrale dans les Maritimes alors que la population francophone de Westmorland et du comt√© de Kent tente de transformer la r√©gion en la m√©tropole de l'Acadie[14].

√Čducation et recherche

Article d√©taill√© : √Čducation au Nouveau-Brunswick.
L'Old Art Building, le plus vieil édifice de l'Université du Nouveau-Brunswick

L'√©ducation obligatoire commence √† la maternelle et se poursuit habituellement jusqu'√† la 12e ann√©e. Le syst√®me d'√©ducation du Nouveau-Brunswick poss√®de deux secteurs s√©par√©s, l'un en fran√ßais et l'autre en anglais. Chaque secteur √©labore ses programmes d'√©tude et d'√©valuation, tandis que le minist√®re de l'√Čducation du Nouveau-Brunswick √† la responsabilit√© du financement et des normes et objectifs du syst√®me. La majorit√© des √©coles anglophones poss√®dent de plus un programme d'immersion fran√ßaise.Les √©coles sont regroup√©es en quatorze districts scolaires, cinq francophones (32 353 √©l√®ves) et neuf anglophones (79 660 √©l√®ves), soit un total de 112 013 √©l√®ves en 2006. Les √©coles des Premi√®res nations et les √©coles priv√©es sont ind√©pendantes. Deux pensionnats anglicans traditionnels sont situ√©s √† Rothesay. Plusieurs √©coles priv√©es sont aussi g√©r√©es par des confessions √©vang√©liques.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick cinq campus francophones et sept anglophones. Le Collège de Technologie forestière des Maritimes possède un campus anglophone à Fredericton et un autre francophone à Bathurst. Le Moncton Flight College et le New Brunswick Bible Institute complètent la liste des institutions.

Il existe quatre universit√©s publiques. La principale universit√© anglophone, qui est aussi la plus vieille universit√© publique en Am√©rique du Nord, est l'Universit√© du Nouveau-Brunswick. Au campus principal de Fredericton, fond√© en 1785, s'ajoute celui de Saint-Jean, fond√© en 1964. Certaines installations du campus principal sont partag√©es avec l'Universit√© St. Thomas, un √©tablissement catholique. L'Universit√© Mount Allison, de Sackville, est un √©tablissement associ√© √† l'√Čglise unie du Canada et √† l'Universit√© du Nouveau-Brunswick[64]. L'Universit√© de Moncton est le seul √©tablissement public francophone. L'Universit√© Crandall, le Bethany Bible College et l'Universit√© St. Stephen's sont les trois principaux √©tablissements priv√©s. L'Universit√© de Fredericton, l'Universit√© Lansbridge et l'Universit√© Yorkville offrent toutes leurs cours en ligne.

L'intérêt pour les sciences et la technologie s'est développé de façon précoce par les programmes d'ingénierie et de foresterie de l'Université du Nouveau-Brunswick ainsi que les recherches de la Natural History Society of Saint John. La province reste un chef de file dans la recherche liée aux méthodes naturelles de lutte contre les insectes nuisibles et aux membres artificiels[65].

Santé et services sociaux

Au Nouveau-Brunswick, comme dans le reste du monde, les soins de sant√© sont d√©livr√©s par des professionnels de la sant√© qui peuvent √™tre lib√©raux (m√©decins g√©n√©ralistes, dentistes,...) ou travailler dans des h√īpitaux, tous publics. Le syst√®me de sant√© n√©o-brunswickois est en effet sous la responsabilit√© du minist√®re de la Sant√© du Nouveau-Brunswick et la plupart des soins hospitaliers sont gratuits pour les d√©tenteurs de la carte d'assurance-maladie.

Médias et communications

Le Nouveau-Brunswick dispose de quatre journaux quotidiens. Le seul quotidien de langue fran√ßaise, L'Acadie nouvelle, est publi√© √† Caraquet, mais diffus√© √† travers la province. Les quotidiens anglophones sont publi√©s par Brunswick News, filiale du groupe J.D. Irving : il s'agit du Daily Gleaner de Fredericton, du Times & Transcript de Moncton et du Telegraph-Journal, publi√© √† Saint-Jean mais diffus√© dans toutes les r√©gions[66]. De nombreuses autres publications, tant fran√ßaises qu'anglaises, sont publi√©es localement, la plupart hebdomadairement.

La T√©l√©vision de Radio-Canada poss√®de plusieurs bureaux √† travers le Nouveau-Brunswick. Sa principale station francophone est √† Moncton et sa principale station anglophone est √† Fredericton. Global est bas√© √† Saint-Jean mais poss√®de aussi des bureaux √† Fredericton et Moncton. CTV Atlantic, la station locale du R√©seau CTV, diffuse √† partir d'Halifax, en Nouvelle-√Čcosse, mais poss√®de aussi des bureaux √† Moncton, Fredericton et Saint-Jean.

Il y a plusieurs stations de radio privées dans la province, la plupart des villes en possédant au moins une ou deux.

En 2010, la province devient la première au pays a offrir l'internet haute-vitesse sur tout son territoire[67].

Culture

Articles d√©taill√©s : Culture n√©o-brunswickoise et Acadie.
Le th√©√Ętre Imperial de Saint-Jean.

Architecture

Arts dramatiques

L'acteur Donald Sutherland.

Les trois principales troupes de th√©√Ętre sont Theatre New Brunswick de Fredericton, le Th√©√Ętre populaire d'Acadie de Caraquet et le Th√©√Ętre l'Escaouette √† Moncton[65]. Le Ballet-Th√©√Ętre atlantique du Canada, bas√© √† Moncton, est la troupe la plus connue √† l'√©chelle internationale.

L√©onard Forest donne naissance au cin√©ma acadien lorsqu'il est embauch√© en 1954 √† l'Office national du film du Canada[68]. Il est l'instigateur du studio de Moncton[69], o√Ļ la plupart des films acadiens, surtout des documentaires, ont √©t√© produits de sa fondation en 1974 jusqu'√† nos jours.

Les principaux acteurs nés au Nouveau-Brunswick sont Sam De Grasse (1875-1953) et Donald Sutherland (1935- ). L'un des principaux réalisateurs est Joseph De Grasse (1873-1940). Le producteur Louis Mayer (1885-1957) a grandi à Saint-Jean.

Arts visuels

Il existe quelques rares artistes tels que Anthony Flower au cours du XIXe siècle mais leur travail n'est pas reconnu à l'époque. L'éducation des arts commence en 1854 à l'Université Mount Allison de Sackville, permettant à quelques artistes d'obtenir plus de crédibilité, dont Alex Colville, Lawren Harris, Christopher Pratt et Mary Pratt.

Chez les Acadiens, jusque dans les ann√©es 1960, l'art est surtout pratiqu√© par quelques autodidactes ou de rares artistes form√©s √† l'ext√©rieur de la province, faisant surtout des d√©corations d'√©glises[70]. Le m√©decin Paul Carmel Laporte forme b√©n√©volement plusieurs artistes en herbe dans son atelier d'Edmundston entre 1931 et sa retraite en 1970[71], dont Marie H√©l√®ne Allain, Albert Nadeau, Claude Picard et Claude Roussel[70]. Claude Roussel met sur pied en 1963 le d√©partement des Arts visuels de l'Universit√© de Moncton; ses dipl√īm√©s les plus prolifiques sont l'artistes multidisciplinaire Herm√©n√©gilde Chiasson et le peintre Yvon Gallant[70].

√Čv√©nements

De nombreux événements sont organisés toute l'année. Les cultures locales sont à l'honneur au festival acadien de Caraquet, à la foire brayonne d'Edmundston, au festival des Jeux des Highlands du Nouveau-Brunswick à Fredericton, au festival irlandais de la Miramichi et dans les différents pow-wows. En septembre, la fête de la culture propose, à l'échelle provinciale, des visites gratuites au musée, des spectacles, etc. D'autres festivals sont organisés sur un thème, notamment la musique de chambre à Dalhousie, la musique baroque à Lamèque, le jazz et le blues à Fredericton, le rock 'n' roll et les chansons folkloriques à Miramichi, les talents à Saint-Jean, l'univers western à Saint-Quentin, les montgolfières et les ponts couverts à Sussex, l'économie locale et les foires agricoles à Edmundston, Fredericton, Lamèque, Shippagan et Miramichi, l'hospitalité à Bathurst et Woodstock, les rameurs à Petit-Rocher, le chocolat à Saint-Stephen, le poisson et les fruits de mer à Shédiac, Campbellton et Moncton et enfin l'automne à Kedgwick.

Deux des quatre Congrès mondiaux acadiens ont été organisés au Nouveau-Brunswick et le prochain aura lieu dans l'Acadie des terres et des forêts en 2014.

Folklore et traditions

D√Ľ √† son histoire ancienne et sa culture diverse, le Nouveau-Brunswick poss√®de de nombreuses l√©gendes. Les Micmacs, les Mal√©cites et les Passamaquoddys ont laiss√© plusieurs l√©gendes, notamment l'ogresse Gougou de Miscou[72] et le sorcier Pouwowin. Plusieurs l√©gendes expliquent plut√īt la cr√©ation de certains lieux, notamment les rochers d'Hopewell et l'archipel des Loups, ou la couleur de la rivi√®re Petitcodiac. Le souvenir de divinit√©s comme le Grand Esprit, Glouscap et Kinap perdure. L'√©poque de la D√©portation des Acadiens a donn√© des l√©gendes de tr√©sors enfouis[73] et du vaisseau fant√īme de la baie des Chaleurs[74]. Plus tard, des histoires sur d'autres fant√īmes, la contrebande d'alcool au Madawaska, les chevaux mal√©fiques[75], le Bonhomme sept-heures[76] et le diable danseur[77] se sont r√©pandues. Les r√©gions anglophones ont aussi leur l√©gendes, notamment celle du hurleur de Dungarvon (Dungarvon Whooper), le fant√īme d'un b√Ľcheron hantant ses meurtriers[78], ainsi que le Vieux Ned, une cr√©ature lacustre du lac Utopia[79].

Outre les principales fêtes chrétiennes, des pèlerinages en l'honneur de Sainte-Anne ont lieu au sanctuaire Sainte-Anne-du-Bocage de Caraquet et à la chapelle Sainte-Anne de Memramcook alors que la Vierge Marie est vénérée à Rogersville et à Saint-Louis-de-Kent. La bénédiction annuelle des bateaux a toujours lieux dans certaines villes portuaires.

L'Halloween a supplanté la Mi-Carême au cours du XXe siècle.

Gastronomie

Des têtes de violons, l'une des spécialités néo-brunswickoises.

La patate (pomme de terre) est l'aliment de base et les fruits de mer sont tr√®s populaires. Plusieurs plantes locales sont utilis√©s, telles que le petit go√©mon, les t√™tes de violon, la passe-pierre et la t√©tine de souris. Il y a plusieurs traditions culinaires. Bien que les cuisines des Premi√®res nations ont √©t√© fortement influenc√©es depuis quelques si√®cles, elles ont aussi influenc√©es les autres cuisines locales. Leur plats repr√©sentatifs incluent le banique, qui est un pain rond sans levain, la croustade aux bleuets, les patates √† la vapeur, le r√īti de gibier √©pic√© et le steak d'orignal aux nouilles[80]. La cuisine acadienne a des origines principalement fran√ßaises et a la particularit√© d'utiliser certains ingr√©dients provenant d'un commerce ancien avec les Antilles et le Br√©sil. Parmi les nombreux plats figurent le fricot au poulet, la mioche au naveau, le p√Ęt√© √† la viande, le p√Ęt√© aux coques, les pets de sŇďurs, la tire √† la m√©lasse, la tire blanche et la poutine √† trous. La cuisine du Madawaska est li√©e √† la fois √† la cuisine acadienne et √† la cuisine qu√©b√©coise, tout en poss√©dant un caract√®re unique. Son plat le plus connu est la ploye, une cr√™pe √† base de sarrasin[81]. La cuisine n√©o-brunswickoise √† proprement parler puise ses origines dans la cuisine britannique. Ses nombreux plats incluent la chaudr√©e de poisson Fundy, les cigares au choux, les croissants au homard, les galettes de poisson, le pouding Yorkshire, le saumon de la Miramichi sur le feu et la trempette au saumon[82].

Des fromages √† p√Ęte fra√ģche, √† p√Ęte persill√©, √† cro√Ľte lav√©e ainsi que du cheddar sont produits depuis les ann√©es 1940 et des fromages de lait cru depuis les ann√©es 1980[83]. Fond√©e en 1873, la chocolaterie Ganong Bros., de Saint-Stephen, est la plus vieille au Canada[84]; elle est aussi celle ayant introduit la barre de chocolat en Am√©rique du Nord[85]. Les sucreries (cabanes √† sucre), sont au nombre de onze. Les Mal√©cites fabriquaient du vin √† base de cerises[81]; les Acadiens en faisaient aussi historiquement. La vinification a recommenc√© durant la deuxi√®me moiti√© du XXe et il y a d√©sormais une dizaine de vignobles, produisant des vins de divers fruits, des liqueurs et du cidre[86]. La tisane a base de sureau ou de populage des marais est utilis√© par les Mal√©cites depuis plusieurs mill√©naires[81] et l'arriv√©e des Britannique a rendu l'usage du th√© tr√®s populaire. La brasserie Moosehead, fond√©e en 1867 √† Saint-Jean, est la plus ancienne brasserie ind√©pendante au pays. Ses principales bi√®res sont la Moosehead et la Alpine. Il y a aussi des microbrasseries, dont la Pump House de Moncton et la Picaroons de Fredericton. Les cha√ģnes de restaurant Pizza Delight, Mikes, B√Ęton Rouge et Scores appartiennent toutes √† Imvescor, de Moncton[87].

Littérature

Antonine Maillet.

Parmi les écrivains anglophones importants, notons A.G. Bailey, Bliss Carman, W.S. MacNutt, Alden Nowlan, Desmond Pacey et sir Charles G.D. Roberts[65].

Pour diverses raisons notamment économiques, la littérature acadienne est peu développée avant le XIXe siècle. Le poème Evangéline (1847), de l'Américain Henry Longfellow, ainsi que l'ouvrage La France aux colonies: Acadiens et Canadiens (1859), du Français François-Edme Rameau de Saint-Père, ont une influence considérable sur la renaissance acadienne. La découverte de leur propre histoire incite certains auteurs à publier, dont Pascal Poirier. La littérature est dominée par le débat nationaliste jusque dans les années 1960[88].

Les valeurs traditionnelles sont remises en question durant les années 1960 et la poésie acadienne est la première à suivre cette tendance. Dans le domaine du roman, Antonine Maillet se démarque sur la scène locale et internationale. Elle reçoit le prix Goncourt en 1979 pour son roman Pélagie-la-charette[88].

Musées, bibliothèques et patrimoine

Il y a en tout 104 mus√©es au Nouveau-Brunswick[89] ainsi que deux zoos et deux aquariums[90]. Le mus√©e du Nouveau-Brunswick, fond√© en 1845 √† Saint-Jean par Abraham Gesner, est le plus ancien du Canada[91], a attir√© pr√®s de 70 000 visiteurs en 2008-2009[92] et comprend des expositions sur l'art, l'industrie, l'histoire maritime, les oiseaux, la g√©ologie et les baleines.

Il y a une multitude de galeries priv√©es et quatorze galeries d'art publiques; la principale √©tant la galerie d'art Beaverbrook, de Fredericton. Ses tableaux les plus connus sont Santiago el Grande de Salvador Dal√≠ et The Fountain of Indolence de Joseph Mallord William Turner. Il y a aussi des Ňďuvres de John Constable, Joshua Reynolds, Thomas Gainsborough ainsi que de nombreux artistes canadiens du XIXe et du XXe, dont Cornelius Krieghoff.

Le Nouveau-Brunswick poss√®de 59 lieux historiques nationaux, 8 gares patrimoniales, quelques dizaines de sites historiques provinciaux et des centaines de sites historiques municipaux. Il y a 62 ponts couverts publics, dont le plus c√©l√®bre est le pont couvert de Hartland, le plus long au monde avec ses 391 m√®tres[93]. Il y a 22 phares ouverts au public[94]. Le jardins de Gus, le jardin botanique du Nouveau-Brunswick, le jardin Kingsbrae et le jardin International comptent parmi les principaux parcs.

La province compte 61 bibliothèques publiques desservant la plupart des municipalités alors que quatre bibliobus desservent les autres localités. Le service des bibliothèques du Nouveau-Brunswick en assure la gestion, de concert avec les municipalités. Certaines succursales possèdent des collections spéciales et la bibliothèque publique L.-P.-Fisher de Woodstock constitue à elle seule un véritable musée. Les principales bibliothèques sont toutefois situées à l'extérieur de ce réseau, notamment les bibliothèques de l'Université de Moncton dont la bibliothèque Champlain, les cinq bibliothèques de l'Université du Nouveau-Brunswick dont la bibliothèque Harriet Irving et la bibliothèque de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Musique

Natasha St-Pier.

√Ä la fin du XVIIIe si√®cle, la population loyaliste de Saint-Jean s'int√©resse beaucoup √† la musique britannique et de petits concerts sont organis√©s. Stephen Humbert fonde la premi√®re √©cole de chant sacr√© en 1796 et publie le premier livre de musique au pays en 1801, Union Harmony; peu d'√©glises acceptent toutefois de permettre la musique durant les messes. Les premiers orchestres et chorales sont form√©s au d√©but du XIXe si√®cle. Plusieurs salles de spectacles se succ√®dent au cours de l'histoire, la plus durable √©tant le Mechanics' Institute (1840-1914)[95]. Les premiers orchestres civils et militaires sont form√©s au d√©but du XIXe si√®cle √† Fredericton[96] et Moncton[97]. L'√©v√™que John Medley, de Fredericton, implante une tradition de musique religieuse √† partir de 1840[96]. Vers la m√™me √©poque, les communaut√©s religieuses jouent un r√īle important dans le d√©veloppement de la musique acadienne; les orchestres coll√©giaux et les chorales paroissiales deviennent de plus en plus populaires[98]. La musique se d√©veloppe plus tardivement √† Moncton mais des concerts sont pr√©sent√©s vers la fin du si√®cle √† l'h√ītel de ville; les concerts de l'am√©ricain John Philip Sousa provoquent un engouement important par la fondation de plusieurs orchestres[97]. Celui de Fredericton sert de salle de concert au tournant du XXe si√®cle, attirant des artistes de renomm√©e mondiale[96]. L'interpr√®te Anna Malenfant et le violoniste Arthur Leblanc sont les premiers Acadiens a suivre une carri√®re internationale au d√©but du XXe[98]. De plus en plus de groupes sont fond√©s apr√®s la Deuxi√®me Guerre mondiale, ainsi que des festivals de musique[96].

La Playhouse et l'Université du Nouveau-Brunswick abritent actuellement les principales salles de concert de Fredericton[96].

Parmi les musiciens contemporains les plus importants figurent Edith Butler, Cayouche, Stompin' Tom Connors, Calixte Duguay, Donat Lacroix, Roch Voisine, Natasha St-Pier et le groupe 1755.

Le fondeur de cymbales Sabian est implanté à Meductic, près de Fredericton.

Symphonie Nouveau-Brunswick, de Saint-Jean, est fréquemment en tournée dans la province.

Sports

Comme partout ailleurs au Canada, le hockey est le sport le plus populaire du Nouveau-Brunswick[r√©f. n√©cessaire] et la plupart des localit√©s poss√®dent un ar√©na. Il y a des √©quipes de la Ligue am√©ricaine de hockey jusqu'en 2003. Au niveau junior, la province est toujours repr√©sent√©e dans la Ligue de hockey junior majeur du Qu√©bec par le Titan d'Acadie-Bathurst, les Sea Dogs de Saint-Jean et les Wildcats de Moncton, ces derniers ayant remport√© la Coupe du Pr√©sident en 2010. Il y a √©galement quatre √©quipes de la Ligue maritime de hockey junior A, soit les Commandos de Dieppe, les Slammers de Woodstock, les Tigers de Restigouche et les Timberwolves de Miramichi. La plupart des villes comptent d'autres √©quipes √©voluant dans des ligues amateurs.

Les Gladiators de la région de la Capitale, les Mustangs de Riverview et les Wanderers de Saint-Jean représentent la province dans la Ligue de football des Maritimes.

Les club sportifs des Aigles Bleus de Moncton, des Mounties de Mount Allison et des Varsity Reds de l'UNB représentent les universités dans la SIC.

La ringuette, le soccer (football), le basket-ball et le volley-ball sont parmi les autres sports d'équipe les plus populaires.

La province compte 56 terrains de golf[99]. L'√ģle de Lam√®que est le meilleur endroit au pays pour pratiquer le kitesurf[100]. L'enneigement abondant et les 1 000 km de sentiers font du Nouveau-Brunswick un bon endroit pour faire de la motoneige[101].

Symboles

Le drapeau du Nouveau-Brunswick.
La mésange à tête noire.

Le blason des armoiries du Nouveau-Brunswick a √©t√© accord√© par la reine Victoria en 1868. Le cimier et la devise ont √©t√© accord√©s par le lieutenant gouverneur en 1966 et les autres √©l√©ments des armoiries ont √©t√© accord√©s par la reine Elizabeth II le 25 septembre 1984 √† l'occasion d'une visite √† Fredericton. Le lion symbolise le lien avec l'Angleterre. Le navire repr√©sente la situation maritime de la province tout en rappelant son industrie de construction navale[102].

Le drapeau du Nouveau-Brunswick s'inspire des armoiries provinciales. Il a √©t√© adopt√© par proclamation le 24 f√©vrier 1965[103].

La devise provinciale est Spem Reduxit, qui signifie L'espoir fut restaur√© en latin[103]. L'embl√®me floral est la violette cucull√©e (Viola cuculla)[103]. Le tartan provincial a √©t√© adopt√© en 1969[103]. La m√©sange √† t√™te noire (Poecile atricapillus) fut proclam√©e oiseau-embl√®me en ao√Ľt 1983, √† la suite d'un concours organis√© par la F√©d√©ration des naturalistes du Nouveau-Brunswick[103]. Le 1er mai 1987, le sapin baumier (Abies balsamea) est devenu l'embl√®me arboricole provincial, pour sa pr√©sence dans les for√™ts et son importance autant pour l'industrie des p√Ętes et papier que pour la tradition de l'arbre de No√ęl[103].

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Bibliographie

Notes et références

Notes

Références

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