Negation de la Shoah

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La nĂ©gation de la Shoah est la remise en cause de la rĂ©alitĂ© du gĂ©nocide commis par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale Ă  l'Ă©gard des Juifs. Elle est gĂ©nĂ©ralement dĂ©fendue par des militants d'extrĂȘme droite, voire nĂ©onazis, et plus rarement issus d'autres courants ; l'antisĂ©mitisme est leur point commun[1].

Cette idĂ©ologie, qui se prĂ©sente elle-mĂȘme comme une « mĂ©thode historique Â» alternative Ă  l'« histoire officielle Â», est condamnĂ©e par la totalitĂ© des historiens. Le nĂ©gationnisme consiste ainsi Ă  prĂ©tendre, notamment par la nĂ©gation de l'existence des chambres Ă  gaz homicides ou de la volontĂ© d'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, que la rĂ©alitĂ© (ou le contexte) de ces crimes relĂšverait du mythe[2]. L'idĂ©e d'un complot juif destinĂ© Ă  propager la croyance dans la Shoah, ou d'un complot juif Ă  l'origine du conflit dont ils ont Ă©tĂ© victimes, est souvent (mais pas invariablement) l'un des moteurs de cette argumentation.

Sommaire

ThÚses négationnistes

Les diffĂ©rentes thĂšses nĂ©gationnistes[3] relatives aux Ă©vĂšnements de la Seconde Guerre mondiale remettent en cause l'existence du gĂ©nocide et de la volontĂ© planifiĂ©e d'extermination des juifs d'Europe par les nazis. Cette remise en cause va de la contestation du nombre ou de la nature des victimes (victimes militaires, et non civiles) Ă  l'existence mĂȘme des chambres Ă  gaz ou des camps d'extermination.

Par la manipulation et la falsification des documents (textes, photographies) produits par les acteurs et les tĂ©moins de la « solution finale Â» et le rejet des preuves matĂ©rielles, les nĂ©gationnistes (qui se nomment eux-mĂȘmes rĂ©visionnistes, en rĂ©fĂ©rence Ă  la dĂ©marche lĂ©gitime des historiens) affirment notamment tout ou partie des assertions suivantes :

  • aucun ordre ne fut donnĂ© en haut lieu pour l'extermination des juifs[4] ;
  • Hitler n'a jamais eu connaissance d'un plan d'extermination des juifs ;
  • il n'y a pas eu de plan pour mener Ă  bien une telle extermination ;
  • il n'y avait ni organisation ni budget pour mener Ă  bien un tel ordre ;
  • il n'y avait pas dans les camps d'extermination de matĂ©riels suffisamment efficaces (gaz, fours, combustible), et sĂ»rs pour les bourreaux, qui permettent de tuer en masse et donc pas de chambres Ă  gaz homicides[5] ;
  • la capacitĂ© des crĂ©matoires n'Ă©tait pas suffisante pour faire disparaĂźtre les millions de corps ;
  • le chiffre de six millions de morts est largement exagĂ©rĂ©, les nĂ©gationnistes parlent de 200 000 Ă  un million de morts, y compris les morts naturelles, prĂ©cisent-ils encore[6] ;
  • les morts Juifs sont imputables aux seules causes d'hygiĂšne (typhus) et d'Ă©puisement des prisonniers en camps de concentrations et aux bombardements des AlliĂ©s (bombardements des trains, des routes, des camps, des usines, etc.).
  • les juifs, hors les problĂšmes d'hygiĂšne et de nutrition liĂ©s Ă  la guerre et dont les nazis eux-mĂȘmes auraient soufferts) Ă©taient relativement bien traitĂ©s (pour certains, il ne s'agirait que de camps de travaux forcĂ©s) ;
  • il n'y a donc pas de camp d'extermination ;
  • l'Allemagne nazie ne porte pas la responsabilitĂ© de la Seconde Guerre mondiale[7] et que les assassinats de juifs ont Ă©tĂ© dans certains cas des reprĂ©sailles lĂ©gitimes[8] ;
  • que les crimes de guerre de l'URSS stalinienne sont plus graves que les crimes nazis (qui donc relativement Ă©taient des crimes de guerre comme il y en a souvent)[9];
  • que le gĂ©nocide est une invention de la propagande alliĂ©e, principalement juive ou sioniste[10].

Au milieu des thĂšses nĂ©gationnistes, on trouve souvent l'argument consistant Ă  accuser les juifs d'ĂȘtre d'une façon ou d'une autre responsables du dĂ©clenchement de la Seconde Guerre mondiale[11]. Cet argument ne peut cependant pas ĂȘtre qualifiĂ© de « nĂ©gationniste Â», car le nĂ©gationnisme porte sur la rĂ©alitĂ© du crime, non sur la responsabilitĂ© ou les excuses des auteurs et/ou des complices. Il sert toutefois Ă  justifier une prĂ©tendue lĂ©gitime dĂ©fense des nazis contre les Juifs.

Voici un exemple de rhĂ©torique nĂ©gationniste, traduite (et lĂ©gĂšrement abrĂ©gĂ©e) par Pierre Vidal-Naquet : « Le IIIe Reich voulait l'Ă©migration des Juifs, non leur liquidation. S'il avait voulu les liquider il n'y aurait pas en IsraĂ«l 500 000 survivants des camps de concentration [chiffre imaginaire] touchant des indemnitĂ©s allemandes pour des persĂ©cutions imaginaires. Pas un seul Juif n'a Ă©tĂ© « gazĂ© Â» dans un camp de concentration. Il y avait dans ces camps des fours crĂ©matoires pour brĂ»ler les cadavres de ceux qui Ă©taient morts pour une raison quelconque, et particuliĂšrement Ă  la suite des raids gĂ©nocidaires des bombardiers anglo-amĂ©ricains. La majoritĂ© des Juifs qui moururent dans les pogroms et ceux qui ont disparu et dont la trace n'a pas Ă©tĂ© retrouvĂ©e sont morts dans des territoires contrĂŽlĂ©s par l'URSS, non par l'Allemagne. La majoritĂ© des Juifs qui sont supposĂ©s avoir Ă©tĂ© tuĂ©s par les Allemands Ă©taient des Ă©lĂ©ments subversifs, des partisans, des espions et des criminels et aussi, souvent, des victimes de reprĂ©sailles malheureuses, mais conformes au droit international... Â» (Austin J. App, Journal of Historical Review, no 1, p. 57[12]).

Justifications donnĂ©es au « discours officiel Â»

En gĂ©nĂ©ral, les nĂ©gationnistes prĂ©sentent les thĂšses des historiens sur le gĂ©nocide nazi comme de la propagande au profit d'un nouvel ordre mondial qui a suivi la seconde guerre mondiale, ordre mondial qui aurait profitĂ©, selon eux, Ă  l'Ă©tat d'IsraĂ«l. Il s'agit donc d'une thĂ©orie du complot de nature antisĂ©mite, comparable Ă  la propagande diffusĂ©e par les Protocoles des Sages de Sion. Cette thĂ©orie du complot soutient Ă©galement la thĂšse que les Juifs ont commencĂ© Ă  inventer la Shoah pendant la guerre, prĂ©voyant la crĂ©ation d'un État qui pourrait tirer profit du sentiment de culpabilitĂ© qu'Ă©prouverait le monde occidental devant l'ampleur des massacres. Le mobile des Juifs (de la « juiverie internationale Â») serait donc l'argent[13] et la crĂ©ation d'un État juif ; les nĂ©gationnistes recyclent ainsi les vieux poncifs antisĂ©mites. Selon certains auteurs[rĂ©f. nĂ©cessaire], les dĂ©tails de la Shoah auraient ainsi Ă©tĂ© inventĂ©s dans le cadre d'un complot sioniste (sur le modĂšle des Protocoles des Sages de Sion).

Procédés du négationnisme

Dans le champ de la recherche historique, les arguments avancĂ©s par les nĂ©gationnistes ont Ă©tĂ© unanimement disqualifiĂ©s et beaucoup d'historiens considĂšrent que la simple discussion de ces thĂšses est une perte d'Ă©nergie. En fait d'arguments, tous les travaux menĂ©s sur cette question mettent en lumiĂšre l'emploi de simples mensonges[14], d'une mĂ©thode hypercritique, tout comme la dissimulation d'information (mensonge par omission) et la falsification de documents ou de citations conduisant Ă  des mensonges purs et simples. Sont prĂ©sentĂ©s ci-aprĂšs les critiques faites par les historiens ayant dĂ©construit les « travaux Â» nĂ©gationnistes.

Mensonges

L'information donnĂ©e par les nĂ©gationnistes est la plupart du temps simplement fausse, par exemple le nombre de victimes de la Shoah qui aurait Ă©tĂ© en permanence revu Ă  la baisse par ceux que les nĂ©gationnistes se plaisent Ă  appeler les « historiens officiels Â». Les nĂ©gationnistes citent, par exemple, l'Ă©valuation du nombre de victimes juives au camp d'Auschwit-Birkenau, qui Ă©tait selon eux de quatre millions (sur les six millions au total) jusqu'en 1995 et qui aurait Ă©tĂ© revu Ă  la baisse Ă  un million cinq cent mille[15].

La réalité est cependant qu'aucun historien n'a jamais avancé le chiffre de quatre millions, qui était mentionné seulement sur une plaque apposée par les autorités communistes (soviétiques puis polonaises). Ce chiffre était issu d'un calcul effectué en 1945 et visait l'ensemble des victimes du camp (le mot juif n'apparaßt que rarement dans l'évocation par les Soviétiques et les Polonais de quatre millions de victimes à Auschwitz)[16].

Il n'y a donc jamais eu de chiffre de victimes juives revu Ă  la baisse dans la proportion que prĂ©tendent les nĂ©gationnistes. Les chiffres donnĂ©s par les historiens pour les victimes juives pour Birkenau ont toujours variĂ© entre 1 et 2 millions (dĂšs 1946, Rudolf HĂ¶ĂŸ donnait un chiffre de 1,13 millions)[17].

Les nĂ©gationnistes prĂ©tendent qu'aucun ordre ne fut donnĂ© en haut lieu pour l'extermination des juifs. Les preuves du contraire sont cependant jugĂ©es abondantes par nombre d'historiens :

  • Exemple d'un rapport : Hitler a reçu en dĂ©cembre 1942 un rapport d'Himmler Ă©tablissant que 363 211 juifs avaient Ă©tĂ© assassinĂ©s d'aoĂ»t Ă  novembre 1942.
  • MĂ©moires de Höss :

C'Ă©tait en Ă©tĂ© 1941 (je ne me souviens plus la date exacte) que je fus soudain convoquĂ© Ă  Berlin chez le ReichsfĂŒhrer S.S. par l'un de ses aides de camp. Contrairement Ă  ses habitudes, il me reçut en tĂȘte Ă  tĂȘte et me dĂ©clara ce qui suit : « Le FĂŒhrer a donnĂ© ordre de procĂ©der Ă  la "solution finale" du problĂšme juif. Nous, les S.S., sommes chargĂ©s d'exĂ©cuter cet ordre. Â»

Les nĂ©gationnistes dissertent sur l'antisĂ©mitisme d'Hitler et font Ă©galement fi des dĂ©clarations de ce dernier, qui montrent qu'il nourrissait dĂšs le dĂ©but de sa carriĂšre politique un fantasme d'assassinat des Juifs[18], qui s'est transformĂ© en projet[19]. De la mĂȘme façon, contrairement Ă  ce que prĂ©tendent les nĂ©gationnistes, de nombreux documents contemporains illustrent la politique d'extermination menĂ©e Ă  bien par les Nazis contre les Juifs[20], et l'on dispose de toute une litanie de dĂ©clarations et tĂ©moignages contemporains sur la volontĂ© d'extermination des Nazis et sur le dĂ©roulement du gĂ©nocide[21].

Dernier exemple tirĂ© des obsessions technicistes des nĂ©gationnistes : ils prĂ©tendent que la capacitĂ© des crĂ©matoires n'Ă©tait pas suffisante pour faire disparaĂźtre les millions de corps. Les preuves du contraire sont les suivantes : les nĂ©gationnistes se fondent sur la capacitĂ© de crĂ©matoires commerciaux destinĂ©s Ă  un usage individuel. Outre les fosses crĂ©matoires[22], les fours nazis sont des crĂ©matoires militaro-industriels. En 1939, la firme Topf und Söhne a gagnĂ© un contrat pour construire un fourneau Ă  Dachau, qui avait une capacitĂ© estimĂ©e d'un corps par heure et par moufle (fois deux moufles). En augmentant la pression de l'air, en juillet 1940, ils avaient fabriquĂ© un fourneau capable de brĂ»ler un peu moins de deux corps par heure et par moufle (fois deux moufles, de nouveau). Il nĂ©cessitait trois heures d'entretien par jour. Deux crĂ©matoires, Ă  leur rendement maximal, auraient suffi pour brĂ»ler 1,7 millions de corps[23].

MĂ©thode hypercritique

Cette mĂ©thode consiste Ă  « monter en Ă©pingle Â» des faits exacts, mais insignifiants ou isolĂ©s, pour en tirer des conclusions qui vont Ă  l'encontre de ce que l'examen de l'ensemble des faits connus implique.

S'il est prouvé qu'une personne s'est trompée ou a été peu précise lorsqu'elle témoignait sur les chambres à gaz, certains négationnistes présenteront ce fait comme une preuve que tout le témoignage est mensonger, puis par extension que tous les témoins mentent ou se trompent.

Dans le mĂȘme ordre d'idĂ©e, une critique nĂ©gationniste du journal d'Anne Frank est basĂ©e sur le fait qu'il contient des pages Ă©crites au stylo Ă  bille, alors que les stylos Ă  bille ne se sont rĂ©pandus qu'aprĂšs la guerre. Cette critique passe sous silence le fait, bien connu par les experts ayant analysĂ© le journal, qu'Otto Frank, le pĂšre d'Anne, avait apportĂ© des corrections au stylo Ă  bille et que des feuilles volantes, Ă©crites au stylo Ă  bille, avaient Ă©tĂ© insĂ©rĂ©es postĂ©rieurement dans le journal par quelqu'un d'autre qu'Anne. Les textes rĂ©digĂ©s par Anne et authentifiĂ©s comme tels ne sont cependant jamais Ă©crits au stylo Ă  bille.

Dissimulation d'information et d'éléments de réfutation

La méthode hypercritique, qui tend à isoler de leur contexte les faits analysés, atteint son paroxysme dans l'occultation de sources contradictoires. Les négationnistes écartent ainsi les faits positifs réfutant objectivement leurs arguments. L'occultation par les négationnistes des conclusions des travaux de Jean-Claude Pressac est ici emblématique.

Un procĂ©dĂ© particuliĂšrement habile consiste Ă  dissimuler un Ă©lĂ©ment Ă  charge, puis Ă  y substituer un second, anodin. Par exemple, les nĂ©gationnistes affirment que les portes des « prĂ©tendues Â» chambres Ă  gaz Ă©taient trop peu solides et peu Ă©tanches pour rĂ©sister au gaz et Ă  la pression d'une foule essayant de s'Ă©chapper. À l'appui de cette thĂšse, les nĂ©gationnistes prĂ©sentent des photos de portes de chambres d'Ă©pouillages, c'est-Ă -dire des locaux qui ne servaient pas Ă  l'assassinat d'ĂȘtres humains. En fait, aucune chambre Ă  gaz n'est demeurĂ©e dans son Ă©tat original et il n'y a guĂšre de moyen de prouver exactement comment ces portes Ă©taient en rĂ©alitĂ©. Pourtant, une porte dĂ©couverte dans le dĂ©pĂŽt de matĂ©riel de Birkenau nous en donne une idĂ©e : elle est massive, renforcĂ©e de barreaux en fer, et le judas est protĂ©gĂ© depuis l'intĂ©rieur par une grille de mĂ©tal (le verre du judas est ainsi protĂ©gĂ© de tout coup portĂ© de l'intĂ©rieur).

Résumé des méthodes négationnistes selon Pierre Vidal-Naquet

La nĂ©gation de la Shoah est dĂ©finie par Pierre Vidal-Naquet comme, « dans notre sociĂ©tĂ© de reprĂ©sentation et de spectacle, une tentative d'extermination sur le papier qui relaie l'extermination rĂ©elle Â»[14]. L'historien Pierre Vidal-Naquet rĂ©sume ainsi les mĂ©thodes employĂ©es par les nĂ©gationnistes[24] :

  1. Tout témoignage direct apporté par un Juif est un mensonge ou une fabulation.
  2. Tout tĂ©moignage, tout document antĂ©rieur Ă  la libĂ©ration est un faux ou est ignorĂ© ou est traitĂ© de « rumeur Â».
  3. Tout document, en général, qui nous renseigne de premiÚre main sur les méthodes des nazis est un faux ou un document trafiqué.
  4. Tout document nazi apportant un témoignage direct est pris à sa valeur nominale s'il est écrit en langage codé, mais ignoré (ou sous-interprété) s'il est écrit en langage direct.
  5. Tout témoignage nazi postérieur à la fin de la guerre, qu'il soit porté dans un procÚs à l'Est ou à l'Ouest, à Varsovie ou à Cologne, à Jérusalem ou à Nuremberg, en 1945 ou en 1963, est considéré comme obtenu sous la torture ou par intimidation.
  6. Tout un arsenal pseudo-technique est mobilisé pour montrer l'impossibilité matérielle du gazage massif (voir ci-dessous, section suivante).
  7. Enfin et surtout tout ce qui peut rendre convenable, croyable, cette épouvantable histoire, marquer l'évolution, fournir des termes de comparaison politique, est ignoré ou falsifié.

Spécificité des négationnismes à l'échelle internationale

NĂ©gationnisme en France

Historique

Du sortir de la guerre à la fin des années 1970

Diverses formes de nĂ©gationnismes commencent Ă  se rĂ©pandre en France immĂ©diatement aprĂšs la guerre. En juillet 1946, la revue Les Temps Modernes reproche au procĂšs de Nuremberg d'avoir colportĂ© des « contes de bonne femme Â» (article de J. Pouillon). Maurice BardĂšche, beau-frĂšre et meilleur ami de Robert Brasillach, publie entre 1948 et 1950 deux livres intitulĂ©s Nuremberg ou la Terre promise et Nuremberg II ou les Faux monnayeurs. La thĂšse centrale de ces deux livres est que les juifs sont responsables du dĂ©clenchement de la guerre et donc indirectement des crimes nazis. BardĂšche est aussi le premier Ă  rĂ©interprĂ©ter les euphĂ©mismes utilisĂ©s par les nazis pour dĂ©signer leur entreprise d'extermination en expliquant que « si la dĂ©lĂ©gation française au procĂšs de Nuremberg trouve des factures de gaz nocifs, elle se trompe dans la traduction et elle cite une phrase oĂč l'on peut lire que ce gaz Ă©tait destinĂ© Ă  l'extermination, alors que le texte allemand dit en rĂ©alitĂ© qu'il Ă©tait destinĂ© Ă  l'assainissement, c'est-Ă -dire Ă  la destruction des poux dont les internĂ©s se plaignaient en effet[25]. Â» BardĂšche, qui se disait lui-mĂȘme fasciste, est ainsi le « vĂ©ritable fondateur du nĂ©gationnisme en France Â»[26]. L’autre prĂ©curseur du nĂ©gationnisme français est Paul Rassinier. Instituteur communiste puis socialiste, pacifiste, rĂ©sistant et dĂ©portĂ©, il Ă©crit en 1950 Le Mensonge d'Ulysse, le premier d'une sĂ©rie de livres destinĂ©s Ă  prĂ©senter les tĂ©moignages des survivants du gĂ©nocide juif comme des mensonges. Exclu de la SFIO, il continue son rapprochement avec les milieux d'extrĂȘme droite, jusqu'Ă  ĂȘtre publiĂ© par Maurice BardĂšche et Ă  collaborer au journal Rivarol[27].

De la fin des années 1970 à nos jours

Ce nĂ©gationnisme reste trĂšs confidentiel jusqu'Ă  la fin des annĂ©es 1970. Le 28 octobre 1978 la publication par l'hebdomadaire L’Express d'un entretien avec Louis Darquier de Pellepoix, directeur du commissariat gĂ©nĂ©ral aux questions juives de 1942 Ă  1944, intitulĂ© À Auschwitz on n’a gazĂ© que les poux marque le dĂ©but de ce qui devient l'« affaire Faurisson Â». Robert Faurisson, ex-maĂźtre de confĂ©rence en littĂ©rature Ă  l'universitĂ© de Lyon-II se considĂšre disciple de Rassinier et proclame que le gĂ©nocide nazi est un « [
] mensonge, qui est d’origine essentiellement sioniste, [et] a permis une gigantesque escroquerie politico-financiĂšre dont l’État d’IsraĂ«l est le principal bĂ©nĂ©ficiaire. Â» Il envoie alors des lettres Ă  plusieurs journaux et Le Monde publie le 28 dĂ©cembre 1978, accompagnĂ© de plusieurs rĂ©futations, un article de Faurisson : « Le problĂšme des chambres Ă  gaz Â», ou « la rumeur d’Auschwitz[28]. Â». Robert Faurisson reçoit alors le soutien de Pierre Guillaume, qui commence en 1979 Ă  utiliser le nom d’une librairie fermĂ©e depuis 7 ans Ă  laquelle il avait participĂ© : La Vieille Taupe.

Jean-Claude Pressac est un pharmacien qui s'est intĂ©ressĂ© aux aspects techniques des chambres Ă  gaz et face Ă  l'incohĂ©rence des donnĂ©es qu'on lui fournissait, s'est rapprochĂ© de Faurisson dans les annĂ©es 1979-1980[29]. Il rompt avec les thĂšses de Faurisson dĂ©s la fin de 1980[29]. En fin de compte, ses travaux, par leur prĂ©cision, ont surpassĂ© les arguments techniques du « rĂ©visionnisme Â» de l'Ă©poque, c'est-Ă -dire de Faurisson[30] et ont procurĂ© Ă  son auteur une reconnaissance. Il s'est expliquĂ© en ces mots sur sa dĂ©marche : « J'ai travaillĂ© avec eux [les rĂ©visionnistes, NDR] en 1980. Mes doutes Ă©taient lĂ©gitimes. Personne ne pouvait m'expliquer les contradictions des tĂ©moignages auxquelles je me heurtais. Mais je n'ai jamais Ă©crit un seul texte rĂ©visionniste. J'ai attendu consciencieusement avant d'Ă©crire. Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire] Jean-Claude Pressac, aujourd'hui dĂ©cĂ©dĂ©, devint commissaire du musĂ©e d'Auschwitz.

En 1985, l'UniversitĂ© de Nantes dĂ©livre Ă  un ingĂ©nieur agronome Ă  la retraite, Henri Roques, un doctorat d'universitĂ© qui rĂ©compense une thĂšse intitulĂ©e Les confessions de Kurt Gerstein. Étude comparative des diffĂ©rentes versions que l'auteur a rĂ©digĂ©e en Ă©troite collaboration avec Faurisson. La thĂšse fait ressortir les contradictions entre les diffĂ©rentes versions du tĂ©moignage du SS Kurt Gerstein en faisant largement rĂ©fĂ©rence Ă  des auteurs comme Paul Rassinier qualifiĂ©s d'« historiens de l'Ă©cole rĂ©visionniste Â». La thĂšse ne nie pas l'existence des chambres Ă  gaz, mais, au cours de la soutenance orale, qui se tient devant un jury composĂ© entiĂšrement d'universitaires actifs dans la mouvance d'extrĂȘme-droite proche du GRECE, Roques n'hĂ©site pas Ă  extrapoler les conclusions de sa thĂšse vers la remise en cause de l'existence des chambres Ă  gaz et la dĂ©nonciation de la « religion de l'holocauste Â» en se rĂ©fĂ©rant ouvertement Ă  Faurisson. Cette thĂšse passe inaperçue, et il faut attendre pratiquement un an pour que l'affaire Ă©clate dans les mĂ©dias. Entre temps, Roques avait organisĂ© sa propre publicitĂ© en insistant sur le « caractĂšre explosif Â» de la thĂšse. Le diplĂŽme de Roques sera annulĂ© en juillet 1986 pour vice de forme[31] [32] [33]

En 1996 une autre affaire fait scandale. Roger Garaudy, ex-membre du bureau politique du PCF, converti au catholicisme[34] puis Ă  l'islam[35] publie dans le second numĂ©ro de la revue nĂ©gationniste La Vieille Taupe sorti en dĂ©cembre 1995 Les Mythes fondateurs de la politique israĂ©lienne dont l'un des chapitres s'intitule « Le mythe des “six millions” (L'Holocauste) Â»[35]. AprĂšs la rĂ©vĂ©lation de cette publication par Le Canard enchaĂźnĂ©, Garaudy et Pierre Guillaume, Ă©diteur de La Vieille Taupe) doivent affronter un procĂšs. L'affaire prend une ampleur importante quand l'abbĂ© Pierre - toujours trĂšs populaire en France - accorde son soutien personnel Ă  Garaudy. L'abbĂ© est convaincu de l'honnĂȘtetĂ© de ce dernier sans avoir par ailleurs lu son livre[35]. À la mĂȘme Ă©poque, la presse rĂ©vĂšle les doutes de Marc Sautet, fondateur des cafĂ©s-philo, sur l'existence de chambres Ă  gaz[36]. AprĂšs plusieurs mois de controverses l'abbĂ© Pierre dĂ©cide de se retirer provisoirement des mĂ©dias et, le 17 fĂ©vrier 1998, Garaudy est condamnĂ© pour diffamation et contestation de crimes contre l'humanitĂ©[35]. Garaudy, dans Les mythes fondateurs, conteste l'application du terme de gĂ©nocide: « Le mot a donc Ă©tĂ© employĂ© Ă  Nuremberg de maniĂšre tout Ă  fait erronĂ©e puisqu'il ne s'agit pas de l'anĂ©antissement de tout un peuple Â». Pour lui, les prisonniers des camps et les dĂ©portĂ©s sont morts en masse parce qu'ils Ă©taient traitĂ©s « en esclaves n'ayant mĂȘme pas valeur humaine de travailleurs utiles. Â»

ExtrĂȘme-droite et nĂ©gationnisme

Sans jamais faire du nĂ©gationnisme l'un de ses thĂšmes de campagne, certains responsables du Front National entretiennent une ambiguĂŻtĂ© certaine dans leur rapport avec l'histoire du gĂ©nocide juif commis par les Nazis, au travers de dĂ©clarations minimisant ou relativisant l'utilisation des chambres Ă  gaz. François Duprat, membre du bureau politique du FN de 1973 jusqu’à son assassinat (non Ă©lucidĂ©) en 1978, Ă©tait, comme le rappelle ValĂ©rie Igounet, l'« un des principaux diffuseurs des thĂšses nĂ©gationnistes au sein de l’extrĂȘme droite française et internationale[37] Â».

Jean-Marie Le Pen, dans les annĂ©es 1980, a tenu des propos Ă©quivoques sur l'existence des chambres Ă  gaz. Le 13 septembre 1987, il dĂ©clarait que leur existence « est un point de dĂ©tail de l'histoire de la seconde guerre mondiale Â» et refuse de rĂ©pondre Ă  la question du journaliste qui lui demande s'il considĂšre « qu'il y a eu gĂ©nocide juif par les chambres Ă  gaz6. Â» Tout en admettant "la mort en masse de juifs dans les camps nazis", il dĂ©clare aussi en 1986 que "les historiens dits "rĂ©visionnistes" mettent, eux, en doute le moyen de cette extermination — les chambres Ă  gaz — et son Ă©tendue — les six millions. N'Ă©tant pas spĂ©cialiste, j'ai entendu comme tout le monde le chiffre de six millions, mais je ne sais pas exactement comment il est Ă©tabli". Il qualifia de nouveau les chambres Ă  gaz de « dĂ©tail Â» Ă  Munich, en dĂ©cembre 1997. Il fut plusieurs fois condamnĂ© pour ces propos, notamment pour « banalisation de crimes contre l'humanitĂ© Â» (en 1991 puis en 1997) et « apologie de crime de guerre Â» (1999).

En aoĂ»t 1992, Henri Roques dĂ©clare au journal Politis que « le rĂ©visionnisme progresse au sein du Front national Â». Il n'est pas dĂ©menti et assiste Ă  l'universitĂ© d'Ă©tĂ© du FN, « rĂ©servĂ©e Â» aux membres du parti (Le Monde, 30 aoĂ»t 1992).

Le 12 septembre 1998, Jean-Marie Le Pen qualifiait Maurice BardĂšche de « prophĂšte d'une renaissance europĂ©enne qu'il espĂ©ra longtemps Â», « un grand Ă©crivain et un historien d'avant-garde Â» Ă  l'occasion des obsĂšques de celui-ci. CondamnĂ© pour « trouble Ă  l'ordre public Â» ou pour « incitation Ă  la haine raciale Â», Jean-Marie Le Pen a Ă©tĂ© condamnĂ© pour « contestation de crimes contre l'humanitĂ© Â» le 8 fĂ©vrier 2008, suite Ă  son entretien accordĂ© Ă  l'hebdomadaire Rivarol, oĂč il dĂ©clarait que « en France du moins, l'occupation allemande ne fut pas particuliĂšrement inhumaine, mĂȘme s'il y eut des bavures, inĂ©vitables dans un pays de 500 000 kmÂȠ»[38]. Le Front National en tant que parti politique n'a jamais Ă©tĂ© poursuivi Ă  ce titre.

Des responsables et Ă©lus du FN, comme le conseiller rĂ©gional Georges Theil, ou Éric Delcroix, conseiller rĂ©gional de Picardie, ont Ă©tĂ© condamnĂ©s en premiĂšre instance et en appel pour des propos explicitement nĂ©gationnistes au titre de la loi Gayssot. Martin Peltier, directeur de National-Hebdo, le journal officieux du FN, a lui aussi Ă©tĂ© condamnĂ©, le 4 avril 1996, pour « contestation de crimes contre l'humanitĂ© Â», suite Ă  un article publiĂ© le 4 mai 1994. MalgrĂ© cette condamnation, il a Ă©crit en 1998, dans National-Hebdo, que les Waffen SS Ă©taient avant tout des « patriotes Â», coupables tout au plus de « bavures Â»[39]. Dans le mĂȘme numĂ©ro, National-Hebdo ouvrait ses colonnes Ă  Robert Faurisson.

Ultra-gauche et négationnisme

À la fin des annĂ©es 1970, des anciens militants de l'ultra-gauche font de la critique bordiguiste de l'antinazisme un de leurs chevaux de bataille[40]. Cette convergence avec Robert Faurisson est marquĂ©e en 1978 par la rencontre de ce dernier avec Pierre Guillaume, fondateur de la librairie La Vieille Taupe, fermĂ©e en 1972[41], et leur collaboration tout long des annĂ©es 1980 pour dĂ©fendre et propager des thĂšses nĂ©gationnistes.

En avril 1977 avait paru le premier numĂ©ro de La Guerre sociale[42], une revue animĂ©e par Dominique Blanc et issue de King-Kong international (voir : Communisme de conseils). Le soutien d'une certaine ultra-gauche Ă  Robert Faurisson commence en juin 1979 par la diffusion par La Guerre sociale Ă  Lyon d'un tract intitulĂ© « Qui est le Juif ? Â». Un deuxiĂšme tract est intitulĂ© « Les chambres Ă  gaz hitlĂ©riennes sont-elles indispensables Ă  notre bonheur ? Â»[43]. Ces textes sont repris dans VĂ©ritĂ© Historique et VĂ©ritĂ© politique un livre de Serge Thion publiĂ© aux Ă©ditions de La Vieille Taupe. Toujours en juin 1979, un texte intitulĂ© « De l'exploitation dans les camps Ă  l'exploitation des camps Â» paraĂźt dans La Guerre sociale. Il aurait Ă©tĂ© Ă©crit initialement par Gilles DauvĂ© et corrigĂ© par Pierre Guillaume[44]. La Jeune Taupe, revue du groupe « Pour une intervention communiste Â», dĂ©veloppe Ă©galement les thĂšmes de l'ultra gauche faurissonienne Ă  partir de 1980[45].

Un tract, « Notre Royaume est une prison Â», est distribuĂ© Ă  60 000 exemplaires le 4 octobre 1980. Plusieurs groupes ont participĂ© Ă  la rĂ©daction de ce tract qui s'appuie sur l'ouvrage de Serge Thion et plagie dans certaines phrases le discours de Faurisson : « Les amis du Potlatch Â», « Le Frondeur Â», le « Groupe Commune de Crondstadt Â», le « Groupe des travailleurs pour l’autonomie ouvriĂšre Â», « La Guerre sociale Â», « Pour une intervention communiste Â» et des rĂ©volutionnaires communistes sans sigle[46]. À la suite de ce tract, LibĂ©ration publie le 25 octobre « La GangrĂšne Â», un texte de militants de la premiĂšre Vieille Taupe comme Jacques Baynac et BelĂ  Elek qui s'en prennent Ă  cette gangrĂšne faurissonienne qui gagne rapidement sinon l'extrĂȘme gauche, du moins des individus dont on pourrait penser que leur passĂ© Ă©tait une garantie[47].

ValĂ©rie Igounet a tentĂ© de rĂ©sumer les articulations rhĂ©toriques de ce qu'elle appelle le « discours rĂ©volutionnaire faurissonien Â»[48] :

  1. Dans la pensée politique contemporaine, le fascisme joue avant toute autre idéologie, le rÎle du diable, mais cette idéologie est d'abord le moyen de noyer les perspectives du prolétariat dans la confusion et d'intégrer cette classe dans la défense du monde capitaliste.
  2. Le mythe des six millions de victimes juives du deuxiÚme conflit mondial est devenu la clef de voûte d'une représentation religieuse universelle.
  3. Les morts en déportation sont mis en avant au détriment des millions d'hommes qui meurent chaque année à travers le monde.
  4. Auschwitz apparaĂźt comme le « grand alibi Â» de la bourgeoisie dĂ©mocratique pour camoufler la rĂ©alitĂ© de l'exploitation quotidienne du Capital (reprise des arguments d'Auschwitz ou le grand alibi).
  5. Les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale masquent leurs propres atrocitĂ©s. Quant Ă  la lĂ©gitimitĂ© et l'avenir de l'État d'IsraĂ«l, ils reposent sur les « cadavres juifs vrais ou inventĂ©s de cette mĂȘme guerre Â».

Pour Serge Thion, tiers-mondiste de gauche, qui a entrepris dĂšs 1979 la rĂ©daction d'un ouvrage devant faire le point sur l'affaire Faurisson[49], « impĂ©rialisme sioniste Â» et « impĂ©rialisme nazi Â» vont de pair, il n'existe guĂšre de diffĂ©rence, techniquement parlant, entre l'occupation israĂ©lienne des rĂ©gions populeuses comme Gaza et la Cisjordanie et l'occupation de la France par l'Allemagne nazie au cours de la Seconde Guerre mondiale[50].

Reconnaissance du problĂšme

La question reste un sujet sensible, comme en témoigne l'affaire du meurtre, par gazage, de Juifs au camp du Struthof pour réaliser un musée de la race juive à l'université de Strasbourg. Cet épisode, jugé déshonorant, reste éludé de la mémoire de cette université malgré les efforts de certains strasbourgeois, qui ont réussi par ailleurs à faire débaptiser une rue Alexis Carrel.

En France l'expression publique des propos négationniste est sanctionnée par la loi Gayssot. L'article 24 bis de la loi sur la presse de 1881 réprime la contestation de l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité tels qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945. La plupart des pays européens sont dotés de législations analogues.

Le site internet Aaargh, crĂ©Ă© en 1996, va ĂȘtre durant plusieurs annĂ©es l'une des expressions principales du nĂ©gationnisme en France avant que les tribunaux français n'ordonnent en 2005 son filtrage par les FAI français (le site a cependant simplement changĂ© d'adresse).

Parmi les négationnistes condamnés pour tel en France, on note Vincent Reynouard, Jean Plantin, Robert Faurisson, Georges Theil.

NĂ©gationnisme en Allemagne

Historique

En Allemagne, oĂč le gĂ©nocide nazi est devenu un thĂšme particuliĂšrement sensible de la mĂ©moire nationale, les partis d'extrĂȘme-droite manifestent leur nĂ©gationnisme (« Holocaust-Leugnung Â») ou leur rĂ©visionnisme (« Revisionismus Â»[51]) de plusieurs façons :

  • Le NPD refuse de participer aux commĂ©moration des crimes nazis (par exemple la minute de silence observĂ©e par le parlement de Saxe le 21 janvier 2005) et fustige la « culture de la culpabilitĂ© Â» de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale. Il prĂ©fĂšre insister sur les « victimes allemandes Â» dont il exagĂšre volontiers le nombre[rĂ©f. nĂ©cessaire] comme celles du bombardement de Dresde qualifiĂ© par les milieux d'extrĂȘme-droite de « Bomben-Holocaust Â».
  • La DVU invite rĂ©guliĂšrement des nĂ©gationnistes comme Arthur Butz ou David Irving Ă  s'exprimer dans ses rassemblements ou dans les colonnes du Deutsche National-Zeitung.

Quelques négationnistes importants en Allemagne

  • Otto Ernst Remer (1912-1997). Pendant la guerre il dirige la rĂ©pression contre les instigateurs de l'attentat contre Hitler du 20 juillet 1944. AssociĂ© Ă  l'organisation de colloques de l'IHR et de la confĂ©rence « Wahrheit macht frei Â» en 1990, il s'exprime Ă  plusieurs reprises dans les confĂ©rences organisĂ©es par Thies Christophersen. Il est notamment l'auteur des Remer-Depesche, dans lesquelles il remet en cause le nombre de morts au camp d'Auschwitz-Birkenau et l'existence de chambres Ă  gaz. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© plusieurs fois pour incitation Ă  la haine raciale et pour nĂ©gationnisme et Ă©vite la prison en s'exilant en Espagne en 1994. Il a aussi Ă©tĂ© l'un des crĂ©ateurs du SRP, successeur du parti nazi interdit en 1952.
  • Germar Rudolf (nĂ© en 1964)
  • Thies Christophersen (1918-1997)
  • Ernst ZĂŒndel (nĂ© en 1939)

Négationnisme en Espagne et en Amérique latine

Selon le politologue Jean-Yves Camus, « le nĂ©gationnisme de langue espagnole [...] est un rameau tardif du nĂ©gationnisme en gĂ©nĂ©ral Â». Il s’agit d’un « nĂ©gationnisme empruntant souvent Ă  la fois au nĂ©o-nazisme et au catholicisme intĂ©griste dans ses prĂ©jugĂ©s antisĂ©mites, lesquels sont des dĂ©clinaisons de l’antijudaĂŻsme religieux et de la thĂ©orie du complot Â». Sa « seconde spĂ©cificitĂ© est que, l’Espagne Ă©tant restĂ©e neutre pendant la Seconde Guerre Mondiale, et l’AmĂ©rique Latine n’ayant que trĂšs marginalement participĂ© au conflit, le nĂ©gationnisme qui s’y exprime n’est pas, comme en Allemagne ou dans les pays qui ont collaborĂ© avec le nazisme, une maniĂšre de s’absoudre des crimes du nazisme Â»[52].

Quelques négationnistes hispanophones importants

  • Les Espagnols Enrique Aynat (auteur de El holocausto al debate, respuesta a Cesar Vida et de Los protocolos de Auschwitz, una fuente historica ?) et Joaquin Bochaca (auteur de El Mito de los seis milliones).
  • Les Argentins Norberto Ceresole (auteur, entre autres, de El Nacional-judaĂ­smo : un mesianismo post-sionista, prĂ©facĂ© par Roger Garaudy) et Walter Beveraggi Allende (auteur de Plan Andinia, el nuevo estado judio (1971).
  • Le Mexicain Salvador Borrego (en) (auteur de Derrota Mundial).
  • Le Chilien Miguel Serrano (auteur de Adolf Hitler, el Ășltimo avatĂŁr).

Maisons d’édition, revues et sites web nĂ©gationnistes hispanophones

  • Les Ă©ditions Garcia Hispan et Libreria Europa.
  • Les revues espagnoles Juanperez (issue de milieux phalangistes radicaux et qui donnera naissance, en 1966, au mouvement nĂ©onazi CĂ­rculo Español de Amigos de Europa CEDADE (es) auquel a participĂ© le Belge LĂ©on Degrelle), Mundo NS et Bajo la Tirania ; la revue mexicaine La Hoja de Combate.
  • Les sites web espagnols España Roja[53], Resistenciaria[54] et Nuevo Orden[55] ; le site web chilien Accion chilena[56] ; le site web Conspirando contra el Nuevo Orden Mundial[57].

NĂ©gationnisme aux États-Unis

L'une des institutions négationnistes les plus actives est l'Institute for Historical Review (IHR), créé en 1979 en Californie. Dirigé par Mark Weber, il publie depuis 1980 une revue (le Journal of Historical Review) et organise des conférences auxquelles a souvent participé Robert Faurisson[58].

Le chef de file du nĂ©gationnisme aux États-Unis est Arthur Butz (en), auteur de The Hoax of the Twentieth Century. A Case against the Presumed Extermination of European Jewry (en français, « L'imposture du XXe siĂšcle siĂšcle Â» ou « La mystification du vingtiĂšme siĂšcle Â») publiĂ© en 1976 par l'IHR. Ce livre reste l'une des principales rĂ©fĂ©rences des nĂ©gationnistes. Selon Butz, « la plus simple des bonnes raisons d'ĂȘtre sceptique au sujet de l'allĂ©gation d'une extermination est aussi la raison la plus simple Ă  concevoir : Ă  la fin de la guerre, ils Ă©taient toujours lĂ  Â». Il prĂ©tend que les victimes des crimes nazis ont Ă©tĂ© Ă  tort portĂ©es disparues, et que les chiffres fantaisistes qu'on trouve dans le talmud prouvent que les Juifs ont une propension Ă  sortir des chiffres imaginaires[59]. Un autre nĂ©gationniste amĂ©ricain particuliĂšrement actif est Austin J. App qui, lui, s'escrimera Ă  dĂ©montrer que les victimes juives du nazisme ont Ă©tĂ© persĂ©cutĂ©s non pour leur judĂ©itĂ©, mais parce qu'elles menaient des activitĂ©s subversives contre le rĂ©gime[60].

C'est depuis la Californie aussi qu'une immense quantitĂ© de tracts, brochures, pamphlets, pseudo-Ă©tudes sont diffusĂ©s Ă  travers le monde, au point qu'on peut parler comme Pierre Vidal-Naquet d'« Internationale rĂ©visionniste qui accueille et redistribue toute cette littĂ©rature Â». GrĂące Ă  cette industrie, un seul texte est traduit en de multiples langues, et diffusĂ© trĂšs largement.[61] Ce recyclage des mĂȘmes thĂšses a pour effet que la littĂ©rature nĂ©gationniste, malgrĂ© un nombre imposant d'ouvrage, est finalement trĂšs pauvre, ne faisant que rĂ©pĂ©ter Ă  l'envi les mĂȘmes distortions. Cette auto-alimentation a aussi pour consĂ©quence que les nĂ©gationnistes amĂ©ricains accordaient une place de choix Ă  des personnalitĂ©s aussi prolixes que Robert Faurisson.

Un autre pĂŽle du nĂ©gationnisme nord-amĂ©ricain est le Liberty Lobby, basĂ© aussi en Californie et ayant Ă  sa tĂȘte Willis Carto. Ce groupe combine l'antisĂ©mitisme, l'antisionisme et le racisme anti-noirs. Ce lobby Ă©dite entre autres l'hebdomadaire Spotlight. Des ouvertures ont Ă©tĂ© tentĂ©es vers la communautĂ© allemande des États-Unis et vers le mouvement libertaire, mais sans grand succĂšs[62].

Les nĂ©gationnistes amĂ©ricains se sont donnĂ© beaucoup de peine pour asseoir une pseudo-lĂ©gitimitĂ© acadĂ©mique. Ils organisent des colloques, en gĂ©nĂ©ral Ă  Los Angeles, ont achetĂ© le catalogue d'adresses des membres de la SociĂ©tĂ© amĂ©ricaine d'histoire pour leur proposer leurs publications, mais n'ont finalement- Ă  quelques exceptions prĂšs, pas sĂ©duit le milieu universitaire - oĂč les Ă©crits d'A. Butz sont pour ainsi dire ignorĂ©s[63].

Mais les nĂ©gationnistes amĂ©ricains pĂšchent parfois par excĂšs de confiance dans leurs propres hallucinations : l'IHR avait ainsi organisĂ© un concours, promettant une coquette somme d'argent (50 000 dollars) Ă  celui qui prouverait l'existence des chambres Ă  gaz. Un AmĂ©ricain, M. Mermelstein, qui avait vu une partie de sa famille disparaĂźtre Ă  Auschwitz releva le dĂ©fi, mais il lui fut bien entendu rĂ©pondu que ses preuves Ă©taient insuffisantes et l'IHR refusa de lui donner sa prime. Le participant n'en resta pourtant pas lĂ  et dĂ©posa plainte devant la justice californienne. Une procĂ©dure de mĂ©diation fut organisĂ©e Ă  Los Angeles, au terme de laquelle l'IHR dut prĂ©senter ses excuses et le candidat reçut son prix[64].

Le cas David Irving

Le britannique David Irving est parmi les auteurs niant l'existence des chambres Ă  gaz celui qui a rencontrĂ© le plus de succĂšs. Souvent prĂ©sentĂ© comme un « historien Â», bien qu'il n'ait pas de diplĂŽme dans ce domaine et qu'il n'ait jamais Ă©tĂ© enseignant ni chercheur dans aucun organisme consacrĂ© Ă  l'histoire, il s'est spĂ©cialisĂ© dans la publication de livres sur l'Allemagne nazie. Ses premiers livres ne portent pas sur le gĂ©nocide mais plus gĂ©nĂ©ralement sur l'Allemagne et la Seconde Guerre mondiale. Il popularise notamment le chiffre, largement revu Ă  la baisse depuis lors par les historiens allemands, de 135 000 morts lors du bombardement de Dresde. Dans les annĂ©es 1980 il s'associe de plus en plus fortement avec les milieux nĂ©gationnistes et l'extrĂȘme droite, contestant ouvertement le gĂ©nocide juif Ă  la fin de la dĂ©cennie. Il se voit alors interdire de voyager dans plusieurs pays dont l'Allemagne, le Canada, l'Afrique du Sud et la Nouvelle-ZĂ©lande.

En 1996 il attaque devant la justice britannique l'historienne amĂ©ricaine Deborah Lipstadt, Ă  qui il reproche de l'avoir diffamĂ© en le traitant de « nĂ©gationniste Â» (Holocaust denier). La perte de ce procĂšs le ruine et achĂšve de dĂ©truire sa rĂ©putation parmi les historiens et le grand public. Dans son arrĂȘt rendu le 11 avril 2000, le juge dĂ©clare que David Irving a, « pour des motifs idĂ©ologiques qui lui sont propres, falsifiĂ© et manipulĂ© les donnĂ©es historiques de maniĂšre persistente et dĂ©libĂ©rĂ©e Â», de sorte que les propos tenus sur lui par Deborah Lipstadt sont justifiĂ©s. Le juge Ă©crit par ailleurs dans son arrĂȘt que David Irving est « activement engagĂ© dans la nĂ©gation de l'Holocauste Â», qu'il est « antisĂ©mite et raciste Â», et qu'il « s'est associĂ© Ă  des extrĂ©mistes de droite qui propagent le nĂ©o-nazisme Â». Sa plainte est donc rejetĂ©e, et il est condamnĂ© aux dĂ©pens[65].

David Irving a semblĂ© revenir sur ses thĂšses lors d'un procĂšs qui lui a Ă©tĂ© intentĂ© fin fĂ©vrier 2005 en Autriche, oĂč il s'Ă©tait rendu pour donner une confĂ©rence devant quelques-uns de ses partisans malgrĂ© les poursuites antĂ©rieures dont il Ă©tait l'objet de la part de la justice autrichienne. Affirmant n'avoir plus aucun doute sur l'Holocauste et plaidant coupable de ses Ă©crits passĂ©s, il a toutefois Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  trois ans de prison ferme, le juge autrichien exprimant son scepticisme quant Ă  la sincĂ©ritĂ© de sa rĂ©tractation. De fait, dĂšs le lendemain du procĂšs David Irving tenait Ă  nouveau des propos nĂ©gationnistes. En dĂ©cembre 2006, une cour d'appel commua les deux tiers de sa peine en pĂ©riode de probation, ce qui lui permit de sortir immĂ©diatement de prison. ExpulsĂ© d'Autriche, David Irving revint au Royaume-Uni oĂč il reprit ses activitĂ©s Ă©ditoriales et nĂ©gationnistes.

NĂ©gationnisme en Égypte

Pour le politologue Jean-Yves Camus, c'est « le monde arabo- musulman qui, en 2006, constitue la principale aire de dĂ©ploiement du discours nĂ©gationniste, oĂč celui-ci est devenu vulgate officielle de [...] forces clĂ©rico-politiques importantes (les FrĂšres Musulmans en Egypte, par la voix de leur Guide, Mohamed Ali Akef) Â»[66].

Ce n'est cependant pas un phĂ©nomĂšne nouveau ni restreint aux cercles extrĂ©mistes ou clandestins. DĂ©jĂ  en 1964, le prĂ©sident Ă©gyptien Gamal Abdel Nasser dĂ©clarait dans la Deutsche Nationalzeitung, un journal allemand d'extrĂȘme droite « Personne ne prend au sĂ©rieux le mensonge des 6 millions de juifs assassinĂ©s Â»[67].

En 1988, Roger Garaudy, auteur du livre nĂ©gationniste Les Mythes fondateurs de la politique israĂ©lienne, a Ă©tĂ© dĂ©corĂ© de la mĂ©daille de la prĂ©dication islamique par Farouk Hosni, ministre de la culture Ă©gyptien. Il a Ă©tĂ© saluĂ© Ă  son arrivĂ©e en Égypte comme un « hĂ©ros Â», un « nouveau Voltaire Â»[67]. Mais le soutien Ă  Garaudy ne se limite pas au monde politique Ă©gyptien. Un grand Ă©crivain Ă©gyptien, Mohamed Salmawy, Ă©lu prĂ©sident de l'Union des Ă©crivains arabes en 2006, a pris la dĂ©fense de nĂ©gationnistes reconnus (et condamnĂ©s) comme Roger Garaudy ou l'anglais David Irving, au nom de la libertĂ© d'expression[67].

Selon Robert S. Wistrich, professeur d'histoire europĂ©enne et juive Ă  l’UniversitĂ© HĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem, cette "tendance croissante dans le monde arabe, Ă  croire que les Juifs ont consciemment inventĂ© le « mensonge d’Auschwitz Â», le « canular Â» de leur propre extermination, dans le cadre d’un vĂ©ritable plan diabolique visant Ă  accĂ©der Ă  la domination du monde" est liĂ©e Ă  un antisionisme radical pour lequel "l’un des attraits de la nĂ©gation de la Shoah rĂ©side [...] dans le fait qu’elle Ă©branle radicalement les fondements moraux de l’Etat d’IsraĂ«l"[68].

NĂ©gationnisme en Iran

Le prĂ©sident iranien Mahmoud Ahmadinejad a dĂ©noncĂ© en 2008 devant ses homologues rĂ©unis Ă  La Mecque le « mensonge Â» de la Shoah[69] et a organisĂ© en 2008 une confĂ©rence Ă  TĂ©hĂ©ran rassemblant ...

Il a notamment dĂ©clarĂ©: « Ils prĂ©tendent qu'ils ont brĂ»lĂ© les juifs dans des fours. Nous n'acceptons pas cela. Puisque vous croyez que vous avez persĂ©cutĂ© les juifs, donnez leur une terre en Allemagne ! Â»

Condamnation par l'ONU

Le 23 janvier 2007, l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'Organisation des Nations unies a adoptĂ© la rĂ©solution 61/L.53 condamnant le nĂ©gation de l'Holocauste en ces termes :

L'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale [...] Notant que le 27 janvier a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© par l’Organisation des Nations Unies JournĂ©e internationale de commĂ©moration en mĂ©moire des victimes de l’Holocauste,

  1. Condamne sans rĂ©serve tout dĂ©ni de l’Holocauste;
  2. Engage vivement tous les États Membres Ă  rejeter sans rĂ©serve tout dĂ©ni de l’Holocauste en tant qu’évĂ©nement historique, que ce dĂ©ni soit total ou partiel, ou toute activitĂ© menĂ©e en ce sens[70].

Annexes

Bibliographie

  • Lucy S. Dawidowicz, Lies About the Holocaust, Commentary, dĂ©cembre 1980, pp. 31-38
  • Nadine Fresco, Fabrication d'un antisĂ©mite, Seuil - La librairie du XXe siĂšcle, 1999.
  • ValĂ©rie Igounet, Histoire du nĂ©gationnisme en France, Ă©ditions du Seuil, Paris, 2000 
  • Martin Imbleau, La nĂ©gation du gĂ©nocide nazi. LibertĂ© d'expression ou crime raciste ? Le nĂ©gationnisme de la Shoah en droit international et comparĂ©, L'Harmattan, 2003.
  • Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mĂ©moire, La DĂ©couverte, Paris, 2005  (comprend le texte « Un Eichmann de papier Â»), Ă©ditions : Points Seuil, 1995, rĂ©Ă©dition (corrigĂ©e et complĂ©tĂ©e) La DĂ©couverte/Poche, 1987 et 2005 (complĂ©tĂ©e d'une postface par GisĂšle Sapiro, « Le nĂ©gationnisme en France Â»)
  • Louis Janover, Nuit et brouillard du rĂ©visionnisme, Paris-MĂ©diterranĂ©e, 1996.
  • NĂ©gationnistes : les chiffonniers de l'histoire, ouvrage collectif (dir. Alain Bihr), Syllepse, 1997.
  • « AntisĂ©mitisme et nĂ©gationnisme dans le monde arabo-musulman : la dĂ©rive Â», Revue d'histoire de la Shoah, janvier-juin 2004, n°180, 480 pages – ISBN 2-85056-718-3

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ C'est le cas de Paul Rassinier, de Roger Garaudy ou de Pierre Guillaume, issus du Parti communiste français (PCF) et de la RĂ©sistance pour les premiers, d'ultragauche pour le troisiĂšme, mais ayant tous Ă©tĂ© publiĂ©s par des journaux d'extrĂȘme droite, comme Rivarol, DĂ©fense de l'Occident ou Le Choc du mois, ou par des Ă©diteurs spĂ©cialisĂ©s dans le nĂ©gationnisme comme la Vieille Taupe
  2. ↑ Comme le remarque Pierre Bridonneau (Oui, il faut parler des nĂ©gationnistes, Avant-propos) « Ă  l'instar de l'idĂ©ologue nazi Alfred Rosenberg dont l'ouvrage s'intitulait : Le Mythe du XXe siĂšcle, le livre de Roger Garaudy s'intitule : Les Mythes fondateurs de la politique israĂ©lienne. Â»
  3. ↑ Un rĂ©sumĂ© des conclusions de Pierre Vidal-Naquet est reproduit dans le site web PHDN.
  4. ↑ Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â», p. 31
  5. ↑ Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â», p. 37-38
  6. ↑ Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â», p. 32.
  7. ↑ Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â», p. 33.
  8. ↑ Bernard Comte, Le GĂ©nocide nazi et les nĂ©gationnistes, 1996. Disponible sur le site PHDN
  9. ↑ Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â», p. 33
  10. ↑ Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â», p. 33.
  11. ↑ La responsabilitĂ© du « complot juif Â» dans le dĂ©clenchement de la guerre est l'une des idĂ©es centrales de Maurice BardĂšche et Paul Rassinier notamment. En Allemagne, voir la thĂ©orie dĂ©fendue par Ernst Nolte.
  12. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 33-34
  13. ↑ par le paiement des indemnitĂ©s que l'Allemagne a versĂ© aprĂšs la guerre. Un tract intitulĂ© Le mythe de l'extermination des Juifs (portant la signature de R. Faurisson) et distribuĂ© dans des Ă©coles Ă  la fin des annĂ©es 1980 prĂ©tend ainsi : « Les Juifs n'admettront jamais qu'on mette en pĂ©ril le deutschmark. C'est la monnaie des "rĂ©parations". Â» (citĂ© par Vidal-Naquet 2005, p. 182)
  14. ↑ a  et b  Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â»
  15. ↑ Voir les citations fournies par Gilles Karmasyn, Les plaques des « 4 millions Â» d'Auschwitz, PHDN, 1997.
  16. ↑ Voir les diffĂ©rentes citations fournies par Gilles Karmasyn dans Le nombre de victimes d’Auschwitz, L’estimation soviĂ©tico-polonaise et l’histoire, PHDN, 2000.
  17. ↑ Voir le dĂ©tail de la falsification nĂ©gationniste dans Gilles Karmasyn, Les plaques des « 4 millions Â» d'Auschwitz, PHDN, 1997 et du mĂȘme, Le nombre de victimes d’Auschwitz, L’estimation soviĂ©tico-polonaise et l’histoire, PHDN, 2000.
  18. ↑ Voir les premiĂšres dĂ©clarations de Hitler entre 1919 et 1921 parmi les dĂ©clarations d'Hitler rassemblĂ©es par Gilles Karmasyn, L’antisĂ©mitisme mortifĂšre d’Hitler - Paroles et documents, PHDN, 2002
  19. ↑ Voir les dĂ©clarations d'Hitler rassemblĂ©es par Gilles Karmasyn, L’antisĂ©mitisme mortifĂšre d’Hitler - Paroles et documents, PHDN, 2002
  20. ↑ Voir Documents et dossiers sur PHDN
  21. ↑ Voir ces dĂ©clarations relevĂ©es par Gilles Karmasyn dans L’extermination au jour le jour dans les documents contemporains sur PHDN
  22. ↑ * Robert Merle, La Mort est mon mĂ©tier, Éd. Gallimard, coll. Folio. ISBN 2070367894
  23. ↑ Voir complĂ©ment et sources dans la rĂ©futation Ă  la 42Ăšme question-rĂ©ponse nĂ©gationniste tirĂ©e de Daniel Keren et Ken McVay, 66 Questions et rĂ©ponses nĂ©gationnistes rĂ©futĂ©es par Nizkor, traduction Gilles Karmasyn, PHDN, 1997, ainsi que dans la 45Ăšme rĂ©futation, ibib.
  24. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 35-39
  25. ↑ Extrait de Nuremberg et la Terre Promise, p. 133 et citĂ© par Nadine Fresco (article « rĂ©visionnisme Â» de l'Encyclopedia Universalis Ă©dition 1990 reproduit sur le site anti-rev). Voir aussi Maurice BardĂšche sur le site PHDN.
  26. ↑ Maurice Bardùche
  27. ↑ Le site PHDN publie une sĂ©rie de pages sur Rassinier. Les informations biographiques proviennent notamment de l'article consacrĂ© par Nadine Fresco Ă  Paul Rassinier dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, reproduit sur le site anti-rev.
  28. ↑ Ce rĂ©sumĂ© doit beaucoup Ă  l'article « rĂ©visionnisme Â» de l'Encyclopedia Universalis Ă©dition 2004 de Nadine Fresco (reproduit sur le site PHDN). Voir aussi Les redresseurs de morts.
  29. ↑ a  et b  Igounet 2000, p. 377-385
  30. ↑ Igounet 2000, p. 386-393
  31. ↑ Igounet 2000, p. 407-436
  32. ↑ Commission sur le racisme et le nĂ©gationnisme Ă  l’universitĂ© Jean-Moulin Lyon III, Rapport Ă  Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, par Henri Rousso,septembre 2004, chapitre 4, p. 99-111 Texte intĂ©gral en ligne.
  33. ↑ Pierre Vidal-Naquet, Les assassins de la mĂ©moire. Un Eichmann de papier et autres essais sur le rĂ©visionnisme, Paris, La DĂ©couverte, coll. Essais, 1987, p. 153-154, Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â» p. ?
  34. ↑ Roger Garaudy, sur le site culturel Evùne.fr
  35. ↑ a , b , c  et d  Igounet 2000, p. 472-483
  36. ↑ Le Monde, 14 juin 1996, citĂ© par Pierre Bridonneau, Oui, il faut parler des nĂ©gationnistes, Ă©d. du Cerf, 1997, ISBN 2-204-05600-6, Avant-propos. Disponible en ligne.
  37. ↑ ValĂ©rie Igounet, « Un nĂ©gationnisme stratĂ©gique Â», Le Monde diplomatique, mai 1998.
  38. ↑ « Le procĂšs de Le Pen pour nĂ©gationnisme renvoyĂ© Â», nouvelobs.com, 8 juin 2007, et Le Pen condamnĂ© Ă  trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende, latribune.fr, 8 fĂ©vrier 2008.
  39. ↑ « Pour le directeur de la rĂ©daction de “National Hebdo” les SS Ă©taient des “patriotes” Â», Le Monde, 6 juin 1998
  40. ↑ Jean-Patrick Manchette, Alerte aux gaz ! (Contribution Ă  la critique d'une idĂ©ologie ultra-sinistre), Charlie hebdo no 519, 22 octobre 1980 ; chronique reprise dans son livre Les Yeux de la momie, pages 287-293
  41. ↑ Igounet 2000, p. 232
  42. ↑ Igounet 2000, p. 280
  43. ↑ Igounet 2000, p. 283
  44. ↑ Igounet 2000, p. 284
  45. ↑ Igounet 2000, p. 293-294
  46. ↑ Igounet 2000, p. 289-290
  47. ↑ Igounet 2000, p. 291
  48. ↑ Igounet 2000, p. 295-300
  49. ↑ Igounet 2000, p. 258
  50. ↑ Igounet 2000, p. 258
  51. ↑ Comme en français, le mot « Revisionismus Â» pose problĂšme parce qu'il est revendiquĂ© par les nĂ©gationnistes pour affirmer une lĂ©gitimitĂ© scientifique que la plupart des historiens leur refusent. Il s'est cependant rĂ©pandu dans le langage courant notamment pour dĂ©signer des thĂšses qui Ă©vitent la nĂ©gation frontale de l'existence du gĂ©nocide nazi pour se concentrer sur les « crimes des alliĂ©s Â» et les « victimes allemandes Â». Ce discours est aussi controversĂ© en Allemagne que le nĂ©gationnisme proprement dit et est associĂ© aux milieux d'extrĂȘme-droite qui l'utilisent comme une stratĂ©gie pour contourner le risque d'interdiction ou de censure auquel exposent des dĂ©clarations nĂ©gationnistes.
  52. ↑ cf. Jean-Yves Camus, Le nĂ©gationnisme en Espagne et en AmĂ©rique Latine.
  53. ↑ ESPAÑA ROJA
  54. ↑ resistenciaria.org
  55. ↑ Nuevorden
  56. ↑ Revista Acción Chilena
  57. ↑ Conspirando contra el Nuevo Orden Mundial
  58. ↑ Un dossier complet sur l'IHR est disponible sur le site amĂ©ricain de lutte contre le nĂ©gationnisme Nizkor et des informations en français sur PHDN.
  59. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 33. Butz se garde bien de reconnaĂźtre que de trĂšs nombreux textes antiques et mĂ©diĂ©vaux non juifs utilisaient les nombres pour leur valeur symbolique plus que pour leur valeur rĂ©elle.
  60. ↑ « Journal of Historical Review Â» n° 1, repris dans Vidal-Naquet 2005, « Un Eichmann de papier Â»
  61. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 113; voir Ă©galement Pierre-AndrĂ© Taguieff, « L'hĂ©ritage nazi Â», Nouveaux Cahiers, 64, printemps 1981, pp. 3-22.
  62. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 119-120
  63. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 120
  64. ↑ Vidal-Naquet 2005, p. 182-183.
  65. ↑ La page de Wikipedia en langue anglaise sur David Irving contient de nombreuses informations, qui ont servi de base au bref rĂ©sumĂ© prĂ©sentĂ© ici. Voir notamment le site Internet Holocaust Denial on Trial, qui reprend l'intĂ©gralitĂ© du procĂšs opposant David Irving Ă  Deborah Lipstadt. Voir Ă©galement « David Irving, nĂ©gationniste pour l'amour d'Hitler Â», PHDN, 2001.
  66. ↑ Jean-Yves Camus, "Le nĂ©gationnisme : essai de dĂ©finition", site de SOS-Racisme
  67. ↑ a , b  et c  Claude Askolovitch, "Ahmadinejad n'a rien inventĂ©", Le Nouvel Observateur, n° 2198, 21 dĂ©cembre 2006. Voir Ă©galement « AntisĂ©mitisme et nĂ©gationnisme dans le monde arabo-musulman Â», dans la Revue d'histoire de la Shoah, mars 2004.
  68. ↑ (fr) Robert S. Wistrich, "L’AntisĂ©mitisme musulman : un danger clair et actuel"(version abrĂ©gĂ©e en français; sur le nĂ©gationnisme : pp. 8-9); (en) Muslim Anti-Semitism: A Clear and Present Danger (version intĂ©grale et annotĂ©e en anglais; sur le nĂ©gationnisme : pp. 37 - 43).
  69. ↑ Le Figaro, 15 dĂ©cembre 2005
  70. ↑ Texte de la RĂ©solution
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