Narcisse-Achille De Salvandy

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Narcisse-Achille De Salvandy

Narcisse-Achille de Salvandy

Le comte de Salvandy en Grand ma√ģtre de l'Universit√©. Portrait par Paul Delaroche. Paris, Mus√©e du Louvre.

Le comte Narcisse Achille de Salvandy, est un homme politique et √©crivain fran√ßais n√© √† Condom (Gers) le 11 juin 1795 et mort √† Graveron (Eure) le 15 d√©cembre 1856.

Sommaire

Biographie

N√© dans une pauvre famille d'origine irlandaise, Narcisse-Achille de Salvandy fit, comme boursier, ses √©tudes classiques au lyc√©e Napol√©on √† Paris. Pour √©chapper √† une punition qui lui avait √©t√© inflig√©e, il s'engagea en 1813 dans les gardes d'honneur de Napol√©on Ier sous le nom de ¬ę Salvandy de la Gravi√®re ¬Ľ. Brigadier le 26 mai 1813, sous-lieutenant le 16 juin, il prit une part active en 1813-1814, √† la guerre de Saxe et √† la campagne de France, durant laquelle il fut bless√©, et fut promu adjudant-major.

Entr√© dans les mousquetaires noirs de la maison militaire de Louis XVIII le 22 juillet 1814 lors du retour des Bourbons, il en fut exclu le 31 d√©cembre 1815 et re√ßut en compensation la croix de la L√©gion d'honneur. Il r√©int√©gra l'arm√©e en f√©vrier 1816, fut promu capitaine en ao√Ľt 1817, et suivit, peu apr√®s, les cours de l'√©cole de droit.

Pendant les Cent-Jours, il avait publi√© quelques brochures lib√©rales. D√©vou√© au parti constitutionnel, il fit para√ģtre en 1816, sous le titre La Coalition et la France, un √©crit des plus vifs contre l'occupation √©trang√®re. Les alli√©s r√©clam√®rent son arrestation, mais le roi refusa et, apr√®s l'√©vacuation du territoire, le duc de Richelieu le nomma ma√ģtre des requ√™tes au Conseil d'√Čtat (1818). En 1821, Salvandy √©pousa Julie F√©ray, fille de Louis F√©ray. Ils s'install√®rent √† Essonnes, dans la propri√©t√© de Chantemerle, puis √† Paris, rue Cassette.

Salvandy collabora, vers la m√™me √©poque, au Journal des D√©bats, soutint la politique du duc Decazes et se montra hostile aux ultras. Aussi fut-il destitu√© de ses fonctions au Conseil d'√Čtat par le comte de Peyronnet en 1821. Il se d√©mit, deux ans plus tard, du grade d'officier d'√©tat-major qu'il d√©tenait depuis 1815, entreprit, contre les royalistes d'extr√™me droite, une vigoureuse campagne et se montra un adversaire d√©termin√© du minist√®re Vill√®le.

Il donna en 1824 un roman historique, Don Alonzo ou l'Espagne, histoire contemporaine, qui eut un vif succ√®s. Il publia encore Les Fun√©railles de Louis XVIII (1824), De l'√©mancipation de Saint-Domingue (1825), La V√©rit√© sur les march√©s Ouvrard (1825), Discussion de la loi du sacril√®ge (1825), Les Amis de la libert√© de la presse (1827), Insolences de la censure (1827), Histoire de Pologne avant et sous le roi Sobieski (1827-1829), ouvrage dans lequel de nombreuses erreurs attestent une √©tude tr√®s insuffisante du sujet. Ces ouvrages sont √©crits dans une prose po√©tique qui imite et exag√®re la mani√®re de Chateaubriand dont Salvandy √©tait, disait-on, ¬ę le clair de lune ¬Ľ.

L'av√®nement du cabinet Martignac acheva de mettre Salvandy en √©vidence : apr√®s avoir √©t√© r√©int√©gr√© au Conseil d'√Čtat et promu conseiller d'√Čtat (1828), il fut charg√© de soutenir le projet de code militaire devant la Chambre des pairs. Il donna sa d√©mission √† l'av√®nement du minist√®re Polignac, malgr√© les instances de Charles X. C'est dans la conversation qu'il eut √† ce sujet avec le roi qu'il aurait prononc√© un de ses mots historiques :

‚Äď Je ne reculerai pas d'une semelle, lui disait Charles X.
‚Äď Plaise √† Dieu, r√©pliqua-t-il, que Votre Majest√© ne soit pas forc√©e de reculer d'une fronti√®re.

Le 31 mai 1830, au cours d'une f√™te donn√©e au Palais-Royal en l'honneur du roi des Deux-Siciles, Salvandy dit au duc d'Orl√©ans le mot c√©l√®bre : ¬ę Voil√†, Monseigneur, une f√™te toute napolitaine : nous dansons sur un volcan ! ¬Ľ

Salvandy ne d√©sira pas la R√©volution de Juillet mais il contribua √† la pr√©parer par ses articles au Journal des D√©bats, d'une vivacit√© d'expression et d'une p√©n√©tration remarquables. Rall√© √† la monarchie de Juillet, il reprit sa place au Conseil d'√Čtat r√©organis√© et, lors d'une √©lection partielle, fut √©lu, le 21 octobre 1830, d√©put√© du 3e coll√®ge de la Sarthe (La Fl√®che)[1]. Il si√©gea au centre droit et s'associa √† tous les actes du parti conservateur : il s'opposa aux propositions √† orientation d√©mocratique et reprocha au minist√®re d'avoir manqu√© de fermet√© lors des journ√©es des 13 et 14 f√©vrier 1831. Non r√©√©lu au renouvellement g√©n√©ral de cette ann√©e, il publia des brochures contre le parti du Mouvement et intervint en faveur des ministres de Charles X.

Le 7 novembre 1833, le 1er coll√®ge de l'Eure (√Čvreux) le renvoya √† la Chambre des d√©put√©s[2] en remplacement de M. du Meilet, d√©c√©d√©. Rapporteur de la loi dite ¬ę de disjonction ¬Ľ, il ne cessa de voter avec la majorit√© conservatrice et fut r√©√©lu le 21 juin 1834[3].

Le 19 f√©vrier 1835, il fut √©lu √† l'Acad√©mie fran√ßaise en remplacement de Fran√ßois-Auguste Parseval-Grandmaison et re√ßu par Pierre-Antoine Lebrun le 21 avril 1836.

Lors de la formation du second cabinet Mol√©, le 15 avril 1837, il devint ministre de l'Instruction publique et conserva ce portefeuille jusqu'en mars 1839. Pendant son passage au minist√®re, il poursuivit l‚ÄôŇďuvre de Guizot en cr√©ant le corps des sous-inspecteurs et en publiant l‚Äôordonnance du 22 d√©cembre 1837 fondant les salles d‚Äôasile, qui sont √† l'origine des √©coles maternelles. Il modernisa l‚Äôenseignement secondaire par l‚Äôintroduction d‚Äôune langue vivante obligatoire en instituant des chaires de litt√©rature √©trang√®re dans les d√©partements, le renforcement des math√©matiques et l‚Äôincitation √† l‚Äôorganisation d‚Äôun enseignement professionnel dans les √©coles primaires sup√©rieures. Il am√©liora le traitement des professeurs et distribua des subventions aux gens de lettres.

Apr√®s avoir √©t√© remplac√© comme d√©put√© par M. Trutat le 26 mai 1837, il rentra au Parlement le 1er juillet suivant comme √©lu du 4e coll√®ge d'Eure-et-Loir (Nogent-le-Rotrou)[4] en remplacement du comte Langlois d'Amilly, nomm√© pr√©fet. Son mandat lui fut renouvel√© le 4 novembre de la m√™me ann√©e[5], puis le 2 mars 1839[6]. Le m√™me jour, il √©tait √©galement √©lu dans le 3e coll√®ge du Gers (Lectoure)[7]. Il opta pour Nogent-le-Rotrou. Il devint vice-pr√©sident de la Chambre et fut nomm√©, en 1841, ambassadeur en Espagne. √Ä cette occasion, l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou lui confirma son mandat de d√©put√©[8]. R√©√©lu √† Nogent-le-Rotrou le 9 juillet 1842[9], il opta pour Lectoure, qui l'avait √©galement √©lu le m√™me jour[10]. Il observa, dans certaines questions, une attitude plus ind√©pendante, et fut nomm√© ambassadeur √† Turin (1843) et grand-croix de la L√©gion d'honneur.

N'ayant pas vot√© la ¬ę fl√©trissure ¬Ľ contre les d√©put√©s qui √©taient all√©s aupr√®s du comte de Chambord √† Belgrave Square, il en re√ßut du roi de vifs reproches lors d'une visite aux Tuileries, et donna sa d√©mission d'ambassadeur. L'incident fut m√™me port√© √† la tribune par Thiers comme inconstitutionnel.

Salvandy entra pourtant dans le troisi√®me minist√®re Soult le 1er f√©vrier 1845, en remplacement d'Abel-Fran√ßois Villemain. Il demeura en place dans le minist√®re Guizot jusqu'au 23 f√©vrier 1848. √Ä la suite de son entr√©e au gouvernement, il fut r√©√©lu le 1er ao√Ľt 1846 d√©put√© de Lectoure[11] et d'√Čvreux[12]. Pendant son minist√®re, il reconstitua le Conseil royal de l'Instruction publique pour remplacer le Conseil royal de l‚ÄôUniversit√© et combattre le monopole de l'Universit√©, cr√©a l'√Čcole d'Ath√®nes, restaura l'√Čcole des chartes et pr√©senta plusieurs projets de loi sur la r√©organisation des √©coles de droit et de m√©decine et sur l'enseignement secondaire. Il renfor√ßa les moyens de la biblioth√®que royale.

La R√©volution de 1848 le rendit √† la vie priv√©e. Apr√®s quelques ann√©es pass√©es hors de France, notamment √† Jersey, il revint √† Paris, resta en relation avec les chefs de l'ancien parti conservateur, prit part aux tentatives de fusion entre les deux branches des Bourbons et se fit nommer pr√©sident de la Soci√©t√© d'agriculture du d√©partement de l'Eure, o√Ļ il poss√©dait le ch√Ęteau de Graveron. C'est l√† qu'il mourut en 1856.

Ňíuvres

  • Islaor, ou le Barde chr√©tien, nouvelle gauloise, Paris, Baudouin fr√®res, 1814, in-12
  • M√©moire √† l'empereur, sur les griefs et le vŇďu du peuple fran√ßais, Paris, Delaunay, 25 mai 1815, in-8
  • Observations critiques sur le champ de mai, Paris, Delaunay, 16 juin 1815, in-8
  • Opinion d'un Fran√ßais sur l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire et sur les d√©crets y relatifs, Paris, Delaunay, 1815, in-8 (*)
  • De la N√©cessit√© de se rallier au Roi, pour sauver la France, Paris, Delaunay, 1815, in-8
  • R√©flexions sur la suppression de la maison du Roi, Paris, Delaunay, 1815, in-8 (*)
  • Dernier soupir des compagnies rouges, Paris, Impr. de A. Egron, 1815, in-8 (*)
  • La coalition et la France, Paris, Delaunay, f√©vrier 1817, in-8
  • Lettre au lord duc Wellington, sur l'√©v√©nement du 10 au 11 f√©vrier, Paris, Plancher, 13 f√©vrier 1818, in-8
  • Dangers de la situation pr√©sente, Paris, Mme Cellis, 1819, in-8
  • Vues politiques, Paris, Poulet, mars 1819, in-8
  • Des fun√©railles de Louis XVIII, Paris, Baudouin fr√®res, 26 octobre 1824, in-8
  • Du parti √† prendre envers l'Espagne, Paris, Baudouin fr√®res, 25 novembre 1824, in-8
  • Le minist√®re et la France, Paris, Baudouin fr√®res, 1824, in-8
  • Le nouveau r√®gne et l'ancien minist√®re, Paris, Baudouin fr√®res, 1824, in-8
  • Don Alonso, ou L'Espagne, histoire contemporaine, Paris, Baudouin fr√®res, 1824, 5 vol. in-12
  • De l'√Čmancipation de Saint-Domingue dans ses rapports avec la politique int√©rieure et ext√©rieure de la France, Paris, Ponthieu, 1825, in-8
  • Discussion du projet de loi sur le sacril√®ge, Paris, Baudouin fr√®res, 1825, in-8
  • La V√©rit√© sur les march√©s Ouvrard, Paris, Ponthieu, 1825, in-8
  • Lettres √† M. le r√©dacteur du "Journal des d√©bats", sur les affaires publiques, Paris, A. Sautelet, 1827, in-8
  • Lettres √† un provincial sur le voyage de Saint-Omer, Paris, A. Sautelet, 25 septembre 1827, in-8
  • Exposition des derniers produits de l'industrie de la censure et r√©clamation d'icelle contre une omission du jury, adress√©e √† l'auteur des "Lettres √† M. le r√©dacteur du "Journal des d√©bats", Paris, A. Sautelet, 9 octobre 1827, in-8
  • Insolences de la censure, et consid√©rations sur la politique en g√©n√©ral du minist√®re, Paris, A. Sautelet, 1827, in-8
  • Lettre de la girafe au pacha d'√Čgypte pour lui rendre compte de son voyage √† Saint-Cloud, et envoyer les rognures de la censure de France au journal qui s'√©tablit √† Alexandrie en Afrique, Paris, A. Sautelet, 1827, in-8 texte int√©gral en ligne sur Gallica
  • Seconde lettre de la girafe au pacha d'√Čgypte texte int√©gral en ligne sur Gallica
  • Que feront-ils ? ou Examen des questions du moment, Paris, A. Sautelet, 1827, in-8
  • Histoire de Pologne avant et sous le roi Jean Sobieski, Paris, A. Sautelet, 1829, 3 vol. in-8
  • Seize mois ou la r√©volution et les r√©volutionnaires, Paris, Ladvocat, 1831, in-8 (2e √©d. en 1832 sous le titre Vingt mois, ou La r√©volution de 1830 et les r√©volutionnaires)
  • Paris, Nantes et la session, Paris, G. Barba, 1832, in-8
  • Un mot sur nos affaires, Paris, Impr. de A. Henry, 1834, in-8
  • Notice biographique sur le contre-amiral Ducrest de Villeneuve, Paris, Impr. de P. Dupont, 1852, in-8 (Extrait des Nouvelles Annales de la marine et des colonies, avril 1852)
  • Les quatre Solitudes, Paris, Aux bureaux, 1853, in-8 (extrait de la Revue contemporaine)
  • Le G√©n√©ral Cavaignac, Paris, C. Douniol, 1857, in-8 (extrait du Correspondant)

(*) écrits anonymes, attribués à Salvandy par Barbier

Jugements

  • ¬ę Il avait bien des qualit√©s, et il fallait qu'il en e√Ľt beaucoup, pour √™tre arriv√© √† tout, avec tant de ridicules. ¬Ľ (Fran√ßois Guizot)
Précédé par Narcisse-Achille de Salvandy Suivi par
François Guizot Ministre français de l'Instruction publique
1837-1839
Narcisse Parant
Abel-François Villemain Ministre français de l'Instruction publique
1845-1848
Hippolyte Carnot


Précédé par
François-Auguste Parseval-Grandmaison
Fauteuil 1 de l’Académie française
1835-1856
Suivi par
√Čmile Augier

Références

Sources

Liens externes

Notes

  1. ‚ÜĎ 118 voix sur 222 votants et 308 inscrits
  2. ‚ÜĎ 177 voix sur 342 votants et 434 inscrits contre 158 √† M. Treilhard, ancien pr√©fet
  3. ‚ÜĎ 188 voix sur 354 votants et 424 inscrits contre 161 √† Jacques Laffitte
  4. ‚ÜĎ 165 voix sur 232 votants contre 66 au marquis de Turin
  5. ‚ÜĎ 180 voix sur 230 votants et 308 inscrits
  6. ‚ÜĎ 155 voix sur 272 votants
  7. ‚ÜĎ 166 voix sur 327 votants contre 157 au g√©n√©ral Subervie
  8. ‚ÜĎ 155 voix sur 236 votants contre 39 √† M. Maunoury et 38 √† M. de Fougerais
  9. ‚ÜĎ 163 voix sur 222 votants
  10. ‚ÜĎ 203 voix contre 159 au g√©n√©ral Subervie, qui le rempla√ßa √† Nogent-le-Rotrou
  11. ‚ÜĎ 239 voix contre 50 √† M. Boub√©e et 12 au g√©n√©ral Subervie
  12. ‚ÜĎ 339 voix sur 572 votants et 704 inscrits contre 232 √† Jacques Charles Dupont de l'Eure

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