Napoléon I

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Napoléon I

Napoléon Ier

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Napoléon Ier
Empereur des Français
Ingres, Napoleon on his Imperial throne.jpg

RĂšgne
18 mai 1804 - 11 avril 1814
20 mars 1815 - 22 juin 1815
Sacre 2 dĂ©cembre 1804
(Cathédrale Notre-Dame de Paris)
Dynastie Maison Bonaparte
Titre complet Empereur des Français
Roi d'Italie
Médiateur de la Confédération suisse
Protecteur de la Confédération du Rhin
PrĂ©dĂ©cesseur Lui-mĂȘme
(en tant que Premier Consul)
Successeur Louis XVIII (Roi de France)

Autres fonctions
Premier Consul de France
PĂ©riode
10 novembre 1799 - 18 mai 1804
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Prédécesseur Directoire
Successeur Lui-mĂȘme (en tant qu'empereur)

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Biographie
Nom de naissance Napoléon Bonaparte
Naissance 15 aoĂ»t 1769
Ajaccio, Pavillon royal de France.svg France
DĂ©cĂšs 5 mai 1821 (51 ans)
Île Sainte-HĂ©lĂšne
Royaume-Uni Royaume-Uni
PĂšre Charles Bonaparte
MĂšre Maria Letizia Ramolino
Conjoint(s) Joséphine de Beauharnais
Marie-Louise d'Autriche
Descendance Prince Napoléon François Bonaparte, prince impérial
Charles LĂ©on
Alexandre Walewski
RĂ©sidence(s) Palais des Tuileries

Imperial Coat of Arms of France (1804-1815).svg
Empereurs des Français

NapolĂ©on Bonaparte[1] (nĂ© le 15 aoĂ»t 1769 Ă  Ajaccio, en Corse ; mort le 5 mai 1821 sur l'Ăźle Sainte-HĂ©lĂšne) fut gĂ©nĂ©ral, Premier consul, puis empereur des Français. Il fut un conquĂ©rant de l'Europe continentale.

Objet dÚs son vivant d'une légende dorée comme d'une légende noire, il a acquis une notoriété aujourd'hui universelle pour son génie militaire (victoires d'Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, La Moskova) et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses incessantes campagnes (voulues ou non) coûteuses en vies humaines, soldées par de lourdes défaites finales en Espagne, en Russie et à Waterloo, et par sa mort en exil à Sainte-HélÚne sous la garde des Anglais.

Il dirige la France Ă  partir de la fin de l’annĂ©e 1799 ; il est d'abord Premier Consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de NapolĂ©on Ier, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815. Il rĂ©organise et rĂ©forme durablement l'État et la sociĂ©tĂ©. Il porte le territoire français Ă  son extension maximale avec 134 dĂ©partements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de dĂ©partements français. Il est aussi prĂ©sident de la RĂ©publique italienne de 1802 Ă  1805, puis roi d’Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore mĂ©diateur de la ConfĂ©dĂ©ration suisse de 1803 Ă  1813 et protecteur de la ConfĂ©dĂ©ration du Rhin de 1806 Ă  1813. Il conquiert et gouverne la majeure partie de l’Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trĂŽnes de plusieurs royaumes europĂ©ens : Joseph sur celui de Naples puis d'Espagne, JĂ©rĂŽme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frĂšre Joachim Murat Ă  Naples. Il crĂ©e aussi un grand-duchĂ© de Varsovie, sans oser restaurer formellement l'indĂ©pendance polonaise, et soumet Ă  son influence des puissances vaincues telles que la Prusse et l'Autriche.

NapolĂ©on tente de mettre un terme Ă  son profit Ă  la sĂ©rie de guerres que mĂšnent les monarchies europĂ©ennes contre la France depuis 1792. Il conduit les hommes de la Grande ArmĂ©e, dont ses fidĂšles « grognards Â», du Nil et de l'Andalousie jusqu'Ă  la ville de Moscou. Comme le note l'historien britannique Eric Hobsbawm, aucune armĂ©e n'Ă©tait allĂ©e aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols et aussi de soumettre autant de grandes puissances de l'Ă©poque. MalgrĂ© de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montĂ©es et financĂ©es par la Grande-Bretagne (devenue le Royaume-Uni en 1801), l’épopĂ©e impĂ©riale prend fin en 1815 avec la dĂ©faite de Waterloo.

Peu d'hommes ont suscitĂ© autant de passions contradictoires que NapolĂ©on Bonaparte. Selon les mots de l’historien Steven Englund : « le ton (
) qui convient le mieux pour parler de NapolĂ©on serait (
) une admiration frisant l’étonnement et une dĂ©sapprobation constante frisant la tristesse. Â»

Toute une tradition romantique fait prĂ©cocement de NapolĂ©on l'archĂ©type du grand homme appelĂ© Ă  bouleverser le monde. Élie Faure, dans son ouvrage NapolĂ©on, qui a inspirĂ© Abel Gance, le compare Ă  un « prophĂšte des temps modernes Â». D'autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-HĂ©lĂšne le « PromĂ©thĂ©e moderne Â». L'ombre de « NapolĂ©on le Grand Â» plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de DostoĂŻevski, de TolstoĂŻ et de bien d'autres encore.

Sommaire

Biographie

Jeunesse et ascension dans l’armĂ©e

Naissance de Napoléon

Le Blason de la famille Bonaparte (avant Napoléon Ier).
Portrait de Charles Bonaparte, pÚre de Napoléon.

NapolĂ©on Bonaparte naĂźt Ă  Ajaccio, en Corse, le 15 aoĂ»t 1769, un an aprĂšs le traitĂ© de Versailles par lequel GĂȘnes cĂšde l'Ăźle Ă  la France. Il a pour nom de baptĂȘme Napoleone di Buonaparte (acte du 21 juillet 1771, mais sur son acte de mariage avec JosĂ©phine de Beauharnais, il signa Napoleone Buonaparte). Issu d’une famille faisant partie de la noblesse de robe italo-corse dont la prĂ©sence sur l'Ăźle est attestĂ©e depuis le XVIe siĂšcle[2] (Maison Bonaparte d’origine toscane[rĂ©f. nĂ©cessaire]), il est le quatriĂšme enfant (second des enfants survivants) de Carlo Maria Buonaparte, avocat au Conseil supĂ©rieur de l'Ăźle, et de Maria Letizia Ramolino. Son prĂ©nom, Napoleone (ou Nabulione selon la graphie corse[3]), lui est donnĂ© en mĂ©moire d'un oncle mort Ă  Corte en 1767[4].

La formation militaire

En 1777, Charles Bonaparte, reprĂ©sentant la noblesse, fait partie de la dĂ©putation que l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des États de la Corse envoie Ă  Versailles auprĂšs du roi Louis XVI. À cette occasion, le comte de Marbeuf, gouverneur de l'Ăźle, fait obtenir, auprĂšs du ministre de la guerre le prince de Montbarrey, une bourse pour faire entrer le deuxiĂšme fils de Charles Ă  l'Ă©cole militaire, son frĂšre aĂźnĂ© Joseph Ă©tant destinĂ© Ă  suivre une carriĂšre ecclĂ©siastique[5].

Le 1er janvier 1779, Charles Bonaparte fait entrer provisoirement ses deux fils Joseph et NapolĂ©on au collĂšge d’Autun. NapolĂ©on y reste trois mois, le temps pour son pĂšre de faire les dĂ©marches pour le faire admettre Ă  l'Ă©cole militaire, devant pour cela fournir les preuves de sa noblesse et de quatre degrĂ©s d'anciennetĂ© pour obtenir la bourse du roi[6]. Le dossier est examinĂ© par le juge d'armes Antoine-Marie d'Hozier de Serigny[7]. Charles Bonaparte ayant fourni les preuves de noblesse de la famille, NapolĂ©on est agrĂ©Ă© par le ministĂšre de la guerre pour entrer au collĂšge militaire de Tiron, mais, suite Ă  des dĂ©fections, il est finalement admis Ă  l’École royale militaire de Brienne-le-ChĂąteau (Aube)[7].

NapolĂ©on y entre le 15 mai 1779 en classe de septiĂšme[8]. C’est l’un des douze collĂšges de France qui accueillent les enfants de la petite noblesse. Il va y rester cinq ans. ConsidĂ©rĂ© comme bon Ă©lĂšve, particuliĂšrement douĂ© pour les mathĂ©matiques, Bonaparte n’aurait pas Ă©tĂ© trĂšs apprĂ©ciĂ© de ses camarades notamment Ă  cause de son admiration pour Pascal Paoli[9]. Il montre dĂ©jĂ  une propension Ă  l’art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tĂȘte. Une bataille de boules de neige, qu'il aurait dirigĂ©e un hiver, fait partie de sa lĂ©gende[10]. Son frĂšre Joseph, ayant abandonnĂ© son projet d'entrer au sĂ©minaire, Ă©tudie le droit ; Lucien entre au sĂ©minaire d’Aix-en-Provence et ses sƓurs sont Ă©duquĂ©es par Mme Campan.

Son pĂšre lui rend visite le 21 juin 1784[11]. Le 22 septembre de la mĂȘme annĂ©e, le sous-inspecteur des Ă©coles Marie-Antoine-SĂ©rapion Reynaud des Monts fait passer aux Ă©lĂšves cadets de Brienne l'examen d'entrĂ©e Ă  l'École militaire de Paris, oĂč aprĂšs un an d'Ă©tudes ils pourront ĂȘtre affectĂ©s Ă  un rĂ©giment d'artillerie, de gĂ©nie, ou de la marine[12]. NapolĂ©on est jugĂ© apte Ă  y entrer ainsi que quatre de ses condisciples. Il quitte l'Ă©cole le 17 octobre et arrive cinq jours plus tard Ă  Paris oĂč il intĂšgre la compagnie des cadets gentilshommes[13]. Le 24 fĂ©vrier 1785, Charles Bonaparte meurt d'un cancer de l'estomac ; le rĂŽle de chef de la famille Ă©choit Ă  l'aĂźnĂ© Joseph, mais NapolĂ©on le juge d'un caractĂšre trop faible pour diriger la famille[14]. En septembre, il passe l'examen de sortie de l'Ă©cole afin d'intĂ©grer un rĂ©giment d'artillerie, interrogĂ© par le mathĂ©maticien Pierre-Simon Laplace. Il est reçu lieutenant en second, (42e sur 58) Ă  l’examen de l’artillerie, et reçoit l’ordre de rejoindre la destination qu’il a choisie, le rĂ©giment d'artillerie de la FĂšre alors en garnison Ă  Valence[15].

Il quitte Paris pour Valence le 30 octobre 1785. Le 15 septembre 1786, sept ans et neuf mois aprĂšs son dĂ©part, il repose les pieds sur l’üle de Corse Ă  l’occasion de son congĂ© de semestre. Le 1er juin 1788, il s’embarque pour rejoindre son rĂ©giment de La FĂšre en garnison Ă  Auxonne et apprendre son mĂ©tier d’artilleur. Dans ses loisirs, il travaille assidĂ»ment. Ses nombreuses lectures, qu’il accompagne de Notes[16], tĂ©moignent du sens dans lequel il a dirigĂ© ses Ă©tudes et des sujets qui l’ont particuliĂšrement attirĂ©. Il quitte Auxonne, pour un congĂ© de semestre dĂ©but du mois de septembre 1789. Le 11 ou 12 fĂ©vrier 1791, la fin de son congĂ© le ramĂšne dans la citĂ© auxonnaise qu’il quitte dĂ©finitivement le 14 juin 1791.

Les premiĂšres armes

Lorsque la Révolution éclate en 1789, le lieutenant Bonaparte a 19 ans. Il est présent depuis le 15 juin 1788 au régiment de La FÚre, alors à l'école royale d'artillerie à Auxonne dirigée par le maréchal de camp-baron Jean-Pierre du Teil. Ce dernier lui confie la répression de la premiÚre émeute locale qui éclate le 19 juillet 1789.

PrĂ©sent ponctuellement Ă  Paris, le jeune officier est spectateur de l’invasion des Tuileries par le peuple le 20 juin 1792 et aurait manifestĂ© alors son mĂ©pris pour l'impuissance de Louis XVI. Ce dernier signe quelques jours plus tard son brevet de capitaine, un de ses derniers actes publics.

NapolĂ©on retourne Ă  plusieurs reprises en Corse, oĂč les luttes de clans ont repris, les Paolistes soutenant la monarchie Ă  l’anglaise, et les Bonaparte la RĂ©volution. NapolĂ©on se fait Ă©lire lieutenant-colonel de la Garde nationale en mars 1792, en arrachant de force l’accord du commissaire du gouvernement. C'est Ă  ce poste de commandant en second du bataillon Quenza-Bonaparte qu'il fait ses premiĂšres armes en fĂ©vrier 1793, participant Ă  la tĂȘte de l'artillerie Ă  l'expĂ©dition de La Maddalena. MalgrĂ© l'efficacitĂ© et la dĂ©termination de NapolĂ©on, l'opĂ©ration commandĂ©e par Colonna Cesari, un proche de Paoli, est un Ă©chec cuisant. Cet Ă©vĂ©nement et l’exĂ©cution du roi en janvier 1793 attisent la division avec les Paolistes, provoquant une rĂ©volte des indĂ©pendantistes.

Les désaccords entre Paoli et Bonaparte s'accentuent et, suite à une lettre de Lucien Bonaparte à la Convention pour dénoncer Paoli, la famille Bonaparte, dont la maison a été mise à sac, est contrainte de quitter l'ßle précipitamment à destination de Toulon, le 10 juin 1793. Peu aprÚs l'arrivée des Bonaparte dans le (nouveau) département du Var, la région se soulÚve contre la Convention et Toulon est livrée aux Britanniques par la population révoltée.

Capitaine d’artillerie depuis un an, Bonaparte est envoyĂ© Ă  Avignon en juillet 1793 dĂ©loger des fĂ©dĂ©ralistes marseillais, puis Ă  Toulon en septembre. On lui confie, Ă  la demande des commissaires Augustin Robespierre et Christophe Salicetti, un compatriote corse, le commandement de l'artillerie, avec le grade de chef de bataillon. Il y rencontre de jeunes officiers comme Marmont, Junot ou Victor. Le plan qu’il soumet au gĂ©nĂ©ral Dugommier permet la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques le 18 dĂ©cembre. Ses ordres contribuent Ă  forcer la flotte britannique Ă  quitter la rade de Toulon et Ă  priver ainsi les insurgĂ©s d'un soutien prĂ©cieux. Il est fait gĂ©nĂ©ral de brigade le 22 dĂ©cembre. AprĂšs cette victoire, il sert en Italie.

Ses amitiĂ©s avec les jacobins lui valent d’ĂȘtre briĂšvement arrĂȘtĂ© aprĂšs la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).

Le 13 vendĂ©miaire, le mariage et l’armĂ©e d’Italie

Paul Barras.

LibĂ©rĂ©, il refuse d'ĂȘtre affectĂ© en VendĂ©e et erre un temps Ă  Paris sans commandement effectif, puis Barras lui demande le 13 vendĂ©miaire an IV de rĂ©primer l’insurrection royaliste contre la Convention nationale. À cette occasion, Bonaparte a sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat, son futur beau-frĂšre. Ce dernier joue un rĂŽle dĂ©terminant, en transfĂ©rant Ă  temps les canons indispensables depuis les Sablons jusqu'aux abords des Tuileries. La canonnade de Saint-Roch — oĂč les boulets ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par de la mitraille plus « efficace Â» — disperse les forces royalistes faisant de nombreuses victimes...

Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu gĂ©nĂ©ral de division, puis nommĂ© commandant de l’armĂ©e de l'IntĂ©rieur, succĂ©dant Ă  Barras qui devient l’un des cinq membres du Directoire.

Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette Ă©poque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.

Il doit Ă  JosĂ©phine de Beauharnais, amie et ancienne maĂźtresse de Barras, qu'il vient d'Ă©pouser au dĂ©but de 1796, sa promotion Ă  la tĂȘte de la petite armĂ©e d'Italie, appelĂ©e en principe Ă  ouvrir un simple front de diversion. Il sait motiver ses hommes, connaĂźt le terrain pour l'avoir parcouru en 1794, et fait une campagne d’exception, encore Ă©tudiĂ©e de nos jours dans toutes les Écoles de guerre. Il bat sĂ©parĂ©ment quatre gĂ©nĂ©raux PiĂ©montais et Autrichiens (dont Colli, Von Beaulieu et Argenteau Ă  Millesimo, Montenotte), et signe l’armistice de Cherasco avec le royaume de Sardaigne. Dans une deuxiĂšme phase, il bat une nouvelle armĂ©e autrichienne envoyĂ©e en renfort et commandĂ©e par Sebottendorf Ă  Lodi et Beaulieu Ă  Borghetto, ce qui lui assure la conquĂȘte de Milan.

Dans une troisiĂšme phase organisĂ©e autour du siĂšge de Mantoue, il bat deux nouvelles armĂ©es autrichiennes commandĂ©es par Quasdanovich et Wurmser dans sept batailles, dont Castiglione et Roveredo. Enfin, les renforts commandĂ©s par Alvinczy sont Ă  leur tour battus au pont d’Arcole et Ă  Rivoli.

Tout en organisant l’Italie en RĂ©publiques sƓurs sur le modĂšle de la RĂ©publique française, Bonaparte marche sur l’Autriche et signe seul les prĂ©liminaires de paix de Leoben. En un peu plus d’un an, il bat cinq armĂ©es autrichiennes, frĂ©quemment Ă  un contre deux, et dĂ©cide seul du sort de la guerre, tandis que les armĂ©es françaises du Rhin sont battues par les Autrichiens pourtant affaiblis par la nĂ©cessitĂ© de transfĂ©rer des troupes en Italie. En reconnaissance de ces hauts faits, la rue de Paris oĂč habite Bonaparte est renommĂ©e rue de la Victoire.

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Italie (1796-1797).

Campagne d’Égypte

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Égypte.

À son retour d’Italie, en dĂ©cembre 1797, Bonaparte est accueilli comme un hĂ©ros par le Directoire qui organise une cĂ©rĂ©monie officielle pour cĂ©lĂ©brer la paix de Campo-Formio. Il est nommĂ© membre de l'Institut dans la classe de mathĂ©matiques. En fĂ©vrier 1798, le Directoire soumet Ă  Bonaparte l'idĂ©e d'une invasion de l'Angleterre. Il inspecte les cĂŽtes françaises de Boulogne, Calais et Dunkerque, en vue de la rĂ©alisation du projet. Sa popularitĂ© auprĂšs des Français est de plus en plus importante. Le 23 fĂ©vrier 1798, le gouvernement abandonne le projet d'invasion de l'Angleterre sur les conseils de Bonaparte, qui, lui-mĂȘme influencĂ© par Talleyrand, persuade alors le Directoire de porter la guerre en Égypte, oĂč il pourra couper la route des Indes Ă  la Grande-Bretagne. Le 24 fĂ©vrier 1798, le rapport est prĂ©sentĂ© Ă  Barras ; le 5 mars, inquiet de la popularitĂ© de Bonaparte, le Directoire le charge de mener l'expĂ©dition en Égypte, dans l'idĂ©e de s'en dĂ©barrasser.

En avril 1798 est crĂ©Ă©e l’armĂ©e d’Orient, placĂ©e sous les ordres de Bonaparte. Des scientifiques, noyau du futur Institut d’Égypte, l'accompagnent, ainsi que les gĂ©nĂ©raux KlĂ©ber, Desaix, Murat, Lannes, Davout et Caffarelli.

Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient Ă  Ă©chapper Ă  la poursuite de la flotte britannique du contre-amiral anglais Horatio Nelson. Mais il s'agit peut-ĂȘtre d'une ruse des Anglais visant Ă  laisser passer la flotte française pour mieux l'Ă©craser plus tard. Sur leur route, les Français s’emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, pour assurer les communications ultĂ©rieures avec la mĂ©tropole. Le 19 juin 1798, aprĂšs avoir laissĂ© une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu’elle atteint le 1er juillet 1798. AprĂšs une courte rĂ©sistance, la ville est prise le lendemain.

Bonaparte laisse 3 000 hommes Ă  Alexandrie et longe la cĂŽte Ă©gyptienne vers l’est jusqu’au delta du Nil, qu’il remonte vers Le Caire. Le premier vĂ©ritable combat de la campagne d'Égypte a lieu Ă  ChebreĂŻs le 13 juillet 1798 oĂč les cavaliers mamelouks sont dĂ©faits, grĂące Ă  l’artillerie de l’armĂ©e d’Orient. Le 21 juillet 1798, Ă  la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat Ă  nouveau l’armĂ©e des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armĂ©e entrent triomphalement au Caire. Les 1er et 2 aoĂ»t 1798, la flotte française est presque entiĂšrement dĂ©truite Ă  Aboukir par les navires d'Horatio Nelson. DĂ©sormais, les Britanniques sont maĂźtres de la MĂ©diterranĂ©e et Bonaparte est prisonnier de sa conquĂȘte. Suite Ă  cette dĂ©faite, les Turcs, le 9 septembre 1798, dĂ©clarent la guerre Ă  la France. Il faut rappeler qu’à cette Ă©poque l'Égypte fait partie de l'empire ottoman, comme la majoritĂ© du Proche-Orient.

Pendant qu’il dĂ©cide de faire de l'Égypte un vĂ©ritable Ă©tat capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le gĂ©nĂ©ral Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu’en Haute-Égypte, complĂ©tant ainsi la soumission du pays. PoussĂ©s par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire, qui se rĂ©volte le 21 octobre 1798 contre les Français. Cette rĂ©volte est impitoyablement rĂ©primĂ©e par les troupes. Bonaparte rĂ©tablit la situation et ramĂšne le calme en dĂ©crĂ©tant une amnistie gĂ©nĂ©rale, non sans avoir fait canonner la Grande MosquĂ©e du Caire et couper bon nombre de tĂȘtes, exhibĂ©es Ă  la foule terrorisĂ©e.

En fĂ©vrier 1799, Bonaparte dĂ©cide de se dĂ©placer en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le Sultan a envoyĂ©es pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 fĂ©vrier 1799, il quitte le Caire avec son armĂ©e et bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillĂ©e par les Français.

NapolĂ©on Bonaparte ordonne l'exĂ©cution de quelque 2 500 prisonniers turcs qui sont fusillĂ©s, ou Ă©gorgĂ©s faute de munitions[17]. Par ce massacre, il espĂšre impressionner ses adversaires.

C’est Ă  ce moment-lĂ  que la peste apparaĂźt dans les rangs français. NapolĂ©on est favorable Ă  l'euthanasie des soldats agonisants Ă  l'aide de fortes doses d'opium (utilisĂ© pour calmer la douleur), mais son mĂ©decin RenĂ©-Nicolas Dufriche-Desgenettes s'y oppose Ă©nergiquement.

Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siĂšge devant Saint-Jean d’Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en dĂ©route les cavaliers ottomans Ă  la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et KlĂ©ber Ă©crasent l’armĂ©e turque de secours envoyĂ©e par le Sultan pour libĂ©rer le siĂšge de Saint-Jean d’Acre Ă  la Bataille du Mont-Thabor. Bien que victorieuse Ă  cette bataille, le 16 avril 1799, l’expĂ©dition en Syrie est dĂ©cimĂ©e par la peste puis arrĂȘtĂ©e Ă  Acre que Bonaparte essaie en vain, du 24 avril au 10 mai 1799, de prendre.

Le 17 mai 1799, Bonaparte dĂ©cide d’abandonner le siĂšge de la ville et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 Ă  la bataille terrestre d'Aboukir.

La situation du Directoire lui paraissant favorable Ă  un coup de force, Bonaparte, qui n'a plus de marine et ne dispose plus que d’une armĂ©e de terre diminuĂ©e et malade, abandonne le commandement de l’armĂ©e d’Égypte Ă  Jean-Baptiste KlĂ©ber.

Le sort de l'expĂ©dition française d'Egypte, en l'absence de Bonaparte, est marquĂ© par la victoire de Jean-Baptiste KlĂ©ber sur les Turcs Ă  la bataille d’HĂ©liopolis le 20 mars 1800, puis suite Ă  l'assassinat de celui-ci le 14 juin 1800, par la capitulation de son successeur le gĂ©nĂ©ral Menou le 31 aoĂ»t 1801 devant les forces turco-britanniques aprĂšs la perte de 13 500 hommes, principalement victimes d'Ă©pidĂ©mies au cours des nĂ©gociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriĂ©s sur les vaisseaux britanniques vers la France.

Retour Ă  Paris, situation de la France

Napoléon Bonaparte, qui a pris la mer le 23 août 1799 à bord de la frégate La Muiron, débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 aprÚs avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les quarante-sept jours de la traversée. Sur le chemin qui le mÚne à Paris, il est acclamé par la population.

Le Consulat

Article dĂ©taillĂ© : Consulat (histoire de France).

Le coup d’État

Article dĂ©taillĂ© : Coup d'État du 18 brumaire.

ArrivĂ© dans la capitale, le gĂ©nĂ©ral s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expĂ©rience et fin connaisseur des forces en jeu.

Le schĂ©ma du coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) prĂ©voit les opĂ©rations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armĂ©e pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblĂ©es. On envisage de dĂ©placer les assemblĂ©es au chĂąteau de Saint-Cloud sous le prĂ©texte d’un pĂ©ril jacobin ; en effet, depuis 1789, les assemblĂ©es se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.

L'essentiel des Ă©vĂ©nements se dĂ©roule le 19 brumaire Ă  Saint-Cloud. Les rĂ©visionnistes avaient envisagĂ© une dĂ©mission collective des cinq directeurs, mais les assemblĂ©es ont du retard car cette idĂ©e ne fait pas l’unanimitĂ© ; Bonaparte s’impatiente et dĂ©cide d’intervenir.

Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, huĂ© par les dĂ©putĂ©s qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblĂ©e. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frĂšre Lucien qui prĂ©side les Cinq-Cents. Lucien Ă©vite que NapolĂ©on soit mis en cause par les dĂ©putĂ©s qui veulent voter pour le mettre hors-la-loi ; il retarde le vote et va chercher Murat, qui vient avec la troupe et disperse les assemblĂ©es, prĂ©textant que certains dĂ©putĂ©s voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention armĂ©e (les reprĂ©sentations des dĂ©putĂ©s sortant par les fenĂȘtres et voulant poignarder NapolĂ©on sont trĂšs rĂ©pandues).

Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État parlementaire en un coup d’État militaire. Mais il demeure attachĂ© aux formes juridiques et, dans la soirĂ©e du 19 Brumaire, les dĂ©putĂ©s restent Ă  Saint-Cloud pour voter la dĂ©cision de nommer deux commissions chargĂ©es de prĂ©parer une nouvelle constitution. On constate ainsi une volontĂ© d’appuyer le rĂ©gime sur le vote des reprĂ©sentants du peuple.

Le 20 brumaire, les trois Consuls sont dĂ©signĂ©s : Bonaparte, SieyĂšs et Ducos. C’est le dĂ©but du Consulat. Roger Ducos est tout acquis Ă  Bonaparte, alors que SieyĂšs, lui, n’entend pas se rĂ©signer Ă  abandonner le pouvoir Ă  Bonaparte seul. Il compte bien jouer un rĂŽle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collĂšgue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministĂ©riels les ennemis de SieyĂšs en offrant les relations extĂ©rieures Ă  Talleyrand et celui de la Police Ă  FouchĂ©.

Le travail de rĂ©daction de la Constitution est confiĂ© officiellement Ă  deux commissions lĂ©gislatives formĂ©es de dĂ©putĂ©s des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est SieyĂšs qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avĂšre trop complexe, voire irrĂ©aliste ; en effet, il prĂ©voit l’instauration d’un rĂ©gime dĂ©mocratique fondĂ© sur un pouvoir lĂ©gislatif fort, reprĂ©sentĂ© par trois chambres, tandis que l’exĂ©cutif est rĂ©duit Ă  une magistrature Ă  vie purement honorifique et Ă  deux consuls aux fonctions limitĂ©es.

Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de SieyÚs. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.

La Constitution de l’an VIII est adoptĂ©e en comitĂ© restreint le 13 dĂ©cembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de SieyĂšs, mais intĂšgre les idĂ©es politiques de NapolĂ©on Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exĂ©cutif. SieyĂšs, lui-mĂȘme, est chargĂ© de dĂ©signer les trois consuls de la rĂ©publique : Bonaparte comme premier consul, puis Jean-Jacques-RĂ©gis de CambacĂ©rĂšs et Charles-François Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la RĂ©publique. SieyĂšs, quant Ă  lui, est relĂ©guĂ© au poste de prĂ©sident du SĂ©nat.

« Lorsque je me mis Ă  la tĂȘte des affaires, la France se trouvait dans le mĂȘme Ă©tat que Rome, lorsqu’on dĂ©clarait qu’un dictateur Ă©tait nĂ©cessaire pour sauver la RĂ©publique. Â»

— Bonaparte

La Constitution

La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 dĂ©cembre 1799. Bonaparte Ă©tablit la Constitution sous des apparences dĂ©mocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, dont toutes les Ă©volutions ultĂ©rieures du rĂ©gime ne feront qu’accentuer le caractĂšre.

Le pouvoir lĂ©gislatif est divisĂ© en trois assemblĂ©es (tricamĂ©risme) :

La prĂ©paration de la loi appartient Ă  l'exĂ©cutif, par le biais du Conseil d’État, chargĂ© de rĂ©diger les textes lĂ©gislatifs.

Le pouvoir fonctionne de maniĂšre autoritaire, les procĂ©dĂ©s de dĂ©mocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisĂ©s et contrĂŽlĂ©s. Le consul corrige lui-mĂȘme les rĂ©sultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme Ă©clairĂ©, qui n'est pas Ă©tranger Ă  l'expĂ©rience de Pasquale Paoli en Corse, dont le jeune Bonaparte a Ă©tĂ© un admirateur fervent.

Du Consul à l’Empereur

En 1800, NapolĂ©on Bonaparte attaque une nouvelle fois l’Autriche. Le 14 juin 1800, il gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grĂące Ă  la charge hĂ©roĂŻque de Desaix, qui est tuĂ© lors de l’assaut, trĂ©passant ainsi le mĂȘme jour que KlĂ©ber au Caire.

Battus également à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens doivent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801. Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolident fortement la situation de Bonaparte.

Le 24 dĂ©cembre 1800, une « machine infernale Â» (bombe) l’attend rue Saint-Nicaise. La voiture du Premier consul passe au grand galop. La bombe explose trop tard et seules les vitres du vĂ©hicule sont soufflĂ©es. Sur place, en revanche, c'est le carnage. On dĂ©nombre 22 morts et une centaine de blessĂ©s. FouchĂ©, alors ministre de la Police, rĂ©ussit Ă  prouver que l’attentat est l’Ɠuvre des royalistes, alors que Bonaparte est persuadĂ© avoir affaire aux Jacobins. L’exĂ©cution du duc d’Enghien en sera une consĂ©quence.

En 1802, Bonaparte demande que les cendres du marĂ©chal de Turenne soient transfĂ©rĂ©es aux Invalides. Il est en effet un fervent admirateur de Turenne, dont il reprendra avec succĂšs la stratĂ©gie d’attaque par surprise (Bataille de Turckheim, 1675) dans ses campagnes de 1805 Ă  1812.

Derniers ennemis dĂ©clarĂ©s de la RĂ©publique Française, les Britanniques sont amenĂ©s Ă  signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignĂ©e deux jours plus tard). Cette paix, qui prĂ©voit la libre circulation de la flotte française dans l'Atlantique, permet Ă  Bonaparte de mettre en branle son grand dessein pour l'AmĂ©rique. Il s'agit pour lui de dĂ©velopper la Louisiane, cet immense territoire qui s'Ă©tend sur la rive droite du Mississipi et qui revient de droit Ă  la France depuis la signature secrĂšte du TraitĂ© de San Ildefonso en 1800.

Pour cela il lui faut une base d'opĂ©rations sĂ»re. La colonie de Saint-Domingue est tout indiquĂ©e. De cette tĂȘte de pont de la France dans le Nouveau-Monde, il pourra reprendre pied en douceur Ă  la Nouvelle-OrlĂ©ans sans brusquer le jeune Ă©tat amĂ©ricain qui verrait son expansion vers l'Ouest dĂ©finitivement circonscrite au Mississipi.

Mais Ă  Saint-Domingue, Toussaint Louverture est un formidable obstacle Ă  ce plan. Le gĂ©nĂ©ral noir est GĂ©nĂ©ral en chef de la colonie au nom de la France depuis 1797 et il est suspectĂ© de connivences avec les États-Unis d'AmĂ©rique avec lesquels, au mĂ©pris du principe de l'exclusif, il commerce ouvertement. D'ailleurs, l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente il a fait voter par les grands planteurs, ses alliĂ©s objectifs, une constitution autonomiste qui fait de lui un gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă  vie, et il a eu l'outrecuidance de l'envoyer en France pour simple ratification, une fois le fait accompli.

Cet acte de rĂ©bellion ouverte d'un chef de guerre rĂ©putĂ© invincible et fermement accrochĂ© Ă  son Ăźle tombe Ă  pic pour justifier l'importance des forces commises Ă  l'expĂ©dition qui se prĂ©pare. Et la raison d'État, froide et impĂ©rieuse, justifie Ă©galement le rĂ©tablissement de l'esclavage dans les colonies du Nouveau Monde car il va sans dire que la Louisiane française doit se dĂ©velopper rapidement pour prendre de vitesse Anglais et AmĂ©ricains, ce qu'elle ne saurait se faire sans une main d'Ɠuvre servile telle que celle exploitĂ©e Ă  Saint-Domingue.

Voila pourquoi deux flottes font voile vers les Antilles, Leclerc, propre beau-frĂšre de Bonaparte, vers Saint-Domingue avec 20 000 hommes et Richepanse vers la Guadeloupe avec 3 400 hommes.

Ces chefs sont munis d'instructions secrĂštes fort explicites rĂ©digĂ©es de la main mĂȘme de Bonaparte. Ils doivent prendre le contrĂŽle militaire des deux colonies et dĂ©sarmer les officiers indigĂšnes avant de rĂ©tablir l'esclavage. Des proclamations sont prĂȘtes, en français et en crĂ©ole, qui visent Ă  assurer les populations indigĂšnes de l'attachement personnel de Bonaparte Ă  la libertĂ©. Cette plĂ©thore de prĂ©cautions dĂ©montre que ce dernier a compris que le succĂšs ou l'Ă©chec dĂ©pend du secret ; les faits lui donnent raison.

AprĂšs une rĂ©sistance acharnĂ©e de trois mois, le vieux Toussaint, trahi par ses officiers gĂ©nĂ©raux habilement entrepris par Leclerc, dĂ©pose les armes puis est capturĂ© et dĂ©portĂ© en France oĂč il mourra quelques mois plus tard, au Fort de Joux prĂšs de Pontarlier. Leclerc peut alors passer Ă  la deuxiĂšme phase du plan et dĂ©sarmer les officiers de couleur mais Richepance Ă  la Guadeloupe a rĂ©tabli l'esclavage sans attendre et la nouvelle de cette trahison de la parole du Premier Consul fait basculer Saint-Domingue dans l'insurrection.

L'armĂ©e de Leclerc, affaiblie par une Ă©pidĂ©mie de fiĂšvre jaune, recule partout. Leclerc obtient prĂšs de 20 000 hommes de renfort mais la fiĂšvre jaune fait tomber inexorablement un tiers des EuropĂ©ens qui dĂ©barquent et Leclerc succombe lui-mĂȘme. Les dĂ©bris de son armĂ©e sont anĂ©antis par les soldats de Jean-Jacques Dessalines, lequel proclame l'indĂ©pendance de l'ancienne colonie sous le nom indien d'HaĂŻti.

Mais le temps de l'AmĂ©rique française est dĂ©jĂ  passĂ©. La paix avec l'Angleterre est rompue et l'Atlantique est redevenu une mer hostile. De guerre lasse, en 1803, Bonaparte vend la Louisiane aux États-Unis.

Bien plus tard, Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, NapolĂ©on dira « j'aurais dĂ» laisser Toussaint-Louverture diriger Saint-Domingue Â», un vƓu pieux pour s'exonĂ©rer de l'opprobre esclavagiste qui entache son hĂ©ritage. Mais en rĂ©alitĂ©, face au rĂȘve amĂ©ricain de Bonaparte, Toussaint et la libertĂ© des noirs ne faisaient pas le poids.

AprĂšs que Bonaparte eut Ă©tendu son influence sur la Suisse (qui met en place les institutions dĂ©centralisĂ©es actuelles) et sur l’Allemagne, une dispute Ă  propos de Malte sert de prĂ©texte aux Britanniques pour dĂ©clarer une nouvelle fois la guerre Ă  la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste Ă  Bonaparte. Celui-ci rĂ©agit : l’idĂ©e d’une invasion du Royaume-Uni se fait jour, et, pour ramener Ă  la raison les royalistes qui peut-ĂȘtre complotent dans l’ombre, le Premier consul fait exĂ©cuter le duc d’Enghien, prince Bourbon. L’exĂ©cution qui se dĂ©roule Ă  Vincennes aprĂšs un simulacre de procĂšs, ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche qui s’en tiennent Ă  quelques timides reproches. C'est cependant cet acte qui assoit la rĂ©putation de « Robespierre Ă  cheval Â» de NapolĂ©on (Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, NapolĂ©on assumera cet acte, malgrĂ© la trĂšs probable implication de Talleyrand). AprĂšs ce gage donnĂ© aux rĂ©publicains, dans la mesure oĂč le Premier consul rĂ©itĂšre le crime des rĂ©gicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 dĂ©cembre 1804.

À proprement parler, l’Empire naĂźt Ă  la demande du SĂ©nat. Steven Englund se rallie Ă  l’opinion selon laquelle il s’agissait, initialement, de protĂ©ger la RĂ©publique. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondrĂ© avec lui. Empereur, il devenait une institution, scellant la pĂ©rennitĂ© des valeurs rĂ©publicaines. Il pouvait mourir : l’hĂ©rĂ©ditĂ© du titre Ă©tait censĂ©e protĂ©ger le pays des bouleversements et de la perte des acquis rĂ©volutionnaires (avec, en premier lieu, l’égalitĂ©, loin devant la libertĂ©). C’est ainsi que les monnaies impĂ©riales portent, sans hypocrisie, la mention « NapolĂ©on Empereur - RĂ©publique française Â».

Par suite seulement, cet Empire « rĂ©publicain Â», protĂ©geant les acquis rĂ©volutionnaires, se fera « impĂ©rialiste Â».

« La RĂ©volution est fixĂ©e aux principes qui l'ont commencĂ©e : elle est finie[18] Â»

— Bonaparte.

L’Empire

Article dĂ©taillĂ© : Premier Empire.

La symbolique impériale

Le sacre impĂ©rial, Ă©vĂ©nement unique dans l’Histoire de France reprĂ©sentĂ© sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de NapolĂ©on, est lourdement chargĂ© en symboles. Le passage de la RĂ©publique Ă  l’Empire nĂ©cessite la crĂ©ation d’armoiries impĂ©riales, ainsi que la crĂ©ation d’objets symboliques destinĂ©s Ă  Ă©tablir une tradition auparavant inexistante. NapolĂ©on, qui se veut rassembleur, dĂ©cide d’associer aux symboles de son rĂšgne les images qui ont pu reprĂ©senter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts europĂ©ens.

Le Sacre de NapolĂ©on, de Jacques-Louis David – Cette scĂšne montre le moment oĂč NapolĂ©on prend des mains de Pie VII la couronne impĂ©riale pour en coiffer sa femme l’impĂ©ratrice JosĂ©phine.

L’aigle est choisi en rĂ©fĂ©rence aux aigles romaines, portĂ©es par les lĂ©gions, mais il est Ă©galement le symbole de Charlemagne, l’aigle Ă©ployĂ©e. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes dĂ©ployĂ©es : en hĂ©raldique, Ă©ployĂ©e se dit des oiseaux et des animaux chimĂ©riques reprĂ©sentĂ©s avec les ailes Ă©tendues (un aigle Ă  deux tĂȘtes aux ailes dĂ©ployĂ©es en est un bon exemple). La couleur rouge du manteau impĂ©rial est une rĂ©fĂ©rence directe au pourpre de l’imperium romain. NapolĂ©on se pose ainsi en hĂ©ritier de l’Empire romain et de Charlemagne.

Les abeilles sont censĂ©es rappeler les MĂ©rovingiens (des broches les reprĂ©sentant ayant Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans des tombeaux de cette Ă©poque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impĂ©rial doit rappeler les fleurs de lys des CapĂ©tiens. La main de justice, utilisĂ©e par les CapĂ©tiens lors des sacres royaux, doit faire apparaĂźtre qu’il est l’hĂ©ritier de leur pouvoir. NapolĂ©on veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatriĂšme dynastie Â», celle des Bonaparte, aprĂšs les MĂ©rovingiens, les Carolingiens, et les CapĂ©tiens.

D’autres symboles utilisĂ©s pendant le sacre sont chargĂ©s de valeurs morales. Ainsi NapolĂ©on tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce mĂȘme empereur (ces deux Ă©lĂ©ments ayant Ă©tĂ© forgĂ©s de toutes piĂšces avant le sacre). Son Ă©pĂ©e et son sceptre sont dits « de Charlemagne Â» : ils ont Ă©tĂ© en rĂ©alitĂ© utilisĂ©s depuis plusieurs siĂšcles par les Valois puis les Bourbons lors de leur sacre.

NapolĂ©on et l’Église

NapolĂ©on se fait couronner roi d’Italie le 26 mai 1805 Ă  Milan

L'auto-sacre de NapolĂ©on, sous les yeux du Pape, qui semble rĂ©duire le pape Pie VII Ă  bĂ©nir le couronnement du chef d'État français, est Ă©galement l’occasion de revenir sur les rapports entre la France et la papautĂ©.

La signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaĂźt le catholicisme comme la religion « de la majoritĂ© des Français Â», et non plus comme religion d’État. Les prĂȘtres reçoivent dĂ©sormais un traitement de la part de l’État. Afin de montrer sa puissance, NapolĂ©on ne va pas se faire sacrer Ă  Rome, comme autrefois Charlemagne et les Empereurs germaniques (jusqu'au XVe siĂšcle), c'est le pape que l’on fera venir Ă  Paris.

NapolĂ©on l’accueille irrespectueusement en forĂȘt de Fontainebleau, Ă  cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractĂšre fortuit de la rencontre. NapolĂ©on offensera encore le Souverain Pontife en lui prenant des mains la couronne de l’impĂ©ratrice, mais surtout en se couronnant lui-mĂȘme. De cette maniĂšre, il affirme la primautĂ© du politique (et donc du sĂ©culier) sur le religieux.

Article dĂ©taillĂ© : Le Sacre de NapolĂ©on.

Le rapprochement entre NapolĂ©on et l’Église est donc le fruit d’un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delĂ  de la valeur morale qu’a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, NapolĂ©on se place Ă  l’égal, voire au-dessus des rois europĂ©ens comme successeur de Charlemagne et des empereurs de la Rome antique. La prĂ©sence du pape au sacre donne une dimension morale et lĂ©gitime supplĂ©mentaire Ă  l’Empire.

Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une rĂ©volution, c’est un couronnement divin comme les autres souverains europĂ©ens mais qu’aucun des souverains d’Europe ne peut Ă©galer. NapolĂ©on se place au mĂȘme niveau que le souverain du Saint-Empire romain germanique avant de le dĂ©passer pour devenir l'unique Empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'aprĂšs la proclamation de l'Empire français, il dĂ©crĂšte que l'Autriche, alors archiduchĂ©, devient aussi un Empire.

La prĂ©sence du pape est donc davantage un message aux pays europĂ©ens qu’un hommage catholique de la part de NapolĂ©on.

NapolĂ©on, d’ailleurs peu sensible au sort du Vicaire du Christ, n’hĂ©site pas Ă  le retenir prisonnier Ă  Fontainebleau. Dans l’idĂ©e d’affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagera de transfĂ©rer la rĂ©sidence du pape de Rome Ă  Paris, avant d’abandonner cette idĂ©e.

À la fin de sa vie, NapolĂ©on reçoit l'extrĂȘme-onction des mains de l'abbĂ© Jean-François de Kermagnan.

L’Empire victorieux

Article dĂ©taillĂ© : PremiĂšres annĂ©es du Premier Empire.
PremiÚre distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'aprÚs le peintre Jean-Baptiste Debret

En 1804, l’heure n’est donc pas encore aux vastes conquĂȘtes, et, persuadĂ© depuis longtemps que le seul moyen d’obtenir une paix dĂ©finitive est de neutraliser le Royaume-Uni, NapolĂ©on met au point, avec l’amiral Latouche-TrĂ©ville (qui mourra avant d’avoir pu l’exĂ©cuter), un plan visant Ă  l’invasion du Royaume-Uni. Celui-ci Ă©choue dĂ©finitivement Ă  la bataille de Trafalgar, oĂč la flotte franco-espagnole commandĂ©e par l’amiral de Villeneuve est dĂ©truite par l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni en tira la domination des mers pendant le siĂšcle suivant.

En 1805, la TroisiĂšme coalition se forme en Europe contre NapolĂ©on. L’Empereur qui, Ă  Boulogne, supervisait les prĂ©paratifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, doit faire face Ă  une guerre soudaine, et Ă  l’autre bout de l’Europe. Il mĂšne une offensive immĂ©diate, acheminant la Grande ArmĂ©e en Autriche Ă  marche forcĂ©e, et s’assure une brillante victoire contre l’Autriche et la Russie Ă  la bataille d’Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs Â».

En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mĂšne NapolĂ©on (« l’Esprit en marche Â», selon Hegel) est impressionnante de rapiditĂ© : il balaie l’armĂ©e prussienne Ă  la bataille d'IĂ©na (doublĂ©e de la victoire de Davout Ă  Auerstaedt oĂč, avec 30 000 hommes, le MarĂ©chal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L’annĂ©e suivante, NapolĂ©on traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes Ă  Friedland et finit par signer, Ă  Tilsit, au milieu du NiĂ©men, en une mise en scĂšne conçue pour frapper les esprits, un traitĂ© avec le tsar Alexandre Ier, divisant l’Europe entre les deux puissances.

Cet homme formĂ© dans les Ă©coles et par les maĂźtres de l’Ancien RĂ©gime, officier de l’armĂ©e royale, brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s’agit plus de livrer une guerre de siĂšge Ă  l’aide de 30 Ă  50 000 hommes, mais de rechercher la bataille dĂ©cisive, engageant plus de 100 000 hommes s’il le faut. Il ne s’agit plus de rester maĂźtre du champ de bataille, mais d’anĂ©antir l’ennemi.

En 1808, il crĂ©e la noblesse d’Empire : bientĂŽt ses marĂ©chaux et gĂ©nĂ©raux arboreront les titres de comte d’Empire, prince de NeuchĂątel, duc d’Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d’Elchingen, roi de Naples.

Du 27 septembre au 14 octobre 1808, NapolĂ©on donne rendez-vous Ă  Alexandre Ier Ă  Erfurt, pour un nouveau traitĂ©, afin qu’ils s’unissent contre l’Autriche qui menace de redĂ©clarer la guerre Ă  la France.
Le tsar refuse en prĂ©fĂ©rant que ce traitĂ© soit Ă©tabli dans le but de renouveler l’alliance qui s’était forgĂ©e entre eux l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente Ă  Tilsit ; cela permet en fait Ă  NapolĂ©on de s’assurer encore plus longtemps de la fidĂ©litĂ© d’Alexandre. Mais c'est un Ă©chec car l'empereur s'aperçoit bientĂŽt de la trahison de Talleyrand, qui avait approchĂ© le tsar en lui conseillant de rĂ©sister Ă  NapolĂ©on, mĂȘme s'il Ă©tait sĂ©duit.

Articles dĂ©taillĂ©s : TraitĂ© de Tilsit et CongrĂšs d'Erfurt.

En 1810, le « Grand Empire Â» compte 130 dĂ©partements, d’Amsterdam Ă  Rome, ainsi que plusieurs États vassaux et sa population est de 70 millions d’habitants, dont 30 seulement sont français ; l’Empire est Ă  son apogĂ©e.

L’Empire napolĂ©onien Ă  son apogĂ©e en 1811     Empire français     Ă‰tats vassaux     AlliĂ©s de l'Empire
Napoléon dans son cabinet de travail peint par David (1812)

Le 2 avril 1810, il Ă©pouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui, le 20 mars 1811, lui donnera un fils ; cet enfant sera surnommĂ© le roi de Rome et nommĂ© « NapolĂ©on II Â».

Articles dĂ©taillĂ©s : Marie-Louise d'Autriche et NapolĂ©on II.

Campagnes de la pĂ©ninsule IbĂ©rique, d’Autriche, de Russie et d’Allemagne

Article dĂ©taillĂ© : Le Premier Empire en 1812-1813.

À la suite de l’attitude britannique vis-Ă -vis des bateaux de commerce français, NapolĂ©on tente d’imposer le Blocus continental visant Ă  asphyxier l’industrie britannique. Le Portugal, vieil alliĂ© des Britanniques, refuse de signer ce traitĂ©. NapolĂ©on recherche donc l’aide de l’Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l’Espagne et installe son frĂšre Joseph Bonaparte comme roi. Le Portugal est Ă©galement envahi, mais les trois campagnes (1808, 1810, 1811), menĂ©es notamment par le gĂ©nĂ©ral Junot et le marĂ©chal MassĂ©na ne mettent pas fin Ă  la rĂ©sistance anglo-portugaise ; le roi Jean VI de Portugal, la cour et le gouvernement portugais dĂ©mĂ©nagent Ă  Rio de Janeiro et le BrĂ©sil devient le siĂšge du royaume jusqu'Ă  1821. Une partie de la population espagnole se soulĂšve contre les Français. BientĂŽt, l'infanterie britannique commandĂ©e par le futur duc de Wellington prend pied en Espagne, en passant par le Portugal, en 1808 et, avec l’aide des nationalistes espagnols, pousse l’armĂ©e française hors de la pĂ©ninsule IbĂ©rique, en 1812. Alors que les meilleures troupes de l’armĂ©e française sont engagĂ©es en Espagne, l’Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et elle est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram. Le marĂ©chal Lannes, compagnon et ami de NapolĂ©on, pĂ©rit Ă  la bataille d'Essling.

Alexandre Ier, poussĂ© par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refuse de coopĂ©rer avec NapolĂ©on pour porter le coup final au Royaume-Uni. NapolĂ©on, croyant cette guerre inĂ©vitable, envahit la Russie en 1812. La Grande ArmĂ©e, appuyĂ©e des alliĂ©s italiens, allemands, autrichiens, devient gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchissent le NiĂ©men.

Les Russes, dirigés par Koutousov, suivent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, est indécise. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes sont presque équivalentes dans les deux camps.

DĂšs le lendemain de l’entrĂ©e des troupes françaises dans Moscou, les Russes incendient la ville, et NapolĂ©on doit faire retraite. L’hiver, soudain en ces rĂ©gions, est dangereusement proche : NapolĂ©on, espĂ©rant une dĂ©marche de la part d’Alexandre, fait retarder la retraite jusqu’au dernier moment. La Grande ArmĂ©e entame alors une retraite dĂ©sespĂ©rĂ©e vers l’Allemagne dans l’hiver russe, Ă  travers les rĂ©gions dĂ©vastĂ©es qu’elle avait parcouru Ă  l’aller. Des 600 000 hommes qui entrĂšrent en campagne, seules quelques dizaines de milliers franchissent la BĂ©rĂ©zina. La Grande ArmĂ©e est dĂ©truite.

Article dĂ©taillĂ© : Campagne de Russie (1812).

EncouragĂ©s par ce dramatique Ă©chec, plusieurs rois reprirent les armes contre la France. À la suite de deux victoires remportĂ©es en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses troupes le trahit et NapolĂ©on subit une dĂ©faite dĂ©cisive Ă  Leipzig, aussi appelĂ©e « Bataille des nations Â», qui voit s’opposer 180 000 Français Ă  300 000 alliĂ©s (russes, autrichiens, prussiens, suĂ©dois). Le marĂ©chal Poniatowski, prince polonais et neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, y perd la vie en tentant de traverser l’Elster avec ses hommes. On dĂ©nombre 100 000 morts et blessĂ©s.

La campagne de France

Statue équestre de Napoléon Ier à Cherbourg
Acte de la premiĂšre abdication, 12 avril 1814.
Article dĂ©taillĂ© : Campagne de France (1814).

En 1814, une alliance entre le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse et l’Autriche est formĂ©e. MalgrĂ© les incroyables victoires aux batailles de Champaubert et de Montmirail, que NapolĂ©on remporte Ă  la tĂȘte d’une armĂ©e de jeunes recrues inexpĂ©rimentĂ©es (les « Marie-Louise Â»), Paris tombe le 31 mars et les marĂ©chaux forcent NapolĂ©on Ă  abdiquer. L’intention de NapolĂ©on Ă©tait d’abdiquer en faveur de son fils (NapolĂ©on II), mais les puissances alliĂ©es exigent une abdication inconditionnelle.

NapolĂ©on pense alors que les alliĂ©s vont le sĂ©parer de l’impĂ©ratrice Marie-Louise d'Autriche et de son fils le roi de Rome ; alors, dans la nuit du 12 au 13 avril, il prend la dose de poison qui doit lui permettre de se suicider. On a longtemps cru qu'il s'agissait d’opium dans un peu d’eau mais il semblerait que ce ne soit pas le cas [19]. Les troubles et la nature du malaise de NapolĂ©on ne correspondent pas Ă  une intoxication par l'opium. Il choisit alors cette façon de mourir, pensant que son corps sera par la suite exposĂ© aux Français ; il voulait en effet que sa garde reconnaisse le visage calme qu’elle lui connaissait au milieu des batailles.

En plein malaise, l’Empereur se plaint du lent effet de la substance qu’il a avalĂ©e. Il dĂ©clare Ă  Armand de Caulaincourt : « Qu’on a de peine Ă  mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! Â». Les nausĂ©es de NapolĂ©on sont de plus en plus violentes, il se met Ă  vomir. À la venue du docteur Yvan, NapolĂ©on lui demande une dose de poison supplĂ©mentaire, pour qu’il puisse mourir enfin, mais le docteur refuse, en disant qu’il n’est pas un assassin et qu’il ne fera jamais une chose allant Ă  l'encontre de sa conscience. Le docteur a lui-mĂȘme une crise de nerfs, s'enfuit Ă  cheval, et personne ne le revoit plus.

L’agonie de l’Empereur se poursuit, Caulaincourt sort de la piĂšce pour demander au valet de chambre et au service intĂ©rieur de garder le silence. NapolĂ©on rappelle Caulaincourt en lui disant qu’il prĂ©fĂ©rait mourir plutĂŽt que de signer le traitĂ©. Les effets du poison se dissipent et l’Empereur peut reprendre ses activitĂ©s normales[20].

Il est, par la suite, dĂ©chu par le SĂ©nat le 3 avril et exilĂ© Ă  l’üle d’Elbe, selon le TraitĂ© de Fontainebleau signĂ© le 11 avril, conservant le titre d’Empereur mais ne rĂ©gnant que sur cette petite Ăźle.

Les Cent-Jours

Article dĂ©taillĂ© : Cent-Jours.

En France, Louis XVIII Ă©carte « NapolĂ©on II Â» et prend le pouvoir. NapolĂ©on s’inquiĂšte du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientĂŽt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant Ă  sa dĂ©portation vers une petite Ăźle de l’ocĂ©an Atlantique sud. NapolĂ©on dĂ©cide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

La Route NapolĂ©on et le « Vol de l’Aigle Â»
  • 1er mars 1815 : DĂ©barquĂ©s Ă  Golfe-Juan, NapolĂ©on et sa petite troupe gagnent Cannes oĂč ils arrivent tard et d’oĂč ils repartent tĂŽt.
  • 2 mars : Voulant Ă©viter la voie du RhĂŽne qu’il sait hostile, NapolĂ©on fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallĂ©e de la Durance. Au-delĂ  de Grasse, la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrĂȘte Ă  Saint-Vallier, Escragnolles, et SĂ©ranon.
  • 3 mars : AprĂšs une nuit de repos, elle gagne Castellane ; dans l’aprĂšs-midi, elle atteint BarrĂȘme.
  • 4 mars : NapolĂ©on trouve Ă  Digne la route carrossable et fait Ă©tape le soir au chĂąteau de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage Ă©troit de la Durance, peut lui barrer la route.
  • 5 mars : Sisteron n’est pas gardĂ©e et NapolĂ©on y dĂ©jeune, puis quitte la localitĂ© dans une atmosphĂšre de sympathie naissante. Le soir, il arrive Ă  Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.
  • 6 mars : Il couche Ă  Corps.
  • 7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, Ă  Laffrey, des troupes envoyĂ©es de Grenoble. C’est ici que se situe l’épisode fameux que commĂ©more aujourd’hui, dans la « prairie de la Rencontre Â», un monument. Le soir mĂȘme, NapolĂ©on fait son entrĂ©e Ă  Grenoble aux cris de « Vive l’Empereur Â».

Les armĂ©es envoyĂ©es pour l’arrĂȘter l’accueillent en hĂ©ros partout sur son trajet, sur la route qui porte dĂ©sormais son nom. Le marĂ©chal Ney, qui avait jurĂ© Ă  Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’incline devant son ancien souverain, ce qui lui vaudra d’ĂȘtre le seul marĂ©chal exĂ©cutĂ© pour trahison lors de la Seconde Restauration. NapolĂ©on arrive sans coup fĂ©rir Ă  Paris. Cette montĂ©e Ă  Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle Â», inspirĂ© des paroles de NapolĂ©on : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame Â». En 1932, la Route NapolĂ©on sera inaugurĂ©e entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.

Le retour au pouvoir et la défaite finale
HMS Northumberland (1798)

La fuite de Louis XVIII et le retour de NapolĂ©on aux Tuileries le 20 mars 1815 marquent le dĂ©but de la pĂ©riode dite des Cent-Jours. NapolĂ©on fait Ă©tablir l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire (22 avril), connu aussi sous le nom de Charte de 1815. Une Chambre des reprĂ©sentants est Ă©lue.

Sur le plan international, NapolĂ©on affirme ses volontĂ©s pacifiques puisqu’il n’avait pas le choix, mais les alliĂ©s n’acceptent pas ce retour et reprennent les hostilitĂ©s contre la France. L’armĂ©e napolĂ©onienne est finalement dĂ©faite Ă  la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armĂ©es prussiennes et britanniques, que ne peut empĂȘcher le marĂ©chal Grouchy, a raison des troupes impĂ©riales.

Le retour de NapolĂ©on et sa dĂ©faite finale empirent la situation internationale de la France. Celle-ci est traitĂ©e plus durement encore que lors des traitĂ©s de Vienne. NapolĂ©on laisse en effet une France exsangue. DĂ©mographiquement, la France a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majoritĂ© pendant les guerres napolĂ©oniennes. Économiquement, elle est ruinĂ©e. Ses ports et ses arsenaux le sont Ă©galement. Le pays a aussi perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien RĂ©gime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est rĂ©duite Ă  nĂ©ant. Il est plus petit territorialement que sous Louis XVI. MĂȘme la Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cĂ©dĂ©es aux coalisĂ©s. Il est Ă©galement occupĂ©, et doit, en outre, payer une lourde indemnitĂ© de guerre pour l’entretien des troupes Ă©trangĂšres Ă©tablies sur son territoire.

Lorsque NapolĂ©on quitte la France, il n’est pas regrettĂ©. C’est Ă  Sainte-HĂ©lĂšne que va se forger sa lĂ©gende.

Demandant l'asile au " plus constant de ses ennemis ", l'Angleterre, il est d'abord pris en charge par le Bellérophon, puis transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le déposera à Sainte-HélÚne.

Il ne met pas un seul pied en Angleterre, les officiers britanniques voulant éviter absolument que Napoléon puisse demander le droit d'asile en invoquant l'Habeas Corpus.

Le capitaine, en l'accueillant, l'appelle "général Bonaparte", ce qui mettra Napoléon hors de lui. Les Anglais l'appelleront toujours ainsi puisqu'ils n'ont jamais reconnu l'Empire.

DĂ©portation Ă  Sainte-HĂ©lĂšne et mort

Article dĂ©taillĂ© : Le MĂ©morial de Sainte-HĂ©lĂšne.
Napoléon à Sainte-HélÚne.

NapolĂ©on est emprisonnĂ© et dĂ©portĂ© par les Britanniques sur l’üle Sainte-HĂ©lĂšne, commandĂ©e d'abord par l'amiral Cockburn puis par Sir Hudson Lowe, avec une petite troupe de fidĂšles, parmi lesquels le comte de Las Cases, le gĂ©nĂ©ral Montholon, et le gĂ©nĂ©ral Gourgaud. Il se consacre Ă  l’écriture de ses mĂ©moires pour la postĂ©ritĂ© qu'il dicta Ă  Las Cases.

Il essaye aussi d’apprendre l’anglais ; il reçoit plusieurs visiteurs de passage Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, qui est alors une escale importante pour tout navire contournant l'Afrique. Une fois installĂ© Ă  Longwood, il Ă©vite de sortir parce que Lowe a donnĂ© l’ordre que l’empereur devait partout ĂȘtre sous garde.

Progressivement, NapolĂ©on tombe malade et s’affaiblit. Il demande dans son testament au gĂ©nĂ©ral Baron de Marbot de continuer Ă  Ɠuvrer dans ses Ă©crits « pour la grandeur de la France Â». Dans la seconde moitiĂ© du mois d’avril 1821, il Ă©crit ses derniĂšres volontĂ©s et plusieurs codicilles lui-mĂȘme, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots sont : « France, armĂ©e, JosĂ©phine Â», ou, selon les mĂ©moires de Sainte-HĂ©lĂšne : « tĂȘte
 armĂ©e
 Mon Dieu ! Â». Nerval, dans son poĂšme À la mort de l’ExilĂ©, note : « Les derniĂšres paroles de NapolĂ©on mourant furent : « Mon Dieu et la nation française
 française
 mon fils
 tĂȘte armĂ©e Â». On ne sait ce que signifiaient ces mots. Â», et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tĂȘte d’armĂ©e Â», ce qui est bien moins Ă©nigmatique.

NapolĂ©on meurt un samedi, le 5 mai 1821, « Ă  17 heures et 49 minutes Â», rendant ainsi « le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agitĂ© l'argile humaine Â» (Chateaubriand). Cependant, les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses ; officiellement les mĂ©decins ont conclu Ă  une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais il fut avancĂ© l'hypothĂšse d'un empoisonnement Ă  l'arsenic.

Hudson Lowe, geĂŽlier de NapolĂ©on Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, devant son lit de mort, dĂ©clare :

« Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit Ă©prouver que tristesse et profond regret. Â»

Retour de ses cendres en France (1840)

Article dĂ©taillĂ© : Le retour des cendres de NapolĂ©on.

NapolĂ©on demanda que ses « cendres reposent sur les bords de la Seine auprĂšs du peuple français que j'ai tant aimĂ© Â» comme il l'Ă©crivit, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumĂ© Ă  Sainte-HĂ©lĂšne.

Tombeau de Napoléon aux Invalides

Dix-neuf ans aprĂšs la mort de NapolĂ©on, le roi Louis-Philippe Ier a pu obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de NapolĂ©on. L’exhumation du corps eut lieu le 15 octobre 1840. Son corps fut rapatriĂ© triomphalement Ă  Paris et enterrĂ© aux Invalides, dans « un grand sarcophage (...) de porphyre rouge – en fait du quartzite aventurinĂ© de Finlande, proche du porphyre –, posĂ© sur un socle de granit vert des Vosges Â»[21],[22]. Le socle en marbre noir provient de la carriĂšre de marbre de Sainte-Luce (IsĂšre). Le transport de ce bloc de 5,5 mĂštres de long, 1,20 mĂštre de large et 0,65 mĂštre d'Ă©paisseur, ne se fit pas sans peine[23].

À partir de 1854, l’Empereur NapolĂ©on III nĂ©gocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallĂ©e du Tombeau (Sainte-HĂ©lĂšne), qui devinrent propriĂ©tĂ©s françaises en 1858 et sont gĂ©rĂ©es depuis par le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres.

Controverses sur sa mort

Article dĂ©taillĂ© : Mort de NapolĂ©on.

La cause officielle de sa mort Ă©tait un cancer de l’estomac, et mĂȘme si l’empereur montrait un certain embonpoint au moment de sa mort (75,5 kg pour 1,67 m, qualifiĂ© de « surpoids Â» et pouvant engendrer des risques mĂ©dicaux non nĂ©gligeables), certains chercheurs ont observĂ© les pantalons qu’il mettait Ă  l’époque et constatĂ© qu’au cours des 5 derniers mois avant sa mort, il avait perdu prĂšs de 11 kg.

En 1955, le journal de Louis Marchand, le valet de NapolĂ©on, fut publiĂ©. Il dĂ©crit les derniers mois de NapolĂ©on jusqu’à sa mort et beaucoup en conclurent qu’il fut victime d’un empoisonnement Ă  long terme Ă  l’arsenic, qui l’aurait suffisamment affaibli pour que les traitements mĂ©dicaux de l’époque puissent l’achever[24].

Pascal Kintz, de l’Institut LĂ©gal de Strasbourg, fit en 2001 une Ă©tude du niveau d’arsenic trouvĂ© dans les cheveux de NapolĂ©on aprĂšs sa mort, de 7 Ă  38 fois le niveau normal, mais il ne conclut pas que cela soit le rĂ©sultat d'un empoisonnement[25] ; les analyses du magazine Science & vie montrent que des concentrations similaires d’arsenic peuvent ĂȘtre trouvĂ©es dans des Ă©chantillons prĂ©levĂ©s en 1805, 1814 et 1821.

Des Ă©tudes françaises ont montrĂ© que NapolĂ©on plongeait quotidiennement ses cheveux dans des bains d’arsenic car la croyance populaire voulait que l’arsenic prolonge la vie et l’éclat de la chevelure, ce qui expliquerait le taux anormalement Ă©levĂ© d’arsenic retrouvĂ© dans ses cheveux.

Une analyse des mÚches de cheveux de sources variées permet de reconstituer un histogramme détaillé du contenu d'arsenic dans le corps de Napoléon. La concentration est le plus souvent basse puis de temps en temps une concentration trÚs forte apparaßt, indiquant qu'une dose forte d'arsenic aurait été absorbée. Toutefois les cheveux étudiés ayant été prélevés sans le bulbe, il est impossible d'affirmer avec certitude que ce soit les vrais cheveux de Napoléon[26].

En revanche, la thÚse d'empoisonnement est rendue difficile suite à une étude clinico-pathologique le 12 janvier 2007 menée par des chercheurs suisses, américains et canadiens de l'université de Bùle et publiée dans la revue Nature Clinical Practice Gastroenterology and Hepatology, selon laquelle l'Empereur aurait été emporté par un cancer gastrique avancé avec envahissement des ganglions lymphatiques[27]. Leurs travaux, se fondant sur les rapports des médecins présents à Sainte-HélÚne, indiquent que son cancer serait survenu sur fond d'inflammation chronique de l'estomac causé par un micro-organisme, et non pas sur fond de prédisposition familiale, toujours selon les descriptions contemporaines, la paroi de l'estomac présentait une lésion d'environ dix centimÚtres.

En mai 2009, Arne SĂžrensen, nĂ©phrologue danois Ă  la retraite, publie Napoleons Nyrer (Les Reins de NapolĂ©on), livre dans lequel il affirme que NapolĂ©on serait dĂ©cĂ©dĂ© des suites d'« insuffisances et intoxications rĂ©nales[28] Â».

L’hĂ©ritage napolĂ©onien

Article dĂ©taillĂ© : LĂ©gende napolĂ©onienne.

Fin 1799, l’état de la France est catastrophique. L’anarchie administrative rĂšgne, les impĂŽts n’arrivent pas aux caisses de l’État, le brigandage s’est dĂ©veloppĂ©, les routes sont dĂ©foncĂ©es, les rĂ©gions frontaliĂšres dĂ©vastĂ©es Ă  cause de la guerre, le commerce est au plus mal, l’industrie (notamment celle de la soie Ă  Lyon) ruinĂ©e, le chĂŽmage fait une percĂ©e, le prix du pain est trop Ă©levĂ© pour les ouvriers, les hĂŽpitaux ne marchent pas
 C’est le moment que Bonaparte, qui est Ă  l’époque encore un gĂ©nĂ©ral rĂ©volutionnaire, choisit pour abandonner son armĂ©e en Égypte et monter Ă  Paris, fomenter un coup d’État, le 10 novembre 1799. EntourĂ© d’une aurĂ©ole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d’Italie et la campagne d’Égypte est, pour le moment, encore une rĂ©ussite), il ne trouve que peu de rĂ©sistance et l’opinion publique ne le dĂ©savoue pas. Mais les rĂ©publicains sont inquiets : NapolĂ©on incarne-t-il l'avĂšnement dĂ©finitif des valeurs de la RĂ©volution, ou promet-il, au contraire, la destruction de la pensĂ©e rĂ©volutionnaire ? On peut considĂ©rer aujourd'hui que NapolĂ©on solidifiera Ă  plus d'un titre l’hĂ©ritage de la RĂ©volution ; s'il en finit avec la RĂ©publique et arrĂȘte le mouvement rĂ©volutionnaire, il restera fidĂšle aux principes de la RĂ©volution qu'il cherchera Ă  exporter Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne voire mondiale. Le Consulat, en somme, objective ce mouvement.

Le Consul NapolĂ©on Bonaparte, grĂące Ă  une sĂ©rie de mesures, permet Ă  la rĂ©volution de s’installer dans le temps. Bonaparte va d'abord s'employer Ă  crĂ©er des institutions neuves, lesquelles perdureront jusqu'Ă  nos jours. La nouvelle constitution qu’il fait rĂ©diger renforce le pouvoir exĂ©cutif au dĂ©triment du pouvoir lĂ©gislatif, crĂ©e une administration centralisĂ©e, organisĂ©e en directions et ministĂšres (dont le nouveau ministĂšre de l’IntĂ©rieur, confiĂ© Ă  FouchĂ©) spĂ©cialisĂ©s et uniformisĂ©s. Il garde les divisions administratives crĂ©Ă©es lors de la RĂ©volution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l’autoritĂ© de l’État, font revivre le pays et Ă©loignent un peu plus le risque de retour Ă  l’Ancien RĂ©gime. Les caisses de l’État sont renflouĂ©es, NapolĂ©on dĂ©cide Ă©galement de fonder des villes nouvelles comme La Roche-sur-Yon ou Pontivy

Ensuite, NapolĂ©on Bonaparte s’inscrit dans la lignĂ©e de la RĂ©volution. AprĂšs le coup d’État, les institutions changent, mais la majoritĂ© des personnes qui vont occuper des postes Ă©taient dĂ©jĂ  en place lors du Directoire : dans les assemblĂ©es crĂ©Ă©es par la Constitution de l'an X, la plupart des sĂ©nateurs, tribuns ou membres du Conseil d’État avaient dĂ©jĂ  des postes Ă  responsabilitĂ© sous le rĂ©gime prĂ©cĂ©dent, les prĂ©fets sont choisis dans les assemblĂ©es rĂ©volutionnaires
 Cela permet Ă  Bonaparte de mieux contrĂŽler l’opposition. Les rĂ©formes qu’il met en place sont la suite logique de celles dĂ©jĂ  entreprises sous la RĂ©volution. Les rĂ©formes financiĂšres et commerciales qui lui sont attribuĂ©es ont, pour une partie d’entre elles, Ă©tĂ© imaginĂ©es par les membres du Directoire.
Ceux-ci avaient dĂ©jĂ  tentĂ© le Blocus continental que NapolĂ©on mettra en Ɠuvre contre le Royaume-Uni en 1806. MĂȘme certaines techniques de guerre utilisĂ©es par NapolĂ©on et dont il est considĂ©rĂ© comme l’inventeur avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mises en application sous la RĂ©volution. La rĂ©daction d’un Code civil français elle-mĂȘme avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© entreprise sous la RĂ©volution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l’inscription dans la durĂ©e de son gouvernement. La paix signĂ©e avec les royalistes VendĂ©ens, dĂšs dĂ©cembre 1799, marque un grand pas en avant dans l’apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n’avait rĂ©ussi Ă  l’obtenir.

La signature du Concordat en 1801 permet Ă  NapolĂ©on de s’assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui Ă©taient hĂ©sitants jusqu’alors, et les royalistes en perdent autant, l’une des raisons fondamentales de l’appui de la population Ă  ce mouvement Ă©tant le caractĂšre anti-catholique de la RĂ©volution. Ce Concordat, qui n’instaure pas le catholicisme comme religion dominante et qui aurait pu ĂȘtre vu comme une volontĂ© de retour Ă  l’Ancien RĂ©gime, permet Ă  Bonaparte d’obtenir une nouvelle lĂ©gitimitĂ© et d’asseoir un peu plus son autoritĂ©. Le Concordat maintient la vente des biens nationaux. GrĂące Ă  ces deux traitĂ©s, Bonaparte neutralise l’opposition royaliste et semble s’inscrire dans l’hĂ©ritage rĂ©volutionnaire.

Finalement, le Code civil français est un ouvrage rĂ©volutionnaire. CommencĂ© en 1800 et publiĂ© finalement en 1804, il remplace tout le droit antĂ©rieur, et conserve la mĂ©ritocratie, l’impĂŽt Ă©galitaire, la conscription, la libertĂ© d’entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l’aristocratie fĂ©odale, et en principe l’égalitĂ© devant la Loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la RĂ©volution, Bonaparte leur permit de traverser les rĂ©gimes et rassura une grande partie de la population.

Mais NapolĂ©on a aussi supprimĂ© bon nombre d’acquis rĂ©volutionnaires. Tout d’abord, les cultes rĂ©volutionnaires sont abolis. Les libertĂ©s d’expression, de rĂ©union, de circulation et de presse sont supprimĂ©es au profit d’un Ă©tat autoritaire et d’une surveillance trĂšs accrue de la population, orchestrĂ©e par FouchĂ©. L’égalitĂ© proclamĂ©e dans le Code civil n’est pas respectĂ©e : la femme dĂ©pend de son mari ; les patrons ont un trĂšs grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les rĂ©duisant Ă  ĂȘtre des quasi-serfs ; l’esclavage est rĂ©tabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilĂ©giĂ©s en matiĂšre de Justice
 Ensuite, l’instauration des prĂ©fets, qui sont l’équivalent des intendants, la crĂ©ation du conseil d’État, Ă©quivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basĂ©e sur la notabilitĂ©, les faux plĂ©biscites organisĂ©s (des votes sont inventĂ©s, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait dĂ©jĂ  accompli
) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour Ă  la monarchie les hante.

Finalement, en devenant tour Ă  tour premier consul, consul Ă  vie puis empereur, il en finit avec la RĂ©publique. La faveur publique lui permet de rĂ©diger la Constitution de l’an VIII, qui lui donne la rĂ©alitĂ© des pouvoirs et surtout ne fait pas mention de la souverainetĂ© nationale. Cette constitution divise le pouvoir lĂ©gislatif, qui Ă  partir de ce moment, perdra toute influence. C’est au cours de l’an X que s’est opĂ©rĂ©e la transformation du rĂ©gime encore rĂ©publicain en un despotisme auquel ne manquait qu’une couronne. Le poste de premier consul Ă  vie sonne le glas de la RĂ©publique. Ces changements de rĂ©gime permettent surtout Ă  NapolĂ©on d’ĂȘtre de moins en moins dĂ©pendant de ses succĂšs ou Ă©checs et lui donnent une autre dimension vis-Ă -vis des autres dirigeants europĂ©ens. NapolĂ©on a donc aussi supprimĂ© bon nombre d’acquis rĂ©volutionnaires.

NapolĂ©on arrĂȘte le mouvement rĂ©volutionnaire mais non la RĂ©volution. En obtenant la confiance des bourgeois (grĂące Ă  la vente des biens nationaux, Ă  la paix maritime et continentale, Ă  la crĂ©ation d’une noblesse mĂ©ritocratique
), grĂące au prestige de grandes victoires (Marengo 1800), Ă  la bonne rĂ©solution des crises telle celle de 1802 (disette et chĂŽmage), NapolĂ©on obtient le soutien populaire et s’affranchit peu Ă  peu du processus rĂ©volutionnaire, qui ne lui est plus nĂ©cessaire. Au fil des annĂ©es, alors que sa popularitĂ© ne va cesser de croĂźtre, il va monter en puissance et s’éloigner de la RĂ©publique. En 1804, aprĂšs divers complots visant son assassinat et la reprise des hostilitĂ©s avec le Royaume-Uni, il est perçu comme le seul rempart face aux ennemis de la RĂ©volution, et la question de l’hĂ©rĂ©ditĂ© devient un sujet de prĂ©occupations. Il en profite pour se faire sacrer Empereur (ou plutĂŽt, se sacrer). Ce qui pourrait ĂȘtre vu comme l’aboutissement du projet d’un tyran ne l’est pas. En effet, lors du sacre, NapolĂ©on dĂ©clare ĂȘtre dans la continuitĂ© de la rĂ©volution, et est soutenu par les rĂ©volutionnaires eux-mĂȘmes, malgrĂ© la fin du processus rĂ©volutionnaire.

Les guerres impĂ©riales ont perpĂ©tuĂ© la RĂ©volution. Dans tous les pays conquis, NapolĂ©on Ier impose le Code civil et par consĂ©quent toutes les notions rĂ©volutionnaires qui en font partie. Il est considĂ©rĂ© dans un premier temps comme le libĂ©rateur de l’Europe. Mais Ă  partir de la QuatriĂšme coalition, qui commence en 1806, le but de ces guerres ne sera plus la propagation des idĂ©es rĂ©volutionnaires. MalgrĂ© la dĂ©faite napolĂ©onienne de 1815, les idĂ©es de libertĂ© et d’égalitĂ© resteront fermement implantĂ©es dans les pays qui avaient Ă©tĂ© conquis, et de nombreux bouleversements au fil du XIXe siĂšcle en dĂ©couleront.
GrĂące Ă  la modernisation des institutions françaises et europĂ©ennes, Ă  la pacification du pays, Ă  ses victoires militaires et la conquĂȘte de la majeure partie de l’Europe, NapolĂ©on a permis l’expansion et la perpĂ©tuation de la RĂ©volution. Ainsi, malgrĂ© les nombreux changements de rĂ©gime lors du XIXe siĂšcle, le Code civil français restera en vigueur dans l’Europe entiĂšre, et les nombreux principes rĂ©volutionnaires qu’il contient. NapolĂ©on est donc plus le continuateur que l’assassin de la rĂ©volution, malgrĂ© l’impasse qu’il fit sur la RĂ©publique. En supprimant les cultes rĂ©volutionnaires et autres acquis rĂ©volutionnaires qui mettaient en danger l’Ɠuvre de la rĂ©volution elle-mĂȘme, il permit aux autres de traverser les Ă©poques.

RĂ©tablissement de l'esclavage

NapolĂ©on n’est pas esclavagiste comme le prouve pendant sa jeunesse, et jusqu'en 1789 au moins, sa passion pour les ouvrages de l’AbbĂ© Raynal. Toutefois, la premiĂšre abolition de l’esclavage dans les colonies en 1794 et ses consĂ©quences Ă©conomiques et politiques nĂ©fastes amĂšnent le Premier consul Ă  se saisir du problĂšme. DĂšs leurs entrĂ©es en fonction, les trois Consuls assurent aux anciens esclaves que la libertĂ© qui leur a Ă©tĂ© accordĂ©e par la Convention sera respectĂ©e. C'est le cas jusqu’en 1802. Car, Ă  la signature du TraitĂ© d'Amiens le 25 mars 1802, l’Angleterre doit rendre Ă  la France les Ăźles occupĂ©es. Parmi celles-ci se trouvent notamment Sainte-Lucie et la Martinique qui n’ont pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de la loi sur l'abolition de l’esclavage. Face Ă  cet imbroglio, le pouvoir en place se dĂ©cide au statu quo : les Ăźles oĂč il n’y a plus d'esclavage resteront libres, par contre celles occupĂ©es jusque lĂ  par l'Angleterre conserveront les lois existantes. Une commission composĂ©e de CambacĂ©rĂšs et de trois conseillers d'État Dupuis, RĂ©gnault de St Jean d’AngĂ©ly et de l'amiral Bruix travaille sur un projet qui allait dans le sens dĂ©sirĂ© par Bonaparte. Mais il apparaĂźt difficile de faire cohabiter deux principes opposĂ©s dans le mĂȘme projet de loi. Il est dĂ©cidĂ© de ne mentionner que le cas des territoires rĂ©cupĂ©rĂ©s Ă  l'occasion du traitĂ© d'Amiens, et de ne rien mentionner pour les colonies oĂč l'esclavage Ă©tait dĂ©jĂ  aboli. Dans le maintien de l'esclavage en Martinique, le Premier Consul est poussĂ© notamment par ses ministres (l'amiral DĂ©crĂšs, Talleyrand...) et l'intendant gĂ©nĂ©ral aux colonies Guillemin de Vaivre, originaire de Saint Domingue, mais aussi par son Ă©pouse JosĂ©phine, d'origine martiniquaise et dont la famille et les amis avaient de nombreux intĂ©rĂȘts en Martinique... « L’esclavage ainsi que la Traite des Noirs et leur importation dans les colonies restituĂ©es par le traitĂ© d'Amiens auront lieu conformĂ©ment aux lois et rĂšglements antĂ©rieurs Ă  1789 Â».

Article dĂ©taillĂ© : Loi du 20 mai 1802.

DĂ©but juin, il fait arrĂȘter et dĂ©porter Toussaint Louverture, qui avait pris la tĂȘte de la rĂ©volte des esclaves de Saint-Domingue onze ans plus tĂŽt, et qui avait gardĂ© la colonie Ă  la France. L'Antillais devait mourir - de froid - un an plus tard au fort de Joux, dans le Doubs, dĂ©partement rĂ©putĂ© pour la rigueur de ses hivers. Une deuxiĂšme phase de la guerre de Saint-Domingue dĂ©bute, elle provoque bien des massacres de part et d'autre. Ce sont les rĂ©voltĂ©s de Saint-Domingue qui sortent victorieux de ces terribles combats et crĂ©ent, en janvier 1804, la premiĂšre RĂ©publique noire indĂ©pendante HaĂŻti.

Article dĂ©taillĂ© : ExpĂ©dition de Saint-Domingue.

La Guadeloupe se rĂ©volte aussi en 1802 mais la rĂ©bellion conduite par Louis DelgrĂšs Ă©choue et se termine par le suicide collectif des insurgĂ©s. À des milliers de kilomĂštres de la France, le gĂ©nĂ©ral Richepance et son Ă©tat-major ont rĂ©tabli l'ordre avec beaucoup de brutalitĂ©. Ils vont progressivement rĂ©imposer l'ancien Code noir et l'esclavage.

À noter que dans les armĂ©es françaises, il se trouvait des gĂ©nĂ©raux et des soldats noirs et mĂ©tis (mulĂątres). La lutte entre les rĂ©voltĂ©s et le pouvoir consulaire n'a pas toujours eu des origines raciales au sens oĂč l'on entend aujourd'hui mais plutĂŽt sociales entre possĂ©dants et possĂ©dĂ©s.

De retour de l'Ăźle d’Elbe en 1815, NapolĂ©on dĂ©crĂšte l'abolition de la traite des esclaves, qui aligne la France sur la dĂ©cision que vient de prendre le CongrĂšs de Vienne. Sa dĂ©cision est confirmĂ©e par le traitĂ© de Paris le 20 novembre 1815. NĂ©anmoins, Ă  la Restauration, celle-ci reste souvent lettre morte.

Les réalisations de Napoléon Bonaparte

Sous le Consulat

Le Consulat est essentiellement une pĂ©riode de pacification et de stabilisation de la France, aprĂšs la dĂ©cennie rĂ©volutionnaire. De nombreuses institutions sont fondĂ©es, qui survivent longtemps Ă  leur crĂ©ateur ; elles reprennent certains acquis de la RĂ©volution et existent encore de nos jours.

Ainsi dĂšs le 13 dĂ©cembre (22 frimaire an VIII) 1799, la Constitution de l'an VIII rĂ©digĂ©e par Bonaparte, en son article 52 crĂ©e le Conseil d’État. Cet organe est au dĂ©part chargĂ© de rĂ©diger les lois pour dĂ©charger les ministĂšres et doit conseiller le gouvernement sur la lĂ©gislation Ă  entreprendre. Dans cette Constitution, NapolĂ©on Bonaparte crĂ©e Ă©galement le SĂ©nat, s'inspirant du SĂ©nat romain, il est chargĂ© de veiller au respect de la Constitution et ses membres sont nommĂ©s par le Premier Consul, puis par l'Empereur. En 1800, le Premier consul Bonaparte crĂ©e deux institutions importantes, existant toujours : d'une part, le 13 fĂ©vrier (24 pluviĂŽse an VIII), il instaure la Banque de France ; d'autre part, le 17 fĂ©vrier (loi du 28 pluviĂŽse an VIII), Bonaparte crĂ©e les prĂ©fectures avec Ă  leur tĂȘte un corps prĂ©fectoral nommĂ© par l'Empereur et reprĂ©sentant de l'État. Toutes ces institutions permettent de rĂ©organiser l'administration en France, qui ne fonctionnait plus depuis le dĂ©but de la RĂ©volution en 1789[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Cette rĂ©organisation permet de ramener l'ordre et de relancer l'Ă©conomie. Mais l'ordre intĂ©rieur sera totalement ramenĂ© le 15 juillet 1801, quand NapolĂ©on Bonaparte signe avec le pape Pie VII le Concordat rĂ©conciliant la France avec l'Église, tout en maintenant la libertĂ© de cultes Ă©tablie par la DĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Bonaparte souhaite rĂ©organiser la sociĂ©tĂ© française dans de nombreux domaines :

Napoléon Bonaparte instaure aussi la Légion d'honneur, décernée aux personnes méritantes et ayant accompli une bonne action.

La pĂ©riode du Consulat est considĂ©rĂ©e comme la pĂ©riode la plus bĂ©nĂ©fique et prolifique du rĂšgne de NapolĂ©on[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En effet, durant cette pĂ©riode, Bonaparte rĂ©organise tout et pose les fondations de la France actuelle ; ainsi la quasi-totalitĂ© des rĂ©alisations de Bonaparte existent-elles encore aujourd'hui malgrĂ© les rĂ©formes successives. Durant cette pĂ©riode, la France voit son Ă©conomie redynamisĂ©e, son administration rĂ©organisĂ©e, une justice plus performante, une Ă©ducation dĂ©veloppĂ©e et la paix retrouvĂ©e tant Ă  l'intĂ©rieur qu'Ă  l'extĂ©rieur. Mais toutes ces transformations ne sont qu'une maniĂšre de parvenir Ă  la plus haute marche, celle de l'Empire.

Sous l’Empire

L’Ɠuvre lĂ©gislative

Bonaparte opĂšre dĂšs les dĂ©buts du Consulat de nombreuses rĂ©formes dans l’éducation, la justice, la finance et le systĂšme administratif.

Son ensemble de lois civiles, rédigé par CambacérÚs et connu sous le nom de Code Napoléon de 1804, a encore une forte influence dans de nombreux pays de nos jours.

Le Code civil français est toutefois trĂšs largement inspirĂ© d’un Ă©ventail de lois et coutumes diverses dĂ©jĂ  existantes sous l’Ancien RĂ©gime qu’il unifia. Son Ɠuvre administrative se prolongea jusqu’en 1814. Entre autres rĂ©formes, il dĂ©butera le travail de cadastrer le territoire français.

En architecture et urbanisme

À Paris

En dehors de l'Île-de-France

Regards des contemporains

D'aprĂšs Jean-Antoine Chaptal,

« NapolĂ©on se servait lui-mĂȘme des journaux pour faire la guerre Ă  ses ennemis, surtout aux Anglais. Il rĂ©digeait personnellement toutes les notes qu’on insĂ©rait dans Le Moniteur, en rĂ©ponse aux diatribes ou aux assertions qu’on publiait dans les gazettes anglaises. Lorsqu’il avait publiĂ© une note, il croyait avoir convaincu. On se rappelle que la plupart des notes n’étaient ni des modĂšles de dĂ©cence, ni des exemples de bonne littĂ©rature ; mais nulle part il n’a mieux imprimĂ© le cachet de son caractĂšre et de son genre de talent. Â»

Surnoms

  • Le petit caporal ;
  • Le PĂšre la Violette : la violette est la fleur de l'amour cachĂ©. AprĂšs sa premiĂšre abdication, on croyait qu'il reviendrait Ă  l'Ă©poque oĂč fleurissent les violettes, chose qui se rĂ©alisa ; la violette devint un signe de ralliement des Bonapartistes aprĂšs la Seconde Restauration ;
  • Le tyran, l'Ogre sont des surnoms couramment donnĂ©s par ses adversaires et ses caricaturistes.

Correspondance

NapolĂ©on Bonaparte a entretenu une abondante correspondance, en partie Ă  usage privĂ©, mais surtout une importante correspondance officielle. De son vivant, quelques-unes de ces lettres ont Ă©tĂ© publiĂ©es, soit isolĂ©ment, soit en recueils, mais souvent dans un but d’exaltation ou au contraire de polĂ©mique.

Dans les annĂ©es 1850, l’empereur NapolĂ©on III fait publier la correspondance de son oncle. Si cette nouvelle publication a aussi un but de propagande, elle sera plus sĂ©rieuse que ce qui avait Ă©tĂ© fait jusque-lĂ . Toutefois, certaines lettres n’ont pas Ă©tĂ© retrouvĂ©es, d’autres ont Ă©tĂ© volontairement omises, et le texte a parfois Ă©tĂ© expurgĂ© sous divers prĂ©textes. Lorsque paraĂźt en 1869 le dernier volume de la correspondance de NapolĂ©on Ier, l'officier Louis Rossel dĂ©montre que les livres de stratĂ©gie attribuĂ©s Ă  ce dernier par la commission chargĂ©e de publier la correspondance, ne sont pas et ne peuvent pas ĂȘtre de lui.

Dans les annĂ©es suivantes, de nouvelles lettres ont Ă©tĂ© publiĂ©es, souvent sous la forme de recueils spĂ©cifiques (lettres de NapolĂ©on Ă  un mĂȘme correspondant). D’autres rĂ©apparaissaient ponctuellement.

La Fondation NapolĂ©on a entrepris depuis quelques annĂ©es une vaste entreprise de publication scientifique de l’ensemble de la correspondance de l’empereur. Elle a lancĂ© pour cela un appel afin de rĂ©cupĂ©rer les documents qui pourraient se trouver dans diffĂ©rents dĂ©pĂŽts d’archives ou bibliothĂšques, et surtout chez des particuliers.

Pour les références des éditions, voir plus bas.

Napoléon et l'islam

Comme il le confie aprĂšs sa campagne d'Égypte, NapolĂ©on s'est inspirĂ© des ouvrages censĂ©s aider Ă  la domination de l'Orient de Volney, voire les a appliquĂ©s de façon littĂ©rale[29]. Ainsi, dĂšs son arrivĂ©e et celle de ses troupes en Égypte, tout est fait pour convaincre les musulmans qu'il se bat pour l'islam[29]. Pour illustrer cela, il proclame le 2 juillet 1798 Ă  Alexandrie, en parlant de lui et de son armĂ©e : « nous sommes les vĂ©ritables musulmans[29]. Â» Éternellement sans identitĂ© fixe, il renaĂźt en tant que Sultan el-Kebir (« le Grand Â») et converti Ă  l'islam. Il porte Ă  titre expĂ©rimental le turban et le kaftan, il se promeut comme l'apĂŽtre de Mahomet envoyĂ© pour restaurer la gloire de l'islam d'antan, il aurait voulu que ses soldats se convertissent en masse mais cela ne fut pas possible comme ils buvaient tous de l'alcool et Ă©taient principalement non circoncis[30].

Certains chercheurs estiment que NapolĂ©on Ă©tait sincĂšrement intĂ©ressĂ© Ă  l'islam[31], et a mĂȘme fait ode Ă  l'islam, la considĂ©rant comme l'accomplissement de la religion, rĂ©ussissant lĂ  ou le christianisme et le judaĂŻsme ont Ă©chouĂ©[32].

Toutefois, au crĂ©puscule de sa vie, il avoua Ă  Las Cases, son mĂ©morialiste et confident Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, que ces paroles relevaient de « la haute charlatanerie[33] Â».

La famille

Famille d’enfance

Parents

Frùres et sƓurs

Mariages et enfants

« Divorce de NapolĂ©on et JosĂ©phine Â», estampe de Bosselman gravĂ©e par Chasselat.
Caricature anglaise de Rowlandson, 1810, Napoléon et sa nouvelle épouse

NapolĂ©on s’est mariĂ© deux fois :

Napoléon s'était fiancé le 21 avril 1795 à Désirée Clary (1777-1860), future reine de SuÚde et de NorvÚge. Mais la rencontre par Napoléon de Joséphine de Beauharnais à Paris, le 15 octobre 1795, par le biais de son ami Paul Barras, le fait renoncer à ce projet de mariage, non sans mauvaise conscience comme en témoigne sa correspondance avec Désirée.

NapolĂ©on a Ă©galement eu au moins deux enfants illĂ©gitimes, qui tous les deux ont eu des descendants :

Et selon des sources plus contestĂ©es :

Neveux et niĂšces

Oncle

  • Joseph Fesch, cardinal, Ă©vĂȘque de Lyon et primat des Gaules. Il est en fait frĂšre utĂ©rin de la mĂšre de NapolĂ©on, Maria Letizia Ramolino. La mĂšre de celle-ci AngĂšle-Marie Pietra-Santa, veuve de Jean-JĂ©rĂŽme Ramolino, se remaria avec François Fesch, officier suisse au service de la RĂ©publique de GĂȘnes.

Descendance célÚbre

Voir aussi

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Liens internes

Vie personnelle

ÉvĂ©nements – RĂ©gimes

Divers

Chevaux de Napoléon

Liens externes

Bibliographie



Iconographie

  • Odile Nouvel-Kammerer (dir.), L'Aigle et le Papillon. Symboles des pouvoirs sous NapolĂ©on, Paris, Les Arts DĂ©coratifs, 2008. ISBN 978-2-916914-01-5

Filmographie sélective


Musées

Notes et références

  1. ↑ Pierre Larousse, dans son dictionnaire, donne la dĂ©finition suivante :
    « Bonaparte, - le nom le plus grand, le plus glorieux, le plus Ă©clatant de l’histoire, sans excepter celui de NapolĂ©on, gĂ©nĂ©ral de la RĂ©publique française, nĂ© Ă  Ajaccio (Corse), le 15 aoĂ»t 1769, mort au chĂąteau de Saint-Cloud prĂšs de Paris, le 18 brumaire, en l’an VIII de la RĂ©publique française, une et indivisible (9 novembre 1799). Â» et il rajoute, dans la droite ligne des encyclopĂ©distes :
    « Ce dĂ©but, qui va faire dresser plus d’une oreille, montre tout simplement qu’en toutes choses nous aimons les situations tracĂ©es ; et les oreilles reviendront Ă  leur Ă©tat normal quand nous aurons dit que nous voyons deux hommes, aussi bien que deux noms, en NapolĂ©on Bonaparte : Bonaparte et NapolĂ©on ; le gĂ©nĂ©ral rĂ©publicain, l’écolier de Brienne, le brillant officier de Toulon, le convive rĂ©publicain du Souper de Beaucaire, le vainqueur d’Arcole, etc. ; puis le colosse d’Austerlitz, le maĂźtre de l’Europe, le vaincu de Waterloo, le prisonnier de Sainte-HĂ©lĂšne. Oui, il y a deux hommes en cette personne, en cet ĂȘtre si singuliĂšrement douĂ©, dont le double nom et le double visage, d’un caractĂšre tout particulier, se sont trouvĂ©s admirablement appropriĂ©s au double rĂŽle qu’il a jouĂ© dans le monde. Auguste a beau s’appeler Octave ; Octave a beau se nommer Auguste ; c’est toujours le mĂȘme homme, rusĂ©, timide, hypocrite, astucieux, reniant ses amis quand son intĂ©rĂȘt lui commande de les sacrifier. Ici, nous le rĂ©pĂ©tons, nous avons un homme distinct, en mĂȘme temps que deux noms sĂ©parĂ©s. Â»
  2. ↑ Jean Tulard NapolĂ©on ou le mythe du sauveur p. 40. Depuis 1616, les Bonaparte sont membres du conseil des Anciens d'Ajaccio ; ils sont aussi avocats et frĂ©quemment alliĂ©s aux anciennes familles seigneuriales insulaires ; voir aussi Valynselee 1954, Le sang des Bonaparte
  3. ↑ Chuquet, La Jeunesse de NapolĂ©on, tome 1, p. 66. En fait, la vraie graphie corse est « Napulione Â», car dans la phonĂ©tique de cette langue, on doit prononcer "b" la consonne p, quand elle est prĂ©cĂ©dĂ©e d'une voyelle.
  4. ↑ orthographiĂ© sur l'acte de dĂ©cĂšs Lapulion cf. J. Godechot in Mistler NapolĂ©on 1. Naissance d'un empire p. 29
  5. ↑ J. Tulard, L. Garros ItinĂ©raire de NapolĂ©on p.13
  6. ↑ AndrĂ© Castelot, Bonaparte, p. 30
  7. ↑ a  et b  J.Tulard, L.Garros ItinĂ©raire
, p. 15
  8. ↑ J.Tulard, L.Garros ItinĂ©raire
p.16
  9. ↑ MĂ©moires de Bourrienne tome premier p.33 selon Jacques Godechot les tĂ©moignages sur le sĂ©jour de Brienne sont contradictoires et sujets Ă  caution (sous la direction de Jean Mistler, 1969) NapolĂ©on : tome 1. Naissance d'un empire chapitre 1 p.35
  10. ↑ Longtemps attribuĂ© Ă  Bourrienne, en fait, selon J. Tulard et L. Garros, Ibid., p. 17, cet Ă©pisode provient d'une brochure anglaise traduite sous le titre de Quelques notions sur les premiĂšres annĂ©es de Bonaparte parue en l'an VI et reprise dans les MĂ©moires de Bourrienne sur NapolĂ©on (1829), tome premier, p. 25.
  11. ↑ J. Tulard, L. Garros ItinĂ©raire
 p.18
  12. ↑ Castelot Bonaparte p.47
  13. ↑ J. Tulard, L. Garros ItinĂ©raire
 p.21
  14. ↑ Jean Massin, Almanach du Premier Empire p.3
  15. ↑ J. Tulard, NapolĂ©on ou le mythe du sauveur, p. 41
  16. ↑ F. Masson et Guido Biagi NapolĂ©on, Manuscrits inĂ©dits 1786-1791
  17. ↑ Cf. dossier de presse de l'exposition « Bonaparte et l'Égypte Â» Ă  l'Institut du Monde arabe.
  18. ↑ F. Bluche, Manuel d'histoire politique de la France contemporaine, PUF, 2008, p.90
  19. ↑ NapolĂ©on - Les Grands Moments d'un destin, par Jean Tulard - chap. 44
  20. ↑ On ne sait pas exactement comment Bonaparte a survĂ©cu Ă  la dose de poison qu’il avait ingĂ©rĂ©e, et deux hypothĂšses existent : soit son estomac s'est rĂ©vulsĂ©, ce qui expliquerait les vomissements, soit le poison avait perdu de sa force
  21. ↑ Hors sĂ©rie « les Invalides Â» du magazine « l'estampille/l'objet d'art Â» N°21 janvier 2006, page 51 par François Lagrange, chef de la division de la recherche historique et de l'action pĂ©dagogique de l'ArmĂ©e
  22. ↑ La carriĂšre de CarĂ©lie dont la pierre avait Ă©tĂ© extraite, au prix de grandes difficultĂ©s, appartenait au tsar Nicolas Ier ; il en coĂ»ta environ 200 000 francs, payĂ©s par la France (L. LĂ©ouzon Le Duc, Études sur la Russie, p. 12, citĂ© par : Octave Aubry, Sainte-HĂ©lĂšne, Paris, Flammarion, coll. « L’histoire Â», 1973, p. 461, note 3). Contrairement Ă  ce qu’on lit un peu partout, cette roche trĂšs dure et quasiment inaltĂ©rable n’est pas du marbre, encore moins du porphyre, mais un grĂšs mĂ©tamorphisĂ©.
  23. ↑ R. Reymond, Énigmes, curiositĂ©s, singularitĂ©s, 1987 p. 158
  24. ↑ Sten Forshufvud, NapolĂ©on a-t-il Ă©tĂ© empoisonnĂ© ?, Plon, Paris, 1961.
  25. ↑ Thierry Lentz, Dr Jean-François Lemaire, Dr Paul FornĂšs, Dr Pascal Kintz Autour de l'empoisonnement de NapolĂ©on pp.72 et 88
  26. ↑ Thierry Lentz, Dr Jean-François Lemaire, Dr Paul FornĂšs, Dr Pascal Kintz, Autour de l'empoisonnement de NapolĂ©on, p. 64
  27. ↑ Nature Clinical Practice Gastroenterology & Hepatology (2007) 4, 52-57 doi:10.1038/ncpgasthep0684 [1]
  28. ↑ « Les reins fragiles de NapolĂ©on Â», Radio Canada, 5 mai 2009.
  29. ↑ a , b  et c  (en) Scott Appelrouth, Laura Desfor Edles, Classical and Contemporary Sociological Theory: Text and Readings, Pine Forge Press, 2007, 912 p. (ISBN 076192793X), p. 835 
  30. ↑ Andy Martin(2002), Napoleon the Novelist, Polity Press, p. 74
  31. ↑ Steven Englund (2005), Napoleon: A Political Life , Harvard University Press, p. 132
  32. ↑ « Puis enfin, Ă  un certain moment de l’histoire, apparut un homme appelĂ© “Mohamed”. Et cet homme a dit la mĂȘme chose que MoĂŻse, JĂ©sus, et tous les autres prophĂštes : il n’y a qu’Un Dieu. C’était le message de l’Islam. L’Islam est la vraie religion. Plus les gens liront et deviendront intelligent, plus ils se familiariseront avec la logique et le raisonnement. Ils abandonneront les idoles, ou les rituels qui supportent le polythĂ©isme, et ils reconnaĂźtront qu’il n’y a qu’Un Dieu. Et par consĂ©quent, j’espĂšre que le moment ne tardera pas oĂč l’Islam prĂ©dominera le monde, car il prĂ©dominera le monde. Â» - Correspondance de NapolĂ©on Ier, tome V, p. 518 Correspondance de NapolĂ©on Ier, piĂšce N°3148
  33. ↑ Andy Martin (2002), Napoleon the Novelist, Polity Press, p. 75

Chronologies

Précédé par Napoléon Ier Suivi par
Directoire
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1799-1804
(fin de la Ie RĂ©publique)
Consulat
Imperial Coat of Arms of France (1804-1815).svg
Empereur des Français
1804-1814 et 1815
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Louis XVI
Louis XVIII
Coat of arms of Andorra.svg
Coprince d'Andorre
avec Francesco Antonio de la Dueña y Cisneros
1806-1812 - 1815
Louis XVIII
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-
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Roi d'Italie
1805-1814
Victor-Emmanuel II en 1861
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