Napoleon III

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Napoleon III

Napoléon III

Napoléon III
Empereur des Français
Franz Xaver Winterhalter Napoleon III.jpg
Napoléon III par Franz Xaver Winterhalter

RĂšgne
2 dĂ©cembre 1852 - 4 septembre 1870 (officiellement 1er mars 1871 )
Investiture 2 dĂ©cembre 1852
Dynastie Maison Bonaparte
PrĂ©dĂ©cesseur Lui-mĂȘme (prĂ©sident de la RĂ©publique)
Successeur Louis Jules Trochu
(Chef du Gouvernement de la DĂ©fense Nationale)
Héritier Louis Napoléon, prince impérial
PrĂ©sident(s) du Conseil Émile Ollivier
Charles Cousin-Montauban

Autres fonctions
1er président de la République
Louis-Napoléon Bonaparte
PĂ©riode
20 dĂ©cembre 1848 - 2 dĂ©cembre 1852
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Prédécesseur EugÚne Cavaignac
(prĂ©sident du Conseil, chef de l'État de facto)
Successeur Lui-mĂȘme
(empereur des Français)

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Biographie
Nom de naissance Charles Louis Napoléon Bonaparte
Naissance 20 avril 1808
France Paris, France
DĂ©cĂšs 9 janvier 1873
Flag of the United Kingdom.svg Chislehurst,
Royaume-Uni
PĂšre Louis Bonaparte
MĂšre Hortense de Beauharnais
Consort(s) Eugénie de Montijo
Descendance Prince Louis Napoléon Bonaparte,
prince impérial
RĂ©sidence(s) Palais de l'ÉlysĂ©e (1848)
Palais des Tuileries (1852)

Coat of Arms Second French Empire (1852–1870).svg
Présidents de la République française
Monarques de France

Charles Louis NapolĂ©on Bonaparte, dit Louis-NapolĂ©on Bonaparte (20 avril 1808 - 9 janvier 1873), est le premier prĂ©sident de la RĂ©publique française, Ă©lu le 10 dĂ©cembre 1848 avec 74 % des voix au suffrage universel masculin, ainsi que le troisiĂšme empereur des Français (1852-1870) sous le nom de NapolĂ©on III Ă  partir du 2 dĂ©cembre 1852. Il est donc Ă  la fois le premier prĂ©sident de la RĂ©publique française et le dernier monarque français.

Issu de la maison Bonaparte, prince français à sa naissance et prince de Hollande, il est le neveu de Napoléon Ier, il est le troisiÚme fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande, et de Hortense de Beauharnais, fille de l'impératrice Joséphine. Il devient l'aßné de la famille impériale aprÚs les morts successives de ses frÚres aßnés et du duc de Reichstadt (Napoléon II, roi de Rome).

Ses premiĂšres tentatives de coup d'État, mal conçues et sans bases populaires, Ă©chouent. Mais il profite des suites de la RĂ©volution française de 1848 pour s'imposer en politique.

Son coup d'État du 2 dĂ©cembre 1851 met fin Ă  la DeuxiĂšme RĂ©publique, et lui permet ensuite de mener la restauration impĂ©riale Ă  son profit, exerçant un pouvoir personnel sans partage, mĂȘme si le caractĂšre trĂšs autoritaire du Second Empire s'attĂ©nue aprĂšs 1859 pour faire place progressivement Ă  « l'empire libĂ©ral Â».

Le futur Napoléon III fait connaßtre tÎt sa philosophie politique dans Idées napoléoniennes et dans L'Extinction du Paupérisme (1844), mélange de romantisme, de libéralisme autoritaire, et de socialisme utopique. Admirateur de la modernité britannique, il marque son rÚgne par un développement industriel, économique et financier considérable, et par la transformation de Paris par le préfet Haussmann. La fin de son régime est scellée par sa défaite de 1870 lors de la guerre franco-prussienne.

La trÚs vive opposition de Victor Hugo à Napoléon III est restée célÚbre au travers de plusieurs textes[1]. Napoléon III a été récemment redécouvert par l'historiographie contemporaine mais reste un sujet hautement controversé.

Sommaire

Jeunesse

« Les quatre NapolĂ©on Â».
En haut : NapolĂ©on Ier et NapolĂ©on II, roi de Rome.
En bas : NapolĂ©on III et le prince Louis NapolĂ©on, dit NapolĂ©on IV.

TroisiĂšme fils de Louis Bonaparte et de Hortense de Beauharnais, le futur empereur voit le jour Ă  Paris le mercredi 20 avril 1808 Ă  une heure du matin, onze mois aprĂšs le dĂ©cĂšs de son frĂšre aĂźnĂ© NapolĂ©on Louis Charles Bonaparte. Ils sont, avec le roi de Rome, les seuls princes de la famille qui naquirent sous le rĂ©gime impĂ©rial ; aussi furent-ils les deux seuls qui reçurent Ă  leur naissance les honneurs militaires. Des salves d'artillerie annoncĂšrent la naissance du prince Louis NapolĂ©on dans toute la vaste Ă©tendue de l'Empire. Son oncle l'empereur NapolĂ©on Ă©tant absent, on ne prĂ©nomma l'enfant que le 2 juin suivant[2].

La loi du 1er janvier 1816, bannissant tous les Bonaparte du territoire français, contraint la reine Hortense de Hollande, divorcĂ©e, Ă  s'exiler en Suisse oĂč elle achĂšte en 1817 le chĂąteau d'Arenenberg, dominant le lac de Constance. Elle s'y installe avec ses deux fils survivants.

Sans soucis d'ordre matériel, Louis-Napoléon est élevé par sa mÚre en Suisse ou à Rome. Il y rencontre sa grand mÚre paternelle Laetitia Bonaparte. Bien que se plaignant de n'avoir conservé que peu de souvenirs de son oncle, il l'a toutefois connu, enfant.
Il est élevé dans le culte de Napoléon I et dans la certitude de sa vocation dynastique. Il reçoit à Constance l'enseignement de nombreux professeurs, en particulier de Philippe Le Bas, fils d'un conventionnel jacobin. Un ancien officier de son oncle Napoléon Ier, lui enseigne, par ailleurs, l'art de la guerre.

Proche de la charbonnerie, il tente, avec son frĂšre ainĂ© Louis, lors d'un complot Ă  Rome en 1830, de favoriser la cause de l'unitĂ© italienne : ils projettent alors de faire prisonniers les cardinaux, afin de dĂ©possĂ©der le Pape de son pouvoir sĂ©culier. AprĂšs leur expulsion en Suisse, son frĂšre regagne l'Italie lors du soulĂšvement des duchĂ©s centraux en 1831, durant lequel il trouve la mort[3], Ă  ForlĂŹ. Hortense ramĂšne son dernier fils, malade[4], Ă  Paris, oĂč elle obtient de Louis Philippe un sauf-conduit vers la Suisse.

Volontaire dans l'armĂ©e suisse depuis 1830, Louis-NapolĂ©on accĂšde au grade de capitaine d'artillerie en 1834. Il obtient la nationalitĂ© suisse dans le canton de Thurgovie, en 1832, ce qui fera dire Ă  certains historiens que Louis-NapolĂ©on Bonaparte aura Ă©tĂ© « le seul Suisse Ă  rĂ©gner sur la France Â»[5].

Tentative de soulĂšvement Ă  Strasbourg

AprĂšs la mort du duc de Reichstadt le 22 juillet 1832, et dans la mesure oĂč son frĂšre aĂźnĂ© est mort en 1831, Louis-NapolĂ©on se considĂšre comme l'hĂ©ritier de la couronne impĂ©riale, aprĂšs avoir rencontrĂ© son oncle Joseph Bonaparte. Il organise ses rĂ©seaux en France, et prĂ©pare sa prise de pouvoir.

Le 30 octobre 1836, le prince Louis-NapolĂ©on Bonaparte, avec une poignĂ©e de complices, effectue une tentative de soulĂšvement de Strasbourg[6]. Il espĂšre soulever la garnison et, ensuite, marcher sur Paris et renverser la monarchie de Juillet. Son plan est de rassembler sur son passage les troupes et les populations, sur le modĂšle du retour de l'Ăźle d'Elbe en 1815. Strasbourg, importante place militaire, est aisĂ©ment accessible depuis l'Allemagne et, surtout, c'est une ville de gauche et patriote.

Sur place, l'ùme du complot est le colonel Vaudrey, qui commande le 4e régiment d'artillerie, dans lequel Napoléon Bonaparte a servi à Toulon en 1793, et qui s'estime mal traité par la monarchie de Juillet.

L'opĂ©ration est engagĂ©e le 30 octobre 1836 au matin. Elle tourne court presque aussitĂŽt. Le prince et ses complices sont arrĂȘtĂ©s. Le roi Louis et les oncles du jeune prince condamnent aussitĂŽt l'opĂ©ration. La reine Hortense Ă©crit Ă  Louis-Philippe pour lui suggĂ©rer de laisser son fils quitter la France. Le roi convainc son gouvernement qui, en dehors de toute procĂ©dure lĂ©gale, fait conduire le prince Ă  Lorient oĂč, muni d'une somme d'argent, il est embarquĂ© sur L'AndromĂšde le 21 novembre 1836 Ă  destination des États-Unis d'AmĂ©rique, oĂč il sera dĂ©barquĂ© le 30 mars 1837.

Pendant ce temps, ses complices sont jugés à Strasbourg devant la cour d'assises, et acquittés par le jury, sous les acclamations du public, le 18 janvier 1837. Si la tentative a été un échec complet, elle a fait connaßtre le prince Louis-Napoléon en France et l'a identifié à la cause bonapartiste.

Retour en Europe

Le prince ne reste pas longtemps aux États-Unis. Il rentre bientĂŽt en Europe et revient s'installer en Suisse. En juin 1838, l'un des conjurĂ©s de Strasbourg, l'ex-lieutenant Armand Laity, lointainement apparentĂ© Ă  la famille de Beauharnais, publie Ă  10 000 exemplaires une brochure, sans doute financĂ©e par Louis-NapolĂ©on, intitulĂ©e Relation historique des Ă©vĂ©nements du 30 octobre 1836, qui est une apologie du bonapartisme. La brochure est saisie, Laity est arrĂȘtĂ© et jugĂ© devant la Cour des pairs qui le condamne Ă  5 ans de dĂ©tention et 10 000 francs d'amende le 11 juillet 1838. À la suite de cet incident, le gouvernement français demande Ă  la Suisse, au dĂ©but du mois d'aoĂ»t 1838, l'expulsion du prince Louis-NapolĂ©on et, sĂ»r de l'appui de l'Autriche, menace la confĂ©dĂ©ration d'une rupture des relations diplomatiques et mĂȘme d'une guerre, allant jusqu’à concentrer dans le Jura une armĂ©e de 25 000 hommes. Le gouvernement suisse, indignĂ©, invoque la qualitĂ© de bourgeois de Thurgovie du prince. En dĂ©finitive, celui-ci annonce, le 22 aoĂ»t, son intention de s'installer en Angleterre. Par une note du 6 octobre, la DiĂšte fĂ©dĂ©rale helvĂ©tique peut donc repousser la demande d'expulsion du gouvernement français, non sans prĂ©ciser que le prince Bonaparte va bientĂŽt quitter la Suisse.

HĂ©ritant de sa mĂšre en 1839, Louis-NapolĂ©on a les moyens d'imprimer Ă  500 000 exemplaires une brochure dĂ©taillant son programme politique : Les IdĂ©es napolĂ©oniennes, dans laquelle il fait de NapolĂ©on Ier le prĂ©curseur de la libertĂ©. Au dĂ©but de 1840, son fidĂšle Fialin lance Ă  son tour ses Lettres de Londres, qui exaltent ce prince qui « ose seul et sans appui, entreprendre la grande mission de continuer l'Ɠuvre de son oncle Â»[7].

Depuis Londres, le prince prĂ©pare une nouvelle tentative de coup d'État. Voulant profiter du mouvement de ferveur bonapartiste suscitĂ© par la dĂ©cision du cabinet Thiers de ramener de Sainte-HĂ©lĂšne les cendres de l'empereur, il dĂ©barque Ă  Boulogne-sur-Mer, le 6 aoĂ»t 1840, en compagnie de quelques comparses parmi lesquels un compagnon de NapolĂ©on Ier Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, le gĂ©nĂ©ral de Montholon[8], avec l'espoir de rallier le 42e rĂ©giment de ligne. L'opĂ©ration est un Ă©chec total : Louis-NapolĂ©on et ses complices sont arrĂȘtĂ©s, Ă©crouĂ©s sur ordre du procureur Legagneur et incarcĂ©rĂ©s au fort de Ham. Leur procĂšs se tient devant la Chambre des pairs du 28 septembre au 6 octobre, dans une indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale[9]. Le prince, dĂ©fendu par le cĂ©lĂšbre avocat lĂ©gitimiste Berryer, prononce un discours Ă©loquent :

« Je reprĂ©sente devant vous un principe, une cause, une dĂ©faite. Le principe, c'est la souverainetĂ© du peuple, la cause celle de l'Empire, la dĂ©faite Waterloo. Le principe, vous l'avez reconnu ; la cause, vous l'avez servie ; la dĂ©faite, vous voulez la venger. [
] ReprĂ©sentant d'une cause politique, je ne puis accepter, comme juge de mes volontĂ©s et de mes actes, une juridiction politique. [
] Je n'ai pas de justice Ă  attendre de vous, et je ne veux pas de votre gĂ©nĂ©rositĂ©. Â»[10]

Il n'en est pas moins condamné à l'emprisonnement à perpétuité[11].

À la forteresse de Ham, il Ă©crit De l'extinction du paupĂ©risme (1844), ouvrage influencĂ© par les idĂ©es saint-simoniennes et dĂ©veloppant un moyen populiste pour accĂ©der au pouvoir : « Aujourd'hui, le rĂšgne des castes est fini, on ne peut gouverner qu'avec les masses Â». Le 25 mai 1846, il s'Ă©vada de sa prison, avec le concours de Henri Conneau, aprĂšs six annĂ©es de dĂ©tention en empruntant les vĂȘtements et les papiers d'un peintre qui, selon certains, s'appelait Badinguet. Il s'Ă©tablit Ă  Londres, avant de revenir pendant la rĂ©volution française de 1848 pour se prĂ©senter Ă  de nouvelles Ă©lections.

Prince-président

Louis-Napoléon Bonaparte en 1848.

Le 4 juin 1848, il est Ă©lu (dans quatre dĂ©partements) et siĂšge Ă  l'AssemblĂ©e en septembre. Il a la chance de ne pas ĂȘtre compromis dans la rĂ©pression sanglante des ouvriers parisiens rĂ©voltĂ©s lors des journĂ©es insurrectionnelles des 22-26 juin (journĂ©es de Juin). À la suite de la promulgation, le 4 novembre 1848, de la Constitution de la IIe RĂ©publique, il est candidat Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle, la premiĂšre au suffrage universel masculin en France. Il est Ă©lu pour quatre ans le 10 dĂ©cembre 1848, avec prĂšs de 75 % des voix, issues notamment du parti de l'Ordre, profitant de la division des gauches et de la lĂ©gende impĂ©riale, surtout depuis le retour des cendres de NapolĂ©on Ier en 1840[12].

Campagne Ă©lectorale 1848: Bonaparte contre Cavaignac, Illustrierte ZeitungAllemagne

Il prĂȘte serment Ă  l'AssemblĂ©e constituante le 20 dĂ©cembre 1848 et s'installe le soir mĂȘme Ă  l'ÉlysĂ©e.

La Constitution de 1848 limite largement les pouvoirs du PrĂ©sident qui est soumis soit Ă  l'AssemblĂ©e soit au Conseil d'État. La prĂ©sidence de Louis-NapolĂ©on est ainsi marquĂ©e par son opposition Ă  la politique conservatrice de l'assemblĂ©e Ă©lue en mai 1849 : envoi Ă  Rome des troupes pour mater une rĂ©bellion contre le pape ; vote de la loi Falloux, favorable Ă  l'enseignement religieux


Le 31 mai 1850, l'AssemblĂ©e vote une loi Ă©lectorale qui abolit le suffrage universel masculin en imposant une rĂ©sidence de trois ans pour les Ă©lecteurs ce qui Ă©limine 3 millions de personnes du corps Ă©lectoral dont des artisans et des ouvriers saisonniers. Le 4 novembre 1851 Louis NapolĂ©on propose Ă  l'AssemblĂ©e, sur le conseil de Morny, l'abrogation de cette loi, proposition qui est rejetĂ©e par 355 voix contre 348[13].

Au début de l'année 1851, Louis-Napoléon fait pression pour augmenter la durée de son mandat tandis que l'Assemblée nationale est opposée à tout projet de révision constitutionnelle.

Coup d’État du 2 dĂ©cembre 1851

Article dĂ©taillĂ© : Coup d'État du 2 dĂ©cembre 1851.

Motifs

Depuis qu’il a Ă©tĂ© Ă©lu au suffrage universel avec 74 % des voix, avec le soutien du Parti de l'Ordre, « prĂ©sident des Français Â» en 1848 contre Louis EugĂšne Cavaignac, Louis-NapolĂ©on Bonaparte est en confrontation politique perpĂ©tuelle avec les dĂ©putĂ©s de l’AssemblĂ©e nationale.

Ce « crĂ©tin que l’on mĂšnera Â», selon l’expression d’Adolphe Thiers qui croyait avoir affaire Ă  un imbĂ©cile manipulable quand il l’avait soutenu pour ĂȘtre candidat Ă  la prĂ©sidence de la rĂ©publique, s’avĂšre finalement beaucoup plus intelligent et retors. Il parvint Ă  imposer ses propres choix et ne pas ĂȘtre sous le contrĂŽle de l’AssemblĂ©e, redevenue conservatrice aprĂšs la sanglante rĂ©pression des journĂ©es de Juin 1848. Il s’éloigne du parti de l’Ordre, qui l’a Ă©lu, et forme le « ministĂšre des Commis Â» avec le gĂ©nĂ©ral Hautpoul Ă  ses ordres, en 1849. Le 3 janvier 1851, il renvoie Changarnier, un opposant, ce qui provoque une crise ouverte avec son parti. Cette mĂȘme annĂ©e, il commence Ă  financer des journaux anti-parlementaires, et forme un groupe de 150 dĂ©putĂ©s acquis Ă  sa cause, le « parti de l'ÉlysĂ©e Â».

La constitution Ă©tablissant la non-rĂ©Ă©ligibilitĂ© du prĂ©sident, Louis-NapolĂ©on doit lĂ©galement quitter le pouvoir en dĂ©cembre 1852. La premiĂšre moitiĂ© de l’annĂ©e 1851 est passĂ©e Ă  proposer des rĂ©formes de la constitution afin qu’il soit rĂ©Ă©ligible ; Bonaparte organise des tournĂ©es en province, des pĂ©titions. Les deux tiers des conseils gĂ©nĂ©raux se rallient Ă  sa cause, mais les orlĂ©anistes de Thiers s’allient Ă  la fraction ouverte de gauche « Montagne parlementaire Â» pour le contrer. Cette majoritĂ© vote la dĂ©fiance du ministĂšre des Commis en janvier 1851. L’AssemblĂ©e refuse en bloc la rĂ©forme constitutionnelle le 19 juillet 1851.

Préparatifs

Le coup d’État est minutieusement prĂ©parĂ© Ă  partir du 20 aoĂ»t 1851 Ă  Saint-Cloud. Le complot regroupe le duc de Persigny, un fidĂšle de Louis-NapolĂ©on, Morny (son demi-frĂšre, futur duc), et le gĂ©nĂ©ral de Saint-Arnaud. Le 14 octobre, Louis-NapolĂ©on redemande Ă  l’AssemblĂ©e nationale de rĂ©tablir le suffrage universel (qui avait Ă©tĂ© limitĂ© le 31 mai 1850, faisant passer le nombre d'Ă©lecteurs de 10 millions Ă  7 millions), mais elle refuse, tout comme (le 13 novembre) sa nouvelle proposition de rĂ©vision de la Constitution devant lui permettre d’ĂȘtre rĂ©Ă©ligible en tant que « prĂ©sident de la RĂ©publique Â». OrganisĂ©, il nomme le gĂ©nĂ©ral de Saint-Arnaud au ministĂšre de la Guerre (27 octobre), qui rappelle aux militaires leur devoir « d’obĂ©issance passive Â», le 1er novembre 1851, par une circulaire qui demande de « veiller au salut de la sociĂ©tĂ© Â». D’autres proches sont placĂ©s aux postes clĂ©s : le gĂ©nĂ©ral Magnan est nommĂ© commandant des troupes de Paris ; le prĂ©fet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu prĂ©fet de police de Paris. Convaincu de la nĂ©cessitĂ© d’un coup d’État du fait des derniers refus de l’AssemblĂ©e, Louis-NapolĂ©on le fixe lui-mĂȘme pour le 2 dĂ©cembre, jour anniversaire du sacre de NapolĂ©on en 1804 et de la victoire d’Austerlitz en 1805. L’opĂ©ration est baptisĂ©e Rubicon, par allusion Ă  Jules CĂ©sar.

Coup d’État du 2 dĂ©cembre 1851

Au matin du 2 dĂ©cembre, les troupes de Saint-Arnaud occupent tous les points stratĂ©giques, des Champs-ÉlysĂ©es aux Tuileries. AprĂšs avoir fait arrĂȘter les principaux opposants, et fait occuper les imprimeries, Louis-NapolĂ©on Ă©dicte six dĂ©crets dĂ©cisifs, fait afficher une « proclamation au peuple Â» Ă  destination des Français, et une autre Ă  destination de l’armĂ©e, qui dĂ©clare l’état de siĂšge. Des six dĂ©crets, l’un dissout l’AssemblĂ©e nationale, un autre rĂ©tablit le suffrage universel, un autre dĂ©clare qu’une nouvelle Constitution est en prĂ©paration. Son Appel au peuple annonce son intention de restaurer « le systĂšme crĂ©Ă© par le Premier Consul Â».

Ce coup d’État entraĂźne de nombreuses rĂ©sistances. Des parlementaires se rĂ©fugient dans la mairie du 10e arrondissement et 220 dĂ©putĂ©s votent la dĂ©chĂ©ance de Louis-NapolĂ©on, notamment des orlĂ©anistes libĂ©raux comme RĂ©musat, Salmon ou Tocqueville, et des rĂ©publicains modĂ©rĂ©s comme Pascal Duprat. Ils s'appuient sur l'article 68 de la constitution, qui stipule que « toute mesure par laquelle le prĂ©sident dissout l'AssemblĂ©e nationale [
] est un crime de haute trahison. Par ce seul fait, le prĂ©sident est dĂ©chu de ses fonctions ; les citoyens sont tenus de lui refuser obĂ©issance ; le pouvoir exĂ©cutif passe de plein droit Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Â» Ils sont aussitĂŽt arrĂȘtĂ©s.

MalgrĂ© le contrĂŽle par l’armĂ©e de ce fief rĂ©publicain qu'est la capitale, une insurrection parisienne dĂ©bute avec Ă  sa tĂȘte plusieurs parlementaires rĂ©publicains, comme Victor Schoelcher ou Victor Hugo. Plus de 70 barricades sont dressĂ©es, l'armĂ©e passe Ă  l'attaque et de nombreux insurgĂ©s sont abattus. Le 3 dĂ©cembre, le dĂ©putĂ© Jean-Baptiste Baudin est tuĂ© alors qu’il tient la barricade du faubourg Saint-Antoine. Dans l’aprĂšs-midi du 4 dĂ©cembre 1851, la troupe tire sur la foule : la fusillade des Boulevards fait 200 morts. Au soir, la rĂ©volte populaire est rĂ©primĂ©e, Paris est sous contrĂŽle militaire. Les derniĂšres barricades, dont fait partie Hugo, ne tombent que le 5 dĂ©cembre.

La résistance au plan national

La nouvelle du coup d’État se diffuse Ă  travers la France et dĂ©clenche de nombreuses insurrections pour dĂ©fendre la RĂ©publique. Le 5 dĂ©cembre, des mouvements populaires sont signalĂ©s dans plusieurs grandes villes, mais particuliĂšrement dans le Sud-Est (Aups, Les MĂ©es, Apt, Digne, Manosque, etc.). Zola prendra l'insurrection du Var comme point de dĂ©part de sa grande saga Les Rougon-Macquart.

Le dĂ©partement des Basses-Alpes en vient mĂȘme Ă  ĂȘtre administrĂ© par un « ComitĂ© dĂ©partemental de rĂ©sistance Â» le 7 dĂ©cembre 1851, mais l’armĂ©e, ralliĂ©e Ă  Bonaparte, vient Ă  bout de ces rĂ©sistances. Trente-deux dĂ©partements sont mis en Ă©tat de siĂšge dĂšs le 8 dĂ©cembre, les zones de « rĂ©sistance Â» rĂ©publicaine au coup d’État sont rĂ©primĂ©es en quelques jours, des insurgĂ©s sont fusillĂ©s sommairement[14]. Les opposants sont arrĂȘtĂ©s ou doivent s’enfuir, tel Victor Hugo qui s'exile Ă  Bruxelles. Vingt-six mille personnes sont arrĂȘtĂ©es, 15 000 sont condamnĂ©es dont 9 530 dĂ©portĂ©es en AlgĂ©rie, 239 au bagne de Cayenne. Quatre-vingts dĂ©putĂ©s sont bannis.

L’apaisement

La victoire assurĂ©e, les bonapartistes s’installent. Les dĂ©putĂ©s conservateurs sont rapidement libĂ©rĂ©s, mais les dĂ©putĂ©s dĂ©mocrates-socialistes et d'autres rĂ©publicains sont massivement condamnĂ©s Ă  l'exil. Seule la presse conservatrice est autorisĂ©e Ă  paraĂźtre.

Les gĂ©nĂ©raux Vaillant et Harispe sont faits marĂ©chaux de France le 11 dĂ©cembre. Une constitution est en cours d’élaboration. Un rĂ©fĂ©rendum est Ă©galement prĂ©vu afin de demander aux Français de ratifier le nouvel ordre. Le coup d’État est prĂ©sentĂ© comme une opĂ©ration de sĂ©curitĂ© face au « pĂ©ril rouge Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le 20-21 dĂ©cembre, c’est finalement par plĂ©biscite que les Français acceptent les rĂ©formes du « prince-prĂ©sident Â», le coup d’État est ratifiĂ© par l’immense majoritĂ© des 7 481 000 de « oui Â» face Ă  647 000 « non Â». Seuls les bulletins Oui Ă©taient imprimĂ©s, les Non devaient ĂȘtre Ă©crits Ă  la main ; de plus, on donnait le bulletin au prĂ©sident du bureau de vote qui le glissait lui-mĂȘme dans l’urne[15]. Louis-NapolĂ©on se voit confier les pouvoirs nĂ©cessaires pour Ă©tablir une nouvelle constitution.

Conséquences

La Constitution française est donc modifiĂ©e. Celle-ci confie le pouvoir exĂ©cutif Ă  un PrĂ©sident Ă©lu pour dix ans, titulaire de l’initiative lĂ©gislative, rĂ©duisant ainsi trĂšs fortement la marge d’action du corps lĂ©gislatif dans la tradition des rĂ©gimes autoritaires concentrant les pouvoirs entre les mains de l’exĂ©cutif.

Le 21 dĂ©cembre 1851, le corps Ă©lectoral se prononce favorablement sur la rĂ©vision par 7 439 216 « oui Â» contre 640 737 « non Â» (rĂ©sultats provisoires du 31 dĂ©cembre 1851) ou 7 481 231 « oui Â» contre 647 292 « non Â», pour les rĂ©sultats dĂ©finitifs publiĂ©s par le dĂ©cret du 14 janvier 1852 (pour environ 10 millions d’inscrits et 8 165 630 votants dont 37 107 nuls).

La Seconde RĂ©publique va, en moins d’un an, muer vers le Second Empire, Ă©tabli, encore une fois aprĂšs rĂ©fĂ©rendum, par le sĂ©natus-consulte du 7 novembre 1852. La « dignitĂ© impĂ©riale Â» est rĂ©tablie au profit du prince-prĂ©sident Louis-NapolĂ©on Bonaparte, Ă©lu par le peuple français, qui devenait officiellement « NapolĂ©on III, Empereur des Français Â» Ă  compter du 2 dĂ©cembre 1852, date anniversaire symbolique du coup d’État, du sacre de NapolĂ©on Ier et de la victoire d’Austerlitz.

Empereur

Le 7 novembre 1852, un sĂ©natus-consulte rĂ©tablit le rĂ©gime impĂ©rial. Il est approuvĂ© par le peuple lors d'un plĂ©biscite Ă  une trĂšs large majoritĂ©, les 21 et 22 novembre 1852. Le 2 dĂ©cembre 1852 dĂ©bute le Second Empire, Louis-NapolĂ©on Bonaparte devient NapolĂ©on III.
Les 29 et 30 janvier 1853, il Ă©pouse EugĂ©nie de Montijo, comtesse de Teba, dont il aura un fils, Louis NapolĂ©on, le 16 mars 1856.

Personnalité de Napoléon III

De son passĂ© de conspirateur, NapolĂ©on III a conservĂ© l'habitude de ne jamais laisser transparaĂźtre ses Ă©motions et ses pensĂ©es personnelles. D'oĂč son visage impĂ©nĂ©trable et sa cĂ©lĂšbre expression Ă©nigmatique, dont la photographie et les rĂ©cits des contemporains nous ont laissĂ© trace.

L'empereur prend souvent ses dĂ©cisions seul, dans le secret de sa pensĂ©e. Il ne partage son pouvoir de dĂ©cision ni avec sa famille, ni avec ses proches, pas plus qu'avec sa femme ou avec ses maĂźtresses, dont aucune n'aura jamais eu le rĂŽle de favorite. À partir du milieu des annĂ©es 1860, toutefois, un NapolĂ©on III vieillissant et minĂ© par la maladie se montre plus sensible aux influences de ses proches: l'impĂ©ratrice EugĂ©nie, son demi-frĂšre utĂ©rin le duc de Morny, son fidĂšle Persigny. De 1863 Ă  1869, son homme de confiance, EugĂšne Rouher, fait figure de "vice-empereur" et de Premier ministre sans le titre.

Portrait de Napoléon III en 1858
par Alfred de Dreux (1810-1860)

Parfois « entĂȘtĂ© dans l'indĂ©cision Â» (Émile Ollivier), l'empereur se montre de plus en plus souvent hĂ©sitant, maladroit ou empĂȘtrĂ© dans ses contradictions, au long de son rĂšgne. Ce qui dans son rĂ©gime de pouvoir personnel pĂšsera immanquablement sur l'Ă©volution gĂ©nĂ©rale de la politique française.

Ses contradictions sont aussi dues Ă  la nature composite de ses idĂ©es et de son entourage. Selon sa boutade cĂ©lĂšbre, « l'impĂ©ratrice est lĂ©gitimiste, Morny, orlĂ©aniste, moi je suis socialiste. Seul Persigny est bonapartiste, mais il est fou Â».

Autoritaire, mais dĂ©nuĂ© de toute inhumanitĂ© ou rancƓur personnelles[rĂ©f. nĂ©cessaire], NapolĂ©on III sait aussi bien Ă©touffer toute opposition que manifester sa prĂ©occupation sincĂšre pour les ouvriers, comme en atteste son ouvrage De l'extinction du PaupĂ©risme. Par tempĂ©rament comme par politique, il aime user de mesures de clĂ©mence pour rallier les anciens adversaires et pallier son manque d'appuis dans les Ă©lites traditionnelles.

Homme moderne[16] et nullement dĂ©nuĂ© d'intelligence politique ou diplomatique, il a Ă©tĂ© constamment sous-estimĂ© ou mĂ©prisĂ© par beaucoup de ses contemporains, en particulier par les Ă©lites traditionnelles qui voyaient en lui un parvenu et par les adversaires monarchistes ou rĂ©publicains de son rĂ©gime autoritaire. Thiers en 1848 le peignait comme « un crĂ©tin que nous mĂšnerons Â». Victor Hugo invoqua systĂ©matiquement la gloire de NapolĂ©on Ier pour rabaisser NapolĂ©on III, dĂ©peint dans ses ouvrages comme un vulgaire aventurier, mĂ©diocre, parjure et tyrannique. Il gouverna la France pendant 19 ans (22 ans depuis son Ă©lection Ă  la prĂ©sidence), ce qui place son rĂ©gime au troisiĂšme rang, par la durĂ©e, en France depuis 1789.

Politique Ă©trangĂšre

En 1851, prĂ©parant la restauration impĂ©riale, Louis-NapolĂ©on Bonaparte cherche Ă  rassurer l'opinion française et europĂ©enne et dĂ©clare Ă  Bordeaux : « L'Empire, c'est la paix ! Â» (9 octobre 1852). Pourtant, son rĂ©gime se montre assez belliqueux, avec trois guerres europĂ©ennes et plusieurs expĂ©ditions coloniales en moins de vingt ans.

L'empereur entend Ă  la fois disloquer la coalition antifrançaise hĂ©ritiĂšre du CongrĂšs de Vienne (1815), et aider Ă  remodeler la carte de l'Europe en fonction du "principe des nationalitĂ©s" : chaque peuple doit pouvoir disposer de lui-mĂȘme et le regroupements en États-Nations est Ă  favoriser.

L'empereur connaĂźt des rĂ©ussites dans un premier temps, alors mĂȘme qu'il doit composer avec une haute administration et des diplomates majoritairement monarchistes et opposĂ©s au cĂ©sarisme de NapolĂ©on III. Cela renforce l'isolement de l'empereur alors que les personnels Ă©trangers et mĂ©tropolitains ne sont pas forcĂ©ment mis au courant de la ligne politique du gouvernement de NapolĂ©on III.

À l'occasion de la guerre de CrimĂ©e, (1854-1856) NapolĂ©on III confirme le retour de la France dans la vie politique europĂ©enne avec plus ou moins de succĂšs. CoĂŻncidant avec la naissance de son hĂ©ritier le 16 mars 1856, le traitĂ© de Paris est un triomphe personnel pour lui. Il marque l'apogĂ©e de sa bonne entente avec la Grande-Bretagne de la reine Victoria.

Napoléon III en 1863 par Hippolyte Flandrin

NapolĂ©on III joue aussi un rĂŽle important dans la naissance de la Roumanie indĂ©pendante, en conseillant aux parlements des deux ex-provinces ottomanes de voter pour le mĂȘme candidat au trĂŽne.

Sur le plan colonial, Napoléon III triple la surface des possessions françaises, lançant par exemple l'implantation en Nouvelle-Calédonie et à Djibouti par l'achat d'Obock (1862), ou laissant le gouverneur Faidherbe fonder Dakar au Sénégal (1854). En 1859-1860, ses troupes participent au cÎté de l'Angleterre à une expédition contre la Chine, au cours de laquelle a lieu la mise à sac du palais d'été à Pékin.

La politique arabe de NapolĂ©on III - Il se rend en personne Ă  Alger pour promouvoir son modĂšle de dĂ©veloppement colonial. Pour NapolĂ©on III les colonies doivent ĂȘtre rattachĂ©es Ă  la personne de l'empereur et non pas Ă  la France directement. Il dĂ©clare Ă  Alger : « Je suis l'empereur des Français et des Arabes Â».

La politique italienne de l'empereur - en faveur de l'Unification et au dĂ©triment de l'Autriche - permet Ă  la France d'annexer aprĂšs un plĂ©biscite le ComtĂ© de Nice et la Savoie (1860), l'empereur ayant « payĂ© de sa personne Â» aux batailles de Magenta et SolfĂ©rino pendant la campagne d'Italie. Cependant, NapolĂ©on III s'aliĂšne aussi les catholiques français ultramontains, car l'unitĂ© de l'Italie du Nord met les États pontificaux en pĂ©ril. D'autre part, en refusant de poursuivre la campagne victorieuse (mais coĂ»teuse en hommes) de 1859, l'empereur laisse Venise aux mains des Autrichiens et déçoit ses alliĂ©s savoyards. Jusqu'en 1870, il empĂȘche le nouveau royaume d'Italie de finaliser l'unitĂ©, en laissant des troupes françaises Ă  Rome pour protĂ©ger les derniers vestiges du pouvoir temporel du pape.

L'Ă©chec cinglant et coĂ»teux de l'expĂ©dition du Mexique (1861-1867), et l'attitude de neutralitĂ© monnayĂ©e (politique dite des « pourboires Â», que le chancelier prussien Bismarck exploite pour dĂ©considĂ©rer NapolĂ©on III dans tout l'espace allemand) lors des conflits entre l'Autriche et la Prusse en 1866, affaiblissent le rĂ©gime et mettent fin Ă  cette politique Ă©trangĂšre volontariste de l'empereur alors que celui-ci commence Ă  ĂȘtre rongĂ© par la maladie et par les discordes de son entourage.

Politique intérieure

Une entrée de la France dans la modernité

Sous l'Empire, la France connaßt des années de progrÚs économiques (création d'un systÚme bancaire, développement des chemins de fer, transformation des grandes villes).

Napoléon III est influencé par les idées saint-simoniennes de son proche conseiller Michel Chevalier.

InfluencĂ© par son sĂ©jour Ă  Londres, NapolĂ©on III dĂ©cide de transformer Paris et d'en faire une grande capitale europĂ©enne, salubre et fonctionnelle. Il confie au baron Haussmann le chantier de Paris. L'empereur veille de trĂšs prĂšs au tracĂ© de nombreux nouveaux boulevards, Ă  l'Ă©rection de nouveaux Ă©difices (dont les grandes gares, le nouveau Palais de justice et le nouvel HĂŽtel-Dieu ou le Palais Garnier (OpĂ©ra) qu'il ne vit jamais abouti), au dĂ©veloppement du rĂ©seau des Ă©gouts et surtout Ă  l'amĂ©nagement de dizaines de nouveaux squares et espaces verts (Montsouris, Buttes-Chaumont, bois de Vincennes et de Boulogne, Boucicaut
). Ces travaux du Second Empire ont modelĂ© le visage du Paris du XXe siĂšcle. Ils ont cependant eu un coĂ»t non nĂ©gligeable, que ce soit sur le plan financier (dĂ©ficit, vague de spĂ©culation), social (refoulement des classes populaires hors du centre de Paris) et culturel (destructions de nombreux vestiges du passĂ©) ; on a dit que les grands boulevards (trĂšs larges et droits) permettaient de mieux contrecarrer les Ă©ventuelles rĂ©voltes en empĂȘchant la formation de barricades.

ParallÚlement, Napoléon III encourage cette politique dans les autres grandes et moyennes villes de France, de Lyon à Biarritz en passant par Dieppe (les nombreuses rues impériales alors tracées sont souvent par la suite rebaptisées "rue de la République"). L'empereur multiplie les séjours personnels dans les villes d'eau telles que Vichy, PlombiÚres-les-Bains, Biarritz, ce qui contribue beaucoup à leur lancement et à leur fortune durable.

Voiture privée de Napoléon III, utilisée lors de ses déplacements sur les chemins de fer français alors en plein essor

Capitale de l'Europe au mĂȘme titre que la Londres victorienne, Paris accueille de grandes rĂ©unions internationales telles que l'Exposition universelle de 1855 et celle de 1867.

Article dĂ©taillĂ© : exposition universelle de 1867.

Le rĂšgne de NapolĂ©on III est marquĂ© aussi par l'achĂšvement de la construction du rĂ©seau ferroviaire français supervisĂ©e par l'État : le chemin de fer dessert dĂ©sormais toutes les grandes et moyennes villes françaises. L'empereur encourage la rĂ©volution bancaire, Ă  l'origine de la naissance des Ă©tablissements modernes tels le CrĂ©dit Mobilier des frĂšres Pereire. Les Grands Magasins se multiplient (comme le Bon MarchĂ©), la bourse connaĂźt un Ăąge d'or, l'industrie (acier, textile) une forte croissance, du moins jusqu'au milieu des annĂ©es 1860 et les mines, de charbon dans l'Est et le Nord et d'ardoise en Anjou prennent leur essor (ces derniĂšres seront submergĂ©es par une inondation record de la Loire en 1856, occasion pour le chef de l'État de se rendre Ă  TrĂ©lazĂ© pour y restaurer son image ternie Ă  la suite d'une rĂ©pression politique envers une Ă©meute rĂ©publicaine un an plus tĂŽt)

L'empereur a beaucoup fait pour développer l'instruction des filles, en 1861 la fontenaicastrienne Julie-Victoire Daubié est reçue au baccalauréat, l'empereur intervient pour que le ministre Gustave Rouland signe le diplÎme. En 1862 s'ouvre la premiÚre école professionnelle pour jeunes filles par Madame Elisa Lemonnier. Madeleine BrÚs obtient le droit de s'inscrire à la Faculté de médecine de Paris.

Membre du gouvernement impĂ©rial de 1863 Ă  1869 en tant que ministre de l'Instruction publique, l'historien Victor Duruy ouvre l'enseignement secondaire aux jeunes filles et s'efforce de dĂ©velopper l'enseignement primaire, en dĂ©pit de l'hostilitĂ© de l'Église catholique qui craint une perte de son influence. Il fait enseigner l'histoire contemporaine, jusque-lĂ  dĂ©laissĂ©e au profit de l'Ă©tude de l'AntiquitĂ©.

De l’Empire autoritaire Ă  l’Empire libĂ©ral

Napoléon III en 1857 par Franz Xaver Winterhalter

La constitution de 1852 laisse Ă  NapolĂ©on III un pouvoir personnel absolu. La presse est soumise Ă  une censure particuliĂšrement rigoureuse. La justice est rendue en son nom. Il est Ă©galement le dernier chef d'État français Ă  s'arroger le droit de dĂ©clarer la guerre seul, ou de conclure tout seul les traitĂ©s de paix ou de commerce. Plusieurs dizaines de dĂ©putĂ©s sont proscrits aprĂšs le coup d'État du 2 dĂ©cembre 1851, parmi lesquels Victor Hugo, qui compose alors en exil les ChĂątiments et NapolĂ©on-le-Petit pour stigmatiser NapolĂ©on III. Des milliers d'opposants sont dĂ©portĂ©s en AlgĂ©rie ou en Guyane.

Les ministres, responsables devant l'empereur seul, ne forment pas d'Ă©quipe ministĂ©rielle et le gouvernement n'est pas responsable devant le Parlement, dont les dĂ©bats ne sont pas publiĂ©s. La tribune du Palais-Bourbon est dĂ©truite lors du coup d'État et ne rĂ©apparaĂźt que sur la fin du rĂšgne. Le suffrage universel masculin a Ă©tĂ© rĂ©tabli par NapolĂ©on III mais son libre exercice est faussĂ© par la pratique des candidatures officielles (les prĂ©fets mettent les moyens de l'administration au service des candidats du pouvoir) et par la quasi-disparition de la libertĂ© de la presse et de rĂ©union. Les rares opposants qui parviennent Ă  se faire Ă©lire ne peuvent siĂ©ger que s'ils prĂȘtent serment de fidĂ©litĂ© Ă  l'empereur et Ă  son rĂ©gime.

L'autoritĂ© impĂ©riale sĂ©vit Ă©galement dans le domaine des arts et des lettres : Baudelaire et Flaubert sont poursuivis en justice pour leurs Ɠuvres contraires « Ă  la morale publique et religieuse Â» (1856-1857), Renan destituĂ© de sa chaire au collĂšge de France en 1863. En 1863, NapolĂ©on III laisse se tenir un "salon des refusĂ©s" oĂč exposent Courbet et les futurs impressionnistes, mais il dĂ©nonce l'Olympia de Manet comme offensant les bonnes mƓurs.

SĂ©vissant d'une main, l'empereur cherche aussi Ă  sĂ©duire et Ă  rallier de l'autre. DotĂ© d'une forte pension officielle et d'une trĂšs confortable liste civile, il mĂšne un train de vie fastueux qui frappe les esprits. Ses fĂȘtes et ses rĂ©ceptions grandioses aux Tuileries, Ă  Saint-Cloud ou Ă  CompiĂšgne confĂšrent aussi Ă  la "FĂȘte ImpĂ©riale" un rĂŽle de propagande.

Au dĂ©but des annĂ©es 1850, le 15 aoĂ»t devient la fĂȘte nationale en France. Cette cĂ©lĂ©bration permet Ă  NapolĂ©on III d'imposer avec succĂšs un modĂšle de fĂȘte nationale populaire qui sera aussi repris par la RĂ©publique. Le 15 aoĂ»t deviendra alors la fĂȘte de la Saint-NapolĂ©on.[17]

Aux Ă©lections de 1858, cinq dĂ©putĂ©s rĂ©publicains sont Ă©lus Ă  Paris, ville d'opposition Ă  l'Empire, dont Jules Favre, Ernest Picard et Émile Ollivier. L'empereur refuse de remettre en cause le suffrage universel comme le lui demande son entourage inquiet. Mais un attentat Ă  la bombe perpĂ©trĂ© contre le couple impĂ©rial par le patriote italien Felice Orsini lui permet de lancer une vague de rĂ©pression brutale contre l'opposition rĂ©publicaine, pourtant innocente dans cette affaire. Le gĂ©nĂ©ral Espinasse, ministre de l'IntĂ©rieur de janvier Ă  juillet 1858, utilise la "loi de sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale" pour faire dĂ©porter sans jugement plusieurs centaines de rĂ©publicains. La loi reste thĂ©oriquement en vigueur jusqu'Ă  la fin du rĂšgne.

Le 15 aoĂ»t 1859, l'empereur promulgue une amnistie gĂ©nĂ©rale Ă  l'occasion de sa victoire en Italie du Nord. Certains comme Victor Hugo refusent d'en profiter : « quand la libertĂ© rentrera, je rentrerai Â». Edgar Quinet, rappelant que NapolĂ©on III avait violĂ© la constitution par son coup d’État, dĂ©clare : « Ceux qui ont besoin d'ĂȘtre amnistiĂ©s, ce ne sont pas les dĂ©fenseurs des lois, ce sont ceux qui les renversent. Â»

À partir de cette date, le rĂ©gime prend une tournure plus libĂ©rale. Pour se gagner de nouveaux soutiens dans la sociĂ©tĂ©, NapolĂ©on III multiplie les concessions Ă  destination notamment des ouvriers. Il fait ainsi lĂ©galiser le droit de grĂšve en 1864 par la loi Émile Ollivier. Il s'est en effet privĂ© du soutien des catholiques que sa politique italienne inquiĂšte et de celui du patronat, ulcĂ©rĂ© par son traitĂ© de libre-Ă©change conclu en 1860 avec la Grande-Bretagne (nĂ©gociĂ© et ratifiĂ© par l'empereur seul, il fait figure de « coup d'État douanier Â»). NapolĂ©on III laisse une dĂ©lĂ©gation d'ouvriers conduite par Tolain se rendre Ă  Londres oĂč elle dĂ©couvre la puissance du syndicalisme britannique. L'Association Internationale des Travailleurs est autorisĂ©e Ă  ouvrir un bureau en France. Mais les efforts de l'empereur pour prendre lui-mĂȘme la tĂȘte d'un mouvement ouvrier officiel Ă©chouent : les ouvriers restent dans leur masse rĂ©publicains. NapolĂ©on III dissout le bureau parisien de l'AIT en 1867, ses dirigeants sont emprisonnĂ©s, et la troupe intervient dans plusieurs grĂšves dures qui marquent la fin du rĂšgne.

Au fil des années 1860, il desserre aussi progressivement la censure, libéralise le droit de réunion et les débats parlementaires. Sous l'influence notamment de son demi-frÚre le duc de Morny, il se dirige lentement vers une pratique plus parlementaire du régime.

En 1869, NapolĂ©on III fait appel Ă  un nouveau « Premier ministre Â» de fait, Émile Ollivier, issu des bancs de l'opposition rĂ©publicaine Ă  l'AssemblĂ©e nationale. C'Ă©tait la reconnaissance du principe parlementaire. Ollivier constitua alors un gouvernement d'hommes nouveaux en associant bonapartistes libĂ©raux (centre droit) et orlĂ©anistes ralliĂ©s Ă  l'Empire libĂ©ral (centre gauche), mais en excluant les bonapartistes autoritaires (droite) et les rĂ©publicains (gauche). Il prit lui-mĂȘme le ministĂšre de la Justice et des Cultes, le premier dans l'ordre protocolaire et apparut comme le vĂ©ritable chef du ministĂšre.

Cherchant Ă  concilier ordre et libertĂ©, il convainc l'empereur de procĂ©der Ă  une rĂ©vision constitutionnelle d'ensemble pour mettre sur pied un systĂšme semi-parlementaire. Les procĂ©dĂ©s de candidature officielle furent abandonnĂ©s et le prĂ©fet Haussmann, jugĂ© trop autoritaire, fut renvoyĂ© (5 janvier 1870). Un senatus-consulte proposant un rĂ©gime plus libĂ©ral est soumis Ă  l'approbation du peuple lors d'un plĂ©biscite (le troisiĂšme depuis 1851) : le 8 mai 1870, les rĂ©formes sont approuvĂ©es avec plus de 7 millions de oui en dĂ©pit de l'opposition des monarchistes lĂ©gitimistes et des rĂ©publicains qui ont appelĂ©s Ă  voter "non" ou Ă  s'abstenir. C'est ainsi que se met en place la constitution du 21 mai 1870. NapolĂ©on III se serait exclamĂ© Ă  cette occasion : « J'ai mon chiffre ! Â»[18]. Émile Ollivier crut pouvoir dire de l'empereur : « Nous lui ferons une vieillesse heureuse Â»[19].

Cependant, lùché par les républicains et contesté par les bonapartistes autoritaires, Ollivier était de plus en plus isolé et ne se maintenait plus que grùce à la faveur de Napoléon III. DÚs les premiers revers militaires d'août 1870, il fut limogé par l'impératrice Eugénie, régente, qui nomma à sa place le bonapartiste autoritaire Cousin-Montauban, comte de Palikao. Un mois aprÚs, l'empereur était prisonnier et l'empire discrédité par la défaite disparaissait sans opposition de quiconque.

Guerre de 1870

Napoléon III et Otto von Bismarck, AprÚs la défaite de Sedan, entrevue avec Bismarck à Donchery 1870 (peinture de 1878)
NapolĂ©on III sur son lit de mort (Journal Illustrated London News, du 25 janvier 1873).

Bien que tous deux personnellement favorables à la paix, Ollivier et Napoléon III se laissÚrent dépasser par les partisans de la guerre dont l'impératrice Eugénie. Ollivier et Napoléon III se ralliÚrent tous deux à l'opinion majoritaire pro-guerre exprimée au sein du gouvernement et au parlement, y compris chez les républicains, les plus résolus (malgré les avertissements lucides de Thiers et de Gambetta) à en découdre avec la Prusse.

À la suite de tensions avec la Prusse Ă  propos de la succession d'Espagne et abusĂ© par la fameuse DĂ©pĂȘche d'Ems - version dĂ©daigneuse par Bismarck, d'une annonce polie de Guillaume de Prusse -, NapolĂ©on III dĂ©clare la guerre Ă  la Prusse. DĂ©bute la Guerre franco-allemande de 1870.

Les premiers revers sont imputĂ©s Ă  NapolĂ©on III et Ă  Ollivier, fournissant Ă  la Chambre l'occasion de renverser Ollivier, Ă  une Ă©crasante majoritĂ©, le 9 aoĂ»t 1870, laissant l'empereur seul sur la ligne de front, qu'elle soit politique ou militaire.

Sous la pression de l'impĂ©ratrice, NapolĂ©on III renonce Ă  se replier sur Paris et marche vers Metz au secours du marĂ©chal Bazaine encerclĂ©. Ses troupes sont elles-mĂȘmes alors encerclĂ©es Ă  Sedan. Le 2 septembre 1870, n'ayant pu trouver la mort au milieu de ses hommes, NapolĂ©on III dĂ©pose les armes au terme de la bataille de Sedan. Il tente de nĂ©gocier avec Bismarck prĂ©s du village de Donchery. Pendant la discussion, il nie ses responsabilitĂ©s personnelles en invoquant une guerre Ă  laquelle il aurait Ă©tĂ© « poussĂ© par l'opinion publique Â». Bismarck, peu dupe, rĂ©plique : « l'opinion publique poussĂ©e par le ministĂšre ! Â»

Le captif assiste avec le roi Guillaume de Prusse Ă  l'acte de reddition de l'armĂ©e française au chĂąteau de Bellevue situĂ© prĂšs de FrĂ©nois au sud de Sedan. Le 3 septembre 1870, L'empereur, dĂ©sormais prisonnier, se rend en Belgique Ă  Bouillon, ensuite il prend le train pour ĂȘtre internĂ© au chĂąteau de Wilhelmshöhe Ă  Kassel en Allemagne.

Le 4 septembre 1870, Ă  Paris, la foule envahit le Palais-Bourbon tandis que l'impĂ©ratrice EugĂ©nie se rĂ©fugie chez son dentiste et fuit en Angleterre. Le gouverneur de Paris, Trochu, reste passif et le rĂ©gime impĂ©rial ne trouve guĂšre de dĂ©fenseurs. Des dĂ©putĂ©s (dont LĂ©on Gambetta) proclament la RĂ©publique et mettent en place un Gouvernement de la DĂ©fense nationale qui essaie en vain de contrer l'invasion du territoire. Au terme de la guerre, la dĂ©chĂ©ance officielle de NapolĂ©on III n'est votĂ©e dĂ©finitivement par la Chambre que le 1er mars 1871. Dans la plupart des dĂ©partements français, le nouveau rĂ©gime rĂ©publicain est souvent accueilli dans l'indiffĂ©rence. Personne toutefois ne prend non plus la dĂ©fense de l'Empire dĂ©chu, discrĂ©ditĂ© par la dĂ©faite.

En mars 1871, l'empereur dĂ©chu s'exile en Angleterre. Il y prĂ©pare de nouveaux plans de coup d'État, rĂȘvant de rĂ©Ă©diter Ă  son profit le retour de l'Ăźle d'Elbe de son oncle NapolĂ©on Ier. Mais une opĂ©ration de la vessie a raison de lui.

Le 9 janvier 1873, NapolĂ©on III meurt et est inhumĂ© Ă  Chislehurst (aujourd'hui : Bromley (district londonien)). Par la suite l'impĂ©ratrice EugĂ©nie lui construisit un mausolĂ©e Ă  l'abbaye Saint-Michel (St Michael's abbey) de Farnborough (sud de l'Angleterre) oĂč il repose Ă  ce jour aux cĂŽtĂ©s de sa femme (dĂ©cĂ©dĂ©e en 1920) et de leur fils unique, le prince impĂ©rial Louis NapolĂ©on, enrĂŽlĂ© volontaire dans l'armĂ©e britannique et tuĂ© en Afrique du Sud par les Zoulous au cours d'une patrouille en juin 1879, lors de la guerre anglo-zoulou. Il n'avait que 23 ans.

Un rĂšgne florissant et ambivalent

5 francs 1868
Timbre à l'effigie de Napoléon III

Le Second Empire coïncide avec l'une des plus importantes époques de développement et de prospérité que la France ait connue.

Du point de vue économique, le pays s'est doté d'infrastructures modernes, d'un systÚme financier bancaire et commercial novateur et a rattrapé en 1870 son retard industriel sur le Royaume-Uni, en partie grùce à la politique volontariste de l'empereur et à son choix du libre-échange.

Concernant l'urbanisme, NapolĂ©on III est le commanditaire des travaux d'Haussmann Ă  Paris, qui ont fait de cette ville rĂ©putĂ©e pour sa saletĂ© au milieu du XIXe siĂšcle, l'une des plus belles capitales du monde.

Cette pĂ©riode est en outre caractĂ©risĂ©e par la richesse de sa littĂ©rature, de Flaubert Ă  George Sand ou aux frĂšres Edmond et Jules de Goncourt. Cependant, le maintien de la censure continue de condamner un certain nombre de crĂ©ations originales, parmi lesquelles, les Fleurs du Mal et Madame Bovary. L'OpĂ©ra Garnier illustre l'importance accordĂ©e au monde du spectacle, Ă©lĂ©ment de la « fĂȘte impĂ©riale Â». PassionnĂ© d'histoire (on lui doit une monumentale Histoire de Jules CĂ©sar), l'empereur a aussi jouĂ© un rĂŽle important dans la mise sur pied d'une vĂ©ritable archĂ©ologie nationale, avec la crĂ©ation du musĂ©e des AntiquitĂ©s nationales de Saint-Germain-en-Laye et l'essor donnĂ© aux fouilles de Gergovie, AlĂ©sia et Bibracte.

Les progrĂšs sociaux furent aussi indĂ©niables : droit de grĂšve et d'organisation des salariĂ©s (ancĂȘtres des syndicats, qui Ă©taient alors clandestins) accordĂ©s en 1864, Ă©lĂ©vation du niveau de vie des ouvriers et des paysans, soupes populaires organisĂ©es pour les pauvres, premiers systĂšmes de retraites et d'assurance-handicap pour les ouvriers, dĂ©veloppement de l'Ă©ducation de masse, notamment pour les filles sous l'impulsion de l'impĂ©ratrice EugĂ©nie, qui a aussi fortement soutenu les travaux de Louis Pasteur et de Ferdinand de Lesseps, qui aboutiront respectivement au vaccin contre la rage et au canal de Suez, inaugurĂ© en 1869.

Le rĂ©gime de NapolĂ©on III fut cependant longtemps discrĂ©ditĂ©. Il le dut Ă  son caractĂšre longtemps autoritaire et rĂ©pressif et Ă  sa fin sans gloire dans la dĂ©sastreuse guerre franco-prussienne, immĂ©diatement suivie par la guerre civile lors de la Commune de Paris. MĂȘme ses rĂ©ussites ne sont pas nĂ©cessairement dĂ©nuĂ©es d'aspects ambivalents, critiquĂ©s par les contemporains. Un Ă©crivain tel Zola rappela ainsi dans ses romans la spĂ©culation effrĂ©nĂ©e et la corruption nĂ©es de l'« haussmanisation Â» et de la flambĂ©e boursiĂšre (La CurĂ©e, L'Argent), le choc que l'irruption des grands magasins reprĂ©senta pour le petit commerce (Au Bonheur des Dames), la duretĂ© des luttes sociales sous NapolĂ©on III (Germinal).

ForgĂ©e par une gĂ©nĂ©ration en lutte contre le Second Empire, la IIIe RĂ©publique ne pouvait que faire de NapolĂ©on III un repoussoir. L'Ɠuvre de Victor Hugo, bĂątie sur l'opposition permanente entre la gloire de NapolĂ©on Ier et la bassesse tyrannique prĂȘtĂ©e Ă  NapolĂ©on III, contribua considĂ©rablement Ă  asseoir l'image d'un despote mĂ©diocre et sans scrupules. Le prĂ©cĂ©dent d'un prĂ©sident devenu empereur rendit aussi impensable jusqu'en 1962 toute Ă©lection du chef de l'État au suffrage universel direct. François Mitterrand comparait ainsi avec virulence De Gaulle Ă  NapolĂ©on III pour instruire le procĂšs des institutions de la Ve RĂ©publique (Le Coup d'État permanent, 1964).

Les années 1980-1990 voient un renouveau historiographique du Second Empire[20],[21],[22], qui va dans le sens d'une réhabilitation de Napoléon III et de son rÚgne[23].

MaĂźtresses et enfants naturels

NapolĂ©on III eut de nombreuses maĂźtresses, certaines lui donnĂšrent des enfants naturels, dont :

Caricatures

NapolĂ©on III Ă©tait surnommĂ© par ses opposants L'homme du 2 dĂ©cembre, NapolĂ©on le Petit ou encore NabolĂ©on (Victor Hugo), Boustrapa (de ses trois coups d’État : BOUlogne, STRAsbourg et PAris) ou encore Badinguet (du nom du peintre sous le dĂ©guisement duquel il s'Ă©chappa de la forteresse de Ham oĂč il Ă©tait dĂ©tenu). Durant son rĂšgne NapolĂ©on III fut beaucoup caricaturĂ©. Ci-contre, NapolĂ©on III en chauve-souris soupesant Thiers et la RĂ©publique. Allusion Ă  la position de NapolĂ©on III au moment de la Commune de Paris.

NapolĂ©on :
De gouverner, toujours avide,
VoilĂ  mon plan : - Il est splendide !-
Je les fais battre tous les deux,
J'attends qu'ils se mangent entr'eux
Et quand la mort a fait le vide
Je rentre Ă  Paris
, si je PEUX !

Devant ce plan lĂąche et stupide
Chacun de nous, avec esprit,
À ce monstre chauve
 sourit !

Notes et références

  1. ↑ Par exemple NapolĂ©on le petit, Victor Hugo, ed. Jeffs, 1862
  2. ↑ Louis-napoleon et mademoiselle de Montijo, Arthur Leon Imbert de Saint-Amand, ed.Adamant Media Corporation
  3. ↑ Une Ă©pidĂ©mie de rougeole sĂ©vissait alors, et beaucoup de soldats, dĂ©jĂ  affaiblis par leurs blessures, succombĂšrent Ă  la fiĂšvre.
  4. ↑ Histoire politique, anecdotique et populaire de NapolĂ©on III, P. L. Jacob, ed.Dufour, Mulat et Boulanger, 1853
  5. ↑ Dans le livre NapolĂ©on III (1969) de l'historien Georges Roux. Voir Edouard Boeglin, « NapolĂ©on III, citoyen suisse Â», journal L'Alsace.
  6. ↑ Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie Arthùme Fayard, 2002, pp. 770-772, (ISBN 2-213-59222-5)
  7. ↑ citĂ© par Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie ArthĂšme Fayard, 2002, p. 817
  8. ↑ Personnage pour le moins douteux, fils adoptif du non moins douteux marquis de SĂ©monville, Charles-Tristan de Montholon est un agent double que le gouvernement français a employĂ©, Ă  Londres, pour surveiller le prince Louis-NapolĂ©on. Mais Montholon a trompĂ© Thiers en lui faisant croire que l'opĂ©ration aurait lieu Ă  Metz.
  9. ↑ L'opinion publique se passionne bien davantage pour le procĂšs, devant la cour d'assises de Tulle, de Mme Lafarge, accusĂ©e d'avoir empoisonnĂ© son mari, et condamnĂ©e aux travaux forcĂ©s Ă  perpĂ©tuitĂ© le 19 septembre.
  10. ↑ citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 818
  11. ↑ Sur 312 pairs, 160 s'abstiennent et 152 votent l'emprisonnement perpĂ©tuel. « On ne tue pas les fous, soit ! mais on les enferme Â», affirme Le Journal des dĂ©bats (citĂ© par Guy Antonetti, Op. cit., p. 818)
  12. ↑ Alain Decaux et AndrĂ© Castelot (dir.), Dictionnaire d'histoire de France, Librairie AcadĂ©mique Perrin, 1981, p. 702-703
  13. ↑ Alain Decaux et AndrĂ© Castelot (dir.), Dictionnaire d'histoire de France, Librairie acadĂ©mique Perrin, 1981, p. 279
  14. ↑ Claude Latta, La rĂ©sistance des rĂ©publicains au coup d'Ă©tat du 2 dĂ©cembre 1851
  15. ↑ FrĂ©dĂ©ric NĂ©grel, « DĂ©cembre 1851 Ă  Artignosc Â», Verdon no 1, estieu 1999, p 84
  16. ↑ Voir le paragraphe Une entrĂ©e de la France dans la modernitĂ©
  17. ↑ Sudhir Hazareesing, «LA SAINT-NAPOLÉON, Quand le 14 Juillet se fĂȘtait le 15 AoĂ»t Â», traduit de l’anglais par Guillaume Villeneuve, 294 p. Édictions Paris Tallandier, 2007 (ISBN 978-2847344042)
  18. ↑ Voir François Roth, « 1870 : l'annĂ©e maudite Â», Historia', numĂ©ro spĂ©cial n°37 de septembre/octobre 1995
  19. ↑ Voir Antonin Debidour, Histoire diplomatique de l'Europe depuis l'ouverture du CongrĂšs de Vienne jusqu'Ă  la clĂŽture du CongrĂšs de Berlin (1814-1878), tome II: « depuis l'ouverture du CongrĂšs de Vienne jusqu'Ă  la clĂŽture du CongrĂšs de Berlin (1814-1878) Â», F. Alcan, 1891, p. 381, AimĂ© Dupuy, 1870-1871, La guerre, la Commune et la presse, A. Colin, 1959, 253 pages, p. 29, ou Jean Sagnes, NapolĂ©on III: le parcours d'un saint-simonien, Éditions SinguliĂšres, 2008, 607 pages, p. 270 (ISBN 2354780168).
  20. ↑ En particulier Philippe SĂ©guin, Louis NapolĂ©on le Grand, Paris, Grasset, 1990.
  21. ↑ « Sarkozy, NapolĂ©on III, mĂȘme combat ? Â», entretien avec Pierre Milza, auteur d'un NapolĂ©on III (Perrin, 2004 (ISBN 2262016356),706 pages)), Le Monde, 16 novembre 2008.
  22. ↑ Fabien Cardoni, «Pierre Milza, NapolĂ©on III, Paris, Éditions Perrin, 2004, 706 p.», Revue d'histoire du XIXe siĂšcle, 2004-29: « Varia Â».
  23. ↑ AndrĂ© LaranĂ©, « NapolĂ©on III: Une rĂ©habilitation mĂ©ritĂ©e Â», Herodote.net

Filmographie

Napoléon III a été incarné à l'écran par Sacha Guitry, Jean Debucourt, Claude Rains, Paul Meurisse, Louis Arbessier, Lucien Nat, Lucien Rozenberg, Leon Ames, Walter Franck, Walter Kingsford, Enzo Billioti et Mariano Asquerino.

On peut citer aussi le film Violettes impériales, sorti en 1952.

Bibliographie

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TĂ©moignages et Ă©tudes de l'Ă©poque :

  • Victor Duruy, Notes et souvenirs, 3 tomes, coll. « Sources de l’histoire de France Â», Éditions Paleo, 2005.
  • Victor Hugo :
    • Histoire d'un crime, Ă©crit en 1852, publiĂ© en 1877. Le rĂ©cit du coup d'État du 2 dĂ©cembre par l'Ă©crivain et Ă©lu de la RĂ©publique.
    • NapolĂ©on le Petit, 1852.
  • Émile Zola, Son Excellence EugĂšne Rougon, publiĂ© en 1876. À travers le rĂ©cit de la carriĂšre politique d'EugĂšne Rougon (inspirĂ© de celle d'EugĂšne Rouher), Zola met en scĂšne divers personnages de l'entourage de NapolĂ©on III, dont l'ombre plane sur toute l'intrigue du roman. Zola y dĂ©construit le systĂšme politique du Second Empire.
  • Emile Ollivier, L’Empire libĂ©ral, Études, rĂ©cits, souvenirs, 18 tomes, Garnier, 1895-1916.
  • Comte Horace de Viel-Castel, MĂ©moires sur le rĂšgne de NapolĂ©on III, 1851-1864, coll. « Bouquins Â», Robert Laffont, 2005.
  • Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, publiĂ© en 1852, rĂ©visĂ© en 1869.

Études :

  • Alain Gouttman, La guerre de CrimĂ©e (1853-1856): Une croisade moderne, revue NapolĂ©on III no, 1, mars 2008
  • Éric Anceau, NapolĂ©on III, un Saint-Simon Ă  cheval, Tallandier, 2008.
  • Jean Garrigues, La France de 1848 Ă  1870, Cursus, Armand Colin, rĂ©Ă©d 2000.
  • Louis Girard, NapolĂ©on III, Paris, Fayard, 1986.
  • AndrĂ© Castelot, NapolĂ©on Trois, 2 tomes (* Des prisons au pouvoir ; ** ou l’Aube des temps modernes), Perrin, 1973-1974 – nouvelle Ă©dition, NapolĂ©on III, l’aube des Temps modernes, Perrin, 1999.
  • Alain Carteret, Actes et paroles de NapolĂ©on III, La Table Ronde, 2008 (ISBN 978-2710330363)
  • Adrien Dansette, Louis-NapolĂ©on Ă  la conquĂȘte du pouvoir, Hachette, 1961.
  • Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu. Analyse de la politique de NapolĂ©on III.
  • Thierry Lentz, NapolĂ©on III, coll. "Que sais-je ?", Presses Universitaires de France, 1995.
  • Pierre Milza, NapolĂ©on III, Paris, Perrin, 2004.
  • Alain Plessis, De la fĂȘte ImpĂ©riale au Mur des FĂ©dĂ©rĂ©s, Points-Seuil, coll. Nouvelle Histoire de la France Contemporaine.
  • Georges Roux, NapolĂ©on III, Paris, Flammarion, 1969.
  • Jean Sagnes, Les Racines du socialisme de Louis-NapolĂ©on Bonaparte, Éditions Privat, 2006.
  • Jean Sagnes, NapolĂ©on III, le parcours d'un saint-simonien, Éditions SinguliĂšres, 2008.
  • Philippe SĂ©guin, Louis NapolĂ©on le Grand, Grasset, 1990, rĂ©Ă©d., Librairie gĂ©nĂ©rale française ("Le Livre de Poche"), 1996 (l'auteur est historien de formation mais non de profession ; son livre a cependant, en son temps, marquĂ© le dĂ©but d'un intĂ©rĂȘt nouveau des historiens pour le sujet).
  • William H.C Smith, NapolĂ©on III, Hachette, 1982.
  • Tulard, Jean (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.
  • Tulard, Jean, Le Paris de l'Empereur (1853-1870): Les rĂ©alisations de Haussmann, revue NapolĂ©on III, no.2, juin 2008.
  • Theodore Zeldin, The Political System of Napoleon III, Macmillan & Co. Ltd / St Martin’s Press, 1958 (ouvrage pionnier, non traduit en français).
  • « Faut-il rĂ©habiliter NapolĂ©on III ? Â», Dossier de la revue L’Histoire, n° 211, juin 1997.
  • AndrĂ© Maurois, Miss Howard, La femme qui fit un empereur
  • Jean-Pierre Dufreigne, NapolĂ©on III, roman en deux tomes (* Un si charmant jeune homme... et **Un empereur qui rĂȘvait
), Plon, 2007.
  • Lucian Boia, NapolĂ©on III, le mal aimĂ©, Les Belles Lettres, 2008 (ISBN 978-2-251-44340-9)

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