MĂ©decine non-conventionnelle

ï»ż
MĂ©decine non-conventionnelle

MĂ©decine non conventionnelle

Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l'approche scientifique des faits. Elles reposent sur des traditions parfois sĂ©culaires ou sur des pratiques ayant Ă©mergĂ© au XIXe siĂšcle, mais en gĂ©nĂ©ral avant l’avĂšnement de la mĂ©decine fondĂ©e sur les faits (en anglais evidence-based medicine). Les mĂ©decines non conventionnelles sont pour cette raison considĂ©rĂ©es non scientifiques.

Selon les pays, leurs traditions et leurs lĂ©gislations, elles peuvent ĂȘtre courantes (Danemark, Allemagne, Suisse, Angleterre...), tolĂ©rĂ©es (comme en France et certains pays de tradition latine) ou bien ĂȘtre interdites. Elles sont souvent prĂ©ventives, et s’appuient sur la relation de confiance avec le patient, qui exprime une recherche personnelle et la quĂȘte d’un cadre de soin qui se situe hors des cadres de rĂ©fĂ©rence de la mĂ©decine moderne.

Certaines techniques sont utilisĂ©es par les mĂ©decins ou des auxiliaires mĂ©dicaux, d’autres par divers praticiens paramĂ©dicaux ("praticiens de santĂ©" en Allemagne et en Suisse, sous le contrĂŽle de l'Ă©tat), et d’autres encore par des pratiquants dont la qualitĂ© de la formation n'est pas soumise Ă  un diplĂŽme d'Ă©tat et peut difficilement ĂȘtre Ă©valuĂ©e, Ă©tant basĂ©es sur des hypothĂšses non validĂ©es experimentalement. Elles se dĂ©veloppent en complĂ©ment ou en alternative de la mĂ©decine classique.

Les médecines non conventionnelles ne sont pas reconnues par une grande partie des scientifiques, particuliÚrement par ceux appartenant au mouvement sceptique contemporain.

Sommaire

Complexités sémantiques de l'appellation

Le terme médecine non conventionnelle est le terme retenu par la Commission européenne pour qualifier les médecines alternatives, qui font l'objet d'une reconnaissance progressive en Europe depuis les années 1990.

On utilise aussi les termes de médecine douce, médecine complémentaire, médecine naturelle, médecine alternative, de médecine parallÚle ou parfois de médecine holistique (puisque certaines prétendent traiter l'humain dans sa globalité).

  • Parler de « mĂ©decine parallĂšle Â» semble signifier qu’il y aurait deux conceptions de la mĂ©decine impliquant deux systĂšmes de soins fonctionnant indĂ©pendamment l’un de l’autre, avec le mĂȘme degrĂ© d’efficience et de scientificitĂ© : les patients auraient donc le choix entre deux thĂ©rapeutiques qu’ils peuvent envisager comme alternatives et concurrentes ou comme complĂ©mentaires l’une de l’autre.
  • L’appellation « mĂ©decine douce Â» semble considĂ©rer agressives les pratiques de la mĂ©decine conventionnelle.
  • Par « mĂ©decine alternative Â», on envisage ces pratiques de soins comme substitutives, donc susceptibles de remplacer une dĂ©marche thĂ©rapeutique classique et conventionnelle.
  • Le terme « holistique Â» reproche Ă  la mĂ©decine conventionnelle de s'attacher Ă  traiter un organe ou une fonction prĂ©cise et non le malade dans sa lobalitĂ©. C'est sans doute le cas le cas pour les spĂ©cialitĂ©s mĂ©dicales mais pas systĂ©matiquement pour la mĂ©decine en gĂ©nĂ©ral.
  • Le terme de « mĂ©decine complĂ©mentaire Â» privilĂ©gie plutĂŽt l’idĂ©e d’associer des traitements impliquant peut-ĂȘtre des « philosophies thĂ©rapeutiques Â» diffĂ©rentes mais capables de coopĂ©rer dans l’intĂ©rĂȘt du malade [1],[2].

Une conception a priori

Selon certains, les médecines non conventionnelles partagent une conception a priori des mécanismes du corps humain et de la maladie. Par exemple,

  • l'homĂ©opathie est fondĂ©e sur des principes selon lesquels :
    • le mal provient d'un problĂšme inhĂ©rent Ă  la personne, le « terrain Â», et c'est ce terrain qu'il faut traiter ;
    • le traitement se fait selon le principe de similitude : on administre une substance rĂ©putĂ©e provoquer un symptĂŽme pour soigner ledit symptĂŽme ;
    • plus un produit est diluĂ© et « dynamisĂ© Â» (secouĂ© vigoureusement) plus il est actif ;
  • l'ostĂ©opathie part du principe que le trouble provient d'un blocage des structures anatomiques entre elles, d'un mauvais fonctionnement « mĂ©canique Â». Elle se base sur 4 principes : la structure gouverne la fonction, la fonction modĂšle la structure, l'unitĂ© du corps, et l'artĂšre est suprĂȘme.
  • 


La médecine conventionnelle est fondée sur les faits. Elle applique un traitement si son efficacité est prouvée (supériorité par rapport à la guérison naturelle et à l'effet placebo). La théorie utilisée pour expliquer l'efficacité est subordonnée à la vérification qu'il existe une efficacité thérapeutique. Ainsi, on a utilisé l'aspirine et la pénicilline sans connaßtre les mécanisme de l'action thérapeutiques de ces substances. L'explication de leur action changerait par de nouvelles découvertes, cela ne changerait rien à leur efficacité.

D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le fait qu'une thĂ©orie, une conception a priori, soit vraie ou fausse est indĂ©pendant du rĂ©sultat atteint ; on peut expliquer un fait rĂ©el par une thĂ©orie fausse, et le fait que la thĂ©orie soit fausse n'empĂȘche pas le fait d'ĂȘtre vrai. Par exemple, au Moyen Âge, on savait fabriquer du fer et du savon, pourtant, la thĂ©orie qui expliquait les transformations de la matiĂšre, l'alchimie, Ă©tait globalement fausse.

Donc :

  • si l'on prouve que la thĂ©orie sous-jacente Ă  une mĂ©decine donnĂ©e est fausse, cela n'implique pas que les traitements liĂ©s Ă  cette mĂ©decine soient inefficaces ;
  • le fait qu'un traitement soit efficace ne valide pas pour autant la thĂ©orie mĂ©dicale qui le justifie.
  • la preuve de l'efficacitĂ© doit se faire par comparaison avec la guĂ©rison naturelle et un placebo sur un nombre suffisant de cas pour que l'on puisse avoir une diffĂ©rence significative statistiquement.

Utilisation des médecines non conventionnelles par des médecins

Le serment d'Hippocrate rĂ©actualisĂ© indique que le mĂ©decin doit respecter « toutes les personnes [
] sans aucune discrimination selon leur Ă©tat ou leurs convictions». Ainsi, mĂȘme s'il n'est pas d'accord avec une mĂ©decine non-conventionnelle, un mĂ©decin peut trĂšs bien y avoir recours pour respecter les croyances du patient. L'utilisation d'une mĂ©decine non-conventionnelle par un mĂ©decin, Ă©ventuellement au sein d'un hĂŽpital, n'est donc pas une forme de validation de la mĂ©thode. D'un point de vue pragmatique, tant que la mĂ©thode apporte bien-ĂȘtre et rĂ©confort au patient, le mĂ©decin peut l'utiliser mĂȘme s'il est convaincu que l'effet n'est que placebo (la mĂ©decine conventionnelle utilise d'ailleurs frĂ©quemment des placebos). Dans le mĂȘme ordre d'idĂ©e, la prĂ©sence de lieux de priĂšre et d'aumĂŽneries au sein d'un hĂŽpital n'indique pas que le personnel soignant soit croyant, mais qu'il respecte la croyance des patients et accepte de mettre en Ɠuvre tout ce qui n'est pas nĂ©faste et apporte du rĂ©confort.

Rien n'empĂȘche un mĂ©decin de pratiquer une mĂ©decine non-conventionnelle. Leur pratique n'est pas rĂ©servĂ© au mĂ©decins. De nombreux professionnels paramĂ©dicaux les utilisent. Elles peuvent ĂȘtres proposĂ©s par des personnes qui ne sont ni mĂ©decins ne paramĂ©dicaux (infirmiers, kinĂ©sithĂ©rapeutes, etc;). Faces Ă  la diversitĂ©s de ces pratiques non conventionnelles avec des praticiens trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšnes des tentatives de rĂ©glementations et de contrĂŽles tentent de se mettre en place.


Une Ă©conomie publique ?

Les défenseurs des médecines non-conventionnelles arguent une amélioration du confort des utilisateurs, une diminution au recours des méthodes conventionnelles, et une diminution des dépenses de santé. Certains demandent à ce que les pratiques non-conventionnelles soient remboursées par l'assurance maladie pour réaliser une diminution des dépenses de santé

L'expĂ©rience de la Suisse entre 1999 et 2005 semble montrer au contraire que le remboursement de mĂ©decines non-conventionnelles ne gĂ©nĂšre pas d'Ă©conomie. Toutefois, le remboursement des mĂ©decines complĂ©mentaires n'a pas plus gĂ©nĂ©rĂ© de surcoĂ»t. Elles ne reprĂ©sentaient que 0,16 % des dĂ©penses de l'assurance obligatoire, mais de nombreuses dĂ©penses sont prises en charge par les patients ou de plus en plus par leurs assurances ou mutuelles complĂ©mentaires. En France les granules homĂ©opathiques on des prix trĂšs bas comparĂ©s aux mĂ©dicaments classiques. Par ailleurs les "mĂ©decines douces" prĂ©tendent avoir un impotant rĂŽle prĂ©ventif.

L'impact du remboursement des mĂ©decines parallĂšles reste tout de mĂȘme difficile Ă  Ă©valuer. vec de possible effets nuisibles ainsi des patients allant vers des thĂ©rapies dont l'efficacitĂ© n'a pas Ă©tĂ© prouvĂ©e, ne pourront pas bĂ©nĂ©ficier d'un diagnostic prĂ©coce par la mĂ©decine conventionnelle.

Aspect légal

Selon les pays, les mĂ©decines parallĂšles sont reconnues, interdites, tolĂ©rĂ©es et mĂȘme remboursĂ©es. Les principaux arguments de discussion sont :

  • Alors que de nombreux mĂ©decins s’intĂ©ressent Ă  titre personnel Ă  ces techniques ou mĂ©decines, on assiste Ă  un manque de procĂ©dures bien adaptĂ©es Ă  l’introduction et Ă  l’étude des apports des mĂ©decines parallĂšles notamment parce que les approches de santĂ© sont gĂ©rĂ©es au niveau politique et institutionnel et que l’argent va principalement aux laboratoires et aux chercheurs « classiques Â» — on peut objecter que chaque laboratoire pharmaceutique dit financer ses propres recherches et essais cliniques pour prouver l’efficacitĂ© du produit sans l’once d’un financement public, et qu’en France par exemple, la trĂšs grande majoritĂ© des crĂ©dits de la recherche n’est pas publique mais privĂ©e (laboratoires pharmaceutiques ou bien associations). Quand les techniques ne sont pas nĂ©fastes, on pourrait fixer un cadre clair Ă  ces pratiques tant qu’il n’y a pas d’ambiguĂŻtĂ© sur le caractĂšre non mĂ©dical de l’action (pas d’usurpation du titre de mĂ©decin). L’utilisation d’une thĂ©rapeutique nouvelle doit passer par des essais de validation souvent trĂšs encadrĂ©s (voir en particulier la notion de bioĂ©thique), donc de fait, de nombreux mĂ©decins ont Ă©tĂ© poursuivis en France pour avoir utilisĂ© des thĂ©rapeutiques nouvelles n’ayant pas Ă©tĂ© validĂ©es, le cas le plus cĂ©lĂšbre Ă©tant celui de Mirko Beljanski dont les produits[3] furent pris notamment par François Mitterrand. Le but du systĂšme actuel par la notion « d’exercice illĂ©gal de la mĂ©decine Â» semble ĂȘtre d’écarter toute personne qui s’aventurerait Ă  utiliser des traitements nouveaux sans qu’il en ait Ă©tĂ© prouvĂ© l’innocuitĂ© et l’efficacitĂ©. À l’heure actuelle, l’interrogation sur les fondements de nos mĂ©thodes de santĂ© a lieu surtout lors de remises en cause induites par des catastrophes, qui peuvent entraĂźner alors le retrait d’un mĂ©dicament ou d’un vaccin.
  • D’autre part, le mĂ©dicament est un marchĂ© extrĂȘmement vaste et convoitĂ© dont les acteurs pensent qu’il n’a rien Ă  gagner Ă  l’émergence de certaines approches et pratiques de santĂ© auprĂšs du public. On peut donc soupçonner les laboratoires pharmaceutiques de faire pression sur les gouvernements pour avoir une lĂ©gislation restrictive. À l’inverse, on peut citer le cas des laboratoires Boiron (France), Heel et DHU Schwabe (Allemagne), grands pourvoyeurs d’emplois en Europe, et qui ont obtenu du gouvernement français que les prĂ©parations homĂ©opathiques soient remboursĂ©es en 1984[4], puis de l’Union europĂ©enne que les mĂȘmes prĂ©parations puissent avoir une autorisation de mise sur le marchĂ© sans procĂ©der Ă  des essais cliniques[5].
  • L’effet placebo et le rĂ©confort qu’apportent, entre autres, ces mĂ©thodes (pour certaines ancestrales) ont un certain intĂ©rĂȘt, les mĂ©decins prescrivant eux-mĂȘmes des placebos. Les promoteurs de certaines mĂ©decines non-conventionnelles s’appuient sur cet effet placebo pour prouver que le psychisme est fondamental dans la guĂ©rison ; cependant, l’effet placebo peut agir alors mĂȘme que l’on sait qu’il s’agit d’un effet placebo[6]. L’amĂ©lioration de l’état de santĂ© de patients ayant recours Ă  ces mĂ©decines, mĂȘme si elle est indiscernable de la guĂ©rison naturelle, a conduit en son temps au remboursement de l’homĂ©opathie et Ă  l’acceptation de l’acuponcture et de la sophrologie dans certains hĂŽpitaux, plus rĂ©cemment Ă  l’acceptation en France de l’ostĂ©opathie.
  • Le recours aux mĂ©decines parallĂšles doit ĂȘtre judicieux : le traitement d’une maladie grave et avancĂ©e nĂ©cessitant une thĂ©rapie Ă  technologie peut ĂȘtre retardĂ© par le recours exclusif Ă  une mĂ©decine parallĂšle. Le retard des soins est illustrĂ© en France par le procĂšs d’un couple accusĂ© de mauvais traitement sur son enfant : celui-ci est dĂ©cĂ©dĂ© en 2000 de carence alimentaires alors que sa mĂšre, kinĂ©siologue, alimentait l’enfant au sein mais pratiquait en mĂȘme temps un rĂ©gime vĂ©gĂ©talien[7].

Cependant ces médecines parrallÚles répondent à une lacune de la médecine allopathique en termes d'amélioration de la qualité de vie du patient. En effet, la plupart d'entre elles ne prétendent pas se substituer à la médecine allopathique mais interviennent en prophylaxie entre un état de pleine santé et l'apparition de troubles dits organiques. Une fois ceux-ci constitués, ces médecines parrallÚles peuvent au mieux se poser en adjuvant thérapeutique pour potentialiser la prise en charge allopathique. Il convient de rappeler que ces médecines parrallÚles, à l'instar de la médecine allopathique, sont basées sur l'expérimentation et lui sont bien souvent nettement antérieure (médecine chinoise par exemple), en ce sens, aucune d'entre elles (allopathie comprise) ne peut revendiquer une exclusivité scientifique totalement démontrable et de ce fait restent toutes en perpétuelle évolution en fonction des progrÚs de la technique.

  • La mĂ©decine admise comme « rationnelle Â» et les mĂ©decines parallĂšles sont sans doute complĂ©mentaires et non opposĂ©es comme on voudrait le faire croire trop souvent. Il n’y a aucune raison de ne pas explorer toutes les pistes de la SantĂ© et de s’en tenir uniquement Ă  ce qu’on connaĂźt.

La Suisse a dĂ©cidĂ©, en juillet 1999, d’intĂ©grer Ă  l’essai cinq nouvelles mĂ©decines parallĂšles (aprĂšs le succĂšs de la chiropratique) dans le remboursement de l’assurance maladie obligatoire : l’homĂ©opathie, la thĂ©rapie neurale, la phytothĂ©rapie, la mĂ©decine anthroposophique et la mĂ©decine traditionnelle chinoise. AprĂšs Ă©valuation, ces mĂ©decines se sont avĂ©rĂ©es inefficaces et l’essai a Ă©tĂ© stoppĂ© en juin 2005[8],[9]. En outre, l’usage de ces mĂ©decines ne rĂ©duisait pas la consommation des autres mĂ©decines. Selon l’ATS — Le temps[10], « il n’a pas Ă©tĂ© suffisamment prouvĂ© que les cinq mĂ©thodes complĂ©mentaires satisfaisaient aux critĂšres d’économicitĂ©, mais surtout d’efficacitĂ© et d’adĂ©quation selon la loi sur l’assurance maladie (LAMal). Â»

MĂ©decine douce

On regroupe sous le terme « mĂ©decine douce Â» ou « mĂ©decine naturelle Â» les mĂ©decines qui respectent le fonctionnement naturel du corps, par l'emploi de techniques manuelles ou par l'administration de substances « naturelles Â», non synthĂ©tiques.

Les médecines douces et la médecine classique peuvent différer sur l'interprétation des troubles. Par exemple, les médecines douces considÚrent les concepts de détoxication/détoxination (les toxines en question ne sont pas toujours spécifiées), alors que ceux-ci n'ont pas de définition en médecine classique.

On associe souvent au champ des mĂ©decines douces : les complĂ©ments alimentaires, les prĂ©parations Ă  base de plantes, la massothĂ©rapie, la magnĂ©tothĂ©rapie, l'ayurveda.

Pertinence des appellations

Parmi les arguments utilisĂ©s par les adeptes des mĂ©decines douces pour en faire la promotion, on relĂšve frĂ©quemment :

  • le recours Ă  la Nature, la rĂ©fĂ©rence au naturel : le fait qu’une substance est naturelle serait un gage de qualitĂ©. En effet, c'est juste par rapport Ă  un produit chimique de synthĂšse mais on peut contester que la Nature soit uniquement douce : les catastrophes, les champignons vĂ©nĂ©neux et les toxines sont naturels. C'est ce manque de nuances Ă  propos des produits d'origine naturelle qui induit parfois de graves consĂ©quences. Il faut user de sa raison pour diffĂ©rencier mĂ©dicament naturel de toxine naturelle. Il en va de mĂȘme du cĂŽtĂ© des traitements chimiques « conventionnels Â». Le fait que de nombreux mĂ©dicaments sont des molĂ©cules extraites des plantes et modifiĂ©es chimiquement dĂ©montre que la « mĂ©decine naturelle Â» a ses limites car elle ne permet pas un traitement efficace des maladies, la substance active Ă©tant, soit diluĂ©e parmi les autres composĂ©s, parfois toxiques, de tout ou partie de la plante, soit voire pire Ă  des concentrations non thĂ©rapeutiques, c'est Ă  dire toxiques, pour entrainer un bĂ©nĂ©fice pour le patient.
  • la rĂ©fĂ©rence Ă  la tradition : il s'agit principalement des traditions asiatiques (chinoise, indienne) liĂ©es aux philosophies et aux cultures de ces pays et locales (française en France). Certains utilisent le terme « mĂ©decine occidentale Â» pour dĂ©signer la mĂ©decine conventionnelle, alors que celle-ci a diverses origines (notamment Ă©gyptiennes et arabes, voir Histoire de la mĂ©decine) et pas uniquement occidentale, et par ailleurs, les Japonais et les dignitaires chinois ont largement recours Ă  la « mĂ©decine occidentale Â».

Usage des médecines non conventionnelles en France

Il existe peu de statistiques sur l'usage de ces mĂ©decines par la population. Un sondage SOFRES en 1985, CSA en 1988; une enquĂȘte chez des personnes hospitalisĂ©es en 1993, une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par le CREDES en 1997 et les chiffres du rapport de l’OMS en 2002 sur la mĂ©decine traditionnelle sont les points de rĂ©fĂ©rence pour cette question[11]. Les rĂ©sultats sont fluctuants, l’OMS donne un taux de 75% et de 49% dans le mĂȘme rapport, mais il est gĂ©nĂ©ralement avancĂ© que la moitiĂ© de la population française a recours Ă  une mĂ©decine non conventionnelle et que les femmes sont les plus nombreuses Ă  les utiliser[11].

Liste non exhaustive de médecines non conventionnelles

Voir l'article :

Notes et références

  1. ↑ Institut national du cancer PortĂ©e et enseignement de l'offre et de la demande de soins en mĂ©decine non conventionnelle et mĂ©decine parallĂšle
  2. ↑ Stephen Barret MĂ©fiez-vous des traitements alternatifs
  3. ↑ Les produits Beljanski sont actuellement enregistrĂ©s comme complĂ©ment alimentaire auprĂšs de la Food and drug administration (FDA) aux États-Unis.
  4. ↑ ArrĂȘtĂ© ministĂ©riel du 12 septembre 1984 fixant la liste des spĂ©cialitĂ©s pharmaceutiques remboursables aux assurĂ©s sociaux, Journal officiel de la RĂ©publique française du 29 septembre 1984, p. 8 945
  5. ↑ directive 92/73/CEE du 22 septembre 1992
    « considĂ©rant que, compte tenu des caractĂ©ristiques particuliĂšres de ces mĂ©dicaments, telles leur trĂšs faible concentration en principes actifs et la difficultĂ© de leur appliquer la mĂ©thodologie statistique conventionnelle relative aux essais cliniques, il apparaĂźt souhaitable de prĂ©voir une procĂ©dure d’enregistrement simplifiĂ©e spĂ©ciale pour les mĂ©dicaments homĂ©opathiques traditionnels, mis sur le marchĂ© sans indication thĂ©rapeutique et sous une forme pharmaceutique et dans un dosage ne prĂ©sentant pas de risque pour le patient ; [
]
    que notamment les États membres possĂ©dant une tradition homĂ©opathique doivent pouvoir appliquer des rĂšgles particuliĂšres pour l’évaluation des rĂ©sultats des essais visant Ă  Ă©tablir la sĂ©curitĂ© et l’efficacitĂ© de ces mĂ©dicaments, Ă  condition de les notifier Ă  la Commission, [
]
    Article 4 [
] Toutefois, la preuve de l’effet thĂ©rapeutique mentionnĂ©e Ă  l’article 28 paragraphe 1 point b) de ladite directive n’est pas requise pour les mĂ©dicaments homĂ©opathiques Â»
  6. ↑ À titre d’exemple, les mĂ©decins savent que l’aspirine met plusieurs dizaines de minutes avant d’agir, mais Ă©prouvent comme tout le monde un rĂ©confort dĂšs les premiĂšres minutes aprĂšs son absorption.
  7. ↑ Des parents kinĂ©siologues en procĂšs, LibĂ©ration, 27 mai 2005
  8. ↑ L’homĂ©opathie n’est plus remboursĂ©e en Suisse, AFP, 3 juin 2005
  9. ↑ 5 prestations exclues du catalogue de l’assurance de base, revue de presse, comparez.ch, consultĂ©e le 11 janvier 2007
  10. ↑ Cinq mĂ©decines douces ne seront plus remboursĂ©es, Le Temps, 4 juin 2005
  11. ↑ a  et b  ThĂšse de mĂ©decine sur les mĂ©decines non conventionnelles

Bibliographie

  • Simon Singh, Edzard Ernst, Trick or Treatment? Alternative Medicine on Trial, Transworld Publisher 2008. ISBN 978-0-59-30612-99
  • Alternative santĂ© (Ex-L’impatient) Mensuel français d’information sur les mĂ©decines alternatives depuis 1977.
  • Jean-Marie Abgrall, Les Charlatans de la santĂ©, Ă©d. Documents Payot, Paris 1998
  • Norbert BensaĂŻd, Le Sommeil de la raison, Ă©d. Seuil, Paris 1988
  • (en)The Scientific Review of Alternative Medecine (Revue qui examine scientifiquement les prĂ©tentions des mĂ©decines non conventionnelles)
  • Thomas Sandoz, Histoires parallĂšles de la mĂ©decine, Le Seuil, 2005
  • P. Manoury, ABC des mĂ©decines douces, Granger, coll. "ABC".

Liens internes

Liens externes

Liens critiques

  • Portail de la mĂ©decine Portail de la mĂ©decine
Ce document provient de « M%C3%A9decine non conventionnelle ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Médecine non-conventionnelle de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Medecine non conventionnelle — MĂ©decine non conventionnelle Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine Non Conventionnelle — Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles reposent sur des traditions… 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine non conventionnelle — L’acupuncture est une branche de la mĂ©decine traditionnelle chinoise dont le diagnostic est fondĂ© sur une vision Ă©nergĂ©tique de l homme. Dans divers pays de l Union europĂ©enne, la lĂ©gislation accorde un statut lĂ©gal Ă  l acupuncture, ainsi qu Ă  d… 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine alternative — MĂ©decine non conventionnelle Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine complĂ©mentaire — MĂ©decine non conventionnelle Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine douce — MĂ©decine non conventionnelle Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine naturelle — MĂ©decine non conventionnelle Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine parallĂšle — MĂ©decine non conventionnelle Le terme de mĂ©decine non conventionnelle dĂ©signe en Occident une grande variĂ©tĂ© de mĂ©thodes de traitement qui ne sont pas fondĂ©es sur la mĂ©thode expĂ©rimentale, une des bases de l approche scientifique des faits. Elles 
   WikipĂ©dia en Français

  • MĂ©decine conventionnelle — MĂ©decine PĂ©diatre examinant un bĂ©bĂ© La mĂ©decine (provenant de l adjectif latin medicus, se traduisant par « qui guĂ©rit Â») est la science dont l objet est Ă  la fois l Ă©tude de l organisation du corps humain (anatomie), de son… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Medecine — MĂ©decine PĂ©diatre examinant un bĂ©bĂ© La mĂ©decine (provenant de l adjectif latin medicus, se traduisant par « qui guĂ©rit Â») est la science dont l objet est Ă  la fois l Ă©tude de l organisation du corps humain (anatomie), de son… 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.