Apostrophe (Typographie)

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Apostrophe (Typographie)

Apostrophe (typographie)

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Ponctuation

Accolades ( { } ) Â· ParenthĂšses ( ( ) ) 
Chevrons ( < > ) Â· Crochets ( [ ] ) 
Guillemets ( Â« Â» ou “ â€ ) 
Apostrophe ( ' ou ’ ) Â· Virgule ( , ) 
Barre oblique ( / ), inversĂ©e ( \ ) 
Espace (   ) Â· Point mĂ©dian ( Â· ) 
Espace insĂ©cable (   ) 
Point ( . ) Â· Points de suspension ( â€Š ) 
Point-virgule ( ; ) Â· Deux-points ( : ) 
Point d’exclamation ( ! ), d’interrogation ( ? ) 
Point exclarrogatif ( â€œ ), d’ironie ( Point d'ironie de Alcanter de Brahm.svg
Trait d’union ( - ) Â· Tiret ( â€“ )
Autres signes de ponctuation

Diacritique

Accent aigu ( ÂŽ ), double (  Ì‹  ) 
Accent grave ( ` ), double (  Ì  )
Accent circonflexe ( ^ ) Â· Hatchek ( Ë‡ ) 
Barre inscrite ( - ) Â· BrĂšve ( Ë˜ ) 
CĂ©dille ( Âž ) Â· Macron ( Ë‰ ) Â· Ogonek ( Ë› ) 
Corne (  Ì›  ) Â· Crochet en chef (  Ì‰ ) 
Point souscrit ( ÖŽ ), suscrit ( Ë™ ) 
Rond en chef ( Ëš ) Â· Tilde ( ~ ) 
TrĂ©ma ( Âš ) Â· Umlaut ( Ë )

Symbole typographique

Arrobase ( @ ) Â· Esperluette ( & ) 
AstĂ©risque ( * ) Â· AstĂ©risme ( â‚ ) 
Barre verticale ( | ou Š ) 
CƓur floral (❊❧ ) 
Croisillon ( # ) Â· NumĂ©ro ( â„– ) 
Copyright ( Â© )   Marque ( Âź )  
DegrĂ© ( Â° ) Â· Celsius ( â„ƒ ) 
Prime : minute, seconde et tierce ( â€Č â€ł â€Ž ) 
ObĂšle ( â€  et ‡ ) Â· Paragraphe ( Â§ ) 
Par consĂ©quent ( âˆŽ ) Â· Parce que ( âˆ” ) 
Pied de mouche ( Â¶ ) Â· Puce ( â€ą )  
Tiret bas ( _ ) 

Symboles typographiques japonais
Symbole mathématique

Plus et moins ( + âˆ’ ) Â· Plus ou moins ( Â± ) 
MultipliĂ© ( Ă— ) Â· DivisĂ© ( Ă· ) Â· Égal ( = â‰  ) 
Pour cent ( % ) Â· Pour mille ( â€° )
CarrĂ© ( ÂČ ) Â· Cube ( Âł ) Â· Micro ( Â” )

Symbole monétaire

Dollar ( $ ) Â· Euro ( â‚Ź )
Livre sterling ( ÂŁ ) Â· Yen ( Â„ )

L’apostrophe est un signe typographique de ponctuation, un diacritique, voire une lettre. Issue d’une ponctuation de l’alphabet grec qui indique l’élision, elle a Ă©tĂ© empruntĂ©e par d’autres Ă©critures, dont l’alphabet latin principalement.

Sommaire

ƒils de l’apostrophe

L’apostrophe a la forme d’une virgule placĂ©e en hauteur. « Une virgule libĂ©rĂ©e de la pesanteur qui la clouait sur la ligne de base Â», selon Jean-Pierre Lacroux[1]. En allemand, dans le langage courant ou populaire, elle est nommĂ©e Hochkomma, littĂ©ralement « virgule haute Â».

En raison des contraintes techniques des claviers de machines Ă  Ă©crire, puis de nos jours de ceux des ordinateurs, elle est trĂšs souvent tracĂ©e comme une barre verticale droite dans les documents Ă©lectroniques. Cette apostrophe est appelĂ©e apostrophe dactylographique ou droite. Selon les usages des typographes elle ne devrait pas ĂȘtre employĂ©e[2],[3] et par exemple pour Lacroux, typographiquement, elle n’existe pas[4].

L’apostrophe devrait donc nĂ©cessairement ĂȘtre courbe mais de nombreuses polices de caractĂšres la reprĂ©sentent par une barre inclinĂ©e et, dans les cas oĂč la barre est courbe, l’Ɠil est frĂ©quemment absent. Unicode distingue bien les diffĂ©rents Ɠils de l’apostrophe ainsi que ses diffĂ©rentes fonctions : signe typographique de ponctuation, signe diacritique ou lettre. Il recommande d’utiliser le guillemet-apostrophe « â€™ Â» comme apostrophe typographique[5],[6]. Patrick Andries, expert Unicode, fait la mĂȘme recommandation [7].

Signes proches de l’apostrophe

ReprĂ©sentation correcte des diffĂ©rents Ɠils de l’apostrophe et des signes proches

Il existe plusieurs signes qui, bien que proches de l’apostrophe, ne devraient pas ĂȘtre confondus avec elle.

Il est frĂ©quent qu’on emploie, dans une composition typographique moins appliquĂ©e, l’apostrophe au lieu d’un demi-anneau Ă  droite dans la transcription des langues sĂ©mitiques. L’utilisation d’une apostrophe « droite Â» est Ă  dĂ©conseiller car il existe pour la transcription de ces langues deux consonnes qu’on note par les demi-anneaux, l’un tournĂ© Ă  droite, l’autre Ă  gauche : l’apostrophe droite ne permet plus de diffĂ©rencier les deux. Ainsi, ŰŽÙŽÙŠÙ’ŰĄ [ʃajʔ], « chose Â» (arabe), peut ĂȘtre transcrit ĆĄayÊŸ (anneau Ă  droite) ou, moins conseillĂ©, ĆĄay’ (apostrophe) mais, de prĂ©fĂ©rence, pas ĆĄay' (apostrophe droite), qui ne permet pas de savoir si l’on a affaire Ă  la consonne [ʔ], notĂ©e par ÊŸ (parfois remplacĂ©e par ’ ) ou Ă  Êż (anneau Ă  gauche, parfois remplacĂ© par ‘, une apostrophe culbutĂ©e), notant [ʕ] (selon l’analyse traditionnelle ; on peut voir dans l’article phonologie de l’arabe que le cas est plus complexe).

À l’inverse, l’‘okina hawaĂŻenne, une apostrophe culbutĂ©e, note bien un coup de glotte.

Enfin, on utilise pour l’alphabet phonĂ©tique international une ligne verticale courte en hauteur proche de l’apostrophe droite prĂ©cĂ©dant la syllabe portant un accent tonique (il existe aussi une ligne verticale basse, mais qu’on ne peut confondre avec une apostrophe).

L’apostrophe est Ă©galement un signe typographique venu initialement de l’alphabet grec, qui a donnĂ© naissance Ă  un diacritique de cet alphabet, la corĂŽnis, de forme similaire, et qu’il ne faut pas confondre avec les esprits (doux et rude), semblables, respectivement, Ă  une apostrophe et une apostrophe culbutĂ©e mais d’origine diffĂ©rente.

En français

L’apostrophe

En français, l’apostrophe sert de signe typographique marquant l’élision des voyelles finales a et e de certains mots, et i pour ce qui est de la conjonction si suivie du pronom il. L’élision se fait lorsque ces mots sont suivis d'un mot commençant par une voyelle ou un h muet. Ainsi on a : la + apostrophe → l’apostrophe, le + oiseau → l'oiseau, si + il → s'il, que + elle/il → qu'elle/qu'il, presque + Ăźle → presqu’üle, le + homme → l'homme, le + hĂŽtel → l'hĂŽtel, le + hĂŽpital → l'hĂŽpital.

En ce qui concerne les mots commençant par un h, il est nĂ©cessaire de savoir s'il est muet ou aspirĂ©. Avec les mots commençant par un h aspirĂ©, l'Ă©lision ne se fait pas et par consĂ©quent on n'utilise pas d'apostrophe. Ainsi on a : la haie, le haricot, la hĂąte, le hibou, la housse, la hutte, etc.

L’apostrophe n’est qu’une marque de confort, tant à l’oral qu'à la lecture. Cet usage, trùs courant en français, s'applique seulement à certains mots, le plus souvent monosyllabiques.

Mots dont la voyelle finale peut ĂȘtre Ă©lidĂ©e

  • Les mots monosyllabiques : le, la, de, je,me, te, se, ce, ne, que, de mĂȘme que la conjonction si, uniquement lorsque celle-ci est suivie du pronom sujet il.
  • Autres mots et locutions : jusque, lorsque, puisque, quelque, quoique, parce que, quoi que, tel(le) que.

L’élision du e muet final n’est pas soulignĂ©e par l’apostrophe dans les autres cas. On Ă©crit en effet la cuisine est vaste et lumineuse.

Quelques mots ne pouvant ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©s d’une apostrophe

L’élision ne peut se faire devant :

  • huit, huitiĂšme, onze, onziĂšme, un. Ainsi, on a :

« Un total de huit livres - Un paquet de onze kilos - Une bouteille de un litre – Le huitiĂšme rang – Le onziĂšme jour Â».

N.B. Concernant un, ne pas confondre le chiffre et l’article indĂ©fini. L’article indĂ©fini un peut ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ© d’une apostrophe. « Elle le regardait d’un air inquiet Â».

  • oui – « Des millions de oui Â»
  • Devant les mots commençant par un y suivi d’une autre voyelle avec laquelle il forme le son ['j], comme dans yaourt, yacht, yoyo.

« Le yaourt - Un port rempli de yachts - Une boĂźte pleine de yoyos Â»


Les voyelles a et e, de mĂȘme que i pour ce qui est de la conjonction si suivie du pronom sujet il, Ă©tant les seules Ă  pouvoir ĂȘtre Ă©lidĂ©es, il est Ă  noter que :

  • Le i de qui n’est jamais Ă©lidĂ©. Il ne faut pas confondre que et qui notamment lorsqu’il s’agit d’utiliser une apostrophe. Comparez : « La photo qui illustre cette page Â» et « La page qu’illustre cette photo Â».
  • De mĂȘme, le u de du n’est jamais Ă©lidĂ©. L’article du - contraction de de le - ne peut ĂȘtre ni Ă©lidĂ©, ni suivi d'un mot commençant par une voyelle ou un h muet. Avec un mot commençant par une voyelle ou un h muet, on doit utiliser de l' comme dans l'exemple suivant : « l’équipage de l’avion Â» et non « d’avion Â». Comparez avec : « l’équipage du navire Â».

Dans certains cas, l’emploi de l’apostrophe est erronĂ© bien qu’entrĂ© dans l’usage au dĂ©but du XXe siĂšcle par hypercorrection. Il n’y a aucune Ă©lision dans prud’homme (prud, anciennement prod, c’est-Ă -dire preux, + homme) ou grand’rue (grand, forme de fĂ©minin en ancien français Ă©crite normalement grant, + rue). Aujourd’hui, dans ce cas, on Ă©crirait plutĂŽt prudhomme, grand rue ou grand-rue. En revanche, si grand’mĂšre, a Ă©tĂ© employĂ© jusqu’au dĂ©but du XXe siĂšcle, on n’est jamais allĂ© jusqu’à Ă©crire mĂšre grand’ ou Rochefort’.

Enfin, l’emploi de l’apostrophe est non seulement autorisĂ© mais obligatoire : « je te ai dit que il Â» est une faute. On doit dire et Ă©crire : « je t'ai dit qu'il Â».

Exemples supplémentaires

  • la + avalanche → l’avalanche – « L’avalanche a fait cinq morts Â»
  • le + arbre → l’arbre – « Le petit garçon Ă©tait cachĂ© derriĂšre l’arbre Â»
  • le + habit → l’habit – « L’habit qu’il portait Ă©tait magnifique Â»
  • je + habite → j'habite – J’habite rue Lepic Â»
  • me + envoyer → m’envoyer – « Peux-tu m’envoyer un courriel. Â».
  • que + avec → qu’avec – « Il ne voit bien qu’avec des lunettes. Â».
  • jusque+ oĂč → jusqu’oĂč – « Jusqu’oĂč va-t-elle ? Â»

Autres usages

Si les usages autres que l’élision sont considĂ©rĂ©s comme fautifs, on observe cependant de façon anecdotique d’autres usages.

  • Il subsiste de façon archaĂŻque, avec la fonction d’un trait d’union, dans des terme comme grand’mĂšre ou grand’chose en l’absence d’élision. Selon Le bon usage de Maurice Grevisse, l’apostrophe peut aussi ĂȘtre utilisĂ©e comme guillemet, en poĂ©sie[8].
  • On la trouvait dans la typographie française XVIIe - fin XVIIIe siĂšcle fin pour remplacer un accent grave en la plaçant aprĂšs un E majuscule : E' est Ă©quivalent Ă  È .

En anglais

L’apostrophe est communĂ©ment utilisĂ©e pour indiquer les lettres omises en raison d’un amuĂŻssement :

  • dans des abrĂ©viations, comme gov’t pour government (« gouvernement Â»)  ;
  • dans des contractions telles que can’t pour cannot (« ne pas pouvoir Â») et it’s pour it is (« c’est Â») ou it has (« cela a Â»).

L’utilisation la plus courante de l’apostrophe, cependant, est liĂ©e au gĂ©nitif anglais, qui se marque normalement par une dĂ©sinence -s ajoutĂ©e au mot voulu. Ce suffixe est sĂ©parĂ© du mot par l’apostrophe, qui joue donc un rĂŽle de dĂ©marcation morphĂ©matique (comme dans d’autres langues) : Oliver’s army → « de Olivier + [l’]armĂ©e Â» = « l’armĂ©e d’Olivier Â», Elizabeth’s crown → « de Élisabeth + couronne Â» = « la couronne d’Élisabeth Â».

Enfin, l’apostrophe est utilisĂ©e par certains Ă©crivains dans une fonction similaire de sĂ©paration des morphĂšmes pour des pluriel d’abrĂ©viations ou de symboles dans lesquels n’ajouter que la dĂ©sinence -s (homophone du -s de gĂ©nitif) serait ambigu, comme dans mind your p’s and q’s plutĂŽt que mind your ps and qs (« surveillez vos p et q Â», c’est-Ă -dire « comportez-vous correctement Â», expression idiomatique intraduisible telle quelle). Ce procĂ©dĂ© n’est pas nĂ©cessaire quand il n’y a pas d’ambiguĂŻtĂ© : CDs, videos et 1960s suffisent, CD’s, video’s et 1960’s n’ayant pas de justification liĂ©e Ă  la lisibilitĂ©. De mĂȘme, l’emploi systĂ©matique actuel de l’apostrophe pour des mots n’ayant normalement pas de pluriel (verbes, adverbes
) est souvent erronĂ© : le titre du film Dating Do’s and Don’ts devrait ĂȘtre Ă©crit Dating Dos and Don’ts.

Difficultés

Le bon placement d’une apostrophe, en anglais, peut significativement changer le sens d’un Ă©noncĂ©. On prendra particuliĂšrement garde aux cas suivants.

Homophonies

L’apostrophe de it’s (« c’est Â» ou « cela a Â») marque une contraction de it is ou bien it has. Le possessif (adjectif ou pronom) its (« son, sa Â», « le sien, la sienne Â», quand le possesseur est neutre) n’a pas d’apostrophe. On peut se souvenir qu’il n’y a pas d’apostrophe dans les pronoms possessifs his (masculin), hers (fĂ©minin) et its.

Who’s signifie « qui est Â» ou « qui a Â». On ne le confondra pas avec le possessif de who, whose « dont Â» / « Ă  qui Â» : the person whose responsibility it is is the member who’s oldest (littĂ©ralement « la personne dont c’est la responsabilitĂ© est le membre qui est le plus ĂągĂ© Â»).

You’re signifie « vous [tu] ĂȘtes [es] Â», qu’on ne confondra pas avec le possessif your (« votre [ton/ta] Â»). « Your nuts Â» signifie « tes noix Â» alors que « you’re nuts Â» se traduit par « t’es noix Â», idiotisme familier pour « tu es fou Â».

Disparition du -s de génitif aprÚs un autre -s

Quand un nom est mis au pluriel en -s, le gĂ©nitif ne prend pas de -s supplĂ©mentaire mais l’apostrophe est conservĂ©e : lady’s hat, « le chapeau de dame Â» (singulier) mais ladies’ hats, « le(s) chapeau(x) des dames Â» (pluriel). Les pluriels irrĂ©guliers sans -s sont construits normalement au gĂ©nitif : child’s hat, « le chapeau de l’enfant Â», children’s hats, « le(s) chapeau(x) des enfants Â».

Un nom terminĂ© au singulier par un -s peut ne pas recevoir un -s supplĂ©mentaire au gĂ©nitif. Encore une fois, l’apostrophe est conservĂ©e : Jesus’ parables (« les paraboles de JĂ©sus Â»). Cet usage est le plus courant aux États-Unis d’AmĂ©rique, surtout avec les noms anciens : Eros’ statue (« la statue d’Éros Â»), Herodotus’ book (« le livre d’HĂ©rodote Â»). Des noms modernes se terminant par -es (prononcĂ© avec /z/ et non /s/) suivent parfois cette rĂšgle : Charles’ car (« la voiture de Charles Â») alors que la norme enseigne qu’il faudrait Ă©crire Charles’s car. Par extension, on fait aussi de mĂȘme avec des mots terminĂ©s par -x ou -z. (À l’oral, on prononce le ’s, par exemple « Jesus’ Â» se prononce souvent /dʒi:zəsəs/.)

Il existe des irrĂ©gularitĂ©s, qu’on rencontre surtout dans les toponymes : si on trouve Ă  Londres un St James’s Park (James est un singulier terminĂ© par -s), il y a Ă  Édimbourg une Princes Street, qu’il faudrait Ă©crire avec une apostrophe puisque Princes est au pluriel ;

Astuce

Pour vĂ©rifier qu’une apostrophe est bien placĂ©e, il convient de changer l’ordre des mots de la phrase pour que la partie avant l’apostrophe soit le dernier mot de l’énoncĂ© :

Greengrocers’ apostrophes (apostrophes de l’épicier)

Des apostrophes mal placĂ©es, en particulier avec un « s Â» de pluriel, sont nommĂ©es Greengrocers’ apostrophes (ou, ironiquement, Greengrocers apostrophe’s), « apostrophes de l’épicier Â» (littĂ©ralement, du « vendeur de fruits et lĂ©gumes Â»), en raison des occurrences erronĂ©es censĂ©es ĂȘtre frĂ©quentes sur les panonceaux Ă©crits Ă  la main qu’on peut trouver dans leur magasin, indiquant des potatoe’s (« pommes de terres Â») ou des cabbage’s (« choux Â»).

Dans d’autres langues et systùmes orthographiques

AmuĂŻssements autres que l’élision

L’amuĂŻssement de certains phonĂšmes (apocope et aphĂ©rĂšse) se marque avec l’apostrophe en gaĂ©lique (oĂč il existe des amuĂŻssements obligatoires et facultatifs, comme en anglais). Par exemple, en gaĂ©lique Ă©cossais : is toil leam a bhith ag dannsadh → ’s [facultatif] toil leam a bhith a’ [obligatoire] dannsadh « j’aime danser Â»).

SĂ©paration des morphĂšmes

L’apostrophe peut servir Ă  sĂ©parer des morphĂšmes, surtout dans des mots sentis comme Ă©trangers ou spĂ©cifiques. Ainsi, en nĂ©erlandais, elle peut ĂȘtre utilisĂ©e dans certains pluriels Ă©trangers pour sĂ©parer le radical de la terminaison de pluriel irrĂ©guliĂšre : foto’s, taxi’s. Le procĂ©dĂ© se retrouve en turc : elle sert surtout dans les noms propres et joue lĂ  aussi un rĂŽle sĂ©parateur (entre le radical et les suffixes). On trouvera donc souvent Ă©crit Ä°zmir’de, « Ă  Izmir Â» au lieu de Ä°zmirde. On a aussi vu que l’anglais fait parfois de mĂȘme, dans des cas plus rares, cependant.

SĂ©paration des syllabes dans la transcription

Dans certaines transcriptions, dont le pÄ«nyÄ«n (romanisation du mandarin) et plusieurs transcriptions du japonais (nippon-shiki, Hepburn, par exemple), l’apostrophe permet de lever des ambiguĂŻtĂ©s en sĂ©parant des syllabes qu’on pourrait sinon lire de plusieurs maniĂšres dans des mots polyssyllabiques.

Par exemple, en pÄ«nyÄ«n changan est une graphie ambiguĂ« : faut-il lire chang an ou chan gan ? L’ambiguĂŻtĂ© dispararaĂźt une fois que l’on Ă©crit chang’an, l’apostrophe indiquant la sĂ©paration virtuelle entre les deux syllabes chang et an. Dans les faits, changan doit se lire chan gan et c’est chang an qu’on distingue par l’apostrophe (on n’écrit pas chan’gan).

Pour le japonais, c’est avec la nasale moraĂŻque qu’on peut trouver des ambiguĂŻtĂ©s : dans cette langue, en effet, il existe une consonne comptant pour une more et ne pouvant se trouver qu’en fin de syllabe et s’opposant Ă  une consonne nasale simple n’existant qu’en dĂ©but de syllabe. Dans un mot polyssyllabique, la coupure entre les syllabes n’est pas toujours Ă©vidente dans la transcription : ainsi kan’i (avec trois mores : ka+n+i) peut ĂȘtre diffĂ©renciĂ© de kani (en deux mores : ka+ni) dĂšs que l’on utilise l’apostrophe. Ce dĂ©tail prend toute son importance quand on sait que l’orthographe en kanas change radicalement. Par exemple, kan’i s’écrit かんい tandis que kani s’écrit かに (hiragana).

Marque de palatalisation

Il est frĂ©quent que l’apostrophe serve, soit dans une orthographe latine, soit dans les transcriptions et translittĂ©rations, Ă  noter la prĂ©sence d’une palatalisation. Elle joue lĂ  un rĂŽle diacritique adscrit (l’apostrophe ne se place normalement pas sur ou sous une lettre ; c’est dans ce cas un autre type de diacritique, comme une virgule sous- ou suscrite).

Le cas du slovaque et du tchĂšque est notable : alors que dans ces langues la palatalisation est normalement indiquĂ©e par le háček, il est d’usage, pour les textes imprimĂ©s, de le remplacer par une apostrophe aprĂšs les consonnes Ă  hampe, soient t, d, l et la capitale L. Cet usage permet d’amĂ©liorer la lisibilitĂ© mais n’est pas obligatoire avec toutes les lettres ; ainsi, on trouve les couples suivants :

  • Ć€ ~ Ć„ [c] ;
  • Ď ~ ď [ɟ] ;
  • Äœ ~ ÄŸ (seulement en slovaque) [ʎ].

Notes :

  • Selon la police de caractĂšres que vous utilisez pour afficher cette page, il est possible que le háček soit utilisĂ© Ă  la place de l’apostrophe, surtout pour L ~ l ;
  • Pour Unicode, ces caractĂšres sont dits « avec háček Â», quel que soit l’Ɠil du glyphe. L’apostrophe, le cas Ă©chĂ©ant, n’est pas un caractĂšre supplĂ©mentaire mais fait bien partie de la lettre. Il serait maladroit d’écrire dostÊŒ (ou, pire, dost') au lieu de dosĆ„. Cette erreur est encore plus visible avec le Äœ slovaque : Äœ n’est pas identique Ă  LÊŒ ou L' (pour peu que votre navigateur affiche bien un L avec apostrophe adscrite). Le Äœ ne doit pas non plus ĂȘtre confondu avec le Äč, l long, qui existe Ă©galement dans cette langue.

L’apostrophe est aussi utilisĂ©e pour marquer la palatalisation dans certaines transcriptions de mots russes. Dans l’alphabet cyrillique, c’est souvent un « signe mou Â» qui joue ce rĂŽle. Ainsi, on pourra transcrire ĐŸĐ±ŃŠŃÌŃ‚ŃŒ par obӖt’ « embrasser Â», oĂč t’ transcrit le т palatalisĂ© (indiquĂ© par ь). Le signe dur (indiquant l’absence de palatalisation) est rendu par un guillement fermant courbe. En biĂ©lorusse et en ukrainien, l’apostrophe est utilisĂ©e dans l’orthographe cyrillique entre une consonne et une voyelle molle pour indiquer la prĂ©sence d’un phonĂšme /j/ intercalaire au lieu du signe mou du russe.

Coup de glotte

Dans diverses orthographes et transcriptions ou translittĂ©rations, l’apostrophe indique un coup de glotte ([ʔ]) : cheyenne ma’eno [maʔÉȘnoÌ„], « tortue Â» (orthographe) ou amharique ሔቄአ sĂ€bÊŸĂ€ [sɜbʔɜ], « peuple Â» (transcription). L’apostrophe est dans ce cas une lettre Ă  part entiĂšre. Il est notable qu’elle est aussi utilisĂ©e Ă  cet effet en turc, langue dans laquelle le coup de glotte n’est cependant pas pertinent (et rarement prononcĂ©) : tel’in [telʔin], « dĂ©nonciation Â». Le turc utilise donc ce signe de deux maniĂšres diffĂ©rentes (sĂ©paration des morphĂšmes et coup de glotte).

L’utilisation de l’apostrophe pour marquer le coup de glotte est aussi trĂšs rĂ©pandue dans la transcription des langues sĂ©mitiques. Le caractĂšre attendu dans une bonne composition typographique pour ces derniĂšres langues, cependant, est un demi-anneau Ă  droite, ÊŸ (voir plus haut). À l’inverse des conventions sĂ©mitiques, c’est une apostrophe culbutĂ©e, dite ‘okina, qui note le coup de glotte en hawaĂŻen.

Glottalisation

En alphabet phonĂ©tique international ainsi que dans l’orthographe latine de certaines langues d’Afrique, l’apostrophe typographique placĂ©e aprĂšs une consonne sourde indique qu’il s’agit d’une Ă©jective. Dans certaines langues d’Afrique (mais pas en API dans les cas les plus courants, oĂč l’on utilise des lettres Ă  crosse : /ɓ, ɗ/), elle peut aussi prĂ©cĂ©der une consonne sonore pour en indiquer le caractĂšre injectif ; inversement, la graphie consonne sourde + apostrophe est assez rare dans les orthographes africaines, des graphies avec un caractĂšre Ă  crosse Ă©tant prĂ©fĂ©rĂ©es (ƙ, Æ­). Il faut donc lĂ  considĂ©rer l’apostrophe comme une consonne (notant en derniĂšre analyse un coup de glotte) faisant partie d’un digramme.

Ainsi, en API [pÊŒ] note une Ă©jective bilabiale et on trouve dans les orthographes de quelques langues d’Afrique les combinaisons suivantes (le nom du pays indiquĂ© entre parenthĂšses n’est pas tant celui oĂč la langue est parlĂ©e ─ certaines Ă©tant Ă©tendues sur plusieurs nations ─ que celle oĂč l’orthographe indiquĂ©e est suivie) :

Remarque : le symbole de glottalisation simple, [ˀ], n’est pas non plus une apostrophe.

Dans certains cas, l’apostrophe ne joue qu’un rĂŽle diacritique sans lien avec une Ă©ventuelle glottalisation : ng’ en souahĂ©li (Kenya) note /Ƌ/ tandis que ng note Ƌg. Seul ng’ est un digramme, ng Ă©tant une suite de consonnes.

On remarque que, dans ces deux derniers emplois, coup de glotte et glottalisation, l’utilisation de l’apostrophe est graphiquement liĂ© (une consonne Ă©jective pouvant ĂȘtre vue comme une consonne suivie d’un coup de glotte ou prĂ©cĂ©dĂ©e d’un coup de glotte quand c’est une injective). Les graphies sont, dans les orthographes africaines, parfois plus analytiques qu’en API (k’ = k + ’ = /k/ + /ʔ/ = /k’/ et inversement ’b = ’ + b = /ʔ/ + /b/ = /ɓ/).

Aspiration

Dans la transcription traditionnelle de l’armĂ©nien, c’est le demi-anneau gauche qui note l’aspiration d’une consonne, souvent remplacĂ© pour des raisons de commoditĂ© typographique par une apostrophe culbutĂ©e courbe, symbole qui s’utilise exclusivement pour la mĂȘme fonction dans la transcription des langues chinoises. Ainsi, les digrammes kÊż ou k‘ se liront [kÊ°].

Tonalité

Texte en niaboua avec le ton haut indiquĂ© Ă  l’aide de l’apostrophe.

Dans la transcription de certaines langues tonales africaines (comme l’angas, le bĂ©tĂ©, le dan, le godiĂ©, le grebo, le karaboro, le kroumen tĂ©po, le muan, le niaboua, le wan, le wobĂ©, ou le yaourĂ©), l’apostrophe est utilisĂ©e comme diacritique pour indiquer un ton spĂ©cifique. Le caractĂšre unicode ÊŒ (U+02BC lettre modificative apostrophe) est prĂ©fĂ©rĂ© aux autres apostrophes ' (U+0027) ou ’ (U+2019).

En grebo, niaboua, wobé et yaouré, la double apostrophe ˟ (U+02EE lettre modificative double apostrophe) est utilisée pour indiquer le ton haut et le différencier du ton mi-haut, indiqué avec la simple apostrophe.

En mathématique et physique

L’apostrophe droite est souvent utilisĂ©e pour reprĂ©senter le signe mathĂ©matique prime, le symbole des mesures en pieds (en concurrence avec ft) et des minutes d’arc : A' (ou Aâ€Č idĂ©alement) se lit donc « A prime Â» et 12' (ou 12â€Č idĂ©alement) vaut « 12 pieds Â» ou « 12 minutes d’arc Â». Il convient cependant de ne pas l’utiliser pour les minutes temporelles (dont l’abrĂ©viation est min). Unicode prĂ©voit cependant un caractĂšre distinct (voir plus bas dans le tableau : #Codage du caractĂšre apostrophe).

Certains logiciels de calcul scientifiques savent interprĂ©ter l’apostrophe droite comme un prime. Ainsi Mathematica (mais pas Maple) lit f' comme la dĂ©rivĂ©e de la fonction f (cela ne fonctionne que si f est une fonction d’une seule variable).

En informatique

Codage du caractĂšre apostrophe

nom glyphe Unicode codePage 1252 MacRoman entité HTML
simple guillemet ou apostrophe (ASCII) Oo'Oo U+0027 = 39 0x27 = 39 0x27 = 39  
simple guillemet droit ou apostrophe Oo’Oo U+2019 = 8217 0x92 = 146 0xD5 = 213 &rsquo;
lettre modificative apostrophe OoÊŒOo U+02BC = 700      
lettre modificative virgule culbutĂ©e OoÊ»Oo U+02BB = 699      
lettre modificative virgule rĂ©flĂ©chie OoÊœOo U+02BD = 701      
lettre modificative demi-anneau Ă  droite OoÊŸOo U+02BE = 702      
lettre modificative demi-anneau Ă  gauche OoÊżOo U+02BF = 703      
lettre modificative ligne verticale OoˈOo U+02C8 = 712      
diacritique virgule en chef Ooo̓Oo U+0313 = 787      
diacritique virgule en chef Ă  droite Ooo̕Oo U+0315 = 789      
apostrophe armĂ©nienne Oo՚Oo U+055A = 1370      
guillemet-apostrophe culbutĂ© Oo‘Oo U+2018 = 8216 0x91 = 145 0xD4 = 212 &lsquo;
guillemet-virgule infĂ©rieur Oo‚Oo U+201A = 8220 0x82 = 130 0xE2 = 226 &sbquo;
guillemet-virgule supĂ©rieur culbutĂ© Oo‛Oo U+201B = 8221      
virgule Oo, Oo U+002C = 44 0x2C = 44 0x2C = 44  
accent grave (avec chasse) Oo`Oo U+0060 = 96 0x60 = 96 0x60 = 96  
accent aigu (avec chasse) OoÂŽOo U+00B4 = 180 0xB4 = 180 0xAB = 171 &acute;
prime Ooâ€ČOo U+2032 = 8242     &prime;
prime rĂ©fĂ©chi Oo—Oo U+2035 = 8245      
Note : Les codes Unicode sont identiques aux codes ASCII jusqu’à 127, et identiques aux codes ISO 8859-1 jusqu'Ă  255.

Unicode recommande l’utilisation du guillemet-apostrophe (U+2019) pour reprĂ©senter l’apostrophe[5],[6].

Usage en langage informatique

Les guillemets simples sont utilisés dans de nombreux langages informatiques pour délimiter les chaßnes de caractÚres.

Dans certains langages, les guillemets simples et doubles sont Ă©quivalents. Ainsi on peut entourer sans ambiguĂŻtĂ© de guillemets doubles une chaĂźne contenant des guillemets simples, et inversement, sans devoir utiliser un caractĂšre d'Ă©chappement. C'est par exemple le cas des langages respectant la syntaxe XML, comme XHTML :

<img src='cui cui.jpeg' alt="l'oiseau"/>

Certains langages font la distinction entre un simple caractĂšre et une chaĂźne de caractĂšres. Dans ce cas, les simples caractĂšres sont entourĂ©s de guillemets simples et les chaĂźnes de guillemets doubles. Exemple en langage C qui affiche « ABCD Â» :

putchar('A');
puts("BCD");

Des langages de script utilisent les guillemets simples pour entourer les chaĂźnes, les guillemets doubles pour entourer les chaĂźnes qui subissent une interpolation des variables, et l’accent grave pour entourer les chaĂźnes qui sont remplacĂ©es par la sortie de la commande informatique qu’elles contiennent. Par exemple, le script shell Unix suivant :

A=`date`  # A vaut le résultat de la commande date
echo 'la date : $A'
echo "la date : $A"

affiche :

la date : $A
la date : ven déc 31 19:39:43 CET 2004

Les guillemets simples sont utilisĂ©es pour marquer l’emphase typographique dans la syntaxe wiki du logiciel MediaWiki. Ainsi, entourer un mot de deux apostrophes le met en italique, de trois le fait reprĂ©senter en gras : ''italique'' → italique, '''gras''' → gras.

Usages de guillemets dans les langages informatiques
Types de guillemets Langages
guillemets simple et double Ă©quivalents SGML, XML, JavaScript
guillemet simple pour les caractĂšres, double pour les chaĂźnes C, C++, OCaml
guillemet simple pour les chaĂźnes, double pour interpoler les variables PHP
guillemet simple pour les chaĂźnes, double pour interpoler les variables, accent grave pour les commandes Shell Unix, Perl

Notes et références

  1. ↑ (fr) Orthotypographie, par Jean-Pierre Lacroux
  2. ↑ (fr) [pdf] Les claviers disposent de l’apostrophe dactylographique ( ' ), mais il est prĂ©fĂ©rable d’utiliser l’apostrophe typographique ( ’ ), Chronique de la sociĂ©tĂ© royale Le Vieux-LiĂšge, Fabrice Muller, 2005.
  3. ↑ (fr) Jacques AndrĂ©, « Funeste destinĂ©e : L’apostrophe dĂ©tournĂ©e Â», dans GraphĂȘ, no 39, mars 2008, p. 2–11 (ISSN 1168-3104) [texte intĂ©gral] .
  4. ↑ (fr) Orthotypographie par Jean-Pierre Lacroux, chap. 4. Forme :
    «  Le petit trait vertical « ' Â», qu’on appelle parfois « apostrophe dactylographique Â», n’est pas une apostrophe. Ce n’est mĂȘme pas le symbole de la minute d’angle, qui s’écrit ainsi : « â€Č Â». Ce n’est typographiquement rien. Â»
  5. ↑ a  et b  (fr) [pdf] Unicode Intervalle : 0000—007F
  6. ↑ a  et b  (fr) [pdf] Intervalle : 2000—206F.
  7. ↑ (fr) Unicode 5.0 en pratique, chapitre 7 « Ponctuation Â», Patrick Andries.
  8. ↑ (fr) Article apostrophe dans Le bon usage de Maurice Grevisse, sur Google Books.

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