Musée national du Bardo (Tunisie)

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Musée national du Bardo (Tunisie)
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Musée national du Bardo
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Photographie de la salle de Virgile montrant la mosaïque de Virgile et le plafond de stuc richement sculpté du palais.
Appartements du bey avec la mosaïque de Virgile qui a donné son nom à la salle
Informations géographiques
Pays Drapeau de Tunisie Tunisie
Ville Tunis (Le Bardo)
Adresse Musée national du Bardo
2000 Le Bardo
Tunis
Tunisie
CoordonnĂ©es 36° 48â€Č 34″ N 10° 08â€Č 04″ E / 36.809328, 10.13443736° 48â€Č 34″ Nord
       10° 08â€Č 04″ Est
/ 36.809328, 10.134437
  
Informations générales
Date d’inauguration 7 mai 1888
Collections Préhistoire et protohistoire
Libyco-punique
Classique
Numismatique
Islamique
Ethnographique
Fouille sous-marine de Mahdia
Superficie 20 000 m2 dont 9 000 m2 d’espaces d’exposition
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 600 000 (2008)
Site web museedebardo-tunisie.tn

GĂ©olocalisation sur la carte : Tunisie

(Voir situation sur carte : Tunisie)
MusĂ©e national du BardoŰ§Ù„Ù…ŰȘŰ­Ù Ű§Ù„ÙˆŰ·Ù†ÙŠ ŰšŰšŰ§Ű±ŰŻÙˆ

Le musĂ©e national du Bardo (arabe : Ű§Ù„Ù…ŰȘŰ­Ù Ű§Ù„ÙˆŰ·Ù†ÙŠ ŰšŰšŰ§Ű±ŰŻÙˆ) est un musĂ©e de Tunis, capitale de la Tunisie, situĂ© dans la banlieue du Bardo.

C’est l’un des plus importants musĂ©es du bassin mĂ©diterranĂ©en et le second musĂ©e du continent africain aprĂšs le musĂ©e Ă©gyptien du Caire[1]. Il retrace l’histoire de la Tunisie sur plusieurs millĂ©naires et Ă  travers plusieurs civilisations par le biais d’une large variĂ©tĂ© de piĂšces archĂ©ologiques.

AbritĂ© dans un ancien palais beylical depuis 1888, il offre un prestigieux et magnifique cadre Ă  l’exposition de nombreuses Ɠuvres majeures dĂ©couvertes depuis les dĂ©buts des recherches archĂ©ologiques dans le pays. Initialement appelĂ© musĂ©e Alaoui (Ű§Ù„Ù…ŰȘŰ­Ù Ű§Ù„Űčلوي), du nom du bey rĂ©gnant Ă  l’époque, il prend sa dĂ©nomination actuelle de musĂ©e du Bardo aprĂšs l’indĂ©pendance du pays mĂȘme si la dĂ©nomination est attestĂ©e avant cette date.

Le musĂ©e rassemble l’une des plus belles et des plus grandes collections de mosaĂŻques romaines du monde grĂące aux fouilles entreprises dĂšs le dĂ©but du XXe siĂšcle sur les diffĂ©rents sites archĂ©ologiques du pays dont Carthage, HadrumĂšte, Dougga ou encore Utique. Certaines des Ɠuvres exposĂ©es n’ont pas d’équivalent, telle la mosaĂŻque « dite de Virgile Â». Plus gĂ©nĂ©ralement, les mosaĂŻques du Bardo reprĂ©sentent une source unique pour les recherches sur la vie quotidienne en Afrique romaine. De l’époque romaine, le musĂ©e renferme aussi une riche collection de statues en marbre reprĂ©sentant les divinitĂ©s et les empereurs romains retrouvĂ©es sur les diffĂ©rents sites notamment ceux de Carthage et Thuburbo Majus.

Le musĂ©e possĂšde aussi de riches piĂšces dĂ©couvertes lors des fouilles de sites libyco-puniques dont principalement Carthage, mĂȘme si le musĂ©e national de Carthage a la vocation d’ĂȘtre le musĂ©e de ce site archĂ©ologique majeur. Les piĂšces essentielles de ce dĂ©partement sont les masques grimaçants, les statues de terre cuite et les stĂšles d’un intĂ©rĂȘt majeur pour l’épigraphie sĂ©mitique, la stĂšle du prĂȘtre et l’enfant Ă©tant la plus cĂ©lĂšbre. Le musĂ©e abrite Ă©galement des Ɠuvres grecques dĂ©couvertes en particulier dans les fouilles du navire de Mahdia, dont la piĂšce emblĂ©matique reste le buste d’Aphrodite en marbre, rongĂ© par la mer et pourtant toujours d’une beautĂ© Ă©mouvante.

Le dĂ©partement islamique contient, outre des Ɠuvres fameuses comme le Coran bleu de Kairouan, une collection de cĂ©ramiques en provenance du Maghreb et d’Asie mineure.

En raison de l’ampleur des collections, il ne saurait ĂȘtre question dans ce cadre de prĂ©senter ici l’ensemble des piĂšces exposĂ©es.

Afin d’augmenter les capacitĂ©s d’accueil et d’optimiser la prĂ©sentation des collections, le musĂ©e fait l’objet d’une vaste opĂ©ration qui devait s’achever initialement en 2011 mais ne s’achĂšvera que courant 2012 du fait de retards liĂ©s Ă  la rĂ©volution tunisienne. Les travaux concernent l’augmentation des surfaces d’exposition par l’ajout de nouveaux bĂątiments et un redĂ©ploiement des collections. Le projet tend Ă  faire du musĂ©e un pĂŽle majeur pour un dĂ©veloppement culturel de qualitĂ©, afin que le visiteur puisse apprĂ©cier les piĂšces artistiques dĂ©posĂ©es.

Sommaire

Écrin du musĂ©e : les bĂątiments

Histoire des bĂątiments

Carte postale ancienne du palais du Bardo vu de la route, avec une charrette Ă  cheval devant.
Vue du palais vers 1900

Le palais du Bardo, dont le musĂ©e fait partie, est un ensemble de bĂątiments Ă©difiĂ©s Ă  partir du XVe siĂšcle. Comme les autres palais des souverains de Tunis, tels ceux de La Marsa, Carthage, Hammam Lif, La Goulette, Mornag et La Manouba, ce palais a Ă©tĂ© construit Ă  environ 4 kilomĂštres en dehors de la mĂ©dina de Tunis, au milieu d’une grande plaine. Il emprunte son nom au mot espagnol prado qui signifie prĂ© ou jardin[2].

Le botaniste français RenĂ© Desfontaines, qui visite la RĂ©gence de Tunis Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle, en laisse la description suivante :

« Le bey rĂ©side dans un joli chĂąteau qu’on appelle le Bardo, situĂ© au milieu d’une grande plaine, Ă  trois quarts de lieue nord de la ville. Ce chĂąteau est fort ancien : LĂ©on l'Africain nous apprend que, de son temps, les rois y faisaient dĂ©jĂ  leur sĂ©jour. Le mur qui l’entoure est bien bĂąti, et dĂ©fendu par quelques piĂšces de canon placĂ©es du cĂŽtĂ© de la porte d’entrĂ©e. La cour du bey est nombreuse ; les officiers qui la composent sont, en gĂ©nĂ©ral, trĂšs honnĂȘtes et trĂšs polis envers les Ă©trangers[3]. Â»

Selon Paul Sebag, le palais a Ă©tĂ© construit sur le modĂšle des rĂ©sidences princiĂšres de l’Andalousie musulmane, avec l’aide d’artistes andalous[2].

Le palais a bĂ©nĂ©ficiĂ© de plusieurs restaurations et extensions durant le rĂšgne des beys mouradites : Hammouda Pacha Bey (1631-1666) restaure et embellit ainsi le palais et en fait la rĂ©sidence permanente de la dynastie[4]. À partir du XVIIIe siĂšcle, les beys husseinites successifs font agrandir et embellir leurs possessions du Bardo ; une mosquĂ©e, des salles d’apparat parmi lesquelles une salle de justice et une salle pour les audiences beylicales, ainsi que des fortifications complĂštent le dispositif. UltĂ©rieurement, le mur mĂ©ridional du palais est remplacĂ© par une esplanade[5].

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À partir de 1840, une Ă©cole militaire occupe une partie des structures durant un quart de siĂšcle[6]. Un hĂŽtel de la monnaie y frappe les monnaies de la RĂ©gence de Tunis entre 1847 et 1891[6], l’hĂŽtel de la monnaie et l’école militaire devenant par la suite une caserne destinĂ©e Ă  la garde beylicale. Le palais de Ksar SaĂŻd, qui a vu le 12 mai 1881 la signature du traitĂ© du Bardo instaurant le protectorat français de Tunisie, est situĂ© quelques mĂštres plus loin. L’ensemble rĂ©sidentiel constitue ainsi une vĂ©ritable citĂ© oĂč vivent environ 800 personnes[7].

Construit par des architectes tunisiens, le Grand Palais, lieu de rĂ©sidence du bey de Tunis, est construit dans la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle sous l’impulsion de Mohammed Bey puis de Sadok Bey[8]. Mohamed Yacoub dit de lui qu’il « constitue un monument fort reprĂ©sentatif du luxe et du raffinement qu’a connus l’architecture tunisienne durant l’époque beylicale. Il tĂ©moigne Ă©galement du caractĂšre Ă©clectique de l’art de cette Ă©poque, dans lequel les apports locaux se mĂȘlent aux influences andalouses, asiatiques et europĂ©ennes Â»[8],[9].

À partir d’octobre 1882, avec la mort de Sadok Bey, son frĂšre et successeur Ali III Bey, installĂ© dans son palais de La Marsa, ramĂšne les femmes du bey dĂ©funt (dont Lalla Kmar) dans son harem ; les bĂątiments du harem de Sadok Bey au Bardo, dĂ©sormais inutilisĂ©s, sont cĂ©dĂ©s aux autoritĂ©s du protectorat dĂšs le mois de novembre et abritent les collections antiques dĂšs 1888. Le palais de Mahmoud Bey abrite pour sa part les collections arabes dĂšs 1900[10]. En 1899, les autoritĂ©s adjoignent au Grand Palais un second espace, le Petit Palais construit en 1831-1832, qui abrite dĂ©sormais les collections d’art islamique[11].

De nos jours, le musée du Bardo prend place dans le Grand et le Petit Palais auquel on accÚde par la façade à portiques et colonnettes de marbre rouge aménagée en 1968[12]. Le bùtiment adjacent, dont les anciennes salles du trÎne et de justice, abrite le siÚge de la Chambre des députés auquel on accÚde par le monumental escalier des lions, dont on trouve la représentation sur le billet de vingt dinars.

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Architecture

Leur qualitĂ© architecturale permit aux deux palais d’ĂȘtre classĂ©s monument historique en septembre 1985. AmĂ©nagĂ©s pour les besoins de leur nouvelle fonction, ils connaissent certaines modifications mais conservent leur cachet initial[11].

Plan des trois niveaux du musĂ©e Ă  l’issue de la rĂ©novation.
Salles du musĂ©e Ă  l’issue de la rĂ©novation

Mariant les architectures maghrĂ©bines, turques et italiennes, les palais du Bardo comportent de nombreuses salles aux fonctions diffĂ©renciĂ©es[11] amĂ©nagĂ©es sur trois Ă©tages ; ils sont en soi une « synthĂšse de l’évolution de l’architecture Ă  Tunis aux XVIIIe et XIXe siĂšcles Â» selon Selma Zaiane[1].

Rez-de-chaussée

L’entrĂ©e est amĂ©nagĂ©e sur la façade orientale, sous une galerie de sept travĂ©es de face et d’une sur le cĂŽtĂ© composĂ©es d’arcs soutenues par des colonnettes en marbre rose. On accĂšde au musĂ©e par une porte cochĂšre munie d’un placage de cuivre ornĂ© de clous et de heurtoirs en bronze. La porte donne sur un couloir de rĂ©ception avec, Ă  droite, trois salles alignĂ©es qui renferment les collections de la PrĂ©histoire, de l’archĂ©ologie punique puis celle du mobilier funĂ©raire punique. À gauche du couloir d’entrĂ©e, on accĂšde Ă  une salle voĂ»tĂ©e dĂ©diĂ©e Ă  l’archĂ©ologie palĂ©ochrĂ©tienne, par laquelle on traverse un passage tapissĂ© de carreaux de terre cuite pour s’engager dans une galerie oĂč sont rassemblĂ©es des statues en provenance essentiellement de Bulla Regia. Cette galerie donne sur une salle carrĂ©e dans laquelle sont exposĂ©s des portraits d’empereurs romains. De la salle palĂ©ochrĂ©tienne et Ă  travers un petit couloir, on accĂšde Ă  gauche Ă  plusieurs petites salles dans lesquelles sont exposĂ©es une sĂ©rie de mosaĂŻques, un tombeau en marbre et un baptistĂšre considĂ©rĂ© comme l’un des joyaux du musĂ©e. En face se trouve un couloir dans lequel sont exposĂ©s dans des niches une sĂ©rie de sarcophages et de stĂšles de l’époque romaine. À droite du couloir des sarcophages, on accĂšde Ă  la salle dite de Thuburbo Majus, site d’origine des piĂšces exposĂ©es dans cette salle et dans le couloir qui lui donne accĂšs.

Le rez-de-chaussĂ©e du musĂ©e occupe les Ă©curies et les magasins de l’ancien palais et de ce fait ils ne sont guĂšre dĂ©corĂ©s. Outre l’ancien vestibule voĂ»tĂ© et pourvu de colonnes[12] et de faĂŻences polychromes, ce vestibule comporte une porte en bois sculptĂ© qui donne accĂšs au premier Ă©tage.

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Premier Ă©tage

On accĂšde au premier Ă©tage par des escaliers en trois endroits distincts : un premier au niveau de la salle palĂ©ochrĂ©tienne qui mĂšne Ă  la grande salle de Carthage, un deuxiĂšme par le couloir de la rĂ©ception, en face des stĂšles de Maghrawa menant au Petit Palais, et rĂ©cemment par un nouvel escalier amĂ©nagĂ© dans la salle de l’archĂ©ologie punique.

Cet Ă©tage est composĂ© de trois parties : les salles du Grand Palais qui renferment la majeure partie des Ɠuvres romaines, les salles du Petit Palais renfermant les sections de l’art islamique et des traditions populaires et une extension renfermant la collection issue des fouilles sous-marines de Mahdia et des mosaĂŻques marines.

Salle de Carthage
Salle de Carthage vue du deuxiĂšme Ă©tage avec les statues romaines et une mosaĂŻque, ainsi que les arcades du palais.
Salle de Carthage

La salle de Carthage correspond au patio du palais, de forme rectangulaire, entourĂ© sur ses quatre cĂŽtĂ©s d’une galerie Ă  portiques avec six arcs en plein cintre sur la longueur et trois sur la largeur, soutenus par des colonnes en marbre blanc avec des chapiteaux de type composite ; les arcs sont surmontĂ©s sur les quatre cĂŽtĂ©s par une fine corniche, arcs et corniche Ă©tant lĂ©gĂšrement sculptĂ©s par des motifs dorĂ©s. La galerie est dĂ©doublĂ©e par une autre sĂ©rie d’arcs et de colonnes et lĂ©gĂšrement surĂ©levĂ©e par une estrade au niveau de la salle dite de Virgile. Sur les autres trois cĂŽtĂ©s, la galerie donne sur les autres salles du palais. Les murs latĂ©raux sont pourvus de niches avec encadrement en marbre. À l’origine, les murs sont pourvus de faĂŻences qui ont Ă©tĂ© couvertes de peinture par la suite. En dehors des deux tableaux de mosaĂŻques exposĂ©s sur le sol, le patio est entiĂšrement pavĂ© de carreaux de marbre blanc.

Du plafond pendent quatre lustres accrochĂ©s Ă  des pendentifs revĂȘtus d’ornements moulĂ©s en plĂątre. La salle de Carthage s’ouvre sur les quatre cĂŽtĂ©s sur les salles de Sousse, de Virgile, d’Althiburos et d’Oudna ainsi que sur le Petit Palais et la salle des fouilles sous-marines.

Cette salle renferme une large variété de statues et de bas reliefs exhumés en majorité à Carthage.

Salle de Sousse
Salle de Sousse avec plafond doré et mosaïques sur les murs ainsi que sur le sol.
Salle de Sousse

La salle de Sousse correspond Ă  la salle de rĂ©ception du palais. Elle doit son nom Ă  l’immense pavement exposĂ© sur son sol et qui provient de Sousse. Cette salle est remarquable en raison de sa grande coupole Ă  seize pans qui la couvre entiĂšrement. RĂ©alisĂ©e en bois dĂ©coupĂ© et peint sur fonds d’or, son dĂ©cor est de type gĂ©omĂ©trique en haut et floral en bas ; les deux dĂ©cors sont sĂ©parĂ©s par une succession de frises. La coupole a la particularitĂ© d’avoir un sommet inversĂ© en stalactite sur lequel est accrochĂ© un lustre. Le plafond a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par deux menuisiers tunisiens : Hamda Ben Othman et Mohamed El Gharbi[12]. Les murs de la salle de Sousse sont dĂ©pourvus de dĂ©cors particuliers.

La salle donne par ailleurs sur un petit salon avec un plafond en bois peint à l’italienne.

Salle de Virgile
Photographie de la salle de Virgile montrant la mosaïque de Virgile et le plafond de stuc richement sculpté du palais.
Salle de Virgile

En forme de croix grecque, avec un haut plafond voĂ»tĂ© et percĂ© sur les cĂŽtĂ©s par des fenĂȘtres semi-circulaires, la salle de Virgile correspond aux appartements privĂ©s du palais. La partie infĂ©rieure des parois murales est couverte de panneaux de faĂŻences Ă  motifs gĂ©omĂ©triques et floraux polychromes alors que sur la partie supĂ©rieure prĂ©domine une dĂ©coration faite de revĂȘtements finement dĂ©coupĂ©s dans le plĂątre blanc et prĂ©sentant un dĂ©cor fait d’entrelacs, de mĂ©andres, de nƓuds, de cƓurs, de palmettes et de rinceaux ; le dĂ©cor en plĂątre stuquĂ© remonte jusqu’au plafond. Dans les quatre coins de la salle, des piĂšces sont amĂ©nagĂ©es dont l’une est consacrĂ©e Ă  la collection de bijoux.

Cette salle doit son nom Ă  la mosaĂŻque de Virgile exposĂ©e sur le mur faisant face Ă  l’entrĂ©e de la salle.

Salle d’Althiburos
Salle d’Althiburos, ancienne salle de musique du palais avec une tribune et des mosaïques sur les murs et le sol.
Salle d’Althiburos

La salle d’Althiburos correspond Ă  l’ancienne salle de musique. De forme rectangulaire, elle renferme des deux cĂŽtĂ©s de l’entrĂ©e deux tribunes, l’une rĂ©servĂ©e aux princesses, l’autre aux musiciens. Les deux tribunes sont revĂȘtues de panneaux de bois richement dĂ©corĂ©s avec des formes gĂ©omĂ©triques sur fond dorĂ© et peint de paysages mĂ©diĂ©vaux. Les tribunes sont soutenues sur les deux niveaux par de fines colonnettes en marbre blanc et incrustĂ©es de baguettes en marbre rouge avec des barres d’appui mĂ©talliques[9] ; le plafond de la salle est composĂ© de trois panneaux en bois sĂ©parĂ©s, dĂ©corĂ©s chacun avec des motifs gĂ©omĂ©triques et floraux.

La salle doit son nom Ă  l’importante mosaĂŻque exposĂ©e sur le sol et qui provient du site d’Althiburos.

Salle d’Oudna

La salle d’Oudna fait face Ă  la salle prĂ©cĂ©dente et correspond Ă  la salle Ă  manger. De forme rectangulaire, elle est pourvue d’un plafond en bois sculptĂ© et colorĂ© couvrant entiĂšrement la salle.

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Petit Palais
Patio du Petit Palais avec une fontaine de marbre au milieu de la cour et une colonnade.
Patio du Petit Palais

L’accĂšs au Petit Palais se fait par le mĂȘme Ă©tage, Ă  partir de la salle de Carthage et Ă  travers l’espace consacrĂ© Ă  la collection d’art et traditions populaires, ou par un escalier Ă  partir du rez-de-chaussĂ©e, en traversant aprĂšs quelques marches un vestibule voĂ»tĂ© dont les murs sont entourĂ©s de bancs de marbre avec en face de la porte d’entrĂ©e une niche Ă  arcature. L’escalier donne sur le patio du Petit Palais, bordĂ© sur deux de ses cĂŽtĂ©s par des portiques composĂ©s d’arcs Ă  claveaux alternativement noirs et blancs qui reposent sur des colonnes de marbre blanc Ă  chapiteaux composites. CentrĂ© sur une fontaine en marbre, le patio donne latĂ©ralement sur plusieurs petites piĂšces dont les portes et les fenĂȘtres sont encadrĂ©es par des piĂ©droits en marbre. En face, le patio donne sur une grande piĂšce centrale amĂ©nagĂ©e en T renversĂ© dont le plafond est richement dĂ©corĂ© de plĂątre sculptĂ© et colorĂ©. Le vestibule, l’escalier, le patio et la grande piĂšce sont tous dĂ©corĂ©s par des panneaux muraux en cĂ©ramique polychromes.

DeuxiĂšme Ă©tage

La salle de Carthage est surmontĂ©e par une galerie dĂ©limitĂ©e par une rambarde mĂ©tallique. Le plafond Ă  pendentifs comporte une riche ornementation moulĂ©e en plĂątre de style italo-tunisien. Le reste de l’étage est composĂ© de plusieurs salles d’exposition sans particularitĂ©s architecturales, composĂ©es par la transformation des terrasses du palais.

Histoire et administration

Histoire

La premiĂšre Ă©bauche de musĂ©e est Ă  porter au crĂ©dit de Mohammed Khaznadar, fils du ministre Mustapha Khaznadar, qui rassemble vers la fin des annĂ©es 1860 des Ă©lĂ©ments lapidaires, stĂšles et statues aux abords de son palais de La Manouba[13]. AbandonnĂ©s lors de la disgrĂące de son pĂšre, ces Ă©lĂ©ments sont dispersĂ©s, certains se retrouvant au musĂ©e du Louvre en 1881. Les derniers Ă©lĂ©ments de cette collection, entreposĂ©s au Dar El Bey, sont apportĂ©s par RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre Ă  la rĂ©sidence française avec l’aide d’une escorte[14].

Photographie ancienne de l’entrĂ©e du musĂ©e vers 1890.
Entrée du musée Alaoui vers 1890

La volontĂ© d’ouverture d’un musĂ©e, sous l’impulsion de Xavier Charmes qui est chargĂ© de l’archĂ©ologie tunisienne Ă  l’époque, est datĂ©e de 1884 par Coudray de La BlanchĂšre[15]. Toutefois, le musĂ©e est crĂ©Ă© par le dĂ©cret du 7 novembre 1882, devenant ainsi la premiĂšre institution du genre en Afrique du Nord[8]. Un dĂ©cret du 25 mars 1885 destine l’ancien harem, en trĂšs mauvais Ă©tat, au musĂ©e[16]. Coudray de La BlanchĂšre fait dĂ©truire des Ă©lĂ©ments menaçant de partir en ruine et fait rĂ©parer le reste.

Le bĂątiment reçoit les premiĂšres collections archĂ©ologiques en mars 1885. L’inauguration officielle du musĂ©e a lieu le 7 mai 1888 par le bey et le rĂ©sident gĂ©nĂ©ral de France en Tunisie Justin Massicault[17] ; le musĂ©e est alors baptisĂ© musĂ©e Alaoui[11], du nom du bey rĂ©gnant, Ali III Bey. Les collections grandissant rapidement, des terrasses du palais sont amĂ©nagĂ©es en salles d’exposition au premier et deuxiĂšme Ă©tages[9].

Le musĂ©e prend sa dĂ©nomination actuelle aprĂšs l’indĂ©pendance du pays[12], plus prĂ©cisĂ©ment au printemps 1958[18], mĂȘme si la dĂ©nomination est attestĂ©e avant cette date[19]. Il cesse par ailleurs d’ĂȘtre un Ă©tablissement public dotĂ© de la personnalitĂ© civile et de l’autonomie financiĂšre en 1967[20].

En 1984, un dĂ©but d’incendie endommage une aile qui est fermĂ©e au public. Le produit des fouilles de l’épave de Mahdia se trouve alors inaccessible[21] jusqu’en 2000.

Direction

Bertrand PradĂšre devient le premier conservateur du musĂ©e en 1886. En 1927, le peintre et sculpteur français Émile BrĂ©chot prend la succession d’Auguste Poinssot ; il occupe cette fonction jusqu’en 1948, suivi par Pierre Quoniam.

DĂ©but 1956, Abdelaziz Driss, professeur d’histoire au CollĂšge Sadiki, devient le premier Tunisien Ă  devenir conservateur[22]. Mongi EnnaĂŻfer et Khaled Ben Romdhane figurent parmi ses successeurs. En 2010, le poste de conservateur est occupĂ© par Taher Ghalia.

Collections

« La grande majoritĂ© des collections du musĂ©e [...] viennent du sol tunisien et reflĂštent sincĂšrement l’histoire nationale de la Tunisie Â» selon Abdelazis Driss[23].

Les collections du musĂ©e ont commencĂ© Ă  ĂȘtre constituĂ©es bien avant l’ouverture du musĂ©e, notamment Ă  l’instigation du ministre Kheireddine Pacha, afin de lutter contre le pillage du patrimoine national[8]. Le musĂ©e s’apparente dans les premiĂšres dĂ©cennies de son existence Ă  un entrepĂŽt pour les dĂ©couvertes successives. Les premiers dĂ©pĂŽts sont liĂ©s, outre les vestiges de la collection Khaznadar, Ă  des Ă©lĂ©ments recueillis par les autoritĂ©s militaires françaises ou lors de la construction de chemins de fer, si ce n’est du fait de fouilles organisĂ©es pour pourvoir le musĂ©e. La collection de mosaĂŻques du Bardo s’enrichit de 70 piĂšces grĂące Ă  l’action de Paul Gauckler[24].

Les collections s’étendent largement entre 1897 et la fin de la premiĂšre dĂ©cennie du XXe siĂšcle : le nombre de mosaĂŻques passe Ă  332, les Ă©lĂ©ments sculptĂ©s de 920 Ă  1 173. Les antiquitĂ©s puniques entrent massivement du fait des fouilles des nĂ©cropoles ; il en est de mĂȘme pour le dĂ©partement islamique[25].

Entre 1910 et 1920, la dĂ©couverte de l’épave de Mahdia enrichit grandement les collections, tout comme la dĂ©couverte de la cuirasse de Ksour Essef et l’ouverture de la salle de Thuburbo Majus. En outre, le musĂ©e s’enrichit de nombre de mosaĂŻques, Ă©lĂ©ments sculptĂ©s, inscriptions, bijoux et objets mĂ©talliques de bronze et plomb[26].

Le musĂ©e s’étend sur trois Ă©tages, abritant 34 salles, et se trouve divisĂ© en sept dĂ©partements.

Préhistoire et protohistoire

Situé au rez-de-chaussée, le département de préhistoire du musée donne un aperçu de la richesse et de la variété des sites préhistoriques de la Tunisie.

Les vestiges archĂ©ologiques les plus anciens retrouvĂ©s sur le territoire de la Tunisie actuelle sont datĂ©s d’environ deux millions d’annĂ©es av J.-C. : ce sont les galets d’AĂŻn Brimba provenant de la rĂ©gion de KĂ©bili.

Des Ă©clats de galets et des bifaces proviennent de la rĂ©gion de Gafsa, plus prĂ©cisĂ©ment des sites d’El Mekta et Redeyef. Sidi Zine, dans la rĂ©gion du Kef, a livrĂ© des vestiges d’une longue occupation Ă  l’époque acheulĂ©enne[27].

Reconstitution d’une tombe avec restes humains et poteries dans le dĂ©partement prĂ©historique.
Restes humains et poteries dans le département préhistorique (hanout)

Le dĂ©partement contient aussi des pointes et racloirs des Ă©poques moustĂ©rienne et atĂ©rienne. Cette derniĂšre pĂ©riode a livrĂ© des outils qui devaient ĂȘtre emmanchĂ©s[28].

Reconstitution de l’amas d’ossements et de galets taillĂ©s ou non appelĂ© hermaĂŻon d’El Guettar.
Hermaïon d’El Guettar

Du site moustĂ©rien d’El Guettar provient l’un des vestiges les plus remarquables qu’abrite le dĂ©partement : une structure dĂ©couverte par Michel Gruet et formĂ©e par un amas de plus de 4 000 Ă©lĂ©ments[29] : pierres rondes disposĂ©es en un cĂŽne d’environ 75 centimĂštres de haut pour un diamĂštre de 130 centimĂštres[28]. Les pierres sont associĂ©es Ă  des ossements d’animaux, des dents et des objets de silex taillĂ© ainsi qu’une pointe pĂ©donculĂ©e atĂ©rienne. Cette structure est connue sous le nom d’HermaĂŻon d’El Guettar, en rĂ©fĂ©rence aux tas de pierre Ă©difiĂ©s dans l’AntiquitĂ© en relation avec le culte d’HermĂšs. Cette piĂšce est souvent citĂ©e comme la plus ancienne manifestation de religiositĂ© connue Ă  ce jour, de par son Ăąge estimĂ© Ă  40 000 ans. Son inventeur l’a interprĂ©tĂ©e comme une offrande Ă  une source voisine[30],[31].

Des vestiges de l’IbĂ©romaurusien et du Capsien, deux pĂ©riodes uniquement maghrĂ©bines, se trouvent rassemblĂ©s dans le mĂȘme dĂ©partement. La premiĂšre pĂ©riode a livrĂ© de nombreux outils. Le site d’El Mekta a ainsi procurĂ© de nombreux vestiges capsiens, dont des outils, des Ɠufs d’autruches gravĂ©s et une figurine fĂ©minine[32].

Le NĂ©olithique a abondamment fourni des poteries modelĂ©es et dĂ©corĂ©es et des outils d’os, ainsi que des meules et des colliers[33].

L’époque protohistorique, qui prĂ©cĂšde immĂ©diatement l’arrivĂ©e des PhĂ©niciens, a livrĂ© des monuments funĂ©raires : un hanout est reconstituĂ© ainsi qu’un dolmen. Les sĂ©pultures contiennent du mobilier, de la cĂ©ramique et des parures[34].

Art libyco-punique

Le dĂ©partement libyco-punique du musĂ©e est regroupĂ© dans un ensemble de salles au rez-de-chaussĂ©e : la salle de Ba'al Hammon, la salle de la cĂ©ramique et un couloir oĂč sont exposĂ©es des stĂšles nĂ©o-puniques. Une salle, au premier Ă©tage, est aussi consacrĂ©e Ă  une prĂ©cieuse collection de bijoux puniques. Ces objets proviennent notamment des sites de Carthage, HadrumĂšte, Utique, etc.

StĂšles et cippes

Cippe votif avec inscription punique.
Cippe votif avec inscription, H 0,65 m l 0,42 m ; VIe siĂšcle av. J.‑C., CIS I, 5684

La collection de stÚles et cippes compte parmi les piÚces les plus importantes pour la connaissance de la civilisation carthaginoise et démontre les contacts de Carthage avec les autres civilisations du bassin méditerranéen.

Le Cippe votif Ă  DĂ©mĂ©ter[Inv 1] est un monument Ă  la forme d’une chapelle miniature, dite aussi naĂŻskos, datant de l’époque hellĂ©nistique. Le cippe comporte une niche prĂ©cĂ©dĂ©e par deux colonnes ioniques ; un entablement la domine oĂč se superposent denticules, rais de cƓur, oves, frise de perles et pirouettes. Le niveau supĂ©rieur possĂšde une doucine qui Ă©voque une gorge Ă©gyptienne. L’une des deux colonnes a Ă©tĂ© restituĂ©e alors que la niche possĂšde au centre un sommet arrondi qui s’inscrit dans un fronton triangulaire dĂ©corĂ© de deux dauphins affrontĂ©s et surmontĂ©s d’une rosace[35]. Il subsiste sur la base quelques caractĂšres d’une inscription nĂ©o-punique et un verrat est reprĂ©sentĂ© sur un bas-relief[36]. Cette piĂšce de la premiĂšre moitiĂ© du IIe siĂšcle av. J.‑C. provient du site de Thuburbo Majus.

La StĂšle du prĂȘtre Ă  l’enfant[Inv 2],[37] est une stĂšle de calcaire dĂ©couverte en 1921 dans le tophet de Carthage lors de fouilles clandestines, puis remises Ă  François Icard et Paul Gielly[38]. Ayant la forme d’un obĂ©lisque, elle figure un prĂȘtre de profil coiffĂ© d’un bonnet cylindrique et vĂȘtu d’une longue robe de lin transparent, retenue Ă  la taille par une ceinture. Il lĂšve la main droite, geste de bĂ©nĂ©diction ou de priĂšre, tandis que son bras gauche porte un jeune enfant qu’il s’apprĂȘte Ă  « restituer Â» Ă  la divinitĂ©. Dans la partie supĂ©rieure de la stĂšle, on voit une frise de trois rosaces surmontĂ©e de deux dauphins Ă©voquant l’ocĂ©an cĂ©leste puis un emblĂšme sidĂ©ral constituĂ© par un disque solaire et un croissant lunaire symbolisant le couple divin Tanit et Ba'al Hammon. L’intĂ©rĂȘt de cette stĂšle rĂ©side dans le fait qu’elle constitue l’unique document figurĂ© relatif au rituel du molk et alimente la polĂ©mique sur les sacrifices des enfants par les Carthaginois, en ce sens qu’elle donne une consistance archĂ©ologique aux assertions de certains auteurs antiques. Cette piĂšce date de la fin du IVe siĂšcle av. J.‑C. ou du dĂ©but du IIIe siĂšcle av. J.‑C. et provient du site de Carthage[39].

TrĂšs intĂ©ressante Ă©galement est la StĂšle avec prĂȘtre debout devant un autel[Inv 3] en calcaire, provenant de Carthage et datant du IVe siĂšcle av. J.‑C.. Le prĂȘtre porte un signe de Tanit sur sa robe[40]. La StĂšle en forme de signe de Tanit[Inv 4], Ă©galement datĂ©e du IVe siĂšcle av. J.‑C., est dite aussi StĂšle Cintas 1633[41]. La stĂšle, qui relate une offrande, est remarquable par sa forme trĂšs particuliĂšre et par l’élĂ©gance de son Ă©criture[42]. La forme est inexpliquĂ©e, de mĂȘme que le sens Ă  donner au signe de la bouteille qui est reprĂ©sentĂ©e dans sa partie supĂ©rieure[43]. Le Cippe votif est, quant Ă  lui, une piĂšce de grĂšs trĂšs ancienne, datĂ©e de la fin du VIIe ou du VIe siĂšcle av. J.‑C.[Inv 5]. La piĂšce a Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©e lors des fouilles du tophet de Carthage par Pierre Cintas en 1945-1950. Une sorte de trĂŽne est surmontĂ©e d’un bĂ©tyle ou maison du dieu, « Ă©vocation symbolique de la divinitĂ© Â» selon Mohamed Yacoub[40]. Un bĂ©tyle surmonte une paroi dotĂ©e d’une inscription en lien avec le sacrifice appelĂ© molk[44].

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Statues de terre cuite

Des Ɠuvres de terre cuite ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©es et tĂ©moignent tant de la religion des anciens Puniques que de leurs capacitĂ©s dans le domaine de la coroplathie, mĂȘme si certaines datent des premiers siĂšcles aprĂšs la conquĂȘte romaine ayant suivi la TroisiĂšme Guerre punique.

La statue de Ba’al Hammon[Inv 6] reprĂ©sente le dieu assis sur un trĂŽne, dont les accoudoirs sont en forme de sphinx, et qui est vĂȘtu d’une longue tunique plissĂ©e ; sa tĂȘte est coiffĂ©e d’une tiare Ă  plumes dont l’origine est mĂ©sopotamienne. Les boucles de sa chevelure encadrent le visage de la divinitĂ© qui possĂšde une barbe soigneusement taillĂ©e. En outre, une moustache entoure sa bouche qui a des lĂšvres Ă©paisses. Le dieu a la main droite levĂ©e, signe de bĂ©nĂ©diction. Ba'al Hammon est avec Tanit une divinitĂ© principale du panthĂ©on carthaginois[45]. Cette piĂšce date du Ier siĂšcle av. J.‑C. et provient du sanctuaire rural de Thinissut dans le cap Bon[46]. Il tĂ©moigne de la persistance du culte vouĂ© Ă  la divinitĂ© principale du panthĂ©on punique, y compris aprĂšs la chute de Carthage Ă  l’issue de la TroisiĂšme Guerre punique[47].

La reprĂ©sentation de DĂ©mĂ©ter assise sur un trĂŽne[Inv 7] est une statuette de terre cuite de taille presque nature, vĂȘtue d’une tunique plissĂ©e ; elle porte sur la tĂȘte une tiare cylindrique (polos) et encadrĂ©e d’un voile rigide. Elle avait un attribut dans la main droite, dĂ©sormais disparu. Cette piĂšce date du Ier siĂšcle av. J.‑C. et provient d’un sanctuaire des environs de Korba. Avec les deux autres piĂšces retrouvĂ©es sur le mĂȘme site, elle a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  partir de moules grecs[47], dont l’influence doit plus prĂ©cisĂ©ment ĂȘtre cherchĂ©e en Sicile de la fin du IVe-dĂ©but du IIIe siĂšcle[48]. On peut rappeler que le culte de DĂ©mĂ©ter et de CorĂ© a Ă©tĂ© introduit Ă  Carthage en signe de repentance aprĂšs la destruction d’un sanctuaire en Sicile au IVe siĂšcle av. J.‑C.[49], avec des composantes agraires et mystiques. Avec deux autres statues de terre cuite de CorĂ©[Inv 8] et Pluton portant un porcelet[Inv 9], les Ɠuvres tĂ©moignent des Ă©changes culturels avec le milieu hellĂ©nique.

La Statue dite Tanit lĂ©ontocĂ©phale[Inv 10] date de la fin du Ier siĂšcle. La statue, qui prĂ©sente des similitudes avec la dĂ©esse Ă©gyptienne Sekhmet, peut aussi avoir reprĂ©sentĂ© le Genius Terrae Africae (GĂ©nie de la Terre d’Afrique). Elle provient de Thinissut et tĂ©moigne Ă  la fois des syncrĂ©tismes Ă  l’Ɠuvre dans l’ancienne Tunisie et de la continuitĂ© des pratiques cultuelles en pleine pĂ©riode romaine[50].

La statuette de dĂ©esse mĂšre en terre cuite, haute de 0,25 m, reprĂ©sente la divinitĂ© assise, une main sur le ventre. Elle semble enceinte. Le vĂȘtement possĂšde des traces de couleurs noire, bleue et rouge. Originaire de PhĂ©nicie oĂč le type est commun[51], la statuette appartient aux objets les plus anciens dĂ©couverts Ă  Carthage[52], datĂ©e du VIIIe siĂšcle[53].

Une statuette de dĂ©esse au tympanon figure sans doute AstartĂ© en tant que dĂ©esse musicienne ; elle date du VIIe siĂšcle av. J.‑C.[51].

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Masques grimaçants, protomés et colliers de pùte de verre

Le musĂ©e du Bardo possĂšde Ă©galement dans ce dĂ©partement une belle collection de masques en pĂąte de verre ou en cĂ©ramique Ă  la fonction apotropaĂŻque : ils avaient comme finalitĂ© d’éloigner les mauvais esprits[47] et de protĂ©ger les porteurs de ces bijoux ou leurs demeures. Ces objets proviennent des fouilles des nĂ©cropoles puniques[54].

Certains des masques de pĂąte de verre Ă©maillĂ©e ont appartenu Ă  des colliers, car la suspension en a Ă©tĂ© conservĂ©e. Les plus anciens datent du VIe siĂšcle av. J.‑C. et sont surtout diffusĂ©s aux IVe ‑ IIIe siĂšcle av. J.‑C.[55].

Un certain nombre de masques de cĂ©ramique sont conservĂ©s : ils appartiennent Ă  une mĂȘme sĂ©rie mais possĂšdent des variations de dĂ©tails.

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Un masque grimaçant au crĂąne dĂ©garni (VIe ou IVe siĂšcle av. J.-C.) possĂšde des incisions sur le visage. Un autre masque possĂšde des yeux en demi-lune et a un rictus, tandis qu’un dĂ©cor gĂ©omĂ©trique orne son front. Quatre lignes sont tracĂ©es sur les joues. L’objet d’inspiration mĂ©sopotamienne et plus prĂ©cisĂ©ment assyrienne devait ĂȘtre peint en rouge[57]. Le visage a fait Ă©voquer « une expression d’hilaritĂ© sardonique Â»[54]. Un autre masque (milieu du VIe siĂšcle av. J.-C.) affiche une attitude sereine et souriante. Sur la chevelure et la barbe, des cercles ont Ă©tĂ© tracĂ©s avant la cuisson[55]. Un masque nĂ©groĂŻde (fin du VIIe-VIe siĂšcle av. J.-C.) a un rictus et un motif de croissant et de disque sur le front[54].

Un masque de dĂ©mon Ă  demi-animal se diffĂ©rencie des Ɠuvres prĂ©cĂ©dentes : la crĂ©ature a des oreilles taurines, une longue barbe et des trous dans les yeux et la bouche ; un anneau nĂ©zem devait Ă©galement se trouver dans le nez. L’influence grecque est marquĂ©e sur cet objet[58] qui date du IIe siĂšcle av. J.‑C.[54].

Le dĂ©partement contient Ă©galement des protomĂ©s dont certains ont une influence Ă©gyptienne (VIe siĂšcle av. J.-C.), d’autres une influence grecque. Les plus anciens, qui reprĂ©sentent des jeunes femmes au visage ovale et aux yeux en amande, ressemblent aux momies mĂȘme si le sourire qu’elles arborent fait penser Ă  celui des CorĂ©s archaĂŻques[55].

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Céramiques, bijoux et divers matériels découverts dans les tombes puniques

Le musĂ©e possĂšde en outre une collection d’objets artisanaux, des cĂ©ramiques diverses dont certaines en forme de biberon, des objets en bronze ou ivoire et de somptueux bijoux retrouvĂ©s dans les fouilles des nĂ©cropoles.

Galet avec gravure d’un visage, reprĂ©sentation d’une divinitĂ©.
Galet bétyle, granit

Il s’y trouve une ƓnochoĂ© anthropoĂŻde avec une tĂȘte de femme enceinte, aux cheveux ondulĂ©s sous le bec, qui porte un collier et a des bras grĂȘles ramenĂ©s sur la panse du vase. Les seins sont en haut de la panse et des traces de peinture Ă©voquent le vĂȘtement et des bracelets. L’Ɠuvre, d’influence chypriote, est datĂ©e du IIIe siĂšcle av. J.‑C.[60] et a Ă©tĂ© dĂ©couverte Ă  Beni Nafaa, prĂšs de Bizerte[61].

Dans une vitrine se trouve un lagynos-askos avec reprĂ©sentation d’une tĂȘte de taureau, imitation carthaginoise d’un prototype d’Alexandrie (IVe ‑ IIIe siĂšcles av. J.‑C.)[62]. Non loin se trouve un vase Ă  onguents en pĂąte de verre, d’une hauteur de neuf centimĂštres, datĂ© des VIIe ‑ VIe siĂšcles av. J.‑C.[63].

Le musĂ©e possĂšde aussi des cĂ©ramiques fabriquĂ©es ailleurs : cĂ©ramiques Ă©trusques dites bucchero du VIIe siĂšcle av. J.‑C. mais aussi des cĂ©ramiques d’origine grecque et corinthiennes des VIIe ‑ VIe siĂšcles av. J.‑C., attique des VIe ‑ Ve siĂšcles av. J.‑C.[64].

On y trouve aussi des objets Ă  finalitĂ© religieuse flagrante, ainsi un Galet de granit avec tĂȘte humaine Ă  fonction de bĂ©tyle (demeure du dieu), d’une hauteur de 32 centimĂštres, d’une Ă©paisseur de 28 centimĂštres et datĂ© du Ve siĂšcle av. J.‑C.[65], mais aussi des amulettes Ă  la forme de divinitĂ©s Ă©gyptiennes chargĂ©es de protĂ©ger les dĂ©funts — Ptah, Isis, Khnoum et BĂšs — ainsi que des reprĂ©sentations de l’ƒil Oudjat[66].

Le musĂ©e recĂšle en outre des sceaux en or avec usage de pierres semi-prĂ©cieuses, jaspe ou cornaline, et dĂ©cor figurant souvent le dieu BĂšs. La forme utilisĂ©e Ă©tait souvent le scarabĂ©e, avec des importations Ă©gyptiennes au VIIe siĂšcle av. J.‑C. mais remplacĂ©es par des productions locales dĂšs le Ve siĂšcle av. J.‑C.[67]. Il s’y trouve aussi un peigne en ivoire d’une largeur de dix centimĂštres, avec figure de sphinx et fleurs de lotus, datĂ© du VIe siĂšcle av. J.‑C.[68].

L’une des piĂšces maĂźtresses du musĂ©e est la Cuirasse de Ksour Essaf datĂ©e de la fin du IIIe siĂšcle av. J.‑C., une cuirasse campanienne ou apulienne dĂ©couverte en ByzacĂšne, dans un cercueil d’un vĂ©tĂ©ran des guerres puniques. Une tĂȘte de Minerve y est reprĂ©sentĂ©e avec deux boucliers dans la partie supĂ©rieure[69].

Une sĂ©rie de hachettes rasoir en bronze, avec dĂ©cor religieux, a Ă©tĂ© dĂ©couverte dans des fouilles de sĂ©pultures[70]. Le manche prĂ©sente une forme de col de cygne ou de canard, le dĂ©cor ayant une influence Ă©gyptienne marquĂ©e et portant des scĂšnes et symboles religieux. L’objet avait sans doute une finalitĂ© religieuse et pouvait ĂȘtre portĂ© en pendentif[71].

Les bijoux puniques sont prĂ©sentĂ©s dans une annexe de la salle de Virgile. Issus de fouilles de nĂ©cropoles de divers sites archĂ©ologiques (Carthage, Utique et Kerkouane), les bijoux remontent pour certains d’entre eux Ă  une trĂšs haute Ă©poque (VIIe siĂšcle av. J.‑C.) Les plus beaux colliers datent de la deuxiĂšme moitiĂ© du VIIe siĂšcle av. J.‑C. et du VIe siĂšcle av. J.‑C. et furent passĂ©s de mode au (IVe siĂšcle av. J.‑C.), remplacĂ©s par des Ă©lĂ©ments plus simples[72] : on y trouve des colliers, des boucles d’oreilles, des bagues mais aussi des porte-amulettes[73] dont l’un en or d’une hauteur de cinq centimĂštres possĂšde une tĂȘte Ă  effigie de Sekhmet. On y trouve Ă©galement une bande en or avec une scĂšne Ă©gyptisante[74].

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Inscriptions libyques et éléments architecturaux ou décoratifs

Le musĂ©e possĂšde quelques inscriptions et Ă©lĂ©ments trĂšs importants pour la connaissance de l’histoire et de la religion punique.

Il contient en particulier une inscription monumentale provenant d’un sanctuaire de Dougga dĂ©diĂ© Ă  Massinissa[Inv 11], mise au jour en 1904, et revĂȘtue de cinq lignes en punique et cinq lignes en libyque[75]. Cette inscription, qui mentionne des fonctionnaires avec des charges administratives et militaires, a Ă©tĂ© datĂ©e de 139 av. J.-C., sous le rĂšgne de Micipsa[76]. AĂŻcha Ben Abed propose de la dater de 126 av. J.-C.[73]. Mohamed Yacoub suggĂšre pour sa part la date de 139 av. J.-C[77]. La date de 138 av. J.-C. a elle aussi Ă©tĂ© avancĂ©e[75].

Le site de l’actuelle BĂ©ja, l’antique Vaga, a fourni un bas-relief prĂ©sentant un groupe de sept divinitĂ©s libyques[Inv 12],[73] connues aussi sous le nom de Dii Mauri[78]. Cette reprĂ©sentation est unique Ă  l’heure actuelle. Des divinitĂ©s au visage mutilĂ© sont reprĂ©sentĂ©es : Bonchor au milieu, Varsissima et Vihinam, Macurgum Ă  droite et Matilam Ă  gauche. Deux dieux cavaliers flanquent le bas-relief : Magurtam Ă  gauche et Lunam Ă  droite. L’Ɠuvre date du IIIe siĂšcle[79].

Chambranle de Chaoud El Battan tel que représenté dans le Catalogue du Musée Alaoui en 1897.
Chambranle de Chaoud El Battan, Catalogue du Musée Alaoui, 1897

Un chambranle de porte en grĂšs datĂ© du IVe-IIIe siĂšcle av. J.-C. (1,605 mĂštre de haut, cinquante centimĂštres de large sur vingt centimĂštres d’épaisseur), dĂ©corĂ© d’un pilastre d’angle Ă©olien, provient d’un mausolĂ©e. La pierre a Ă©tĂ© dĂ©couverte Ă  Chaoud El Battan, prĂšs de Medjez el-Bab[77].

Art classique

Sculptures

Le musĂ©e abrite une importante collection de sculptures romaines qui sont principalement organisĂ©es en deux groupes, mĂȘme si on en trouve dans un grand nombre de salles.

StÚles et sculptures entre tradition numide et romanité

Les stĂšles tĂ©moignent de la continuitĂ© d’une culture locale, Ă  cĂŽtĂ© d’un art officiel. Cependant, mĂȘme si les conventions classiques finissent par se dĂ©velopper Ă  partir du rĂšgne des Antonins, les sculptures africaines conservent des spĂ©cificitĂ©s jusqu’à la fin de l’AntiquitĂ©[80].

Alignement contre un mur de sept stĂšles de calcaire dites de la Ghorfa.
Partie des stĂšles dites « de la Ghorfa Â» exposĂ©es au Bardo

Le protomĂ© de lion est une piĂšce de calcaire datĂ©e du Ier siĂšcle et qui se rattache Ă  la tradition numido-punique[81]. DĂ©gagĂ© en 1952 dans la nĂ©cropole nord-est du site archĂ©ologique de Makthar, il devait orner un monument funĂ©raire. Par la maniĂšre dont le sujet est traitĂ©, en particulier la mise en valeur des yeux et de la criniĂšre, c’est un exemple remarquable de la statuaire dans l’espace de la future Tunisie Ă  l’époque prĂ©-romaine[82]. Les stĂšles dites de la Ghorfa[Inv 13], datĂ©es de la fin du Ier siĂšcle au dĂ©but du IIe siĂšcle, issues d’une large sĂ©rie de stĂšles de calcaire dĂ©couvertes Ă  Maghrawa et rĂ©parties principalement entre le British Museum, le Bardo et le musĂ©e du Louvre, prĂ©sentent toutes une configuration semblable et tĂ©moignent du syncrĂ©tisme Ă  l’Ɠuvre dans l’Afrique romaine[83]. Les exemplaires du Bardo proviennent d’une collection privĂ©e[84]. DotĂ©es d’un sommet de forme triangulaire, elles sont divisĂ©es en trois registres stĂ©rĂ©otypĂ©s et superposĂ©s, « reprĂ©sentation hiĂ©rarchisĂ©e du cosmos Â»[78]. Le registre supĂ©rieur laisse apparaĂźtre les divinitĂ©s sous forme humaine, comme Saturne ou Tanit. La partie centrale prĂ©sente un fronton de temple avec le ou la dĂ©dicant, Ă  proximitĂ© d’un autel. Le registre infĂ©rieur figure une scĂšne de sacrifice, avec l’animal sacrifiĂ© et parfois le sacrificateur[85],[86].

Couloir des sarcophages
Statue d’Hercule de Massicault avec la peau du lion de NĂ©mĂ©e sur la tĂȘte et le dos et un bouquet de cĂ©rĂ©ales dans la main droite.
Hercule de Massicault, marbre blanc, 2,02 m, seconde moitiĂ© du IIIe siĂšcle

Le couloir contient un certain nombre de stĂšles et de sarcophages d’époque romaine.

Le sarcophage des neuf Muses[Inv 14] provient de Ghar El Melh et date du IIIe siĂšcle. Avec les Ă©lĂ©ments qui les caractĂ©risent, les Muses sont associĂ©es par groupes de deux ou trois, afin d’éviter la monotonie[87].

Le sarcophage des quatre saisons[Inv 15] provient de Carthage et date du IVe siĂšcle. Le sarcophage, trĂšs bien conservĂ©, prĂ©sente deux groupes de saisons avec leurs attributs autour du jeune dĂ©funt vĂȘtu d’un pallium et muni d’un parchemin. Il a, Ă  ses pieds, une boĂźte destinĂ©e Ă  ranger son matĂ©riel et, proches de lui, des rouleaux de parchemin. Le sarcophage est dĂ©muni d’épitaphe. Le dĂ©funt est prĂ©sentĂ© tel un hĂ©ros et les saisons Ă©voquent une idĂ©e de rĂ©surrection[88].

Un autre sarcophage figure une porte du tombeau[Inv 16], ou de préférence celle du Paradis selon Yacoub, avec un fronton et deux colonnes à chapiteaux corinthiens. Daté du IIIe siÚcle, il a été trouvé à Korba. Un homme en toge est figuré à droite, une femme voilée à gauche[89].

Le sarcophage des trois GrĂąces[Inv 17] provient de Oued Rmel et date du dĂ©but du IIIe siĂšcle. Les trois GrĂąces, nues et enlacĂ©es, sont entourĂ©es de deux groupes de saisons reprĂ©sentĂ©es sous forme masculine : le Printemps et l’ÉtĂ© Ă  droite, l’Automne et l’Hiver. Le nombre total de divinitĂ©s est de sept et l’idĂ©e sous-jacente est la rĂ©surrection et la survie[90].

Le musĂ©e contient par ailleurs des caissons funĂ©raires provenant de Bulla Regia, qui sont de composition maladroite. Il s’y trouve aussi un clipeus[Inv 18] avec une couronne de laurier et d’autres Ă©lĂ©ments de dĂ©cor, bordĂ© par des sculptures des signes du Zodiaque. La piĂšce provient d’Utique et date du IIe siĂšcle[91].

La statue Hercule dit de Massicault[Inv 19] (trouvĂ©e Ă  Borj El Amri)[83] est l’une des Ɠuvres les plus rĂ©alistes du musĂ©e : l’homme est debout, portant une tunique et une peau de lion sur le dos et sur sa tĂȘte. Il tient du blĂ© et du pavot ; un chien CerbĂšre se trouve Ă  ses cĂŽtĂ©s. Il portait Ă©galement une massue qui n’existe plus. Gilbert Charles-Picard y a vu un initiĂ© aux mystĂšres d'Éleusis, culte Ă  la fois agraire et liĂ© au retour Ă  la vie[92]. Le corps est traitĂ© sans relief alors que le visage est d’un rĂ©alisme remarquable (deuxiĂšme moitiĂ© du IIIe siĂšcle)[93].

La stĂšle Ă  Saturne dite StĂšle Boglio[Inv 20] a Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  Siliana et datĂ©e prĂ©cisĂ©ment du 28 avril 195[94] ou d’une fourchette entre 284 et 310 selon Yacoub. L’Ɠuvre est majeure pour la connaissance du Saturne africain. Elle prĂ©sente cinq registres superposĂ©s : le plus Ă©levĂ© prĂ©sente le dieu sous forme d’un aigle, en dessous duquel deux Victoires entourent une dĂ©dicace Ă  la divinitĂ© ; le second registre prĂ©sente Saturne sur un taureau entourĂ© des Dioscures ; les trois autres registres prĂ©sentent le dĂ©dicant nommĂ© Cuttinus sur une inscription. Cuttinus, accompagnĂ© de sa famille, accomplit le sacrifice sur un registre. Les deux derniĂšres scĂšnes prĂ©sentent l’activitĂ© agricole de labours et de moissons, le domaine semblant prospĂšre[95].

La StĂšle de prĂȘtresse des Cereres punicae[Inv 21] a Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  Makthar et datĂ©e du Ier siĂšcle. La prĂȘtresse y est munie d’attributs du culte, d’épis de blĂ© et d’un caducĂ©e. Deux serpents figurent dans le registre infĂ©rieur autour d’un panier d’offrandes ; le troisiĂšme registre figure une laie destinĂ©e au sacrifice ; le dernier figure des instruments nĂ©cessaires Ă  la cĂ©rĂ©monie[96].

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Portraits des empereurs romains
Buste de Lucius Verus provenant de Dougga et réalisé en marbre.
Lucius Verus, Dougga, marbre

La salle des portraits d’empereurs romains prĂ©sente, Ă  la diffĂ©rence du portrait grec, la sculpture romaine qui tend Ă  reproduire le modĂšle sans l’idĂ©aliser ni le diviniser, c’est-Ă -dire dans sa stricte vĂ©ritĂ© et avec beaucoup de rĂ©alisme.

Parmi les empereurs reprĂ©sentĂ©s figurent Auguste[Inv 22], piĂšce qui provient d’El Jem, dont la coiffure est reprĂ©sentĂ©e par des mĂšches en « queue d’aronde Â» au milieu de la frange. Le buste de Vitellius trouvĂ© Ă  Althiburos[Inv 23] comporte une tĂȘte massive, aux joues pleines et Ă  la chevelure courte, et un cou fort. Pour sa part, Vespasien[Inv 24] est reprĂ©sentĂ© Ă  la fin de sa vie avec un front dĂ©garni et le visage ridĂ© ; cette piĂšce provient du site de Bulla Regia et a Ă©tĂ© retrouvĂ©e au fond d’un puits dans la cour du sanctuaire consacrĂ© Ă  Apollon[97]. Trajan[Inv 25] comporte une tĂȘte sculptĂ©e en deux morceaux. Sa coiffure est simplifiĂ©e avec des mĂšches Ă©paisses descendant sur le front, une bouche serrĂ©e et une courbure caractĂ©ristique de ses sourcils ; cette piĂšce provient du site de Thuburbo Majus. On connaĂźt moins d’élĂ©ments sur la reprĂ©sentation d’Hadrien[Inv 26], dont la provenance est inconnue. Marc AurĂšle[Inv 27] provient quant Ă  lui de Carthage.

Le buste de Lucius Verus[Inv 28] provenant de Dougga est particuliĂšrement remarquable : il est reprĂ©sentĂ© avec une ample coiffure et une barbe fournie, avec une vivacitĂ© dans le regard qui en fait l’une des Ɠuvres majeures de la statuaire dĂ©couverte Ă  ce jour dans l’Afrique romaine. RĂ©alisĂ©e en marbre de Carrare, le buste possĂšde encore des traces de polychromie dans les cheveux[98].

Pour sa part, Septime SĂ©vĂšre[Inv 29] possĂšde quatre mĂšches sur son front qui rappellent l’iconographie de Jupiter-Sarapis ; sa barbe se divise en deux pointes sous le menton (provenance de Chaoud El Battan). Caracalla[Inv 30] est reprĂ©sentĂ© jeune, avec des favoris (provenance de Thuburbo Majus). Enfin, Gordien[Inv 31] a sa tĂȘte traitĂ©e dans un style rĂ©aliste et son visage exprime une profonde amertume et une certaine dĂ©sillusion ; son front est ceint d’une couronne de laurier. Cette piĂšce a Ă©tĂ© retrouvĂ©e sur le site de Carthage.

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Salle de Bulla Regia
Statue d’Apollon alangui avec une cithare sur le cĂŽtĂ© duquel est sculptĂ© Marsyas.
Apollon citharĂšde, 3,07 m, traces de peinture rouge

Du site de Bulla Regia provient une statue d’Apollon citharĂšde datant du IIe siĂšcle[Inv 32], trouvĂ©e dans le temple d’Apollon avec deux autres statues d’Esculape et de CĂ©rĂšs. Le dieu est dans une posture alanguie alors que sur la cithare est reprĂ©sentĂ© un barbare qui aiguise le couteau qui, dans le mythe, servira Ă  punir Marsyas, satyre qui avait osĂ© dĂ©fier le dieu dans un concours[99] et qui est pendu Ă  un arbre. Sur la statue persistent des traces de peinture rouge ; le dieu est vĂȘtu d’un simple drapĂ©[100].

Esculape est reprĂ©sentĂ© en homme mĂ»r[Inv 33] dans la niche de droite, CĂ©rĂšs[Inv 34] pour sa part porte un diadĂšme et une tunique ainsi qu’un manteau ; elle portait des attributs qui ont Ă©tĂ© perdus[101].

Une belle statue de Minia Procula[Inv 35], prĂȘtresse du culte impĂ©rial, se situe dans la mĂȘme salle ; elle date de la fin du IIe-dĂ©but du IIIe.

Au centre de la salle, on trouve Ă©galement une statue acĂ©phale de Minerve-Victoire[Inv 36] vĂȘtue d’une longue tunique Ă  rabat retenue sous les seins par un cordon, le corps en appui sur la jambe gauche. Elle porte une couronne, une corne d'abondance, un bouclier et une lance[102].

La statue de Saturne[Inv 37] porte une couronne tourelĂ©e et une corne d’abondance[102].

Il s’y trouve aussi une petite Herculanaise[Inv 38], statue Ă  but funĂ©raire, avec une tunique et le bras enveloppĂ© par un manteau[102].

La salle contient aussi des statues de Marc AurĂšle et de Lucius Verus[Inv 39], laurĂ©s et dans une attitude hĂ©roĂŻque. Les deux Ă©pouses des empereurs Ă©taient reprĂ©sentĂ©es en CĂ©rĂšs, vĂȘtues d’une tunique et d’un manteau[Inv 40] (deuxiĂšme moitiĂ© du IIe siĂšcle ap. J.-C.)[103].

Le musĂ©e abrite enfin une statue de citoyen, revĂȘtu d’une toge ou togatus, datĂ©e du second quart du IIIe siĂšcle et provenant de Dougga : l’homme reprĂ©sentĂ© est relativement ĂągĂ© et la statue est sans doute une Ɠuvre ancienne remise au goĂ»t du jour[98]. La jambe gauche est flĂ©chie, l’homme en appui sur sa jambe droite. À ses pieds se trouve un coffre contenant des parchemins. Sa barbe est rendue par un piquetage du marbre et son Ăąge par des yeux enfoncĂ©s de façon rĂ©aliste[104].

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Carthage romaine
Vue de la salle de Carthage avec l’autel de la gens augusta au premier plan et la statue d’impĂ©ratrice Ă  l’arriĂšre-plan.
Salle de Carthage
Torse de Jupiter capitolin avec un bras levĂ© et l’autre tendu.
Jupiter capitolin, marbre
Grande statue de terre cuite représentant un soldat.
Grande statue de terre cuite, terre cuite
Statue d’Hadrien hĂ©roĂŻsĂ© vue de façon plongeante.
Hadrien héroïsé, marbre

La salle de la Carthage romaine, constituant Ă  l’origine le patio du palais, occupe une importante superficie oĂč sont exposĂ©es de nombreuses statues en provenance de Carthage et datĂ©es pour la plupart des IIe et IIIe siĂšcles. Cependant, on y trouve Ă©galement des statues en provenance d’autres sites, comme Utique, Oudna ou Dougga, de mĂȘme que des piĂšces telles que des pavements de mosaĂŻques et des bas-reliefs.

La statue d’Apollon[Inv 41] de 2,40 mĂštres de haut provient du thĂ©Ăątre de Carthage (IIe siĂšcle). PlacĂ©e dans l’escalier reliant le rez-de-chaussĂ©e au premier Ă©tage, le reprĂ©sente le dieu couronnĂ© de lauriers et prĂšs duquel se trouve le trĂ©pied delphique[105]. La statue porte des traces de peinture rouge. La divinitĂ©, aux cheveux ondulĂ©s et ornĂ©s d’une couronne ainsi que d’une gemme, a une jambe flĂ©chie et un drapĂ© sur l’épaule[106].

La Statue colossale de Jupiter capitolin[Inv 42] est une rĂ©plique de Zeus brandissant la foudre et tenant vraisemblablement Ă  la main gauche un sceptre ; elle provient de l’odĂ©on de Carthage[107].

Une Grande statue en terre cuite de l’époque tĂ©trarchique ou de Constantin, a Ă©tĂ© fortement restaurĂ©e : elle reprĂ©sente un officier romain en costume militaire, revĂȘtu d’une cuirasse de cuir Ă  manche courte sans dĂ©coration avec deux rangs de ptĂ©ryges avec, par-dessus la cuirasse, un manteau nouĂ© sur l’épaule droite et recouvrant en diagonale la poitrine. Ses pieds sont chaussĂ©s de sandales dĂ©corĂ©es. L’homme a une tĂȘte puissante couverte d’une chevelure bouclĂ©e. Elle a Ă©tĂ© retrouvĂ©e Ă  Oued Zarga dans le gouvernorat de BĂ©ja[108].

Le musĂ©e abrite Ă©galement des Ɠuvres de bronze dont Bacchus en bronze[Inv 43] qui provient de Thibar et qui reprĂ©sente Bacchus en enfant ; le dieu est nu, debout et dĂ©hanchĂ© en prenant appui sur la jambe droite, la gauche Ă©tant lĂ©gĂšrement flĂ©chie. Il tient d’une main une corne Ă  boire et de l’autre un sceptre. Sa chevelure retombe sur les Ă©paules en mĂšches souples et longues. Hercule en bronze[Inv 44], pour sa part, date de la fin du IIe-dĂ©but du IIIe siĂšcle et reprĂ©sente Hercule ivre ; ce dernier est nu avec des formes massives. Il brandit d’une main une grande massue et, de l’autre, tient son pĂ©nis en arrosant le sol. Son torse est renversĂ© vers l’arriĂšre, sa tĂȘte est massive et carrĂ©e et sa chevelure courte et dense est ceinte d’un ruban. Hercule est souvent reprĂ©sentĂ© ivre et en train d’uriner car le fils de Zeus et d’AlcmĂšne a toujours oscillĂ© entre la vie vertueuse et un penchant vers la dĂ©bauche[109].

La statue de DĂ©mĂ©ter provient de la maison dite « de la cachette Â» et date du IIe siĂšcle. Mesurant 1,05 mĂštre de haut, le lot avait Ă©tĂ© mis Ă  l’abri dans une cachette, recouverte d’une mosaĂŻque, dans l’actuel parc archĂ©ologique des thermes d’Antonin de Carthage[110]. Par ailleurs, une impĂ©ratrice romaine reprĂ©sente sans doute Faustine II, Ă©pouse de Marc AurĂšle[Inv 45], sous les traits de la dĂ©esse de l’amour. Il manque les mains et les avant-bras Ă  cette statue de 2,65 mĂštres de haut[111].

L’empereur Hadrien hĂ©roĂŻsĂ©[Inv 46] montre l’empereur Hadrien reprĂ©sentĂ© nu, un large manteau drapĂ© (en principe rouge) jetĂ© sur l’épaule en signe de pouvoir suprĂȘme ; la statue provient de l’odĂ©on de Carthage[112]. La mĂȘme salle contient une statue d’Isis[Inv 47], provenant de Carthage, avec un diadĂšme en forme de disque au-dessus de la tĂȘte et un Hercule vĂȘtu de la peau du lion de NĂ©mĂ©e[Inv 48] provenant du thĂ©Ăątre de Carthage.

La VĂ©nus pudique[Inv 49] reprĂ©sente la dĂ©esse de l’amour se cachant le sein avec sa main droite et relevant sa toge avec la gauche. Elle a Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  l’odĂ©on de Carthage et peut s’apparenter Ă  la cĂ©lĂšbre VĂ©nus de Milo[112]. Le mĂȘme lieu a aussi livrĂ© un Jupiter-Sarapis et une statue de Junon qui utilise la technique de la draperie mouillĂ©e.

L’Autel de la Gens Augusta[Inv 50] est un autel sacrificiel situĂ© au centre de la piĂšce. DĂ©couvert sur le flanc de la colline de Byrsa, il a Ă©tĂ© datĂ© du Ier siĂšcle av. J.‑C.-Ier siĂšcle ap. J.-C.. Il est ornĂ© de bas-reliefs sur ses quatre cĂŽtĂ©s ; il est possible de relever sur l’un d’entre eux une reprĂ©sentation de la prĂ©paration d’un taurobole et sur un autre la fuite d’ÉnĂ©e, ancĂȘtre mythique des Romains, accompagnĂ© de son pĂšre Anchise et de son fils Ascagne. Les deux derniers cĂŽtĂ©s reprĂ©sentent pour l’un une reprĂ©sentation de Rome casquĂ©e faisant face Ă  des armes et Ă  un autel ornĂ© d’une corne d’abondance, pour l’autre Apollon, divinitĂ© protectrice de la gens, assis sur un trĂ©pied[113]. L’autel provient d’un atelier de Rome ; il est datable de la mĂȘme Ă©poque que l’Autel de la paix d'Auguste. C’est aussi un manifeste de l’art augustĂ©en, « alliance entre le rĂ©alisme romain et l’idĂ©alisme grec Â» selon Mohamed Yacoub[114].

La Statue d’une dĂ©funte[Inv 51] est une Ɠuvre de qualitĂ© situĂ©e hors du patio. Elle reprĂ©sente une femme debout au corps lĂ©gĂšrement dĂ©hanchĂ© ; cette attitude est habituellement dĂ©signĂ©e par le terme de « petite herculanaise Â». Sa coiffure est combinĂ©e suivant le mode en vogue pendant la deuxiĂšme moitiĂ© du IIe siĂšcle. Cette statue, qui a Ă©tĂ© dressĂ©e sur un socle comprenant une Ă©pitaphe, oĂč on reconnaĂźt le nom de la dĂ©funte Innula (petite biche) et de son mari Titus Arranius Commodus, provient du site antique de HaĂŻdra et a sans doute Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  Rome[115].

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Autres Ɠuvres Ă©parpillĂ©es dans le musĂ©e
Gros plan du pilier de schiste représentant un Libyen avec une natte caractéristique au milieu du visage.
TĂȘte de Libyen en schiste

Les diverses piĂšces du musĂ©e contiennent des sculptures romaines, qu’il est difficile de citer dans leur ensemble.

La salle de Sousse accueille une TĂȘte colossale de Jupiter[Inv 52], mesurant 1,35 mĂštre pour 1,2 tonne, et un pied gĂ©ant chaussĂ© d’une sandale. Tous deux appartiennent Ă  une statue de Jupiter atteignant sept mĂštres de hauteur et ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans les ruines du capitole de Thuburbo Majus[116]. La statue date du IIIe siĂšcle[117].

Autre Ă©lĂ©ment important en taille, le MausolĂ©e de stuc et de plĂątre des officiales de Carthage (milieu du IIe siĂšcle)[Inv 53]. RetrouvĂ© dans le cimetiĂšre des officiales de Carthage, il possĂšde des ornements sur ses cĂŽtĂ©s : une scĂšne d’adventus de lĂ©gat, des faisceaux et chaises curules ainsi qu’un Éros funĂšbre[118],[119],[120].

Les thermes d’Antonin de Carthage ont aussi livrĂ© deux piliers hermaĂŻques de schiste noir ornĂ©s d’une tĂȘte de Libyen, dont l’un possĂšde une natte et l’autre une tĂȘte aux caractĂšres nĂ©groĂŻdes marquĂ©s (milieu du IIe siĂšcle)[121].

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MosaĂŻques

Perspective dans le dĂ©partement des mosaĂŻques romaines vu de l’escalier d’accĂšs avec des mosaĂŻques au mur et une statue d’Apollon au fond.
Perspective dans le département des mosaïques romaines

Le musĂ©e est connu dans le monde entier pour abriter l’une des plus importantes collections de mosaĂŻques romaines. Les Ɠuvres exposĂ©es tĂ©moignent des thĂ©matiques dĂ©veloppĂ©es par les mosaĂŻstes : les thĂšmes religieux et mythologiques cohabitent avec des thĂ©matiques profanes, ainsi de nombreuses scĂšnes de la vie quotidienne.

Vie quotidienne
MosaĂŻque en forme d’hexagone des jours et du zodiaque avec reprĂ©sentation de personnifications des jours au centre et des signes du zodiaque sur le pourtour.
MosaĂŻque des jours et du zodiaque
Vue gĂ©nĂ©rale de la mosaĂŻque du seigneur Julius reprĂ©sentant la villa et diverses scĂšnes de la vie agricole du domaine Ă  divers moments de l’annĂ©e.
Domaine du seigneur Julius
Vue de la mosaĂŻque reprĂ©sentant une matrone entourĂ©e de ses deux servantes l’aidant Ă  se prĂ©parer.
Matrone Ă  sa toilette

Le musée contient des mosaïques avec des scÚnes rurales et des représentations de riches domaines agricoles.

Les MosaĂŻques de la villa des Laberii Ă  Oudna, exposĂ©es dans la salle de Carthage, datent du dĂ©but du IIIe siĂšcle. L’une des mosaĂŻques, trouvĂ©e dans l’atrium d’une villa, reprĂ©sente diverses scĂšnes de la vie rurale[Inv 54] : un troupeau avec un berger, une scĂšne de puits et une scĂšne de labour. D’autres scĂšnes rurales et de chasse y sont Ă©galement prĂ©sentĂ©es, offrant un exposĂ© remarquable de la vie rurale dans la Tunisie romaine. L’autre mosaĂŻque reprĂ©sente un thĂšme mythologique avec Dionysos faisant le don de la vigne Ă  Ikarios[Inv 55] ; le reste du pavement montre un riche dĂ©cor vĂ©gĂ©tal et de petits Amours, chaque angle Ă©tant occupĂ© par un cratĂšre d’oĂč sortent des troncs[122].

La MosaĂŻque d’El Alia[Inv 56], qui reprĂ©sente un paysage champĂȘtre italien et un paysage Ă©gyptien, provient d’un Ɠcus. Le pavement dĂ©crit un paysage autour du fleuve, une plaine inondĂ©e et des fermes, enclos, huttes et sanctuaires. Il y a aussi des scĂšnes de pĂȘche et rustiques[123]. Parmi les dĂ©tails figurĂ©s se trouvent une hutte en paille et un sanctuaire aux pieds d’un rocher. DatĂ©e de 110-120 et considĂ©rĂ©e par Gilbert Charles-Picard comme l’une des plus anciennes mosaĂŻques conservĂ©es sur le territoire de l’actuelle Tunisie[124], elle a Ă©tĂ© restaurĂ©e pour partie au IIIe siĂšcle. La MosaĂŻque des jours et du zodiaque de Bir Chana (proche de Zaghouan) est datĂ©e du dĂ©but du IIIe siĂšcle[Inv 57]. Au milieu du pavement de la mosaĂŻque de forme hexagonale sont reprĂ©sentĂ©s les sept jours de la semaine, les cĂŽtĂ©s Ă©tant occupĂ©s par des reprĂ©sentations des signes du Zodiaque sur un fond jaune[125]. Au centre se trouve figurĂ© Saturne, seule reprĂ©sentation assurĂ©e de la divinitĂ© sur ce type de support. Tous les dieux Ă  part Mercure ont Ă  leur cĂŽtĂ© un animal symbolique[126].

Le Domaine du seigneur Julius[Inv 58] est l’une des piĂšces maĂźtresses du musĂ©e. Elle reprĂ©sente un grand domaine au milieu duquel se dresse une villa entourĂ©e de scĂšnes rĂ©parties sur trois registres, Ă©voquant Ă  la fois les activitĂ©s du domaine agricole aux diffĂ©rentes saisons et celles des propriĂ©taires des lieux. Sur le registre central, Ă  gauche, le propriĂ©taire arrive Ă  cheval suivi d’un valet. À droite, un dĂ©part pour la chasse est aussi reprĂ©sentĂ©. Dans le registre supĂ©rieur, le tableau offre des scĂšnes Ă©voquant l’hiver et l’étĂ©. Au centre, on voit la femme du propriĂ©taire dans un bois ombragĂ© de cyprĂšs. Enfin, dans le registre infĂ©rieur, on voit la maĂźtresse appuyĂ©e Ă  gauche sur une colonne et le maĂźtre du domaine assis Ă  droite dans un verger qui reçoit de la main d’un serviteur une lettre sur laquelle on lit D(omi) no Ju(lio) (Au seigneur Julius). Cette Ɠuvre date de la fin du IVe siĂšcle ou du dĂ©but du Ve siĂšcle et provient de Carthage. L’Ɠuvre a pu ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le document le plus complet sur l’économie et la sociĂ©tĂ© de l’Afrique romaine[127]. La taille de la bĂątisse reprĂ©sentĂ©e au centre de la composition Ă©voque la concentration du pouvoir Ă©conomique dans les mains d’un petit nombre de propriĂ©taires terriens dans l’AntiquitĂ© tardive : la bĂątisse est fortifiĂ©e avec un rez-de-chaussĂ©e dĂ©pourvu de fenĂȘtres et possĂšde des tours d’angle carrĂ©es[128]. DerriĂšre la villa, des coupoles Ă©voquent des thermes privĂ©s. Le symbolisme issu de l’Ɠuvre Ă©voque la richesse et la prospĂ©ritĂ© du propriĂ©taire du domaine[129].

Le site des thermes de Sidi Ghrib a livrĂ© un panneau de marbre et de calcaire, montrant l’activitĂ© d’une matrone au sortir du bain, prĂ©cĂ©demment exposĂ© au musĂ©e national de Carthage. Assise sur un siĂšge luxueux, elle est occupĂ©e Ă  sa toilette et entourĂ©e de deux servantes dont l’une tient un miroir et l’autre un panier contenant divers bijoux. Aux extrĂ©mitĂ©s de la mosaĂŻque, l’artiste a reprĂ©sentĂ© les accessoires nĂ©cessaires au bain : une paire de sandales, un panier de linge, un broc, etc[130]. Un autre panneau mosaĂŻquĂ© reprĂ©sentant le maĂźtre de maison partant Ă  la chasse[131] a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© pour sa part au palais prĂ©sidentiel de Carthage[132]. Ces reprĂ©sentations Ă  but d’affirmation sociale sont frĂ©quentes Ă  la fin de l’AntiquitĂ©[131].

Les mosaĂŻques de Tabarka, reprĂ©sentant des domaines et provenant d’une exĂšdre trilobĂ©e, datent de la fin du IVe siĂšcle. L’une reprĂ©sente la maison du maĂźtre, haute d’un Ă©tage, agrĂ©mentĂ©e de deux tours et d’un portique et entourĂ©e d’un jardin[Inv 59]. Une autre reprĂ©sente des Ă©curies (un cheval est attachĂ©) et une femme filant tout en gardant des moutons[Inv 60]. La derniĂšre reprĂ©sente des ceps de vigne, montĂ©s sur cerceaux entourĂ©s d’arbres fruitiers, ainsi que trois bĂątiments dont une ferme[Inv 61],[133].

La salle du jardin de Mahdia contient un immense pavement des mosaĂŻques qui reprĂ©sente des villas maritimes ; il a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© au dĂ©but du IVe siĂšcle et retrouvĂ© Ă  Carthage[Inv 62]. Y sont reprĂ©sentĂ©s des bĂątiments, des statues, des tourelles et des portiques. Un autre fragment reprĂ©sente une mer poissonneuse avec une NĂ©rĂ©ide. D’autres fragments reprĂ©sentent des Amours et une autre NĂ©rĂ©ide[134].

Pour sa part, le Catalogue de bateaux grĂ©co-romains[Inv 63] provient d’un atrium d’Althiburos. DatĂ© de la fin du IIIe-dĂ©but du IVe, le pavement reprĂ©sente une mer poissonneuse et des navires qui sont nommĂ©s en grec ou en latin[125]. Un dieu Fleuve et un dieu OcĂ©an sont situĂ©s sur chacun des deux cĂŽtĂ©s[135].

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Jeux du cirque et de l’amphithĂ©Ăątre

Le thĂšme des jeux du cirque et de l’amphithĂ©Ăątre est frĂ©quent, dĂ©montrant ainsi l’importance de ce caractĂšre du mode de vie dans l’Afrique romaine jusqu’à une Ă©poque tardive.

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La Course de char dans un cirque[Inv 64] reprĂ©sente le cirque romain pourvu d’un portique Ă  arcades oĂč s’entassent des spectateurs : quatre loges (carceres) Ă  droite avec, Ă  leurs entrĂ©es, quatre personnages en bronze et, au milieu, le socle de la spina autour duquel tournent les chars concurrents. La scĂšne de la course reprĂ©sente la phase finale de la compĂ©tition entre quatre quadriges aux couleurs des factions, le juge au milieu de la piste s’apprĂȘtant Ă  remettre la palme de la victoire tandis qu’un musicien joue la fanfare. Dans le reste de l’arĂšne, divers employĂ©s du cirque sont prĂ©sents : sparsores qui aspergent d’eau les chevaux et les chars et propulsores qui activent le train des attelages. Cette mosaĂŻque, datant du VIe siĂšcle, provient de Gafsa et avait un but commĂ©moratif[136].

Mosaïque avec un paon qui fait la roue sur un fond de motifs géométriques, au bas quatre chevaux représentent des factions du cirque.
Paon faisant la roue, chevaux des quatre factions du cirque et cylindres de prix, Carthage, IVe siĂšcle
MosaĂŻque reprĂ©sentant des membres de sodalitĂ©s autour d’une table et festoyant, au premier plan des taureaux dorment tandis que des domestiques disent aux convives de faire moins de bruit.
Bestiaires festoyant dans l’arùne, El Jem, IIIe siùcle

Plus soignĂ©e, la Course de char dans le cirque de Carthage[Inv 65] provient de Carthage et date de la fin du IIe-dĂ©but du IIIe. Elle poursuit nĂ©anmoins le mĂȘme but que la mosaĂŻque prĂ©cĂ©dente : l’enceinte sur deux niveaux est figurĂ©e en partie ; un velum protĂšge les spectateurs sur trois des cĂŽtĂ©s ; les sept vomitoria permettent l’accĂšs des spectateurs et deux Ă©difices Ă©taient peut-ĂȘtre destinĂ©s aux arbitres. Sur l’un des cĂŽtĂ©s sont figurĂ©s les carceres et la porte principale. Au milieu de l’arĂšne se dresse la spina. L’un des quatre quadriges va en sens inverse : c’est le vainqueur qui parade avec une palme dans la main. Le personnage avec une amphore tente d’arrĂȘter l’un des quadriges puisque le vainqueur est connu[137].

Le Paon faisant la roue, chevaux des quatre factions du cirque et cylindres de prix[Inv 66] a Ă©tĂ© trouvĂ© Ă  Carthage et datĂ© de la deuxiĂšme moitiĂ© du IVe siĂšcle. Le paon symbolisant la voĂ»te du ciel y est reprĂ©sentĂ© au milieu d’un damier oblique ; des cratĂšres sont figurĂ©s et des rinceaux d’acanthe en sortent. Quatre chevaux sont aussi reprĂ©sentĂ©s, sĂ©parĂ©s par des cylindres de prix d’oĂč sortent des vĂ©gĂ©taux qu’ils broutent[138]. Le cirque Ă©tait perçu comme une vue rĂ©duite de l’univers et l’aurige perçu comme une personnification du Soleil[139].

La mosaĂŻque dite Bestiaires festoyant dans l’arĂšne[Inv 67] est une Ɠuvre datĂ©e du dĂ©but du IIIe siĂšcle[140] provenant d’El Jem. Des convives sont reprĂ©sentĂ©s autour d’une table avec des domestiques devant eux dont l’un dit Silentiu(m) dormant tauri (« Silence ! Les taureaux dorment Â»). Au premier plan, des taureaux sont allongĂ©s. Les convives du banquet ont divers symboles Ă  leurs cĂŽtĂ©s[141] ; le bruit de la discussion aboutit au rĂ©veil de quelques animaux qui portent tous des symboles sur leur croupe[141]. Cette mosaĂŻque symbolise le poids des associations chargĂ©es d’organiser les jeux, dĂ©nommĂ©es sodalitĂ©s, dans l’Afrique romaine. Le mĂȘme thĂšme est Ă©galement prĂ©sent dans la mosaĂŻque reprĂ©sentant un lion entourĂ© de tiges de millet dĂ©couverte Ă  Uzita et datĂ©e de la premiĂšre moitiĂ© du IIIe siĂšcle[Inv 68]. Les ProtomĂ©s d’animaux d’amphithĂ©Ăątre[Inv 69], datĂ©s de la seconde moitiĂ© du IVe siĂšcle et provenant de Thuburbo Majus, se veut autre chose qu’un catalogue d’animaux de jeux. Elle avait un but commĂ©moratif, afin de rappeler un spectacle offert par un riche notable. Dans la sĂ©rie Ă  laquelle appartient la mosaĂŻque, le motif vĂ©gĂ©tal est trĂšs prĂ©sent[142]. ReprĂ©sentĂ©s dans des mĂ©daillons, le spectateur a l’impression qu’ils s’affrontent[118].

La mosaĂŻque de l’aurige vainqueur[Inv 70], datĂ©e de la seconde moitiĂ© du IVe siĂšcle, figure l’inscription Eros omnia per te (Éros tout grĂące Ă  toi). L’aurige est figurĂ© de face, avec un grand souci de rĂ©alisme, ainsi que des chevaux dont deux sont nommĂ©s Amandus et Frunitus, du nom de leur caractĂšre. Ils sont placĂ©s de façon symĂ©trique, position trĂšs frĂ©quente Ă  l’époque. Le personnage tient un fouet, une couronne vĂ©gĂ©tale et une palme ; Ă  l’arriĂšre-plan se trouvent les grilles de dĂ©part du cirque. Cette Ɠuvre retrouvĂ©e dans une demeure privĂ©e semble devoir ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une commĂ©moration de jeux offerts par le propriĂ©taire et en particulier d’une victoire d’un aurige dont le nom est Éros[143],[144]. Le mĂȘme thĂšme figure sur l’aurige vainqueur de Thuburbo Majus[Inv 71], fragment d’une mosaĂŻque du dĂ©but du IVe siĂšcle figurant un aurige portant d’une main une couronne et un fouet, et tenant de l’autre une palme ; le personnage a les rĂȘnes du quadrige fixĂ©s Ă  son corps[145]. Il appartenait Ă  la faction rouge et possĂšde le casque utilisĂ© dans les cirques romains[118].

Parfois l’affrontement est reprĂ©sentĂ© de maniĂšre brutale, comme dans Affrontement entre un bestiaire et un lion[Inv 72] trouvĂ© Ă  ThĂ©lepte et datĂ© du IVe siĂšcle. Des spectateurs situĂ©s dans un registre supĂ©rieur assistent Ă  la scĂšne[146] alors qu’un venator vĂȘtu d’une cuirasse combat au corps au corps un lion qui, bien que blessĂ©, cherche Ă  le tuer. Le pavement comportait un autre fĂ©lin dĂ©truit[147]. Les pugilistes aux prises[Inv 73], une mosaĂŻque de la fin du IIIe siĂšcle trouvĂ©e Ă  Thuburbo Majus, reprĂ©sente deux pugilistes nus qui portent des gants et se battent alors que, de la tĂȘte de celui de gauche, plus ĂągĂ© et dans une attitude dĂ©fensive, coule du sang. Celui de droite, plus jeune, s’apprĂȘte Ă  en finir avec lui[148].

Parfois ce sont les prĂ©paratifs qui ont Ă©tĂ© figurĂ©s, comme dans l’Ɠuvre dite PrĂ©paratifs d’une chasse Ă  l’amphithĂ©Ăątre[Inv 74] retrouvĂ©e au Kef et datĂ©e du IVe siĂšcle. Si le pavement est fragmentaire, on identifie cependant les prĂ©paratifs d’une venatio avec, Ă  l’intĂ©rieur d’un filet, des autruches et des daims. Le filet possĂšde trois ouvertures gardĂ©es par des chiens tenus en laisse par un valet[149].

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ScĂšnes de chasse
DĂ©tail de la mosaĂŻque de la chasse Ă  la grue : Apollon et Diane sont figurĂ©s dans un temple, une grue est placĂ©e entre eux en guise d’offrande.
Chasse Ă  la Grue, Carthage, fin du IVe siĂšcle

La thématique de la chasse est fréquente sur les mosaïques africaines.

La mosaĂŻque de la Chasse Ă  la Grue provient du site de Carthage-SalammbĂŽ[Inv 75] : la mosaĂŻque, tardive car datĂ©e de la fin du IVe siĂšcle selon Mohamed Yacoub ou des Ve-VIe siĂšcles selon AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, reprĂ©sente une scĂšne de chasse au centre de laquelle se trouvent Apollon et Diane. Sur cinq registres sont reprĂ©sentĂ©s des cavaliers partis pour la chasse avec leurs valets puis aux prises avec des tigres. Une scĂšne pieuse est figurĂ©e au centre, avec un temple de Diane et Apollon devant lequel est exposĂ©e une grue en guise d’offrande. Les deux derniers registres prĂ©sentent des chasses au sanglier, au cerf et au lion[123]. Le pavement illustre la continuitĂ© de motifs paĂŻens en pleine pĂ©riode chrĂ©tienne[150]. Le mĂȘme site a livrĂ© une Chasse au sanglier[Inv 76], datĂ©e du dĂ©but du IVe siĂšcle. Sur trois registres, la mosaĂŻque dont le bas est endommagĂ© reprĂ©sente le dĂ©part pour la chasse, la capture de l’animal et le retour avec le gibier[138]. Sur la partie infĂ©rieure, le gibier est attaquĂ© par un chien lĂąchĂ© par un chasseur. On y trouve aussi deux autres chasseurs dont l’un tient un Ă©pieu et l’autre retient un chien. Au milieu, un chasseur lĂąche un chien sur un sanglier afin de le prendre au piĂšge d’un filet derriĂšre lequel se trouve un valet. En haut, le sanglier abattu est ramenĂ© par deux valets et deux chiens[151].

La chasse Ă  courre de Thuburbo Majus, datĂ©e du IVe siĂšcle et trĂšs mutilĂ©e, conserve sur deux registres deux personnages Ă  cheval poursuivant un liĂšvre, accompagnĂ©s d’auxiliaires et d’une chienne ; les chevaux et la chienne sont nommĂ©s[152].

La DĂ©pouille de panthĂšre[Inv 77], datĂ©e du IIIe-IVe siĂšcle et retrouvĂ©e Ă  Carthage, reprĂ©sente la peau de l’animal exposĂ©e en rappel de l’exploit de la prise d’un tel animal, comme une distraction de l’aristocratie. En outre, un lien existe avec la thĂ©matique dionysiaque et de protection de la maison face au monde sauvage[153].

La Chasse aux liĂšvres, dite aussi MosaĂŻque du cavalier vandale[Inv 78], provient de Carthage ; elle est tardive car datĂ©e du Ve ou du dĂ©but du VIe siĂšcle. Le pavement, d’époque vandale, prĂ©sente un cavalier au galop. VĂȘtu d’un pantalon, d’une tunique et d’un manteau, il est aidĂ© dans la chasse aux liĂšvres de chiens et d’un faucon. L’une des proies est sur le point d’ĂȘtre prise par le rapace, une autre attendant le mĂȘme sort de la part d’un chien[154].

La ScĂšne de pĂȘche et xenia[Inv 56] provient de Chebba et date du dĂ©but du IIIe siĂšcle. Le pavement a une composition complexe : deux coussins possĂšdent des reprĂ©sentations d’OrphĂ©e et d’Arion, entourĂ©s d’animaux divers. Parmi les motifs de xenia se trouvent des reprĂ©sentations de fruits et lĂ©gumes. Le centre de la mosaĂŻque est occupĂ© par une scĂšne de pĂȘche Ă  la ligne : un pĂȘcheur se trouve sur un rocher au premier plan, d’autres Ă©tant situĂ©s sur une barque Ă  l’arriĂšre-plan. L’ensemble avait sans doute une symbolique de joie[155].

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ScĂšnes de banquet et liĂ©es Ă  l’hospitalitĂ©
MosaĂŻque montrant deux serviteurs en train de servir Ă  boire Ă  deux personnages.
MosaĂŻque des Ă©chansons
Pavement montrant la phrase « Omnia tibi felicia Â» au milieu d’une guirlande de feuilles.
Mosaïque d’Omnia tibi felicia

Un certain nombre de mosaĂŻques reflĂštent le dĂ©sir des propriĂ©taires d’exposer leur gĂ©nĂ©rositĂ© et leur hospitalitĂ©.

Les MosaĂŻques des Ă©chansons[Inv 79], datĂ©es du milieu du IIIe siĂšcle et retrouvĂ©es Ă  Dougga[156], figurent une scĂšne de beuverie : deux personnages servent Ă  boire Ă  deux autres, beaucoup plus petits, Ă  partir d’une amphore posĂ©e sur leur Ă©paule. Sur les deux amphores se trouvent inscrites les formules PIE (« bois ! Â» en latin) et ZHCHC (« Tu vivras Â» en grec). Sur les cĂŽtĂ©s se trouvent deux autres personnages apportant une autre amphore pour l’un, un branchage de laurier et un panier de roses pour l’autre. Cette reprĂ©sentation est une forme de bienvenue pour les invitĂ©s et une promesse d’un bon accueil[157]. La mĂȘme thĂ©matique se retrouve sur un mĂ©daillon de mosaĂŻque Ă©galement dĂ©posĂ© au musĂ©e et baptisĂ© Omnia tibi Felicia (« Puisses-tu te rĂ©jouir de tout Â»)[Inv 80] ; il provient de Dougga et date du IVe siĂšcle[158]. Dans le mĂȘme esprit, la ScĂšne de banquet[Inv 81] de Carthage datĂ©e du IVe siĂšcle expose divers personnages : les convives sont assis et des serveurs passent entre eux munis de plateaux pleins ; le repas bĂ©nĂ©ficie d’animations de danseuses et de musiciens[159]. Le document est important pour connaĂźtre la vie sociale des classes aisĂ©es de Carthage[125].

Une thĂ©matique bien reprĂ©sentĂ©e Ă©galement est celle des xenia, « prĂ©sents d’hospitalitĂ© Â» destinĂ©s Ă  signaler la gĂ©nĂ©rositĂ© du maĂźtre de maison envers ses invitĂ©s. Le Pavement de Xenia[Inv 82], trouvĂ© Ă  Oudna et datĂ© de la seconde moitiĂ© du IIe siĂšcle, figure les reliefs d’un repas selon des canons esthĂ©tiques connus dĂšs l’époque hellĂ©nistique, Ă  la suite de SĂŽsos de Pergame selon Pline l’Ancien[160], et traduits en art mosaĂŻcal[161]. Sont figurĂ©s une coquille d’Ɠuf, des tĂȘtes de poisson, des cosses de lĂ©gumes, etc[162]. La MosaĂŻque Ă  xenia d’El Jem[Inv 83] datĂ©e du dĂ©but du IIIe siĂšcle reprĂ©sente des animaux, du poisson, des fruits et des lĂ©gumes, ainsi que des fleurs[163]. En outre on y trouve des animaux d’amphithĂ©Ăątre et des masques d’inspiration dionysiaque[164].

Le thĂšme est parfois utilisĂ© en liaison avec des reprĂ©sentations mythologiques. Un beau Bassin avec pavement de xenia et avec le dieu OcĂ©an[Inv 84], datĂ©e du IVe siĂšcle et trouvĂ©e Ă  Thuburbo Majus[165], reprĂ©sente la tĂȘte du dieu OcĂ©an avec des pattes de homard dans ses cheveux. La paroi est occupĂ©e par des NĂ©rĂ©ides, des Tritons et des motifs divers de xenia. Les xenia ou natures mortes Ă©taient un symbole de fĂ©conditĂ©, en association avec la thĂ©matique de l’OcĂ©an[166]. Ce type d’équipement Ă©tait situĂ© face Ă  l’Ɠcus dans les maisons particuliĂšres d’Afrique romaine[167].

Le musĂ©e renferme aussi, provenant d’Acholla, une MosaĂŻque de triclinium avec xenia et avec les travaux d’Hercule[Inv 85]. Seule la partie destinĂ©e Ă  ĂȘtre vue Ă©tait dĂ©corĂ©e, la partie sous les lits Ă©tant constituĂ©e en mosaĂŻque simple[168].

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ScÚnes liées à la poésie
PoÚte avec un volumen faisant face à deux masques de théùtre.
PoÚte aux masques de théùtre, Thuburbo Majus, fin du IIe siÚcle

La mosaĂŻque reprĂ©sentant un PoĂšte aux masques de thĂ©Ăątre[Inv 86], dĂ©couverte Ă  Thuburbo Majus et datĂ©e de la fin du IIe siĂšcle, est situĂ©e au deuxiĂšme Ă©tage du musĂ©e[169]. Le personnage, identifiĂ© parfois Ă  MĂ©nandre mĂȘme si cette identification n’est pas certaine, mĂ©dite sur un volumen au milieu d’un dĂ©cor de feuillages, assis sur un tronc avec une couronne sur la tĂȘte. Face Ă  lui se trouvent deux masques de thĂ©Ăątre tragique[140]. Le reste du pavement possĂšde des ornements d’octogones occupĂ©s par des vĂ©gĂ©taux, dont des couronnes de laurier. L’Ɠuvre se veut une exaltation des arts[146].

Portrait de Virgile, tenant un rouleau de parchemin montrant un vers de l’EnĂ©ide, avec les deux muses Clio et MelpomĂšne Ă  ses cĂŽtĂ©s.
Virgile Ă©coutant Clio et MelpomĂšne, Sousse, entre Ier et IVe siĂšcle

L’emblema de mosaĂŻque reprĂ©sentant Virgile Ă©coutant Clio et MelpomĂšne[Inv 87], dĂ©couvert Ă  Sousse (antique HadrumĂšte) en 1896, est situĂ©e dans la salle Ă©ponyme et incluse dans un cadre de 1,22 mĂštre de cĂŽtĂ©[170]. Elle constitue l’un des joyaux du musĂ©e car c’est l’un des plus remarquables portraits de l’illustre poĂšte romain Virgile vĂȘtu d’une ample toge blanche dĂ©corĂ©e de broderies. EntourĂ©e des muses Clio et MelpomĂšne, il tient, dans sa main posĂ©e sur ses genoux, un rouleau de parchemin oĂč sont Ă©crits des extraits de l’ÉnĂ©ide, plus prĂ©cisĂ©ment le huitiĂšme vers[120] : Musa, mihi causas memora, quo numine laeso, quidve... (« Muse, rappelle-moi les causes, dis-moi pour quelle atteinte Ă  ses droits sacrĂ©s, pour quelle... Â»). L’Ɠuvre est la plus ancienne reprĂ©sentation connue Ă  ce jour du poĂšte. Certains y ont vu selon Mohamed Yacoub une reprĂ©sentation du propriĂ©taire de la maison, passionnĂ© du poĂšte. Clio, Ă  gauche du poĂšte, lit alors que MelpomĂšne tient un masque tragique. La datation du pavement a variĂ© du Ier au IVe siĂšcle mais ne peut dĂ©passer le IIIe siĂšcle au vu le contexte archĂ©ologique de sa dĂ©couverte selon Yacoub[171].

ScĂšnes religieuses : mise en scĂšne de triomphes de divinitĂ©s
MosaĂŻque avec le dieu Neptune sur son char et autour de lui des reprĂ©sentations des saisons et des travaux agricoles liĂ©s Ă  ces moments de l’annĂ©e.
Triomphe de Neptune de Chebba
Deux Centauresses couronnent la dĂ©esse VĂ©nus et tiennent au-dessus d’elle une guirlande.
VĂ©nus et les Centauresses
Mosaïque représentant le dieu de la vigne Bacchus sur un char tiré par des tigres et couronné par des personnages de son cortÚge, sur fond de vignes chatoyantes.
Triomphe de Bacchus, El Jem, détail

De nombreuses mosaïques mettent en scÚne le triomphe de certaines des divinités principales du panthéon romain.

Le Triomphe de Neptune[Inv 88] provient de la maison de Sorothus Ă  Sousse et date de la fin du IIe ou du IIIe siĂšcle[150]. Cet immense pavement d’Ɠcus avec 56 mĂ©daillons reprĂ©sentant SirĂšnes, NĂ©rĂ©ides et Ichtyocentaures, montre en son centre un triomphe de Neptune avec son cortĂšge dans un mĂ©daillon hexagonal. La qualitĂ© des divers mĂ©daillons est inĂ©gale[133]. La mĂȘme divinitĂ© est reprĂ©sentĂ©e sur le Triomphe de Neptune de Chebba[Inv 89] qui fait partie des principales piĂšces exposĂ©es au Bardo : il s’agit d’un pavement d’atrium au centre duquel figure, dans un mĂ©daillon, Neptune la tĂȘte nimbĂ©e et montĂ© sur un quadrige traĂźnĂ© par quatre hippocampes. Aux angles figurent, sous des berceaux de feuillages variĂ©s, quatre figures fĂ©minines symbolisant les saisons et associĂ©es Ă  des quadrupĂšdes et des serviteurs qui accomplissent des travaux agricoles. La mosaĂŻque date du milieu du IIe siĂšcle et provient de Chebba[172]. Neptune est la divinitĂ© fĂ©condatrice de la nature dans le tableau[144].

Du site de Carthage a Ă©tĂ© extrait un Couronnement de VĂ©nus[Inv 90] datĂ© du IVe siĂšcle. Assise sur un trĂŽne couronnĂ© d’un dais, Ă  moitiĂ© dĂ©nudĂ©e et portant de somptueux bijoux, la dĂ©esse se pose une couronne sur la tĂȘte. Des musiciens et des danseurs sont situĂ©s Ă  proximitĂ© du trĂŽne et le fond du pavement est constituĂ© d’une mer poissonneuse[167]. Vers elle voguent deux barques occupĂ©es chacune par trois naines difformes. L’Ɠuvre est riche du fait des couleurs et du sens Ă  donner Ă  VĂ©nus, divinitĂ© de la fĂ©conditĂ©, en pleine majestĂ©[173]. La dĂ©esse de l’amour est aussi reprĂ©sentĂ©e sur VĂ©nus et les Centauresses[Inv 91] datable du dĂ©but du IVe siĂšcle et provenant d’EllĂšs : la dĂ©esse, les yeux maquillĂ©s de khĂŽl, est de face tout comme le devant de son corps. Elle porte un diadĂšme et une rose. Les deux centauresses portent une couronne immense et une guirlande ; leurs yeux sont maquillĂ©s comme ceux de la divinitĂ©, crĂ©ant un effet de symĂ©trie. Une inscription surplombant la scĂšne, Polystefanus rationis est Archeus, est complexe Ă  traduire. La mosaĂŻque comprenait des reprĂ©sentations de chevaux de course et la symbolique serait Ă  chercher dans la commĂ©moration d’une victoire d’un quadrige[174].

Le dieu de la vigne est assez souvent reprĂ©sentĂ©, comme dans le Triomphe de Bacchus[Inv 92], Ă©galement de la fin du IIIe siĂšcle et provenant de l’Ɠcus d’une villa d’El Jem. Il reprĂ©sente la divinitĂ© sur un char tirĂ© par deux tigresses, avec un cortĂšge de Satyres et de MĂ©nades[164]. Des ceps de vigne sortent de cratĂšres et des Amours vendangent. Aux cĂŽtĂ©s de la divinitĂ© se trouve une Victoire lui posant une couronne sur la tĂȘte[175].

Le mĂȘme site a livrĂ© un Apollon au gecko[Inv 93] datĂ© de la fin du IVe siĂšcle. L’Ɠuvre est ceinte d’une tresse et des animaux d’amphithĂ©Ăątre, zĂ©bus, sangliers et ours, s’y affrontent[146]. Le dieu tient un thyrse et trouve Ă  ses pieds une panthĂšre et un cratĂšre d’oĂč sort une vigne. Il tient un gecko en laisse, animal perçu comme liĂ© au mauvais Ɠil. Le pavement cĂ©lĂšbre donc en quelque sorte la victoire sur les forces du mal[176] ; la mĂȘme thĂ©matique orne un pavement de Dougga mais dans lequel ce sont des Amours qui tiennent en respect l’animal[Inv 94].

Du site de Thuburbo Majus provient Diane chasseresse et animaux d’amphithĂ©Ăątre[Inv 95], datĂ©e de la moitiĂ© du IIIe siĂšcle. La dĂ©esse chevauchant un cerf ou un daim est entourĂ©e d’animaux d’amphithĂ©Ăątre et de deux personnes dont un gladiateur[177], l’autre effectuant une libation. Les animaux sont reprĂ©sentĂ©s dans des mĂ©daillons et de multiples espĂšces prĂ©sentes sont destinĂ©es aux jeux. Diane a probablement Ă©tĂ© placĂ©e, Ă  une Ă©poque postĂ©rieure, dans un pavement dont l’objectif originel Ă©tait sans doute commĂ©moratif d’une venatio[178].

Enfin, et de maniĂšre non exhaustive, on peut Ă©voquer Diane chasseresse[Inv 96] datĂ©e de la fin du IIe-dĂ©but du IIIe siĂšcle et retrouvĂ©e Ă  Utique. Il s’agit de l’emblema d’un pavement au centre duquel se trouve un arbre dont les branches s’étendent sur la mosaĂŻque. On y voit aussi des rochers situĂ©s Ă  l’arriĂšre-plan. Diane, vĂȘtue d’une tunique et chaussĂ©e de bottes, est sur le point de tirer une flĂšche sur une biche[179].

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ScÚnes mythologiques et allégoriques
MosaĂŻque d’Acholla montrant dans un mĂ©daillon Dionysos sur un char et dans deux mĂ©daillons circulaires deux reprĂ©sentations des saisons.
Triomphe de Dionysos d’Acholla
ReprĂ©sentation d’Hercule sur la mosaĂŻque d’Acholla dans trois scĂšnes avec divers attributs du mythe.
DĂ©tail de la mosaĂŻque d’Hercule d’Acholla
Ulysse est attachĂ© sur le mĂąt d’un navire ; quatre marins sont reprĂ©sentĂ©s avec un bouclier ; deux sirĂšnes font de la musique et chantent pour tenter d’attirer les marins sur les rĂ©cifs.
Ulysse et les sirĂšnes

Le site d’Acholla a livrĂ© de trĂšs beaux pavements qui font partie des fleurons du musĂ©e. Le pavement dit DĂ©cor de voĂ»te rĂ©flĂ©chie, triomphe de Dionysos[Inv 97] provient du frigidarium des thermes de Trajan, au moins dans la partie qui est conservĂ©e, et reprend la forme d’une voĂ»te. Il dĂ©cline sur des bandes des combats de centaures et autres animaux, avec Satyres et MĂ©nades, le tout avec un riche arriĂšre-plan vĂ©gĂ©tal[177]. Le dĂ©cor ressemble aux stucs conservĂ©s de la Domus aurea de NĂ©ron. Les grotesques alternaient avec des Ă©lĂ©ments vĂ©gĂ©taux et des figures de Victoires et de Satyres appuyĂ©s sur des rinceaux vĂ©gĂ©taux. Le triomphe de Dionysos figurĂ© de façon diagonale est la reprĂ©sentation la plus ancienne de ce thĂšme d’Afrique : la divinitĂ© se trouve sur un char tirĂ© par des Centaures, il a un thyrse et un cratĂšre d’or. Il est vĂȘtu d’une robe et a un voile dressĂ© par le vent au-dessus de sa tĂȘte. Les centaures, un jeune et un vieux, tiennent l’un une torche et l’autre une corbeille de fruits et de fleurs. Dans deux mĂ©daillons se trouvent deux bustes du Printemps et de l’Hiver. Dionysos est donc le dieu de la fĂ©conditĂ©, le maĂźtre des saisons et le maĂźtre de l’espace grĂące au cortĂšge marin figurĂ© sur la frise bordant la bordure de l’Ɠuvre[180]. Le mĂȘme site a livrĂ© un DĂ©cor de voĂ»te rĂ©flĂ©chie : combat de Centaures et de fauves[Inv 98], mosaĂŻque centrale du frigidarium. La composition en forme de voĂ»te prend l’aspect sur le sol de bandes diagonales au centre desquelles se trouvait un motif central perdu. Les Ă©lĂ©ments conservĂ©s montrent un combat trĂšs violent de centaures et de divers fauves. Sur une frise intĂ©rieure, on peut voir les Ă©bats d’un Satyre et d’une Nymphe. L’alliance des deux thĂšmes Ă©voque selon Mohamed Yacoub « la maĂźtrise de Dionysos sur les forces sauvages et [...] la joie de vivre qu’il procure Ă  ses fidĂšles Â»[181]. La mosaĂŻque des Travaux d’Hercule d’Acholla[Inv 85], datĂ©e de 184, provient prĂ©cisĂ©ment de la maison d’Asinius Rufinus, consul sous l’empereur Commode, dont elle ornait un triclinium. Dans un quadrillage, on trouve des reprĂ©sentations des travaux d’Hercule, qui est reprĂ©sentĂ© pour sa part au centre, muni de la peau du lion de NĂ©mĂ©e, d’une massue et d’un arc. Les mĂ©daillons sont ornĂ©s des ennemis du hĂ©ros. Commode, l’empereur que servait Rufinus, avait Hercule comme modĂšle ; l’Ɠuvre est donc un tĂ©moignage de fidĂ©litĂ© Ă  son encontre[182]. La MosaĂŻque des saisons sur un guillochis de laurier[Inv 99] provient de la maison dite « des Colonnes rouges[183] Â». Sur les six mĂ©daillons circulaires, quatre reprĂ©sentent des Saisons munies de leurs attributs et deux possĂšdent des fleurons cruciformes. Au centre se trouvent un vase avec des rinceaux d’acanthe et un panier avec des Ă©lĂ©ments des saisons[181]. Une mosaĂŻque du mĂȘme fond prend comme thĂ©matique des xenia[Inv 100],[184]. Les mosaĂŻques dĂ©gagĂ©es sur ce site ont permis d’élaborer selon Gilbert Charles-Picard une « chronologie complĂšte de la mosaĂŻque romaine au IIe siĂšcle Â»[185].

La maison des Laberii d’Oudna, datĂ©e du IIIe siĂšcle, a livrĂ© deux beaux pavements. Dans Bacchus faisant don de la vigne Ă  Ikarios, le tableau est bordĂ© par des vignes ainsi que des Amours vendangeurs[113]. Une seconde mosaĂŻque provenant de la mĂȘme villa reprĂ©sente les diverses activitĂ©s du domaine agricole[186].

La dĂ©livrance d’AndromĂšde par PersĂ©e[Inv 101] reprĂ©sente le hĂ©ros qui vient de tuer un monstre marin et aide d’un geste majestueux la princesse qui Ă©tait enchaĂźnĂ©e Ă  un rocher ; un dieu Fleuve se trouve aux pieds des deux protagonistes. La scĂšne qu’évoque Ovide remonte Ă  un prototype peut-ĂȘtre conçu par le peintre grec Nicias. Cette Ɠuvre est remarquablement bien exĂ©cutĂ©e avec un effet d’ombre et de lumiĂšre et une maĂźtrise de la notion d’espace. Elle constitue Ă  l’origine le tableau central d’une salle de rĂ©ception d’une riche villa de Bulla Regia (milieu du IIIe siĂšcle)[187].

VĂ©nus Ă  sa toilette est une mosaĂŻque datĂ©e du IIIe siĂšcle et provenant du site de Thuburbo Majus. La dĂ©esse Ă  moitiĂ© nue tient d’une main sa chevelure et de l’autre un miroir qu’elle prend d’une boĂźte ouverte Ă  ses pieds. Deux Amours lui apportent un collier pour l’un, une corbeille et des bijoux pour l’autre. La mĂȘme divinitĂ© est figurĂ©e dans VĂ©nus Ă  sa toilette d’Industri, datĂ©e de la fin du IIIe siĂšcle[Inv 102] et retrouvĂ©e Ă  Oudna : la dĂ©esse est dans les flots entourĂ©e de Nymphes qui la servent[188].

Les cyclopes forgeant les foudres de Jupiter[Inv 103] sont issues d’un pavement de « frigidarium Â» illustrant trois cyclopes : BrontĂšs, StĂ©ropĂšs et Pyracmon. Nus, ils forgent les foudres de Jupiter que Vulcain, assis en face d’eux, maintient sur l’enclume ; cette derniĂšre scĂšne a disparu. La mosaĂŻque datĂ©e de la fin du IIIe siĂšcle ou du IVe siĂšcle provient des thermes dits « des Cyclopes Â» Ă  Dougga[189],[190],[144].

Une villa de Dougga a aussi livrĂ© deux trĂšs belles piĂšces : Ulysse et les sirĂšnes[Inv 104], un tableau inspirĂ© de l’OdyssĂ©e[191]. Sur un bateau Ă  deux voiles et Ă  un rang de rame, ornĂ© d’une tĂȘte humaine et d’une palme, le hĂ©ros grec apparaĂźt debout, les mains attachĂ©es au grand mĂąt pour Ă©viter de succomber au charme fatal de la musique des sirĂšnes. Autour d’Ulysse sont assis ses compagnons les oreilles bouchĂ©es de cire comme le relate la lĂ©gende[164]. Au pied d’un escarpement rocheux se tiennent trois sirĂšnes reprĂ©sentĂ©es avec un buste de femme auquel s’attachent des ailes et des pattes d’oiseaux ; l’une d’elles tient une double flĂ»te, l’autre une lyre, la troisiĂšme sans instruments est considĂ©rĂ©e comme la sirĂšne chanteuse. Devant le bateau se trouve une petite barque dans laquelle se situe un pĂȘcheur tenant une langouste au format exagĂ©rĂ©. L’Ɠuvre datĂ©e des environs de 260-268 a Ă©tĂ© dĂ©couverte dans une maison Ă  laquelle elle a donnĂ© son nom[192],[193].

Neptune est dans un bateau et punit des pirates qui sont transformĂ©s en dauphins ; sur les cĂŽtĂ©s on voit des scĂšnes de pĂȘche.
Neptune et les pirates
Noces de Dionysos et Ariane : les divinitĂ©s sont presque dĂ©nudĂ©es et sous une vigne chargĂ©e de fruits.
Noces de Dionysos et d’Ariane, fin du IIIe siùcle
ReprĂ©sentation de ThĂ©sĂ©e au moment oĂč il est en train de couper la tĂȘte du Minotaure ; la scĂšne se passe au milieu d’un labyrinthe.
Thésée et le Minotaure

Neptune et les pirates[Inv 105] provient du mĂȘme pĂ©ristyle que la mosaĂŻque prĂ©cĂ©dente. Le thĂšme en est le chĂątiment des pirates de la mer TyrrhĂ©nienne[194], mĂȘlant la thĂ©matique dionysiaque Ă  des thĂšmes marins plus frĂ©quents. Le dieu se trouve debout, prĂȘt Ă  jeter sa lance, et se voit soutenu par une bacchante, un Satyre et un vieux silĂšne qui tient le gouvernail du navire ornementĂ© de motifs de tritons et de dauphins, ainsi que d’une Victoire. Une panthĂšre se jette sur un membre du groupe de pirates qui sont transformĂ©s en dauphins lorsqu’ils reconnaissent la nature divine de leur adversaire. À gauche, de petits gĂ©nies ont embarquĂ© sur un autre navire, tandis que sur la droite est figurĂ©e une scĂšne de pĂȘche au poulpe Ă  l’aide d’un harpon ; une autre scĂšne de pĂȘche avec un filet est reprĂ©sentĂ©e[195],[196]. Mohamed Yacoub accorde Ă  ces deux scĂšnes une fonction apotropaĂŻque, un moyen de conjurer le sort, remontant vraisemblablement Ă  un modĂšle hellĂ©nistique[197].

Dans Les noces de Dionysos et d’Ariane[Inv 106], trouvĂ©e Ă  Thuburbo Majus et datĂ©e du IVe siĂšcle, le dĂ©cor est rĂ©parti en trois registres. En haut, Dionysos et Ariane sont Ă  demi Ă©tendus sur une peau de panthĂšre Ă  l’ombre d’une vigne. Le dieu complĂštement nu est muni d’un thyrse et d’un cratĂšre d’or alors qu’Ariane est figurĂ©e de dos, une ample draperie ne lui couvrant que les jambes. Le dĂ©cor, inscrit dans un triangle, est selon Mohamed Yacoub Ă  relier Ă  un « dĂ©cor conçu pour un fronton de temple Â»[198]. Dans le registre central, un personnage barbu, peut-ĂȘtre Hercule, saisit de la main un cratĂšre que lui tend un Satyre ; cette scĂšne se retrouve sur les cratĂšres retrouvĂ©s lors des fouilles de l’épave de Mahdia[199]. Enfin, dans le registre infĂ©rieur, des bacchantes, des Satyres et un dieu Pan animent la fĂȘte[200],[201]. Dans Fresque de Dionysos sur une panthĂšre[Inv 107], provenant du plafond d’une chambre de Thyna et datĂ©e de la fin du IIe-dĂ©but du IIIe siĂšcle, la divinitĂ© prĂ©sentĂ©e comme un enfant est entourĂ©e de Bacchantes. L’Ɠuvre tĂ©moigne de la peinture africaine[202].

ThĂ©sĂ©e et le Minotaure[Inv 108] reprĂ©sente l’instant oĂč ThĂ©sĂ©e dĂ©capite le Minotaure, au centre du labyrinthe, alors qu’il cherche se dĂ©gager de son emprise ; les restes des victimes jonchent le sol. Sur les bords se trouvent reprĂ©sentĂ©s des remparts et des portes. L’entourage de l’emblema figure le labyrinthe[203], l’architecture des lieux et les portes d’accĂšs[204]. Cette mosaĂŻque de Thuburbo Majus, qui recouvrait le sol d’un frigidarium, date du IVe siĂšcle[146] ou de la fin du IIIe siĂšcle selon Yacoub.

OrphĂ©e Ă  la lyre, bordĂ©e d’animaux divers, provient de la maison des Laberii Ă  Oudna[Inv 109]. OrphĂ©e, Ă  moitiĂ© nu, charme Ă  l’aide de sa musique divers animaux : lion, tigre, gazelle, singe, oiseaux, etc. La dĂ©gradation du visage est selon Yacoub datable de l’AntiquitĂ© et sans doute le fait des chrĂ©tiens[205]. Le mĂȘme site a livrĂ© un Endymion et SĂ©lĂ©nĂ©[Inv 110], une mosaĂŻque gĂ©omĂ©trique avec des motifs floraux dont l’emblema figure SĂ©lĂ©nĂ© admirant Endymion en train de dormir sur un rocher placĂ© sous un arbre[206].

Dans le Concours entre Apollon et Marsyas[Inv 111], une mosaĂŻque d’El Jem datĂ©e de la fin du IIe siĂšcle, Minerve assure l’arbitrage une lance Ă  la main. La scĂšne figure la victoire d’Apollon qui tient une cithare et une couronne ; Marsyas est nu et souffle dans une flĂ»te, soutenu par Olympos. Sur les angles se trouvent des reprĂ©sentations de saisons et des cratĂšres avec des Ă©lĂ©ments vĂ©gĂ©taux[207],[208].

Le CortĂšge de divinitĂ©s marines[Inv 112], trouvĂ©e Ă  Utique et datĂ©e de la fin du IIe-dĂ©but du IIIe siĂšcle, est un grand pavement avec une partie rectangulaire et l’autre en abside. L’abside possĂšde une tĂȘte d’OcĂ©an, avec des pinces de homard et deux Amours sur ses cĂŽtĂ©s, avec en dessous une scĂšne de noces de Neptune et Amphitrite munis de leurs attributs. La partie infĂ©rieure est ornĂ©e de barques occupĂ©es par des Amours ainsi que par VĂ©nus, Ariane et Dionysos ; ces deux derniĂšres identifications sont moins Ă©videntes. De plus, la mer est peuplĂ©e de nombreuses crĂ©atures, dauphins et cygnes, ainsi que de crĂ©atures marines chevauchĂ©es de NĂ©rĂ©ides[209]. Le musĂ©e abrite Ă©galement de grandes mosaĂŻques marines (IIIe-IVe siĂšcle) : des NĂ©rĂ©ides portant des bijoux chevauchent des animaux marins, dont des dauphins, dans un paysage fantastique[120],[210].

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Art chrétien

Le musĂ©e abrite Ă©galement une salle rassemblant des Ɠuvres de la pĂ©riode chrĂ©tienne de la Tunisie. Parmi les quelques piĂšces figurent un certain nombre de mosaĂŻques tombales qui proviennent en particulier d’une chapelle de Tabarka et datent du Ve siĂšcle. Les reprĂ©sentations en sont naĂŻves, avec souvent le dĂ©funt figurĂ© entre deux cierges, et tĂ©moignent de la production d’un atelier local. Les reprĂ©sentations sont trĂšs importantes pour la connaissance des populations chrĂ©tiennes du lieu[211].

MosaĂŻque reprĂ©sentant une basilique chrĂ©tienne en coupe, avec la façade et les nefs ainsi que l’autel.
Mosaïque dite de l’Ecclesia Mater

La MosaĂŻque tombale dite d’Ecclesia mater[Inv 113] est une reprĂ©sentation schĂ©matique d’une Ă©glise. L’édifice est composĂ© d’un grand arc supportĂ© par trois colonnes, donnant accĂšs par un escalier de cinq marches Ă  une abside voĂ»tĂ©e, d’une façade avec un fronton triangulaire percĂ© de trois fenĂȘtres, d’une ligne de colonnes au centre de la basilique, d’une nef centrale oĂč se trouve l’autel sur lequel brĂ»lent trois cierges, d’un toit Ă  double inclinaison couvert de tuiles plates et demi-cylindriques et d’une inscription en deux lignes : Ecclesia mater (Église mĂšre), le refuge des fidĂšles et Valencia in pace (Valencia en paix), le nom de la dĂ©funte. Les Ă©lĂ©ments sont vus de l’extĂ©rieur et de l’intĂ©rieur. Cette piĂšce, qui date du IVe siĂšcle selon AĂŻcha Ben Abed[212] ou du Ve siĂšcle selon Mohamed Yacoub[213], a Ă©tĂ© retrouvĂ©e Ă  Tabarka et constitue un tĂ©moignage fondamental pour expliquer le passage d’un christianisme intimiste qui se dĂ©roulait dans des lieux souvent privĂ©s Ă  une architecture appelĂ©e Ă  un vif succĂšs, celui de la basilique chrĂ©tienne, aprĂšs l’édit de Constantin en 312[214].

ReprĂ©sentation des divers moments d’un chantier sur une mosaĂŻque de chapelle fragmentaire.
Pavement de chapelle

Un Pavement de chapelle[Inv 114], qui reprĂ©sente une scĂšne de construction, est extrĂȘmement intĂ©ressant pour comprendre le mode de construction. Bien que la mosaĂŻque soit incomplĂšte, on peut y voir un conducteur de travaux qui donne ses ordres Ă  un ouvrier qui taille une colonne. Au centre, deux ouvriers font du mortier. Sur le registre infĂ©rieur, la colonne est transportĂ©e sur un chariot Ă  deux chevaux. L’inscription qui se trouvait au milieu, portĂ©e par deux anges dont l’un a disparu, est perdue. L’Ɠuvre reprĂ©sente sans doute le chantier de construction de la chapelle oĂč elle fut dĂ©couverte[215]. Cette piĂšce du Ve siĂšcle provient d’Oued Remel dans le gouvernorat de Zaghouan[99].

Le musĂ©e abrite de nombreuses mosaĂŻques de sĂ©pultures de Tabarka des IVe-VIe siĂšcles : la mosaĂŻque possĂšde un monogramme, l’identification Ă  un individu de confession chrĂ©tienne ne fait donc aucun doute. Le dĂ©funt est reprĂ©sentĂ© en orant et l’épitaphe est riche d’enseignement sur son Ăąge et sur l’étude des populations, outre son intĂ©rĂȘt artistique Ă  proprement parler[99]. L’escalier qui mĂšne au premier Ă©tage en contient un bon nombre, de mĂȘme que des Ɠuvres d’autres sites, dont certaines provenant de Lamta et datĂ©es du Ve siĂšcle, d’autres de Sfax datables d’époque plus ancienne selon Yacoub[216].

La Tombe double de Victoria[Inv 115] est une mosaĂŻque qui a recouvert un sarcophage de plomb renfermant deux squelettes. En haut de la mosaĂŻque, un scribe barbu et portant une tunique richement brodĂ©e est assis Ă  un pupitre et tient une plume. En bas, une femme ĂągĂ©e, peut-ĂȘtre son Ă©pouse[217] nommĂ©e Victoria, est figurĂ©e en orante, vĂȘtue en religieuse flanquĂ©e d’oiseaux et d’un cierge. Cette piĂšce du Ve siĂšcle a Ă©tĂ© retrouvĂ©e Ă  Tabarka. Sur la Tombe en caisson de Dardanius[Inv 116], trouvĂ©e Ă  Tabarka et datĂ©e du Ve siĂšcle, le dĂ©funt est figurĂ© entre deux cierges, symbolisant l’éternitĂ©[218].

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Les Ɠuvres exposĂ©es figurent aussi des scĂšnes religieuses. Ainsi, le Pavement de mausolĂ©e[Inv 117] est une composition de losanges et de carrĂ©s avec de larges fleurons et dĂ©limitĂ©s par des tresses. Au centre figure un octogone qui renferme une scĂšne biblique montrant Daniel nu dans l’attitude d’un orant dans une fosse aux lions. Ce pavement appartient au mausolĂ©e d’une grande famille romaine, les Blossi, et date du Ve siĂšcle[219]. Le Relief du Bon Pasteur[Inv 118] porte une brebis sur les Ă©paules, avec une scĂšne de banquets Ă  ses cĂŽtĂ©s. Devant les convives se trouve un guĂ©ridon avec des gĂąteaux dĂ©posĂ©s au-dessus. Le repas est interprĂ©tĂ© comme celui des Ă©lus au royaume de Dieu. TrouvĂ© Ă  Carthage, il date du dĂ©but du IVe siĂšcle[220].

Le pavement dit des MĂ©daillons des sept saints[Inv 119] (VIe siĂšcle) provient de Carthage. Au centre, le pavement est celui consacrĂ© Ă  saint Étienne[215]. La mosaĂŻque reprĂ©sente sept couronnes avec les noms de sept martyrs et en fait un document important concernant le christianisme africain[221].

Le musĂ©e possĂšde une collection de carreaux en terre cuite, mesurant 25 centimĂštres sur 28, utilisĂ©s sur les murs et plafonds des Ă©difices chrĂ©tiens ; ils datent du VIe voire du VIIe siĂšcle. Les thĂšmes sont bibliques mais aussi empruntĂ©s Ă  l’hagiographie voire Ă  des thĂ©matiques paĂŻennes[218].

BaptistÚre quadrilobe de Kélibia avec son riche décor mosaïqué et les textes qui le couvrent.
BaptistĂšre de KĂ©libia

Deux baptistĂšres sont Ă©galement dĂ©posĂ©s au musĂ©e. Le baptistĂšre de Gigthis (VIe siĂšcle), trouvĂ© Ă  El Kantara sur l’üle de Djerba, a Ă©tĂ© placĂ© dans le sol[Inv 120] ; il s’agit d’une cuve en forme de croix selon un type frĂ©quent en Afrique[217]. La piĂšce maĂźtresse est toutefois le BaptistĂšre de KĂ©libia[Inv 121] trouvĂ© dans l’église du prĂȘtre FĂ©lix et datĂ©e de la deuxiĂšme moitiĂ© du VIe siĂšcle. La cuve est Ă©levĂ©e sur un pavement de mosaĂŻque de forme carrĂ©e, dĂ©corĂ©e sur les angles par quatre cratĂšres desquels s’échappent des rinceaux de vigne. Le pavement comporte un seuil sur lequel est inscrit : Pax fides caritas (Paix, foi, charitĂ©). La cuve possĂšde un bassin quadrilobĂ© dont chaque bras comporte un degrĂ© pour la descente. Tout le rebord est dĂ©corĂ© par deux lignes de textes : « En l’honneur du saint et bienheureux Ă©vĂȘque Cyprien, chef de notre Ă©glise catholique avec le saint Adelphius, prĂȘtre de cette Ă©glise de l’unitĂ©, Aquinius et Juliana son Ă©pouse ainsi que leurs enfants Villa et Deogratias ont posĂ© cette mosaĂŻque destinĂ©e Ă  l’eau Ă©ternelle Â» ; les dĂ©dicants et dĂ©dicataires sont ainsi nommĂ©s. L’intĂ©rieur polychrome est richement dĂ©corĂ© : colombe porteuse de rameau d’olivier, coupe de lait et miel, caisse, baldaquin abritant la croix, dauphins supportant un chrisme, image du Christ, poissons, cierges, arbres et fleurs. La valeur symbolique est forte, tĂ©moignant du triomphe du Christ et de la croix ainsi que du Paradis promis aux fidĂšles[222].

Deux lions s’affrontent de part et d’autre d’un pin parasol.
Lions affrontés

La mosaĂŻque tardive des Lions affrontĂ©s[Inv 122] a Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  Carthage et date du VIe siĂšcle. Sur ce pavement d’abside, sous une bordure vĂ©gĂ©tale, deux lions s’affrontent de part et d’autre d’un pin parasol. Les lions sont trĂšs stylisĂ©s. Dans la partie supĂ©rieure, deux liĂšvres s’affrontent alors que deux colombes occupent la partie supĂ©rieure. L’arbre symbolise l’arbre de vie et les couleurs ainsi que le mode de traitement du sujet tĂ©moignent d’une influence byzantine[223].

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Numismatique

Deux faces d’une monnaie du IXe siĂšcle datant de l’époque hafside.
Monnaie hafside du Bardo

Le département de numismatique, comparativement aux autres départements, est relativement modeste.

Le musĂ©e du Bardo accueille une collection importante de monnaies constituĂ©e entre la fin du XIXe siĂšcle et le dĂ©but du XXe siĂšcle. Dans cette collection figurent 29 piĂšces de monnaies en or, dont huit aurei du Haut Empire romain reprĂ©sentant Auguste, TibĂšre, Faustine, Vespasien et Marc AurĂšle ont Ă©tĂ© frappĂ©es Ă  Rome et Lugdunum ; un autre aureus reprĂ©sentant Gordien III a aussi Ă©tĂ© frappĂ© Ă  Rome. Une piĂšce unique frappĂ©e dans l’atelier de Carthage — marquant sa rĂ©ouverture entre 296 et 297 — et reprĂ©sentant l’empereur GalĂšre et, sur le revers, l’Afrique tenant un Ă©tendard et une dĂ©fense d’élĂ©phant avec un lion capturant un taureau, fait partie du trĂ©sor de Beaurains. Par ailleurs, 18 solidi reprĂ©sentant Constance, Constance II, Valentinien Ier, Honorius, Valentinien III, ThĂ©odose II, Eudoxia, Marcien, LĂ©on Ier, Basiliscus et Marcus sur une mĂȘme piĂšce, et ZĂ©non ; ils ont Ă©tĂ© frappĂ©s dans diffĂ©rents ateliers dont ceux de Ravenne, Antioche, AquilĂ©e et Constantinople. Un tremissis reprĂ©sentant Valentinien III a Ă©tĂ© frappĂ© en Gaule. Les piĂšces de cette collection proviennent de plusieurs sites dont Carthage, Dougga, El Jem, Jebiniana et La Goulette[224].

Les collections de monnaies de l’époque arabe comportent en particulier de belles monnaies en or aghlabides et fatimides[225].

Art islamique

Les collections d’art islamique sont rĂ©parties en deux sections : une section du Moyen Âge islamique et une section d’arts et traditions populaires.

Calligraphie coufique caractéristique sur un feuillet du Coran.
Calligraphie de type coufique sur un feuillet du Coran
Un feuillet du Coran bleu de Kairouan avec la riche calligraphie d’or sur un fond bleu.
Coran bleu de Kairouan

La salle du Moyen Âge abrite divers objets provenant des fouilles des sites de Raqqada et Sabra (gouvernorat de Kairouan) dont des Corans sur parchemin datant des IXe, Xe et XIe siĂšcles parmi lesquels figure des feuillets du Coran bleu de Kairouan calligraphiĂ© en lettres d’or de type coufique sur un fond bleu du XIe siĂšcle[226]. Le manuscrit est partagĂ© entre de nombreuses collections publiques et privĂ©es. Il est originaire d’Ifriqiya mĂȘme si une origine iranienne a Ă©tĂ© avancĂ©e[227]. Les sourates sont sĂ©parĂ©es par une bande dorĂ©e avec des motifs floraux et des arabesques[228].

Des feuillets du Coran de Fatma Al Hadhna[229] sont aussi exposés au sein de ce département. Les écrits sont aussi profanes car sont exposés des manuscrits de traités en médecine.

La salle abrite Ă©galement une importante collection de tissus brodĂ©s d’Égypte ainsi que des bois sculptĂ©s provenant de la Grande MosquĂ©e de Kairouan (IXe siĂšcle). Les tissus fatimides provenant d’Égypte sont ornĂ©s d’une riche calligraphie et des textes religieux ou des louanges au prince[229].

Non loin se trouvent des instruments de musique : tambourins, rbab (sorte de violon), cithares et oud[226]. On y trouve aussi un bas-relief en marbre de l’époque des Fatimides (Xe-XIe siĂšcle) qui montre un musicien jouant face Ă  un prince[229]. L’Ɠuvre possĂšde des points communs avec des reprĂ©sentations humaines des stĂšles Ă  Saturne tout en Ă©tant marquĂ©e par son temps en particulier du fait des costumes[230].

Le dĂ©partement contient aussi deux siĂšges offerts par NapolĂ©on III au bey de Tunis ainsi que du mobilier de marqueterie divers : miroirs et coffres avec de la nacre.

Des piĂšces de monnaie en or et en argent depuis l’époque omeyyade et des astrolabes, des cadrans solaires et des boussoles datant du XIVe au XIXe siĂšcle[231] sont Ă©galement prĂ©sentĂ©s.

Dans la seconde section, on peut admirer des objets en cuivre martelĂ© et des objets en argent. Les objets de cuivre sont divers : coupes, plateaux, chaudrons, vases, lampes et brasero. Une collection d’armes est Ă©galement visible : sabres, Ă©pĂ©es, poignards mais aussi armes Ă  feu parmi lesquelles des pistolets et des fusils. Le musĂ©e expose en outre des objets de verre et de cĂ©ramique des Ă©poques abasside, aghlabide et fatimide[231].

Les objets Ă©gyptiens sont en os, ivoire et verre. Il y a aussi des bijoux, comme le trĂ©sor fatimide de Tarabia (Le Kef) du XIe siĂšcle[232], des Ă©lĂ©ments de parures citadines et rurales ainsi que des vĂȘtements d’apparat de diverses rĂ©gions de la Tunisie.

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Ethnographie

Panneau de faĂŻence avec dĂ©cor d’architecture, vĂ©gĂ©tal et animalier.
FaĂŻence

Dans le dĂ©partement d’ethnographie sont exposĂ©s des costumes traditionnels ainsi que des bijoux de Tunisie et d’Afrique du Nord[233].

Des objets en argent repoussĂ©, des cĂ©ramiques de Sejenane et des cĂ©ramiques diverses dont celles apposĂ©es sur les murs en provenance d’Andalousie, du Maroc, de Turquie et du Proche-Orient complĂštent la collection. Un superbe panneau reprĂ©sentant deux lions affrontĂ©s provient d’El Kallaline (XIXe siĂšcle)[234].

Les piĂšces qui entourent le petit patio sont dĂ©diĂ©es chacune Ă  une thĂ©matique. Dans l’une, une sĂ©rie de gravures du XVIe siĂšcle reprĂ©sente la prise de Tunis par les troupes espagnoles de Charles Quint. Le cĂŽtĂ© le plus grand est occupĂ© par des piĂšces meublĂ©es dans le style tunisois de la fin du XIXe siĂšcle : lit Ă  baldaquin, banquettes, paravent et fauteuil[233]. Enfin, une piĂšce est consacrĂ©e au culte israĂ©lite en Tunisie avec des exemplaires de la torah[229].

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Fouille sous-marine de Mahdia

Article connexe : Épave de Mahdia.

Les salles de Mahdia sont consacrĂ©es Ă  l’exposition d’objets issus des fouilles sous-marines effectuĂ©es durant trois campagnes, entre 1907 et 1954, au large de Mahdia. Les premiĂšres fouilles ont dĂ©couvert des Ɠuvres majeures qui prennent le chemin du Bardo dĂšs leur dĂ©couverte.

La musĂ©ographie datĂ©e des annĂ©es 1930 est jugĂ©e obsolĂšte dans les annĂ©es 1980 et pose des problĂšmes de conservation[21]. Une restauration est donc effectuĂ©e en partenariat avec le Rheinisches Landesmuseum Bonn Ă  partir de dĂ©cembre 1987[235]. Une exposition a lieu Ă  Bonn du 8 septembre 1994 au 29 janvier 1995, Ă  l’issue de laquelle les Ɠuvres rentrent dĂ©finitivement en Tunisie.

Ce sont principalement des objets de la GrĂšce antique en bronze et en marbre originaires d’AthĂšnes et Ă  destination de Sicile ou d’Italie[186]. Parmi eux figurent du mobilier antique en bronze avec des parties en bois reconstituĂ©es et des Ă©lĂ©ments architectoniques en marbre (colonnes ou chapiteaux). De nombreuses sculptures font partie des dĂ©couvertes et sont datĂ©es du milieu du IIe siĂšcle av. J.‑C. au premier quart du Ier siĂšcle av. J.‑C.[236].

Galerie du navire et des bronzes

Le visiteur a accĂšs aux salles de Mahdia par la salle de Carthage. Les premiers Ă©lĂ©ments pouvant ĂȘtre vus sont une maquette du navire coulĂ© vraisemblablement dans une tempĂȘte, une ancre et des amphores exposĂ©es.

La corrosion des bronzes a dĂ©pendu du sĂ©jour marin et des alliages utilisĂ©s pour leur fabrication. Les Ɠuvres ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es selon la technique de la cire perdue : les statuettes ont Ă©tĂ© coulĂ©es en entier tandis que les piĂšces plus grandes l’ont Ă©tĂ© en plusieurs morceaux[237]. Une action sur le moulage de cire permettait aux artistes de parvenir Ă  un rĂ©sultat variĂ© alors que le modĂšle de base Ă©tait le mĂȘme[238]. Les Ɠuvres de bronze avaient fait l’objet d’un traitement spĂ©cifique destinĂ© Ă  leur donner une patine noire « façon Ă©mail Â» par un usage d’alliages particuliers[239],[240].

Le navire, contrairement aux affirmations rĂ©pandues notamment par Jacques-Yves Cousteau Ă  la suite de son film Carnet de plongĂ©e, n’était pas une galĂšre. Le type des ancres du navire, placĂ©es Ă  l’avant du bateau, a Ă©tĂ© identifiĂ© formellement comme celui utilisĂ© au milieu du Ier siĂšcle av. J.‑C.[241].

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Les bronzes ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans un excellent Ă©tat de conservation, protĂ©gĂ©s par une couche de concrĂ©tions du fait du long sĂ©jour dans la mer[242]. Une restauration soignĂ©e des Ɠuvres a eu lieu afin de rĂ©parer les dommages du temps et du climat humide[243], remettant en cause certaines analyses anciennes. Le nettoyage a Ă©tĂ© suivi par un traitement complet[244].

L’AgĂŽn[Inv 123], d’une taille de 1,40 m, est une sculpture qui reprĂ©sente un adolescent nu et ailĂ©, la tĂȘte ceinte d’une branche d’olivier, un pied posĂ© Ă  plat et l’extrĂ©mitĂ© de l’autre adhĂ©rant encore au sol. D’une main, il s’apprĂȘte Ă  poser une couronne sur sa tĂȘte et, de l’autre, il tient des tiges brisĂ©es. Cette attitude intermĂ©diaire entre le repos et l’action est conforme au goĂ»t de l’époque hellĂ©nistique ; il s’agit d’une allĂ©gorie des victoires dans les concours[245]. L’AgĂŽn a Ă©tĂ© initialement associĂ© Ă  une autre Ɠuvre en un groupe, sans doute par erreur[246].

Figures de proue de Dionysos et Ariane se faisant face sur une petite table appuyée sur le mur au second plan.
Figures de proue de Dionysos et Ariane

L’HermĂšs de Dionysos[Inv 124] a la tĂȘte du dieu posĂ©e sur un pilier Ă  section carrĂ©e pourvu sur sa face principale d’un pĂ©nis, seul dĂ©tail suggĂ©rant un corps humain. Son front est ceint d’un triple rang de frisures, de grosses moustaches tombantes encadrant la bouche et recouvrant en partie une longue barbe. De sa chevelure partent de nombreuses boucles alors qu’au sommet de sa tĂȘte s’enroule une bandelette dans un dĂ©sordre pittoresque. BoĂ©thos de ChalcĂ©doine en est l’auteur car l’Ɠuvre est signĂ©e sur un tenon[245].

Naine difforme et autres nains[Inv 125], mesurant de 30 Ă  32 cm et d’aspect vulgaire et burlesque, sont en train de danser en faisant claquer des deux mains des crotales. La tĂȘte de l’une des naines, Ă©norme, pĂšse lourd sur un corps difforme et de membres atrophiĂ©s. Elle est vĂȘtue d’une longue tunique trĂšs dĂ©colletĂ©e[245]. Les danses de nains Ă©taient liĂ©es aux cultes de Dionysos et CybĂšle mais le thĂšme a Ă©tĂ© diffusĂ© dans la vie profane. La fonction du groupe trouvĂ© lors des fouilles Ă©tait ornementale et non religieuse[247].

Le Satyre prĂȘt Ă  s’élancer (IIe siĂšcle av. J.‑C.-Ier siĂšcle av. J.‑C.)[Inv 126], mesurant 35 cm, est une sculpture reprĂ©sentant un corps svelte et souple ramassĂ© sur lui-mĂȘme. Ses muscles sont accentuĂ©s et sa tĂȘte Ă©nergique et mobile dĂ©tournĂ©e Ă  droite est surmontĂ©e d’une chevelure en broussailles. Dans son dos est plantĂ©e une queue de chĂšvre. Un Eros cytharĂšde de 42 cm est exposĂ© dans la mĂȘme vitrine.

HermĂšs orateur[Inv 127] reprĂ©sente le dieu des transports qui est reconnaissable aux petites ailes qu’il porte aux chevilles. Il est vĂȘtu d’une chlamyde qui s’enroule autour de son bras, laissant nu tout le bas du corps.

Les fouilles ont livrĂ© aussi d’autres Ɠuvres en bronze, ainsi les bustes de Dionysos et Ariane, destinĂ©s Ă  orner une fontaine ou une proue de navire[248] et arrachĂ©s de leur emplacement initial lors du pillage[249]. Des Ă©lĂ©ments de mobilier de bronze ont aussi Ă©tĂ© remontĂ©s : des klinĂ©s ou lits probablement rĂ©alisĂ©s Ă  DĂ©los, dont trois ont Ă©tĂ© rĂ©novĂ©s par l’équipe de Bonn[250], mais aussi des trĂ©pieds et des braseros.

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Salle des marbres

Buste de la déesse Aphrodite en marbre.
Buste d’Aphrodite en marbre

Le marbre a souffert du sĂ©jour dans la mer, les lithodomes l’ayant perforĂ© sauf dans les endroits dĂ©pourvus d’oxygĂšne[251].

L’Ɠuvre emblĂ©matique de la collection est le Buste d’Aphrodite en marbre[Inv 128] datĂ© du IIe siĂšcle av. J.-C.-dĂ©but du Ier siĂšcle av. J.-C.[252] : la dĂ©esse a un visage plein et d’une beautĂ© singuliĂšre, sa chevelure Ă©tant partagĂ©e sur le front par une raie mĂ©diane et rassemblĂ©e en chignon au sommet de sa tĂȘte. Un sein gauche Ă©pargnĂ© par la mer a conservĂ© sa plĂ©nitude et sa fermetĂ©[253]. De nombreuses autres statues de marbre ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es, dans des Ă©tats de conservation inĂ©gaux, et certaines Ɠuvres Ă©taient inachevĂ©es lors du naufrage.

Des Ă©lĂ©ments d’architecture divers faisaient Ă©galement partie du chargement dont sont exposĂ©es quelques colonnes de marbre, des chapiteaux dont certains sont ornĂ©s de griffons, et des fragments d’architecture ainsi que des stĂšles et reliefs d’origine grecque. Parmi les stĂšles, des ex-voto (35 cm × 56 cm et 30 cm × 53 cm) montrent AsclĂ©pios sur un lit, devant une table couverte de mets, et Hygie. Face Ă  lui, un serviteur ou Ă©chanson reçoit des offrandes de la part d’adorateurs. Les stĂšles de type attique confirment Le PirĂ©e comme lieu d’embarquement[254].

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Jardin de marbre et divers éléments

Dans le prolongement des salles des marbres de Mahdia se trouve un jardin de marbre restituĂ© Ă  partir des dĂ©couvertes faites sur l’épave de Mahdia. Sur les murs se trouvent quelques pavements de mosaĂŻques en provenance de Carthage, d’Utique et d’El Jem.

Les chercheurs ont reconstituĂ© un jardin selon le type dit des horti marmorei[255] avec le mobilier dĂ©couvert sur l’épave : cratĂšres, sculptures et candĂ©labres de marbre.

Parmi les douze cratĂšres retrouvĂ©s, seuls quatre ont pu ĂȘtre restaurĂ©s[256] et replacĂ©s dans le jardin. Les cratĂšres s’apparentent au type du Vase Borghese du musĂ©e du Louvre. Les sculptures placĂ©es sur les bords du bassin reprĂ©sentent de jeunes enfants jouant avec de l’eau, deux paires d’enfants ayant des gestes opposĂ©s[257]. Ces Ɠuvres, qui datent de la premiĂšre moitiĂ© du IIe siĂšcle av. J.-C. et sont d’origine hellĂ©nistique, sont peut-ĂȘtre des crĂ©atures dionysiaques[258].

Divers autres Ă©lĂ©ments ont Ă©tĂ© trouvĂ©s dont des fragments d’armes destinĂ©es Ă  la refonte de leur mĂ©tal. Une arbalĂšte a fait l’objet d’une restitution.

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Activités

Au-delĂ  de la prĂ©sentation de ses collections, le musĂ©e prend Ă©galement en charge les divers travaux de prĂ©servation et de catalogage de ses Ɠuvres au travers de divers services[259]. Trois ateliers s’y trouvent : un atelier de restauration de mosaĂŻques, un atelier de restauration des textiles et de la peinture sur bois et un atelier de maintenance. En outre, un service de surveillance des collections et un service de nettoyage sont sur site. Les deux derniers services sont un laboratoire photographique et un bureau d’architecture.

Le musĂ©e dispose Ă©galement d’une bibliothĂšque d’environ 5 000 ouvrages et pĂ©riodiques[259] qui n’est toutefois ouverte que sur demande Ă©crite au conservateur. Quant Ă  la photothĂšque, elle abrite une collection de 10 000 clichĂ©s sur verre qui fait partie d’une documentation d’environ 44 500 clichĂ©s[259] au total.

Un service éducatif assure par ailleurs des visites et organise des programmes spéciaux ainsi que des journées portes ouvertes.

Extension

Coupe sur le projet de plan d’extension du musĂ©e.
Plan d’extension du musĂ©e

À la suite d’un prĂȘt de trente millions de dinars accordĂ© par la Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement en 1997, la rĂ©novation de certains musĂ©es tunisiens est lancĂ©e, dont celui du Bardo[8]. Le nombre de visiteurs accueillis n’étant pas sans poser des problĂšmes de sĂ©curitĂ© tant aux personnes qu’aux Ɠuvres[260], il devenait urgent d’agir[23]. Les problĂšmes de confort de visite Ă©taient Ă©galement relevĂ©s du fait du nombre de visiteurs[261] et des nuisances sonores et atmosphĂ©riques liĂ©es aux moteurs des autocars[260].

Le projet de restructuration et d’extension est pilotĂ© par le ministĂšre de la Culture dont l’objectif est de mettre le musĂ©e aux normes internationales, de l’insĂ©rer dans le circuit Ă©conomique, de rendre plus attrayantes les collections — de façon Ă  ce que le visiteur puisse vivre une expĂ©rience qui le marque et l’invite Ă  revenir — et de confĂ©rer au bĂątiment une dynamique culturelle qui rythmerait la localitĂ© du Bardo, bref de lui confĂ©rer selon Selma Zaiane un rĂŽle de « pĂŽle culturel, touristique et Ă©ducatif Â» susceptible d’induire un « effet domino de sa rĂ©novation sur l’activitĂ© touristique Ă  Tunis Â»[262].

Ce projet inclut la rĂ©habilitation des bĂątiments existants et la construction d’une extension de 8 000 m2, dont les travaux sont lancĂ©s le 2 mars 2009 pour une durĂ©e de 22 mois[8], mais aussi la rationalisation de la conservation des rĂ©serves et une nouvelle musĂ©ographie au travers d’une nouvelle signalĂ©tique plus moderne. Le projet implique de « retrouver l’architecture du lieu, de comprendre l’organisation des volumes, de mieux se diriger de salle en salle, avec une frĂ©quence accrue Â» selon Hindley[263]. Des espaces pĂ©dagogiques, de nouveaux espaces d’accueil et de services ainsi que de nouvelles surfaces d’expositions permanentes et temporaires sont prĂ©vus. Parmi les premiers projets d’expositions temporaires, il faut signaler un projet sur les Vandales, un autre sur les AztĂšques et un dernier sur les sculptures romaines[264].

Vue extérieure du musée en travaux en août 2010.
Travaux au musée du Bardo en août 2010

Le rĂ©amĂ©nagement doit porter la capacitĂ© d’accueil du musĂ©e Ă  un million de visiteurs par an contre 600 000 avant les travaux[8]. Le nombre de piĂšces exposĂ©es devrait doubler, pour atteindre 8 000 piĂšces[23].

L’accĂšs se fera par un grand hall dans lequel sera exposĂ©e la grande mosaĂŻque du triomphe de Neptune trouvĂ©e Ă  Sousse[264]. La musĂ©ographie, datĂ©e des annĂ©es 1930, devrait ĂȘtre revue parallĂšlement Ă  un flĂ©chage permettant un respect de la chronologie, pas Ă©vident dans la situation antĂ©rieure[265]. De nombreux espaces situĂ©s Ă  l’intĂ©rieur du musĂ©e et riches d’Ɠuvres, dĂ©volus aux services administratifs et techniques, deviennent accessibles Ă  la visite, comme le fameux baptistĂšre de KĂ©libia. Les locaux administratifs et techniques doivent ĂȘtre regroupĂ©s dans de nouveaux espaces[261].

Le musĂ©e du Bardo est le second lieu le plus visitĂ© avant Carthage et l’amphithĂ©Ăątre d'El Jem et apporte Ă  lui seul 20 % du total des entrĂ©es payantes sur 55 sites et musĂ©es[266]. Le musĂ©e a eu Ă  souffrir de la concurrence d’autres sites, comme El Jem Ă  l’occasion de la mise en place de circuits sahariens Ă  la fin des annĂ©es 1990, alors que le tourisme en Tunisie continuait de croĂźtre[267]. Les visites y compris gratuites ont eu tendance Ă  baisser, avec un faible taux de retour des Tunisiens en liaison peut-ĂȘtre avec la mĂ©connaissance des mesures de gratuitĂ©[268]. MalgrĂ© la baisse des groupes venant des zones touristiques et des entrĂ©es gratuites, le nombre de visites atteint 664 891 en 2005, en lien sans doute avec la croissance du dĂ©veloppement des croisiĂšres[269].

L’enjeu de la fin des travaux, prĂ©vue initialement pour juillet 2011[264] mais reculĂ©e Ă  mars 2012[270] suite aux bouleversements politiques de la rĂ©volution, est aussi la mise en place d’une relance de l’augmentation du nombre de visiteurs[260] pour achever la transformation du musĂ©e Ă©litiste de ses dĂ©buts en « musĂ©e de tous[262] Â» et dĂ©passer le chiffre de 6 % de visiteurs tunisiens[271].

NumĂ©ros d’inventaire

  1. ↑ cb. 1082
  2. ↑ cb. 229
  3. ↑ cb. 422
  4. ↑ cb. 552
  5. ↑ cb. 514
  6. ↑ I. 234
  7. ↑ Inv. 2494
  8. ↑ Inv. 3493
  9. ↑ Inv. 3495
  10. ↑ I. 238
  11. ↑ D. 1127
  12. ↑ Inv. 3195
  13. ↑ cb. 964, 966, 970 à 974
  14. ↑ C. 1113
  15. ↑ Inv. 3158
  16. ↑ C. 1475
  17. ↑ C. 1115
  18. ↑ Inv. 3501
  19. ↑ Inv. 3047
  20. ↑ Inv. 3119
  21. ↑ Inv. 3508
  22. ↑ C. 72
  23. ↑ Inv. 1784
  24. ↑ C. 1025
  25. ↑ Inv. 3157
  26. ↑ C. 1129
  27. ↑ C. 965
  28. ↑ C. 1045
  29. ↑ C. 73
  30. ↑ C. 1347
  31. ↑ Inv. 3212
  32. ↑ C. 1013
  33. ↑ C. 1014
  34. ↑ C. 1015
  35. ↑ C. 1020
  36. ↑ C. 1018
  37. ↑ C. 1016
  38. ↑ C. 1023
  39. ↑ Inv. 3654 et 3653
  40. ↑ Inv. 3655 et 3656
  41. ↑ C. 939
  42. ↑ C. 921
  43. ↑ Inv. 2779
  44. ↑ Inv. 2778
  45. ↑ C. 933
  46. ↑ C. 932
  47. ↑ C. 982
  48. ↑ C. 943
  49. ↑ C. 923
  50. ↑ Inv. 2125
  51. ↑ C. 39
  52. ↑ C. 1333
  53. ↑ Inv. 2993
  54. ↑ A. 105
  55. ↑ A. 103
  56. ↑ a et b A. 295
  57. ↑ A. 10
  58. ↑ Inv. 1
  59. ↑ A. 25
  60. ↑ A. 26
  61. ↑ A. 27
  62. ↑ Inv. 2772
  63. ↑ A. 166
  64. ↑ A. 19
  65. ↑ A. 341
  66. ↑ Inv. 2403
  67. ↑ Inv. 3361
  68. ↑ Inv. 3722
  69. ↑ Inv. 2757
  70. ↑ A. 262
  71. ↑ A. 376
  72. ↑ Inv. 3575
  73. ↑ A. 373
  74. ↑ Inv. 2819
  75. ↑ A. 171
  76. ↑ Inv. 1515
  77. ↑ Inv. 2750
  78. ↑ Inv. 3576
  79. ↑ A. 382
  80. ↑ Inv. 3332
  81. ↑ A. 162
  82. ↑ A. 150 à 152
  83. ↑ A. 268 à 284
  84. ↑ Inv. 1399
  85. ↑ a et b Inv. 3588
  86. ↑ Inv. 1396
  87. ↑ A. 226
  88. ↑ A. 1
  89. ↑ A. 292
  90. ↑ Inv. 572
  91. ↑ Inv. 3650
  92. ↑ A. 287
  93. ↑ Inv. 2402
  94. ↑ Inv. 3331
  95. ↑ Inv. 2816
  96. ↑ Inv. 2983
  97. ↑ Inv. 3602
  98. ↑ Inv. 3603
  99. ↑ Inv. 3591
  100. ↑ Inv. 3590
  101. ↑ A. 390
  102. ↑ A. 123
  103. ↑ A. 261
  104. ↑ Inv. 2884 (B)
  105. ↑ Inv. 2884 (A)
  106. ↑ Inv. 1394
  107. ↑ Inv. 3621
  108. ↑ A. 372
  109. ↑ A. 148
  110. ↑ A. 128
  111. ↑ Inv. 529
  112. ↑ Inv. 2980
  113. ↑ A. 307
  114. ↑ A. 264
  115. ↑ A. 308
  116. ↑ A. 39
  117. ↑ A. 253
  118. ↑ C. 968
  119. ↑ A. 228
  120. ↑ B. 53
  121. ↑ Inv. 3382
  122. ↑ Inv. 3574
  123. ↑ F. 106
  124. ↑ F. 107
  125. ↑ F. 213 à 215
  126. ↑ F. 209
  127. ↑ F. 208
  128. ↑ C. 1183

Références

  1. ↑ a et b Selma Zaiane, « Le musĂ©e national du Bardo en mĂ©tamorphose. Pour une nouvelle image du tourisme culturel tunisien et de nouveaux visiteurs Â», TĂ©oros, n°69, 2008, p. 2
  2. ↑ a et b Paul Sebag, Tunis. Histoire d’une ville, Ă©d. L’Harmattan, Paris, 1998, p. 136
  3. ↑ (fr) Denise Brahimi, Voyageurs dans la rĂ©gence de Tunis : XVIe-XIXe siĂšcles, Ă©d. Cartaginoiseries, Carthage, 2008, p. 171
  4. ↑ Paul Sebag, op. cit., p. 181
  5. ↑ Paul Sebag, op. cit., pp. 364-365
  6. ↑ a et b Paul Sebag, op. cit., p. 293
  7. ↑ Paul Sebag, op. cit., p. 241
  8. ↑ a, b, c, d, e, f et g (fr) Tahar Ayachi, « Le musĂ©e du Bardo Ă  la conquĂȘte de nouvelles dimensions Â», La Presse de Tunisie, 30 mars 2009
  9. ↑ a, b et c Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, Ă©d. Agence nationale du patrimoine, Tunis, 1993, p. 8
  10. ↑ Paul Sebag, op. cit., p. 365
  11. ↑ a, b, c et d (fr) Histoire du musĂ©e (MusĂ©e national du Bardo)
  12. ↑ a, b, c et d Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 7
  13. ↑ RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre et Paul Gauckler, Catalogue du musĂ©e Alaoui, Ă©d. Ernest Leroux, Paris, 1897, p. 1
  14. ↑ RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre et Paul Gauckler, op. cit., pp. 1-2
  15. ↑ RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre et Paul Gauckler, op. cit., p. 2
  16. ↑ RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre et Paul Gauckler, op. cit., p. 3
  17. ↑ RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre et Paul Gauckler, op. cit., p. 5
  18. ↑ (fr) [PDF] Loi du 31 mars 1958 portant fixation du budget ordinaire pour la gestion 1958-59, Journal officiel de la RĂ©publique tunisienne, n°25, 28-31 mars 1958, p. 325
  19. ↑ Alfred Merlin et Louis Poinssot, Guide du musĂ©e Alaoui (MusĂ©e du Bardo), Ă©d. Direction des antiquitĂ©s et des arts, Tunis, 1950
  20. ↑ (fr) [PDF] Loi du 29 dĂ©cembre 1966 portant loi de finances pour la gestion 1967, Journal officiel de la RĂ©publique tunisienne, 27-30 dĂ©cembre 1966, p. 1789
  21. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, « L’exposition de l’épave de Mahdia Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, Ă©d. Rheinland Verlag, Cologne, 1994, p. 1
  22. ↑ ClĂ©mentine Gutro, L’archĂ©ologie en Tunisie (XIXe-XXe siĂšcles). Jeux gĂ©nĂ©alogiques sur l’AntiquitĂ©, Ă©d. Karthala, Paris, 2010, p. 44 (ISBN 2811103961)
  23. ↑ a, b et c Selma Zaiane, op. cit., p. 1
  24. ↑ RenĂ© du Coudray de La BlanchĂšre et Paul Gauckler, op. cit., p. 6
  25. ↑ Paul Gauckler, Catalogue du musĂ©e Alaoui, 1908-1910, p. V
  26. ↑ Paul Gauckler, Catalogue du musĂ©e Alaoui, 1922, pp. I-II
  27. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 11
  28. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 12
  29. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, Ă©d. CĂ©rĂšs, 1992, pp. 10-11
  30. ↑ Michel Gruet, « Le gisement d’El Guettar suivi d’une notice sur la faune de R. Vaufrey Â», Karthago, tome V, 1954, pp. 1-79
  31. ↑ Jean Chavaillon, « El Guettar, Tunisie Â», Dictionnaire de la PrĂ©histoire, Ă©d. PUF, Paris, 1988, p. 354
  32. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 13
  33. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 14
  34. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 15
  35. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 16
  36. ↑ M’hamed Hassine Fantar, De Carthage Ă  Kairouan. 2 000 ans d’art et d’histoire en Tunisie, Ă©d. Association française d’action artistique, Paris, 1982, p. 43
  37. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 38
  38. ↑ Serge Lancel, « Questions sur le tophet de Carthage Â», La Tunisie, carrefour du monde antique, Ă©d. Faton, Paris, 1995, p. 41
  39. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 18-19
  40. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 18
  41. ↑ CIS, 5689
  42. ↑ Serge Lancel, « Questions sur le tophet de Carthage Â», p. 46
  43. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 36
  44. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 34
  45. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 17
  46. ↑ HĂ©di Slim, Ammar Mahjoubi et Khaled Belkhodja, Histoire gĂ©nĂ©rale de la Tunisie, tome I « L’AntiquitĂ© Â», Ă©d. Maisonneuve et Larose, Paris, 2003, p. 99
  47. ↑ a, b et c AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 13
  48. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 19
  49. ↑ Diodore de Sicile, Bibliothùque historique, XIV, 77, 4-5
  50. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 20-21
  51. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 27
  52. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 50
  53. ↑ Abdelmajid Ennabli, Georges Fradier et Jacques PĂ©rez, Carthage retrouvĂ©e, Ă©d. CĂ©rĂšs / Herscher, Tunis / Paris, 1995, p. 63
  54. ↑ a, b, c et d Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 28
  55. ↑ a, b et c Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 29
  56. ↑ AndrĂ© Parrot, Maurice H. ChĂ©hab et Sabatino Moscati, Les PhĂ©niciens, Ă©d. Gallimard, coll. L’univers des formes, Paris, 2007, p. 219
  57. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 57
  58. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 59
  59. ↑ AndrĂ© Parrot, Maurice H. ChĂ©hab et Sabatino Moscati, op. cit., p. 220
  60. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 67
  61. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 33
  62. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 66
  63. ↑ AndrĂ© Parrot, Maurice H. ChĂ©hab et Sabatino Moscati, op. cit., p. 234
  64. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 25-26
  65. ↑ Abdelmajid Ennabli, Georges Fradier et Jacques PĂ©rez, op. cit., p. 58
  66. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 24-25
  67. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 25
  68. ↑ AndrĂ© Parrot, Maurice H. ChĂ©hab et Sabatino Moscati, op. cit., p. 229
  69. ↑ Abdelmajid Ennabli, Georges Fradier et Jacques PĂ©rez, op. cit., p. 90
  70. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 78
  71. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 32
  72. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 155
  73. ↑ a, b et c AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 16
  74. ↑ AndrĂ© Parrot, Maurice H. ChĂ©hab et Sabatino Moscati, op. cit., p. 224
  75. ↑ a et b HĂ©di Slim, Ammar Mahjoubi et Khaled Belkhodja, op. cit., p. 146
  76. ↑ Recueil des inscriptions libyques, 2
  77. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 38
  78. ↑ a et b HĂ©di Slim, Ammar Mahjoubi et Khaled Belkhodja, op. cit., p. 139
  79. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 36-37
  80. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 59
  81. ↑ Nayla Ouertani, « La sculpture romaine Â», La Tunisie, carrefour du monde antique, pp. 99-100
  82. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 116
  83. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 19
  84. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 34
  85. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 109
  86. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 35-36
  87. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 60
  88. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 63-64
  89. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 66
  90. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 180
  91. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 62
  92. ↑ Nayla Ouertani, « La sculpture romaine Â», p. 96
  93. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 67
  94. ↑ Nayla Ouertani, « La sculpture romaine Â», p. 99
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  96. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 72
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  98. ↑ a et b Nayla Ouertani, « La sculpture romaine Â», p. 95
  99. ↑ a, b et c AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 22
  100. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 48
  101. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 49
  102. ↑ a, b et c Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 50
  103. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 47-48
  104. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 133
  105. ↑ Nayla Ouertani, « La sculpture romaine Â», p. 94
  106. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 84
  107. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 115
  108. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 115-116
  109. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 116-117
  110. ↑ Abdelmajid Ennabli, Georges Fradier et Jacques PĂ©rez, op. cit., p. 104
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  112. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 113
  113. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 25
  114. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 111
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  116. ↑ HĂ©di Slim et Nicolas FauquĂ©, La Tunisie antique. De Hannibal Ă  saint Augustin, Ă©d. MengĂšs, Paris, 2001, p. 153
  117. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 127
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  120. ↑ a, b et c AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 30
  121. ↑ HĂ©di Slim et Nicolas FauquĂ©, op. cit., p. 107
  122. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 111-112
  123. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 144
  124. ↑ Gilbert Charles-Picard, « La richesse des mosaĂŻques de Tunisie Â», La Tunisie, carrefour du monde antique, p. 87
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  128. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 125-126
  129. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 41
  130. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 222
  131. ↑ a et b François Baratte, Histoire de l’art antique : L’art romain, Ă©d. Manuels de l’école du Louvre - La documentation française, Paris, 1996, p. 255
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  135. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 140-141
  136. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 124-125
  137. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 126-127
  138. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 51
  139. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 189
  140. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 141-142
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  142. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, pp. 281-282
  143. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, pp. 313-314
  144. ↑ a, b et c Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 134
  145. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 312
  146. ↑ a, b, c et d AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 57
  147. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 257
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  149. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 255
  150. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 36
  151. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 190
  152. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, pp. 252-253
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  155. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 262
  156. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 135
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  158. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 258
  159. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 141
  160. ↑ Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 184
  161. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 27
  162. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 149
  163. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 138
  164. ↑ a, b et c AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 45
  165. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 185
  166. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 163
  167. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 48
  168. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 61
  169. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 256
  170. ↑ (fr) HĂ©di Slim, Ammar Mahjoubi et Khaled Belkhodja, op. cit., p. 174
  171. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 153-154
  172. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 42
  173. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 182
  174. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 187-188
  175. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 137
  176. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 254
  177. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 58
  178. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 261
  179. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 258-259
  180. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 267-268
  181. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 269
  182. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 266-267
  183. ↑ Gilbert Charles-Picard, « La richesse des mosaĂŻques de Tunisie Â», p. 86
  184. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, pp. 60-61
  185. ↑ Gilbert Charles-Picard, « La richesse des mosaĂŻques de Tunisie Â», pp. 86-87
  186. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 26
  187. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 47
  188. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 146
  189. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 43
  190. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 181
  191. ↑ HomĂšre, OdyssĂ©e, chant XII, 160-200
  192. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, pp. 171-172
  193. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 183
  194. ↑ VIIe hymne homĂ©rique, consacrĂ© Ă  ArĂšs
  195. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, pp. 173-174
  196. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 183-184
  197. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 174
  198. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 80
  199. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, p. 81
  200. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 54
  201. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 179
  202. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 147
  203. ↑ Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaïques de Tunisie, pp. 182-183
  204. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 252
  205. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 148
  206. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 151
  207. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 50
  208. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 185-186
  209. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 184-185
  210. ↑ Abdelmajid Ennabli, Georges Fradier et Jacques PĂ©rez, op. cit., p. 112
  211. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 39-40
  212. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, pp. 20-21
  213. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 40
  214. ↑ François Baratte, Histoire de l’art antique : L’art romain, p. 263
  215. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 42
  216. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 82-83
  217. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 41
  218. ↑ a et b Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 45
  219. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 44
  220. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 43
  221. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 21
  222. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 57
  223. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, pp. 256-257
  224. ↑ (fr) Georges Gautier et Michel Amandry, « Les monnaies romaines en or conservĂ©es au MusĂ©e du Bardo Ă  Tunis Â», Revue numismatique, vol. 6, n°150, 1995, p. 256
  225. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., pp. 226-230
  226. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 65
  227. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 241
  228. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 267
  229. ↑ a, b, c et d AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 71
  230. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., pp. 216-217
  231. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 72
  232. ↑ M’hamed Hassine Fantar, op. cit., p. 225
  233. ↑ a et b AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 66
  234. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, p. 67
  235. ↑ AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, « L’exposition de l’épave de Mahdia Â», p. 2
  236. ↑ François Baratte, « La trouvaille de Mahdia et la circulation des Ɠuvres d’art en MĂ©diterranĂ©e Â», Carthage, l’histoire, sa trace et son Ă©cho, Ă©d. Alif, Tunis, 1995, p. 213
  237. ↑ Carol C. Mattusch, « The Production of Bronze Statuary in the Greek World Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 799
  238. ↑ Carol C. Mattusch, op. cit., p. 800
  239. ↑ Wolf-Dieter Heilmeyer, « Zur OberflĂ€che antiker Grossbronzen Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 807
  240. ↑ Frank Willer, « Fragen zur intentionellen Schwarzpatina an den Mahdiabronzen Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 1031
  241. ↑ Alfred Merlin et Louis Poinssot, CratĂšres et candĂ©labres de marbre trouvĂ©s en mer prĂšs de Mahdia, Ă©d. Vuibert, Paris, 1930, p. 16
  242. ↑ Alfred Merlin et Louis Poinssot, CratĂšres et candĂ©labres de marbre trouvĂ©s en mer prĂšs de Mahdia, p. 11
  243. ↑ Gerhard Eggert, « Allgemeines zur Restaurierung der Bronzefunde von Mahdia Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 950
  244. ↑ Gerhard Eggert, op. cit., p. 951
  245. ↑ a, b et c Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 164
  246. ↑ Magdalene Söldner, « Der sogenannte Agon Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 429
  247. ↑ Susanne Pfisterer-Haas, « Die bronzenen ZwergentĂ€nzer Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 504
  248. ↑ François Baratte, « La trouvaille de Mahdia et la circulation des Ɠuvres d’art en MĂ©diterranĂ©e Â», p. 216
  249. ↑ Heinz GĂŒnther Horn, « Dionysos und Ariane Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 467
  250. ↑ Ute Sobottka-Braun, « Rekonstruktion der Klinen Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 1006
  251. ↑ Michael PĂŒtsch et Mario Steinmetz, « Bohrende Organismen im Meer Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 1090
  252. ↑ Nayla Ouertani, « Remarques Ă  propos de la collection en marbre Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 290
  253. ↑ Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, p. 167
  254. ↑ Gerhard Bauchhenss, « Die klassischen Reliefs Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 380
  255. ↑ JuvĂ©nal, Satires, VII, 78-80
  256. ↑ Alfred Merlin et Louis Poinssot, CratĂšres et candĂ©labres de marbre trouvĂ©s en mer prĂšs de Mahdia, p. 32
  257. ↑ Nayla Ouertani, « Remarques Ă  propos de la collection en marbre Â», pp. 293-294
  258. ↑ Bernard Andreae, « Statuetten eines sitzenden KnĂ€bleins Â», Das Wrack. Der antike Schiffsfund von Mahdia, p. 374
  259. ↑ a, b et c (fr) DĂ©partements du musĂ©e (MusĂ©e national du Bardo)
  260. ↑ a, b et c Selma Zaiane, op. cit., p. 8
  261. ↑ a et b Selma Zaiane, op. cit., p. 3
  262. ↑ a et b Selma Zaiane, op. cit., p. 10
  263. ↑ Selma Zaiane, op. cit., p. 4
  264. ↑ a, b et c (fr) Alya Hamza, « Le Bardo : un nouveau musĂ©e pour un palais Â», La Presse de Tunisie, 10 novembre 2010
  265. ↑ Selma Zaiane, op. cit., pp. 2-3
  266. ↑ Selma Zaiane, op. cit., p. 5
  267. ↑ Selma Zaiane, op. cit., pp. 5-6
  268. ↑ Selma Zaiane, op. cit., p. 6
  269. ↑ Selma Zaiane, op. cit., p. 7
  270. ↑ (fr) Laurent Ribadeau Dumas, « Quand le musĂ©e lui aussi fait sa rĂ©volution Â», France 2, 26 octobre 2011
  271. ↑ (fr) Olfa Belhassine, « Les musĂ©es sont-ils incontournables ? Â», La Presse de Tunisie, 17 octobre 2010

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article : Ouvrage utilisĂ© comme source pour la rĂ©daction de cet article

Français

  • François Baratte, Histoire de l’art antique : L’art romain, Ă©d. Manuels de l’école du Louvre - La documentation française, Paris, 1996 (ISBN 2711835243) Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Khaled Belkhodja, Ammar Mahjoubi et HĂ©di Slim, Histoire de la Tunisie, tome I « L’AntiquitĂ© Â», Ă©d. SociĂ©tĂ© tunisienne de diffusion, Tunis, 2003
  • AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader, Le musĂ©e du Bardo, Ă©d. CĂ©rĂšs, Tunis, 1992 (ISBN 997370083X) Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Chokri Ben Nessir, « Le Bardo actuel & Le Bardo du futur Â», La Presse Magazine, no 986, 3 septembre 2006, pp. 3–5
  • ZeĂŻneb Benzina Ben Abdallah, Catalogue des inscriptions latines paĂŻennes du musĂ©e du Bardo, Ă©d. Institut national d’archĂ©ologie et d’art, Tunis, 1986 (ISBN 2728301190)
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  • Albert France-Lanord, Conservation des bronzes : musĂ©e du Bardo, Ă©d. Unesco, Paris, 1980 (lire en ligne)
  • Georges Gautier et Michel Amandry, « Les monnaies romaines en or conservĂ©es au MusĂ©e du Bardo Ă  Tunis Â», Revue numismatique, vol. 6, no 150, 1995, pp. 256–263 (lire en ligne)
  • Mounira Harbi-Riahi, Mohamed El Aziz Ben Achour, Samya El Mechat et al., Le musĂ©e du Bardo : hier et aujourd’hui, 1888-1988, Ă©d. Institut national d’archĂ©ologie et d’art, Tunis, 1988
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  • Mohamed Yacoub, Le MusĂ©e du Bardo : dĂ©partements antiques, Ă©d. Agence nationale du patrimoine, Tunis, 1993 Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Mohamed Yacoub, Splendeurs des mosaĂŻques de Tunisie, Ă©d. Agence nationale du patrimoine, Tunis, 1995 (ISBN 9973917235) Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Selma Zaiane, « Le musĂ©e national du Bardo en mĂ©tamorphose. Pour une nouvelle image du tourisme culturel tunisien et de nouveaux visiteurs Â», TĂ©oros, no 69, 2008 (lire en ligne) Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Hanene Zbiss, « Modernisation des musĂ©es en Tunisie, DĂ©sacralisation de l’histoire pour mieux la servir Â», RĂ©alitĂ©s, 11 octobre 2007
  • Collectif, La Tunisie, carrefour du monde antique, Ă©d. Faton, Paris, 1995 Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article

Autres langues

  • (en) AĂŻcha Ben Abed-Ben Khader et David Soren, Carthage. A mosaic of ancient Tunisia, Ă©d. American Museum of Natural History, New York, 1987
  • (it) Fathi BĂ©jaoui, I mosaici romani di Tunisia, Ă©d. Jaca Book, Milan, 1995 (ISBN 8816601701)
  • (it) Mahmoud Bouhleli, Tunisia. Storia, societa e tradizioni, arte e cultura, religione, Ă©d. Pendragon, Bologne, 2000 (ISBN 8883420527)
  • (it) Giacomo Caputo, Tunisia. Mosaici pavimentali antichi, Ă©d. Unesco, Paris, 1962
  • (en) Ben Lazreg et D. J. Mattingly, Leptiminus. A Roman port city in Tunisia, Ă©d. University of Michigan Press, Ann Arbor, 1992
  • (it) Giancarlo Pizzi, Tremila anni di storia in Tunisia, Ă©d. Jaca Book, Milan, 1996 (ISBN 881690061X)

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