Murs (Vaucluse)

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Murs (Vaucluse)
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43° 57â€Č 06″ N 5° 14â€Č 30″ E / 43.951799, 5.241637

Murs
Image illustrative de l'article Murs (Vaucluse)
Armoiries
DĂ©tail
Administration
Pays France
RĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur
DĂ©partement Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Gordes
Code commune 84085
Code postal 84220
Maire
Mandat en cours
Xavier Arena
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de Pied Rousset en Luberon
DĂ©mographie
Population 433 hab. (2008)
DensitĂ© 14 hab./kmÂČ
Gentilé Mursois, Mursoises
GĂ©ographie
CoordonnĂ©es 43° 57â€Č 06″ Nord
       5° 14â€Č 30″ Est
/ 43.951799, 5.241637
Altitudes mini. 248 m — maxi. 803 m
Superficie 31,26 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Murs (prononcĂ© [myːʀs] ou [myʀs]) est une commune française du dĂ©partement du Vaucluse et de la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur.

Murs, Mus en provençal, tire son nom du terme Muros qui dĂ©signait Ă  l’époque gallo-romaine une construction importante situĂ©e sur un chemin frĂ©quentĂ©. Ces relais Ă©taient Ă©galement appelĂ©s des mutationes. [rĂ©f. nĂ©cessaire]

Les habitants s’appellent les Mursois.

Sommaire

GĂ©ographie

Situation

Murs est situĂ© dans le dĂ©partement du Vaucluse dans la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur. Le village se trouve au cƓur de la partie occidentale des monts de Vaucluse, Ă  mi-chemin de la route (D4) reliant Apt Ă  Carpentras.

La commune de Murs est limitrophe de Gordes, Joucas et Roussillon au sud, de Saint-Saturnin-lĂšs-Apt et Lioux Ă  l’est et de Venasque et MĂ©thamis au nord. Murs est Ă  8 km de Gordes par la D 15, Ă  4 km de Joucas par la D 102A et la D 4 et Ă  17 km de la ville d’Apt.

Panorama Murs.jpg

AccĂšs et transports

La gare TGV la plus proche est la gare d'Avignon TGV. La commune est desservie par les sorties de l'autoroute A7 Ă  Avignon sud ou Cavaillon.

Topographie

Le village est situĂ© sur les flancs d’un fossĂ© d’effondrement dont la terre sableuse et limoneuse est propice Ă  la culture des cĂ©rĂ©ales.

Le village, Ă  500 m d’altitude, est nichĂ© sur les flancs d’une colline, en bordure d’un fossĂ© d’effondrement. La totalitĂ© du territoire de Murs se trouve sur l’adret des monts de Vaucluse. Les frontiĂšres nord et ouest de la commune suivent la ligne de crĂȘte et traversent trois cols : le col de la Ligne, le col de Murs (ou col du Puy Griffon) et le col des Trois termes.

La commune de Murs s’étend sur 3126 ha, de la plaine du Calavon jusqu’à la ligne de crĂȘte des monts de Vaucluse. Le point culminant, Ă  803 m., de ce vaste territoire est une colline dans les bois de Curnier, Ă  proximitĂ© du col de la Ligne. Le point le plus bas de la commune, Ă  l’altitude de 248 m, se trouve au lieu-dit La TuiliĂšre, au sud de la commune.

GĂ©ologie

Un fossile de bivalve : il y a 20 millions d’annĂ©es, une mer recouvrait ce qui deviendra la Provence.

Le village de Murs est implantĂ© Ă  500 m d’altitude, dans les monts de Vaucluse, en bordure d’un fossĂ© d’effondrement, orientĂ© suivant une direction nord-est sud-ouest, et dont le fond est Ă  430 m d’altitude.

Les monts de Vaucluse sont composĂ©s de calcaires du crĂ©tacĂ© infĂ©rieur. Cependant, les affleurements calcaires sont, en certains endroits, entaillĂ©s par des fossĂ©s d’effondrement remplis de terrains plus rĂ©cents sableux, marneux et grĂ©seux couverts d’alluvions (d’ñges Ă©ocĂšne et oligocĂšne). Les terrains fertiles de ces fossĂ©s ont attirĂ© les hommes qui ont pu y dĂ©velopper l’agriculture. C’est le cas aussi Ă  Lioux, Sault, Simiane, Banon. Le fossĂ© de Murs concentre ainsi la totalitĂ© des terres cultivĂ©es de la commune et abrite des terres plus humides (lieu-dit Les Étangs, lac artificiel Ă  Tourbe).

Le reste du territoire de la commune est constituĂ© de sols pauvres, secs, oĂč le calcaire affleure souvent. Ces paysages de garrigue des alentours ne sont pas propices aux cultures.

Le fossĂ© de Murs est reliĂ© Ă  la plaine du Calavon par la gorge du VĂ©roncle. La gorge du VĂ©roncle joua un rĂŽle Ă©conomique majeur dans l’histoire de la commune, et ainsi que celle de la Vaumale, qui forme la limite-est de la commune[1]. Les gorges de la SĂ©nancole, oĂč se trouve l’abbaye de SĂ©nanque, sont situĂ©es sur le territoire de Gordes.

La commune de Murs comprend un site « le Puy Â» faisant partie de la rĂ©serve naturelle gĂ©ologique du Luberon. Cette zone est protĂ©gĂ©e et les fouilles ou les prĂ©lĂšvements y sont strictement interdits par la loi. Il comprend des calcaires marneux de faciĂšs continental de l’ùre tertiaire (OligocĂšne - Stampien). Ils livrent des poissons. On y trouve Ă©galement de nombreux dĂ©bris vĂ©gĂ©taux (cuticules et feuilles)[2].

Hydrographie

MĂȘme si des archives attestent que l’eau Ă©tait autrefois plus prĂ©sente dans les monts de Vaucluse, la nature gĂ©ologique des sols et le faible rĂ©gime des prĂ©cipitations n’ont jamais permis la prĂ©sence de cours d’eau importants. Aucun ruisseau pĂ©renne ne coule Ă  proximitĂ© du village.

La karstification du calcaire provoque l’infiltration des eaux dans le sous-sol et empĂȘche son Ă©coulement en surface, Ă  l’exception notable des fossĂ©s d’effondrement oĂč des ruisseaux existent pendant l’hiver. L’injection d’une substance fluorescente a montrĂ© que toutes les eaux infiltrĂ©es sur le versant sud du mont Ventoux et sur les monts de Vaucluse rejaillissaient en un lieu unique, Ă  La Fontaine de Vaucluse[3].

Climat

DĂ©cembre 2005, neige sur le village.

Murs est situĂ© dans la zone d’influence du climat mĂ©diterranĂ©en. Les Ă©tĂ©s sont donc trĂšs chauds et secs, entrecoupĂ©s d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les prĂ©cipitations sont peu frĂ©quentes et la neige rare, mais pas exceptionnelle. L’exposition sud du village permet un ensoleillement important (environ 300 jours par an). Pour autant, Murs subit les assauts du mistral, vent du Nord froid qui souffle presque un tiers de l’annĂ©e en Vaucluse. Souvent violent (les pointes Ă  90 km/h sont frĂ©quentes), le mistral s’accompagne d’un temps ensoleillĂ© et d’un ciel limpide.

En pĂ©riode estivale, les tempĂ©ratures Ă©levĂ©es associĂ©es Ă  la faiblesse des prĂ©cipitations crĂ©ent une pĂ©riode de sĂ©cheresse de un Ă  deux mois selon l’indice de Gaussen (tempĂ©ratures en degrĂ©s Celsius deux fois supĂ©rieures aux prĂ©cipitations en millimĂštres)[4].

Relevé météorologique d'Apt
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 4 6 9 13 16 19 19 16 13 7 4 10,7
Température moyenne (°C) 7 8 11 13,5 18 21,5 24,5 24,5 21,5 17 11 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12 16 18 23 27 30 30 25 21 15 12 19,2
Précipitations (mm) 35,3 21,3 21,9 40,6 26,7 14,6 8,2 18,3 57 52,3 39,1 25,6 361,1
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
35.3
 
11
3
 
 
21.3
 
12
4
 
 
21.9
 
16
6
 
 
40.6
 
18
9
 
 
26.7
 
23
13
 
 
14.6
 
27
16
 
 
8.2
 
30
19
 
 
18.3
 
30
19
 
 
57
 
25
16
 
 
52.3
 
21
13
 
 
39.1
 
15
7
 
 
25.6
 
12
4
Temp. moyennes maxi et mini (°C) ‱ PrĂ©cipitations (mm)

Flore et faune

Le « Gros chĂȘne Â»

La vĂ©gĂ©tation se compose principalement de forĂȘts de chĂȘnes verts, de chĂȘnes blancs et de pins d’Alep, alternant avec des zones moins boisĂ©es de garrigues. Le sol est couvert d’arbustes et de plantes herbacĂ©es habituĂ©s au sol pauvre et Ă  la sĂ©cheresse. Il s’agit de chĂȘnes kermĂšs, de nerpruns, de viornes, de genĂ©vriers, de genĂȘts et de plantes aromatiques telles que le romarin, le thym, la sauge, etc. Les fleurs sont peu nombreuses et discrĂštes : aphyllantes de Montpellier appelĂ©e aussi Ɠillet bleu de Montpellier (petite fleur bleue de garrigue qui apprĂ©cie les espaces dĂ©gagĂ©s), iris nains, cistes, leuzĂ©es, lavandins, orchis, etc.

En contrebas du village, le Gros chĂȘne de Murs est le plus gros des chĂȘnes pubescents pluricentenaires de la commune. La circonfĂ©rence de son tronc est de 6,80 mĂštres, sa hauteur de 24 mĂštres et sa frondaison de 34 mĂštres[5].

La faune est reprĂ©sentĂ©e par de petits mammifĂšres (musaraignes, campagnols), des oiseaux dont des rapaces (buses, faucons), des gallinacĂ©s (perdrix), de nombreux reptiles dont des LĂ©zard des murailles (Podarcis muralis) et des serpents comme les couleuvres Ă  Ă©chelons (Elaphe scalaris)), et des insectes comme les chrysomĂšles de la menthe (Chrysolina herbacea) ou les « crache-sang Â» (Timarcha tenebricosa).

Les grands rapaces font l’objet d’un arrĂȘtĂ© de Protection de Biotope depuis le 25 avril 1990 [6].

Zones protégées

La combe de Lioux

La commune de Murs appartient au Parc naturel rĂ©gional du Luberon. Elle a sur son territoire des morceaux de huit zones classĂ©es par le parc comme secteurs de valeur biologique majeure[6] :

  • La SĂ©nancole (703 ha) ;
  • Combe de VĂ©roncle - Bois d’Audibert (235 ha) ;
  • La JaumiĂšres (8 ha) ;
  • Ravin de Sumian (13 ha) ;
  • CrĂȘtes des Plaines (20 ha) ;
  • BoissiĂšre - Combe de Vaumale (278 ha) ;
  • Puy de Griffon - CrĂȘtes de Murs (299 ha) ;
  • Combe de Lioux (16 ha).

Histoire

HĂ©raldique

Article dĂ©taillĂ© : Armorial des communes de Vaucluse.
blason

Les armes de Murs se blasonnent ainsi : D’azur au croissant d’or surmontĂ© d’une Ă©toile Ă  six rais du mĂȘme.

Le blason de Murs fut dessinĂ© Ă  Apt en 1697 et se compose d’une Ă©toile inĂ©gale (non obligatoire) Ă  six branches et d’un croissant. Depuis la deuxiĂšme moitiĂ© du XXe siĂšcle, l’écu est supportĂ© par deux gerfauts en ornements extĂ©rieurs[7].

Sa devise est : In Stella Mea (En mon Ă©toile).

blason

Origines

Il est avĂ©rĂ© que les collines de Murs Ă©taient habitĂ©es dĂšs le PalĂ©olithique moyen. Le site de plein air de BĂ©rigoule a livrĂ© une industrie lithique trĂšs abondante, dominĂ©e par le dĂ©bitage Levallois dans ses modalitĂ©s centripĂšte et unidirectionnelle. Les restes fauniques ne sont malheureusement pas prĂ©servĂ©s[8]. L’outillage associĂ© relĂšve du MoustĂ©rien charentien de type Ferrassie [9]. Les deux niveaux archĂ©ologiques identifiĂ©s ont bĂ©nĂ©ficiĂ© rĂ©cemment d’une sĂ©rie de datations par thermoluminescence indiquant que le site a Ă©tĂ© occupĂ© Ă  la fin du stade isotopique 5, il y a environ 75 Ă  80 000 ans[10].

Des stations prĂ©historiques nĂ©olithiques ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©couvertes aux lieux-dits la Buisse, Chatemuye, la Charlesse, les Baysses et les Plaines. Cette implantation importante semble liĂ©e au gisement de silex de Murs, l’un des plus importants du Vaucluse. Le nombre de pointes de flĂšche, grattoirs et autres haches de silex est tel que certains prĂ©historiens pensent que le site de Murs devait alimenter en silex toute la Provence occidentale[11].

Par ailleurs, plus de deux cents maillets en pierre ont Ă©tĂ© dĂ©couverts autour de Murs. Ces blocs de silex, dont la masse varie de quelques centaines de grammes Ă  plusieurs centaines de kilos, Ă©taient pourvus d’une ou deux rainures afin d’ĂȘtre fixĂ©s sur un manche en bois. Ces maillets, souvent en grĂšs, servaient Ă  briser le calcaire pour y trouver le silex[12].

Vers -750, en plein Âge du Fer, des tribus Ligures commencent Ă  bĂątir des oppidums dans toute la Provence. C’est le cas Ă  Gordes, Saint-Saturnin-lĂšs-Apt, Lourmarin et Murs. En effet, le site de Murs est un site stratĂ©gique, Ă  mi-distance d’Apt et de Carpentras. Par ailleurs, sa situation dans les monts de Vaucluse l’abrite des incursions de barbares dans la plaine du Calavon et permet Ă  ses occupants de jouir d’un point de vue qui va jusqu’au Luberon au sud.

L’oppidum ligure Ă©difiĂ© sur la colline de Murs, Ă  la cote 537, devait donc, pareillement Ă  tous les autres oppidums de la rĂ©gion, ĂȘtre constituĂ© de rangĂ©es de cabanes construites en moellons de calcaire liĂ©s par de l’argile. Ce sont ensuite les Cavares qui s’emparent des oppidums ligures et bĂątiront de nouvelles fortifications. AlliĂ©s aux Voconces et aux Allobroges, les Cavares tentĂšrent de rĂ©sister aux lĂ©gions romaines, en vain.

En -124, la Pax Romana s’établit dans toute la rĂ©gion.

Antiquité

Avec la Paix Romaine, les oppida fortifiĂ©s deviennent obsolĂštes et des fermes isolĂ©es s’installent dans la plaine du Calavon pour cultiver les terres limoneuses et fertiles. ParallĂšlement, en Gaule Narbonnaise, de grandes citĂ©s sont crĂ©Ă©es comme Apt (Civitas Julia Apta) ou Cavaillon (Colonia Augusta Cabellio). Le rĂ©seau routier entre ces villes se dĂ©veloppe, la plus ancienne route transalpine, la Via Domitia est rĂ©novĂ©e, le Pont Julien est construit. Sur ces grands axes, des relais appelĂ©s mutatio sont construits tous les six Ă  huit milles (9 Ă  12 km). SiĂšge d’un relais fortifiĂ© et d’un gĂźte d’étape, le Castrum de Muris est le siĂšge d’une grande activitĂ© commerciale comme l’atteste les nombreuses piĂšces de monnaie romaines dĂ©couvertes Ă  Rocque Jeanne ou aux Plaines.

Une urne funĂ©raire romaine du Ier siĂšcle en verre bleu, contenant les restes calcinĂ©s d’un enfant, une lampe Ă  huile et une piĂšce de monnaie Ă  l’effigie d’Auguste a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©couverte en 1953 lors des travaux de restauration de la Maison Crillon [13].

Moyen Âge

La Gaule Narbonnaise d’aprùs A.H. Dufour, 1846, la Gaule sous l’Empire romain.

Au Ve siĂšcle, les barbares envahissent la Gaule Narbonnaise. Les Burgondes, puis les Francs, s’installent au Castrum de Muris qui s’entoure de nouvelles fortifications. Avec le baptĂȘme de Clovis en 492, le catholicisme devient religion officielle et un clergĂ© hiĂ©rarchisĂ© se met en place dans tout le royaume franc.

Alors que le christianisme est apparu dĂšs le IIe siĂšcle, il faudra attendre 439 pour voir apparaĂźtre le premier Ă©vĂȘque de Carpentras et le VIe siĂšcle pour que ce dernier choisisse Venasque comme rĂ©sidence. À cette date, Murs passe sous la dĂ©pendance de ces Ă©vĂȘques. Ceux-ci, qui sont Ă  l’époque moins pasteurs que soldats, continuent Ă  fortifier le castrum de Muris craignant les frĂ©quentes attaques des pillards[14].

Le siĂšge des Sarrasins

Au VIIIe siĂšcle, les Sarrasins venus d’Espagne envahissent le Sud de la France. Charles Martel stoppant leur avancĂ©e vers le nord Ă  Poitiers en 732, ils se dirigent alors vers l’est. Les Sarrasins s’empareront d’Arles et d’Avignon en 735 et ne seront chassĂ©s de Provence qu’en 739. À partir de cette date et jusqu’au milieu du IXe siĂšcle, les Sarrasins multiplieront les incursions brĂšves en Provence en partant de points d’appui qu’ils ont conservĂ©s sur le littoral mĂ©diterranĂ©en. Aux alentours de 850 et aprĂšs avoir dĂ©truit un prieurĂ© situĂ© sur les pentes de Pascaron, la lĂ©gende raconte que les Sarrasins ont vainement fait le siĂšge du poste de vigie fortifiĂ© des Ă©vĂȘques de Carpentras pendant sept ans.

La prĂ©sence de tombes sarrasines sur l’esplanade du chĂąteau[15] semble attester que si le siĂšge a bien eu lieu, l’issue ne fut pas celle que la lĂ©gende lui accorde.

Ce sont cinq sĂ©pultures, orientĂ©es vers le levant, qui furent dĂ©couvertes, prouvant que les Sarrasins ont, Ă  un moment, occupĂ© le poste fortifiĂ© de Murs. Ce sont d’ailleurs les seuls vestiges de cette prĂ©sence qui n’a, dans tous les cas, pas perdurĂ© aprĂšs 972 quand le comte de Provence Guillaume chassa les Sarrasins de ses terres.

Les Agoult

Saint Mayeul

En 852, un certain Robert Ier d’Albion possĂšde d’immenses domaines rĂ©partis Ă  travers la Provence[16]. Ce vaste territoire est connu sous le nom de Pagus Albionis. Autour du pays d’Apt (Comitatus Aptensis) dont sa famille est originaire, Robert Ier d’Albion dispose de plusieurs villae, hameaux d’origine gallo-romaine oĂč vivent les paysans. Chaque villa est au centre d’un vaste domaine agricole et forestier.

Robert Ier lĂ©guera cet immense territoire Ă  son fils Foucher Ier d’Albion puis Ă  son petit-fils Foucher II d’Albion.

Foucher II aura au moins deux fils : Eyric d’Albion, l’aĂźnĂ© et Mayeul de Cluny son cadet. Lorsque Mayeul -qui deviendra par la suite Saint Mayeul- entre Ă  l’abbaye bĂ©nĂ©dictine de Cluny, il lui fait don de 12 villae, c’est la dĂźme sur son hĂ©ritage. Son frĂšre Eyric s’acquittera lui aussi de cette dĂźme et cĂ©dera Ă  l’abbaye plusieurs autres domaines dans le Pagus Albionis[17]. Il s’installera lui aussi Ă  Cluny. En 959, Mayeul et son frĂšre Eyric donnent Ă  titre de prĂ©caire Ă  Arnulphe, Ă©vĂȘque d’Apt, 11 villae situĂ©e « en pago Aptensis Â» sur les domaines desquelles figurent notamment Rustrel et Murs[18].

Ce n’est qu’en 992 que Humbert, fils d’Eyric, quittera Cluny avec ses frĂšres et sƓurs, retournera Ă  Apt, berceau de sa famille, et rĂ©cupĂšrera les biens et domaines familiaux. Ses terres seront ensuite successivement partagĂ©es entre ses descendants directs.

C’est ainsi que Guillaume Ier d’Agoult, devient aux alentours de l’an 1000 seigneur d’Apt et de Caseneuve. Commence alors pour le Castrum de Muris plus de quatre siùcles sous la domination de la famille d’Agoult[19].

Ce sont les Agoult qui dĂ©cideront de la construction d’un donjon Ă  Murs au cours du XIIe siĂšcle. Il s’agit alors d’une sorte de caserne oĂč vivent les soldats et le bayle qui reprĂ©sente le seigneur en son absence. Il subsiste de ce donjon une tour et une partie du rempart dans la partie ouest de l’actuel chĂąteau. Dans le mĂȘme temps, des habitations se construisent au sud du chĂąteau sur les pentes de Franqueau. C’est Ă©galement au cours de cette pĂ©riode que la doctrine vaudoise imprĂšgne les esprits en Provence.

Les Vaudois

En 1175, un marchand Lyonnais, Pierre Valdo, prĂŽne un retour Ă  l’Église primitive. Renonçant Ă  toute richesse, il distribue ses biens aux pauvres. Ses disciples, les Vaudois, se rĂ©pandent rapidement dans le PiĂ©mont, en DauphinĂ© et en Provence. Le valdĂ©isme s’étend rapidement en Provence, ce qui vaudra Ă  Avignon d’ĂȘtre assiĂ©gĂ©e et ruinĂ©e par Louis VIII en 1226. À Murs, la diffusion de la doctrine vaudoise coĂŻncide avec l’édification de l’église du village dans les dĂ©pendances du chĂąteau au XIIe siĂšcle.

Les Astouaud

La grille du chĂąteau de Murs porte les armes des Astouaud ainsi que leur devise : Foy Aquil'a.

Le 24 septembre 1462, les terres de Murs sont cĂ©dĂ©es par la maison d’Agoult Ă  la maison des Astouaud.

Le nouveau seigneur, Pons d’Astouaud Ă©tait un fidĂšle ami de Foulques d’Agoult des mains de qui il reçut la terre et la seigneurie de Murs. Tout deux combattirent d’ailleurs cĂŽte Ă  cĂŽte lorsque Ă©clata en avril 1481 la guerre civile de Provence. Ils menĂšrent de nombreuses batailles contre les franco-provençaux qui souhaitaient rattacher la Provence Ă  la France. Le 15 aoĂ»t 1481, leurs troupes furent nĂ©anmoins dĂ©faites et la Provence fut rattachĂ©e Ă  la France le 15 janvier 1482.

Devenu français, le village de Murs entre alors dans une pĂ©riode de paix. Le 5 mars 1543, la belle sƓur du seigneur de Murs, François d’Astouaud, accouche au village alors qu’elle rendait visite Ă  sa sƓur. Son fils, Louis des Balbes de Berton deviendra plus tard le Brave Crillon et sera dĂ©signĂ© par Henri IV comme « le premier capitaine du monde Â».

Deux ans plus tard, Murs rentrera à nouveau dans l’Histoire, d’une façon plus tragique cette fois.

Le massacre de BĂ©rigoule

Les grottes de Bérigoule forment un vaste et profond réseau de galeries dans un affleurement calcaire au nord du village.

Depuis 1540 en effet, les seigneurs et Ă©vĂȘques de Provence ont entamĂ© une guerre contre les vaudois du Luberon, considĂ©rĂ©s comme hĂ©rĂ©tiques. En avril 1545, vingt-deux villages dont MĂ©rindol et CabriĂšres-d'Avignon seront incendiĂ©s. Fuyant les massacres de CabriĂšres et de Lacoste, vingt-cinq femmes et enfants vaudois fuient vers Murs oĂč la population est depuis longtemps acquise aux vaudois, le curĂ© lui-mĂȘme s’est dĂ©clarĂ© vaudois et la ferme de la BĂ©rarde abrite depuis le XVe siĂšcle la famille Serre, grande famille vaudoise. Ils trouvent refuge dans les grottes de BĂ©rigoule, au nord du village.

Dans la semaine du 20 au 27 avril, le capitaine Mormoiron, reprĂ©sentant du vice-lĂ©gat du pape Ă  Avignon, apprend la prĂ©sence de vaudois dans les grottes de Murs. Devant l’entrĂ©e des grottes, il ordonne des dĂ©charges de mousquets, mais personne ne sort. Il allume alors un feu pour enfumer les pillards qui mourront tous Ă©touffĂ©s. Leur mission accomplie, les soldats de Mormoiron quitteront le village non sans avoir dĂ©cimĂ© les troupeaux paissant autour du village.

En reprĂ©sailles, les habitants de Murs, multiplieront les attaques contre les catholiques Ă  MalaucĂšne, Carpentras, Joucas et ce jusqu’à la fin des guerres de religion en 1595[20].

Le barrage et les moulins de la Combe de VĂ©roncle

Le barrage des Étangs au sortir de la combe de VĂ©roncle.
Les moulins de la combe de Véroncle sont perdus dans la végétation. Dans le moulin de la Charlesse, une meule est toujours visible.

Ces violences n’empĂȘchĂšrent pas, dans le mĂȘme temps, le dĂ©veloppement du village, notamment avec la construction d’un vaste complexe hydraulique dans la combe de VĂ©roncle, au sud-ouest du village.

Le chemin reliant Murs à Gordes par les gorges de la Véroncle était depuis longtemps fréquenté par les faux-sauniers et les fabricants clandestins de poudre noire, mais la premiÚre mention connue des Moulins supérieurs, situés sur la commune de Murs est de 1508[21].

Entre 1546 et 1584, Aymar d’Astouaud fit Ă©difier, ou reconstruire, au dĂ©bouchĂ© de la combe de VĂ©roncle, un barrage de 132 m[22] destinĂ© Ă  fermer le lit du ruisseau. Cet ouvrage, dĂ©signĂ© sous le nom de Barrage des Étangs, et dont d’importants vestiges subsistent aujourd’hui, formait un petit Ă©tang de pĂȘche en contrebas du village et permettait d’alimenter en eau les dix moulins en aval, le long du ruisseau. Ces moulins, dont quatre sont situĂ©s sur le terroir de Murs ont Ă©tĂ© bĂątis dans la seconde moitiĂ© du XVIe siĂšcle et fonctionnĂšrent jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle.

On trouve d’amont en aval :

  • Le moulin des Étangs (Murs)
  • Le moulin du DĂ©vissĂ© (Murs)
  • Le moulin de la Charlesse (Murs)
  • Le moulin du Puits de Cata (Murs)
  • Le moulin Jean de Marre I (Gordes)
  • Le moulin Jean de Marre II (Gordes)
  • Le moulin Cabrier (Gordes)
  • Le moulin des Grailles I (Gordes)
  • Le moulin des Grailles II (Gordes)
  • Le moulin des Cortasses (Gordes).

Les deux moulins les plus en amont, les moulins des Étangs et du DĂ©vissĂ© ont respectivement Ă©tĂ© construits en 1581 et en 1573. Il s’agit de moulins Ă  cĂ©rĂ©ales bĂątis sur le mĂȘme plan. Un canon (ou gourgareu) dont le vestige le mieux conservĂ© se trouve dans le moulin du Puits de Cata, permettait d’acheminer l’eau du ruisseau jusqu’à un rodet qui, en tournant, mettait en mouvement la meule courante, produisant ainsi de la farine qui Ă©tait acheminĂ©e grĂące au chemin muletier serpentant au fond de la combe. Les meules sont encore visibles dans de nombreux moulins, notamment dans le moulin du DĂ©vissĂ©.

Contrairement aux moulins de Gordes qui appartenaient à des particuliers, les quatre moulins de Murs étaient la propriété du seigneur[23].

Renaissance

Le XVIIe siĂšcle est une pĂ©riode de prospĂ©ritĂ©, tant pour la famille d’Astouaud que pour le village de Murs. La plupart des maisons actuelles se construisent et portent sur leur linteau la date de leur achĂšvement : 1600, 1623, 1665, 1680. La chapelle Notre-Dame du Salut est bĂątie en 1625 en contrebas du village en remplacement d’une ancienne chapelle dĂ©diĂ©e Ă  saint Daniel. Un moulin Ă  vent est construit Ă  l’est du village. Il prend le nom que les Provençaux donne au vent d’est : l’auro. Le chĂąteau subit quelques amĂ©nagements et s’agrandit jusqu’à devenir l’édifice que l’on connaĂźt aujourd’hui.

Les Mursois disposent de deux fours Ă  pain au centre du village et dans le hameau des Beylons, ainsi que d’un lavoir Ă  l’entrĂ©e ouest du village. Ces trois constructions appartiennent au seigneur et leur utilisation est conditionnĂ©e par le payement d’une taxe. Seul le lavoir de Franqueau (eau franche), situĂ© en contrebas du village, est libre de taxe.

Cette pĂ©riode faste pour le village se poursuit jusqu’à la grande Ă©pidĂ©mie de peste de 1720.

L’épidĂ©mie de peste de 1720

Les vestiges (restaurés) du mur de la peste.

Fin mai 1720, le navire Grand-Saint-Antoine venu de Syrie s’amarre dans le port de Marseille. Une partie de l’équipage est atteinte de la peste. En aoĂ»t, la maladie a dĂ©jĂ  fait plus de quarante mille victimes autour de Marseille. Le 25 septembre l’épidĂ©mie atteint Apt. Le commerce entre la Provence et le Comtat Venaissin est alors interdit. En fĂ©vrier 1721, le lieutenant gĂ©nĂ©ral des armĂ©es royales en DauphinĂ© et les notables du Comtat Venaissin dĂ©cident de construire un mur de protection[24] entre le col de Lagas et la Durance. Ce mur de pierre sĂšche haut de six pieds Ă©tait gardĂ© jour et nuit par des soldats du Comtat Venaissin qui avaient ordre d’abattre toute personne tentant de franchir le mur[25].

Murs Ă©tait alors le dernier village de Provence avant le mur. Ses habitants Ă©taient coincĂ©s par le mur au nord et l’épidĂ©mie de peste qui arrivait par le sud. Ne pouvant fuir, les hommes de Murs dĂ©cident de combattre le flĂ©au. Des hommes en armes sont envoyĂ©s Ă  Apt le 8 octobre 1720. Mais cette dĂ©fense est vaine et, le 17 novembre, le village de Roussillon est touchĂ© Ă  son tour. Observant que des habitants fuient pour se rĂ©fugier Ă  Murs, les portes du village sont fermĂ©es et gardĂ©es jour et nuit. En juin 1721, la peste se rapproche encore, atteignant Joucas[26].

En septembre, la situation Ă©volue rapidement. La maladie atteint Avignon et de lĂ  se propage dans tout le Comtat Venaissin. Le mur se retourne alors contre ceux qui l’avaient construit et ce sont dĂ©sormais les Provençaux, guĂ©ris ou survivants, qui s’en servent pour se protĂ©ger.

La ligne sanitaire ne sera levĂ©e que le 1er dĂ©cembre 1722. Alors que plus de quatre-vingt mille victimes sont Ă  dĂ©plorer dans toute la Provence, le village de Murs, protĂ©gĂ© par le mur et ses remparts, n’a semble-t-il pas subi de hausse significative du nombre de dĂ©cĂšs[27].

AprĂšs l’épidĂ©mie et jusqu’à la RĂ©volution, les seigneurs de Murs s’installent Ă  Carpentras et dĂ©laissent le village, n’y passant qu’occasionnellement. Ces liens distendus expliquent que les habitants de Murs n’aient pas secouru Jean-Baptiste Pierre Antoine d’Astouaud lorsque ce dernier fut capturĂ© puis emprisonnĂ© par les rĂ©volutionnaires Ă  Carpentras. Le dernier seigneur de Murs mourra en prison le 18 septembre 1794. Avec lui s’éteint la dynastie qui aura rĂ©gnĂ© sur le village pendant plus de trois siĂšcles.

Époque moderne

AprĂšs la fin de la famille d’Astouaud, les biens seigneuriaux sont rĂ©partis sans heurts entre les deux principales familles de Murs : les Vien et les Vayson. DĂšs lors, ces deux familles se disputeront l’administration du village. Les Vien, dont la prĂ©sence dans le village est attestĂ©e depuis le XVe siĂšcle prend la tĂȘte du parti royaliste, puis impĂ©rialiste. Les Vayson, mursois depuis le XVIIe siĂšcle forment le parti rĂ©publicain.

Les Vien administreront le village jusqu’à la chute du Second Empire. Ce sont ensuite les Vayson qui leur ravissent l’administration du village. AprĂšs la guerre de 1870, Bruno Vayson rĂ©amĂ©nagera les voiries communales et modernisera le village, le dotant notamment de l’éclairage public.

À cette Ă©poque, les presque 700 habitants du village vivent de l’élevage, de l’agriculture ou de la production de charbon. L’exploitation du charbon de bois est en effet trĂšs rĂ©pandue dans les forĂȘts autour du village[28] . Les restes de certaines cabanes de charbonniers sont encore visibles, notamment dans le bois d’Audibert. Comme les bories, ces cabanes Ă©taient construites en pierres sĂšches.

La commune sort Ă©branlĂ©e de la PremiĂšre Guerre mondiale. Sur les 350 habitants que compte le village, 22 ont pĂ©ri au front. Les habitants prient alors AndrĂ© Vayson de devenir maire. Celui-ci rĂ©pondra : « J’accepte, Ă  condition que les anciennes querelles soient oubliĂ©es et que nous marchions de nouveau main dans la main Â».

Le village traversera la Seconde Guerre mondiale sans dĂ©gĂąts, servant parfois de refuge aux rĂ©sistants. À l’étĂ© 1944 notamment, alors qu’un dĂ©tachement allemand traverse le village, des coups de feu sont tirĂ©s sur lui depuis le chĂąteau. Il n’y aura cependant ni arrestations ni reprĂ©sailles contre la population.

Article dĂ©taillĂ© : Maquis Ventoux.

Époque contemporaine

Dans les annĂ©es 1950, le village est en ruine. La population n’a cessĂ© de dĂ©croĂźtre depuis le XIXe siĂšcle. L’exode rural frappe le village et Ă  l’heure oĂč les jeunes quittent le village pour la ville, Murs semble condamnĂ© Ă  devenir un village fantĂŽme. C’est sans compter LĂ©on Floret et Fernand Fabre (et son adjoint Julien Bergodaa) qui, se succĂ©dant Ă  la mairie de Murs, mettront leur dynamisme au service de la commune. Le village sera restaurĂ©, les murs Ă©croulĂ©s seront relevĂ©s.

Les cultures se diversifient (cerisiers, lavande, chĂȘnes truffiers, abricotiers, etc
), des infrastructures touristiques sont construites (camping, hĂŽtel restaurant, VVF, gĂźtes) et les rĂ©sidences secondaires des citadins se multiplient dans les collines. Le village tente nĂ©anmoins de rĂ©sister aux sirĂšnes du tourisme qui ont pu dĂ©vorer l’ñme d’autres villages. Blotti Ă  l’ombre de ses collines, en dehors des routes touristiques, le village regarde passer les modes et les Ă©poques sans prĂ©tention : Murs, village pentu, tire sa fiertĂ© de ses cultures, de ses vignes, de sa production de cerises et demeure une authentique commune rurale.

« Nous Ă©tions lĂ  au temps de la peste. Ma famille a subi tour Ă  tour l’affront des ligueurs et des protestants ; nous avions accueilli les cathares persĂ©cutĂ©s et luttĂ© pour l’indĂ©pendance provençale ; nous avons vu les Sarrasins raser Les MoĂ»tiers dans la plaine
 Tout cela s’est passĂ© comme les promeneurs du dimanche, et nous demeurons Â»[29].

Toits Murs.jpg

DĂ©mographie

Évolution dĂ©mographique
(Source : INSEE[30])

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
411 448 535 545 639 641 663 675 654
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
686 630 651 635 616 568 528 484 471
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
421 407 387 303 266 225 250 217 211
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008  
263 277 306 334 391 415 424 433[31]  

Nombre retenu Ă  partir de 1962 : population sans doubles comptes


Graphique de l’évolution de la population 1794-2006

La population du village de Murs croĂźt jusqu’au milieu du XIXe siĂšcle pour atteindre 686 habitants en 1856. DĂšs lors, la guerre de 1870 et surtout l’exode rural provoquent le dĂ©part des habitants du village. À cette Ă©poque, la sociĂ©tĂ© française, jusqu’alors principalement rurale, se tourne vers l’industrialisation. Les campagnes se dĂ©peuplent alors au profit des villes. Le village de Murs n’échappe pas Ă  la rĂšgle et nombreux sont ses habitants qui quittent le village pour Avignon, Marseille ou Lyon. AprĂšs la seconde guerre mondiale, le village, pratiquement en ruines, ne compte plus que 200 Ăąmes. Les maires successifs s’attacheront alors Ă  redonner de la vitalitĂ© au village en restaurant les habitations et en dĂ©veloppant des infrastructures touristiques. Des lotissements comme ceux des Plaines ou, plus rĂ©cemment de RĂ©mourase, sortent de terre. Ils ont pour double objectif d’inciter les jeunes Ă  rester au village et d’offrir aux citadins des rĂ©sidences secondaires. De fait la situation du village, isolĂ© dans les monts de Vaucluse mais proche des grandes villes de la vallĂ©e du RhĂŽne, en fait un refuge idĂ©al pour les citadins. Aujourd’hui, la population du village de Murs est d’environ 450 habitants, soit autant qu’au dĂ©but du XXe siĂšcle.

Politique et administration

Tendances politiques

Au rĂ©fĂ©rendum europĂ©en sur le traitĂ© de Maastricht (scrutin du 20 septembre 1992), sur 315 inscrits, 239 ont votĂ©, ce qui reprĂ©sente une participation de 75,87% du total, soit une abstention de 24,13%. Il y a eu une victoire du non avec 123 voix (53,25%) contre 108 voix (46,75%) prononcĂ©es oui et 8 (3,35%) de votes blancs ou nuls[32].

Au rĂ©fĂ©rendum sur la constitution europĂ©enne (scrutin du 29 mai 2005), sur 315 inscrits, 278 ont votĂ©, ce qui reprĂ©sente une participation de 79,20% du total, soit une abstention de 20,80%. Il y a eu une victoire du contre avec 162 voix (60,22%), 107 voix (39,78%) s’étant prononcĂ©es pour et 9 (3,25%) Ă©tant des votes blancs ou nuls[33].

À l’élection prĂ©sidentielle de 2007, le premier tour a vu se dĂ©marquer en tĂȘte Nicolas Sarkozy (UMP) avec 33,03%, suivi par SĂ©golĂšne Royal (PS) avec 21,71 % et François Bayrou (UDF) avec 20,80 %, Jean-Marie Le Pen (FN) avec 11,01 %, puis aucun autre candidat ne dĂ©passant les 10 voix (3,06 %). Le second tour a vu arriver largement en tĂȘte Nicolas Sarkozy avec 61,44 % (rĂ©sultat national : 53,06 %) contre 38,56 % pour SĂ©golĂšne Royal (rĂ©sultat national : 46,94 %)[34].

Aux Ă©lections lĂ©gislatives de juin 2007, les Ă©lecteurs de la commune, qui fait partie de la deuxiĂšme circonscription de Vaucluse, ont contribuĂ© Ă  faire Ă©lire Jean-Claude Bouchet (UMP) avec 61,35 % des voix contre 55,6% Ă  l’échelle de la circonscription[35].

Liste des maires

Liste de l'ensemble des maires qui se sont succĂ©dĂ© Ă  la mairie de Murs :

Liste des maires successifs
PĂ©riode IdentitĂ© Étiquette QualitĂ©
  1896 Bruno Vayson   Notable
1896 1911 Paul Vayson   Artiste peintre
1912 1920 Ernest Gardiol   -
1920 1939 AndrĂ© Vayson de Pradenne   PrĂ©historien, Conseiller gĂ©nĂ©ral
1939 1945 Justin Vernet   Directeur de lycĂ©e technique
1945 1953 LĂ©on Floret   Agriculteur

{{Élu |DĂ©but= 1953 |Fin=1969 |IdentitĂ©=Fernand Fabre |QualitĂ©= IngĂ©nieur {{Élu |DĂ©but= 1969 |Fin=1983 |IdentitĂ©=Alain Barrau |QualitĂ©= ingĂ©nierie

1983 1995 Jean-Louis Jouhet   EmployĂ©
1995 2008 Anne-Marie Le Mat   MĂ©decin
2008 en cours Xavier Arena   Cadre commercial
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Instances judiciaires et administratives

Murs est l’une des huit communes du canton de Gordes qui totalisait 5 889 habitants en 1999. Le canton fait partie de la deuxiĂšme circonscription de Vaucluse.

Murs fait partie de la juridiction d’instance d’Apt et de grande instance ainsi que de commerce d’Avignon[36].

Intercommunalité

Murs fait partie de la communautĂ© de communes de Pied Rousset en Luberon qui regroupe 8 communes situĂ©es entre le « Petit Luberon Â» et les monts de Vaucluse. CrĂ©Ă©e le 21 octobre 1992, elle comprenait 6211 habitants en 1999 pour une superficie de 216,68 kmÂČ, soit une densitĂ© de 28,66 habitants au kmÂČ

Urbanisme

Outre le bourg, l’urbanisation est limitĂ©e aux environs du lotissement des Plaines au sud et du hameau des Beylons au nord.

En 2001, les locaux d’une ancienne colonie de vacance situĂ©e au lieu dit Les Hauts de RĂ©mourase furent rĂ©habilitĂ©s. Sur une surface de 568 mÂČ, six logements furent crĂ©Ă©s ainsi qu’une salle des fĂȘtes et un gĂźte d’étape pour randonneurs[37]..

La rĂ©partition des sols est la suivante[6] (donnĂ©e pour un total de 31,26 kmÂČ) :

Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)
Zones urbaines 0,89% 28,22
Zones agricoles 22,94% 724,35
Zones du milieu naturel 75,99% 2 399,62
Total 100% 3 157,99

Les normes de construction sont plutĂŽt strictes sur l’ensemble de la commune : toute nouvelle construction se doit d’avoir au moins trois façades de pierre ; la hauteur des bĂątiments est fortement limitĂ©e ; quelques normes de construction parasismique.

Murs et murets sont, par tradition, toujours faits de pierres locales. Ils sont dits de « pierre sĂšche Â» lorsqu’ils sont sans mortier ou Ă  « joints vifs Â» lorsqu’ils sont sans joints apparents.

Budget et fiscalité

Le budget 2007[38] : Frais de fonctionnement 787 436,82 euros et Investissements 1 152 159,2 euros

La taxe de séjour est comprise entre 0,20 et 1,50 euros

L'imposition des ménages et des entreprises à Murs en 2009[39]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 9,50 % 0,00 % 7,55 % 0,00 %
Taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties (TFPB) 9,47 % 0,00 % 10,20 % 2,36 %
Taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s non bĂąties (TFPNB) 50,07 % 0,65 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 00,00 % 18,00 % 13,00 % 3,84 %

La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Jumelages

Il n’existe pas de jumelage de communes[40].

Économie

L’économie du village repose sur trois secteurs: agriculture, tourisme et artisanat.

Agriculture

L’agriculture exploite 23% des terres communales: les champs qui entourent le village sont vouĂ©s Ă  la culture des cĂ©rĂ©ales et du colza.

Les vergers sont surtout constituĂ©s de cerisiers (cƓurs de pigeon, burlats et griottes), culture encouragĂ©e par le dĂ©veloppement de l’industrie du fruit confit Ă  Apt. On trouve aussi des abricotiers, des amandiers, quelques pommiers et au sud de la commune, lĂ  oĂč l’altitude permet leur culture, des oliviers.

Des vignobles sont aussi implantĂ©s au sud du village et bĂ©nĂ©ficient de l’AOC CĂŽtes du Ventoux[41]. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrĂŽlĂ©e peuvent revendiquer, aprĂšs agrĂ©ment le label Vin de pays d'Aigues[42]

La culture du lavandin, autrefois trÚs présente, tend à diminuer.

L’élevage est en dĂ©clin : quelques troupeaux d’ovins paissent encore sur la commune.

L’apiculture a Ă©tĂ© une activitĂ© traditionnelle sur la commune comme l’attestent des documents datant du Moyen Âge.

Activité touristique

Nombreux sentiers de randonnées

Plus en retrait du Triangle d’or du Luberon que les communes de Gordes ou de Roussillon et moins bien Ă©quipĂ©e en hĂŽtellerie ou lieux de visites payants, la commune de Murs perçoit beaucoup moins de dividendes issus du secteur touristique. Elle dispose nĂ©anmoins d’un camping, d’un Village Vacance Famille (VVF), de chambres d’hĂŽtes et de gites ruraux, d'un hĂŽtel-restaurant et, depuis 2001, d’un gĂźte d’étape de 26 places Ă  RĂ©mourase pour les randonneurs. Les sentiers de randonnĂ©es sont nombreux sur la commune et ses environs et les points d’intĂ©rĂȘts plutĂŽt variĂ©s : col de la Ligne et vestiges du Mur de la peste, grottes de BĂ©rigoule, combes de VĂ©roncle et de Vaumale, col de Murs, etc.

Artisanat

Deux catĂ©gories artisanales sont reprĂ©sentĂ©es : l’artisanat d’art (poterie) et l’artisanat liĂ© aux mĂ©tiers du bĂątiment.

Infrastructures et commerces

La commune dispose d’une Ă©cole primaire, d’une salle des fĂȘtes et de plusieurs terrains de boules et dĂ©pend de son chef-lieu de canton Gordes pour les pompiers, gendarmerie et centre de tri de la poste malgrĂ© une annexe au cƓur du bourg. Le parc de la Garenne, dĂ©pendance du chĂąteau prĂȘtĂ©e au Foyer rural de Murs, sert pour les fĂȘtes du village.

L’unique hĂŽtel-restaurant fait parfois aussi office de lieu de rĂ©union pour les parties de belote dominicales qui rĂ©unissent les anciens.

L’épicerie sur la route d’Apt propose pain, fruits et lĂ©gumes et autres biens alimentaires. On trouve aussi un garage (commerce de mĂ©canique gĂ©nĂ©rale) et une entreprise de gardiennage de propriĂ©tĂ©s.

Transports

Murs se situe Ă  46 kilomĂštres Ă  l’est d’Avignon et de sa gare TGV, Ă  83 kilomĂštres de l’aĂ©roport de Marseille Provence et Ă  95 kilomĂštres de Marseille. Les gares SNCF les plus proches sont Ă  L’Isle-sur-la-Sorgue et Cavaillon.

Culture et patrimoine

Le chĂąteau

Vue sur le chñteau par l’est
L’église Saint-Loup, de style roman.

La construction du chĂąteau s’est Ă©chelonnĂ©e entre le XIIe et le XVIe siĂšcle. Cependant, au XVIIIe siĂšcle, les Astouaud avaient dĂ©laissĂ© la bĂątisse. AprĂšs la RĂ©volution, le chĂąteau est ensuite laissĂ© Ă  l’abandon, les animaux venant s’abreuver dans le puits. Au XIXe siĂšcle, Bruno Vayson entreprend la restauration du chĂąteau. Ses descendants occupent encore le chĂąteau qui ne se visite pas. L’élĂ©ment le plus intĂ©ressant est le donjon avec sa chapelle gothique et son auditoire de justice.

Lors de travaux de rĂ©fection du chĂąteau, M. Julien Bergodaa, maçon rĂ©sidant Ă  Murs, crut mettre au jour une entrĂ©e de souterrain. Il s’agit d’une ouverture murĂ©e dans la paroi du puits de la cour d’une profondeur de 14 mĂštres. D’aprĂšs la rumeur populaire, un souterrain relierait le chĂąteau Ă  la ferme de la Charlesse, soit une longueur d’environ trois kilomĂštres. Cette hypothĂšse, quoique peu plausible, se base sur le fait qu’un rĂ©seau de tunnels plus ou moins praticables existe dĂ©jĂ  sous cette ferme, et en direction de la ferme de la BĂ©rarde au Nord. Ce rĂ©seau de tunnels est antĂ©rieur Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle. Il devait vraisemblablement servir Ă  la fuite ou au ravitaillement en cas d’attaque ou de siĂšge.

L’église

L’église Saint-Loup de Murs est depuis sa construction, Ă  la fin du XIIe siĂšcle, l’église communale. De style roman, elle Ă©tait auparavant entourĂ©e d’un cloĂźtre.

Le trĂ©sor de l’église se compose d’un buste du saint du XVIIIe siĂšcle contenant des reliques de saint Loup, saint Lambert et saint AndrĂ© apĂŽtre, un encensoir du XVIIIe siĂšcle dont il n’existe en France que deux autres modĂšles et une croix de procession en argent ciselĂ©e sur une Ăąme de bois du XVIe siĂšcle. La croix, prĂ©sentĂ©e au musĂ©e du Louvre en 1965, a Ă©tĂ© classĂ©e par les monuments historiques.

Sur un arceau de la voĂ»te du bĂątiment, on trouve la sculpture d’un aigle bicĂ©phale dont l’origine est inconnue. Aucune des diverses hypothĂšses avancĂ©es par les chercheurs ne s’avĂšre satisfaisante.

La chapelle Notre-Dame du Salut

Construite en 1625 par Jean d’Astouaud, la chapelle Notre-Dame du Salut est la chapelle seigneuriale oĂč sont inhumĂ©s les seigneurs de Murs. Bruno Vayson, maire de Murs au XIXe siĂšcle, y est notamment enterrĂ©. Tous les ans, Ă  l’Ascension, une procession se rend du village jusqu’à la chapelle oĂč une messe est dite, Ă  l’issue de laquelle on fait sonner la petite cloche de la chapelle qui rĂ©pond au nom de Clara Maria Adela.

La chapelle Notre-Dame du Salut, avec en arriĂšre plan : les Monts de Vaucluse, la falaise de Lioux, la plaine du Calavon et le Luberon.

Petit patrimoine

Le lavoir et sa fontaine à l’ouest du village
La croix des Cairades accueille les voyageurs venant du nord.
Borie des Chalottes
Les ruines de la Brune.

Murs est une des communes du Luberon riches en petit patrimoine. Ses multiples puits, croix de chemin, cabanes en pierre sÚche ou bories[43] ont été recensés par le Parc naturel régional du Luberon.

Puits, lavoirs, fontaines et pompes

Le manque d’eau en surface a contraint les habitants de Murs Ă  creuser la roche pour atteindre les nappes phrĂ©atiques. Les vestiges de puits et de fontaines sont donc nombreux dans le village comme dans ses hameaux.

Chaque ferme devait autrefois possĂ©der un point d’eau. On trouve encore ces puits aux hameaux des Beylons et des Vergiers, dans la ferme de la CauquiĂšre ou dans les ruines de la ferme de Vaumale. À l’image de celui qui est situĂ© Ă  la sortie est du village, les puits autour de Murs sont tous construits sur le mĂȘme modĂšle : l’embouchure de l’excavation creusĂ©e dans la roche est recouverte d’une voĂ»te de pierre sĂšche pourvue d’une porte en bois.

Les rares sources Ă©taient amĂ©nagĂ©es avec des vasques en pierre comme c’est le cas Ă  la fontaine des Renards sur le chemin du col de Murs ou Ă  Fond de l’Ave (en provençal : fontaine du mouton).

Les villageois disposaient de trois lavoirs. Le lavoir de l’entrĂ©e ouest du village est le mieux conservĂ© ; le lavoir et sa fontaine ont Ă©tĂ© utilisĂ©s par les lavandiĂšres jusqu’au milieu du XXe siĂšcle. Les deux autres, le lavoir du parc de la Garenne et celui de Franqueau sont dans un plus mauvais Ă©tat. En ce qui concerne ce dernier, une convention vient toutefois d'ĂȘtre signĂ©e avec Fondation du Patrimoine, en vue de sa restauration complĂšte[44].

Une placette du village situĂ©e sur la rue principale (RD no 4) comporte une pompe[45] "Dragor" (pompe Ă  godets) qui Ă©tait encore en service vers les annĂ©es 1970. Actuellement, la courroie est rompue. Mais la pompe, en fonte, intacte et avec seulement quelques fĂȘlures, est toujours Ă  l’aplomb d’un puits de profondeur inconnue. Il serait intĂ©ressant d’effectuer des recherches sur la date d’installation de ce dispositif, ainsi que sur celle oĂč il a cessĂ© d’ĂȘtre opĂ©rationnel. De nombreux touristes de passage au village en saison d’étĂ© essaient de la manipuler en vain.

Croix et oratoires

Cinq croix sont disséminées aux alentours du village.

La croix des Cairades sur la route des Beylons porte la date de 1863. À cette Ă©poque, NapolĂ©on III est empereur des Français et la famille Vien, impĂ©rialiste, administre le village.

Comme la croix des Plantades, Ă  l’ouest du village, et la croix des Plaines au sud, cette croix fut forgĂ©e par la famille Auphan. Du XVIIe au XXe siĂšcle, les Auphan furent forgerons de pĂšre en fils. Outre ces trois croix, on leur doit les grilles du chĂąteau et l’armature du clocher. Ces croix en fer forgĂ© accueillent les voyageurs sur les trois routes qui mĂšnent au village.

Les deux autres croix, en pierre, se trouvent dans le bourg. La croix sur la rue qui mĂšne au chĂąteau est une croix dite « croix occitane Â», emblĂšme de la ville de Toulouse et de sa rĂ©gion. En rĂ©alitĂ©, il s’agit de l’emblĂšme de la commune de Venasque qui, par des mariages successifs, a Ă©tĂ© transmises aux comtes de Toulouse[46]. Cette croix porte le chronogramme de 1725. Peut ĂȘtre s’agit-il lĂ  d’un remerciement aprĂšs que le village a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ© par l’épidĂ©mie de peste qui s’est achevĂ©e trois ans plus tĂŽt[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L’autre croix de pierre est placĂ©e dans un abri en pierre Ă  l’angle d’un mur au cƓur du village. Elle porte la date de 1749. On peut voir lĂ  encore la trace d’une offrande suite Ă  l’envoi, en 1746, de travailleurs, d’animaux de trait et de fourrage pour fortifier le port de Toulon. On est alors en pleine guerre de succession d’Autriche et les armĂ©es austro-sardes menacent le port français[47].

Outre ces trois, un petit oratoire dédié à la Vierge se trouve à la sortie est du village.

Bories (cabanes en pierres sĂšches)

Le terme « borie Â», dans la langue touristique relative Ă  la Provence, dĂ©signe une cabanon en pierres sĂšches qui, aux XVIIIe et XIXe siĂšcles, servait de grange, d’écurie ou d’habitation saisonniĂšre Ă  un agriculteur exploitant une parcelle foraine (situĂ©e sur une autre commune) ou trop Ă©loignĂ©e de sa maison. Ces Ă©difices sont dissĂ©minĂ©s autour du bourg : par exemple aux Plaines, aux Beylons ou encore aux Calamels. La plus belle construction se trouve aux Chalottes : on y trouve une vĂ©ritable bergerie, trĂšs vaste et constituĂ©e de deux piĂšces sĂ©parĂ©es, pouvant ainsi accueillir le berger et son troupeau.

Ruines

Aux XIXe et XXe siĂšcles, poussĂ©s par l’exode rural, de nombreux Mursois ont dĂ©sertĂ© le village pour s’employer dans les villes. La crise dĂ©mographique a laissĂ© nombre de ruines et vestiges de fermes dans les collines. Parmi les plus remarquables, les ruines de Vaumale, oĂč subsistent un puits, le Jas du Griffon et un peu plus loin sa bergerie, tous deux en ruine, et la ruine de la ferme des BaĂŻsses. Certaines ruines ont Ă©tĂ© restaurĂ©es, ainsi la ferme du Mourre Blanc ou le moulin des Étangs dans la combe de VĂ©roncle.

Personnalités liées à la commune

La maison natale de Crillon le brave sur la place de l’Église.

Traditions

Le Carmentran : le carnaval du CarĂȘme (tombĂ© en dĂ©suĂ©tude aprĂšs 1918 mais qui revit depuis quelque temps) au cours duquel de nombreux Mursois se travestissent, promĂšnent dans les rues une effigie de carton mĂąchĂ© avant de lui faire un procĂšs[48].

Le tribunal reproche au personnage tous les petits dĂ©sagrĂ©ments ou incidents qui ont Ă©maillĂ© la vie des habitants. L’inĂ©vitable sentence au bĂ»cher exorcise alors les mĂ©faits passĂ©s, et la population repart sainement pour une nouvelle annĂ©e de vie communautaire.

Parmi les divertissantes mascarades, on admire la ronde des « bouffetaires Â» au visage enfarinĂ©, vĂȘtus de chemises de nuit et coiffĂ©s de bonnets en coton, qui se poursuivent Ă  la queue-leu-leu avec leurs soufflets en chantant de vieilles rengaines provençales.

La fĂȘte votive, le dimanche aprĂšs le 15 aoĂ»t, et ses concours de boules pĂ©tanque ou jeu provençal.

Depuis quelques années, ces festivités sont moins fréquentées par une population plus jeune et donc plus mobile, les propositions de loisirs étant plus nombreuses.

Panorama village.jpg

Pour approfondir

Articles connexes

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Liens externes

Bibliographie

Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article : sources utilisĂ©es pour la rĂ©daction de cet article

  • Camille Flaud, Murs en Provence, 1967  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Foyer rural de Murs, Un village de Provence: Murs, Equinoxe, 1993 (ISBN 2.908309.85.3)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • ASPPIV, Les Moulins de la combe de VĂ©roncle, ASPPIV, 1996 (ISBN 2.9502875.4.9)  Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • Patrick Ollivier-Elliott, Luberon, carnets d’un voyageur attentif, Edisud (ISBN 2-85744-523-7) 
  • Jean-Paul ClĂ©bert, MĂ©moire du Luberon, Aubanel, 1995 (ISBN 2-7006-0206-4) 
  • RenĂ© Bruni, Le Pays d’Apt malade de la peste, Edisud, 1980 (ISBN 2-8574406-5.0) Ouvrage utilisĂ© pour la rĂ©daction de l'article
  • RenĂ© Alleau, Guide de la Provence mystĂ©rieuse, Tchou Editeurs, 1965 
  • Jules Courtet, Dictionnaire gĂ©ographique, historique, archĂ©ologique et biographique des communes du Vaucluse, 1857 [2].
  • Cartulaire de l'Église d'Apt, BibliothĂšque municipale de Lyon, cĂŽte 193.

Notes et références

  1. ↑ Carte IGN 3142OT
  2. ↑ Ministùre de l’Écologie
  3. ↑ Les Moulins de la Combe de VĂ©roncle, 1996, ASPPIV, (ISBN 2.9502875.4.9), p.10
  4. ↑ Gaussen, Henri et Bagnouls, F., Saison sĂšche et indice xĂ©rothermique, universitĂ© de Toulouse, FacultĂ© des Sciences, 1953
  5. ↑ le chĂȘne est rĂ©fĂ©rencĂ© "ChĂȘne de Murs : 84-085-01"
  6. ↑ a, b et c Atlas du parc du Luberon - page de Murs
  7. ↑ C’est Fernand Fabre, maire de Murs qui a rajoutĂ© cet ornement extĂ©rieur.
  8. ↑ Brugal, J.-Ph., Jaubert, J. et Texier, P.-J. (1989) - « DĂ©couverte d’un site moustĂ©rien de plein-air en Vaucluse (BĂ©rigoule - Murs) Â», Bulletin de la SociĂ©tĂ© prĂ©historique française, t. 86, n° 3, pp. 69-71.
  9. ↑ Texier, P.-J. et Francisco-Ortega, I. (1995) - « Main technological and typological characteristics of the lithic assemblage from level I at BĂ©rigoule, Murs-Vaucluse, France Â», in: The definition and interpretation of Levallois technology, Dibble, H.L. et Bar-Yosef, O., (Éds.), Philadelphie, Monographs in World Archaeology n° 23, Prehistory Press, pp. 213-226.
  10. ↑ Richter, D., Mercier, N., Valladas, H., Jaubert, J., Texier, P.-J., Brugal, J.-Ph., Kervazo, B., Reyss, J.-L., Joron, J.-L. et Wagner, G.A. (2007) - « Thermoluminescence dating of heated flint from the Mousterian site of BĂ©rigoule, Murs, Vaucluse, France Â», Journal of Archaeological Science, vol. 34, 4, pp. 532-539. (rĂ©sumĂ© (en))
  11. ↑ Au premier rang desquels RenĂ© Alleau qui expose cette thĂšse dans le chapitre Énigmes prĂ©historiques de son ouvrage : Guide de la Provence mystĂ©rieuse, 1965, Tchou Éditeurs.
  12. ↑ Ces dĂ©couvertes archĂ©ologiques ont Ă©tĂ© faites par MM. Joseph Auphan et AndrĂ© Vayson de Pradenne et furent exposĂ©es dans la Maison Crillon Ă  Murs.
  13. ↑ Ces dĂ©couvertes ont Ă©tĂ© exposĂ©es au petit musĂ©e prĂ©historique de la maison Crillon.
  14. ↑ Murs en Provence, 1967, Camille Flaud, p.10
  15. ↑ Ces tombes ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes lors des travaux de restauration du chĂąteau de Murs, dans les annĂ©es 1960.
  16. ↑ Cartulaire d’Apt C. XI et Cartulaire de Cluny C. 1071
  17. ↑ Cartulaire de Cluny
  18. ↑ Charte 1071 du Cartulaire de Cluny
  19. ↑ Cartulaire d’Apt
  20. ↑ Murs en Provence, 1967, Camille Flaud, p.16
  21. ↑ http://www.gralon.net/tourisme/loisirs-culturels/info-moulins-de-la-combe-de-veroncle-murs-5936.htm
  22. ↑ Les Moulins de la Combe de VĂ©roncle, 1996, ASPPIV, (ISBN 2.9502875.4.9), p. 43
  23. ↑ Les Moulins de la Combe de VĂ©roncle, 1996, ASPPIV, (ISBN 2.9502875.4.9), p15.
  24. ↑ D’importants vestiges du mur sont encore bien visibles du col de la Ligne (ou col de la Ligne Sanitaire) jusqu’aux abords de la Corneirette et sont actuellement en cours de restauration.
  25. ↑ Le Pays d’Apt malade de la peste, RenĂ© Bruni, 1980, Edisud, (ISBN 2.8574406.5.0), p.60.
  26. ↑ Murs en Provence, 1967, Camille Flaud, p.20
  27. ↑ Si l’on en croit le registre des sĂ©pultures, lequel ne montre pas de modifications importantes du nombre de sĂ©pultures entre 1720 et 1721.
  28. ↑ Article Murs du Dictionnaire gĂ©ographique, historique, archĂ©ologique et biographique des communes du Vaucluse, Jules Courtet, 1857[1].
  29. ↑ Citation de FrĂ©dĂ©ric Mistral
  30. ↑ Murs sur le site de l'Insee
  31. ↑ (fr) Populations lĂ©gales 2008 de la commune de Murs, INSEE
  32. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur - Scrutin du 20 septembre 1992
  33. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur - Scrutin du 29 mai 2005
  34. ↑ Scrutin prĂ©sidentiel de 2007 - Murs
  35. ↑ MinistĂšre de l’IntĂ©rieur - Élections lĂ©gislatives de juin 2007
  36. ↑ MinistĂšre de la Justice - Conseil dĂ©partemental de l’AccĂšs au Droit de Vaucluse
  37. ↑ SARL Agence d’architecture FrĂ©dĂ©ric Nicolas
  38. ↑ Source de la mairie de Murs
  39. ↑ (fr) Impots locaux à Murs, taxes.com
  40. ↑ Valable fin 2007
  41. ↑ La reconnaissance en AOC date du 27 juillet 1973. Le dĂ©cret a Ă©tĂ© modifiĂ© en 1980 et 1994.
  42. ↑ Le label Vin de pays d'Aigues concerne les communes suivantes dans le dĂ©partement de Vaucluse : Ansouis, Apt, Auribeau, La Bastide-des-Jourdan, La Bastidonne, Les Beaumettes, Beaumont-de-Pertuis, Bonnieux, Buoux, CabriĂšres-d'Aigues, CabriĂšres-d'Avignon, Cadenet, Caseneuve, Castellet, Cavaillon, Cheval-Blanc, Cucuron, Gargas, Gignac, Gordes, Goult, Grambois, L'Isle-sur-la-Sorgue, Joucas, Lacoste, Lagarde-d'Apt, Lagnes, Lauris, Lioux, Lourmarin, Maubec, MĂ©nerbes, MĂ©rindol, Mirabeau, La Motte-d'Aigues, Murs, OppĂšde, Pertuis, Peypin-d'Aigues, Puget, Puyvert, Robion, Roussillon, Rustrel, Saignon, Saint-Martin-de-Castillon, Saint-Martin-de-la-Brasque, Saint-PantalĂ©on, Saint-Saturnin-d'Apt, Sannes, Saumane, Sivergues, Les Taillades, La Tour-d'Aigues, Vaugines, Viens, Villars, Villelaure, Vitrolles-en-Luberon.
  43. ↑ Borie (fĂ©minin) en français, bori (masculin) en provençal.
  44. ↑ Valable en fĂ©vrier 2011
  45. ↑ Une association (ASEPS : Association pour la sauvegarde et l’étude du patrimoine souterrain) associĂ©e Ă  une commission (CFPPHR : Commission française pour la protection du patrimoine historique et rural) a entrepris d’effectuer un inventaire de toutes ces pompes en France. Leur site internet comporte de nombreuses photos.
  46. ↑ Toulouse : Ă©toile d’orient et d’occident, p. 33, 2007, Les beaux jours, (ISBN 078.2.35179.015.1).
  47. ↑ Murs en Provence, 1967, Camille Flaud, p. 21
  48. ↑ MalgrĂ© la mise en sommeil de l'association organisatrice (Foyer Rural), et avec le soutien de la Mairie de Murs et du Centre Social « Lou PasquiĂ© Â» Ă  Roussillon, le carnaval aura bien lieu en 2010, Ă  la date du samedi 20 mars.


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