Montagne sainte-victoire

Montagne Sainte-Victoire

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43° 32′ 21″ N 5° 38′ 43″ E / 43.539166, 5.645277

Montagne Sainte-Victoire

Massifs des Alpes occidentales

Massif des Alpes map-fr.svg

41



Géographie
Altitude 1 011 m, Pic des Mouches
Massif Alpes
Longueur 18 km
Largeur 5 km
Superficie  km2
Coordonnées
Administration
Pays France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département
Géologie
Âge
Roches Roches sédimentaires
La Sainte-Victoire depuis le sud-est.

La montagne Sainte-Victoire (en occitan provençal : Mont Venturi selon la norme classique ou Mont Ventùri selon la norme mistralienne) est un massif calcaire du sud de la France, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Située à l'est d'Aix-en-Provence, elle a connu une gloire internationale en partie grâce aux nombreuses œuvres la concernant du peintre Paul Cézanne. Paradis des marcheurs, grimpeurs et amoureux de la nature, elle est un élément majeur du paysage aixois.

Sommaire

Toponymie

Initialement nommée montagne de la Victoire, elle a été sanctifiée au Moyen Âge par les Chrétiens pour devenir la Sainte-Venture. Une chapelle a d'ailleurs été construite à son sommet au XIIIe siècle. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que la montagne a pris son nom actuel pour une raison encore imprécise. Certains pensent qu'il s'agissait de franciser le nom provençal.[réf. nécessaire]

Géographie

Le massif de la Sainte-Victoire s'étend sur 18 kilomètres entre les départements des Bouches-du-Rhône et du Var pour 5 kilomètres de large.[1]

Le pic des Mouches vu depuis la face sud

Son sommet est le pic des Mouches[2]. Il s'agit de l'un des plus hauts sommets du département des Bouches-du-Rhône, derrière le pic de Bertagne qui atteint l'altitude de 1 042 mètres[3] et qui se situe sur le massif de la Sainte-Baume.

6 525 ha du massif de la Sainte Victoire sont classés depuis 1983.

Hydrographie

Au nord-ouest et au pied du massif, le lac de Bimont, le lac de Zola et leurs barrages[4].

Ruisseaux de la Cause, de l'Infernet et du Bayon.

Géologie

Trois[5] à quatre[6] secteurs différents sur l'ensemble de la chaîne.

Selon une étude récente, la Sainte-Victoire serait toujours entrain de grandir. La société ME2i a en effet réalisée une étude par satellite entre 1993 et 2003 apportant une preuve que, durant cette période, l'extrémité occidentale de la montagne Sainte-Victoire a été en surrection de 7 mm par an.[7]

Paléontologie

Le massif héberge plusieurs gisements d'œufs de dinosaures mondialement connus dont celui de Roques-Hautes / Les Grands-Creux situé sur la commune de Beaurecueil.

Sismicité

11 juin 1909, fort tremblement de terre en Provence[8]

19 février 1984, 21:14:37 UTC : tremblement de terre de 4,3 avec épicentre au sud de la montagne

Climat

Le climat est méditerranéen : chaud l'été, ensoleillé et frais l'hiver, doux en demi-saison et surtout le printemps.

L'été est chaud et sec, l'hiver est sec. Aix-en-Provence, ville située à quelques kilomètres à l'ouest, compte 300 jours de soleil par an[9]. Les températures moyennes y oscillent de 5 °C en janvier à 22 °C en juillet. Il arrive qu'elles soient négatives en hiver (-8,5 °C et -12 °C aux Milles en février 2005 le record est de -17,4 °C le 01/02/1963.) et extrêmement élevées (>40 °C) l'été, car la ville est sur un bassin formé par l'Arc à une altitude plus basse par rapport aux alentours ; l'air chaud est encerclé et a plus de mal à s'échapper. En automne, des orages violents ont souvent lieu. Celui du 10 septembre 2005 touche particulièrement le pays d'Aix avec 80 mm de pluie, et celui de 22 septembre 1993 entraîne une inondation. On relève plus de 200 mm en deux heures, soit quatre mois de précipitations. La campagne y connaît des micro-climats variés, plus humides et ventés ou protégés selon les endroits[10].

Flore et faune

Son orientation est-ouest conduit à une grande différence d'ensoleillement entre les faces nord et sud, et donc à une différence de végétation. On trouve ainsi une végétation de type méditerranéenne sur le versant sud et de type alpine sur le versant nord. Le site de la montagne Sainte-Victoire pris dans son ensemble à une flore exceptionnelle de 900 plantes à fleurs soit 20 % de la flore française[11].

Parmi la faune, on peut noter de nombreux insectes, 27 espèces de mammifères[11] dont 9 chauves-souris, sangliers, lièvres... et 126 espèces d’oiseaux dont 78 nicheurs[11] (Voir liste non exhaustive).

Versant sud

Le versant sud se caractérise par la présence d'importantes falaises calcaires hautes de 500 à 700 m dont l'aspect blanc ajouté au soleil donne l'aspect d'une haute muraille.

Au pied des falaises, on trouve en plus des massifs de broussailles, chêne vert, chêne kermès, pin d'Alep (population fortement réduite après l'incendie de 1989) mais aussi des cultures (Amandiers et oliviers).

Versant nord

Parmi les nombreuses espèces présentes sur ce versant, le Crocus est assez bien représenté sur les hauteurs ainsi que l'iris sauvage et la jonquille. On peut aussi y voir des buis et diverses variétés d'arbustes.

Histoire

Les vestiges celto-ligure des oppidum d'Untinos et de Bramefan atteste d'une présence ancienne sur les lieux.[1]

En 483, l'ermite saint Servin (saint Ser) est assassiné par des Wisigoths (chapelle à flanc de montagne, commune de Puyloubier)

Au XIIIe siècle, construction d'une chapelle à quelques pas de l'un de ses sommets.

1850 à 1854, construction du barrage de Zola.[4]

En 1875, une croix monumentale de 19 mètres de hauteur est inaugurée au sommet de l'éperon surplombant le prieuré, à une altitude de 942 mètres. Il s'agit de la 4e croix à cet emplacement, on retrouve les traces des précédentes jusqu'au XVIe siècle, un marin en détresse ayant alors fait vœu d'édifier une croix au sommet de la 1re montagne émergée qu'il rencontrerait[réf. nécessaire].

De 1946 à 1951, construction du barrage de Bimont.[4]

1982, première restauration de la croix de Provence.

1983, classement d'une partie du massif de la Sainte Victoire.

Du 28 au 31 août 1989, un gigantesque incendie a ravagé la face sud sur 5 000 hectares.[1]

Février 1990, création du Syndicat Intercommunal du Massif Sainte Victoire.[1]

1992, De nombreuses plantations sont réalisées afin de reboiser, mais à cause de l'incendie, la végétation a été très réduite, notamment les résineux. L'accès à la montagne est en grande partie interdit en période estivale.

En août 2000, création du Grand Site Sainte-Victoire, syndicat mixte départemental labellisé « Grand Site de France » depuis 2004, chargé mise en valeur et la protection du milieu naturel et culturel et de la gestion de la fréquentation sur un territoire de près de 34 500 hectares dont un site classé de 6 525 hectares.

Économie

Agriculture et productions

Vue sur les cultures et les sentiers de randonnée des parties basses au sud ouest de la montagne

Au pied de la montagne, quelques vergers d'amandiers et d'oliviers (coté sud) et de la vigne.

Production de vins sur plusieurs cépages. Rendement maximum : 50 hl/ha, contre 55 hl/ha pour l’appellation Côtes de Provence[12].

Tourisme

La Sainte-Victoire vue d'Aix-en-Provence (est)

Plusieurs parkings sont situés le long de la D17

Près de 700 000 personnes en parcourent les sentiers tous les ans.

Toutes les informations à jour sur les périodes d'accès autorisé sont fournies par le syndicat du grand site.

Sport

Pendant les périodes d'accès libre, cette zone rocheuse est un terrain apprécié pour la randonnée, l'escalade, le parapente et plus modestement pour la spéléologie.

Pour le parapente, il existe des zones de décollage au pic des Mouches (1 011 m) et au Pas du Dinosaure (495 m) sur le versant occidental. L'aérologie sur la Sainte Victoire est typique des Alpes du Sud.

Exploitation des richesses du sous-sol

Carrière de Marbre

Environnement

Site Natura 2000

Le site classé Zone de Protection Spéciale (ZPS) (Code : FR9310067) dit "Montagne Sainte-Victoire"[13] couvre une surface totale de 15 493 hectares d'un seul tenant et se situe entre 246 et 1 016 mètres d'altitude. Le site est à cheval sur deux départements, 59 % dans les Bouches-du-Rhône et 41 % dans le Var. Il touche les communes de Beaurecueil, Châteauneuf-le-Rouge, Puyloubier, Rousset, Saint-Antonin-sur-Bayon, Saint-Marc-Jaumegarde et Vauvenargues pour les Bouches du Rhône, et Artigues et Rians pour le département du Var.

La surface de ce site intersecte la Zone de Protection Spéciale suivante : "Montagne Sainte Victoire - Foret de Peyrolles - Montagne des Ubacs - Montagne d'Artigues"[14]

Le site est composé de : Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana pour 30 %, Forêts caducifoliées, Forêts sempervirentes non résineuses et Rochers intérieurs, Eboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente pour 15 % chacun, Pelouses sèches, Steppes pour 10 %, Autres terres arables et Forêts de résineux pour 5 % chacun, Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées et Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) pour 2 % chacun et enfin Cultures céréalières extensives (incluant les cultures en rotation avec une jachère régulière) pour 1 %.

Parmi les nombreuses espèces animales présentent dans la zone, on peut noter une grande variété d'oiseaux, soit résident, soit simplement de passage (hivernage, lieu de reproduction, etc.) : L’Aigle botté (Hieraaetus pennatus), l’Aigle de Bonelli (Hieraaetus fasciatus), l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), l’Alouette lulu (Lullula arborea), l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), la Bécasse des bois (Scolopax rusticola), la Bondrée apivore (Pernis apivorus), le Bruant ortolan (Emberiza hortulana), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), la Cigogne blanche (Ciconia ciconia), la Cigogne noire (Ciconia nigra), le Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus), le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), l’Engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus), l’Epervier d'Europe (Accipiter nisus), le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), le Faucon émerillon (Falco columbarius), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), la Fauvette orphée (Sylvia hortensis), la Fauvette passerinette (Sylvia cantillans), la Fauvette pitchou (Sylvia undata), le Grand-duc d'Europe (Bubo bubo), la Grive litorne (Turdus pilaris), l’Hirondelle rousseline (Hirundo daurica), le Martinet à ventre blanc (Apus melba), le Milan noir (Milvus migrans), le Milan royal (Milvus milvus), le Monticole de roche (Monticola saxatilis), le Petit-duc scops (Otus scops), la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator), la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), le Pipit rousseline (Anthus campestris), le Rollier d'Europe (Coracias garrulus), le Traquet oreillard (Oenanthe hispanica) et le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus).

Le label "Grand Site de France"

Le label « Grand Site de France » est un label décerné par le ministère de l’Environnement.

En 1989, un Syndicat intercommunal est créé suite aux incendies pour permettre de mieux gérer la réhabilitation de l'ensemble du territoire.[15]

Avec un projet de « mise en valeur et protection du milieu naturel et culturel », l'appellation "Grand Site Sainte-Victoire" apparait en août 2003. Il s'agit d'un syndicat mixte départemental couvrant un territoire de près de 34 500 hectares dont 6 525 sont classés.[16]

La labelisation a été obtenue le 17 juin 2004 soit environ 4 ans plus tard.[17]

Parmi bien d'autres documents de gestion, existence d'un Plan Intercommunal d’Aménagement Forestier et d'une charte forestière de territoire.

Aménagements / Architecture

La Croix de Provence

Sentiers et parkings. Parmi les sentiers on pourra noter coté sud : le Pas du Moine, l'oppidum et la montée vers Lou Garagai et le Col de Saint Ser. Coté nord : le sentier des Venturiers et celui des plaideurs. Le GR9 permet de longer les crêtes.

Une croix dite "croix de Provence" visible à des kilomètres à la ronde. La croix, datant de 1875, fut restaurée une première fois en 1982, puis en 2004, où l'ensemble de l'ancien socle a été remplacé par un parement de béton armé de couleur proche de la pierre, formant un banc périphérique d'où on aperçoit le paysage provençal sur 360°. La "croix de Provence" est un point remarquable du massif : celle-ci haute de 19 mètres a été posée non sur le point culminant mais sur un pic (946 mètres) surplombant une chapelle (Notre Dame de la Victoire) et un prieuré du XVIIe siècle en cours de restauration[18], qui, de par sa forme, se détache bien plus du massif que le pic des Mouches. La chapelle Notre Dame de la Victoire est à 885 m d'altitude. Après avoir été détruite, elle fut reconstruite en 1657 millésime gravé sur le fronton.[19]

refuge au pied de la falaise calcaire du flanc sud

Au pied, château de Vauvenargues du XIVe siècle et bastides

Représentations de la Sainte-Victoire

La montagne a inspiré de nombreux artistes plus ou moins récents.[1]

Littérature

Peinture

La Sainte-Victoire peinte par Paul Cézanne

Plusieurs maîtres de la peinture ont pris la Sainte-Victoire comme sujet (de premier ou arrière-plan). Le plus évident d'entre eux, très souvent associé à cette montagne, est Paul Cézanne dont de nombreuses œuvres représentent la montagne.

Photographie

En 1999, Brigitte Bauer publie son travail dans Montagne Sainte-Victoire. En 2004, Jürgen Hill expose ses photos du massif à la Maison de Heidelberg et Jean-Jérôme Crosnier Mangeat (né à Aix-en-Provence) publie un livre de photographies Sainte-Victoire Voyage en pays de lumières chez Nature d'Images (ISBN 2-9523078-0-6)

Cinéma

Voir aussi

Commons-logo.svg

La Montagne Sainte Victoire vue de Trets.

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Guy Ballossier, La Montagne Sainte-Victoire : Au coeur du pays de Cézanne, ARPCV, 2006 (ISBN 2-9518857-3-3) 
  • Jean-François Lemoine, Aimer la Provence, Ouest France, 1985 (ISBN 2-85882-764-8) 

Liens internes

Liens externes

Notes et références


LogoGSF marque brun 181.jpg Label Grand Site de France

Aven d'Orgnac • Bibracte • Montagne Sainte-Victoire • Pointe du Raz • Pont du Gard • Puy de Dôme

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