Monothelisme

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Monothelisme

Monothélisme

Le monoth√©lisme est un courant de pens√©e du christianisme, d√©velopp√© au VIIe si√®cle dans le but de r√©unifier l'√Čglise chalc√©donienne et les √Čglises des trois conciles, et condamn√© comme h√©r√©sie au IIIe concile de Constantinople en 681.

Sommaire

Situation historico-politique

Dans les ann√©es qui suivirent le quatri√®me concile Ňďcum√©nique, le concile de Chalc√©doine, en 451, diff√©rentes √©glises orientales rejettent ses conclusions et se d√©tachent de l'√Čglise officielle.

La plupart de ces √Čglises professent des doctrines monophysites, condamn√©es par le concile dans son affirmation du dogme de la Trinit√©. Pour ces √Čglises, J√©sus n'a qu'une seule nature et elle est divine. Le duophysisme officiel, quant √† lui, affirme la double nature du Christ, √† la fois divine et humaine.

Le s√©paratisme de ces √Čglises, que l'on r√©unit sous le terme d'√Čglises des trois conciles, n'est pas d√Ľ uniquement √† des divergences dogmatiques. Ces communaut√©s chr√©tiennes sont en effet situ√©es sur des territoires qui viennent ou sont sur le point d'√©chapper √† l'autorit√© de l'Empire romain d'Orient. Il y a donc une volont√© politique poussant √† diminuer l'influence de Constantinople sur ces r√©gions.

Cet √©tat de fait pousse les souverains de l'Empire d'Orient √† chercher un moyen de r√©cup√©rer les dissidents au sein de l'√Čglise Ňďcum√©nique. Pour cela, un compromis dogmatique est propos√© : le monoth√©lisme.

Histoire

√Čtablissement de la doctrine (616-638)

Le premier énoncé de la doctrine monothéliste date de 616 et a été énoncée par Serge, patriarche de Constantinople, avec l'appui de l'empereur d'alors, Héraclius Ier. Le but de ce dernier était d'unifier les chrétiens de l'empire afin de contrer l'importante menace perse, puis arabe.

Cet √©nonc√© confirme le dyophysisme √©tabli en 451, mais pr√©cise que J√©sus r√©alise ses actions par une seule volont√© et une seule activit√© th√©andrique. Volont√© se disant th√™lema en grec, ce mot donnera son nom √† cette doctrine. Le monoth√©lisme a √©t√© bien accueilli par les monophysites et, en 633, les monophysites d'√Čgypte regagnent l'orthodoxie. Cette formulation initiale est parfois appel√©e ¬ę mono√©nergisme ¬Ľ pour la distinguer du monoth√©lisme ult√©rieur.

N√©anmoins, plusieurs th√©ologiens, dont Sophrone, se sont oppos√©s √† cette formulation ; ils refusent en particulier la notion d'une seule activit√©. Ils convainquent Serge, pourtant l'instigateur du mouvement, de s'y opposer et ce dernier promulgue en cette m√™me ann√©e 633, le Ps√©phos, un d√©cret interdisant √† tout chr√©tien de parler du nombre des activit√©s de J√©sus.

À Rome, le pape Honorius Ier confirme le Pséphos, mais laisse la porte ouverte à une seule volonté du Christ. Cette possibilité est saisie par Serge afin de poursuivre la politique d'union avec les monophysites.

En 638, une profession de foi, l'Ecth√®se est publi√©e par l'empereur. Cette profession de foi, affich√©e sur la porte de la basilique Sainte-Sophie, confirme le Ps√©phos et reconna√ģt au Christ une volont√© unique. C'est le principe de base du monoth√©lisme proprement dit, par opposition √† la formulation initiale.

Cette publication n'a pas l'effet politique escompt√© : tout d'abord, les monophysites n'y adh√®rent pas et restent oppos√©s √† l'√Čglise officielle ; de plus cette publication marque le point de d√©part d'un conflit entre les patriarcats de Rome et Constantinople.

Conflit entre Rome et Constantinople (638-655)

Ce conflit appara√ģt entre des hommes nouveaux. En effet, les trois protagonistes initiaux d√©c√®dent dans un cours intervalle : Honor√© Ier en 638, Sophrone et H√©raclius Ier en 641. Il est exacerb√© par la situation politique de l'Italie dont la papaut√© se pr√©sente en d√©fenseur : au nord, le pays est aux mains des Lombards ; le sud, depuis le r√®gne de Justinien, est sous la coupe impopulaire de Constantinople.

Les hostilités sont ouvertes en 640 lorsque Jean IV condamne le monothélisme, sentence confirmée par son successeur, Théodore Ier. Cela n'a guère d'effet sur la politique du nouvel empereur Constant II et du patriarche Pyrrhus et de son successeur Paul. Rome est contraint de durcir sa position en condamnant Pyrrhus et Paul en 646. Constantinople essaie sans succès de faire pression sur les représentants papaux locaux, mais devant le peu de succès, Constant II promulgue en 648 un nouveau décret, le Typos. Bien qu'abolissant l'Ecthèse, il essaie d'étouffer le débat en interdisant, à la manière du Pséphos quelques années auparavant, de parler des volontés et des activités de Jésus. Ainsi, l'empereur pouvait rester fidèle au monothélisme, tout en muselant une querelle qui ne servait pas ses intérêts.

Le successeur de Jean IV, Martin Ier r√©agit en convoquant un concile √† Latran en 649. Le concile condamne le monoth√©lisme en affirmant la dualit√© des volont√©s et des activit√©s et jette l'anath√®me sur les patriarches d√©fendant l'h√©t√©rodoxie ; l'empereur r√©agit en envoyant des √©missaires en Italie afin de forcer le clerg√© local a appliquer le Typos, √©galement condamn√© √† Latran. Les r√©sistances sont fortes, mais Martin Ier est finalement arr√™t√© en 653, jug√© et exil√©. Il meurt en Crim√©e en 655.

IIIe Concile de Constantinople et condamnation du monothélisme (680-681)

Le conflit n'est n√©anmoins par r√©gl√© et la question reste ouverte. C'est finalement l'empereur Constantin IV qui va clore le sujet : il convoque un concile Ňďcum√©nique, le IIIe concile de Constantinople. Cet √©v√©nement proclame un nouveau dogme o√Ļ le Christ est dot√© de ¬ę deux volont√©s, non pas oppos√©es l'une √† l'autre mais une volont√© humaine subordonn√©e √† la volont√© divine ¬Ľ.

Cela condamne d√©finitivement le monoth√©lisme qui ne r√©appara√ģtra plus, mis √† part une br√®ve r√©surgence entre 711 et 713 dans l'empire d'Orient.

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