Mitrailleuse

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Mitrailleuse
La M240 : une MAG 58 modifi√©e pour l'Arm√©e de terre des √Čtats-Unis
La PKM est la version actuelle de la PK, la mitrailleuse Kalachnikov.

La mitrailleuse est une arme √† feu √† fonctionnement automatique, chambr√©e pour une munition de calibre inf√©rieur ou √©gal √† 15 millim√®tres, les armes similaires de calibre sup√©rieur √©tant g√©n√©ralement appel√©es ¬ę canons automatiques ¬Ľ ou ¬ę mitrailleurs ¬Ľ. Son objectif est d'offrir une puissance de feu maximale par une capacit√© au tir en rafales soutenue, ainsi qu'une port√©e pratique sup√©rieure √† celle d'une arme individuelle. Son apparition est souvent consid√©r√©e comme l'un des √©l√©ments majeurs marquant l'entr√©e de la guerre dans l'√®re industrielle.

Sommaire

Apparition et évolution

La mitrailleuse Gatling

D√®s le XIVe si√®cle, de nombreux inventeurs tent√®rent de cr√©er une arme de d√©fense tirant √† haute cadence des projectiles l√©gers. L√©onard de Vinci en dessina une mais aucune r√©alisation concr√®te ne semble avoir suivi, vraisemblablement faute de moyens techniques. La d√©fense √† courte port√©e contre l'infanterie est par la suite assur√©e par certaines pi√®ces d'artillerie qui tirent, dans ces phases d'action, des projectiles multiples dits biscayens ou bo√ģtes √† mitraille, dont les effets sur les organismes vivants sont terribles. Mais la mobilit√© limit√©e de l'artillerie, surtout √† cette √©poque, en r√©duit l'int√©r√™t tactique, malgr√© l'emploi tr√®s audacieux des Fran√ßais lors des guerres de la R√©volution et de l'Empire, qui r√©ussirent de v√©ritables charges d'artillerie. Le besoin de grande puissance de feu antipersonnel mobile n'est combl√© qu'en partie et la port√©e comme la pr√©cision de la mitraille laissent trop √† d√©sirer.

Premières versions utilisables

En 1718, cependant, James Puckle d√©pose un brevet prot√©geant un canon de d√©fense. Cette pi√®ce au calibre d'environ trois centim√®tres, longue de pr√®s d'un m√®tre emploie des barillets pr√©charg√©s √† onze chambres et tire soixante trois coups en sept minutes, soit trois fois plus vite que le mousquet d'un tr√®s bon fantassin. Destin√©e √† offrir aux b√Ętiments de guerre un moyen de lutte contre les abordages, l'arme n'est cependant jamais r√©ellement d√©ploy√©e ni m√™me employ√©e.

La Gatling

L'id√©e reste en sommeil jusqu'en 1862. Richard Jordan Gatling d√©pose alors un nouveau brevet prot√©geant une arme fond√©e sur le principe de six √† dix canons rotatifs, ce qui permet de parall√©liser les op√©rations n√©cessaires au tir et d'augmenter le temps de refroidissement sans r√©duire la cadence. La mitrailleuse Gatling n'est pas autonome car son servant doit tourner une manivelle afin de fournir l'√©nergie gr√Ęce √† laquelle l'arme chambre les cartouches, les percute, extrait les √©tuis vides puis les √©jecte. De surcro√ģt les cartouches en papier limitent sa fiabilit√©.

Mitrailleuse De Reffye, Culasse, Musée militaire vaudois, 1110 Morges, Suisse
Mitrailleuse De Reffye, Musée militaire vaudois, 1110 Morges, Suisse

Achetée en 1865 par l'US Army, elle sera l'année suivante modifiée pour employer des cartouches à étuis métalliques, ce qui l'améliorera beaucoup. En revanche elle conservera la taille d'un petit canon et son caisson d'approvisionnement en munitions grèvera longtemps sa fiabilité et connaitra plusieurs versions. Considérée comme une pièce d'artillerie, elle sera déployée loin des mouvements de l'infanterie. Cela limita son effet sur le plan tactique à celui d'un canon tirant de la mitraille.

La mitrailleuse de Reffye

De l'autre c√īt√© de l'Atlantique une arme belge, la mitrailleuse Montigny, est adopt√©e sous une forme modifi√©e par l'arm√©e fran√ßaise qui l'utilise comme une pi√®ce d'artillerie. Elle sera connue en France sous le nom de ¬ę canon √† balles ¬Ľ ou de ¬ę mitrailleuse De Reffye ¬Ľ du nom du g√©n√©ral Verch√®re de Reffye, officier responsable de sa fabrication aux ateliers de Tarbes et de Meudon. Son fonctionnement est simple car ses vingt-cinq canons sont charg√©s en une seule passe gr√Ęce √† des blocs culasse amovibles. Les vingt-cinq cartouches de 13 mm √† percussion centrale, √† corps en carton et culot en laiton, sont mises √† feu en courtes rafales tr√®s rapides. Les r√©sultats pouvaient √™tre spectaculaires comme par exemple √† Saint Privat o√Ļ une batterie de six mitrailleuses put mettre √† terre cinq cent chevaux en 90 secondes. N√©anmoins son emploi par la seule artillerie et donc √† trop grande distance des troupes adverses limite son efficacit√© pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Par surcroit leur faible nombre engag√© (190 pi√®ces) n'est pas comparable √† la tr√®s efficace et tr√®s nombreuse artillerie prussienne qui domine.

Au Royaume-Uni, en 1870, les autorit√©s impressionn√©es par les performances du canon de Gatling demandent √† WG Armstrong and Co. d'en obtenir la licence de production locale. L'arme est d√©clin√©e en deux versions, l'une de calibre .45 (45 centi√®mes de pouce, donc 11,43 millim√®tres) pour l'arm√©e de terre, l'autre en .65 (65 centi√®mes de pouce, donc 16,51 mm) pour la Royal Navy (marine). Lors de l'une de ses premi√®res utilisations, lors de la Bataille d'Ulundi, la Royal Navy l'opposa avec succ√®s aux Zoulous. La cartouche c√®de ensuite la place √† une version plus moderne enti√®rement m√©tallique, supprimant ainsi bon nombre d'enrayages et autres incidents de tir. La cadence de tir atteint alors environ trois cent coups par minute.

Les modernisées

Les canons de type Nordenfeldt et Gardner, deux armes contemporaines d'architecture Gatling et de fort calibre, respectivement dix ou douze et comptant un ou deux canons, s'imposent dans les années 1880 dans les marines afin de lutter contre les petits torpilleurs. Le Gardner tire dix mille coups en un peu moins d'une demi-heure.

La Maxim et sa descendance

Mitrailleuse Maxim allemande de la Première Guerre mondiale

L'am√©ricain Hiram Maxim, r√©sidant en Angleterre, va cr√©er alors la premi√®re mitrailleuse r√©ellement automatique. Elle utilise l'√©nergie du recul cons√©cutive au tir pour √©jecter l'√©tui et chambrer une nouvelle munition. L'arme tire alors tant que la d√©tente n'est pas rel√Ęch√©e par le servant, qu'aucun incident ne survient et que des munitions sont disponibles. Apr√®s une d√©monstration en 1885, l'arm√©e britannique en ach√®te plusieurs exemplaires en 1889. D'autres nations europ√©ennes, comme l'Allemagne, la Russie, l'Autriche-Hongrie en ach√®tent ensuite. L'arme prouve son efficacit√© lors de plusieurs batailles coloniales, comme en 1893 en Afrique du Sud, lorsque cinquante soldats et quatre Maxims tiennent en respect cinq mille guerriers Matabele.

Les état-majors européens ne lui ménagent a priori guère d'avenir car ils la considèrent comme trop peu fiable (ce qui n'est à ce moment pas abusif car l'alimentation, en particulier, cause encore souvent des enrayages) et redoutent sa consommation de munitions. Cette dernière est pourtant la condition de sa cadence de tir de cinq cent coups par minute, puissance de feu équivalente à celle de cent fusils, qui invite certains à ne pas la négliger. L'idée fait donc peu à peu son chemin et deux nations réaliseront des dérivés de la Maxim, l'Allemagne avec son Maschinengewehr M1908, et la Russie avec sa Pulemyot Maxima PM1910.

Un Autrichien nomm√© Von Odkolek con√ßoit en 1895 une mitrailleuse √† emprunt de gaz dont le brevet est acquis par la firme de Benjamin Berkeley Hotchkiss situ√©e √† Saint-Denis pr√®s de Paris. Elle est essay√©e par l'arm√©e fran√ßaise en 1897 apr√®s des modifications apport√©es chez Hotchkiss par Lawrence Benet et Henri Mercier. √Ä partir de 1897, l'arm√©e fran√ßaise continue l'exp√©rimentation puis passe √† l'adoption partielle en 1900 ; elle ne l'ach√®tera cependant en tr√®s grandes quantit√©s qu'√† partir de 1916. La Hotchkiss Mle 1914 finira par compl√®tement remplacer le mod√®le national (la Saint-√Čtienne mod√®le 1907) dont le m√©canisme compliqu√© et peu fiable est invers√© afin de contourner le brevet Hotchkiss.

Une mitrailleuse britannique Vickers pendant le premier conflit mondial

Au d√©but du XXe si√®cle l'infanterie commen√ßa √† l'employer en cr√©ant, au sein de ses r√©giments, des compagnies de mitrailleuses qui rempla√ßaient le plus gros de l'artillerie r√©gimentaire. L'importance tactique de la mitrailleuse ainsi rapproch√©e de la ligne de front devient d√®s lors pr√©pond√©rante. Les mod√®les de cette √©poque sont plus l√©gers et manŇďuvrables que leur anc√™tres du XIXe si√®cle mais restent des armes √† vocation d√©fensive donc plut√īt statiques. √Čtablies sur des tr√©pieds ou de petits aff√Ľts √† deux roues, elles ne sont pas capables de suivre √† mesure tous les mouvements de l'infanterie et impliquent encore un d√©lai de mise en batterie non n√©gligeable. De plus, l'accent alors mis sur la permanence du tir conduit √† des mod√®les encombrants et pesants car souvent dot√©s d'un syst√®me de refroidissement liquide du canon donc d'un radiateur et d'un r√©servoir.

Durant la premi√®re guerre mondiale, l'arm√©e belge utilisa la pratique locale des charrettes de laitiers tir√©es par des chiens attach√©s sous la charrette. Elle y installa ses mitrailleuses, r√©solvant ainsi le probl√®me du d√©placement rapide de ces armes, toujours mont√©es sur leur tr√©pied et pr√™tes pour le tir, alors que celles de l'ennemi √©taient port√©es √† dos d'homme et en deux √† trois parties qu'il fallait r√©assembler apr√®s chaque mouvement. C'est avec l'aide de ce dispositif que fut conclue la bataille de Halen contre l'arm√©e allemande, d'abord gagn√©e par un combat de cavalerie puis parachev√©e quand les mitrailleuses belges d√©plac√©es rapidement d'un point √† l'autre du champ de bataille, multipli√®rent les interventions, abusant l'√Čtat-major allemand sur la puissance de feu des Belges.

C'est d'ailleurs en 1914 que l'apparition des mitrailleuses modifie compl√®tement le d√©roulement des op√©rations militaires, car cette arme rend difficile, voire impossible, de se d√©placer √† d√©couvert √† sa port√©e. Paul Val√©ry d√©crit ainsi en 1931 l'action de l'engin : ¬ę Quatre hommes r√©solus tiennent mille hommes en respect, couchent morts ou vifs tous ceux qui se montrent. On arrive √† la conclusion surprenante que la puissance de l'arme, son rendement, augmente comme le nombre m√™me de ses adversaires. Plus il y en a, plus elle tue. C'est pourquoi elle a eu raison du mouvement, elle a enterr√© le combat, embarrass√© la manŇďuvre, paralys√© en quelque sorte toute strat√©gie ¬Ľ (Vari√©t√© IV). Son usage pendant la Premi√®re Guerre mondiale participa √† l'enlisement de la guerre des tranch√©es. Les allemands disposaient leurs mitrailleuses par paire, une de chaque c√īt√© de la tranch√©e √† d√©fendre et visant une zone proche du milieu de cette tranch√©e. Ce tir crois√© par le c√īt√© provoquait un mur de balles tr√®s efficace contre les assauts d'infanterie en lignes, et se r√©v√©la plus efficace que le tir de face.

Le fusil-mitrailleur ou mitrailleuse légère

Le fusil-mitrailleur type 96 japonais

Vers la fin de la premi√®re guerre, le fait d'accompagner les d√©placements de l'infanterie gr√Ęce √† des mitrailleuses √©tait acquis. De nouvelles armes plus l√©g√®res donc au d√©ploiement plus rapide, furent con√ßues √† cet effet. Mises en batterie sur un bipied et gu√®re plus encombrantes que le fusil, elles utilisent uniquement le refroidissement par air et souvent des chargeurs plut√īt qu'une alimentation par bandes de cartouches, ce qui limite leur capacit√© √† tirer en continu mais les all√®ge.

Ces nouvelles mitrailleuses, appel√©es ¬ę fusils-mitrailleurs ¬Ľ ou ¬ę mitrailleuses l√©g√®res ¬Ľ, sont des adaptations d'armes existantes, comme la Maxim 08/15 allemande, ou des armes nouvellement cr√©es comme le Lewis Mark I britannique ou le Chauchat fran√ßais et encore, en 1917 , le Browning Automatic Rifle (dit ¬ę BAR ¬Ľ). Apr√®s la guerre, ce type d'arme connait un grand d√©veloppement dans tous les pays, qui donne par exemple naissance au BREN, au Mac 24/29 et au Degtyarev DP 28. Il devient l'arme autour de laquelle s'organise le groupe de combat d'infanterie dont il constitue l'¬ę √©l√©ment feu ¬Ľ. Le BAR servira, apr√®s plusieurs √©volutions accusant son caract√®re de FM, jusqu'√† la fin du conflit mondial suivant et on le verra encore en action, quoique de plus en plus rarement dans les arm√©es r√©guli√®res, au d√©but des ann√©es 1980.

Bien que souvent remplac√© par des mitrailleuses polyvalentes, le fusil-mitrailleur continue √† √™tre utilis√© de nos jours, principalement du fait de son faible co√Ľt. On le distingue de la mitrailleuse l√©g√®re par l'absence de syst√®me de changement rapide de canon. Il s'agit souvent d'une version du fusil d'assaut r√©glementaire, avec un canon plus lourd pour retarder l'√©chauffement et plus long pour augmenter la port√©e, ils sont munis aussi d'un bipied pour stabiliser le tir et de chargeurs de plus grande capacit√© pour accro√ģtre la cadence pratique de tir. De bons exemples de ce type d'arme sont le Kalachnikov RPK sovi√©tique (d√©riv√© de l'AKM-59) et le LSW L86A1 britannique (d√©riv√© du SA-80).

La mitrailleuse lourde

Mitrailleuse Browning M2 cal. 12,7 mm sur son tr√©pied M3

La diversification des emplois de la mitrailleuse mena à des modèles lourds tirant des munitions plus puissantes que celle du fusil d'infanterie, afin d'équiper divers véhicules, en particulier des avions.

Juste apr√®s la Premi√®re Guerre mondiale, John Browning r√©alise sa M2, utilisant une munition de 12,7 x 99 mm initialement destin√©e √† un usage antia√©rien mais aussi suffisamment puissante pour d√©truire les blind√©s de l'√©poque. Cette arme devient l'arch√©type de la mitrailleuse lourde et connaitra un tr√®s grand succ√®s car elle est encore en service de nos jours. D√©ploy√©es en grand nombre par les alli√©s au cours de la Seconde Guerre mondiale, elles constitueront pour ceux-ci un avantage certain face aux allemands qui eux ont pr√©f√©r√©s pour leurs blind√©s l√©gers des calibres sup√©rieurs comme le 20 mm, certes efficaces, mais beaucoup moins ¬ę √©conomiques ¬Ľ.

D'autres nations cr√©ent des mod√®les √©quivalents, souvent chambr√©s pour des munitions plus puissantes. Les britanniques adoptent la Besa tch√©coslovaque de 15 x 104 mm, les Italiens et les Japonais, une cartouche de 13,2 x 99 mm, initialement con√ßue par Hotchkiss en France, qui sera connue par la suite comme 13,2 Breda. Ils utilisent conjointement une 12,7 x 81 mm, con√ßue par Vickers au Royaume-Uni, la 12,7 Breda. Les Am√©ricains emploieront beaucoup la mitrailleuse lourde. L'URSS cr√©a quant √† elle, dans les ann√©es trente, deux munitions tr√®s puissantes : la 12,7 x 108 mm, qui √©quipera les mitrailleuses Degtyarev et la 14,5 x 114 mm, tout d'abord destin√©e au fusil antichars mais qui sera en d√©finitive celle d'une mitrailleuse mise au point √† la fin des ann√©es 1940 par l'ing√©nieur Vladimirov nomm√©e ¬ę KPV ¬Ľ, rendue tr√®s efficace contre les avions et les blind√©s l√©gers par l‚Äô√©nergie cin√©tique tr√®s importante du projectile (env. 22 000 J, la 12,7 x 99 mm en dissipant environ 12 000).

La mitrailleuse polyvalente contemporaine

La MG-34 sur bipied et trépied pour le tir en position

√Ä l'aube de la Seconde Guerre mondiale, dans l'infanterie, deux types de mitrailleuses cohabitent donc, la l√©g√®re sur bipied, destin√©e √† suivre les attaques et la moyenne sur tr√©pied, qu'on utilise par la suite pour d√©fendre les positions acquises. L'une est facile √† transporter mais son syst√®me d'approvisionnement et l'√©chauffement de son canon la rendent incapable de maintenir un tir soutenu, l'autre est trop peu mobile. L'arm√©e allemande a, plus que toute autre, compris l'int√©r√™t d'une utilisation polyvalente de cette arme et elle va d√©velopper une arme r√©volutionnaire: la MG34. Le probl√®me de l'√©chauffement du canon est r√©solu comme sur les mitrailleuses lourdes, par un dispositif permettant l'√©change rapide du canon ; l'alimentation par bandes m√©talliques est emprunt√©e aux mitrailleuses classiques, m√™me si ces derni√®res sont emport√©es dans des tambours. L'arme peut √™tre d√©ploy√©e soit sur bipied, soit sur tr√©pied ; si elle est l√©g√®rement plus encombrante qu'un fusil mitrailleur, elle reste employable par un bin√īme au sein d'un groupe de combat : la mitrailleuse moderne est n√©e. La MG42 perfectionne le concept en am√©liorant la cadence de tir et la l√©g√®ret√© et en apportant surtout une simplification de la fabrication.

La Saco M60 américaine en calibre 7,62 OTAN immortalisée par la Guerre du Viêt Nam et Rambo
La M249 : version am√©ricaine de la FN Minimi en calibre 5,56 mm OTAN

Par la suite, les autres arm√©es s'√©quipent d'armes de conception similaire, comme la Pelmet Kalachnikov sovi√©tique, l'Arme Automatique Mod√®le 1952 fran√ßaise ou la Saco M60 am√©ricaine. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les mitrailleuses ont peu √©volu√©, bon nombre d'arm√©es sont toujours √©quip√©es d'armes directement inspir√©es des mod√®les allemands con√ßus d√®s 1935. Les mitrailleuses modernes ont des caract√©ristiques communes : l'emploi de canons interchangeables, l'alimentation par bande de cartouches et une √©quipe de servants, de deux √† cinq hommes, emportant l'arme, les munitions, les canons de rechange et √©ventuellement un tr√©pied. Le principal changement est assez r√©cent et concerne l'emploi de munition plus l√©g√®re comme le 5,56 mm OTAN comme dans l'exemple de la FN Minimi belge, ce qui maximise l'emport de munitions et permet la standardisation sur un calibre unique pour l'infanterie. Les calibres comme le 7,62 OTAN semblent en perte de vitesse, la tendance semblant √™tre d'utiliser le 5,56 uniquement pour les armes l√©g√®res; et de laisser le traitement √† longue port√©e des objectifs non prot√©g√©s √† des armes plus lourdes comme les mitrailleuses lourdes et les canons mitrailleurs sur v√©hicules ou les lance-grenades automatiques de 30 et 40 mm.

Mitrailleuses et véhicules

Utilisation aérienne

Un Morane Saulnier avec une mitrailleuse et les plaques déflectrices sur l'hélice

Au cours de la Première Guerre mondiale l'emploi de la mitrailleuse se diversifie et on commence à en monter sur des avions.

Le combat a√©rien na√ģt, au d√©but de la Premi√®re Guerre mondiale, de la frustration des √©quipages d'avions de reconnaissance croisant l'ennemi dans les airs sans pouvoir le combattre. Des exp√©dients sont tout d'abord employ√©s, y compris des armes de poing et d'√©paule, voire des grappins. Tr√®s rapidement des Allemands utilisent la puissante mitrailleuse qui fait des ravages au sol et le deuxi√®me homme d'√©quipage, dit ¬ę observateur ¬Ľ, devient aussi ¬ę mitrailleur ¬Ľ apr√®s montage d'un tourelleau et d'une mitrailleuse. Le tir vers l'avant est cependant alors rendu impossible par la pr√©sence de l'h√©lice (sauf sur les quelques avions √† h√©lice propulsive), ce qui interdit le tir en poursuite et l'emploi de monoplaces pourtant plus performants. Le Fran√ßais Roland Garros con√ßoit le premier un syst√®me surmontant cette difficult√© apr√®s avoir tir√© au revolver √† travers un ventilateur puis constat√© que peu de projectiles touch√®rent les pales. Il monte une mitrailleuse sur son capot moteur et place sur l'h√©lice de petites pi√®ces m√©talliques d√©viant les rares balles qui risqueraient de l'endommager. Apr√®s sa capture et son interrogatoire l'id√©e est reprise par Anthony Fokker qui d√©cide de l'am√©liorer en concevant un ensemble m√©canique bloquant le tir lorsqu'une pale de l'h√©lice se trouve devant le canon de la mitrailleuse. La synchronisation du tir de la mitrailleuse √† travers les h√©lices est n√©e, et avec elle l'avion de chasse.

D'autres syst√®mes sont test√©s, en particulier une mitrailleuse plac√©e sur l'aile sup√©rieure tirant vers l'avant au-dessus du plan de rotation de l'h√©lice, comme sur le Nieuport 11. Mais les syst√®mes √† synchronisation, bien que plus lourds et complexes, se r√©v√®lent sup√©rieurs car, plac√©s au plus pr√®s de l'axe de vol, facilitent la vis√©e. On observera aussi des syst√®mes de tir √† travers l'axe de l'h√©lice, creux ; cependant, outre sa complexit√©, un tel syst√®me ne peut concerner qu'une seule arme. Le nombre de mitrailleuses mont√©es sur chaque appareil augmente rapidement, atteignant quatre.

Rechargement de mitrailleuse d'aile sur un P-47

L'√©volution ralentit d√®s la fin du conflit et ce n'est qu'au d√©but des ann√©es trente que des mitrailleuses sont parfois mont√©es √† l'int√©rieur des ailes, dont l'√©paisseur a depuis augment√©. Le nombre d'armes int√©gr√©es dans chaque appareil augmente encore (le Hawker Hurricane int√©grera douze mitrailleuses de 7,7 mm). √Ä l'or√©e de la Seconde Guerre mondiale, les armes utilisant les munitions de fusils deviennent insuffisantes car la construction m√©tallique et les plaques de blindage prot√©geant le pilote et les organes essentiels des avions, les rendent beaucoup plus robustes que ceux du premier conflit. L'utilisation de vannes auto-obturantes r√©duit par ailleurs les risques d'incendies cons√©cutifs √† un endommagement de r√©servoir.

Les mitrailleuses lourdes (en particulier la Browning de 12,7 mm et ses √©quivalentes) commencent √† supplanter les mod√®les plus l√©gers et la plupart des pays se tournent peu √† peu vers le canon-mitrailleur dont les effets sont plus d√©vastateurs. Les mitrailleuses sont n√©anmoins conserv√©es car leur cadence de tir plus √©lev√©e (certains mod√®les tirent plus de mille deux cent coups par minute) augmente le nombre d'impacts durant des fen√™tres de tir de plus en plus courtes. Les √Č.-U. choisiront m√™me de les adopter exclusivement, d√©laissant presque les canons. Cette d√©cision r√©duisit le nombre de types de munitions en dotation donc facilita la logistique.

Par ailleurs le déclenchement de tir par commande électrique ou pneumatique interposée simplifia la coordination d'armes multiples et la synchronisation avec l'hélice. Les systèmes pneumatiques seront toutefois rapidement abandonnés car ils induisent une latence préjudiciable lors des combats durant lesquels la durée d'une passe de tir ne dépasse guère une seconde. La commande électrique devient elle-même moins intéressante dès 1944, avec l'apparition d'appareils à réaction qui volaient sans hélice, ainsi que par le montage dans les ailes.

La mitrailleuse d√©fendra les avions de bombardement et de reconnaissance face aux chasseurs, le l√©ger tourelleau install√© √† l'arri√®re c√©dant progressivement sa place √† des tourelles de plus en plus sophistiqu√©es. Les plus lourdes doivent bient√īt √™tre assist√©es √©lectriquement ou hydrauliquement, pour √™tre point√©es assez rapidement sur des chasseurs de plus en plus rapides. Pendant la Seconde Guerre mondiale ces syst√®mes d√©fensifs tr√®s complets couvrent toute la p√©riph√©rie de l'avion, en particulier sur la ¬ę forteresse volante ¬Ľ B-17. Apr√®s la guerre la t√©l√©commande se g√©n√©ralise car l'√©quipage utilise les armes √† partir de compartiments pressuris√©s rendus n√©cessaires par les nouvelles altitudes de combat. Les √©quipements de conduite de tir assist√©es par radar rendent ensuite ces armes efficaces √† des distances importantes, augmentant l'int√©r√™t du canon dont la port√©e est sup√©rieure, lequel finit m√™me par remplacer la mitrailleuse lourde.

Par la suite le développement du missile air-air, en offrant le moyen à des appareils légers et rapides d'attaquer à distance de sécurité (hors de portée des canons de défense) relègue tout cela au profit des contre-mesures électroniques et de la furtivité.

Les √Čtats-Unis d'Am√©rique pr√©f√©reront la mitrailleuse jusqu'√† la guerre de Cor√©e, dont la fin marque la disparition presque totale en tant qu'arme embarqu√©e anti-a√©rienne au profit du canon. Seuls des appareils l√©gers de lutte contre la gu√©rilla, ainsi que des h√©licopt√®res emploient √† pr√©sent des mitrailleuses, dans de nombreux cas de type Gatling afin de disposer de la cadence √©lev√©e rendue possible par leurs canons et m√©canismes multiples ainsi qu'afin de tol√©rer les rat√©s de percussion. Ainsi ils ne stoppent pas le tir puisque le moteur extrait puis √©jecte en ce cas la munition dont l'amorce est d√©fectueuse puis chambre la suivante, tandis qu'une arme employant l'√©nergie de la munition se trouve alors hors d'√©tat de tirer sans r√©armement de son m√©canisme.

Char d'assaut

La version coaxiale de la mitrailleuse soviétique, Pelmet Kalachnikov

Lorsque le char d'assaut appara√ģt, la mitrailleuse devient l'une de ses armes essentielles, lui permettant de s'en prendre efficacement √† l'infanterie donc de s'en prot√©ger. Si le canon devient par la suite son arme principale les chars embarquent encore souvent au moins une mitrailleuse pour se prot√©ger de l'infanterie.

Ces armes y sont plac√©es diversement, on trouve des mitrailleuses coaxiales de l'arme principale donc utilisant sa conduite de tir. Celle-ci permettait d'am√©liorer les succ√®s du tir au canon. La justesse du pointage pouvait ainsi √™tre test√©e par un premier tir √† la mitrailleuse qui s'il √©tait r√©ussi permettait de tirer au canon en sachant que le pointage est le bon. Cette m√©thode est devenue obsol√®te avec l'av√®nement de syst√®mes de conduite de tir de plus en plus sophistiqu√©s permettant des distances de tir de plus en plus longues depuis des v√©hicules en mouvement avec des temps de pointage de plus en plus brefs. La mitrailleuse coaxiale permet √©galement de ¬ę traiter ¬Ľ rapidement des objectifs dits ¬ę mous ¬Ľ (¬ę non blind√©s ¬Ľ).

Les mitrailleuses de glacis, qui permettent de balayer l'avant du véhicule pour la défense rapprochée, restèrent très répandues jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La mitrailleuse antiaérienne, située sur le dessus de la tourelle, se révéla utile dès la Guerre civile espagnole lors des combats dans les milieux boisés ou urbains, en couvrant l'ensemble du véhicule à partir d'un point en hauteur, son inconvénient principal qui était la vulnérabilité du servant, étant maintenant souvent résolu par un usage télécommandé, gardant l'utilisateur sous un blindage. D'autres points de montage tels que des tourelles secondaires (très en vogue dès les années 1920) ou bien à l'arrière de la tourelle, sont aujourd'hui abandonnés.

Autres véhicules équipés de mitrailleuses

Mitrailleuses jumel√©es M2 cal. 12,7 mm sur un patrouilleur de l'US Navy

Outre les chars de combat, les mitrailleuses √©quipent de nombreux v√©hicules terrestres, dont un lui doit sa naissance m√™me : l'automitrailleuse. Au d√©but de la Premi√®re Guerre mondiale, en 1914, des Belges propri√©taires d'automobiles se port√®rent volontaires pour √©quiper leurs voitures de mitrailleuses en prot√©geant leurs v√©hicules de plaques m√©talliques. C'est la cr√©ation empirique de l'auto blind√©e. Dans la suite, les arm√©es s'√©quiperont d'autos blind√©es construites sp√©cialement. Certaines seront √©quip√©es de canons automatiques ou non, comme les auto canons des r√©giments belges et anglais envoy√©s en Russie en 1917. Mais la mitrailleuse reste l'arme principale caract√©ristique de l'auto blind√©e. Et toute auto blind√©e emporte au moins une mitrailleuse dans la plupart des cas. Quasiment tous les blind√©s de transport d'infanterie en emportent une ou plusieurs afin d'assurer leur d√©fense rapproch√©e et parfois appuyer les troupes durant un assaut. On trouve aussi souvent des aff√Ľts chandelier sur les voitures tout-terrain du type Jeep servant √† l'√©clairage ou aux liaisons. Apr√®s la Seconde Guerre mondiale de nombreux camions furent aussi dot√©s d'une mitrailleuse en tourelleau pour leur autod√©fense. Pour soutenir les compagnies motocyclistes, tr√®s pris√©es dans les ann√©es 1940, de nombreux side-car furent arm√©s de mitrailleuses l√©g√®res. Et pendant la Premi√®re Guerre mondiale on avait install√© des mitrailleuses sur une plateforme plac√©e entre deux v√©los au sein des compagnies cyclistes.

En Ukraine, lors de la guerre civile russe une mitrailleuse fut installée à l'arrière de Tachankas, rapides voitures typiques du pays tirées par deux chevaux. Les partisans de Nestor Makhno, en particulier, appréciaient ce moyen de monter une embuscade suivie d'une fuite rapide voire d'un raid sur les flancs des colonnes adverses. Bien que souvent improvisées ces actions constituèrent une réelle menace pour tous les camps.

Dans le domaine naval la mitrailleuse est surtout utilis√©e sur les petites unit√©s comme les patrouilleurs rapides et autres vedettes fluviales et coti√®res. Les patrouilleurs fluviaux eurent souvent de l'importance lors de guerres comme celle du Vi√™t Nam o√Ļ, dot√©s principalement de mitrailleuses, ils harcelaient les objectifs sur les rives et contr√īlaient la navigation. Une autre utilisation, qui tient plus fonction de police, est l'implantation de mitrailleuses lourdes sur les grands navires de patrouille et de surveillance de la p√™che qui servent surtout √† l'arraisonnement, de facteur de dissuasion ainsi qu'aux tirs de semonce. Elles sont parfois aussi utilis√©es pour d√©truire des mines apr√®s dragage.

Utilisation antiaérienne

Les premi√®res utilisations de mitrailleuses pour la d√©fense contre les avions datent de la Premi√®re Guerre mondiale. Les aff√Ľts des armes de l'infanterie furent modifi√©s ou plac√©s de fa√ßon √† pouvoir mitrailler les avions survolant les tranch√©es. Par la suite des mitrailleuses mont√©es sur divers v√©hicules eurent souvent une fonction antia√©rienne secondaire et de nombreux aff√Ľts sp√©cialis√©s furent cr√©√©s pour d√©fendre des positions fixes ou mobiles contre ce danger. Les plus simples sont une simple tige plant√©e dans le sol sur lequel une mitrailleuse est articul√©e en site et en azimut. Des tr√©pieds sp√©cifiques, par exemple destin√© √† la MG34, ainsi que des aff√Ľts remorquables int√©grant deux, trois ou quatre mitrailleuses sur une tourelle ouverte, tel que l'ensemble sovi√©tique ZPU souvent dot√© de la puissante KPV.

Principes de fonctionnement et technologies

Automatisation du tir

M√™me s'il existe quelques mod√®les h√©ritiers des mod√®les de Gatling (les "minigun" o√Ļ l'ancienne manivelle est remplac√©e par un moderne moteur √©lectrique ou hydraulique), depuis les travaux de Hiram Maxim une arme automatique utilise en g√©n√©ral l'√©nergie produite par le d√©part de la munition pr√©c√©dente pour r√©approvisionner et tirer de nouveau.

C'est alors la pression des gaz qui permet de renvoyer la culasse en arri√®re et d'√©jecter la douille, en comprimant un ressort, dit r√©cup√©rateur. Ce dernier va ensuite, ramener la culasse en position de tir, en poussant une nouvelle munition dans la chambre, celle-ci est percut√©e et le cycle reprend. Cependant, l'arme tirant des munitions assez lourdes et puissantes, comme celle d'un fusil r√©glementaire, ce proc√©d√© est peu satisfaisant et il est m√™me dangereux d'utiliser des m√©canismes simple, comme les culasses non cal√©es des pistolet mitrailleurs. Le canon et la culasse doivent rester solidaires et √©tanches, le temps que la pression des gaz cons√©cutive √† la combustion de la cartouche atteigne des niveaux raisonnables. Ce besoin entra√ģne donc la pr√©sence d'un dispositif de verrouillage, puis de d√©verrouillage de la culasse, plusieurs principes coexistent pour le remplir. Certaines nations furent handicap√©es par le choix de leur munition standard de fusil au XIXe si√®cle, au cours duquel elle avait adopt√© des munitions avec une douille √† bourrelet et non √† gorge, ce type de munition posant plus de probl√®mes pour l'√©jection des √©tuis et donc plus d'incidents de tir.

Un des plus courant, est appel√© ¬ę emprunt de gaz ¬Ľ, il consiste √† r√©cup√©rer les gaz de la charge propulsive assez loin sur la longueur du canon, par une lumi√®re, donc quand la balle va bient√īt quitter celui-ci, la pression de ses gaz encore assez √©lev√©e pousse alors sur un piston qui entra√ģne le d√©verrouillage de la culasse. Le blocage de celle-ci peut √™tre r√©alis√© sous diverse forme, existe les culasses rotatives, o√Ļ le pivotement de celle-ci engage des tenons dans la carcasse de l'arme (syst√®me Kalachnikov), ou des mod√®les basculants. Des variantes d'emprunt de gaz, n'utilise pas de piston, mais les gaz pr√©lev√©s agissent directement sur un autre point de la culasse.

Autre syst√®me, tr√®s employ√©, celui dit ¬ę √† court recul du canon ¬Ľ, dans celui-ci, la culasse et le canon reculent ensemble sur quelques millim√®tres, avant d'√™tre s√©par√©s, la culasse continuant son recul toute seule. C'est le syst√®me employ√© par la MG-34 et ses descendants. Des mod√®les avec un recul solidaire plus long, seront aussi exp√©riment√©, comme sur le Chauchat, mais les difficult√©s m√©caniques, les rendront beaucoup moins satisfaisants, m√™me si dans l'absolu, ils devraient √™tre meilleurs en termes de vitesse initiale et de pr√©cision, car l'ouverture se produit apr√®s que la balle a quitt√© le canon.

Plus moderne et moins r√©pandu, l'¬ę amplification d'inertie ¬Ľ, o√Ļ la culasse est compos√©e en deux parties s√©par√©e par un levier, une t√™te qui obture le canon et un corps massif. La t√™te recule mais du fait des rapports de longueur du levier et de la masse du corps, l'ouverture est alors tr√®s lente, ce principe combine la simplicit√© des culasses non cal√©es et la s√©curit√© de celle qui le sont.

Alimentation en munitions

Autre probl√®me √† r√©soudre pour fournir un tir continu, l'alimentation en munitions, l√† encore plusieurs syst√®mes ont √©t√© envisag√©s et employ√©s. Le plus efficace et r√©pandu de nos jours, au moins sur les mitrailleuses moyennes et lourdes, est l'alimentation par bandes. Actuellement celles-ci sont m√©talliques et dites ¬ę d√©sint√©grables ¬Ľ, c'est-√†-dire que chaque maillon utilis√© se d√©tache du suivant durant la phase d'utilisation et donc est √©ject√© comme l'√©tui au lieu de demeurer en l'√©tat et d'encombrer. Auparavant elles pouvaient √™tre fabriqu√©es en tissu, selon le syst√®me mis au point par Maxim. Elles sont g√©n√©ralement enferm√©es dans des boites adapt√©es √† l'arme, pour les utilisations mobiles, souvent appel√©es chargeur d'assaut. √Ä d√©faut un homme, le ¬ę pourvoyeur ¬Ľ, doit veiller lors du tir √† guider la bande dans l'arme. M√™me si les mitrailleuses actuelles peuvent √™tre transport√©es et servies par un seul homme, il est souvent assist√© d'un pourvoyeur qui transporte des canons de rechange et des munitions, et plus g√©n√©ralement tout le groupe de combat est mis √† contribution pour l'emport des munitions destin√©es √† leur mitrailleuse.

Les chargeurs sont utilis√©s la plupart du temps par les armes tr√®s mobiles comme les fusil-mitrailleurs. Ils sont de formes et de contenances tr√®s variables selon les pays et les √©poques. On trouve ainsi √† c√īt√© des traditionnels mod√®les droits, des semi-circulaires qui gagnent ainsi en compacit√© en profitant du profil biseaut√© de la cartouche et des circulaires, sortes de tambours de grande capacit√© mais souvent bruyants, pesants, difficiles √† charger et peu fiables. L'arme est g√©n√©ralement destin√©e √† √™tre utilis√©e en position allong√©e donc le chargeur est parfois plac√© sur le dessus, comme sur le BREN britannique ou le Degtyarev DP 28. Les capacit√©s des chargeurs vont de vingt √† soixante quinze coups. Certains syst√®mes inspir√©s de la Gatling, en particulier japonais, s'alimentaient par l'effet de la seule gravit√© via un entonnoir o√Ļ un servant jetait les munitions. Leur fiabilit√© laissait √† d√©sirer et ils limitaient trop la cadence maximale.

Pointage et visée

Les organes de pointage et de visée, utilisés sur une mitrailleuse, dépendent en grande partie de l'utilisation qui est faite de l'arme. Les plus simples sont ceux utilisés dans une utilisation en tant que fusil-mitrailleur, un simple bipied souvent repliable sert à appuyer l'arme pour le tir, et la visée se fait au moyen d'une hausse et d'un guidon, certaines des mitrailleuses les plus modernes sont équipées de lunettes, mais plus dans le but de faciliter le repérage d'objectifs que d'assurer une précision de tir. L'utilisation à la hanche ou épaulé est en général proscrite du fait du recul de telles armes, qui les rendent dangereuses et complètement imprécises. Un usage souvent constaté, fut par contre le tir à deux hommes, le pourvoyeur portant et calant l'arme pendant que le mitrailleur pointe et fait feu.

Destiné plus à la défense ou aux tirs d'appui, les trépieds rendent l'arme beaucoup plus stable, ils permettent ainsi de réaliser des tirs indirects sur une zone que l'ennemi occupe ou va traverser. Le tir dans ces conditions est alors souvent dirigé par un observateur équipé de jumelles. Certains affuts peuvent aussi se transformer pour permettre le tir contre avions, comme par exemple celui de la MG-34. Une autre variante principalement observée chez les soviétiques, est un petit affut à deux roues, qui bien que plus lourd que le traditionnel trépied, à l'avantage d'être tiré et non porté, il est en outre plus stable et pourvu d'un petit bouclier qui abrite les deux servants pendant le tir. Son principal avantage qui était de diminuer la fatigue lors des longues marches d'approche, disparait néanmoins avec la motorisation de l'infanterie, à laquelle il ne survit pas.

Pour les tirs √† partir de positions fixes ou par exemple √† partir du pont d'un navire un affut √† chandelier est utilis√©, c'est un simple poteau m√©tallique maintenant l'arme √† hauteur de tir pour √™tre servit debout. En casemate, comme par exemple sur les mitrailleuses de glacis des chars ou dans un blockhaus, on utilise alors souvent des affuts √† rotules qui permettent d'orienter l'arme sur un large champ vertical et horizontal, tout en prot√©geant le servant. Une autre montage tr√®s courant est le tourelleau, o√Ļ le mitrailleur officie au centre d'un cercle sur lequel le support de mitrailleuse peut se d√©placer, on trouve ce type de support sur les toit des blind√©s ou de certains camions, les plus modernes sont motoris√©s et t√©l√©command√©s.

Plus complexe, la tourelle dans laquelle l'arme et le servant sont braqu√©s en site, la plupart du temps de fa√ßon motoris√©e. Elles sont le plus souvent dot√©es de plusieurs mitrailleuses, g√©n√©ralement deux ou quatre. Une de ses principales application fut la d√©fense des avions multimoteurs, r√īle dans lequel on trouvait de nombreux types de tourelles destin√©es √† couvrir diff√©rentes parties du champ d√©fensif de l'avion. La plus ancienne est la tourelle arri√®re, d'abord simple mitrailleuse sur pivot, plac√©e en avant de d√©rive, elle c√©da la place √† de v√©ritables tourelles motoris√©es √† deux ou quatre mitrailleuses situ√©es elles derri√®re la d√©rive donc b√©n√©ficiant d'un champ de tir non obstru√© par un quelconque obstacle. Les tourelles sup√©rieures et inf√©rieures couvraient respectivement le dessus et le dessous de l'avion avec des d√©battements importants en site. Le secteur le plus vuln√©rable fut souvent l'avant du fait des vitesses de rapprochement lors de ce type d'attaque, les tourelles de menton motoris√©es y apport√®rent une r√©ponse au moins partielle. On trouvait aussi des mitrailleuses de sabords pour prot√©ger les c√īt√©s et des aff√Ľt point√©s par p√©riscope, permettant de couvrir le secteur inf√©rieur √† partir de trappes. Les tourelles furent aussi utilis√©es par la marine sur de petites unit√©s souvent fluviales et c√īti√®res, les grands b√Ętiments utilisant plus souvent des affuts chandeliers.

Dans d'autre cas, la mitrailleuse est fixe et pointé avec l'ensemble du véhicule, c'est le cas des avions de chasse, et de certains véhicules blindés.

Déclenchement du tir

Le moyen le plus courant de d√©clenchement du tir d'une mitrailleuse est la d√©tente m√©canique, g√©n√©ralement associ√©e √† une poign√©e pistolet. Certaines armes poss√®dent des s√©lecteurs de tir offrant un moyen d'obtenir des rafales (tir automatique) ou du tir au coup par coup (semi-automatique). Une variante de syst√®me de d√©tente nomm√©e ¬ę papillon ¬Ľ laisse le tireur pointer l'arme par deux poign√©es plac√©es √† l'arri√®re puis tirer en appuyant du pouce sur la plaque de d√©tente afin d'ouvrir le feu.

L'utilisation d'armes √©loign√©es du tireur, en particulier dans des avions, conduisit dans les ann√©es 1930 √† des essais de solutions de d√©clenchement par air comprim√©, mais elles induisent une l√©g√®re mais f√Ęcheuse latence lors de la transmission de l'ordre de tir. L'√©lectricit√©, agissant par l'interm√©diare de sol√©no√Įdes plac√©s sur l'arme, se r√©v√©la plus ad√©quate et s'imposa pour l'utilisation sur divers v√©hicules (avions et mitrailleuses coaxiales de blind√©s).

Cadence théorique et pratique

Une arme automatique se caract√©rise entre autres par sa cadence de tir, souvent exprim√©e par le nombre de coups par minute. G√©n√©ralement, on distingue deux cadences. L'une est dite ¬ę maximale ¬Ľ ou ¬ę th√©orique ¬Ľ et ne tient pas compte du d√©lai d'approvisionnement en munitions (par exemple du changement de chargeur) ni de l'√©chauffement de l'arme. L'autre, dite ¬ę pratique ¬Ľ ou ¬ę r√©elle ¬Ľ, int√®gre tous les param√®tres. La cadence th√©orique de tir d'une mitrailleuse n'est pas toujours sup√©rieure √† celle d'une arme plus l√©g√®re telle qu'un pistolet mitrailleur ou un fusil d'assaut, mais sa cadence pratique est beaucoup plus √©lev√©e. Le record d'endurance en tir continu semble √™tre d√©tenu par une mitrailleuse britannique √† refroidissement liquide Vickers, de conception tr√®s inspir√©e du syst√®me Maxim, qui tira plus de cinq jours sans autre interruption que les changements de chargeurs.

Les mitrailleuses par pays d'origine

Annexes

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