Miguel de Cervantes Saavedra

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Miguel de Cervantes Saavedra

Miguel de Cervantes

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Miguel de Cervantes
Miguel de Cervantes Saavedra (portrait imaginaire, étant donné qu'il n'existe aucun portait authentifié de l'époque)
Miguel de Cervantes Saavedra (portrait imaginaire, étant donné qu'il n'existe aucun portait authentifié de l'époque)

Activité(s) Romancier, poète et dramaturge
Naissance 29 septembre 1547
D√©c√®s 22 avril 1616

Miguel de Cervantes Saavedra (29 septembre 1547 √† Alcal√° de Henares - 22 avril 1616 √† Madrid[1]), est un romancier, po√®te et dramaturge espagnol universellement c√©l√®bre pour son roman Don Quichotte, reconnu comme le premier roman moderne. Miguel de Cervantes est souvent consid√©r√© comme la plus grande figure de la litt√©rature espagnole. Il aimait √† dire : ¬ę la plume est la langue de l'√Ęme ¬Ľ.

Sommaire

Biographie

Enfance

On suppose que Miguel de Cervantes est n√© √† Alcal√° de Henares[2]. Le jour exact de sa naissance est incertain, mais il est probable qu'il est n√© le 29 septembre, jour de c√©l√©bration de la f√™te de l'archange Saint Michel, par la tradition de recevoir le nom du Saint du jour. Miguel de Cervantes a √©t√© baptis√© √† Alcal√° de Henares (Espagne) le 9 octobre 1547 dans la paroisse de Santa Mar√≠a la Mayor [3]. Dans l'acte de bapt√™me on lit : ¬ę Dimanche, neuvi√®me jour du mois d'octobre, ann√©e du Seigneur mille cinq cent quarante-sept, fut baptis√© Miguel, fils de Rodrigue Cervantes et de sa femme L√©onore. Il fut baptis√© par le r√©v√©rend Bartolom√© Serrano, cur√© de Notre Seigneur. T√©moins, Baltasar V√°zquez, Sacristain, et moi, qui l'ai baptis√© et signe de mon nom. Bachelier Serrano. ¬Ľ

Son p√®re, Rodrigo de Cervantes, originaire √† la fois de Cordoue et de Galice, √©tait chirurgien, m√©tier plus proche alors du m√©decin d‚Äôaujourd‚Äôhui. Cervantes avait des anc√™tres convertis au christianisme dans les deux branches de sa famille, comme l'ont signal√© Am√©rico Castro, Daniel Eisenberg. Au contraire, Jean Canavaggio insiste sur le fait que cette ascendance ¬ę n'est pas prouv√©e ¬Ľ et le compare √† Mateo Alem√°n pour qui les origines sont d√©montr√©es par des documents.

Sa m√®re √©tait L√©onore de Cortinas S√°nchez, on en sait tr√®s peu sur elle, √† part les doutes sur ses origines de convertie. Ses fr√®res et sŇďurs √©taient Andr√©s (1543) ; Andrea (1544) ; Luisa (1546), qui devint prieure dans un couvent de carm√©lites ; Rodrigue (1550), soldat qui l'accompagna dans sa captivit√© √† Alger ; Magdalena (1554) et Juan, connu uniquement parce que son p√®re le mentionne dans son testament.

Le nom ¬ę Saavedra ¬Ľ n'appara√ģt sur aucun document de la jeunesse de Cervantes, et n'est pas utilis√© par ses fr√®res et sŇďurs. Son nom de naissance aurait d√Ľ √™tre ¬ę Miguel de Cervantes Cortinas ¬Ľ. Il commen√ßa √† utiliser le nom ¬ę Saavedra ¬Ľ uniquement apr√®s son retour de captivit√© √† Alger, peut-√™tre pour se diff√©rencier d'un certain Miguel de Cervantes Cortinas expuls√© de la cour.

Vers 1551, Rodrigo de Cervantes a déménagé avec sa famille à Valladolid. Pour cause de dettes, il a été emprisonné quelques mois et ses biens confisqués. En 1556 il se rend à Cordoue pour recevoir l'héritage de Juan de Cervantes, grand-père de l'écrivain, et fuir ses créanciers.

Il n'existe pas de données précises sur le début des études de Miguel de Cervantes, qui sans doute, ne sont jamais arrivées au niveau universitaire. On pense qu'il aurait pu étudier à Valladolid, Cordoue ou Séville. Il est également possible qu'il ait étudié dans la Compagnie de Jésus, puisque dans le roman La discussion des chiens il élabore une description d'un collège de jésuites qui semble une allusion à sa vie d'étudiant.

En 1566, il s'installe √† Madrid. Il assiste √† l'Estudio de la Villa, g√©r√© par le professeur de grammaire Juan L√≥pez de Hoyos, qui a publi√© en 1569 un livre sur la maladie et la mort de la reine Isabelle de Valois, la troisi√®me √©pouse du roi Philippe II. L√≥pez de Hoyos inclut dans ce livre trois po√©sies de Cervantes, ¬ę notre cher et aim√© disciple ¬Ľ, qui sont ses premi√®res manifestations litt√©raires.

C'est √† cette √©poque que Cervantes prend go√Ľt au th√©√Ętre en assistant aux repr√©sentations de Lope de Rueda et, comme il le d√©clare dans la seconde partie de Don Quichotte, par la bouche du personnage principal, ¬ę se le iban los ojos tras la far√°ndula ¬Ľ (il adorait le monde du th√©√Ętre).

Fuite en Italie et bataille de Lépante

La bataille de Lépante

Une ordonnance de Philippe II datant de 1569 est conserv√©e, dans laquelle il est demand√© d'arr√™ter Miguel de Cervantes, accus√© d'avoir bless√© dans un duel un certain Antonio Sigura, ma√ģtre d'Ňďuvres. Si cela concernait r√©ellement Cervantes, ce pourrait √™tre le motif qui le fit fuir en Italie. Il est arriv√© √† Rome en d√©cembre de la m√™me ann√©e. Il a lu l√†-bas les po√®mes de chevalerie de Ludovico Ariosto et les Dialogues d'amour du juif s√©farade Le√≥n Hebreo (Abravanel), d'inspiration n√©oplatonicienne et qui vont avoir une influence sur son id√©e de l'amour. Cervantes s'est instruit du style et des arts italiens et gardera toujours un tr√®s agr√©able souvenir que l'on pourra voir r√©appara√ģtre, par exemple dans Le licenci√© de verre, une de ses Nouvelles exemplaires, et qui se laisse ressentir dans plusieurs allusions pr√©sentes dans d'autres Ňďuvres.

Il entre alors au service de Giulio Acquaviva qui sera cardinal en 1570, et qu'il a probablement connu √† Madrid. Il l'a suivi √† Palerme, Milan, Florence, Venise, Parme et Ferrare. On le retrouve rapidement soldat dans la compagnie de Diego de Urbina, dans le r√©giment d'infanterie de Miguel de Montcada. Il embarque alors dans la gal√®re Marquise. Le 7 octobre 1571 il participe √† la bataille de L√©pante, du c√īt√© de l'arm√©e chr√©tienne dirig√©e par Don Juan d'Autriche, ¬ę fils du foudre de guerre Charles Quint, d'heureuse m√©moire ¬Ľ et demi-fr√®re du roi. Dans une information l√©gale √©labor√©e huit ans plus tard on lisait :

¬ę Quand fut reconnue l'arm√©e du Turc, dans cette bataille navale, ce Miguel de Cervantes se trouvait mal et avec de la fi√®vre, et ce capitaine... et beaucoup d'autres siens amis lui dirent que, comme il √©tait malade et avait de la fi√®vre, qu'il rest√Ęt en bas dans la cabine de la gal√®re ; et ce Miguel de Cervantes demanda ce qu'on dirait de lui, et qu'il ne faisait pas ce qu'il devait, et qu'il pr√©f√©rait mieux mourir en se battant pour Dieu et pour son roi, que ne pas mourir sous couverture, et avec sa sant√©... Et il se battit comme un vaillant soldat contre ces Turcs dans cette bataille au canon, comme son capitaine lui a demand√© et ordonn√©, avec d'autres soldats. Une fois la bataille termin√©e, quand le seigneur don Juan sut et entendit comment et combien s'√©tait battu ce Miguel de Cervantes, il lui donna quatre ducats de plus sur sa paye... De cette bataille navale il sortit bless√© de deux coups d'arquebuse dans la poitrine et √† une main, de laquelle il resta ab√ģm√©. ¬Ľ

C'est de l√† que vient le surnom de manchot de L√©pante (el manco de lepante). La main gauche ne lui fut pas coup√©e, mais elle s'est ankylos√©e jusqu'√† perdre son mouvement quand un bout de plomb lui a sectionn√© un nerf. Ces blessures n'ont pas √©t√© trop graves, apr√®s six mois de s√©jour dans un h√īpital de Messine, Cervantes renoue avec sa vie militaire en 1572. Il prit part aux exp√©ditions navales de Navarino (1572), Corfou, Bizerte, et Tunis (1573). Toutes sous les ordres du capitaine Manuel Ponce de Le√≥n et dans le r√©giment du tr√®s fameux Lope de Figuero qui appara√ģt dans Le maire de Zalamea de Pedro Calder√≥n de la Barca.

Plus tard, il a parcouru les villes principales de Sicile et Sardaigne, de Gênes et de la Lombardie. Il resta finalement deux ans à Naples, jusqu'en 1575.

Cervantes s'est ensuite toujours montr√© tr√®s fier d'avoir particip√© √† la bataille de L√©pante, qui fut pour lui comme il l'a √©crit dans le prologue de Don Quichotte, ¬ę le plus grand √©v√®nement que virent les si√®cles pass√©s, pr√©sents, et que ceux qui viennent ne peuvent esp√©rer ¬Ľ.

Captivité à Alger

Pendant son retour depuis Naples jusqu'en Espagne √† bord de la gal√®re Sol, une flottille Alg√©rienne command√©e par Arnaut Mam√≠ fit prisonnier Miguel et son fr√®re Rodrigo le 26 septembre 1575. Ils furent captur√©s √† hauteur de Cadaqu√©s de Rosas ou Palam√≥s, situ√© sur ce qu'on appelle la Costa Brava, ils furent emmen√©s √† Alger. Cervantes est attribu√© en tant qu'esclave au ren√©gat grec Dali Mam√≠. Le fait de trouver en sa possession les lettres de recommandations qu'il portait de la part de don Juan d'Autriche et du Duc de Sessa fit penser √† ses ge√īliers que Cervantes √©tait quelqu'un de tr√®s important et de qui ils pourraient obtenir une bonne ran√ßon. Ils demand√®rent cinq cent √©cus d'or pour sa libert√©.

Pendant ses cinq ans d'emprisonnement, Cervantes, en homme √† l'esprit fort et motiv√©, essaya de s'√©chapper √† quatre occasions. Pour √©viter les repr√©sailles sur ses compagnons de captivit√©, il se fit responsable de tout devant ses ennemis. Il pr√©f√©ra la torture √† la d√©lation. Gr√Ęce aux sources officielles et au livre de fr√®re Diego de Haedo Topographie et histoire g√©n√©rale d'Alger (1612), on a pu obtenir des informations importantes sur sa captivit√©. Ces informations viennent compl√©ter celles de sa com√©die Los tratos de Argel (Les bains d'Alger) et la relation avec l'histoire du Captif, incluse dans la premi√®re partie de Don Quichotte entre les chapitres 39 et 41. On sait aussi, depuis longtemps, que l'Ňďuvre publi√©e par Haedo n'√©tait pas de lui, chose que lui-m√™me reconna√ģt. Selon Emilio Sola, son auteur est Antonio de Sosa, b√©n√©dictin compagnon de captivit√© de Cervantes, et dialoguiste de cette m√™me Ňďuvre. Il semble donc que l'Ňďuvre de Haedo n'est plus une confirmation ind√©pendante de la vie de Cervantes √† Alger, mais un √©crit de plus de la part de Cervantes et qui portent aux nues son h√©ro√Įsme.

La premi√®re tentative de fuite fut un √©chec, car le complice maure qui devait conduire Cervantes et ses compagnons √† Oran les a abandonn√©s d√®s le premier jour. Les prisonniers durent retourner √† Alger, o√Ļ ils furent enferm√©s et mieux gard√©s qu'avant. Pourtant, la m√®re de Cervantes avait r√©ussi √† r√©unir une certaine quantit√© de ducats, avec l'espoir de pouvoir sauver ses deux fils. En 1577, apr√®s avoir trait√© avec les ge√īliers, la quantit√© de ducats se r√©v√©lait insuffisante pour lib√©rer les deux fr√®res. Miguel pr√©f√©ra que ce soit son fr√®re qui soit lib√©r√©. Celui-ci rentra alors en Espagne. Rodrigo avait un plan √©labor√© par son fr√®re pour le lib√©rer, lui et ses quatorze ou quinze autres compagnons. Cervantes devait se cacher avec les autres prisonniers dans une grotte, en attente d'une gal√®re espagnole qui viendrait les r√©cup√©rer. La gal√®re, effectivement, vint et tenta de s'approcher deux fois de la plage ; mais finalement fut prise. Les chr√©tiens cach√©s dans la grotte furent aussi d√©couverts, ceci √† cause d'un tra√ģtre, surnomm√© el Dorador (le Doreur). Cervantes se d√©clare alors comme le seul responsable de l'organisation de l'√©vasion et d'avoir convaincu ses compagnons de le suivre. Le roi d'Alger, Az√°n Baj√°, l'enferma dans son ¬ę bain ¬Ľ ou prison, charg√© de cha√ģnes, o√Ļ il resta durant cinq mois.

La troisi√®me tentative, con√ßue par Cervantes dans le but d'arriver par la terre jusqu'√† Oran. Il envoya l√†-bas un maure avec des lettres pour Martin de Cordoue, g√©n√©ral de cette place, en lui expliquant et lui demandant des guides. Cependant le messager fut prit et les lettres d√©couvertes. Les lettres d√©non√ßaient Miguel de Cervantes et montraient qu'il avait tout mont√©. Il fut condamn√© √† recevoir deux mille coups de b√Ętons, punition non re√ßue car beaucoup interc√©d√®rent en sa faveur.

La derni√®re tentative de fuite s'est produite gr√Ęce √† une importante somme d'argent que lui donna un marchand valencien qui √©tait √† Alger. Cervantes acheta une fr√©gate capable de transporter soixante captifs chr√©tiens. Quand tout √©tait sur le point de r√©ussir, un de ceux qui devaient √™tre lib√©r√©s, l'ancien dominicain docteur Juan Blanco de Paz, r√©v√©la tout le plan √† Az√°n Baj√°. Comme r√©compense le tra√ģtre re√ßu un √©cu et une jarre de graisse. Az√°n Baj√° transf√©ra alors Cervantes dans une prison plus sure, au sein de son palais. Ensuite, il d√©cida de l'emmener √† Constantinople, d'o√Ļ la fuite deviendrait une entreprise quasi impossible √† r√©aliser. Une fois encore, Cervantes assuma toute la responsabilit√©.

En mai 1580, les p√®res Trinitaires, fr√®re Antonio de la Bella et fr√®re Juan Gil arriv√®rent √† Alger, cet ordre effectuait des tentatives de lib√©ration des captifs, y compris en se proposant eux-m√™mes comme monnaie d'√©change. Fr√®re Antonio partit dans une exp√©dition de sauvetage. Fr√®re Juan Gil, qui ne disposait que de trois cents √©cus, essaya de sauver Cervantes, pour lequel on en exigeait cinq cents. Le fr√®re se mit alors √† r√©colter parmi les marchands chr√©tiens la quantit√© qui manquait. Il r√©ussit √† les r√©unir quand Cervantes √©tait d√©j√† dans une gal√®re en partance pour Constantinople, affr√©t√©e par Az√°n Baj√°, attach√© avec deux cha√ģnes. Gr√Ęce aux cinq cents √©cus si durement r√©unis, Cervantes est lib√©r√© le 19 septembre 1580. Le 24 octobre il revient enfin en Espagne avec d'autres captifs sauv√©s √©galement. Il arrive alors √† D√©nia, d'o√Ļ il partit pour Valence. En novembre ou d√©cembre, il retrouve sa famille √† Madrid.

La grotte o√Ļ se r√©fugia Cervantes existe toujours √† Alger dans le quartier de Belouizdad, sur la colline surplombant la plage du Hamma. Elle est connue comme la grotte de Cervantes.[4].

Retour en Espagne

Statue de Cervantes sur la Place de l'Université de Valladolid

Le 12 d√©cembre 1584, il se marie avec Catalina de Salazar y Palacios dans un village pr√®s de Tol√®de nomm√© Esquivias. Catalina √©tait une jeune fille qui n'avait pas vingt ans et qui lui apporta une dot modeste. On pense que cette union inf√©conde fut aussi un √©chec. Apr√®s deux ans de mariage, Cervantes entreprend de grands voyages √† travers l'Andalousie.

Il est probable que La Galatea fut √©crite entre 1581 et 1583, c'est sa premi√®re Ňďuvre litt√©raire remarquable. Elle fut publi√©e √† Alcal√° de Henares en 1585. Jusqu'alors il n'avait publi√© que quelques articles dans des Ňďuvres d'autrui ou des recueils, qui r√©unissaient les productions de divers po√®tes.

La Galatea est divis√© en six livres, mais seule la ¬ę premi√®re partie ¬Ľ fut √©crite. Cervantes a promis de donner une suite √† l'Ňďuvre ; pourtant, elle ne fut jamais imprim√©e. Non sans autod√©rision, Cervantes place dans la bouche de l'un des personnages de Don Quichotte ce commentaire de la Galat√©e : ¬ę Il y a bien des ann√©es, reprit le cur√© [Pedro Perez], que ce Cervantes est de mes amis, et je sais qu'il est plus vers√© dans la connaissance des infortunes que dans celle de la po√©sie. Son livre ne manque pas d'heureuse invention, mais il propose et ne conclut rien. Attendons la seconde partie qu'il promet ; peut-√™tre qu'en se corrigeant il obtiendra tout √† fait la mis√©ricorde qu'on lui refuse aujourd'hui ¬Ľ (Premi√®re partie, ch. 6). Dans le prologue de la Galat√©e, l'Ňďuvre est qualifi√©e d'¬ę √©glogue ¬Ľ et l'auteur insiste sur l'affection qu'il a toujours eue pour la po√©sie. C'est un roman pastoral, genre d√©j√† visit√© en Espagne dans la Diana de Jorge de Montemayor. On peut encore y deviner les lectures qu'il a pu avoir quand il √©tait soldat en Italie.

Le mariage avec Catalina paraissant inf√©cond, les √©poux se s√©par√®rent au bout de deux ans. Cervantes ne parle jamais de son √©pouse dans tous ses textes autobiographiques, bien qu'il soit le premier √† avoir inaugur√© le th√®me du divorce avec L'interm√®de Le juge des divorces alors impossible dans un pays catholique. On suppose que son mariage fut malheureux, alors que dans cet interm√®de il soutient que m√°s vale el peor concierto / que no el divorcio mejor ¬ę mieux vaut la pire entente / que le meilleur divorce ¬Ľ.

Dernières années

En 1587, il voyage à travers l'Andalousie en tant qu'intendant de l'Invincible Armada. Il parcourt à nouveau le chemin entre Madrid et l'Andalousie, qui passe par la Castille et la Manche. Cet itinéraire se retrouve dans Rinconete et Cortadillo.

Quatrième édition du don Quichotte (1605).

Il s'√©tablit alors √† S√©ville. Plus tard, il travaille en tant que percepteur des imp√īts. Il est emprisonn√© en 1597, suite √† la faillite de la banque o√Ļ il d√©posait les fonds collect√©s. C'est l√† qu'il aurait, selon le prologue de l'Ňďuvre, imagin√© le personnage de Don Quichotte. On ne sait pas s'il veut dire dans le prologue qu'il a commenc√© √† √©crire en prison, ou si c'est seulement l'id√©e qui lui est venue √† ce moment-l√†.

Cet autre emprisonnement à Castro del Río (Cordoue) fut très bref. Il ne semble pas qu'il soit jamais allé à la grotte de Medrano, à Argamasilla de Alba.

En 1605, il publie la premi√®re partie de ce qui sera son chef-d'Ňďuvre : L'ing√©nieux hidalgo Don Quichotte de la Manche. Il y raille de la mani√®re la plus plaisante le go√Ľt des aventures romanesques et chevaleresques qui dominait en son temps. Cette Ňďuvre marqua la fin du r√©alisme en tant qu'esth√©tique litt√©raire et cr√©a le genre du roman moderne qui aura une tr√®s grande influence. La seconde partie ne para√ģt pas avant 1615 : L'ing√©nieux chevalier don Quichotte de la Manche. Cette partie sort deux ans apr√®s la parution d'une suite apocryphe sign√©e d'un myst√©rieux Alonso Fern√°ndez de Avellaneda qui, selon certains historiens, ne serait autre que l'√©crivain Lope de Vega, ou du moins un de ses disciples et ami, originaire d'Aragon (on pense aussi √† un groupe d'amis de Lope).

Les deux Ňďuvres lui donnent un statut dans l'histoire de la litt√©rature universelle, aux c√īt√©s de Dante Alighieri, William Shakespeare, Fran√ßois Rabelais et Goethe comme un auteur incontournable de la litt√©rature occidentale.

Maison occup√©e par l'√©crivain √† Valladolid entre 1604 et 1606 et qui pourrait co√Įncider avec la publication de la premi√®re √©dition de don Quichotte, en 1605. C'est maintenant un mus√©e

Entre les deux parties du Don Quichotte, paraissent en 1613 les Nouvelles exemplaires. C'est un ensemble de douze r√©cits brefs, √©crits plusieurs ann√©es auparavant. Son inspiration est originale, et il tente diverses formules narratives comme la satire lucianesque (Le colloque des chiens), le roman picaresque (Rinconete et Cortadillo), la miscel√°nea et le m√©lange de sentences et de mots d'esprits (Le licenci√© Vidriera), le roman byzantin (L'Espagnole anglaise, L'amant lib√©ral), le roman policier (La force du sang), la narration constitu√©e sur une anagnor√®se (La petite Gitane). Pour certaines, comme par exemple Le Jaloux d'Estr√©madure, on observe une r√©daction altern√©e red√©couverte au XIXe si√®cle, en t√©moigne le manuscrit de Porras de la C√°mara. Ce recueil de nouvelles aurait suffit pour lui donner un statut important dans l'histoire de la litt√©rature castillane.

La critique litt√©raire est une constante dans son Ňďuvre. Elle appara√ģt dans la Galatea et dans Don Quichotte. Il lui consacre le Voyage de Parnasse (1614), long po√®me en tercets encha√ģn√©s. En 1615 il publie Huit com√©dies et huit interm√®des nouveaux jamais repr√©sent√©s, mais son drame le plus populaire aujourd'hui, Le si√®ge de Numance, plus que Le trait√© d'Alger, resta in√©dit jusqu'au XVIIIe si√®cle.

Le roman Les Travaux de Persille et Sigismonde para√ģt un an apr√®s sa mort, sa d√©dicace au Comte de Lemos fut sign√©e seulement deux jours avant sa mort. Ce roman grec, qui pr√©tend concurrencer le mod√®le classique grec d'H√©liodore, connut quelques √©ditions suppl√©mentaires √† son √©poque ; mais elle fut oubli√©e et effac√©e par le triomphe indiscutable du Don Quichotte. Cervantes utilise un groupe de personnages comme fil conducteur de l'Ňďuvre, au lieu de deux. Il anticipe ainsi le r√©alisme magique. D'une certaine mani√®re, il christianise le mod√®le original en utilisant le clich√© de l‚Äôhomo viator, en atteignant le point culminant √† la fin de l'Ňďuvre avec l'anagnor√®se des deux amoureux, appel√©s jusqu'alors P√©randre et Auristelle dans la ville de Rome :

¬ę Nos √Ęmes, comme tu le sais bien et comme on me l'a enseign√© ici, se meuvent dans un continuel mouvement et ne peuvent s'arr√™ter sinon en Dieu, ou en leur centre. Dans cette vie les d√©sirs sont infinis et certains s'encha√ģnent aux autres et forment une maille qui une fois arrive au ciel et une autre plonge en enfer. ¬Ľ

En réalité, ce roman est de structure et d'intention très complexes mais supporte toutefois une interprétation satisfaisante.

L'influence de Cervantes dans la litt√©rature universelle fut telle que l'espagnol est souvent nomm√© la ¬ę langue de Cervantes ¬Ľ.

Il mourut √† Madrid le 23 avril 1616 o√Ļ il est enterr√© avec son √©pouse, sa fille et celle de Lope de Vega, au couvent de Las Trinitarias.

Portée artistique

Illustration de Honoré Daumier

En parodiant un genre en d√©clin, comme les romans de chevalerie, il a cr√©√© un autre genre extr√™mement vivace, le roman polyphonique, o√Ļ se superposent les points de vue qui vont jusqu'√† se confondre de mani√®re complexe avec la r√©alit√© elle-m√™me, en jouant avec la fiction. √Ä l'√©poque la po√©sie √©pique pouvait aussi s'√©crire en prose, et avec le pr√©c√©dent de Lope de Vega au th√©√Ętre, peu respectueux des mod√®les classiques, il en r√©sulta le r√©alisme issu d'une longue tradition litt√©raire espagnole, qui le popularisa en Europe, o√Ļ Cervantes eut plus de disciples qu'en Espagne. Le roman r√©aliste tout entier est marqu√© par ce chef-d'Ňďuvre. D'autre part, une autre Ňďuvre importante de Cervantes, les Nouvelles exemplaires, d√©montre la largeur d'esprit et son d√©sir d'exp√©rimenter les structures narratives.

Sur la monnaie européenne

10 & 50 euro cents Spain.png

Son visage, d'apr√®s le portrait pr√©sum√© de Ja√ļregui, figure sur les pi√®ces de 10, 20 et 50 centimes d'euro espagnoles.

Publications

Publications anciennes

On a donn√© √† Madrid en 1805 une collection de ses Ňďuvres, 16 vol. in-8. Le Don Quichotte a √©t√© souvent imprim√© :

  • Charles III d'Espagne en fit faire une √©dition magnifique en 1780, Madrid, 4 vol. in-4 ;
  • Diego Clemenc√≠n en a donn√© une √©dition avec commentaire, Madrid, 1833-1835, 6 vol. in-4.

Traductions anciennes

Il a √©t√© plusieurs fois traduit en fran√ßais :

Dubournial a traduit en outre :

  • Persil√®s et Sigismonde, 1809 ;
  • Viardot et Romey ;
  • les Nouvelles (1858).

Alphonse Royer : le Th√©√Ętre, 1862 ; Joseph-Michel Guardia : le Voyage au Parnasse, 1864.

Jean-Pierre Claris de Florian a imité à sa manière Don Quichotte et Galatée.

Ňíuvres inspir√©es par Cervantes

  • La Jeunesse de Cervant√®s, Ňďuvre musicale pour orchestre r√©duit, compos√©e par Paul Ladmirault.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Le 23 avril, souvent cit√© comme la date de sa mort, est en r√©alit√© celle de son enterrement.
  2. ‚ÜĎ Malgr√© les d√©clarations de Miguel de Cervantes dans la Informaci√≥n de Argel (qui peut se consulter ici (es)), il existe des pol√©miques √† propos de son v√©ritable lieu de naissance. Beaucoup de ceux qui remettent en cause ce lieu s'appuient sur des homonymes de son lieu de naissance qu'ils localisent (curieusement) o√Ļ eux-m√™mes sont n√©s.
  3. ‚ÜĎ Le temple fut construit en 1553 et d√©truit quatre si√®cles plus tard, pendant la Guerre d'Espagne.
  4. ‚ÜĎ http://diaressaada.alger.free.fr/i2-mes_voyages_05_07/07-ruisseau/grotte-cervantes_800.jpg

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Source partielle

¬ę Miguel de Cervantes ¬Ľ, dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d‚Äôhistoire et de g√©ographie, 1878 [d√©tail des √©ditions]  (Wikisource)

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Regardez d'autres dictionnaires:

  • Miguel de Cervantes Saavedra ‚ÄĒ [miňą…£el √įe őłe…ĺňąő≤antes sa.aňąő≤e√į…ĺa] (* vermutlich 29. September 1547 in Alcal√° de Henares, getauft am 9. Oktober 1547 in Alc√°zar de San Juan; ‚Ć 23. April 1616 in Madrid) war ein spanische ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Miguel de Cervantes Saavedra ‚ÄĒ ¬†¬†¬†¬†Miguel de Cervantes Saavedra ¬†¬†¬†¬†‚Ć Catholic Encyclopedia ‚Ėļ Miguel de Cervantes Saavedra ¬†¬†¬†¬†A Spanish author, born at Alc√°la de Henares, Spain, in 1547; died at Madrid, 23 April, 1616. Of Cervantes it may be most truly said that the narrative ‚Ķ   Catholic encyclopedia

  • Miguel de Cervantes Saavedra ‚ÄĒ noun Spanish writer best remembered for Don Quixote which satirizes chivalry and influenced the development of the novel form (1547 1616) ‚ÄĘ Syn: ‚ÜĎCervantes, ‚ÜĎMiguel de Cervantes, ‚ÜĎCervantes Saavedra ‚ÄĘ Instance Hypernyms: ‚ÜĎwriter, ‚ÜĎauthor,… ‚Ķ   Useful english dictionary

  • Miguel de Cervantes Saavedra ‚ÄĒ n. Miguel de Cervantes (1547 1616), Spanish writer, author of Don Quixote de la Mancha ‚Ķ   English contemporary dictionary

  • Miguel de Cervantes ‚ÄĒ Cervantes redirects here. For other uses, see Cervantes (disambiguation). Miguel Cervantes Born Miguel de Cervantes Baptised 9 October 1547 (birth date unknown) Alcal√° de Henares, Castile (Galician family) ‚Ķ   Wikipedia

  • Miguel de Cervantes y Saavedra ‚ÄĒ Miguel de Cervantes Saavedra Miguel de Cervantes Saavedra [miňą…£el √įe őłe…ĺňąő≤antes sa.aňąő≤e√į…ĺa] (* vermutlich 29. September 1547 in Alcal√° de Henares, getauft am 9. Oktober 1547 in Alc√°zar de San Juan; ‚Ć 23. April 1616 in Madrid) war ein spanische ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Miguel de Cervantes ‚ÄĒ Saavedra Miguel de Cervantes Saavedra [miňą…£el √įe őłe…ĺňąő≤antes sa.aňąő≤e√į…ĺa] (* vermutlich 29. September 1547 in Alcal√° de Henares, getauft am 9. Oktober 1547 in Alcal√° de Henares[1]; ‚Ć 23. April ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

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